All language subtitles for La.Crim.S01E03

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Original subtitles

Commandant ? Bonjour.

Voilà, c'est la brigade de surveillance qui a retrouvé le corps.

On n'y a pas touché.

Pour que vous puissiez vous faire une idée.

Bon, Paul, vous prenez tes pieds et vous me faites les environs. D'accord,

patron. Et pas de bêtises dans les bois.

Et toi, t'as rien à faire ? Tu ferais mieux de prendre exemple.

Veuillez vous reculer, lieutenant.

Je n'ai pas envie de me faire boucher.

Corps retrouvé, pelotant sur le vent. Les bras en croix.

Le pied gauche pris dans une branche.

On le sort.

Le cadavre vêtu d'un jeûne présente une déchirure au niveau de la cuisse,

vraisemblablement causée par une balle.

Homme d'une trentaine d'années, 1m80-1m85, environ.

Mieux bleu, cheveux châtains, hématome à l'œil gauche, arcade, boursouflé, pas de

traces de choc apparent à la tête.

Ses dernières paroles.

Il est certainement mort noyé.

La balle qui a traversé la cuisse n'a pas touché l'organe du tour. On a son

identité ? C'est tout ce que j'ai trouvé dans ses poches.

Pas de portefeuille.

Bonne minuit au bois de Boulogne.

Y'a pas à lire, c'est une drôle d'idée, non ? Eh ! Venez voir ici ! Venez voir !

Les

deux mecs ont dû se battre et il y a peut-être eu un coup de feu et le mec

est tombé à l'eau et l'autre lui a sauté dessus dans l'eau et lui a enfoncé la

tête, comme ça.

Hein ? Ça va ? Oui, hein.

Ben ouais, il y en a qui ont la science et puis il y a les autres, quoi.

Attends.

Attention, ça glisse.

Ça va, Paul.

Merci.

Bata Frankel.

Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est ce qui était griffonné.

C'est un code ? Certainement quelque chose de plus simple.

Ça va pour nous ?

La balistique confirme.

Vu la trajectoire de la balle et les empreintes sur l'arme, c'est la victime

qui tenait le pistolet. Et le coup est parti pendant une minute.

Donc, si on récapitule, pas de témoin, pas d'indice sur l'agresseur, rien sur

la victime.

Bref, la seule prise, c'est le nez rouge, les clés et bâtard francon.

Va dedans quand ça démarre comme ça.

J'ai trouvé.

Regarde-toi.

Il est mort comment ? Noyé.

Je l'ai vu ici il y a quelques jours.

Il est venu faire le clown pour les enfants.

Ça s'est bien passé. Il a risqué plusieurs heures à passer d'une chambre

à l'autre.

Les enfants l'aimaient beaucoup.

Il avait une bonne tête.

Vous avez d'autres enseignements sur lui ? Non, pas grand-chose.

Je sais qu'il était acteur au chômage. Il venait ici pour faire un peu d

'argent.

Mais c'est tout ce que je sais, quoi.

J'ai sa fiche de renseignement, si vous voulez.

Maintenant, elle ne me servira plus à rien.

C'est pas aussi blanc que ça, le père Colin.

Marc, s'il suffisait de faire le clown pour faire fortune, il y a longtemps que

je me serais reconverti, moi.

N'empêche que tu y as cru, ô gentil petit clown.

D'ailleurs, j'avais une petite larme dans le tonneau de bovin quand la nana

parlait des enfants malades. T'es vraiment trop con.

Bon, vous ramenez tout ça au 36 et vous me l'épluchez.

Pareil pour le carnet d'adresse.

Vous commencez par la lettre B, je l'ai trouvée ouverte près du téléphone.

Vous, vous appelez Ligy pour qu'il vienne faire un tour.

Et vous me faites tout le voisinage.

Je vous retrouve tous après le déjeuner, hein.

Reviens pas trop.

Psycho, t'as ton portail sur toi, là ? Oui.

Tu peux te le prendre ? Oui.

Je peux te laisser ça, deux secondes ? Oui.

Merci.

Oui, monsieur, tessie de l'arrivée d'hier, s'il vous plaît.

La fille.

Oui.

Ah, je ne peux pas, là. Je suis en train de travailler.

J'ai l'objectif de me libérer.

Ça fait six mois qu'on ne s'est pas vus. Ça peut peut-être attendre un peu, non ?

Qu'est-ce qu'il y a, maman ?

Très bien.

À quoi retrouve-t-on ? Merci.

J'ai un petit problème, j'ai rendez-vous dans 15 minutes, tout près d'ici, et je

ne peux vraiment pas... Non, c'est très important pour moi.

S'il te plaît. Merci.

Ta mère ne va pas très bien en ce moment.

Elle souffre de ne pas te voir avec la petite.

Surtout depuis que je suis à Paris.

Je ne sais pas comment tu fais pour avaler cette horreur.

Je t'invite à la brasserie, ce sera plus décent.

Vous êtes venu ici pour me parler de maman ? Vous n'avez rien d'autre à me

demander ? Même un petit papier à signer pour la prochaine assemblée ? Caroline,

tu ne crois pas qu'on pourrait prendre le temps de se parler autrement ? Je

viens ici pour te dire que tu nous...

Ta mère vit très mal ton absence.

Pas pas.

Ça fait plus de deux mois que maman s'occupe de Manon, deux jours par

semaine.

Eh oui.

Tout le monde n'est pas aux ordres du grand patron.

Alors je vous conseille de trouver un autre prétexte pour vous magouiller.

Je vois.

Tu fais moins la difficile quand tu as besoin d'aide.

Ouais. La différence avec maman, c'est qu'elle n'a pas besoin de prétexte pour

venir.

Tu ne changeras jamais.

Orgueilleuse et butée.

Au moins, je sais de qui je tiens.

Vous faites mes amitiés au commissaire Brunetski.

Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que vous me foutiez la paix ?

C'est facile de jouer la rebelle quand on porte ton nom.

Très facile.

Non.

Justement.

Ce n'est pas facile.

Ça, vous ne pouvez pas comprendre.

Ne vous inquiétez pas commandant, je m'en occupe. Je suis sur le coup.

N'oubliez pas d'interroger tous les voisins ici.

Patron, j'ai une info.

Colin était hier après-midi dans un bar en bas de chez lui. J'ai interrogé le

serveur. Il a passé deux heures avec un dénommé Pierrot.

Genre type du sud, bronzé, poitrail ouvert, gommette, etc.

Et il lui a montré des photos.

Formidable. Et le nom du bar ? Le Balto, Square Trousseau.

Vous n

'ignorez

pas, monsieur Bernardi, que nous connaissons tout étendu de vos

activités.

Illicite, cela va de soi.

Rostel, vol de meubles anciens, avec préméditation.

Vol de matérialifi, trafic de contrefaçon.

Pourquoi vous déterrez le passé ? Sur ma mère, je suis réglo maintenant.

Mais Rémi ! Bon, écoutez Bernardi, vous êtes en garde à vue, nos minutes sont

précieuses, alors allons droit au but.

Vous maintenez de ne pas connaître Eric Colin ? Mais ça fait dix fois que je

vous le répète.

J'y peux rien, moi, si je suis sur son carnet d'adresse.

Je suis pas responsable de mon numéro.

Alors comment vous expliquez qu'Eric Colin discutait avec vous, pas plus tard

qu'hier après-midi, au Balto Quartroupeau ? Il vous a même montré des

photos. C'est pas possible.

Je dînais chez ma sœur.

Oh, mais demandez-lui ! Elle voulait sans doute parler de mademoiselle Carole

Bernardi, autrefois arrêtée en votre compagnie pour Rossel.

Oh, mais puisque je vous dis qu'on fait plus de conneries maintenant... Vous

allez commencer à m'énerver, Bernardi.

On a trouvé ça chez lui dans une planque.

Félicitations, Bernardi.

Vous chignez à Drouot, peut-être ? C'est pas interdit d'améliorer son RMI, non ?

Et ça, c'est des bretzels, peut-être ? Arrêtez votre cirque, Bernardi.

C'est un héritage. J'ai demandé à ma mère.

Colin est mort assassiné hier soir.

Vous êtes la dernière personne à l'avoir vu vivant.

Donc, vous êtes suspect.

C'est clair ? Ça y est.

Votre mémoire vous revient, M.

Bernoulli.

Mettez-le au dépôt pour la nuit. Ça lui remettra les idées en place.

Ah non ! Je ne le crois pas.

Cisco.

Ah, bonjour.

Justement, elle est en face de moi.

Elle n'est pas là.

Patron, c'est votre mari. Il veut vous parler.

C'est gentil, mais j'ai encore pas mal de boulot.

Ah, c'est un fils.

Mais je l'aurai jamais fini. Fais-toi un quart d'heure.

Ouais, je me dépêche.

Ouais, bon.

Je vais pas tarder à rentrer, je te dépose.

Qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui ? Gilles, il vient me chercher.

Il est adorable en ce moment.

Pour votre pas dur.

C'est le listing des objets retrouvés chez Bernardi.

Tous volés dans le quartier de Passy et à chaque fois des vieilles dames.

Vous les avez convoquées ? Non.

Eh bien faites-le, Tessier.

Je devrais pas avoir à vous dire ce genre de choses.

Très bien.

Ça va pas, Tessier ?

Qu'est-ce qui lui arrive ? Bon.

À demain.

On ne se voit pas demain.

Je

veux

être mal logée.

Dans Meurtre avec bout de ficelle, l'inspecteur a un immense bureau en

chaîne, avec une photo de Sherlock Holmes à côté de celle de sa femme.

Madame Gatineau, nous sommes bien d'accord.

Donc, on vous a volé une statuette en ivoire d'un boudin en lévitation.

Oui, une horreur à laquelle tenait tant mon premier mari.

Dites-moi, inspecteur, combien de criminels se sont assis sur cette chaîne

à votre avis ? Madame Gatineau, je vais vous demander un petit peu plus de

concentration.

Parmi ces photos, reconnaissez-vous quelqu'un ? Vous faites comme l

'inspecteur Marmad en artiste noir.

J'ai lu dans un magazine qu'Henri Vernon venait souvent au quai des Orfèvres pour

s'imprégner de l'atmosphère.

Mais c'est le père Vincent.

Vous connaissez cet homme ? Bien sûr, il est souvent tenu à la maison.

Sa paroisse est en banlieue et pour aider les pauvres, il est venu collecter

des dons dans notre quartier.

Sur les conseils des Pères Bigoureux et Saint-Ange, bien sûr.

Vous savez, inspecteur, je suis une fidèle de la paroisse intéresse de

Paris.

Du Père Saint-Ange, surtout.

Oh, quel saint homme.

Je l'observe souvent.

Madame Gatineau, c'est très important.

Êtes-vous sûre que cet homme est un curé ? Jeune homme, je vous en prie, c'est ce

que je dis. Je ne suis pas encore un vrai.

Je l'ai vu pas plus tard que mardi dernier.

Ce n'est la veille du jour où je me suis fait cambrioler.

Là-bas, t'énerves pas.

T'as tes règles ou quoi ? Oh, fais pas chier, Polo. Nathalie m'emmerde déjà, tu

sais, comme ça.

Et elle marche pas, cette machine-là ? C'est ça, une note, quand elle est là.

Ah, c'est ça.

Je fais des cours d'adolescence.

Qu'est-ce qu'elle t'a fait, la fille ? Ce matin, je l'ai fait convoquer dans le

cours privé de merde où elle est censée réviser pour la rentrée.

Encore une idée à la con de sa mère, d'ailleurs.

Et je me suis fait allumer par une hystérique parce que ma fille testait

cours. Je sais pas si tu vois.

Moi, allumé par une bonne femme parce que Madame sait ses cours.

C'est toujours comme ça.

Les gosses font des conneries et les profs, c'est à toi qu'ils font la

morale. Oui, sauf avec moi, ça ne va pas se passer comme ça.

Premièrement, ce n'est pas une connasse de prof qui va m'expliquer la vie.

Et deuxièmement, c'est chez les cours, c'est le problème de Nath, pas le mien.

Mais non, tu trompes.

D'abord, tu devrais discuter avec Nathalie.

Tu sais, peut-être qu'elle ne passe pas un moment facile entre Hélène et toi.

Mais c'est vraiment important de discuter avec ces gosses.

Peut-être un gros bide, mais moi, au moins, je discute avec eux, tu vois.

C'est un gros bim, oui, excuse.

Tu as fait ton témoignage ? Colin te faisait passer pour un curé d'une

paroisse de banlieue, faut-disant recommandée par deux prêtres de Sainte

-Thérèse-de-Patie, sous prétexte de récolter des francs pour les pauvres et

de repérer bien les lieux avant d'aller cambrioler.

En tout cas, inspecteur, si je puis vous être utile en quoi que ce soit, je suis

à votre disposition.

Bien. Sauf le mercredi après-midi, bien sûr.

Bien sûr, madame Gatineau.

C'est un peu tard, Tessier, ça peut attendre.

Paul,

je crois savoir que vous aimez les églises. Oui. Ça tombe bien, vous filez

avec Tessier à l'église de Passy. Et vous en profitez pour ramener Madame

Gatineau. Non, non, non, c'est pas la peine de me ramener chez moi.

Vous me laissez à l'église. C'est l'heure où, père Tintone, je confesse.

Les photos que Colin vous a montrées dimanche, c'était quoi ? Des meubles à

voler, des bijoux ? Gatineau, avenue Mandel, ça te dit quelque chose ? Ouais,

parlez pas tous en même temps, j'ai que deux oreilles. T'as fini de jouer au

con, Bernardi ? On la connaît, votre combine.

Colin repérait chez Lévioc en se faisant passer pour un cureton, et hop, un petit

cambriolage à l'heure de la messe.

Alors maintenant, tu nous balances tout.

Il est étonnant, votre ami.

Quel registre, tout de même, clown pour enfant malade.

Comédien inspiré, cambrioleur, prêtre au grand cœur.

Et maintenant, figurant, à la morgue.

Ne l'auriez-vous pas un peu aidé pour interpréter son dernier rôle ?

Parce que je vous dis que je ne le connais pas.

Vous enfoncez, Bernardi. Votre position ne tiendra pas cinq secondes.

La première confrontation avec nos témoins, vous serez confondus.

Pourquoi te l'avoueriez des manchoirs au bois de boulol ? Mais puisque je vous

dis que je n'étais pas des manchoirs au bois de boulol ! Tu vas te rafraîchir la

mémoire, Bernardi.

Colin, tu t'es rendu compte qu'il t'avait doublé.

Tu l'as suivi à un rendez-vous avec un reselleur.

Là, vous vous êtes engueulé.

Et tu lui as foutu la tête sous l'eau jusqu'à ce qu'il crève.

Ma tête ! Si tu veux ressortir d'ici avec 20 ans de taux, ça te regarde.

Prêt conclu.

Association de malfaiteurs, recel, cambriolage, sans alibi à l'heure du

crime. Sincèrement, M.

Bernardi, même innocent, je donne pas cher de votre repos aux assises.

Attendez, on peut peut-être discuter un peu.

Bon, si je vous disais que je le connaissais, ça vous dirait ? C'est

juste un peu, hein.

C'est pour le tuer.

Bon, bon, je vais sous-signer.

Bernardi.

Yeah.

Alias, Gunther Bousier.

Si vous savez, à travers la grille, son regard me transporte.

Bonjour, mon père. Bonjour, brigade criminelle.

J'aurais quelques questions à vous poser, ainsi qu'à votre collègue.

Je vous en prie, mon fils.

Père Saint-Onge ? Nous sommes deux à nous occuper de la paroisse. Le Père

Saint-Onge et moi-même. Père Vigouroux.

Vous avez bien dit qu'il se recommandait de nous.

Tout à fait.

Il en profitait pour repérer les appartements de ses victimes avant de

les candreler avec son complice.

C'est très grave, ce que vous nous dites là.

C'est pas absolument que nous prévenions le paroissien.

Il choisissait sa victime à l'église.

Vous ne l'avez jamais vu alors ? Malheureusement, non.

La maison de Dieu est ouverte à tous.

Dis donc, ils n'ont jamais vu Colin.

Je ne suis pas restée parce que ça me stresse les églises.

Alors comme ça, ils n'ont pas vu Colin.

C'est étrange.

Parce que pas plus tard que vendredi, j'ai vu le Père Saint-Auguste en grande

conversation avec lui.

Attendez, vous êtes sûr de ce que vous dites, madame ? Oh, jeune homme, vous n

'étiez pas dit que j'avais déjà lu tous les Agatha Christie ?

Excusez-moi, mon père, est-ce que vous savez que le père Saint

-Ange est encore là ? Le père Saint-Ange ? Il doit être rentré. C'est lui.

Merci.

Bon, madame. Ah, merci.

Elle confesse avec Gatineau, ça doit être quelque chose, quand même.

Elle ne te moque pas de la religion.

Oh, ça va.

Moi, elle ne m'inspire pas confiance, cette femme.

Sauf qu'on est obligé de vérifier l'info. Question de conscience

professionnelle.

Vous vous êtes donné le mot aujourd'hui, c'est ça ? Bonjour, mon père.

Que se passe-t-il ? Rassurez-vous, mon père, rien de spécial.

On a juste une ou deux questions à vous poser.

Elle est récente, cette tireur, non ? Vous savez ce que c'est, les enquêtes ?

On ne sait jamais trop où on va.

Madame Gatineau nous a dit qu'elle vous a vu en compagnie de Colin.

C'est certainement une erreur, mais je voulais m'en assurer.

Cette chère Madame Gatineau, elle a toujours une histoire à raconter.

Vous dites qu'elle m'aurait vu en compagnie de ce monsieur Colin ? Encore

son imagination débordante, je suppose.

C'est bien ce que nous pensions, mais je ne peux pas me permettre de négliger la

moindre piste. Je comprends.

Excusez-moi.

Pourquoi est-ce que vous avez fait changer cette erreur, mon père ? C'est

qu'il arrêtait d'importuner le père Tintonge.

Elle était vieille, je l'ai tout simplement fait changer.

Vous pouvez nous donner le nom du férurier ? Je crains de ne pouvoir

satisfaire votre curiosité. C'est une de ces publicités qu'on trouve dans les

boîtes aux lettres.

Est-ce vraiment important ? Allô ? Oui ! Bête d'entendre, tu parles à un curé.

Bien avant pour un lieu de dimanche prochain.

Moi je trouve ça bizarre de faire appel à un SOS machin. Mais c'est un curé, t

'es dans les nuages, c'est tout.

Les enfants seront ravis, bien entendu.

Attendez, ne vous excitez pas. Le père Saint-Ange, il n'y a aucune raison de le

suspecter.

Gatineau, par contre, est bien sympa, mais elle est un peu... Elle a quand

même identifié Colin, et sans hésiter. Et c'est grâce à elle aussi qu'on est

remonté jusqu'à Patie.

Et l'histoire de la serrure, c'est louche, quand même.

Mais c'est un prêtre, bordel. Un prêtre, ne ment pas.

C'est uniquement parce que vous avez envie de vous taper un curé, c'est tout.

Tu vois, Apollo, t'as pas tort. Je m'en fais bien, moi, un cureton. À la broche.

Parce que c'est tous des foireux.

T'as qu'à voir l'autre baise, là, avec ses huit bonnes femmes découpées.

C'est tout de suite les extrêmes.

Moi je connais le collage des oiseaux. Ah attention, mademoiselle Pelletier de

la Rivaudière va nous faire part de son analyse sur la religion.

Parfaitement.

Les bonnes sœurs et les curés, je connais bien. Et comme ramassis d

'hypocrites, on ne fait pas mieux.

Je suis parfaitement d'accord avec la petite.

Merci. Peut-être pas aller à un truc mieux que de l'habitant fleur.

N'empêche que c'est tous des fauders, des obsédés du cul.

C'est impossible de discuter avec vous.

Vous êtes d'une telle mauvaise foi, qu'on peut ne pas aimer la religion,

mais on respecte la foi.

Vous pouvez vous regarder.

Gaillot.

Ah, c'est quoi ? L'opéra de ce soir ? Pourquoi pas, c'est genre.

D'accord.

Et donc ? C'est le grand jour, comment ? C'est pas le moment de plaisanter.

On a retrouvé un cadavre dans un chantier abandonné de la SNCF à Ivry.

Putain, c'est bien la France, ça. On commande des trucs, on les termine pas,

et qui c'est qui casque ? C'est Bibi.

Attends.

Je pense que t'as pas dû retenir la bonne information dans ma phrase.

On a trouvé un cadavre, nu, ligoté, vitriolé.

Le seul problème, c'est qu'il a été écrasé par un bulldozer.

La folie Méricourt, le 1er novembre dernier, ça vous dit quelque chose ?

Vous savez, l'affaire non classée, là.

Inutile de vous dire où il est, ce qui est dans tous ces états.

Alors on s'active.

Allez, on y va.

Sonia !

Faut qu'on y aille, là, tu... Comme d'habitude.

Nathalie, tu dépasses les bornes.

Hé, qu'est-ce qu'il y a ? J'ai vu Mme Prépat ce matin, une femme charmante d

'ailleurs, qui m'a expliqué en long, en large et en travers que tu séchais les

cours.

À quoi tu veux que ça serve, ce truc qui s'y va pas ? Et ne dis pas, hein !

J'ai rien dit.

Ouais.

Maths, absente.

Français, absente.

Le prof d'espagnol, il te connaît même pas.

Quand je pense que ta mère et moi, on se fait chier à te payer les bons profs,

merde.

Fais d'abord voir où tu traînes.

De toute façon, je m'embranle, hein. Si tu te fous rien, je te renvoie chez ta

mère.

J'étais comment, là ? Convaincant ? Arrête de jouer les pères méchants,

papa. Ça te va pas ? Si tu crois que c'est facile... Bon allez, viens. On va

bouffer ce gino. Eh ben voilà une bonne idée !

Je vais me changer.

Ça ne sert à rien, on ne fera jamais à l'heure.

Ça tombe bien, j'ai toujours trouvé le début très chiant.

Je déteste d'arriver en retard à l'opéra.

Écoute, tu ne vas quand même pas gâcher la soirée pour les cinq premières

minutes d'un opéra que tu connais par cœur.

Tu exagères, tu arrives avec trois tiers d'heure de retard sans t'excuser. En

plus, c'est moi qui gâche la soirée, t'es vraiment gonflée.

J'ai passé un après-midi formidable à ramasser un cadavre à la petite

cuillère. Je suis dans une forme éblouissante et j'ai très envie qu'on s

'engueule là, maintenant.

D'accord, comme toujours, c'est toujours pour toi, toujours pour toi.

Je crois que tu ne nous as pas suffisamment gâché la vie avec ton

boulot.

Ça veut dire quoi, ça ? T'es remarquable.

Voilà.

Faut pas vous débrouiller pour me ramener des cadavres en meilleur état.

Qu'est-ce que vous voulez que je fasse, là ? J'arrive même pas à distinguer la

clavicule gauche de l'arcade sur filière droite.

Mais désolé, hein.

La prochaine fois, on demandera au rouleau compresseur de pas rouler sur

nos clients.

Marquer le marquant, ça ferait un très joli sous-main pour votre bureau.

Et avec les dents, impossible de glaner quelque chose ? Écoutez, si j'en

retrouve une entière, je devrais pouvoir vous sortir une fourchette pour l'âge.

Mais avec la tête exposée, comptez pas sur un rapport complet.

Bon, pour l'instant, la seule certitude, c'est qu'il s'agit d'un homme.

Pour la taille et la physionomie générale, je vous conseille une voyante.

Ça ira plus vite.

Ça va aller ? La première autopsie, c'est comme un baptême du feu.

Moi, je me souviens, c'était un noyé qui avait macéré dans un égout pendant une

bonne quinzaine de jours, à moitié boussé par les races. OK, merci.

Ça va.

En tout cas, bienvenue à la crime.

Maintenant, tu fais partie de la famille.

Oui.

Faut le dire vite.

Qu'est-ce que t'as, Tessie ? Depuis hier, je te trouve assez mauvais esprit.

C'est Zakowski ? Non, non, c'est bon.

Laisse tomber.

Parce que si c'est lui, faut me le dire. Moi, je le remets à sa place.

Faut pas hésiter avec lui.

C'est le genre de mec prêt à tout pour prendre du galop.

Faut pas se laisser faire.

Non, ça va.

Au revoir mon père, encore merci de votre coopération. Au revoir mon fils.

On raccompagne.

Alors, t'attends du nouveau ? Oh, pas grand chose.

Grande famille bordelaise, grosse fortune, mais lui a renoncé à tout pour

entrer dans les ordres.

Prêtre exemplaire, très dévoué à sa paroisse, toujours prêt à aider les

pauvres. C'est lui qui fait le catéchisme, chez lui-même des fois.

Les petits l'adorent, un vrai curé quoi.

Une peur de temps.

Oh non, patron, on n'allait pas vous y mettre.

Non, Polo, je vous rassure.

Simplement, en ce moment, on n'a que Bernardi. Je ne veux pas qu'on église l

'hypopie.

J'ai eu le serrurier.

Il a réparé la porte de Saint-Ong un 15 août. C'est le repas de curé.

Un peu pressé, le curé.

Tu mérites une petite visite, non ? Michel ! Oui

? On a de la prose sur le cadavre ?

Oui, bien sûr, mais les indices sont minces.

Très, très minces.

J'ai peu d'espoir d'identifier.

À nouveau au folie méricourt, quoi.

J'en ai bien peur.

Bonjour, Tessieux.

Bonjour, patron.

Ça va ? Qu'est-ce qui s'est passé pour la fille ? Ma fémur est ici, mais t'as

été un peu dur. Une galette comme première autopsie.

Ça prouve qu'elle est solide.

Je suis contente.

Voici le salon.

Excusez-nous pour le dérangement, Père Saint-Onge.

Putain, la baraque.

Nous sommes bien conscients que ce n'est jamais très agréable d'avoir des

étrangers qui fouillent votre vie privée et nous apprécions votre coopération.

Je vous en prie.

J'aimerais juste comprendre ce que vous cherchez exactement.

Mais le meurtrier d'Eric Collin, mon père.

Vous avez des raisons de croire qu'il pourrait être ici ?

Vous êtes un homme estimable, Père Saint-Onge. Tout le monde en convient.

Mais vous nous avez caché la vérité.

Vous avez bien été cambriolé.

Pourquoi Saint-Onge ? J'ai là une affaire de conscience.

J'ai effectivement été cambriolé.

Mais depuis le début, j'ai la ferme intention de ne pas porter plainte.

Voyez-vous, Madame, j'ai la chance d'appartenir à une famille très riche.

Comme vous pouvez constater vous-même, je suis à l'abri du besoin.

Ce qui n'est certainement pas le cas de mon cambrioleur.

Mais bien lui serait sans doute plus profitable.

Quant à son acte, Dieu le seul juge.

T'as jeté très généreux, père Saint-Onge.

Auriez-vous par hasard d'autres choses à nous dire que vous nous auriez caché par

bonté d'âme ? Le mensonge est un péché.

Le commettre est une affaire de conscience.

Horace de Saint-Onge.

Si j'avais eu un grand-père comme ça, je m'en ferais pas chier dans un propiette

à Pigalle.

Ici, viens voir.

Ouais.

C'est bizarre cette pièce.

La baraque est super décorée et là c'est vide.

Je dirais même que ça a été vidé.

Ouais, c'est réussi.

Cette pièce ne sera peut-être pas nécessaire.

C'est ma chambre.

Ça sera juste une formalité, mon père.

J'ai fouillé la voiture au sous-sol et j'ai trouvé des choses, des petits trucs

pour gamins. Un Rubik's Cube, des papiers de sucette et surtout des bons

cadeaux d'une station-service d'être tard. J'attends d'y reçoivre.

Merci, Viotny.

On prend la perquise plus tard en présence de Saint-Onge.

En fait, mon père, qu'avez-vous fait hier dans la soirée ? Rien de spécial.

J'ai préparé mon serment pour dimanche prochain.

Mon père, je vous propose de poursuivre cet entretien dans nos bureaux.

Vous m'avez l'air perturbé, mon père.

Les hommes sont des pêcheurs, mais je ne suis qu'un homme.

Si vous pensez, ne me laissez aucun rêve.

Nous avons été chassés du paradis, nous ne faisons qu'en prier le prix.

Bien élevé, quelquefois.

Je sais.

J'ai parfois du mal à l'admettre.

Je me suis permis de commander deux repas chez un traiteur périgourdin. Il

confie. Je suis laissé dire que vous appréciez la bonne chair.

Merci.

C'est très aimable à vous.

Je me contenterai d'un verre d'eau.

Je vous en prie, mangez.

Ça m'a l'air bien appétissant.

C'est une période bien inhabituelle pour jeûner.

Auriez-vous quelques péchés pour faire pardonner mon père ? La pénitence est

une affaire personnelle.

La révéler serait une expression d'orgueil.

Pourriez-vous me dire ce que vous faisiez pendant la soirée de dimanche ?

J'ai prié à l'église avant de rentrer chez moi.

J'ai bien peur qu'il faille en appeler à Dieu pour obtenir confirmation de mon

alibi.

Rassurez-vous, nous n'allons pas le déranger pour si peu.

Vous voyagez beaucoup ? Rarement.

À quand remonte votre dernier voyage, départ de Paris ? C'était il y a quinze

jours, quand j'ai emmené dans la forêt de Fontainebleau le groupe de la

chorale.

Ne voyez pas d'inconvénients.

Nous allons consigner tout cela.

Oui, mais attends, maman, résultat, moi je suis plantée là.

Je suis coincée, je suis en service, je ne peux rien faire.

Oui, je sais, je l'ai dans le journal.

Je ne vais pas pleurer sur ce qu'on fait.

N'arrive pas à savoir ce que tu as pour elle.

Je vous confesse ma perplexité.

Commençons par vérifier l'histoire des trottins, puisqu'ils prétendent ne pas

avoir quitté Paris.

D'accord.

On va devoir le relâcher.

On sera peut-être filés, mais dans un premier temps, Michel, je voudrais qu'on

règle ensemble le cas Bernardi.

Sa garde à vue expire bientôt et il faut vraiment savoir à quoi contenir.

J'en ai marre, je suis pour rien, monsieur.

Monsieur Bernardi, tant que vous obstinerez dans le mensonge, je ne veux

plus vous entendre.

Je veux savoir comment vous vous y êtes pris avec Eric Colin pour cambrioler

Saint-Onge.

Mais je ne l'ai jamais cambriolée.

Monsieur Bernardi, il va falloir être plus coopératif que ça.

Vous nous avez déjà dit que vous faisiez équipe avec Colin pour les vieilles

dames. Puisque Saint-Onge a été cambriolée, ça ne peut être que par

vous.

Ou alors vous faisiez un trio avec le curé et vous avez essayé de le doubler.

Que pensez-vous de cette hypothèse ? C'est n'importe quoi !

Un curé Richard dans la combine ? Vous inventez des conneries parce que vous n

'avez rien ! Monsieur Bernardi, sachez que cambriolage et

recel peuvent d'ores et déjà vous rapporter gros.

Cependant, vous venez de marquer un point.

Vous venez de nous décrire Saint-Ange comme un curé, je vous cite, un curé

Richard. C'est bien ça ? Comment savez-vous qu'il possède une immense

fortune personnelle puisque vous prétendez ne pas le connaître ?

Oh, la petite mère, j'en ai marre.

Bon, OK.

Colin m'a parlé de Saint-Onge.

Mais je veux rien savoir de cette histoire. C'est trop crade.

Expliquez-vous, M.

Bernardi.

Les photos qu'il m'a montrées, c'était une gamine.

En braquant la barque du curé, Colin l'a vu enfermée dans une pièce.

Alors il a voulu faire chanter Saint-Onge. Il m'a proposé le coup.

Mais moi, je mange pas de cette part-là.

M.

Bernardi, vous recommencez avec vos mensonges.

Vous prétendiez ne rien savoir d'Eric Colin, or, vous découvrons que c'est un

comparte. Vous disiez n'avoir jamais entendu parler de Saint-Ange, or, vous

savez tout depuis le début. Et maintenant, vous m'inventez une histoire

rocambolesque d'enfant séquestré.

Comment vous voulez que je vous croie ? Mais

je vous jure, je ne vous raconte pas de craques.

Colin était sûr que le curé n'était pas net.

Mais moi, les histoires de gosses, je trouve ça trop glauque. Je n'ai pas

voulu le suivre.

C'est tout ce que c'est.

Faut me croire.

Et la filature Saint-Onge, on a du nouveau ? Pour moi, ça pue le pédophile

à plein nez.

Mais qu'est-ce qui te permet de dire une chose pareille ? Mais tout.

Bernardi, la pièce aménagée.

Aménagée ? Mais attends, si elle est vide, cette pièce.

Tu fais quoi, des bobards de Saint-Onge ? Le voyage a été trop tard, juste après

notre visite.

Les emballages de sucettes dans la bagnole. Tu le vois, toi, le cureton, en

fin de bouffer des choupa-choupi, là ? Tant plus qu'il jeûne.

Monsieur Dupuis, pauvre, votre histoire de pédophile.

Vous avez vu ça à la télé la semaine dernière, et puis maintenant, voilà,

hop, le curé pédophile.

De toute façon, ça fait toujours plaisir de cracher sur la religion.

T'as une petite frappe qui t'invente n'importe quelle salade pour se mettre à

l'abri, et toi, tu fondes. Eh, oh, oh, Polo, ça va, hein ? Capitaine Moreau, je

comprends votre indignation et je la respecte. Néanmoins, j'ai conversé

longuement avec le père Tintonge, et j'ai ressenti chez lui comme une

culpabilité. Je ne saurais vous dire l'adapture exacte de cette faute, mais

je suis certain qu'il a quelque chose à se reprocher.

Alors ? Je l'ai perdu.

Quoi ? Comment ça, perdu ? J'ai téléphoné d'une cabine, il est parti et

je ne l'ai pas vu.

Mais vous vous rendez compte ? Alors qu'il est, c'est un ton, j'ai sûrement

déjà loin.

À cause de vous, on ne le retrouvera peut-être jamais, et la petite non plus.

C'est une faute inacceptable. Je suis désolée, j'ai eu un problème de garde

avec ma fille.

Mais je m'en fous, ça ne m'intéresse pas.

Chacun ses problèmes.

Je ne veux pas que ça perturbe le travail de l'équipe, tu l'as dit mille

fois.

Caillou.

Ah, c'est Sko.

Très bien.

Je vous envoie quelqu'un pour vous remplacer.

À plus tard.

Vous avez de la chance.

Saint-Onge est rentré, c'est lui.

Bon.

On met la pression sur Saint-Onge et on laisse courir Bernardi.

Vous clôturez.

Vous transmettez ce dossier au parquet sous l'inculpation de recel.

Je vous s'intonge en garde à vue dès demain matin.

Pendant ce temps-là, moi, je suis là à être tard.

Paul, vous viendrez avec moi.

Compris ? Quant à vous, Tessier, je ne vous le redirai pas deux fois. C'est

clair. Et vous avez intérêt à faire avancer l'identification du cadavre d

'ivry. C'est pas facile.

Je veux pas le savoir.

Vous prenez la liste des disparus, vous vérifiez chaque nom un par un.

Et vous comparez avec la polymérie courte.

Je m'en fous que ça prenne des semaines.

La seule chose qui m'intéresse, c'est le résultat.

Ça fait 8 mois qu'on traîne cette affaire de merde.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a de quoi ? Faut que je te parle.

Attends, laisse-moi récupérer deux minutes.

J'ai une tasse de journée, je vais me prendre un bain.

Tu veux pas arrêter avec tes histoires de bureau ? Écoute, Vélie, j'ai pas de

vie.

Alors mettre les problèmes du bureau dans une petite case, je sais pas faire,

moi.

Je te montre pas ça.

T'existe.

C'est plus possible.

François, c'est plus possible.

On peut plus se parler sans s'engueuler.

Peu de temps qu'on passe ensemble, c'est pour se faire du mal.

Je crois qu'il vaut mieux qu'on se sépare.

C'est pour l'hiver clair.

En tout cas, pour quelque temps, quoi.

Je vais prendre mes affaires, je vais aller à l'hôtel demain.

comme tu voudras, Gilles.

Après tout, t'as peut-être raison.

Mon père, veuillez nous suivre, s'il vous plaît.

M'accorderiez-vous une faveur ? J'aimerais célébrer la messe.

Accordé. Nous ferons débuter la garde à vue à votre sortie de l'église. Nous ne

connaissions rien de cet homme.

Mais le destin l'a mis sur notre chemin.

Cet homme volait.

Il cambriolait de vieilles personnes sans défense.

Pauvres ses victimes, bien entendu.

mais pauvre surtout celui qui péchait et abusait de la confiance qu'on porte

naturellement aux hommes de Dieu. Si on m'avait dit qu'un jour je me ferais

tirer une messe pour arrêter un cure-tombe... Cet homme a été assassiné.

Je sais te comprendre.

Punition de Dieu, les voies du Seigneur sont impénétrables.

Mais il serait trop aisé de régler son sort de la sorte en oubliant un peu

rapidement le premier commandement ramené par Moïse.

Tu ne tueras point.

En aucune circonstance, Tu ne tueras ton prochain, aucune.

Nous nous tuons bien un peu tous les jours, par manque d'attention et de

considération.

Mais cette fois, un homme a tué un frère dans sa chair.

Et nous nous sentons tous révoltés par cette barbarie.

Pauvre le voleur dont le souffle s'est éteint.

Mais pauvre également son assassin, dont la vie sera désormais à jamais

tourmentée par le remords.

Dieu, accueille-les et aie pitié d'eux.

Amen.

Une petite fille.

Prêt, capitaine Cordeva ?

Beau

serment, mon père.

Très aimant, votre prêche.

l'on pourrait plaindre l'assassin tout autant que ça, je dis.

Tant je m'interrogeais, pour une fois, et si un prêtre était amené à tuer,

que diriez-vous ? Un prêtre est d'abord un homme.

Et comme tous les hommes, il peut être parfois abandonné de Dieu.

Le Christ ne l'a-t-il pas été lui-même ? Que diriez-vous pour votre paroisse ?

Vous avez retiré 50 000 francs en liquide le samedi 17 août.

La veille du meurtre.

Quelle curieuse idée.

Voyez-vous bien ce que vous avez fait de cet argent ? Je l'ai versé à Handicap en

France Internationale.

Lundi.

Le jour où vous avez commencé votre jeûne.

Coïncidence, sans doute.

Pourquoi avoir retiré cet argent en liquide le samedi 17 août ? Ce qui vous

a obligé à traverser la moitié de Paris pour trouver une agence ouverte alors

que vous auriez très bien pu attendre le lundi ou faire un chèque.

Vous prétendez n'avoir pas quitté Paris depuis 15 jours.

Alors nous avons trouvé des bons défenses en provenance d'une station

-service à Étretat, bondatée du mardi soir.

Comment expliquez-vous leur présence ?

Vos silences sonnent comme des aveux, mon père.

A moins que vous m'essayiez de courir quelqu'un.

Eh oh ! C'est pas parce que vous êtes curé qu'on va se gêner, Saint-Onge.

Je vous croyais fort avec votre petit air supérieur.

Et vous allez parler comme tout le monde, croyez-moi.

Drôle de mec, hein ? Il en casse tous les coups.

C'est quoi votre sordide à vous ?

Je ne comprends pas comment tu peux être impressionnée par un mec pareil.

Moi, il me fait gerber.

T'as la crime ici.

Si tu commences à te prendre la tête avec des mecs comme ça, t'es mal barré.

Ça veut dire quoi, ça ? Non mais vas-y, ça m'intéresse, t'es bien.

Cool, t'excites pas comme ça. Non mais dis-le ou quoi ? Je suis pas à la

hauteur, c'est ça ? C'est délire ou quoi ? Ouais, c'est ça, c'est délire.

On t'a vu avec une petite fille mardi dans la nuit, il verrait trop tard.

Une petite fille, tu comprends ce que ça veut dire ? C'est peut-être de l'amour

du prochain, ça.

J'aimerais réussir à vous comprendre, mon père.

Vous êtes accusé de meurtre et de pédophilie et vous restez superbement

indifférent.

Comment pouvez-vous concilier votre foi et de tels actes ? S'il

plaît à Dieu, qu'on soit un fils.

Bon, c'est tout pour le moment.

Nous allons vérifier vos affirmations.

On est sur le retour et on a du nouveau. On sera à Paris vers 4h.

Vous chauffez Saint-Onge, on arrive.

Mais patron, vous nous ramenez quoi exactement ?

Comment ça s'est passé ? Il a prié toute l'après-midi.

Vous avez réfléchi, mon père ? Auriez-vous quelque chose à nous dire ?

Non.

Bien.

Alors, dans ce cas, nous allons attendre.

Nous attendons quoi ? Oh, mes vos aveux, mon père.

Je vous présente Diane.

Diane de Saint-Ange.

On l'a trouvée à Étretat dans une institution privée.

Là où son père l'a ramenée.

Mardi soir.

Diane est le bonheur de ma vie.

Sa mère est morte en couche. Elle a été dure, mais je ne regrette rien.

Je suis si heureux que Diane existe.

Même si parfois je me demande s'il ne paye pas le prix fort les péchés de son

père.

Lorsqu'il vous a cambriolé, Colin a découvert l'existence de Diane.

Il a voulu vous faire chanter, c'est ça ?

Ça s'est passé l'après-midi du 15 août,

pendant que je fessiais les vêpres.

Il exigeait 50 000 francs.

Vous comprenez, si cette histoire avait été rendue publique, j'aurais été séparé

de Diane.

Colin m'a donné rendez-vous dimanche soir au bruit de Boulogne.

Mais il ne s'est pas contenté des 50 000 francs.

Il a menacé de me dénoncer à la police.

Je ne l'ai pas supporté.

Vous vous êtes battu ? Un coup de feu est parti, Colin est tombé à l'eau et

vous l'avez noyé.

Je ne me rappelle plus très bien.

Je sais que je l'ai haï à ce moment précis.

J'ai voulu sa mort.

Je ne cherche qu'une circonstance atténuante.

Je veux simplement être jugé pour le crime que j'ai commis.

Pour la justice des hommes.

En attendant celle de Dieu.

Mon père, pourquoi est-ce que vous ne nous avez pas raconté tout ça dès le

début ? Diane.

On rédigera le PV plus tard.

Comme ça ?

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