All language subtitles for La.Crim.S02E05

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Original subtitles

Bien,

corps en position.

Assise.

Jambe gauche allongée.

Jambe droite repliée.

Bras gauche pendant le long du dossier.

La main droite posée sur la clé. Excusez-moi, on m'a dit que la femme de

ménage était là. C'est vous ? C'est moi, monsieur l'inspecteur. C'est vous qui l

'avez trouvée alors ? Oui, malheureusement.

Je suis arrivée juste avant 8 heures. Vous êtes rentrée par quelle porte ?

Comme d'habitude.

Par la porte du fond.

La porte du fond, c'est la porte là-bas ? C'est, oui.

Par le code.

Un verre est brisé à l'aplomb de la main gauche.

Petite trace moussure à la commissure des lèvres.

Les lunettes retournées à 44 centimètres

au pied avant-droit du fauteuil.

La mort remonta environ 4 heures, mort violente.

Apparemment, les victimes n'auraient pas souffert, apparemment.

Ça va mieux, Tessier ? Fermez le sac et mettez-le au frigo.

Tiens. Merci.

Tessier connaissait la victime.

Expliquez-leur, Tessier.

J'habite juste à côté, là.

Je venais souvent prendre un verre ici avec des amis.

C'était un peu mon QG, quoi.

C'est quelqu'un que j'aimais beaucoup.

Si on commençait par le commentaire.

Parlez-nous de la victime.

Robert.

Robert Granger.

50 ans environ.

Bof.

Sa femme est morte d'un cancer des poumons il y a deux ans.

Et moi, je l'ai jamais connue.

Vous m'avez parlé d'un fils ? Oui, Christophe.

20 ans. C'est son fils unique.

Il a un petit studio juste à côté, rue de Belleville.

Et Granger ?

Il habitait l'appart juste au-dessus.

Il vivait seul ? Oui.

Mais la veillée est très officielle.

Agnès.

C'est une femme style grande bourgeoise qui venait parfois ici.

Agnès... Veillée, je crois.

Faut vérifier.

Je sais que Christophe l'aime beaucoup.

Et la clientèle ?

En fait, Robert avait réussi à garder tous les gens du quartier. C'était assez

sympa.

Par contre, le soir et le week-end, c'était très branché.

C'était pas trop son nom.

Non, pas du tout.

Mais bon, il était à l'aise avec tout le monde.

Son associé, par contre, moins.

Vous le connaissez ? Je sais pas.

J'ai vu deux ou trois fois ici.

Je sais pas.

Bien.

C'est peut-être temps de laisser le lieutenant Tessier se remettre de ses

émotions.

Détendez-vous, le marquant.

La vie normale, ça existe.

Et dans la vie normale, il arrive qu'on éprouve des émotions.

Bon, maintenant, il faut prévenir les proches.

Je me charge du fils. Jean-Louis, tu t'occupes de l'associé. Et Paul, la

maîtresse. Cisco, la routine.

C'est quoi, la routine ? Les serveurs, le voisinage, comme d'habitude.

Tu verras, Paul, aussi une très belle femme.

Vous voulez boire quelque chose, un café ? Je suis désolé pour la chaise, mais

vous savez, l'administration... Je vous écoute.

Je sais que c'est difficile, mais vous comprenez, plus on sera sur M.

Granger... J'attends vos questions, M. l'Inspecteur.

J'ai rencontré Robert pendant la maladie de sa femme.

Jusqu'à la mort de Laura, il ne s'est rien passé entre nous.

Puisque j'imagine que c'est ça qui vous intéresse.

Vous connaissez Christophe, son fils ? Oui.

Quels étaient les rapports entre père et fils ? À vrai dire, ils ne s'entendaient

pas très bien.

Ils n'arrivaient pas à se parler.

Ils ne se parlaient pas.

Pas comme ils auraient dû en tout cas.

Pourquoi ? Ça ne me regardait pas.

Vous vous voyez souvent avec M. Drangé ? Presque tous les soirs.

On passait des heures à parler quand il avait fermé l'oiseau fou.

On voulait même quitter Paris.

Mais bon, je pense que tout ça ne vous regarde pas.

Vous l'avez vu, le soir de sa mort ? Dimanche soir, il m'a appelé vers deux

heures du matin.

Il s'appelait souvent la nuit.

Comme je ne dormais pas, il m'a demandé de venir, alors j'ai pris un taxi, et

puis un peu plus tard, de Sylvie, j'ai repris un autre taxi, et puis voilà, je

suis rentrée chez moi, vous pourrez vérifier.

Avez-vous d'autres questions ou puis-je partir ? Désolé, madame, mais je ne fais

que mon travail.

Je vais vous raccompagner.

Quels étaient les rapports entre M.

Granger et son associé ? Très bons, à ma connaissance.

Vous savez, Robert est un homme très discret. Il ne me parlait très peu de

ses affaires.

Et puis nous avions tellement d'autres choses à nous dire.

Vous savez si il se sentait menacé ? Non, pourquoi il l'était ? Je n'en sais

rien, moi, mais on est obligés de tout envisager.

Viens.

Philippe ? Oui ? Tu m'accompagnes, madame ? Vous pouvez venir.

Le rapport du légiste est formel. Robert Granger est mort à 4h30, avec une marge

d'erreur possible de 15 minutes. C'est-à-dire qu'il est mort entre 4h15

et 4h45.

C'est l'absorption d'un poison foudroyant dont la composition chimique

du virus se rapproche de celle du cyanure, mais ça n'en est pas. C'est un

poison inconnu dans nos régions.

Qu'est-ce qu'ils attendent, là, les mecs du labo ? Lieutenant, la réputation de

notre police scientifique est bâtie sur leur rigueur factuelle, non sur leur

capacité à s'émouvoir ou à s'énerver.

Est-ce qu'on aura des précisions ? D'ici une semaine.

Ça va, ils sont tranquilles, les mecs du labo.

Voilà, on va pas se fouler.

Bon, Cisco, vous avez quelque chose ? Le voisinage du personnel, aucun intérêt.

Par contre, avant de venir ici, je suis passé à la BRB.

Là, c'est intéressant, il y avait un racket. Il y avait même plusieurs.

D'abord les Yugo et puis la bande de Montreuil. Mais apparemment, ça n'a pas

duré très longtemps.

Je croyais qu'ils étaient tous en tôle, ceux-là.

Oui, ils sont tous en taule et puis il y a ceux qui sont morts aussi, tant que tu

y es.

Et maintenant ? Attends, c'est les Chinois.

C'est une infos sur ça ? Oui, d'après ce que m'avait dit Granger, c'est sûr.

Ben dis donc.

Vous étiez très d'intime avec Granger.

Je veux dire, je ne sais pas, il te confiait plein de choses quelque part ?

Oui, on s'entendait bien.

Parfois même il gardait Manon quand j'avais des problèmes. Ça te va comme

explication ? Oui, ça me va.

Mais avec ce parfum, si tu nous fais juste les indications en compte, comme

ça, tu aurais pu le dire plus tôt. C'est tout. Et pourquoi tu nous racontes ta

vie, toi ? Bon.

Et le fils ? Il n'a pas encore mis la main dessus.

Eh bien, secouez-vous un peu.

Il a ceci.

Je le vois tout à l'heure.

à poser vos questions débiles.

On le cherche chez l'assassin de Robert.

Je crains que vous ne soyez pas très compétent pour décider des questions à

poser au suspect, M. Raymond.

Suspect ? Moi, je suis un suspect.

Et que fais-tu alors ? C'était pas que son associé, j'étais aussi son ami.

Et puis j'ai un alibi.

J'ai passé la nuit au casino d'Angab.

Depuis quand êtes-vous associé avec Robert Granger ? Depuis deux ans et

demi.

Un peu avant l'amende à sa femme.

Vous saviez qu'il a été marié et que sa femme est morte ? Parlez-moi du racket.

Parlez-moi du racket, monsieur Raymond, mais aussi du chinois.

Vous croyez qu'on peut discuter avec les chinois ? Qu'on peut faire les malins ?

Je vais dire à Robert.

Je ne me ferai pas des coupes à mort pour un oiseau fou.

Et lui, qu'est-ce qu'il en pensait ? Je ne voulais pas céder.

C'était son côté honneur, compagnie, genre, j'ai dit non, c'est non.

Et vous, vous étiez prêt à payer ? Mais avec les Chinois, monsieur,

si on ne paye pas ?

Madame

Liu, vous connaissez bien nos services, n'est-ce pas ? C'est vrai.

Je suis venue plusieurs fois ici, mais attention, seulement pour des simples

auditions.

Je ne suis pas restée très longtemps.

Vous désirez, je peux vous faire visiter le sous-sol.

On les dit très inhospitaliers.

En effet, oui, c'est exact.

Bien, si nous en venions à ce qui nous prend.

Je ne voudrais pas nous faire perdre notre temps.

Mais je suis à votre disposition, monsieur.

Aussi longtemps que vous voudrez, monsieur le marchand.

Vous m'en voyez ravi. Mais je ne voudrais surtout pas vous faire perdre

votre temps qui est très précieux entre vos ateliers clandestins.

La prostitution, la raquette, les jeux en tout genre, que sais-je encore,

les combats de chiens, votre affine de drogue.

vos journées sont très chargées.

Et vous oubliez les combats entre hommes jusqu'à ce que mort s'ensuive, cher

monsieur le marchand.

Mais la crime n'oublie jamais très longtemps, madame, jamais.

Alors voilà, je me suis laissé dire que vous aviez des vues sur un café à

Belleville, l'Oiseau fou.

L'Oiseau fou, c'est joli comme nom, très joli, mais malheureusement, ça ne me dit

rien du tout.

C'est étrange, c'est curieux pour quelqu'un qui habite deux rues plus

loin.

Mais je sors très peu.

Bien sûr.

On m'a rapporté que des gens très proches de vous, qui vous étaient

dévoués, totalement dévoués, avaient tenté de raqueter les deux propriétaires

de l'oiseau fou. Il se trouve que l'on a alors trouvé l'un des propriétaires

assassinés dans son café hier matin.

Assassinés ? Désolée, je suis vraiment désolée.

Je vous remercie de votre compassion, mais ce n'est pas ce que je vous

demande, Mme Liu.

Parce que vous me demandez quelque chose ? Oui.

Le nom de l'assassin.

Vous voyez, nous avons ici la faucheuse habitude d'obtenir tout ce que nous

voulons sans contrepartie. Et ce qui n'est pas dans vos coutumes, n'est-ce

pas ? Vous paraissez bien nous connaître.

De la famille en Asie, peut-être ? Eh non.

Dans nos murs, dans cette grande maison, nous savons nous entraider par exemple

avec nos très proches cousins de la BRB.

Comment vous avez dit déjà l'oiseau fou ? L'oiseau fou ? Je vais essayer de me

renseigner. Bon.

Asseyez-vous.

Nous comprenons votre chagrin,

mais nous sommes dans l'obligation de vous poser quelques questions.

Vous pensez que ça va aller ? Quand avez-vous vu votre père

pour la dernière fois ?

Nous savons que vous n'entreteniez pas de très bons rapports avec lui.

Nous aimerions avoir quelques précisions à ce sujet.

Nos excellents confrères des narcotiques nous ont transmis ce dossier vous

concernant.

Édition.

Mais nous ne sommes pas là pour connaître les conditions d'exercice de

cette activité nuisible que les dangereux saxons et américains appellent

« dealer », mais pour élucider les raisons de la mort de votre père.

Nous aimerions connaître le pourquoi du rapport rouleux que vous entreteniez

avec lui, parce qu'il est fort possible qu'à la suite d'une brouille, d'une

dispute, vous n'ayez décidé d'en finir.

C'est bon.

C'est bon. C'est bon.

Christophe.

Christophe. Christophe.

T'inquiète pas.

Ça va bien se passer.

Mais j'y suis pour rien.

J'y suis pour rien.

Que vous êtes des enfoirés de flics.

Des enfoirés de flics. Foutez pas la bête.

Allez, ça va, ça va. Quoi ? Mais ça va ? Mais attends, ce connard de le marchand

qui te cadeau de la charnée, merde ! Non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non,

non.

Je sais pas.

Robert m'a dit qu'il avait commencé en prenant les médocs de sa mère.

Des trucs contre la douleur.

À 18 ans, ça pardonne pas, hein ? Pourquoi il a plongé ? Je sais pas.

J'en parlais parfois avec Robert et... J'essayais de lui parler, mais... Il s

'engueulait à chaque fois, ça rendait Robert complètement malade.

Je sais pas.

Bah, tu sais, c'est... Comme toi avec Nathalie, parfois, t'arrives pas à lui

parler. Voilà, c'est pareil.

Non, Nathalie, c'est pas pareil. Si, c'est pareil.

T'arrives pas à lui parler, c'est pareil. C'est tout.

Bon, d'accord, c'est pareil. T'as raison.

Oui, j'ai raison.

Aline Péline est passée chez Granger à 2h du matin, mais elle est repartie tout

de suite après.

J'ai vérifié, le chauffeur de taxi a confirmé.

Granger est mort 2h, 2h30 plus tard.

De toute façon, je ne crois pas qu'elle soit impliquée. Elle aimait Granger, et

en plus, ce n'est pas le genre.

On n'est pas son avocat, Paul.

Bon, et le fils Granger ? Christophe, mais vous ne le lâchez pas, alors.

Bien sûr, vous avez le mobile.

Ou c'est par sadisme ? L'oiseau fou vaut une petite fortune.

Il est le seul héritier.

Il est vrai que pour vous, il est un testier. L'argent n'est pas un mobile.

Hein, Christophe ? Bien sûr. OK, merci beaucoup. Ciao.

Bien, c'était mon fameux pote des jeux.

Il a une info pour nous, j'espère.

Un gang chinois aurait ou va liquider un individu dans la limonade.

Il sait pas trop quand, il va me rappeler.

Des menaces sur des patrons de café, il y en a tous les jours.

Tiens, allez, tu continues.

Je n'avais pas tout dit, monsieur Raymond.

C'était à Genève, la semaine dernière.

Il y avait des amis là-bas, monsieur Raymond.

Je suis allé, en effet, à l'enquête BG à Genève, afin d'emprunter une certaine

somme pour acheter des parts de Robert.

Mais je croyais que Robert Congé ne voulait pas vendre.

Oui.

C'est vrai, mais je pensais qu'avec 10 millions de francs sur la table, il

changerait d'avis.

10 millions de francs pour la moitié de l'oiseau fou, ça fait beaucoup d'argent,

ça.

L'oiseau fou est une très bonne affaire.

Ah oui ? Et... Où auriez-vous emprunté cet argent ? Vous avez des garanties ?

Les garanties, c'est l'oiseau fou.

D'ailleurs, la banque ne m'en a pas demandé davantage.

Bien. Nous allons donc vérifier vos déclarations auprès de la banque SBG.

Euh... Oui, pardon ? Comment ?

Cet argent n'était pas pour moi, c'était pour eux.

Excusez-vous ? Vous voyez pas qu'ils continuent de foutre de notre gueule,

les marchands ? Non, non, non, je vous jure, je vous dis la vérité.

Mais il y en a marre des vérités successives.

Hier, les Chintocs raquetteurs.

Aujourd'hui, une banque suisse qui vous fait cadeau de 10 plaques.

C'est quoi le programme pour demain ? Un autre cadavre ? Oh, Capitaine Scandella,

je crois.

J'apprécie énormément votre rationalisme inspiré.

Je crois que je vais vous laisser mener la charge, fils coupe.

Écoutons tout de même ce que M. Raymond va nous dire.

C'est salaud.

Mais c'est perdre exprès.

Pas grave, c'est pas grave.

Pardonnez-moi, j'ai perdu.

À la fin, je savais même plus que je leur devais.

J'y retournais tous les soirs.

La roulette, on peut toujours se refaire en une nuit.

Ça, c'est ce qu'on croit.

Mais eux, ne jouent plus.

C'est ça.

C'était quoi le marché ? Acheter les parts de Granger pour le compte de

Fintoc ? Oui.

Mais Granger, il n'a rien voulu savoir.

Il savait que je jouais.

Il a compris ce que j'allais faire des parts.

Il m'en voyait chier.

Alors ? Alors, vous en avez parlé à vos amis qui ont décidé

de l'éliminer.

Ce n'est pas mes amis.

Et je ne sais pas qui l'a tué.

Je n'y suis pour rien, merde.

Ne soyez pas vulgaire, s'il vous plaît.

C'est des millions qu'en avez-vous fait ?

Salut, commandant. Les relevés téléphoniques de l'oiseau Proust sont

arrivés.

Reconvue comme moi, le petit granger.

Je rêve, là. Vous vous acharnez, vous aussi ? Écoutez, on a un relevé d'appel

téléphonique le soir du meurtre entre le père et le fils.

Le nom de Dieu le marchand, vous vous rendez compte ?

empoisonner son père.

Christophe Garagé n'est qu'un môme.

Un môme ? Vous savez, capitaine, moi, à l'heure où les enfants s'entretuaient à

l'école, je ne crois plus en rien. En rien. Tant que je n'aurai pas la

certitude de son innocence, je n'abandonnerai pas cette piste. Nous

avons tout. Le profil psychologique, le mobile, 20 ans ou moins. Avec l'analyse

de peine, il fera 10 ou 15 ans.

Pas le bol, moi. Je vais prendre l'air.

On aurait trouvé trace d'un appel à 3h du matin.

Votre père vous téléphone.

J'arrivais pas à dormir.

J'étais chez moi, je faisais rien.

Je fumais.

Des clopes.

C'est une heure bien tardive.

Il voulait... Il voulait que je passe.

3h du matin ? Oui, à 3h du mat.

Vous ne vous parliez plus depuis une petite heure.

Non.

Pas plusieurs semaines, deux mois et dix jours.

Cette précision vous en a.

Mais monsieur le flic, vous ne pouvez pas comprendre.

C'était spécial avec mon père.

Et ça ne vous regarde pas.

Vous n'auriez pas une cigarette ?

Non.

Ailleurs fumé, mieux à la mémoire.

Ce que j'aimerais parler surtout, c'est que vous vous rappeliez les moindres

détails de cette soirée.

Ah, je vois qu'il n'y a pas de décompte ici.

Votre père vous demande de venir et puis vous y allez parce que vous êtes un fils

obéissant. Et vous allez continuer longtemps avec vos questions

complètement naves.

Votre père vous ouvre le rideau de fer.

Mais non, je suis passé par le couloir de service.

Et puis ? Et puis rien.

On n'avait rien à se dire.

Ça vous étonne ? Je suis resté là comme un abruti pendant trois minutes.

Et puis je suis reparti.

On a essayé encore une fois de se parler et puis ça a tout de suite dégénéré.

Cette fois-ci, c'était de ma faute.

Me faire venir en pleine nuit.

Depuis, j'arrête pas de dire français.

Je vais su lui parler.

Il serait peut-être encore vivant.

Putain, mais quelle vie de merde.

Si vous pouviez m'écouter cinq minutes.

J'essaie toujours d'aider les gens à mieux se comprendre.

Croyez-moi, je le fais de bon cœur.

Alors je vais vous expliquer, moi, ce qui s'est passé.

Votre père vous fait des reproches une fois de plus, une fois encore.

Vous ne dites rien, vous ne lui répondez pas. Vous ne lui répondez rien.

Ou alors, oui, vous prenez de grandes résolutions, vous lui faites des

promesses. Et avant de partir, vous lui offrez le verre de la réconciliation

dans lequel vous avez pris soin de verser subrepticement quelques gouttes d

'un sublimé mortel asiatique.

Il est peut-être mort en vous parlant.

Vous héritez, c'est effroyable, mais d'un autre côté, côté drogue, vous n

'avez plus de problème de ravitaillement. Mais putain !

Merde, c'était un suicide.

Ça fait écouter plus tôt.

Je viens de la recevoir.

Mon père a dû me l'envoyer avant de mourir.

Tu veux que je te raccompagne ? Non.

Je peux partir ? Bien sûr.

C'est bon, raccompagnez-le.

Tu n'as jamais planté à ce point-là ? Oui, mais on sait planter, ça arrive.

Donc, je propose de porter un peu.

Au droit à l'erreur. Ah, on va être bourrés. Au droit à l'erreur.

Non,

mais attends, la palme, dans cette affaire, c'est quand même... Au

contraire, le marchand.

Il sait planter, j'adore. Il sait courir, j'adore ça.

Moi aussi, j'aime bien.

S'il y a un ailleurs, j'espère que je...

C'est un salif, le marchand. Ça va, calme-toi.

Mais non, attends, je n'ai pas envie de me calmer. Il est limite nazi, ce mec.

En sorte de torturer les gens, il leur fera avouer n'importe quoi. Une fille,

quoi, avec son nerf, là, coincé et froid tout le temps.

Pardon,

Michel.

On a commencé sans vous.

Vous disiez quoi, d'ici ?

Comment ça se dit ? Le père Grandet n'est pas clos.

Pardon ? J'aimerais faire une reconstitution demain matin.

Qu'est-ce que c'est que ce coup de théâtre, Michel ? Dans cette affaire,

avant de produire et de présenter des éléments pour le moins troublants, est

-ce que quelqu'un s'est demandé pourquoi un homme apparemment sain d'esprit,

maître de tous ses moyens, s'est-il donné la mort ? Pourquoi s'est-il donné

la mort ? Effectivement, mais chacun sait que le suicide est un acte

mystérieux que personne ne sait jamais vraiment expliquer.

Moi, ce qui m'étonne, c'est de voir un père de famille qui se suicide en

laissant un fils dans un état pareil.

Pourquoi on me regardait comme ça ? Parce qu'il trouve que t'es mal placé

pour faire ce genre de réflexion.

Pour lui, t'es un faible.

Lui, il aime bien s'affarner sur tout ce qui est faible. Tu comprends ? Non,

Capitaine Scandella.

C'était simplement m'entretenir en privé avec le commandant Gallio.

Pour que nous puissions, dès demain matin, faire une reconstitution du

crime. Sur ce, je vous souhaite la bonne soirée.

Michel, je vous en prie.

Quel con.

J'en ai marre de vos conneries.

Je me tiens.

Tico, attendez.

Attendez.

Petit café ? Cigare ? C'est pour qui l

'addition ?

Bon,

préviens la patronne, tu ne bouges pas.

Il y a quelque chose qui ne va pas ?

Tétier, elle est chez Christophe.

Il a fait une connerie.

Vous y allez.

Paul, venez avec nous.

Je l'ai trouvé comme ça.

Il est dans le coma.

C'est une idée ? À première vue, oui.

Vous croyez qu'il va s'en sortir ? Difficile à dire pour l'instant.

Allez, on l'emmène.

Hé, regardez-moi ça.

Agnès Véline.

Agnès Véline et Madame Liu.

Madame Véline, nous allons tenter de reconstituer très précisément ce qui s

'est déroulé le soir du décès de M.

Granger.

Je vous l'ai déjà dit, non ? Je l'ai entendu, mais je ne l'ai pas vu.

Madame Véline, vous allez vous rendre derrière cette porte, y attendre

quelques instants, comptez trois secondes.

Ensuite, vous allez entrer de nouveau dans cette pièce et vous dirigez vers ce

fauteuil où était assis la victime. S'il vous plaît.

Vous pouvez fermer la porte et commenter de compter.

Ça vous suffit ? Je vais vous maintenant faire écouter, madame,

l'enregistrement que nous allons faire.

Ça vous suffit ? Savez-vous ce que c'est, madame ? Ce

sont les bruits de vos pas.

Madame Villene, vous avez omis de nous dire que vous êtes repassée voir M.

Granger au moment même où il enregistrait ses adieux à son fils.

Vous délirez.

Et c'est vous qui tremblez.

Je tremble parce que vous m'énervez, monsieur. Tout ça, c'est insupportable.

Je veux repasser la première bande, s'il vous plaît.

J'en peux plus.

Je t'aime, Christophe, mon fils.

Je t'aime.

S'il y a un ailleurs, j'espère que je pourrais mieux veiller sur toi que je ne

l'ai fait durant toutes ces dernières années.

Et le bruit de vos pieds ? Et oui, madame.

Ce sont exactement les mêmes bruits des mêmes pas que nous avons retrouvés sur l

'enregistrement de M. Granger.

Pourquoi ne pas avouer que vous vous êtes rendu une seconde fois chez M.

Granger et que vous avez effacé la fin de son enregistrement ? C'est fou.

Et pourtant, vous venez d'entendre vous-même.

Pourquoi niez-vous ? Michel ?

Vous trouvez ça chez M. Granger ?

Madame Liu, non ?

Vous

droguez depuis quand ? Pardon ? Vous êtes complètement malade.

Vous voyez des traces d'aiguilles, vous ? Est-ce que j'ai l'air de me droguer ?

C'est fini, maman. Je refuse de me droguer.

Reconnaissez-vous cette femme ?

Non. Non, cette photo a bien été prise devant votre magasin d'antiquité.

Oui, alors ? S'il y a d'extraordinaire, est-ce qu'une chinoise vient de m

'acheter de l'art chinois ? Quoi de plus banal, vous en conviendrez, non ? Il

sera difficile d'en convenir.

Cette femme s'appelle Madame Liu.

Et elle-même et tous les membres de sa famille dirigent la pègre à Paris.

Elle rêve d'acquérir un oiseau fou par tous les moyens. C'est un hasard qui

sera difficile à plaider en cour d'assises.

Mais enfin, mais de quoi m'accusez-vous ? D'avoir empoisonné M. Granger.

Mais c'est faux, j'ai pas empoisonné Robert.

J'ai maire Robert.

On allait vivre ensemble.

Je crois que vous êtes sincère.

Malheureusement, je crois aussi que je serai le seul à vous défendre.

Je l'aimais.

Madame, nous avons la preuve que vous êtes revenue à l'oiseau fou, que vous

nous avez menti.

n'auront aucune difficulté à établir les liens qui vous unissent à Mme Liu.

Le jour de votre procès, le procureur aura la tâche élevée. Le jury fera le

reste.

Prévenez la BRB.

On va avoir des clients pour eux dans le quartier.

Ça

va

aller ?

Mon père a vécu en Indochine. C'était un grand amateur d'art.

C'est là où je suis née.

Après la défaite de Dien Bien Phu, il est rentré en France et il a monté un

magasin d'antiquité.

C'est un artiste, pas un commerçant.

Seulement, il avait fait deux, trois choses pas très nettes en Indochine et

la mafia locale le savait.

Vous voulez dire que les Chinois menaçaient de révéler toute la vérité

sur le côté obscur de votre père ?

Il le tenait.

Mais il me tenait aussi parce que j'avais été obligée de leur emprunter de

l'argent pour éponger les dettes du magasin.

Alors ils vous ont demandé un petit service ? Bon, pas grand-chose.

Simplement séduire un quinquagénaire, veuf, propriétaire.

d'un établissement à la mode.

Madame Véline, deviez-vous convaincre, persuader M.

Robert Granger de leur céder l'oiseau fou ? Ce qui n'était pas prévu, c'est

que je tombe amoureuse de Robert.

J'étais chargée de lui faire signer une promesse de vente.

Et Mme Elius s'impatientait, il lui fallait ce papier.

Alors il y a huit jours, j'ai craqué, j'en pouvais plus.

J'ai dit la vérité à Robert.

Il a compris que j'étais tombée entre leurs mains, il s'est effondré.

Il était brisé.

Il m'a jetée dehors.

Donc vous étiez fâchée.

Alors pourquoi est-ce que vous l'avez appelée le toit du drame ? Je l'aimais.

J'avais envie qu'il me pardonne, j'avais envie de le revoir.

Madame Véline, il y a quelque chose qui m'échappe, moi.

Les laboratoires confirment que ce poison est d'origine asiatique.

Vous auriez très bien pu vous procurer.

se produit auprès de Mme Lyon.

Mais c'est elle qui me l'a envoyé.

Jean-Crobert ne cèderait pas.

Il fallait que je... Une fois mort, les Chinois

étaient persuadés que ce serait plus facile de faire céder son héritier.

Vous deviez vous arranger pour le lui faire boire, c'est ça ?

Robert avait une bouteille personnelle dans le bar à un vieux bourbon.

C'est là que je devais verser le poisson.

Jusqu'au jour où j'ai jamais pu.

Quand il m'a vu arriver, il savait que je venais pour le tuer.

Il m'a regardée, il a rien dit.

Il m'a laissée partir.

Vous lui avez tué et vous ne l'avez pas fait.

C'est quelque chose que je ne m'explique pas. C'est pourquoi vous êtes revenu.

J'avais oublié le poison, alors j'ai eu peur, alors j'ai su revenir.

En arrivant, il était là, dans son fauteuil, en train de dicter quelque

chose à son fils dans le magnétophone.

Je lui ai raconté tout.

Je devais bien ça.

Vous lui avez envoyé l'enregistrement, mais vous avez pris soin, auparavant, d

'effacer le package qui vous concernait.

Oui.

Et après ? Après,

on s'est regardé et il a porté le

poison à ses lèvres.

Il est mort foudroyé.

Robert Granger s'est suicidé parce que vous ne pouviez pas refaire votre

contrat.

Oui, il a fait ça pour moi.

Il a fait ça pour me sauver la vie.

C'est quoi ça ? Voilà, c'est un petit verre que j'ai organisé pour vous.

Vu l'ambiance, j'ai pensé que... Il valait mieux boire le pastis plutôt que

patauger dedans, hein ?

Lieutenant

Tessier.

J'ai contacté l'hôpital, M.

Christophe Grandjoué.

Un médecin personnel m'a assuré que ces gens n'étaient plus dans le danger.

Voilà, je voulais vous dire.

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