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Wellesley, Massachusetts - 29 ao�t 2016
Le moment est venu de montrer au monde entier
que l'Am�rique est de retour.
Plus grande,
plus belle et plus forte que jamais.
L'�CHAPP�E BELLE
Maman !
C'est moi. Tu es pr�te ?
Jane va pas tarder.
J'ai fait un g�teau � papa.
C'est une blague ?
Will !
Bonjour, Lillian.
Je suis contente de te voir seul.
Sache que si vous �tes trop occup�s avec votre maman � l'h�pital,
je reste avec votre papa.
Il y a personne � la maison. J'ai appel�...
mais maman a �teint le portable qu'on lui a achet�.
Maintenant que tu le dis, j'ai entendu
un bruit de moteur, ce matin, tr�s t�t.
Quel moteur ? La voiture de papa est l�.
J'y crois pas !
C'est pas possible.
Jane ? Papa et maman sont partis.
Et tu vas pas me croire,
l'�chapp�e belle aussi.
L'�chapp�e belle
Prends � droite.
C'est �a, bien.
Tu n'aurais pas pu mettre une tenue plus confortable ?
Et tu y es all� un peu fort sur l'eau de Cologne.
Mais tu sens bon.
Ma ch�rie ?
T'as p�t� ?
Je te demande pardon ?
T'as p�t�.
Pas du tout.
On ne dit pas des choses pareilles, voyons !
Il faut prendre de l'essence ?
Il faut prendre de l'essence.
Allons � Stuckey's, ils ont des barres aux noix de p�can.
- O� �a ? - Notre station pr�f�r�e.
Essaie de te souvenir.
Bien, chef.
� vos ordres. Comme toujours.
Tu parles !
�a va pas ?
La boutique est ferm�e ?
On voulait acheter une barre aux noix de p�can.
C'est pas encore ouvert.
Tu entends �a ?
Chaque �t�, en partant dans le sud, on s'arr�tait ici.
Nos enfants adoraient ces barres.
On allait dans ma famille en Caroline du Sud.
Mon �poux, John, est un Yankee
pur jus.
On a fait de beaux voyages, hein, John ?
Moi, je suis n�e pour �tre touriste.
J'adore voyager. Les Smoky Mountains,
Six Flags, Williamsburg...
Vous y �tes d�j� all�s ?
On est syriens.
C'est vrai ? Comme c'est int�ressant.
Allez-y, c'est exceptionnel.
91 $, madame.
Tout de suite.
Mon �poux, en revanche, est un voyageur plus sophistiqu�.
Il pense qu'on voyage pour �largir ses horizons.
Allez savoir ce que �a veut dire.
Moi, j'aime papoter avec les gens.
- Tenez. - Bon voyage.
En route.
�a m'a fait plaisir.
Attendez ! Attendez !
Quelle femme charmante, elle en a trouv� une.
� consommer avant...
Zut, avril dernier.
�a doit encore �tre bon, tu veux la go�ter ?
Je veux un hamburger.
Il est pas midi.
Je veux un hamburger.
Je suis Chantal, votre serveuse.
Bonjour, Chantal.
Nous, c'est Ella et John. Faudra faire avec.
Un hamburger.
On a le menu Bouffe Attack � 9,99 s,
avec un hamburger, une frite, une tarte aux pommes
et un tourbillon.
Un tourbillon !
Je sais pas ce que c'est mais �a fait envie.
Je veux un hamburger.
On va prendre un Bouffe Attack pour M. Grincheux.
D'accord, et pour vous ?
Un verre d'eau.
Vous mangez pas ?
Je prendrai une gorg�e de son tourbillon.
Vous voulez un coca, une bi�re ?
Non, �a ira.
Un hamburger.
Un hamburger, s'il vous pla�t.
Ce sera tout, Chantal. Merci.
Pas de souci.
Je vais me d�gourdir les jambes, reste ici.
Bouge pas d'ici.
Oui, Dr Tomachewski, j'en suis bien consciente.
Je ne sais pas quoi dire.
J'esp�re qu'ils ne sont pas loin.
Je comprends.
Mon fr�re arrive, on vous tient au courant.
Alors ?
J'ai fait les supermarch�s, rien.
C'est toi qui leur as dit de garder cette horreur, non ?
Bravo, mon grand.
Il doit y avoir une explication.
Ils ont fugu�.
Mais pourquoi ?
Maman ? Putain, t'es o� ?
Will, pas de gros mots, s'il te pla�t.
On s'en fout !
Calme-toi, si tu cries, je raccroche.
Tu fais quoi, l� ? Je viens te chercher et tu t'en vas ?
On va faire un petit voyage, on reviendra bient�t.
Un petit voyage ? O� �a ?
J'ai un truc � faire avec ton p�re.
C'est fou, on avait tout d�cid�.
Will restait avec papa, et moi, je...
Nous, on n'a rien d�cid�,
c'est vous et les toubibs qui avez tout r�gl�.
C'est la base du r�cit d'Hemingway.
Joyce a reconnu son talent, il a salu� son travail.
Pour lui, c'�tait un g�ant.
Mais pas ici, aux �tats-Unis.
Ici, on encense nos �crivains et puis, on les tue.
Montez dans votre tas de boue, et rentrez.
Comprenez-moi, laissez-nous ces petites vacances.
Des vacances, t'entends �a ?
Papa ne peut pas conduire dans son �tat.
Il peut tout � fait conduire, il se d�brouille tr�s bien.
S'il te pla�t, laisse au moins le portable allum�.
Tout ira bien, les enfants.
On vous embrasse.
- O� sont-ils ? - Aucune id�e.
Aucune id�e, Lillian.
Quand nous mourons,
c'est la fin de notre �tre.
C'est tout. Il n'y a rien de plus.
C'est tellement bien fait. C'est de la po�sie.
Et c'est de la prose.
De la po�sie en prose.
Oui, je vois tout � fait. Carr�ment.
Vous pouvez l'ignorer.
Non, c'est super int�ressant, il est gentil.
La po�sie en prose, c'est le secret d'Hemingway.
Savez-vous combien c'est difficile � faire ?
C'est clair.
Laisse cette pauvre petite.
Les gens confondent sa simplicit�,
son �conomie de mots, avec la banalit�.
Je vous apporte des sauces ?
Non, �a ira tr�s bien. Merci, Chantal.
Bon app�tit.
Je me demande si elle a lu La Fin de quelque chose.
Mange.
Je te le coupe ?
Pas la peine. N'oublie pas tes cachets.
C'est comment ?
Voil� les tiens.
Je vais faire descendre les miens avec ce tourbillon.
Comment tu peux manger ?
Appelons la police.
Et la banque, pour surveiller leur compte.
Pourvu que maman n'ait pas perdu la boule.
Ils doivent pas �tre loin, ils iraient o� ?
Le camping-car n'est pas en �tat.
S'ils ont un accident et qu'il est en tort ?
Il faut savoir o� ils vont,
et les intercepter.
Et elle continue � manger.
Tout le monde �tait au mariage de ma cousine.
On �tait assis � la grande table pr�s de la baie vitr�e.
Qui �tait l�, tu te souviens ?
Moi ?
Oui, John.
Tu �tais l�, moi aussi,
et il y avait les enfants.
Tout va bien.
Tu as �t� incroyable !
Je me d�fends encore.
Et comment !
L�, regarde, prends cette sortie.
Cette bonne vieille route 1, on l'a prise au moins mille fois.
On descend dans le sud ?
C'est ce qui est pr�vu.
Dans ta famille.
Quelle famille ? Mes parents sont morts.
Ils sont tous morts ?
Je me demande comment c'est, l�-haut ?
Est-ce un endroit joyeux,
o� on chante et on danse en tourbillonnant toute la journ�e ?
Tu en penses quoi, toi ?
Qu'est-ce qu'il y a, apr�s ?
J'ai sorti mon harmonica de mon bandana rouge
Et j'ai accompagn� Bobby qui chantait un blues
Au rythme des essuie-glaces
La main de Bobby dans la mienne
On a chant� les chansons que le chauffeur connaissait
La libert�, c'est un mot Pour dire qu'on a plus rien � perdre
Bonjour, on a r�serv� sur Internet.
Viens, ma ch�rie.
Parfait.
Pr�te ?
C'est bon.
Attention � la t�te.
Bonsoir.
Bonsoir.
�a alors !
Un Winnebago Indian de 1975 !
Mes parents me l'ont offert.
Je l'appelle l'�chapp�e belle.
Mon mari le d�testait, il trouvait �a trop populaire.
Mais il s'y est fait,
on a �t� heureux dans ce tas de ferraille.
Regarde ce bijou.
Oui, c'est super.
Vous venez de loin ?
Non, on vient de partir, on va dans le sud, pr�s de Savannah.
J'adore ce coin.
C'est magnifique. On y allait chaque ann�e en vacances.
Mais cette fois, on va jusqu'aux Keys, en Floride.
J'emm�ne enfin John voir la maison d'Hemingway,
� Key West, vous connaissez ?
Non, pas du tout.
Hemingway �tait un g�n�ral sudiste ?
Non, idiot, c'est un �crivain.
Mais c'est pas lui
qui s'est suicid� ?
Si.
Je n'ai jamais compris pourquoi.
John sait tout sur lui.
Il r�vait de voir sa maison. Je lui avais promis,
mais vous savez ce que c'est, avec les enfants.
On a vu la maison de Melville. Lui aussi, c'est un �crivain.
Il a �crit Moby Dick. C'est tr�s int�ressant.
On a trouv� �a un peu casse-bonbons, mon fils et moi.
Mais ma fille Jane, elle a ador�.
Elle est devenue professeur.
Mon �poux est si fier d'elle.
Mon fils, Will, en revanche,
il n'a toujours pas trouv� sa voie.
Il ne sait pas...
On est o� ?
Pas chez nous.
Non, on vit dans le Massachusetts.
On est en Pennsylvanie.
Qu'est-ce qu'on fabrique en Pennsylvanie ?
On est en vacances, on prend du bon temps.
Pas moi,
je veux un th�.
John, mon mari.
Ce sont nos voisins.
- Pardon... - Il se fait tard.
Faut coucher les petits, lire une histoire.
- Une autre fois. - Bonsoir.
Dis bonsoir.
Je veux un th�.
Je ferai un th� quand �a me chantera.
Je suis tr�s bien, assise ici.
Je le veux maintenant.
Tu vas faire pipi toute la nuit.
Je veux un th� !
On n'est pas tout seuls.
Si tu veux un th�, tu te le fais, t'es pas handicap�.
C'est exactement ce que je vais faire.
Ma ch�rie,
tu voudrais un th� ?
J'abandonne.
Bois �a.
Au lit.
Tu viens ?
J'arrive.
Au revoir.
Bonjour, mon amour.
�a va, mon c�ur ?
Comme tu es belle !
Ce matin, je me suis dit
que je devais remplacer le filtre � eau.
C'est ce que j'ai fait,
et puis, je ne l'ai pas fait.
Le bidule �tait propre comme un sou neuf, je n'en reviens pas.
Une fois de plus, j'ai bien �t� oblig� de reconna�tre
que cette vieille guimbarde n'est pas si nulle.
Bien s�r, il y a mieux en mati�re de moyens de transport.
Mais il est ind�niable qu'on dort tr�s bien dans ce lit minable.
Ma princesse a-t-elle senti un petit pois sous le matelas ?
Je suis si heureuse quand tu me reviens.
J'�tais � c�t�, tr�sor.
Tu as mal ?
Non.
Tant mieux.
O� est-on, au juste ?
Dans le comt� de Chester.
Le comt� de Chester ?
Un des trois comt�s de William Penn !
Je suis si content de reprendre la route.
Je vais te faire un caf�.
John.
Que se passe-t-il ?
O� sommes-nous ?
J'aime tant quand tu oublies d'oublier.
Dommage que �a ne dure pas.
Je n'arrive pas � m'y faire.
Que dis-tu ?
Rien.
Je vais faire le caf�.
Tu devrais t'habiller, ch�ri.
Allez, petit lambin.
Si on s'arr�tait � Chesapeake ?
Les enfants adoraient y aller et �a ne te d�plaisait pas.
O� �a ?
C'est un village historique en Virginie.
Peut-�tre que Dan ne l'est pas.
De quoi parles-tu ?
Il n'est pas mort, si ?
Qui ?
Dan.
Daniel Coleman !
Tu en as, de dr�les d'id�es !
Tu es comme Gretta.
Gretta ?
Oui, les journaux avaient raison,
la neige �tait g�n�rale en toute l'Irlande.
Elle tombait sur la sombre plaine centrale...
�a y est, j'ai compris.
La nouvelle de Melville.
Joyce. L'immense James Joyce.
C'est bien, tu n'oublies pas tout.
Gretta Conroy.
Tu es comme elle.
Tu as pens� � lui toute ta vie.
Mais qu'est-ce que tu racontes ?
On allait � Charleston.
Et tu filais � Savannah,
soi-disant pour voir ta tante.
C'est pas croyable.
Si Daniel Coleman est en vie et rien n'est moins s�r,
il vit � Daytona
depuis trente ans.
Dan Coleman, c'est la meilleure !
O� est mon fusil ?
On ne l'a pas pris.
Ah bon ?
Non, j'en suis absolument certaine.
On le prend toujours.
Deux personnes pour la journ�e, �a fait 88 $, madame.
�a a dr�lement augment�.
40,99 s par billet sans les taxes.
Quand on venait avec les enfants, c'�tait 10 s.
C'�tait avant l'ind�pendance ?
Tr�s dr�le.
Salaud.
Bonne visite.
Merci.
Tu l'as trait� de salaud ?
Non, j'ai dit :
"�a alors !"
Allons � la biblioth�que, tu l'aimais tant.
M. Spencer ?
Jennifer Ward, j'�tais votre �l�ve en 1993.
Comment allez-vous ?
D�sol�e, mademoiselle...
Jenny Ward, c'est vraiment toi !
�a alors, comment vas-tu ?
Je suis si contente de vous voir.
�a a �t�, la fac de Columbia ? Tu es dipl�m�e, depuis le temps.
Oui, j'en reviens pas, que vous vous souveniez de moi.
Et moi donc !
Il s'en est pass�, des choses.
Michael, Emily...
Voici M. Spencer.
Le meilleur professeur que j'aie jamais eu.
Bonjour, M. Spencer.
Bonjour, Emily.
Et Michael.
Comment s'appelait ton amie ?
Lorna Mitchell.
Lorna Mitchell, c'est �a.
Vous �tiez toujours en train de rire.
C'est vrai.
Pardon si je vous ai d�rang�s.
Je suis si contente.
Moi aussi, Jenny.
Au revoir, Michael et Emily.
Au revoir, Jenny.
"Moi aussi, Jenny."
Tu oublies le pr�nom de tes enfants
mais tu te rappelles que Jenny riait tout le temps.
Je suis sans voix.
Que se passe-t-il dans ta caboche ?
C'�tait une excellente �l�ve.
�a explique tout.
Ch�ri,
tu savais que Tennessee Williams avait une maison
� Key West, lui aussi ?
C'est pas un des �crivains que tu adores ?
Tu m'avais emmen�e voir une de ses pi�ces.
Tu m'entends ?
J'avais pr�f�r� le film
avec Marlon Brando.
Il �tait magnifique !
O� sont les enfants ?
Ils sont � la maison.
� la maison ?
On a laiss� les enfants seuls � la maison ?
Mais qu'est-ce qui nous a pris ?
Ils sont adultes.
Ils sont presque vieux, ils ont fait leur vie.
C'est vrai ?
Jane est mari�e avec Philip,
elle enseigne en fac, ils ont un fils et une fille.
C'est vrai ?
Rosie et Stephen.
Ils sont tout b�b�s, hein ?
Ils sont tr�s mignons.
Stephen a 19 ans et Rosie 21 ans.
Tu te rappelles pas, la remise de dipl�me de Rosie ?
Elle a fait un beau discours, lui jouait dans l'orchestre.
Tu �tais tr�s �mu.
Stephen jouait dans l'orchestre,
Rosie a fait un beau discours.
�a y est, tu te rappelles.
Non.
C'est vraiment dur quand tu oublies tout.
J'en ai marre de devoir me souvenir de tout � ta place.
Pardon, Ella.
Non, excuse-moi.
Je devrais pas m'�nerver.
Fichue m�moire !
Je sais.
J'ai une surprise pour toi.
Une surprise ?
Une chose que je veux faire avec toi.
Toi et moi ?
Oui, ce soir.
Ce soir ?
Je crois que je ne pourrai pas.
- Quoi ? - Tu pourras le faire.
Je te le promets.
Tu lis quoi ?
- Ernest Hemingway. - Je n'y arrive pas.
C'est une nouvelle.
Tu sais,
je commence une phrase,
et le temps que j'arrive � la fin...
Tu as oubli� le d�but ?
Je me souviens ce dont je me souviens,
mais je me souviens pas de...
C'est lequel des deux, tu sais ?
Jane.
Quel chou !
On est o�, l� ?
Regarde-moi �a !
J'arrive pas � croire que j'ai une femme aussi belle.
Sur le fleuve Chowan.
Qui sont ces gens ?
Ton neveu et ta ni�ce de Charleston.
Non.
Ce sont tes �l�ves.
Ils f�taient ton anniversaire,
regarde.
C'�tait ta classe pr�f�r�e.
C'est moi, l�.
- Qui est-ce ? - C'est � Nantucket.
C'�tait ce gar�on sympa que Will avait rencontr�.
Ils �taient cul et chemise.
Ils �taient tr�s copains. On l'a jamais revu.
Ch�ri.
R�veille-toi.
L�ve-toi une minute, allez.
�a recommence.
Attends, je vais d'abord t'essuyer.
Tu es tout mouill�.
Ces satan�s slips !
Regarde, je t'ai achet� six cale�ons, tu vas les mettre ?
Non.
- Pourquoi ? - J'aime pas �a.
Toujours la m�me rengaine.
Quel est l'int�r�t des slips ?
Le contr�le.
Bras sur le c�t�,
et en bas.
Bras en haut, on respire, on descend.
Tu sais ce que j'aime chez toi ?
Tes silences ne sont jamais g�nants.
Pas une seule fois, je me suis dit :
"Il faut que je dise quelque chose, l�."
Alors, tu le vois toujours ?
De quoi parles-tu ?
Tu lui t�l�phones.
Tu lui �cris des lettres.
� qui ?
� Dan.
Tu as dit qu'il vivait � Daytona.
Dan ?
Tu vas pas remettre �a.
Susan nous l'a dit � l'enterrement de Maggie.
Tu �tais � c�t� de moi.
Tu as demand� de ses nouvelles.
C'�tait il y a 10 ou 15 ans.
Toujours des mensonges.
Toutes ces ann�es,
le maigre r�le
que lui, son mari,
avait jou� dans sa vie � elle.
Reviens l�.
Gretta Conroy.
Vous y croyez ?
Il croit que je pense encore � mon premier petit copain,
qui m'a largu�e il y a 50 ans.
Entre nous, Dan a bien fait,
�a n'aurait pas march� entre nous.
C'�tait une autre �poque, je n'avais que 19 ans.
Quel scandale �a a fait !
Pourquoi ?
J'aidais tante Rosemary dans sa boutique � Boston.
C'est l� que j'ai connu John.
Il est venu � la boutique.
C'�tait un jeune professeur tr�s beau.
Chaque semaine, il achetait des gants.
Il disait qu'il les perdait.
J'ai su apr�s qu'il en avait plein sa maison.
Il �tait fait pour moi.
Et ce premier petit copain ?
Vous n'avez plus pens� � lui ?
Il s'est �vanoui de ma m�moire.
"Si tu peux rester lucide
"quand tous perdent l'esprit
"et t'accusent d'�tre fou..."
All�, mon tr�sor.
Maman, o� es-tu ?
Dis-le-moi, je viens vous chercher tout de suite.
�coute-moi, Will,
on regardait des diapos hier,
celles de nos vacances � Nantucket.
Nantucket ?
Tu te souviens ? C'�tait magnifique.
Tu avais connu ce gar�on,
il s'appelait Patrick.
Vous �tiez proches.
On est sur le point de signaler votre disparition.
Je me demande...
Ton nouveau travail te pla�t ?
Tu �tais un bon agent immobilier, tu vendais de ces mochet�s.
Ne change pas de sujet.
C'est � cause de ta dispute avec Richard, ton associ� ?
Tu dois te soigner.
Vous �tiez si proches, je me demandais...
Est-ce que vous �tiez...
Tu m'�coutes ?
Will, parle-moi, je t'en prie.
Merde !
Maman !
Tu me tues !
Papy a oubli� sa femme.
Je vous en prie, aidez-moi.
En selle.
L�-dessus ?
C'est fastoche.
Comment on fait ?
Qu'est-ce que tu fiches sur cette moto ?
C'est dangereux, voyons.
T'es incroyable.
Tu roules � moto, sans casque. C'est qui, ce type ?
Va au diable !
�a tombe bien, on y va ensemble.
�a va, ch�rie ?
Je le r�p�te, va au diable.
Quoi ?
- T'es parti sans moi. - Mais non !
Tu m'as laiss�e seule.
Je sais pas o� tu croyais aller, avec ta t�te vide.
Moi ?
O� veux-tu que j'aille sans toi ?
Tu es folle.
Donne-moi �a.
C'est dangereux.
Remets tes mains sur le volant.
Il faut t'arr�ter.
Tu dois faire pipi ?
La police nous suit.
Tu me laisses parler, d'accord ?
Je veux savoir si notre nigaud de fils nous a d�nonc�s.
Tu ne dis pas un mot.
Il arrive.
Permis et papiers du v�hicule.
Oui, M. l'agent, bien s�r.
Je suis John Spencer.
M. Spencer, je vous ai vu faire une embard�e.
C'est enti�rement de ma faute.
J'ouvrais ma bouteille...
Laissez M. Spencer r�pondre, merci.
Oui, M. l'agent.
J'essayais seulement de l'aider � ouvrir ce truc.
Ce truc ?
Oui, ce truc.
La bouteille.
Je v�rifie votre permis. Restez l�.
T'es fou ?
Tu n'y penses m�me pas.
Rends-moi les cl�s.
Boucle-la. Il revient.
Sois poli, ne rote pas,
et ne p�te pas.
Et ne dis pas "poulet".
Alors, papy, on voulait me planter l� ?
On se fait une course poursuite � 2 km/h ?
Elle est bonne, M. l'agent.
Restez dans la file.
Respectez la limite de vitesse.
Vous avez raison. Merci et bonne journ�e.
Donne-moi la cl�.
Quelle andouille, ce policier !
Une course poursuite � 2 km/h !
Il me prend pour O.J. Simpson ?
On n'avait jamais tant d'aventures, avant.
C'est important de voyager.
Pour ouvrir des horizons, �largir son esprit.
- Mon Dieu ! - C'est qui ?
C'est le plus petit, le gar�on.
Il a un nom.
C'est Will.
Oui, William.
C'est toi ?
J'�tais enceinte de Will.
Qui c'est, cette femme,
avec moi ?
Tu sais son nom ?
Elle vit � c�t� ?
Oui, c'est �a.
C'est la voisine.
Lillian ?
Tr�s bien !
Formidable.
On peut regarder avec vous ?
Bien s�r, joignez-vous � nous.
Asseyez-vous.
Merci beaucoup.
Une bi�re.
Offerte par les gar�ons.
Merci.
On reprend.
C'est ma fille.
Elle est tr�s belle, monsieur.
C'est la f�te d'anniversaire de John.
Ce sont ses �l�ves.
Ils �taient toujours chez nous.
Ils venaient m�me le voir apr�s le bac.
Pardon.
Bonjour.
O� est Ella ?
Je suis l�, John.
Non, Ella Carson.
C'est mon amie, elle a 22 ans.
Blonde aux cheveux longs, magnifique.
C'est vraiment toi, Ella ?
�videmment !
Qui es-tu, toi ?
Je suis moi.
John.
Non.
Mon John est un jeune professeur.
Il est charmant.
Tr�s s�duisant, cultiv�.
Je veux qu'on me le rende.
Tu me l'as vol�, je veux que tu me le rendes.
Tu sais, si je pouvais, je le ferais.
Celui qui te l'a vol� me l'a vol� aussi.
Excusez-moi, vous n'auriez pas vu mon mari ?
Un homme grand, distingu�, avec les cheveux blancs et des lunettes.
Oui, un type comme �a est pass� il y a 30 min.
C'est vrai ? Il allait o� ?
J'en sais rien.
Je vais avoir besoin de vous. Mon mari a des pertes de m�moire.
J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose.
Je suis coinc� ici.
Prenez le camping-car.
Je ne peux pas le conduire, il est trop gros.
Je ne vous le demanderais pas si ce n'�tait pas important.
J'appelle mon fr�re.
C'est ma faute.
C'est lui ?
Ce vieux schnock ?
Non, je vous dis que John est distingu�.
Il a les cheveux blancs, des lunettes, et une barbe bien taill�e.
J'ai compris. L'universitaire yankee typique.
Tout � fait mon style.
Il est l� !
C'est lui.
Dieu merci !
Pourquoi tu pleures ?
Tu n'�tais plus l�,
je ne pourrais pas vivre sans toi,
pas un seul instant.
�coute-moi.
On ne doit pas se s�parer, d'accord ?
Tu comprends ?
Parce qu'il nous reste peu de temps.
C'est une bonne chose que tu sois l�.
Tu n'aurais pas voulu manquer �a.
C'est fantastique, cette glace au chocolat est � se damner !
Vous voulez une glace ?
Oui, merci.
Non, apportez-moi un whisky.
Il faisait froid mais c'�tait magique.
Tout �tait recouvert d'une couche de glace
brillante et translucide.
Comme si le monde entier
�tait recouvert de verre.
Je devais faire des pas minuscules
pour ne pas glisser.
J'�tais frigorifi�e
mais tu voulais continuer
parce que tu me racontais l'histoire de Croc-Blanc
et tu parlais � voix basse
pour ne pas briser ce silence magnifique.
On est rentr�s chez nous � 3 h du matin,
les cheveux couverts de givre.
C'est la nuit o� on a con�u Jane.
Jane...
Qu'est-ce qui se passe ?
Au kilom�tre 21.
Merci.
L'assistance sera l� dans 30 min.
Je peux me d�brouiller.
Je sais mais je veux pas que tu restes au soleil.
Arr�te, on est en vacances.
Un coup de main ?
On vous aide ?
Non, tout va bien.
La d�panneuse arrive dans une minute.
� votre avis, elle sera l� quand ?
La d�panneuse ? 30 min avec de la chance.
Super.
Tu viens de le dire.
Alors,
restez calmes, on prend tout et on se casse.
Ton t�l�phone.
Jolie, la bague.
Donne.
C'est mon alliance.
Allez.
O� qu'il est, le fric ?
La conjonction est inutile.
On ne met jamais "que" apr�s o�.
Ne soyez pas f�ch� d'�tre faible en grammaire,
�a s'apprend.
Fais ce qu'ils demandent.
Ta gueule, la vieille. Donne ton sac.
Il est � l'int�rieur.
Je vais le chercher ?
Oui, bouge.
Il est �norme, t'es blind� ?
J'ai la photo de ma famille.
J'appr�cierais que vous me la laissiez.
Y a que 8 dollars.
Elle ne me donne pas plus.
Elle a pris tes couilles, aussi ?
Merde.
Pose ton flingue, ou je le saigne.
Fais �a, et je vous descends.
Si vous croyez qu'on a peur, vous vous trompez, on a rien � perdre.
L�chez vos couteaux, voyous.
C'est Will ?
Oui, madame.
Il appelle toujours au pire moment.
Je d�croche pas, jette �a par terre.
Enl�ve la s�curit� avant de tirer, mon c�ur.
C'est fait, tr�sor.
Pose les alliances.
Et foutez-moi le camp.
J'appellerai pas les flics, mais disparaissez.
Ta bague est moche, vieille peau.
Et ton portefeuille, il pue.
Inscrivez-vous � des cours du soir.
Reprenez-vous, il n'est pas trop tard.
Va te faire foutre, papy !
Je croyais qu'on n'avait pas le fusil.
�a peut toujours servir.
Tr�sor,
tu veux bien m'apporter un whisky.
Bien, madame.
Un whisky, c'est parti.
J'ai pas pu r�pondre � Will, j'avais les mains prises.
On est tr�s inquiets.
Will est � bout, je vais le voir, l�.
Ton fr�re est une petite nature. On va tr�s bien.
Vous �tes o� ?
Si tu pouvais voir la beaut� de cet endroit !
Tu refuses de me le dire, j'ai compris.
Et papa ?
�a va, il p�te le feu, tu veux lui parler ?
C'est Jane, elle veut te parler.
- Qui est-ce ? - Ta fille.
Bonjour, ma puce.
comment vas-tu ?
Tu m'as pas appel�e "ma puce" depuis l'enfance.
Je pense tant � toi
ces jours-ci, ma petite.
Est-ce que tu sais seulement
� quel point je suis fier de toi ?
Je suis s�r que tu fais sensation � la fac.
Tu ne t'appelles pas Spencer pour rien.
Oui, papa.
Je t'aime, ma puce.
� bient�t.
Jane.
Maman.
Je t'aime aussi.
Moi aussi, maman.
Surtout, vous rentrez, hein ?
Embrasse les enfants de ma part.
Et dis � ton fr�re qu'on s'est parl�.
D'accord.
Je lui dirai.
Au revoir.
Ne bois pas tout le whisky.
Merci.
Mets la dose.
Parfait.
Laisse-les tranquilles.
Ils s'amusent.
Je vous pr�sente Jane, madame je-sais-tout.
�coutez-la expliquer la vie � ce pauvre Will
qui est un gros naze.
Tu d�lires ?
Je dis juste qu'il n'y a rien � faire.
C'est son droit de refuser les soins. Et vu leur efficacit�...
C'est mieux que de vadrouiller
je ne sais o� dans leur vieux camping-car.
Mais c'est toi qui sais parce que tu as parl� � papa.
Et tu es sa chouchoute,
m�me quand il oublie qui tu es.
Pourquoi tu le prends aussi mal ?
Parce que
tu vis � 2 h d'ici,
tu appelles une fois par semaine,
et si tu viens d�jeuner, c'est moi qui cuisine.
Qui passe de longs apr�s-midis avec papa
alors qu'il ne raconte que des trucs incoh�rents ?
Tu sais ce que maman dit, quand je viens en urgence, la nuit ?
Elle dit :
"N'appelle pas Jane, elle est occup�e."
Ton histoire de la chouchoute, c'est des conneries.
Peut-�tre.
Mais c'est la seule que j'ai.
Ils font ce qu'ils ont toujours fait.
Ils restent tous les deux.
Ils s'aiment tellement, qu'ils nous ont oubli�s.
Tous les deux.
Arr�te !
Je t'ai racont� ?
C'�tait l'an dernier.
En entrant dans la chambre, tu sais ce que j'ai vu ?
Elle �tait sur le lit,
il �tait � genoux devant elle, je peux pas le dire.
Papa lui l�chait le minou ?
Il lui broutait le gazon ?
Le gazon...
- J'ai failli vomir. - Pourquoi ?
J'esp�re que je serai comme eux.
Quelle horreur !
J'en doute.
Depuis des ann�es, avec Philip, on se fait un petit bisou
et bonne nuit.
Houston,
on a un probl�me.
On n'a qu'� s'arr�ter.
On peut attendre, Hemingway se sauvera pas.
RENDONS SA GRANDEUR � L'AM�RIQUE
Je veux voir.
Il n'y a rien � voir, tu sais ce que c'est.
J'y vais.
Ne va pas trop loin.
Cette terre, elle est � nous.
Dehors, les musulmans !
Virez-les !
On va faire un mur trop haut pour les Mexicains.
Viens avec moi, John.
C'est marrant.
Je sais, mais viens. On va avoir un PV.
Au revoir, tout le monde.
Rendons sa grandeur � l'Am�rique !
Tu as vot� d�mocrate toute ta vie !
Tu as milit� pour Walter Mondale.
Tu te rappelles pas comme tu �tais furieux
quand j'ai dit que je votais Reagan ?
Reagan ?
Tu sais pas qui c'est ?
Si.
Non, c'est faux.
Tu n'en as aucune id�e.
Qui suis-je ?
Comment je m'appelle ?
Allez !
Tu sais comment je m'appelle, je t'�coute.
�a commence par El...
Lillian !
Lillian est notre voisine, je suis ta femme.
El...
Ella ! Mon Dieu.
Ella, ma ch�rie, ma pauvre t�te est toute vide.
Je suis d�sol�.
C'est toi, sous cette barbe.
Regarde, c'est Jim.
Comment va-t-il ?
Jim est d�c�d�, mon c�ur.
C'est vrai ?
Tu te souviens pas ?
On a �t� le voir dans ce mouroir.
Il nous a pas reconnus.
C'est effroyable.
Pauvre Jim.
Promets-moi une chose.
Quoi ?
Si tu m'aimes,
promets-moi,
quand il sera devenu n�cessaire
de me placer dans un de ces endroits...
Et �a viendra vite, tu le sais.
Mon �tat empire
chaque jour.
Promets-moi de mettre le fusil dans ma main...
Dis pas �a.
�coute-moi, ma ch�rie.
Tu mets le fusil dans ma main,
tu poses mon pouce
sur la d�tente
et ensuite, tu m'expliques
que c'est exactement ce que je veux faire,
que c'est moi qui t'ai demand� de le faire.
Tu m'embrasses.
Tu m'embrasses deux fois.
Et puis, tu t'�loignes.
C'est comme la saison des pluies dans le Massachusetts.
D�go�tant mais n�cessaire.
Tu feras pas �a dans le salon, d'accord ?
Bon sang !
Tu fais quoi ? Rebranche-moi �a.
Je trouve pas la prise.
C'est quoi ?
Quoi ?
J'ai entendu un bruit.
Ce n'est s�rement pas un alligator.
Un alligator ?
Allons prendre le fusil.
Non, on rentre.
Ella !
J'ai mal au dos.
Viens m'aider � me relever.
- Donne-moi ton �paule. - Comment �a ?
Pousse-toi, tu m'�crases.
J'ai mal au bras.
Et alors ? Pousse-toi.
Pousse-toi !
�a va ?
Qu'est-ce qu'on fait par terre ?
Tu te souviens pas ? Je suis tomb�e et tu es tomb� sur moi.
Merde.
J'y arrive pas.
L�ve-toi et viens m'aider.
J'y crois pas.
T'es folle, ou quoi ?
Tu veux me lapider � mort ?
- Tu fais quoi ? - Je remets tes chaussures.
Merci.
Avec tout ce que tu fais pour moi,
c'est rien du tout.
Tu es toute sale.
Pourquoi on part d�j� ?
J'aurais pu dormir encore un peu.
Mon Dieu !
C'est la minute de v�rit�, Ella.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Am�ne-moi � lui. Maintenant.
Quoi ?
On dit : "Comment ?"
Am�ne-moi � Dan.
Daniel Coleman.
Je dois le regarder droit dans les yeux.
C'est pas possible !
Je refuse d'attendre qu'un soir,
tu avoues tout,
en regardant la neige s'�pandre faiblement sur tout l'univers.
J'en ai plus que marre de ces �neries.
Dan a toujours �t� pr�sent.
Moi, j'�tais ton second choix.
Tu oses me menacer ?
M�ne-moi jusqu'� lui.
Tu veux voir Dan ?
Parfait.
Que fais-tu ?
Je vais retrouver Dan Coleman,
m�me s'il est dans la tombe, et je te m�ne � lui.
Tu vas le faire ?
Vraiment ?
Susan ?
Devine qui t'appelle.
Tu peux pas entrer arm�.
Je fais ce qui me pla�t.
Tr�s bien.
Une arm�e de flics va sans doute nous tuer,
mais tant pis.
Tu l'auras voulu !
Je peux vous aider ?
Oui, on vient voir Daniel Coleman.
Je crois qu'il vit ici.
Vous �tes sur la liste ?
On est des amis, on ne fait que passer.
Un instant.
Vous �tes gentille.
Elle a dit d'attendre.
C'est toi, Coleman ?
Qui �a ?
Qui �a ?
Je crois qu'on s'est tromp�s de chambre.
Pardon du d�rangement.
Vous connaissez Dan Coleman ?
O� est sa chambre ?
Enfin,
on t'a retrouv�.
J'ai toujours r�v� de voir ta t�te, Dan Coleman.
Tout va bien, il n'est pas charg�.
Ah bon ?
Je ne suis pas Dan.
O� est Daniel Coleman ?
Bonjour, Dan.
C'est lui ?
- C'est moi. - Moi ?
C'est Ella.
Ella Carson.
On se conna�t pas. Ils viennent pour quoi, les deux Blancs ?
Voici mon mari, John Spencer.
Enchant�.
Je m'en fous.
- John Spencer. - Je m'en fiche de son nom.
Allez-vous-en.
Vous portez des cale�ons ?
Quoi ?
Vous �tes cale�on ou slip ?
On est venus pour �a ?
Je veux savoir d'o� vient ton obsession pour les cale�ons.
Parfait.
Te g�ne pas.
Vous portez des cale�ons ou des slips ?
Je porte des couches, blanco.
Taillez-vous.
Ella comment ?
Tu te souviens pas de moi ?
Je veux pas me souvenir, je vous connais pas.
Tirez-vous d'ici.
Bute-le, ce con.
Il est pas charg�.
Mon Dieu, il est arm� !
Il a oubli� ma femme.
Tout va bien, il est pas charg�.
Sortez d'ici.
Il est prof de lettres, il n'est pas dangereux.
Tout va bien.
�a va aller.
On n'a pas appel� la police.
Nous en sommes reconnaissants.
Merci de votre compr�hension.
Peut-�tre auriez-vous besoin d'un peu repos.
Sans vous offenser.
Voici les mutuelles que nous acceptons.
On appellera vos enfants.
Merci.
Si vous revenez voir votre ami, venez sans le fusil,
m�me s'il n'est pas charg�.
Bien s�r, merci infiniment.
Vous partez, c'est s�r ? C'est bien, ici.
Demandez � Dan.
Pourquoi tu es triste ?
Je suis fatigu�e, c'est tout.
Et je suis en col�re.
Contre toi, surtout.
Mais aussi contre Dan.
Dan ?
Dan qui ?
La barbe !
Je sais qui est Dan, je blague.
C'est le type qui ne vit plus � Savannah.
Il �tait noir ! Enfin, il l'est toujours.
Il avait un peu plus de charisme, � l'�poque.
Ma ch�re Ella.
On peut dormir dans un vrai lit, ce soir ?
L�-bas, il y aura des vigiles, pr�parez votre billet
et une pi�ce d'identit� avec votre photo.
Il manque quelques personnes, on va attendre dans le hall.
Bonsoir.
Madame, puis-je vous aider ?
Vous avez une chambre pas trop ch�re, pour une nuit ?
On a une chambre � deux lits.
Non, on ne veut pas �tre s�par�s.
Dans ce cas,
on a une suite avec un grand lit.
On la prend, merci.
Le tarif est de 500 $ la nuit
mais je vous la fais � 320 $ sans la taxe.
Juste ciel, je ne veux pas l'acheter, seulement y dormir.
J'ai jamais pay� si cher pour une chambre d'h�tel.
La suite est � vous. Guillermo vous conduit.
Avez-vous des bagages ?
Il y a un minibar.
Ceci est offert.
Il y a une cha�ne.
Et voici la chambre principale.
C'est plus grand que chez nous.
On a les moyens ?
Ne sois pas b�te, bien s�r, on a les moyens.
Merci beaucoup.
Inutile, merci.
Vos cl�s.
Bon s�jour.
�a alors !
Buvons un verre, on l'a bien m�rit�.
Bonne id�e.
Regarde.
Attends.
Vite !
Salut, ch�rie.
Danse avec moi, ch�rie.
Je suis vraiment d�sol�e.
J'ai sali le tapis.
Le vieil homme �tait maigre et sec
avec des rides profondes sur la nuque.
Les taches brunes d'un cancer de la peau b�nin
que cause la r�flexion du soleil sur la mer des tropiques
marquaient ses joues.
Elles couvraient les deux c�t�s de son visage.
Ses mains portaient les entailles que font les filins
au bout desquels se d�battent les lourds poissons.
Mais aucune de ces entailles
n'�tait r�cente.
Elles �taient vieilles
comme les �rosions d'un d�sert sans poissons.
Bonjour, ch�rie.
Tu as bien dormi ?
Comme une masse.
J'ai pas dormi comme �a depuis longtemps.
C'est mieux.
� ce soir, je rentre � l'heure habituelle.
O� vas-tu ?
On n'est pas � la maison.
Non, en effet.
On est o� ?
On est dans un tr�s bel endroit.
On peut boire un th�, ici ?
Oui, j'en suis s�re.
Santiago est le personnage hemingwayen parfait
car il va au bout de sa qu�te spirituelle,
ce qui est, pour Hemingway,
la d�finition de l'homme v�ritable.
Il est vaincu mais il n'est pas d�truit.
� la fin, Hemingway observe le vieil homme.
Il dort � poings ferm�s,
le squelette de son grand poisson, toujours accroch� � sa ligne.
Hemingway �crit...
�a m'�chappe.
C'est une phrase tellement belle.
Et je l'ai oubli�e, je m'en veux.
"Le vieil homme r�vait des lions."
Vous la connaissez !
Merveilleux !
O� sont les cuillers ?
J'ai �crit mon m�moire sur Le Vieil homme et la mer.
J'ai pr�f�r� le film avec Spencer Tracy.
Il y a une citation de William Faulkner, qui dit :
"Hemingway �tait un des plus courageux et des meilleurs."
Et j'ajouterais,
l'un des plus purs.
Tout � fait d'accord.
Les cuillers ?
D�sol�e.
Tu te rends compte ?
Elle a �crit son m�moire
sur Le Vieil homme et la mer.
Ch�rie.
Ne t'arr�te pas, il faut trouver un camping.
Je suis �puis�e.
Si tu as faim, il y a des trucs dans le frigo.
�a ne va pas mieux, Lillian ?
Ne t'en fais pas.
Je ne te laisserai pas seule.
Lillian ?
J'irai chez moi quand tu iras mieux.
Mais alors...
O� est Ella ?
Ella ?
Elle est � la maison.
� la maison ?
Ce b�b� la met � rude �preuve.
� quoi je pense ?
Je devrais �tre aupr�s d'elle.
Il faut vraiment que je rentre.
John !
Ella est au courant pour nous ?
Tu sais bien que non !
Je ne le supporterais pas, toi non plus.
Elle aurait le c�ur bris�.
Moi aussi, d'ailleurs.
Il faut qu'on arr�te, Lillian.
Oui.
Tu as raison, il faut qu'on arr�te.
�a fait longtemps que �a dure.
Bien trop longtemps.
C'est quoi, trop longtemps ?
Tu ne te souviens pas ?
Lillian.
�a fait presque deux ans.
Et alors,
est-ce que tu m'aimes ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu sais que �a n'a rien � voir.
Tu l'as dit toi-m�me, on fait �a
en toute amiti�.
Tu es une amie formidable.
Mais j'aime Ella, c'est la femme de ma vie.
Elle est tout pour moi.
Et on va avoir un b�b�, bon sang !
Il faut qu'on arr�te.
Je suis d�sol� mais...
il faut en finir une fois pour toutes.
Au revoir, ch�re Lillian.
Au revoir.
Reviens, esp�ce de salopard !
Reviens, que je te tue !
Que se passe-t-il, Ella ?
Je suis Ella, maintenant, c'est �a ?
Qu'est-ce qui te prend ?
O� est mon t�l�phone ?
Que se passe-t-il ?
Tais-toi, vieux fou.
Le voyage s'arr�te ici.
Ici, l'emplacement 37, envoyez-moi un taxi imm�diatement.
Un taxi ?
Ferme-la.
Quoi, Will ? Arr�te d'appeler, j'ai rien � te dire !
Allez, sors de l�.
Vous avez appel� un taxi ?
Vous voyez d'autres clients qui attendent ?
Voil� ton pyjama, tes chaussettes et tes satan�s slips.
- Que se passe-t-il ? - Monte.
Vous m'aidez � charger mon mari et son sac ?
Oui, madame.
Toi, tu bouges pas.
Pourquoi tu es furieuse ?
Je suis pas furieuse.
Je suis soulag�e.
Heureuse comme un poisson dans l'eau.
Emmenez-nous � la maison de retraite la plus proche et la plus miteuse.
C'est pas chez nous.
Non.
Ici, c'est pour les vieux fous.
Pourquoi tu es f�ch�e ?
Assieds-toi.
C'est John, mon mari.
Une chambre, s'il vous pla�t.
Pour faire entrer un patient, il faut �tablir un dossier.
Alors, faites-le.
Pr�sentez-vous demain � 9 h 30 aux admissions.
Si ce monsieur remplit les crit�res,
il y a une liste d'attente de 10 mois.
C'est votre probl�me, pas le mien.
Vous avez sa carte de s�curit� sociale, son argent, son permis.
Et il y a �a aussi, qui est tr�s important.
C'est une photo d�coup�e dans un magazine,
il croit que ces gens sont sa famille.
Il la trimballe partout.
Vous voyez le genre ?
C'est un sacr� loustic.
Je suis fatigu�e, vous avez du travail.
Il est tout � vous.
Au revoir, John.
Madame, vous ne pouvez pas...
Elle doit comprendre que c'est pas possible.
Parfois, elle se comporte comme un bison bless�.
Vous connaissez la nouvelle d'Hemingway,
L'Heure triomphale de Francis Macomber ?
Sa femme
le tue d'une balle de Mannlicher 6.5 dans la nuque.
Tu crois qu'on appelle la police ?
Ils le prendront pas.
Regarde-moi �a.
Tu te pavanes chez moi, les cuisses � l'air.
Tra�n�e !
Regarde-moi cette t�te.
Regarde-moi cette t�te,
salope.
Faut pas te g�ner, surtout. C'est mon mari, salope !
Comme c'est romantique, vous passez un bel apr�s-midi.
Et moi, alors ?
Je fais des gosses.
J'�tais enceinte de Will.
J'�tais enceinte !
Ouais, c'est �a, top model de mon cul.
T'es mon amie ?
Y a pas pire amie !
Jane.
Tu savais.
Jane.
Tu savais.
Et t'as jamais rien dit.
C'est eux ?
C'est maman.
Ton p�re m'a tromp�e toute ma vie et tu le savais.
Maman, que se passe-t-il ?
T'as rien dit.
Toujours du c�t� de ce prof de mes deux.
�a ne va pas ?
Philip, Will et moi, on vous attend.
O� �tes-vous ? On va venir.
Je me suis d�barrass�e de ton p�re.
Je vais rentrer � la maison ou aller � la plage, je sais pas.
O� est papa ?
Je suis enfin libre
de ce monstre qui a g�ch� ma vie.
J'emmerde Hemingway
et Melville,
et vos discours p�dants qui me faisaient passer pour une idiote.
Il faut...
Sa vie n'a �t� qu'un mensonge ! C'est �a, vos bouquins ?
Calme-toi et �coute-moi. O� est papa ?
Je parie qu'il est pas s�nile.
C'est un imposteur.
Tu l'as laiss� seul ?
�a t'�tonne que ta m�re veuille se venger ?
C'est votre faute.
C'est � cause de vous deux. Allez vous faire voir.
O� est mon whisky ?
Jane, ma ch�rie.
Je sais pas ce qui m'a pris, �a doit �tre les cachets.
Non, papa va tr�s bien.
Je plaisantais.
Jamais je ne l'abandonnerais.
Jane, �coute, ma ch�rie.
Rends-moi un petit service.
Un service ?
Tu peux passer un message � Lillian ?
Elle est ici.
Dis-lui que c'est une grosse pute.
Pardon ?
La plus grosse de l'univers.
La plus grosse pute de l'univers.
Merci.
O� est mon mari ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien, tout va bien.
Mais o� sont-ils ?
Aucune id�e.
Mais maman a l'air d'avoir retrouv� son peps.
Elle t'embrasse, Lillian.
Elle est si gentille.
Bonsoir, ma ch�rie.
Maintenant, je comprends tout.
Tu as d� oublier mais tu es rentr�, un soir,
je lavais par terre,
j'avais chaud, j'�tais en sueur, toute collante.
J'�tais enceinte de 7 mois.
Madame ?
�a va ? On peut appeler quelqu'un ?
Je parle � mon mari !
Tu t'es accroupi par terre pour m'aider.
Et ensuite, quand j'ai pris un bain,
tu m'as rejointe.
J'�tais au courant de rien mais...
j'ai senti que tu...
que tu m'�tais revenu.
Et ne sachant rien,
je t'ai pardonn�.
Ce monsieur est fan des Bulls de Chicago.
Chandler �tait fan des Bulls.
Hemingway aimait les taureaux
mais c'�tait en Espagne.
Il faut partir, M. Davidson va dormir.
Rassurez-vous,
je laisse pas mon mari dans ce taudis, il est pas g�teux.
Viens, John.
On s'en va.
J'ai �t� enchant�.
Je peux garder �a ?
Merci.
Maintenant, il faut que je te pardonne encore une fois.
48 ans apr�s.
Merci, Ella.
Je sais pas si je suis une garce, ou si t'es un salaud.
J'imagine que tout est possible.
Arr�te-toi.
Pourquoi ?
Je veux voir le paysage.
Je veux un hamburger.
Arr�te le camping-car, tout de suite.
Je veux descendre voir.
Bien, chef.
Regarde comme c'est beau.
On est arriv�s ?
Presque.
C'est le paradis ?
Peut-�tre.
Tu crois qu'il y a des hamburgers ?
Pourquoi tu ris ?
Vous allez � la maison d'Hemingway ?
Il y a un super resto � c�t�, vous allez adorer.
- C'est vrai ? - Oui.
La maison, vous allez pas le croire,
ils la louent pour faire des f�tes.
Mon cousin s'est mari� l�, il y a trois semaines.
On a pass� la soir�e de notre vie !
J'ai des super photos si �a vous int�resse.
Sur mon appareil, mon portable.
N'h�sitez pas, surtout.
�a vous dit rien ?
Elles sont super.
C'est...
incroyable.
C'est un mariage.
Viens.
Je suis d�sol�e. Toi qui r�vais de venir ici.
Et regarde �a.
O� sont les toilettes ?
Je sais pas, allez voir dehors.
Merci.
Il y a quelqu'un avec elle ?
Non, ne m'emmenez pas.
Mon mari, John...
Excusez-moi.
Je cherche...
Vous cherchez...
Aidez-moi.
Vous cherchez les toilettes ?
C'est par l�, pr�s de la boutique de souvenirs.
Tout va bien ?
Merci.
Vous �tes gentille.
Je cherche ma femme.
Ma femme ?
Demandez � l'accueil. �a fait 35 $.
Ne vous en faites pas.
Vous me devez 35 s.
C'est vrai ?
Afin de d�celer
l'origine des sympt�mes, on a fait un scanner complet.
On ne s'attendait pas � trouver un �tat aussi grave.
La tumeur primaire �tait dans le c�lon, M. Spencer ?
Oui.
Je suis John Spencer.
Mais il y a eu une diss�mination h�matog�ne et lymphatique
et la plupart des organes internes sont touch�s.
Pour �tre franc, M. Spencer,
c'est incroyable qu'elle soit encore en vie.
Vous �tiez vraiment en camping-car ?
O� est ma femme ?
Comment t'es arriv� ici ?
J'ai quelque chose.
Mon sac !
Bonjour, mon c�ur.
On peut avoir un peu d'intimit� ?
D�sol�e.
Mets �a.
Quoi ?
On fiche le camp.
Maintenant que je suis l�, ils me l�cheront plus.
Tu fais ce que tu veux.
Mes chaussures sont l�.
Je suis pr�te.
Par o� on sort ?
La sortie ?
C'est � droite, vous y �tes presque.
Tu es mon h�ros.
Tu fais pipi dans le taxi.
Je sentais du chaud.
Arr�te, voyons.
Voil�, c'est l�.
Enfin !
Il faut te changer.
Tiens, mets ta chemise de nuit.
J'avais perdu espoir, � l'h�pital.
J'ai cru que je ne reverrais jamais l'�chapp�e belle.
On a besoin de faire un bon somme.
Tiens, mon ch�ri,
bois �a.
Bois tout.
Tu t'es m�me pas lav�.
Viens l�.
Bonsoir, mon c�ur.
Joli,
mais baisse ton arme, soldat.
Qu'est-ce que tu fais ?
On va essayer.
Deux secondes.
Je ne peux pas.
Deux secondes.
J'y suis, l�.
Tu y es.
Tu es tout au bout.
Ne bouge pas.
Tu veux pas jouir ?
Non.
Seulement �a.
John, je t'aime
tellement.
Ne me laisse plus.
D'accord ?
D'accord.
Tu me le promets ?
Je te le promets.
Jane et Will ch�ris,
Voil� le num�ro de l'avocat.
Je me suis occup�e de tout.
Tout est r�gl�.
N'ayez aucune inqui�tude,
m�me si notre dernier d�bit de carte bleue sera ind�cent.
On s'est un peu l�ch�s sur la fin.
Je suis d�sol�e de vous faire tant de mal.
Ce doit �tre tr�s douloureux.
Mais bient�t, vous ressentirez autre chose.
Vous serez soulag�s.
Soulag�s de ne pas voir nos corps et nos esprits se d�liter.
Soulag�s qu'on ait enlev� ce fardeau de vos �paules.
Surtout, ne vous sentez pas coupables.
J'aimais beaucoup votre p�re.
Il me restait peu de temps.
Je ne pouvais pas le laisser seul.
On a toujours �t� ensemble.
Et j'esp�re qu'on est encore ensemble.
Qui sait ?
Nos derni�res vacances ont �t� merveilleuses.
Certains jours ont �t� magnifiques.
C'�tait notre happy-end.
Je vous aime.
Maman.
�a va, mon grand ?
T'es triste ?
L'�CHAPP�E BELLE
Sous-titres : Isabelle Audinot
Sous-titrage : HIVENTY
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