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Original subtitles

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Chéri, la laisse est trop longue. Raccourcis-la.

Je t'ai dit de la raccourcir, Ryan.

C'est mieux.

On ne s'est jamais plaint de ma façon de manier la laisse.

Je suis douée pour apprendre à un vieux singe à faire des grimaces.

Mon Dieu.

La victime est une femme, blonde, la trentaine, du nom de Karin Burdett.

Elle a dû tomber ou sauter de l'immeuble.

Son appartement du 18e étage a un balcon.

- Qui l'a identifiée ? - Le portier.

Il dit que son mari est PDG d'une société pharmaceutique.

- Il a vu la chute ? - Il faisait une pause.

Pardon, est-ce que M. Burdett est là ?

J'ai appelé chez eux, quand c'est arrivé. Il n'était pas là.

C'était à quelle heure ?

Vers 11h45.

Il est peut-être rentré pendant ma pause. Je ferais mieux de vérifier.

Vous l'avez vu partir, ce matin ?

Non, j'ai dû le rater. J'étais peut-être aussi en pause.

Trois pauses en une matinée ? Vous avez un excellent syndicat.

Non, j'ai un problème de prostate. Attendez, le voilà.

Laissez-le passer.

M. Burdett, nous sommes de la police.

Oui, qu'y a-t-il ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Malheureusement, il s'agit de votre femme.

Ma femme ? Je suis allé à la pharmacie pour prendre ses médicaments.

- Karin ! - Doucement, M. Burdett.

Vous ne pouvez rien faire pour elle.

- Doucement. - Bon, asseyez-vous.

Allez.

On est là. Ça va aller.

Essayez de vous détendre.

On reviendra vous parler dans un petit moment.

Il est PDG d'une boîte pharmaceutique

et il doit aller à la pharmacie, comme le commun des mortels.

Tu crois qu'elle avait besoin d'antidépresseurs ?

J'espère qu'il en a pris pour lui.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

C'est du Desyrel, un antidépresseur.

Karin avait passé une mauvaise nuit.

À quelle heure êtes-vous parti, ce matin ?

Vers 10 h.

La pharmacie ne livre pas à domicile ?

Ils ont dit que ça prendrait deux heures.

Votre femme attendait quelqu'un ?

Non, elle avait pris des somnifères et elle était groggy.

Elle n'était pas en état d'avoir de la visite.

M. Burdett, est-ce qu'elle avait évoqué le suicide ?

Non.

Clemente, qu'est-ce qu'on a ?

On a relevé des empreintes sur la porte

et sur la rambarde.

C'est de là qu'elle est tombée ?

On dirait qu'elle a trébuché et renversé ces pots.

Lennie.

On a des somnifères, des pots de fleurs cassés...

Et ça.

Du Parlodel ?

C'est pour arrêter la lactation.

Où est le bébé ?

M. Burdett ?

Vous savez pourquoi votre femme prenait du Parlodel ?

Elle a accouché d'une fille, il y a trois semaines.

Quelqu'un d'autre garde le bébé ?

On l'a fait adopter.

Comment l'a vécu votre femme ?

On s'était mis d'accord sur le fait que je ne voulais plus d'enfants.

J'ai un fils adolescent issu de mon premier mariage.

Quand Karin est tombée enceinte, on en a reparlé.

Au bout du compte, ça n'avait pas de sens.

Elle avait deux tablettes d'Halcion partiellement digérées dans l'estomac.

Elle se sentait bien.

Assez bien pour enjamber une rambarde ?

C'est possible.

Vous avez dit qu'elle prenait du Parlodel ?

En effet.

On n'en a pas détecté dans son sang.

Elle n'en a pas pris depuis au moins trois jours.

C'est le temps qu'il faut pour l'évacuer de l'organisme.

Elle a peut-être arrêté d'en prendre parce qu'elle le supportait mal.

Ou elle se préparait à récupérer le bébé.

- C'est quoi ? - Tu sautes les étapes.

C'est une contusion abrasive, à l'arrière de son poignet droit.

Due à la chute ?

Due à une torsion violente du bras.

Il a 57 ans, Lennie.

Tu aimerais recommencer à changer des couches, toi ?

Si ça m'arrivait, c'est moi qui sauterais du toit.

Elle se serait défendue et il aurait des marques sur lui.

Elle était trop groggy pour ça.

Vous avez parlé au pharmacien ?

Il se souvient de lui mais pas de l'heure de sa visite.

C'est un trajet de dix minutes qui lui a pris une heure.

Pour toi, elle a été poussée et pour toi, elle a sauté.

Van Buren.

Restez en ligne.

Voyez si la police scientifique peut vous départager.

Et fermez la porte, s'il vous plaît.

- Un petit ami ? - Mme Van Buren ?

Non, il paraît qu'elle a passé l'examen de capitaine.

Elle sera peut-être mutée.

Je commençais juste à m'habituer à son humeur joviale.

On va refaire un lâcher

mais pour l'instant, c'est toujours pareil.

Si on lâche le mannequin, il atterrit dans l'eau,

à 1,40 m de l'endroit où était votre victime.

Et si elle s'était propulsée, au moment de sauter ?

Ça l'aurait rapprochée de la cible mais pas assez.

Il lui a fallu une grosse poussée, pour atterrir là.

Ah, les relations avec une grande différence d'âge.

De quoi me rendre cynique.

C'est l'obstétricienne de Karin Burdett qui lui a prescrit les antidépresseurs.

Elle doit être au courant de l'adoption.

CABINET DU DR NANCY FRIEDER MERCREDI 13 AOÛT

J'ai dépensé 1 000 $ pour un séminaire à Curaçao sur les erreurs médicales.

J'ai appris à ne plus boire de Mai Tai à mon âge

- et à ne pas trahir une patiente. - Votre patiente est morte.

Je pense qu'elle se fiche du secret médical.

- Pas ses héritiers. - Vous parlez de son mari ?

Il est suspecté du meurtre.

Si ça peut vous rassurer,

les papotages ne tombent pas sous le secret médical.

Ça inclut toute info non médicale qu'elle a pu vous donner

au sujet du renoncement à l'adoption.

Elle a été très ambivalente tout au long de la procédure.

Elle avait 30 jours après l'adoption pour changer d'avis

mais j'ignore si elle a agi sur le plan légal.

Elle vous a dit ce qu'en pensait son mari ?

Non, mais il ne la soutenait pas beaucoup.

Il n'est même pas venu pour l'échographie.

Il avait trop de travail, apparemment.

Par quelle agence d'adoption sont-ils passés ?

Ils sont passés par un privé. Je ne connais pas son nom.

À qui avez-vous confié le bébé, après l'accouchement ?

Je n'étais pas présente.

Encore un séminaire sur la plage ?

J'étais ici.

Elle a accouché à l'hôpital de Trenton, dans le New Jersey.

Un hôpital public ?

Oui, je me souviens des Burdett.

Nos patients paient rarement avec une carte Platinum.

Et quel couple très uni et amoureux.

Pendant qu'elle accouchait, il était au téléphone.

Une demi-heure après la naissance du bébé,

un avocat est arrivé en limousine et a signé pour l'emmener.

Vous avez donc son nom et son numéro dans le dossier des Burdett.

Oui, avec le reste des informations confidentielles.

Allez, montrez-moi son numéro et je vous montre le mien.

Vous vous amuserez plus avec moi que moi avec lui.

Je ne crois pas, Romeo.

La semaine passée, une jeune femme voulait entrer en contact avec les Burdett.

Qui ça ?

Je ne sais pas mais elle non plus n'a rien obtenu de moi.

Pourtant, elle était bien plus mignonne que vous. Excusez-moi.

Je le savais.

À ton avis, c'était la mère adoptive ?

Si elle a appris que Karin Burdett allait tenter

de récupérer le bébé...

Tu te souviens de l'affaire Bébé M ? C'était compliqué.

Mais on ne peut pas rendre un bébé à une morte.

Il faut qu'on trouve ces parents.

On peut demander l'accès aux documents d'adoption.

Le temps de l'obtenir, le gamin aura 15 ans. Mademoiselle ?

DOMICILE DE M. ET MME O'BRIEN VENDREDI 15 AOÛT

Notre avocat a dit que personne ne saurait qui on est.

- Comment... - Le service de chauffeur

qui l'a amené ici avec le bébé.

L'hôpital nous a dit que vous avez tenté de contacter les parents biologiques.

Je ne savais pas qu'on enfreignait la loi.

Pourquoi vous les cherchiez ?

On a attendu cinq ans pour avoir un enfant.

J'ai écrit une lettre pour les remercier

et leur dire que Maggie était dans un bon foyer.

M. Tooley ne voulait pas la leur transmettre,

alors j'ai cherché où Maggie était née.

Avez-vous parlé aux parents ?

L'hôpital a refusé de donner leurs noms.

Où étiez-vous, dimanche matin ?

Chez un ami, à Astoria Park, avec les parents d'Ellen.

Ils sont venus d'Indiana.

On doit parler à votre ami.

Pourquoi ? Que se passe-t-il ?

La mère biologique a été retrouvée morte, dimanche matin.

Mon Dieu, que s'est-il passé ?

On n'en est pas sûrs.

Quelqu'un vous a dit qu'elle voulait annuler l'adoption ?

Non.

Je n'arrive pas à y croire.

Excusez-moi.

Ils veulent récupérer Maggie ?

La mère le voulait peut-être. Le père, on ne sait pas.

Dans 12 jours, elle sera officiellement à nous.

Vous n'avez pas à vous en faire, M. O'Brien.

On ne se souvient même plus de notre vie sans elle.

N'est-elle pas magnifique ?

Bonjour, mon bébé.

Ça explique beaucoup de choses, M. Burdett.

L'hôpital à Trenton, l'utilisation d'un privé pour l'adoption.

Quelles que furent nos difficultés de couple,

nous avons géré ça comme des gens civilisés.

Que je comprenne bien.

Votre femme vous trompe avec... Comment s'appelle-t-il ?

Je ne sais pas. Elle refusait de me le dire.

Elle tombe enceinte.

Vous ne la virez pas, vous ne la frappez pas

et vous la laissez garder le bébé, parce que vous êtes civilisé ?

Oui.

Personne n'est aussi civilisé que ça.

S'il s'agissait d'un de vos amis du country club, peut-être.

Mais là, elle s'envoyait en l'air avec un bel étalon noir.

Il y a des hommes que ça énerverait.

- Ça ne vous a pas énervé, M. Burdett ? - Non.

Avec le bébé, tout le monde aurait su.

Arrêtez.

Elle jouait les Scarlett O'Hara avec Mandingo.

Ça suffit. Je n'ai pas tué Karin.

J'ai dit tout ce que j'avais à dire.

Je suis venu de mon plein gré. À présent, je m'en vais.

Si vous voulez me reparler, contactez mon avocat.

Ce type ne ressent aucune émotion.

S'il l'a tuée, il l'avait probablement déjà frappée par le passé.

- Vous avez vérifié ? - Aucun appel pour violences conjugales.

On a demandé aux voisins. Les murs sont épais.

Ils n'auraient même pas entendu un coup de canon.

- Elle travaillait ? - Oui.

Développement des ressources

à la Fondation Shuman pour les femmes, une association caritative.

Si ça se passe comme ici, tout le monde sera au courant de sa vie.

Je sais qu'elle et M. Burdett avaient des problèmes, à cause de sa grossesse.

Il y a eu des violences physiques ?

Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.

J'ai juste entendu un coup de fil.

- Elle était furieuse. - Qu'est-ce qu'elle disait ?

J'ai juste entendu qu'elle disait :

"C'est ton bébé. Il est temps d'assumer tes responsabilités."

Elle ne l'a pas dit exactement comme ça.

Vous êtes sûre qu'elle parlait à M. Burdett ?

J'ai supposé que c'était lui.

Ça aurait pu être quelqu'un d'autre ?

Non.

Vous voulez dire...

Non, pas Mme Burdett. Je m'en serais aperçue.

Dans un bureau rempli de femmes, elle a réussi à garder sa liaison secrète.

Tu t'attendais à trouver une étoile à côté de ses rencards ?

Oui, si son amant est doué. J'ai trouvé.

Ian Fraser, avocat en droit matrimonial.

Elle trompait son mari avec un avocat spécialisé en divorce ?

Non, ça devait être professionnel.

Elle a eu un rendez-vous, il y a deux semaines.

Elle avait peut-être choisi le bébé plutôt que Burdett.

Morris Keach, vice-président de RLH Contracting

et coprésident de la Fondation Saint Vincent pour les enfants.

On le voit accepter un chèque de 10 000 $ de Karin Burdett.

Et là, il partage un cocktail avec elle à un déjeuner de la fondation.

S'ils se rapprochaient plus que ça, ça deviendrait indécent.

Et il a le bon teint de peau.

On est devenus amis, l'an passé,

quand j'ai demandé une subvention à sa fondation.

Elle m'a appelé et m'a invité à déjeuner.

Comme ça, à l'improviste ? Qu'est-ce qu'elle voulait ?

Apparemment, elle voulait parler de mes enfants. J'en ai trois.

Elle voulait savoir comment c'était de les élever dans cette ville.

Elle cherchait une bonne maternelle ?

Non, elle voulait savoir comment c'était pour les Afro-américains

et quel genre de problèmes ils rencontraient.

Elle envisageait d'adopter un bébé afro-américain.

En fait, M. Keach, elle a accouché d'un bébé afro-américain.

Ah bon ?

Vous pensez que je suis le père ? C'est de la folie.

Vous vous êtes retrouvé dans le pétrin.

On peut le comprendre.

- Karin Burdett ne vous lâchait pas. - Elle voulait de l'aide pour le bébé.

Je confirme : vous êtes fous.

Ah bon ? Où étiez-vous, dimanche matin ?

Je faisais mon jogging à Central Park. J'hallucine.

Je n'ai pas couché avec Karin Burdett.

Prouvez-le. Faites un test de paternité.

Je veux d'abord parler à un avocat.

- Il vous dira qu'on peut avoir un mandat. - Alors, allez-y.

CABINET DE DALE BRODY MERCREDI 20 AOÛT

Jusqu'à l'officialisation de l'adoption, les O'Brien sont un peu anxieux.

C'est pour ça qu'ils m'ont demandé de vous parler de ce test de paternité.

C'est très simple.

Les inspecteurs pensent que le tueur est le père du bébé.

Ils ont un suspect et souhaitent vérifier la paternité.

- Qu'est-ce que les O'Brien ont à gagner ? - Rien.

Faire son devoir de citoyen, ça ne suffit pas ?

Ils n'ont pas besoin de ce problème.

Il ne s'agit que d'un petit échantillon de sang du bébé.

Pour que vous puissiez démontrer que son père a tué sa mère ?

La petite Maggie a déjà beaucoup de problèmes.

Elle a hérité d'anémie mégaloblastique et elle a de l'asthme.

Les O'Brien ont assez de soucis.

On est navrés pour eux mais l'affaire est grave.

Je leur parlerai.

Les O'Brien essaient de gagner du temps

et l'avocat de Keach refuse qu'il donne son sang.

Tu peux réfuter son alibi ?

Il faisait du jogging tout seul.

On a montré sa photo à Central Park. Personne ne se souvient de lui.

Appelle le bureau du procureur. Laisse-le s'occuper du test de paternité.

Il y a peut-être un autre moyen de relier Keach au bébé.

La petite a une maladie héréditaire :

l'anémie mégaloblastique.

Elle a dû en hériter soit de Karin Burdett, soit de Keach.

Le légiste dit que la personne qui l'a transmise doit prendre

des fortes doses d'acide folique.

Voilà l'inventaire de l'armoire à pharmacie des Burdett.

Folate, tablettes d'un milligramme.

Attendez, il y a un problème.

L'ordonnance est au nom de M. Burdett.

C'est lui, le père ?

Il est noir ?

La pharmacie s'est peut-être trompée.

Ou alors, il en prend comme supplément.

Il paraît que c'est bon contre la calvitie.

Burdett a une ex-femme, non ?

Demandez-lui s'il souffre d'anémie.

Oui, Josh est atteint.

On craignait qu'il transmette ça à notre fils David

mais on a eu de la chance.

Mme Houston, à votre connaissance,

quelle est l'origine ethnique de votre ex-mari ?

Burdett est un vieux nom anglo-écossais

et sa mère était franco-italienne, je crois.

Vous avez rencontré sa famille ou vu des photos ?

Josh est fils unique

et ses parents sont morts quand il était très jeune.

Où voulez-vous en venir ?

Sa femme a donné naissance à un bébé atteint d'anémie mégaloblastique.

Le bébé est métis.

C'est... Et dans la famille de Karin ?

Ils sont danois. Difficile de faire plus blanc.

Excusez-moi.

David, tu peux monter à l'étage avec Veronica, le temps que je finisse ?

Merci.

Vous avez vu mon fils. Il n'est pas noir.

Et Josh non plus.

Je suis désolé, Mme Houston, mais ce bébé...

Karin était instable.

J'ai appelé Josh, ce dimanche-là.

Il devait sortir pour aller lui chercher des médicaments.

Je l'entendais crier comme une hystérique.

Elle était capable de n'importe quoi avec n'importe qui.

On a déjà suivi cette piste.

Josh n'est pas noir.

On a été mariés pendant 19 ans.

Je le saurais.

Votre avocat arrive.

En attendant, parlons de votre don volontaire d'un échantillon de sang.

Pour quoi faire ?

Un test de paternité,

pour le bébé dont vous tenez tant à vous distancer.

C'est ridicule. Je ne suis pas le père.

Vous souffrez de la même anémie.

Comme des milliers d'autres personnes.

D'abord, j'ai tué Karin parce que l'enfant n'est pas le mien.

Ensuite, je l'ai tuée parce que l'enfant est le mien ?

Parce qu'elle voulait le garder.

Et parce que tous les gens un peu racistes de votre entourage

allaient découvrir que vous êtes noir.

C'est absurde. Regardez-moi.

Je veux lui parler.

Bonjour, mon frère.

La vache, regardez-vous.

Vous avez réussi haut la main.

Je pensais pouvoir le voir, de près, mais je n'y vois que du feu.

Comment ça se passe, quand vous êtes seul avec eux ?

Vous riez avec eux, quand ils racontent des blagues ?

Vous savez de quoi je parle.

Vous racontez aussi des blagues racistes, juste pour sauver les apparences ?

Vous permettez ?

Je suis assise trop près ?

Je vous rappelle quelqu'un ? Votre mère, peut-être ?

Elle avait la peau foncée ?

La peau claire ?

Entre les deux ?

Vous avez peur, hein ?

Vous avez peur depuis presque 40 ans.

Et toute cette peur s'est exprimée, dimanche matin.

Vous avez paniqué, n'est-ce pas ?

Allez-y.

Dites-moi ce qui s'est passé.

Libérez-vous de ce poids, mon frère.

Vous vous sentirez mieux.

Je suis l'avocat de M. Burdett.

Dites-moi ce que mon client fait là.

Il est en état d'arrestation pour le meurtre de sa femme.

Emmenez-le en cellule.

Josh Burdett, je vous arrête. Vous avez le droit de garder le silence.

Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous lors du procès.

Vous avez droit à un avocat.

Il a dupé tout le monde.

Toute sa vie était une mascarade. C'est pathétique.

Il y a 30 ou 40 ans, ça avait plus de sens.

À l'époque, il y avait des lynchages et des coups de fouets.

Aujourd'hui, on utilise des matraques. C'est beau, le progrès.

Vous avez confirmé qu'il est le père de l'enfant ?

On attend juste un échantillon de sang du bébé.

- Quoi d'autre ? - Son alibi est fragile.

La police scientifique tente d'établir le déroulement des faits.

Son mobile, c'est d'éviter qu'on sache qu'il est noir ? Pourquoi ?

La honte, la perte de ses amis, de son travail.

J'imagine ce qui a pu lui faire peur.

Ne l'imagine pas, prouve-le.

Le numéro de Madeline. Je lui ai promis que tu l'appellerais.

Ross. Oui.

Depuis quand ?

On s'en occupe.

C'était Curtis.

La mère adoptive a disparu avec le bébé.

Je ne sais pas où elles sont.

- Elle est partie sans vous le dire ? - Et alors ?

Ils peuvent aller et venir à leur guise.

La paternité du bébé est une preuve dans une affaire de meurtre.

C'est moi, son père.

Vous êtes fous de penser que je vais vous aider à prouver quoi que ce soit.

Qu'est-ce qui vous inquiète ?

Si M. Burdett est le père biologique,

ça lui permettrait légalement d'annuler l'adoption.

Se femme voulait notre bébé. Peut-être que lui aussi.

Qui vous a dit ça ?

C'est M. Burdett ?

Il vous a menacé ou vous a payé pour faire ça ?

Le test de paternité pourrait faire condamner Burdett pour meurtre.

Aucun juge n'accorderait la garde à un meurtrier.

Dites ça aux enfants Simpson.

M. O'Brien, j'ai ordonnance du tribunal pour procéder à ce test de paternité.

Je peux vous forcer à nous dire où est votre enfant.

Vous voulez l'accuser d'outrage ?

Sa position est la suivante : il ignore où sont sa femme et son bébé.

Point final.

Il nous faut ce test.

On doit augmenter la pression sur O'Brien.

S'il est payé par Burdett,

il risque bien plus qu'un outrage.

J'appellerai Briscoe et Curtis.

Parlons aux employeurs de Burdett, pour mieux cerner son mobile.

Vous devez vous tromper, Mlle Ross. Josh est parfaitement honnête.

S'il dit qu'il est blanc, il est blanc.

Il a indiqué qu'il était blanc.

C'est illégal de demander la race d'un candidat.

Aujourd'hui, oui. Ce formulaire a été rempli en 1963.

Une sale époque.

Et s'il avait dit qu'il était noir ?

Il a été embauché pour la vente par notre filiale de Richmond,

dans un marché de médecins et de pharmaciens du Sud.

Sa candidature aurait fini à la poubelle.

Et aujourd'hui ?

Si la compagnie découvrait qu'il est afro-américain ?

Aujourd'hui ? Il serait embauché au conseil d'administration.

Moins cher que Colin Powell.

Vous vous trompez à son sujet. Je le connais depuis 20 ans

et je n'ai jamais vu de signes montrant qu'il n'était pas qui il disait.

Quel genre de signes cherchiez-vous ?

Par exemple,

il y a deux ans, il y avait un jeune homme noir, Shawn Taitt.

Un talent prometteur que Josh a pris sous son aile.

Et un jour, il n'était plus là.

Josh en avait assez de son attitude.

Il n'arrêtait pas : "Noir ci, noir ça."

Burdett l'a viré ?

Pour qu'on se fasse poursuivre ?

Josh l'a promu dans notre filiale de Duluth.

Après un hiver dans le Minnesota, Taitt a compris et a démissionné.

M. Burdett a dit à vos collègues que vous aviez une mauvaise attitude.

Il a dit ça mais on s'entendait bien,

jusqu'à ce que je découvre qu'il venait de Knoxville.

Vous n'aimez pas les gens de Knoxville ?

Je lui ai dit que j'y avais des proches qui connaissaient une famille Burdett.

Une famille noire.

Le mois suivant, j'ai été envoyé à Duluth.

Vous vous doutiez de la raison ?

En effet.

Vous auriez pu porter plainte.

Pourquoi lui créer des ennuis ?

Il est d'une autre génération.

Je peux imaginer ce qu'il a vécu,

en tant que gamin noir dans le Tennessee dans les années 50.

J'ai parlé à 14 Burdett de Knoxville.

Aucun ne reconnaît avoir un Josh Burdett dans sa famille.

Et les certificats de naissance ?

Ils sont au bureau du comté de Knox.

Ça risque de prendre un certain temps.

Il n'y a rien non plus dans ses dossiers personnels.

Ni certificat de naissance,

ni proches dans son carnet d'adresse, ni photos.

Sans test de paternité, pas de preuve qu'il est noir.

Et au sujet des O'Brien ?

La police n'a pas trouvé de paiement de Burdett

mais elle a trouvé ce chèque.

Leonard Hillman, avocat.

Vingt mille dollars.

Burdett l'a rempli une semaine avant la mort de sa femme.

Hillman est spécialisé dans la discrimination au travail.

Oui, il a poursuivi notre bureau, il y a deux ans.

Pourquoi un cadre blanc aurait besoin

d'un avocat qui défend les droits civiques ?

Je vais me renseigner.

Au fait, comment ça s'est passé, hier soir ?

Avec Madeline ? Brillante, belle, drôle. Comme tu me l'as décrite. Merci.

Je t'en prie.

Au cas où tu te poserais la question, elle t'a trouvé charmant et passionné.

Passionné ?

Au sujet de ton travail.

Elle a dit que tu as évoqué Claire Kincaid.

Parce que le frère de Madeline a passé trois mois à l'hôpital

à cause d'un chauffard ivre. Je n'en faisais pas une obsession.

Ne t'en fais pas. Visiblement, elle a envie de te revoir.

CABINET DE LEONARD HILLMAN VENDREDI 5 SEPTEMBRE

Oui, M. Burdett est venu me voir.

Et non, je ne peux pas vous dire de quoi on a parlé.

Très bien. Alors, parlons de mon problème.

Durant mon temps libre, je dirige une grande entreprise.

- Je vous écoute. - Cette entreprise n'engage pas de femmes,

alors j'ai dupé la direction

et les actionnaires en prétendant être un homme.

Ils y ont cru ? C'est difficile à croire.

Je peux être virée, pour ça ?

En règle générale, une fausse déclaration

sans rapport avec votre travail n'est pas un motif suffisant.

Alors, si on me vire pour avoir menti sur mon genre ou ma race,

je peux porter plainte pour licenciement abusif ?

Oui, mais en théorie,

la plupart des cadres sont engagés avec des contrats personnels

qui prévoient un dédommagement

en cas de licenciement pour comportement immoral.

Comme le mensonge.

Oui, mais en théorie toujours,

vous mettriez en péril vos stock-options et votre retraite.

Vous facturez 20 000 $ à des cadres pour leur parler de ces risques ?

Non, Joshua Burdett m'a versé une avance sur honoraires.

Il pensait qu'il allait être licencié ?

Sa société allait découvrir qu'il était afro-américain ?

Aucun commentaire.

À sa retraite, Burdett touchera huit millions de dollars.

Avec les stock-options, ce sera le double.

On s'est trompé de métier.

Burdett s'est dit que ce serait moins cher de tuer sa femme.

Sauf qu'il a versé une avance à l'avocat.

Il a presque admis que Burdett et sa femme avaient décidé

de récupérer le bébé.

Son mobile disparaît.

Pourquoi vous me donnez toujours des mauvaises nouvelles

pendant ma digestion ?

Si c'est vrai, pourquoi Burdett n'a rien dit ?

Il protège quelqu'un ?

Il a une ex-femme et un fils adolescent.

Peut-être que Burdett était prêt à assumer sa décision

mais pas eux.

Tâchez de découvrir ce qu'ils faisaient, ce dimanche matin.

Je paie l'addition.

Frances Houston, l'ex-femme de Burdett, a dit qu'elle l'a appelé, ce matin-là,

juste avant qu'il aille à la pharmacie. Ses relevés téléphoniques le confirment.

Il y a des appels sur sa ligne et sur celle de son fils,

environ 20 minutes avant et après que Mme Burdett se fasse tuer.

Ils vivent à environ dix minutes de chez les Burdett.

Chacun d'eux aurait eu le temps de la tuer.

Mais regardez ça.

Les appels de la semaine passée.

Mme Houston a reçu un appel en PCV de 12 minutes

en provenance d'une épicerie de Hobart, dans l'Indiana.

Les parents de la mère adoptive vivent dans l'Indiana.

Oui, et regardez l'appel suivant passé par Mme Houston.

La banque Western Union.

Je ne pense pas que c'était un appel de courtoisie.

Mme Houston a transféré 3 000 $ à une certaine Teresa Gaydos, à Hobart.

C'est votre belle-mère, n'est-ce pas ?

M. O'Brien, l'entrave à la justice est un crime.

Si vous ne coopérez pas immédiatement, je vous poursuivrai en justice.

Vous et votre femme irez en prison

et vous perdrez la garde de votre bébé.

- M. McCoy... - Je suis sérieux.

Les gens qui entravent mon travail se font rouler dessus.

Il vous dira ce qu'il sait

et vous ne poursuivrez ni lui, ni sa femme.

J'écoute.

Mme Houston nous a contactés avant l'arrestation de Burdett

et nous a dit : "Attention, Burdett n'a pas tué sa femme."

Elle a dit qu'une fois innocenté,

il voudrait récupérer le bébé.

Elle nous a dit d'emmener Maggie hors de l'État.

Elle nous a offert de l'argent.

Elle a dit pourquoi elle faisait ça ?

Je ne comprends pas comment une femme éduquée comme elle a pu dire ça

mais elle a dit

qu'elle ne voulait pas qu'un "petit singe à tresses" ne ruine sa famille.

À présent, vous pensez qu'il n'a pas tué sa femme ?

Merci de nous en avoir informés.

Mais on risque de l'inculper d'entrave à l'action de la justice.

L'action contre qui ?

La police a identifié les empreintes dans votre chambre et sur le balcon.

Il y avait les vôtres, celles de votre épouse,

de votre femme de ménage et de votre ex-femme.

Frances ?

Elle a payé les O'Brien pour quitter l'État avec le bébé.

On pense qu'elle a tué votre femme.

Quelque chose à nous dire, M. Burdett ?

Excusez-nous.

Pour l'instant, mon client va vous parler officieusement.

Je vous écoute.

Avant notre mariage, j'ai parlé à Karin de mes origines.

C'était notre secret.

Mais la grossesse était une erreur.

On a parlé d'avortement durant des semaines.

On s'est finalement mis d'accord pour l'adoption.

Mais après avoir donné notre bébé,

Karin est devenue déprimée.

Je l'aimais.

Elle voulait récupérer notre enfant,

alors c'est ce qu'on a décidé de faire.

Ce samedi-là, j'ai dit toute la vérité à mon fils.

Le lendemain matin, Frances m'a appelé.

Elle disait que David était en colère et très perturbé.

Elle m'a supplié de changer d'avis.

Je lui ai dit que notre décision était prise.

Je ne savais pas quoi penser, après la mort de Karin.

J'ai appelé Frances.

Elle a dit que Karin était morte et qu'on devait protéger notre fils.

Elle vous a dit que votre fils a tué votre femme ?

Non.

Pas aussi explicitement que ça mais c'est ce que j'ai compris.

C'est pour ça que j'ai menti à la police.

J'ai discuté de votre offre avec Mme Houston.

Je lui ai expliqué

que les procureurs ne veulent pas simplement gagner.

Ils veulent estropier leur adversaire.

On sera fermes, Mme Joyner.

Homicide involontaire coupable, entre huit et 25 ans,

ou un procès pour homicide volontaire.

Vous n'aimerez pas ma contre-offre.

Homicide involontaire, peine plancher.

Ce n'est pas réaliste. On a ses empreintes et son paiement aux O'Brien.

Homicide involontaire, peine plancher.

Vous voulez faire vivre un procès à votre fils ?

C'est son problème, pas le vôtre.

Franchement, Mme Joyner, je suis étonné que vous défendiez une raciste.

Je ne vois aucune raciste.

Je vois une femme dupée et poussée à bout par un lâche qui se déteste.

Tout mon cabinet est d'accord.

Aucun jury ne la condamnera.

COUR SUPRÊME JEUDI 9 OCTOBRE

Ce procès tourne autour d'un bébé.

Une mère blanche et un père afro-américain.

Karin Burdett l'a porté

et elle voulait l'élever.

C'est pour ça qu'elle est morte.

Les preuves démontreront

que Frances Houston savait que Karin Burdett était seule chez elle,

qu'il y a eu une lutte

et qu'elle l'a poussée d'un balcon.

Qu'elle a aussi soudoyé un témoin

et qu'elle a fait tout ça car elle ne voulait pas

que son cercle d'amis à l'esprit étroit ne découvre qu'elle a été mariée

à un homme noir,

parce que...

comme elle a l'a dit avec le vocabulaire vicieux du racisme...

elle ne voulait pas qu'un "petit singe à tresses"...

ne vienne salir son nom.

M. McCoy veut vous faire croire que ma cliente est raciste.

Je suis là pour vous dire que c'est faux. C'est une réaliste.

Elle sait ce qui se passe en Amérique.

Les hommes noirs éduqués sont moins payés que les hommes blancs.

On refuse aux hommes noirs les possibilités, les promotions

et l'appartenance qu'on accorde aux hommes blancs.

Les hommes noirs sont régulièrement harcelés et brutalisés par la police.

C'est à ça que pensait ma cliente.

Elle voulait préserver pour son fils la protection

que lui conférait le mot "blanc".

Elle ne voulait pas que sa vie vaille moins

parce que le mot "noir" avait été lié à son nom.

À la fin de ce procès,

si vous pensez que ma cliente a causé la mort de Karin Burdett,

sachez qu'il ne s'agissait pas d'un acte prémédité par une raciste

mais l'acte involontaire d'une mère,

désespérée de sauver le fils qu'elle aime.

Elle ne l'a pas fait parce qu'elle est raciste,

elle l'a fait pour protéger son fils des racistes.

Ça explique leur liste de témoins.

Des statisticiens et des sociologues.

C'est une bonne défense, pour limiter la casse.

Il y en a pour tous les préjugés. Les jurés blancs ne voudraient pas

que leurs enfants grandissent en étant noirs.

Et les jurés noirs savent déjà que la société est injuste.

Si j'étais la défense,

je ne compterais pas trop sur leur soutien.

Combien de blancs, dans le jury ?

Un seul suffira à Mme Houston pour obtenir une annulation de procès.

Si le jury ignore les faits.

Tu gagnes leur raison et elle gagne leurs cœurs.

Je ne vais rien concéder.

Il nous suffit de convaincre le jury

que son fils ne vivrait pas moins bien, dans ce pays, en étant noir.

Commencez par vous assurer que le jury n'entende pas ces témoins.

Ces témoins sont pourtant pertinents.

L'étude du Pr Murphy quantifie les disparités économiques

entre les races.

Le travail du Pr Harrison sur les pratiques de la police

- a été cité dans tous... - Tout ça n'a rien à voir avec sa cliente.

Ça démontre son état d'esprit

et sa peur que son fils subisse le même sort que les Afro-américains.

Mme la juge, si Mme Joyner veut démontrer l'état d'esprit de sa cliente,

il lui suffit de l'appeler à la barre.

Même si je le fais, ces témoins prouvent que ses croyances et ses inquiétudes

au sujet du racisme dans ce pays sont raisonnables.

On ne doute pas qu'elles soient raisonnables.

La question est de savoir si sa cliente y croit vraiment.

On ne serait pas là, sinon.

Calmez-vous, tous les deux.

Mme Joyner, dans cette affaire, on parle de l'état d'esprit de l'accusée,

pas de l'état du pays.

Et comme ces témoins n'ont aucune connaissance directe

de ce que pensait votre cliente, ils sont irrecevables.

À présent, reprenons le procès.

COUR SUPRÊME MARDI 14 OCTOBRE

Frances n'arrêtait pas de me dire qu'on devait protéger David.

J'avais l'impression d'être obligé de mentir à la police.

Avant cet incident, l'accusée savait-elle que vous étiez noir ?

Oui, elle l'a découvert il y a six ans,

quand ma sœur a frappé à notre porte parce qu'elle me cherchait.

En presque 20 ans de mariage,

elle n'avait jamais rencontré votre famille ?

Non, j'avais coupé les ponts.

Vous savez, quand j'étais enfant,

ma mère m'a toujours dit que j'avais une belle peau,

un beau visage et de beaux cheveux.

À l'époque, à Knoxville, "beau" voulait dire "blanc".

On me prenait souvent pour un blanc.

Je pouvais m'asseoir à l'avant du bus

et je pouvais boire aux fontaines réservées aux blancs.

Vous n'imaginez pas l'avantage que ça représente,

quand on meurt de soif par une chaude journée d'été

et que la prochaine fontaine pour noirs se trouve à 20 pâtés de maisons.

Après la fac, j'ai trouvé un bon boulot, parce que je passais pour un blanc.

J'ai été promu et transféré à New York.

Personne ne m'a demandé si j'étais blanc.

Frances n'avait aucune raison de douter de moi.

Après sa rencontre avec votre sœur, que s'est-il passé ?

Elle était très en colère.

Elle voulait divorcer.

Dans l'accord de divorce,

l'accusée a-t-elle imposé des conditions particulières ?

Oui, Frances a demandé que...

Objection. Permission d'approcher ?

Le témoin et l'accusée ont signé un accord les contraignant

à ne pas révéler les termes du divorce.

Sous peine de payer une forte somme.

M. Burdett est prêt à faire un chèque à Mme Houston.

Il y a une tierce partie à prendre en compte.

En l'occurrence, le fils de l'accusée.

M. McCoy, quels termes du divorce souhaitez-vous que votre témoin évoque ?

L'accusée a exigé qu'il ne révèle à personne le fait qu'il est noir.

Nous pouvons le préciser.

Très bien.

Objection retenue.

Membres du jury,

sachez que la défense précise que M. Burdett et Mme Houston

ont accepté, dans l'accord de divorce, de ne pas révéler la race de M. Burdett.

Poursuivez, M. McCoy.

Pas d'autres questions.

Le fait que personne n'a découvert que vous êtes noir ne prouve-t-il pas

que vous êtes un menteur accompli ?

J'ai menti une fois, sur un formulaire d'embauche.

Après ça, la question ne m'a jamais été posée.

Vous avez fait ça car ça vous donnait un avantage

sur les autres Afro-américains ?

Oui.

Vous saviez comment les noirs étaient traités

par vos amis et vos collègues blancs ?

Oui.

Vous vouliez éviter de subir la même chose ?

Oui.

Alors, pourquoi faire subir ça à votre fils ?

Pourquoi avoir décidé de sortir du placard aujourd'hui ?

Les choses ont changé.

Ah bon ?

Quand vous avez débuté à Northfield Pharmaceuticals,

combien y avait-il de présidents, vice-présidents et directeurs noirs ?

- Aucun. - Et aujourd'hui ?

Trois directeurs, en RH et en marketing.

Sur combien de cadres ?

Dix ? Trente ?

Dans tout le pays, plus de 150.

Eh bien, Martin Luther King peut reposer en paix.

Son rêve s'est enfin réalisé.

- Objection. - Je retire ma remarque.

Je vous ai dit tout ce qu'il y avait dans l'accord de divorce.

Je n'aime pas les surprises. Pourquoi a-t-elle fait objection ?

J'ignore à quoi pensait Frances.

À présent, excusez-moi.

Tu as vu le jugement de divorce. Il n'y avait rien.

Récupère tout le dossier.

Dépositions, ébauches, accords, la totale.

- C'est sûrement confidentiel. - Obtiens une ordonnance du tribunal.

J'ai essayé de raisonner Karin.

Je l'ai suppliée de penser au fils de Josh et à ce qu'elle allait lui faire subir

mais elle ne m'écoutait pas.

À quoi pensiez-vous ?

Je ne pensais qu'à David

et à la façon dont sa vie changerait.

Tous ses amis sont blancs

et tous leurs amis sont blancs.

J'avais peur pour lui pour les mêmes raisons

qui ont poussé Josh à garder le secret sur...

- Objection. - Retenue.

Que s'est-il passé ?

Karin a dit qu'elle ne se sentait pas bien

et qu'elle avait besoin d'air.

Elle est sortie sur le balcon

et notre dispute s'est intensifiée.

À un moment, elle a agité son doigt devant moi et je l'ai repoussé.

Tout à coup, elle m'a attrapé les cheveux et je l'ai poussée.

Avant que je comprenne ce qui se passe, elle a perdu l'équilibre

et elle est tombée du balcon.

- Était-ce votre intention ? - Non.

Je ne pensais qu'à David.

Je voulais juste protéger mon fils, comme le ferait n'importe quelle mère.

Je n'ai jamais pensé à tuer Karin.

Merci.

Vous vous attendiez vraiment à ce que Mme Burdett abandonne son bébé

pour le bien de votre fils ?

Je ne sais pas à quoi je m'attendais.

J'avais juste besoin de lui parler.

Parce que vous pensiez que l'avenir de votre fils était en danger,

- si on découvrait qu'il était noir ? - Oui.

Même à notre époque ?

Absolument.

Pour chaque Tiger Woods, il y a 1 000 Fuzzy Zoeller.

Je ne voulais pas

que David doive affronter ce genre de préjugés.

Où ? À l'école ?

Oui.

Il n'y a pas d'élèves afro-américains, dans sa classe ?

Leur seul élève noir vient des Bermudes.

Qui a décidé d'envoyer votre fils dans cette école ?

C'était votre décision, n'est-ce pas ?

- Objection. - Rejetée.

Veuillez répondre à la question.

Mon père a fréquenté cette école.

C'est un excellent établissement.

Qui n'accueille aucun élève afro-américain.

- N'est-ce pas la vraie raison ? - Non.

Vous vouliez que votre fils aille dans une école blanche

- pour avoir des amis blancs ? - Non.

Vous n'aimez pas les Afro-américains.

Ce n'est pas vrai.

Vous vouliez éviter que vos amis sachent que vous étiez mariée à un noir.

Non.

Que vous partagiez votre lit avec un noir.

Non.

Que vous étiez intime avec un noir, un "petit singe à tresses".

C'est un mensonge. Je n'ai jamais dit ça.

- Les O'Brien ont menti ? - Objection.

Tout le monde ment et est raciste, sauf vous ?

- Mme la juge, j'ai fait objection. - Oui.

L'objection est retenue, M. McCoy.

N'est-il pas vrai que votre fils a plus à craindre de vos préjugés

que de ceux de la société ?

Objection.

Non, j'aimerais répondre à la question de M. McCoy.

Mon fils n'a pas peur de moi.

Il sait que je l'aime.

Pas d'autres questions.

Ça ne fait que trois jours, Adam.

Trois ou dix, peu importe.

Le jury est dans une impasse.

Il y a toujours une prochaine fois.

Tu n'as rien de mieux à faire que poursuivre cette femme ?

C'est un crime raciste.

Si on ne poursuit pas ça, à quoi est-ce qu'on sert ?

J'ai essayé de te joindre.

Je respirais de la poussière vieille de six ans dans un entrepôt,

tout en vivant le pire des divorces.

Burdett contre Burdett. Ça s'est joué en 15 rounds.

Voilà les versions préliminaires de Josh Burdett

et voici celles de Frances Houston.

Jette un œil aux conditions de la garde.

Et maintenant, regarde les propositions de pension alimentaire.

Elle est incroyable.

Obtiens la confirmation de Josh Burdett.

Vous avez raison. C'est exactement ce qui s'est passé.

J'étais en voyage d'affaires, deux semaines par mois.

Je ne pouvais pas m'occuper de David.

Ça aurait été bien d'avoir ces informations avant le procès.

On aurait pu empêcher le témoignage de votre ex-femme.

M. Burdett, s'il y a un deuxième procès, je me servirai de ces informations

et je vous appellerai à la barre

pour les authentifier et les expliquer.

Je refuse. Mon fils n'est pas au courant de tout ça.

- M. Burdett... - Je refuse.

Quoi qu'il arrive à Frances ou à moi,

mon fils croit que ses parents l'aiment.

Je ne ferai rien qui le pousserait à penser le contraire.

J'ai fait toutes ces recherches pour rien.

On ne peut pas utiliser ça, s'il ne l'authentifie pas.

Le jury reprend ses délibérations à 9 h, demain matin.

Appelle l'avocate de Houston pour une réunion à 8h30.

Ni bagels, ni café ?

Vous auriez dû me le dire. J'en aurais apporté.

N'espérez pas garder votre appétit.

Ce jury commence à être à court de carburant.

Son moteur se grippe, je le sens. Il est dans l'impasse.

Je suis prêt à fixer la date d'un nouveau procès.

Ce sera pareil avec le prochain jury et avec le suivant.

Le prochain procès sera le dernier.

Mme Houston, nous avons découvert des documents concernant votre divorce.

J'ai surligné les passages importants.

Quand j'ai divorcé, je me suis battue pour avoir la garde de mon enfant.

Mais vous vous êtes battue pour ne pas avoir la garde.

- J'ignore de quoi vous parlez. - Tout est là, dans vos ébauches d'accord.

Aucun de vous deux ne voulait la garde.

Votre mari, pour des raisons pratiques. Mais vous...

Il a dû tripler la pension alimentaire pour que vous acceptiez.

Ils se trompent.

Ce que je vois là, c'est une négociation.

- Votre interprétation de ce texte... - A été confirmée par M. Burdett lui-même.

Il en témoignera au prochain procès.

Elle ne voulait pas de son fils, parce qu'il est noir.

Josh ne viendra jamais témoigner.

Il a déjà donné son accord.

Le prochain jury ne croira pas à votre numéro de mère aimante.

Il verra qui vous êtes vraiment :

une femme dont le racisme est si profond

que vous haïssez votre propre fils.

J'imagine que vous avez une offre ?

Homicide involontaire coupable, entre huit et 25 ans.

Je veux consulter les autres avocats du cabinet.

Les avocats blancs ?

Si vous sortez de cette pièce, l'offre ne tient plus.

Vous serez rejugée pour homicide volontaire.

Vous avez une avocate avec vous.

Je veux votre réponse immédiatement.

- Marché conclu. - On en informe la juge.

Vous ne savez pas ce que j'ai vécu.

Seulement dans votre tête.

Tu as de la chance qu'elle ait cru à ton bluff.

Au sujet du témoignage de Burdett ?

Tu ne t'en veux pas de lui avoir menti ?

Elle s'en sort bien.

Le mensonge de Burdett lui a coûté 20 ans. Le mien ne lui en coûte que huit.

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