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Original subtitles

Après le concert d'hier soir au Bus Palladium, j'ai retrouvé Alex dans sa loge.

Nous avons écouté de la musique.

Je lui ai raconté que je m'étais fait expulser le matin-même

alors il m'a proposé de dormir chez lui. Il était plu...

- Continuez, continuez. - ... plutôt angoissé.

Je me souviens avoir écouté Led Zeppelin puis je me suis endormi.

Il devait être 3 h du matin. Mon sommeil...

était profond, peut-être dû aux effets de la drogue. J'ai rien vu, rien entendu.

Quand je me suis réveillé, vers 8 h, Alex était couché, sur le sol. Il ne respirait plus. J'ai appelé les secours.

J'ai plus rien à ajouter à ma déclaration.

Donc après lecture faite personnellement, M. Subutex Vernon, né le 16 mai 1971 à La Tronche,

sans domicile fixe, persiste et signe avec nous le procès-verbal. Voilà, signez là.

OK, mais c'est temporairement SDF.

Vous avez quand même affirmé avoir été expulsé hier matin ?

Oui, mais je vais régler tout ça. C'est provisoire.

- Donc, je signe ? - Oui.

Et puis en attendant, je vais vous donner la liste des centres d'accueil.

Il fait pas chaud.

Attendez mais c'est vexant. Je viens de vous dire que j'avais des amis, des solutions.

Mais c'est en attendant, c'est pas...

- C'est bon. Je peux y aller ? - Ben oui.

Ben couvrez-vous bien ! Au revoir.

Quelques jours seulement après la sortie de son dernier album

Alex Bleach est mort cette nuit des suites d'une overdose.

C'était son grand retour hier soir sur la scène du Bus Palladium.

Le chanteur a été retrouvé dans son studio d'enregistrement ce matin.

Sa mort aurait été provoquée par une intox due à un mélange de cocaïne, benzodiazépine et cannabis.

Cette disparition, inattendue, a déclenché une vague d'émotions en France.

Retour sur la carrière de cet artiste hors-norme avec...

Anaïs, mais t'as vu la nouvelle ?

- Ça va, toi ? - C'est vrai que ça fait bizarre. J'y étais hier.

En même temps, c'était pas Johnny non plus.

Dites à part ça, Géraldine a imprimé vos billets pour Cannes. Tout est prêt.

Et si je t'emmenais avec nous ?

- Comment ça ? - Le festival te fait encore rêver ?

- Ben oui. - Prends-toi des billets. C'est ma tournée.

Mais non... Mais merci !

Excusez-moi.

Excusez-moi.

Vous en avez pour longtemps ?

- Non... je me dépêche... - OK.

Hey ! Eh, salut !

Ça va ? Vas-y, rentre.

Putain mon salaud. T'as tous tes cheveux. Regarde ce qu'il me reste à moi !

Ça te va très bien. Et puis tu as gardé la ligne. Tu es beau gosse.

Ouais, toi aussi.

- Pose ton sac. - Dis donc, t'es pas mal.

Tu te fais pas chier. Putain, c'est cool.

J'ai oublié de te dire. Demain avec Marie-Ange, on part hyper tôt. On va à Cannes.

Du coup, on va pas pouvoir t'héberger plus d'une nuit.

Ça va être un dépannage courte durée.

Ça m'emmerde, mais c'est Marie-Ange. Elle aime pas du tout l'improvisation.

Mais je trouverai une solution. T'inquiètes. Pose ton sac.

- Mets-toi à l'aise. Tu veux une bière ? - Ouais.

Alors qu'est-ce que tu fous chez ces ploucs de canadiens ?

- C'est Colette. - Ah ouais ?

Allez Colette, laisse-le. Va-t-en !

Excuse. Elle est comme ça. Elle aime bien les gens.

Alors vas-y raconte. Qu'est-ce que tu fais là-bas ?

Ben je bois du sirop d'érable.

OK, d'accord, ouais.

- T'as vu pour Alex ? - Ouais. Putain ils nous font pas chier quand même ?

Depuis ce matin, on peut pas faire un pas sans se coltiner sa merde.

C'est pas un truc de guedin, ça ? La radio, la télé.

Monoprix. Même les Roumains dans le métro s'y mettent.

J'aurais envie de prendre un bazooka. Le mec va nous faire chier maintenant qu'il est mort ?

Ben j'étais avec lui cette nuit-là.

- Ah bon. Tu le voyais encore ? - Ouais. Pas souvent, mais...

J'ai rien pu faire. Ça m'a fait un choc.

J'étais un peu stone. Crevé. Je dormais, en fait.

Et putain, j'ai rien vu venir.

Attends, qu'est-ce que t'aurais voulu faire, mec ? C'était un tox !

Sans déconner. Le mec a été un sabordeur toute sa vie. On peut pas aider ces gars-là.

Clara, mon amour, viens !

Je vais te présenter un copain.

Je te présente Vernon. C'est un vieux copain de papa.

- Bonjour. - Salut.

Est-ce que je peux regarder un dessin animé ?

Qu'est-ce qu'on a dit avec maman ? Quand il fait jour, on regarde pas les dessins animés.

Ben si. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Exceptionnellement, parce que M. Vernon a dit OK, je dis d'accord.

Quand la grande aiguille sera là, on s'arrête immédiatement.

- C'est direct au bain, et pyjama. - D'accord.

- Tu en as fait, des enfants ? - Non, pas que je sache.

Mais ta blonde, elle en veut des gosses ?

- Certainement. - Alors, fonce, mec.

Vas-y. Faut construire. On a plus vingt piges.

- T'aurais pas une cigarette - Si, grave.

- Merci. - Tu peux la fumer sur le balcon ?

Attends, j'arrive.

On va faire encore plus exceptionnel : aujourd'hui, on saute le bain.

Tiens, fais voir les clopes, s'il te plaît.

- Je suis content de te voir, mec. - Ouais, moi aussi.

Tu sais, je me faisais la réflexion : tu es un des derniers témoins de la vie d'avant.

Ouais mec, après moi, c'est l'extinction de l'espèce.

Tiens, merde. Tiens ça.

Intéresse-toi à la chienne. C'est sa passion. Tu peux gratter quelques jours, OK ?

- Salut chérie. - Ça va ?

Coucou, mon amour. Mon boubou, mon doudou.

- Alors c'est vous M. Revolver ? - Salut. Ouais, Vernon.

- Merci de m'accueillir ce soir. C'est cool. - C'est un peu improvisé mais on a le canapé.

Par contre demain on part à 8h. Tout le monde debout à 7h30, canapé replié.

- Mais bien sûr. - Je connais, donc je préfère prévenir.

Mon amour !

Petite, petite.

- J'adore ces chiens. - Colette, arrête !

Colette ! Elle a pris son bain ?

Non. Je me suis dit que pour une fois, comme il y avait Vernon...

Mais c'est pas vrai. C'est dégueulasse après une journée d'école !

C'est sympa pour mes parents de la leur refourguer avec le bain à faire demain matin.

Franchement Xavier, merde quoi ! Allez viens ma doudou. On va prendre un bain.

Clara, tu vas avec maman !

Chut ! Tu nous casses les oreilles !

Elle est complètement lobotomisée. Après tu lui hurles dessus. C'est super !

- Attends, Marie-Ange. - Quoi, Marie-Ange ?

Tu dois être sacrément dans ses petits papiers pour qu'il te paye un voyage direct à Cannes !

Bonjour.

- Non, je suis gâtée, hein ? - Ben ouais, dis donc !

J'imagine que vous êtes là pour laminer des stars au festival ?

Exactement.

Mais dites, je voulais vous poser une question.

Est-ce que ça arrive qu'il y ait des conflits d'intérêts ?

Genre un producteur fait appel à vos services alors que vous le détruisez pour un autre client ?

Ça arrive mais je le prends. On est au 3e millénaire. Tout est permis !

- C'est assez évident que t'es pas du sérail. - Pardon ?

Au début je te pensais une bébé gouine mais j'ai pris mes rêves pour des réalités.

- Ah ouais ! OK ! - Non, pardon. Je te choque ?

Je suis pas choquée. J'ai plein de copines qui aiment les filles, c'est pas le problème.

C'est le côté cash, gare de Lyon.

C'est super incongru. Super à côté, surtout, parce que moi...

je suis maquée avec un garçon depuis 5 ans et ça se passe bien...

- Tu as un mec depuis 5 ans à ton âge ? - Ben oui.

Mais tu l'as jamais trompé ?

- Pas besoin, c'est lui, c'est tout. - Putain, stop, je t'arrête là tout de suite !

La guimauve, les cucuseries, ça me donne envie de gerber.

On va parler de rien du tout. Parce que j'ai une règle dans la vie :

je parle pas d'amour avec ceux qui connaissent pas.

Je suis voiture six. J'y vais.

- Chérie, je t'ai servie un verre de rouge. - Merci, mon cœur.

Les autres sur le tapis rouge s'éclatent bien. Fais-toi plaisir, mon vieux con !

C'est comme des taureaux. Sans déconner, t'as envie de leur mettre des banderilles dans le cul !

On a pas envie de ça ? Faire une petite mise à mort.

Sans déconner, regarde-les !

Ils se sourient. Ils vont se poignarder tout à l'heure. Ça leur fait plaisir.

Manquait plus que lui ! Mate-moi ce mec !

Il était scénariste. Y a trois ans, il passe à la réal.

Il fait un court-métrage de 25 min sur les ouvriers agricoles, comme s'il y connaissait quelque chose.

25 min de ciel gris, de tracteur, de gueule de connard à la peau grasse,

et ça plaît ! Ça plaît aux mecs, putain !

Comme tu sais filmer les pauvres, prends tes 6 millions pour faire ton remake de western.

Pauvre connard, putain. Regarde, il est content !

- Elle est trop mignonne. - Merci.

Ça se voit que t'aimes le succès.

Vous avez pas envie d'aller boire un verre entre hommes ?

- Je vais coucher Clara, y a pas de souci. - OK. Ouais.

Chérie, on pourrait laisser Colette à Vernon pour le week-end, non ?

Moi, ça me dérange pas.

C'est mieux que la prendre dans le train ou l'amener à l'hôtel.

Non, je préfère pas.

- Bon, c'est toi qui vois. - Ben non.

OK, salut chérie. À tout à l'heure.

Le couple longue durée, c'est pas facile tous les jours.

Ça demande des efforts constants.

J'ai envie que ça marche avec Marie-Ange. On a pas fait une gosse pour se séparer.

Quand t'as une gosse, t'es bien obligé de t'ajuster.

T'es un héros, mec. J'ai jamais pu m'ajuster.

Le fait de me faire sucer par une meuf qui a du sang de baronne, j'étais au sommet.

Alors évidemment, jusqu'à l'arrivée de la petite, sa famille m'aimait pas tellement.

Ça s'est pas tellement amélioré. C'est normal, je suis scénariste.

En plus, je me fais pas la caillasse que je devrais me faire.

C'est elle qui ramène la thune.

- Excuse-moi, on va t'en prendre deux. - Ouais.

Tu sais ce qu'il me dit régulièrement, son père ?

Il me dit : « le pire pour une femme, c'est de coucher en-dessous de soi. »

Alors, c'est qui « en-dessous de soi » ? C'est bibi !

Ils sont débiles ! Il a pas lu la critique de ton premier film ?

Celle du mec qu'avait écrit : « coup de génie », « coup de maître ».

Y a que toi qui t'en souviens. Le mec en a rien à foutre.

Le mec pense pas cinéma. Il me voit comme un raté.

Je te dis que y a pas de justice. C'est un système. C'est comme Alex.

Franchement, c'était le moins doué d'entre nous tous.

Pourquoi c'est lui qui se retrouve comme ça au sommet ?

Pourquoi ? Tu peux m'expliquer ? On saura jamais.

C'est le système. Rien à foutre.

Il était beau. Il avait sa sincérité. Il était habité.

Je viens de réaliser que t'as passé sa dernière nuit avec lui. Pardon.

Il s'est passé un truc. Il était défoncé.

Il est parti dans une auto-interview filmée

sur sa vie, son œuvre, qu'il voulait que je garde.

Ce matin, je suis parti avec. Trois cassettes.

Faudrait que je les regarde.

Je peux pas. J'y arriverais pas. J'ai pas le courage.

- Je m'en veux. - Eh, mec !

Ça suffit, la nostalgie. T'es pas obligé de te flageller !

On s'en fout, c'est plus notre histoire. Laisse tomber !

Excuse-moi, on va se prendre deux petits shots de rhum,

pour se faire des sous-marins à l'ancienne.

T'es en galère ? Je te dépose à ton hôtel ?

Viens ! Il t'a payé quoi, Dopalet ?

- Les Citadines. - Putain, le rat.

Vous avez une moto dans toutes les gares, comme ça ?

Ouais, je m'arrange. Plus facile pour emballer.

Je vais prendre un taxi en fait. Parce que j'ai mes affaires, c'est chiant.

T'as peur que je te saute dessus ? Ta mère veut pas que tu partes avec des inconnus ?

Ni l'un ni l'autre.

Du cinéma d'auteur, du cinéma de sangsues.

On va peut-être y aller ? Marie-Ange va pas aimer. Elle va te faire chier.

Je vais te dire un truc : Marie-Ange, jamais je l'ai trompée !

Jamais j'ai mis ma pine dans la chatte d'une meuf qui est pas ma légitime.

- J'ai une ligne de conduite. - C'est normal.

- Ça va ? - Xavier, putain !

Ils sont pas solides, ces verres. Écoute-moi !

Le baron, la baronne, tu vois ce qu'ils ont vu ?

C'est que ça divorce partout autour d'eux, mais pas leur fille !

Et moi, j'ai gagné des points ! Je les ai eus à l'usure !

J'ai douze points sur mon permis de baiser !

- On s'en va. - Attends, je paye la dame.

Tu feras attention quand tes gosses prennent des feutres, parce qu'ils t'en mettent partout !

Allez salut. Vas-y, garde tout.

Qu'est-ce que j'en ai à carrer de mon pognon ?

- Bonne soirée. - Bonne soirée.

- Pas la clope ! - Ça va, je suis chez moi !

- Chut ! Déconne pas, putain ! - D'accord, ouais.

- Je vais aller faire l'amour à Marie-Ange. - Ouais, mais tranquille ! Déconne pas. Cool !

Je suis chaud comme un... Mon amour ! - Chut !

Je veux faire un deuxième enfant, parce que les enfants, ça te structure.

J'ai besoin de toi, le chien.

Bonjour. Il est 7h30. Il faut se réveiller.

Merci d'avoir couché Xavier hier. Il sait pas s'arrêter à temps.

Bon, il a raison. Je crois que Colette sera mieux ici avec vous qu'à nous attendre à l'hôtel.

Qui ça ? Ah ouais d'accord.

Je vous ai fait une liste pour ses repas, ce sera plus simple.

Le matin, vers 8h, c'est croquettes, et il faut lui changer son eau.

OK, pas de problème.

À 11h30, c'est légumes frais mélangés à de la viande blanche hachée.

J'ai laissé un poulet dans le frigo. La date limite est aujourd'hui. Donc il faut lui préparer.

Juste de la chair ou de la peau. Jamais de petits os.

À 19h30, c'est de nouveau des croquettes.

- Salut. - Salut.

Il est rigolo, ton copain.

Pour les balades, il faut absolument la sortir trois fois par jour.

Elle adore le grand tour du parc des Buttes-Chaumont.

En commençant par la gauche. Le tour qui descend vers le guignol et la cascade.

Voilà. Je vais vous le noter aussi, OK ?

C'est bon ? Ça va aller ? Je vous laisse le post-it sur la table.

Au revoir, ma Colette, mon amour.

À dans trois jours. Ciao ! Fais gaffe à toi !

- On se voit tout à l'heure, hein ? - Ou pas.

On en a ras le bol. Que je sois scénariste ou... Que c'est votre challenge de productrice.

On essaye de chercher ailleurs.

C'est dans les profondeurs qu'il y a aussi des talents inattendus, comme moi.

Excusez-nous. On doit absolument aller parler à la personne qui est là-bas. Tu m'accompagnes ?

- Sinon, on peut s'appeler... - Oui, appelons-nous.

Elle, là, par exemple. Elle se traînait une image déplorable pendant des années.

J'ai fait un buzz positif autour d'elle. Tu vois, je fais pas que du mal.

On a fait des photos au naturel dans son salon avec sa petite nièce handicapée.

Et puis voilà. Je les ai balancées et elle a marqué des points.

Ah ouais.

Et lui, là, tu vois ?

Il est producteur et c'est la dernière fois qu'il danse à Cannes.

Il a piqué de l'argent à son associé.

Du coup je vais être obligée de balancer sur ses petits penchants zoophiles et il s'en relèvera pas.

Tu vois, parfois pour faire du bien, faut aussi savoir faire du mal, tu comprends ?

T'arriveras pas à me convaincre.

Tu m'as tutoyée, là ? T'as vu, ça avance bien.

Ça avance rien du tout.

Tu vois, Colette ?

Avant, quand on était jeune,

on voulait des guerrières, des créatures de rêve, des top-models.

Mais maintenant, en vieillissant, on s'en fout de tout ça, non ?

C'est peut-être Xavier qui a tout compris à la vie.

Moi aussi, faudrait que je me maque avec une meuf qui a du pognon.

C'est ça, le truc.

Qu'est-ce t'en dis, ma Coco ?

Je peux en reprendre un, s'il vous plaît ? Vous pouvez me remettre le...

C'est toujours pas payant ?

C'est toujours gratuit ? Ouais ?

Moi aussi ça m'a choqué. Bleach, c'était quand même une figure de notre génération, non ?

- C'est un mythe. - Un truc de fou, quoi.

Ouais, enfin. Pas de la mienne, de génération.

- T'as pas 17 ans, non plus.

Je suis allée à son concert le jour de sa mort. Quel truc de fou !

C'est toi qui l'a tué, en fait. T'es la veuve noire.

Excusez-moi, je vous interromps. Je peux vous dire un truc ?

J'ai pas tellement été surpris par sa mort.

Je l'ai bien connu. Je sais que le mec était lessivé, carrément.

Je sais ça parce que j'ai la chance d'avoir trois K7 qui sont en fait

son dernier entretien, d'une certaine manière.

Donc c'est un mélange de chaos, de mélancolie, de conscience, quoi.

Comme si le mec savait qu'il allait claquer. C'est ça qui est intéressant là-dedans.

Je vous jure. Je dis pas ça... C'est de la bombe. Et comme je suis scénariste...

Moi je veux en faire quelque chose. J'ai déjà peut-être des plans pour un biopic.

Puisqu'il est parti, puisqu'un mythe s'envole, un feu de plein d'incandescences.

Ça va, attends. Je suis en pleine négo sur un truc. Sur Alex Bleach.

Ça va, vas-y, écoute.

T'as qu'à partir devant. Je signe encore deux-trois contrats et j'arrive.

C'est ça, pour que tu rentres à 6h du mat en réveillant tout le monde ? Arrête !

Attends, tu sais quoi, j'ai une très bonne idée. Je vomirai avant et après, j'irai me baigner.

- Comme ça, quand je rentre... - C'est ça que t'appelles un week-end romantique ?

- Attends, mama, le prends pas comme ça ! - Tu arrêtes de m'appeler mama devant tout le monde !

D'accord, mais tu veux que je bosse ? Qu'est-ce que tu crois que je fais là ?

Tu crois que ça m'amuse de racoler ces connards avec leurs putes en louboutin ?

Arrête !

Non mais viens, on fait un bain de minuit, au moins !

- Je sens que ça va être chanmé. - Ça va, Anaïs, tout se passe bien ?

- Oh Laurent. Laurent... - Stanislas. Je crois qu'on se connaît.

C'est tout ce que t'as réussi à faire comme prospection ?

- Non, mais j'ai tout à l'heure... - Tu sais que t'es à Cannes ? Il faut rencontrer du monde.

- T'es au courant ? - Bien sûr. J'ai discuté avec un scénariste.

« Un scénariste » !

Mais justement. Ce type était intéressant parce que...

En fait, j'ai une idée pour la série dont on parlait, vous savez ?

- Apparemment, il a bien connu Alex Bleach. - Comment ça, Alex Bleach.

Oui, en fait il a eu des rushes d'une interview testament...

C'est inédit. J'ai tilté que ça ferait un super bon pitch.

Qu'est-ce que tu racontes ? Il va où ce mec ?

Ben je sais pas. Il était là-bas.

Tu me le montres tout de suite.

Tu me le retrouves !

Quels films il a fait ?

Il a pas déroulé son CV, désolée. On va le retrouver.

- À quoi il ressemblait ? - Un grand chauve à lunettes. J'ai pas bien vu...

Quoi, t'as pas fait gaffe ? Mais putain quelle conne !

Je t'ai engagée pour faire de la prospection. Le minimum, c'est que tu prends une carte.

Cherche-le ! Cherche !

- J'ai un service à te demander. - Pardon ? On a pas rendez-vous !

Tu peux nous laisser s'il te plaît ?

- J'arrive. Deux secondes. - Tu nous laisses ?!

Y a un mec ici, un scénariste qui a une interview filmée d'Alex Bleach.

- Donc des confessions, un testament, je sais pas... - Il est mort, Bleach. Laisse-le planer en paix !

Quoi ? Sans savoir quelle horreur il a pu balancer sur mon compte ?

Putain, si cette conne l'avait pas laissé passer, je l'aurais déjà fait taire, ce mec !

- Qui c'est, cette conne ? - Mais Anaïs !

Je sais pas à quoi elle sert à part se faire chauffer par des branleurs !

Tu me le retrouves, d'accord ?

Eh, je triple ton salaire.

S'il te plaît.

- Ben t'es là, toi ? - Ben ouais. Je suis là.

- Qu'est-ce que tu faisais ? - Je cherche quelqu'un.

Ben tu m'as trouvé.

Et toi, qu'est-ce que tu faisais ?

Je prenais un petit remontant, mais j'en ai plus besoin maintenant que t'es là.

Allez, Anaïs, on y va. Toi, tu ramasses tes couilles et tu dégages !

- Pardon ? - Ça va pas ? Tu te prends pour ma mère ?

Appelle-moi maman si tu veux.

T'as pas autre chose à foutre que de te faire baiser par le premier connard venu ?

T'es qui, toi ? Qu'est-ce que tu fais là ?

En plus, tu sais même pas ce que tu te fous dans le nez.

Qu'est-ce tu viens foutre ton nez dans ma vie ? Vous faites chier tous les deux !

Arrête ! Lâche-moi ! Me touche pas !

Franchement !

Arrêtez ça immédiatement !

Je pensais que vous rentriez que dimanche. Je traînais un peu.

- Mais c'est mon peignoir ! - Ah ouais ?

- Ben, il est... - Non ! C'est bon.

- OK, ben je vais ranger un peu. - Non !

Tu prends tes affaires et tu te casses. Tu te dépêches.

- OK, bien sûr. Tu veux que j'aère ? - Non !

- Barre-toi ! - OK.

Je suis désolé. Franchement.

- Merci. En tous cas, c'est... - C'est ça, ouais !

Je t'attends, là !

- J'ai fait une machine... - Va les chercher.

Colette.

- Elle est sortie, Colette ? - Ouais. Euh... non.

- J'allais le faire. - Dégage.

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