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Belle vue, c 'est lui.
C 'est une belle vie, mon père.
Isaac sera votre commandeur. Fouettez, c 'est ton rôle désormais, que ça te
plaise ou non.
Je reçois un message de la part d 'Anne -Léa Danone. Elle t 'attendra à la
grotte, au bord de la mer.
Dis -lui qu 'on aurait tout, mais qu 'on se verra plus.
J 'en ai assez d 'être une épouse parfaite. Vous méritez mieux, Constance.
Ce matin, j 'avais gardé une broche, une seule, et elle a disparu.
Israël.
Non !
Vous n 'avez qu 'à boire votre sueur.
Allez, au travail ! Vous faites
ça bien, maintenant, hein ? Sans barguiner.
Zach ! Zach ! Quoi ?
Vous êtes au courant ? Il y a eu une explosion près de la ravine.
Je sais.
Il y a même eu un éboulement de rocher.
C 'est vous ? Vous avez fait condamner le chemin ?
Pourquoi vous avez fait ça ? Ce chemin est sur ma propriété.
Mais la ravine, c 'est le seul pandeau pour les belles vues. On va pas.
Tant pis.
Bois -en du vin.
Et l 'or noir et le boron quoi ? Mais je me fiche de l 'or nègre !
Mes terres ! Ma loi !
C 'est
juste que c 'est... C 'est entre eux et moi.
Reste en dehors de ça.
C 'est là qu 'il faut creuser.
Vous êtes sérieux avec votre puits, là ? La demande nous a coupé l 'accès à la
ravine, il faut bien qu 'on trouve de l 'eau, non ? Et votre père ? Il a déjà
creusé plusieurs fois ici.
Il a trouvé que de la roche, là, tout.
Il ne savait peut -être pas où creuser.
Les Lebons, pas loin d 'ici, ils ont un puits, non ? Et épuiser les Noirs pour
rien, c 'est pas une bonne idée.
C 'est pas pour rien.
Il fait chaud, tout le monde a soif.
Ça fera du travail en plus.
Pour une bonne raison.
C 'est creuser un puits, toi ? Je lui expliquerai, c 'est pas compliqué.
On en avait creusé un dans les vignes à Mérignac.
Merci, Henri.
Mais hors de question que Denmont s 'en tire un si bon compte.
Oui, je sais que le commandant est un homme occupé, mais je vous dis que M.
Denmont a saboté mon seul accès à l 'eau potable en pleine sécheresse.
Je veux juste lui parler. Il n 'a même pas cinq minutes à me consacrer.
Et ma famille et mes noirs, je fais quoi pendant ce temps ? Je laisse mourir vos
soites ? Écoutez, je ne pense pas qu 'il... Quoi ? Vous êtes son secrétaire.
Organisez un rendez -vous.
Monsieur Desbroulis vient tout juste de prendre ses fonctions et je doute qu 'il
puisse vous aider.
Le commandant va nommer un commissaire.
Civil pour chaque commune de l 'île.
Un commissaire civil ? Un responsable des affaires locales.
Et devinez qui a exigé et obtenu d 'être nommé à Saint -Benoît ?
Tenement était déjà intouchable.
Son pouvoir de nuisance a encore augmenté.
Ce que je ne comprends pas, c 'est ce coup de folie de sa part.
Pourquoi nous faire ça maintenant ? Nos noirs l 'ont toujours emprunté, ce
chemin.
Qu 'est -ce que ça peut lui faire ? Il me perd à ce point.
C 'est juste un homme plein d 'amertume.
Et si on essayait de penser à autre chose ? On devait donner une réception
le retour d 'Henri.
Ça va être difficile, l 'état de nos finances.
Non, il faut qu 'on fasse attention.
Henri a beaucoup pris sur lui, dernièrement. Ça lui ferait du bien.
Ça nous ferait du bien.
Je vous dis qu 'une réception, c 'est pas raisonnable.
Quelque chose de simple, alors.
Un déjeuner avec les voisins.
Ce sera aussi l 'occasion de lui trouver une fiancée.
Ça peut pas faire de mal.
Je ne sais pas, je ne sais plus.
Si, vous avez raison.
On va l 'organiser ce déjeuner.
Mais tant pis si c 'est pas raisonnable.
Allez ! Allez, plus vite ! Plus vite, j 'ai dit
!
Qu
'est
-ce
que vous faites ? C 'est quoi ça ? C 'est quoi ça ? Qui vous a dit d
'arrêter ?
Hagan, Obe, Hagan !
Merci à tous d 'être venus malgré cette chaleur.
Nous célébrons aujourd 'hui le retour de notre fils Henri, rentré il y a peu de
ses études à Bordeaux.
Pour parachever son retour et devenir un homme, il ne lui reste plus qu 'à
fonder un foyer.
Nous nous reverrons sans doute bientôt pour ses fiançailles.
Je profite de l 'occasion pour aborder un autre sujet, un sujet grave qui nous
concerne tous.
Le repas qui nous est servi aujourd 'hui est bien trop modeste, malheureusement.
Je le regrette.
Pourquoi ? À cause de M.
Denmont, qui nous pousse à la ruine et qui, je le sais, vous fait subir à tous
les mêmes pressions. De par ses méthodes de brut, il cherche à racheter nos
terres à bas prix.
Alors qu 'il est déjà le plus grand propriétaire de l 'île, il compte sur le
fait que nous aurons trop honte pour demander de l 'aide.
Pour couronner le tout, il sera bientôt nommé commissaire civil de Saint
-Benoît. Plus rien ne pourra l 'empêcher de nous écraser, sauf si quelqu 'un se
dresse sur sa route.
C 'est pourquoi j 'ai décidé, avec votre soutien, de briguer moi aussi
ce poste de commissaire civil.
Non mais ça va pas. On n 'est pas venu ici pour comploter contre M. Denmont.
Allez, viens.
Quelqu 'un d 'autre veut partir.
Bon appétit.
Au vide ! Au vide ! Au vide ! Je puis...
On a arrêté de creuser parce que... Tu comprends ? Ils sont là.
Doucement, doucement.
Doucement. Qu 'est -ce qui se passe ? C 'était eux, les morts.
Quelles morts ? Le trou. Le trou pour le puits. Il y a des ossements dans le
fond. C 'est une tombe.
On a dérangé les morts.
Ça va. Je vais mourir. Mais non, dis pas ça.
Je fais tout le temps le même rêve.
Je m 'enfonce dans la terre. Je n 'arrive plus à bouger et puis il y a une
qui me retient. Celle d 'un mort.
C 'est la première fois que tu vois les morts ? Non.
C 'est la première fois que ça me fait peur.
Calme -toi.
Je vais t 'aider.
Respire.
Et comment vous allez vous y prendre pour cette nomination ? C 'est le
commandant qui décide.
Si chacun d 'entre vous prenait la plume pour lui écrire et soutenir ma
candidature... Charles.
Pardon pour ce retard.
Je vous présente mon ami Nicolas -Ernaud Desbrulies, second du capitaine général
de camp.
nouveau commandant en chef de l 'île Bourbon.
J 'espère ne pas déranger.
Mes hommages, Madame Bellevue.
Au contraire, messieurs, vous êtes les bienvenus.
Que diriez -vous d 'un jeu ? Charmante idée.
Henri et Glantine, vous vous en occupez ? Je vous en prie, bienvenue.
On va vous servir à boire.
Belle diversion.
Il faut bien que je serve à quelque chose dans votre ambitieux projet.
J 'aurais dû vous en parler avant, je sais.
Qu 'importe, maintenant c 'est fait.
Il fallait qu 'il vienne, évidemment, alors que personne ne l 'avait invité.
Il veut nous rappeler qu 'il est l 'ami des puissants.
Ça va être compliqué de parler aux invités dans sa présence, surtout devant
commandant.
Voyez ça comme une opportunité.
C 'est l 'occasion d 'échanger directement avec M. De Bruyli, de
qui peut vous nommer commissaire civil.
Et demain ? Je m 'en occupe.
Contente.
Merci.
C 'est donc là que se cache le meilleur parti de Bourbon.
Il se cache mal alors.
Tu boudes ? Alors que tout le monde est là pour toi.
Ça j 'en suis pas si sûr.
Pourquoi tu dis ça ? Pour rien.
C 'est laquelle que tu trouves la plus jolie ? Pour qui ?
Je réformule. Laquelle des deux te déplaît le moins ? Aucune, je te dis.
En rébelle vu, ce que vous dites là est mathématiquement impossible.
Tu te rappelles quand ta mère nous donnait la leçon en algèbre ? Ce que
dites là est mathématiquement impossible.
Je me rappelle.
Une préceptrice qui prenait son rôle très à cœur.
Je suis content que tu sois là.
Je suis content que tu sois resté à Bourbon, finalement.
C 'est pas vraiment une choix.
Eh ben, tant pis pour toi.
Et tant mieux pour moi.
J 'ai bien besoin de mon amie en ce moment.
Bon, je retourne.
Tu m 'accompagnes dans cette épreuve ?
Il
fait tellement chaud.
J 'ai bu trop de vin.
Ah, vous êtes là. Je vous cherchais.
Ça va, Rose ?
Vous ne trouvez pas qu 'il est particulièrement beau, celui -là ?
noir, je veux dire.
J 'ai entendu dire que leur membre viril est énorme.
En quoi ça nous regarde ? Imaginez un peu la taille de ton ustensile.
Au moins deux pieds de long. Eglantine, arrête.
Toi, là ! Approche !
Tu veux gagner une pièce ? Tu vas voir, c 'est très simple.
Tu ne vas pas lui dire de se dévêtir ? Et il va obéir.
Avec quoi on pourrait mesurer ? Vous n 'êtes pas sérieuse, là ? Bien sûr.
Amélia, tu ne veux pas savoir, toi, franchement ?
Si, si.
Voilà, merci.
Allez, vas -y, baisse ton pantalon.
Allez.
Les habilles, toi.
On va mesurer à l 'œil.
Allez, dépêche -toi.
On ne va pas y passer la journée.
Bon, ça suffit maintenant.
C 'est bon, file.
Tu es lié au monde des ancêtres.
C 'est pour ça les rêves, les visions.
Ce lien, tu peux le couper ? Non.
Ça fait partie de toi.
Les ancêtres ne veulent pas de mal.
Ils ont un message.
C 'est tout.
J 'en veux pas de leur message.
Tu dois les écouter.
Sinon les cauchemars, ça sera encore pire.
Comment je fais pour écouter ? Bois ça.
Tu as déjà fait tout ça ? Fais -moi confiance.
Tu ne veux pas savoir ?
Maintenant, ferme les yeux.
Écoute ma voix.
Et allonge -toi.
On va plus se contenter de constater les dégâts après chaque ouragan. Il faut qu
'on apprenne à anticiper ces catastrophes.
Mais comment ?
Vous connaissez les sociétés de secours mutuelles ? Je connais le principe, oui.
On pourrait s 'en inspirer et créer un fonds commun accessible à tous en cas de
catastrophe.
De quelle manière le financerons -nous ? Avec des cotisations.
Les bonnes années chacun paient, les mauvaises années ceux qui en ont besoin
peuvent puiser dans le fonds.
Ce n 'est pas la pire idée qui soit, en effet.
Mais il faudrait le gérer, ce fonds.
Et pour l 'administration, ça ferait une charge supplémentaire ? Créer un fonds
par commune et nommer des commissaires civils capables de les gérer.
Vous -même, vous avez des ambitions politiques ? Si vous me
demandez si je peux être utile, je serais ravi de servir la collectivité,
C 'est noté.
L 'idée du fond est intéressante.
Je vais y réfléchir.
Ah !
Vous
avez vu Amélia ? Elle a encore disparu, je ne sais où.
Elle doit être avec les jeunes.
Qu 'est -ce qui vous prend ? Vous avez l 'air de bien bonne humeur.
Ah oui ? On dirait que vous préparez un mauvais coup.
Je suis ravi d 'accueillir mes voisins, c 'est tout.
Ainsi que ceux qui n 'ont pas été invités.
Ah, c 'est vrai.
Oh, c 'est modeste, mais fort sympathique.
C 'est votre épouse qui a tout organisé ? Évidemment.
Quelle femme exceptionnelle, vraiment.
Et toujours élégante.
Même dans le choix de ses bijoux.
Comme celui -ci, par exemple.
Je vous le rends.
Où avez -vous trouvé ça ? Oh non, elle l 'aura égarée quelque part.
Mais que se passe -t -il, Charles ? Vous avez perdu votre sourire.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Je voulais m 'excuser pour tout à l 'heure.
T 'excuser de quoi ? D 'être une blanche comme les autres ?
Je disais qu 'elle voulait entendre. Tu vois
qu
'ils t 'ont retiré tes chaînes ? Ça va mieux ton pied ?
Le noir en était abîmé.
Une blanche ne peut pas être amie avec un noir.
Moi, j 'ai toujours traité avec respect.
Tu n 'arrives même pas à me regarder dans les yeux.
Dis -moi, j 'ai fait mal. Arrête.
J 'ai besoin de comprendre.
Il n 'y a rien à comprendre.
Je pourrais pas sortir cette nuit, mais je pourrais être à la grotte en fin de
journée.
Et toi ? Non, c 'est fini tout ça.
Il faut que tu me parles et que tu m 'expliques.
Moi, j 'y serai quoi qu 'il arrive.
Isaac,
Isaac, arrête de résister.
Calme -toi.
Respire.
Ni razana, ni razana.
A la vie.
Qu 'est -ce que vous avez vu ?
Les ancêtres.
J 'ai compris ce qu 'ils veulent me dire.
On creuse au bon endroit, il faut continuer.
Les ossements, c 'était un signe, en fait.
Je vais te romper de l 'eau.
Je vais tous nous sauver.
Allez, on continue, on y est prêts.
Tourland m 'a dit de vous apporter ça.
De l 'eau.
On fait une pause ?
Non, on continue.
Laisse -les boire au moins. Venez.
Non.
T 'es devenu fou.
C 'est pas le moment de ralentir.
Je vais prévenir M. Roland.
Préviens personne.
Qu 'est -ce qui te prend ? Je sais ce que je fais.
Je vais trouver de l 'eau et vous allez tous me dire merci.
Tu crois qu 'on va t 'aimer plus si tu trouves de l 'eau ? J 'ai pas besoin qu
'on m 'aime.
Oui, ça ouvre, c 'est mon casque !
Ça va ? Tout va bien ?
Oui.
Il fait chaud, c 'est tout.
C 'est pas la peine de mentir, Amelia.
J 'ai compris.
J 'ai vu.
Tu as vu quoi ? C 'est ton père qui t 'a fait ça.
C 'est rien, j 'ai l 'habitude.
Tu m 'as dit qu 'il était dur.
Tu me rendais pas compte à quel point.
Il est comme il est, qu 'est -ce qu 'on peut y faire ? On pourrait se marier.
T 'échapperais aux griffes de ton père, et moi j 'épouserais ma meilleure amie
au lieu d 'une inconnue.
Oui. On pourrait se marier.
Et notre mariage, il y aurait un gâteau.
Il y aurait un gâteau à l 'ananas.
Et on aurait deux enfants. Ah non, trois enfants.
Marie, Joseph et le plus insolent que j 'ai eu.
Encore pas quatre ? Et le petit dernier s 'appellerait Judas ? Un prénom facile
à porter.
Il nous faudrait deux chiens aussi. On les appellerait comment ? Euh...
Pompes épilables.
Merde.
Heureusement que t 'es là pour me faire rire.
M.
Bellevue, je dois vous laisser.
Merci encore pour votre hospitalité. Je vous en prie.
Votre idée de fond commun pour les ouragans, ça mérite réflexion.
En revanche, je dois être franc.
C 'est M.
Denmont qui sera nommé commissaire suivi de la femme de moi, pas vous. Et
pourquoi ? Il m 'aide sur une autre affaire, je ne peux pas lui dire non.
Le poste est surtout symbolique, vous savez.
Écoutez, je sais qu 'il y a un litige entre vous.
Il nous a coupé l 'accès à la ravine, notre seul point d 'eau, sans aucune
raison. Mon secrétaire m 'en a parlé, oui.
À cause de lui, j 'ai des Noirs qui s 'épuisent à creuser un puits sans
de trouver de l 'eau.
Le chemin sera déblayé demain.
J 'ai fait le nécessaire.
Vos noirs peuvent arrêter de creuser.
Merci.
On ne peut plus creuser.
T 'entends ? C 'est de la rose.
Arrête de t 'érouler à moi. T 'as un caillou creusé autour.
On ne peut pas. C 'est la roche partout.
Sortez de là.
Allez, sortez de là.
Ils nous viennent poufouiller.
Ils nous viennent poufouiller.
On va voir.
On n 'est pas capable de creuser un caillou.
Regardez -moi.
Tu n 'as pas besoin d 'un caillou ? Viens, viens voir !
Agile
!
Agile !
Je tiens à tous vous remercier pour votre présence et pour le plaisir de
compagnie. Mais surtout, surtout, je tiens à remercier celles sans qui je
ne serais rien.
Vous êtes la femme de ma vie, ma fierté, ma joie de vivre
au quotidien.
J 'espère qu 'un jour, mon fils trouvera lui aussi son âme sœur.
Comment va -t -on, mon petit oiseau ?
C
'est pour le moins inattendu.
Il est plein de surprises.
Pas encore de fiancé pour Henri, mais le déjeuner est une réussite, je trouve.
Et vous, votre discussion avec le commandant ? Moi, en tout cas, j 'ai
avec M. Bénard.
On va louer quelques noirs contre des pommes de terre.
Une bonne nouvelle, non ? Vous ne vous réjouissez pas ? Je sais.
Vous m 'avez manqué, Charles.
Vous m 'en avez voulu, n 'est -ce pas, de ne pas les avoir vendus ?
Oui, beaucoup.
Mais je suis parvenue à passer outre.
A vous vendre.
Vous l 'avez trouvé où ?
Maritaine, non.
Quoi ? Je... C 'est complètement absurde.
La poudre ? Pourquoi tu
veux de la poudre ? Pour faire exploser la roche et continuer à creuser.
Complètement malade ? Non, sur le chemin de la ravine pour faire tomber les
rochers, ça a marché.
Tu crois que c 'est un arsenal militaire ici ?
Qu 'on a des barils de poudre à gâte -puyé ? Est -ce que tu crois qu 'on
confierait de la poudre à un nègre ? Alors on arrête les frais.
Tu rentres les outils et tu oublies ton puits.
Et nous alors, comment on fait sans eau ? Y 'a pas d 'eau là -dessous.
Y 'a que de la roche.
Allez, hors de ma vue.
À quoi je dois fouiller alors ? On n 'a pas compris mon noir.
Dégage.
Pourquoi j 'ai fait tout ça ? Ça s 'est fait à quoi ? Dégage !
Je devrais pas être ici.
Surtout en plein jour.
Et pourtant tu es là.
Tu veux savoir pourquoi ? Pourquoi j 'ai arrêté ? Oui, s 'il te plaît.
Parce que ça fait mal.
J 'ai grave envie de te toucher.
Je veux... T 'es marrant.
T 'as beau.
Mais je peux pas.
J 'ai pas le droit.
Tu me fais trop mal.
comme un coup de couteau en plein temps.
Henri Bellevue a parlé de m 'épouser aujourd 'hui.
On en a ri après.
Mais je crois qu 'il était sérieux.
Je connais Henri depuis toujours.
C 'est un homme bien.
Intelligent.
Respectueux. Attentionné.
Épouse -le alors.
Je devrais, oui.
J 'étais très amoureuse de lui quand j 'avais 15 ans.
Pourquoi il te fait du mal comme ça ? Fais -moi du bien.
Les invités sont partis.
Ils ont demandé après vous.
Vous leur avez dit quoi ? Que vous étiez indisposés, que...
Vous aviez trop bu.
Quelle aisance avec le mensonge.
Ce n 'est pas ce que vous croyez. Mais je ne crois rien.
Je sais.
Je vais vous poser une question, une seule.
Alors réfléchissez bien avant de me répondre.
De tous les hommes avec qui vous auriez pu.
Pourquoi tellement ? Parce qu 'il était là.
Parce que je savais qu 'il me désirait.
Parce que c 'était pratique.
Qu 'est -ce que vous faites ? Charles ! Je vais le tuer, ce chien ! Vous ne
pouvez pas faire ça, vous ne pouvez pas ! Pourquoi vous l 'aimez ? Mais pas du
tout, ça aurait pu être n 'importe qui d 'autre, je viens de vous le dire.
Vous avez été odieux.
Je me suis vengée, je le regrette maintenant et j 'y ai mis fin. C 'est
qu 'il a provoqué cet éboulement.
Si vous faites ça, c 'est la prison qui vous attend ou la potence.
Charles, je n 'ai jamais tenté de vous aimer.
J 'ai besoin de vous.
Nos enfants ont besoin de vous.
Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ? C 'est la solution des lâches.
Et parle -moi.
Dis -moi quelque chose.
Avant, tu étais plus simple.
J 'étais un noir comme les autres.
Mais maintenant, je suis commandeur à cause de vous.
On a tous des devoirs et des responsabilités.
Pourquoi moi ? Parce que tu en es capable.
Parce que quelqu 'un doit le faire.
Ça sert à quoi ? Ça, ça sert à quoi ? Le but, ça sert à quoi ? Les rêves, ça
sert à quoi ?
Les esprits ! Je comprends plus ! On est plein la tête, on est morts ! Exact !
C 'est difficile, je sais.
Mais un jour, tout ça en vautra la peine, je te le promets.
La vie est une punition, c 'est vrai.
Mais quand Dieu nous met à l 'épreuve, on n 'abandonne pas, on endure, on
se...
Tiens bon Isaac, un jour tu te porteras à mon nom.
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