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Vous prenez à rester bloqué toute la journée.
Non, mais... Non, non.
Regarde.
Encore là, toi ? Ah oui, oui.
Contenant la jeune fille, je pense que tu t'en vois.
Ah, c'est pour toi, les fuites, tu ne veux pas être un rayon, hein ? C'est au
courant.
Ça va ? Pas obligé de venir, hein ? Oui.
Attends une seconde.
Qui est la victime ? Une pensionnaire, Carla Chevalier, 87 ans. Elle a été
retrouvée dans le préau là-bas.
Rappelle-moi tout à l'heure, d'accord ? Oui.
Bon, ça va aller ?
Bon, du côté du gardien, rien à signaler.
Les allées et venues habituelles, la fin de l'après-midi.
Le boulot est en train de fouiller la chambre de la victime et Serge et Cisco
interrogent les employés et les pensionnaires.
La fille là-bas, c'est qui ? C'est la démine qui a découvert le corps.
Elle est en état de choc.
La femme qui l'emmène, c'est qui ? Sans rien de général.
Béatrice Masson.
Caroline, Caroline, je vous en prie, ne pleurez pas.
Combien de personnes dans la pension ? Une vingtaine, employés compris.
On a du bol, en semaine, il y en a plus de cinq ans.
La bonne femme en gris, là, c'est la diarlo.
Elle est lentille, mais elle est saoulante.
Je vous en prie.
Emmenez-les.
Allons, mesdemoiselles, retournez dans vos classes.
C'est environ le 20 mètres 40 de l'arête, pardon.
Je me rappelle que personne ne peut entrer sans autorisation.
Donc, calmeur trié, ta famille est de la pension.
Vous n'y pensez pas, commandant.
Dans cet établissement, les élèves comme le personnel sont triés sur le volet.
C'est une institution répète dans le monde entier.
Je réponds de tout le monde.
Sûrement plus pour longtemps, madame la directrice.
Alors, Michel ? Alors, je suis triste. Je peux constater que de nos jours, la
violence pénètre jusque dans les endroits les mieux protégés.
Elle a été poussée ? Je dirais plutôt jetée.
Fracture des poignets, un dégratignure dans la paume. Elle n'a pas tenté de se
protéger en tombant.
Tâche rétinienne.
En fait, elle a été étranglée.
Avec son foulard.
Elle était morte au moment de sa chute ? Morte ou inanimée.
L'autopsie nous le dira.
Traces suspectes au niveau des ongles de la main droite.
On en parle.
Comment elle va ? Quelqu'un qui vient d'enterrer sa sœur.
En question intimité, c'est pas terrible, hein, ici.
Ma fille devrait revenir en stage.
Ça la fera peut-être bosser un petit peu.
Et regarde, c'est pas Kovac la petite.
J'ai pris la pilule.
C'est trop bordélique, hein ? Ouais, quelqu'un a peut-être fouillé dans moi.
Je fais de la lecture.
Tout est pour lui, le sang qui bout dans mes veines, les mots que j'écris, son
cœur bat dans ma poitrine, son âme vibre dans la mienne, son aura se mêle à ma
rage. Si un jour je te perds, pourras-tu dormir ? Bon.
Je n'ai pas revu Carla après le déjeuner.
Et je surveillais la colle de deux élèves.
La dernière fois que je l'ai vue, c'était ce matin.
Pour rien non plus que...
Sa mère ne pourrait pas la prendre ce week-end.
Elle était retenue à New York pour son travail.
Et son père ? Car là, il ne l'a pas connu.
Il est parti juste après sa naissance.
Elle passait souvent le week-end ici ? Deux ou trois fois par mois.
Elle n'avait pas vraiment le choix.
Sa mère voyage beaucoup.
Je connais toutes les jeunes filles qui sont ici.
Je les côtoie tous les jours.
Terrible.
Carla a été partenaire depuis longtemps ? Non, c'était sa première année.
Elle a eu du mal à trouver sa place.
Pour une jeune fille aussi indépendante qu'elle, vivre en communauté,
c'est difficile.
Vous vous appelez comment ? Réo.
Marie.
J'ai un terminal L.
Et vous étiez dans la même classe que Carla ? Non.
On était ensemble à l'atelier de théâtre.
Donc, après le tennis, Carla est partie tout de suite, c'est ça ? Oui, c'est.
Elle était pressée.
Bon, vous savez pourquoi ? Elle vous a dit quelque chose ?
Je sais bien.
Tous les détails sont importants.
Oh, oh, mademoiselle, je suis là.
Vous savez parler aux femmes, vous ? Alors ?
Vous vous appelez comment, vous ? Aubrey Inès,
16 ans, 1m68, vieux marron.
Vous voulez aussi mes mensurations ? Votre emploi du temps, plutôt.
Je ne comprends pas pourquoi vous nous interrogez. On nous a dit que Carla s
'était suicidée.
Et que ce n'est pas suffisant.
Le train, quand il arrête, il s'arrête.
C'est marrant ce que tu veux, hein, toi.
Oula, ça va pas, toi ? Viens, je te racontais.
La côte de Montfiole, Romain.
Comme ses deux parents sont morts, le juge de tutelle décide de me le confier
quelques jours.
Par mesure conservatoire.
Tu vas le garder chez toi ? Oui.
En attendant que la soeur de mon beau-frère, Sylvie, se retombe pour le
récupérer.
Ils ont une maison en Bretagne avec son mari.
Ils avaient demandé son avis au gosse ? Mais bien sûr.
Tu l'aurais vu à l'enterrement.
Il n'a même pas voulu entrer dans l'église.
Je suis restée avec lui, dehors, sans pouvoir lui racheter un mot.
C'est un enfant difficile, tu sais. Il est très dur.
Je ne sais pas comment lui parler.
Ta soeur, elle aurait voulu quoi ? Je suis la marraine de Romain, alors c'est
bon.
Tu me vois, moi, avec un gosse de 8 ans.
Très franchement, non, mais... Il n'y a encore pas très longtemps que tu en
voulais un.
Oui. C'est vrai, à un temps où tu me disais sans arrêt que je faisais une
belle connerie.
Désolé.
T'inquiète pas, le film n'a pas encore commencé.
T'es une petite mine, toi.
Il fallait partir.
Viens. Moi, c'est mon ex qui est revenu.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
Ça me parle dans un peu d'autre quoi.
Bien.
Alors, nous y voilà.
Votre client s'est pris une bastose de 7,65 à vous portant dans le foie. Il n'a
pas arrangé sa cirrhose.
Docteur Tonnel, loin de moi l'idée de mettre en doute vos compétences, mais je
crains néanmoins...
qu'il y ait une petite erreur dans votre diagnostic. C'est une fille.
Autant pour moi.
Désolé.
J'ai passé la nuit au taf.
Un quart d'heure traité qui a percuté un Kingston.
Six morts.
Mais quelle idée aussi de trimballer des vieux qu'à quatre heures du mat'. Alors,
voilà, Carla Chevalier, 17 ans.
Heure de la mort entre 15 et 16.
Cause du décès, strangulation.
Et mort avant la chute.
Affirmatif.
La perte de sang au niveau de la région temporale aurait été plus importante si
elle avait été vivante.
Sinon, aucune trace de sperme, ni de violences sexuelles.
Et des lésions cutanées, au niveau des bras.
Ces problèmes ont débattu.
Et des prélèvements sous les ongles ? Sirmatifs.
Sans des particules de peau.
De quoi vous livrer la saison sur un plateau.
J'ai téléphoné partout, Mireille nulle part.
Je comprends pas. Hier matin elle était là, hier soir plus personne.
C'est plutôt une bonne nouvelle.
Si Mireille s'était vraiment tirée, tu peux être sûr que ta belle Doche se
serait fait un malin plaisir de t'annoncer.
Nous avons affaire à un meurtre de nature réactive et non prémédité à cela.
Trois raisons.
1.
La victime. Car la chevalier qui n'avait aucune raison d'être présente au
pensionnat ce week-end. 2.
Le maquillage du crime en suicide avec la défenestration du cadavre. 3. L'arme
du crime, le foulard de la victime avec lequel elle a été étranglée.
En tout cas, que lui ou celle qui a commis le meurtre doit avoir une sacrée
force physique.
Du côté des empreintes à quoi ?
Que dalle, il y a six gonzesses dans la pièce, c'est pas exploitable.
Sur l'heure du crime, tout le monde était dispersé dans tous les bâtiments,
et voilà.
On est en train de vérifier tous les adébis, mais de toute façon, personne n
'a rien vu, rien entendu, rien fait, comme d'habitude.
On n'a pas interrogé tout le monde hier.
Oui, on le voit ? Il y a quelqu'un qui est passé au travers des auditions.
Pierre Masson, prof de français.
C'est aussi le mari de la surgée.
Et le gardien ne l'a pas vu ? Non, tous les profs ont une carte magnétique.
Ils entrent et ils sortent comme ils veulent.
Le relevé de la carte de maçon indique qu'il est à la pension de 15h02 à 16h11.
C'est une finance troublante, non ? C'est mieux pour le vote. D'accord.
Vous avez quelque chose sur la petite ? Bon, pas grand-chose. C'était une élève
moyenne. Bon, dans son dossier scolaire, ils disent des qualités, mais manque de
travail et de concentration.
Bon, c'est dans le genre à ne pas faire trop d'efforts, quoi.
C'est normal, elle détestait la pension.
Marc a écouté ses copines, ça se comprend. On leur laisse aucune
initiative.
Elles sont en dehors du monde.
En plus, Carla venait d'un lycée mixte, alors... Se retrouver seule entre nanas,
elle n'avait pas l'air de trouver ça très drôle.
On en sera peut-être plus avec sa mère, elle arrive ce matin de New York. Et la
feuille retrouvée dans l'armoire ? Toutes les emplois de relevé sont celles
de Carlo Chevalier.
Je pense qu'il s'agit de son journal intime.
Ah oui, à propos... Voilà.
Je lis. Tout est pour lui, l'air que je respire, le sang qui bout dans mes
veines, les mots que j'écris.
Son cœur barre dans ma poitrine, etc.
Une vraie petite poète, la gamine.
Oui, mais je pense que cela ne mérite pas votre arc-en-ciel, Capitaine
Scandella. Non, la puissance des sentiments exprimés, la simplicité, le
dépouillement du style même, tout cela est la marque d'un prêtre.
On parlera littérature un autre jour, le marchand.
Pour l'instant, tout ce qui m'intéresse, c'est la vie de Carlin Chevalier et tous
ceux qui l'entourent.
Bon, quand vous aurez fini, Polo, vous me trouverez maintenant ? Oui.
À quittant la salle des profs, vous êtes bien passé par le cloître.
Non, je suis sorti par la porte qui donne directement sur la cour.
Je suis navré, je n'ai rien entendu.
J'ai vu que Carla Chevalier fréquentait votre atelier de théâtre.
Oui.
C'était une jeune fille pleine de sensibilité, avec de réelles aptitudes
pour la scène.
Dès les premières séances de travail, il était évident qu'elle serait un des
meilleurs éléments du groupe.
Pendant l'atelier, elle ne vous a jamais fait de confidence.
Non. Ni Carla, ni les autres.
D'ailleurs, je reste le professeur.
Et les élèves, chacun sa place.
Chacun son rôle.
Et puis, nous avons peu de temps pour monter la pièce de fin d'année.
Enfin que vous êtes repassé à la pension hier ? J'avais des copies à corriger.
Et j'aime bien profiter de la tranquillité des lieux le samedi après
-midi. Dites-moi, vous avez combien d'élèves ? Parce que...
Une heure pour corriger les devoirs de Français de toute une classe.
Pas beaucoup, ça ? Il m'en restait cinq.
Si vous voulez tout savoir, c'était une explication de texte sur un peine d
'apodinaire.
Le fleuve est parié à ma peine, il s'écoule, mais ne tarie pas.
Quand donc finira la semaine ? Au semaine non-paix, ils n'en finissent
pas.
Vous voulez vous en venir ? Nulle part.
C'est beau, l'amour du métier.
Dis-moi, M. Masson, à votre avis, vous pouvez en vouloir à Carla au point de la
tuer ? Je n'en ai pas la moindre idée.
Ce mec-là, il est libre.
Les gens, ils se contrôlent en permanence.
Il faut venir à la pension une heure pour cinq copies, moi, j'y crois pas.
Surtout au renard dans le poulailler.
Mais attends, sa femme était là.
Et alors ? Si tu as dû le faire, t'as encore des leçons à prendre, hein ? Ah,
mais il était avec lui à la pension.
Déduction active, Capitaine Moreau.
La présence de Béatrice Masson dans l'établissement hier était inhabituelle.
Généralement, elle passe ses fins de semaine dans un club d'agilité.
C'est quoi l'agilité ? C'est l'aérobic ou quoi ? Oui, de l'aérobic et pour
clébard. Oui, en quelque sorte. Une conception moderne du dressage.
Béatrice Masson possède un labrador qu'elle entraîne dans un club en
banlieue.
Bon, si je comprends bien la semaine, les Massons ne font que se croiser et le
week-end, Madame préfère s'occuper de son clébard.
Moi, j'appelle ça un couple qui se barre en couilles.
Tu penses que c'est lui, l'homme dont Carla parlait dans ton journal ?
Évidemment, il est beau, intelligent et il le sait. Avec les gamines, c'est du
tout cru.
Il repère Carla et il lui donne le rôle principal de la pièce et il la saute. Le
goût des belles lettres aurait dû les rapprocher, non ? Alors ? Alors, Carla
Chevalier n'a pas d'ordinateur chez elle, seulement des trucs perso d'ado,
posters, vidéos, mais pas de traces de son journal.
Ta mère ? Oh, elle et ta fille, c'était plutôt le mur du silence.
Carla ne se confiait plus à elle depuis très longtemps.
Mais ta mère pense que Carla voyait un homme.
La surprise d'un jour au téléphone.
Alors, en comptant les remontées d'appels, on peut voir que Carla a
appelé plusieurs fois les matons.
Oui, des matons, exactement.
Là, regardez.
Oui, mais peut-être qu'elle a appelé pour aller au théâtre.
Oui, c'est ça. Elle prenait des cours particuliers à distance.
Je ne savais pas, parce qu'ils avaient une relation que, forcément, il a tuée.
En tout cas, il ne nous a pas tout dit.
Bon.
On creuse du côté du prof et on convoque sa femme.
Dis-vous hébergé.
Vous retournez à la pension et vous interrogez la copine de théâtre. Mais
bien sûr.
Elle a peut-être été témoin de quelque chose.
Très bien. Tenez, mademoiselle, voilà. Pour moi, ce sera donc des sandwichs
dans la voiture.
Allez, on y va.
Eh,
Cisco. Oui ? Vous voyez, c'est ça, la complémentarité dans le groupe.
Moi, je suis la tête, et vous, vous êtes les jambes.
T'as faim, hein ? Oui, allez.
Zakouski, Zakouski, Zakouski.
Les femmes, je sais que tu les préfères un petit peu mûres, mais quand même,
évite de faire pleurer les gamines, d'accord ? Rassure-moi, on ne t'y
habitue jamais à ton humour.
À ton quoi ?
Carla adorait le théâtre.
Souvent, elle disait que sa maman était vraiment heureuse.
La mère de Carla m'a dit que la fille voyait quelqu'un.
Parce qu'elle vous en avait parlé.
Non, jamais.
En dehors de l'atelier, on se voyait pas vraiment.
On était pas dans la même classe.
Et entre Pierre Masson et elle ? Entre M. Masson et Carla ? Oui.
Un geste.
Une parole, un échange de regard.
Non, non, jamais.
T'as encore besoin de moi, lieutenant ? Hein ? J'ai l'air.
Carla a sûrement imprimé son journal ici, mais pour le reste, tiens, regarde,
c'est tout ouvert, dossier d'histoire géo, au disquaire.
Il n'y a rien, rien de perso.
De toute façon, moi, depuis le début, je trouve ça bizarre d'écrire un journal
intime sur un ordinateur.
Moi, je le fais.
D'autres filles aussi.
C'est beaucoup plus facile à protéger qu'un cahier.
On n'a rien de temps, tout s'efface.
Qu'est-ce que tu fais là ? Un client coriace, tant qu'il prend d'heures.
Si vous plaidez ma défense, rien à faire.
T'as pas l'air de convaincre, dis donc.
Laurent, laisse tomber. Laisse ! T'as un problème, celui-là ? Non, non, viens.
Tu crois que c'est facile pour moi ? Écoute, que ton petit groupe ne m'aime
pas, d'accord.
Je viens pas pour les narguer, je viens pour te voir, non ?
On n'a pas le droit d'avoir une vie privée dans la police.
Excuse-moi, mais je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment. Et puis, je ne fais
pas toujours ce que je veux.
Ni ce que je veux non plus, d'ailleurs.
C'est sûr, ça doit te changer.
Arrête, tu sais très bien ce que je veux dire.
Oui, oui.
Je le sais très bien, oui. Toujours la même rengaine. Tu te crains de passer
une voie. Que mon boulot n'est pas aussi intéressant que le tien. Que je pourrais
bien faire un effort.
Non, ce n'est pas vrai.
Si, c'est vrai.
Je lis dans tes yeux quand une faute dicta un moment.
C'est bien.
C'est quand même le droit de penser que tu mérites mieux que ça, non ? Parce que
planquer les suspects, interroger les témoins, c'est pas assez noble pour toi.
Ah ouais, c'est sûr que le 36, ça ressemble pas au palais. Il n'y a pas de
trétoir, pas d'effet de manche, pas de public.
Mais moi, au moins, j'ai un sens moral.
Voilà, excuse-moi, mais t'es en train de devenir très borné, je crois.
Flics, peut-être ? Ouais, un peu, ouais.
Eh ben, ça tombe bien, j'en suis un.
Bon.
Comme on dit dans ton jargon, je crois qu'on peut clore les débats.
Je t'envoie.
Madame Matin.
Nous vous aurons demandé de venir pour nous éclairer sur certaines coïncidences
troublantes concernant votre mari et Carla Chevalier.
Je sais.
Vous savez quoi ? Ils étaient amants.
Depuis plusieurs semaines, Pierre était léger et insouciant.
On aurait dit un adolescent.
Les hommes sont comme ça.
C'est plus fort qu'eux.
Leur bonheur transpire.
Tout le monde en profite.
Vous n'avez jamais remarqué.
Pendant les dernières vacances, je suis croisée ensemble.
Pierre m'a dit qu'ils s'étaient rencontrés par hasard.
Sur le coup, je n'y ai pas prêté attention.
Après, il y a eu ces coups de fil.
Sans personne.
Je suis sûre que c'était elle.
Savez-vous où ils se retrouvaient ? À la pension, ce ne sont pas les recoins qui
manquent.
Puis, dehors, n'importe quel hôtel peut faire l'affaire.
L'amour, ça commode de tout.
Avez-vous des preuves concrètes de ce que vous avancez ?
Les lettres que Carla Chevalier a écrites à Pierre.
Je les ai trouvées ce matin.
Il a toujours été sensible au mot.
À la belle prose.
Autrefois, c'était moi qui l'écrivais.
Comment avez-vous lu ces lettres ? Maçon, nous possédons le privilège de
poser des questions quant à vous.
Vous avez l'obligation d'y répondre.
Nous savons.
pour vouer Carla Chevalier.
La question qu'on se pose, nous, c'est pourquoi vous l'avez tuée.
Je ne l'ai pas tuée.
Je l'aimais, elle aussi.
Vous le savez, vous avez lu les lettres. En effet.
Nous savons aussi que vous possédez une réputation au-dessus de tout soupçon et
un casier judiciaire vierge, ce qui ne manquera pas de plaider en votre faveur
devant un jury d'assises.
Donc, si je comprends bien, le week-end, pendant que Madame s'occupe de son
clébard, vous comptez fleurette à la jolie Carla.
Sauf que la petite, elle en veut plus.
Elle en a marre de 5 à 7.
Alors elle commence à téléphoner chez vous.
Bref, à foutre le bordel dans votre vie.
Et vous, ça, ça vous plaît pas beaucoup ? Depuis quelques jours, j'avais l
'impression que ma femme se doutait de quelque chose.
J'ai pris conscience des risques pour Carla et pour moi.
Hier matin, à la sortie des cours, je lui ai dit que c'était fini.
Elle n'a rien voulu entendre.
Elle m'a donné rendez-vous l'après-midi à la lingerie et je suis allé.
Elles n'ont pas duré longtemps, vos bonnes résolutions.
Et là, elle m'a traité de lâche. Elle m'a dit que je ne l'aimais pas.
Mais je n'ai pas cédé.
Elle est partie. Moi, j'ai quitté la pension.
Joli roman, monsieur Masson.
J'ai toutefois l'impression que vous avez omis un chapitre.
Je ne sais pas comment vous faites pour supporter ce genre de petits fouleurs.
Moi,
ça me gratte.
Ça tient chaud, non ? Oui, en effet, Capitaine Scandella, mais... Mais cette
coquetterie a l'avantage de dissimuler une blessure, une plaie gênante.
On a retrouvé du sang sous les ongles de Carla.
Le même groupe que le vôtre. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On fait un petit
test ADN ou vous nous épargnez du temps et de l'argent ? C'est bon.
Pendant qu'on se disputait, j'ai voulu prendre Carla dans mes bras pour la
calmer et c'est là qu'elle m'a griffé.
Bel effort, mais peu mieux fait.
C'est comme ça que vous dites à vos élèves, non ? Comment vont-nous être
sûrs que Carla, que vous nous décrivez comme follement éprise de vous, n'ait
pas été tentée de vous menacer, de révéler votre liaison à votre épouse ou
à la directrice si vous la quittiez ? Vous vous engueulez.
Tu la suis dans sa chambre, et là tu l'étrangles.
Après, tu maquilles le tout en suicide.
Non ! Et vous allez fouiller son armoire à la recherche de preuves concernant
votre liaison.
Son journal intime, par exemple.
Vous allez même en salle informatique pour effacer ses fichiers.
Je ne l'ai pas tué.
Je crains fort, monsieur Masson, d'être obligé de vous mettre en garde.
Je l'aimais.
Comment t'as fait ça ? Je te pose vraiment la question.
Tu réalises ce que t'es en train de nous faire ? Arrête, enfin, il n'y a plus de
nous depuis longtemps, tu le sais très bien. Tout ça, c'est à cause de toi. Où
je me dirai en face que tu me crois coupable ? Arrête ! Arrête ! Il n'y
aurait plus la tête samedi après-midi ! Arrête ! Tu es censé sourire à la colle.
Et qu'est-ce que tu me foutais en prenant dans le toit ? Arrête ! Arrête !
Arrête !
Et on l'a mise au sédatif parce que... Ouais, quand même.
Bon, moi j'y vais.
Salut. Salut.
Ilan Berger, il faudrait que tu t'éclaires.
Personne n'a envie de voir ton enculé d'avocat ici, d'accord ?
Ne vous inquiétez pas, vous ne le verrez plus.
Bonsoir.
Bonsoir.
Au lieu d'un coupable, on a maintenant deux suspects.
Beatrice Masson n'est pas en état d'être interrogée ce soir.
Galio. Oui, attends une minute.
On va le laisser passer la nuit, histoire de calmer les esprits.
À demain, au revoir.
Bonsoir. Oui, Sylvie.
Non, non, ça va.
Très bien.
Ouais, à 13h devant le parc.
Je t'embrasse.
Demain, ma belle-sœur vient récupérer Romain.
Comment ça s'est passé avec lui ? Pas mal.
Il a bien dormi.
Aujourd'hui, il a joué avec la bébé Peter.
D'abord, j'en ai mentionné.
Il a dit qu'il voulait rester avec moi.
Je lui dis qu'il serait très bien en Bretagne.
C'est vrai que lui et son mari, c'est des gens formidables.
Tu as fait le bon choix, Françoise.
Attends, je vais t'aider.
Dis
-moi,
rappelle-moi pourquoi on est divorcés déjà.
Tu sais, Jean-Louis, je voulais te dire.
Ces derniers jours, ces dernières nuits, c'était vraiment bien tous les deux.
Tu crois pas qu'on a eu notre chance déjà ? Je voulais simplement...
Tu ne te fasses pas d'idées pour nous.
Tu ne veux pas savoir ce que je suis content que tu me dises ça.
À l'époque, quand tu m'as quitté, j'ai failli me buter.
Et je me disais que la pire des conneries à faire, c'est de te remettre
le couvercle.
Mais tu vois, il a fallu ça pour que je me rende compte que je ne t'aimais
vraiment plus.
Moi, tu vois, on n'aurait pas dû attendre si longtemps.
Alors, on efface tout ?
Mireille est rentrée ? Je l'ai creusé ce matin dans l'escalier en partant.
Pas de mauvaise excuse, mais... J'ai juste demandé si j'avais passé un bon
week-end.
Tu crois qu'elle s'est pour Liliane ? Non.
Elle est juste moins con que moi, quoi.
Il y a Donald Gaze entre nous depuis quelques temps.
Elle est partie deux jours pour me faire chier, histoire que je me remette d
'équerre. Jusque-là, t'es d'équerre.
Et Liliane, dans tout ça ? C'est vrai.
Quand j'ai appris que Carla ne sortait pas de week-end...
J'ai décidé de rester, moi aussi.
Vous vouliez la surprendre avec votre mari ? Je voulais vérifier si mes
soupçons étaient fondés. Et j'ai eu raison.
Il est venu.
Vous avez pu résister à la tentation, alors vous les avez suivis.
Oui, mais j'ai renoncé.
Vous avez renoncé à quoi ? À les chercher. J'ai eu peur, ça vous va ?
Peur d'affronter la vérité.
Alors je suis sortie dans le parc pour fumer.
Et bien sûr, personne ne vous avait vu. Bien sûr.
Je n'avais envie de voir personne.
J'avais besoin de me calmer, de mettre un peu d'ordre dans ma tête.
Madame Masson, vous venez travailler dans la pension où vous avez étudié
adolescent.
J'ai envie de faire bouger les choses.
travail de longue haleine, qui malheureusement n'a pas été couronné de
succès. L'inertie des lieux, le poids des traditions.
Voilà, coincé à la pension, revenu à la case départ.
Alors que votre mari, lui, se fonde immédiatement dans le décor,
apprécié, admiré, aimé de tous.
Voilà, seule.
Toute seule.
Ah !
Avec un enfant, bien sûr, les choses auraient été différentes.
Pour tout de mieux, vous prenez un chien psychiatre, il verrait une tentative
de... Vous croyez que j'ai attendu après vous pour savoir tout ça ? Puis vient l
'humiliation suprême.
La liaison de votre mari avec une élève.
Vous ne pouvez plus contenir la colère qui monte en vous. Pourquoi j'aurais tué
Carla ? Pourquoi ? Il n'y avait plus rien à sauver entre nous, vous le savez
aussi bien que moi.
À sauver ? Non.
Et détruire, oui.
C'est quoi ce trottoir-là ? Dire que nous sommes dans l'impasse est un
ostomique.
Personne ne range jamais. Il y en a partout des gobelets.
Il ne faut quand même pas compléter. Laissez ! Alors, maçon ? Je suis sûr qu
'il va finir par craquer.
Ça ne suffit plus tes certitudes, Jean-Louis. Il nous faut des aveux.
Si on n'a rien de plus, on va devoir les relâcher.
C'est bizarre, dans leur déposition, les deux filles qui étaient en colle avec
Béatrice Masson n'ont jamais dit qu'elle était sortie.
Peut-être que la surveillante a fait pression sur elle pour qu'elle la
boucle.
Ou alors c'est qu'elle se ressortie à lui.
Peut-être, c'est bizarre.
Comment s'appelaient déjà les deux filles ? Marie, Réo et Inès Aubry.
Et Inès, c'est elle qui l'a vue ? Précisez, Polo.
Mais c'est que Masson, il est persuadé que le matin du meurtre, Inès Aubry l'a
vue avec Carla.
C'est trop blanc, non ?
Oui, en fin de l'heure, on fera suspect.
On ne peut rien négliger.
Vous me l'avez convoqué toutes les deux ? Il faut que je m'accente, là.
À tout à l'heure.
Tu n'aimes plus le pain au chocolat ? Tu verras, tu seras très bien avec Sylvie,
Antoine.
Ils ont une grande maison avec un jardin qui donne sur la mer.
Tu seras avec tes cousins.
C'est une vraie famille, tu sais.
Sylvie, elle travaille pas. Elle pourrait s'occuper de toi.
Elle va t'aider à faire tes devoirs.
Enfin, tout, quoi.
Moi, j'ai une vie très compliquée. Tu sais, je travaille tout le temps, même
le week-end.
Tu comprends ? Simplement, tu veux pas que je vive avec toi, c'est tout.
François ?
Bonjour, Romain.
Tu sais ce qu'on va faire, chérie ? On va aller au parc de la Villette. D
'accord. On va prendre la voiture d'Antoine et on va y aller tous les
trois. Et ce soir, tu dormiras dans une belle chambre que j'ai préparée exprès
pour toi.
Tu connais Samalou ? Je veux pas y aller.
Allez, Romain, sois gentil.
Tu viendras te voir pour les fêtes, c'est promis, dans 15 jours.
Allez, Romain, on y va.
Allez, viens, Romain, rentre à la maison.
Tu nous as pas dit que Béatrice Masson était sortie pendant la colle ? Suis
-toi, maman.
Non, seulement moi.
Je se connais bien, Matin.
Oh, pourquoi ? Elle est sortie, elle a fait nu.
Voilà. Ça a quand même duré une demi-heure.
Et vous le dites.
Et pendant ce temps-là, toi, tu n'es pas sortie ? Non.
Ah, ouais.
Marie dit le contraire.
Vous mentez.
C'est ton devoir de colle.
Bizarre.
Les maths, c'est plutôt ton truc.
Ton prof a même dit que tu étais brillante. Et alors là, tu termines pas
un devoir facile.
Comme si t'avais manqué une demi-heure.
C'était pas un examen.
Pourquoi vous avez été collée, toi et ta copine ? Parce qu'on a fait la grève au
réfectoire. On a pas voulu bouffer leur salade de nouilles froides.
Oh, ouais, c'était pas la première fois, hein ? Être collée, pour toi, c'est
devenu une activité à part entière.
J'arrive même plus à compter les week-ends où t'étais consignée.
C'est tellement dur de rentrer dans l'hôtel particulier de papa et maman.
Vous avez tout compris.
Mais à qui tu veux faire croire que tu es restée sagement dans la salle de col
alors que la voie était libre ? Comment je dois vous le dire, je ne suis pas
sortie.
Même pas pour aller pisser.
En revanche, maman, si c'était possible...
Ça
vient d'arriver pour vous.
Merci. De la pension.
Ils en sont où ? Le ton monte.
Mademoiselle Corias.
Vous avez demandé ses copines ? Une de
tes copines nous a dit que vous vous étiez battue la semaine dernière.
J'ai à peine touché.
Pourquoi vous êtes engueulée ? Je ne sais plus pourquoi.
Ça ne devait pas être important.
Puis vous savez, en pension, c'est courant de s'engueuler.
Ça s'appelle la promiscuité. C'était à propos de Masson.
Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans, la survie ? Oh, très drôle, mais très
drôle. On te parle de Pierre, Masson. Oh ! T'étais au courant pour Carla et lui ?
De quoi vous parlez ? Bon, allez, arrête ton tinoche.
Tu les as surpris dans le poids, samedi matin.
Masson t'a vu.
Moi, non.
Je vais te dire ce que je crois, moi.
Elle est jalouse.
Ouais.
Hein ? T'es jalouse ? T'es jalouse parce que Carla et lui ont eu une aventure ?
Je suis jalouse de Carla, donc. Oui, t'es jalouse de Carla, donc ! Oui !
Et au point de vouloir la tuer.
Ce journal n'a pas été écrit par Carla Chevalier.
Par qui, alors ? On va devoir trouver des passages entiers dans ses lettres.
Les mêmes tournures.
Nous nous sommes trompés.
Joli.
J'ai envie de hurler, mais le cri reste enfoui dans mon ventre. J
'aime cette douleur. Elle est ce qui me rattache à lui. Elle est lui.
Caroline n'a pas pu écrire cela.
Elle était ouverte sur les autres. Elle avait des préoccupations identiques à
celles des jeunes filles de son âge. Elle sortait, elle découchait. En
revanche, La jeune fille qui a écrit ces lignes est plutôt introvertie.
Voyez-vous, elle est réellement introvertie, repliée sur elle-même.
Elle vit son amour à travers les mots de son journal. Son histoire n'est rien d
'autre qu'un fantasme sans passage à l'acte possible. Or, nous savons très
bien qu'entre Carla Chevalier et Pierre Masson, la belle histoire d'amour était
réelle, concrète.
Aux conclusions, Michel ? C'est un fragment du journal de Marie Réon.
Est-ce une hypothèse ? Non, c'est une certitude. J'ai comparé. Je me suis
procuré les dissertations de français de Marie, Inès et Carla.
Le style est exactement le même que celui de Marie Réau.
C'est bien son journal.
Ce document évoque-t-il quelque chose pour vous ?
Non, désolée.
Carla Chevelier avait compris que...
Pierre Masson ne cèderait à Césarance que si elle séduisait son esprit.
Elle lui écrit donc en s'inspirant, ou plutôt en copiant des passages d'un
journal qui n'était pas le sien.
Nous pensons qu'elle le volait.
Êtes-vous très amie avec Carla ? Est-ce que vous pensez qu'elle était capable de
faire ça ? Je ne sais pas.
Est-ce que vous pensez que, apparemment pour Pierre Masson, elle aurait pu
trahir une amie ?
Je sais pas.
Mademoiselle Réau, vous avez déclaré au lieutenant Berger ou au lieutenant
Siskowski que vous-même, vous teniez un journal.
Alors imaginons que ce soit votre journal que Carla ait volé.
Comment allez-vous réagir ? Maria a volé.
J'ai dit imaginons.
Donc, imaginons que Carla se soit inspirée de votre journal pour écrire
à Pierre Masson.
Que vous le trouviez et que vous vous retrouviez face
à elle. Que feriez-vous ? Aucune idée.
Vous me décevez.
Oui, à la lecture de vos dissertations, j'avais cru comprendre que vous aviez l
'esprit plutôt créatif, sensible.
Désolée de vous décevoir.
Bien. Cessons donc d'imaginer et revenons à la réalité.
La réalité, c'est vous.
Dans la chambre de Carla.
Samedi après-midi.
Un peu plus tôt, votre amie Inès vous a appris sa liaison.
Avec maçon.
Vous voulez en avoir le cœur net.
Je ne suis pas sortie pendant la colle.
Vous fouillez son armoire.
Et qu'est-ce que vous y trouvez ? Votre propre journal.
Imprimé. C'est à cet instant que Carla entre.
Vous vous trouvez face à celle qui vous a volé l'homme que vous aimez.
Qui vous l'a volé.
Avec vos propres mots.
Je ne suis pas sortie pendant la colle.
Demandez à Inès.
Bon, et si on les confrontait ? Ça serait illusoire d'espérer.
Inès et Marie se trahissent.
Elles se connaissent parfaitement. Et si elles sont ensemble, ça ne marchera
jamais. Elles en ont une partage douée depuis toujours.
Cette fois, elles sont complices d'un meurtre. Alors leur résistance risque d
'être à hauteur de l'enjeu.
On les cuisine le temps qu'il faut.
On peut pas faire n'importe quoi, elles sont mineures.
J'ai une idée.
Qu'est-ce qu'on fait là ? Je vous en prie, asseyez-vous.
Merci, gardien. Vous restez derrière la porte, s'il vous plaît.
Bon.
On va pas y passer la nuit ? Hein ? Alors, puisque t'as pas tué Carla...
Je crois que c'est le moment de nous dire la vérité. Assieds-toi.
Je vous l'ai dit, je n'ai pas tué Carla.
Donc si ce n'est pas toi, c'est donc Marie.
Vous dites n'importe quoi.
Et comment elle aurait fait ? Elle n'est pas sortie.
Ok.
Si ce n'est pas Marie, alors donc c'est toi.
D'un coup, si tu veux plonger à sa place.
Il y a un truc que je voudrais comprendre, moi.
Pourquoi tu la couvres, ta copine ? Tu l'aimes ? C'est ça ?
Tu vois pas d'autres explications ? On voit que ça se comprend, hein.
Enfermé toute la semaine, pas un mec à l'horizon.
T'aimes vraiment les filles ou c'est faute de mieux ? J'ai qu'à vous regarder
pour savoir.
Et puis, vous partagez la même chambre avec Marie ? Qui ? Je sens passer des
trucs dans le noir, hein.
Peut-être même que de temps en temps, d'autres filles viennent vous rejoindre.
Vous pouvez vous les garder, mon fantasma de balle ! Ok, tu l'aimes.
Oui, non mais oui, oui, c'est vrai.
Simplement, moi, ce que je crois, c'est que Inès n'a jamais eu sa chance avec
Marie.
Hein ? Et ? Marie, elle ne coutait pas les mecs ? Et des vieux, en plus.
Genre Masson.
Ça te faisait mal de savoir que Marie en pensait pour Masson, hein ? Qu'elle en
rêvait la nuit.
Qu'elle en tartinait les pages de son journal intime.
Alors, dès que tu as surpris Carla et Masson ensemble...
T'as couru voir Marie pour tout lui rapporter, hein ? Faut... Faut la
récupérer.
Faut la consoler.
C'est dégueulasse.
Oui, tu pouvais pas prévoir la réaction de Marie.
C'est ça.
Et même après le meurtre, tu lui tires de la libide.
Eh oui, finalement, c'est elle qui t'a baisé.
Et c'est toi qui va te rinquer.
C'est pas beau, l'amitié ? Arrête !
Arrêtez-toi.
Arrêtez-toi.
Arrêtez-toi.
Arrêtez-toi.
Arrêtez-toi.
Arrêtez-toi. Quand elle est entrée dans la chambre, Carla
avait les yeux rouges comme si elle avait pleuré.
Ce n'était pas à elle de pleurer.
Et après, que s'est-il passé ?
Après, je ne me souviens pas.
Très bien.
Tout tournait autour de moi.
Carla y essayait de me parler.
J'avais sa voix qui résonnait dans ma tête. C'était insupportable.
Il fallait qu'elle se taise.
J'ai fermé les yeux.
Mon journal, c'est ma vie.
Elle me l'a volé.
Je n'avais pas le droit.
Je n'avais pas le droit.
C'est Inès qui a maquillé le meurtre.
Elle est retournée dans la chambre et elle a jeté le cadavre de Carla par la
fenêtre. On a eu beau lui expliquer que juridiquement, elle n'était ni coupable,
ni complice. Elle n'a rien voulu savoir.
Elle veut être jugée avec Marie.
Pierre Gaffi.
C'est pour un journal.
Il va devenir une pièce de conviction.
Il voulait tant que ses mots restent secrets.
Galio.
Sylvie, qu'est-ce qu'il se passe ? Comme quand on fuit.
C'est grand, la Villette.
Je l'ai cherchée partout.
Odèle, Sylvie, arrête de pleurer.
Explique-moi.
Non, t'inquiète pas. Tu restes où tu es, j'appelle les flics du quartier.
Je te m'appelle.
Mon fiole, Romain.
Il a fait une fugue.
Commandant, j'ai trouvé ce jeune homme devant le 36.
Il dit qu'il est votre neveu.
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