All language subtitles for La.Crim.S03E03

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Original subtitles

Merci beaucoup.

C'est gentil, ça.

Qui êtes-vous

?

Le maître de ballet et le directeur artistique

du théâtre Valdi Bierszominski.

Il était à l'opéra du temps du Mourillet.

Et ici, il est dans un placard doré.

Il a l'air bien atteint.

Il était le professeur de danse d'Aurore Martin quand elle était petite à l

'opéra. Elle adorait.

Grâce à lui, elle est venue dans ses étoiles il y a cinq ans.

C'est lui qui a acheté le nouveau spectacle d'Aurore pour la saison. C'est

lui qui a découvert le corps ? Non, le pompier.

On l'a changé partout.

Non, ne la touchez pas, monsieur.

Laissez-la !

Ce corps était l'ombre de Dieu.

Mon enfant, mon petit.

Comme à

son habitude, Dieu protège bien mal les pauvres petits coryphées que nous

sommes.

Bien, première constatation.

Crâne défoncé au niveau de la tente droite. Résultat de violents coups

portés par un objet contondant.

Aucune trace autre de lutte.

Petit pied, chaussée de rose.

Plus tard, plus tard, je vous dis. Vous ne respectez donc rien.

La façon à nous de respecter les victimes, M. Chadrinsky, est de

retrouver les assassins.

Quels étaient vos rapports avec la victime ? J'ai connu Aurore à l'opéra

quand elle avait 7 ans. J'étais son professeur. C'était un enfant

incroyable.

J'ai tout de suite vu qu'elle avait du génie.

Et elle aimait tant travailler.

Aurore, c'était ma création.

C'était mon homme.

Nous étions de la même chair, si intimement liés. Intimement, intimement

comment ? On y soit qui mal y pense.

Aurore était ma fille, ma fille spirituelle.

Crétin !

Abrouti, indécis.

Il doit pas être été où hier soir.

À trois jours de la générale, tout le monde est coupé. Vous avez rien marqué

de particulier, M. O ? Vive l'amant.

On va danser magnifiquement.

C'était remarquable, croyez-moi. Quoi d'autre ? Rien.

Il est retourné dans sa loge lors de la pause. Il n'est plus revenu.

Est-ce qu'il avait quelqu'un dans sa vie ? Un petit ami ?

Les ragots ne m'intéressent pas.

Je ne me consacre qu'à mon art, monsieur.

La danse.

C'est possible, mais ce n'est pas la danse qui l'a tué.

Elle n'est quand même pas morte en faisant le grand écart.

Vous n'avez pas envie de savoir qui a tué votre fille spirituelle, monsieur

Chadrinsky ? Aurore avait... Il avait une liaison avec le

chorégraphe, le directeur de la compagnie Jonathan White.

Malheureusement...

C'est avec ce système qu'ils l'ont accroché à la porteuse.

Certains connaissent bien les coulisses, dis donc.

Ce sont les traces de sang qui ont alerté le pompier de service.

Il y avait aussi des empreintes de chaussures dans l'escalier.

Luigi a pris des échantillons.

Très bien.

La loge d'aurore, Martin, c'est par là ? Oui, c'est par là.

On a retrouvé ça par terre.

Avec des particules de peau et des cheveux.

Sans doute ce qui a servi à tuer la dent. Des traces d'effraction ? Aucune.

Alors voilà, notre danseuse étoile, laissant tout son assassin qu'elle

connaît très bien, éreintée, vénée, fatiguée, elle vient s'asseoir à sa

place devant son miroir.

Elle pose une petite lingette sur son visage, le visant tranquillement avec

son visiteur. N'ayant aucune raison de se méfier, elle ne le voit pas se

saisir. Du bouddha pour la frapper.

Ensuite, elle tombe à terre.

L'agresseur effectue un nettoyage rapide, sort de la pièce et se

débarrasse du corps.

La précipitation dans l'acte me laisse penser que l'assassin est un amateur.

Nous avons affaire à un meurtre improvisé de nature réactive.

Le travail a été bâclé.

La baby-sitter a attrapé l'angine de Romain.

Il va falloir que je trouve un autre plan.

Eh bien, la France a 3 millions de chômeurs et qui se cassent les couilles

pour trouver du personnel.

Quand il y en a, ils tombent en rade.

Si vous ne voulez pas les rejoindre, les 3 millions, il va falloir s'activer.

Michel, des infos du légisme ? Nous pouvons déterminer l'heure exacte du

décès que circonstanciellement, soit entre 20h, l'heure où elle a disparu, et

22h.

Vers 22h, la pause était terminée, les danseurs ont repris la répétition. Oui,

il sent le chorégraphe. Le concierge l'aurait pu sortir vers 19h et revenir

2h après en tirant un peu la tronche. Ils couchaient ensemble avec Tim et lui.

Ça c'est une info de la vieille Tarlouse.

Ça n'a pas l'air de le faire marrer d'ailleurs. Pardon.

Mais pourtant, d'après tous les témoignages que j'ai recueillis, ça se

passait très bien entre Aurore et Jonathan White.

Il paraît qu'ils étaient fois amoureux et qu'elle avait l'air super heureuse.

Ils étaient ensemble depuis longtemps ? Depuis 6 mois. Et par contre, elle a

vécu 3 ans avant avec Gilles Roland, son partenaire de ballet, le danseur étoile.

Pas grand-chose sur la victime ? Pas grand-chose, 28 ans, fille unique, a

commencé la danse vers 6 ans et demi, avec comme chef de réplique, comme

professeur, décrite comme une fille obstinée, obsédée par son boulot, pas de

famille, hormis une mère en province, peu d'amis. Il faut dire qu'entre-ci, c

'est cette heure de répète par jour, plus les entraînements, les interviews.

C'est sûr que ça coupe un peu des potes. Ah bah oui, c'est le ghetto.

Ah ouais, mais elle a réussi ce qu'elle voulait.

nommé dans ses étoiles il y a même déjà 5 ans à l'Opéra de Paris, Star

International, Tokyo, New York, en passant par la France pour les tourner.

Bon, il n'y a pas eu de vol, ce n'est pas un crime crapuleux.

Et le personnel de la concierge aux pompiers n'a rien remarqué. C'est donc a

priori quelqu'un de la maison.

On va d'abord chercher un motif professionnel ou passionnel. On me

convoque le chorégraphe, l'ex-prof et l'ancien petit ami d'Aurore.

Je vous retrouve après le déjeuner.

Bon, ma poule, à midi, tu vas bouffer tout seul, hein ? Parce que moi, je

déjeune avec ma femme, et plus il y a finité.

Faire partie comme en 14, vous deux ?

Bonjour,

salut.

Tiens, il est encore un peu jeune, mais il donnera des nouvelles.

J'avais un rendez-vous à 3 heures, mais il a été avancé. Je suis désolée, Polo.

C'est important ? Je vais voir le kiné.

Mais attends, tu l'as déjà vu hier.

Je sais, mais je dois le revoir aujourd'hui.

Excuse-moi, il a un emploi du temps très chargé. Je ne veux pas être en retard.

La soupe est prête. Tu n'as plus qu'à faire cuire ton steak.

Le directeur du théâtre, le producteur, la grand-mère, nous prie, nous supplie

même, de faire nos interrogatoires au théâtre.

Putain, j'en étais sûr. C'est Diva et compagnie, ces mecs-là. Non.

Théâtre subventionné.

L'argent de l'État ne doit pas être gaspillé, etc., etc.

Enfin, White et Roland doivent faire travailler la remplaçante d'Aurore

Martin pour que le spectacle ait lieu aux dates prévues. Ils ont déjà trouvé

une remplaçante ? Ça a doublure. On va la passer au maire après voir.

Elle a évaporé dans la nature, Chazrine. Qui ? Personne ne sait où il est.

Personne. C'était lui-même.

Ben, vous me le retrouvez, hein ? Paul, on a des nouvelles sur les empreintes de

Paul laissées dans les cintres ? Ben non, elles font 35 heures, allez-y.

Moi, j'ai commencé à éplucher le courrier de la star, et il y en a un

paquet, et pour l'instant, pas grand-chose.

Pas de traces d'admirateurs ou de fans fictionnels.

Eh ben, on peut dire qu'on avance.

D'un certain point de vue, oui.

Après sa fin de la performance, il y a eu un meurtre, mais deux.

La petite Martin attend d'être un héritier.

Elle est en salle de fonctionnel.

Merde. Oh, sordide.

En tous les cas, elle n'avait pas répondu à la nouvelle.

Ah oui, d'ailleurs, je viens de croiser un mec dans le couloir. Il veut faire

une déposition spontanée.

Il dit qu'il est marié à la photographe du théâtre et qu'il connaît le coupable.

Un dénommé Berluti.

Mais à mon avis, c'est un mytho.

Eh bien, vous ne pressez pas, Paul.

Vérifiez ça avec Berger et Sisko.

Michel, on a quelque chose sur la situation de famille de White ? C'est le

dossier de presse du spectacle.

Il a utilisé un enseignement généreux.

C'est intéressant.

Bon, on va mettre celui-là. On va éviter de le laisser filer.

Bon, elle est polovienne parce qu'il y a un berger qui est tout seul là-bas.

Vous ne la connaissez pas. Elle serait capable de m'accuser. Elle est capable

de tout, de tout. Attention, hein.

Ce n'est pas moi. Ce n'était pas là-bas.

Oui, ça, M.

Berluti, on a compris.

Mais cela a du mal à figer. C'est pourquoi vous êtes venu de nous, c'est

votre femme, Jeanne.

Pour vous aider.

Quand j'ai lu le journal, je me suis dit, c'est Jeanne qui a fait le coup.

Elle a profité de la venue du spectacle de la compagnie White dans le théâtre où

elle travaille.

Elle n'aimait pas Aurore Martin.

Elle disait, sur la madonna que je crache par terre, qu'elle crève, elle

disait. Rien que ça ? Eh si, pour que misère y a-t-il.

Quand Marine s'est suicidée, la Jeanne est devenue complètement folle. Il a

fallu que je la retienne.

Et qui s'est suicidée ? Marine.

C'est qui Marine ?

Marine, ma belle-fille, la fille de Jeanne. Je l'ai élevée comme ma propre

fille, cette petite.

On s'aimait bien tous les deux.

Et maintenant... Vous savez pourquoi elle a été suicidée ? C'est un grand

malheur.

Il y a six ans, Aurore Martin et Marine, elles étaient premières danseuses.

Mais Aurore Martin, elle a été nommée danseuse étoile. Et Jeanne, elle disait

que c'était Marine qui devait gagner.

Et depuis ça, votre femme n'aurait voulu Aurore au point de la tuer ? Porca

madonna !

Passez-moi l'expression, mais la jarre, c'est une belle saloperie, hein.

Monsieur Berluti.

Oui ? Vous faites quoi dans la vie ? Avant, je faisais l'impôts-exports.

Avant quoi ? Avant la prison.

Oh, le mec ! Oui.

On va chercher pourquoi il a fait de la toule en attendant.

On ne peut pas ne pas tenir compte de son témoignage.

Il balance sur sa femme parce qu'elle a dû le coquifier pendant qu'il était en

cabane, c'est tout.

En même temps, Jeanne Berluti travaille au théâtre.

Elle était peut-être là-bas le soir du meurtre et elle a un réel mobile pour

avoir fait horreur.

Vengeait sa fille trois ans après.

Attends, moi je suis dingue de sport, mais je buterais personne pour une

compète.

Compète dans ce Zétoile, mais ce n'est pas une compète.

C'est une confédération, il n'y a qu'une dans ce Zétoile.

C'est la guerre et il n'y en a qu'une dans Medzionet.

Bon, moi j'appelle Gaillot.

Oui, vous me la convoquez.

Et vous me faites une recherche au sommier sur ces vieux vers l'outil.

Très bien.

Vous me rappelez.

Le rythme ! Allez,

le rythme ! Allez là ! Viens là ! Viens là !

Mariée, père de trois enfants.

20, 17 et 3 ans, avec la même femme.

Kathleen Sheffield. Tu vois qui c'est ? Non, pas du tout.

La banque Sheffield.

Grosse fortune américaine.

Apparemment, c'est grâce au pognon et au carnet d'adresse de beau-papa que White

a monté sa compagnie.

D'ailleurs, elle est au nom de sa femme.

Ah, intéressant.

C'est pas le genre de ce malin à adopter la danseuse du mari.

Le rythme, le rythme ! Non ! Non !

Il faut que tu voles. Il faut que tu voles. T'es un vache quand tu mets du

sol. Il faut que tu voles. Allez, allez, allez !

Non

! Monsieur White ? J'arrive.

Il faut que tu voles. Il faut que tu voles. Bon sang, il faut que tu voles !

Salaud ! Mais quel salaud ! Mais comment peut-il m'accuser de... Pourquoi pensez

-vous qu'il est venu nous raconter tout ça, Mme Berluti ? Mais parce qu'il me

hait, voyons.

Mon mari a vécu à mes crochets toute sa vie.

J'ai toujours réglé toutes ses dettes.

J'avais régulièrement les huissiers sous le dos.

Puis un jour, il a monté une grosse escroquerie, une affaire de VPC, où il n

'y avait rien à vendre.

Alors j'ai une part pour Marine, ma fille.

Je l'ai dénoncée.

Mais pourquoi vous n'avez pas divorcé ? C'est-à-dire ?

Quand ma fille est morte,

je n'ai pas eu le courage.

Si Viot était en prison, il m'avait promis de ne jamais revenir.

Madame Berlotti,

quels étaient vos rapports avec Aurore Martin ? Très bons.

Mais ma fille la détestait.

Elle avait le sentiment qu'Aurore lui volait tout.

Sa place d'étoile, son compagnon, Gilles.

Gilles Roland ? Oui, ma fille et lui vivaient ensemble.

Marine était très amoureuse de lui.

Mais il l'a quitté pour Aurore.

Remarquez, je n'ai pas regretté leur rupture.

Gilles est quelqu'un de difficile.

J'avais constamment peur qu'il brive les os de Marine.

À ce point-là ? Oui, les danseurs sont très forts, vous savez.

Mais Gilles est quelqu'un de violent, difficile.

Avec Aurore aussi. Ils se disputaient beaucoup.

Madame Berlotti.

Jugez-vous, Aurore Martin, responsable de la mort de votre fille ? Non.

Bien sûr que non.

Mais Marine était en dépression depuis deux ans.

Elle pensait qu'Aurore était responsable de tous ses échecs.

Ça la rendait folle.

J'ai bien essayé de la raisonner, mais... Une dépression, ça vous...

Clisse entre les doigts. On ne peut rien faire.

Madame Berlotti, il faut comprendre.

Je suis obligé de vous demander où vous étiez hier soir entre 20h et 22h.

Sur une péniche.

La balle au banc.

Je filmais une réception.

Mon travail de photographe au théâtre est seulement un temps barmiel.

Et puis, avec ce que m'a pris mon mari, j'ai besoin d'arrondir mes fins de mois.

Saviez qu'Aurore Martin était enceinte ? Oui, oui, bien sûr.

Votre femme aussi, elle le savait ? Pas encore, mais je comptais la mettre au

courant, évidemment.

Vous vouliez vraiment cet enfant ou vous aviez gentiment conseillé à votre

maîtresse de s'en débarrasser ? Hein ? Pas du tout, je n'avais qu'un seul rêve,

vivre avec Aurore.

Votre femme, ça ne l'aurait pas dérangé, que vous ayez le beurre et l'argent du

beurre. Vous déparez de votre femme, ça voulait dire perdre votre principale

source de financement et mettre en envie votre compagnie de danse, monsieur

White.

C'est marqué maintenant, c'est plus la peine de tout raconter.

C'est pas Aurore qui va parler. Qu'est-ce que vous dites là ? Vous ne m

'accusez tout de même pas de... C'est le sort du meurtre.

Vous avez quitté la répétition pendant deux heures.

On peut savoir pour quoi faire ? Pour régler des affaires, passer des coups de

fil. Je ne sais plus, moi, il y a mille choses.

Mais vous ne semblez pas comprendre qu'on est à 48 heures d'un spectacle et

il faut une exigence inouïe pour... Gilles ! Vous êtes là, Pantier ! Elle

est sur sa lancée de toute son poids !

Je ne peux pas faire autrement que de la saisir comme ça. Eh bien, pense à

Nouriel. Lui, il n'a jamais abîmé une danseuse. Et pourtant, on ne peut pas

dire qu'il aimait les femmes.

Bon, allez, allez, allez. On arrête ici. Tu peux rentrer.

Viens, ma chérie.

On va répéter tous les deux. Viens.

Monsieur Roland, on peut vous poser quelques questions ? Je voudrais prendre

une douche et avaler quelque chose, si ça ne vous fait rien.

Je m'entraîne depuis 6 heures ce matin.

Ah, c'est ça. Lavez-vous, oui.

Des fois que votre audition au 36 durera un peu plus longtemps que prévu.

Qu'est-ce que vous voulez dire ? Rien.

C'est jusqu'au dépôt, on n'a pas l'eau courante, alors... Bon, dans une heure,

ça vous va ? J'y serai.

Mais regarde-moi ça.

Ça fait des entrechamps à Colin Woolbit et ça se prend pour la reine d

'Angleterre.

Monsieur Roland, vous allez sans doute pouvoir éclairer ma lanterne. Depuis

trois ans, vous vivez en continage notoire avec mademoiselle Aurore Martin.

Du jour au lendemain, monsieur White la séduit. La danseuse tombe dans les bras

du chorégraphe directeur de la compagnie.

Vous ne quittez pas cette compagnie. Vous faites mieux, vous acceptez de

venir à Paris pour être le danseur étoile de labyrinthe. Le nouveau

spectacle de monsieur White.

N'y a-t-il pas contradiction ?

On peut détester l'homme et reconnaître qu'il a du talent, non ? Donc, votre

intérêt professionnel a pris le pas sur votre jalousie.

Moi, je trouve ça admirable.

N'ai pas dit ça.

J'étais fou de rage quand Aurore m'annonçait qu'elle me plaquait, il y a

six mois.

Ça veut dire quoi, ça ? Que vous avez versé une petite larme ? Ou que vous l

'avez cognée ? Pourquoi vous dites ça ? C'est un petit peu rencardé sur vous.

Apparemment, vous seriez du genre brutal.

Il y a quelques jours, vous avez eu une altercation très violente avec la

victime, monsieur Roland.

Vous avez même été, paraît-il, sur le point de l'agresser physiquement.

Et le soir du meurtre, des témoins vous ont vu raccompagner Aurore dans sa loge

au moment de la pause.

Vous avez fait quoi ensuite ? Je suis rentré dans la mienne.

J'ai toujours besoin de m'allonger quelques minutes pendant les pauses.

Vous étiez seul pendant cette petite sieste ? Évidemment.

Dommage.

Attendez. Vous n'êtes pas en train de me dire que je suis suspect ? Si ?

Pourquoi pas ? C'est un cauchemar. Quel a été l'objet de votre dispute avec

Aurore ? Je ne sais plus, merde ! Ça fait partie du boulot de s'engueuler,

vous croyez quoi ? Qu'on en arrive à ce niveau en se faisant des courbettes

pendant les répètes ? Ça s'interdose, la danse. Faut en chier pour en arriver là.

Précisément, monsieur Roland, précisément, des années de labeur, de

travail intensif, d'entraînement quasi guerrier vous ont propulsé au sommet de

votre art, Aurore Martin et vous.

Et voilà qu'elle vous laisse tomber pour un autre.

Vous ne comprenez rien.

Ror était ma partenaire en titre depuis plus de dix ans.

Entre nous, c'était magique.

Même le public s'en rendait compte.

Pourquoi je l'aurais tué ?

Vous pouvez

avoir la même chaude, Patrick, s'il te plaît ? Comment ça me fait chier, moi,

tous ces mecs en tutu ?

Tu me le dis si je t'emmerde, hein ? Mireille me trompe.

Quoi ? Oui, t'as bien entendu.

Mireille me trompe avec son kiné.

Elle se cache même plus, d'ailleurs.

Mireille... T'as Mireille ? T'en parles bien de la même.

Bah oui, on parle de la même.

Quoi, elle a pas le droit d'aller se faire tirer à l'hôtel, ma Mireille,

comme tu dis ? C'est pas possible, pas elle.

C'est pourquoi pas elle ? Attends, il est tout de suite comme après un même os

? Arrête, tu me fais chier, Polo, là.

Je dis pas que Mireille est moche.

Je dis qu'elle a l'air fidèle, contrairement à d'autres. C'est tout.

Je sais pas.

Heureusement qu'il n'y a pas de gonzesse, moi.

C'est pas ma fille.

Quoi ? Tu veux devenir flic ? Mais ça t'a pris quand, cette envie ? Ça fait

longtemps que j'y pense.

Non, franchement, c'est vrai. Papa chanier pense qu'il fait.

Il est peut-être chiant parce qu'il gueule souvent et qu'il n'est pas

souvent à la maison, mais flic, c'est peut-être dur, mais c'est vachement

utile. L'outil, l'outil, il faut voir les statistiques. Bon, arrête, j'ai l

'impression qu'on ne t'entend pas.

Bon, ok, tu veux être fou.

Mais alors, abandonne pas tes autres trucs.

Et sinon, c'est au moins Bac plus 2 et après, il y a un compto.

Bon, on n'aura rien sur les empreintes aujourd'hui.

Le mec du labo est malade et le vacataire qui le remplace est débordé.

Bon, et du côté de Berluti ? À part le fait qu'il ne peut pas traquer sa femme,

on sait maintenant pourquoi il veut la charger.

Et pourquoi ?

L'appartement.

Comme ils ne sont pas divorcés, si elle est occupée de meurtre, est-ce qu'elle

est enfermée ? C'est lui qui hérite de l'appartement et tout ce qu'il y a

dedans.

Et a priori, Jeanne d'Alouty a un alibi solide.

Vérifiez-le quand même.

Michel, vous faites le poids sur les autres pistes ? Or, Martin n'était pas

seulement l'étoile, le cœur du ballet, il était aussi l'appât au centre de la

toile, prise entre un professeur pigmalion qui la croit son œuvre, sa

création un extrêmement violent, vraisemblablement plus jaloux qu'il ne l

'avoue. Et un amant tiraillé entre son épouse, confortable, et sa maîtresse

devenue dangereuse depuis qu'elle est enceinte. Tirsé dans l'or, ça donne quoi

? Difficile à dire, Capitaine Scandella, difficile.

Monsieur White et Roland ont des mobiles passionnels qui ont fait leur preuve

depuis que le monde est monde. Quant à Chadrinsky, il faut rechercher ses

mobiles du côté de la mythologie grecque ou de Georges Bernard Shaw. Où est-il ?

On l'a retrouvé.

Il passe la soirée dans les cintres du théâtre.

Ah, enfin une bonne nouvelle.

C'est quoi, Berger ? Shadrinsky a passé deux heures au téléphone avec New York l

'après-midi du meurtre. Et alors ? Le numéro qu'il a composé, c'est celui de

la femme de White.

Viens, on file le chercher ce soir au théâtre. Merci.

Allô ? Oui, mon lapin, j'arrive.

Oui.

Madame Talbot ? Oui, j'arrive.

J'arrive, Madame Talbot ! C'est qui, Madame Talbot ? C'est ma voisine qui

garde Romain.

Elle est sourde.

Il est génial, ce mec.

Je le trimballe à droite, à gauche, quand il est malade.

Il ne dit rien.

Il ne râle pas.

Il a tant de logement que je vais le chercher.

Parce qu'il sait que tu l'aimes ? Mais je te dis que oui.

Oui ? Bon, d'accord.

Écoute, 21h, c'est 21h, je serai là, ne t'inquiète pas.

Bon, allez, je t'embrasse.

Je t'embrasse, Marion.

Les femmes, c'est toujours pressé. C'est ça.

N'hésitez pas à passer votre chance sur Francis Koski.

N'attendez pas.

N'êtes pas comme moi.

N'attendez pas qu'il soit trop tard.

Je suis désolée.

Une réunion qui n'en finissait pas. Le client a voulu revoir le spot, encore et

encore. Ça a duré une éternité.

Tu ne m'en veux pas trop ? Non.

Qu'est-ce que je vais dire de drôle ? On se mariait.

Oh.

Mario, est-ce que tu veux devenir ma femme ? Pas sérieux ? Moi aussi.

Moi, je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne.

J'avais envie de vivre avec toi.

Toute ma vie.

Je savais que tu ne serais pas de joie, mais à ce point-là... Non, ça va,

écoute, on rembobine, on oublie.

Allez, viens.

Non, excuse-moi, je pensais que tu plaisantais, je ne m'attendais pas du

tout à ça. Non, non, non, c'est moi, j'ai pensé que... J'imaginais... Je me

trouve... Oui ? Je n'ai pas rêvé, tu viens bien de me

demander en mariage. Je n'ai pas rêvé, non.

Oui ?

Je réponds oui.

Monsieur Chadrinsky ? Vous comptez rester là encore longtemps ?

J'avais besoin de vous recueillir, de prier.

Pourquoi ? Vous avez un truc à vous faire pardonner ?

Monsieur

Chadrinsky ?

Est-ce que vous connaissez bien la femme de White ? Kathleen.

C'est une de mes très chères amies de longue date.

Ton père et elle sont des médecins pour les spectacles de danse.

Ça vous a amusé d'annoncer au téléphone à votre très chère amie que son mari

avait mis un polygénal dans le tiroir d'Aurore Martin ? Je me devais de lui

dire la vérité.

Mais en lui disant la vérité, vous n'avez pas eu l'impression de passer

pour un parfait salaud.

Et de trahir Aurore pour, disons, fille spirituelle.

Trahir ? Mais la trahison, monsieur, ce n'est pas moi qui suis coupable.

C'est Aurore qui trahissait la danse en voulant garder cet enfant.

Une danseuse met plus de trois ans à récupérer son niveau après un

accouchement.

En gardant cet enfant, Aurore a mis fin à sa carrière.

Et vous avez conseillé à Aurore Martin d'avorter ? Évidemment ! Je lui

suppliais d'avorter.

Un enfant dans le ventre d'Aurore, c'était un massacre.

Il y a des gens pour faire des enfants, ou encore on peut en adopter.

Il y a des millions d'envolants.

Que pensait Aurore de ce joli discours ? Elle disait qu'il était heureuse.

L'idiote.

Il n'avait pas le droit de me faire ça.

Il n'avait pas le droit de me faire ça.

Vous comprenez ? Pas bien, non.

Quand on attend le niveau d'excellence, votre vie ne vous appartient plus.

Elle appartient à la danse.

Vous devez la sacrifier à la grandeur de l'art.

François, le jour du meurtre à 17h30, Kathleen White a débarqué à Roisquier.

Elle était à bord d'un jet privé appartenant à la banque d'investissement

Sheffield en provenance de New York. Elle est repartie le soir même et de la

même façon.

Un petit aller-retour en avion privé juste pour vérifier qu'il n'y a aucun

moyen. En tout cas, maintenant, c'est ce que faisait vraiment White le soir du

meurtre entre 19h et 21h. Cette rencontre au sommet entre la femme

bafouée et le mari volage a certainement eu lieu dans un grand hôtel parisien.

White a une suite.

Bon, ça y est, on a notre peau sur les empreintes de pas retrouvées dans les

salles. Pas trop tôt.

Et elles proviennent de chaussures de sport dites split-soul.

Comment ? La Marvolta, c'est rependu parmi les danseurs. Et vu que c'est du

44, moi je pense qu'il va chercher un homme.

Il faut retourner au théâtre.

Il cherche les possesseurs de split-soul parmi les danseurs.

Tu l'accompagnes ? D'accord, oui, il est ici.

Hein ? Ouais, ouais.

C'est un bonbon ?

Foirées privées, mariages, défilés de mode, événementiels en tout genre.

Comme vous le voyez, la Val-au-Bon est le lieu idéal pour tous ceux qui veulent

allier bon goût, originalité, sens du décor et sens de la fête.

Pour en revenir à Jeanne Berluc.

Ah, Jeanne, c'est une femme formidable quand on pense à tout ce qu'elle a

traversé.

En tout cas, le travail qu'elle fait pour nous pendant nos soirées est

absolument fantastique.

Mes clients sont ravis.

Avant-hier, vous avez bien organisé une soirée ici à laquelle elle était

présente. Absolument.

Vous vous souvenez de quelle heure elle est arrivée ? Qui ça ? Ah, Jeanne.

Comme d'habitude dans ces cas-là, elle était à bord vers 19h pour filmer l

'arrivée des premiers invités.

Et puis, elle est restée jusqu'à la fin de la croisière, vers minuit.

Vous êtes sûre qu'elle est restée jusqu'à minuit ? Absolument.

Nos horaires et notre itinéraire sont d'une précision que tout le monde

apprécie. J'ai d'ailleurs un dépliant qui l'explique parfaitement.

Donc, toujours les mêmes horaires, non ? Oui, c'est très simple.

20h, départ de Boulogne.

À 20h30, nous accustons quai des Tournelles, afin de bénéficier de la vue

imprenable de Notre-Dame.

Aux alentours de 21h30, nous partons pour une promenade de deux heures sur la

Seine, puis nous rentrons à Boulogne.

Là, lorsque l'ambiance le permet, nous continuons la fête sur le quai.

Sans aucun supplément.

Et vous me dites vous-même qu'il y avait un monde fou sur cette péniche, cette

soirée ? Madame Berlotti a pu s'abstenter, je ne sais pas, une heure,

vous en avez pas publié ? Pourquoi serait-elle partie avec le travail qu

'elle avait ? Je ne sais pas, vous avez gardé les cafés de cette soirée ? Pas

encore, c'est Anne qui les a.

Elle doit me préparer un montage pour la semaine prochaine.

Vous voyez, nous sommes professionnels jusqu'au bout des ondes.

Donc, je suppose que la caméra qui a servi à tourner appartient à Madame

Berlusconi. Tout à fait.

Merci, Madame Berlusconi.

Prenez notre dépliant.

Je ne veux pas d'un quatrième danseur dans ces scènes. Ça me casse l

'équilibre. Eh bien, c'est ça, voilà.

Bien aimable à vous d'éteindre votre cellulaire. Je vous en prie, asseyez

-vous. Excusez-moi, je travaille.

Nous aussi, monsieur White.

Pourquoi nous avoir menti sur ce que vous avez fait le soir du meurtre entre

19h et 21h ? C'est l'ordre privé.

Ça ne regarde que moi.

Vous étiez moins discret avant-hier.

N'est-ce pas le personnel d'un grand hôtel parisien ainsi que de nombreux

clients, habitués au silence de cet établissement, affirment avoir été les

témoins auditifs d'échanges verbaux pour le moins virulents entre votre épouse et

vous ? Pourquoi nous avoir caché la vie de votre femme ce jour-là, M. White ?

Elle a quelque chose à voir avec le meurtre d'Aurore Martin ? Bien sûr que

non.

Et essayez de comprendre.

Mon spectacle dans trois jours, ma femme qui débarque, Aurore a s'affiner.

C'est arrivé si brutalement que j'avais besoin de temps.

Pour rassembler mes idées.

Ne vous donnez pas cette peine, nous allons vous aider.

À 19h, vous avez quitté la répétition, l'air contrarié, car vous savez que

votre femme vous attend dans votre suite, non ? Madame White, on l'a

compris, exige des explications quant à votre liaison avec Aurore Martin.

Intérieurement, vous en voulez énormément à savoir ce qui vous a

dénoncé. Néanmoins, face à votre épouse, vous n'y êtes de liaison.

Votre épouse qui ne vous croit pas.

Elle n'est pas prête à essuyer le scandale.

Si la bonne société apprenait que son célèbre mari a fait un enfant et un

autre, elle menace de vous perdre, et elle en a les moyens.

Si vous ne cessez pas cette liaison immédiatement, et si vous ne convainquez

pas Aurore d'avorter.

C'est vous. C'est vous.

Et là, vous devenez fou.

Aurore Martin aurait-elle l'outrecudence de clamer haut et fort le nom de son

géniteur ?

Il faut sauver la face, la faire taire. Pour se faire une seule solution,

éliminer l'objet du scandale.

Eh oui.

On l'élimine, on baisse le rideau et la vie peut reprendre son cours.

Monsieur White, vous les avez éliminés, exécutés purement et simplement, elle et

son enfant. Non.

J'aimais Aurore.

Je voulais vivre avec elle.

On voulait élever notre enfant ensemble.

Je l'aimais tellement fort, je... C'est ce

que je... C'est ce que j'ai expliqué à ma femme ce soir-là.

Monsieur White, quelle voiture faites-vous ?

Bonjour, capitaine Scandella. Ah, bonjour. Je vous ai apporté les

cassettes et la caméra, comme vos collègues me l'ont demandé.

Merci. Vous remarquez ça ? Et les photos des répétitions ? Oui, oui, également.

Il y a un peu des danseurs, aussi.

Merci. Beau travail.

Dites-moi, il aime bien se faire remarquer, celui-là ? Ah, M. Rolland

tient beaucoup à se démarquer. Il sait faire ses chaussures sans mesure.

Il les fait colorer à ses couleurs.

En plus, il a un goût de chute.

Merci, Théa.

Merci beaucoup.

Bonjour. Alors, la pêche a été bonne ? Ouais, la pêche qui se délégit. Ils ont

trouvé ça dans les comptes parmi les vieux costumes et les masses des anciens

spectacles.

Eh, regarde.

Ça me paraît clair, non ? Eh, merde.

T'as raison, c'est la même.

Bon.

Il n'y a plus qu'à cueillir Sandrillon.

Madame White veut me confirmer que son mari avait bien l'intention de la

quitter pour Aurore Martin.

Le suspect n'a donc plus aucun mobile.

Comme il a la chance de choper du 45, techniquement, il est hors-jeu.

Eh bien, voilà un truc intéressant.

Marine, la fille de Jeanne Berluti, a envoyé cette lettre à Aurore deux

semaines avant de se suicider.

Elle explique à quel point sa mère lui a fait vivre un enfer depuis qu'elle a

raté son titre d'étoile.

Elle dit aussi qu'elle en peut plus.

En effet, le contenu de cette lettre contredit quelque peu les propos de

Jeanne Berluti.

Ah bah oui, elle nous a dit qu'elle détestait Aurore, et puis là, elles sont

plutôt copines.

Allez, vous énervez pas, Jeanne Berluti a un alibi embêtant.

La caméra a parlé.

Prends-toi, amène-toi là-bas.

Le Tamecon indique qu'à 21 heures, Berluti était bien sur la pénis, que des

tournelles en train de filmer la fête.

Tu vas pas nous faire croire que tu voulais changer de couleur de pompe et

que t'as raté la teinture, quand même.

On a retrouvé tes godasses dans les combles.

Comment t'expliques ça ? Voilà.

Regarde.

Magique, toi. T'enlèves le sang d'aurore. Regarde.

C'est les mêmes godasses.

Tu savais qu'on les avait volées ? C'est une blague ? Je vous assure.

Il y a trois jours.

J'étais certain de les avoir laissées dans le vestiaire.

D'ailleurs, j'ai pas compris. Je voyais pas qui pourrait les porter sans se

faire remarquer. C'est un modèle unique.

T'es pas con, Apollo ?

Elle a de la confiture plein la gueule, mais c'est pas lui qui a fini le pot.

Dis donc, tu veux pas arrêter de nier l'évidence ? Ce jour-là, tu essaies une

fois de plus de récupérer Aurore.

Tu veux même essayer de l'embrasser avec la force.

Ça, ça fait bien ton style, non ? Et alors là, elle te balance le morceau,

elle attend la fente de White, et puis il y a trente ans, elle veut arrêter la

danse pour se consacrer à sa petite famille. Et surtout, elle te demande de

lui faire de la paix.

Et là, tu pètes les plombs.

Tu vas dans sa loge au moment de l'entraque, et tu la butes.

Elle ne sera pas à toi, mais elle ne sera pas à cet enfoiré Dwight non plus.

Vous êtes dingue.

Je n'ai rien fait, mais allez vous faire foutre.

Je ne te conseille pas d'apprendre comme ça, Roland. Tu sais, tu es peut-être une

ancestre de la garance, je n'en sais rien.

Mais ici, tu n'es qu'un bon gros coupable, comme on aimerait en avoir

plus chaud.

Bien cherché, et jeune, oui.

Bien sûr. Oui, c'est pour ça qu'on est bichonnés.

Oui.

Mais merde, c'est un complot.

C'est quelqu'un qui m'en veut.

Je vous préviens.

Je me laisserai pas faire sans rien dire.

Écoute, tout ce qu'on veut, c'est que tu parles.

Que t'avoues ton pied d'érapage.

Tu voulais pas la tuer, Aurore.

T'es un mec violent.

C'est dans ton caractère, d'accord ? Tu l'as pas fait exprès.

Hein, j'ai pas raison ? Je n'ai pas tué Aurore ! Ça n'est pas moi ! Je ne l'ai

pas tué ! Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non,

non,

Et alors, Roland pue au renfort dans la pose.

Comme il n'a pas le temps de balancer les chaussures dans la tenne, il les

fout dans un sac en plastique et en attendant, il les plante sous le bordel

dans les combles.

Ce individu méticuleux se débarrasse bêtement d'une pièce à condition énorme.

Il l'accuse là où les policiers ne manqueront pas de la retrouver deux

jours plus tard.

Nous avons affaire à un meurtrier bien étourdi, voyez-vous.

On l'avait bien pillé.

Étourdi et plutôt prévoyant.

Non.

Il n'a laissé aucune empreinte sur le sac en plastique contenant la coupable

paire de chaussures.

Curieusement contradictoire, non ? C'est vrai que ce n'est pas logique.

Vu le profil du suspect et mis devant cette preuve ô combien accablante,

logiquement, il aurait dû avouer.

En tout cas, cette plastique ou pas cette plastique, devant cette preuve ô

combien accablante, Michel.

Je suis obligée de mettre Roland en garde à vue.

Où tu vas ? Où tu vas ? Je reviens.

Regarde.

Il faut tirer cette image-là, la scanner et faire une photo. Ok.

Alors, ceci est un cliché pris à partir du film vidéo fait sur la péniche par

Jeanne Berluti. Attention, ceci est l'heure de la prise de vue indiquée par

l'horloge de la caméra.

Oui, et c'est très facile de changer l'heure.

Comme ça, en une seconde, Jeanne Berluti a peut-être changé l'heure, sachant qu

'on utiliserait un jour ou l'autre son matériel.

Au moment de la prise de vue, elle a tout simplement reculé l'heure de l

'horloge de la caméra d'une demi-heure.

Et à l'heure où elle prétend filmer, il est 21h03. Or, si on regarde mieux la

montre de Tatum, on s'aperçoit qu'en réalité, il est 21h30.

21h30, heure à laquelle Jeanne Berluti revient du théâtre après avoir assassiné

Aurore Martin.

D'accord, mais devant le tribunal, ça ne vaudra rien.

Berluti a pu changer l'heure sur la caméra plusieurs jours avant.

Ou alors, elle a pu se dérégler toute seule.

Ou bien la montre du mec avancée d'une demi-heure.

Rien ne prouve qu'elle a tué Aurore.

Et notre intime conviction ne suffira pas à la faire tomber.

Notre intime conviction, peut-être pas.

Mais cette lettre, cette surprenante lettre, de sa fille à Aurore, trouvée

dans la correspondance de celle-ci, voilà une arme psychologique redoutable.

Bien plus redoutable que n'importe quelle autre preuve.

Oui, c'est vrai, quand j'étais jeune, Je voulais devenir une grande danseuse.

J'en avais les capacités, j'avais du talent.

On m'avait prédit un grand avenir, mais bon, c'est pas facile.

C'est pour ça que vous avez tout fait pour que votre fille réussisse là où

vous avez échoué ? Oui.

Madame Berluti, pensez-vous vraiment que Gilles Roland soit coupable du meurtre d

'Aurore Martin ? Oui.

Oui, bien sûr.

J'étais là quand les policiers ont retrouvé ses chaussures pleines de sang.

Oui, c'est Gilles qui a tué Aurore. Ce n'est pas plutôt ce que vous essayez de

nous faire croire.

Quoi ? Je ne comprends pas.

C'est tout de même bien lui qui... Vous voulez vous dire qu'on était très

admiratifs pour votre petite manipulation sur votre caméra.

Vous voyez ce que je veux dire ? Madame, vous vous moquez de nous depuis le

début.

Non seulement c'est vous qui avez tué Aurore Martin, mais en plus, vous avez

prémédité votre crime.

Et vous avez même pensé à nous, puisque vous nous avez servi un coupable sur un

plateau.

Mais qu'est-ce que vous racontez ? Je n'avais aucune raison de tuer Aurore

Martin. J'aimais beaucoup cette petite. Elle nous rappelait ma fille.

Votre fille marine qui vous a tant aimée.

Votre fille tellement reconnaissante.

Des sacrifices consentis pour lui faire atteindre le sommet.

Mais vous-même aviez autrefois raté le concours d'entrée.

De l'opéra, si je ne m'abuse. En effet, je ne vois vraiment pas ce que ça a à

voir. Vous attendiez bien avec votre fille Marine, Mme Bernouti ? Oui.

Mme Bernouti, reconnaissez-vous cette écriture ?

Répondez.

Oui.

Écriture d'attente, il y a trois heures.

Ma chère Aurore, tu méritais ce titre d'étoile et je suis ravi pour toi. Ne t

'inquiète pas trop pour ma mère.

Malgré tous ses efforts, elle n'arrivera jamais à nous brouiller.

Ne lui en veux pas trop, elle est tellement déçue.

Elle avait placé tous ses espoirs en moi. D'ailleurs, elle ne m'adresse plus

la parole.

Ma fille n'a pas pu écrire ça. Je t'avoue que je ne le supporte plus. Je

ne supporte plus non plus qu'elle me traite.

Comme ça, j'aimerais tellement qu'elle soit fière de moi, même si je ne suis

pas. Et toi, je suis quand même une bonne danseuse.

Je suis sa fille.

Et je l'aime.

Mais elle ne voit que mon effet.

Elle me le rappelle en permanence.

Parfois, j'ai même l'impression d'étouffer.

Cette lettre est un faux ! C'est Aurore ! C'est Aurore qui lui a dicté, j'en

suis sûre ! Elle a toujours eu un pouvoir magnifique sur ma fille ! C'est

vous. Vous êtes la seule qui avait poussé votre fille au suicide.

Non, ce n'est pas moi.

C'est Aurore.

Ma fille ne pouvait pas.

Elle ne pouvait pas survivre à son échec.

Mais ça ne vous suffisait pas. Il fallait que quelqu'un paie pour la mort

de votre fille. Aurore Martin était le diable en personne.

Elle était responsable, coupable de tout, du passé, du présent et même de l

'avenir. Il fallait qu'elle aussi meure.

Et pour cela, vous avez attendu qu'elle vienne.

Vous dansiez dans ce théâtre où vous teniez tapis.

Dans l'ombre, comme une araignée.

Cette fille était un monstre. Vous ne la connaissiez pas.

Madame Berlotti, vous avez tué trois personnes.

Votre propre fille, Aurore et l'enfant qu'elle portait en elle.

Et pourquoi tout cela ? Pour rien.

Rien ! Si ! Elle devait mourir.

Mais vous ne comprenez donc pas.

Il était impossible qu'elle vive la vie de Marine.

Elle n'avait pas le droit de vivre ma vie.

Ma vie ! Ma vie, vous entendez ? Ma vie !

Après

tout ça, on a quand

même le droit de se défouler un peu, nous.

Ah, sans moi.

J'accompagne Romain à l'anniversaire.

T'es de bonne humeur, toi ? Ouais, ça va, pourquoi ? Bon, tu montes en voiture

avec moi.

Non, avec Polo.

Mais arrête, discute pas ! C'est un ordre ?

La

fille m'a dit qu'elle venait de venir flic.

C'est hors de question.

Elle est sérieuse.

Si tu l'expliques, t'en vas pas, non.

Elle fait ça pour m'emmerder.

Mais c'est pas vrai, elle t'admire.

Écoute au moins ce qu'elle a à dire.

Cette môme, c'est la mienne et j'en ai qu'une.

Alors t'y tiens.

Si elle se sent une vocation sociale, elle a qu'à devenir infirmière.

Ok ? Putain.

Tu pensais à moi en tirant ou quoi ? Félicitations, lieutenant Berger.

Pour un grand coup de bol, ou alors un miracle.

Dis donc Jean-Louis, si c'est ça la parité, on a intérêt à garer nos fesses.

Bon, vous arrêtez de me casser les couilles.

Très joli score, très joli score.

Jean-Louis, c'est un beau score, franchement.

C'est un beau score. Merci.

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