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Original subtitles

Dans le système pénal américain,

le ministère public est représenté

par deux groupes distincts mais d'égale importance :

la police, qui enquête sur les crimes,

et le procureur, qui poursuit les criminels.

Voici leurs histoires.

Tu as misé sur qui ?

Alby's Gal.

Mais sa dernière course...

- Elle était surclassée. - Et j'ai perdu.

- Qui t'a dit de miser sur elle ? - Toi.

Je t'ai juste dit sur qui je miserais.

- Sam, Alby's Gal dans la troisième. - C'était quand, ton dernier bon tuyau ?

- Maryland Princess. - Ouais, c'est ça.

Ça va ? Tout va bien ?

Bon sang, que s'est-il passé ?

C'était leur tournée habituelle. Ils passent deux fois par jour.

Vous avez vu quelqu'un rôder ?

Non, j'ai juste discuté avec eux.

- Vous parliez de quoi ? - De la course.

Je leur ai donné un bon tuyau, Alby's Gal. J'ai misé 38 dollars.

- Ils auraient dû miser. - Merci.

Ils ont pensé au gilet mais pas à la cagoule pare-balles.

L'autre est en route pour l'hôpital.

J'espère que ce crétin a des papiers.

"Audentes fortuna iuvat" ?

"Audentes fortuna juvat."

Jesse James et son défunt complice ont le même tatouage.

- Un aigle et... - "La chance sourit aux audacieux."

Que dit le témoin ?

Pas grand-chose. Il a misé 38 $ sur Alby's Gal.

- Il dit qu'ils auraient dû parier aussi. - Ce n'était pas leur jour de chance.

NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE

Un homme âgé de 45 à 50 ans. Pas de marque de seringue.

Rien à la toxicologie. Il se maintenait en forme.

Peau épaisse à l'index de la main gauche.

- C'était peut-être un charpentier. - Qui ratait ses coups de marteau ?

Ou alors, juste un bricoleur.

Il a des cicatrices qui vont du genou à la hanche.

Il a dû recevoir des fragments de quelque chose à haute vitesse.

- Sa cabane à oiseaux a explosé ? - Peut-être un accident de voiture.

Ou des éclats d'obus. Vous voyez comme sa peau est tirée ?

- Ça date de 20 à 30 ans. - Et le tatouage ?

Il date de moins d'un an. Crise de la cinquantaine.

Certains achètent une moto, d'autres se font tatouer.

Et toi, tu as choisi quoi ?

- Un petit ami de 27 ans. - Tu t'éclates, Rodgers.

Ce sont deux MAC-11. Regardez le mécanisme.

Les déclencheurs ont été limés.

Ils sont passés de semi-automatiques à automatiques.

Notre bricoleur ne faisait pas que de la charpente.

Cette modification n'est pas compliquée, quand on sait ce qu'on fait.

Et la balle qui a tué Wells, le garde ?

- Elle ne venait pas de ces armes. - Peut-être celle du fuyard ?

Les résidus sur les douilles indiquent

que les trois armes tiraient le même genre de munition

à percussion centrale, sûrement de fabrication américaine.

D'après les proportions de plomb, de baryum et d'antimoine,

c'est une poudre non-standard.

Pour plus de puissance. Une fabrication maison ?

Sans doute, ça dépend de la maison.

On ne trouve pas ça chez Martha Stewart.

La bonne nouvelle, c'est que l'autre garde va s'en sortir.

- Et le suspect à l'hôpital ? - Il ne s'est pas encore réveillé.

Mais on a pris ses empreintes et celles du complice mort.

Le troisième homme s'est volatilisé.

- L'homme en coupe-vent rouge. - Pas seulement rouge.

D'après des témoins dans la rue, il était rouge pompier ou rouge cerise.

Voire carmin.

Donc ce coupe-vent est voyant.

Tout le monde a remarqué le coupe-vent et rien d'autre.

Les empreintes du mort et du suspect dans le coma.

Le mort, c'est Matthew Brant. Le type dans le coma, c'est Greg Kubie.

Ils viennent de la banlieue, de Hastings.

Un casier judiciaire ?

Même pas une contravention. Brant est un ancien militaire.

Kubie est flic.

De la police de Hastings.

DOMICILE DE M. ET MME BRANT, HASTINGS JEUDI 10 AOÛT

C'est lui.

Je sais que c'est difficile.

Votre mari avait des problèmes d'argent ? Des soucis au travail ?

Non.

Vous avez une idée de qui pourrait être le troisième homme ?

Comment réagissent les autres épouses ?

Chacun réagit différemment...

Est-ce qu'elles vous traitent de sadiques ?

Mon mari était un homme bien.

Deux à trois fois par semaines...

- Maman. - Ses anciens élèves passaient

pour lui dire qu'il avait changé leur vie.

Ce n'était pas un criminel. De quel droit l'avez-vous tué ?

Kay ?

Kay.

Doucement.

Veuillez m'excuser.

- Je suis son frère, Phil Christie. - Votre sœur vit un moment difficile.

C'est une photo de Matt ? Je peux ?

C'est vraiment lui. Je n'arrive pas à y croire.

Vous saviez que votre beau-frère avait une arme ?

- C'est plutôt courant, dans le coin. - Un MAC-11 ?

Vous connaissez un certain Greg Kubie ?

Oui, on jouait au poker ensemble, une ou deux fois par an.

Votre beau-frère était proche de quelqu'un, à part Kubie ?

C'est un quartier très soudé. Matt avait beaucoup d'amis.

Certains avaient un tatouage d'aigle ?

Votre beau-frère et Kubie avaient le même tatouage.

Je l'ignorais.

Il y a deux jours, j'ai pris le petit-déjeuner avec lui.

Et là, j'apprends qu'il a été assassiné en tentant de braquer un fourgon blindé.

Il n'a pas été assassiné.

Le garde qu'il a braqué lui a tiré dessus en légitime défense.

Matt était l'un des hommes les plus droits que je connaisse.

Je vais voir comment va ma sœur. Excusez-moi.

C'était Profaci.

Rien chez Kubie, à part des vieux restes de pizza.

Brant et Kubie avaient le même tatouage.

On parie que le troisième aussi ?

Combien de salons de tatouage il y a, dans cette petite ville ?

Oui, dix ou douze gars sont venus en mars ou en avril,

pour se faire tatouer un aigle et une phrase en latin.

- Tous en même temps ? - D'abord, trois.

Puis deux autres trois semaines après, pour le même tatouage.

- La semaine d'après, deux autres, etc. - Vous avez un registre ?

Ils ont amené une image, un truc trouvé sur Internet.

Ils ont dit pour quoi c'était ? Un club ou un gang ?

Ça ne me regarde pas.

C'est là. L'un d'eux a payé par chèque.

Thomas Robbins.

MATÉRIEL DE PÊCHE ROBBINS, HASTINGS JEUDI 10 AOÛT

Les tatouages, c'était une blague.

Un soir, on avait trop bu et on a fait un pari.

Le lendemain, j'avais oublié que je l'avais.

Quand je me suis levé, ma femme était furieuse.

- Qui a fait ce pari ? - Tony Lapella, Al Goodman, Matt Brant...

- Vous connaissiez bien Brant ? - Depuis le lycée. Un type bien.

Prof d'histoire, entraîneur de basket, actif dans la paroisse.

Et Greg Kubie ?

Je ne l'ai jamais vu. Il a dû voir le tatouage sur un de mes potes.

Oui, j'imagine.

Tout le monde en parle, en ville.

Je ne sais pas ce qui s'est passé

mais ce dont je suis sûr, c'est que Matt n'est pas un braqueur.

Malgré la trentaine de témoins ?

- Je peux utiliser votre téléphone ? - Oui.

Où étiez-vous, mardi à 14 h ?

Des types avec des tatouages sont forcément des voyous, c'est ça ?

Quand deux braqueurs de fourgon blindé ont le même tatouage,

on doit en tenir compte.

Avant-hier, à 14 h, je livrais des repas à des personnes âgées.

Comme toutes les semaines, le même jour, à la même heure.

On n'est pas comme les New-yorkais.

Kubie vient de se réveiller.

- Je n'ai pas demandé un avocat. - Mais M. Kubie...

- À qui avez-vous parlé de mon affaire ? - À personne.

Sortez d'ici.

- Ils sont de la police. Vous devriez... - Fichez le camp.

- Vous pouvez partir aussi. - On veut juste...

- J'ai le droit de garder le silence. - Agent Kubie...

Tout ce que je dirai pourra être retenu contre moi.

Écoutez, je n'ai rien à vous dire.

Les flics, c'est une plaie. Il ne va pas être coopératif.

La tatoueuse a dit qu'ils lui avaient montré

une image imprimée depuis un ordinateur.

Je tape ce qu'on cherche : un dessin d'aigle

et la devise "Audentes fortuna juvat". Le moteur de recherche s'occupe du reste.

Si c'est quelque part sur Internet, on trouvera.

Un de ces jours, tu devras m'apprendre à jouer au solitaire, sur ce truc.

- Bingo. Ça nous montre où le trouver. - Surfons sur Internet.

Les Nouveaux Fils de la Liberté. C'est une milice.

Peut-être que Jesse James et ses copains voulaient financer une révolution.

D'après vous, puisque j'ai ce tatouage,

je fais partie des Nouveaux Fils de la Liberté ?

C'est le cas ?

Et vous, inspecteur ? Vous êtes engagé en politique ?

Répondez à ma question.

Je vous vois comme un démocrate déçu. Ou un républicain déçu, peut-être.

- En tout cas, vous êtes déçu. - Joli ordinateur.

C'est là que vous organisez votre club virtuel ?

Ça vous intéresse ? Vous voulez vous inscrire ?

Ça dépend des tarifs. Les flics ont droit à une réduction ?

"Le Congrès ne peut pas restreindre la liberté d'expression

"ni le droit du peuple à se rassembler

"et à exiger du gouvernement une réparation des torts subis."

Je n'ai pas à vous parler de mes convictions politiques.

"Et Waco, dans tout ça ?

"Les fédéraux ont rempli le complexe des Davidiens de gaz CS,

"hautement inflammable, et ont provoqué l'incendie

"qui a tué des femmes et des enfants."

"Les caméras infrarouges du FBI à Waco montrent

"des flashes lumineux provenant des forces du FBI

"qui pourraient être des engins incendiaires."

Il est 3 h du matin.

C'est l'heure à laquelle ils sont actifs.

"C'était une démonstration de force destinée à effrayer

"quiconque voudrait affronter Big Brother.

"Nous devons apprendre à nous défendre."

"Je suis prêt. Vous connaissez des sites où je pourrais en savoir plus ?"

Qu'est-ce que tu fais ?

Je vérifie s'il y a des hélicoptères noirs.

Ils ne survolent pas les villes.

Lennie, on les tient.

Ça vient d'un forum ?

D'un site secondaire des Fils de la Liberté.

Qu'on a trouvé grâce à un forum.

On y apprend à transformer une arme semi-automatique en automatique.

C'est la même modification que pour les armes du braquage.

On est sûrs que ça vient d'un des Nouveaux Fils de la Liberté ?

Non, mais c'est un lien.

C'est peu évident.

Si je publie un magazine

avec un article anonyme expliquant comment fabriquer une bombe...

Vous protégez son auteur.

Mais si l'article recommande d'utiliser la bombe...

Puis-je exiger l'accès à vos notes pour identifier l'auteur ?

Il y a un flou juridique.

Le premier amendement protège la liberté d'expression.

Avec ces instructions,

cette milice encourage l'usage illégal d'armes automatiques.

Ce n'est plus de la liberté d'expression. C'est un acte verbal illégal.

Je ne sais pas. Je n'aime pas ça.

Ma fille vient d'avoir un bébé. Une fille. Il y a deux semaines.

Je veux qu'elle ait les mêmes libertés que moi.

Et si elle devient garde de fourgon blindé ?

Donnez-moi ce document.

- Je savais que vous reviendriez. - Avec un mandat ?

J'allais dire... avec vos sbires.

Facilitez-nous la vie

et donnez-nous une liste des membres.

- Je suis en état d'arrestation ? - Non.

- Fermez, quand vous aurez fini. - Gardez un œil sur lui.

La liste des 20 membres des Nouveaux Fils de la Liberté.

- Un beau nombre rond. - Pas assez pour faire la révolution

mais assez pour braquer un fourgon blindé.

Il nous faut un mandat pour leurs domiciles et lieux de travail,

pour des perquisitions simultanées à 6 h.

Une démonstration de force.

- La hiérarchie vous soutient ? - J'obtiendrai le budget.

Et j'obtiendrai les mandats.

Que cherchez-vous ? Mon fils n'a que 17 ans.

Il n'y a pas de limite d'âge, pour rejoindre ce club.

Lisez le mandat. En cas de questions, je vous répondrai avec plaisir.

Fouillez ce placard.

- Sergent ? - Oui ?

Ouvrez ça.

On a trouvé un double fond.

"Une milice bien régulée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre,

"le droit du peuple à posséder et porter des armes doit être respecté."

Regarde ça : des automatiques, des AK-47, des FAMAS calibre 223,

des M16 et des munitions.

Assez d'armes pour s'emparer de Staten Island.

Envoie une photo à Charlton Heston.

Prenez tout et embarquez tout le monde au poste.

C'est parti.

Lewis Cray, 21 mars 1965. Soldat, Nouveaux Fils de la Liberté, 016.

Très bien, M. Lewis Cray. Nous aimerions savoir où vous étiez,

le mardi 8 août, dans l'après-midi.

Lewis Cray, 21 mars...

... 1951. Sergent, Nouveaux Fils de la Liberté, 004.

"004" ? Vous êtes James Bond moins trois ?

Thomas Robbins, 15 octobre...

... 1980. Soldat, Nouveaux Fils de la Liberté, 018.

Écoute, petit soldat. Ce n'est pas un jeu.

Un assassinat, c'est la peine capitale.

Si tu ne veux pas finir exécuté, je te conseille de te réveiller.

Matthew Brant Jr, 18 décembre 1980. Soldat...

Armes automatiques, munitions, gilets pare-balles.

Ce braquage devait financer quoi ? Plus de flingues ? Plus gros ?

Philip Christie, 4 août 1962.

Major, Nouveaux Fils de la Liberté, 002.

On te demande au téléphone.

Prenez soin du major pour moi.

BUREAU DU PROCUREUR ADJOINT MCCOY MERCREDI 30 AOÛT

J'ai reçu des appels de l'ATF, du FBI

et de tout l'alphabet de Washington.

Ils n'ont qu'à patienter.

C'est notre affaire. On est à New York. Ce n'est pas leur juridiction.

- Ils sont intervenus à Waco. - Et l'arme du crime ?

Pas parmi celles qu'on a trouvées.

Ils sont malins, ils ont dû la jeter dans l'Hudson.

Si ça peut vous consoler,

on a les empreintes des membres sur toutes les armes.

Mais pas de lien avec le meurtre.

Au final, on va juste les poursuivre pour possession d'armes illégale ?

Ils seront libérés sous caution.

On passera soit pour des fascistes, soit pour des crétins.

- McCoy ? C'est pour vous. - Allô ?

Merci de votre appel.

C'était la balistique.

La poudre faite maison retrouvée dans les munitions du braquage,

on en a trouvé dans l'arsenal saisi chez Christie.

Mais on n'a pas l'arme du crime.

Peu importe.

Poursuivez-les tous pour complot, meurtre et vol à main armée.

Affaire numéro 57643,

L'État contre Philip Christie, Thomas Robbins, et al.

Assassinat, tentative d'assassinat,

complot aggravé et tentative de vol qualifié.

Mme Mandel, comment plaident-ils ?

En tant qu'officier le plus haut gradé,

les autres accusés m'ont choisi pour assurer notre défense.

Vous êtes avocat ?

J'ai été huissier. Je connais les règles et les procédures.

Déposez votre requête et la cour décidera.

Comment plaidez-vous ?

Tous les accusés plaident non coupables de tous les chefs d'accusation.

Nous demandons le placement en détention.

Nous demandons la levée de l'inculpation

car nous sommes considérés comme prisonniers de guerre

par la convention de Genève.

Quoi ?

Ceci est un tribunal civil. Je ne suis pas en position de statuer sur cette requête.

Si, Mme la juge.

Ce drapeau a des franges. C'est donc un drapeau militaire.

Ça fait de cette cour un tribunal militaire.

Vous devez nous reconnaître comme prisonniers de guerre

et nous exempter d'un procès. Notre requête...

M. Christie, peu m'importe combien de franges

et de fanfreluches sont sur ce drapeau. Ceci est un tribunal civil. Compris ?

La caution est fixée à un million de dollars par accusé.

Affaire suivante.

Prisonniers de guerre ? Qu'est-ce qu'il raconte ?

Cette milice se croit en guerre avec le gouvernement.

On a bien eu un tueur en série qui recevait ses ordres d'un chien.

- C'est absurde. - Tu as lu leur manifeste ?

"Pour favoriser le commerce mondial, les bas salaires et les hauts profits,

"le gouvernement américain a sacrifié sa souveraineté

"aux intérêts mondiaux et a doté le FBI, l'ATF et la CIA

"de pouvoirs extraordinaires pour imposer ce nouvel ordre mondial."

C'est un argument défendable.

Tu portes un treillis, sous tes vêtements ?

Ce ne sont pas des fanatiques religieux qui vivent en autarcie.

- Ils sont éloquents... - Malavisés.

Oui, mais ne les sous-estime pas. Ils ont beaucoup de soutien.

Ils ont déjà récolté six des vingt millions qu'il leur faut,

dans tous les États du pays, sans contribution au-dessus des 500 $.

Et le garde qu'ils ont tué, c'était un soldat anglais ?

Il faut prouver qu'il existe un complot.

On a 70 cartouches tirées et deux morts. L'acte lui-même est établi.

Et la preuve d'un accord pour commettre le braquage ?

Personne n'a encore avoué ce point.

Cet accord peut être déduit de leur appartenance à la milice.

Culpabilité par association ?

S'il s'agit d'une association dédiée au meurtre et au chaos, pourquoi pas ?

Il faudra les prendre au sérieux.

Christie a déposé sa requête au juge Scarletti.

Espérons qu'on n'aura pas à aller jusqu'à La Haye pour juger cette affaire.

La convention de Genève définit les prisonniers de guerre

comme "des personnes tombées aux mains de l'ennemi".

L'ennemi, c'est le procureur ?

N'importe quelle branche d'un gouvernement

qui n'est pas constitué par et pour le peuple.

Combien de temps va-t-on tolérer ces divagations ?

C'est de toute évidence une requête totalement absurde.

M. McCoy, je vous en prie.

Poursuivez, M. Christie.

Selon la convention, les prisonniers de guerre incluent

les forces armées prenant part à un conflit,

ainsi que les membres de milices ou des corps de volontaires,

notamment les membres de mouvements de résistance organisée.

La convention protège les combattants, pas les criminels de droit commun.

Elle suppose l'existence d'un conflit armé déclaré.

Lexington, Concord, Bunker Hill.

La guerre d'indépendance faisait rage depuis des mois,

avant que les hostilités soient déclarées.

Ils n'ont pas attaqué une base militaire mais un bureau de paris de New York.

Au mieux, ce sont des terroristes.

La soi-disant armée de M. Christie se compose de 20 truands.

Vingt, 1 000, 10 000 ?

Combien doivent croire en mes idéaux, pour que vous reconnaissiez

mon droit à dire : "C'est injuste, il faut changer cela" ?

M. Christie, ça n'a rien à voir avec le premier amendement.

Cette requête a été déposée

par les Black Panthers et par d'autres groupes.

Vous l'accorder donnerait le droit à tout organisation criminelle

de contourner le système pénal

en se déclarant en guerre contre le gouvernement.

La requête est rejetée.

Par contre, je vous accorde le droit d'assurer votre propre défense

mais je veux que Mme Mandel reste votre conseillère juridique.

À présent, commençons ce procès.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME MARDI 19 SEPTEMBRE

Avez-vous comparé la poudre trouvée dans le sous-sol de M. Christie

- et celle de la scène de crime ? - Oui.

Qu'avez-vous trouvé ?

"Nous tenons pour acquis que..."

- Silence. - "... tous les hommes naissent égaux."

- "Que leur créateur les a dotés..." - Silence !

"... de droits inaliénables..."

Faites sortir l'accusé. Du calme.

"... dont le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur.

"C'est pour garantir ces droits que des gouvernements sont institués..."

- Objection face à cette évacuation. - Rejetée.

Nous ferons en sorte que l'accusé assiste à la suite du procès

par écrans interposés.

Asseyez-vous, M. Christie.

M. McCoy, vous pouvez poursuivre.

Avez-vous comparé la poudre trouvée dans le sous-sol de M. Christie

à la poudre trouvée sur les lieux du crime ?

Oui, elles avaient la même composition chimique caractéristique.

Selon moi, elles proviennent du même lot.

- Merci. - Vous payez des impôts ?

- Objection. - Retenue.

Avez-vous déjà lu la Constitution des États-Unis d'Amérique ?

- Objection. - Retenue.

Pas d'autres questions.

Oui, je portais une arme

mais je ne pensais pas devoir tirer sur quelqu'un.

C'était de la folie. Tout à coup...

- "Dès qu'une forme de gouvernement..." - Silence !

Je vous ai prévenu.

- "Le peuple est en droit..." - Faites sortir l'accusé !

Sortez-le de mon tribunal !

"... fondé sur de tels principes et organisant ainsi son pouvoir.

"De ce fait, les gouvernements sont institués..."

Vous disiez, M. Parent ?

Tout à coup, tout le monde s'est mis à tirer.

Que savez-vous du nouvel ordre mondial ?

- Je n'en avais jamais entendu parler. - Vous travaillez pour lui ?

Non.

Pour quelle branche du gouvernement travaillez-vous ?

Aucune.

Je travaille pour la compagnie Stevens Securities Transfer.

Merci.

M. Parent, qui possède l'entreprise Stevens Securities Transfer ?

- Je ne sais pas. - Qui est au conseil d'administration ?

Je ne sais pas.

Travaillent-ils pour une multinationale...

- Objection. - Retenue.

- Et le bureau de paris de New York ? - Qui le possède ?

- L'État, j'imagine. - L'État de New York ?

Oui.

Savez-vous qui le dirige réellement ?

Non.

Et vous n'avez pas voté pour eux, si ?

- Objection. - Retenue.

Si vous n'avez aucune question pertinente, veuillez vous asseoir.

Le jury pourrait les trouver pertinentes.

Votre contre-interrogatoire est terminé. Le témoin peut disposer.

Ils ne s'appelaient pas encore les Nouveaux Fils de la Liberté.

Il y a quelques années,

mon frère, Phil, et mon mari s'asseyaient à table pour parler

de la façon dont le FBI avait tiré sur une femme et son bébé, à Ruby Ridge,

pour se plaindre que le gouvernement ne se souciait

- que d'intérêts privés. - Des intérêts privés ?

Si vous êtes riches ou pauvres, le gouvernement s'intéresse à vous.

Les familles de classe moyenne n'ont aucune chance.

C'est comme ce qui est arrivé à mon frère.

Le gouvernement a refusé qu'il voie ses enfants, après le divorce,

et a accordé la garde à sa femme.

Votre mari vous a-t-il déjà parlé d'un projet de braquage ?

Plus Matt s'impliquait dans le groupe, plus il était en colère.

Mais pas contre quelque chose en particulier.

Il semblait en colère contre notre vie,

contre ce qu'on avait et ce qu'on n'avait pas.

Au bout d'un moment, on n'arrivait même plus à communiquer.

Mme Brant, vous a-t-il déjà parlé d'un braquage ?

Une nuit, Matt m'a réveillée, après une visite de Phil et de la bande.

Il m'a dit... qu'un braquage était prévu,

qu'il s'était porté volontaire pour la mission,

que c'était dangereux et que s'il lui arrivait quelque chose,

il voulait que je sache qu'il l'avait fait pour moi,

pour notre fils et pour le pays.

Qu'avez-vous répondu ?

Que je ne comprenais pas.

Je ne comprenais pas. Le gouvernement ne nous menaçait pas.

Je ne comprenais pas pourquoi ils devaient commettre un crime.

Merci.

Mme Brant,

vous a-t-on forcée à venir témoigner ?

- Objection. - Retenue.

M. McCoy vous a-t-il offert quelque chose, en échange de votre témoignage ?

- Objection. - Rejetée.

Répondez à la question, Mme Brant.

M. McCoy a dit que si je témoignais, il réduirait les chefs d'accusations

contre mon fils.

Non, Maman, tu n'aurais pas dû faire ça !

Dresser une mère contre son fils.

Du calme !

Vous croyez que les gens vont vous laisser détruire une famille ?

Faites asseoir l'accusé

et faites sortir les autres.

- Non. - Évacuez ces accusés.

Christie a un plan. Regarde sa liste de témoins.

Le directeur de la CIA, de la NSA, le président.

Si le juge refuse, Christie hurlera au complot.

- Quand on n'a pas d'argument... - Oui.

Il ne lui reste qu'un seul témoin : lui-même.

Ross ?

On arrive. C'était le greffier du juge Scarletti.

Il y a un problème avec un juré.

M. Shelby, on m'a signalé

que vous avez transmis ce document à un autre juré.

Oui, à Bob Clark. C'est un journal.

C'est ça ? The Crisis ?

Oui, ce nom vient d'un journal publié en 1776.

Comment définiriez-vous ce journal ?

"Notre nouvelle armée recrute rapidement aux quatre coins du continent

"et devrait pouvoir mener la prochaine campagne avec 60 000 hommes."

Un discours incendiaire, non ?

C'est une citation de Thomas Paine, un des pères fondateurs.

Pendant la sélection du jury,

on vous a demandé si vous aviez des opinions

qui pourraient vous empêcher de juger cette affaire objectivement.

Je pense pouvoir la juger objectivement.

Vous avez dit à M. Clark

que vous et d'autres jurés aviez décidé de les acquitter.

Vous disiez vouloir envoyer un message.

Quel est donc ce message, M. Shelby ?

Dans ce pays, le peuple est souverain, pas les tribunaux.

N'est-ce pas vrai ?

Merci, M. Shelby. Vous pouvez disposer.

Vous allez le congédier, M. le juge ?

Pourquoi ? Il va exercer son droit de citoyen

et jugera des mérites de cette affaire.

Je demande l'exclusion du jury et l'annulation du procès.

Par peur de l'acquittement ?

Parce que M. Shelby les encourage à rendre un verdict invalide.

C'est son droit, dans un procès frauduleux.

Vous avez déjà chassé tous les autres accusés.

Vous voulez aussi chasser le jury ?

Ça ne vous suffit pas d'avoir tout le gouvernement de votre côté.

Vous voulez aussi truquer le verdict ?

Vous étiez présumé innocent, comme tout le monde.

Les droits pour lesquels je me bats sont aussi les vôtres.

Je peux défendre mes droits moi-même.

S'il vous plait.

Nous remplacerons M. Shelby et M. Clark.

- M. le juge. - Messieurs.

Christie a besoin d'un seul juré convaincu.

Dans ce monde de relations publiques, un jury sans verdict vaut un acquittement.

Si on peut disqualifier un autre juré,

on manquera de remplaçant et on obtiendra l'annulation du procès.

Comment tu comptes faire ?

On devrait se renseigner sur les autres jurés.

Je vais parler à Briscoe et Curtis.

C'est presque un coup bas. Ce Christie a réussi à t'énerver.

- C'est un fanatique. - Parce qu'il croit en ce qu'il dit ?

Quand tu as postulé ici, on avait eu un désaccord

sur des manifestants pacifistes.

Je t'en prie, Adam.

Ils étaient entrés dans un bureau de conscription

et il avaient versé du sang sur des documents.

Tu les avais défendus.

Tu avais dit qu'une loi injuste nécessitait une réaction illégale.

Personne n'avait été tué.

C'était une manifestation et ils ont été punis.

Je sais que certaines de nos idées peuvent sembler insensées ou extrêmes.

Je pourrais vous parler de Ruby Ridge ou de Waco.

Ou je pourrais vous dire comment j'ai fini par penser que ce gouvernement

qu'on m'avait appris à aimer était une menace pour nos libertés.

Mais ça n'expliquerait pas ce qui s'est passé,

ni les raisons de ce procès.

Le ministère public parle de vol et de meurtre.

C'est le cœur de ce procès.

Mais laissez-moi vous donner mon point de vue.

Si quelqu'un pénètre chez vous par effraction

- et menace votre famille... - Objection, M. le juge.

L'accusé est à la barre pour témoigner, pas pour faire sa plaidoirie.

M. le juge, en tant que représentant de la défense,

je prépare le terrain pour une série de questions

et une série de pensées qui constituent le cœur de mon témoignage.

Je vous laisse une petite marge de manœuvre.

Merci, M. le juge.

Si vous tuez quelqu'un

qui s'est introduit chez vous et a menacé votre famille,

la plupart d'entre vous verra cela comme de la légitime défense.

Imaginons à présent qu'une armée ennemie occupe votre ville

et que vous et vos voisins décidiez de résister...

- Objection, M. le juge. - Rejetée.

- Venez-en aux faits, M. Christie. - D'accord.

Imaginons qu'en tant que membre de la résistance,

vous dévalisiez quelqu'un chargé de collecter les impôts,

des impôts qui seraient utilisés pour donner plus de pouvoir à l'ennemi...

M. le juge.

- C'est pareil avec le bureau de paris. - Objection retenue.

Tenez-vous-en à un témoignage direct.

- M. le juge... - Je ne le tolérerai pas.

Et si je ne cède pas, vous me chasserez aussi.

- N'abusez pas de ma patience. - Qui restera-t-il pour nous défendre ?

C'est tout.

Selon le témoignage de Mme Brant, la veille du braquage,

vous avez vu Matthew Brant, son fils, Thomas Robbins, Lewis Cray

et quelques autres membres. Est-ce exact ?

Vous avez étudié l'affaire Bushell, en fac de droit, M. McCoy ?

Veuillez répondre à la question.

Cette affaire de 1670 autorise l'invalidation du jury.

- Répondez à la question, M. Christie. - J'essaie, M. le juge.

Un jury a le droit de déclarer des accusés non coupables,

en dépit des preuves de leur culpabilité.

Un droit qui remonte à John Peter Zenger et qui a été utilisé par des jurés noirs

pour acquitter des accusés noirs ayant été jugés injustement.

M. Christie, de quoi avez-vous parlé, ce soir-là, avec les autres accusés ?

Les pacifistes y ont recours et il a été défendu il y a 25 ans

dans un article publié...

Objection. Refus de répondre.

... par la faculté de droit de New York

et intitulé L'invalidation du jury dans le système pénal,

par Jack McCoy.

- Retenue, M. Christie. - C'est vous qui avez écrit ça.

À bien des égards, nous nous ressemblons beaucoup.

Non, je ne braque pas de fourgons blindés.

Vous étiez le troisième braqueur, n'est-ce pas ?

Vous avez tué Walter Wells.

Qu'y a-t-il, M. Christie ?

Si vous pensez que vos actes étaient justifiés,

pourquoi ne répondez-vous pas ?

"Personne ne peut être contraint à témoigner contre lui-même."

Pas d'autres questions.

M. Christie, avez-vous d'autres témoins ou preuves à nous présenter ?

Étant donné que vous avez fait exclure tous mes témoins, non.

Ma défense de la résistance face à la tyrannie est terminée.

On a ce qu'il faut pour évincer un autre juré.

- Howard Lamm. - Le blond, avec des lunettes ?

Dans les années 60, à Harvard, il était leader d'un mouvement étudiant.

- Un vrai agitateur. - Préjugés supposés sur le gouvernement.

Expulsez Lamm du jury et vous avez votre annulation.

- D'où sort cette information ? - Des archives de la police.

L'unité qui prenait des photos, pendant les manifs dans les années 60 ?

Ces documents auraient dû être détruits, il y a des années.

Les gouvernements n'oublient jamais rien, comme les éléphants.

On ne peut pas faire ça.

On deviendrait tels que Christie nous voit.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME MERCREDI 11 OCTOBRE

"La tyrannie, comme l'enfer, ne se conquiert pas facilement.

"Nous nous consolons en nous disant que plus dur est le conflit,

"plus glorieux est le triomphe."

Tom Paine a écrit ça dans un pamphlet

qui aidé à rallier les Américains à la cause de la liberté,

en cette période sombre de décembre 1776.

Nous vivons une nouvelle période sombre.

Les pères fondateurs ont conçu un gouvernement basé sur la vie,

la liberté et la recherche du bonheur.

Aujourd'hui, en guise de vie, nous avons un travail, parfois deux.

En guise de liberté, nous avons une dette écrasante.

Et le bonheur ?

Nous travaillons dur, maris et femmes, dix à douze heures par jour.

Nous travaillons les week-ends, pour gagner toujours moins.

Moins de revenus, moins de protection, moins de temps avec nos enfants.

Le rêve américain supposait

que chaque génération s'en sorte mieux que la précédente.

Vous vous en sortez mieux que vos parents ?

Vos enfants s'en sortiront mieux que vous ?

Nous pensons

que notre gouvernement a été vendu aux multinationales

qui pompent le sang et la vie de ce pays.

On peut le voir dans la presse.

L'ALENA, les contributions illégales aux campagnes par des étrangers,

l'abandon de la politique étrangère.

Ces gens se fichent de nous.

Ils se fichent des Américains. Ils ne pensent qu'à leur profit.

Nous ne sommes pas des criminels de droit commun.

Nous sommes des gens comme vous, avec un emploi et des factures à payer,

prêts à tout remettre en cause, par peur de perdre notre liberté.

Mais aujourd'hui, vous avez la possibilité de donner votre avis au gouvernement.

Saisissez cette chance.

Nous ne sommes pas les seuls dont on fait le procès, ici.

C'est aussi votre procès.

L'État vous dit de respecter ses lois.

Mais qui lui a donné ce pouvoir ? Et qui peut le lui reprendre ?

Le juge ?

M. McCoy ? Non.

C'est vous.

Vous êtes l'État.

Vous avez le pouvoir.

La liberté commence par un "non".

Oserez-vous dire non à l'État ?

D'accord.

Ce pays a commencé comme une expérience de liberté.

La base de cette liberté,

c'est l'égalité devant la loi.

Chacun, qui qu'il soit, quelles que soient ses croyances,

doit être responsable devant la loi.

M. Christie espère

que vous allez ignorer les preuves et rendre un verdict invalide.

Il dit que le pouvoir dérive de lois supérieures.

J'admets qu'il existe de telles lois.

Et vous tous,

en tant que membres du jury, y êtes soumis,

quand vous jurez sur l'honneur, devant Dieu et en tant que citoyen,

que vous jugerez cette affaire sur la base des faits.

Vous ne devez juger que d'une chose :

si les accusés, quels que soient leurs motifs ou leurs croyances,

font partie d'un complot criminel visant à commettre un vol à main armée

et un meurtre.

Ces gens sont doués pour mémoriser des citations

mais ils n'ont rien appris.

On connaît tous cet extrait de la Déclaration d'indépendance

au sujet de la vie, de la liberté et de la recherche du bonheur,

des droits inaliénables de chacun.

Notez que la vie est citée la première.

Vous pouvez tout oublier au sujet de cette affaire,

si vous vous souvenez d'une seule chose :

ces accusés, ces conspirateurs, s'en sont pris à un citoyen ordinaire,

quelqu'un comme vous,

un homme travaillant dans le secteur privé,

avec des factures à payer et une famille à nourrir.

Ils lui ont ôté la vie.

Ils lui ont ôté la vie.

S'ils ont le droit de le tuer, ils ont le droit de tuer n'importe qui,

y compris l'un d'entre vous.

Sans la loi, il n'y a pas de liberté.

Et sans justice, il n'y a pas de loi.

PROCÈS À LA COUR SUPRÊME JEUDI 19 OCTOBRE

M. le juge, nous avons délibéré durant neuf jours.

Nous avons voté 40 fois.

Nous ne parvenons pas à un verdict unanime.

Pourriez-vous y parvenir, si vous aviez plus de temps ?

Non, M. le juge.

Très bien.

Mesdames et messieurs, je suis contraint d'annuler le procès.

Oui.

Le jury peut disposer.

On a réussi.

- Bravo. - Génial.

Reconnaissez-le, McCoy. Nous avons gagné.

Vous n'avez rien gagné.

C'est le système que vous voulez détruire qui a gagné.

On se reverra ici dans quelques mois. Profitez de votre liberté temporaire.

M. Christie, par ici.

Il ignore que tu aurais pu mettre un terme au procès

mais que tu ne l'as pas fait.

Tu as été honnête, Jack. C'est une victoire morale.

C'est une victoire vaine.

Que ces bouffons puissent trouver une seule personne prête à les acquitter,

ça en dit long sur ce pays.

Nous vous remercions pour votre objectivité

dans le traitement de ce procès et pour votre soutien...

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