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Original subtitles

Debout, c'est l'heure !

Vite, les enfants ! Ne vous bousculez pas !

On y va !

Suivez-moi !

Montez dans le bus !

Montez, vite !

A tous les habitants de la commune : évacuation immédiate.

Tonik !

Tonik !

Là, à l'avant.

Tonik !

Tonik !

Maman !

To...

Tonik !

Tonik.

Tonik.

- Vous êtes qui ? - Je vous veux aucun mal.

Que s'est-il passé ?

Arrêtez-vous.

- Je vous explique dès que... - Arrêtez-vous !

J'essayais de vous aider.

Ce type à la gare vous a vue,

tout comme moi.

Il sait déjà où vous habitez, ou il va le savoir.

Qui sont ces gens ?

Je l'ignore.

Ca n'a pas de sens.

Acton m'a aidé à surveiller et identifier

des individus qui tournaient autour du Président.

Ca menait en Ukraine.

Elle était venue

vous donner un truc.

Acton ne voulait rien envoyer.

Elle avait un disque avec des noms,

des numéros de passeport...

Ils ont dû le découvrir.

Comment ?

Je sais pas. On était prudents.

Elle est morte.

Je veux éviter que ça vous arrive.

Vous êtes quoi ?

- Flic ? - Journaliste.

Je vous propose de l'aide.

Cet incident a été suivi de près et médiatisé dès le début,

d'autant plus qu'il a coûté la vie à deux personnes :

des employés de l'entreprise propriétaire du dépôt.

L'enquête a plus tard révélé qu'il ne agissait pas d'un accident

mais d'un sabotage par les services secrets russes.

Bien sûr, la priorité actuelle,

c'est la santé du Président et son rétablissement.

Quel rôle jouera la découverte de cet enregistrement,

qui a été diffusé durant le débat,

dans la poursuite de l'enquête sur Vilimovice ?

Il faudra authentifier cet enregistrement,

donc confirmer qu'il est bien réel et qu'il n'a pas été modifié.

Mais si son authenticité est confirmée...

- Mme la Première ministre. - Bonjour.

Madame.

Quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe ?

Aux dernières nouvelles, le Président est hors de danger.

Je sais. Suis-je la seule à trouver ça étrange ?

Vous insinuez quoi par là, madame ?

Vous pensez à une mise en scène ?

Allons, nous savons que Toman en serait capable.

C'est un renard, il sait ce qui rapporte des points.

Non, sa responsable de com est dans un piteux état.

Il n'est pas fou au point d'utiliser du poison

et de mettre en danger son équipe.

Il est plus psychopathe que fou.

On sait quel poison c'était ?

Nous attendons les résultats.

Les labos analysent les prélèvements du salon

et des gants que l'auteur a jetés à la poubelle à l'entrée de la fac.

C'est probablement du Novitchok ou un autre agent psychoparalytique.

Nous pensons que l'enregistrement est la raison de cette attaque.

Nos amis polonais ont signalé la présence

d'un agent russe sur leur territoire.

Il s'agit de Nikolaï Vozentsov,

qui est un officier du GRU.

En 2014, il était directement impliqué

dans l'explosion du dépôt à Vilimovice,

avec Ivan Borodine.

- Il est revenu ici ? - Des choses se trament.

Pendant l'épisode de l'attaque sur le Président, l'ambassade russe

a ordonné un silence radio total.

Pour nous, c'est suffisant.

Nous avons identifié à Prague un homme

qui sert de contact aux agents russes.

Il leur fournit les armes pour opérer sur notre sol.

Nous pensons que son activation a un rapport avec Vozentsov.

Selon vous, Sudek aurait aidé les Russes à accéder au dépôt ?

Oui, ensemble avec Novotny.

Le Président devait le savoir. Sudek est son bras droit.

Il gère tout avec lui.

On n'a aucune preuve et on ignore comment l'audio a fuité.

Qui, à part vous, connaissait son existence ?

Le Président l'avait déjà entendu.

Donc Toman savait ?

Oui. C'était un risque pour la sécurité nationale.

Il était très proche de Sudek.

Le Président n'aurait pas révélé un audio qui l'incrimine.

Peut-être quelqu'un de son entourage.

Est-il vrai que c'est le fils de Braun qui l'a diffusé ?

Braun ?

Pas ce Braun-là, j'espère ?

Si, madame.

Le fils de Lukas Braun.

Je vais reposer ma question.

Qu'est-ce ce qui se passe, putain ?

Vous êtes journaliste ?

Chez moi, ils pourraient nous surveiller.

Bon.

Entrez.

Vous avez soif ?

On est chez qui ?

Mon père.

Vous avez un tas de questions et j'y répondrai,

mais il faut me faire confiance.

Je dois rentrer.

Les fichiers d'Acton sont sur mon ordi et mon disque.

Les photos des mecs en Ukraine aussi.

Rien sur un cloud ?

OK, mais attendez au moins ce soir.

On doit éclaircir les choses.

Mettez-vous à l'aise.

Je monte récupérer un truc.

Merde.

Vous êtes qui ?

Que fais-tu là ? T'es censé être à Berlin.

T'as fait sonner l'alarme.

Que se passe-t-il ?

On doit se planquer quelques jours.

Ca pose problème ?

Toman est un fou furieux,

mais de là à te traquer comme ça ?

On peut rester ou pas ?

Bien sûr que tu peux rester. T'es mon fils !

Tu m'expliques ce qui se passe ?

J'en sais rien,

mais c'est lié à l'enregistrement.

Qui te l'a envoyé ?

Peu importe. On avait dit : pas de questions !

Ce qui t'intéresse, c'est le dossier.

T'en sais rien.

T'as passé beaucoup de temps à le chercher.

Garde tes conseils.

- Tu cherches encore. Pourquoi ? - Pourquoi ? Dis-moi.

T'as peur de me le demander en face.

Bon voyage.

Merci.

Ca donne quoi ?

Il attend toujours.

Il regarde partout. Il se doute de quelque chose.

Il a l'air nerveux.

On doit le cueillir.

Il peut nous mener à son contact.

Si on l'arrête maintenant, c'est mort.

Personne viendra.

Ca fait 1h30 qu'il est là.

Il règle. Il veut partir.

- Maintenant ! Il se barre ! - On y va.

Je passe par l'arrière.

On a le feu vert. Capturez la cible. Allez !

Police ! Arrête-toi !

Arrête-toi ! Arrête-toi !

Arrête-toi !

Recule ! Au sol !

Allez, à terre !

T'as entendu ?

A terre !

Mains derrière le dos !

Menottes.

Putain.

Maman, j'ignore comment il va

et même si je le savais, je ne suis pas censé t'en parler.

On en a déjà discuté.

Oui.

De toute façon, je dois raccrocher.

On se rappelle, OK ?

A plus.

Je veux pas vous déranger,

mais je vous ai reconnu.

Je m'appelle Jakub Soukup. Je travaille avec votre femme.

Je voulais vous dire...

Je suis désolé pour tout ça.

Merci.

M. Rufus, je peux vous parler ?

Que se passe-t-il ?

Je serai plus serein

si vous passiez le week-end ici, pour observation.

Je me sens bien, docteur.

Il veut partir maintenant.

On a tenté de vous assassiner,

et vous avez survécu.

Vous serez un héros.

Si on sait que je suis en vie.

Un briefing de presse est prévu cet après-midi.

Sans vous, évidemment.

Le communiqué officiel sera diffusé après consultation de la police,

ce qui peut prendre du temps.

Excusez-moi. Je suis désolé.

Surtout pour savoir quelles infos on peut publier.

Entrez.

Quand on parle du loup...

Vous êtes Jakub, c'est bien ça ?

Oui, monsieur.

Vous allez devoir remplacer Tana pendant quelque temps,

jusqu'à son rétablissement, OK ?

Elle est décédée.

A l'instant. J'étais dans le hall avec son mari,

et le médecin...

Je veux...

que sa famille sache qu'on s'occupera de tout.

Ne dites rien à la presse,

surtout pas sans l'accord de ses proches.

Vous pouvez y aller.

Jakub ?

La prochaine fois que vous lâchez une info aussi grave

sans m'avoir consulté au préalable,

vous serez renvoyé.

C'est clair ?

Mon père est parti. Désolé que t'aies eu à entendre ça.

Ca va ?

Ca va.

Pourquoi t'es venue t'installer à Prague ?

C'est plus calme qu'en Pologne.

Evidemment.

Je suis crevée.

- Je peux me doucher ? - Bien sûr. A l'étage.

Il y a des serviettes propres sous le lavabo.

Merci.

Police ! Arrête-toi !

- Arrête-toi ! - A terre !

Il a parlé ?

Non.

Son portable est chiffré, les gars sont dessus.

Que sait-on sur lui ?

Nikita Leskov.

Kazakh, en situation irrégulière.

Il vit ici depuis longtemps. Pas de famille.

Il avait une mallette contenant deux Glock 17.

Et son rendez-vous ?

Probablement Vozentsov.

On a attendu, mais personne n'est venu.

On risquait de perdre Leskov, donc on l'a cueilli.

Tenez-moi au courant.

Tout passe par moi. Equipe restreinte.

Oui.

L'entourage du Président représente un risque de sécurité.

On garde les infos en interne tant que possible.

Papa !

Anicka !

T'es arrivée quand ? Maman sait ?

J'ai pris l'avion dès que j'ai pu.

Comment tu te sens ?

On refuse de me parler et maman ne sait rien.

- Ca va ? - T'aurais dû rester là-bas.

Pourquoi t'as pas appelé ?

Je suis ici, n'en parlons plus.

C'était quoi ?

Une sorte de poison ?

Très probablement.

Les médecins t'ont dit quoi ?

- Tu sors quand ? - Attends.

Ralentis, Anicka.

- Pardon. - Ralentis.

J'ai eu de la chance.

Peut-être bien plus que je ne l'imaginais.

La protection du Président est notre priorité.

Les mesures de sécurité ont été prises en coordination

avec l'Unité pour la protection du Président et la police.

Et avec vous.

Evidemment.

Comment avez-vous contrôlé les personnes ?

L'arrière n'était accessible qu'au personnel de service

qui était enregistré sur une liste au préalable.

Qui avait accès à la liste ? Que vous ?

Nous, le cabinet et l'Unité pour la protection du Président.

Qui a contrôlé les arrivées sur place ?

Moi.

Les résultats de la toxico.

Merci.

Excusez-moi.

Ce numéro marche encore, si vous vouliez savoir.

Dans le train venu d'Ostrava,

on a trouvé le corps d'une Ukrainienne.

Je pense que c'est lié à votre affaire.

Je vous ai envoyé un lien.

Pourquoi vous pensez ça ?

La fille venait me voir. Elle m'aidait et elle est morte.

J'ai un témoin.

Elle la connaissait.

Je pense qu'ils vont chercher à l'éliminer.

C'est qui, "ils" ?

Il faut parler, si vous avez des infos.

Vous me dites ça à moi ?

Ca va très loin, cette histoire.

Je connais votre travail.

Je le respecte et c'est pour ça que je vous réponds,

qu'on soit bien clairs.

Mais gardez vos leçons.

On a tenté de tuer le Président.

Sa responsable de com est décédée.

Ca va déjà assez loin.

Vous êtes là ?

Oui.

Vous la connaissiez bien ?

On a habité ensemble.

Je suis désolée.

Mes condoléances.

Fouillez la victime du train.

Je pense qu'elle avait des documents qui ont mené à sa mort.

Merci.

Roman ?

Oui ?

On a trouvé le corps d'une femme dans un train à la gare.

Appelle la brigade criminelle et renseigne-toi.

Je m'y mets.

Merci.

C'était qui ?

Une flic de la NCOZ.

Vous lui avez parlé d'Acton.

Oui.

On s'en sortira pas seuls.

Elle peut accéder aux documents.

Sauf si quelqu'un les a pris.

Il y a des photos sur mon ordi.

J'ai identifié quelques personnes. J'ai des noms.

Sans ça, on avancera pas.

OK.

D'accord.

Tourne-toi.

C'est toi !

Julia !

Cours !

Cours !

Allez, cours !

Cours !

Cours ! Vite !

Ne t'arrête pas ! Viens !

Tiens !

Ca va ?

Acton m'a envoyé ces photos.

J'ai creusé.

C'est l'unité 601 des forces spéciales.

Ca n'a pas de sens.

Pourquoi une unité tchèque serait en Ukraine ?

En secret, en plus.

Acton parlait d'agents russes.

A moins que...

ils les aient trouvées.

Trouvé quoi ?

As-tu entendu parler

des archives secrètes de la STB en Tchécoslovaquie ?

- Ce n'est qu'une légende, non ? - Non.

On raconte que...

après la Révolution,

la Russie a fait déplacer les archives.

Les services secrets tchécoslovaques en ont sauvé le maximum

car dans ces dossiers, il y avait des documents compromettants

sur l'ancienne classe politique, et la génération montante.

Quel rapport avec la situation actuelle ?

Toman fait partie de cette génération

à qui les archives nuiraient.

Mais pourquoi les Russes voudraient-ils éliminer un ami ?

Il les a sans doute aidés avec Vilimovice.

C'est contre leurs intérêts.

Il a peut-être trouvé où sont les archives.

Tout est lié, c'est certain.

Le Président, Acton...

Elle a dû découvrir un truc

qui valait la peine de la tuer.

Elle devait l'avoir sur elle.

Le disque dur !

Acton n'était pas stupide.

S'ils avaient tout, ils n'essaieraient pas de nous tuer.

Elle devait avoir une copie.

On doit la trouver.

Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ?

Je me sens bien,

alors pourquoi rester plus longtemps que nécessaire ?

Maman.

J'ai demandé au chef de la sécurité

de prévoir quelqu'un pour Anicka.

C'est fait. Ils sont venus cet après-midi.

- D'accord. - Ne t'inquiète pas.

Tu es géniale.

Rentrons.

- Oui ? - Vous aurez ce que vous voulez.

M. le Président ?

Mais en contrepartie, je vous demande quelque chose.

Je vois.

Raconter votre version de l'histoire.

Des informations.

Sur tout ce qui se passe autour de moi.

Sur tous ceux qui sont impliqués.

Quoi ?

Les services secrets ne vous disent rien ?

Réfléchissez-y.

Je vous rappellerai.

Je sais que t'es pas trop fan des appels en visio.

L'anonymat, tout ça.

On est les pires enquêtrices du web.

C'est clair !

Tu m'aurais rien envoyé si tu m'en savais pas capable.

Tu me connais trop bien.

Mais je ne veux pas te faire bosser gratuitement.

Un café et du gâteau, ça te dirait ?

Je viens à Prague.

Tant qu'à venir,

ce serait cool de se voir en vrai, pas juste derrière un écran.

Tu connais la chanson.

Je pourrais te le dire, mais ensuite je devrais te tuer !

C'est qui ?

Egon.

Je serai prudente.

T'inquiète pas, maman.

Désolée.

Je suis vraiment, vraiment très prudente.

Julia !

Julia !

- Julia ! - Me touche pas !

Me touche plus jamais !

Excuse-moi.

Pardon. Excuse-moi.

Je les aurai, ces salauds !

Pour ce qu'ils lui ont fait.

On les aura ensemble.

Je te le promets.

Ca va ?

On a trouvé dans son corps la même substance qu'à la fac de droit.

Elle avait rien sur elle.

Ni disque dur ni ordinateur. Pas même un téléphone.

Ils ont tout pris.

Bon, il se passe quoi ?

Quel rapport avec le Président ?

Je pensais que Toman magouillait avec la Russie

et qu'il y avait dans son entourage

des agents russes à qui il transmettait des infos d'Etat.

Acton,

la fille qui est morte, m'aidait à les identifier.

En fait, ils préparaient un attentat.

Elle a dû découvrir un truc.

Elle n'a peut-être pas fait le lien, mais ils l'ont tuée pour ça.

Une preuve.

Vous avez trouvé comment ce type a pu passer la sécurité ?

Il figurait sur la liste, avec un accès aux cuisines.

Des vérifications sont en cours. On essaie de comprendre.

Putain de merde.

Bonjour à tous.

- Bonjour. - Bonjour.

Avant de commencer,

vous le savez sans doute déjà,

mais Tana Rufusova

est malheureusement décédée hier.

Bon.

Ses dossiers seront repris par Jakub,

que la plupart d'entre vous connaissent déjà.

Puis-je commencer ?

Compte tenu de la situation

et de votre état de santé, monsieur,

nous devrions discuter de la suite de la campagne

et voir ce qui reste pertinent.

Je ne veux rien changer à cette campagne.

La semaine risque d'être difficile,

dans votre état.

Je suis sous surveillance médicale et je vais bien.

Je n'ai pas besoin de soins particuliers.

Je souhaite tout boucler comme prévu et suivre le planning initial,

y compris la première de ce soir au théâtre,

à laquelle mon épouse a hâte d'assister.

Elle serait déçue.

Encore une chose :

je voudrais faire un discours.

En direct, à la télévision.

S'adresser à des millions de gens avant l'élection ?

Pas en tant que candidat.

En tant que président.

A ma connaissance,

je le suis toujours.

Nous avons besoin d'un discours bien écrit

et nous manquons de temps.

C'était toi, hein ?

Pour l'enregistrement.

Tu voulais te rabibocher avec ton fils

ou faire chier Toman.

Peut-être les deux.

T'es bourré, Karel.

De nous deux, t'as toujours été le plus gros enfoiré.

Personne ne pouvait rivaliser.

Ta seule chance, c'est de t'en être toujours tiré.

Tu veux que je te dise un secret ?

Non, mais tu vas quand même me le dire.

T'iras au trou, comme nous.

Demain, dans une semaine ou dans 10 ans, ils comprendront

que t'es un salaud et un lâche, comme nous.

Messieurs !

Nous sommes en public.

Nous étions d'accord.

Tu ne peux pas apparaître dans son cercle.

Bonne soirée, Karel.

Il le sait, ton fils !

Il sait quelle ordure tu es au fond.

C'est ce qui te ronge le plus !

C'est bon, lâche-moi.

Il a l'air en pleine forme.

Ca va, oui.

Pourquoi m'as-tu envoyé cet audio ?

C'est un appel à l'aide ou tu veux lui faire payer quelque chose ?

Kristyna ?

Nous parlions justement de toi et de combien tu as bonne mine !

On croirait presque que toute cette affaire n'était que du cinéma.

Veuillez m'excuser.

Je sais pertinemment que c'était toi.

Alors dégage,

ou mes hommes s'en chargeront.

Vous me menacez,

M. le Président ?

Barre-toi.

Ce que je vois devant moi,

est-ce un poignard ?

Le manche tourné vers moi ?

Approche, que je te saisisse !

Je ne te tiens pas,

et pourtant, je te vois encore.

O vision terrible, à mes yeux tu parais

mais je ne peux te saisir.

N'es-tu qu'une illusion,

une création que mon esprit fiévreux aurait mise au monde ?

Je te vois encore,

aussi claire que ce que je tire à l'instant.

Tu m'indiques le chemin que j'allais prendre,

et tu es précisément l'instrument que j'allais employer.

Ma vue est-elle la risée de mes autres sens ?

Ou bien les surpasse-t-elle ?

Je te vois.

De ton manche et de ta lame, du sang coule.

Ce n'est que maintenant...

Non, il n'y a rien de tel !

Ce dessein sanglant s'est logé dans mes yeux !

Le sommeil a emporté la moitié du monde,

de mauvais rêves se glissent sous ses voiles.

Voilà que les sorcières font offrande à Hécate

et que le Meurtre décharné, réveillé par le cri du loup,

d'un pas feutré et à l'allure d'un ravisseur,

s'avance vers sa proie, pareil à un spectre.

Toi, terre solide...

sois mon appui.

N'écoute point le bruit de mes pas,

que tes pierres ne couinent ni ne déchirent le calme de la nuit.

Tandis que je menace, lui, vit encore !

Que le souffle glacé des mots

s'embrase ici en un acte.

Je vais m'exécuter.

Le glas a sonné.

Qui voudrait, mon roi, l'entendre ?

T'appelle-t-il au ciel,

ou en enfer ?

L'ambassadeur n'était pas disponible ?

Cette conversation n'est pas du ressort de l'ambassadeur,

M. le Président.

Il fut un temps où nous parlions ensemble en russe.

Il fut un temps où vous ne tentiez pas de m'assassiner.

- Je pense que nous sommes... - Taisez-vous !

Vous croyez encore

que c'est vous qui tirez les ficelles.

C'est une erreur

qui pourrait vous coûter très cher, M. le Président.

Ca nous inquiète beaucoup

ce qui se passe autour de vous en ce moment.

Qui a révélé l'enregistrement avec Sudek ?

Comment le saurai-je ?

Les services secrets ont dû vous donner un rapport.

A mon avis, ils ne savent rien non plus.

Et s'ils le savent,

ils ne sont pas autorisés à me le dire pour le moment.

Que notre rôle dans Vilimovice soit remis sur le tapis

ne joue pas du tout en notre faveur

dans la situation actuelle.

Une guerre ne se gagne pas qu'avec les armes, mais aussi l'opinion.

Nous voulons êtes des alliés aux yeux de vos citoyens,

pas des ennemis.

J'ignorai que Sudek...

Sudek

n'est pas un problème.

Sudek n'est qu'un cafard.

On sait gérer les vermines de ce genre.

Mais Vilimovice...

Vilimovice est un problème, et pas seulement pour nous.

Avez-vous donc oublié votre responsabilité ?

La première fois, vous êtes devenu président car vous étiez utile.

Mais êtes-vous toujours de notre côté?

Vous avez des enfants, M. le Président.

Une fille, il me semble.

Imaginez ce que vous ressentiriez

si du jour au lendemain,

elle cessait de communiquer avec vous.

Elle est à vos côtés,

elle discute avec vous,

elle rit à vos blagues et un beau jour...

elle disparaît,

évaporée dans la nature.

C'est ce que vous ressentez

quand un allié décide de disparaître de votre vie.

Quelqu'un à qui vous avez consacré beaucoup de temps

et beaucoup d'argent,

que vous avez accompagné

pour devenir celui qu'il est aujourd'hui.

Cassez-vous !

- Posez ça ! - Cassez-vous !

Posez ce couteau !

La BIS ?

Pourquoi me suiviez-vous à la gare ?

Je ne vous suivais pas.

Je devais vous parler.

Nous savions qu'Olga Bojkova était compromise.

Olga Bojkova ?

Acton Bell.

Olga était son vrai nom.

Compromise comment ?

Ils savaient qu'elle suivait des agents ?

Qu'elle avait les preuves d'un attentat contre le Président ?

Que lui voulez-vous ?

Elle est la dernière personne à avoir parlé à Olga.

Ils l'ont eue dans le train.

Ils étaient à bord depuis l'Ukraine ou sont montés plus tard.

Vous devez venir au QG.

J'ai déjà tout dit.

Vous êtes en danger.

Si je vous ai trouvée, ils ne tarderont pas à le faire.

Je ne vois pas de quoi nous pourrions parler.

La BIS a cessé de me communiquer toute information.

Des archives, par exemple ?

Je pense que l'opération en Ukraine,

qu'on a validée ensemble, a un lien avec ce qui se passe autour de vous.

C'est une affaire très délicate pour nous deux, donc je pense...

qu'il faut parler franchement.

Vous m'aviez assuré que le risque en valait la peine.

Vous le pensez encore ?

Que faites-vous là ?

Honnêtement.

J'ai eu vent d'un discours.

Ce n'est pas votre affaire, madame.

En fait, ça peut très vite le devenir,

si vous ne me consultez pas en amont.

Comptez-vous faire des accusations lors de ce discours ?

C'est bon,

je vois de quoi il s'agit.

De votre problème avec la dépendance

au pétrole et au gaz russes, c'est ça ?

Ce ne serait pas mon problème

si les gouvernements précédents s'en étaient occupés.

Vous avez toujours été plus sensible que d'autres aux intérêts russes.

On annonce en grande pompe que, dès cette année,

nous serons autonomes et libérés du pétrole russe.

A vrai dire, si les livraisons cessaient,

les conséquences pour nous seraient catastrophiques.

Ils le savent.

Ils attendent juste une occasion pour nous étouffer.

Bonjour.

L'attente fait-elle partie de vos méthodes ?

Non. Seulement, il m'était impossible d'arriver plus tôt.

Mais votre version sonne plus professionnelle.

Bon.

Ecoutez...

je veux reprendre avec vous quelques points déjà abordés.

J'aurais peut-être d'autres questions.

On va commencer

par l'identité de l'homme qui vous a agressés.

Etait-ce l'un de ces hommes ?

C'est lui.

C'est qui ?

Un officier du GRU.

Vous l'avez échappé belle.

Ca date de quand ?

Ce sont les types dont Sudek parle dans l'audio, hein ?

Vos suspects dans l'explosion à Vilimovice ?

Je ne peux rien vous divulguer.

Vous venez de le faire.

Comment êtes-vous remontés jusqu'à l'unité 601 ?

J'ai pu identifier l'un des hommes y appartenant

sur les photos d'Ukraine qui m'avaient été envoyées par Ac...

Olga.

Que faisait la 601 là-bas ?

Une mission secrète.

Les archives, c'est ça ?

Après l'attentat contre le Président,

on a mis fin à l'opération.

Ils ont réussi.

Et l'identité de celui qui a tué Olga ?

L'enquête est en cours,

avec l'aide de nos collègues ukrainiens.

Et son appartement ?

A leur arrivée, tout était sens dessus dessous.

- Quelqu'un les a devancés. - Merde !

Cet enregistrement,

qui vous l'a donné ?

Mon père.

Vous savez d'où il le tient ?

J'ai tenté de lui tirer les vers du nez, sans succès.

Excusez-moi.

Bon. On va vous trouver un endroit où rester, le temps que ça se tasse.

Vous devriez rester à l'écart pour un temps, d'accord ?

Bien.

Au revoir.

Au revoir.

Papa !

T'es arrivé quand ?

Je félicitais Jakub pour le discours.

Je ne veux pas avoir l'air prétentieuse,

mais qui a bien pu te le recommander ?

Ce discours est excellent.

Beau travail.

Merci.

Ca va, papa ?

C'est rien. Je me sens toujours comme ça avant un passage en direct.

Normal,

tu vas seulement t'adresser à des millions de personnes.

Mais tu vas assurer.

On peut rester combien de temps ?

Le temps qu'il faudra.

Rassurez-vous, l'appart est surveillé.

Vous ne risquez rien.

D'accord.

Merci.

Roman ?

J'épluchais à nouveau la liste des personnes autorisées à la fac

et je me suis dit qu'il faudrait trouver

quand les noms ont été rajoutés.

Accroche-toi.

La liste a seulement été mise à jour la veille du débat.

A la demande du Cabinet.

On sait qui exactement a fait cette demande ?

Putain de merde, t'as vu ça ?

- Oui, c'est partout ! - Ouais.

Tu sais maintenir le suspense, toi.

Tu connais la chanson.

Je pourrais te le dire, mais ensuite je devrais te tuer !

Mes blagues sont un peu nulles.

Tu devrais avoir plus confiance en toi.

Hé, te moque pas de ma chambre d'ado !

Je suis chez ma mère.

Tu fais quoi ?

Ca va ?

Emmène-moi en Ukraine.

Ca servirait à rien.

Tu sais qu'ils ont déjà fouillé son appart.

Ce jour-là, elle était dans sa chambre d'ado, chez sa mère.

Si elle avait des preuves, elles sont là-bas.

J'en suis certaine.

Bonsoir, M. Braun.

Il souhaite connaître votre décision.

Je n'ai plus besoin de lui.

Très bien.

3...

2...

1...

On en direct !

Chers concitoyens,

chères concitoyennes,

je sais que voir son président à la télévision

à raison de plus d'une fois par an

peut être particulièrement inquiétant.

Et je comprends parfaitement

qu'en cette période d'élection présidentielle,

mon allocution de ce soir puisse être perçue

comme un avantage déloyal en faveur de ma réélection.

Je souhaite vous assurer que cela n'a joué aucun rôle

dans ma décision de m'adresser à vous,

chers compatriotes, de cette manière.

Si j'ai décidé de m'adresser à vous ce soir,

c'est pour rétablir la vérité face aux mensonges et aux inepties

relayées par les médias à mon sujet et sur cette tentative assassinat.

Peu importe...

ce que vous pensez de moi

et que vous ayez déjà fait le choix de voter pour moi ou mon adversaire.

Aujourd'hui,

je ne m'adresse pas à vous en tant que président Toman

mais en tant que symbole.

Le symbole de la présidence.

Le symbole de la souveraineté de notre nation

qui s'est mise à genoux et a imploré la clémence

au fil de sa brève histoire,

encore et encore.

Je ne vous parle pas ici

en tant que citoyen,

mais en tant que représentant de la souveraineté de ce pays

qui ne laissera personne lui dicter

ce qu'il peut ou ne peut pas faire.

Un pays...

qui ne pactisera point

avec ceux qui tentent activement de lui nuire,

de lui briser son estime de soi

et de l'intimider.

Nous sommes une nation forte, une nation souveraine.

Nous le prouvons chaque jour et nous n'avons pas besoin de gagner

le Championnat du monde de hockey chaque année

pour nous en rendre compte.

Face à l'injustice,

nous devons prendre la parole.

Nous l'enseignons à nos enfants, et nous devrions tous agir ainsi

pour éviter que nos ennemis s'en tirent.

Ils comptent là-dessus.

Ils savent qu'ils sont plus forts.

Ils s'imaginent avoir le dessus,

mais c'est faux.

On sait enfin comment

le suspect s'est retrouvé sur la liste.

La veille du débat, la demande a été faite

par quelqu'un du service de communication.

Quoi ?

Elle vient de Jakub Soukoup.

Nous savons désormais, grâce à un enregistrement rendu public,

que l'explosion

du dépôt de munitions à Vilimovice

a été perpétrée par deux officiers du renseignement militaire russe,

le GRU.

Cette attaque, en plus de dégâts matériels considérables,

a eu pour conséquence

la mort de deux...

citoyens innocents de notre pays.

Des citoyens

mais d'abord des pères,

des maris,

des fils.

Leur mort soudaine

a bouleversé la vie de bien d'autres.

Il est désormais plus qu'évident

que la tentative d'assassinat dont j'ai été victime

vient des mêmes responsables.

Et cette fois encore,

ils ont pris une vie innocente.

Celle d'une mère, d'une épouse,

de l'une de mes plus proches collaboratrices.

La Fédération de Russie

devra répondre, et elle le fera, des crimes qu'elle a ainsi commis.

Le mal...

ne peut pas toujours être vaincu.

Mais il faut toujours

le combattre.

Jakub ?

On ne peut pas l'ignorer

et le laisser prendre racine dans notre société,

proliférer et envahir tel un parasite notre espace vital,

celui de nos enfants.

Jakub ?

Et je vous promets solennellement, ici et maintenant,

que quoi qu'il arrive ce week-end,

quelle que soit l'issue,

je défendrai toujours les idéaux de ce pays.

Je serai toujours à ses côtés

et aux vôtres.

Il fait partie de l'unité spéciale 601.

Une unité d'élite.

Nous sommes en guerre, mais nous sommes unis.

C'est cela qui doit

nous rassurer,

même dans nos heures les plus sombres.

Merci de m'avoir écouté.

Je vous souhaite une bonne

et paisible soirée.

Ensemble,

nous y parviendrons.

Adaptation : Claire Marcel

Sous-titrage : IMAGINE

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