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Je suis navré.

Parler en public n'a jamais été mon…

Mon… Je trouve même pas le mot.

Tout plutôt que de parler en public.

Plutôt mourir même…

que de parler en public.

Si on se faisait écraser par un météore, je serais soulagé.

Je dirais : « Dans mes bras, mon beau. »

Elijah, détendez-vous.

On s'entraîne.

On joue pour la même équipe. Sans pression.

Sauf pour l'avenir des préservatifs Regal Blue

et de tous nos employés.

Si on se plante, on est tous foutus.

- Ce qu'on veut éviter. - Oui.

Vous le savez, j'ai la phobie des germes.

Sans capote ?

Sans façon.

Une fois, je faisais l'amour

à une femme de… On se fiche d'où elle était,

mais on était en pleine action et…

Mes testicules ont touché des choses

que je ne voulais pas qu'ils touchent.

Il se passe quoi ?

- On… - Je l'ignore,

mais c'est hypnotique.

Je te suggère une autre tenue.

Une combi de plongée ?

Laissez Elijah finir, je vous prie.

Je comprends très bien,

il m'est arrivé de sentir

les couilles de mon partenaire taper mes fesses

comme des crottes de chien qui pendouillent dans un sac,

c'est dérangeant et dégoûtant.

- C'est dérangeant. - Pardon.

Steve des RH est là ?

Je ne l'ai pas invité. Ce rabat-joie.

Si, je suis là.

Oh, merde.

Bref, comme vous le savez tous,

on vend plus de préservatifs pendant la Coupe du monde

que lors de tout autre événement.

Plus qu'à la Saint-Valentin.

Plus que pendant les JO.

Raoul, à toi de jouer. « Les JO. »

Désolé, oui.

- Non. Oui. - Oui.

- Merde. - Mon Dieu. Éloignez ça de moi.

C'est vivant !

D'accord. Il y a…

- Éteignez-le. - D'accord.

Je ne… Il doit y avoir un bouton.

Bien.

Je peux partir ?

Pas maintenant.

Non, mais j'ai rendez-vous à 11 h 30…

Que peut-il y avoir de si important ?

Ma dialyse.

- Ah, merde. - Oui.

Désolé. Oui, bien sûr.

On a tous des impératifs.

Enfin bref,

roulement de tambour.

Pour décrocher le contrat de la Coupe du monde,

j'ai créé et conçu

un préservatif qui recouvre

le pénis et les testicules.

Je l'appelle…

Ce météore se fait attendre.

La sentinelle testiculaire.

Pas besoin d'en dire plus, hein ?

BALLS UP : METTEZ LE PAQUET !

Si tu veux mon avis, t'as créé une capote qui déchire.

Un produit que je vais adorer présenter.

Oui.

Dis, Brad,

ne me prends pas de haut.

Tu sais aussi bien que moi qu'on s'entraînait.

Je peaufinais les détails.

Oui, une capote peau fine.

Quoi ? C'est un buffet.

- Tu fredonnes « We Built This City » ? - Oui.

C'est parce que j'ai du mal à avaler les comprimés,

ma gorge se resserre, mais en poussant la chansonnette,

ça fait diversion et ça descend.

Ça y est.

Tu réalises que c'est mon produit.

Le mien. Sorti de mon cerveau.

C'est à moi de le présenter.

Voilà qui ne me plaît guère. On est une équipe.

Composée d'individus.

C'est un fait. Vous êtes un concepteur hors pair,

Brad est un commercial hors pair.

Tous les deux, vous formez un binôme parfait.

Le steak et la sauce en plus.

Je ne vois pas Brad comme ça.

Ce n'est que la sauce.

Les opposés accouchent du meilleur.

Ben et Jerry ou le chocolat et le beurre de cacahuètes.

Michael et Fredo Corleone.

D'accord, mais je suis lequel ?

C'est tout Fredo, cette question.

Bonjour, Senhor Santos

et le reste du ministère brésilien des voyages.

Je m'appelle Brad.

Brad Lewison.

Mais vous, appelez-moi Brad le commercial.

Vous venez d'auditionner Champ Condoms.

Dur de passer après.

Mais même si Regal Blue est plus petit que Champ,

nous, on est passionnés.

Et j'imagine que comme tout Brésilien,

la passion, ça vous connaît.

Mais parfois,

la passion peut entraîner des conséquences inattendues.

Chez Regal Blue, on mise tout sur la protection du plus important.

Il ne faut pas exposer un pénis à un risque non désiré.

Pareil pour le vagin !

Mais il y a tout aussi important lors d'ébats sexuels vigoureux.

Je parle des invités non désirés de toute fête de la passion.

Os testículos ont longtemps transmis

et/ou reçu des contaminants inopportuns.

Ces petits super-propagateurs.

Il n'a pas tort.

Voici une capote qui couvre

le manche et la tête du pénis,

mais aussi, grâce à notre technologie sacoche en latex brevetée,

os testículos eux-mêmes.

Et leur précieuse graine génétique.

Pourquoi personne n'y avait pensé ?

Bonne question, Senhor Santos.

Acceptez que Regal Blue coupe tout risque

pour vous lors de la prochaine Coupe du monde.

Impressionnant.

Très impressionnant. Vraiment.

J'ai une seule question.

Comment appelez-vous ce préservatif ?

- La sentinelle testiculaire. - Super…

Je sais pas trop.

Ça fait un peu trop médical, né ?

C'est pas très…

Pas très sexy.

Ce titre provisoire a été remplacé par…

« Balls Up ».

Voilà qui est mieux.

De petits bolas de futebol sur le préservatif.

J'adore. J'adore vraiment.

Bom, le préservatif officiel de Brésil 2025 est…

Balls Up !

Ce sera un partenariat génial, Senhor Santos.

Je vous en prie, appelez-moi Artur.

D'accord, Artie.

Messieurs, champagne.

Un petit toast ?

Non, pas pour moi. Désolé.

Ça fera neuf ans en mars.

Sale fiotte.

Je plaisante.

Faut rattraper ça.

- Salut ! - C'est quoi, ça ?

Un Abigail Breslin.

Comme un Shirley Temple, avec double grenadine.

Un vrai putain de cocktail, ça te dit ? On assure.

L'affaire est dans le sac.

Non, c'est que le début. Oui.

- Fous pas tout en l'air. - Quoi ?

T'étais pas là ce matin ? J'étais en mode killer.

Vous êtes supers ensemble.

Vous le voyez pas, moi, si.

Artie, un toast.

- Non. Je vous en prie. - Je sais.

C'est une tradition.

Vous n'avez pas à boire.

Humez-le, pour consolider ce partenariat.

D'accord.

Humer, c'est tout.

À vous, Artie.

Bois.

Ce n'est… pas humer, ça.

Et puis merde.

Messieurs,

que savez-vous du futebol ?

J'en sais assez pour trouver ça génial.

Les chants, les buteurs qui célèbrent,

et le mec qui crie « but » sans arrêter.

Les quartiers d'orange à la fin.

C'est un jeu sympa.

Un jeu ?

Un jeu ? Non.

Le futebol, c'est une science : les mathématiques, la physique, la chimie.

Mais aussi les sciences humaines : l'art, la musique, la poésie.

Ainsi que l'amour, la famille, une communauté.

C'est bien des choses.

Et plus encore.

Et c'est très simple.

Vingt-deux hommes, un ballon,

sans les mains.

But !

Ce type.

Ce type.

Le facilitateur.

Vous savez quoi ?

Vous assisterez à la finale de la Coupe du monde.

- Quoi ? - Tous les deux.

L'équipe derrière Balls Up.

Vol en première classe. Places VIP.

Vous l'avez mérité.

Merci, Senhor Santos.

Artie, j'ai une question.

Vous connaissez bien El Presidente ?

- Lula ? - Oui.

On est amis depuis 40 ans.

On pourrait aussi lui présenter Balls Up.

On serait le préservatif officiel du Brésil.

Super idée.

Super idée.

Et pour fêter ça,

une autre tournée ou trois.

Une tournée d'eau.

Faut s'hydrater.

Tu vas tout faire foirer.

Je vais le canaliser.

- Pas du tout. - Si. T'inquiète.

Ce que j'ai arrêté depuis muito longtemps ?

- Le skee-ball ? - Le crack.

Le crack ?

J'ai toujours un contact.

Le rythme des enceintes me fait bander

- comme un diamant. - Quoi ?

Senhor Santos,

- il faut calmer le jeu. - Regardez.

Quoi ? Non. Senhor Santos !

Faut vous reprendre.

Je vais prendre tout court.

Qui veut une tasse de…

Merde !

Je vous ai engagés pour faire équipe.

Compenser vos point faibles.

Vous qui êtes trop droit.

Vous qui êtes trop relax.

Deux employés imparfaits pouvant compenser

vos conneries mutuelles !

J'aimerais que Steve note bien tout ça.

Steve des RH ? Des clous, mon genou. Aujourd'hui, y a que nous.

Je suis déjà là.

Bordel de merde.

Il s'agit de notre client qui,

après dix ans de sobriété, s'est enfilé 11 shooters,

a fumé des grammes de crack,

a baissé son pantalones,

a enfilé notre capote sur son pénis…

Et ses testicules.

… pour sauter cul nu d'un putain de balcon.

Sept millions de vues.

Tout buzz est bon à prendre.

Vous vous foutez de moi ?

Et parmi ces sept millions de vues, croyez-moi sur parole,

le président du Brésil

qui, ce matin, a viré Santos illico.

C'est dommage, ça.

Et nous avec.

Nous ?

Vous devinez quel sera

le préservatif officiel de la Coupe du monde 2025 ?

Le Champ Ultra-thin.

Quoi ?

Ces capotes ne couvrent pas les couilles.

Je vous en fais la promesse, patronne,

- à l'avenir, je… - L'avenir ?

Vous déraillez complet ou quoi ?

Vous pigez pas ? La société l'a dans le cul.

C'est un entretien de licenciement

que je vais diriger

avec toutes les vacheries du monde.

Je vous emmerde.

Vous êtes virés sur-le-champ.

Moi aussi ?

Vous aussi !

Burgess a raison.

T'es un vrai commercial.

Ton costume est rempli de vent.

Brad le commercial ne s'intéresse

qu'à sa propre personne.

En quoi c'est mal ?

Faut que j'assure pour plaire.

Je dois me plaire à moi.

Franchement, tu… Parfait.

Tu devrais prendre exemple sur ce type, Raoul.

L'altruisme personnifié.

Ce sont mes affaires ?

La patronne m'a viré aussi.

Vous avez coulé Regal Blue,

et j'ai plus de mutuelle.

Tu rebondiras.

Si je meurs, de quoi que ce soit,

ce sera votre faute.

Adiós pour toujours.

Toi, le roi de la tape dans le dos.

Pour ta gouverne, la tape dans le dos est un art.

Ça ne s'improvise pas, ça se travaille.

Parle-moi des tapes dans la gueule,

car je vais te taper dans la gueule.

Toi, tu vas me taper ?

Non.

Bordel…

C'est bon.

Je peux poser mon carton, et on peut se filer,

mais jamais je ne pourrais me désinfecter de toi.

C'est toi qui sues.

Je vais trouver une répartie

- à te balancer. - J'attends que ça.

- Via texto. - Oui.

TROIS MOIS PLUS TARD

PASS BRÉSIL 2025

Merde alors.

Bordel.

Dis,

ça va, toi ?

Génial.

Oui. Pareil.

Ça n'a jamais été aussi bien.

Ces places pour la finale, c'est fou.

C'est la bureaucratie, ça.

Quelqu'un a dit à quelqu'un d'envoyer les billets et aura oublié

d'annuler.

C'est notre veine.

C'est notre veine.

Plantade et retour en beauté,

on fait la cabriole.

- « La cabriole » ? - Oui.

Quand tu montes, retombes et remontes.

On appelle ça la cabriole.

N'importe quoi,

tu l'as inventé.

Et c'est débile.

Quel spectacle.

Mesdames et messieurs, où que vous soyez dans le monde,

bienvenue à la finale de la Coupe du monde 2025.

T'as pu en baver, mais pas autant que moi.

Quoi ?

« Comment ça va ? »

Et tiens-toi bien.

Ça veut aussi dire « ça va ».

C'est : « Tudo bem ? » « Tudo bem. »

Une des perles de Contrails Magazine.

C'est drôle. Regarde ça.

Une appli de traduction avec la voix de Larry David.

Ça va, vous ? Ça va.

C'est génial, non ?

Faisons le plein.

Faisons le plein. C'est quoi ?

Ils ont gravé « commerdial »

sur la 1re flasque,

ils m'en ont fait une deuxième gratuitement.

BRAD LE PUTAIN DE COMMERCIAL

- Sympa. - Une chacun.

Très cool.

Si je dois participer,

je prends d'abord

mes précautions.

Durant ces 39 derniers jours,

sur 48 équipes internationales, deux sont invaincues.

Les héros locaux du Brésil et l'ennemi juré voisin, l'Argentine.

Ça fait quatre longues années, mais notre attente touche à sa fin.

Quoi ?

Tu as enfin un peu de Brad le commercial en toi.

J'imagine.

« Bradass-Elijah. »

Il n'apparaît que tous les dix ans.

Comme une comète.

Les gens sont surprenants.

PRÉSERVATIFS ULTRA-THIN

Ultra-thin ? Sérieux ?

C'est un affront à tous les préservatifs de la création.

C'est du délire.

- Quel bruit. - Ça a pas commencé.

Le grand moment est enfin là,

la finale du Mondial,

deux des plus grands rivaux sportifs s'opposent sur le terrain.

La première fois qu'ils s'affrontent en finale.

Et c'est parti. L'Argentine en bleu ciel,

et le Brésil, bien sûr, en jaune canari.

Tape le ballon !

Faute !

Ça devrait être notre mascotte,

pas un hot-dog à la con.

C'est pas un hot-dog.

Une linguiça, une saucisse locale.

Ça ne… Ça devrait être notre mascotte.

Ils n'auraient jamais accepté une capote comme mascotte.

Je vais latter les couilles de cette couille.

On approche de la mi-temps. C'est très tendu. Toujours 0-0.

L'Argentine peut peut-être lancer une dernière attaque

pour ouvrir le score. Joli.

Il passe à Alberti.

Il zigzague entre les deux défenseurs.

- Une occasion pour l'Argentine ! - Non !

But !

Ils ont marqué ! C'est Alberti ! Un finish incroyable !

C'est des conneries !

C'est pas vrai.

Mate-moi un peu cette couille molle.

Hé, linguiça !

Tu bandes mou, ma saucisse ?

Brésil !

Brésil !

On approche de la fin.

L'Argentine mène 1-0.

Ils vont ralentir

et absorber la pression.

Le temps presse pour la Seleção.

Ça fait 90 minutes.

On attaque les arrêts de jeu.

Un défenseur arrive sur lui.

C'était un vilain tacle.

Mort aux Argentins !

Je comprends.

Ils se foutent de nos gueules.

Qui ça ?

Les types de Champ avec leurs pubs

et leur saucisse là-bas.

Ils remuent le couteau.

Tu me chantes quoi ?

Tu ne le vois pas ?

Ce zob géant là-bas

se fout de notre gueule.

Arrête. Dans ce cas, c'est une simple saucisse.

N'importe quoi, c'est une queue.

- Bon sang. T'es ridicule. - Vraiment ?

Il agite sa teub et ses couilles sous notre nez.

Il enfile Jeremy bien profond jusqu'à son rein abîmé.

Bon, arrête ça. Tu délires complet.

S'ils nous envoyaient un message,

il aurait enfilé une capote.

Le match va se terminer, les fans brésiliens en bavent.

Regardez,

Leo la linguiça enfile un bonnet en soutien.

L'enculé de sa mère !

Bon. Calme-toi.

- Il nous a regardés. - Du calme.

- Du calme. - L'enculerie.

Peu importe. On profite de l'instant.

Il fait une parade remarquable.

Le gardien brésilien a des réflexes de chat.

Avec ce but évité, le Brésil pourra peut-être revenir.

En mode killer.

Non ! Bradass-Elijah !

Me voilà, ma grosse Saucisse !

T'aimes ça…

Arrête ! C'est une linguiça !

Tu fais la vague ?

Bradass-Elijah !

Pereyra aux pieds d'argent se faufile

dans la défense argentine comme une ballerine.

La mascotte et deux fans sur le terrain ?

Un contre un face au gardien.

Le gardien est à terre.

Il va marquer. Non !

Que s'est-il passé ? C'est du délire.

Extraordinaire. Que diable se passe-t-il ?

Deux fans sur le terrain

ont empêché le Brésil d'égaliser à la dernière minute

de la finale du Mondial

dans une action rocambolesque.

Deux idiots.

Je n'ai jamais vu ça de toute ma vie.

Les officiels doivent prendre une décision.

Les instances dirigeantes vont trancher.

Le Brésil va en pâtir, je pense.

Sur le terrain, quand une chose,

un arbitre, un objet, un animal ou une personne interfère,

je cite : « Le match doit reprendre

là où ça s'est produit sans qu'il y ait faute. »

L'arbitre va suivre la règle à la lettre,

tandis que les Brésiliens sont absolument furieux de cette décision.

Tout le pays s'est fait voler.

Mort aux Américains !

Ils disent quoi ?

Vous allez mourir !

Vous allez mourir !

Vous allez mourir !

Ils parlent de toi, je crois.

Mourir ! Mourir !

Du calme !

C'est qu'un jeu !

Et voilà.

L'Argentine est championne du monde dans un finish des plus improbables.

Oh, non.

Bordel de merde.

Bon sang.

On est en enfer ?

Presque.

C'est ta faute, t'as filé sur le terrain.

De grâce. On a été virés par ta faute.

Ce devrait être notre mascotte.

C'était pas une mascotte.

Je dois te le répéter combien de fois ?

C'était une linguiça !

Bon. Pas de panique.

T'inquiète. J'ai paniqué de minuit à 3 h.

Tu remets ça.

Tu ne penses qu'à toi.

Je parlais tout seul.

Bonjour.

Antonia Costa,

la meilleure avocate du Brésil.

Veja Magazine m'appellera ainsi.

« Le procès du siècle. »

J'ai jamais perdu.

Alors, oui, j'ai jamais gagné, mais c'est kif-kif.

Première affaire ?

Premier jour !

La nouvelle perd à la courte paille.

Je me coltine la merde.

« La merde… » On est quoi dans cette métaphore ?

Dire que vous allez défendre ces brutes.

Vous feriez ça à votre pays ?

Pardon, mais vous ne devez pas écouter.

Profitons de votre enthousiasme.

Votre plan ?

Voilà ce qu'on va faire…

J'ai fait une année de droit à Penn…

- State. - Oui. Laisse-moi finir.

Ma mère pensait que je serais avocat.

Bien sûr, je ne le suis pas.

Mais je me rappelle le procès US v. Humberto Alvarez-Machain…

Et moi, je me rappelle une émission judiciaire

sur un pêcheur de crevettes. Et ?

Laissez-moi deux minutes seule avec eux. Pouvez-vous…

On risque la peine de mort, c'est ça ?

Oui.

Après vous avoir torturés.

Mais de quoi il se mêle, sérieux ?

On t'a pas demandé ton avis, von Frankenstein.

Bon, oubliez-le.

J'ai prêté serment.

Ma lumière chasse les ténèbres de l'injustice,

quoi qu'il en coûte.

« Quoi qu'il… »

Qu'il en coûte ? Vous êtes commise d'office.

Oui. Mais quand même.

Après ça, je ne pourrai plus marcher dans la rue.

Faire mes courses, aller aux WC publics.

Ma mère sera bannie de l'église.

Mes frères seront harcelés.

- Houlà. - Mais qu'importe.

J'ai un bon plan pour vous sortir de là.

Minute papillon.

C'est votre entretien de licenciement, Antonia Costas.

Tu fais quoi, là ?

Je pense à quelqu'un d'autre que moi.

On a fait souffrir trop de monde.

Vous êtes virée.

- Quoi ? Non ! - Non !

Allez faire vos courses et utiliser les WC publics, si besoin.

Couvrez la lunette avec du papier.

Vous ne comprenez rien.

Partez. On s'en sortira.

Jamais ils ne s'en sortiront.

Pardon. Je suis leur avocate.

J'ai le droit de leur parler en privé,

alors, veuillez sortir.

Ils viennent de vous renvoyer.

Je n'ai pas exposé mon plan.

Sortez !

Sérieusement, dérenvoyez-moi.

Je laisse mon numéro.

Vous ne saisissez pas la gravité des choses.

Bien joué. C'était notre seul espoir.

Je refuse de gâcher sa vie.

Une bonne action est toujours punie.

Je prends le relais.

Senhor DeBell. Senhor Lewison…

Ils sont à vous.

Brad. Elijah.

On sait, Os Estúpidos.

Non. Ne prêtez pas attention à de telles vulgarités.

Jessel Cristos, ministre de la Défense.

Le ministre de la Défense ?

- Bon Dieu. - Ouf…

Je finis mon jogging.

Mon boulot, ma mission,

c'est la sécurité de notre grand pays et de ses habitants.

C'est pour ça que je suis si matinal.

Vous serez traités équitablement.

Oui.

C'est très gentil.

Entrez donc.

Vous êtes américains.

Je m'interroge,

réalisez-vous la haine que l'on porte

à nos rivaux du sud en football ?

Mon enfant…

soutient l'Argentine.

Il s'est rebellé.

On ne se parle plus depuis.

Les adolescents, c'est compliqué.

Il n'avait que neuf ans.

C'est Elijah qui a foncé.

Sur ce putain de terrain !

- Il était soûl… - Égoïste.

Vos gueules !

Arrêtez avec vos idioties !

La peur dans vos yeux.

Vous devez croire que je suis un tyran de pacotille corrompu

capable de commettre un meurtre sur un caprice en toute impunité.

Je suis désolé. Oui.

Contrairement à vos idées culturelles affreusement fausses,

je ne vais ni vous couper la main

ni vous jeter aux oubliettes.

Ou un virement ?

Ni accepter un pot-de-vin ridicule.

Je vais plutôt me contenter

de vous libérer.

Vous allez…

Tenez.

La porte est ouverte.

Reprenez l'ascenseur.

Traversez le hall, c'est tout droit.

Portes doubles, dans la rue.

C'est vrai ? Merci infiniment.

Vous êtes si bon et compatissant. Merci.

Je ne m'attendais pas à ça.

On aurait dit Jésus. La clémence incarnée.

La clémence ? Tu veux rire ?

T'as pas compris ?

Il nous jette en pâture aux lions.

Il nous aurait fallu une sorte

d'escorte policière.

Des gardes armés jusqu'à l'avion.

Mais on finit dans la rue.

- Merde. - Les rues du Brésil.

T'as raison. On va nous reconnaître.

J'ai pas l'air banal comme toi.

- Surtout pas au Brésil. - Bon.

Tu sais quoi ? Inutile de flipper.

Les foules sentent la peur.

Faut être détendus et naturels.

Souris, acquiesce et Tudo bem.

- Tudo bem. - Discrétos.

- Oui. - Allez.

Merde. Bon sang.

Magne.

Je sais pas si je peux continuer à sourire.

Magne-toi le cul.

- Bon sang. - Tout le monde nous regarde.

Bon sang.

Où est-ce qu'on va ?

- Je sais pas. - Rassurant.

C'est pas vrai !

Merde ! Mon portable.

- Laisse tomber. - Quoi ?

Il me reste 18 mensualités !

T'as pas payé d'un coup ?

En plusieurs fois. Je pensais que c'était mieux.

Tu t'es fait avoir.

Merde.

Fonce !

Chiotte.

Merde.

Allez.

Ils sont encore là.

Qui ça ?

Le Brésil !

Montez !

Senhor Santos, quoi ?

Je me reprends.

Vous avez l'air en forme.

J'ai picolé deux mois durant,

mais je suis sobre depuis 23 jours.

Je vous remercie.

Vous m'avez servi d'électrochoc.

Par chance, tout s'est arrangé.

Alors, oui, ma femme m'a quitté.

Le tribunal m'a pris ma maison, mes enfants,

car j'ai perdu mon boulot, ma retraite, ma dignité.

Et je ne parle même pas du sevrage.

Pas les insectes sur ma peau.

Mais sous ma peau.

Pourquoi venir ?

Pourquoi nous aider ?

Les 12 étapes de la guérison.

C'est la neuvième.

- La complicité ? - La réparation.

Quel est le plan ?

J'en sais rien.

J'ai le cerveau tout embrumé.

Je vous ai dit qu'on m'avait choqué le cortex

pour juguler l'addiction ?

À vous de me dire.

Écoutez, Artie, vous êtes ami avec El Presidente.

- Rabibochez-vous. - Non.

C'est le plus brésilien du Brésil.

Qui n'est pas brésilien au Brésil ?

Le consulat américain !

- Génial ! - Immunité diplomatique.

Cramponnez-vous.

Merde.

Apprends à conduire, ducon.

Ou n'apprends pas. Ça va.

Pas la peine.

Merde !

Vous savez où est l'ambassade ?

Je doute qu'il parle anglais.

Je m'en occupe.

Messieurs…

je vais vous poser une question très simple.

Si vous répondez mal,

je vous explose la cervelle.

Voilà la question.

Deux hommes…

La réponse est-elle « ouich » ou « naon » ?

Pardon. Je n'ai pas bien compris.

Pouvez-vous répéter la question ?

Deux hommes…

La réponse est-elle ouich ou naon ?

Vous avez dit…

Quoi ?

C'est quoi…

Le mot anglais…

Pouvez-vous l'utiliser dans une phrase ?

C'est très…

Quelle est la réponse ?

Ouich ou naon ?

Toi d'abord.

Je vais dire « ouich ».

C'est quoi, « ouich » ?

Vous avez dit…

Désolé. J'ai cru que vous aviez dit « ouich ou naon » et…

Je vais dire « naon ».

Tu réponds différemment de ton ami.

Donc, l'un de vous…

va mourir.

Parce que

je me…

fous de vous !

Vous croyez que je parle comme ça ?

J'ai appris l'anglais à l'université du Mississippi.

Allez, les Rebels !

Les Rebels. Le Mississippi. Oui.

Parmi les célébrités qui y ont étudié, il y a…

- Peyton Manning ? - Eli.

Vous connaissez Eli ?

Mon beau-frère l'a rencontré, ça n'a pas collé.

Il paraît qu'Eli est un peu sournois.

- On l'emmerde. - Bradley.

- Oui, Brad. - Elijah.

Je suis Pavio Curto Bundchen.

Et ces 775 km carrés de jungle

sont à moi.

Tant que ça ? J'ai dormi longtemps ?

Une demi-journée. Passe une IRM en rentrant.

Cette maison, ce cartel, tout ce pays,

je peux tout avoir au Brésil,

vous y compris.

Si je le voulais,

je pourrais vous flinguer la bite.

Prendre une machette,

récupérer les balles, les recharger

et vous exploser la cervelle avec.

Si je peux me permettre, je préfère l'inverse.

Après ça, éclatez-vous avec mon zob.

D'accord.

Le zob en premier pour moi.

C'est pas génial, mais je serai vivant.

Ni cervelles ni zobs aujourd'hui.

Vous vous demandez pourquoi je vous ai enlevés.

Oui.

Il a ses raisons. T'en rates pas une.

Dites, quelle baraque.

- Magnifique. - Lumière naturelle.

Si vous l'aviez vue avant.

Un vrai trou à rats.

La jungle à perte de vue,

des indigènes qui chient par terre.

Alors, je les ai chassés.

J'ai brûlé 400 kilomètres carrés.

J'ai fait construire une piscine, un court de pickleball

et comment on dit ? Une fosse communale ?

Une fosse commune. Oui. C'est ça.

Il fait trop chaud ?

Non, ça va.

Tu transpires.

Quel hôte affreux je fais.

On a un problème de clim,

j'ai demandé à Nando de la réparer,

mais il n'a pas réussi à terminer le boulot.

Pardonnez-moi.

Polícia infiltré.

Enfin, c'est l'impression qu'on avait depuis des années.

Mais à dire vrai,

je confonds parfois l'impression polícia infiltré

et l'impression constipé,

car c'est la même expression.

Emmenez-le.

Dans la fosse commune ?

Non, dans le jacuzzi. Bien sûr, dans la fosse !

Permettez-moi de faire des excuses tripartites.

On n'aurait jamais agi comme ça si on avait su

combien vous adorez le futebol.

Vous croyez que ça m'intéresse ?

Je m'en tamponne les amygdales du futebol.

Je déteste ça même.

C'est un jeu débile.

Vous êtes déjà allés dans un bar quand un but est marqué ?

C'est toujours le temps fort.

C'est dire si ces putains de buts sont rares !

Et ne me lancez pas sur les simulations.

Des adultes qui prennent un tout petit coup,

et on dirait un coup de bazooka ?

Enfin quelqu'un qui comprend.

Mais voilà le problème.

Ma détestation du futebol

n'a d'égal

que mon amour

de l'argent.

Je ne suis pas matérialiste.

Je n'aime pas l'argent.

Mais ce que je peux acheter avec

et le contrôle que ça me donne.

Oui.

Voilà pourquoi, même si je hais le futebol,

j'ai placé un petit pari énorme

sur la finale de la Coupe du monde.

Combien d'argent avez-vous… Combien vous a-t-on fait perdre ?

Combien j'ai perdu ?

J'ai gagné, putain !

J'ai parié « moins de » !

Si le Brésil avait marqué,

j'aurais perdu 30 millions de réaux.

Mais je les ai gagnés.

Soit 60 millions dans la cabriole !

La cabriole !

Comment expliquer ? C'est quand on remonte.

Je sais. Il trouve ça débile.

Je commence à comprendre. Je fais la cabriole.

C'est une cabriole de malade.

Tout ça grâce à vous deux, bande d'empaffés.

Ravis d'avoir aidé.

Senhor Pavio Curto…

Appelez-moi Curt.

- Curt ? - Curt.

Curt, que je comprenne bien, vous nous avez enlevés pour…

Faire la teuf !

- N'importe qui ? - Oui.

Dis-moi un nom, je le tue.

C'est cadeau, gordinho.

Houlà, faut que je réfléchisse.

Ma patronne, Mme Burgess.

Attends. Mon médecin.

- Ton médecin ? - Oui.

Un vrai connard moralisateur.

Docteur comment ?

Non, ne le note pas.

C'est… Je lis le menu à haute voix. Je ne commande pas.

Quelqu'un d'autre ?

Brad ?

Brad.

Hé.

Curt nous a permis de nous doucher et nous a prêté ces fringues.

- Mate ça. - C'est génial. Regarde la télé.

PSYCHODRAME FOOTBALLISTIQUE AU BRÉSIL

Un événement inhabituel, mais prévisible, deux Américains

ont fait n'importe quoi à l'étranger.

Brad Lewison et Elijah DeBell,

ex-employés de la défunte société

des préservatifs Regal Blue.

- J'ai halluciné en voyant ça. - Je rêve !

Brad, oui, normal. Ça devait arriver.

Mais Elijah, ce n'est pas du tout

- son style. - Coupe ça.

Les avis sur ce qu'on surnomme le Fiasco à Rio.

Franchement ?

J'ai honte.

Songez au bien que les USA ont fait en Amérique du Sud.

Contre la drogue, le contrôle par la CIA.

Tous ces bénéfices sont envolés,

à cause de deux glandus.

Mais cette colère n'est rien comparée à l'indignation

dans le 5e plus grand pays du monde.

Si je pouvais, je les tuerais !

Question de temps !

Ils vont mourir !

Cette honte pour l'Amérique est

une tragédie pour le Brésil.

À vous, Alexi, en plateau.

Tout le Brésil, qui adore le foot,

traque désormais Lewison et DeBell.

Deux Américains indélicats…

Tout le monde veut vous punir.

Pas tant que je vivrai.

- Tu vois ? - Plus de champagne !

T'es le meilleur, Curt.

On risque rien avec lui.

- Relax. - Le champagne résout tout.

- Salut. - Salut.

Tu es l'americano ?

Oui.

Tu aimes le karaoké ?

D'accodac.

Et les beaux lolos ?

Un poquito. C'est des questions piège ?

Tu me chantes une chanson, gatinho ?

Je ne sais pas trop. Je ne…

S'il te plaît.

- Divertis-moi. - Non…

- Une chanson. - C'est pas mon truc.

Une putain de chanson !

Bravo ! C'est superbe ! Je vous adore !

Vous êtes des génies.

Je tiens à vous récompenser

avec tout ce que vous voulez. Dites-moi.

On peut rentrer ?

Presque tout.

Vous ne partirez plus.

Vous avez vu la réaction du Brésil.

C'est trop risqué.

Autre chose ?

Je sais.

Et on l'appelle

« la sentinelle testi… »

« Balls Up. »

On l'appelle Balls Up.

Désolé.

Pourquoi personne n'y avait pensé ?

Tu sais,

Elijah,

je n'avais jamais songé à me lancer dans les capotes.

Une industrie un peu sordide.

Je dirais à ma mère que je deale

de la méth,

mais tô dentro.

« J'en suis. »

Tu en es ?

Tu…

En mode killer.

À la bonne heure, putain !

J'avais bien besoin

de protéger mes testicules.

J'en ai rien à cirer de tes testículos.

Mais imaginez

toute la cocaína qu'on peut fourrer dans ces capotes,

pour les faire avaler et passer en douce.

Un vrai carton.

Ce serait d'énormes saucisses de cocaína avec des boulettes.

Ça transformerait l'industrie.

Voyons s'ils sont aussi résistants que vous le prétendez.

Simple question.

Et si j'ai un réflexe nauséeux ?

Alors, j'en conclurai que ce préservatif n'est pas adapté

et que vous m'avez fait perdre mon temps, ainsi qu'à ma famille.

Et que je devrais peut-être jouer au futebol

avec vos miches.

Merci d'être honnête.

D'un trait.

Avaler d'un trait.

Tu sais que ma gorge se rétracte.

Pour l'amour du ciel, ne mâche pas.

Magnifique.

Jolie technique.

Tous ces exercices aident bien.

C'est pas une première pour vous, on dirait.

Avalez-le.

C'est Jefferson Starship ?

Juste Starship.

- Ils ont enlevé le « Jefferson ». - Ah oui ?

Un problème ?

Tu veux du tabasco dessus ?

Ça manque de goût.

C'est pas tant le goût

que le pénis et les couilles

remplis de cocaïne qui peuvent m'étouffer.

Je comprends très bien.

Sauce hollandaise ?

Ça y est.

Bravo !

Oui !

- Retour à la fête. - Quoi ?

Brad, comment t'as fait ?

- Salut ! - Facile. Aspire-le.

- À la fête ! - Profite de mon cartel.

Ces deux-là…

Ça, c'est de la détermination.

Ça craint.

Temps mort. Désolé.

C'est Gisele ?

Raconte-moi.

Une autre de tes conquêtes ?

Pourquoi faire une conquête

de ma sœur ?

Gisele…

C'est ta sœur ?

Pavio Curto Bundchen.

Gisele Bundchen.

Aux réunions de famille,

tout le monde disait que je deviendrais

le top model,

et elle, la cheffe de cartel.

Mais notre père a dit que l'un de nous devait étudier

le business de la coke.

Comme je suis l'aîné,

je me suis sacrifié.

J'ai renoncé à mon rêve

pour qu'elle réalise le sien.

Alors, oui, elle se débrouille.

Mais j'aurais cartonné.

J'aurais réuni le monde entier

dans son désir pour moi.

Elle a toujours attiré l'attention.

Aujourd'hui encore, elle s'entoure de béni-oui-oui.

- Hein, les gars ? - Oui.

Patron,

- montrez-lui. - Oui.

Non.

- Montrez-lui. - Ça ne l'intéresse pas.

Montrez-lui.

Ça ne l'intéresse pas.

Ça m'intéresse. Ça, ça peut attendre.

Il doit voir.

S'il te plaît, Curt.

Dois minutos. Reste là.

Je suis pas chaud. Le zob de coke me ballonne.

Dommage.

J'ai toujours voulu m'enfiler la queue d'un Américain.

On peut éviter d'aller au bout ?

Tu as toujours le talent.

J'aurais pu être le plus grand !

Oui.

Tu as trois secondes pour avaler.

Dit comme ça…

Intéressant, les couilles en premier. C'est surprenant.

Si les couilles passent d'abord,

tout le reste suit.

À Balls Up !

Balls Up !

Elijah. Question.

Je vois la ressemblance.

Dans les cheveux.

T'as vu ton ami ?

Brad ? Non. Il est parti…

- La femme avec lui, Emilia ? - Oui.

C'est la femme de Pavio Curto.

C'est sa femme ?

Mon patron a beaucoup baisé. Vraiment beaucoup.

À tel point que ça ne l'excite plus.

Donc, pour le faire bander,

Emilia trouve un autre homme, le séduit.

Puis Pavio Curto la surprend,

perd la boule.

Et ils baisent en torturant le type

avec une bouteille dans le cul.

- Tout un programme. - Oui. En effet.

Accordez-moi une minute.

- Taureau ? - Tu vas adorer.

- Je sais pas trop… - Brad.

File-moi un Balls Up au fond de ta banane.

Tu dois descendre de ce lit ! Débarrasse-toi de la femme !

Emilia !

Cet americano profite de toi ?

Oui. C'est ça.

Non. Au contraire. Elle voulait s'enfiler ma queue.

Brad, Brad.

On connaît tous la suite.

Euh, pas moi.

Quoi ? Toi, si ? Mais que…

C'est un malentendu.

Tu as dit « profite du cartel ».

J'ai compris « elle ».

T'as cru que je voulais que mon épouse

se fasse enfiler le barrigão par ton pinto ?

J'ignorais que vous étiez mariés.

- Elle est très gentille. - Normal.

Oui, exact. C'est notre nature.

C'est le Brésil.

Son ex-mari n'est même pas encore décomposé dans la fosse.

Mon cher mari,

comment vengeras-tu mon honneur ?

Par un petit meurtre.

T'es aussi excité que moi ?

Minute. Temps mort.

Je nous croyais tous amis.

Davi, Benicio, vous n'allez rien dire ?

Tu n'es pas mon ami, sale ordure.

Ma famille adore le futebol.

Je suis désolé.

Mais pour la énième fois,

ce n'est qu'un jeu !

Un jeu que tu vas perdre.

Tue-les.

D'accord, le serial baiseur, prépare-toi à mourir.

C'est l'heure de l'analismo.

Messieurs, mettez-le en position.

Quoi ?

Ce doit être mes rivaux, le cartel Cardosa.

Ils n'arrêteront qu'après avoir tué tout le monde.

S'il vous plaît, flinguez-leur

la bite pour moi.

D'accord, on fera de notre mieux.

Embrasse-moi.

Embrasse-moi.

Quoi ?

Non, non.

Je t'interdis de renoncer.

Ne nous lâche pas, Curt.

Reste ici. Ici.

Pourquoi je dis ça ?

C'est une aubaine.

Faut qu'on se casse.

- Allez. Viens. - Oui.

C'est pas vrai !

- Merde. - Allez.

Fais gaffe, tombe pas dans la fosse.

L'embarquement a commencé.

Allez.

Putain !

Il doit y avoir pour 100 M $ de coke.

Oui. Et cinq dans nos estomacs.

Dans mes intestins. Tu le sens pas ?

Fonce ! On se tire !

Bon sang. J'inhale de la coke.

J'avais jamais pris de drogue.

La loi de Murphy.

Il accepte enfin des filles en bikini

à la fête et…

T'as mal à l'estomac ?

C'est la sauce à l'artichaut.

Non. Attends.

La cocaïne !

La cocaïne !

Putain de merde.

On a une bite dans le bide

et deux couilles avec.

Tout ça à cause de ces Américains.

Ils disent quoi ? Y a quoi ?

Attends.

Mon mari a baissé sa garde et il est mort

à cause de ces enfoirés de mes deux.

J'aimerais les découper en morceaux

et les manger comme des cacahuètes jusqu'au Paraguay.

Le grand, « Brad » ?

Quel charlot.

Il croyait avoir une chance avec moi.

Aucune alchimie.

On aurait dit que mon frère me bouffait les seins.

Il a du bol.

Deux minutes de plus, on l'aurait torturé

avec une bouteille cassée dans le cul.

Elijah.

Il doit avoir une teub riquiqui.

Un vrai obsédé.

En fait… je ne devrais pas me moquer.

Les TOC, c'est triste.

- C'est bon comme ça. - Donne. Non…

C'était quoi, ça ?

- Ça va ? - Oui.

J'ai le souffle coupé. Toi, ça va ?

- Oui. Merde. - Où est mon téléphone ?

- Je l'ai. Là. - Quoi ?

- Il est là. - Cool. Merci.

La vache.

Merde. Ça fait mal.

Tais-toi.

Tu sais quoi ?

Je me sens plutôt bien.

C'est la coke.

J'hallucine.

On dit une prière ?

Pour qui ?

Les assassins en chaleur

qui vont nous faire tuer si les autres débarquent ?

Plus tard, alors.

Allez, viens. On se tire.

Bordel !

- Merde ! - Quoi ?

- J'ai une jambe en vrac. - Non. Faut se tirer.

On est dans la jungle.

- Bordel de merde. - Quoi ?

Ne regarde pas en bas.

- J'ai envie de regarder. - Ne…

Punaise. Mon genou !

Ma grand-mère aurait dit…

Remets mon genou tant que la coco fait effet.

T'as raison. Désolé.

Avant, je tiens à te dire,

Brad.

Je t'aime.

C'est à cause de la coke. Moi aussi.

Tu dis ça parce que t'es défoncé.

- Je le pense. - Le genou.

Bon, le genou. T'es prêt ?

- C'est l'autre. - Bien sûr.

Dans le sens des aiguilles ?

Ça s'applique pas, là.

Oh, merde ! Bon sang !

Je te l'ai arrangé.

Bon sang.

Tu me l'as remis. Merci.

Je t'aime aussi.

Quoi ?

Pas ce que tu crois.

Doucement. Vois si ça va.

Oui.

Ça va ?

C'est génial.

Tant mieux.

Pour sortir de la jungle…

Pas de réseau. Ni de GPS.

Mais on sait qu'ils se rendaient au Paraguay.

Le soleil se lève à…

C'est l'inverse ici.

N'importe quoi. On va devoir

marcher dos au soleil du matin,

puis foncer jusqu'au Paraguay.

Paraguay good times Come on

It's a Paraguaytion

- Bon. - Tu crois qu'on avance bien ?

Non, je crois pas.

Et sans briques de cocaïne,

- je réalise… - Tais-toi.

- … qu'on est dans la merde. - Tais-toi !

C'est fou quand on y pense.

C'est ironique. Avant, je craignais

qu'on rase la forêt tropicale.

Là, je me dis qu'ils sont à la traîne.

Tu sais quoi ?

Mais oui, t'as gâché des déjeuners avec ces conneries.

Est-ce que je gâche ton plaisir ?

Pour moi, c'était Steve, l'emmerdeur de service.

Mais non. C'est toi.

Depuis le début.

Les gens ne rient pas avec toi.

Ils rient à tes dépens.

T'as jamais songé que « le commercial », ça pouvait être péjoratif ?

Peut-être qu'on rit à mes dépens,

toi, on lève les yeux au ciel.

Avec tes « j'arrive en avance »,

« je rentre tard », « j'ai lavé le four ».

« Je suis un lèche-bottes. » Ça t'a réussi jusqu'ici ?

Les gentillesses sur moi, c'était quoi ?

Je te l'ai dit, c'était la cocaïne.

Et d'ailleurs,

il va nous en falloir pour survivre.

Non, j'arrête ça.

Ah bon ? Où on va trouver l'énergie pour se tirer de là ?

Non… Ne me sniffe pas !

Tu veux de l'énergie ? Utilise celle de la vie.

Sauf qu'on va en manquer.

À moins que tu m'aies caché un gigot d'agneau ?

Va nous falloir de la came.

Je crois savoir où en trouver.

Oh, non.

Si. Fais-moi une fleur.

- Va par là-bas. - Bien sûr.

- Et Brad ? - Quoi ?

Ce qu'on va faire, c'est motus…

On pose une pêche, c'est tout.

J'aurai besoin de ton aide.

Jamais on n'en parlera.

Je ne pourrai pas.

Moi non plus.

Ils sont plutôt propres.

C'est conçu pour.

Le mélange de latex breveté utilisé

détourne tous les contaminants, surtout les matières fécales.

Bravo, c'est pas de la merde.

Oui. Mes créations, pas de la merde.

Mais avec les gens, par contre…

Au moins, tu t'intéresses aux gens.

Je ne peux pas en dire autant.

Je me suis jamais complètement intégré dans un groupe de gens.

C'est ça que j'admire chez toi.

Tu n'essaies pas. Tu es détesté, et ça te va.

- Je suis pas détesté. - Si.

C'est un compliment.

Tu as un ego fort. Tu es toi-même.

Moi, j'ai que mes sourires à la con et mes tapes dans le dos.

Un bronzage bidon et une carte de Sécu.

« Brad le commercial. »

Ce sera mon épitaphe.

Pour info,

tu es très doué dans ta partie.

Et on n'aura pas d'épitaphes.

Putain de merde !

Il a bouffé les deux capotes.

Comme y a pas de merde, il ne sera pas trop malade.

Bordel à queue, t'as pas vu Crazy Bear ?

Je veux pas voir un croco défoncé qui déraille.

C'est un alligator.

On s'en fiche, il va nous bouffer.

Merde ! Il va nous charger !

Il est mort ?

J'ai entendu son cœur exploser.

Oui !

Son putain de cœur a explosé !

Oh, mon Dieu ! Attends !

Des croco-tacos, ça te dit ?

Des croco-monsieur ?

Mais c'est un alligator.

C'est plutôt bon, les gator-tacos.

On dirait du poulet musclé.

Parmi les alligators, tu crois

qu'il avait un nom ?

« Parmi les alligators » ? Tu dérailles total !

Quoi ? Les animaux communiquent.

Ils ont peut-être des noms.

Je m'en veux. On a bouffé Lenny.

Hé, arrête-toi.

J'ai entendu un bruit.

Peut-être les amis de Lenny qui vont se venger.

Boucle-la.

Il y a des tribus ici

qui n'ont jamais rencontré d'autres humains.

Pavio Curto les a chassées, car elles chiaient par terre.

Curt n'a pas dû toutes les trouver. Il y a…

Dis-moi que t'as entendu ça.

C'était toi.

- Non, pas du tout. - Quoi ?

Ne bougez pas !

Que faites-vous là ?

Merde alors !

Vous êtes américains ?

Par le passé.

On est des éco-fondamentalistes.

- Cool. Ça peut le faire. - Oui.

On traque les braconniers. Vous n'en êtes pas ?

Des braconniers ? Jamais de la vie !

On ne mange même pas d'œufs. Même pochés.

C'est pourtant très bon pour la santé.

Un œuf poché réduit le cholestérol oxydé.

C'est un fait.

L'épicerie Erewhon en fait en tartine avec de l'igname.

J'adore. Leurs œufs Benedict Cumberbatch ?

Ils ont une sale gueule,

mais quand tu goûtes, ça déchire tout.

Que faites-vous ici ?

C'est cocasse.

Je peux… Non. Vas-y.

Un cartel nous a utilisés comme passeurs.

- À notre insu. - On a fui ici.

L'épouse tarée d'un trafiquant

s'est frottée à lui et l'a emmené.

- Pour le baiser. - Leur délire ?

Le trafiquant voulait nous surprendre

pour me torturer et tuer avec une bouteille cassée dans le cul.

Tout un programme.

Et tu l'as fait ?

Non, car je venais d'avaler une capote géante.

Pareil. Et personne voulait me baiser.

Moi, c'est Brad le commercial.

Julie.

La jolie Julie.

Bon, arrête.

Des capotes.

Bordel. Je sais qui c'est !

Os Estúpidos !

Vous êtes fans de foot ?

Ce que vous avez fait est incroyable.

De l'activisme par excellence.

Le désordre ! C'est notre credo aussi.

- Vous êtes des héros ! - Oui.

Nelson Mandela, Che Guevara.

- En mode killer ! - Tu vois !

Le foot, leur petit jeu stupide.

C'est tout pour eux.

Vie ou mort.

Mais non, c'est des conneries.

On le dit depuis le début.

À bas le foot.

Le véritable enjeu se joue ici dans cette forêt tropicale.

Les capitalistes font tout pour la détruire

sans considérer ses peuples indigènes ou sa faune magnifique.

À ce propos, voici Yarimoey.

Un chaman du coin qui a béni notre mission.

Enchanté, Yarimoey.

Non.

C'est Yarimoey.

Il faut le chanter.

Enchanté, Yarimoey.

Oui.

Je suis moi-même un peu écolo.

Oui ?

Je recycle mes capsules de café

pour éviter qu'elles polluent.

Comment exactement ?

Je les mets dans la poubelle bleue.

Et les éboueurs font le reste,

le cycle de la vie est complet.

Je sais que c'est pas du niveau de vos actes ici.

Ou peut-être bien que si.

- Que fais-tu ? - Pas grand-chose.

J'ai inventé la capote qui couvre les testicules.

Ça va changer le monde.

Lui ne sera pas un client.

- Pourquoi… - Ses couilles sont planquées.

Elles disparaissent dans la bite-cave.

Mes testicules ne sont pas descendus.

Ils fonctionnent. Mais on les voit pas.

Faut envoyer une expédition pour les extraire.

Ce type a une queue si énorme que c'en est ridicule.

Ça me va que cette info soit divulguée.

Amusons-nous ce soir.

Fête, danse, baise, chants.

- D'accord. - Oui ?

- Baise ? - Oui.

Non, ça a l'air super.

Ça l'air sympa. Mais on… Il faut qu'on parte.

Demain à l'aube,

on vous emmène en radeau.

On a embarqué des jus de fruits et à manger.

C'est génial. Merci.

Puis on ira sur l'océan,

des tas de bateaux vous ramèneront.

On trouvera un bon bateau.

Pas un qui fait dans la traite d'humains.

Prenez garde.

Ne pissez jamais dans l'eau.

C'est là que vivent les petits poissons vampires.

Ils remontent le jet d'urine,

entrent dans votre vessie

et vous dévorent de l'intérieur.

Je n'ai rien compris. Désolé.

Il dit quoi ?

Je suis pas sûr.

On ne maîtrise pas encore la langue de Yarimoey.

Yarimoey.

C'est trop cool. C'est génial même.

Il doit être le dernier à parler sa langue.

Ce tout petit poisson

a tué nombre d'hommes costauds.

- C'est du charabia. - Oui.

T'imaginais qu'on tomberait sur un concert de Phish ?

- Ils sont grave cool. - Du wasca ?

- Intéressant. - Non.

Pas d'ayahuasca.

Nous aussi, on en a fait le tour.

Tu participes ?

Non, merci.

Il est germaphobe.

Une fraîche.

File-lui une fraîche.

Ed. Expert en grenouilles.

Salut, Ed. C'est ta spécialité ?

Comment t'en es arrivé là ?

Faut attraper…

Faut d'abord…

Faut d'abord attraper des grenouilles.

C'est cool.

Je pensais à l'aspect scientifique.

Dosage, interactions chimiques, niveaux de toxicité.

J'ai un appel à faire.

- Quoi ? - Je reviens.

Brad.

Brad ?

Quoi ?

Où vas-tu ?

Comment ça ?

Je vais faire l'article à la jolie Julie.

Va voir Tina la rasta-tradeuse.

Avec les aisselles comme le sol d'un coiffeur arménien ?

Oui, elle.

Sans façon.

C'est naturel.

On est au beau milieu de la nature.

Trois minutes.

Putain, t'es frappé d'amnésie ou quoi ?

La dernière fois ?

La bouteille cassée dans le cul ?

T'as fourgué ta capote à un trafiquant.

- Curt a aimé le produit. - Hé.

Tu viens aussi ?

- Salut. - Oui !

Y a un emplacement parfait pour faire l'amour.

T'as vu ses plantes de pieds ?

Des patates au four cramées.

Je baise pas ses pieds.

Ou peut-être que si, on verra.

- Allez, profite de la vie ! - Bien sûr.

- Allez ! Venez voir ça ! - Brad…

On fait l'amour ici ?

Oui.

On garde aussi les braconniers ici.

Sans déconner ?

On les pend comme mise en garde.

Grave.

Qu'ont-ils… Le braconnage ?

Comment… Pourquoi sont-ils morts ?

Surtout des caïmans noirs.

Des caïmans noirs ?

C'est comme des alligators.

Tu vois ?

T'as dit « alligator », pas « caïman ».

Ce sont de magnifiques reptiles majestueux.

En danger d'extinction.

Ils les tuent pour leurs griffes.

Vous avez donc tué les braconniers ?

Pas le choix. On a essayé pacifiquement,

en vain. Donc, c'est la loi du Talion.

Qui tue les animaux qu'on protège

meurt. C'est simple.

Pas de négociation.

Aucune ?

- Imaginez le pape ou… - Aucune !

Même si Greta Thunberg

tuait un de ces animaux, on la buterait !

Allez, on baise.

Devant eux ?

Je sais.

En un sens, on les honore, et eux nous honorent en retour.

En se rinçant l'œil de l'au-delà ?

Je les appelle le Cercle des braconniers disparus.

Vu qu'on parle de se rincer l'œil,

c'est une caméra, ça ?

Oui.

On en a placé partout dans la jungle.

Mais personne ne nous regarde, là.

Ils sont sur les images de la journée,

car on a perdu le signal d'un de nos caïmans préférés. Morey.

Il avait un nom.

Tu nous excuses un instant ?

- Où allez-vous ? - Enfiler une capote.

Je peux te l'enfiler.

C'est difficile,

on fourre les baloches dedans. Il va m'aider.

Non. Ça s'enfile comme un rien.

Je suis timide.

Alors, dis-le. Dénigre pas le produit.

- On revient. - Entendu.

Tu peux encore courir ?

Y a intérêt. Allez !

- Bon sang ! - Non !

Mon Dieu ! Cette griffe, quel délice. Goûte ça. Vas-y.

Bon sang de bois !

- La griffe, c'est le meilleur. - Tope là.

Merde ! Julie va vouloir qu'on les tue.

Youaip.

« Youaip » ?

« Youaip » ?

T'as que ça à dire ?

Sérieux, je pète un câble !

Je suis là pour protéger la jungle,

l'ayahuasca et baiser Julie.

Pas pour buter des mecs.

Pareil. Elle nous baise pas.

C'est la merde.

Elle se tape tout le monde.

Pas tout le monde.

Tout le monde.

Yarimoey ?

Oui. Yarimoey.

Il a 100 piges !

Bordel, mais elle déraille !

Je sais, et elle m'a dit qu'il avait une subincision.

C'est quoi, ça ?

Il se l'est incisé ou c'est l'âge ?

Elle a quoi, sérieux ?

Elle était géniale à Calabasas.

Et là, elle incise des teubs et bute des mecs ?

Vous avez vu les deux nouveaux ?

On allait baiser, et ils…

T'es calé niveau bouffe.

- C'est ton kif. - Quoi ?

Et tu sais quoi ?

C'est parfait pour se gratter.

Fais voir.

- Je peux te coiffer. - OK.

À mon tour.

Vous comptiez m'en parler ?

- Bien sûr. - Oui.

On allait partir les buter.

Ils sont morts !

Ils sont morts, putain ! Bien dit !

Un radeau ! Y a un radeau ! Allez.

Oui. Allez.

Tuez-les !

Merde !

Bordel !

Faut ramer

ou on va finir pendus à la regarder baiser !

On va vous pendre, salopards !

Tirez !

Merde !

Sales lopettes de mes deux ! Vous les avez laissé fuir !

Normal que je vous baise pas.

- On n'a rien dit. - Mon cul, oui !

Tout le monde vous a entendus !

D'accord, on en a parlé.

Bordel. Allez, Yarimoey.

Yarimoey.

Ta gueule, toi !

Faut que je me calme en baisant.

Toujours pas de réseau.

Je vais changer.

Si on s'en sort indemnes.

- Arrête. - Je suis sérieux.

Je plaisante pas.

J'apporterai la sauce sur mon steak.

Et moi, j'apporterai mon steak à la sauce.

Dis, Brad.

On va crever ici, pas vrai ?

Carrément.

Ça fait pas un pli !

Ces capotes font de bons oreillers.

Un buffet.

Encore de l'eau de coco ?

Non, ça va. Je vais pisser.

Quoi ?

J'ai le trac.

Tu peux te retourner ?

T'es de dos. Qui te dit que je regarde ?

Je sens ton regard.

Bon, tu sais quoi ?

Économisons notre urine.

Si on n'a plus d'eau, ça évitera de mourir de soif.

Quoi ? Faut pas boire de pisse.

Je veux pas de ta pisse sur le radeau, alors, vide-toi.

L'urine est parfaitement stérile.

Je m'en cogne. Pisse. C'est dégueu.

D'accord.

Mate tout ce fretin qui boit ma pisse.

Quoi ?

Regarde ça.

Merde alors ! Des poissons d'urine !

Les débiles.

On dirait qu'ils sourient.

Attends voir.

J'ai lu un article dans National Geographic.

Bordel à queue !

Je l'ai échappé belle !

Retire-le ! Allez !

- Vas-y, toi. C'est ton pénis ! - Je peux pas !

J'appuie à deux mains ou il va remonter.

Cette bestiole sait ce qu'elle veut. Je t'en prie !

- Vas-y… - La vache !

Je t'en prie ! Retire-le ! Vas-y !

- Vas-y ! - D'accord. Ne bouge pas.

C'est trop glissant. J'ai pas de prise.

Peut-être que si tu bandais, tu pourrais l'étrangler.

Que je bande avec un poisson dans le zob ?

Utilise ton imagination.

Ton plus grand fantasme ?

De pas avoir un poisson dans le zob !

Hurler n'a jamais encouragé un ami à t'enlever un poisson du zob.

- Utilise tes dents. - Mes…

Utilise tes dents.

- Non. - Allez ! Bouge-toi le cul !

Utilise tes dents !

Comment ? À toi de me dire.

Tire sur ta bite et penche-toi en avant.

Si j'étais si souple, j'aurais déjà utilisé ma bouche !

Pitié ! T'es mon seul espoir !

Tu dois être un homme maintenant !

Elijah, je t'en prie ! Je t'implore !

Seigneur !

Oui !

- Dis pas « oui » ! - Pardon.

Seigneur.

Me touche pas !

- C'est motus… - Et bouche cousue.

Tu m'ôtes ma bite de ta bouche.

Bon sang.

J'ai besoin d'être un peu seul.

ACCROCHE-TOI N'OUBLIE PAS QUE TU ES GÉNIAL !

On a localisé les cibles.

Un bateau !

Un bateau !

Brad !

Brad. Un bateau. Debout. Un bateau !

Merde alors.

On est sauvés.

Par ici ! On est vivants !

Bon Dieu de merde. C'est Jessel Cristos. Regarde !

- Rame. Rame ! - Bon sang.

Rame !

- Bon sang. Que… - Allez !

Estúpidos toujours.

Montez.

Pour pouvoir nous faire croire qu'on est libres ?

J'utilise pas le nom de Dieu en vain,

mais je vous emmerde, Jessel Cristos !

Savez-vous où vous êtes ?

« Yé combats l'injoustice

qué frappe les innocents,

surtout sous ma responsabilité. »

« Noulle injoustice né vous affectera. »

L'accent était un peu raciste ?

- Tout juste. - Désolé.

- J'essaie de trouver ma sauce. - Bon.

Alors, je vous explique.

Vous allez rentrer avec moi.

Vous serez reconnus coupables

d'avoir brisé les rêves de 500 millions de personnes.

Vous irez en prison où vous ferez un an de travaux forcés.

Après quoi, si vous survivez,

vous serez libres de rentrer.

Non.

Non, moi, je vous explique, El General.

Vous allez repartir avec votre minable petit rafiot vert

d'où vous venez

et transmettre un message des Os Estúpidos.

Dites aux Brésiliens

et au reste de la communauté de fanas de football du monde entier,

dites-leur bien qu'on est vraiment navrés.

Mais

que ce n'est qu'un jeu,

et qu'on a assez payé comme ça.

Très bien.

Je transmettrai vos excuses sincères.

Je leur dirai aussi ce qui s'est passé après ces mêmes excuses.

Que vous et votre estimé collègue avez fui sur l'océan

sur votre vaillant radeau de fortune

sur la rivière Iguazú.

Ça me plaît, ça.

Des héros populaires. C'est parfait !

D'accord. Merci.

Allons-y, Paulo !

T'as vu son expression ?

Il fallait des testículos, mon ami.

Pas l'habitude des testículos,

mais je veux bien remettre ça.

Attends voir. Comment…

Comment s'appelle la rivière ?

La rivière Iguazú ou un truc comme ça.

Contrails Magazine ?

Un article parlait de…

- La rivière Iguazú. - Non.

Pas la rivière Iguazú.

Les chutes d'Iguazú,

les plus grandes.

Du Brésil ?

Non. Du monde !

- Faut atteindre la rive ! - Merde !

Allez.

Allez !

Foutue rame qui sert à rien !

Allez !

C'est pas vrai !

Merde.

Pourquoi ce radeau tourne pas ?

Il bouge pas d'un iota !

Les capotes.

Quoi ?

Ça servira de bouées.

T'es prêt ?

Brad !

Brad !

Brad !

Brad.

Brad. Ça va, mon pote.

Mon pote.

Brad. Oui, c'est ça. Recrache.

Allez, mon pote.

Respire.

Respire, Brad !

Brad. Oui.

Faut que ça sorte.

T'es pas porteur de germes ?

Sérieusement ?

Tais-toi.

T'entends ça ?

- Quoi ? - Oh, non.

Eh merde !

Putain, mais c'est pas vrai, à la fin !

Attendez !

Non, ne tirez pas !

Attendez, je vous en prie.

Ne tirez pas.

Laissez-le.

Prenez-moi.

- Arrête un peu. - Non.

Ça n'y changera rien.

Cet homme n'y est pour rien.

Si c'est un couillon ? Tout à fait.

Mais il a plein de trucs géniaux à inventer.

Et si je connais Elijah,

je crois bien que oui,

il ne sauvera pas que des testicules.

Si vous devez punir quelqu'un, ça doit être moi.

J'aurais dû mieux te soutenir en suçant ce poisson de ta bite.

Du calme.

L'Iguazú, en plus d'être une rivière,

est une frontière.

Bienvenue en…

Uruguay ?

- Mon Dieu. On est en Uruguay ! - Non.

En Argentine !

Nos drapeaux se ressemblent.

Mon pays essaie de vous sauver

depuis que vous nous avez sauvés.

C'est vrai ? Ben, on n'aurait pas dit.

Oui, où vous étiez, bon Dieu ?

Où on était ?

Mais que…

Antonia ? Comment…

Je suis Isadora Cortez,

de l'Agencia Federal de Inteligencia.

Une espionne ?

Depuis votre arrestation, je dirige l'opération Estúpidos.

Vous n'aviez qu'à m'écouter en prison.

Mais vous m'avez virée avant de m'écouter.

Pas moi. Lui vous a virée.

Pour la protéger.

Une bonne action est toujours punie.

Tu vois ?

Notre équipe devait vous exfiltrer du Brésil,

mais vous êtes insaisissables.

Vous parlez de la foule qui nous pourchassait ?

C'était des Brésiliens.

- Tant mieux. - On était là quand Pavio Curto

allait vous tuer avec la bouteille cassée.

- C'était vous ? - Bien sûr.

Pourquoi avez-vous fui dans la jungle ?

Curt a parlé d'un gang rival.

Le putain de mytho.

On a perdu votre signal, on vous croyait morts.

Tout notre pays a prié pour vous.

Pour nous ?

Nos prières ont été entendues.

Argentine ! Argentine !

Je suis le concepteur.

Et un client.

Os testículos ne seront plus jamais les mêmes.

Los testículos.

Vous êtes à Buenos Aires.

Et qu'y a-t-il de mieux que d'être le préservatif du Mondial ?

Être le préservatif officiel de tout un pays.

Dix millones, por favor.

Argentine ! Argentine !

Oui !

Un sage a dit :

« Le football, c'est une science : les mathématiques, la physique, la chimie.

Mais aussi les sciences humaines : l'art, la musique, la poésie. »

Ainsi que l'amour, la famille, une communauté.

Des quartiers d'orange

et le plus grand jeu au monde.

Quant à nous,

on s'est installés en Argentine comme des testículos dans Balls Up.

Ce sera notre épitaphe.

On aura des épitaphes ?

Mieux encore.

Sous-titres : Luc Kenoufi

Supervision Créative Lori Rault

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