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Bon, je pense que ce matin, vous reprenez les travaux, vous vous pointez
avec le caterpillar et là, vous découvrez le corps abalé.
Vous ne faites rien et vous pouvez venir immédiatement.
Ok,
bon, merci, je suis content.
T'as vu l'heure ? J'espère que t'as un mot d'excuse au moins.
Écoute, c'est Mireille, elle s'appelle Radio Réveil, cette petite conne.
Je voulais faire la carte matinée.
C'est tout vraiment de ma gueule en ce moment.
Oui, c'est vrai parce que toi, depuis que tu écornes comme des bois d'élan, ce
n'est pas ta gueule peut-être.
Ça va.
Les sacs plastiques qui enveloppent le cadavre sont
d'un usage courant sac poubelle de grande capacité environ 100 litres.
La victime est blanche, caucasien, 1
mètre 75, 1 mètre 80, 75-80 kilos environ.
Enfant d'équimause sur la tente de gauche.
Un petit peu d'équimause.
Préfaction avancée. La mort doit remonter à plusieurs jours.
Alors c'est lui, Olivier Roux, 56 ans, directeur d'agence à la BCI. C'est sa
femme qui nous a prévenu hier soir et d'après elle, il aurait disparu depuis
une semaine.
Elle n'a pas prévenu la police tout de suite ? Non, elle a dit qu'elle a suivi
les instructions des ravisseurs.
Elle a déposé la rançon dans les toilettes de la gare de Lyon et elle a
attendu qu'on libère son mari. Et puis comme il ne s'est rien passé, c'est
décidé de nous appeler, mais 48 heures après.
Ça a pu quoi, merde.
On n'a pas trouvé grand-chose.
Le corps a dû être transporté en voiture jusqu'ici. Comme le chantier a été
abandonné depuis un mois, on n'a trouvé personne.
Captain Sherman, vous avez des indices ? Les ouvriers ont effacé les traces de
pneus avec leur engin.
C'est une chance d'établir un relevé.
Bon, mettez tous vos PV à disposition.
La crime reprend l'affaire.
Bon courage, commandant. Merci.
Zico, Berger, vous allez chercher la femme de la victime.
Nous, en 36, préparer un topo sur le kidnapping.
Allez.
Allô, vieux, ça va ? T'es arrivé, t'es tout blanc. T'as une jaunisse ? Non.
Tiens.
Salut, madame.
Salut.
Madame, un instant, s'il vous plaît.
Oui, allô.
Oh, Mario.
Oui.
rappel, ok ? Le Dr. Rhodes nous attend.
Bon, là, c'est clair.
Il a pris un mégapain dans la tente.
Je ne vous explique pas les dégâts dans le cortex.
Mort sur le coup. Il a dû prendre un truc dur, bien mastoc, chaud.
Genre, objet contondant.
Selon la formule consacrée.
Une poêle. Il y a des marques au poignet. Il a dû épigoter.
À part ça, sur le corps, rien.
Le mec n'a pas dérouillé.
Donc un bleu qui n'est raflure que là.
Aucune trace d'adhésif sur la bouche ? Non.
Et les analyses tanguines, ça a donné quoi ? Là non plus, rien de spécial.
Mais il y a autre chose.
Primo, le bol alimentaire.
Ce type s'est tapé un véritable gueuleton avant d'y passer.
Il pourrait pas être bizarre pour vous de galer un type avant de le buter ? Si.
J'ai encore un truc, ce type avait une dent carriée.
J'ai trouvé de la gomme, j'en tue une gomme en fonçant dedans.
Parfait.
Parfait.
On nous avance tout à pas de géant.
Désolé, le marchand. Il y a des jours comme ça où c'est la merde.
Eh oui, faute d'éléments concrets, nous tenons là une expression d'une clarté
éblouissante.
C'est ma faute.
Je n'aurais pas dû les écouter.
Dr Philippe Poulain, qui est mon associé.
Monsieur, mademoiselle, pour partie de la brigade criminelle.
Philippe, on a retrouvé le corps d'Olivier ce matin.
Oh mon Dieu, mais c'est pas possible.
Il faudrait madame que vous nous suiviez à l'institut médico-légal pour la
reconnaissance du corps.
Oui.
Je peux t'accompagner ? Non, ça va.
Tu vois avec Sandrine si tu peux t'occuper de mes rendez-vous.
Pour aujourd'hui.
Je rentrerai à la maison directement après. T'es sûre ? Oui.
Bon, on y va ?
Le vendredi 12, Rose quitte l'agence à 18h30, comme d'habitude.
C'est après qu'il disparaît.
Là, sa femme reçoit un premier coup de téléphone qui la prévient de l
'enlèvement et du motif habituel.
Demande de rançon.
Paul, on a réussi à localiser le coup de fil ? D'après les relevés fournis par l
'opérateur, l'appel a été effectué depuis le portable de Rose. La
communication a été relayée par une borne du quartier Saint-Germain, comme
tous les autres d'ailleurs. Et combien de communications ? Il y en a eu trois,
une par jour du vendredi au dimanche.
D'après la déposition de Mme Rose, ce n'est qu'au troisième coup de téléphone.
C'est-à-dire dimanche que les ravisseurs lui ont donné les instructions pour
déposer la renfort.
Combien la renfort ? 500 000 balles.
Et elle avait cette somme en liquide ? Où ça ? À la banque de Rose.
Le couple avait un coffre.
Et tous les deux avaient la combinaison.
Ouais, sauf que le week-end, la banque est fermée.
Donc Mme Rose a été obligée d'attendre le lundi.
Là, elle vide le coffre.
Elle va déposer le pognon à l'endroit prévu.
Puis après, elle attend.
Le lundi, rien.
Le mardi, rien.
Le mercredi, elle traque et elle prévient la police.
Vous avez quelque chose, Berger ? Après le rapport d'autopsie, il n'y a aucune
trace de baillon.
Rose a été ligotée, mais pas baillonnée. Ça veut dire que le lieu de
séquestration était loin des tous voisinages, et suffisamment isolé. Moi,
un truc qui me tracasse, c'est qu'il y avait pile la somme dans le coffre.
Rose a dû être enlevée par des gens suffisamment bien informés pour
connaître le montant exact du magot.
Mais qui ? Des proches, des amis, de la famille ? Pourquoi pas ?
Bon, on va examiner la situation moqueur des Roses et chercher à savoir qui
connaissait l'existence de ce coffre.
À la mort, ça donnait quoi, vous ? Une lettre à la poste.
Madame Rose est du genre qui insure.
Un self-control hallucinant.
Elle est née à son mari.
Pourquoi ? Je l'ai encore
dans terre quand on s'est rencontrés.
Nous n'étions pas d'un milieu très riche.
Il fallait juste se bagarrer pour en arriver là.
Nous formions un couple soudé.
J'ai fini par ouvrir mon cabinet et Olivier a gravi les échelons jusqu'à la
direction d'une succursale du BCI.
Ça peut vous paraître banal, mais nous étions heureux. Rien n'est jamais si
banal, Madame Rose.
Notre expérience professionnelle en matière de couple tendrait à nous
prouver qu'en ce qui concerne les choses de l'amour, tout est généralement
beaucoup plus complexe.
Ça vous dérange si je filme ? Allez-y.
D'après la déposition que vous avez faite au commandant Maton, vous ne
connaissiez à votre mari aucun ennemi susceptible d'être à l'origine de l
'enlèvement. Encore moins de l'assassiné.
Les banques ne sont pas les entreprises philanthropiques.
Alors bien sûr, j'ai des clients ou certains de ses confrères, peut-être qu
'ils ne l'apprécient pas tous, mais de là à... Qui soignait les dents de votre
mari, Mme Rose, vous ? Non, c'est Philippe.
Chez les médecins, on ne soigne pas sa famille.
Nous avons découvert de la gomme amachée dans une molaire carriée.
Votre mari avait-il l'habitude de consommer ce genre de friandises ? Non.
Philippe a dû lui poser un pansement qui est tombé et Olivier a colmaté le trou
avec un chewing-gum en attendant que Philippe lui repose un nouveau
pansement. Ce qui signifie que votre mari a perdu son pansement dans la
journée, à son bureau, avant son enlèvement.
Sinon, il aurait eu le temps d'aller voir le docteur Poulenc.
Vous avez dit à nos collègues de la DPJ que le lundi matin, dès l'ouverture,
vous êtes allé à la banque de votre mari.
pour y retirer l'argent de la rançon que vous aviez dans un coffre.
Ce qui nous paraît le plus étrange, voyez-vous, Madame Rose, c'est que le
montant de la rançon corresponde très exactement à l'argent que vous déteniez
dans ce coffre.
D'où provenait cet argent ? Du cabinet.
Du black, si vous préférez.
Qui, à part vous et votre mari, connaissait l'existence de ce coffre ?
Personne.
Et parmi le personnel de la banque ? Je ne sais pas.
Patron, vous pouvez venir le mieux, s'il vous plaît ? Je crois qu'on a besoin de
vous, là. Nous venons de reprendre l'affaire, M. le député, alors je crois
que le mieux, ce serait de nous laisser faire notre travail, non ? Vous
retrouvez un corps, et la première chose que vous trouvez à faire, c'est de
convoquer Mme Rose dans vos locaux pour un interrogatoire.
C'est ça que vous appelez faire votre travail.
Vous auriez préféré qu'on lui fasse le rencard à la buvette de l'Assemblée,
monsieur ?
Ce n'est pas votre temps de gérer. Bon, au scandale, ça ira comme ça.
Agaglio, je vous présente M. le député de Trichemont, Mlle Sophie Rose.
Le commandant Agaglio dirige l'enquête. Il vous donnera toutes les explications
nécessaires. Vous me suivez ? Nous n'avons rien à
reprocher à votre mère, Mlle Rose.
Plusieurs indices nous dirigent vers l'entourage de votre père.
Il fallait que nous entendions Mme Rose à titre de témoin.
Vous insinuez que l'assassin pourrait se trouver parmi nous ?
Vous êtes de la famille ? Sophie et moi devons nous marier la semaine prochaine.
Enfin, devions.
Parce que depuis cette tragédie... Très bien, nous sommes tout à fait désolés.
Vous m'accorderez qu'il est évident que nous avons affaire à un crime crapuleux.
Pardonnez-moi, commandant, mais... Imaginez que l'ordure qui a commis ce
crime puisse faire partie de la famille m'apparaît être l'expression d'une
suspicion maladive plutôt que le produit du plus élémentaire bon sens.
Il n'y a pas que la famille, monsieur, il y a les amis aussi.
Mais qu'est-ce que vous croyez ? Que mon beau-père fréquentait la pègre ? Mais je
ne crois rien du tout, monsieur Trichemont. Plus exactement, je ne crois
personne. On paye pour ça.
Mademoiselle Rose, est-ce que vous avez vu votre père dans la journée du 12 ?
Attendez, attendez.
Vous êtes en train de vérifier son alibi ou quoi ? Que ce soit bien clair,
monsieur Trichemont.
Personne ne vous oblige à répondre à mes questions, ni vous, ni mademoiselle
Rose. La porte est grande ouverte devant vous.
Libre à vous d'attendre que la procédure vous oblige à la franchir en son sein
vert dans quelques jours.
Elle a raison, c'est top.
Puisque nous sommes là, autant aller jusqu'au bout.
Je n'ai pas vu mon père de la journée.
Le dimanche, nous buvions dîner à la maison.
Quand nous sommes arrivés vers 20h, papa n'était pas là.
Maman nous a dit qu'il était en déplacement.
Et le dîner s'est passé sans que vous remarquiez rien chez votre mère ? Rien
qui aurait pu apparaître comme quelque chose qui sortait de l'ordinaire ? Elle
savait depuis vendredi soir pour l'enlèvement de votre père.
Vous ne connaissez pas maman ? Elle a une force de caractère incroyable.
Quand elle a su ce qui se passait, elle a préféré tout garder pour elle.
Elle a cru que nous serions pris de panique.
Comment vous expliquez qu'une fois la rencontre mise, elle ait attendu deux
jours pour appeler la police ? Je ne sais pas.
Votre mère n'a pas reçu un coup de téléphone dans la soirée ? Si.
Impatient.
Souffrait d'une rage de dents.
Maintenant que j'y pense, effectivement, il y a quelque chose qui m'a surprise.
Juste après ce coup de fil, j'ai vu maman allumer sa première cigarette
depuis 10 ans.
C'est un amalgame de fluorure de sodium et d'une trentaine d'autres composants.
Ouais, en gros, c'est du chewing-gum, quoi.
C'est de la gomme amachée que le laboratoire est en train d'analyser pour
déterminer la marque.
J'ai l'enquête de votre lignage, ça donne quoi ? Ben, pour l'instant, pas
grand-chose.
La part chic dans le 17ème à deux pas de Pac-Monteau, un couple exemplaire, une
réussite éclatante, une jeune fille charmante qui va épouser un jeune député
au don long avec une jolie petite gueule de ministrable.
Voilà, Trichou, je ne le sens pas.
Roland, qu'est-ce que tu en penses ? Il se la joue un max, mais je ne vois pas
le député qui va tuer son futur beau-père pour 5 000 balles.
Mais il va surtout flipper de voir son nom mêlé à une affaire d'enlèvement et
de meurtre.
Bon, on va creuser le voisinage.
Et la banque, ça donne quoi ?
Demain matin, je vais voir la secrétaire de Rose.
Ok. Et Poulenc ? Demain, oui.
Bon, les enfants, je vous laisse. À demain.
Hé, Fisco, c'est quoi ton secret ? De qui ? Ben, Mario.
C'est plus rapide comme ça. C'est forcément un truc de cul, non ? Ah, du
fil. Maintenant, c'est surtout qu'elle s'intéresse aussi beaucoup à ma
conversation. Ouais, ouais, ben ouais. Et c'est pas un mec de l'ère primaire
qui peut comprendre tout ça. Allez, à demain.
Un peu gras, hein ? Oh, ça te va bien de dire ça ? Avec toutes les horreurs que
tu peux ingurgiter.
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu trouves que j'ai grossi ? Non, non, pas encore,
mais... Si tu continues à faire réchauffer tes cassoulettes en boîte sur
les plaques de ta garçonnière... Excusez-moi, madame, tout le monde n'a
pas les moyens de se payer une cuisine équipée de 30 mètres carrés en place de
Paris.
Alors disons que je tentais de la moitié pour rien.
Avec libre accès au frigo pour te libérer définitivement de tes conserves
et de tes surgelés.
Et puis tiens, aujourd'hui, comme j'ai le cœur sur la main, je te propose aussi
la moitié de tout l'appart.
Et comme ça passe aussi par la chambre accrochée, oublie tout de suite la
colocation.
Écoute, euh... Marie-Odile, je t'aime.
Beaucoup. Vraiment. Tu es quelqu'un de formidable.
Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.
Je crois entendre mon ex-mari juste avant qu'on se sépare.
Non.
Je te jure, je suis très bien avec toi. Vraiment.
Mais je... Ce qui te dérange, c'est que je suis beaucoup trop jeune pour toi.
Ce qui me dérange, c'est que je suis un gros vieux célibataire endurci et que je
me vois mal en train de traîner mes pantoufles sur ton parquet vénitien.
Voilà.
À le jour où tu verras des pantoufles chez moi.
En fait, comme si je ne t'avais rien demandé, d'accord ? Bon
matin.
Oui... Effectivement, je crois bien que c'était lundi matin.
Oui, juste à l'ouverture.
Elle vous a parlé de son mari ce matin-là ? Si elle m'a parlé de son
mari... Ben oui, oui, elle m'a dit qu'il était souffrant et qu'il serait absent
un jour ou deux.
Comment elle était ce matin-là, Mme Rose ? Je veux dire, est-ce que quelque chose
vous a intrigué dans son comportement ? Si quelque chose m'a intrigué dans son
comportement ? Oui, oui, elle avait l'air un peu tracassée.
Mais vous savez, je ne la connaissais pas bien, Mme Rose.
C'est normal d'être tracassée quand son mari est malade, me dit.
Bon, et les clients ? Si on parlait un petit peu des clients, maintenant ?
Parler des clients ? Mais lesquels ? Les mécontents, les hargneux, les
vindicatifs. Ceux qu'on aura le cul de se faire tondre.
Asio par-ci, frais de dossier par-là et commissions diverses entre les deux. Oh,
ça vous facilite pas la tâche.
Des clients mécontents dans une banque, mais c'est comme qui dirait un
pléonasme. Oh là là, mademoiselle, ne refaites jamais ça à mon collègue, s'il
vous plaît.
Vous savez, ce n'est pas vraiment un as au scrap.
Ah si, je me souviens.
Il y a un type assez remonté qui a fait un gros scandale ici même dans ce
bureau. Ah oui ? Un scandale gros comment ? Un scandale gros comme... Gros
comme... Je vais t'exploser la tronche, enculé.
Il me demande.
Effectivement, oui.
Tu peux savoir le nom de ce poète ? Faut que j'aille demander à Josie.
C'est ça. Allez demander à Josie.
Allez-y, allez-y, allez-y.
Josie !
Qu'est-ce que t'as à me faire chier comme ça depuis ce matin, toi ? Et toi,
tu veux pas chier, peut-être ? Puis tout le monde me fait chier en ce moment, tu
vois ? T'as encore pris la tête avec Mireille, c'est ça ? Qu'est-ce que je
veux prendre la tête avec elle, bordel ? Elle passe son temps à repiller.
Et pourtant, je rentre, elle est au pieu.
Et puis, elle ne m'a même pas fait avouer.
Ah, merde.
Bon, voilà.
C'est le dernier relevé de compte de M. Pierre Chauvel. Il nous est revenu par
le courrier, inconnu à cette adresse.
Vous voulez voir le docteur Rose ? Non, peut-être voici le docteur Poulenc.
Ah, je ne sais plus.
Non, pas Mathieu.
Tiens.
Docteur Poulenc, on va vous voir à Nathan, s'il vous plaît.
Comment ça, des frasques ? Vous savez bien.
Amant, maîtresse.
Julie et Olivier, c'est pas sérieux.
Non, c'est très sérieux.
Je ne sais pas où vous êtes allé de pêcher ce genre d'idée, mais je peux
vous assurer que Julie et Olivier formaient un couple tout à fait
exemplaire. Exemplaire, oui, on nous l'a déjà dit. N'empêche qu'on a pu s
'apercevoir que vous avez l'air, disons, très lié avec votre associé.
Écoutez, je connais Julie depuis plusieurs années. Nous ne sommes pas
simplement des associés, nous sommes aussi des amis.
Et puis la mort d'Olivier m'a beaucoup touché, j'avais beaucoup de respect pour
lui. En fait, ça devrait être le contraire, mais c'est elle qui me
soutient durant cette épreuve.
On nous a parlé d'une sorte de caractère pas ordinaire, c'est ça ? Ouais.
Qu'avez-vous fait le 12 ?
En fin d'après-midi et en soirée.
Vendredi 12.
Rien de particulier. Après mon dernier rendez-vous, je suis rentré chez moi.
Seul ? Oui.
Le week-end qui a suivi ? Je suis allé faire quelques courses samedi dans l
'après-midi.
Et le reste du temps, je suis resté chez moi.
Toujours seul, j'imagine ? Oui.
Trois pays de consécutives, une ergoise monumentale aussi, sans parler de l
'Ursa. Vous êtes un peu le champion du monde, vous, de votre catégorie, non ?
Venant d'un fonctionnaire, c'est assez rigolo.
Vous n'avez que le fait de faire tourner une boîte de nos jours ? Non, mais vous,
apparemment, vous êtes un expert dès qu'il s'agit de la couler.
Bon, écoutez, je ne vais pas vous la jouer sur bouquet.
Je ne branle plus rien depuis six mois.
Mais vous, vous devez avoir plein de taf avec toute cette délinquance. Alors vous
gagneriez du temps en me disant ce que je fous ici.
On ne peut pas dire que votre femme soit la reine du ménage.
On a trouvé ça dans le squat pourri qui vous sert de logis.
Je veux savoir ce que ce sac poubelle foutait chez vous.
Primo, ma femme s'est cassée le jour de ma dernière faillite.
J'ai perdu mon divorce et je n'ai pas casqué l'avocat. Je m'étonne d'ailleurs
que ça ne figure pas dans votre liste.
Deux yeux.
Vu que je suis raide comme un passe-placé et qu'il m'arrive assez
souvent de faire les poubelles...
Ce n'est pas impossible que ce soit l'emballage de mon dernier festin, vous
voyez ? Ce n'est pas un festin qu'on a trouvé là-dedans.
Là-dedans, il y avait un mec à qui on a explosé la tronche.
Tu n'as jamais eu envie d'exploser la tronche d'un mec, Chauvel ? Attendez, c
'est quoi ce bince ? Ton banquier, par exemple.
Tu n'as jamais eu envie de le buter ? Cet enculé d'Olivier Rose ? Vous êtes en
train de me dire que Rose s'est fait buter ? Non, on te comprend très bien
parce que les banquiers, c'est comme ça. Quand tu as du blé, c'est le tapis rouge
et tout le tralala. Et puis quand ça merde, c'est eux-mêmes qui t'enfoncent.
Rose te ruine.
À cause de lui, ta femme te quitte.
Tu vis comme un rat, tu bouffes dans les poubelles.
Alors que lui, il se la coule douce dans un bel appart.
Il baisse une dentiste plutôt bien conservée et que la fille va épouser un
futur ministre.
Alors comme la justice divine tarde à se manifester, tu décides de le buter toi
-même, cet enculé.
Grosse crevée.
Et dans un sac à poubelles, s'il vous plaît.
Je lis l'un seul pour une ordure, non ? C'est pas de la suite dans les idées,
toi. On n'avait pas bien saisi le message.
Mais écoutez, les gars, mais vous illuminez ma journée.
J'ai beau être pour rien dans cet heureux événement, je ne regrette pas d
'être venu. Oui, ça suffit maintenant avec ton charge nouvelle, OK ? Bon,
puisque ce n'est pas toi, tu vas nous fournir ton alibi entre vendredi 12 et
mercredi 17.
D'ailleurs, je pense que tout est bien marqué dans ton agenda.
Avec ça, normalement, je vis pendant un mois. Mais là, les gars, je vais
investir dans un petit Bordeaux 85 dont vous me direz des nouvelles.
Tu continues à te foutre de notre gueule, ta bouteille va réveiller de 20
piches quand tu sortiras. C'est ça, allez, collez-moi au gneouf.
Pour une fois que l'État me prendra en charge.
Dr Poulin, il doit y avoir une sacrée conversation, dis-donc. Vous y avez
passé la matinée ? Oui, mais ça valait le coup.
En fait, on a expédié Poulin assez vite.
Il était pas très à l'aise, pas d'alibi non plus.
Mais il avait l'air, comment dire, assez proche de Mme Rose.
Mais c'est pas ça le plus intéressant.
Bon, alors c'est quoi votre couple ? Alors, une fois fini avec Coulin, qu'on
a demandé à Mme Rose si on pouvait récupérer l'agenda de son mari.
Je peux te prendre une petite part ? Ah, allez ! Dans son agenda, tous les
trimestres, le 4 du mois, voilà, Rose a écrit « payez elle ». Et Mme Rose
affirme ne pas savoir ce dont il s'agit.
Mais vous, vous le savez ?
Comment tu appelles la secrétaire de Rose ? Lefranc.
Lefranc. Payez elle.
Lefranc. Payez Lefranc.
Ouais. Alors, c'est ça votre coup ? T'as plus léger, non ? Ça, c'est ce qu'on s
'est dit.
Alors, pour en avoir le cœur net, on est passés à la banque et on a demandé à
mademoiselle Lefranc de nous fournir ses relevés bancaires.
Comme elle a son compte au BCI, elle a bien été obligée de nous les fournir.
Alors là, c'était le bingo.
En comparant ses relevés à ceux d'Olivier et Rose, on s'aperçoit qu'ils
faisaient régulièrement des retrants liquides.
Par tranche de 5, 10 et 15 000 francs.
Montant total, 80 000 balles.
Cette mademoiselle Lefranc est littéralement partie de crédit.
Crédit à la consommation, crédit immobilier, crédit immobilier.
Sachant qu'elle se fait à peine 10 000 francs par mois avec son compte et
régulièrement à flot grâce à de fréquents versements liquides, j'ai
acheté l'erreur.
La question est donc de savoir pourquoi lui, Véroze, est pourgé des crédits de
Lefranc.
Trois solutions. Soit il la baisait, soit elle le faisait chanter, soit les
deux. Oui, d'accord.
Bon, Rose a une maîtresse.
Évidemment, sa femme n'est pas au courant.
La femme de Rose, bien sûr.
Il a lâché l'info du pactole qui se met dans le coffre. La maîtresse, qui est
une dépensière compulsive, veut mettre la main sur le magot.
Avec l'aide de quelqu'un, peut-être un autre amant, encore un, elle organise le
kidnapping de Rose pour faire casquer sa femme.
Oui, c'est possible.
Lefranc voit Mme Rose venir chercher le pognon à la banque.
Elle le récupère à la gare et elle bute Rose pour pas qu'il parle.
Ce qui expliquerait pourquoi le front nous a donné Chauvel.
Je ne sais pas ce que c'est que ce L. Il n'y a rien à voir avec ce crime.
Est-ce que je vous dis que j'ai passé le week-end avec Chris ? Je crains,
mademoiselle, qu'il ne vous faille trouver quelque chose de plus
convaincant. Ce Chris dont vous nous parlez est fiché dans nos services.
Non. Est-ce qu'on crie vol, faux et usage à faux ? C'est de ma faute à moi.
C'est l'homme que j'aime qui a fait des bêtises dans le passé.
Je sais bien qu'il n'a pas toujours été très clair, mais ce n'est pas une raison
pour nous accuser.
Eh bien, si.
S'il a besoin de pognon, peut-être qu'il en doit à plusieurs gros méchants qui s
'impatientent. Alors, vous montez ce coup avec lui pour lui sauver la peau.
Vous saviez, mademoiselle Lefranc, où les roses avaient planqué leur pognon.
Alors, vous, vous avez tout imaginé. N'est-ce pas ? Non.
Allez, mademoiselle Lefranc, vous nous dites où vous avez fait guetter votre
patron.
Et tout sera fini. C'était chez Chris Wilson ? C'était chez Chris Wilson.
C'est ça.
Voyez-vous, mademoiselle, contrairement à ce que pensent mes collègues, moi, je
crois que cette idée fumeuse vient de votre ami, Chris.
C'est probablement lui, d'ailleurs, qui a exécuté M.
Rose. Un simple aveu de votre part, et nous vous garantissons que les
responsabilités de chacun seront appréciées avec discernement.
En clair,
tu l'as à table et on charge Frito-Maxi.
Pour complicités, même aux assises, tu t'en sors plutôt bien.
Bon. C'est vrai.
Monsieur Rose m'a avancé de l'argent.
Je devais le rembourser. C'était prévu, je vous jure.
Il savait que j'étais très endettée. Il voulait juste m'aider.
Je... Écoutez, je pense que c'est un bon début.
Que diriez-vous si nous faisions une petite pause avant d'entendre la suite ?
Ah oui.
Oui.
Toujours branché adoption ? J'ai rarement lu quelque chose de si
déprimant.
Vouloir adopter un enfant quand on a 40 ans, comme les flics.
Et célibataire.
Tu sais ce que j'en pense, hein ? Oui, je sais.
Ils entrent où avec le franc ? Oh, on est en bonne voie.
On l'a collé au frais pour que ça décante.
Je crois que j'ai un truc intéressant, moi.
Les relevés de la carte bleue de Rose.
Un retrait a été effectué le samedi 13, le lendemain de sa disparition.
C'est marqué là.
Je t'emballe dans un distributeur à Saint-Michel.
Saint-Michel ? C'est pas de là que le portable de Rose a émis l'appel du
vendredi soir, reçu par sa femme ? Si. Ce retrait est la dernière opération
enregistrée sur cette carte.
Ouais, plus rien. Ni retrait, ni paiement.
Si c'est pas Rose qui a débité sa carte à ce moment-là,
c'est peut-être un de ses ravisseurs.
Ouais, mais moi, ce qui m'étonne, c'est la femme retirée.
Je t'emballe.
C'est une carte gold. Avec une gold, tu peux retirer vachement plus.
Pourquoi se faire chier pour 600 balles alors que tu peux tirer une brique ? En
plus, il y a un autre truc, c'est que Rose a utilisé ce même distributeur à
Saint-Michel pendant toute l'année.
Toujours pendant les week-ends.
Je me dis, est-ce qu'il n'aurait pas une petite garçonnière dans le coin où il
pourrait tirer ses maîtresses ? La petite Lefranc, par exemple.
Entre la tronche de Lefranc et Madame Rose, la photo quand même.
Vous le connaissez ? Oui, je le connaissais, bien sûr. Il a habité
longtemps ici.
Là, le petit appartement là-haut. Tout là-haut.
Il n'allait pas là. Ce n'est pas sûr. Vous l'avez vu entrer lui là-haut, mais
bon, je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
Alors, quelque chose ? Écoute, lui, il paraît qu'il a déjà vu Rose plusieurs
fois. D'après lui, il vient toujours avec un break de couleur clé claire.
Il doit avoir un appartement dans le coin.
Et il l'a vu quand pour la dernière fois ? Rose ? Oh, pardon.
Follow, viens, follow.
Écoute, non, mais par contre, il est sûr d'avoir vu la bagnole.
Il mange dans la nuit quand il a garé sa caisse au parc.
C'est plus l'autre jamais, lui aussi.
Alors, il s'est clean de chez clean, dis-donc.
Ouais, tout a été attiqué à fond.
C'est dynastiqué, même, tiens, regarde.
Ils auraient qu'on a essayé de faire disparaître une tâche, là.
Il n'y a plus qu'à trouver le prompt-lure de la turne.
Allez, on peut venir aller dessus.
Fais-tu le temps, toi.
Pas très viril comme déco, non ? Ou pas ?
Bon,
très bien, merci beaucoup.
Bon, c'était le proprio.
Il doit studio à Rose depuis deux ans.
Paiement en liquide tous les trimestres.
Donc, payer elle, c'était payer le loyer, pas payer le franc.
Certes, mais si Olivier Rose payait le loyer en liquide, c'est probablement par
souci de discrétion. Sans doute, il recevait-il régulièrement une ou
plusieurs maîtresses, pourquoi pas.
Mademoiselle, le franc.
Chris Wilson, il est où, lui ? Quand il a su que le franc était au 36, il s'est
évaporé dans la nature.
Merger.
Oui, Christian.
Non, je ne peux pas te parler, là.
Oui, on se reçoit.
Écoute, ne m'appelle pas au bureau, merde.
Une ex qui ne comprend pas que c'est fini.
Bon, en plus, il y a autre chose.
Le profil m'a assuré qu'un jour, il a eu Mme Rose au téléphone.
Il cherchait M. Rose pour une histoire de facture payée de l'EDF.
Elle est tombée sur elle.
Elle n'a pas du tout été surprise par cet appel.
Donc, Mme Rose connaissait l'existence du studio.
Évidemment. Pourquoi il nous a caché ça ? C'est très étrange.
Ce n'est pas tout.
Les roses ont effectivement un bras excès sur gris.
Sauf que ce soir-là, ce n'est pas Olivier Rose qui avait la voiture, mais
c'est sa femme.
Or, on a un témoin qui affirme avoir vu cette bagnole devant le studio le soir
même du kidnapping.
Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire au studio ce jour-là. Voilà.
Ce n'est quand même pas Mme Rose qui a enlevé son mari.
Dans quel but ? Bon, en attendant que le labo nous donne les résultats du test
ADN, on prolonge la garde à vue de Lefranc et vous me convoquez Mme Rose
pour demain.
Ça va pas, toi ? Si, si, ça va.
Justement, j'ai rendez-vous avec mon ex, ça fait plus chier.
Elle va encore me casser les couilles avec Nat.
C'est-à-dire que cette petite conne, elle branle rien au bahut en ce moment.
C'est vrai que question études, c'est un bel exemple pour elle.
Tu sais, je suis la première à reconnaître que j'ai pas été très
présente avec Nat ces derniers temps. C'est pas de vilain.
C'est un truc qu'elle supporte pas, cette gamine.
C'est le marquage de la culotte. Tu le sais bien ? Oui, je le sais, merci.
C'est pas pour me prouver des excuses, mais je t'ai passé une période de merde
ces derniers temps. T'as pas eu une période de merde ? T'es pas malade, au
moins ? Non.
C'est Étienne.
On est séparés.
Faites-moi ça, s'il te plaît.
Enfin, pour être tout à fait honnête, c'est plutôt lui qui m'a plaqué.
Garçon, s'il vous plaît.
Monsieur.
Voilà, mon ex-femme vient de se faire larguer par mon successeur.
Reparenthèse. Fini, c'est pas très simple.
Alors, pour fêter ça, on va commander une bouteille de champagne.
Voilà.
Excellente idée, monsieur.
Je vous apporte la carte.
Non, c'est pas la peine. Faites péter la plus chère.
Bien, bien.
Moi, tu n'es pas un tout bourré, toi ? Si, parfaitement.
D'ailleurs, à chaque fois que j'ai rendez-vous avec toi, je commence à
picoler à l'heure du goûter.
Tiens, une rogne.
Les clés de ton bolide.
C'est ce que je veux.
Bon.
Tu vas réveiller Nath ? C'est bon, elle a volé.
Quand elle a volé, elle dort chez ses filles. C'est con.
Con, je sais pas, mais... Bordante, sûrement.
Je veux dire bonne, quoi.
Je crois que je préfère la première version.
Tu connais ma chambre ?
Alors
?
Fini de potasser le guide du routier de l'adoption ?
En fait, je pense que tu as raison.
J'ai bien réfléchi.
J'aime mon métier.
J'aime bien la vie que je mène.
Peut-être que je suis pas faite pour être mère, c'est tout.
Toi, dis donc, t'as l'air en forme ce matin.
C'est bien passé avec Hélène ? Très bien, on a couché ensemble.
Et le pire, c'est que j'arrive pas à me persuader que c'était une connerie.
Oui.
Ah non, je suis pas votre petit canard.
Mais je peux prendre un message, si vous voulez.
C'était qui ? Le petit ami de Berger.
Tenez, mon canard.
Vous avez le bonjour de Christian Chotan.
Pourquoi vous ne nous avez pas dit que vous sortiez avec Chotan ? Vous saviez
que je témoignais dans l'affaire Baradier, merde !
Vous saviez que Baradier n'aurait jamais sauvé sa tête ? Et que Chotan, cet
amateur de canard, n'avait pas trouvé un vice de forme dans la procédure d
'instruction.
Et vous, dites-moi, vous lui rapportiez en détail tout ce qui se passait dans le
groupe pendant que ce salaud essayait de faire libérer un assassin d'enfant ?
Non, bien sûr que non.
Je ne savais pas que vous étiez cité comme témoin dans le procès Baradier.
Non, je faisais confiance, Berthe. Comment t'as pu nous cacher une chose
pareille ? En fait, je n'ai rien à voir avec toute cette histoire.
Il y a un truc que tu n'as pas compris, Berthe. Il y a la crime ici.
Ça veut dire que quand on se casse le cul 24h sur 24 sur une affaire, tout
nous regarde, tu comprends ? Tout ! Je suis désolé d'interrompre ce qu'il y a
bu, mais Mme Rose est dans nos murs.
Évidemment, j'ai connu seule existence sous le studio.
Mon mari a toujours cultivé un goût prononcé pour la solitude.
Lorsqu'il voulait être ressourcé, il y passait un week-end ou quelques jours.
Mme Rose, répondez-moi franchement.
L'idée que votre mari puisse recevoir d'autres femmes dans ce studio ne vous a
jamais effleuré.
L'amour, la force et la confiance.
Je n'ai jamais douté d'Olivier et il n'a jamais douté de moi.
99,95%. C'est le taux de
concordance entre l'ADN contenu dans le centre découvert sur le couvre-lit de
votre mari et l'ADN de celui-ci.
Votre mari a bien été tué dans son studio, Madame Rose.
Le dimanche 14, vous dînez en compagnie de votre fille et de votre future
gendre. Vous prétendez avoir reçu un coup de téléphone des ravisseurs. Mais n
'était-ce pas plutôt votre mari qui vous téléphonait pour vous annoncer qu'il
vous quittait ? N'avez-vous pas attendu d'être enfin seul pour vous précipiter
au studio afin d'oxyre ce mari volage qui vous avait trahi ? Ce que vous
racontez est abominable.
Je vous le concède.
Aussi, peut-être n'est-ce pas vous qui avez accompli cet acte abominable, mais
plutôt votre complice. Que diriez-vous de Philippe Poulenc ? C'est
ridicule.
J'aimais mon mari.
Vous êtes venue en voiture ? Oui.
Vous pouvez nous confier les clés de votre voiture, s'il vous plaît ?
J'ai oublié le déjeuner. Ok, tu ne me rappelles pas pour t'excuser, d'accord.
Alex, dis-moi, quand je me suis trompée d'épisode ? Non, ce n'est pas ça. On a
beaucoup de boulot en ce moment.
Mais attends, je ne t'ai pas demandé en mariage seulement d'habiter avec moi. C
'est ça qui te fait tellement peur. Tu te calmes ! Franchement, Mario, tu me
vois vivre avec toi ? Tu me vois débarquer avec mon groupe à 14h du matin
? Tiens, avant, s'il te plaît ! Tu me vois débarquer avec mon groupe à 14h du
matin pour me finir la bière ? Tu me vois discuter de viol, de meurtre,
avacher sur ton canapé Chesterfield et après une bonne biture ?
Oh, est-ce que tu me vois déambuler au milieu de tes pâles cringues de la jet
-set ? Franchement, est-ce que tu me vois ? Mais oui, Alex, je te vois très
bien. Parce que moi, je suis une grande fille et que mes choix de vie, je les
assume. Seulement, direct, tout le monde ne peut pas en dire autant.
Alors que tu as des problèmes à régler, avec ton milieu, tu les règles et après,
tu me rappelles.
Bon, ça donne quoi ? Rien pour le moment.
Ah, là, je crois que j'ai trouvé quelque chose.
Ça ressemble à un bout de sa poubelle, ça, non ? Bon, on relâche Chevel et
Lefranc. Je crois que ça mérite une petite perquise chez Poulin, que ça.
On y va ? Disco ! Disco !
Voilà
ce qu'on a dégoté chez lui.
Cassettes et bouquins porno, que des trucs pour homos.
On lui jette une maîtresse à poulain qu'on lui trouve un amant.
Et débondage.com.
C'était aussi une adresse qui était dans le cache du navigateur de votre
ordinateur. Ça ne vous dit rien non plus.
C'est une sortie imprimante.
D'une image un peu vive.
Regardez, parce que moi, je ne vois pas le... C'est cet homme-là qui est en
string flouté, là, qui porte une cagoule et qui est attaché. Cet homme à côté,
avec une bougie, il lui verse bien de la cire sur les tétons. C'est bien ça.
Je ne suis pas homosexuel.
Que tu sois une tarlouze, on s'en branle. Tu pignoles un matin des photos
de mecs, on s'en branle aussi.
Tu veux savoir depuis combien de temps tu baisais avec Rose ? Pas très
compliqué, ça.
Et est-ce pour vous retrouver qu'il louait ce studio ? L'avez-vous rejoint
le vendredi 12 et vous êtes vous livré à des jeux érotiques qui auraient mal
tourné. C'est ignoble.
Bien, j'ai devant les yeux le rapport du docteur Tournelle, qui officie à l'IML.
Cet excellent praticien avait toutefois omis de pratiquer certains prélèvements.
Je lui ai demandé un supplément d'information.
Je ne vous apprendrai rien en disant qu'il nous soit très facile.
de comparer l'ADN du sperme retrouvé sur la muqueuse anale de M. Rose avec votre
propre ADN, Dr. Poulenc.
Vous mentez.
Même aucune preuve, vous essayez de me faire craquer.
Bien, je crois qu'il est grand temps de récapituler.
Vendredi, 18h30, M. Rose quitte la banque.
Vous avez rendez-vous, vous avez probablement projeté de passer le week
-end ensemble, ce qui me paraît tout à fait normal pour un couple d
'antiphysiques notoires. Vous restez...
dans le studio jusqu'au samedi, 13h38.
Eh oui, baiser de la creuse.
Alors, Rose défend au distributeur le plus proche, boulevard Saint-Michel, et
il prend six tambales.
Largement de quoi vous payez un casse-d'âle à vendre un médecin.
C'est peut-être au choix, pendant le déjeuner ou pendant une fellation, que
M. Rose perd son temps de mort. Vous avez du chewing-gum sur vous, vous
descendez à la pharmacie pour en acheter, vous remontez, vous colmatez
amoureusement la carie de M. Rose avec ce chewing-gum, ce qui vous permettra d
'attendre le lundi.
pour lui poser un pansement neuf.
Sauf qu'il n'y aura pas de lundi suivant pour M.
Rose, n'est-ce pas ?
Pourquoi
l'avez-vous tué ?
sans très vite tomber amoureux.
Au début, je n'ai rien su.
Cette passion était trop forte pour lui, elle le dévorait.
Je n'arrivais pas à l'assumer.
Il m'a demandé de l'aide, j'ai essayé.
J'aimais mon mari.
Je n'avais pas envie de le perdre.
Alors, j'étais comme ci.
Et puis Sophie a rencontré Christophe.
Là, ça a été terrible pour Olivier.
Je pensais que sa liaison avec Philippe pouvait compromettre le mariage.
Je m'étais persuadée que Christophe prenait toutes les précautions pour
préserver sa carrière, qu'il ferait des recherches chez nous.
Olivier est devenu totalement paranoïaque. Il disait qu'il était
suivi, épié.
Bien entendu, il exagérait.
Et moi, j'ai laissé faire.
Après tout, si je pouvais récupérer mon mari.
Puis Olivier a dit à Philippe que c'était fini.
Que ce week-end-là serait le dernier.
Mais Philippe n'a pas accepté.
Le dimanche, alors que l'heure de la séparation approchait,
ils ont fait l'amour une dernière fois.
Notre mari était attaché sur le lit.
Avec un sombrier.
Je l'ai jeté à la poubelle.
Philippe m'a téléphoné. Il était au bord de la fiétonnerre.
Il voulait appeler la police.
Moi, j'ai tout de suite pensé à Sophie.
Et au scandale que ça ferait.
Je voulais perdre mon mari.
Je voulais pas perdre ma fille.
Toute cette vie de mensonge, Sophie me l'aurait jamais pardonnée.
Alors j'ai inventé cette loi d'enlèvement.
Allons-y.
Une pensionnée, ça peut être facile, avec un bon avocat.
Il ne devrait pas trop m'en refler, Poulenc.
Tu n'as pas ça d'interlation, toi ? Si, j'ai un mec super, un scénariste du
barreau qui y a une petite recette.
Oui, c'est moi.
Ça va pas, patron ? François, c'était qui ?
Ma soeur et mon beau-frère.
Ils ont eu un accident de voiture.
Ils sont morts sur le coup.
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