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Je m'appelle Maximilian Bull.
Je dois participer au projet, peu importe à quel point.
Tu fais partie de la compagnie maintenant.
Je loue une chambre au-dessus de la grange.
Vous pouvez me la montrer ? Oui.
Toi, t'es assis dans ta petite chambre, et tu t'arrêtes jamais de calculer.
Mais avec mes amis, on creuse le tunnel, et on tonte la montagne.
Tu n'es qu'un sapientone ! T'es trop dur aussi, t'es rien d'ingénieur ! Je suis
pas bien ingénieur !
Le Chartier Trèche s'engage en contrepartie à transporter tout ce dont
l'entreprise Louis Favre pourra avoir besoin sur la montagne.
Quoi ? Quoi ? Votre père a signé un
contrat, puis tu ne le respectes pas. Nous appliquons les pénalités de
rigueur.
Dans ce cas, il ne nous reste plus rien, on est ruinés.
Qu'est-ce qui se passe ?
de l'émeute est un mineur du nom de Tommaso Lazzaroli. Tommaso Lazzaroli !
Je vais renvoyer ! Sans un sou ! Je vais me marier.
Il me faut un homme qui prenne la licence à ma place.
Moi, je vais à l'istienne. Je rejoins Fabre au bureau.
Eh ! Progression de 6,30 m à Gauchenon dans la journée d'hier.
Et seulement 4,75 m du côté sud.
Tu veux bien me dire ce qui se passe ? Les commanditaires refusent de verser
davantage de liquidités à mon oncle.
Lundi, ce sera dans tous les journaux.
La version finale.
Très élégant.
Dites-moi combien je vous dois.
Allons donc laisser.
Pardon ? La compagnie réglera la note comme d'habitude.
Je préfère payer tout de suite.
Ça ne pose pas de problème, je vous assure.
Vous savez, mes fournisseurs de tissus doivent attendre eux aussi.
Les factures sont réglées en fin de trimestre.
Ainsi, chacun participe à son échelle à notre essor commun.
Bien.
La couture extérieure est donc à... Mais enfin ! Monsieur,
attendez ! Il reste encore des épingles ! Bonne soirée.
Monsieur Leuch ! Il nous suffit de faire comme les tailleurs.
Les accomptes suffiront éventuellement pour le ciment portland et la dynamite
si on calcule au plus juste. Alors, calculez au plus juste.
Les salaires des dernières semaines.
1630 ouvriers à Gauchenen et 1451 à Aérolo.
On a vraiment besoin d'autant de main-d'oeuvre ? Oui, de chaque homme.
Je vous remercie.
C'est terminé. Un peu de patience.
C'est déjà ce que vous m'avez dit il y a deux heures.
Vous êtes tombé du lit.
Voilà.
Le compte y est. Vous avez une tête à faire peur.
Allez vous reposer.
Vous en êtes sûr ? Certain.
Je sais maintenant comment sauver la compagne.
Venez-le.
Comment ça va sauver ? Oui.
Patron ? Monsieur ?
Monsieur,
si les banques refusent de vous accorder des fonds, nous pouvons très bien les
contourner.
Monsieur, adoptez le système de l'Artoise.
Contractez un crédit auprès des ouvriers de Gauchenen et d'Aérolo.
Les gens seront payés, mais ce ne sera pas en francs.
Patron, imprimez vous-même de l'argent.
Des francs favres.
Les hommes pourront acheter ce dont ils ont besoin au quotidien avec cette
nouvelle monnaie, mais exclusivement dans les deux villages du tunnel. Ce que
les ouvriers mettront de côté sera changé en monnaie officielle dès que la
compagnie sera de nouveau solvable.
Plus les intérêts.
Le château calculé.
Vous associez les ouvriers à votre réussite. Et ainsi, ils deviennent
actionnaires de votre compagnie.
Des francs-favres.
Voilà, mademoiselle.
Attention,
il ne me tombe pas encore tout à l'heure.
S'il vous plaît.
Il en reste trois jours avant la taille des ouvriers.
Ça fait longtemps que tu n'as plus mis les pieds à Goshenen.
Plus de... Plus de trois ans.
Et quand comptes-tu... Quand comptes-tu revenir ?
Dans ce cas-là, au lit.
Fratelli !
C'est une affaire rondement venée.
Ah, un petit champ de l'eau. Qu'est-ce que c'est que ça ? Dégagez, allez au
travail.
On est
de retour à Gauchelen, monsieur l'ingénieur. Les choses ont l'air d
'avoir changé.
Oui, ça vous pouvez le dire.
Mais pas dans le bon sens.
Regardez.
C'est pas bon du tout.
Mais je peux vous dire une chose.
Je les attraperai tous.
Des Staligauds, des Stalbermites, des révolutionnaires.
En tout cas, lui, il est toujours fidèle à lui-même.
Au chantier, s'il vous plaît.
Ne restez pas là, eh toi, donne-moi ça.
Léon ! Bienvenue, Max.
Comment vont les autres qui ont monté ?
63 malades ? Et qui va payer les frais ? Il est encore jeune, celui-là. Qu'est-ce
qu'il a ? Ce qui est certain, c'est qu'il ne souffre pas de silicose. Mais
pour l'instant, je ne vois pas à quoi ces symptômes peuvent correspondre. Il
faudrait que je l'examine de plus près.
Déclarez-le à son travail ou renvoyez-le chez lui.
Max Bull.
Ça fait un moment que j'attends ta visite. De quoi souffre-t-il ?
Explique-moi plutôt comment ça se fait qu'on ne soit plus de matériel depuis
des semaines. Ne me dis pas de fabriquer la baille. Ce ne sont que des
difficultés passagères. Vous n'avez pas de travail à lui faire ? Où il est notre
charbon pour la machine à vapeur ? Il est en chemin. Vous n'avez qu'à prendre
du bois d'oeuvre en attendant.
Si tu le dis, c'est que ça doit être vrai.
Suis-moi.
Tu crois vraiment
que les ouvriers vont accepter d'être payés avec tes faux billets à la noix ?
Rassemble-les tous pour une réunion générale demain au retour de l'équipe du
matin.
Il n'est pas question que je me ridiculise. On a d'autres problèmes à
régler ici.
Si on n'arrive à en résoudre aucun, tu as pour ordre de me soutenir totalement.
C'est sûrement toi qui as pondu ça.
Il ne faut vraiment pas avoir conscience de ce qui se passe là dehors pour aller
pêcher une idée aussi saugrenue.
Demain matin.
J'oubliais.
Rapprécie-toi, tu empestes l'absinthe.
Signora, que faites-vous pour l'amour du ciel ? Combien de fois faudra-t-il que
je vous le dise ? On ne cuisine pas dans les chambres.
Signora, avez-vous une chambre à louer ?
Ça fait combien de temps ? Trois ans et sept mois.
C'est tant qu'il file, à toute allure.
On s'en retrouve le souple coupé.
Regarde, y voilà.
Je te présente Effie.
Et lui, Max.
Enchanté.
La demande est énorme.
Les chambres sont pleines à craquer.
Les ouvriers dorment dans des lits à trois étages.
Mais si tu veux, tu peux t'installer dans l'ancienne chambre.
Ah, si.
Et ton père, où est-il ? On n'a plus jamais entendu parler de lui.
Papier de tonne. J'ai cru que tu nous avais oubliés.
Pourquoi t'as pas écrit ? Pourquoi ? Tu sais lire maintenant ? Ouais.
C'est Anna qui m'a appris.
Que dis-tu de notre joli petit chaton ? Ça ressemble beaucoup à sa magnifique
maman et un peu moins au vieux Matou.
Tu restes avec nous pour dîner ? Volontiers. Il y a de la minestra.
Si on avait su que tu nous rendrais visite... Il y aurait quand même eu que
de la soupe, puisque le commandante jette l'argent par les fenêtres. Elle ne
pense qu'à l'argent. Mais aujourd'hui, c'est jour de fête.
Je raffole de la soupe testinoise.
Alors, tu es devenu ingénieur ?
Favre a tenu parole.
J'ai énormément appris.
Tomado, enfin ! Quoi ? C'est notre ami, on a dormi dans le même lit.
Ça rigole pas avec les Suissais.
Dis-moi qu'est-ce qui t'amène.
Le chantier doit être de nouveau inspecté.
Ils vont faire quoi, les ouvriers, de leur sang favre, si la compagnie coule ?
Demain
matin, on rassemble tous les amis.
Il faut que tu sois là.
S'il te plaît.
La compagnie m'a licencié. Tu te rappelles ? Oui, à juge de titre.
C'est pour cette même raison que j'ai besoin de toi.
Il faut que tu m'aides. Les ouvriers t'ont toujours écouté.
Non. Pourquoi ce serait à eux de prendre des risques pour l'entreprise ? Personne
ne vient risquer sa vie à leur place.
Personne.
Ah, regardez qui voilà ! Ce bon vieil écheur et ce cher padre, il vous a joué
un mauvais tour, avouez-le. Le directeur de la plus grande banque suisse et son
ami s'impliquent de faux billets pour terminer leur tunnel.
Bonne soirée à vous.
Mineurs ! Travailleurs ! Hé, vous clénards ! On
écoute, alors silence ! Minatori !
Je m'appelle Maximilien Bull. Je viens de Lucerne, des bureaux de Louis Parc.
Euh, notre patron.
J'ai une très mauvaise nouvelle.
La compagnie n'a plus aucune ressource financière.
La construction du tunnel doit être abandonnée.
Vous pouvez tous rentrer chez vous.
Vous avez entendu comme moi ! Les caisses sont vides et maintenant ils
veulent toutes nous renvoyer à la maison !
Qu'est-ce que tu nous racontes, là ? Mais ! On peut savoir de qui tu sors,
toi, d'abord ? Mais la compagnie m'a envoyé parce qu'il y a un moyen, et un
seul, d'éviter la catastrophe.
Pour l'instant, ce n'est qu'une idée. C'est à vous de décider si vous voulez
sauver le tunnel.
Vous allez recevoir une nouvelle monnaie. Quoi ? Ce sont des francs
phares.
Ils vous permettront d'acheter tout ce qu'il vous faut au village, d'accord ?
Mais vous ne pourrez dépenser cet argent qu'ici.
Non seulement qu'on pue dans ce fond, mais en plus maintenant on ne reçoit
plus d'argent ! Ils s'en moquent de nous ! Non, non, non, vous allez en recevoir
de l'argent ! Vous allez être payés ! On vit déjà un enfer ! Et en plus vous nous
prenez pour des imbéciles ! Non, vous toucherez même nos intérêts !
Silencio, écoutez ce qu'il a à dire.
C'est un miracle ce que vous avez accompli jusqu'à aujourd'hui.
Mais ça n'aura aucune valeur si tout s'arrête et que vous ne terminez pas le
tunnel.
Tous les sacrifices que vous avez faits n'auront servi à rien.
Toutes les victimes seront mortes pour rien.
Les francs-favres sont notre seule plonge de salut.
Écoutez, il a raison sur ce point. On a tous fait d'énormes sacrifices, et ça
aurait été inutile si on ne termine pas le tunnel. D'accord ! Seulement, qui
nous garantit qu'il y aura de l'argent à la fin ? Il a raison ! Pourquoi on
devrait croire sa parole ? Quel rôle tu joues là-dedans ? Minatori, écoutez-moi
bien.
Comme d'habitude, vous n'avez pas vraiment le choix.
La solution ne vous plaît pas, mais c'est la seule.
Les caisses sont vides.
Il n'y a plus d'argent.
Demain, tout le monde rentre à la maison et le tunnel ne sera jamais terminé.
Ou alors, vous décidez de lui faire confiance et vous acceptez la
proposition. Non, non, non, non ! C'est n'importe quoi ! Une autre compagnie va
venir reprendre le chantier ! Elle va finir de construire le tunnel ! Elle va
nous payer, peut-être même nous augmenter ! Et elle, au moins, elle ne
nous traitera pas comme des chiens ! Non, non, non ! Personne n'est aussi fou
que Fabre.
pour se lancer dans un tunnel comme celui-là.
Et vous voulez qu'on le renvoie quoi, nous, à nos familles ? Vous êtes
oubliés, là ? Non, ça ne va pas durer. C'est l'affaire de quelques mois, et
ensuite, je vous le promets, on changera les francs-favres en vrais francs. Et
vous leur enverrez un bon gros paquet d'argent d'un coup.
Hé, Raphaël.
La femme veut ouvrir des yeux ronds comme des billes.
Une si grosse montagne de billets, ça sera du jamais vu pour elle.
Elle va être très gentille avec toi.
C'était un jeu d'enfant.
Mais comment peux-tu convaincre les gens qui tiennent des boutiques d'accepter d
'être payés avec des faux billets ? Commerçants, la bandière, logeurs, il
faut qu'ils prennent la nouvelle monnaie.
Je vais leur parler, à chacun d'entre eux.
Tu as parlé aux ouvriers ? Je vais tâcher d'être convaincant.
Commence par les plus gros.
Marchands et auberges ? Logeurs en premier.
Tu pourrais parler à Anna ? Non, ça non.
Je te laisse t'en charger.
Non,
n'y pense même pas.
Tu ne subiras aucun préjudice.
Max, tu reviens au bout de trois ans et demi pour nous soutirer de l'argent.
Mais non, tu l'auras, ton argent, seulement un peu plus tard. Fabre a
entièrement dépossédé mon père.
Et aujourd'hui, je devrais risquer ce que j'ai bâti à la sueur de mon front
pour quelques coupons à son effigie ? Il n'en est pas question.
Les travailleurs vont se retrouver à la rue si tu refuses de prendre la nouvelle
monnaie.
Qu'en est-il des fournisseurs de la compagnie ? Des machines, des
perforatrices et de la dynamite ? C'est avec tes coupons que vous allez les
payer ? Non.
Quelles sont les chances pour que les économies faites sur les salaires des
ouvriers suffisent à donner un second tour à la compagnie ? Je ne le crois pas
que toi.
Mais ce que je sais, c'est que si ça ne fonctionne pas, le chantier s'arrête dès
la semaine prochaine.
C'est un pari risqué, mais c'est notre unique chance de faire en sorte que tout
ça n'ait pas été vain.
Pour nous tous.
Et je suis censé la payer avec quoi, ma marchandise, ici, là ? Avec ce torchon ?
Nous nous chargerons des achats. Ton vin n'en sera que meilleur.
Débarrasse-moi tout de suite le plancher.
Attendez. La compagnie peut ouvrir sa propre auberge si tu t'obstines à
refuser.
Pour qu'elle gagne de l'argent grâce à ça aussi ? C'est absolument hors de
question. Il veut nous faire chanter.
Il faut qu'on y trouve notre compte, nous aussi.
Exactement. Vous y trouvez déjà votre compte ? Ah oui ?
Tes papiers, là, ils nous rapportent combien d'intérêt ? Pas moins de 5% ! 8.
8, c'est exactement le taux d'intérêt que Favre devrait payer pour un crédit.
8. 8%.
Désormais, tu pourras payer ton petit verre en francs-favre.
Mais ce sera plus cher.
Max a réussi.
Les ouvriers ont approuvé l'idée.
Ils acceptent de voler.
Il ne t'abandonne pas, tes ouvriers.
Il ferait tout pour toi, tout.
C'est fantastique.
Oui. Merci.
Félicitations pour la promotion, monsieur l'ingénieur en chef.
Tu peux retourner à Lucerne maintenant, derrière ton bureau.
Non, je vais rester jusqu'à ce que tout rentre dans l'ordre.
On pouvait barrer Raffaello Maragoni.
On le bat.
Au suivant.
Il y a du matériel qui attend à la gare. Faites le monter.
38 ans, 7 enfants à nourrir.
De quoi est-il décidé ? S'il est contre.
Sans autopsie, vous en êtes sûr ? Certain.
L'air est devenu irrespirable. Il faut impérativement améliorer la ventilation.
Elle en est où, votre cheminée d'extraction, monsieur l'ingénieur en
chef ? Tu sais bien qu'on n'a pas d'argent pour la construire. L'air
comprimé des perforatrices suffit. Il est locomotive, ne polluez pas l'air.
Mais c'est pas le cas. S'il fait rien, moi, si les locomotives tournent au
charbon. Qui a dit ça ? Dieu ? C'est ici que tu te caches.
Nous avons quelques petits problèmes.
Les résoudre est une tâche qui est un combat barman.
On s'en occupe, patron.
Que se passe-t-il ici ?
Nous devons changer de méthode pour évacuer les déblais. J'ai déjà expliqué
que pour faire ça sur une distance de 5000 mètres, il fallait... Et si ! Les
locomotives fonctionnaient également à l'air comprimé.
On accroche d'énormes cartouches d'air comprimé à la loco, à la place du
charbon. L'air des cartouches actionne les pistons qui entraînent les roues et
on ne rejette rien d'autre que l'air de la montagne. Un air respirable.
C'est toi, il a complètement perdu la tête, non ? Il faut évacuer les déblais
sans attendre.
Il faut que je retourne un air au lot.
Mag ! Construis-moi cette machine.
Voilà tout en haut de l'échelle. Ça n'est jamais arrivé sans toi.
Ouais, je sais.
C'est le moment de passer à la caisse.
À la caisse ? On a besoin de toi.
Le premier symptôme de la maladie, le docteur Swizik les renvoie chez eux.
La compagnie leur verse 80 francs d'indemnité.
Ouais, comme ça, elle n'a pas à payer l'enterrement.
C'est toi qui as la tête de ces émeutiers.
Léo, il faut te taire un peu plus le bandage.
Là, on n'est pas à thé.
Tomato, hé ! L'incitation à la rébellion est punie par la loi.
Je ne peux pas regarder les miens crever sans rien faire.
Il y a trop de morts, même chez les jeunes.
Ça ne peut pas être seulement la silicose.
Où veux-tu en venir ? Il nous faut un autre médecin.
Un qui ne porte pas qu'aux intérêts de la compagnie.
Trouve-en un.
Je pourrais peut-être négocier.
Alors ? Notre Garibaldi t'a emmené dans son repaire de brigands ? Tu es au
courant ? À ton avis, Kipel est prêt d'impression pour les tracts et nourrit
les malades.
Quand penses-tu revenir ?
Je serai de retour d'ici quelques jours.
Oui. Et une vraie tête de mule.
Les droits des travailleurs lui tiennent beaucoup à cœur.
Tu n'es rien contre, seulement.
Et toi, Max, as-tu enfin rencontré une gentille de modèle ?
Euh... Oui, je crois.
Non, il n'y a personne à qui se tienne réellement.
J'aurais dû parler avant de partir à Lucerne.
J'aurais dû me battre pour toi.
Merci. On recommencera tous les jours.
Maya ? Le voilà, notre héros. Tout le monde ne parle plus que de toi, Lucerne.
De comment tu as réussi ce tour de force. Et tous se demandent où tu es
partie te cacher.
Voici Anna, Maya.
Ravi de vous rencontrer.
Pareillement.
Favre veut que tu rentres à l'éternité.
Et ce village, Max, ça grouille dans tous les coins, une vraie formilière.
Même le cimetière est plein à craquer. Non, mais tu te rends compte ? Oui.
Ça fera l'affaire pour une nuit.
Tu n'imagines pas à quel point il est difficile de trouver où se loger dans la
région. Et toi, où es-tu descendu ? Anna loue des chambres dans le village.
Anna ? Elle est très jolie.
Elle est mariée avec mon meilleur ami.
Soncle Louis ne sait pas que je suis ici.
Ça ne lui ferait sûrement pas plaisir.
Et à toi ? Ça te fait plaisir ? Oui, bien évidemment.
Quand penses-tu être de retour ? Je dois rester encore un peu. Il y a tant à
faire ici.
C'est la misère sur le chantier. Le nombre de malades est bien trop élevé.
Alors je reste aussi.
Pourquoi pas ? Après tout, nous sommes pour assidir fiancé.
d'une navrée paillarde.
Où est Max ? Où est mon ingénieur en chef ?
Te revoilà déjà ?
As-tu trouvé quelqu'un ?
Aucun médecin n'a voulu
venir avec moi.
Personne n'a envie d'affronter la compagnie Favre.
C'est un microscope optique.
C'est une toute nouvelle invention.
Ça permet de voir des choses.
Indiscible à l'œil nez.
Il faut que j'aille voir le docteur Sweety. C'est pas doux.
Je l'ai jamais.
Allez, viens, on rentre.
Ce n'était pas correct, Max.
Je suis une femme mariée.
Pour former une famille.
Mais je n'oublierai jamais.
Je ne me reconnais plus, ces derniers temps.
Je ne sais pas ce qui m'a prié de la femme la plus merveilleuse qu'un homme.
Tu n'es qu'un pauvre imbécile.
Un bonnet.
Ce tunnel qui te préoccupe tant n'est rien de plus qu'un trou.
Et vous voulez tous vous y engouffrer.
Alors, tu as faim, mon tout beau ? Tu veux boire un peu d'eau ?
Je parie, tu
as faim aussi ? Tiens.
On a réussi à tenir, aujourd'hui encore.
Tommaso.
Salut.
Et toi ? J'ai été un très mauvais mari, Léo.
Très mauvais.
Donne-moi ça.
On s'ébuque ce soir.
Mais qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?
T'es complètement saoul, hein ?
Max.
Regarde un peu ça.
Ça va améliorer les conditions de travail des mineurs. C'est une
locomotive sans vapeur. On a encore perdu deux hommes cette nuit. Tu dois
parler au médecin. C'est parce que les conditions de travail sont mauvaises que
les gens meurent. J'ai rapporté un nouvel instrument. Un microscope
optique. Mais le docteur Swizik ne veut rien entendre. Cette machine est notre
priorité. Tu m'avais donné ta parole d'honneur ! Et je la tiens ! On améliore
les conditions de travail.
Thomas, tu es en train de te monter la tête.
Non, Max.
Tu ne changeras jamais rien.
Parce que tu n'en as pas le courage.
Tout comme tu n'as pas eu le courage de te battre pour Anna avant de t'enfuir.
Je vais bientôt rentrer à la maison.
Merci.
Au travail.
Vous causerez plus tard.
Pour
rentrer,
il faut retourner travailler.
Assassin ! Assassin sans Dieu, vous avez tué Léa !
C'est là, on n'y retourne pas.
J'ai dit personne ne retourne travailler ! Hé ! Arrêtez !
Ils nous laissent crever ! Il est temps, Henri.
Nous devons nous défendre.
Nous devons combattre.
Nous devons résister.
C'est pour ça que nous allons faire la grève.
Nous allons faire la grève jusqu'à ce que ça change !
d'être payés un franc de plus par jour.
Nous exigeons une meilleure ventilation qui achemine de l'air frais dans le
tunnel.
Nous exigeons un meilleur système de protection.
Nous exigeons, nous exigeons, nous exigeons. Ils sont jamais contents, ces
types-là. On vient de changer les francs-favres en vrais francs et eux,
ils font la grève.
On va examiner chacun des points.
Tu dois renoncer à l'augmentation, la compagnie ne peut pas vous l'accorder.
Tu laisses crever tous les gens, tu comprends ça ? Mais les hommes ont
besoin de travailler, tu as l'air de l'oublier.
Et ils le paient en y laissant la vie.
On a de la compagnie, on travaille pas ce soir.
Retraînez-vous, on fait grève.
T'as
combien
de gamins à nourrir ? 8.
On s'en peut à elle.
Et à ta bonne femme.
Demande-toi ce qu'ils vont devenir si tu leur envoies pas d'argent. Il y a un
piquet de grève, ils nous laissent pas passer. On peut pas mettre un pied dans
le tunnel.
Ne t'inquiète pas, je m'en occupe.
Et prends tes deux collègues avec toi.
Bonne soirée.
Bonne soirée.
Allez les gars, on y va !
Donne
-moi une cigarette.
Je vous en donnerai une.
Ils vont passer de force ! Debout ! Debout ! Tout le monde à son poste ! On
y va ! On y va ! Allez, prenez-vous !
Et toi, tu te bats comme un gamin dans...
On a besoin de baïonnettes et d'un juge d'instruction.
J'ai déjà prévenu le président du gouvernement cantonal.
On peut encore résoudre le conflit par la négociation ? Non.
Max ? J'ai déjà tout essayé.
Vous voulez qu'on fasse quoi, patron ?
C'est toi l'ingénieur en chef, Max.
À toi de défiler.
Envoyez-nous des soldats.
Nous devons mettre fin à cette révolte. Et ce, sans attendre.
Alléluia.
La compagnie a appelé l'armée.
La compagnie a appelé l'armée.
Regarde, des soldats.
L'armée est là, réveillez-vous, l'armée est là ! Je
suis
le représentant de M. Louis Favre. Je vous remercie d'être venu.
Tout ce que nous voulons, c'est faire appliquer les règles. L'opération est
sous mon commandement.
Hé ! Pas de baïonnettes ! Pas d'armée ! Pas de soldats
!
Libérez
le passage.
Vos revendications vont à l'encontre de tout bon sens. La compagnie ne peut pas
vous donner plus d'argent.
Retournez tous à votre poste et il n'arrivera malheur à personne !
Jamais
de la vie !
Thomas O'May, un terme à cette grève, ou tu seras le seul responsable si ça
tourne mal.
Amis soldats, mes frères, nous sommes de simples travailleurs, tout comme vous.
Vous n'êtes pas obligés de tirer.
Reculez, bande de chiens ! C'est vous qui nous traitez comme des chiens.
Mais aujourd'hui, c'est terminé.
On ne veut plus mourir pour vous.
Ce qu'on veut, c'est vivre. Allez ! Il faut tirer maintenant ! Donnez l'ordre
de tirer ! Ne faites rien ! Tomaso.
Nous ne demandons que justice.
Nous voulons pouvoir être tirés.
Pouvoir être tirés de l'air frais. Tomaso !
Attends, attends Mika ! Mika, reviens !
Giuseppe, tu ne peux pas mourir.
Tu ne peux pas mourir.
Lise, mette de l'eau chaude, vite ! Vite ! Prends-la.
Non, Giuseppe.
Tomado, Guardame, ils vont venir te chercher.
Ils vont devenir sa femme et ses enfants.
Prends sa carte et enfuis-toi.
Si je m'en vais, je ne pourrai jamais revenir.
Hé ! Hé ! Aidez-moi ! Aidez-moi !
Où est-il ? Où marie ? Où se cache-t-il ? Sortez tout de suite de chez moi.
On va le trouver.
Et on se fera plaisir de le traduire en j'ai plus.
Anna Latteroni, je t'annonce que ta petite entreprise est fermée sur le
champ par l'administration.
Toutes les chambres doivent être vides d'ici demain soir.
Que tu fais là ? Vous osez ouvrir le feu sur des travailleurs qui ne sont pas
armés ? Ils n'auraient pas dû tirer.
Ils n'auraient pas dû tirer.
Je ne sais pas, il vient de mourir.
Anna, Anna, crois-moi, je n'ai jamais voulu que les soldats tirent sur eux.
Jamais.
Où est Tomaso ? Anna, où est Tomaso ? Il ne faut pas qu'ils le trouvent.
Faites ce qu'on vous a demandé et que ça s'ouvre.
Je ne peux rien voir traîner.
Allez, enlevez-moi tout ça.
À
aucun
moment, je ne vous ai donné l'ordre de tirer. C'est toi qui as voulu que l
'armée intervienne.
Mais ça a fonctionné.
La révolte a été écrasée.
Wagner t'a rendu un fier service.
Les travaux vont pouvoir reprendre.
Alors tout va bien.
Le Chartier ? Oui, oui.
Le temps s'éclaircit demain.
Vous pourrez partir.
Tu peux
me
le décrire ? C'est un pied monté.
Comme moi.
Un homme qui ne sait pas la boucler.
Un pauvre fou.
Et toi, pourquoi as-tu quitté ton poste à Yoshinen ? C'est une histoire de
femme.
Fais bien, pied monté.
Vous êtes tous pareils.
Je te prends à l'été.
Hé ! Hé, toi !
Félicitations
! C'est ton anniversaire aujourd'hui.
Je vous ai payé d'attes, dis.
Qu'est-ce qui se passe ? Ne me dis pas que t'avais oublié, hein ? Tiens, merci.
Merci.
C'est enfin dur. Le voilà.
Ça y est, nous avons mis fin à la grève. Non, sans avoir bafoué la démocratie par
la même occasion.
Toutes les négociations pacifistes avaient échoué.
Il fallait assurer la construction du tunnel.
Pas à n'importe quel prix.
J'exige que les conditions de travail sur les chantiers nord et sud du tunnel
soient examinées par la Confédération.
J'aimerais savoir si la compagnie Louis Favre...
remplit tous ses engagements envers ses ouvriers. Celui qui pose une telle
question doit aussi en accepter la réponse.
Vous ne pouvez pas décliner toute responsabilité, Escher.
La société des chemins de fer du Gothard n'aurait jamais autorisé une
intervention armée.
Vous le saviez très bien. Et c'est pour cette raison qu'aucun de nous ici n'en a
été informé.
Dorénavant, messieurs, ce tunnel sera entaché de sang.
Une tête doit tomber après une pareille boucherie.
Je vais renvoyer l'ingénieur responsable de ce massacre.
Je ne l'avais pas précisé, mais il serait préférable que cette tête tombe
dans nos propres rangs.
Monsieur ! Monsieur ! Monsieur Escher vient de donner sa démission. Il
renonce à la direction de la Société des Chemins de Fer du Gothard.
Vous voilà débarrassé de votre adversaire le plus virulent.
Mon adversaire, vous dites ? Il n'y a que deux hommes en ce bas monde qui
savent réellement ce que ça représente de construire un tunnel comme celui-ci.
Le premier, c'est moi.
Le second, c'était Escher.
Monsieur !
On devrait déjà s'être rejoints.
Peut-être qu'on a dévié par rapport au calcul.
Monsieur. Max.
Ça fait un jour que nous n'avons pas progressé dans ce centumètre.
Que peut-il ?
Pourquoi t'as-tu permis d'interrompre la construction ? D'après nos calculs, les
galeries auraient dû se rejoindre depuis un moment.
Non.
Nous devons continuer de creuser. On devrait entendre les explosions de l
'endroit sud depuis longtemps.
Et si on avait dévié du tracé initial ? Non.
Et si tout ça n'avait servi à rien ?
C'est le vieux Chartier qui avait raison.
La montagne nous a vaincus.
Le diable nous a joué un mauvais tour.
Les galeries ne se rejoindront jamais.
Jamais ! Monsieur.
Nous allons creuser encore plus profond.
Encore et encore, jusqu'à nous consommer.
Patron, ça n'arrivera jamais.
Le rire du diable ! Va-t'en ! Laisse-moi en tête montée
! Monsieur ! Apportez de l'eau pour le patron
! Vite, levez-vous, monsieur ! Il faut sortir de là ! Vivez, patron !
Je vais le chercher.
C'est un cul-de-sac. Non, non, c'est pas un cul-de-sac, patron.
C'est pas un cul-de-sac.
Maxime. Bulle ! Écoutez, monsieur.
Écoutez. Écoutez.
Vous entendez ? Quoi ? Ah, les rouleaux.
Oui.
Ça veut dire que nous avons creusé au bon endroit.
Oui, vous avez réussi, monsieur.
C'est vous qui avez accompli tout ça.
Vous tous.
Patron, viens.
Le patron est décédé.
Vous vous découvrez ? Tu vois un homme pareil ? Il nous a fait tirer dessus.
Tu vas la fermer.
Hé, qu'est-ce qui te passe ? Il y a plus de vin dans ce putain de bistrot ou quoi
?
Chante
-moi quelque chose.
Chante, Lina.
T'as plus qu'à me ragaillarder autrement.
Mon ditunnel sera terminé et on partira loin d'ici.
Je t'emmènerai avec moi.
Combien de fois j'ai entendu cette rengaine à ton avis ?
Tu
partiras travailler sur un nouveau chantier.
Et moi, j'irai dans une autre ville. Voilà ce qui va se passer.
Quelle va être la suite des événements ? La famille a pleinement conscience qu'il
sera très difficile de perpétuer l'héritage de Favre, sachant qu'à ce
jour, il n'est constitué que de dettes.
Que faisons-nous maintenant, mademoiselle ? Messieurs ?
En attendant que la succession soit liquidée, la société des chemins de fer
du Gothard m'a chargé de prendre à titre provisoire la direction de notre projet.
C'est un honneur pour moi de marcher dans les pas d'un si grand homme et d
'achever son oeuvre.
Je compte sur vous, messieurs.
Redinger, le nouvel objectif prévisionnel.
C'est la dernière ligne droite.
Quoi ? 8 mètres par jour ? Ouais, mais les ouvriers donnent tout ce qu'ils ont
maintenant. Ils sont brisés.
C'est criminel.
C'est toi qui as arrêté les travaux de ton propre chef.
Alors que les calculs étaient exacts. On va devoir rattraper le temps perdu.
Trimer. Il faut toujours trimer.
En avant ! Il va falloir mettre les bouchées doubles ! Tracassez-moi cette
montagne en deux ! Allez, debout, debout ! Vous s'en met au travail !
S'occuper de ma petite Barbara.
Des médicaments. Cette patiente a besoin de médicaments.
Rien de ce que j'ai ne peut la soulager.
Enfin, de quoi souffre-t-elle ? Et de quoi souffrent toutes ces femmes et tous
ces enfants ? Ils n'ont pourtant pas mis les pieds dans le tunnel.
Je travaille pour la compagnie. Les femmes et les enfants sont le cadre de
mes soucis.
Vous m'avez menti ouvertement.
Vous saviez depuis longtemps qu'il ne mourrait pas touche de silicose et
pourtant vous n'avez rien fait.
Avez-vous au moins une idée de ce qui coûte la vie à tous ces pauvres gens ?
Une épidémie ? Je
ne veux plus t'entendre prononcer ce mot. Tu n'as aucune preuve de ce que tu
avances. Je l'ai vu de mes propres yeux tous ces pauvres gens. Faites une quête
sans goût avant que les deux galeries s'enjoignent.
Si cette rumeur se répand, les ouvriers voudront tous mettre les voiles.
La maladie touche aussi les femmes.
Les enfants.
Lina, elle aussi a été contaminée.
Ma maman est malade, c'est ça ? Oui, mais elle rentrera sûrement bientôt.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Oui,
Lina.
Docteur, de quoi est-elle morte ? J'en ai aucune idée.
Il faut transporter le corps à Zurich.
Un médecin doit pratiquer une autopsie pour tenter d'expliquer ce décès. Non,
non, non.
Le voyage serait trop long.
Et si vous aviez un microscope optique ? C'est la nouvelle mode, ça.
Avec cet instrument, on voit des choses infiniment petites.
Je peux vous en procurer un.
D'accord.
Vous n'avez qu'à m'apporter ça à mon cabinet.
Restez comme cadavres.
Docteur ? Je le déballe ? Oui, sur la table.
Lumière ! Plus de lumière !
Alors,
on a affaire à un ancylostoma duodénal.
Un ver intestinal.
Il s'agit d'un parasite.
extrêmement contagieux.
Lina voulait que tu prennes soin de sa fille s'il lui arrivait malheur.
Oui.
Je vais écrire à la Société des chemins de fer du Gothard. Ça aura plus de poids
venant de moi que de lui.
Ils te mettront sûrement à la porte.
Bien trop de gens ont déjà perdu la vie à cause de ce tunnel.
Messieurs, Monsieur le conseiller fédéral, je m'adresse à vous aujourd'hui
car les conditions de travail sur les chantiers de la société des chemins de
fer du Gothard sont devenues absolument insoutenables.
Il est plus que probable que l'hygiène déplorable au sein du tunnel soit
responsable de la contagion par les œufs. Les vers contenus dans les
excréments passent dans l'eau, puis se logent sous la peau et contaminent les
travailleurs et leurs familles.
Écoutez-moi bien.
Chaque travailleur va avoir son seau attitré. C'est là-dedans et nulle part
ailleurs que vous faites la grosse commission.
Et en fin de journée, chacun se munit de son petit seau et l'emporte à l
'extérieur.
C'est bien compris ? Parfait.
N'importe quoi qui ait encore une idée aussi absurde. Qu'est-ce qu'on a à y
gagner à tous ? Une meilleure hygiène.
Tiens.
Pour récupérer ta merde.
Le taux de mortalité qui vous a été communiqué est erroné, car jusqu'à
présent, les malades étaient simplement renvoyés chez eux sans avoir été
auscultés. C'est pour cela, messieurs, que je vous prie instamment de bien
vouloir intervenir.
et de prendre vos responsabilités envers les travailleurs qui construisent ce
tunnel.
Une tentative émouvante, Bull.
La société des chemins de fer du Gothard a demandé une contre-expertise.
On en arrivera à la conclusion que les mineurs manquaient cruellement d'hygiène
et qu'ils doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes s'ils sont tombés malades.
C'est certainement la vraie.
Bonne chance.
Vous n'avez rien à faire ? Remettez-vous au travail.
Aérolo nous attend.
Merci.
On a transpercé la montagne ! On l'a transpercée ! On l'a terminée !
des Sagotards ! Dépêchez-vous ! Dépêchez-vous ! Courez !
Ils ont réussi.
Les calculs étaient exacts. À 30 centimètres près sur la hauteur et 3
centimètres sur la largeur.
Qu'attends-tu pour aller le voir ? C'est tant une haine.
Vous avez tous fait de l'excellent travail.
Viens, viens.
C'est une zone.
T'as raison.
Il y en a.
Elle va bien, ne t'inquiète pas.
Je vais... Je vais tenter ma chance à Londres.
C'est là-bas qu'a fait Karl Marx. J'ai lu tous ses écrits.
Ses idées vont faire de ce monde un monde meilleur.
Prenez-moi de ne pas te faire prendre en route.
D'acheter un bon père pour ma petite fille.
Tu as ma parole.
Nous nous apprêtons à vivre aujourd'hui un événement majeur et tout à fait
extraordinaire qui laissera dans l'histoire de tous les États d'Europe
centrale un souvenir durable et la marquera de son empreinte.
Le mur monumental qui jusqu'ici se traitait entre les nations s'est
effondré. Les pays se sont ainsi rapprochés les uns des autres.
Il s'agit là de l'une des étapes cruciales sur le chemin infini de l
'évolution humaine.
C'est bon, tu vois ? De Skagorak jusqu'au fin fond de la Tifil, se
déroule à présent un immense ruban de fer qui relie tous les pays européens.
À compter d'aujourd'hui, hommes et marchandises afflueront dans un flot
continu des quatre coins du continent.
C'est ton papa qui a construit ce grand tunnel.
Avec beaucoup, beaucoup d'autres mineurs.
Dès la première année qui suivit l'inauguration, la société des chemins
de fer transporta plus d'un million de voyageurs à travers la montagne.
Fortes des expériences vécues sur ce chantier titanesque, la Confédération
instaura sa première législation sociale.
Et le mouvement ouvrier suisse connut grâce à la construction du tunnel du
Saint-Gothard un élan déterminant.
177 travailleurs perdirent officiellement la vie pendant les
travaux.
Plus de mille sont décédés de retour chez eux des suites de la maladie
contractée dans le tunnel.
L'histoire ne raconte pas ce que Anna, Max et Tomaso sont devenus.
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