All language subtitles for La.Crim.S01E04

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Original subtitles

Ouais. C'est bon, hein ? Ah, salut, Julie.

Quoi ? J'arrive tout de suite.

Qu'est-ce qui se passe ? Rien, t'inquiète pas.

Il est arrivé quelque chose.

Non, rendors-toi.

Je serai pas long.

Emmanuel ? Dors.

Il est où ? Ne t'inquiète pas, il va bien, on l'a mis à l'étage.

On a fait une rafle dans une boîte.

Une boîte ? Oui, c'est une boîte pour les repartants.

Il avait un peu d'extasie.

Oh putain ! Il n'y a que l'un, je vais le chercher.

Merci pour ta discrétion et je te revendrai ça.

Mais non, sa peau.

T'as fait repiquer avec de la drogue.

Tu vois, là, je comprends pas.

Avec ta mère, on a tout fait.

T'as toujours fait toujours ce que t'as voulu.

Tu pouvais sortir le soir, tu pouvais t'amuser.

T'amuser une bonne école.

Puis tu vois, à nouveau, je comprends pas.

Pourquoi tu nous fais ça ? D'abord, qu'est-ce que tu foutais dans cette

boîte de... Bah vas-y, dis-le.

Dans cette boîte de pédés.

Tu veux savoir ce que c'est dans cette boîte de pédés ? Je

sais

pas, c'est pas grave.

Ça existe, ces pédés.

Tu vois, là ? T'es vraiment trop con !

Paul est pas là ? On n'a pas réussi à le joindre. Je suis un peu inquiet, mais il

m'a dit qu'il était parti en pleine nuit.

Oh merde, maintenant.

Ça va ? Salut les gars.

J'espère que vous avez petit déjeuner léger.

Si tu crois qu'on a que ça à foutre. Ouais, ça va, je connais le genre d

'affaire. Ça pue le placard non placé.

Je te dis, si c'est la crime qui s'en occupe...

C'est en face du 36.

Il est gonflé, le mec.

Je vous avais prévenu. Ça va près.

Vous savez, il a l'air frais. Vous avez pris sa température auriculaire.

Merci de manger.

6h18.

Corps allongé sur le côté droit.

Epiderme brûlé au 3ème degré.

Pieds et mains entravés par des bouts marins.

D'après la température auriculaire, 26.

La mort remonte aux dernières douze heures.

Galio, Galio, venez voir.

Monsieur le divisionnaire.

La folie m'est récourue il y a neuf mois. J'ai vri il y a dix jours et

aujourd'hui le quai des Orfèvres.

Au rythme où ça va, le prochain sera dans mon bureau.

Débrouillez-vous comme vous voulez, Galio, mais je ne veux pas que la rumeur

d'un tueur parisien fasse la une des journaux.

Suis-je assez clair ? Limpide, monsieur le divisionnaire. Alors au boulot.

Ah, c'est une bonne nouvelle.

Allez-y, Michel, j'en ai besoin.

Notre sœur vient de commettre sa première erreur.

La taille d'une phalange.

Nous avons une empreinte.

Marc Vial, 50 ans, race blanche, 588, français, restaurateur, célibataire.

Pas d'enfant, bon train de vie, vivait dans un loft, 19e arrondissement. Il est

démêlé avec la justice il y a une dizaine d'années.

Relaxé.

Ça veut dire que maintenant, on a trois cadavres sur les bras.

Et on a intérêt à se remuer les ménages si on ne peut pas en avoir un quatrième.

Sauf qu'on ne sait pas s'il s'agit du même mec. Non, trois mecs, ligotés,

étranglés, le visage et les mains vitriolées pour pas qu'on puisse les

identifier. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?

La même marque de Sibard ? Ah, ça c'est pas possible, ils sont tous à poil.

Le trottoir a pourtant introduit une petite innovation.

Le rapport d'autopsie confirme la mort par coagulation.

Oui, comme les autres. Il précise cette fois-ci que le corps a été badigeonné

avec un produit urticant.

Pardon, je vais poser une question complètement conne, mais un produit

urticant, c'est quoi ? Lieutenant Tessier, un produit urticant est un

produit à forte acidité. C'est un peu comme si nous mangeons. Vous plongez en

tenue d'Ève dans un bain d'ortie.

Oh ! Putain, Polo, je commence à m'inquiéter.

Bonne fin de nuit.

Bon, on épluche la vie de Vial.

Je veux des rapports précis.

Tessier, vous allez à son restaurant.

Cisco, vous épluchez sa vie et son casier judiciaire.

Le labo, ça donne quoi ? Une soirée tardée.

Vous voulez presser un peu ? J'en ai marre à chaque fois d'attendre les

résultats pendant des heures.

Bon, et vous ? L'affaire Georgique, ça donne quoi ?

C'est un dossier foireux, patron.

Comme il y a trois ans, la PJ a conclu au suicide, mais l'IGI n'a pas été

convoquée, donc pas de photo, pas d'empreinte, rien.

Sauf que la famille n'a jamais cru au suicide, et ça depuis le début.

Autant dire que quand le proc leur a refilé le bébé à la DPJ, ils n'en ont

pas foutu une.

Ça veut dire qu'il faut tout reprendre à zéro, quoi. Oui.

Mais hier, on a vu la concierge de l'immeuble, elle nous a dit que le soir

du suicide, les jogis étaient disputés.

Sabrina aurait donné une gifle à son mari.

Mais ça, c'est déjà une piste.

Pourquoi ?

Parce que ça n'existe pas un Hugo qui se fait battre par sa gonzette.

Tu appelles ça une piste ? On ne doit pas avoir la même définition.

Paul, pour l'instant, vous allez aider Cisco et Tessier.

Et toi, tu viens avec moi.

Creuser une piste.

C'est marrant, avec les concierges, c'est tout le temps la même chose.

Pour tous les portos, d'ailleurs.

Tu sors de chez toi sur la pointe des pieds, tu tombes tout le temps sur eux.

Alors là, ils te cassent les couilles avec la pluie et le beau temps.

Par contre, t'as un macabre sur les bras, alors là, y'a plus personne.

T'as pas remarqué ? Oh ! Quoi ? Ça fait 20 minutes que t'as pas décroché un mot.

Qu'est-ce que t'arrives ? C'est le message, t'inquiète ? Non, non.

J'ai pas envie de parler.

C'est Gilles ?

Ce matin, en réveillant, tu croyais qu'il était là.

T'inquiète pas, ça va s'arranger.

T'embêtes avec mes histoires.

Non, non, je m'embête jamais avec les... On n'était pas garés

là ? Oh putain, les enfants ! Quelle con ! Merde, ils sont filés, vraiment !

Enfoirés ! Oui, Polo, c'est Jean-Louis.

Dis-moi, on sort de chez Vial, on a un petit souci là.

On s'est fait embarquer la bagnole.

Ouais, c'est marrant. Au lieu de te marrer, tu ferais mieux de venir nous

chercher.

En passant, tu fais un saut à l'IG.

Tu leur dis de venir chercher les paluches.

Ils sont tous du côté de l'ordinateur.

Le meurtre crié a laissé un message sur l'écran.

Une sorte de délire, genre justifié.

Signé le Seigneur.

Ouais, c'est un programme.

Ok, salut.

Non, patron.

Patron.

J'ai dit neuf.

Oh, t'as dit neuf. Merci.

Vial a été arrêté il y a une dizaine d'années avec trois autres types pour

viol et meurtre sur une fillette.

Avec deux autres, il a obtenu non-lieu et un troisième en a pris pour 15 ans.

Le plus intéressant, c'est qu'un des mecs acquittés, Gould, est sur la liste

des disparus. Ça pourrait être le premier cadavre.

Le troisième acquitté, Asano, vit en Italie et là, on attend plus d'infos.

Et celui qui a pris 15 ans, Bola...

J'ai un jus de sortir.

Jus, c'est quoi ? Six mois.

Voilà, part de prison, il veut se venger de ses petits copains. Ça pourrait

coller. Oui, ça pourrait être aussi quelqu'un de la famille de la fillette.

Exact. A vérifier.

Et Boulard, on sait où il est ? On est sur sa piste.

Bon, et le restaurant de Vial, ça a donné quoi ? C'était fermé, on doit y

retourner demain. Par contre, j'ai eu des nouvelles du labo pour le produit

Urtican. Alors en gros, c'est un mélange d'acide sulfurique et d'eau.

Et ça veut dire qu'il y a un bon paquet de vendeurs à écumer.

Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Ça m'est égal.

Je veux que vous fassiez tous les fournisseurs sans exception.

Bon, moi, je vais essayer de récupérer ma bagnole.

En plus, j'ai laissé mes papiers et le dossier de l'école de Nathalie à l

'intérieur.

Vous voyez, c'est un des filles là-bas.

Oui ? Lui, il s'est présenté spontanément en s'accusant du triple

marte.

Allons, bon.

Je dois préciser auprès d'Alain qu'en matinée, il y a eu un flash-info à la

radio qui a révélé la découverte du cadavre de Vianne. Franchement, au

passage, le lien entre les affaires, c'est numérique, courant et numérique.

Je vois.

Un mythomane.

Je sous-signais... Bruce.

Avec deux S.

Bruce.

Avec deux.

Bien.

Nous vous écoutons, M. Bruce.

Je vous prie d'être concis. Nous avons eu une matinée bien difficile.

Depuis que je les ai tués,

je n'arrive plus à dormir.

La solitude me ronge, la douleur est trop forte.

Et puis il y a cette petite voix qui me dit de tuer, de tuer, de tuer.

C'est moi qui ai assassiné l'homme de la rue de la Folie-Méricourt.

Il y a dix jours, à Ivry, vous avez trouvé un autre homme, nu et ligoté

comme le premier.

C'est encore moi l'assassin.

Cette petite voix me parle tout le temps maintenant.

Alors ce matin, j'ai tué Marc Vial, là en bas.

Vous devez m'arrêter.

Il faut que tout s'assesse.

Il n'y a rien de plus que la dépêcherie.

Quoi ? Vous vous moquez de moi, là ? Non, M. Brousse, non.

Non, non, nous vous prenons très au sérieux. Votre acte de courage en venant

vous livrer à la police va nous permettre de lever le voile sur une

affaire qui a mobilisé nos troupes pendant de longs mois.

Et puis, vous allez nous permettre de... Vous allez nous permettre de comprendre,

vous éclairer sur les raisons de votre geste, notamment nous expliquer pourquoi

vous avez...

Crevez les yeux de votre vérité.

Ah.

Ça, c'est une longue histoire.

Je vous en prie, M. Bruce.

Nous sommes là pour vous écouter.

Tu vas brouiller avec tes parents, tu ne vas pas en plus te fâcher avec ton...

Si tu crois que je vais le laisser déconner sans rien faire... N'aie plus

le choisir.

Ne me dis pas que tu cautionnes, c'était... Merde, il a 19 ans !

Justement. Il est assez grand pour savoir ce qu'il veut.

Essaye de le comprendre.

Ça m'a des bonnes, toi.

On me réveille au milieu de la nuit pour m'annoncer qu'on a ramassé mon fils dans

une boîte de pédés.

Et tu me dis que je dois comprendre.

Moi aussi, j'ai eu du mal au début.

Quoi ? T'étais au courant ? J'ai essayé plusieurs fois de t'en parler.

Tu le savais et tu m'as rien dit.

T'aurais dû m'en parler, t'entends ? T'aurais dû m'en parler !

Putain, ils sont casse-couilles, les mecs. Il faut demander au cabinet du

divisionnaire de demander à un service de mes deux l'autorisation de récupérer

la bagnole.

Normalement, rien d'autre à foutre que de nous faire chier, c'est con.

En réalité, de fonctionnaire, ouais.

Allez, Dupont.

Il y a Goran Joji qui vous attend dans le couloir.

Qu'est-ce que je vais faire, là ? Nous devrions vous poser quelques questions

dans le cadre d'une affaire en cours.

Mais ça ne devrait pas être très long.

J'ai plein de potes Hugo à Montmartre.

Plein de types comme toi qui sont venus faire du fric en France.

La première moitié fait dans le portrait pour brider plein d'hyènes.

L'autre fait pas dans la dentelle.

Dans quelle moitié on doit être casier, Goran ? Mais moi, je suis pas un voyou,

moi. Ce n'est pas ce que le capitaine Scandella a voulu dire.

Nous savons très bien que vous n'êtes pas un voyou.

Mon collègue est un peu énervé ce matin.

Alors, qu'est-ce que j'ai fait là ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Il nous demande ce qu'il fait là.

T'es au courant que ta femme a fini au bout d'une corde ? Elle s'est suicidée !

Je comprends pas, j'ai déjà tout dit à la police.

Le problème, monsieur Jojic, c'est que votre femme, elle ne s'est pas suicidée.

Et si elle s'est pas suicidée ? Nous, on se demande qui c'est qui l'a suicidée.

Si tu vois ce que je veux dire.

J'ai rien fait, moi.

La gardienne vous a vu vous engueuler le soir même.

Elle a dit que Sabrina t'avait giflé.

Ta femme t'a giflé, Goran ? Hé, Goran, dis-moi, t'as me fait aller

gifle ? Tout le monde, Jean-Louis, imagine un peu ce que monsieur a dû

endurer.

Essaie de comprendre.

Se faire tabasser par sa femme tous les jours, ça doit pas être facile.

C'est la première fois que je vois un Hugo se faire tabasser par sa femme.

Je ne peux pas croire qu'il ait pu la laisser faire.

Non, Polo, il ne l'a pas laissé faire.

Ou alors, ce n'est pas un vrai Hugo.

Bon, Jean-Louis, maintenant, tu arrêtes.

Va faire un tour. Tiens, va à la fourrière. Oui, tu as raison, ça va me

calmer.

C'est marrant, moi. À chaque fois que je vois un mec qui n'a pas de couilles, ça

me fout en l'air.

Allez, allez.

Goran, dis-moi, tu dois aimer l'Égypte. Ce n'est pas possible autrement.

Très bien.

Très bien, le marchand Guémure.

Vigie a fait chou blanc chez Vial.

Et aux Arclives ? Il y a quelque chose sur le seigneur ? Rien.

Par contre, la police italienne vient de me signaler la disparition d'Astano.

Ça colle pour Astano et Goode. C'est pas une preuve.

Il y a force présomption.

C'est pas assez.

Trouver leurs dossiers médicaux, dentaires, je sais pas.

Je veux des certitudes. Même si ça colle, je veux que ça balise le terrain.

Et du côté des parents de la fillette, qu'est-ce qu'on a ? Ils sont morts trois

ans après dans un accident de voiture.

Donc... Il faut retrouver Bola. On sait qu'il traîne dans le 18e arrondissement.

On ne devrait pas tarder à le ferrer.

Goran, je vous présente Michel Lemarchand.

C'est notre procédurier.

Il est là parce qu'il veut comprendre ce qui s'est passé.

Bonjour, M. Jojic.

Je veux que vous me disiez très exactement ce qui s'est passé cette

fameuse nuit.

M. Jojic a connu des moments difficiles avec sa femme.

Disons que ça n'a pas toujours été facile pour lui.

Non.

Vous voulez dire que sa femme le battait ? Oui, elle ne lui passait pas grand

-chose.

Eh bien, moi, je vais vous dire ce qui s'est passé cette nuit-là, monsieur.

Vous êtes rentré, votre femme a encore trouvé une raison pour vous tomber

dessus.

Elle a hurlé parce que vous aviez oublié le pain, parce que vous sentiez l

'alcool. Peut-être même n'a-t-elle plus besoin d'aucun motif pour hurler.

Elle a hurlé comme ça, sans raison.

Alors vous avez voulu sortir, mais elle vous a rattrapé sur le palier et vous a

giflé une fois de plus.

Une fois de trop.

Là, vous avez vu rouge.

Vous avez décidé qu'il fallait que tout cela cesse. Il fallait lui faire ravaler

toutes ces années d'humiliation.

Quel homme pourrait ne pas comprendre ça ? Goran.

Vous êtes jeté sur elle.

Vous l'avez saisi au cou et vous avez serré.

Il fallait qu'elle se taise.

Et vous avez serré, serré, serré.

Jusqu'à ce que Sabrina se taise.

Les nuits, je revois son visage, ses yeux qui me fixent.

Je ne peux plus dormir maintenant, c'est trop dur.

Je ne voulais pas.

C'était un accident.

Bonjour.

J'ai oublié de te l'avouer.

Je te l'avais dit. Un vrai youbo, ça va toujours le dernier mot être la femme.

T'as retrouvé tes papiers ? Ouais, c'est bon.

On y retourne. On a localisé Bola.

Je crois qu'on va se prendre l'orage sur la gueule.

Ouais.

Merci.

Françoise ? Quoi ? Tout à l'heure, j'ai croisé Gilles.

Et en fait, on n'a pas eu le temps de se parler parce qu'il était à la bourre.

C'est... J'ai bien réfléchi.

Tout ça, c'est peut-être de ma faute.

On a quand même passé 8 ans ensemble.

C'est trop bête de te foutre en l'air comme ça.

Bah ouais.

Merde, c'est lui.

Brigade criminelle, William Tew, nous te voilà.

On m

'a dit

que vous aviez beaucoup lu en prison, M.

Bolland.

Il est vrai que l'endroit s'y prête.

Moi-même, j'ai relu récemment un excellent roman.

C'est l'histoire d'un jeune homme promu à un brillant avenir, mais que, pour son

malheur, ses amis ont décidé de perdre par leur faute.

Le jeune homme va passer près de la moitié de sa vie en prison.

C'est là qu'il va rencontrer un abbé, un érudit qui va lui enseigner le savoir et

même lui offrir la liberté et la fortune.

Ce jeune homme, devenu un homme mûr, va pouvoir se consacrer essentiellement à

son unique obsession, la vengeance.

Ne trouvez-vous pas d'étranges similitudes entre cette histoire et la

vôtre ?

Monte Cristo était au château d'Ire.

Moi, j'étais à la santé.

J'ai du mal à croire que vous ignoriez la mort de vos complices, M. Bolland.

Je viens de passer dix ans en taule.

Je n'ai pas trouvé de trésor en sortant.

Je vis depuis six mois dans la rue. Je n'ai même pas de quoi m'acheter un

paquet de clopes.

Alors la rubrique nécrologique, si vous saviez ce que j'en ai à foutre.

Gould, Asano et Vial.

Tu vas pas nous dire que c'est des étrangers pour toi.

C'est du passé tout ça, ça fait dix ans que je les ai pas vus. Et eux ils

bouffent les pissenlits par la racine.

C'est ça le présent.

Ton présent.

Et attendez.

Vous allez quand même pas me faire porter le chapeau là.

Ton attitude de l'écheculer avec Galio, j'en ai rien à foutre. Mais quand j

'interroge un mec, tes réflexions de macho, tu te les gardes. Ok ? Bon, tu te

calmes. Pas de faire fou de Cisco.

Très bien, très bien, j'ai eu tort.

Je pensais juste que le mec te prenait pour une conne. Oui, bien sûr.

T'es un pauvre con, Cisco.

Un sale égoïste qui pense que c'est sa carrière, à sa petite fringue et à sa

petite soirée.

Mais tu sais ce que t'es dans le fond ? C'est qu'un pauvre mec qui chie dans son

front.

Patron ?

Ouais, c'était fait.

On sort du Restovial, là, et on a un truc intéressant. On arrive.

La clé.

Foutez-moi la paix avec Montecristo.

Je fais 10 ans à cause d'un juge de merde. J'ai pas l'intention de remplir.

C'est du passé.

Faut que je le voie. C'est important.

Je vais te dire comment je vois les choses.

Tu payes pour tout le monde, et quand tu sors, il n'y a plus personne pour t

'aider.

Gould, Asano et Vial, ils se sont refait une petite vie pépère.

Ils ne veulent plus entendre parler de toi.

Alors tu débutes.

Les uns derrière les autres.

Vous vous trompez.

T'es mal barré, Bola.

Cette histoire nous tape sur les nerfs et t'es notre suspect favori.

T'as pas d'alibi.

Ça nous suffit largement.

Le bouchot, ça vous dit quelque chose, M. Bollard ? Et Guy Martinez, ça

ne vous dit rien non plus, je suppose ? Soyez raisonnable, M. Bollard.

Tout à l'heure, vous nous avez déclaré de ne pas avoir revu M.

Vial depuis dix ans. Or, d'après déclaration de Guy Martinez, gérant du

restaurant Le Bouchot, propriété...

de Marc Vial.

Celui-ci venait régulièrement vous donner un coup de main.

Jusqu'au jour où il en a eu marre d'être pris pour une vache à lait.

Monsieur Bollat, il y a un mois, plusieurs témoins ont vu Marc Vial vous

mettre à la porte de son restaurant.

Je lui ai tapé du fric, c'est vrai.

Mais je l'ai pas tué.

Tu voudrais qu'on te croie sur parole ? Je l'ai pas tué ! Vous entendez ? Je l

'ai pas tué !

Très bien.

C'est fini pour aujourd'hui.

Nous reprendrons cette petite conversation demain.

Vous allez passer la nuit au dépôt.

En attendant, le château d'Yves.

J'ai ma Constance pour moi.

J'espère que ce n'est pas encore un de tes couffards.

On a pour cinq minutes.

Cinq.

Je pense que ça marche.

Ah oui, d'accord.

Tu sais où est la salle de bain ?

Oui, mais il passe très longtemps.

Vous verrez, il est un peu... au début.

Mais c'est un bon garçon.

Il a tellement besoin d'une femme qui a, comment dirais-je, un peu de poigne.

Désolé, Mamoudka.

Il va falloir qu'on y aille.

Galio vient d'appeler.

Le seigneur en vient un juge.

Allez.

Au revoir, Mamoudka.

Au revoir.

À bientôt.

Oui, on en aura tous besoin.

Le Jules-Philippe Capuit a été enlevé dans l'après-midi à son domicile.

L'IG a retrouvé des traces de sang sur la moquette.

On aura bientôt les résultats.

Comment on sait que c'est le Seigneur ? Il a laissé un message sur l'ordinateur

de Capuit.

Le crime ne paie pas, le crime ne paie pas.

D'ici peu de temps, l'impie aura faim et soit signé le Seigneur.

Et si on en déduit que l'impie, c'est le juge, ça veut dire qu'elle est encore en

vie. Oui. Et pour combien de temps ? Sans boire et sans manger, je lui donne

pas trois jours.

Surtout sans picoler.

Bon, ça suffit, Jean-Louis. C'est vraiment pas le moment.

On a un juge enlevé, trois types assassinés, alors on s'y met

sérieusement. On a déjà Bola.

Je pense qu'il faut chercher Aïa.

Attendez, ce type a un mobile en normatif.

Mais comment il a enlevé le juge ? Hein ? Il est ici.

Info, Zakouski.

On a chopé Bola vers deux heures.

J'ai pu acquitter son bureau à midi pour rentrer chez elle. On ne sait pas

exactement à quelle heure elle a été enlevée.

Enfin, ça fait quand même un peu juste, là.

Sauf qu'il a des complices.

Un bolas avec des complices ? Tu l'imagines capable de monter une affaire

pareille ? Attends, il est limite clodo, quand même.

Je trouve vos arguments tout à fait pertinents, le temps qu'on fait.

Bonsoir, à demain.

Bonsoir.

Si ce n'est pas lui, c'est qui alors ? Quelqu'un qui en voudrait

personnellement au juge, ça ne ferait pas chier à buter trois personnes, ça n

'a pas de sens.

Sauf si ce quelqu'un veut faire accuser Bola.

De toute manière, on n'a pas le choix.

On prend en sérieux la moindre piste.

Bola reste suspect tant qu'on n'a pas coincé notre tueur.

Mais je suis sûre d'une chose, il faut chercher dans l'entourage du juge.

Alors là, bravo.

Bravo.

Trois cadavres, maintenant un juge enlevé.

Félicitations.

On a quand même un système, monsieur le divisionnaire. Ah, j'ai oublié.

Et un suicide.

Oh putain. Ah oui.

Voilà, c'est suicidé tout à l'heure au dépôt, un imbécile a oublié de lui ôter

sa ceinture.

Inutile de vous préciser que ça fait mauvais genre, très mauvais genre.

On est bon pour le ministre, les boeufs carottes, la presse, c'en passe.

On met la pression au lieu, alors moi, selon le principe des vases

communiquants, je vous mets la pression à mon tour.

Vous connaissez la différence entre obligation de moyens et obligation de

résultats ? Oui, j'ai fait un peu de droit, oui. Alors vous savez ce que j

'attends de vous.

Ce salaud vous a lancé un ultimatum à vous de relever le défi en lui montrant

ce que vous avez dans le ventre. Et ça, c'est valable pour tout le monde, bien

sûr.

Allez, bonne nuit les enfants.

Bon,

Thibault l'a été le seigneur, on n'est pas dans la merde.

Bon, personne ne bougera d'ici.

Tant qu'on n'aura rien de neuf à se mettre sous la dent.

Fisco et Tessé, vous m'épluchez l'avis des Chapuis.

Allez voir aussi chez Bola. Le juge est peut-être chez lui.

Spandela et Paul, vous listez les personnes incarcérées par Chapuis et

remises en liberté sur les 15 premières années.

Le marchand et moi, on va s'occuper des 15 dernières.

La nuit va être longue.

Michel, viens avec moi.

Quelqu'un veut un remontant ? Un petit remontant ?

Non, merci.

Je voulais m'excuser pour tout à l'heure. J'étais assez dure et énervée.

Par moment, c'est très bien dans ton sac à vérité.

Par moment.

Putain, on nage.

Ce qu'on ne compte pas, c'est qu'on ne cherche pas au bon endroit.

Rien que d'imaginer ce que cet arrêt peut lui faire sans qu'il faut la faire

de pris.

Le café des trois souris ne va pas tarder à ouvrir. Ça vous dit pas un bon

petit-déj ? Oh là là, putain, ça se flingue, t'as cru qu'on dirait une

pantouze.

Tu en es là ? Eh, va te faire foutre.

Pas de pas, ma caille.

Bon, faut qu'un petit-déj fasse du bien à tout le monde.

Galio, j'écoute.

Oui ? Quand ? D'accord, j'arrive tout de suite.

Jean-Louis ? Attends le petit déj au plaza.

Bien reçu, l'équipe est arrivée, ils attendent des nouvelles.

C'est le commissariat quand j'ai remarqué la voiture.

Alors j'ai vérifié la plaque, parce qu'elle correspondait à une voiture

déclarée volée il y a une semaine.

C'est à ce moment-là que le type m'est tombé dessus.

Putain, si ça c'est pas de l'acide.

Ah oui, avec ça et les traces de sang, j'étais obligé de vous appeler.

Comme on a eu un topo sur le seigneur, je me suis dit que... Oui, vous avez eu

raison, elle est mort là.

Oui, bonne coiffure pour la petite gare.

Vous avez eu le temps de voir votre agresseur ? Pas à peine.

Ce que je peux dire, c'est qu'il est brun, bon, dans les 1m80.

Plutôt mince, enfin, trois.

Et puis le temps de viol, on aura enfin un truc sérieux à se mettre sous la

dent.

Bon, si je comprends bien, rien du côté de Bola, rien du côté de Chapuis,

rien du côté des revendeurs d'acide, bref, rien de rien.

Eh bien, on n'est pas dans la merde.

Bon, rentrez chez vous et essayez de récupérer un peu.

Je ne sais pas comment je vais faire pour me reposer. Il faut que je me tape

un concert de rap avec Nat.

Ah oui ? Quel groupe ?

Je sais pas, miam miam, comme ça.

Ayam.

C'est le plus grand groupe de rap français.

Ouais, grand groupe. Grand groupe mon cul, oui. Musique de nègre.

Faschou.

Bonsoir.

Bonsoir. Oui, bonsoir.

Pas grand chose à faire, là.

Le Seigneur nous mène en bateau.

Depuis le début.

J'appelle tout le monde.

C'est bien, hein ? La folie. T'es trop cool, Ayam.

C'est pour connaître qu'ils ont la pêche, tes petits gars.

Putain, quelle histoire, ces mecs, ils m'ont ruiné.

Allô ? Quoi ? Putain, j'arrive.

Désolé, je dois pour l'avion.

Au revoir.

Bonsoir, la chérie.

Dors bien.

S'il y a le moindre problème, vous m'appelez sur le portable de sucre.

Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien.

J'ai l'habitude de garder les enfants de ma voisine. Bon, allez, maintenant, il

faut qu'on mène.

Merci, ma mousquette.

Nous faisons fausse route depuis le début.

Le Seigneur nous a baladés de fausse piste en fausse piste. Tout ça parce que

nous n'avions pas compris le mobile de notre homme.

Le jeu, il veut jouer contre nous, contre la crime.

Pourtant, il nous a laissé des indices.

Asano, découvert rue de la Folie, Méricourt, un 1er novembre.

Gould, rouleau compressé.

Vial, dont le corps brûlé à l'acide a été déposé face aux 36 quais des

Orfèvres.

Le 1er novembre, jour de recueillement pour la crime.

Rue de la Folie-Méricourt, l'adresse où a été tué Muga, le premier policier de

la crime tué en série.

Le rouleau compresseur, surnom que nous donnent les journalistes, l'acide, notre

devise, qui s'y frotte, s'y pique.

Les 36 quais des Orfèvres, notre adresse.

Et ultime provocation.

Envers les seigneurs de la crime, notre homme se fait appeler le seigneur.

Quel enfoiré.

Il se fout de notre gueule depuis le début.

Oui, il a voulu se faire passer pour un justicier alors que ce n'est qu'un

psychopathe en mal de sensation.

Il nous a livré un suspect sur un plateau.

Vous me bluffez, le marchand.

Ça vous est venu comment, cette illumination ? En écoutant Titan.

La symphonie numéro un de Gustave Mahler, tout en étudiant le dossier.

Sur le bidon découvert dans la voiture...

J'ai déchiffré une minuscule inscription.

Qui s'y frotte, c'est piqué.

C'est exact, oui.

En tout cas, notre type, il est vachement rencardé.

Oui, oui, c'est ici que vous touchez un point sensible, Capitaine Scandella.

Le Seigneur est très bien rencardé.

C'est la raison pour laquelle il avait toujours une longueur d'avance sur nous.

Ah, ça.

Oui.

Parce que maintenant qu'on connaît son mobile, on va chercher dans la bonne

direction.

Et c'est nous qui allons avoir une longueur d'avance.

On va se concentrer sur tous les types à qui on a eu affaire.

Tous ceux qu'on a arrêtés et qui pourraient nous en vouloir.

Je vais demander aussi à Bruneski de regarder dans ses archives personnelles.

Bruneski ? Je veux les noms de tous ceux qui ont eu un problème avec la crime.

Y compris dans la maison.

Voilà.

J'espère que vous avez faim.

Je vous ai estimé, Bruce.

Imaginons que ce type se soit bloqué de l'eau.

Il se présente, vient faire des aveux, spontané, et il s'arrange pour nous

produire une version simpliste, truffée d'erreurs. De cette façon, il sait très

bien qu'on ne le prendra pas au sérieux.

Et en même temps... Il se fournit un alibi en béton. Tout en t'amusant.

Je vous rebrousse ici dans une heure. C'est parti, mon kiki.

Merci d'avoir pu vous libérer aussi vite, lieutenant.

Je vous envoie.

Alors ? Peut-être celui du milieu.

Peut-être le 3, je peux me tromper.

Vous voulez vous parler ? Très important.

Excusez-nous.

Il y avait quelque chose qui me chagrinait.

Excusez-moi, Michel, mais votre hypothèse du joueur, je la trouvais

insuffisante, artificielle, en un sens.

Pour organiser trois meurtres pareils, il faut une très bonne raison d'agir,

soit encore un type qu'on devrait arrêter pourrait, éventuellement, mais

surtout il faut une bonne raison qui explique pourquoi il a pété les plombs.

Et c'est pour ça que je suis revenu à l'idée de justice, parce que quoi qu'on

dise, il a tué trois personnes, d'accord, mais il a quand même tué trois

ordures.

Alors au lieu de s'arracher les cheveux sur la liste des personnes qu'on a

arrêtées à la crime, Tessier et moi, on s'est penchés sur les affaires non

résolues, partant du principe que le seigneur est la victime.

Et c'est là qu'on est tombé sur Rollin.

En 89, la sœur de Rollin a été tuée.

Après avoir été violée. Elle avait 10 ans.

L'affaire a été transmise à la crime, mais on n'a jamais retrouvé l'assassin.

A cette époque, Rollin avait 17 ans. Et il a très mal vécu tout ça.

D'où, je pense, son engagement dans la police, comme une sorte de vengeance.

Il y a 3 ans, il a essayé de rentrer à la crime.

On a vérifié chez Zbigniewski.

Refusé. Trop instable.

Bon, admettons.

Mais alors, pourquoi avoir attendu 10 ans avant de sombrer dans la folie

meurtrière ? Je ne sais pas si vous vous souvenez, Michel, mais juste avant le

meurtre de la folie Méricourt, la presse a fait ses gros titres sur le viol et l

'assassinat d'une petite fille à Saint-Louis.

C'est le groupe Perrin qui travaille dessus.

Sans résultat, pour l'instant.

À mon avis, ça a dû remuer pas mal de souvenirs pour Roland. Comme un

détonateur. Une bombe.

Un retardement.

Ça pourrait expliquer le choix des victimes.

Trois violeurs en liberté.

Oui, mais que fait-on de bon, ça ?

On va l'utiliser pour coincer Roland.

Le désir de tuer devient parfois une nécessité qui vous submerge.

Ce soir-là, en suivant Marc Vial, j'étais entièrement possédé par ce

désir.

Or, le déposant qui est désorfait, vous avez voulu en quelque sorte...

Nous laisser un message.

Nous provoquer, peut-être.

Voilà.

Comme... Se mettre en danger pour mieux se sentir vivre.

Se sentir vivre.

Mais Steve raconte n'importe quoi, il veut se rendre intéressant.

Ça te va ? Oui, vraiment.

Mais ça peut pas être lui, mon avatar était beaucoup plus grand.

Je croyais que vous l'aviez à peine vu.

Oui, c'est vrai, mais bon, le type qui m'est tombé dessus, il est au moins dans

les 1m80.

Ça, j'en suis sûr.

Comment fait-il que vous ayez laissé une empreinte intacte sur le troisième

cadavre, alors que Gould et Asano n'étaient pas identifiables ?

Disons, un désir inconscient de vous aider, peut-être ? Attendez,

qu'est-ce que c'est que ces interrogatoires ? Il lui donne les

réponses dans les questions ?

Il est tout de suite que mes hommes font mal dans le boulot.

Puis c'est comme ça.

Allez l'aider.

Après tout, vous êtes le seul à avoir approché le Seigneur aussi près.

Monsieur Bruce, je vous présente le lieutenant Rollin.

Bonjour, lieutenant Rollin.

Qu'est-ce que vous avez voulu dire à monsieur le marchand par nous aider ?

Comme je l'expliquais à votre collègue, j'ai volontairement laissé une empreinte

intacte. Un petit péché d'orgueil.

Vous savez, quelquefois, il faut savoir se mettre en danger pour mieux se sentir

vivre. Oui, oui, pour se sentir vivre. Vous avez déjà dit changer de disque ?

Monsieur le marchand, j'ai massacré trois hommes.

Alors vous allez dire à votre petit stagiaire de me traiter avec un peu plus

de respect.

Pardon ? Vous êtes trop jeune, Roland.

Vous me semblez, disons...

Fébrile. Dis-moi, t'as fini de raconter tes conneries ? S'il vous plaît, pas de

ça ici, lieutenant Rollin.

Ben oui.

Calmez-vous, Rollin.

Le lieutenant Rollin appartient au commissariat du 4e arrondissement.

Il fait pas partie de la clé, mais c'est un excellent policier aussi.

Je vous ferai être lui parler de le traiter avec respect, monsieur Brousse.

Marchand. Je peux vous voir, j'en ai pour deux petites secondes.

Restez calme, je reviens.

Pourquoi ne pas nous dire où vous avez caché le juge Chappé ? Je ne parlerai qu

'à monsieur le marchand.

Bon, dites-moi où est le juge.

Pourquoi vous avez tué ces gens ? Mais je ne veux rien vous dire,

lieutenant Rollin.

Vous ne faites pas partie de la crime.

Vous êtes hors-jeu.

Si vous ne me dites pas où est le juge, c'est tout simplement parce que vous ne

le savez pas.

Si vous ne me dites pas pourquoi vous avez tué Asano, Goode et Vial, c'est

parce que vous n'êtes pas le seigneur. Vous entendez, Bruce ?

Vous êtes un vulgaire menteur, un petit rigolo, un pauvre mythomane en mal de

sensation.

Ah, je comprends que vous vous sentiez humilié.

Vous savez, seuls les vrais joueurs comme moi aiment sentir le goût de la

défecte. Mais vous parlez de jeu, mais vous ne comprenez rien à tout ça.

Vous ne savez rien.

Vous ne savez pas ce que représente Asano.

Goud, viens, allez, le juge s'appuie.

Vous ne savez pas, vous, ce que c'est qu'une justice bafouée, corrompue.

Vous ne savez rien de l'arrogance de la crime. Vous ne savez rien parce que vous

n'êtes pas le seigneur. Vous entendez, Bruce ? Vous n'êtes rien.

Rien.

Monsieur Bruce, je vous remercie.

Vous pouvez partir.

Pourquoi ? Le lieutenant Rollin ayant éclairci certains points, nous sommes

convaincus que vous n'êtes pas le Seigneur.

Mais si ! Vous ne savez pas à quel point vous nous avez aidé, M. Bruce. Nous vous

remercions.

Il était temps.

Quoi avoir tué ces hommes ? Lieutenant Ronin.

Je devrais dire plutôt le Seigneur.

Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Vous vous débloquez ou quoi ? Attendez

les gars, on est collègues.

C'est moi qui ai trouvé la voiture.

C'est moi que le Seigneur a agressé, vous n'allez pas quand même me soutenir

?

C'est fini, Roland.

Oui, j'appuie.

Sans un vœu, on est mal. Oui, très mal.

On le colle en garde à vue.

Candela, tu files sur Roland avec Paul.

Vous essayez de trouver où il a pu cacher chaque nuit.

Nous, on s'occupe de le faire avouer.

Passion. Pardon.

Je vais parler à Roland.

Salut.

Très bien. Allez-y.

Est-ce que vous croyez en Dieu, Roland ? Moi,

je déteste les religions, mais je crois en Dieu.

Et c'est parce que Dieu évite qu'il y ait d'un côté le bien, de l'autre le

mal.

Et que moi, lieutenant de police, je peux exercer mon métier.

Alors qu'il y a une justice au-dessus des hommes.

C'est beau, les grands discours.

Mais la vie, ce n'est pas ça.

Regardez dehors, sortez un peu.

Vous verrez ce qu'il fait votre Dieu. Vous croyez qu'il y a un expert parce

que vous voyez les drames tous les jours ? Les drames, moi, je les vis.

Mais vous êtes le seul, peut-être ? Vous croyez que la mort de

votre soeur vous donne tous les droits ? Hein ? Que ça vous donne le droit de

juger ce qui est bien ou mal ?

Parce que vous, monsieur Rollin, vous êtes le seul à avoir mal.

Mais putain, réveillez-vous.

C'est la merde partout.

Dans toute la vie, il y a de la justice.

Dans votre vie, dans la mienne, dans les autres, et alors ?

Votre soeur est morte, la mienne aussi.

Ça tombe bien.

Vous voulez qu'on passe les comptes ?

Putain. Ah ! Ma sœur est morte.

Mon père est mort. Ma mère est morte.

Par un salaud de chauffard qui n'a pas eu le coup de s'arrêter. Vous croyez que

ça m'a pas révolté ? Vous croyez que j'ai pas insulté Dieu, le ciel, la

justice, la police ? Et que j'ai pas eu envie de tuer ?

J'ai eu envie de te tuer, Roland.

Pendant des années.

Pendant des années, j'ai fait le même cauchemar. Je retrouvais mon chauffard

et je le tuais.

Et j'avais à peine dix ans.

Vous avez tué parce que vous aimez le sang.

C'est tout.

Pas pour venger Fanny.

C'est pas vrai.

Vous êtes un monstre, Roland.

Il devait crever.

T'entends ? C'était des ordures.

Et il devait payer.

Mais dis-moi, qu'est-ce que tu peux comprendre à tout ça, toi ? Qu'est-ce

que tu peux comprendre ?

Oui. Formidable.

A tout à l'heure.

Scandella et Paul ont retrouvé Chapuis.

Elle était tout simplement séquestrée chez Roland.

Décidément, ce jeune Roland aurait été bien présomptueux.

Je pense que quelques jours de repos feront du bien à tout le monde.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ?

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