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Original subtitles

J 'ai vu des tempêtes dans ma vie, mais comme ça, jamais.

Je suis allé voir le garde manger des noirs. Tout est perdu.

On a d 'autres réserves ? Pour nous, oui. Pas pour eux.

J 'ai échangé avec M. Bénard. On va louer quelques noirs contre des pommes

terre. Je ne vendrai pas l 'habitation ! Vous êtes en train de sacrifier leur

avenir. Tout ça pour garder vos terres et votre bâtard. Ça n 'a aucun rapport

avec Isaac.

Ça, là, ça sert à quoi ? Le but, ça sert à quoi ? Les rêves, ça sert à quoi ?

Tiens bon, Isaac.

Un jour, tu porteras mon nom.

Pourquoi t 'aimes -tu mon nom ? Parce que je savais qu 'il me désirait.

Je vais le tuer, ce chien ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Je n 'ai jamais

de vous aimer.

J 'ai besoin de vous. Nos enfants ont besoin de vous.

J 'ai tant envie de te toucher.

Un

pain

de coup de pain ? S 'il vous plaît, remettez un peu là. Le gène ! C 'est

pour tout le monde, avance.

Oh ! Arrêtez ça, là ! Arrêtez ça ! Oh, tu calmes ! Tu calmes ! Tu calmes ! Ça

suffit ! C 'est toi ! C 'est toi ! Vous avez faim ? Montez, j 'ai faim !

C 'est pas une raison pour voler ! Toi, continue à servir ! Allez

!

C 'est ce que je craignais.

Une fluxion de poitrine sévère.

Dites -nous franchement, elle va s 'en remettre ? Le pic de fièvre sera atteint

d 'ici demain.

On verra à ce moment -là.

Du l 'eau d 'un homme, pour la douleur.

Cinq gouttes diluées dans l 'eau toutes les quatre heures, pas plus.

Et mes honoraires ?

Ça suffira ?

C 'est pas grave.

Je verrai ça avec votre père.

Il rentre quand ? Dans quelques jours.

Il est parti à Saint -Denis pour affaire. N 'oubliez pas, elle a besoin

et de rester hydratée.

Et il ne faut surtout pas la déplacer.

Merci.

Je repasserai dès que possible.

Au revoir, docteur. Au revoir.

Il nous a abandonnés. C 'est ça.

Benjou, vous croyez vraiment qu 'il est à Saint -Denis ? C 'est pas la première

fois qu 'il part quelques jours.

Oui, mais là, en ce moment...

Il revient pas.

Pourquoi tu dis ça ? Je trouve ça bizarre, c 'est tout.

Bellevue, Bellevue, Bellevue.

Ici, on crève de faim et toi, tu t 'inquiètes, Bellevue.

Regarde Philogène et Achille.

Ils se battent pour une petite guine sur son maillis.

Oublie -le, Bellevue.

T 'as des problèmes plus graves.

Il y a eu de la bagarre chez nous.

On se bat comme des animaux.

Qu 'est -ce qu 'il y a ?

Pourquoi

? Pourquoi t 'es avec moi ?

Parce

que je t 'aime.

Parce que... J 'aime ta façon d 'être.

Tout ce que tu fais, voilà.

Un jour, quelqu 'un va nous voir. Peut -être même qu 'un.

Vas -y, pars si t 'es fatigué.

Moi, fatigué ? Je sais pas, peut -être que t 'es fatigué.

Voilà.

C 'est tout ce qu 'il nous reste ? Quelques boutures de riz, un peu d

rouges.

Rien, quoi.

Comment on a pu en arriver là ? J 'ai prévenu.

On va pas écouter.

On recevait des gens à déjeuner il y a trois jours.

On a pris dans la réserve de riz des Noirs pour ça.

D 'abord, mère, qui souffrantes, et maintenant, ça.

Et ce qu 'on a planté, nous ? Le maïs ? Les patates douces ? On avait pas mal de

sécheresse. Même si ça va mieux maintenant, on récoltera rien avant des

semaines.

À part les pommes de terre que M.

Bénard doit nous livrer, on n 'a plus rien pour nourrir les Noirs ? On a loué

que quelques Noirs à Bénard. Je sais pas ce qu 'il va nous livrer en pommes de

terre.

Comment père a pu nous laisser dans une situation pareille ?

Ton père, ça fait trois jours qu 'il est parti maintenant.

C 'est à toi de prendre les décisions.

Tant pis.

On rationnera les pommes de terre jusqu 'à la récolte de maïs.

Je vois pas d 'autre solution.

Et en attendant que Bénard nous livre, on fait quoi ? En attendant, on gagne du

temps.

Soupe de brède au sel et à l 'ail.

Ça remplit bien l 'estomac.

Buvez.

On n 'a jamais vu la soupe comme ça, moi.

Monsieur Henri, à

quand on se donne à nous manger cochon ? C 'est ça qu 'on mange maintenant ?

Même les cochons ne mangent pas ça.

Retourne t 'asseoir.

Vous voulez goûter ? Retourne t 'asseoir. Allez !

Bon, arrête ça. Il y a l 'aimant capot blanc en haut. Quoi ? C 'est ça qu 'on

lui a dit ? Il a dit que c 'était bon. C 'est ça qu 'on lui a dit ? Lève -moi !

Je ne peux pas manger ? Donne -le.

Il n 'y a rien d 'autre à manger ? C 'est ça ? Ou rien ? Vous allez vous

? Tous les deux, maintenant ! Il est passé où, M. Bellevue ? Il est où ? Il

où ? Va t 'asseoir, je te dis.

Jamais il ne nous donne ça à manger, M. Bellevue.

Jamais ! Tais -toi ! Tais -toi !

Monsieur Bellevue, maintenant c 'est moi ! Alors vous mangez ce que je vous

donne ! Et vous la fermez !

Alors,

Bouillon de Bred ?

Ils ont mangé, c 'est le principal.

Où est ton père ? Où est Charles ? Il s 'est absenté.

Il y a eu un problème avec le noir ? Oublie les patates. J 'en veux plus de

bonnet. Quoi ? Mais pourquoi ? Il est bon à rien.

Trop fatigué pour travailler.

Je suis désolé.

Peut -être qu 'on peut trouver un arrangement.

C 'est qu 'on a vraiment besoin de ces pommes de terre.

Mais moi j 'ai plein de bras dans mes champs.

Chacun sa merde.

Je peux lui parler ? Non, elle dort enfin grâce à l 'eau d 'un homme.

Je vais chercher de l 'eau.

Ne la réveille pas, s 'il te plaît.

J 'ai besoin de votre aide.

Il nous reste de l 'argent dans la maison.

De l 'argent, oui.

Non.

De l 'argent.

C 'est pas de ma faute. Marie,

tu me crois ? Oui.

Oui, je vous crois. C 'est pas de ma faute. C 'est de la faute d 'Isaac, son

bâtard.

C 'est pas de ma faute.

C 'est de la faute d 'Isaac, son bâtard. C 'est de la faute d 'Isaac, son

bâtard.

C 'est de la faute d 'Isaac, son bâtard.

Père, je vais vous demander... Je vous présente ma fille Amélia.

Amélia, je te présente Pierre -Hervé Nadeau.

Enchantée, monsieur Nadeau.

Merci, je... Pareillement.

Eh ben, ne reste pas planté là.

Viens prendre le café avec nous.

Et que nous voulons l 'honneur de votre visite, monsieur Nadeau.

C 'est moi qui l 'ai invité.

Je fais souvent affaire avec son père Antoine. Oui, nos terres sont à Saint

-Claude. Votre père nous a aidé à nous lancer dans la canne à sucre.

Pierre -Hervé est l 'aîné de sa famille.

Il est presque en âge de se marier.

Votre père se passionne toujours pour l 'élevage des chevaux ? En effet, un

animal noble et majestueux, comme il dit.

Oui, mais dangereux quand il est mal dressé.

T 'es sûr ? J 'en ai fait les frais pas plus tard que la semaine dernière.

Que vous est -il arrivé ? Je débourrais une jument, une pure race espagnole,

mais elle m 'a envoyé dans le décor. Aïe, aïe, aïe, mon pauvre. Et devinez

? C 'est un tas de purins qui a amorti ma chute.

Et dites -moi, monsieur Nadeau, comment comptez -vous faire plus tard avec votre

épouse ? Pardon ? Si même une jument ne vous respecte pas, comment comptez -vous

vous faire respecter d 'une épouse ?

Exact. Ta mère connaît bien les plantes pour soigner les gens, non ? Oui, un

peu. Très bien.

On va la chercher.

Monsieur Elville revient quand ? Bientôt.

Dans quelques jours.

Vous êtes sûr ?

Tu veux la vérité

? J 'ignore où il est.

J 'en ai aucune idée.

Mais on a des problèmes plus urgents.

La nourriture.

Oui.

Les réserves sont vides.

Écoute, les Noirs t 'obéissent.

Ils te respectent.

Et... Mon père te fait confiance.

C 'est vrai.

Est -ce que ma famille peut compter sur toi si la situation dégénère ?

Comment ça ? Si ça devient dangereux à cause du manque de nourriture, tu jures

de m 'aider quoi qu 'il arrive ? Vous attendez quoi de moi ? Que tu restes

loyal.

Et je te promets que tu seras affranchi.

Venez par ici.

Les braids étaient comestibles, d 'accord ? Il y avait sûrement quelque

dans l 'eau.

Voilà. C 'est pour vous.

C 'est tout ce qu 'il nous reste.

Mais bien sûr, vous êtes tous au repos.

Pas de corvée aujourd 'hui.

C 'est tout ce qui reste dans le garde -manger des Blancs ? Oui.

Il y aura plus à manger demain.

Je vous le promets.

Mais là, il faut partager.

Alors, tout le monde en... Allez ! Tout le monde en rang !

Isaac, tu gères la distribution ?

Non, qu 'est -ce que vous faites ? Vous arrêtez ! Non, arrêtez ! Qu 'est -ce que

vous faites ?

Laissez

-moi ! Laissez -moi ! Arrêtez ! Arrêtez !

Laissez -le !

Arrêtez !

Qu 'est -ce qu 'il y a ?

Qui t 'a fait ça ? Mais dites -moi ! Qu 'est -ce qu 'il se passe ? On a perdu le

contrôle. Voilà ce qu 'il se passe.

Comment ça ? Les noirs ont trop faim.

Ils se sont jetés sous la nourrice comme des chiens et... On t 'a passé ton

frère. On les tient plus.

On est en danger.

Je vais envoyer Félix prévenir la miss.

On n 'a plus le choix. Ils ne seront pas là avant demain.

On n 'a pas jusqu 'à demain.

Vous proposez quoi ? Mais il faut partir.

Tout de suite.

Ils ont frappé un blanc.

Ils savent très bien qu 'ils n 'ont plus rien à perdre. Alors tous les deux,

vous grimpez dans la voiture avec votre mère et c 'est moi qui conduis. Non, le

docteur a été clair.

On ne peut pas la déplacer dans son état.

C 'est ça ? Ou on crée tous ? Henri, dis quelque chose.

C 'est trop utile de la déplacer.

On reste.

On reste ? Oui.

C 'est ma décision. Et quoi ? Hein ?

On attend sagement que les nègres viennent nous tuer. On a des armes à

? Mais pas eux.

Alors, on barricade les portes, les fenêtres, et on se défend jusqu 'à l

'arrivée de la ministre.

Sans moi.

Monsieur Roland, je vous ordonne de rester !

Monsieur Roland !

Je dépine dehors.

Je voulais pour tout à l 'heure.

Je suis sortie tout seule.

Laisse -toi et regarde -moi.

J 'aurais pas dû... Laisse -toi ! Père, je vous en supplie.

Tu m 'as insultée.

Tu as humilié notre invité.

Je suis désolée, pardon.

Tout est matière à moquerie pour toi ? Non.

Personne ne mérite le respect, pas même ton père ? Mais tais -toi ! Tais -toi !

que je dois faire de soi.

Si ta mère était encore là... Je voulais humilier personne.

Tu te demandes pardon ? Je veux simplement que tu sois heureuse, Amélia.

Je ferais des biens avec vous ? Non.

Tu dois te marier et fonder une famille le plus loin possible de moi.

Pierre -Hervé est un bon parti.

Je vais inviter ses parents à déjeuner.

Tu te comporteras correctement avec eux, compris ?

Il

devrait sortir, on va bloquer la porte.

Et toi ? Qu 'est -ce qui se passe ?

Je ne peux pas rester ici, ça va mal finir.

Je sais.

Alors que pourquoi ?

Henri,

il a promis de m 'affranchir si je l 'aide jusqu 'au bout.

Ce n 'est pas ce que tu voulais.

Je suis un bon commandeur, un bon maigre.

C 'est ma récompense.

Je t 'ai dit de prendre ce qui est bon pour toi, pas de mourir bêtement

C 'est trop tard, je peux pas revenir en arrière.

C 'est pas trop tard.

Madic, un jour je porterai son nom.

Vous comprenez ? Je ne peux pas le décevoir.

Je ne peux pas.

Tu sais ce qu 'il m 'a fait avant ta naissance ? Tu as une idée ?

Tu crois qu 'il a été gentil avec moi ? Qu 'il m 'a offert des fleurs, avant, ou

un petit gâteau après ? Il a eu envie, alors il a

pris.

Sans rien donner.

Comme on attrape un bout de viande pour le manger.

Toi, c 'est pareil.

T 'es juste de lâcher un canon pour les protéger.

C 'est bon, je suis tout bloqué.

Je n 'arrive pas à croire que M. Rollon nous ait abandonnés aussi vachement.

M. Henry.

Quoi ? Ce que vous m 'avez dit pour l 'affranchissement.

Vous comptez vraiment le faire ?

Tu

crois que je te dis ce genre de choses à la légère ?

C 'est juste une promesse ou c 'est vrai ? Je sais que mon père ne tient pas

toujours ses promesses, mais là, c 'est moi qui parle.

C 'est pas lui.

Tu essaies de serrager ton pistolet ?

D 'abord, tu penses bien à armer le chien ? Là ?

Je te fais confiance, tu me fais confiance, d 'accord ? Tu

le

vois ? Tu le vois bien ? Soit tu ouvres, soit le

stène se porte.

Lâche -moi ! Lâche -moi, t 'as de la neige ! Lâche -moi, je vais te tuer !

Lâchez -le ! D 'abord, tu ouvres ! Il n 'y a plus rien à manger ici ! Je vous ai

tout donné ! Arrête de mentir !

Mais c 'est la vérité ! Je compte jusqu 'à dix ! Un ! Deux !

Trois ! Quatre !

Cinq ! Six !

Sept ! Non ! Monsieur, si vous faites ça, on est tous morts, même les femmes

-haut. Huit ! Attendez ! Monsieur !

Ils n 'oseront pas, si.

Si ! Vous êtes sûrs ? Non ! Comme vous voulez.

Non !

On

vit tellement,

tellement.

J 'ai envie ! Vous bloquez la

porte ! Allez ! Continuez, mettez plus de chaude ! C 'est quoi ?

Du gingembre, c 'est bon pour ce qu 'il y a.

Vous étiez où pendant trois jours ? Dans les bois, seul. J 'en avais besoin.

Vous savez comment elle est tombée malade ? Elle vous a attendu une nuit

entière.

Dehors, sous la pluie.

Vous vous êtes disputés, c 'est ça ? À cause du bâtard ?

Merci enfin.

La fièvre est redescendue, en tout cas.

J 'ai entendu... du bruit.

Des coups de feu.

J 'ai rêvé.

Il y a eu des difficultés avec les Noirs.

Mais c 'est réglé maintenant. Tout va bien.

Elle se repose dans sa chambre.

Elle vous a veillé toute la nuit.

En parlant des garanties, on va devoir utiliser tout l 'argent qu 'il nous

reste.

De l 'argent ?

Je suis navré.

Quel argent.

Henri.

Tiens.

Prends du riz, des haricots, du manioc si t 'en trouves.

De quoi tenir jusqu 'à nos récoltes.

Et tant pis pour Eglantine, pas vrai ? Tant pis si elle a plus d 'hôtes pour se

marier.

On n 'a plus le choix.

On doit parer au plus urgent.

Félix a prévenu la milice.

Ils seront là dans la journée pour arrêter Philogène et Jeanvier. Très

Je m 'occupe des morts.

Un défaut de vous occuper des vivants. Pardon ? Tu peux répéter ? Qu 'est -ce

que tu viens de dire ? J 'ai dit ce que j 'avais à dire.

Qu 'est -ce que tu crois ? Que je ne m 'en fais pas assez comme ça ? Qu 'est

que je peux faire de plus ? Vous pourriez me dire merci.

Merci, mon fils, d 'avoir été là pendant que moi j 'avais disparu.

Et vous savez qui d 'autre vous pouvez remercier ? Isaac.

Il a risqué sa vie pour nous.

Je sais.

Alors vous comprendrez pourquoi je lui ai promis l 'affranchissement.

Tu lui as promis quoi ? Vous avez bien entendu.

Augustin, on y va.

S 'il vous reste un peu d 'honneur, vous honorez cette promesse.

Mon père va nous tuer s 'il te faut. Tu fais pas mal de ton père.

C 'est toi que je suis venu voir. Tu es armé ? On a eu une révolte des Noirs

hier. J 'ai failli mourir. Mon Dieu, je suis désolée.

Pas moi.

Ça m 'a ouvert les yeux.

Quand je parlais de t 'épouser l 'autre jour, j 'étais sérieux.

Henri. Je sais qu 'il faudra convaincre nos parents, mais je t 'aime, Amelia.

Je t 'aime plus que tout.

Laisse -moi te protéger de ton père.

Laisse -moi attendre.

Amelia Denon.

Accepterez -vous de m 'épouser ? Sois raisonnable, Henri.

Mais ils n 'accepteront jamais.

Tant pis, on partira sur le premier bateau.

Mais il ne s 'agit pas seulement de nos parents.

Alors quoi ? Maurice, tu savais.

J 'en ai rêvé mille fois de ce moment du jour où tu ferais ta demande.

J 'avais imaginé chaque bétail.

Mais je te vois désormais comme un ami cher.

Seulement comme un ami cher, tu comprends.

Maman !

N

'y pense plus.

C 'était toi ou lui.

T 'avais pas le choix.

Maman ? Ce que tu m 'as dit dans la maison,

sur Belgique et toi ? Je veux plus en parler.

Pourquoi ? Je t 'ai déjà tout dit.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Je veux juste comprendre.

S 'il vous plaît, mon enfant, arrête ! Arrête !

Maman, j 'ai besoin de savoir.

C 'est mon histoire aussi.

J 'avais 16 ans.

J 'étais leur domestique dans la maison en ville.

Madame Bellevue était enceinte.

Pas d 'Henri.

Du premier bébé.

Celui qu 'elle a perdu.

Ils se sont disputés.

Je ne sais plus pourquoi.

Et elle est partie.

Moi, j 'étais en train de passer la brosse coco.

J 'avais presque fini le parquet.

Et lui, il avait bu.

Il est arrivé derrière moi et il a soulevé ma robe.

Il n 'avait jamais fait ça avant.

Je ne savais pas quoi faire.

Je n 'ai pas bougé.

Je n 'ai rien dit.

puer la raque et respirer fort sur moi.

Comme un chien.

Je l 'aimais bien, Achille.

Il avait le sang chaud, mais c 'était un bon garçon.

Il voulait juste aider sa mère et sa sœur.

Je suis désolée pour ton ami.

Tu comprends mieux pourquoi Henri était comme ça ?

Il est venu me voir aujourd 'hui.

Il m 'a demandé un mariage.

Officiellement.

Et mon père aussi s 'est mis en tête de me marier.

À quelqu 'un d 'autre.

Tu peux dire non à Henri, mais pas à ton père.

Imagine, imagine si je meurs demain.

Tu es comme Achille, sans raison.

Je ne veux même pas y penser.

C 'est lui qui me lie.

Je suis un nègre.

Ma vie ne vaut rien.

Pourquoi tu dis des choses horribles comme ça ? Parce que c 'est la vérité.

C 'est la vérité.

Moi aussi, je t 'aime.

Moi aussi, je veux être avec toi.

Mais nous deux, c 'est impossible.

C 'est trop difficile ici.

Partons là où c 'est possible.

Où ça ? Dans les hauts.

On pourrait partir marrons, toi et moi.

Rien à se guérir ? Non, tout est calme. Tout le monde a mangé.

Personne en colère ? L 'arme, tu peux me la

rendre maintenant.

Isaac.

J 'aurais dû être là ce dernier jour.

Y compris pour toi.

Mais quelque part, mon absence a eu du positif.

Tu t 'es révélé.

Tu as fait preuve d 'un immense courage.

J 'ai fait ce que j 'avais à faire.

Non, tu as fait bien plus que ce qu 'on attend d 'un commandeur.

Je suis fier de toi.

Je sais qu 'Henri t 'a promis l 'affranchissement, mais il n 'aurait pas

Pourquoi ? J 'ai trop besoin de mon commandeur, après ce qui s 'est passé,

pour rétablir la discipline.

Un jour, tu seras libre.

Je te donne ma parole.

Mais pas tout de suite.

Et tu mérites malgré tout une récompense.

Demande -moi n 'importe quoi d 'autre.

Ce que tu veux.

Ce que je veux ? Oui.

Si c 'est en mon pouvoir, je t 'accorde.

Si c 'est pas possible pour moi, alors pour elle.

Quoi ? Je veux la liberté pour ma mère.

Ça vous pouvait, non ?

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