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Original subtitles

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Tina, Papa nous attend.

Je fais coucou à Max.

Mets ton manteau et tes gants. Je ne te le répèterai pas.

Et apporte-moi le bonnet d'Elena.

Je peux emmener Lily ?

Oui, mais dépêche-toi.

- Où sont Papa et Max ? - Leon ?

Leon !

Max !

Le gamin est mort durant le trajet vers l'hôpital.

Monsieur Galvez est mort sur place.

Qu'est-ce qu'ils faisaient là si tôt ?

Ils allaient voir leur grand-mère, à Albany.

Le point d'impact est là. Le gamin en a perdu ses bottes.

- On connaît le modèle de la voiture ? - Non. Aucun témoin, pour l'instant.

Vous voulez voir l'autre ?

Quel autre ?

Au coin de la rue.

- On l'a fouillé ? - Pas encore.

Je parie qu'il n'habitait pas à Harlem.

Peter Lavalle, qui vivait sur la 82e rue.

On est loin de chez lui.

On pense qu'il a été percuté au passage pour piétons.

La voiture a fait un écart, après l'impact.

Elle heurté le trottoir en tournant.

On a des traces de pneus, ici.

Ensuite, elle a percuté les deux autres victimes.

Quelqu'un a entendu un coup de frein ?

Non, et aucune trace de freinage.

Ce n'était peut-être pas un accident.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Max suivait toujours son père partout.

Qu'est-ce que je vais faire ?

On n'a pas d'argent.

L'aide aux victimes sera là pour vous.

On va les contacter.

Maman, tu peux ouvrir ?

Laisse-moi t'aider. Je suis un expert.

Madame Galvez, en descendant, vous n'avez pas vu de voiture ?

Non, je n'ai pas vu de voiture.

Moi, j'ai vu une voiture.

Ah oui ? Où ça ?

Elle regardait par la fenêtre, avant qu'on descende.

J'ai fait coucou à Max et j'ai vu une voiture

mais Maman m'a dit de mettre mon manteau.

Que faisait la voiture ?

Elle roulait dans la rue.

Quel genre de voiture ?

C'était une grosse voiture noire. Elle roulait vite.

MORGUE DU COMTÉ DE NEW YORK LUNDI 14 OCTOBRE

Asseyez-vous, madame Lavalle.

Par ici.

Bien.

Madame Lavalle, je suis désolé d'avoir à vous demander ça

mais que faisait votre mari, dans ce quartier ?

Il fait une promenade, tous les dimanches.

Il remonte la 3e avenue et redescend par la 1ère.

Chaque semaine.

Est-ce que quelqu'un en voulait à votre mari ?

Non.

Pourquoi ? C'était un accident, non ?

Nous n'en sommes pas sûrs.

Peut-on parler à quelqu'un d'autre de votre famille ?

Nos enfants, Matthew et Daniel.

Je vais vous donner leurs numéros.

Il avait une canne, avec un pommeau en argent.

- Êtes-vous sûre qu'il l'avait avec lui ? - Bien sûr.

Je dois la récupérer.

Elle appartenait à son père.

Monsieur l'agent.

Je n'ai pas vu de canne.

Moi non plus.

Quelqu'un nous a devancés.

Si on la trouve, on trouvera peut-être un témoin.

Je vais appeler Profaci.

Salut.

- Papa. - Mon lapin.

- Salut, Lennie. - Content de te voir.

Salut, chérie.

- Alors, le musée ? - Serena a adoré les vélos.

- Ah oui ? - Oui.

- On t'a acheté du chinois. - Des nouilles aux crevettes.

- Mes préférées. - Moi aussi.

Maman, je dois y aller.

Où sont les toilettes ?

À l'étage. J'y vais.

Non, ça ira. Viens là, Serena.

Allez.

M. Rogers et M. Jones débattaient

des mérites de l'alcool artisanal comparé au crack,

quand M. Jones a sorti ce que M. Rogers a décrit

comme un marteau en argent et l'a frappé à la tête.

Un marteau en argent ?

Un bâton noir avec une poignée en argent.

Allez.

Il avait ça sur lui.

- Voici Alternateur Jones. - Alternateur ?

Il dit que son père travaillait à l'usine Ford de Detroit.

Tu vas me renvoyer en taule.

Hé, du calme.

Éloignez-le.

La ferme !

- Il l'a bien mérité. - Vous n'êtes pas là pour ça, M. Jones.

Où avez-vous trouvé ça ?

C'est à moi. Je l'ai trouvé dans la rue.

Sur Pleasant Avenue, n'est-ce pas ?

Écoutez, le vieux était déjà mort.

On sait. Il s'est fait renverser. Est-ce que vous l'avez vu ?

Je l'ai entendu. J'ai vu le vieux traverser la rue.

J'ai tourné à l'angle et j'ai entendu une voiture vrombir.

- Elle a accéléré ? - Oui, et il y a eu un choc.

Je suis revenu sur mes pas

et le gars était mort.

- Vous avez vu la voiture ? - Non.

Je ne vois rien, avec ces lunettes. Regardez-moi ça.

Allez à l'église St. Ann.

Le père Luke vous trouvera une nouvelle paire, d'accord ?

Et évitez le quartier de M. Rogers.

Oui, avec plaisir.

UNITÉ D'ENQUÊTE SUR LES ACCIDENTS MERCREDI 16 OCTOBRE

Bon, voici les hématomes.

Un sur la cuisse de Lavalle et l'autre sur la poitrine du garçon.

Le bord d'un phare ?

Ça doit être une Mercedes, une BMW ou une Jaguar.

On a des photos de ces modèles ?

Celle-ci.

- Et celle-là, aussi. - D'accord.

Maman, je peux aller jouer avec Elena ?

L'aide aux victimes vous a contactée ?

Oui.

Des gens m'envoient de l'argent et des lettres.

Des gens que je ne connais pas. Ils disent qu'ils sont désolés

et qu'ils prient pour Max et Leon.

Je veux les remercier

mais certains n'ont pas écrit leur nom.

On peut jeter un œil ?

Ils ont un grand cœur.

Maman.

Excusez-moi.

Un chèque de 67 dollars et une demande en mariage.

Il a envoyé sa photo.

- Il rêve. - Au moins, il a gardé ses vêtements.

Lennie, regarde celle-ci.

"Chère Mme Galvez, j'ai vu la nouvelle concernant votre famille à la télé.

"Ils ont montré votre fils, à l'hôpital.

"Il avait l'air si petit, dans sa parka et ses bottes jaunes.

"Je suis désolé de ce qui vous arrive.

"Voici 500 dollars pour vous aider à subvenir à vos besoins."

Pas de signature.

Le gamin n'avait pas ses bottes, à l'hôpital.

Elles étaient dans la rue.

Et pas d'adresse d'expéditeur.

Mais les billets sont des vrais.

Ils sont neufs, avec des numéros de série consécutifs.

Les billets proviennent d'une banque de Murray Hill.

Ils ont été retirés le jour de leur envoi.

La banque sait qui les a retirés ?

Ils savent quel guichetier a fait la transaction.

Il a eu deux clients qui ont retiré 500 dollars ou plus,

- en billets de 100. - Sérieux ?

L'un est un immigrant chinois qui était à Hong Kong, le jour de l'accident.

Il a fait un retrait à un distributeur, là-bas.

L'autre s'appelle Susan Young, 34 ans, divorcée, pas d'enfants, pas de voiture.

Mais elle a le permis.

Comment vous voulez procéder ?

Si on la brusque, elle risque de se taire.

Elle a signalé la perte de sa carte de crédit.

On lui a volé son sac, il y a sept mois.

Bien. Dites-lui qu'on l'a retrouvé.

Et demandez à la banque combien de sucres elle met dans son café.

Quelle bonne surprise.

J'avais abandonné tout espoir de le retrouver.

- Vous voulez que je regarde des photos ? - On va y venir. Asseyez-vous.

Dimanche matin, à East Harlem,

un chauffard a tué trois personnes et a pris la fuite.

J'ai vu ça aux infos. C'est horrible.

Ce qui est aussi horrible, c'est qu'on n'a aucun témoin.

Le chauffard pourrait s'en tirer, parce que personne ne veut parler.

Les horreurs s'accumulent, vous ne trouvez pas ?

Si.

Bien. Avez-vous quelque chose à nous dire, à propos de cet accident ?

Je ne comprends pas.

N'étiez-vous pas à East Harlem, dimanche matin ?

Non, qu'est-ce qui vous fait penser ça ?

Le cachet de la poste est de Murray Hill, à trois pâtés de maisons de chez vous.

Ces billets viennent de votre banque.

Même guichetier et même jour que votre retrait de 500 dollars.

Combien vous pariez qu'on retrouvera vos empreintes là-dessus

et votre ADN sur le timbre que vous avez léché ?

J'étais désolée pour cette femme.

- J'ai voulu l'aider anonymement. - Alors, pourquoi ne pas l'avoir dit ?

Vous avez écrit avoir vu son fils, à l'hôpital, avec ses bottes.

Où avez-vous vu ça ?

Aux infos.

Il n'avait pas ses bottes, à l'hôpital.

- J'ai peut-être lu ça quelque part. - Vous mentez.

Vous étiez sur le lieu de l'accident.

- Non. - Qui couvrez-vous ?

- De quoi avez-vous peur ? - De rien. Je dois retourner bosser

Attendez un peu.

C'est quoi, ce bleu, là ?

On dirait une ceinture de sécurité.

- Non, je suis tombée. - Vous étiez dans la voiture.

- Non. - Vous ne conduisiez peut-être pas

- mais vous étiez dedans. - N'importe quoi.

- S'il vous plaît. - Regardez ça.

C'est une photo du garçon, à la morgue.

Regardez ce qui lui est arrivé.

Regardez, bon sang !

C'est une façon de lui faire cracher le morceau.

Elle sait qui conduisait.

Et à moins qu'elle veuille le dire, on ne pourra pas la forcer.

- Je veux m'en aller. - Vous en êtes sûre ?

S'il vous plaît, je ne sais rien. Je n'y étais pas.

Le bleu est du côté droit.

Elle était dans le siège passager.

- Un lien avec la famille Lavalle ? - Ils n'ont jamais entendu parler d'elle.

Au fait, les deux enfants Lavalle ont un alibi.

Et on n'a trouvé aucun lien dans leurs relevés téléphoniques.

C'est peut-être un simple accident.

Trois personnes écrasées, c'est un simple accident, pour toi ?

On ne peut pas poursuivre cette Mme Young et la forcer à parler ?

Si on la cite à comparaître, elle demandera l'immunité.

Je ne la lui donnerai pas, avant de connaître son implication.

Si vous maintenez la pression, vous pensez qu'elle parlera ?

On lui mettra la pression tant que vous voudrez.

Elle n'est pas entrée par derrière ?

Elle a peut-être fait les soldes, en rentrant du travail.

- Je ne sais pas. - Merci.

Et si on allait chercher à manger ?

Non, attendons encore dix minutes. Je veux qu'elle nous voie.

J'ai pris des nouvelles de Mme Galvez, hier.

Elle doit emménager chez sa mère.

Elle n'y arrive pas, sans son mari.

Tu sais quoi, Rey ?

Souscris à autant d'assurances-vie que possible.

Davey dit que vous attendez Mme Young ?

Elle est partie hier soir avec une valise.

Elle s'est absentée deux semaines.

- A-t-elle dit où ? - Non.

Elle reste parfois chez son petit ami, quand il est en déplacement.

- Où habite-t-il ? - Aucune idée.

Un nom ?

Non plus.

Son employeur dit qu'elle est chez sa sœur, à Groton.

Il paraît que son petit ami voyage.

Regarde ses appels, la semaine d'avant l'accident.

Tu vois ces appels vers Rio de Janeiro ?

Chaque soir, au moins 20 minutes.

Ça doit coûter cher.

Le dernier appel date de samedi après-midi.

Alors, il est rentré dimanche.

L'accident a eu lieu près du pont Kennedy.

S'ils venaient de l'aéroport, ils ont dû traverser le pont.

Elle serait allée le chercher ? Elle n'a pas de voiture.

Peut-être que lui, si.

AÉROPORT INTERNATIONAL JOHN F. KENNEDY VENDREDI 18 OCTOBRE

L'horaire du débutant. La nuit du samedi à dimanche, 22 h à 6 h.

Ça nuit à mes sorties du week-end.

Il y a deux semaines, le vol du dimanche depuis Rio.

Vous l'avez vue avec un des passagers ?

Oui.

Ah bon ? 30 000 personnes plus tard, vous vous en souvenez ?

Je me souviens du crétin agressif avec qui elle était.

Il fumait dans la zone non-fumeur.

Vous lui avez parlé ?

J'ai parlé et il a hurlé.

Les douanes ont failli lui faire une fouille rectale,

parce qu'il les énervait.

Sa copine en a aussi bavé.

Quel était son problème ?

On pouvait sentir son problème : le scotch.

Il était ivre ?

À moins qu'il s'en serve comme parfum.

Vous vous souvenez de son nom ?

Je l'ai noté dans mon rapport.

Il s'appelle Bernard Dressler.

Sa carte de crédit confirme qu'il était à l'hôtel à Rio.

Bon sang, il a avalé ma pièce.

Son nom apparaît dans les appels de Young, tout le mois précédant l'accident.

Mais elle ne l'a pas appelé, depuis.

La hiérarchie veut me sucrer mon budget.

C'est sa façon de me remercier pour le procès.

Résous vite cette affaire ou laisse-la à un autre service.

J'ai cherché Dressler auprès du service des immatriculations,

Il a une Jaguar noire de 1992.

Ça colle avec les bleus sur les corps.

Et il a trois infractions pour l'année passée,

dont une conduite en état d'ivresse.

Six mois de mise à l'épreuve,

douze heures de prévention et pas de suspension ?

Il devait avoir un avocat.

J'espère pour lui que son avocat exerce toujours.

BUREAU DE BERNARD DRESSLER MARDI 29 OCTOBRE

J'ai bu un verre ou deux, puis j'ai dormi. Je n'étais pas ivre.

Selon la sécurité de l'aéroport, vous étiez ingérable.

Passez 11 heures dans un avion et on verra dans quel état vous êtes.

Dena, appelez David Feist, à Bonn. Essayez d'abord à son domicile.

Comment êtes-vous rentré de l'aéroport ?

- En taxi. Pourquoi ? - Vous connaissez Susan Young ?

Qu'a-t-elle à voir avec ça ?

Elle est passée vous prendre ?

- Non. - Quelqu'un vous a vu avec elle.

Avec une blonde mais ce n'était pas Susan.

Attendez une minute. Qui était cette blonde ?

Une autre passagère.

Elle voulait partager un taxi jusqu'à Islip.

Ce n'est pas à propos de ma conduite à l'aéroport, n'est-ce pas ?

Ce dimanche-là, un chauffard a tué trois piétons.

Nous pensons que Mme Young était impliquée.

C'est impossible.

Lui avez-vous parlé, récemment ?

Non. On s'était un peu éloignés, avant que j'aille à Rio,

- et on n'a pas repris contact. - Vous avez encore votre Jaguar ?

Oui.

Vous conduisez encore ivre ?

Très drôle. J'ai retenu la leçon.

Tant mieux.

Ça vous ennuie si notre labo jette un œil à votre voiture ?

Et si je dis non ?

On trouvera un juge qui dise oui.

D'accord.

Mais j'appelle mon avocat.

Dena va vous y emmener.

Et si vous la rayez, vous payez.

En cas de choc, on retrouverait un élément du corps

dans le compartiment moteur : cheveux, peau, fibre, sang.

- On n'a rien trouvé. - Vous êtes sûr que c'est sa voiture ?

Les trois numéros d'identification du véhicule correspondent bien

à l'immatriculation.

Et je n'ai trouvé ni dégâts, ni traces de réparations.

Dommage, j'avais hâte de coincer ce gars.

Fred, j'ai vérifié la quatrième plaquette d'identification.

Les gens croient qu'il y en a trois.

Seul le constructeur sait où se trouve la quatrième

- et il ne le dit qu'au FBI. - Ça change sur chaque modèle.

Là, c'est dans le plancher.

J'ai dû percer un trou et utiliser un miroir.

Il est différent des trois autres.

Ce n'est pas sa voiture ?

Même modèle, même année, même couleur. Mais ce n'est pas la sienne.

Il a dû l'acheter d'occasion et changer les plaquettes.

On peut retrouver à qui elle appartenait, avant Dressler ?

LES VOITURES EXOTIQUES DE KARL VENDREDI 1ER NOVEMBRE

Oui, on a une voiture avec ce numéro. C'est une Jaguar de 1992.

Vous ne l'avez pas vendue ?

Non.

Même pas à un certain Bernard Dressler ?

Non.

Donc, la voiture est ici ?

Elles sont toutes prêtes à l'export.

Tous les papiers sont en règle.

La Russie est un gros marché, pour les Jaguar d'occasion ?

- Pour tout ce qui est d'occasion. - Les numéros collent.

L'aile droite est neuve.

Le radiateur est neuf, la peinture aussi, et le pare-chocs a été remplacé.

Le support d'aileron droit est tordu.

Voici votre tueur, messieurs.

Il est temps d'avouer, M. Pettijohn.

Avez-vous échangé une voiture avec M. Dressler ?

Sa banque me délivre des lettres de crédit.

Sans ça, je mets la clé sous la porte.

C'est déjà le cas.

Vous voulez bien vous lever ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Votre voiture est revenue de Russie. Avec de bons baisers.

Vous êtes en état d'arrestation

pour la mort de Peter Lavalle et de Leon et Max Galvez.

Arrêtez, ne me touchez pas.

- Doucement, Bernie. - Lâchez-moi !

Calmez-vous.

- Salauds. - Vous avez le droit de garder le silence.

- Salauds ! - Tout ce que vous direz pourra être...

Un million de dollars pour un homicide involontaire ?

C'est absurde, d'autant que leur dossier est vide.

Rien ne prouve que mon client était là.

Mais sa voiture y était.

Un support d'aileron tordu ?

Il va falloir trouver mieux que ça.

Je ne voudrais pas que votre client aille retrouver sa voiture en Russie.

La caution est d'un million de dollars.

Un million. Il doit vraiment aimer la coupe de votre jupe.

D'après les rumeurs, il préfère la vôtre.

Affaire numéro 026797.

Ne te réjouis pas. Voilà les analyses de la voiture de Dressler.

Aucune trace matérielle des victimes.

La voiture a été entièrement nettoyée à la vapeur.

Et la copine de Dressler ? Elle n'était pas avec lui, à l'aéroport ?

L'identification est fragile.

La police a montré une autre photo au garde

et il n'est pas sûr.

Alors trouve quelqu'un d'autre qui les ait vus ensemble.

- Un autre passager, par exemple. - Je demande la liste à la compagnie.

La compagnie aérienne refuse de fournir la liste des passagers.

Elle dit que la Convention de Varsovie la protège des tribunaux d'État.

C'est elle qui a servi à boire à Dressler.

Elle a peur d'être poursuivie.

Elle a raison, au sujet de la Convention.

Si on veut la poursuivre, ça doit être devant un tribunal fédéral.

- Alors fais-le. - Je l'ai fait.

Le procureur fédéral ne pense pas que ça mérite son attention.

- La compagnie a des bureaux ici ? - Trois.

Et elle refuse de coopérer ?

Saisis ses meubles, ses ordinateurs, tout ce qui te passe sous la main.

Mets-lui la pression.

BUREAU DU JUGE GARY FELDMAN JEUDI 14 NOVEMBRE

Ils ont fait fermer nos guichets. Ils ont pris des dossiers et des PC.

Vous n'imaginez pas nos pertes.

On leur a demandé une liste de passagers et ils ont refusé.

Il ne nous reste que le mandat de perquisition.

M. Fischer,

pourquoi ne pas leur donner ce qu'ils cherchent ?

M. le juge, d'après les dispositions

de la Convention de Varsovie, nous n'y sommes pas obligés.

La Convention a été pensée pour limiter la responsabilité au civil,

pas pour se mettre à l'abri d'enquêtes criminelles.

On essaie précisément d'éviter les procès.

Les mandats sont valides.

- Aucune raison de les annuler. - M. le juge...

Soit vous fournissez cette liste,

soit vous aurez bien plus à craindre que des procès.

M. McCoy recevra la liste des passagers dans une heure.

Merci.

M. McCoy ?

Ce n'est pas un hasard, si cette affaire m'a été confiée.

J'estime que l'alcool au volant constitue un fléau pour notre société.

Si vous rencontrez des obstacles, faites-le-moi savoir.

On dirait qu'il prépare un discours de campagne.

C'est le cas. Il compte se présenter pour remplacer Adam au printemps.

L'alcool au volant sera son thème de campagne ?

Ça ne sera pas la paix dans le monde.

L'avocat de Dressler devrait être mis au courant de sa partialité, non ?

Je ne vais pas lui dire.

Allons, Jamie.

Un juge avec un parti pris, ça te surprend ?

Dressler, cette grande gueule. Il s'est plaint de la nourriture,

de la sélection de vins, du service.

Il s'est cru dans un resto de luxe ou quoi ?

Vous savez combien de verres il a bu ?

Non, mais il avait toujours un verre à la main.

Et elle ?

Oui, c'est elle. Je les ai vus sortir du terminal ensemble.

- Pourquoi les avez-vous remarqués ? - Pas difficile.

La pauvre. Il s'agitait et lui criait dessus.

Une vraie brute.

Merci d'être venu.

Merci.

Bien. Ça fait trois passagers qui les ont vus ensemble.

Et les hôtesses ?

Deux, en première classe. Mais elles sont en Amérique du Sud.

La compagnie nous préviendra, à leur retour.

Et Mme Young ?

Je ne suis pas sortie de la matinée.

Je ne sais pas comment Bernie est rentré de l'aéroport.

Trois personnes vous ont vue avec lui.

Vous êtes là en tant que témoin sous mandat d'amener.

Ça veut dire qu'on vous garde, jusqu'à ce que vous coopériez.

Vous resterez en cellule avec des accros au crack

et des prostituées, aussi longtemps qu'il faudra.

On sait aussi que vous étiez dans la voiture avec M. Dressler.

Je me fiche de savoir lequel de vous deux conduisait.

Il y a eu trois morts et quelqu'un devra payer.

On peut vous protéger, Mme Young.

Quand il sera en prison, il ne pourra pas vous faire de mal.

Et s'il ne va pas en prison ?

Il s'en est déjà tiré, dans le Massachusetts.

Il avait percuté une ado. Il me l'a dit.

Donnez-nous des preuves et cette fois, il ira en prison.

Si vous vous sentez coupable de ce qu'il a fait à ce petit garçon,

imaginez ce que vous ressentirez, la prochaine fois qu'il tuera quelqu'un.

Je n'étais pas chez moi, un soir où Bernie m'a appelée de Rio.

Il a cru que j'étais avec quelqu'un d'autre.

Il était furieux.

Dès qu'il m'a vue, à l'aéroport, il a commencé à me sermonner.

Il a pris les clés.

Il a crié durant tout le trajet.

Il m'a dit que s'il découvrait avec qui j'étais, il le tuerait.

Il pensait que je ne le croyais pas.

On a vu le vieil homme.

J'ai crié à Bernie de s'arrêter.

Mais il a accéléré pour le percuter.

Il a tué M. Lavalle intentionnellement ?

Je ne sais pas. Je n'arrive pas à imaginer...

Et les deux autres ?

Le petit garçon.

Son père a sauté sur la chaussée pour nous dire de nous arrêter.

Bernie n'a même pas essayé de les éviter.

À quel point était-il ivre ?

Je ne sais pas. Je ne sais jamais, avec lui.

Je ne sais jamais ce qu'il va faire.

Dressler a une maison de campagne, à East Lenox.

Il y a deux ans, il a grillé un feu rouge

et percuté une fille à vélo.

Elle a passé huit mois à l'hôpital.

Pourquoi la police ne savait pas ?

Ce n'est pas dans son casier, ici.

Il a deux permis, l'un à New York et l'autre dans le Massachusetts.

Un juge de là-bas a suspendu son permis pour cinq ans, à cause de l'accident,

ce qui lui interdit automatiquement de conduire ici.

Ça devient donc un homicide involontaire aggravé.

Ce n'est pas assez. Il faut faire de lui un exemple.

À quoi est-ce que tu penses ?

Il a tué plusieurs victimes.

Meurtre avec préméditation.

Pour ça, il faut prouver l'intention criminelle.

Il a accéléré vers l'une des victimes.

Il n'a même pas essayé d'éviter les deux autres.

- C'est une intention criminelle. - Pas s'il était ivre.

Il a pu se tromper de pédale et accélérer par erreur.

Quelques verres n'excluent pas l'intention criminelle.

On ne sait pas combien il a bu.

Si on ne le sait pas, le grand jury non plus.

Mais au procès...

Inculpez-le. Fichez-lui la trouille.

Il plaidera peut-être l'homicide volontaire non prémédité.

On va lui envoyer un message.

D'abord Feldman et maintenant Adam.

L'opportunisme électoral se répand.

Je suis d'accord avec Adam

et je ne me présente à aucune élection.

Meurtre prémédité ? D'où est-ce que vous sortez ça ?

Section 7, sous-section 1, paragraphe 8 du code pénal.

- Il a intentionnellement tué. - Il n'était même pas dans la voiture.

Sa compagne dit le contraire.

Cette garce ? Qui vous dit qu'elle ne conduisait pas ?

Elle est crédible. Pas vous.

Je ne vois toujours pas de meurtre volontaire.

Deux témoins l'ont vu accélérer vers monsieur Lavalle.

Vu le passif de votre client au volant, ici et dans le Massachusetts,

un jury n'aura aucun mal à accepter l'intention criminelle.

C'est du délire.

Vous voulez me condamner à mort ?

Sauf si vous plaidez l'homicide volontaire non prémédité.

C'est-à-dire ?

Entre 25 ans et la perpétuité.

- La vache. - Bernie.

Aucun des témoins ne vous a dit qu'il était ivre ?

Être vu avec un verre ne vous rend pas légalement ivre.

L'hôtesse qui l'a servi saura combien il a bu.

J'ai arrêté de compter à 12.

Bien au-delà du seuil légal.

Impossible de former une intention, dans cet état.

Même s'il conduisait, on en revient à l'homicide involontaire.

Je n'ai pas trouvé de jurisprudence.

Pour deux ou trois verres, l'intention criminelle reste plausible.

- Pas pour 12. - Selon lui.

S'il peut le prouver, il s'en tire.

Il tue trois personnes et se cache derrière une bouteille.

La loi le lui permet.

La loi a dû être écrite sur une serviette, à un cocktail.

C'est l'acte qui fait l'intention,

peu importe qu'il s'agisse d'un ivrogne ou d'un saint.

L'avocat de la compagnie a appelé. L'hôtesse de l'air arrive ce soir.

J'ai servi 15 verres à monsieur Dressler.

On n'avait plus de scotch en première classe,

alors je suis allée en chercher en classe éco.

Comment se comportait-il ?

Il était difficile.

Était-il ivre ?

Il ne grimpait pas sur le chariot à boissons

mais il bafouillait

et il a renversé un verre sur lui.

J'ai dû remplir sa déclaration de douanes pour lui.

Il n'arrivait même pas à signer.

Merci, mademoiselle Barra.

Monsieur Fischer, on peut vous parler ?

Nous voulons un préavis raisonnable avant qu'elle ne témoigne.

Cette affaire est déjà à la une du Daily News.

Je comprends que le témoignage de mademoiselle Barra puisse être gênant.

Je vois ici que c'est une ressortissante colombienne.

Si elle ne revient pas aux États-Unis elle ne peut pas être forcée à témoigner.

Le procureur n'a pas autorité

sur les citoyens étrangers hors du territoire.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne veux pas que Dressler prouve qu'il était ivre,

alors tu dis à un témoin de quitter le pays ?

Ne t'en fais pas.

La compagnie aérienne m'envoie balader.

Ils disent qu'elle a été réassignée au vol Bogota-Buenos Aires.

- Et ? - Vous lui avez parlé.

- Vous avez pris sa déposition ? - Je me suis conformé à Rosario, à Brady

et à toute la jurisprudence pertinente.

Si elle a dit quoi que ce soit, je ne peux pas le communiquer.

Je ne sais pas à quoi vous jouez, McCoy,

mais je vais vous obliger à présenter sa déposition.

Faites-vous plaisir.

Mademoiselle Barra est un témoin.

Si elle a fait une déposition à M. McCoy, j'ai le droit de la consulter.

Ce n'est pas notre témoin.

Si M. Billings la veut pour témoin, il peut la citer à comparaître.

Ce n'est pas la question.

Je pense que M. McCoy détient une déposition qui disculpe mon client.

Ce n'est pas mon avis, M. le juge.

Monsieur McCoy, avez-vous sa déposition par écrit ?

- Oui. - Puis-je la voir, je vous prie ?

Merci.

Je ne vois rien de pertinent, M. Billings.

- J'aimerais la lire. - Je viens de le faire.

J'ai pris ma décision.

Je rejette votre demande de citation à comparaître.

Elle a dit qu'il avait bu assez pour faire couler le Titanic.

C'est disculpatoire.

Seulement si Feldman le dit.

Jack, je connais son programme. Quel est le tien ?

La peine maximale pour homicide involontaire,

c'est cinq à 15 ans.

Il a mis une fille dans le coma, tué trois personnes

et peut s'en tirer avec cinq ans

et sans remords ? Ce n'est pas de la justice.

Tout comme dissimuler des preuves. Tu pourrais être radié.

Prends ta décision. Moi, j'ai déjà pris la mienne.

PRÒCÈS À LA COUR SUPRÊME MARDI 7 JANVIER

On a analysé plusieurs facteurs, pour déterminer la force de l'impact.

Par exemple, nous savons qu'un fémur se fracture

sous 80 kilos de pression par centimètre carré.

Grâce à ces calculs,

pouvez-vous nous dire à quelle vitesse roulait M. Dressler,

quand il a percuté M. Lavalle?

Oui. La voiture roulait à plus de 55 km/h.

Quelle preuve avez-vous

que M. Dressler a essayé d'éviter les victimes ?

Aucune.

Ni traces de freinage, ni traces d'évitement.

Les trois victimes ont été percutées de plein fouet.

Merci.

Inspecteur Norris, n'est-il pas commun de ne pas trouver de traces de freinage,

dans les accidents causés par l'alcool ?

Objection. L'accusé n'est pas inculpé de conduite en état d'ivresse.

Retenue.

Inspecteur, est-il inhabituel

qu'un conducteur ivre appuie sur l'accélérateur au lieu de...

Objection.

Retenue.

Parlons du temps de réaction en fonction de l'alcoolémie.

Retenue.

Monsieur Billings ?

Question suivante.

Pas d'autres questions.

Le compte rendu de l'entretien avec Mlle Young comporte

une petite erreur.

L'accident a eu lieu à 6h10 mais Rey a écrit 16h10.

Je le dirai à Jack.

Je crois qu'on a fini.

Est-ce qu'il vous a parlé de cette affaire ?

McCoy ? Oui, les comptes rendus, la préparation des témoins.

Ce n'est pas ce que je veux dire.

Vous voulez savoir s'il a dit qu'il faisait ça pour Claire Kincaid ?

Non.

Le type a fait 12 mois à la prison de Mount McGregor.

Je sais, j'ai vu le dossier.

Vous étiez dans la voiture avec elle.

Oui, elle me ramenait chez moi.

Claire est venue chercher McCoy au bar mais il était déjà parti.

Un très mauvais timing.

Ce Dressler, j'espère qu'il aura ce qu'il mérite.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME MERCREDI 8 JANVIER

Je lui ai dit de s'arrêter et d'aider ces gens.

Il a continué à rouler

et il m'a déposée chez moi.

Je ne sais pas ce qu'il a fait, après ça.

Que vous a-t-il dit, avant de partir ?

- Objection. - Rejetée.

Veuillez répondre, Mlle Young.

Il m'a dit que si j'en parlais à qui que ce soit,

il me tuerait, moi aussi.

Merci.

D'après vous, M. Dressler vous a accusée de coucher avec quelqu'un d'autre

et a menacé de le tuer.

Se comporte-t-il toujours ainsi ?

Il est très possessif.

Mais quand il est ivre,

sa jalousie devient incontrôlable, pas vrai ?

- Elle empire. - Il fulmine et s'imagine des choses ?

Oui.

Or vous ne l'avez jamais trompé, n'est-ce pas ?

- Non. - Ce matin-là,

quand il a hurlé et vous a menacée,

c'était parce qu'il était ivre, non ?

- Objection. - Messieurs.

M. le juge, j'établis un schéma de comportement chez mon client.

Quand il est ivre, il devient affreusement jaloux et délire.

Inversement, quand il est jaloux et qu'il délire, il est ivre.

Mademoiselle Young est comptable,

pas psychologue comportementale.

L'état d'esprit de mon client est au cœur de mon argumentation.

Alors, trouvez un expert. Vos questions ne sont pas appropriées.

Regagnez vos places.

Le jury ne tiendra pas compte des réponses du témoin

aux questions de monsieur Billings.

Pas d'autres questions.

L'audience est levée jusqu'à demain matin.

Tu as de la chance.

Vous avez été clair.

Homicide involontaire coupable.

Ça ne m'intéresse pas.

C'est une bonne offre.

Je rappelle son avocat ?

C'est ton affaire.

C'est ton idée. Je n'ai pas encore vu la peur dans ses yeux.

C'est bien l'État contre Dressler que tu instruis, non ?

Tant qu'on est sur la même longueur d'onde.

À quoi est-ce que tu joues, avec Dressler ?

On dirait que Feldman et toi êtes de mèche

pour le condamner à mort.

C'est ton opinion.

Ce n'est même pas équitable. Si l'hôtesse était là...

Elle ne l'a pas forcé à boire

ou à foncer sur ces gens.

C'est lui qui a fait ça, en appuyant sur l'accélérateur.

- Ou alors, c'était involontaire. - Non.

Bref, c'est aux jurés d'en décider.

Ils ne peuvent pas. Ils n'ont pas tous les éléments.

- Tu en fais des complices. - J'ai tort de vouloir une peine adaptée ?

Au lieu de 12 mois à Mount McGregor ?

Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Tu as gagné, Jack.

Appelle l'avocat de Dressler.

Fin de la discussion.

- Je n'ai pas fini. - Moi, si !

C'est le bureau du procureur, ici.

On poursuit des criminels.

Si tu pouvais arrêter de penser comme un avocat de la défense,

peut-être que tu comprendrais.

Je sais pourquoi je suis là.

Je crois que c'est toi qui as oublié.

L'hôtesse m'a dit qu'il n'y avait plus de scotch.

J'ai dit que je boirais n'importe quoi.

Alors, elle est allée en chercher en classe éco.

À combien de verres en étiez-vous ?

Douze.

Je...

J'ai aligné les petites bouteilles, sur la tablette.

Je les ai comptées.

Après ça, ma mémoire est floue. J'ai juste des flashes :

Susan à l'aéroport et le trajet sur l'autoroute.

J'ai souvent des blancs, quand je bois trop.

Qu'en est-il de monsieur Lavalle,

de monsieur Galvez et de son fils. Vous rappelez-vous les avoir percutés ?

Non.

J'aimerais pouvoir dire le contraire.

Je suis navré de les avoir tués.

Je vous jure que je serais incapable de tuer quelqu'un intentionnellement.

Monsieur Dressler,

vous n'avez vraiment aucun souvenir de cette matinée ?

Non.

Vous ne vous rappelez pas vous être assis au volant,

alors que vous n'aviez plus le droit de conduire ?

Non.

Alors que vous avez percuté une jeune fille, il y a deux ans,

et l'avez mise dans le coma ?

Je vous l'ai dit, je ne m'en souviens pas.

Alors, n'est-il pas possible qu'à un moment,

vous ayez décidé d'accélérer et de tuer monsieur Lavalle,

- sans vous en souvenir ? - Non.

Comment pouvez-vous en être si sûr, si n'avez aucun souvenir ?

- Je vous jure que je m'en souviendrais. - Comment ?

Vous ne vous rappelez même pas avoir tué Peter Lavalle...

ou Leon Galvez...

ou Max Galvez.

Vous ne vous souvenez pas d'eux, n'est-ce pas ?

Mon Dieu.

Je ne voulais pas.

J'étais tellement ivre.

Je vous le jure.

Je ne suis pas un monstre.

Je vous en prie, pardonnez-moi.

Je vous en prie.

Monsieur Dressler, nous n'avons que votre parole,

au sujet des douze scotches

que vous avez bus dans l'avion, est-ce correct ?

Oui.

Savez-vous que vous étiez si ivre

que vous étiez incapable de signer

le formulaire des douanes ?

Monsieur McCoy, sur quoi se base cette question ?

Voici la pièce à conviction numéro 43.

Faites-moi voir ça.

Je déteste les surprises, monsieur McCoy.

Puis-je voir la pièce à conviction ?

Bien sûr.

C'est la déposition de l'hôtesse de l'air ?

Oui.

Monsieur le juge, je n'ai aucune objection.

Cette déposition ne peut pas être authentifiée.

Elle est irrecevable.

Je m'engage sur son authenticité, monsieur le juge.

Si monsieur McCoy fait de même, ça devrait suffire.

Monsieur McCoy,

avant de continuer,

vous connaissez les dispositions de la section L, n'est-ce pas ?

Oui, monsieur le juge.

Simple question.

Excusez-moi.

De quoi il parle ? C'est quoi, la section L ?

C'est l'ancien nom des sections 195 et 195.05 du Code pénal.

Abus d'autorité et entrave à la justice ? Il vient de te menacer ?

En effet.

Monsieur Billings,

la défense accepte-t-elle l'authenticité de la pièce à conviction numéro 43 ?

Tout à fait.

Monsieur McCoy, est-ce aussi le cas du ministère public ?

Oui.

La pièce à conviction numéro 43 est donc recevable.

Allez-y, monsieur McCoy.

Monsieur Dressler, voici une déposition faite devant le procureur

par Gabrielle Barra,

l'hôtesse de l'air sur votre vol.

Elle dit vous avoir servi 15 verres. Ce nombre est-il correct ?

Je ne me souviens que des 12 premiers.

Elle dit que vous bafouilliez

et que vous avez renversé un verre. Vous en souvenez-vous ?

Non.

Elle dit que vous étiez désorienté,

au point de rester bloquer dans les toilettes

et d'avoir eu besoin d'aide pour sortir. Vous en souvenez-vous ?

Non.

Au vu de cette déposition,

pourrait-on dire que vous étiez trop ivre

pour penser ou agir rationnellement ?

Oui.

Pas d'autres questions.

Je n'ai pas compris ce qui s'est passé. Vous avez sabordé votre dossier.

Je l'ai sauvé de l'injection létale. Voilà ce qui s'est passé.

Voici mon offre : trois homicides involontaires coupables,

entre cinq et 15 ans de prison.

C'est d'accord. Envoyez-moi les papiers.

Monsieur Dressler, sachez que je serai présent

à chacune de vos audiences de libération conditionnelle.

Il manque encore l'approbation de Feldman.

Cinq ans ? Vous trouvez ça juste ?

C'est ce que prévoit la loi.

La loi ? Je me fiche de la loi.

Je jugeais une affaire qui pouvait faire jurisprudence.

Vous en avez fait une humiliation. Vous m'avez ridiculisé.

- M. le juge... - J'avais déjà rédigé

ma recommandation d'appliquer la peine de mort

et vous réduisez l'affaire à un crime inférieur.

Si, par hasard, vous êtes élu procureur,

vous pourrez faire pression pour réécrire les lois.

C'est charmant. Ce n'est pas fini, McCoy.

Je n'accepte pas cet accord.

- Renvoyez l'affaire devant le jury. - Hors de question.

"Hors de question" ? Je vous préviens.

Je sais ce que vous avez fait, avec l'hôtesse de l'air.

Renvoyez l'affaire devant le jury

ou vous passerez devant le comité d'éthique.

Ça vaut pour nous deux.

Non. J'ai un pouvoir discrétionnaire absolu.

N'importe quelle décision que je prendrai sera validée,

n'importe où, n'importe quand.

Ce n'est pas ce que dit le procès-verbal.

Vous avez dévoilé votre main, devant mademoiselle Ross et moi-même.

- Si vous voulez mettre en doute ma... - Je ne veux rien entendre.

Il n'y a aucune excuse pour mes actes. Et pour les vôtres non plus.

Acceptez cet accord

ou c'est moi qui contacterai le comité d'éthique.

Avant l'énoncé de la peine, l'accusé a-t-il quelque chose à ajouter ?

Je suis désolé, monsieur le juge.

Je suis désolé.

Je suis vraiment navré.

En vertu de l'accord signé, le tribunal vous condamne

à une peine d'au moins cinq ans mais de 15 ans au plus.

Bien que je sois contraint par le droit, cette peine ne reflète absolument pas

la désolation que vous avez infligée aux familles des victimes,

ni l'indignation suscitée par vos crimes.

Votre comportement nous choque, monsieur Dressler,

mais pas plus que les peines inadéquates prévues par la loi.

L'audience est levée.

Belle photo de Feldman. Belle citation.

Je vais passer quelques appels et trouver un directeur de campagne.

Je vais dîner au Primavera avec David. Tu veux venir ?

Je ne veux pas vous déranger.

Il veut te rencontrer.

Je passerai pour le dessert.

Promis.

Sous-titres : Nima Kargar Rollin' Dice Productions

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