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Musique intrigante
Elle soupire.
Trente minutes, les gars.
Messieurs,
- comment ça va ? - Ça va ?
Ça va bien ?
Audrey, Lacteos est là, le directeur régional.
- Il veut vous voir. - Maintenant ?
Oui, maintenant.
Elle soupire.
Merci.
Je reviens !
Elle marmonne.
Chute
On a revu le packaging.
Pour retrouver quelque chose
de plus épuré, plus simple, plus...
plus efficace.
Pour le lancement,
faut frapper fort, grosse anim',
augmentation de présence en linéaire.
On renforce notre positionnement sur le bio.
On anime votre rayon pour booster les ventes.
- Pour être honnête, c'est pas ce que j'avais en tête.
- Vous voulez mettre le paquet sur le bio.
- Oui, mais en mettant en avant des fournisseurs locaux.
Oui...
Le local, c'est sympa.
Mais je parle d'une force de frappe.
Pour que le bio décolle, faut mettre des moyens.
- Eh oui. Désolée. On n'a pas la même vision.
- J'ai compris. Vous voulez quoi ?
Remises, promo ? Combien ?
Bon, on va en rester là.
Il rit.
Vous êtes sérieuse ?
Elle se prend pour qui ?
Allez, je vous demande de sortir.
Je vois une cheffe de rayon
qui pète plus haut que son cul en se payant de gros industriels.
Je vois un vendeur au rabais,
opportuniste, qui sait pas de quoi il parle.
Gardez vos insultes pour vous.
Et dégagez d'ici. Merci.
Musique intrigante
Coucou !
Brouhaha
Une porte se ferme.
- Bonjour, ma chérie. - Bonjour, maman.
Bonjour, bonhomme.
Salut, tatie.
On mange quoi, aujourd'hui ?
- Pot-au-feu. - Oh, c'est nul.
J'ai pris des tournedos.
T'aurais pas dû.
- Malo ? - Oui ?
Tu vas où ?
- Je vais regarder la télé. - Hé...
On pourrait plutôt donner le biberon aux veaux.
Ouais !
Trop bien !
Allez, zou.
Et mets pas tes doigts dans leurs narines.
Ouais.
Meuglement
- Salut, les filles. - SALUT.
Je vous envoie les prévisions.
Je vois ça avec les membres du réseau.
Merci beaucoup. Au revoir.
- J'ai tes chiffres de vente. - Ça dit quoi ?
- Plus 14 %. Meilleure progression du rayon.
Ça rassurera ton banquier.
- Pour ça, faut multiplier les volumes par 10.
- Ça, j'y travaille, fais-moi confiance.
Ronan ?
Salut, Sandrine.
- Ça va ? - Ça va ?
T'as payé la cantine pour Malo ?
Je sais plus, je regarde.
- OK, je pars travailler. M'attends pas, je rentre tard.
- Salut. - Salut.
- J'y vais aussi. - Quoi ?
Tu manges pas ?
Non, j'ai du travail.
J'ai un gros GT demain au siège à Paris.
Un GT ?
Un groupe de travail.
OK. Une réunion, quoi.
Oui, mais importante.
Salut.
Bon GT, demain !
- Ouais. - À paris.
Ouais, ta gueule.
- Moins 3 % sur les œufs, moins 5 %
sur les fruits et légumes, moins 7 % sur les produits laitiers.
Voilà la réalité du bio, aujourd'hui.
Si on veut pas que le marché s'effondre,
faut se creuser la tête, et vite.
C'est très simple.
Ceux qui étaient prêts à payer cher pour la planète,
aujourd'hui,
c'est terminé.
Tout le monde regarde le ticket.
Faut qu'on soit plus agressifs sur les prix.
Ça, y a que les industriels
qui peuvent nous aider.
- Excusez-moi.
Tout miser
sur les industriels n'est pas la solution.
- Pardon ? - Je dis pas
que c'est une tendance générale,
mais j'ai compilé l'évolution des ventes bio dans mes rayons
sur les 12 derniers mois, référence par référence.
Les grandes marques sont en baisse.
Les locaux ont une progression
à deux chiffres.
Et donc ?
Donc, nos clients
se méfient des industriels.
Ils veulent du bio, du vrai, produit localement.
Au niveau national, ça tient pas.
- Pourquoi ? - Ce serait un bordel.
On peut pas faire une stratégie globale
avec une tonne de fournisseurs locaux.
Certains sont en réseau.
C'est faisable. Question de volonté.
Philippe,
je veux ces chiffres, magasin par magasin.
Claire, c'est impossible.
Mais si, c'est possible.
Ne te sous-estime pas.
Il rit.
Bien. Terminé pour aujourd'hui.
- Je vous remercie. - Merci.
- Ça te dérange de mettre ça sur mon bureau ?
Merci.
- Au revoir. - Au revoir.
- C'est vous qui martyrisez les commerciaux de Lacteos ?
Leur directeur commercial m'a appelée.
Il m'a demandé votre tête. Je réponds quoi ?
Ils l'ont déstabilisée.
Apparemment, ça a marché.
On fait quoi ? Je vous coupe la tête ?
- Désolée, j'aurais pas dû m'emporter.
Attendez, ça se reproduira plus.
Je dois vous éloigner du terrain.
Je vais m'excuser auprès d'eux.
Non, surtout pas.
Vous allez venir bosser ici, à la centrale.
Je cherche un acheteur.
J'aime bien votre profil.
Je comprends pas.
Je...
Je suis pas experte en négociation.
- Vous ne vous laissez pas marcher sur les pieds.
Le rayon yaourt a perdu 15 % de sa valeur en 15 ans.
Je veux revoir l'offre.
Moderniser nos méthodes. Vous venez du terrain.
Vous connaissez le marché.
Vous trouverez des alternatives aux industriels.
- Audrey devait passer cheffe de secteur.
Vous trouverez quelqu'un d'autre.
Si l'expérience
est réussie, ça accélèrera les choses.
Vous ne serez pas déçue par la rémunération.
Les négociations annuelles ouvrent à la fin de la semaine.
J'attends une réponse sous 48 heures.
- Au revoir. - Au revoir.
Musique intrigante
Vibreur
- Qu'est-ce que tu vas foutre à la centrale ?
- Là-bas, au moins, j'aurai un vrai poids.
- Tu connais leurs méthodes, aux Achats.
Ils vont te demander
d'essorer les petits fournisseurs.
Ils me demanderont pas ça.
Bien sûr que si.
Mais non.
Ils veulent miser à fond sur le local.
On peut faire changer les choses.
- Ils en ont rien à branler. C'est du bla-bla.
C'est pas un job pour toi.
Quand la France entière
mangera des Petits fermiers, on en reparlera.
Tu fais flipper quand tu dis ça.
Musique intrigante
Nos clients en veulent plus.
Plus de qualité.
Plus de transparence.
Plus de proximité.
On doit réinventer notre modèle.
Bâtir une offre qui réponde à la réalité du marché.
La période de négociation qui s'ouvre sera déterminante.
On a trois mois pour faire de Derval
le numéro un de la distribution
sur ces nouveaux modes de consommation.
La concurrence est féroce.
Tout le monde convoite ces marchés.
Mais chez Derval, on ne choisit pas un objectif
facile à atteindre.
On le choisit parce que c'est un défi.
Je compte sur vous et sur votre engagement total
pour qu'on relève ce challenge.
Merci. Applaudissements
Merci.
Merci.
- Salut. - Salut.
Gaëlle.
C'est grâce à moi
que les Français peuvent se bourrer la gueule pour pas cher.
Acheteuse liquides et alcools.
- Tiens. - Merci.
Euh, Audrey.
- Yaourts. - OK.
Enchantée, Audrey, yaourts.
Donc, du coup,
c'est toi qui as tiré le gros lot.
- C'est-à-dire ? - Tu vas bosser avec le baron.
- Le baron ? - Oui, Fournier.
- Tu... - Je connais pas.
Tu connais pas Fournier ?
Ah !
OK. Ben...
Il est, euh...
Tu vas voir, c'est...
- Faut assurer, quoi. - D'accord.
- Mais ça va aller. - Ouais.
Bienvenue aux Achats.
- Elle rit. - Merci.
Quatrième étage.
Fermeture des portes.
On frappe.
Bonjour. Je suis Audrey Dumont.
- Asseyez-vous.
C'est mignon.
Vous m'attendiez pour les présentations ?
Audrey, je te présente Bruno Fournier.
Il mènera les négociations sur les yaourts avec toi.
Bruno a deux hypers dans la région nantaise.
Les acheteurs travaillent en binôme
avec un propriétaire.
Ça fait notre force.
Désolée, faut que je file.
Je vous laisse faire connaissance.
- Vous étiez chez Dubois ? - Oui.
J'ai commencé en tant que stagiaire.
Je m'en fous de savoir
ce que vous avez fait avant.
La centrale, c'est une autre dimension.
Ici, on négocie pour la France entière.
Les 600 magasins
Derval.
Faut me montrer ce que vous avez dans le ventre.
- Comptez sur moi, je suis une bosseuse.
Ouais, ça aussi, je m'en fous.
Je veux des résultats.
D'accord.
Vous attendez quoi de moi, exactement ?
Faire le ménage.
Nettoyer la gamme actuelle, attaquer le segment bio et local.
Pour faire baisser les prix drastiquement.
5 % minimum.
5 %, ça va être très difficile.
Bien.
Alors, on en reste là.
Ah, mais...
les fabricants locaux ont très peu
de marge de manœuvre.
La moitié de nos clients gagne moins de 1 500 euros par mois.
On doit leur permettre de bouffer sainement à des prix abordables.
Si vous ne le sentez pas, dites-le.
On trouvera quelqu'un d'autre sur-le-champ.
J'ai pas de temps à perdre.
Musique intrigante
D'accord.
Ah !
C'est grave, Dr Malo ?
Non.
Ce n'est pas grave.
- Vous écrivez quoi, alors, sur votre papier ?
- Votre ordonnance. Vous devez boire du lait tous les jours.
Tu fais quoi, Malo ?
- Sérieux, mon carnet de transmission. - On joue au docteur.
- C'est pas des jouets. D'accord ?
Ronan !
Salut, Audrey. J'ai une garde.
Salut, Sandrine. T'inquiète.
Je voulais pas m'énerver.
Tu peux t'en occuper ? Je peux pas.
Bonne soirée.
Malo, tu fais quoi ?
Va te brosser les dents.
Oui, papa.
Alors, la vie parisienne ?
- Écoute, je suis dans un appart-hôtel dans le béton.
Et je mange des nouilles.
Trop de chance !
Toi, ça va ?
Moi, c'est un peu la merde.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Mon collecteur a réduit ses commandes de 50 %.
Tout le réseau est concerné.
Putain...
Trop de lait bio, ils écoulent plus.
La demande suit plus. Ils nous laissent crever.
- Tu vas faire quoi ? - Trouver un collecteur.
Je balancerai pas mon lait à la fosse.
Papa !
J'y vais.
- OK, tiens-moi au courant.
T'inquiète, je trouverai une solution.
- Mais oui, je sais. - Bisous.
Salut.
- Qu'est-ce qu'il y a, Malo ?
Il marmonne.
Fumier.
- On rencontre le compte-clé de Sodalis. Que savez-vous sur lui ?
Groupe leader sur le marché du lait.
3 milliards de chiffre d'affaires en France.
32 marques différentes.
Près de 15 % uniquement sur les yaourts.
Vous savez rien, quoi.
Vous vous taisez.
Vous observez.
- Le coup de la matière première a explosé ces derniers mois.
- Et donc ? - Et donc...
ça impacte nos coûts de production.
On doit les répercuter sur nos tarifs.
Je vous parle de mes coûts, moi ?
L'électricité,
les charges salariales...
- Avec la flambée des prix de l'emballage,
on a pris 8 % sur notre prix de revenu.
8 %.
- Ça fait des années qu'on vous offre de la croissance
pour compenser ça.
- Démerdez-vous. - C'est pour tout le monde pareil.
Vous devrez faire passer la hausse. C'est inéluctable.
J'accorderai jamais 8 %.
Ni pour vous ni pour aucun de vos concurrents.
- D'accord, très bien. On fait quoi ?
- "Malgré le contexte économique difficile,
"soyez certain
"que nous continuerons à créer de la valeur
"et à maintenir
"des objectifs ambitieux
"en matière de versements de dividendes."
Lettre aux actionnaires signée par votre PDG.
C'est daté de la semaine dernière.
Il a le sens du timing.
Vous croyez que je vais faire payer mes clients
pour que vos actionnaires se gavent ?
- La hausse, c'est aussi pour bien payer nos éleveurs.
- Qu'appelez-vous "bien payer" ?
- Ben, on s'engage à valoriser leur lait et leur travail.
Combien vous payez le litre de lait bio ?
Ricanement
Ça dépend.
- Donnez-moi une moyenne.
- Vous savez pas ? - Si.
- Je sais. - Alors, dites-moi.
Ben, c'est...
aux alentours de 45 centimes.
43 centimes, exactement.
Combien coûte la production d'un litre, pour un éleveur ?
- Compliqué à estimer... - 54 centimes.
Vous savez ce que ça veut dire ?
11 centimes de perdus par litre vendu.
C'est pas "bien payer" ses éleveurs".
Revoyez votre prix d'achat et on verra pour la hausse.
Alors, Bruno ? La charolaise ?
- Je me régale. Comme d'habitude.
C'est de la génisse ?
Euh, oui.
Ça se voit, elle est tendre.
Merci.
- Vous avez l'air d'être connaisseuse.
- Je vous réponds ou vous en avez rien à foutre ?
Pardon.
- Ne vous excusez pas. Vous avez du caractère.
Excusez-vous et vous gâchez tout.
Je viens d'une famille d'éleveurs.
Les vaches, je baigne dedans depuis toute petite.
Vos parents sont toujours actifs ?
- Non. Mon frère a repris l'exploitation.
Et vous ?
Vous ne vouliez pas reprendre ?
Non, pas vraiment.
Pourquoi ?
- Ce que j'ai vu de mes parents, c'est le travail, chaque jour,
toute l'année, tout le temps.
Pour un salaire de misère et à dépendre des autres.
- Oui, la vie d'éleveur, c'est de la merde.
Non, j'ai pas dit ça.
- D'après Claire, vous voulez retourner sur le terrain ?
Oui, j'aimerais bien.
Pour faire quoi ?
Je sais pas.
Pourquoi pas...
diriger mon propre magasin.
- Pourquoi vous le dites pas directement ?
Si vous avez peur de vos ambitions,
vous vous retrouverez comme une conne en bord de route...
avec votre pudeur
et votre discrétion.
Tiens.
Merci.
J'ai commencé chez Derval comme boucher à 17 ans.
Aujourd'hui, je fais 200 millions de chiffre d'affaires.
Seul Derval peut vous offrir cette ascension.
Si c'est ce que vous voulez, je vous aiderai.
Mais faudra continuer à faire ce que je vous demande.
Vibreur
- Allô ? - C'est Gaëlle, je suis avec
quelqu'un qui aimerait te voir.
C'est qui ?
- Ramène-toi, tu verras. Au bar en bas.
Musique pop
Bon, je vous présente pas.
Gaëlle rit.
Salut.
Fais pas ta timide.
Non, je vais vous laisser.
Non, on se détend.
- Parce que... Axel ami, Axel gentil. - Je peux partir.
- Non, arrête. Bouge pas, toi. Viens.
Installe-toi, Audrey. S'il te plaît.
Voilà.
On boit quoi ?
Une bière. Merci.
- Une bière ? - Pareil.
Je suis désolé.
Elle a insisté pour t'appeler.
J'y suis pour rien.
Vous vous connaissez comment ?
École de commerce.
À l'époque, déjà, elle était comme ça.
Relou ?
Mais chouette.
Elle soupire.
On était plus à l'aise
dans le box, ce matin.
Oui.
- Y a une règle essentielle dans le métier.
- Avoir bien préparé son dossier ? Il rit.
Non, euh...
Faut pas prendre trop les choses à cœur.
Ce qui se passe dans le box reste dans le box.
Y a le box, y a la vie.
Là, maintenant, on est dans la vie.
Tu vois ?
- Si tu le dis. Axel rit.
- OK, je me tais. Je m'enfonce, là.
Non ?
Un peu.
Ça va,
les amoureux ?
Évidemment, j'ai pris des gin-to.
- Allez, santé. - Relou,
mais chouette.
- Moi ? - Non.
- Rires - J'étais hyper forte.
Très forte.
J'ai encore le trophée.
Oh putain, le pouvoir de l'alcool dans trois...
deux... un...
Et bingo !
- Sifflement - Gaëlle...
- Mais sérieux ! Prenez une chambre !
- Arrête ! - Arrête, allez !
C'est ma tournée. Grenadine.
- Pourquoi, grenadine ? - Tu te calmes.
Musique dansante
Il est tout à fait célibataire.
- Je vais y aller. - Non, attends.
Le fruit est mûr et tu te barres ?
Non, le fruit est pourri.
Il bosse pour Sodalis.
Non, sérieux, on s'en fout.
T'es pas la première à fricoter avec l'ennemi.
- Non, merci. À plus. - Non !
- Excuse-moi auprès de lui. - Ben non ! Certainement pas.
Bitch!
Sérieux, tu te barres comme ça ?
Je le disais,
l'ancrage local est important pour nous.
On s'approvisionne auprès d'éleveurs dans un rayon de 60 km
autour de l'usine.
La porte s'ouvre.
Je vous présente
Bruno Fournier.
Enchanté, Christophe Landin.
- Asseyez-vous.
- M. Landin me présentait les nouveautés de l'an prochain.
- Avant de parler de l'avenir, réglons un détail important.
Ah ben...
oui, bien sûr.
- Au dernier trimestre, vos yaourts se sont vendus
3 % moins cher chez notre concurrent principal.
Vous expliquez ça comment ?
Euh...
Ben, je pense...
- Je sais pas si vous trouvez ça normal. Moi pas.
- Non, mais certaines enseignes offrent de la logistique
plus avantageuse.
- Vous proposez quoi pour compenser ces 3 % ?
Je répète ?
Comment
allez-vous compenser ces 3 % ?
Là, j'ai pas de solution concrète.
Mais je peux réessayer...
Je veux une compensation
de 100 000 euros.
Je veux bien...
discuter, mais va falloir être raisonnable.
- 100 000... - Attendez, si vous croyez
que je vais vous laisser
financer vos promos
chez les autres
en vous faisant du pognon sur notre dos,
vous vous trompez.
Pas de négo pour l'an prochain
tant que vous serez pas passés à la caisse, c'est clair ?
Vibreur
Fournier.
Oui.
Oui.
Il se passe quoi ?
Je sais pas, désolée.
C'est pas du tout... Je...
C'est du racket, là.
Je vais voir ça avec lui.
- Je comprends pas. - On revoit le dossier.
Alors ?
Toujours envie de travailler avec nous ?
Attendez, c'est pas...
- Rentrer, réfléchissez à une solution de compensation.
Si vous n'avez rien à nous proposer,
je mets vos yaourts à la benne
et je vous sors de nos magasins.
Vous ne viendrez plus chez Derval.
Alors, réfléchissez bien.
Je vais voir...
Musique sombre
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
- MAMAN - Nanou
JOYEUX ANNIVERSAIRE
- Oh ! - Attends.
- Ouais ! Applaudissements
Merci.
Malo tousse.
Joyeux anniversaire.
Ça va, Malo ?
Alors...
Magnifique.
Regarde, Malo. Notre ferme.
Oh là là !
Moi aussi, j'ai un cadeau.
Ah bon ?
Je vais lui offrir un spectacle.
Oh, mais j'ai de la chance !
- Ah ! - Ah non, non. Pose ça !
Tout de suite.
- C'est pour le spectacle. - Non !
Cuillères en bois.
- Je dois faire quoi ? - Un combat pour défendre Nanou.
Oh... D'accord.
- En garde ! - En garde !
Cris de guerre
- Allez, Malo ! - Sodalis, fils de pute !
Malo, ça va pas ?
Tu parles pas comme ça.
- Trois secondes. T'as entendu ça où ?
- C'est papa. - Hé, tu réponds pas.
- C'est toi... - La ferme !
Tu lui parles pas comme ça !
Renan !
Claquement de porte
- Ça va, mon petit chou ? - Hm.
C'est pas grave, chouchou.
C'est pas ta faute.
Euh...
On va couper le gâteau.
- On va manger le gâteau. - Oui.
Allez, bouge !
Allez, là !
Meuglement
Allez !
Pourquoi il a dit ça, Malo ?
- C'est vrai, c'est des fils de pute.
Sodalis monte son propre réseau de locaux.
Depuis qu'ils savent pour mon collecteur,
ils appellent mes membres pour les débaucher.
5 ans de galère pour rassembler des éleveurs
et monter mon réseau.
Ils viennent les appâter à coup de billets.
Allez, là !
Ah !
Allez, ma belle. Allez, allez.
Voilà.
- Je pensais faire mieux que papa. Je fous tout en l'air.
Je vais tout arrêter.
Ah ouais ?
Tu vas faire quoi ?
- N'importe quel métier avec un salaire qui tombe.
Un boulot à la con ?
- Éleveur, c'est pas un boulot à la con ?
Pourquoi s'acharner, si ça marche pas ?
Trimer pour rien...
Musique sombre
- Bonjour, maman. - Bonjour, ma chérie.
T'as pas été réveillée par la pluie ?
Hm...
Dispute au loin
Putain !
Claquement de porte
La porte s'ouvre.
Tu peux venir, Audrey.
Bonjour, Audrey.
Bonjour, M. Derval.
- Installez-vous.
Je vous en prie.
J'ai entendu beaucoup de bien sur vous.
N'est-ce pas, Bruno ?
Rassurez-vous, je crois qu'en 30 ans,
je l'ai entendu faire un seul compliment.
Et encore, c'était à une vache.
Comment se passe
votre intégration ?
Très bien. Merci.
Vous êtes une experte des yaourts.
Experte, je sais pas.
- Audrey travaille sur le sujet depuis des années.
Elle connaît parfaitement le marché.
C'est bien, ça.
Vous avez une idée pour le secouer ?
Oui.
Il faut miser sur un challenger.
- C’est-à-dire ?
- Le bio, le local sont des enjeux importants.
En donnant une part du gâteau à un nouvel acteur,
ça fera réagir les industriels.
Vous pensez à qui ?
- C'est pas les candidats qui manquent.
Certainement, mais moi,
il m'en faut un.
Hm ?
Les Petits fermiers.
Bon. Pourquoi eux ?
- Ils ont un réseau de 100 éleveurs
qui transforment leur lait en yaourt.
Ils produisent à échelle nationale
tout en préservant une production bio et locale.
- Je doute que des petits fermiers déstabilisent les leaders.
Pourtant, c'est déjà le cas.
Comment ça ?
- Sodalis s'intéresse à eux de très près.
Ils essaient de débaucher leurs membres.
Comment vous savez ça ?
- Ce... - Son frère dirige le réseau.
Ils sont référencés dans certains de nos magasins.
Leurs ventes décollent
depuis plusieurs mois.
- Peut-être,
mais leurs volumes sont faibles.
Avec un déploiement national,
ils se développeront rapidement et baisseront leurs prix.
Bien. Merci.
Merci.
- Notre pépite jurassienne du moment.
- Bonne dégustation. - Merci.
Ils sont calés en vins natures.
Je me suis dit que ça te plairait.
Très bon.
Ouais.
Cool.
- Vous bossez sur le lancement d'une marque ?
Possible. Je suis pas au courant.
- Vous voulez travailler avec des producteurs locaux.
Ricanement
Comment tu sais ça ?
- J'ai mes sources. - Ah...
Quoi ?
- C'est pour ça que tu voulais me revoir.
Non. Non, non.
- Je demandais comme ça. - C'est pas grave.
Tu sauras rien.
- J'ai une règle essentielle... - Ah oui.
Encore une règle.
Il rit.
Je parle jamais boulot
en dehors du boulot.
D'accord.
Du coup, on parle de quoi ?
Il rit.
Ce que tu veux.
- Marrante, cette sensation de boire de la terre.
- De la boue, même. Rires
- Désolée, je suis pas du tout vin nature.
- Putain, merci. Moi non plus. - Non ?
Qu'est-ce qu'on fait là, alors ?
Mets de la musique, si tu veux.
- J'aime pas trop le jazz. - Oh !
Sacrilège !
T'écoutes quoi, alors ?
Du métal ?
Non, de l'électro.
On va pas mettre de musique.
Tu fais du dessin ?
- Oh, c'est mes premiers croquis. Je débute.
T'es doué.
- Il rit. - Quelle cruauté !
Bon, après...
j'ai essayé la photo, aussi, le saxophone,
la cuisine japonaise...
Beaucoup trop de trucs.
Bris de verre Merde...
- Ça va ? - Fait chier...
Tu t'es fait mal ?
- Oh, putain... Il souffle.
Montre.
Je suis pas à l'aise avec le sang.
Non, mais là, c'est rien.
Ça va aller.
- Ça va aller. - Ça va aller.
Chut, chut, chut.
Ça va si je fais ça ou c'est pire ?
- Non, c'est... Non, c'est bien. - C'est bien ?
Ouais.
Là, sur les épaules ?
C'est bien ?
- C'est... C'est pas mal. - Hm, hm ?
OK.
Si je passe mes mains en dessous ?
- C'est un peu froid, mais c'est pas mal.
Si je fais ça...
Vibreur
Excuse-moi de t'appeler si tôt. C'est urgent.
- Que se passe-t-il ?
C'est Sodalis.
- Quoi, Sodalis ? - Ils veulent te racheter.
C'est quoi, ces conneries ?
Je te jure, c'est vrai.
D'où tu sors ça ?
- Je le sais, c'est tout. Cherche pas.
- Pour acheter un truc, il doit être à vendre.
- Quand ils veulent un truc, ils savent quoi faire.
Je te dis qu'on vendra pas.
Renan, réfléchis
au référencement national.
- Si je deviens dépendant de Derval, je perds le contrôle.
- Si tu réagis pas, tu perds le contrôle.
Ils vont te mettre à terre.
Laisse-moi t'organiser un rendez-vous.
OK.
Merci.
Musique intrigante
- Putain, dix fois que c'est les mêmes arguments.
Si, dix fois.
Bon, je vais être très claire.
Manifestement, je ne le suis pas.
C'est le code noir que vous cherchez.
Si, manifestement. Réfléchissez bien,
je vais appuyer sur le bouton.
Voilà. Il va rappeler demain à la première heure.
- C'est quoi, le code noir ? - C'est...
le déréférencement immédiat.
Interdiction de foutre les pieds en magasin.
Black-listage total, du jour au lendemain.
Putain, c'est hyper violent.
- Donc, très efficace. Vibreur
Allô ?
- C'est qui ? - Un rendez-vous ?
Quel rendez-vous ?
Oui, j'arrive. J'arrive.
- C'est qui ? - Fournier.
- Il veut quoi ? - Je sais pas.
À tout'.
Embrasse-le de ma part.
- Je veux qu'on gratte quelques centimes.
- Il a fait beaucoup de sacrifices, déjà.
Les comptes de Landin.
Deuxième page, colonne des résultats.
En progression constante sur les 3 dernières années.
Il a accepté toutes nos demandes.
Je lui ai promis un accord.
- Ce type joue la victime pour gratter
de la marge, mais...
il est loin d'être à plaindre.
Musique sombre
- Je suis pas à l'aise avec ces méthodes.
OK.
Prenez vos affaires et rentrez.
- Quoi ? - Notre job,
c'est défendre nos clients.
Soit vous lui mettez la pression pour qu'il baisse,
soit vous retournez tirer
des palettes en magasin.
Apparemment, vous faites ça bien.
Quatrième étage.
Fermeture des portes.
- Baisser les prix, c'est dégrader la qualité.
- C'est ce que vous voulez ? - Non.
Alors, vous voulez quoi ?
- Trouvez des solutions pour réduire vos coûts.
Des solutions ?
Vous avez déjà été dans une usine de fabrication ?
Oui.
Je sais comment ça fonctionne.
Ah bon ?
Super, vous allez pouvoir m'aider.
Moi, en cinq ans,
j'ai tout robotisé,
j'ai viré un quart de mes employés,
j'ai baissé mes prix d'acquisition du lait
de 10 %.
Maintenant, je fais quoi ?
Allez-y, dites-moi. Je fais quoi ?
Tous nos fournisseurs
veulent des prix compétitifs.
- Ça fait des années que je baisse les prix
sans contrepartie.
Je vais pas sacrifier l'avenir de mon entreprise
pour quelques centimes de baisse dans vos magasins.
D'après vos comptes,
votre situation n'est pas aussi difficile
que vous le dites.
- Vous croyez que ça va dans ma poche, tout ça ?
Je réinvestis pour moderniser.
Sans ça, moi,
dans 2 ans, je suis mort.
J'existe plus.
Non, mais... c'est dégueulasse comme façon de procéder.
- Rien ne vous oblige à travailler avec nous.
- Non, me dites pas ça. Vous le savez.
Je peux pas perdre un tel débouché. C'est pas possible.
- Des fournisseurs comme vous, j'en ai.
Ça veut dire quoi ?
- Qu'on poussera les plus compétitifs.
Sans effort, je ne ferai rien pour vous aider.
Musique sombre
OK.
T'es prêt ?
Je sais pas, on verra.
Il va tout faire
pour te déstabiliser.
- Faut... - Garder mon sang-froid.
- Quoi qu'il arrive. - Quoi qu'il arrive.
- Ah oui, et aussi, il s'assoit jamais.
Il rit.
C'est ridicule.
- On peut le croire, mais ça fait son petit effet.
C'est pas mon problème.
Je veux une propale sous 48 heures.
Je vous laisse, je suis en rendez-vous.
Bruno Fournier.
Renan Dumont.
Vous pouvez goûter.
Je suis allergique au lactose.
- Il y a une différence avec les yaourts industriels.
On a pas la même façon de travailler.
Mais ça tombe bien.
Les gens en ont marre de bouffer
la merde des industriels.
Les industriels font de la merde
parce que vous les avez poussés à le faire.
On a commis des erreurs.
Aujourd'hui, on veut faire changer les choses.
Comment ?
En misant sur des partenaires
capables de produire du volume
sans sacrifier la qualité.
Une équation difficile.
Mais pas impossible.
Quelle est votre capacité de production ?
40 millions
de pots par an.
Vous pourriez doubler ?
- Oui, le réseau est en constant développement.
Il est pas compatible
avec une logique de volume et de prix.
- C'est la seule solution pour démocratiser les produits.
- Peut-être,
mais je veux pas d'un processus de développement mal maîtrisé.
Volume, prix, toujours pareil.
- Non, l'idée, c'est un partenariat à long terme
avec des baisses de prix progressives.
- Quand je t'entends parler comme ça, j'ai envie de rire.
Ça ferait bien marrer papa, en tout cas.
- Non, ça le ferait pas marrer, ça lui ferait peur.
Avoir un peu d'ambition, papa, ça lui faisait peur.
Comme toi, en fait.
J'essaie de faire les choses bien.
- Tu veux finir comme lui ? - Arrête !
- Être écrasé sans te défendre ? - Putain, arrête !
Sans déconner, tu te prends pour qui ?
Musique sombre
Bruno m'a débriefée.
On continue pas les discussions avec ton frère.
Quoi ?
Il n'a pas
les épaules, il suivra pas la cadence.
Il peut se développer.
De grosses exploitations rejoignent son réseau.
- C'est votre point de vue, pas le mien.
Venez visiter la ferme.
Voir les installations.
Vous n'êtes pas objective.
- Vous demandez du changement... - Audrey.
Je dois montrer des avancées concrètes
à Paul Derval.
Ça donne quoi, Sodalis ?
Ils jouent la montre.
Pas de nouvelles depuis le 1er rendez-vous.
Je passe en direct avec lui.
Musique sombre
Faut que je te dise un truc.
Quand tu prends la main de quelqu'un qui dort
pour mettre le doigt sur son téléphone
et qu'il se réveille pas,
soit il est vraiment bourré, soit...
il est mort.
Pourquoi tu me l'as pas dit ?
Je sais pas.
J'avais envie de te revoir.
T'as vu des trucs intéressants ?
Y a des trucs qui valent le coup.
Il soupire.
- Compliqué à estimer... - 54 centimes.
Mais c'est moi, ça. Il rit.
11 centimes perdus par litre vendu.
C'est pas ça, "bien payer" ses éleveurs.
Bim, dans ma gueule.
- Non, mais t'enregistres tout, comme ça ?
Comment ça, tout ?
Là, tu nous enregistres ?
Non, t'es folle ?
C'est juste les négos.
Ça m'amuse. Je sais pas.
T'as pas le droit de faire ça.
Et alors ? C'est que pour moi.
Personne n'est au courant.
Et si je te balance ?
Tu le feras pas.
Ah bon ?
T'es pas assez vicieuse.
Elle rit.
- Tu sais quoi ? Vas-y, fais-le.
Ça me forcera à faire autre chose.
Comment ça ?
Je sais pas.
Dans ma famille, ils font tous...
un boulot utile.
Je suis le seul connard du troupeau.
Tu vois ?
Oh...
Arrête.
Et toi, alors ?
Quoi, moi, alors ?
Comment une femme comme toi
a atterri aux Achats ? Elle rit.
Ah...
Tu veux pas me dire ?
Musique sombre
- Qu'est-ce qui se passe ?
Visite de la répression
des fraudes.
Avec les flics
et tout ?
Perquisitions, interrogatoires...
Audrey,
tu peux venir ?
- Oui. - Tu dis rien,
tu fais ce qu'il te demande. D'accord ?
Vous avez une pièce d'identité ?
Oui.
Parfait.
On a reçu des plaintes de fournisseurs.
Votre nom a été cité.
Vous savez pourquoi ?
Non.
- Demande de baisse sans contrepartie.
Menace de déréférencement.
Ça vous dit quelque chose ?
Non.
Vous êtes sûre ?
Oui.
Pourquoi votre nom a été cité ?
Je sais pas.
- Vous savez pas ? - Non.
Non, je...
J'ai...
J'ai commencé il y a que quelques semaines.
Et donc ?
Et donc, je suis pas...
pas sûre de pouvoir beaucoup vous aider.
- On a saisi votre ordinateur pour analyse.
J'ai besoin de votre téléphone.
- J'ai pas encore de téléphone professionnel.
Je vais prendre votre personnel.
- Vous savez quand je pourrai le récupérer ?
- Le temps qu'on duplique les données.
On vous rend tout dans 24 heures.
C'est tout pour moi.
Au revoir.
Au revoir.
Musique sombre
Pourquoi ils ont perquisitionné ?
- L'État veut montrer qu'il est du côté des éleveurs.
Au pire, on aura une amende symbolique.
Ça n'ira pas plus loin.
Vous savez qui a cité mon nom ?
Non.
Ça ne peut être que Landin.
Vous allez le passer en code noir.
Tu peux pas t'en occuper ?
Musique sombre
- Je vais le faire. - Quoi ?
L'annonce du code noir à Landin.
- T'es pas obligée. - Je veux le faire.
D'accord.
Comme tu veux.
- Vos produits seront retirés des magasins sous 48 heures.
Je suis venu pour apaiser.
- Je suis prêt... - Trop tard.
La décision est prise.
- Je suis prêt à coopérer pour trouver des solutions.
Il n'y aura pas de solutions.
Derval, c'est 25 % de mon chiffre.
Moi, si je perds ce contrat,
je perds tout.
Il fallait y penser avant.
Mme Dumont...
je vais devoir virer des dizaines de personnes.
Vous menacez tout un bassin d'emplois.
Vous vous rendez compte ?
Je vous en supplie, me tuez pas.
Hein ?
S'il vous plaît.
Je vous en supplie, me tuez pas.
Me faites pas ça.
Vous avez pas honte ?
Sérieusement ? Moi, à votre place, j'aurais honte !
Oh, putain...
Musique sombre
Pourquoi vous faites ça ?
Hein ? Oh ! Je vous parle !
Putain,
répondez-moi !
Putain, oh ! Pourquoi ? Vrombissement
Crissement des pneus
Hé !
Oh, je vous parle, là.
Vous jouez avec la vie des gens.
Ça vous dérange pas ?
C'est quoi, votre but ?
- Arrête ! - D'avoir du pouvoir
et humilier les gens ?
- Hein, c'est quoi ? - Lâchez-moi !
- Expliquez-moi, putain !
- Lâche-la ! Lâche-la, allez !
Dégage !
Bande de connards !
Ça va ?
Ouais.
Je vais vous raccompagner.
- Vous pouvez me laisser là. Je vais me débrouiller.
J'espère bien, mais...
- je dors ici, moi aussi. - Ah bon ?
- Qu'est-ce que vous croyez ?
Moi aussi, j'aime les croissants congelés.
Rires
Et organisez
une visite des installations de votre frère.
D'accord.
- Y aura pas de traitement de faveur.
Va falloir
qu'il soit convaincant.
Musique intrigante
Vibreur
C'est juste ici.
C'est par là.
Vous avez combien de bêtes ?
72.
Allez-y.
Vous les nourrissez comment ?
Tout est produit sur nos terres.
Tout est sain, garanti sans OGM.
Contrairement
aux industriels, le lait n'est pas standardisé.
Il est pasteurisé au bain-marie.
On ajoute les ferments lactiques
et le yaourt se fait en quelques heures.
Tout est fait sur place.
On a une maîtrise du cycle de production.
Une centaine d'éleveurs transforment leur lait en yaourt
sous la marque des Petits fermiers.
Ils ont un cahier des charges précis
qui permet une qualité identique à l'échelle nationale.
Bonjour.
Bonjour, madame.
- Maman, je te présente Bruno Fournier.
Enchantée.
Alors ?
Vous en pensez quoi ?
- (-Maman !) - Ben quoi,
je demande, j'ai le droit.
Café ?
Merci.
- Tiens. - Merci.
- Ben, asseyez-vous.
Ça vous dérange si je fume ?
- Pas du tout. Allez-y.
Je peux en prendre une ?
Bien sûr.
Merci.
Elle tousse.
Ils rient.
- Vous avez une semaine pour proposer un accord.
Très bien.
Réfléchissez bien.
L'indépendance, c'est bien, aussi.
Musique intrigante
Salut, Axel, euh...
moi aussi, ça me ferait plaisir de te voir.
Je peux pas cette semaine.
Je peux... Elle soupire.
En fait, j'ai réfléchi et...
ce serait bien de se donner un peu de temps.
Au moins jusqu'à la fin des négos, ça m'arrangerait.
J'espère que tu comprendras.
On se parle vite.
Je t'embrasse.
Ils tiendront leurs engagements ?
Oui, un plan d'intégration
de nouvelles exploitations a été mis en place.
Ça me semble solide.
- D'accord. - Bien.
J'appelle le juridique.
- J'espère que vous savez ce que vous faites.
Bravo.
- T'as fait du beau boulot. - Merci.
J'ai une table ronde
sur les nouveaux modèles alimentaires.
Tu m'accompagnes ?
Bien sûr.
- Merci de m'avoir donné ma chance. - Normal.
Brouhaha
- Bonjour, Mme Roussel. - Bonjour.
Ah...
M. le secrétaire d'État.
Mme Roussel.
- Madame. - Bonjour.
Alors, comment j'étais ?
- "La grande distribution de demain sera responsable ou ne sera pas."
Efficace, brillant.
Tu ferais passer Derval pour des activistes écolos.
Si tu pouvais toucher deux mots
à Bercy, ça m'arrangerait.
Qu'ils arrêtent les perquisitions.
T'as vu le bordel
avec les éleveurs ?
- On est au bord de l'implosion. - Je sais.
Si on arrête la pression sur les prix,
le pouvoir d'achat vous saute à la gueule.
Je ferai passer le message.
Promis.
- Au revoir. - Madame.
- Si pour toi, c'est une connerie, ne te retourne pas.
Je ferai semblant de parler tout seul.
J'ai l'habitude.
Sinon, tu te retournes et tu me roules une énorme pelle.
Non ?
Bon...
Solution intermédiaire...
Coucou.
"Coucou."
"Coucou", c'est bien.
Bravo.
- Désolée pour mon message. - Non.
T'as raison. C'est...
C'est bien plus raisonnable.
Ça prouve encore une fois
que t'es plus maligne que moi.
Alors ?
Ça te fait quoi de...
côtoyer les hautes sphères ?
- J'ai l'impression d'être au spectacle.
C'est ça.
Ah, ben tiens.
Mon patron avec ta patronne.
Ils ont l'air
- de bien s'entendre. - Ouais.
Ils se connaissent bien.
Tout le monde se connaît, ici.
Politiques, distributeurs, industriels...
Ils ont tous fait les mêmes écoles, mêmes réseaux.
Ça papote, ça se bidonne. "Ouais..."
Distributeurs et industriels
jouent à se faire la guerre.
Les politiques font les arbitres,
sans jamais blesser personne.
Et puis, les médias,
eux, cherchent pas trop à creuser pour éviter
de perdre leurs annonceurs.
Voilà, quoi.
Et nous dans tout ça ?
- On exécute les plans sans faire de vagues.
On est des bons petits soldats.
Absolument.
- C'est déprimant. - Absolument.
Hm...
Enfin, sauf si...
si on tombe amoureux.
- Oh là. - Quoi ?
Doucement, là.
On se calme.
Ben, je suis très calme.
D'ailleurs, regarde.
Je m'en vais.
Elle rit.
Voilà.
- Je les fais signer à Claire Roussel dans la journée.
- Bienvenue à la centrale. - Merci.
- Je t'attends en bas. - J'arrive.
- Faites venir Sodalis. On va les faire craquer.
Très bien.
Ils rient.
Elle souffle.
C'est chic pour une cantine.
Ouais.
Désolée, je voulais dîner avec toi.
Mais dernier jour des négos.
- Faut signer avant minuit. - T'inquiète.
J'ai dit à Sandrine que je rentrais tôt.
Ça va, vous deux ?
Ouais, ça va mieux.
Ça va nous faire du bien.
Tant mieux.
- Et on va partir en week-end. - Ah !
Il était temps.
T'irais où, toi ?
Je sais pas.
À la mer ?
C'est toujours bien.
Ouais.
J'ai peur qu'on s'emmerde.
Rires
Qu'est-ce qu'on va se dire ?
Ben...
il faudra faire l'amour.
Très efficace pour pas parler.
Je suis un gars de la campagne.
À la campagne, on parle pas de ça avec sa sœur.
Mais bon, c'est vrai.
- Je suis contente pour vous, en tout cas.
T'avais raison.
C'est bien qu'il y ait des gens comme toi là-dedans.
- Bon, allez, casse-toi.
Sois pas en retard à cause de moi.
Ils rient.
- Installez-vous.
Si vous vouliez nous voir,
c'est que vous avez une proposition ?
Qu'est-ce que c'est ?
- L'accord de distribution avec les Petits fermiers
qu'on vient juste de finaliser.
Joli coup.
Oui.
Mais ça pose un vrai problème.
Lequel ?
- Il va falloir leur faire de la place dans nos rayons.
Et vous voulez quoi ?
- Une baisse de prix de 5 % sur votre gamme bio
ou on divise par deux nos commandes.
C'est tout ?
D'accord.
Je suis même prêt à geler nos prix sur nos autres références.
Aucune hausse de tarif.
C'est ce que vous vouliez ?
- Qu'est-ce qui motive un tel élan de générosité ?
- Vous allez nous aider à racheter les Petits fermiers.
Pourquoi on ferait ça ?
Vous voulez voir des amateurs
bousiller un marché juteux ?
Ils finiront par exploser en vol.
- C'est un risque qu'on est prêts à prendre.
Bien sûr que non.
Voilà ce que je propose.
Vous laissez tomber cet accord avec eux,
- vous les sortez des magasins... - On a signé un contrat.
On ne reviendra pas dessus.
Je ne vois pas
la signature de Claire Roussel.
Si vous les déréférencez, ils seront à genoux.
On leur fera une offre d'achat qu'ils devront accepter.
Vous avez tout à y gagner.
Avec nos moyens,
on augmentera les volumes, on fera baisser les prix plus vite.
- On va avoir besoin de temps pour réfléchir.
- On n'en a plus. - Ce sera pas long !
Musique sombre
Claire Roussel. Laissez un message.
Putain...
Putain !
Claire Roussel. Laissez un message.
Oh !
Vibreur
Merde !
Allez, allez...
Allez !
Claire, je dois vous parler ! Attendez !
Faut que je parle à Claire !
- Calmez-vous. Calmez-vous !
Ça sert à rien, on accepte leur offre.
Quoi ?
Non. Mon frère a accepté toutes vos exigences.
- Claire ne signera pas. Sodalis offre plus de garanties.
Ça paraît brutal, mais économiquement,
c'est tout à fait justifié.
- Vous allez le tuer, lui et son réseau.
C'est un monde à part, ici.
C'est la même logique que pour Landin.
- Ça a rien à voir. - Si.
C'est exactement la même chose.
Sodalis va faire une belle offre de rachat
pour récupérer la marque.
Votre frère touchera une grosse somme.
Tout le monde sera à l'abri.
- Vous comprenez pas. Mon frère va pas vendre.
C'est pas une question d'argent.
C'est vous
qui ne comprenez pas.
À la fin, c'est toujours une question d'argent.
Toujours.
Musique sombre
Vibreur
- Ces dernières semaines ont été intenses,
avec des négociations difficiles
et des décisions stratégiques cruciales.
Grâce à votre courage et votre professionnalisme,
nous avons renforcé considérablement nos positions
sur les marchés du bio et du local.
Nous n'avons pas seulement atteint nos objectifs,
nous les avons
largement dépassés.
Applaudissements
Grâce à l'engagement de chacun de vous,
nous avons franchi un seuil que nous n'osions espérer.
Coups répétés
Nous avons prouvé qu'il était possible
d'offrir à nos clients des produits sains et abordables.
Cet accomplissement est le fruit d'un travail d'équipe
et constitue une étape majeure pour Derval.
Sanglots et coups répétés
Vous pouvez être fiers de vous.
Je suis convaincue que nous relèverons le défi futur
avec la même énergie
pour faire de Derval un modèle de réussite
et de responsabilité.
Applaudissements
Bravo à tous !
Coup
Musique sombre
Sanglots
Musique douce
Musique sombre
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