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Dans le système pénal américain,
le ministère public est représenté
par deux groupes distincts mais d'égale importance :
la police, qui enquête sur les crimes,
et le procureur, qui poursuit les criminels.
Voici leurs histoires.
Regarde ce que tu fais, greluche.
Tu allais l'envoyer comme ça. Écarte bien son chemisier.
Je me moque de ses œufs au plat. Je veux qu'ils regardent le chemisier.
Et enlève-lui ce pantalon. Ses fesses sont trop grosses pour ça.
Dis-lui d'arrêter de manger ces saletés de cheeseburgers.
Paul ne le pensait pas. Il est stressé.
Allons te trouver une jolie jupe.
- Où est Brittany, bon sang ? - Ailleurs.
- Ce n'est pas une réponse. - Elle n'est pas venue.
Cette pétasse va m'achever.
Appelle Jeri Stein. Dis-lui qu'il me faut Brittany tout de suite.
Appelez les secours.
Vite. Elle est en train de mourir.
La victime est Brittany Janaway. C'est un mannequin.
Je n'avais jamais entendu parler d'elle mais je ne m'intéresse pas à tout ça.
Ma femme et ma fille...
Concentrons-nous sur ce qui se passe ici.
D'accord, oui. Son père, le docteur Steven Janaway,
a dit qu'elle se plaignait de grosses douleurs abdominales.
Il l'a emmenée ici, elle s'est effondrée, il a tenté de la réanimer.
- Qui a appelé ? - La femme de ménage.
Et où est le père ?
Dans son bureau.
Il est anéanti.
Merci.
Bon. On est au beau milieu de la nuit et on est là pour quoi ?
- Une intoxication alimentaire ? - Je n'ai pas la cause.
Mais elle a un énorme hématome dans le bas du dos.
J'ignore de quand il date.
Ça pourrait être lié à ses douleurs abdominales ?
On devra vérifier sous le capot mais une chose est sûre.
Si je vois ma fille pliée de douleur,
je ne l'emmène pas à mon bureau.
Tu l'emmènes aux urgences.
Voilà.
Ce Janaway exerce en tant que quoi ?
Chirurgien esthétique.
C'est l'une de ses patientes ?
Non, sa fille. Elle était mannequin.
Quel âge elle avait ? La vingtaine ?
Quatorze ans.
Quoi ?
NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE
Brittany n'est pas descendue dîner, plus tôt dans la soirée.
Elle était censée travailler.
Participer à un défilé ?
Oui.
J'ai cru qu'elle dormait.
Elle avait tendance à faire une sieste, avant ce genre d'évènements.
Ils finissent souvent après minuit.
Ce mannequinat n'était donc pas qu'un hobby.
Oh non, au contraire.
Brittany avait démarré à sept ans.
Et ne la voyant pas descendre, qu'avez-vous fait ?
Je suis allé dans sa chambre.
Je l'ai trouvée
pliée de douleur.
Elle a dit d'où ça venait ?
Oui, de son abdomen.
Elle pleurait.
Et elle avait de la fièvre.
Je l'ai emmenée ici pour la soigner.
Elle s'est effondrée.
J'ai tenté de la réanimer.
Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
Docteur.
Pourquoi ne pas l'avoir emmenée à l'hôpital ?
Ça n'aurait eu aucun sens.
Mon cabinet est à trois minutes de chez nous.
J'avais tout ce qu'il fallait ici pour la soigner.
Je croyais, du moins.
Ta partie préférée.
Voici Mlle Priscilla Brown.
Dans une vie antérieure, ça t'aurait coûté 800 $ de l'heure, de la voir comme ça.
Elle aurait été bien plus vivante.
Du nouveau sur Brittany Janaway ?
Seulement le rapport préliminaire.
Je ne l'ai pas encore incisée.
Mlle Brown était là avant.
Le monde se fiche bien de savoir ce qui a tué Mlle Brown.
Elle payait ses impôts.
Et je suis sûr qu'elle déclarait le moindre sou.
Je vais chercher le dossier de Janaway.
Tu as déjà payé, pour ça ?
J'étais marié, non ?
À d'autres.
Janaway, Brittany.
Aucun signe flagrant de crise cardiaque,
d'appendicite, ou d'autre chose du genre.
Et l'hématome sur son dos ?
C'est une contusion ovale profonde, peut-être due à une chute ou à un coup.
À l'origine d'une hémorragie interne ?
Dur à dire de l'extérieur.
De quand date la blessure ?
De deux semaines environ.
Elle avait aussi des coupures vieilles d'un mois à l'avant-bras.
Quatre. Superficielles. Faites avec un objet aiguisé.
Une tentative de suicide ?
Elles ne sont pas au bon endroit.
Je pense à de l'automutilation.
C'est fréquent, chez les adolescentes.
Les ados mal dans leur peau.
Tu parles d'un conte de fées.
Je l'avais déjà vue en photo. Je n'imaginais pas qu'elle avait 14 ans.
Sous les paillettes et le glamour se cachait une gamine malheureuse.
L'hématome ?
Et l'automutilation.
Cette gamine allait mal.
Des suspects potentiels ?
Ses parents.
Son père aurait dû l'emmener à l'hôpital.
L'hôpital aurait signalé ces bleus aux services sociaux.
Si les parents étaient liés à sa mort,
ils n'auraient pas demandé à la mairie d'exiger des résultats de notre part.
Tu as reçu des appels ?
Déjà trois. La famille de la mère est hyper connectée à la mairie.
Allez parler aux Janaway.
Et s'il vous plaît, restez cordiaux.
DOMICILE DES JANAWAY VENDREDI 23 OCTOBRE
Sauriez-vous d'où venaient ses blessures ?
La légiste pense que l'hématome a deux semaines.
Non.
Et lorsqu'elle n'était pas à la maison, elle parlait à des gens ?
Si elle n'était pas là, elle travaillait.
Elle passait beaucoup de temps avec son agent, Jeri Stein.
C'était un peu son chaperon.
Quelqu'un s'en serait pris à ma Brittany ?
On s'interroge au sujet de son hématome et des coupures sur son bras.
"Des coupures" ?
Vous ne les aviez pas vues ?
J'avais vu des griffures. Elle disait que c'était le chat.
La légiste pense qu'elle se les infligeait.
Oh, bon sang.
Je l'ignorais.
Brittany ne se plaignait jamais.
Passait-elle beaucoup de temps avec son agent ?
Sachez que je n'ai jamais senti les gens avec qui elle travaillait.
Elle était si jeune et crédule.
Je n'aurais jamais dû donner mon accord.
Brittany était innocente pour son âge. Elle était très photogénique.
Votre agence a déjà entendu parler des lois sur la pédopornographie ?
Nos clients veulent un look lolita.
Le but est de vendre des tenues.
On s'assure qu'elles les gardent sur elles.
Et une fois les projecteurs éteints ?
Quelqu'un lui causait des ennuis ?
Pas en ma présence.
Et en votre absence ?
Mme Janaway ne sentait pas l'équipe avec qui travaillait sa fille.
- Elle m'inclut dans le lot ? - Elle ne vous a pas nommée.
Brittany avait un gros hématome en bas du dos.
Pourriez-vous nous dire comment c'est arrivé ?
En tombant dans son bain ?
Ou quelqu'un lui est tombé dessus.
Eh bien, tout le monde la voulait. En tout bien tout honneur.
En tant que chaperon, vous deviez gérer tout ça.
"Chaperon" ? Mais bien sûr. Je gère la carrière de 30 filles.
C'est à leurs mères de jouer les baby-sitters.
Réfléchissons.
Ses blessures ont deux ou trois semaines.
Pour qui travaillait-elle, alors ?
Elle faisait des essayages avec Paul Delacourte
pour le défilé auquel elle devait participer hier soir.
Il la demandait très souvent, depuis deux mois.
Delacourte est quel genre de type ?
Disons qu'il aurait mérité de se prendre une balle à South Beach l'été dernier.
Mes filles bossent pour lui parce qu'il est très médiatisé.
Si Delacourte a fait ça, jamais je ne le lui pardonnerai.
SHOWROOM DELACOURTE VENDREDI 23 OCTOBRE
Ce sont des pimbêches pourries gâtées.
Vous avez déjà croisé le regard d'un mannequin ?
Pas depuis mon incartade avec Jean Shrimpton.
C'est comme croiser celui d'une chèvre.
Le vide intersidéral.
Vous les traitez comme des bêtes de ferme ?
Je ne les paie pas 10 000 $ par jour uniquement pour porter mes tenues.
Elles doivent aussi me supporter.
Ça valait pour Brittany Janaway ?
Elle ne touchait que 8 000 $ par jour. Je lui criais moins dessus.
Et comment ça s'est passé, il y a trois semaines ?
Elle était incapable de rester immobile.
Même sous les coups et les cris ?
Je ne l'ai jamais frappée.
Je ne suis pas bête.
Brittany me rapportait une fortune.
Quelle que soit sa tenue, toutes les ados voulaient la même.
De vrais moutons.
Encore des bêtes de ferme ?
Il nous faudrait la liste de toutes les personnes sur place
quand vous travailliez avec Brittany, il y a trois semaines.
Je n'ai pas ça sur moi. Demandez-la au bureau.
Et si on a besoin de vous contacter ?
Je passe encore trois jours ici,
puis une semaine à Milan, puis deux jours à Paris et retour à Milan.
Ma vie
est un calvaire.
Retourne-toi. Super. Souris. Parfait. Suivante.
On peut parler mais je dois me changer. Ma voiture arrive.
Pas de problème.
C'est affreux, pour Brittany. Elle était anorexique ?
On ignore ce qui l'a tuée.
Vous auriez travaillé avec elle pour Delacourte, il y a quelques semaines.
Oui, elle n'avait pas l'air malade.
Comment la traitait Delacourte ?
Qui ? Paul ?
C'est un gros bébé. Il crie, jette des trucs.
Cassie, vous m'entendez ?
Oui.
Vous parliez avec elle, non ?
Oui, mais on ne se fréquentait pas.
A-t-elle dit quoi que ce soit sur Delacourte ?
S'il lui arrivait de la toucher ou de la frapper ?
Non.
Elle avait un hématome dans le dos. L'auriez-vous remarqué, ce jour-là ?
Non, et je l'aurais vu.
On s'était changées ensemble, avant de rentrer.
C'est le vôtre ou le mien ?
Le mien. C'est Rodgers.
On va me déposer en cours et le chauffeur doit me biper.
Quelle université ? Celle de New York ?
L'université ? Mais non. Je suis en quatrième.
Brittany n'était pas épanouie. Le mannequinat la fatiguait.
- Pourquoi ça ? - Elle trouvait ça craignos.
On parlait de devenir actrices. Ce n'est pas sorcier.
Comme le dit Brooke Shields : "Ça revient à poser en bougeant."
Cette fois, c'est le mien. Je file. Ciao.
Cette gamine a l'éternité devant elle avant d'être en âge de voter.
Encore cinq ans. Espérons qu'elle tiendra le coup.
J'ai retrouvé des éruptions maculaires sur 30 % de son corps.
Une réaction anaphylactique.
C'est une allergie ?
On peut dire ça.
Elle avait des toxines staphylococciques dans le sang.
On est censés deviner ça aussi ?
Un choc toxique.
Ce qui l'aurait tuée ?
Oui. Ça commence par de la fièvre, puis de grosses douleurs, une irritation,
puis les toxines s'accumulent et finissent par être fatales.
Tout ça prend combien de temps ?
Deux semaines.
Qu'est-ce qui a pu causer ça ?
Mon examen a révélé une irritation des parois vaginales
qui n'a pas été traitée et a donné lieu à une infection staphylococcique.
La blessure était grave ?
Elle était à vif.
On l'a violée.
Et comment.
On la viole et elle ne le dit à personne ?
Elle devait garder un sourire de façade.
C'était sûrement très douloureux.
C'est certain ? Le viol a causé ce choc toxique ?
Rodgers nous l'a garanti à 100 %.
Et ce Delacourte est branché gamines ?
Il m'a l'air d'avoir du mal à se contenir
mais on a parlé aux gens présents quand Brittany travaillait.
Il ne s'est sûrement rien passé.
Ensuite, il était à l'étranger et a des factures pour le prouver.
Et après Delacourte, on n'a plus de suspects.
Elle a pu ne pas parler du viol du fait de connaître l'agresseur.
Le docteur Janaway redevient notre suspect.
Allons manger un bretzel. Je vous l'offre.
Les voilà.
Inspectrice,
qu'avez-vous à déclarer au sujet de ce meurtre ?
Qui a parlé de meurtre ?
A-t-on vraiment violé Brittany Janaway ?
Pas à ma connaissance.
La cause du décès établie à l'autopsie n'est pas un viol brutal ?
Je n'ai rien lu de tel.
Paul Delacourte reste suspecté ?
Sans meurtre avéré, il ne peut y avoir de suspects.
Nous vous contacterons si nécessaire.
Veuillez m'excuser, je vais m'acheter un bretzel.
Nous anticipions de tels commentaires au sujet de cette affaire explosive
mais des sources anonymes ont confirmé à News 14
que la cause du décès est un viol
et que des grands noms de la mode font partie des suspects.
Le chirurgien esthétique de Park Avenue Steven Janaway reste cloîtré chez lui
avec sa femme Gayle dans leur maison de l'Upper East Side
et Jeri Stein de l'agence Venus a organisé une cérémonie...
Ces sources anonymes ne seraient pas de la maison, par hasard ?
Ces fuites ne viennent pas de mon équipe.
Ils ont obtenu le rapport d'autopsie avant nous.
Je veux que ces fuites cessent, inspectrice.
Devrais-je vous dresser une liste, tant qu'à faire ?
Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.
Une telle affaire est vouée à fuiter.
Autant se faire à l'idée.
Non, ça ne me suffit pas.
Le temps de présenter l'affaire au jury,
les détails serviront d'indices dans les mots croisés du Daily News .
Ce qui pourrait être le but
d'avoir fait fuiter ces infos.
Les Janaway connaissent des gens
qui connaissent des gens au sein de la police.
Les Janaway seraient cette source anonyme ?
Pourquoi pas ? Si on leur a dit
que cette enquête risquait de leur retomber dessus,
ces fuites peuvent très bien être une mesure de précaution.
L'équipe a parlé à Mme Janaway de son mari et de sa fille ?
Ils vont essayer aujourd'hui.
Bien.
Cette fois, tentons de garder une longueur d'avance sur les médias.
Les voilà.
- Qu'allez-vous demander aux Janaway ? - Pas de commentaire.
Savez-vous que Paul Delacourte part en Europe demain ?
Pas de commentaire.
Brittany avait-elle un pentacle scarifié ?
Cause toujours.
Virez-moi ça. Allez, poussez-vous.
Et si vous répondiez ?
Et si tu me laissais passer avant de te faire coffrer ?
Ça va. Ça suffit.
Quiconque fait un pas de plus sera grillé à vie.
Plus un seul flic ne vous parlera. Allez, dégagez.
Allez vous trouver un accident.
Madame, ce n'est que nous.
Non, désolée.
On veut seulement discuter.
On peut le faire ici devant ces vautours ou à l'intérieur.
Mon mari n'est pas là.
Nous voulions justement vous parler.
Je crains que ce soit impossible.
- Qui êtes-vous ? - Leslie Drake. L'avocat des Janaway.
Et vous ?
L'inspecteur Lennie Briscoe et l'inspecteur Reynaldo Curtis.
On sait ce qu'on fait ici mais vous ?
Je veille sur les Janaway.
Très bien mais vous ne nous empêcherez pas de lui parler.
Gayle, souhaitez-vous parler à ces messieurs ?
Non, pas sans Steven.
Voilà.
C'est par là.
À bientôt.
Tout ce que je peux dire, c'est que Mme Janaway n'est pas suspectée.
Et monsieur Janaway ?
Rien ne laisse penser qu'il devrait être suspecté non plus.
Alors expliquez-moi.
Pourquoi vouloir parler à sa femme en son absence ?
Pour aborder des sujets sur sa fille
qui la mettraient mal à l'aise devant son mari ?
Non, concernant Brittany,
les Janaway n'ont aucun secret l'un pour l'autre.
Je préférerais laisser la police en juger.
Non. Voilà la règle.
Ils peuvent parler à la police quand bon leur semble. Ensemble.
Pas d'interrogatoire individuel.
Nous déciderons d'une durée raisonnable et bien sûr, ce sera en ma présence.
Devrions-nous vous soumettre la liste des questions, en prime ?
Traiter avec Saddam Hussein serait plus simple.
Possible.
Et vous devrez nous prévenir 24 h à l'avance.
De quoi vos clients ont-ils peur, M. Drake ?
Ce dont ils ont peur ?
Ils ont peur d'une police responsable de plus de fuites
que l'Exxon Valdez.
D'un engouement médiatique
et de faire la une de toute la presse à scandale du pays.
Un détail vous échappe peut-être.
Ils ont perdu leur fille.
Devraient-ils faire leur deuil au journal de 18 h ?
Ça n'arrivera pas. Je suis là pour les protéger.
Ils ne se feront pas broyer par votre machine médiatique.
N'imaginez pas un instant pouvoir chapeauter l'enquête.
Les inspecteurs Briscoe et Curtis seront chez vos clients
demain matin à 9 h.
S'ils ne répondent pas présents à l'entretien,
ils le feront devant un jury.
Vous voilà prévenu. Bonne soirée.
Dites-leur qu'ils auront du café et des donuts à leur arrivée.
Brittany avait un petit ami ?
Non, je le lui interdisais. Elle était bien trop jeune.
Était-elle en contact avec quelqu'un, ces 15 derniers jours ?
Un ami de la famille ? Un proche ?
Mon frère et sa famille sont venus dîner, jeudi dernier.
Brittany jouait avec ses cousines dans sa chambre.
Pas de garçons ?
Deux filles de dix et 13 ans.
Est-ce qu'elle...
Est-elle restée seule avec votre frère ?
Non.
Cette suggestion me révulse.
J'ai une question, inspecteur.
Comptez-vous remonter l'arbre généalogique jusqu'à ce qu'un pervers en tombe ?
Nous devons le demander, pour procéder par élimination.
Il nous faudrait la liste
de tous vos employés, les anciens comme les actuels :
domestiques, baby-sitters...
Tenez.
Elle remonte à l'époque où Brittany était bébé.
Tous les numéros et les adresses sont actualisés.
Je parie que vous étiez boy-scout.
Madame Janaway,
quelqu'un susceptible de l'avoir fait vous vient-il à l'esprit ?
N'importe qui ?
Non, désolée.
Je vois que plusieurs de ces personnes habitent à Baltimore.
Oui, c'est là que Brittany est née et a grandi.
Vous vivez ici depuis quand ?
- Deux ans. - Vous allez souvent à Baltimore ?
Oui, j'y ai toujours des patients. On a gardé notre maison.
Quand y êtes-vous allés ?
Il y a deux semaines.
Vous n'étiez que tous les trois ?
Leslie, ça suffit.
Bon, messieurs. On va s'arrêter là.
On s'échauffait à peine.
S'échauffer ?
Tout ça vous amuse ?
D'être assis là à boire du café et à jouer les voyeurs ?
Quelqu'un a tué notre fille.
Comment osez-vous ?
Au moins, ces donuts étaient bons.
Entre deux bouchées, vous avez relevé quelque chose ?
Pas de faux pas, pas de réaction suspecte. Il sait se contenir.
Et sa femme ?
La mère endeuillée ? Elle m'a l'air sincère.
Si le mari abusait de sa fille, elle n'en savait rien.
Ou ne voulait pas le voir. Chargez-vous de la liste.
Quelqu'un gardait peut-être les yeux ouverts.
Comment opérer à Baltimore ?
Il y a cette domestique : Helen Caine. On devrait lui parler.
On connaît du monde, là-bas.
Pembleton ?
Non, ce type dont je me tapais l'ex-femme.
Dis-lui d'être un peu plus précis.
Le piètre joueur de billard.
Munch ?
BRIGADE CRIMINELLE DE BALTIMORE LUNDI 26 OCTOBRE
Tu te dis capable d'identifier une transsexuelle ?
Sans souci.
Ce n'est pas comme remarquer les bois d'un cerf.
Le matos est bien là.
Son origine est tout autre.
Arrête un peu avec tes histoires de radar propre aux latinos.
- Il y en a une chez nous. - Sérieux ?
Je te le dis. Téléphone.
Un Glen ou une Glenda avec un badge ?
Tu devrais répondre.
Qui c'est ?
Qui c'est ? Allez, Falsone. Réponds.
Brigade criminelle, inspecteur Munch.
Comment ça : "Tu te souviens de moi" ? Qui c'est ?
Gee.
Tu ne devineras jamais qui c'est.
Comment va, Lennie ?
L'inspecteur Briscoe n'a pas donné plus d'infos ?
Non, seulement que Brittany Janaway est morte à New York avant-hier.
Et sa famille vient encore à Baltimore ?
Oui, ils ont une maison à Roland Park.
Le père est chirurgien esthétique.
Il s'est fait son beurre sur des gens riches au physique ingrat.
Il a besoin que vous interrogiez du monde pour faire le tri ?
Exactement. Ce Briscoe ne doute vraiment de rien.
- Fais-le. - Pardon ?
Munch,
le fait que Briscoe s'est peut-être tapé ta première ex-femme
ne change rien au fait que ce type est agent de police
et un membre de notre grande famille.
Même s'il nous appelait
pour un vol de boudoirs, on l'aiderait.
D'accord. Mais comment tu sais que Briscoe se tapait Gwen ?
Qui te dit que je ne me la tapais pas aussi ?
Allez, sors d'ici, Munch.
Hé, Falsone. J'ai besoin de compagnie.
J'attends Meldrick.
C'est moi qui régale.
Meldrick qui ?
Inspectrice, voici M. Drake, l'avocat de M. et Mme Janaway.
Ah, M. Drake. J'ai entendu parler de vous.
- L'inspecteur Profaci. - Bonjour.
- Enchanté. - De même.
Quel bon vent vous amène ?
Je vous présente M. John Law de Los Angeles.
Un ancien du FBI spécialiste en sciences comportementales.
Il est profileur.
John Law. Il s'agit de votre vrai nom ?
Monsieur Law s'est penché sur l'enquête et a établi le profil du suspect.
Ah, formidable. Déposez ça à l'accueil. Merci beaucoup
et bonne journée.
Pardon.
J'ai un courrier de la mairie
qui vous ordonne d'en tenir compte sur-le-champ.
La victime était une adolescente surveillée de près.
L'agresseur a dû passer un certain temps à l'observer
et planifier l'agression.
Vous me suivez, jusque-là ?
Il l'épiait. J'ai compris.
L'assaillant a un métier qui lui permet de jouir d'une mobilité
et de temps sans être surveillé.
Il est célibataire, de classe moyenne,
vit seul ou avec une femme autoritaire.
Et voici le point le plus important.
Enfin.
La victime connaissait l'agresseur.
Le silence de la victime était garanti par une menace potentielle réelle
à l'encontre d'un proche ou d'un animal de compagnie.
Bon. Pour ce qui est de la stratégie d'enquête,
je suggère de consulter le casier des domestiques, des baby-sitters...
Mes inspecteurs le font déjà.
Et de s'intéresser aux petits amis, aux hommes dans son entourage.
Et de déclarer à la presse que vous êtes sur le point d'identifier la victime.
Cette stratégie a déjà porté ses fruits.
Pourquoi ne pas laisser M. Drake tout balancer à la presse ?
Je n'apprécie pas.
Je n'en doute pas.
Qui a payé pour tout ça ?
Mes clients l'ont fait.
Monsieur Law sait-il que vos clients
n'ont pas été écartés en tant que suspects ?
Je les ai écartés.
C'est une évidence.
Eh bien, merci pour votre visite.
DOMICILE DES JANAWAY MARDI 27 OCTOBRE
Hé.
C'est ça. J'ai déjà appelé la police.
Madame, nous sommes de la police.
Inspecteur Falsone et voici l'inspecteur Munch.
Que faites-vous à rôder ici ?
Nous aimerions parler à une domestique : Helen Caine.
- Elle travaille pour les Janaway. - Pas aujourd'hui. Elle est de repos.
C'est donc là que vivent les Janaway ?
Parfois, oui.
Pardon. Vous êtes ?
Sadie Appleyard.
Madame Appleyard, quand ils ne sont pas là, où sont-ils ?
À New York.
Savez-vous de quand date leur dernière visite ?
Évidemment. Je surveille le quartier. Je note absolument tout.
Quand était-ce ?
Vous savez très bien que c'était il y a deux semaines et demie.
Et pourquoi on le saurait ?
Car je vous ai signalé la présence d'une personne suspecte.
Ah oui. Rappelez-moi la date.
Le jeudi 8.
Deux agents de police sont venus prendre votre déclaration ?
- Oui. - Et voilà. D'où notre venue.
Ces deux idiots l'ont perdue. Il faudrait nous la résumer.
Comme je leur ai dit, il était environ 20h45
quand j'ai regardé par la fenêtre de ma cuisine
et vu un taxi garé devant.
Et alors que je me retournais, je l'ai vu.
Vu qui, madame ?
Ce jeune homme, juste là, qui regardait à l'intérieur.
J'ai verrouillé la porte de derrière et j'ai appelé la police.
Quand je suis revenue voir, il avait disparu.
Vous souvenez-vous si ce jeune homme était blanc ou noir ?
Entre les deux. Il avait l'air hispanique.
"Entre les deux."
"Depuis la mort de Brittany, le suspect peut avoir changé d'apparence.
"Il peut avoir trouvé refuge dans la religion et aller à la messe.
"Il peut s'être mis à boire ou à se droguer."
J'hallucine.
C'est dans le Baltimore Sun. Il y a même un numéro vert.
BUREAU DE LESLIE DRAKE MARDI 27 OCTOBRE
Ça ne veut pas dire que nous jouons les détectives privés.
Nous transmettons la moindre piste à la police.
Vous offrez une prime de 250 000 $.
Avez-vous idée des fausses pistes que ça va susciter ?
Si la moindre d'entre elles est bonne,
mes clients auront fait un excellent investissement.
C'est une perte de temps colossale pour la police, M. Drake.
Je vous avais sommé de ne pas perturber l'enquête.
Quelle enquête ?
J'ai proposé à la police les services d'un profileur hors pair du FBI
et qu'ont-ils fait ?
Ils ont mis son rapport de côté, ont ignoré ses conseils
et lui ont quasiment ri au nez.
Ils se sont montrés bien plus gentils que je ne l'aurais été.
Si je suis témoin de la moindre élucubration de plus,
je m'assurerai que le Conseil de l'Ordre vous sanctionne pour faute grave.
Je vois. Vous allez vous en prendre à l'avocat des Janaway,
tandis que l'assassin de leur fille court toujours ?
Je doute que ce soit bien vu.
Déjà mieux que vos agissements.
Faire fuiter des preuves, publier des profils de suspects...
Vos clients m'ont tout l'air de vouloir influencer le jury.
Ils sont plus suspectés que jamais.
Comment dire une chose pareille ?
Vous savez quoi ? Vous avez un sacré culot.
Et je vais vous dire une chose.
Entamez le moindre début de démarche à l'encontre de mes clients
et je vous poursuis pour diffamation et poursuites abusives.
Nous poursuivons qui nous voulons quand nous voulons.
Je vous déconseille de faire obstruction.
Je la ferai publier du lundi au dimanche pendant deux semaines.
Et la moindre piste que j'obtiendrai
sera remise à la police.
Et j'exige qu'ils creusent chacune d'entre elles.
Vous n'avez aucun ordre à nous donner.
Faites capoter cette enquête et je vous fais radier.
Les Janaway seront vos derniers clients dans l'État de New York.
Appelle le service de presse. Dis-leur de publier un communiqué.
Quelque chose d'efficace : "Si nous n'encourageons pas
"ces remises de prime,
"nous savons combien les Janaway veulent attraper le coupable.
"Nous en appelons à votre responsabilité citoyenne."
On pourrait ignorer l'annonce.
Trop tard. On doit se prêter au jeu.
COMPAGNIE DE TAXIS BINGO CAB MARDI 27 OCTOBRE
Excusez-moi. Monsieur Virgil Pipino ?
Oui.
Inspecteur Munch, police de Baltimore.
Ah. J'ai des ennuis ?
Laissez-moi terminer, d'accord ?
- Pardon, chef. - Ce n'est rien.
Bon. Il y a deux semaines, avez-vous eu une course...
Le 9, pour être précis.
Avec un jeune garçon hispanique dans la vingtaine ?
Oui, oui. Il se trouve que oui.
Où l'avez-vous pris ?
À la gare.
Il vous a dit son nom ?
Non.
A-t-il dit d'où il venait, par hasard ?
Oui, je le lui ai demandé car il portait une casquette des Mets.
Et les Orioles ont joué contre eux cet été.
Voilà pourquoi.
Où l'avez-vous déposé ?
À une maison dans Roland Park.
Vous êtes reparti ?
Oui.
Merci, monsieur.
Le truc bizarre,
c'est que je me suis garé à deux rues pour faire la sieste
et j'ai reçu un appel.
Je me suis réveillé et j'ai vu ce même jeune courir devant mon taxi.
Génial. Bien, merci.
C'était Munch. On leur a signalé qu'un jeune latino
rôdait près de chez les Janaway il y a deux semaines.
Un taxi l'a pris à la gare et il portait une casquette des Mets.
Il était de New York.
Dans ce cas, il connaît bien la famille.
Les Janaway n'ont pas l'air du genre à fréquenter
la communauté latino.
Allons voir les domestiques et les baby-sitters.
C'est quoi ?
Des pistes. Par milliers.
Transmises par la cellule d'écoute des Janaway.
Comme si on n'avait personne à interroger.
Elle dit vouloir parler aux inspecteurs chargés de l'enquête.
Elle a évoqué la prime ?
Non.
Elle dit que ça la travaille, depuis que cette fille est morte.
Installe-la. Je vais lui parler.
Compris.
Je suis leur femme de ménage depuis trois ans.
Mme Janaway
aimait que ses chaussettes soient triées par couleur dans son dressing.
Pareil pour ses sous-vêtements et ses pulls.
Elle était du genre maniaque. Elle remplissait ses chèques à la machine.
Mlle Cottone, pensez-vous savoir qui a agressé Brittany Janaway ?
Oui, je crois.
Quel que soit le nom donné, nous devrons interroger cette personne.
Vous me suivez ?
Oui.
Et s'il s'agit d'une histoire
pour créer des ennuis à quelqu'un ou tout autre motif,
vous risquez d'être poursuivie.
- C'est compris ? - Oui.
Bien. De qui s'agit-il ?
Du fils d'Ana Ramirez. Johnny.
Qui est Ana Ramirez ?
Elle était baby-sitter pour les Janaway, avant de démissionner il y a un an.
Pourquoi penser que son fils l'ait fait ?
Johnny n'arrêtait pas d'épier Brittany en cachette.
Je n'aimais pas ça. J'en avais parlé à Ana, d'où sa démission
avant que Johnny n'ait des ennuis.
Johnny vous a déjà causé des ennuis ?
Non, il était gentil.
Mais il ne cessait de fixer Brittany de cette façon.
Je pense qu'il avait un problème.
On ne fera aucun mal à Johnny, Mme Ramirez.
On veut lui parler.
Si ce n'est pas lui, il ne risque rien.
Et si c'est lui, il doit se faire aider avant de s'en prendre à une autre.
Il n'a pas fait ça. Il respectait Brittany.
Il lui prêtait énormément d'attention. D'où votre démission.
Madame Ramirez, il a été vu à Baltimore il y a deux semaines.
Devant chez les Janaway.
Ce n'était pas lui.
Un supporter des Mets.
Non, ce n'est pas lui.
Il ne porte pas une casquette des Mets ?
Son lycée les offre.
Oh là là.
Dites-nous où le trouver.
Il a une chambre de bonne sur la 126e Est. Pitié, ne lui faites pas de mal.
C'est un gentil garçon.
Je lui ai dit d'arrêter de penser à elle
mais il disait qu'ils l'exploitaient pour gagner de l'argent.
Il disait vouloir la sauver.
John Ramirez. Police. Ouvre.
Allez, ouvre-nous.
La soupe est encore chaude. On a dû le prévenir.
Rey.
Où étiez-vous ? J'ai appelé il y a une heure.
Dans les bouchons.
Vous conduisez une voiture de police. Servez-vous de la sirène.
Il y a le feu ou quoi ?
À New York. Ils tenaient presque votre fameux suspect, Johnny Ramirez.
Ils ont perdu sa trace.
- Vous pensez qu'il revient ici ? - Non, je pense que vous partez là-bas.
J'ai parlé au procureur Jack McCoy à New York.
Ce Ramirez est soupçonné d'avoir harcelé Brittany Janaway
mais il n'a rien dit de plus.
Ils nous cachent les infos ?
Je ne crois pas mais il est fort possible
qu'une partie du crime ou tout le crime ait eu lieu ici.
J'ai demandé à Cox d'appeler le légiste à New York.
Brittany Janaway est morte d'une sorte d'infection sanguine
suite à une agression sexuelle.
Si Ramirez est bien notre homme,
il a pu la violer quand elle était ici,
auquel cas l'affaire nous revient.
S'ils le retrouvent, je veux que vous l'interrogiez là-bas.
Et ensuite ?
Ramenez-le ici.
Soit il a été alerté par sa mère, soit il a vu la pleine page de Drake.
Ravi de voir que quelqu'un continue à lire le journal.
A-t-on la moindre chance de retrouver M. Ramirez ?
La police parle à sa mère.
Ils l'ont signalé à l'Amtrak ici et à Baltimore
et j'ai reçu un appel d'Ed Danvers,
du bureau du procureur de Baltimore.
C'est marrant. Son chef m'a appelé.
Danvers nous envoie deux inspecteurs par le train.
Quand ils seront là, assure-toi qu'ils la jouent réglo.
Il réclame son dû.
Placez déjà ce suspect en détention. Vous vous chamaillerez ensuite.
Prends un valium, Jack.
Channel 4 veut que tu commentes cette bande.
Elle passera aux infos de 18 h.
Johnny Ramirez s'était fait arrêter pour cambriolage il y a deux ans.
Il était en liberté conditionnelle.
Il est désormais avéré qu'il a violé
et entraîné la mort de Brittany Janaway.
Une fois de plus, la police l'a laissé filer entre ses doigts.
C'est une honte.
Le Dr Janaway et Mme Janaway ont fait tout ce qui était en leur pouvoir
pour aider au bon déroulement de l'enquête.
La police les a réprimandés.
La tâche vous revient donc, chers concitoyens,
de les aider à retrouver cet homme.
Quiconque sera pourvu d'informations permettant de capturer
et de faire condamner cet homme
percevra la somme de 250 000 $.
Il a mis la tête de Johnny Ramirez à prix.
Je vais lui clouer le bec.
Merci pour cette information.
Non, madame. Nous devons l'arrêter avant d'offrir cette récompense.
On n'avancera rien du tout. Merci pour votre appel.
Ils ne passent même plus par le numéro vert.
Ils appellent directement au poste.
Mme Ramirez a dit quelque chose ?
Non, seulement que John était une grenouille de bénitier.
Une équipe campe devant son église.
Qu'en est-il de de ses proches ?
Oui ?
John.
Voici l'inspecteur John Munch de la brigade criminelle de Baltimore.
Il s'est chargé de l'attentat dans le métro.
- Inspecteur Paul Falsone. - Enchantée.
Rey Curtis.
Le fameux père de famille ?
- Ça va, Rey ? - Bien, bien.
Que faites-vous là ?
Je cherche de la poitrine de bœuf. C'est introuvable, à Baltimore.
Avant que les esprits ne s'échauffent...
Ils ne piqueront pas notre affaire.
Les blessures qui ont causé la mort de Brittany
ont été infligées dans notre ville.
C'est une théorie à creuser, inspecteur.
Mettez-les à l'aise.
Vous vous faites livrer ?
Le Carnegie Deli te va ?
BUREAU DU JUGE BARRY MCLELLAN JEUDI 29 OCTOBRE
Mes clients ne sont pas accusés
et ne sont inculpés d'aucun délit, à ce que je sache.
De ce fait, eux comme moi pouvons parler à la presse quand bon nous semble.
Monsieur le juge, j'ai demandé un procès aux assises.
Je présente à monsieur et madame Janaway leurs citations
à comparaître devant ce jury. Mlle Ross.
Je vous demande de leur ordonner, ainsi qu'à leur avocat,
de ne plus parler de cette affaire.
C'est absurde.
Cela n'a rien à voir avec leur témoignage mais ne vise qu'à les faire taire.
Ces citations à comparaître ont été remises.
Leur motif n'est pas sujet à discussion.
C'est de l'abus de pouvoir.
Si M. Drake veut le contester, il dispose de 30 jours.
D'ici-là, vous avez le pouvoir d'ordonner à toutes les parties et aux témoins
de garder le silence
et de poursuivre quiconque enfreindra cet ordre pour outrage.
Monsieur Drake,
une fois cette citation remise à vos clients, c'est terminé.
Monsieur le juge, si je peux me permettre,
nous assigner de la sorte équivaut à une ordonnance de non-publication.
Et je compte faire appel.
Faites appel si ça vous chante mais je valide cette assignation.
Et je vous déconseille fortement, à vous et à vos clients, de passer aux infos.
Les clients de M. Drake ont aussi publié une remise de prime à 250 000 $.
J'ordonne son retrait sur-le-champ.
- Curtis ? - Oui ?
Tu dois être latino.
Péruvien, indien, anglais, allemand et américain.
Ton repas de Thanksgiving doit valoir le détour.
Vous avez bouclé l'affaire ?
Oui.
Ramirez s'est rendu et demande qu'on lui reverse la prime.
Sa copine va peut-être le balancer.
Encore faut-il en avoir une.
Il m'a plutôt l'air du genre à passer ses samedis soirs à s'astiquer le poireau.
Statistiquement, quand un enfant meurt,
les parents sont toujours impliqués.
Oui. Si tu dis qu'on perd notre temps,
je te rappelle que c'est vous qui avez parlé de Ramirez.
Je garde l'esprit ouvert, Lennie. C'est tout.
Il la suivait à la trace.
Vous avez vu son agenda. Il allait partout où elle était.
Ses défilés, ses apparitions en public avec la date et l'heure.
Il doit se sentir seul. Qui a pris celui à la dinde ?
Oui. Et il est désormais bien plus simple de la pister.
Le premier de la pile, John.
Le cimetière de Green-Wood.
- On y va. - Oui.
Ces vestes noires tiennent drôlement chaud.
Walt Whitman et Montgomery Clift sont enterrés par là.
Je préfère que ce soit eux.
Ce Johnny nous colle la honte. S'il ne rapplique pas,
nos coéquipiers vont nous mettre en maison de retraite.
Dire qu'on a dépensé 20 $ pour des marguerites.
Oui, je me disais justement qu'elle aimait bien les iris.
Qui ? De quoi tu parles ?
Gwen. Je sais que tu meurs envie d'en parler.
Je n'ai pas du tout envie d'entendre parler de cette grue.
J'ai toujours son numéro.
Olivia a sept ans, Serena vient d'en avoir cinq et Isabel a trois ans.
Ah oui ? Danny a trois ans.
Oui ?
Bientôt trois ans et demi.
C'est un âge super.
Je ne le vois pas souvent.
Pas facile, j'imagine.
J'espère qu'ils ne se sont pas plantés.
Regarde où ils l'ont mise. Personne ne la voit.
Ils l'ont fait entrer là comme une sardine.
Ma sœur est morte à dix ans.
Dans un accident de voiture.
Mon père disait
qu'il n'y a rien de pire que de survivre à son enfant.
Palm Beach ? Tu parles d'une vie.
Tu peux te promener sur la plage, draguer des bourgeoises divorcées.
C'est ça. "Lennie Briscoe, maître-nageur."
Le voilà. Rey.
Johnny ?
Mets-toi à genoux.
Ne t'enfuis pas.
Je t'avais dit de ne pas t'enfuir.
Merci d'être passé, Johnny.
SALLE D'INTERROGATOIRE DU 27E DISTRICT LUNDI 3 NOVEMBRE
Je ne lui ai pas fait de mal.
Je l'aimais. Elle était magnifique. Comment lui faire du mal ?
Je sais que tu crois en Dieu.
Tu crois en Son pardon ?
C'est pour ça que tu venais au cimetière. Pour demander pardon. Pas vrai ?
Tu peux l'obtenir, Johnny.
Tu dois avouer tes péchés.
Je l'aimais. En quoi ce serait un péché ?
Arrête ton prêchi-prêcha.
Tu t'es servi de quoi ? De tes mains ? D'un bâton ?
Non, je ne lui ai rien fait.
Continue à me mentir et tu sais ce qui t'attend ?
Je vais te réduire la tronche en miettes. Arrête tes bobards.
Pitié. Je ne lui ai fait aucun mal.
On t'a vu à Baltimore, John. Le chauffeur de taxi, les voisins.
Ils t'ont tous vu.
Non.
Tu étais là, John. Tu portais ta casquette des Mets.
Non.
Écoute, mon grand. Je suis ton seul allié, dans cette salle.
Ces autres types veulent te faire condamner à mort.
Dis-moi ce que tu as fait et tu n'auras pas à y passer.
Je n'ai rien fait.
Tu as violé cette fille, John. Allez. Sois un homme. Avoue.
Dis-moi que tu l'as violée.
Non, je n'ai pas fait ça.
Ce n'est pas grave, si tu les aimes jeunes.
J'ai croisé des tas de types qui ont les mêmes penchants.
C'est quoi ?
C'est mon badge, histoire de pouvoir aller tout seul aux toilettes.
"Spectateur Moine" ?
C'est "inspecteur" avec un "I". "Munch" comme "brunch".
Un "moine spectateur". Une sorte d'ange déchu.
Voilà ce qu'était Brittany.
Bien sûr. Je te suis.
Tu disais à ta mère vouloir la sauver.
C'est pour ça que tu es allé à Baltimore ?
Vouloir la sauver est louable, Johnny.
Si tu es allé à Baltimore pour ça, tu peux l'avouer sans problème.
Oui, j'y étais.
Chez elle ?
Oui, je voulais seulement lui parler.
Lui parler de quoi ?
Ils exploitaient son âme et son corps.
Elle t'a fait entrer ?
Non, je la regardais, c'est tout.
Par la fenêtre ?
Oui, j'essayais seulement de lui transmettre un message.
Comment es-tu entré chez elle ?
Je ne suis pas entré. Je l'ai regardée.
J'ai vu ce qui lui est arrivé.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Quelqu'un s'en prenait à elle.
Qui ?
Je n'ai pas vu qui c'était. Je ne voyais qu'elle.
Qui c'était, Johnny ?
Je ne sais pas.
La voiture de son père était dans l'allée. Une Lexus.
Ramirez dit ne pas avoir vu l'agresseur
mais sous-entend que c'était le père de cette fille.
Et tu veux savoir s'il vous balade ?
Pour commencer,
ce crime peut-il être qualifié d'inceste ?
Oui. Pourquoi ne le serait-il pas ?
Il s'agissait d'un viol brutal, Emil.
Ce n'était pas pour la séduire mais pour la punir.
Ce n'est qu'une affaire de soumission.
Les types qui font ça aiment se dire qu'ils séduisent leurs enfants.
Sauf que non. Ils les dominent.
Ça n'explique toujours pas comment un père peut haïr sa fille
au point de la tuer à l'issue d'un viol.
Laisse-moi exercer 20 ans de plus et j'aurai une explication à te donner.
Je vais devoir trouver une stratégie pour me charger des Janaway.
Ne t'attends pas à des aveux.
Jack, tu t'apprêtes à t'enfoncer dans les méandres du cœur humain.
N'oublie pas ta pelle.
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