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Original subtitles

Vous savez quoi ?

Toutes les histoires sur Belfast commencent comme ça.

Mais pas celle-ci, et jouez pas aux cons.

C'est pas le début.

Ça, c'est le dĂ©but.

Avec mon meilleur pote Naoise, quand il était un bébé.

Et avec sa mĂšre Dolores, dans MĂšre Nature.

C'était pas du tout l'idée de sa mÚre.

Mais son pĂšre, ArlĂł,

voulait que son premier né

soit baptisé ici sur ce Mass Rock secret.

En hommage aux catholiques irlandais qui,

quelques générations avant,

avaient fait un doigt aux Anglais

en continuant leurs rites ici en douce

et en parlant leur langue.

Sauf que les keufs ont cru

avoir découvert un camp d'entraßnement de l'IRA.

Alors, le jour oĂč bĂ©bĂ© Naoise

devait recevoir la lumiĂšre du Christ,

il s'est pris à la place les rayons d'un hélico.

Cassez-vous !

Le gosse partait mal dans la vie, non ?

Naoise et moi, on a découvert la drogue

dans l'école irlandaise criminelle la plus connue.

ArrĂȘte-toi !

Le dimanche suivant, le nombre de fidĂšles doublait.

VoilĂ  l'effet de la drogue. Elle rapproche de Dieu.

Pour Naoise et moi, c'était une putain de vocation,

et son Mass Rock a prouvé

que rien peut nous séparer, nous cathos, de notre religion.

Trace ! Vas-y !

Quelle que soit la communautĂ© d'oĂč tu venais,

on trouvait un terrain d'entente.

Et on adorait caillasser les flics.

Quant Ă  Naoise, il a appris que les transports en commun

s'accordent mal à la kétamine.

Et moi ? Ce soir, j'ai appris ce que ça fait

de se faire mordre par un chien défoncé à la MD.

C'est un délire.

Bon, alors...

Répétez aprÚs moi.

L'homme est allé au marché avec sa truie.

La fille a coupé le gazon sous la pluie.

Comment on coupe le gazon ?

À coup de malheur et de dĂ©sespoir, je dirais.

Marrant de te voir ici.

Je remplace.

Tout va bien ?

Il faudrait de nouveaux manuels d'irlandais.

Ils sont nouveaux.

Je doute que déblayer la merde

leur donne envie d'apprendre l'irlandais.

Monte le son.

Le gouvernement nord-irlandais

s'est effondré cette derniÚre heure, faute

de s'entendre sur l'Irish Language Act

qui donnerait Ă  la langue minoritaire

un statut égal à l'anglais.

Beaucoup de Républicains voient la langue

comme l'expression de leur identité politique.

Pour eux, c'est un droit fondamental.

L'irlandais constitue tout ce que je suis.

Si c'était ma couleur de peau, vous m'identifierez

comme différent, et le parti unioniste

me refuserait l'égalité des droits.

Ce serait plus évident...

Mes amis, quel moment historique...

On va donner un coup d'accélérateur à notre campagne

et on compte sur votre soutien dans les mois qui viennent.

On demande juste le mĂȘme droit Ă  notre langue que les Écossais

et les Gallois.

Un pays sans langue n'est qu'une demi-nation.

AllĂŽ ?

Oui, c'est moi.

Maintenant ?

C'était la police.

Les flics ?

Ils veulent quoi ?

Un interprĂšte.

Je peux pas. J'ai bu.

On parle de traduire, pas de conduire.

Et j'y vais comment ?

Alors, pourquoi tu...

Non.

Non.

Un irlandophone a besoin d'aide.

Que dalle. S'il parle irlandais, il parle anglais.

C'est pas la Grande Famine.

Rigole pas avec ça.

Trop tĂŽt ?

AprÚs la journée d'aujourd'hui,

ça doit ĂȘtre quelqu'un qui se dresse par principe

pour son droit Ă  sa langue.

On doit...

On doit le soutenir.

T'es qu'un voyou.

V-O-Y-O-U.

De la racaille.

De la putain de vermine.

J'ai l'air d'avoir envie de me taper des sous-titres ?

Si tu savais lire,

tu serais pas un condé de merde, si ?

Pourquoi tu parles pas l'anglais de la reine,

sale ordure de Fenian ?

Une question acceptable, mĂȘme si posĂ©e grossiĂšrement.

Pour répondre à ce con sectaire en irlandais,

je dirais un truc du genre...

Traduction :

"Que la pierre la plus au fond de la mer t'enfonce la tĂȘte."

Ou la version rapide :

VA CHIER.

Encore.

- Entendre. - Écouter.

- Faire. - Avoir.

- Voir. - Manger.

Donner.

Encore.

ArrĂȘte. Ils vont attraper froid.

J'en fais des irlandophones.

Des futurs taulards, oui.

Je suis fier d'avoir appris mes verbes irréguliers

sur un mur couvert de merde.

- Oui, la tienne. - Oui.

Tu sais ce qu'elle sentait ?

La liberté.

Pas quand je vais aux WC aprĂšs toi.

Prochain cours, creuser un tunnel ?

Yoga, en fait, maman.

Ils ont des devoirs.

Oui. Le programme du colon.

- ArrĂȘte un peu. - Plains ta mĂšre, Naoise.

Née avec l'irlandais en bouche.

Elle renie sa propre langue.

Y a qu'un seul truc que je renie.

ArrĂȘte de baver.

Tiens, en voilĂ , de la bave.

L'excuse pour baiser.

Rentre, ta mÚre va croire qu'on t'a enlevé.

Petite opération pour vous.

Ce soir, je veux que vous regardiez

un western américain à la télé.

Mais attention.

Regardez-le du point de vue des Indiens.

D'accord ?

Et souvenez-vous...

Chaque mot prononcé d'irlandais...

Est une balle tirée pour la liberté irlandaise.

Papa.

Puis le pÚre de Naoise nous a quittés. Pour de bon.

Depuis sa sortie de taule, ArlĂł se consacrait Ă  faire sauter

tout ce qui était anglais.

Il a fait sauter ça. Et ça.

Et... Bon, là, petit loupé.

Bref, au bout de trois ans de cavale,

ArlĂł a trouvĂ© la mort en tombant d'un bateau de pĂȘche.

Ou, à en croire les condés, rien du tout.

Aucun corps n'ayant Ă©tĂ© repĂȘchĂ©, impossible de prouver le dĂ©cĂšs.

Et sans plus aucun signe de vie,

impossible de prouver le contraire.

L'ArlĂł mort a eu son enterrement

et l'Arló vivant est resté en cavale.

Encore aujourd'hui, le simple fait de l'avoir croisé

faisait blablater des mecs pendant des heures.

ArlĂł avait raison sur un point.

Les cowboys ? Des enfoirés de premiÚre.

Bouge.

Voici M. Ó Dochartaigh.

Un interprĂšte d'irlandais.

- Du tout. - Vous parlez irlandais ?

- Oui. - Ça fera l'affaire.

Dis-lui.

Je parle pas aux mecs

qui bossent pour ces sales condés.

C'est pas mon cas.

T'es de leur cÎté de la table.

- LĂ  oĂč Ă©tait la chaise. - Ouais.

Pourquoi, Ă  ton avis ?

Il dit quoi ?

Il discute des meubles.

On fait quoi, lĂ  ?

Refus d'obtempérer.

Trouble Ă  l'ordre public.

Et Ă  moins qu'il puisse prouver

qu'il ne parle pas la langue de son pays,

on peut ajouter entrave Ă  l'exercice

de la justice.

Je dois traduire ça ?

Je pense qu'il a trĂšs bien compris.

Pourquoi tu fais tout ce cirque ?

Je peux pas les blairer.

Rien Ă  voir avec l'actu ?

Quoi ? Quelle actu ?

J'ai envie de me tirer d'ici autant que toi.

Ça m'Ă©tonnerait.

- Alors ? - Quoi ?

Comment tu te sens ?

Ça va.

- T'as pris... - Faut une nouvelle ordonnance.

Et tu l'as pas ?

C'est Ă  deux minutes.

Tu iras me la chercher demain.

Faut que tu sortes.

Juste cette fois.

Faut que tu sortes. Dehors.

Me fais pas la leçon chez moi.

Tu sors jamais de chez toi.

Justement !

Je te prépare un truc ?

Oui, rĂŽti d'agneau avec toutes les garnitures.

T'es ouf.

Ça dit quoi ?

"Je me suis levé ce matin. Enfin, en fin de journée.

"Avant de quitter mon lit, un splif et une tasse de thé.

"J'ai une grosse nuit devant moi Ă  cause d'hier.

"J'ai dépensé mes allocs en MD."

Dis-lui que ça sonne mieux en irlandais.

- Poésie ? - Gribouillages.

Et arrĂȘte de tourner...

Cherchez toute référence à un Arló

Ó Cairealláin.

C'est le moment de décider de quel cÎté tu es.

Il dit quoi ?

Elle veut que tu prouves un négatif.

Hein ?

Que tu prouves que tu parles pas anglais,

la charge de la preuve t'incombe Ă  toi, pas Ă  elle.

C'est ce que j'ai dit.

Oui.

Il n'a pas Ă  prouver que l'irlandais est sa langue,

l'absence de preuve n'est pas la preuve d'une absence.

Principe de base de la justice moderne.

- Il a dit ça ? - Oui.

Il dit qu'en outre,

nonobstant le susdit,

pas besoin de prouver qu'il parle pas anglais,

car il revendique son droit Ă  parler irlandais.

Et tu as quoi pour...

refus d'obtempérer ?

Assieds-toi.

Alors...

Tu y vas demain ?

OĂč ça ?

Oui.

Tu lui passes le bonjour ?

Que dalle.

OK.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Va te coucher.

Je me réserve pour le grand sommeil.

Réveillé ce matin Enfin, en fin de journée

Avant de me lever Un splif, un thé

Grosse nuit devant moi AprĂšs hier

J'ai claqué mes allocs Dans la MDMA

Je passe un coup de fil À Móglaí Bap

T'as chopé la chaude-pisse ?

On sort ce soir

Dix kilos de coke Pour MĂłglaĂ­ Bap

J'enfile mon calbar

Ça pue, bas les couilles Tant qu'il est sec

Je mets ma... Dans tout ce qui mouille

M'en tape que son pĂšre Soit un Provey

Je sors ce soir Je suis chaud

Mici DainĂ­n en chemin

24 Carlsberg, gin-to

Comme ça je pars

Gros sac de beuh Pour finir la soirée

Pour la descente

On mĂąche du chewing-gum

Pour mettre la gomme

Douche et WC

De la musique en fond Faut s'astiquer

Burnes rasées Je suis d'attaque

J'ai une MST J'ai pas fait les tests

Le doigt dans ton sac Le chant sur tes lĂšvres

S'il reste que dalle

Mo Chara me rentre dedans

Je pique 20 balles

OĂč est le mal ?

Comment on appelle un Provo devenu prof de yoga ?

Bobby Sandales.

Tu te pointes dans une caisse volée ?

Ici ?

Elle est pas...

Tu l'as achetée ?

Tu veux que l'opération foire ?

Quelle opération ?

Chaque jour oĂč je suis pas capturĂ©

est une victoire psychologique sur les occupants.

C'est ça, l'opération.

Parle irlandais.

C'est quoi, ça ?

De la drogue ?

Un pĂšt.

Parle irlandais.

J'ai des yeux ! Et des oreilles.

Tu me l'as appris.

Je sais oĂč tu vas finir.

Parle-le, merde !

Face contre terre dans une ruelle.

Tu parles pas irlandais.

Tu connais les mots,

mais tu comprends pas la langue.

C'est la lumiÚre qui nous guide vers la liberté.

Ceux qui la voient la défendent.

Tu défends que dalle.

Maman va mal.

Elle a demandé aprÚs toi.

C'est pas vrai.

Non. C'est pas vrai.

Fais un truc pour moi.

Quoi ?

Organise une commémoration.

Pour qui ?

Pour moi.

Le mois prochain, ça fera dix ans que... Tu sais.

Les condés me foutront pas la paix.

Rappelons à la communauté que je suis mort.

Ce sera plus dur pour ces connards

de faire comme si j'étais vivant.

Je pensais que vous feriez un truc...

T'as raison, je rĂȘve de commĂ©morer la semaine

oĂč j'ai cru que mon pĂšre Ă©tait mort.

T'attendais quoi de moi ?

La liste est longue, putain.

Bon anniversaire.

Si tu te fais arrĂȘter et qu'ils trouvent ça...

Sers-toi de ta tĂȘte.

Bienvenue en IRLANDE

On nous a appelés les Bébés du Cessez-le-feu,

comme si on se distinguait

de la merde qui avait précédé.

TU TE GARES LÀ TA CAISSE CRAME

Pas faux.

Centre de santé

On arrivait peut-ĂȘtre aprĂšs coup.

Mais on était tout aussi barrés et niqués.

On avait juste moins de chances de s'évader en fumée.

Mais on trouvait des moyens de s'évader.

Le traumatisme génétique, ça vous parle ?

- Ouais. - Notre histoire.

Notre histoire.

- Est devenue. - Notre biologie.

Le traumatisme de nos ancĂȘtres...

- ...s'est ancré... - ...s'est ancré...

...dans notre code génétique.

État de Stress Post-Traumatique.

- Des répercussions... - ...psychologiques.

Psychologiques.

TDAH.

TOP.

- Les Troubles. - Les Troubles.

J'ai des foutus troubles.

Je prie pour que ces médocs

me soulagent un peu.

Je ferais pas mieux

de passer direct Ă  500 mg ?

Autre chose ?

J'ai un petit souci

en bas.

- Avec ma teub. - D'accord.

- C'est politique. - Votre souci ?

Ma teub.

Aucun souci pour attirer des meufs.

Quand je veux. Tout roule.

Une belle noix de beurre.

Mais mon gars se met pas au garde-Ă -vous.

Continuez.

ON SE RENDRA PAS

Sans une Protestante acharnée.

Et j'ai un petit syndrome

de la Tourette juste avant de...

Notre jour viendra !

Jusqu'à la semaine derniÚre, quand j'ai pécho Georgia.

Notre jour viendra !

Redis-le.

Notre jour viendra !

Encore !

Notre jour viendra !

T'avise pas de jouir.

Je veux te sucer comme on fait tout péter.

Vous avez pensĂ© Ă  aller voir un prĂȘtre ?

ON N'ASPIRE À RIEN D'AUTRE

QU'AU DROIT LE PLUS ÉLÉMENTAIRE

CELUI DE SE DÉFENDRE QUAND ON L'ATTAQUE.

- HĂ© ! - Les Rangers sont des merdes !

...une communauté qui vit sa vie

via l'irlandais, les cours, les clubs de jeunes,

les projets artistiques, le sport gaélique.

Pour eux, il y a un trĂšs fort...

Ouais !

Tu gĂšres, mec. Putain, l'hallu !

Tu fous quoi ici ?

Dans ma propre voiture ?

- Putain ! - Tiens.

Sa mĂšre.

C'était quoi, ce délire ?

Des conneries.

Un club de course rassembleur.

Bon, vos paroles...

Elles sont super.

J'ai jamais rien lu de tel en irlandais.

Bref, ça vous dirait de faire de la musique ?

Les gens écoutent pas trop de hip-hop irlandais,

encore moins du hip-hop en irlandais.

Comment tu sais, vu que ça existe pas ?

Les fans de hip-hop parlent pas irlandais.

Là, ça les motiverait.

Pourquoi ?

Parce que l'irlandais, c'est comme le dernier dodo.

Coincé derriÚre une vitre dans un zoo.

"On regarde, mais on touche pas."

Il faudrait que quelqu'un éclate cette vitre

et libĂšre le dodo pour qu'il vive.

C'est quoi, un dodo ?

Il dit qu'il a un studio.

- Euh... - Et des beats.

- Si on veut. - Il est prof de musique.

Je veux pas te faire louper ton rencard avec Dr Dre.

Je vous offre un plan gratos.

Si la moitié des paroles sont vraies,

vous en avez plus besoin que moi.

On vient faire de la musique ou de la mécanique ?

J'avoue...

C'est pas Abbey Road.

Abbey quoi ?

- LĂ , je kiffe. - Ouais.

Vas-y, laisse-moi faire.

- Laisse. - ArrĂȘte !

Furax On se fait chier

Zéro thune dans nos poches Pour sortir

Ras le bol D'ĂȘtre fauchĂ©s

Mais tout va changer...

Tu fais quoi ?

Du calme.

J'ajuste la correction.

Il me faudrait un truc pour modérer ça.

On a ce qu'il faut.

Mon pote Mo Chara C'est un gros taré

Le genre qui pÚte les plombs Au moindre raté

Alors fais pas le con Fais ce qu'il te dit...

Móglaí est chéper Je vais me présenter

Je suis Mo Chara Et ça va pas bien

PrĂȘt Ă  prendre cher ?

Tu dois te dire Bah

J'ai l'air correct et malin Je m'en veux pour rien ?

La culpa ? Sans façon

Je médite Je pratique la masturbation

Je me prends pas la tĂȘte Sur des cons en costard

Quand viendra la révolution Je pillerai comme un barbare

On claque C'est un bonheur

C'est l'éclate Quand y a pas à raquer

Quand je serai sapé En fringues de créateur

Vous, les cons

Vous aurez des raisons D'avoir peur

Un truc du genre ?

La culpa ? Sans façon

Je médite Je pratique la masturbation

Je me prends pas la tĂȘte Sur des cons en costard

Quand viendra la révolution Je pillerai comme un barbare

On claque C'est un bonheur

C'est l'éclate Quand y a pas à raquer

Quand je serai sapé En fringues de créateur

Vous, les cons, vous aurez Des raisons d'avoir peur

Des médailles pour les proprios

- Tiens, tiens... - Salut.

- Les gars. Vous faites quoi ? - Quoi ?

Écoutez.

C'est pas le moment.

Tu nous as donné rendez-vous pour bosser les morceaux.

Ah bon ?

Ouais, je crois bien.

C'est pas le moment, lĂ .

- Demain ? - Je sais pas.

- Ce week-end ? - Je peux pas.

J'installe des dalles en béton.

Des dalles en béton ?

Et le dodo irlandais à éclater ?

Non, la vitre à éclater pour libérer le dodo...

Bref. On s'appelle.

On s'appelle.

Il se fout de nous ?

- C'était qui ? - Qui ça ?

Les deux cocos Ă  qui t'as fait un check.

Eux ?

Des anciens élÚves.

- Tu viens à la réunion ? - La réunion ?

Tu te fous de moi ? La réunion.

Pour exiger le Language Act.

Je sais.

J'aimerais beaucoup...

Mais...

Quoi ? Une flaque de pisse à éponger ?

Oui, déjà.

Ils veulent que je mÚne la réunion.

Normal, tu es brillante.

Je sais pas si je me sens.

Écoute. On sait pas qui on est avant de le devenir.

T'es encore défoncé, là ?

Oui, un petit peu.

Me touche pas, sale catho.

T'as enfermé ma bite.

On passe à la méthode forte.

- Passe aux aveux. Allez ! - Jamais !

Déverse tes secrets en moi, sale Fenian !

Irlande du Nord.

- Nord de l'Irlande. - Du Nord.

- Nord de l'Irlande. - Irlande du Nord.

Le nord de l'Irlande !

Les Celtic sont des grosses merdes !

Pas touche aux Celtic.

AprĂšs, je passe au pape.

Bon. Je vais y aller.

Avant que ton pĂšre

des Black and Tans débarque.

Je vis avec ma tante.

T'attends quoi ? Vas-y.

J'y vais.

Ça marchera jamais.

Ça me va.

Peut-ĂȘtre.

Ou bien, t'as peur.

Peur de toi ?

Pas de moi.

De risquer de te faire larguer en montrant qui t'es vraiment.

Et pas qu'un pauvre catho.

N'importe quoi.

TrĂšs bien. Dis-moi un truc sur toi.

Que t'as jamais dit Ă  personne.

Je suis rappeur.

- Tu déconnes. - De hip-hop irlandais.

- C'est quoi, ça ? - Du hip-hop. En irlandais.

Pourquoi ?

- Pourquoi pas ? - T'as un concert ?

- BientÎt. - Fais écouter, vas-y.

La prochaine fois.

Tu crois qu'il y en aura une ?

HĂ©. Ton groupe de rap s'appelle comment ?

Kneecap ? "Rotule" ?

Belfast est connue pour quoi ?

Les attentats, George Best, les petits pains.

Les pétages de rotule.

Si on suit cette logique, autant s'appeler

les Titanic.

On s'appelle Kneecap,

j'ai déjà calé un concert.

Un concert ?

Le morceau est mĂȘme pas fini.

Je sais, c'est pas ma faute.

C'est lui.

Pourquoi deux gars creusent dans notre jardin ?

Vous faites quoi ?

Bonjour.

OĂč sont les dalles de bĂ©ton ?

On s'occupe du jardin, tu finis le morceau. Ça te va ?

- Non, je vais le faire. - Assieds-toi.

Je vais le faire. Laisse-moi faire.

C'est pas du dancehall.

- Quoi ? - Entre sur le refrain.

Non, que dalle. Je suis le chanteur principal.

D-R-O-I-T-S

Les flics J'en ai rien Ă  branler

Direct, hein ?

On y va Ă  un, deux, trois...

PrĂȘts ?

Le concert, en fait,

c'est mon oncle Peadar qui nous laisse son bar

contre de la fumette pour sa goutte.

JJ veut bien ĂȘtre DJ s'il installe ses platines

dans le placard, au cas oĂč des Ă©lĂšves le voient.

Sa parano s'est empirée

depuis qu'il s'est mis Ă  sniffer.

Fait chier

J'ai pas vu ces salauds arriver

Une caisse noire planquée

C'est mort Ils auront pas ma MD

On sort ce soir

Les unionistes Sont sur liste noire

Normal que je m'enjaille Je me prends un rail

Encore et encore Jusqu'au matin

Le fric du loyer Passe dans la K

T'écoutes pas Je suis pas en train de rigoler

Je veux faire la fĂȘte avec toi Grailler

Sniffer des rails de coke

Attendre l'aube Que tout parte en fumée

Si on se faisait choper Aujourd'hui

Je serais grave déprimé

Les keufs nous niquent l'esprit

Les taulards nous veulent Dans leur lit

D-R-O-I-T-S

Les flics J'en ai rien Ă  branler

C'est pour ça Qu'on porte une cagoule

On aboule Et ils nous voient pas

On a la meilleure came De West Belfast

Ça vient droit Du Connemara

On kiffe avec Tinky Winky Et Seamus Barra

On s'arrĂȘte pas De l'hiver Ă  l'automne

Je vends de la coke Ă  ta mamie

À ton pote, à toi

Ça me paie des vacances À Falcarragh

Tu as détruit des biens publics, mon petit.

Suis-moi au poste,

on va parler, pardi.

D-R-O-I-T-S

Les flics J'en ai rien Ă  branler

Le pétard allumé Je trace

Je reste pas ici Je me casse

ANGLETERRE DÉGAGE D'IRLANDE

Vous savez, Ă  West Belfast,

pire que se faire choper et inculper,

c'est se faire choper et pas inculper.

C'est Ă  vous ?

Game over.

Tiens, tiens.

Mais qui voilà ? Regardez-moi ça.

Bone Thugs-N-No-Harmony.

Tu t'es fait pincer ?

- Ils t'ont inculpé ? - Que dalle.

Ils m'ont juste dérouillé.

Ou bien t'as balancé les copains.

Je balancerais qui ?

Nous.

C'est qui, "nous", putain ?

"Nous", c'est nous.

Les Radical Republicans Against Drugs.

R.R.A.D.

Eh ouais.

Comment tu prononces ça ?

R-Rad, non ?

Ouais, voilĂ . R-Rad.

- La classe radicale. - Ouais.

Vous bégayez ou quoi ?

Ta gueule, la balance.

Vous avez fait quoi pour ĂȘtre balancĂ©s ?

Des tas de trucs, en vrai.

On est une unité active,

pas les Republican Volunteers Against Drugs.

Ou New Republicans Against Drugs.

- New Republicans Against Drugs. - Ou eux.

Eux, ils font que baver.

Croyez pas que je sais pas ce que vous trafiquez.

Dans les bois, Ă  vendre de la came,

comme des putains de blaireaux de toxicos.

Ton pĂšre se retournerait dans sa tombe.

Les flics et la presse disent qu'il est vivant.

- On dit qu'il est vivant. - Je m'en cogne !

C'est pas eux qui décident si un patriote est mort.

C'est nous qui décidons.

Paix Ă  son Ăąme.

Dis-moi qui te fournit.

Le plus gros fournisseur de drogue de West Belfast

s'appelait le Postier.

C'était pas un nom de code stylé.

C'était son taf.

52 piges, putain.

Pour certains, le web

est la plus grande invention du XXIe siĂšcle.

C'est des gens qui connaissent pas le dark web.

Notre MDMA vient de Hollande,

notre kétamine d'Inde, notre méphédrone du Vietnam.

Tout arrivait planqué en sels de bain, en graines,

en DVD, en jouets pour gosses...

Ohé, ici la Terre ! Je te parle.

Tu me rends ma balle ou bien ?

Tu me fous un coup de crosse ou bien ?

Vas-y.

Je passe la partie oĂč on se fait laminer.

KNEECAP - CE SOIR EN CONCERT AU DIVIS G.A.C

D-R-O-I-T-S

Les flics J'en ai rien Ă  branler

Le pétard allumé Je trace

Je reste pas ici Je me casse

Les gars.

T'Ă©tais oĂč ?

Au boulot.

Bon.

- Notre musique... - On sait.

Merde.

Vous avez vu le monde ?

Je peux pas monter sur scĂšne. On va me voir.

C'est tout l'intĂ©rĂȘt, mec.

- Merde. - Attends.

Prends ça.

Je vais ressembler Ă  un Provey.

Oui.

DJ PrĂłvai, sa mĂšre !

DJ PrĂłvai.

- Je peux pas... - Allez.

DJ PrĂłvai ?

DJ PrĂłvai, sa mĂšre.

- C'était de la coke, hein ? - Non.

De la kétamine. Merde !

Putain. Tu savais ?

Mauvaise poche.

T'es vraiment doué comme dealeur.

- Merde. - On va ĂȘtre foncedĂ©s.

C'est pas comme si on n'avait jamais pris de kéta.

Ça va faire de l'effet dans 20 minutes.

D'ici là, on en sera à la moitié.

Pas de panique.

Vous matez quoi, lĂ  ?

- Pas de panique. - Pas de panique.

Pas de panique.

Pris dans la boucle D'un bouquin

Je relis la mĂȘme page Sans fin

Ça me soĂ»le Matons un film

Un jour sans fin Rien Ă  faire

Ça traüne

Je veux un bis Et des couilles en sueur

Alors, Mowgli On fait quoi ce soir ?

Pareil que chaque fois

On se défonce

Ras le bol de me répéter. Il est mort ou mort pour moi.

- C'est pareil. - Je peux entrer ?

Et le mandat ?

Vous avez sale mine.

Vous avez le look porte-Ă -porte.

Zéro chaussure sur le rack.

Pourquoi ça ?

Quel rapport ?

Aucun.

Mais j'ai assez de bouteille pour savoir

qu'on peut ĂȘtre une victime de types comme ArlĂł

sans crime apparent.

C'est une visite de courtoisie avant une moins cordiale.

ATTENTION !

DES NÉGOCIANTS DE MORT OPÈRENT PAR ICI !

Rendez-leur visite Ă  eux.

Vous voulez l'aide de la police ?

Simple remarque.

Tant qu'on en est aux remarques,

leur musique, Ă  lui et son pote...

Elle attire l'attention aux mauvais endroits,

et je me compte dans le lot.

Fichus gamins.

Quand ça dérapera, et comptez dessus,

je reviendrai toquer

avec un seul choix, le sortir des gravats.

Ça me fera pas plaisir, mais je le ferai, soyez-en sĂ»re.

Un thé ? Dans une tasse ou dans la tronche ?

Racaille

La commémoration d'Arló était bizarre.

Un tiers des gens le croyait mort...

Il nous a été enlevé trop tÎt.

...un tiers le croyait vivant...

Il est jamais parti.

...un tiers était des keufs sous couverture.

Tu me connais pas, je suis un vieil ami d'ArlĂł.

Je t'offre un verre ?

Nous, les Radical Republicans Against Drugs,

sommes ici rassemblés pour honorer la mémoire

d'Arló Ó Cairealláin.

Quand j'étais mÎme,

les actions d'Arló Ó Cairealláin

contre l'État impĂ©rialiste

m'incitaient Ă  suivre mes rĂȘves,

surtout qu'ils consistaient Ă  buter des Anglais.

Il était comme un pÚre pour moi, oui.

Ces derniers mois, on a vu progresser

un comportement antisocial et le trafic de drogue.

On tolérera pas ces parasites

qui détruisent à petit feu notre communauté

avec leurs modes de vie hédonistes et toxiques.

On va ĂȘtre trĂšs clairs.

Quiconque sera découvert en lien avec le trafic illégal

ou en train de l'encourager par ses actions

sera considéré comme une cible légitime.

C'est ce qu'Arló Ó Cairealláin aurait voulu.

OĂč est le... Tu devais me le donner dans la voiture.

Entendre.

Écouter.

Avoir.

Manger.

Quoi ?

Rien.

Quoi ?

Rien. Tu fais un truc avec ta bouche.

Quel truc ?

T'as un tic.

Un tic ?

Je fais pas ça.

Plus maintenant.

Mais avant, si.

Quand tu étais encore

heureux.

Merde. Les flics.

Un problĂšme, Mme l'agent ?

Veuillez sortir du véhicule

pour un alcootest, monsieur.

- Il conduit pas. - Non ?

T'inquiĂšte.

Sérieux ?

- Elle sait pas, si ? - Quoi ?

Et votre bahut ?

Les élÚves vous appellent DJ Próvai ou...

Plus fort.

Au poste, c'est là que ça a commencé ?

J'ai découvert les Beatles,

version merdique.

Vous nous faites quoi ? Une crise de la quarantaine ?

Certains, c'est une Porsche, vous, c'est le rap ?

- Pourquoi vous faites ça ? - Ça passe.

Vous avez une vie. Une carriĂšre. Un avenir.

Je peux tout ruiner en un claquement de doigt.

Le message vient d'en haut.

La ville a pas besoin d'entendre ce que disent ces voyous.

C'est compris ?

Allez.

Merci. Prudence sur la route.

Attention Ă  la racaille qui traĂźne.

Je suis un V-O-Y-O-U

De la racaille C'est tout vu

Un chien qui bosse C'est quoi ce bordĂšle ?

Quand nos pauvres Mickey restent chez eux

Ă  boire des cannettes et Ă  se rouler des clopes

Tous les bons tafs sont pris par les chĂŽmeurs

Un black mou, ouais,

À bas la galĂšre et la teuf DĂ©gage ce PV de ma caisse

Ça va ĂȘtre un bain de sang

Jette un hameçon, une seringue Et un boudin

Je sniffe de la coke Puis je vire un autre boudin

Pour m'avoir traité de pédé Et tenté de piquer le butin

Mais Billy m'emmerdera plus Les voyous

Tu le veux dans la poitrine ?

Les genoux ou la tĂȘte ? DJ ProvaĂ­ est en tĂȘte

Tu peux supplier, implorer Dire ce qu'il nous faut

Tu peux changer de nom Mais c'est toujours les mĂȘmes

Distribuer des flyers disant

que ton groupe file de la came gratos

booste les ventes Ă  mort. Plus besoin de payer au hashish.

On nous payait nous, et cash.

Mort À l'arriùre de la Jeep

Il s'endort Il fait ça chaque semaine

Les Anglais, dehors !

Un aller simple J'ai perdu mon passe

Je suis un V-O-Y-O-U

De la racaille C'est tout vu

Je suis un V-O-Y-O-U

De la racaille C'est tout vu

Je suis un V-O-Y-O-U

De la racaille C'est tout vu

Je suis un V-O-Y-O-U

De la racaille C'est tout vu

- C'était quoi, ça ? - Et ça, alors ?

Les Anglais, dehors ?

Je t'ai dit des trucs pires.

- C'est pas pareil. - Désolé.

Attends. Tu fais chier parce que je dis de jarter,

mais fallait pas venir !

Tu me dis pas quand jarter !

- Je suis née ici. - Je parle pas de toi, Georgia.

Mais des Anglais, du gouvernement, du MI5.

Dis-le, alors !

C'est le refrain d'une putain de chanson,

pas la Proclamation de 1916 !

La quoi ?

Quoi ? Oui, j'y connais rien Ă  ces conneries de cathos.

Qui tu traites de catho ?

Toi ! Tu veux que je monte le dire sur scĂšne ?

T'avais l'air de kiffer.

Oui. Qu'est-ce que ça peut te foutre ?

Rien, je m'en bats la race.

Je veux plus jamais te revoir.

Moi, je veux plus te revoir.

- Ça va, Georgia ? - Ta gueule.

On a de plus gros problÚmes à régler dans notre société

que de cajoler une langue parlée

par moins de gens en Irlande du Nord que le polonais.

Vous dites ça comme si vous en étiez fier.

Que la langue natale de cette Ăźle

ait presque disparu.

Tapez le nom "Kneecap" sur Internet.

Des rappeurs de l'irlandais qui promeuvent la drogue,

le comportement antisocial et la violence.

L'un porte mĂȘme une cagoule

et se fait appeler DJ PrĂłvai.

VoilĂ  le vrai visage de l'irlandais.

Tu as gardé mon fauteuil.

N'y vois lĂ  aucun signe.

Merci d'ĂȘtre allĂ©e Ă  ma commĂ©moration.

Si ça te gonfle d'y aller...

Je dis juste que c'est bof convaincant

si ma propre femme se pointe pas.

Veuve.

Veuve.

Tu continues de renier ta langue ?

Je renie les oreilles qui l'entendent.

Oui, la charmante inspectrice Ellis est passée.

Pourquoi ?

À ton avis ?

- Je vais m'en occuper. - Tu vas rien faire du tout.

Rien faire a permis Ă  notre fils de devenir dealeur.

C'est inacceptable.

- Cette opération échouera pas. - Cette opération ?

Y a pas d'opération !

Je rĂȘve. On dirait ces soldats japonais

qui errent encore dans la jungle alors que la guerre

est finie depuis 50 ans.

J'ai sacrifié ma vie pour la cause.

Toi, tu as sacrifié ?

Tu nous as laissés dans une prison pour y couper.

Le petit devient quelqu'un, en dépit de toi.

Si tu viens lui barrer la route,

tu vas voir ce qu'est une femme en guerre.

Oui.

Tant que t'as pas Ă  quitter la maison pour la faire.

Ouais, en fait,

Georgia et moi, on voulait se revoir.

Tata !

C'est elle ta tante, putain ?

- Je sais. Une flic. - Je sais que c'est une flic.

Elle va me buter dans le couloir.

Mais non. Sauf si je lui dis que t'es entré par effraction...

C'est pas drĂŽle, putain.

EnlÚve ça.

Il se sert de toi.

- Ou l'inverse. - Pour s'en prendre Ă  moi.

Redescends un peu. Il savait mĂȘme pas.

Et tu le crois ?

- Pour toi, c'est... - Personne.

Alors, oĂč est le problĂšme ?

Toujours le mĂȘme.

Vert plus orange égale marron.

Personne aime le marron.

Si, certaines personnes. Moi !

Un peu plus de soupe ?

Non. Elle a pas de goût.

Un groupe de Belfast est critiqué

pour avoir scandé des slogans anti-Anglais dans un bar central

oĂč le prince William avait parlĂ© 24 heures plus tĂŽt.

Le groupe en question s'appelle Kneecap.

L'incident fait la une des journaux,

et a été condamné par la police.

C'est pas Kneecap ?

LĂ -bas.

Je crois pas.

Si, c'est eux.

C'est eux.

C'est sûr.

Allez, viens.

Les gars.

Ça va ?

On peut vous parler ?

De votre musique ?

Pour vous, c'est de la rigolade ?

Pas pour moi.

Les gars, faut arrĂȘter.

D'accord ? Ça aide en rien.

Aider quoi ?

Tu le sais trĂšs bien.

La loi, l'Irish Language Act.

C'est un moment crucial.

Mettez-vous bien en tĂȘte

qu'on est les meilleurs ambassadeurs de la langue.

Si l'irlandais existe encore, c'est uniquement

parce que les gens refusent de pas le parler.

Personne vous dit de pas le parler.

Un jour, un homme nous a dit

que l'irlandais était comme le dernier dodo,

coincé derriÚre une vitre dans un musée.

Que pour l'aider Ă  survivre,

on devait briser la vitre et libérer le dodo.

Assez nulle, comme analogie.

Il y a 80 000 irlandophones en Irlande.

Dont seulement 6 000 vivent dans le nord de l'Irlande.

On est trois Ă  ĂȘtre devenus rappeurs.

On est devenus populaires grĂące au talent

ou parce que c'est notre tour ?

C'est bizarre d'ĂȘtre vu quand tu viens

d'un endroit qui t'a toujours nié.

Parfois, le changement arrive incognito.

Au début, c'est pas perceptible, puis on voit que ça.

Et à ce moment-là, tout a déjà changé.

Y compris toi.

Parfois, le changement percute comme une ligne de basse sale.

Un rocher poussé du haut d'une falaise.

IncontrÎlable, qui dégomme tout au passage.

Et une chose est sûre : va y avoir de la casse.

AllĂŽ ?

Salut, les gars.

Je m'appelle Lorna. Je bosse Ă  la radio.

Mortel, le concert.

Je vois un de mes contacts de chez RTÉ demain,

j'aimerais beaucoup lui faire écouter votre musique.

En faire le Hit de la semaine. Ça vous dirait ?

Vous pourriez m'apporter un truc ?

T'as encore confondu coke et kéta, non ?

Bon, je pose ça là et je vous laisse.

Putain.

La radio ?

Imaginez la thune.

Ils paient combien ?

Au moins 10 000 l'écoute.

Les taux lamentables sur les plateformes de streaming

nécessitent des millions d'écoutes pour s'en sortir.

Sans le fric de la radio,

les musiciens seraient obligĂ©s d'ĂȘtre sans arrĂȘt en tournĂ©e

et beaucoup quitteraient l'industrie chaque année,

épuisés mentalement et physiquement.

On ferait mieux d'aller au studio.

Et on est allés au studio.

Du moins, ce qu'il en restait.

Ces enfoirés de la R.R.A.D...

T'avais sauvegardé sur le cloud, hein ?

On doit réagir.

"On", putain ?

- Pas toi. - Pas moi ?

C'était mon foutu garage.

Je suis avec Naoise.

Allez-y, allez lancer une guerre contre un groupe paramilitaire.

L'Empire britannique s'y est cassé les dents,

mais vous, vous allez réussir, putain.

J'hallucine.

Si vous voulez mourir, allez-y,

mais m'entraĂźnez pas lĂ -dedans.

T'entraĂźner ?

C'est toi qui nous ralentis.

Pour toi, c'est qu'un hobby.

Nous, on a que ça.

Et ils ont tout détruit !

Ah oui ? Les seuls qui peuvent faire ça,

c'est vous, espĂšces d'abrutis.

Il nous faut un enregistrement pour demain

à partir de rien, avec zéro matos.

C'est mort.

Bingo.

Regardez-moi ça.

La Roland TR-808.

Une merde des années 80 ?

De 1980 à 1983, plus précisément.

Gros flop commercial,

mais tombée dans les mains d'assez de gens qui pesaient

pour changer la face du hip-hop Ă  jamais.

C'est avec ça qu'on va enregistrer.

C'est le destin, putain.

Caisse claire ici et lĂ .

Ouais.

Pour que ça claque.

Deux coups, je pense.

On va en mettre un ici aussi.

Ça marche.

OK, vas-y. Il fera le refrain.

Faut que je fasse mes preuves

Je me secoue Je me bouge le cul

J'ai trop attendu...

Non.

Je prĂ©fĂšre ĂȘtre un tarĂ© Mais mĂ©ga friquĂ©

Ça me gave De crier ma rage

Debout T'es Ă  genoux

Ils te font toujours le coup

Tu veux ĂȘtre un individu C'est sĂ»r

Faut que tu t'Ă©lĂšves Que tu vives ton rĂȘve

Avant de te faire bouffer Cracher dessus, moquer

Sois patient, engage-toi Tiens-t'en au plan, mon gars

Y aura des retours en arriĂšre Mais relax

C'est ta vie, frĂšre

Faut que je fasse mes preuves

Je me secoue Je me bouge le cul

J'ai trop attendu Je vais devenir fou

Je prĂ©fĂšre ĂȘtre un tarĂ© Mais mĂ©ga friquĂ©

Je prie Satan Rends-moi blindé

Il dit Attends

Tu seras plus fauché Mais tu seras taré

- Oui - T'es tordu, Mo Chara

Son Je reviens pour un gros prĂȘt

Jamais je vais me saper Déprimé, toujours para

Je crise dans ma villa J'ai honte ?

Nan

On part loin Quand on fume un joint

Jusqu'Ă  ce que ce soit fini

J'imagine que tout est parti

On fait nos lois Ă  nous

On s'en fout De nos défauts

Un taf ? Je le nique

On se fait du fric

Kneecap, 3CAG On est des dieux

LĂąche-moi.

J'ai fini, les garçons.

Chanmé.

J'arrĂȘte.

- Quoi ? - Je peux plus continuer.

J'ai l'impression de skier

sur des skis qui s'écartent.

Ça va me niquer les couilles.

J'ai jamais voulu skier.

Je voulais juste ĂȘtre musicien, tu vois ?

On fait quoi de ça ?

Vous trouverez.

Merde.

Putain. On s'arrache.

Livraison spéciale.

Vous vendez de la came.

Pour les Radical Republicans Against Drugs.

Pas hyper vendeur.

Si, et je vais te dire pourquoi. Écoute.

Les Radical Republicans Against Drugs

sont des rĂ©publicains radicaux avant d'ĂȘtre contre la drogue.

C'est dans le nom.

On n'est pas

des républicains radicaux contre le fric.

Parce qu'ĂȘtre radical comme ton pĂšre l'Ă©tait,

ça a coûté un bras.

Le prix du Semtex a explosé.

Franchement.

Des mecs se font un fric délirant.

Faut arrĂȘter de faire pĂ©ter des garages, alors.

De quoi tu parles ?

On n'a pas fait péter de garages.

- Non. - Non. De quoi tu parles ?

Hé, par ici. La musique, c'est terminé.

Vous m'entendez ?

Vous ĂȘtes dealeurs. Vous serez rien de plus.

La musique, c'est fini. OK ?

Mon prof abuse grave

Des devoirs À faire chez nous

- À cinq heures et demie - Ça rend fou

Être entrĂ© par effraction dans l'Ă©tablissement

en dehors des heures de cours.

Contesté ou admis ?

Admis.

Avoir sniffé une substance blanche sur scÚne.

Admis.

Avoir exposé indécemment ses fesses

pour révéler les mots "Anglais" et "dehors" ?

Archibald.

Admis. Admis !

Admis.

Être membre du groupe de musique

Kneecap ?

- Je... - Je sais.

Tu sais ?

J'ai eu des soupçons

quand ils ont creusé dans notre jardin,

mais c'est ton joli cul

Ă  la une qui m'a convaincue.

C'est vrai qu'il est joli.

Pourquoi t'as rien dit ?

Ton tic Ă  la bouche...

Tu le fais quand tu es heureux.

Je voulais continuer de le voir.

J'ai démissionné.

De ton boulot ?

Non, putain.

Ils m'ont viré.

Me dis pas que je te quitte

Ă  cause d'un groupe dont tu fais plus partie.

Tu me largues ?

Tu as trouvé ce que tu cherchais.

C'est super.

Mais moi aussi, j'ai un chemin Ă  suivre.

Tu vois ?

Qui va pas dans le mĂȘme sens.

C'est incompatible.

De rester avec un musicien au chĂŽmage ?

On sait pas qui on est avant de le devenir.

Toi, c'est fait.

Tandis que Stormont reste bloqué,

faute de compromis,

la marche des droits de l'irlandais An LĂĄ Dearg

renforce la pression sur les politiques

pour trouver une résolution aux querelles qui s'éternisent.

On enchaĂźne sur le Hit de la semaine,

qui, Ă  ma grande joie,

passe sur les ondes pour la premiĂšre fois.

- Irish Language Act. - Maintenant !

C'est quoi, cette daube ?

- Maintenant ! - Irish Language Act.

C'était la meuf de la radio.

C'est Ă  cause des allusions au sexe et Ă  la drogue.

Merde.

Merde.

Merde, merde, merde.

Y a des trucs avec lesquels on déconne pas.

Les rails, les piquets de grĂšve, et les mĂšres de West Belfast.

Lance le thé. J'ai besoin de votre aide.

La nouvelle du choix de RTÉ s'est rĂ©pandue partout

plus vite qu'un chauffard en Mitsubishi Evo.

Chaque fois, l'affront semblait de plus en plus odieux.

Hit de la semaine, on leur avait promis.

Mais quand ils ont su qu'ils étaient de West Belfast,

ils ont refusé de le diffuser.

J'hallucine grave.

Un producteur de Dublin a déchiré le contrat

et les a surnommés "plastiqueurs de poubelles".

GrĂšves de la faim, de l'hygiĂšne.

Pour les bonnes vieilles campagnes,

nous, Fenians, on est les meilleurs.

C'est RTÉ ?

C'est une plainte officielle.

- Discrimination. - Censure.

Ne m'obligez pas Ă  venir.

West Belfast s'est rebellée

en achetant nos billets.

Merci, la reum, on cartonne plus

que Michael Collins, mais je m'arrĂȘte lĂ .

TRAITÉ SIGNÉ PAR COLLINS

Peu de choses unissent médias irlandais,

condés et dissidents républicains,

mais censurer notre musique l'avait fait.

On prend, balek.

Au moins, DJ PrĂłvai

était de retour aux platines, à sa place.

La censure, ça fait une pub d'enfer, pas vrai ?

Les rappeurs de Belfast censurés pour paroles licencieuses

Ça va ĂȘtre bondĂ©, ce soir.

Vous ĂȘtes en retard, alors, zou.

Et bonne chance.

Tu parles irlandais ?

Non.

Mais j'apprends.

GrĂące Ă  vous.

Bouge.

Des putains de sauvages.

Écoutez, bande d'enfoirĂ©s.

L'irlandais et le hip-hop vont de pair.

Rien Ă  taper de ce qu'on dit.

Il a donné une voix aux noirs d'Amérique.

Maintenant, il donne une voix aux irlandophones, putain !

Mais, Móglaí, ils disent qu'on a politisé la langue.

C'est eux qui l'ont politisée

quand ils l'ont interdite.

Mais leur échec est flagrant

quand on voit tous les Fenians ici ce soir !

On se prend une dérouillée.

On parle notre langue !

On envoie chier les condés, les politiques, les dissidents,

et tous les autres cons !

Kneecap !

Vous vendez de la came.

Pour les Radical Republicans Against Drugs.

...Republicans Against Drugs

sont des républicains radicaux...

- C'est moi, ça ? - Quoi ?

- C'est moi ? - C'est toi, putain.

On n'est pas contre le fric.

Parce qu'ĂȘtre radical, ça coĂ»te un bras.

La musique, c'est terminé.

Vous ĂȘtes dealeurs. Vous serez rien de plus.

LĂ  !

Filez, les gars.

Je m'en occupe.

C'est là que JJ a montré

qu'il assumait enfin la racaille qui était en lui

en faisant un truc impulsif, violent,

et complĂštement inutile, putain.

Attends.

Qui est lĂ  ?

Si le sang de mon fils doit couler,

que ce soit son propre sang qui tire.

Laisse Georgia tranquille.

Faut pas y compter.

Parle anglais.

Parlez irlandais.

Tu crois que je sais brûler que les garages ?

Notre jour

viendra.

C'est Ă  ce moment-lĂ 

que j'ai compris un truc sur Georgia.

Je l'aime, putain.

Merde.

Laissez-le, madame. Il a son compte.

Donne-lui.

Papa ?

Qui ramÚne un flingue à un pétage de rotules ?

Et s'il s'enraye ?

Et si le mec avec le flingue

décide de te buter à la place ? Comme ça.

Bande d'amateurs.

Enlevez vos cagoules.

Lui, il balance au MI5.

Lui, il rencarde les autorités.

Tu peux pas ĂȘtre un dissident en choisissant si mal.

Le dernier de vous qui arrive au bout de la ruelle

s'en prend une dans la tĂȘte.

Je t'avais dit que tu finirais dans une ruelle, non ?

Je t'ai dit quoi d'autre ?

Chaque mot prononcé d'irlandais...

Est une balle tirée pour la liberté irlandaise.

Avec ton rap,

tu es cette balle, fiston.

Faut te tirer.

Chaque mot prononcé est une balle.

Assez de balles ont été tirées

pour qu'on ait besoin d'en tirer des métaphoriques.

Peut-ĂȘtre que pas tirer de balle devrait ĂȘtre la balle.

Et puis merde. Je sais pas.

On voulait pas ĂȘtre des balles ou des flingues.

Mais les balles veulent jamais ĂȘtre des balles.

Elles le sont, point.

Elles attendent, elles espĂšrent ĂȘtre lĂąchĂ©es dans le monde.

Trouver leur vélocité.

On a trouvé la nÎtre.

La langue forge les histoires.

Les histoires forgent les nations.

Voici notre histoire.

En irlandais, "fin" se dit "an deireadh".

En décembre 2022, un projet de loi reconnaissant

l'irlandais dans le Nord de l'Irlande a été adopté.

À travers le monde,

une langue autochtone meurt tous les 40 jours.

Et puis merde. Bis.

LES ANGLAIS DEHORS !

Le rap succĂšde au prince

Sous-titres traduits par : Louise Monge

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