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Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.
Voici leurs histoires.
Brad ?
Brad, tu as entendu ?
On aurait dit un cri.
Pen, rendors-toi.
C'est sûrement une fêtarde bourrée.
Tu n'entends pas une fille ?
Quand je plane, j'entends toujours des filles.
Non, pour de vrai. J'appelle les flics.
Tu es défoncé ?
Oh, ouais !
- Occupe-toi de tes oignons. - Au secours !
- Une fille a des ennuis. - Au secours.
- Je n'entends rien. - Tu es sourd !
Tu vas où comme ça ?
M'assurer qu'elle va bien.
Et s'il y a un tueur, tu feras quoi ?
Tu lui rouleras dessus ?
Reste ici.
C'est une gamine.
D'après sa carte d'identité, elle a 23 ans.
Vanessa Eastman.
J'ai trouvé son portable cassé. Je l'emporte.
Blessures défensives. Elle a résisté.
Ça ne l'a pas empêché de la violer par derrière.
Déchirures anales, fluides sur la cuisse.
Cette pierre est l'arme du crime ?
Si ce n'est pas ça, elle a été étranglée.
J'en saurai plus à l'autopsie.
Un voisin a dit avoir entendu des cris il y a des heures.
Dis-moi qu'elle est morte rapidement.
Malheureusement, non.
La température du foie indique qu'elle a saigné lentement.
Elle est morte il y a une heure.
Combien de gens l'ont entendue crier et n'ont rien fait ?
NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE
Vous avez appelé les parents de la victime ?
Impossible. Fausse identité.
Et ses empreintes ?
Rien. C'était sûrement une mineure qui faisait la fête.
Son identité n'est pas le seul problème.
Dans le quartier, personne n'a rien vu.
Ils l'ont entendue crier, mais personne n'est venu.
C'est l'effet spectateur.
Comme pour cette Californienne de 15 ans
qui a été victime d'un viol collectif devant 20 personnes.
- Hé ! - Quoi ?
Une disparition qui pourrait correspondre a été signalée
il y a dix minutes.
Anna McWilliams, 17 ans.
C'est ma fille.
Toutes nos condoléances.
Nous aurions quelques questions à vous poser.
OK.
- Savez-vous avec qui elle était hier ? - Non.
J'étais en voyage d'affaires. Je suis rentré ce matin.
Elle n'avait pas dormi dans son lit, alors...
J'ai appelé ses amis. Personne ne l'avait vue.
Avait-elle l'habitude de découcher ?
Elle rentrait souvent trop tard, mais elle rentrait toujours.
Sa mère est morte d'un cancer il y a sept mois.
Elles étaient comme des sœurs.
Anna l'a très mal vécu et s'est mise à faire des bêtises.
Du genre ?
Elle a plaqué le garçon avec qui elle sortait depuis la cinquième et...
Chaque semaine, elle voyait un garçon différent.
Il va nous falloir les noms.
Je ne les connais pas.
Elle ne parlait pas de ça avec moi.
Et son ex ?
Henry Christensen.
Ils sont restés amis. Il ne ferait pas de mal à une mouche.
LYCÉE BRANFORD LUNDI 16 NOVEMBRE
Tu fais quoi, Frank ?
- C'est lui ? - Oui.
- Dégage ! - Tu as un problème, Henry ?
Henry a un sale caractère.
Dis à Halliday qu'il peut se le mettre au cul !
- Du calme ! - Que se passe-t-il ?
Ce connard a mis une photo de lui et Anna sur son mémorial.
Elle avait beaucoup d'amis.
Et c'était ma copine pendant six ans.
Quand l'as-tu vue pour la dernière fois ?
Hier, en cours de maths.
Je pense que tu te trompes dans tes calculs.
Viens. Il faut qu'on parle.
Ça a dû t'échapper.
- Tu as passé la soirée avec Anna. - Non.
Son portable a été détruit,
mais on a pu récupérer tes SMS.
"C'est mon anniversaire. Si on couchait ensemble ?"
Ce sont des paroles de chanson.
On allait se remettre ensemble.
Vraiment ? Alors pourquoi a-t-elle répondu "Déjà prise" ? C'est rude.
Pas de "désolée". Pas de "bon anniversaire".
J'ai eu mon cadeau. Elle est sortie avec moi ce soir-là.
Alors pourquoi as-tu menti ?
Il était peut-être gêné d'avoir loué les services d'Instant Entourage.
Des paparazzi qu'on paye pour se donner l'air d'une star.
Tu as dû en arriver là pour qu'elle sorte avec toi ?
Anna adorait aller dans des clubs à la mode
pour en parler dans son blog.
Elle postait des tas de photos.
"Les cowboys, je pars à cheval au quartier des abattoirs."
Elle semble attirer beaucoup d'attention.
Ça a dû t'énerver.
C'était pour les photos.
- On n'est pas restés. - Non.
Vous êtes allés au parc, tu as tenté ta chance,
elle t'a rejeté et tu as pété un plomb.
On n'est pas allés au parc.
Après le club, on a repris la limousine et elle a répondu à des SMS.
Puis elle a demandé au chauffeur de la déposer sur la 23e et je suis rentré.
Tu as dépensé tout cet argent pour rien ?
Elle avait hâte de s'en aller. Elle a quasiment sauté de la voiture.
Elle voyait un gars du lycée ?
Non.
Avant qu'elle parte, j'ai pris son portable.
J'ai vu un message d'un mec sur "PQA."
"PQA" ?
PlanQAnonyme.com.
On se connecte, on s'envoie en l'air. C'est une appli mobile.
Vous n'avez pas tout extrait de son portable ?
Ce n'est pas comme un SMS.
C'est un réseau social.
PQA utilise le GPS du portable pour géolocaliser les utilisateurs.
Ça permet de trouver des coups d'un soir à proximité.
Je vous montre.
Ce type, "Hot-For-You", se trouve à une rue d'ici.
J'utilise le profil d'Anna, "Sweet-Seventeen".
On va voir. Je lui envoie un message.
"Sexy, ta photo. Dispo dans cinq minutes ?"
Un plan cul ultra rapide.
Les petites annonces, c'est la préhistoire.
Et voilà.
"Toi aussi, tu es sexy. J'arrive."
On peut voir à qui Anna a parlé hier soir ?
Voilà son historique.
À 3h08 du matin, elle a contacté un certain Big Peter.
"Envie d'une virée ?"
"Fusil chargé. Mad/25e dans 10 min. Je passe par derrière."
Ils se sont donnés rendez-vous et sont allés au parc.
Une victime à la demande. Parfait pour un violeur.
On peut le trouver, ce Big Peter ?
Il est à Brooklyn Heights.
Voyons s'il est partant pour un nouveau plan.
C'est toi, "Good Time Girl" ?
Oui, si t'es Big Peter.
Big Peter est toujours partant.
- De quoi tu as envie ? - Ce que tu veux.
Un plan à trois ?
Tu as une copine sexy cachée quelque part ?
J'ai un copain sexy.
Pas vraiment mon truc, mais je suis prêt à essayer.
Hé ! Le BDSM, c'est pas mon truc.
Je vous arrête pour le viol et le meurtre d'Anna McWilliams.
Qui ?
"Sweet Seventeen."
Je ne l'ai pas tuée.
On a baisé et je me suis tiré.
Après lui avoir ouvert le crâne ?
Les empreintes digitales, c'est formidable.
Le seul truc que j'ai touché dans le parc ressemblait un peu à ça.
Vous trouvez toutes vos victimes sur PQA ?
C'est parfait pour vous. Le viol à emporter.
Violer ? Jamais ! J'ai couché avec des milliers de femmes.
Toutes m'ont dit : "Oui, s'il te plaît."
Des milliers ? Cette appli n'existe que depuis six mois.
C'est le score de toute ma vie.
Je n'en ai eu qu'une centaine sur PQA.
Seulement ? Vous êtes accro au sexe.
Je suis un homme vigoureux qui vit le rêve américain.
Vous êtes un cauchemar pour les femmes.
C'est pour ça que PQA est parfait pour vous.
Ceux qui vous connaissent doivent vous détester.
Je suis sur PQA parce que je n'ai pas le temps de sortir avec des femmes.
Je suis courtier.
Vous aimez vraiment baiser les gens.
Personne ne s'est plaint.
Alors on peut réaliser une enquête de satisfaction ?
Votre portable.
Vous devriez essayer cette appli pour de vrai, inspectrice.
Vous en avez besoin.
Vous savez ce que je pense ?
Coucher avec toutes ces femmes est devenu ennuyeux.
Vous vouliez plus d'excitation.
D'abord la violence, puis l'étranglement, puis le meurtre.
C'est vous qui avez l'air excitée.
Ça vous excite de leur faire mal ?
Contrairement à vous, je n'ai pas besoin de faire mal pour bander.
On va demander un mandat pour votre ADN et on vous enfermera pour de bon.
Pas besoin d'un mandat pour prélever mon ADN.
Je vous le donne quand vous voulez.
Dis-moi que le téléphone de ce minable a donné quelque chose.
PQA n'enregistre pas les contacts, sauf les favoris.
Ils apparaissent avec un smiley.
Je n'en vois pas.
C'est parce qu'il n'a pas de favoris.
Il est malin, il ne laisse pas de traces.
Il doit bien avoir un petit carnet.
Il a d'autres applis du même genre ?
Des tas. Craigsphone, PowerChat, WhosAround et Faceunion
Faceunion est la plus vieille.
Je vais sur son profil, j'aurai accès à ses amis.
Que des femmes.
On peut comparer cette liste à celle des viols non résolus ?
Voilà ses amies et voilà notre base de données.
On en a une.
Rebecca Ellison.
Je me souviens d'elle.
Elle a été agressée il y a deux ans dans un parc.
Même mode opératoire.
DOMICILE DE REBECCA ELLISON LUNDI 16 NOVEMBRE
Désolée, je me remets d'une grippe.
Pas de problème.
C'est au sujet de mon viol ?
Oui, on suit une nouvelle piste.
Pouvez-vous me redire ce dont vous vous souvenez ?
Il est arrivé derrière moi dans le parc...
Il m'a fait tomber, puis m'est monté dessus.
Je suis désolée de vous faire revivre ça. Je sais que vous n'allez pas bien.
Vous n'avez pas vu le visage de votre agresseur,
mais avez-vous entendu sa voix ?
Non. C'est arrivé trop vite, et j'ai perdu connaissance.
Le nom de Peter Butler vous dit quelque chose ?
Je l'ai rencontré il y a quelques années.
En ligne ?
Non, en soirée. Il m'a ajoutée sur Faceunion.
Pourquoi ? Vous pensez que c'est lui qui m'a violée ?
On ne veut négliger aucune piste.
Rebecca...
Avez-vous couché avec lui ?
C'était un coup d'un soir.
Il était vraiment mignon...
et j'étais dans une période un peu folle, après la fac.
A-t-il été violent ?
Il m'a traitée de salope et de pute.
Il m'a giflée et fessée.
Donc il aimait le sexe violent.
Oh, mon Dieu !
C'était peut-être Peter.
Peter Butler n'a pas violé Rebecca Ellison.
Son ADN n'est pas celui de son viol ?
Non, ni celui d'aucun viol.
Mais il a peut-être tué notre victime.
C'est sa parole contre celle d'un cadavre.
Tu n'as rien qui le relie au meurtre d'Anna ?
Ça dépend.
On récupère rarement des empreintes sur la peau,
mais le cou d'Anna était très lisse.
J'ai utilisé la spectroscopie Raman et j'ai eu de la chance.
Mais il me faut les empreintes de Peter.
Les courtiers ont leurs empreintes dans une base de données.
AUCUN RÉSULTAT
Peter Butler n'est pas le tueur.
Anna aurait rencontré deux prédateurs sexuels ce soir-là ?
À qui est cette empreinte ?
D'après la poroscopie, elle appartient à une personne jeune
ou qui n'a jamais travaillé.
Comme Henry Christensen, son ex petit ami de longue date ?
DOMICILE DES CHRISTENSEN 17 NOVEMBRE
Henry est au lit. Le décès d'Anna l'a rendu malade.
Alors aidez-nous.
À quelle heure est-il rentré le soir de son anniversaire ?
Pourquoi harcelez-vous mon fils ?
Vous l'avez déjà interrogé comme s'il était un criminel.
Si les empreintes diffèrent, on ne reviendra pas.
Pardon ?
On a un mandat. Pouvez-vous aller le chercher ?
Henry ? Henry !
Henry ?
Il s'est enfui en nous entendant arriver ?
Fermé. Il n'est pas parti par là.
Il n'a pas pu aller bien loin.
Sors de là, Henry.
Laissez-moi tranquille.
Le tueur a laissé deux empreintes en essayant de l'étrangler,
Comme elle respirait encore, il l'a frappée avec une pierre.
- Arrêtez. - Il n'avait pas beaucoup de force.
Elle a mis cinq heures à mourir, seule dans le froid.
- Pourquoi vous faites ça ? - Ce sont tes empreintes, Harry.
Dis-moi ce qui s'est passé.
J'ai dû la supplier de sortir avec moi.
Mais elle ne s'intéressait qu'aux photographes et à son stupide blog.
Elle vous a laissé tomber pour coucher avec ce raté.
Vous ne l'avez pas supporté.
Je l'ai suivie dans le parc et je l'ai vue coucher avec lui.
C'était dégoûtant. Il s'est servi d'elle et il est parti.
Je lui ai dit que je l'aimais encore.
Et elle m'a dit qu'elle ne m'avait jamais aimé.
Elle a dit que j'étais un petit garçon et qu'il lui fallait un homme, un vrai.
Elle m'a embrassé sur la joue.
Je l'ai attrapée et suppliée de me donner une deuxième chance.
Elle m'a ri au nez.
Elle m'a dit de la laisser tranquille.
Mais je l'aimais.
Je l'aimais vraiment.
Comment a-t-elle pu me faire ça le jour de mon anniversaire ?
C'est pathétique. Elle est morte, mais c'est lui la victime.
Même s'il ne l'avait pas tuée, elle aurait pu mourir jeune.
Comment ça ?
Le sperme récolté sur Anna a été testé positif au VIH.
C'est celui de Peter Butler.
Le type qui couche avec toute la ville ?
On a laissé partir un tueur en série potentiel.
Super article dans le journal.
- Vous êtes venus vous excuser ? - Non.
On est venus vous parler malgré notre dégoût.
Ravi de vous revoir, Olivia. Je vous ai manqué ?
Je me demandais...
Pourquoi un séducteur tel que vous couche sans préservatif ?
Les capotes me gênent.
Mais ils protègent les femmes du VIH.
- Comment ça ? - Vous êtes positif au VIH.
Je sais. Vous pouvez partir.
Vous le savez ? Et vous ne mettez pas de préservatif ?
Je suis sous traitement.
Même avec une charge virale indétectable, vous pouvez transmettre le virus.
- Ce qui se passe dans mon lit... - Ou un parc.
...ne vous regarde pas.
À moins que le sexe consenti soit illégal.
Non. Mais une agression avec une arme mortelle, si.
Big Peter, je vous arrête.
Pour quel motif ?
Peter, que se passe-t-il ?
Rien, grand-père.
Un malentendu. Un stationnement interdit.
Où emmenez-vous mon petit-fils ?
On l'emmène au poste pour l'interroger.
Quelles sont les charges ?
Tentative de meurtre ?
Pour lui, coucher avec toutes ces femmes revient à tirer dans la foule.
On ne peut pas l'arrêter pour viol, alors on le poursuit pour avoir répandu le VIH ?
Peut-on prouver qu'il a infecté quelqu'un ?
Il a couché avec des centaines de femmes.
- Il se vante de le faire sans protection. - Alex ?
Il y a un précédent.
Un tribunal texan a condamné un homme à 45 ans pour avoir infecté six femmes.
New York a condamné un homme pour avoir sciemment répandu le VIH.
On veut encourager les gens à faire le test, pas les arrêter.
Butler se vante de baiser une femme différente tous les soirs.
C'est comme un violeur. Ça l'excite de faire du mal aux femmes.
Il a trouvé un moyen de leur faire du mal sans les violer.
Je vais me répéter.
Au moins une de ses partenaires est-elle positive au VIH ?
On n'en a pas trouvé. Pas encore.
Cet homme est bel et bien une menace,
mais j'aurai les mains liées tant qu'on n'aura pas trouvé une partenaire infectée.
Je dois trouver quelqu'un à qui il a transmis le VIH ?
Sinon, il sera libéré.
Il y a sûrement un moyen de savoir à qui il a transmis le virus.
Oui, peut-être.
Le VIH mute en passant d'une personne à l'autre.
Un test phylogénétique peut déterminer la source de l'infection
en comparant les mutations.
Tu peux répéter ?
Voici une copie du virus de Peter Butler avec plusieurs mutations en évidence.
On peut comparer ses mutations avec d'autres cas et trouver qui il a infecté.
C'est parti.
Les dossiers médicaux sont confidentiels.
S'il a infecté des femmes, il faut que justice soit rendue.
C'est vrai. Mais même si je récupère les dossiers, beaucoup de tests sont anonymes.
Il n'y a pas de noms. Que des chiffres.
Mais on saura combien de femmes
il a condamnées à mort.
Melinda, tu l'as dit toi-même. Ce type est une épidémie ambulante.
Pour faire ça bien, je vais devoir examiner des milliers d'échantillons.
Demandez un mandat pour obtenir les noms des partenaires potentiellement infectées.
Je sais par où commencer.
Le VIH est toujours un tabou. Les gens n'aiment pas en parler.
J'amènerai des renforts.
Le VIH ? Vous êtes folle ?
Ce n'est pas la grippe, pas vrai ?
- Oh, mon Dieu ! - Rebecca.
Rebecca, ça va aller. Mais soyez franche avec nous.
Je ne sais pas quoi faire. Je suis de plus en plus malade.
Vous prenez des antirétroviraux ?
Je n'ai pas les moyens.
Mon nouveau travail ne me couvrira pas pour une maladie préexistante.
Depuis quand le savez-vous ?
J'ai fait le test après mon viol.
Vous avez été infectée par votre violeur ?
Non, le médecin m'a dit que j'étais positive depuis plusieurs années.
Depuis que vous avez couché avec Butler.
C'est lui qui m'a fait ça ? Il est positif ?
On n'a pas le droit de vous le dire sans sa permission.
Mais vous pouvez nous aider en nous donnant un échantillon de sang.
On pourra l'analyser pour déterminer
si on peut condamner celui qui vous a infectée.
J'en ai assez de donner du sang. J'en ai assez de parler de cette maladie !
Je veux juste reprendre le cours de ma vie.
Je ne veux pas vous obliger à témoigner.
Mais en faisant analyser votre sang, vous pourrez sauver d'autres femmes.
Beaucoup d'autres femmes.
S'il vous plaît.
Je veux que ce salaud soit condamné.
Vous allez tomber, Peter.
Super.
Vous pensez toujours n'avoir rien fait de mal ?
Rebecca Ellison a le sida parce que vous l'avez infectée.
Elle a accepté de coucher sans capote. Elles ont toutes accepté.
Elle n'auraient pas accepté si elles avaient été au courant.
La prostituée qui m'a infecté ne m'a pas dit qu'elle était positive.
Elle s'en fichait.
Alors c'est une vengeance ?
Vous avez besoin de dégrader les femmes. De leur faire du mal.
Je ne couche qu'avec des salopes.
Et vous leur donnez une leçon en les infectant.
- Elles ne demandent que ça. - Waouh !
Quelqu'un a vraiment dû vous faire du mal quand vous étiez jeune.
Les hommes qui haïssent les femmes ont souvent des problèmes avec leur mère.
C'est le cas ?
Vous punissez votre maman ?
Ne la mêlez pas à ça !
Voilà qui répond à ma question.
Vous ne savez rien de moi !
Je sais que vous vivez chez votre grand-père.
C'est inhabituel.
C'est lui qui m'a élevé !
Il est le seul à s'être intéressé à moi.
Maman vous a abandonné ?
Elle vous battait ou vous ignorait ?
Vous essayez de m'infecter ?
Vous savez ce qui est vraiment triste ?
Peu importe combien de femmes vous faites souffrir,
cette colère restera en vous jusqu'au jour de votre mort.
Ah oui ?
Eh bien, une partie de moi restera en ces femmes jusqu'au jour de leur mort.
Ce salaud n'a aucun remords.
Dis-moi que tu as quelque chose.
Le rapport de Warner est un gros atout.
Je n'ai plus qu'à convaincre le juge
d'accepter son témoignage d'experte à l'audience de demain.
COUR SUPRÊME JEUDI 19 NOVEMBRE
J'ai effectué une analyse phylogénétique des séquences d'ADN du VIH
sur Rebecca Ellison, Peter Butler
et un échantillon aléatoire de New-Yorkais.
Qu'a déterminé cette analyse ?
Le VIH de Rebecca Ellison est apparenté
à celui de Peter Butler.
En des termes plus simples ? M. Butler a infecté Mlle Ellison.
Vous semblez très sûre de vous.
Entre 97 et 99 % des séquences sont identiques.
Avez-vous déterminé autre chose ?
J'ai comparé l'ADN du VIH de M. Butler
avec des centaines d'échantillons New-Yorkais.
J'ai découvert que M. Butler a infecté onze autres femmes dans la région.
Merci. Rien à ajouter.
Si M. Butler avait infecté Mlle Ellison,
ce serait arrivé il y a des années ?
Oui.
Est-il possible qu'une autre personne l'ait infectée ?
Mlle Ellison m'a donné tous les noms de ses anciens partenaires.
Ils sont tous négatifs.
Mlle Ellison admet elle-même
avoir eu des mœurs légères pendant une certaine période.
Je doute qu'elle se souvienne de tous ses partenaires.
Elle dit qu'elle se souvient de tous.
Mais j'ai découvert autre chose.
M. Butler est résistant à un médicament, le Racivir.
Malheureusement, le virus transmis à Mlle Ellison
est une souche du VIH résistante au Racivir.
Il est donc possible que les traitements actuels
ne fonctionnent pas sur Mlle Ellison.
Rien à ajouter.
La séance est suspendue jusqu'à demain 10 h.
Je rendrai ma décision à ce moment-là.
Alors, est-ce que la science suffira à convaincre la juge ?
Si ça ne suffit pas, on est foutus.
On a toujours le témoignage de Rebecca.
Je ne suis pas sûre que ça suffise à convaincre le jury.
Vous allez bien, monsieur Butler ?
Vous avez déjà eu l'impression que votre univers s'effondrait ?
Ça n'a pas dû être facile à entendre.
Lequel de vous mène la croisade ?
- On n'a rien dit à la presse. - Quelqu'un l'a fait.
Vous le prenez pour cible depuis le début.
On veut le mettre en prison, mais on n'a pas fait ça.
C'est peut-être Granger qui veut influencer le jury.
Non, sauf s'il sait pirater un compte Faceunion.
C'est comme ça que la presse a eu les noms de ses conquêtes ?
Je suppose. Quelqu'un est allé sur sa page Faceunion pour poster son statut VIH.
Il a dit à ses contacts de se faire tester.
Ces femmes vont vouloir sa tête.
Au moins, il n'y aurait pas de procès.
Une foule de femmes en colère ? Il sera mort avant d'être condamné.
Si les journaux sont au courant, les chaînes d'info le sont aussi.
La salle d'audience va être bondée.
Preston rend son verdict dans une demi-heure.
Si elle n'autorise pas le témoignage de Warner, tout est fichu.
COUR SUPRÊME VENDREDI 20 NOVEMBRE
Levez-vous.
J'ai pris ma décision.
J'accepte les éléments présentés par le Dr Warner.
Ils sont raisonnables et je jury doit les entendre.
Comment puis-je avoir un procès équitable
alors que mon nom a été traîné dans la boue ?
Il s'agit d'une audience publique.
Je ne contrôle pas la divulgation des informations.
La séance est suspendue jusqu'à demain, 10 h.
Puis-je faire une déclaration ?
Non. J'ai rendu mon verdict. Je vous demande de sortir.
Je suis désolée. Peter ?
- Rebecca, non ! - Appelez une ambulance.
Maintenant, tu ressembles au monstre que tu es.
- Peter ! - Je brûle.
- Acide hydrochlorique. - C'est horrible.
Même pour un psychopathe.
Il va être hospitalisé un bon moment.
Son visage et ses mains sont brûlés. Il va sûrement perdre un œil.
Et le procès ?
L'affaire reste en suspens jusqu'à ce qu'il soit en état.
Plus il aura l'air mal en point,
plus le jury le trouvera sympathique.
Un homme est mutilé à vie
et vous pensez que je ne pense qu'à en profiter.
L'occasion fait le larron.
Votre client est sous sédatif. Que faites-vous là ?
Je suis venu vous voir.
Vous poursuivez le bureau du procureur et le service correctionnel ?
Vous n'avez pas protégé mon client.
Abandonnez les charges et nous ne porterons pas plainte.
Il a transmis le VIH à Dieu sait combien de femmes.
Ce sont elles, les victimes.
J'espère pour vous que les jurés seront d'accord quand ils l'auront vu.
Ce salopard croit avoir l'avantage.
Il l'a peut-être vraiment. Rebecca a tout compliqué pour nous.
Et pour elle-même.
Le bureau du procureur veut que je l'inculpe pour agression.
Si elle était dans cette salle d'audience,
c'est parce qu'on l'a suppliée de porter plainte.
Vous ne l'avez pas forcée à lui jeter de l'acide au visage.
Et maintenant, je dois poursuivre mon témoin.
Quand ce sera fait, je reviendrai à Butler.
"Quelle belle preuve d'impartialité !"
Quelle est sa stratégie de défense ?
Elle voulait protéger les autres.
Peter Butler ne menaçait personne au tribunal.
Elle savait qu'il avait transmis le VIH à d'autres femmes.
Elle devait l'arrêter.
Il était en procès.
Il n'aurait pas pu recommencer avant longtemps.
Seulement en cas de condamnation.
Madame Owens, je suis d'accord avec Mme Cabot.
Votre cliente a agi délibérément. Elle n'était pas en danger.
Dans ce cas, nous allons opter pour une défense affirmative.
Maladie ou déficience mentale.
Mlle Ellison est séropositive, pas malade mentale.
Ma cliente a le sida et est malade depuis des mois.
Les antirétroviraux sont trop chers pour elle
et elle a récemment souffert d'une méningite cryptococcale
qui a détérioré sa stabilité mentale.
Il s'agissait d'une vengeance préméditée.
Ma cliente craignait que Peter Butler soit disculpé.
Ce stress a exacerbé son instabilité mentale.
Vous ne pouvez pas me parler sans mon avocate.
Je parle à un témoin dans l'affaire Peter Butler.
Vous voulez quoi ?
Que vous acceptiez un arrangement. Six mois et une mise à l'épreuve.
Non. Je veux que le monde sache ce que ce monstre m'a fait subir.
Rebecca, s'il y a un procès,
vous risquez 25 ans de prison.
Vous êtes malade.
Ne vous imposez pas le stress d'un long procès.
Même si je suis condamnée, j'irai à l'hôpital.
Ils vous obligeront à vous soigner
et vous irez purger votre peine en prison.
Vous vous en fichez.
C'est à cause de vous si je suis là.
Vous m'avez utilisée pour avoir Peter.
En quoi votre emprisonnement vous rendra-t-il justice ?
En quoi cela va-t-il punir Butler ?
Ce salaud va passer le reste de sa vie à penser à moi
et à toutes les autres femmes qu'il a infectées.
Ne laissez pas la haine vous faire prendre une mauvaise décision.
S'il vous plaît, acceptez mon offre.
Je ne veux pas de votre offre.
Je veux dire au monde ce que Peter m'a fait.
COUR SUPRÊME JEUDI 10 DÉCEMBRE
Madame Ellison, vous avez attaqué Peter Butler
parce qu'il vous a transmis le VIH.
C'est ce qu'a fait ce salaud.
Mais vos rapports sexuels avec M. Butler étaient consentis ?
Oui.
Donc il ne vous a pas violée.
- Non, mais... - Lui avez-vous dit d'arrêter ?
Non, mais ce qu'il a fait...
Madame Ellison, quel âge avez-vous ?
Vingt-cinq ans.
Le VIH est connu depuis 1981.
Êtes-vous consciente qu'il se transmet par contact sexuel ?
Oui.
Êtes-vous consciente de pouvoir être contaminée
si vous ne vous protégez pas ?
Oui, mais il...
Pourquoi avez-vous choisi d'avoir des rapports sans préservatif ?
Je ne l'aurais pas fait si j'avais su qu'il était positif.
Lui avez-vous demandé s'il était positif ou atteint d'une quelconque maladie ?
Non.
Vous savez lire ?
Bien sûr.
Pouvez-vous lire ceci ?
FAITES LE TEST POUR SAUVER VOTRE VIE OU CELLE D'UNE PERSONNE CHÈRE
"Faites le test pour sauver votre vie ou celle d'une personne chère."
Cette affiche se trouve à moins de 350 mètres
de votre appartement.
Cet emplacement accueille des affiches de sensibilisation depuis les années 90.
Pouvez-vous lire celle-ci ?
"Je n'aurais jamais cru être positive. Je lui faisais confiance.
Ça n'aurait pas dû arriver."
C'était sur le bus que vous preniez pour aller au travail il y a cinq ans.
Avant votre relation avec M. Butler.
Cette dernière affiche date du temps où vous avez connu M. Butler.
"N'importe qui peut contracter le VIH. Ne soyez pas stupide.
Vous n'aurez jamais mieux dépensé 80 cents."
Savez-vous où se trouvait cette affiche ?
C'est l'arrêt de bus en bas de chez moi.
Pourquoi vous faites ça ?
Pour démontrer que Peter Butler n'est pas seul responsable de votre état.
Vous l'êtes également.
Vous avez choisi de coucher avec lui.
Vous avez choisi de ne pas vous protéger.
Vous avez choisi de prendre ce risque tout comme vous auriez pu le refuser.
S'il vous plaît, arrêtez.
S'il vous plaît.
Rien à ajouter.
L'audience est suspendue. Nous reprendrons après le déjeuner.
Madame Cabot, puis-je vous parler ?
Bien sûr. Qu'y a-t-il ?
Ce n'était pas la faute de Rebecca. Pourquoi la poursuivez-vous ?
Monsieur Butler, elle a grièvement blessé votre petit-fils.
Alors faites-moi témoigner.
Je veux dire à tout le monde ce que mon petit-fils lui a fait.
Monsieur Butler, je suis désolée. Je ne peux pas faire ça.
Monsieur Butler, tout va bien ?
J'ai essayé de prévenir Rebecca.
J'ai essayé de les aider.
On vient de croiser Dewey Butler.
Il veut témoigner en faveur de Rebecca Ellison.
Contre son petit-fils ?
Ça va lui faire un sacré témoin.
De quoi la disculper aux yeux du jury.
Elle l'a empêché de continuer, même si je désapprouve la méthode.
Justement.
Si elle est disculpée, ça reviendra à dire
que l'on peut faire justice soi-même.
On peut peut-être l'empêcher de témoigner.
Tu sais quelque chose que j'ignore ?
Dewey vient de dire qu'il a essayé de prévenir Rebecca.
Qu'a-t-il voulu dire ?
Je n'ai rien à vous dire.
On est venus parler à votre grand-père.
Il dort. Ce procès l'a bouleversé.
- Réveillez-le. - Revenez demain.
Vous aurez sûrement envie de l'écouter
nous expliquer comment il a tenté d'avertir Rebecca.
Il n'aurait jamais fait ça.
Alors pourquoi a-t-il prévenu les médias ?
C'était cette salope de Rebecca.
Voilà le mail qu'il a envoyé à MSNBC.
Lisez ça et pleurez.
- Peter ! - Grand-père !
Grand-père, pourquoi ?
Pourquoi tu as fait ça ? Ils vont me jeter en prison !
C'est ma faute. J'aurais dû mieux t'élever.
Tu m'as sauvé.
C'est maman qui m'a abandonné.
Elle ne t'a pas abandonné.
Je t'ai menti à son sujet.
Je pensais que la vérité te ferait plus de mal.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Ta mère était jeune à ta naissance.
Elle ne savait pas qui était ton père.
Quand tu avais trois ans, elle a rencontré un homme.
Il la battait et il a commencé à s'en prendre à toi.
Elle l'a tué pendant son sommeil.
Elle est morte en prison.
Elle est allée en prison pour te protéger.
Et je pensais te protéger en te mentant à son sujet,
mais je n'ai fait que nourrir ta colère.
Ta mère t'aimait de tout son cœur.
Et moi aussi.
Oh, Peter.
Pardonne-moi, mais c'était la seule façon pour moi de te faire...
- changer. - Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Il n'est pas trop tard pour toi. - Des somnifères.
Il me faut une ambulance au 327 de la 49e rue.
Deviens quelqu'un de bien.
Peter, ne me laisse pas mourir en vain.
Je suis désolé.
Tu m'entends ?
Je suis désolé, grand-père.
PRISON DE RIKERS ISLAND VENDREDI 11 DÉCEMBRE
- Qu'est-ce que vous faites là ? - On vous relâche.
- Peter Butler a retiré sa plainte. - Pourquoi ?
Quelqu'un a donné sa vie pour sauver l'âme de Peter.
Et mon procès contre lui ?
Il a plaidé coupable pour tous les chefs d'accusation.
Rebecca, le grand-père de Peter l'a déshérité.
Il a donné son argent à un fonds fiduciaire
destiné à payer les frais médicaux des femmes infectées par Peter.
Vous recevrez des soins pour le reste de votre vie.
C'est terminé, Rebecca.
Non.
Mon violeur est toujours en liberté.
Nous n'arrêterons pas de le chercher jusqu'à ce que justice soit faite.
LES PERSONNAGES ET FAITS PRESENTÉS SONT FICTIFS
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