All language subtitles for 49_maigret_et_l_ombre_chinoise1

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Original subtitles

Sous -titrage ST' 501

C 'est à vous que je viens de téléphoner ? Oui.

C 'est le médecin.

Vous savez, près d 'une heure qu 'il devrait être là. Vous vous rendez compte

Mais comment ça, le médecin ? C 'est madame de Saint -Marc qui accouche. Son

premier enfant.

Mais elle n 'est pas très solide. C 'est bien pour un meurtre que vous m 'avez

appelée. Ah oui, voilà.

À 6 heures, les employés de chez Boyer sont partis.

Chez Boyer ? Qu 'est -ce que c 'est, chez Boyer ? Les locaux, là, au rez -de

-chaussée.

C 'est là qu 'on vend les sérums de la rivière.

Vous devez connaître.

Et après ? Nous sommes le 30.

Les fins de mois, M. Boyer a l 'habitude de rester seul après la fermeture des

bureaux. Alors, il était là.

Quand j 'ai vidé mes poubelles, je l 'ai vu à travers la vitre, assis dans son

fauteuil. Il écrivait.

Et il était quelle heure ? Lors des poubelles.

Qu 'est -ce que vous appelez l 'heure des poubelles ? À 19h, jamais avant.

C 'est là que je suis montée pour prendre des nouvelles de l 'âme de

J 'ai encore regardé en descendant.

M. Boyer était comme maintenant.

Même que j 'ai cru qu 'il s 'était endormi.

Et puis, une quart d 'heure plus tard... Il était toujours à la même place.

Et après ? C 'est tout.

Après, j 'ai voulu me rendre compte, alors je suis... J 'ai frappé la porte

bureau. On n 'a pas répondu.

Alors je suis entrée.

Il est mort.

La porte était ouverte ? Au dehors du bureau, il suffit de tourner la poignée.

Monsieur de Saint -Marc, c 'est lui l 'accouchement.

Excusez -moi, mais je suis incapable de le voir.

Alors ? Rien, vous avez raison, il est mort.

Vous avez entendu ? Un cri, ça doit être le bébé. Si seulement ils voulaient

arrêter leur phonographe là -haut.

Vous n 'avez rien remarqué d 'anormal depuis la sortie des employés à 6 heures

Rien.

La plupart des locataires sont venus vider leur poubelle.

Vous voyez, c 'est ici, les trois caisses de Zing.

Et de la rue, personne n 'est venu ? Comment voulez -vous que je sache ?

On voit que vous ne connaissez pas l 'immeuble.

Il y a près de 20 locataires, sans compter la maison Bouillé, où c 'est un

-et -vient continuel.

Rien pour moi ? Rien, monsieur Martin.

Qui est -ce ? Une fonctionnaire des contributions.

Il habite au second avec sa femme.

Eh bien, docteur, c 'est un garçon ? C 'est une fille.

Je suis de la police.

Vous pouvez... Vous pouvez me faire confiance.

Comment vous appelez -vous ? Nina.

Nina Monard.

Vous le connaissez depuis longtemps ? C 'est moi, peut -être.

Vous travaillez ? Je suis danseuse.

Je travaillais au Narcisse.

Et maintenant ? Je suis avec lui.

Il m 'avait donné rendez -vous ce soir au Royal.

Il devait prendre un verre, puis aller au théâtre.

Et quand vous ne l 'avez pas vu venir, vous vous êtes inquiétée.

J 'ai téléphoné plusieurs fois, mais la ligne était occupée.

Comme si l 'appareil avait été décroché.

Vous viviez ensemble ? Pas tout à fait.

Il était marié.

Enfin, je... Vous habitez où, alors ? L 'hôtel moderne à Pigalle.

Bonsoir. Bonsoir, docteur.

Bonsoir, commissaire.

Bonsoir.

Excusez -moi, patron.

Ne fatigue pas.

Monsieur, mademoiselle, il faudra prévenir la famille.

J 'ai fait une liste des locataires et de ses principaux collaborateurs. Très

bien.

La balle a dû sectionner la horte, calibre 6 -35, tirée à 2 -3 mètres.

Reste à retrouver l 'arme.

Ces messieurs ont encore trop longtemps.

Je ne voudrais pas qu 'ils me bouleversent toute la maison.

Regardez, il n 'y a plus de lumière chez la dame de Saint -Marc.

Elle a dû s 'endormir, la pauvre.

C 'est Mme Martin.

Il était dû rentrer son mari tout à l 'heure.

Le fonctionnaire des contributions.

Oui, ça arrive souvent.

C 'est elle qui crie. Il n 'ose même pas ouvrir la bouche.

Encore la folle.

Elle panique dès que ça se la laisse seule.

Tiens, qu 'est -ce que je disais ? Mathilde encore à rôder derrière les

Je n 'ai jamais vu quelqu 'un d 'aussi bon.

Et qu 'il croyait que quelque chose pourrait me faire plaisir.

Pas seulement à moi, à n 'importe qui.

Vous auriez vu les pourboires qu 'il laissait, au point que je le grondais.

Mais il s 'en moquait qu 'on puisse te prendre pour une fois.

C 'était un homme heureux ? Plutôt.

Pas vraiment dans le fond.

Il a expliqué.

En fait, il avait besoin de bouger.

De toujours faire quelque chose.

S 'il restait tranquille, il devenait sombre et inquiet.

Il vivait où ? Quand il n 'était pas avec moi.

C 'est un hôtel particulier à lui.

Commissaire Maigret, M. de Saint -Marc. Cher commissaire, vous devez être au

courant pour mon épouse.

Si vous pouviez lui éviter d 'apprendre le drame, vous comprenez dans son état.

Je vous remercie.

Il faut que je vous avoue quelque chose.

Mais je vous écoute.

Vous allez trouver que j 'abuse.

Je vous ai dit que Pierre était très généreux.

Il me donnait tout ce que je voulais, vous comprenez ? Oui.

C 'est ridicule. Je demandais le moins possible.

J 'attendais toujours qu 'il y pense.

Et puis il était presque toujours avec moi. Je n 'avais besoin de rien.

Vous n 'avez pas d 'argent.

C 'est même pas ça.

stupide. J 'avais encore un peu d 'argent dans mon sac.

J 'ai jamais imaginé que Pierre ne viendrait pas.

En l 'attendant au Royal, j 'ai pris un apéritif et puis j 'ai mangé des

huîtres. J 'ai téléphoné et c 'est en arrivant ici que je me suis aperçue qu

me restait juste de quoi payer mon taxi.

Mais, chez vous ? Je vis à l 'hôtel.

Non, non, ce que je vous demande, c 'est si vous avez un peu d 'argent de côté.

Pourquoi faire ?

C 'est ce que je pouvais prévoir.

Et même si je l 'ai su.

Je vous fais rappeler un taxi.

Non, non, je le trouverai au carrefour.

Qu 'est -ce que vous allez faire ?

On vient de me prévenir, c 'est affreux.

Je me présente, Luc Vignal.

Je suis le bras droit de M. Boyer.

Ah, je vous écoute.

Vous savez bien sûr que les sérums du Dr. Rivière sont vendus dans le monde

entier.

C 'est Boyer qui les a lancés.

Dr. Rivière n 'avait pas un sou.

M. Boyer a financé sa recherche.

Le Dr. Rivière est toujours dans l 'affaire ? Dr. Rivière est mort il y a

ans.

Accident d 'auto.

Et c 'est vous qui dirigez l 'affaire avec Boyer ? C 'est moi qui gère ici

la partie commerciale.

Il y a quelques mois, M. Boyer a déménagé les laboratoires dans d 'autres

locaux. Il va rarement au bureau. Comme vous faites moi, la veille du jour de

paye, M. Boyer devrait se rendre à la banque pour retirer les fonds

Environ 3 millions.

Moins 17 heures, j 'ai été obligé de partir.

Vous ne l 'avez pas vu, alors ? Non.

Je devais aller voir ma mère à l 'hôpital.

Mais avant de m 'en aller, j 'ai laissé mon rapport de la journée, comme à l

'accoutumée. C 'est ce document.

Les 3 millions devraient se trouver dans le coffre.

M. Boyer a dû l 'ouvrir pour mettre l 'argent.

Il est le seul, enfin avec moi, à en posséder la clé et le code secret.

Si Boyer y a effectivement déposé la paie, eh bien...

Ce sont 3 millions qui auraient été volés. En plus, les 600 000 que j 'ai

encaissés cet après -midi et que j 'ai placés moi -même dans ce casier entouré

'un élastique.

C 'est une somme.

Et un mobile.

Vous lui connaissiez des ennemis ? Quand on amasse une fortune pareille en aussi

peu de temps, on n 'évite pas les envieux.

Mais des ennemis, non, je crois pas qu 'il en avait.

Votre bureau est au -dessus ? Le bureau, oui, et celui des dactylos et des

employés.

Voyez, commissaire, même s 'il y venait de moins en moins, M. Boyer restait très

attaché à son droit.

En fait, il s 'agit de l 'atelier qu 'il louait à ses débuts.

Nostalgie des années de vache enragée.

Mais à votre avis, pourquoi y venait -il de moins en moins ? C 'était un

boulimique de travail, mais pas le genre à rester assis derrière un bureau.

Tenait à la mort du docteur Rivière.

Il a financé d 'autres recherches.

Il fallait toujours qu 'il lance de nouveaux projets, qu 'il prenne des

C 'était sa passion.

Au revoir, monsieur.

Il faudra vérifier sur de l 'alibi.

En attendant, voici la liste des locataires, patron.

C 'est M. Martin.

Il cherche un gant qu 'il a perdu.

Pour dire que cet homme ne sort jamais les mains nues.

Même pour aller chercher du pain à 50 mètres d 'ici.

Vos enfants sont déjà au lit ? Oui, mais ils ne dorment pas.

Ils sont inquiets.

Les enfants sentent les choses.

Vous voyez tout de même pas que c 'est quelqu 'un de la maison.

Comment vous appelle -t -on, madame ? Madame Boursier.

Au revoir, madame Boursier.

Au revoir, commissaire.

Madame Boursier, elle entend beaucoup de choses, mais... elle entend pas les

coups de feu.

Entre une femme qui accouche, une folle qui hurle, et un couple qui se dispute.

On peut la comprendre.

Oui.

Je vous raccompagne chez vous, patron ? Pourquoi dépressif ?

Non, c 'est juste que... Non, encore une visite à faire.

Commissaire Maigret, nous vous attendions.

Je suis le colonel Dormois.

L 'oncle de Mme Boyer.

Si vous voulez bien me suivre.

J 'aurais quelques questions à vous poser.

Très bien.

Bonne valéance, madame.

J 'aurais voulu savoir pour mon mari.

Il n 'a pas à souffrir ? Oui. C 'est terrible de

savoir que pendant que j 'étais là à recevoir des invités, il était seul dans

son bureau.

Et quand l 'avez -vous vu pour la dernière fois ? Ce matin, ici même.

Je lui ai rappelé que nous avions un dîner ce soir prévu de longue date.

Et puis, vers 16h, il a téléphoné pour me dire qu 'il serait retenu et que je l

'excuse auprès des invités.

Ça lui arrivait souvent de vous faire faux bon.

Tant vous le dire tout de suite, il était coutumier du fait. Question

Oui, vous n 'aviez donc aucune raison particulière de vous inquiéter.

Vous avez une idée des gens avec qui il avait rendez -vous aujourd 'hui et de l

'endroit d 'où il vous a appelé ? Mon mari avait ses affaires.

Je lui posais jamais ce genre de questions.

Dans les circonstances, je suis obligé de vous demander si vous -même ou l 'un

de vos proches vous êtes absenté entre 19 et 20 heures.

Enfin, vous ne soupçonnez pas.

Je ne soupçonne personne.

J 'essaie seulement de reconstituer les faits et gestes de chacun durant cette

journée.

Mon frère Henri est arrivé vers 18 heures. Il est avocat à la cour.

Nous avions un rendez -vous à faire.

Ma mère n 'a pas quitté sa chambre avant le dîner.

Et quant à moi, j 'étais bien trop occupée à tout superviser pour avoir

seulement l 'idée de sortir.

Votre mari ne vous a pas semblé préoccupé ces derniers temps ? S 'il y

soucis, c 'est pas moi qui les aurais confiés.

Avec mon mari, il fallait toujours que tout aille vite.

Comme si le temps lui était compté.

J 'avais toujours peur qu 'il ait un arrêt cardiaque.

Il avait déjà eu une alerte.

Mais jamais j 'aurais imaginé que ça puisse finir comme ça.

En somme, en épousant Madeleine, c 'est toute la famille Dormois que le boyer

devait supporter.

Les rapports semblaient plutôt tendus, d 'après Angèle.

Angèle ? La petite domestique.

Ah bon, tu l 'appelles déjà Angèle ? Voyez les assortis financièrement d 'une

mauvaise passe.

Les Dormois toléraient mal de lui être débiteur.

On peut comprendre qu 'il soit allé chercher du réconfort ailleurs.

Elle n 'a pas remarqué, Angèle, si quelqu 'un est sorti à l 'heure du crime

Il y a une porte de service à l 'arrière de la maison qui donne sur une petite

rue. Je l 'ai moi -même vérifiée. Mais on peut facilement s 'éclipser par là

sans être vu.

Oui, en somme, n 'importe qui pouvait s 'absenter, faire un aller -retour jusqu

'au bureau et revenir se mêler aux invités.

Bon, allez, à demain.

Bonjour à Angèle.

Bonne nuit, commissaire.

Si c 'est pour une chambre, l 'hôtel est complet.

Commissaire Maigret, je veux voir Lynn Moinard.

Chambre 3.

Vous n 'allez pas lui faire des ennuis, au moins ? Une fille tranquille,

toujours aimable.

Elle reçoit beaucoup.

Rien que son ami.

Elle est toujours la même.

Bien sûr.

Je vous le dis, une fille tranquille.

Monsieur Martin.

Nous nous sommes croisés cette nuit dans votre cour. Vous vous souvenez ? Vous

êtes le commissaire. Vous pouvez me dire par quel hasard vous connaissez Nile

Moinard.

Mais je ne connais personne de ce nom.

Mais alors, qu 'est -ce que vous êtes venu faire ici ? Je viens voir Daniel

Boyer.

Daniel Boyer ? Mais il y a un lien de parenté entre ce Boyer et la victime ? C

'est son fils.

Et il y a longtemps que vous êtes en rapport avec lui ? Moi ?

Mon mariage ? Expliquez -vous.

Daniel est mon beau -fils, le fils de ma femme. Et de Pierre Boyer.

Ma femme est la première épouse de Pierre Boyer.

Ensemble, ils ont eu un fils, Daniel.

Quand elle a divorcé, nous nous sommes mariés.

La chambre de Daniel Boyer ? Là, à 27, au deuxième.

Je suis venu annoncer à Daniel...

C 'est un garçon nerveux, impressionnable, pour son père.

Ma femme me disait justement ce matin qu 'il valait mieux que ce soit nous qui

le prenions.

Ah oui, je comprends.

Quand vous êtes ressorti hier soir, où êtes -vous allé ? Je me suis promené, j

'avais mal à la tête.

Ça vous arrive souvent de sortir la nuit comme ça, sans votre femme ? Ça m

'arrive.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Tu sais bien que le matin, je vais avoir des

visites. C 'est ma mère qui t 'angois.

Tu devrais peut -être t 'asseoir.

Ton père a été tué hier soir dans son bureau.

Je viens de croiser par hasard dans le hall le commissaire chargé de l

Quel heure est -il ? 9h.

C 'est de l 'éther, et alors ? Vous arrivez à travailler avec ça ?

Vous voyez souvent votre père

? Parfois.

Où ça ? Ça dépendait.

Et quand l 'avez -vous vu pour la dernière fois ? Je sais plus, il y a

trois semaines.

Oui, il y a ses crochets.

Il était assez riche pour ça.

Ce genre de vie doit être un souci pour une mère.

Mais que voulez -vous dire ? Ne faites pas l 'idiot, M. Martin.

Votre femme doit savoir que son fils vit à l 'hôtel. Sans la moindre activité

que de s 'évader dans les vapeurs des terres.

J 'ai fait tout mon possible pour essayer de décider de gagner de la

Je vous fais remarquer que je ne suis toujours pas habillé avec...

Vous avez retrouvé votre gant ? Vous le cherchiez, cette nuit, dans les

poubelles ? Mais il était chez moi.

Figurez -vous, j 'étais parti avec un seul gant. Je n 'en étais pas aperçu.

À cette heure -ci, votre bureau doit être ouvert depuis longtemps.

Mais j 'ai téléphoné pour demander congé.

Étant donné les circonstances, je ne voulais pas laisser ma femme.

Eh bien, vous pouvez la rejoindre.

Je crois que ça ferait plaisir à ta mère que tu passes la voir.

Au revoir, Daniel.

Où étiez -vous hier soir entre 19 et 20 heures ? Mont -Royal.

Qu 'est -ce que vous faisiez là -bas ? J 'attendais mon père.

Vous aviez besoin d 'argent ?

Vous saviez que votre père viendrait au Royal ?

C 'était un habitué.

J 'avais toutes les chances de le trouver là -bas.

Et en ne le voyant pas venir, vous n 'avez pas eu envie d 'aller jusqu 'à son

bureau ? Non.

Vous connaissez Nile Moinard ? Depuis longtemps.

Bien avant qu 'elle se mette avec mon père.

Votre père était au courant ? Bien sûr que non.

Non, j 'ai toujours su garder mes distances quand ils étaient ensemble.

Vous permettez ?

Puisque on n 'avait pas

pu voir votre père hier soir, vous n 'avez plus d 'argent ? Comme vous dites.

Et où allez -vous en trouver ? Ah, mais ne vous inquiétez pas pour moi.

Vous n 'avez pas d 'autres déclarations à faire ? Parce que si vous aviez

quelque chose à me dire, il vaudrait mieux que ce soit maintenant.

Je n 'ai rien à vous dire.

Ou plutôt, si, une chose.

Vous vous ferez le doigt dans l 'œil jusqu 'au coude avec moi.

Je vous cherchais, patron.

Je vous croyais avec mine, mais je suis arrivé.

Bon, j 'ai vérifié la libide vignale.

Il est bien passé voir sa mère à l 'hôpital. Mais c 'est pas tardé.

Parce qu 'en fait, il était invité à la soirée chez les Boyers.

Monsieur est un habitué de la maison.

Et il n 'a quitté la soirée qu 'après l 'annonce de la mort de Boyer.

Il est venu me voir directement.

Très bien.

Olé ! Bonjour.

Je t 'ai rejoint au bureau.

D 'accord, patron.

Excusez -moi, je serai prête dans deux minutes.

Vous ne m 'en voulez pas de vous avoir tapé hier soir ? C 'est bête, il va

falloir que je vende mes bijoux.

Vous en avez beaucoup ? Dans le fendrier.

Vous n 'irez pas très loin avec ça.

Avec un peu de chance, ils m 'en donneront dans les 100 000 francs.

Je vais retrouver du travail, ça ne me fait pas peur.

Je suis danseuse, vous savez.

J 'espère qu 'on ne va rien écrire sur moi dans les journaux.

Je serai embêtant pour sa femme.

Il vous parlait d 'elle ? Jamais.

J 'ai bien compris que sa famille lui causait des soucis.

Mais si je remarquais qu 'il avait l 'air contrarié, il s 'empressait d 'en

et passait à autre chose.

Ce visage vous dit quelque chose ? Bien sûr, c 'est Daniel.

On s 'est connus il y a quelques années quand je débutais au Narcisse.

Il était tout le temps entraîné dans les coulisses.

En fait, il avait une liaison avec une des danseuses.

Daniel est le fils que Boyer a eu avec sa première femme.

Je ne savais pas qu 'il s 'appelle Boyer, moi.

Comment j 'aurais pu deviner ? C 'est par hasard que Daniel

habite le même hôtel que vous ? On s 'est croisés il y a quelques semaines

le quartier.

En fait, on s 'était perdu de vue avec Daniel.

Il avait pas l 'air bien.

Il venait de se faire jeter dehors par sa petite amie.

C 'est moi qui lui indiquais qu 'une chambre venait de se libérer ici.

Il faut me croire.

Je vous l 'ai dit.

C 'était un chiquetis de pierre comme on en trouve pas beaucoup.

Maintenant...

Commissaire, une dame vous attend depuis une heure.

Elle est en deuil.

Oui ? Non, c 'est pas ce nom -là.

Mme Martin.

Mme Martin.

Mme Martin.

M. Négret ? Si vous voulez, monsieur.

Vous vous demandez, monsieur le commissaire, pourquoi je suis venue ?

C 'est vous qui avez demandé à votre mari d 'avertir Daniel.

Asseyez -vous.

Comment savez -vous ? J 'espère que nous ne sommes pas suivis, au moins.

Le hasard a fait que j 'ai rencontré monsieur Martin ce matin.

En tout cas, je ne voudrais pas que ce soit moi qui vous l 'apprenne plutôt que

la concierge.

Tôt ou tard, vous aurez fini par savoir.

Vous êtes la première, Mme Boyer.

C 'est exact.

Il y a des situations complexes et délicates. Tout le monde ne peut pas

comprendre, même mon mari, qui me disait de ne pas porter le deuil.

Remarquez que je le porte sans le porter, pas de voile, pas de crêpe.

Mais ce n 'est pas parce que nous sommes divorcés que je ne dois pas... Surtout

dans une grande maison comme celle -là.

Vous imaginez les ragots.

Quand avez -vous appris la mort de M. Boyer ? Ce matin, comme tous les

locataires.

C 'est la concierge qui m 'a appris la triste nouvelle et qui m 'a dit que vous

vous occupiez de l 'affaire.

Votre fils n 'est pas venu vous voir hier soir ? Il y a trois semaines que je

l 'ai pas vu.

La concierge pourrait vous le confirmer.

Vous étiez très jeune quand vous avez épousé Boyer.

Tout juste 20 ans.

Mon père était confiseur et j 'ai reçu une éducation plutôt soignée.

Jamais je n 'étais vieux magasin, je peux vous l 'assurer.

À ce moment -là, Pierre a fait croire à mes parents qu 'il avait les moyens de

rendre une femme heureuse.

Je préfère ne pas vous dire à quel point j 'ai souffert avec lui.

Tout l 'argent qu 'il gagnait, il le perdait dans des spéculations ridicules

nous n 'avions jamais un centime.

Quand on n 'est pas capable d 'assumer, il vaut mieux ne pas se marier, non ?

C 'est vous qui avez demandé le divorce ?

Martin

habitait le même immeuble que nous et il avait une belle place dans l

'administration.

Remarquez, il n 'y a rien que de très correct.

J 'ai dit son fait à mon mari.

Le divorce a été demandé d 'un commun accord et nous avons attendu un an,

et moi, avant de nous marier.

Verser une pension à votre fils ? Quand il le pouvait.

Imaginez comme ça peut être humiliant de voir ton second mari assurer les frais

d 'entretien d 'un fils qui n 'est pas de lui.

Daniel était très différent de son père. Il était sensible, affectueux, délicat.

J 'ai tenu à lui donner une bonne instruction, mais quand il a eu 17 ans,

père, qui ne s 'était jamais occupé de lui, a commencé à le pourrir.

Vous voulez dire qu 'il lui donnait de l 'argent ? Beaucoup d 'argent.

À moi, il avait toujours tout refusé. Je taillais mes robes moi -même, je

gardais trois ans le même chapeau. Et Boyer donnait à votre fils tout ce qu

voulait. Et il était devenu riche avec ses histoires de sérum.

Je le voyais arriver dans une auto conduite par un chauffeur avec sa femme.

Peu après leur mariage, je l 'ai guettée pour voir à quoi elle ressemblait.

Malgré les airs qu 'elle se donne, les fourreaux et les bijoux, c 'est une pas

grand -chose.

Enfin, je préfère ne pas faire de commentaires.

Elle ne l 'a pas connue quand il luttait, quand il avait besoin d 'une

pour le soutenir, pour l 'encourager.

Moi, j 'ai connu les années les plus dures de sa vie.

Enfin, tout ça, ça n 'a pas d 'importance.

Je ne lui en veux pas, le pauvre homme.

Peut -être, voyez -vous, rendra -t -il justice au coucher sur son testable.

Je ne voudrais de son argent pour rien au monde.

Martin n 'est pas riche, il manque sérieusement d 'initiatives, mais

faire des ménages pour survivre ? Que je n 'accepterais pas un centime.

Je ne sais pas ce que vous pensez de moi, mais... ça m 'est égal, j 'ai ma

conscience pour moi.

On ne peut pas en dire autant de tout le monde.

Je vous remercie pour votre démarche. Je n 'ai fait que mon devoir.

Au revoir, M. Maigret.

Vous m 'attendiez ?

Vous vous rappelez de Mme Martin ? Ah oui, je sais.

Bon, vous m 'aviez demandé de passer à la banque. Ils m 'ont confirmé que Boyer

retirait lui -même les 3 millions de francs de la paye en billet neuf.

Vous pensez que c 'est le voleur qui a tué ? Je n 'en sais rien.

Et vous pensez qu 'on pourrait avoir un voleur et un assassin ayant agi

séparément ?

T 'as trouvé quelque chose sur le fils Boyer ? Oh oui, il est tenu à l 'œil par

la brigade des jeux et la mondaine le soupçonne de trafic de stupéfiants. Et j

'ai aussi trouvé une autre fiche.

Celle de Mathilde Cormier, une ancienne prostituée.

Ah, la fille qui écoute aux portes.

Daniel, mon fils est venu me voir ce matin sans s 'annoncer.

Et il venait souvent ? Il s 'arrangeait toujours pour voir son père en ville.

En dehors de tout cet argent de poche, votre mari n 'a jamais essayé de s 'en

occuper sérieusement ? Si, bien sûr.

Il a utilisé plusieurs fois ses relations pour lui trouver du travail,

'est à chaque fois soldé par un essai ou une malversation que mon mari s 'est

empressé de couvrir pour éviter les poursuites.

Et aujourd 'hui, pourquoi est -il venu ? Pour le testament que son père aurait

pu lui laisser.

Il m 'a demandé l 'adresse du notaire pour les formalités.

C 'est son droit, bien sûr.

Un jour comme celui -là.

Il y avait une certaine différence d 'âge entre votre mari et vous.

Cette différence ne m 'a jamais dérangée.

Mon mari était un homme d 'une grande vitalité.

Il avait besoin d 'une existence mouvementée.

Il avait sa vie et vous la vôtre.

Je n 'ai jamais fait de reproche.

Et ça vous gênait pas ? Au début, si.

Puis je me suis habituée.

Je crois qu 'il m 'aimait bien.

A sa façon, il me respectait.

Et son collaborateur ? De qui voulez -vous parler ?

Vigilignal ? Il était ici parmi vos invités le soir du drame.

Il était le plus ancien collaborateur de mon mari.

Il lui arrive aussi de venir jouer au bridge avec mon oncle. Donc vous ne lui

connaissez aucun ennemi ? Aucun.

Tout le monde l 'aimait.

Il était trop bon.

Bon, à en devenir ridicule.

Et sa première femme, vous l 'avez connue ? Je suis désolé, mais dans les

circonstances, il est normal que je vous en parle.

C 'était un cauchemar pour lui de la croiser tous les jours sur son lieu de

travail.

Elle se débrouillait toujours pour se trouver devant lui, sans jamais dire un

mot.

Il mettait plus les pieds au bureau que par nécessité.

Et de lui en voulait ? Pour son fils, surtout.

Pour ce qu 'il était devenu.

Mais en même temps, il disait qu 'au fond, c 'était une pauvre malheureuse.

Pourquoi ? Parce que rien ne pourrait jamais la satisfaire.

J 'aurais voulu vous demander, à propos des liaisons de mon mari, Pour éviter

tout risque de scandale.

C 'est délicat, mais... J 'ai besoin de savoir que de ce côté -là, il ne sera

pas nécessaire de... De quoi ? De payer un dédommagement.

C 'est peut -être un peu prématuré.

Commissaire ? On ne m 'a pas présentée. Je suis Jeanne, la sœur de Pierre.

J 'arrive de province.

Je me doute bien que...

Madeleine a dû vous faire sa mijaurie.

Je ne crois pas qu 'elle pleure vraiment la mort de mon frère.

Il faut que vous sachiez que, sans lui, les Dormois auraient été obligés de

vendre cette maison et de renoncer à leur train de vie.

Voilà la vérité.

Vous n 'avez pas l 'air de les aimer beaucoup.

Derrière leur manière et leur sourire, il n 'y a que du mépris pour des gens

comme Pierre ou moi.

C 'est donc un homme parti de rien et qui s 'est fait tout seul.

Ce n 'est pas le même monde.

Ça n 'empêche qu 'il a fait un mariage d 'amour, non ? Une histoire d 'amour

propre, vous voulez dire.

Je l 'avais mis en garde, mon Pierre.

Mais il s 'est emballé comme toujours.

Imaginez.

Après toutes ces années à courir après trois sous, il avait les moyens de s

'offrir une famille bourgeoise avec un avocat, un colonel.

Des dettes. Oh oui, et Dieu sait qu 'il y en avait.

Le résultat de mauvais placements, à ce que j 'ai compris.

Comme le père d 'Ormois était mort, c 'est mon frère qui a tout épongé.

Il n 'a jamais eu beaucoup de chance avec les femmes.

Heureusement qu 'il avait la petite Nine, qu 'elle au moins ne faisait pas

semblant.

Pierre s 'apprêtait à l 'installer dans un appartement pour qu 'elle puisse

récupérer son petit garçon qu 'elle avait dû placer à l 'assistance.

Un petit garçon ? C 'est votre frère qui vous en a parlé ? Oui,

bien sûr, dans chacune de ses lettres.

Madeleine ne lui avait pas donné d 'enfant, alors il voulait compenser avec

fils de Nin, un petit auquel il s 'était tout de suite attaché.

Avec Daniel, il n 'avait connu que des déceptions.

Vous le connaissez ? C 'est curieux.

Il y a moins d 'un quart d 'heure qu 'il est parti.

Il était assis à cette table.

Quand je lui ai demandé ce qu 'il voulait boire, il m 'a dit la même chose

'hier.

C 'était quoi ? Je ne me souviens pas de l 'avoir vu.

Comment j 'aurais pu me rappeler de ce qu 'il avait bu ? C 'est là qu 'il me

dit, c 'est ça, un gin -fizz, voyons.

C 'est ça que j 'ai trouvé bizarre.

Il y a une cause en futur.

C 'est que j 'ai pas servi de jean -fils à soignir.

Il est resté longtemps ? Non, quelques minutes et puis il est parti.

Merci.

Vous venez souvent ici ? Pierre lui donnait des rendez -vous pour son

Mais avec moi, il aimait bien changer.

Jamais un soir au même endroit.

J 'en ai vu avec lui.

Pas seulement des brasseries, des restaurants de luxe.

Ça me ferait plaisir de vous offrir un verre.

Ils ont un vieux cognac, le préféré de Pierre.

C 'est ici que vous avez rendez -vous avec Boyer hier ?

Vous n 'avez pas le souvenir d 'avoir reçu Daniel ?

Je l 'ai croisé en arrivant et il prenait un verre au bar.

Vous êtes sûr de ce que vous dites ? J 'espère que vous avez conscience de la

gravité d 'un faux témoignage.

Vous désirez quelque chose ? De cognac.

Bien, monsieur.

Mon arcee, s 'ils vous ont trouvé du travail ? Je dois y aller ce soir.

Une danseuse est blessée, je vais la remplacer.

Peut -être qu 'ils essaieront de me garder.

Donnez -moi votre main, j 'ai les mille francs que vous m 'avez prêté hier.

Le serveur nous regarde. Je ne voudrais pas vous compromettre.

Avec un salaire de danseuse, ça va être difficile de récupérer la garde de votre

petit garçon.

Vous ne croyez pas qu 'il serait plus simple de jouer franc en jeu ? Mais je

vous cache rien.

Vous savez, j 'ai tout perdu, moi, avec cette histoire.

Un homme gentil.

L 'espoir de voir grandir mon petit garçon.

Si c 'est Daniel qui a volé l 'argent, la donne n 'est plus la même.

Selon toute vraie semblance, il finira par hériter de son père.

Tant ou tard.

Et vous, vous aurez la chance d 'avoir un amant plus jeune.

Je me doutais bien que vous alliez imaginer quelque chose de ce genre.

J 'aimais sincèrement Pierre.

C 'est si difficile à croire.

Encore faudrait -il que vous arrêtiez de mentir.

C 'est Pierre qui m 'a appris que Daniel était son fils.

Il y a une semaine ou deux, pas plus.

Il venait de le croiser dans le couloir de l 'hôtel et il avait l 'air

contrarié. Ça l 'a décidé à vous chercher un appartement ? Il y pensait

longtemps.

Il voulait me voir dans mes meubles, comme il disait.

Je suis sûre qu 'il était prêt à adopter mon fils.

Il n 'y a jamais rien eu entre Daniel et moi. Alors pourquoi vous rendez -vous

complice en lui fournissant un faux alibi ?

Monsieur le commissaire, je voulais vous dire... J 'ai traîné l 'évocataire, j

'ai cru bien faire.

Mais il ne s 'est jamais rien passé.

Vous parlez d 'une histoire.

Dites -moi les martins, j 'en ai un second.

Porte droite, oui.

Ah, hier soir, vous n 'auriez pas vu le fils Boyer ? Essayez de vous

souvenir.

Il ne vient pas si souvent.

Jeanne, Georges, qu 'est -ce que vous voulez faire ? Oh, pousse !

Commissaire Maigret, je vous rapporte votre parapluie.

Moi qui pensais l 'avoir dit dans l 'autobus, je disais justement à Martin,

vous en prie, entrez, entrez.

Mais je ne voudrais pas vous déranger. Mais en quoi pourriez -vous nous

? Martin, donne donc le fauteuil à monsieur le commissaire.

Je peux vous proposer quelque chose à boire ? Non, merci.

Juste un petit verre.

Martin, tout ça, l 'apéritif, s 'il te plaît.

Il y a longtemps que vous habitez l 'immeuble ? Depuis toujours.

Ses parents habitaient déjà ici, dans ce même appartement.

Vous n 'avez jamais pensé à changer ? On aurait bien aimé nous faire déménager.

Figurez -vous que Pierre s 'est permis d 'entreprendre Martin à ce sujet, en lui

proposant même de l 'aider financièrement, comme si tout pouvait s

Il aurait pu manquer que ça.

C 'était tout de même à aboyer de partir si on le dérangeait, non ? On voit tout

ce qui se passe dans le bureau d 'en face.

Si vous aviez regardé hier soir, mon enquête serait déjà finie.

Tout nous sert à quelque chose.

La

jeune

femme qui crie quand sa sœur la laisse seule.

Vous êtes sûre que Mathilde est encore là derrière la porte ? Il chipit !

Je vais vous laisser.

Vous allez voir.

Bonsoir, Mathieu.

Bonsoir, M. Maigret.

J 'ai l 'impression que le colonel s 'est servé de vignal pour avoir un oeil

la gestion de Boyer.

C 'est le clan d 'Ormois.

Si l 'un d 'eux s 'est absenté le soir du crime, on ne le saura jamais.

Cette affaire, aucun suspect n 'a de réel alibi.

Encore moins le fils Boyer.

Vous avez fait une double erreur tactique.

D 'abord cette histoire de djinns -fils au royal, et puis Nîmes.

qui n 'aura pas la trompe d 'assumer longtemps un faux témoignage.

Réfléchissez. Un peu.

Ça fait des années que la pompe à fric fonctionne à plein régime.

Alors pourquoi j 'aurais pris le risque de tout foutre en l 'air ? Vous donniez

de l 'argent à votre mère ? Bien sûr.

Mais avec la hantise de manquer, vous pouvez être sûr qu 'elle a tout mis de

côté.

Au cas où.

Votre père n 'était pas dupe ? De rien, jamais.

On manque ?

Et bon rapport avec Nin ? Jolie brin de fille, non ?

Mais bien trop sentimentale pour moi.

Vous avez quand même fait en sorte de vous installer dans le même hôtel. Il n

a jamais rien eu entre Nin et moi.

Mais c 'est vrai que, quand j 'ai compris qu 'elle était la nouvelle

de mon père, j 'ai été tenté de suivre ça d 'un peu plus près.

Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Qu 'est -ce que vous cherchiez ?

Je ne sais même pas très bien moi -même.

Mais je n 'aurais jamais fait de tort à Nin.

C 'est une brave fille.

Et puis il a son môme. Tiens.

Comment vous avez appris qu 'elle avait un enfant ? Ça n 'a jamais été un

secret. Elle en parle à tout le monde.

Bon, mais voyez.

Il a bien fini par se rendre compte que vous logiez à l 'hôtel moderne.

Oui, il s 'est même imaginé que c 'est ma mère qui m 'avait envoyé là pour

surveiller ses aventures.

J 'ai remarqué qu 'elle en aurait été capable.

Ça faisait longtemps que mon père cherchait un appartement pour Nin.

Il m 'a juste dit qu 'il allait accélérer la manœuvre.

Votre mère était au courant de ce projet d 'installation ? Pour l 'enfant de Nin

aussi, si vous voulez savoir.

Mais je ne comprends pas bien ce que ça pouvait changer pour elle.

C 'était plutôt le problème de sa femme, ça, non ?

Commissaire, vous allez chez les Marquins ? Je ne sais pas si vous faites

Elle a été malade cette nuit. Il a fallu courir chez le médecin. Son mari est

comme fou.

Je ne vais pas vous déranger longtemps.

Je tenais à prendre des nouvelles.

Elle a fini par s 'endormir.

La concierge nous a dit.

Excusez ma tenue, mais j 'ai éveillé toute la nuit.

Vous avez une petite tasse ? Ah, volontiers.

Ma femme est très nerveuse.

C 'est terrible, ces crises -là.

Elle en a souvent ? Jamais aussi violente.

Quand elle était jeune, il paraît que ça lui arrivait fréquemment.

Il faut que vous la ménal.

une simple contradiction.

La voilà en éperdence.

Elle a eu un ennui, hier soir ? Non,

non, non.

Vous avez pris une visite ? Daniel, par exemple ? Non.

Vous êtes passé, puis nous avons dîné.

Et ensuite ? Rien.

Je t 'aime beaucoup, Paul.

Il a eu tant de malheurs dans sa vie.

Vous avez une opinion sur le culte ? Une opinion ? Comment j 'en aurais une

? Je vous assure que...

S 'ils m 'avaient écouté, nous ne serions pas restés dans cet immeuble.

Vous êtes un honnête homme, M. Martin.

J 'ai 32 ans de service.

Si vous saviez quelque chose qui pourrait faire avancer l 'enquête, vous

mettriez un point d 'honneur à me le dire.

Certainement.

Je voudrais savoir, moi aussi.

C 'est plus une vie.

Et qu 'est -ce que vous pensez de votre beau -fils ? Daniel ?

C 'est... Un délinquant, non ? Il n 'est pas mauvais, je vous jure.

Tout ça, c 'est la faute de son père.

Comme ma femme le dit toujours, c 'est lui qui l 'a pourri avec tout cet

Elle a raison.

Voyez, il ne faisait pas ça par amour pour son fils.

Pour tenter d 'appeler sa confiance.

Sa conscience.

Il a eu des torts envers Germaine. Qu 'est -ce qu 'il a fait pour elle ? Rien.

Il a traité comme une servante.

Pourtant, il a aidé dans les moments difficiles.

Et plus tard... Il lui a rien donné, c 'est ça ? Elle s 'était remariée.

Avec vous.

Il est venu prendre de tes nouvelles.

Je vais t 'élu de venir.

Attends, non.

Passe -moi le miroir, le peigne.

Tu vas encore t 'énerver.

Tiens -le -moi, le miroir.

Il y a le droit.

Attends, lâche -le plutôt.

Ne faites pas attention, tout est dans un affreux désordre.

C 'est à cause de cette crise, j 'ai toujours une énergie fragile, pardonnez

-moi.

Vous avez l 'air d 'aller mieux.

Oui.

C 'est vraiment pour prendre de mes nouvelles que vous êtes venu ?

Il faut que je fasse arrêter le lit pour les obsèques, c

'est bien demain.

Tu devrais boire. Le docteur a dit... Je me fiche du docteur.

Vous avez trouvé quelque chose ? Ça avance.

Ne vous dérangez pas.

Restez près d 'elle.

On est de chemin.

Qu 'est -ce que vous en voulez ? Je me demandais si par hasard vous n 'auriez

pas quelque chose à me dire.

Vous habitez lui -même depuis longtemps.

Plus de 30 ans.

Je vais connaître tout le monde.

Je parle à personne.

Vous avez peut -être vu ou entendu quelque chose, non ? Il paraît mieux de

au propriétaire de me faire installer le gaz.

Le gaz ? Ils l 'ont tous ici.

Mais moi, parce que le propriétaire n 'a pas le droit d 'augmenter mon loyer, il

me le refuse.

Je fais tout pour que je m 'en aille, mais il partira le premier les pieds

devant. Ça, vous pouvez le dire de ma part.

Vous savez que votre nom est inscrit au fichier des mœurs ? Et alors ? Vous ne

pensez peut -être même pas que vous allez prendre du service ?

Monsieur de Saint -Marc. Ah,

excusez -moi de vous importuner.

Vous êtes descendu plusieurs fois dans la cour l 'autre soir pour tromper votre

attente. Oui, c 'est exact.

Vous n 'auriez pas remarqué une présence inhabituelle ? Non, vraiment.

Attendez, juste un détail, mais ça n 'a sans doute aucun rapport.

Non, non, dites toujours.

À un certain moment, j 'ai entendu du bruit du côté des poubelles.

Je me suis approché et j 'ai vu une locataire du second. Madame Martin ?

'est une femme nerveuse qui a toujours l 'air pressée.

Elle fouillait dans un des bacs de dingue et je me souviens qu 'elle m 'a

avoir jeté par mégarde une filière en argent.

Et elle l 'a retrouvée ?

Si je me souviens de ce détail, c 'est que pareille mésaventure est arrivée à

mon épouse avec une bague de valeur.

Et le plus drôle, c 'est que cette bague a été retrouvée par un chiffonnier qui

l 'avait repérée en maniant son crochet.

Et vous n 'avez pas une idée de l 'heure où vous avez vu Mme Martin ? C 'est

difficile.

Attendez.

Sa femme était là depuis un bon moment et le médecin tardait à arriver. J

inquiet.

Je lui ai téléphoné.

C 'est là que j 'ai dû descendre pour le guetter.

Vers 10h30.

Je pourrais pas me tromper, mais c 'est à peu près cela, oui.

Je vous remercie.

Je vous en prie.

Ah, madame Boursier.

Vous avez bien l 'habitude de sortir les poubelles le matin sur le trottoir ?

Depuis que je suis veuve, c 'est impossible.

Ces froquettes de zinc sont beaucoup trop lourdes pour moi.

Les hommes de la voirie sont gentils.

Je lance un petit coup de blanc de temps en temps et ils viennent me les prendre

dans la cour.

Comme ça, les chiffonniers ne peuvent pas venir les fouiller.

Vous croyez ça ? Je ne viens pas pour rentrer.

Il y en a 3 ou 4 dans la cour, à me faire une saleté de tous les diables.

Monsieur, le colonel est passé au bureau.

Il voulait s 'entretenir avec vous. Comme ça avait l 'air urgent, j 'ai pris

'initiative de vous l 'amener.

J 'aimerais que tu me trouves les chiffonniers du quartier.

Qu 'est -ce qu 'ils sont censés avoir trouvé ? Parce que les Martins étaient

censés chercher le sort du meurtre.

Un gant et une billard d 'argent.

Très bien.

Vous voulez me parler, mon colonel ?

Figurez -vous que ce matin même, j 'ai découvert un testament.

Un document révoltant.

Fort heureusement, ma nièce ne sait rien encore.

Vous étiez déjà venu dans ces locaux ? Nous deux fois, pour accompagner

Madeleine.

Je n 'aurais jamais pensé revenir pour ça.

Vous voyez, il était assis là, à cette place, avec le coffre à sort, en

trouvaire derrière lui.

Vous avez le testament sur vous ?

Je l 'ai découvert tel quel.

Pas même cherché.

Vous remarquerez qu 'il s 'agit d 'une espèce de brouillon écrit à l 'arbre sur

le papier en tête du grand hôtel. Ceci est mon testament.

Où Boyer l 'avait -il rangé ? Dans sa chambre.

Ma mère n 'avait besoin d 'argent pour régler un fournisseur pour lui éviter de

signer un chèque.

Je suis allé voir dans le secrétaire de Boyer où il avait l 'habitude de ranger

quelque espèce.

Il laisse intégralité de sa fortune à Madeleine, son épouse, à Germaine

sa première femme, et à l 'émoinard.

Ce testament ne tient pas debout.

Il contient je ne sais combien de clauses de nullité.

Dès la fin des absectes, nous le ferons attaquer.

Boyer devait avoir perdu la tête.

Il ne mentionne même pas son fils.

Mais s 'il m 'est paru urgent de vous parler... Vous connaissez l 'alien ?

Pas plus que cela, nous nous sommes croisés. C 'est une bonne heure.

Je n 'ai pas à connaître cette personne.

Qu 'est -ce que je voulais dire ? Ah oui, vous avez vu la date du testament.

Boyer est mort dix jours après l 'avoir écrit.

Supposez maintenant qu 'une des deux femmes dont il est question ait connu

dispositions.

Elles ne sont pas si riches.

Mais j 'ai tout lieu de penser que... Vous pensez au mobile.

Mais pourquoi seulement deux femmes ? Vous oubliez votre nièce.

Que voulez -vous dire ? Moyer mentionne trois femmes.

Et trois femmes de sa vie, en quelque sorte.

Ah bah si vous cherchez Daniel, commissaire, il n 'est pas là.

Il est déjà sorti ? Pas rentré, vous voulez dire.

J 'en profite pour mettre un peu d 'ordre et puis pour aérer.

Ah oui, ça se tourne vers des terres, c 'est tenace.

Mais il vous a dit qu 'il allait partir ? Ah bah c 'est pas la valise de Daniel,

c 'est celle de Nin.

Elle l 'a laissé en dépôt avant de trouver un autre logement.

Oh bah la pauvre ! Avec la mort de son ami, elle n 'a plus les moyens.

On ne va pas être à sa place.

Vous avez un moment ? Oui.

Je suis venu vous voir parce qu 'on a retrouvé le testament de Louis.

Il lègue toute sa fortune à ses trois femmes.

Germaine Martin, sa première épouse, bien qu 'elle se soit remariée.

Madeleine, sa femme légitime.

Et puis... Et puis vous.

Pierre m 'avait dit qu 'il faut en sorte de nous protéger, moi et mon petit

garçon, au cas où, mais... j 'aurais jamais pensé.

Et qu 'est -ce qu 'il voulait dire par au cas où ? Il pensait à sa maladie de

cœur.

J 'aurais dû se ménager, travailler moins, mais j 'avais pas eu le temps en

place.

Vous devez vous douter qu 'ils vont attaquer le testament.

Ça risque d 'être long.

Ce que je vois, c 'est que Pierre a pensé à moi.

Pour le reste, si il faut se battre, je le ferai pour mon fils.

C 'est sûrement ce qu 'il aurait voulu.

J 'ai vu votre valise dans la chambre de Daniel.

Il n 'a pas réapparu depuis hier soir.

Et vous imaginez qu 'il aurait pu fuir ? Pour ça, il faudrait qu 'il ait quelque

chose à se reprocher.

C 'est là que mon oncle a trouvé le testament.

Le tiroir n 'était pas fermé.

Je ne sais même pas si la clé existe.

Le colonel s 'est très bien conduit.

D 'autres auraient pu brûler ce document.

Personne n 'en aurait jamais rien su.

Vous ne pensez tout de même pas que ce document... Ce sera à la justice de

trancher. Le seul fait de déshériter son propre fils suffit à entacher l 'acte

de nullité.

Mais enfin, étant donné son genre de vie, votre mari a peut -être voulu le

protéger contre lui -même en l 'obligeant à passer par sa mère.

C 'est absurde.

Sans compter cette fille.

Vous voulez parler de Nile Moinard ? Peu importe.

C 'est elle qui a tourné la tête de mon mari au point de lui faire perdre toute

mesure.

Jamais je ne me serais attendue à une telle trahison.

Vous étiez au courant de l 'intention de votre mari de prendre un appartement en

ville pour cette jeune femme et son petit garçon.

Vous le saviez.

J 'ai la faiblesse de fermer les yeux sur tant de liaisons.

Avec Ni, on ne pouvait pas parler d 'une simple liaison.

Il éprouvait de réels sentiments pour elle.

Or, Boyer était un homme qui avait déjà divorcé.

Et vous avez compris que, cette fois -ci, il pourrait bien vous quitter.

Votre femme ne va pas mieux ? Tout à l 'heure, elle s 'est remise à délirer.

J 'ai dû faire revenir le docteur. Elle a 40 de fièvre.

J 'ai une nouvelle pour vous.

J 'ai eu en main le testament de loyer. Il laisse un tiers de sa fortune à votre

femme.

Vous dites qu 'il nous laisse ? Oui, enfin, ça n 'ira sans doute pas tout

Sa femme actuelle va faire opposition.

Ça n 'a pas l 'air de vous faire plaisir.

Préparation à 2000 francs, mais il faut que je retourne en racheter.

Moi, j 'ai des tracas, vraiment.

À cause de vos visites, les locataires me regardent de travers.

Je parie qu 'ils me soupçonnent d 'avoir tué Boyer.

Parfaitement.

Peut -être que même vous aussi, vous me soupçonnez.

On choisit le plus faible. Un homme qui n 'est pas capable de se défendre.

Ma femme qui est de malheur.

C 'est pas comme vous.

D 'abord, ils passent leur vie à se disputer.

C 'est toujours elle qui attaque. Elle fait que le harceler.

Parfois, c 'est des vrais cris de rage. Je l 'entends casser des assiettes.

Au point que je me demande comment il l 'a pas encore tué.

Qu 'est -ce qu 'elle lui reproche le plus souvent ? Vous voulez que je vous

? Elle enrageait sa femme d 'un petit fonctionnaire alors que Boyer est devenu

riche à millions.

Alors elle s 'en prend à Martin.

Elle le traite de lâche.

Son fils vient la voir ? Quelquefois.

Et elle lui fait des scènes, elle lui aussi ? C 'est plutôt des conseils qu

'elle lui donne.

Quels donc ? Toujours les mêmes.

Elle a peur que son fils ne touche rien à la fortune qui devrait lui revenir un

jour.

Elle le pousse à se tirer à son père le maximum d 'argent tout de suite.

Je le garderai si tu veux, qu 'elle le répète chaque fois.

Et Daniel, comment il réagit ? Il allait se parler sans rien dire.

Il n 'y aurait jamais longtemps.

Il est venu le soir du meurtre ? Je peux quand même pas être tout le temps dans

les couloirs.

Et depuis, il est passé voir sa mère ? Vous l 'avez vue ? Ça me

regarde.

Qu 'est -ce que vous savez encore ? Je sais pourquoi elle est malade.

Tu n 'as besoin de rien ? Elle n 'est pas méchante, ma petite sœur. S 'il lui

arrive de crier, c 'est qu 'elle a peur.

Alors pourquoi Mme Martin est -elle malade ? Parce qu 'il n 'a pas rapporté

'argent.

L 'argent ? Quel argent ?

Les Martins ne garderont pas.

Vous allez y aller ?

C

'est terrible.

Tous ces gens qui ne lui ressemblent pas.

Vous comptez les rejoindre à l 'église ?

J 'irai au cimetière plus tard, quand tout ça sera fini.

Vous savez, j 'ai beaucoup réfléchi.

Il m 'arrive de penser que Pierre se détête quelque chose.

J 'ai l 'impression qu 'il savait qu 'il n 'en avait plus pour longtemps.

Qu 'est -ce qui vous fait dire ça ? Des mots qu 'il disait et qui me reviennent.

Arrête pas de me tourner dans la tête.

Il avait peur ? Non, plutôt le contraire.

C 'est sa famille qui lui pesait ? Il ne parlait jamais de quelqu 'un en

particulier.

Il disait que les hommes étaient de drôles de zèbres.

Il n 'aimerait pas que je pleure.

Mais ça va, faut pas vous gêner.

Où étiez -vous passé depuis l 'autre soir ? Où vous vouliez que je sois ? En

cavale.

J 'étais avec elle.

Vous n 'avez pas

jugé bon d 'aller à l 'enterrement de votre père ? On a retrouvé le testament.

Alors ? C 'est un document assez drôle qui va faire gagner beaucoup d 'argent

aux avocats.

Votre père lègue toute sa fortune à ces trois femmes.

Ces trois ? Votre mère, sa femme légitime, et Nin.

C 'est à mourir de rire.

Vous n 'avez pas l 'air très affecté par cette nouvelle.

Moi, vous savez... Vous avez assez d 'argent.

Je m 'en fous.

Pourtant... On ne peut pas dire que vous gagnez vraiment votre vie. Pas un sou.

Vous avez mis de l 'argent de côté.

Bon, allez -y, fouillez.

Vous êtes décidé à faire valoir vos droits ? Pourquoi faire ? Le lendemain

crime, vous vous êtes précipité chez Madeleine pour vous enquérir du

Et maintenant, vous voudriez me faire croire que l 'héritage ne vous intéresse

pas.

Peut -être que 3 ,5 millions vous suffisent ?

Vous voyez bien que j 'avais tout à perdre avec la mort de mon père.

Depuis le début, vous faites fausse route avec moi, commissaire.

Oui ? Bon.

À part ça, rien de nouveau ?

Bon, je vais passer au bureau.

Allez, à tout à l 'heure.

Mathilde dit qu 'il n 'a pas apporté l 'argent.

Ça veut dire que Daniel a volé tout en gardant tout pour lui.

Voilà.

J 'arrive pas à saisir le rôle exact du fils Boyer dans cette histoire.

Je pencherais plutôt pour M. Martin.

Il aurait pas eu le cran.

Pourquoi pas ?

Pour ne plus entendre reprocher sa médiocrité.

Vous pensez qu 'il serait allé jusqu 'à tuer ? Non, il y a quelque chose qui m

'échappe. S 'il a volé, pourquoi n 'a -t -il pas rapporté l 'argent à Mme Martin

? T 'as obtenu quelque chose de ta visite au

chiffonnier ? Rien encore, mais je dois y retourner.

Vas -y vite.

Je suis sûr qu 'ils vont finir par retrouver l 'arme.

D 'accord.

Et puis, mets -toi en planque dans l 'immeuble des Martins.

Ah, vous n 'avez rien de plus agréable ? Oui ?

Monsieur

Maigret, l 'homme s 'est fait par la fenêtre. Comme on a dû vous le dire au

téléphone, des témoins l 'ont identifié. Il se nomme Daniel Boyer.

Dieu est net.

La colonne vertébrale est brisée en deux endroits.

Ninette était avec lui.

C 'est elle qui a demandé à ce qu 'on vous prévienne.

Comment est -ce arrivé ? Après la répétition, je suis venue chercher ma

J 'ai voulu en profiter pour me changer.

Et Daniel, comment il était ? Plutôt en forme.

Il a même plaisanté en regardant mes jambes.

C 'est vrai que c 'est cette belle canne de danseuse, Ninette, qui m 'a dit.

Il m 'a appelée Ninette comme son père.

Pendant que je fouillais dans ma valise, il a ouvert la fenêtre.

Et puis ? Rien.

Je n 'ai plus rien entendu.

J 'étais toute seule.

La chambre était vide.

Il n 'avait pas pu sortir par la porte.

Je n 'ai rien vu.

Rien deviné.

C 'est ça le plus terrible.

Il avait l 'air si calme.

C 'est l 'effet de l 'éther.

Vous n 'y pouviez rien.

On ne peut pas prévoir un geste pareil.

Ça ne veut pas dire qu 'il est coupable.

In.

Si vous savez quelque chose, il faut le dire.

Ah, patron ! Vous pensez que René César continue la planque ? Jamais.

Daniel s 'est fupidé.

Mon fils qui jette par la fenêtre, ça va devenir fou.

D 'ailleurs, c 'est bien ce qui arrive.

Ma femme perd déjà la tête, vous l 'avez vu.

Si ça continue, nous deviendrons tous fous.

Comment je vais pouvoir le lui annoncer, moi ? Ça va l 'achever.

Toute une vie, 32 ans, tous les jours à 9h.

Jamais une réprimande.

Calmez -vous.

Votre femme va finir par vous entendre.

N 'oubliez pas qu 'elle est malade.

Vous croyez que je ne suis pas malade ? Vous croyez que je vais supporter

longtemps une vie pareille ?

Pourquoi s

'est -il tué ? Tout ça va mal finir.

J 'ai déjà deux morts.

Dans ce cas, je crois qu 'il vaut mieux.

Quoi ? Tant pis, tant pis.

C 'est indispensable.

Quoi donc ? Quoi ? Vous alliez dire quelque chose.

Moi ? Oui.

Pardon. Je suis tellement bouleversé.

Je crois que je peux vous aider, M. Martin.

C 'est vous qui avez volé les 3 ,5 millions.

À l 'annonce de l 'héritage.

J 'ai eu du mal à comprendre votre consternation.

Tous ces millions, ça aurait dû vous réjouir.

Mais vous vous êtes rendu compte que vous aviez dérobé tout cet argent pour

rien.

Vous êtes passé à l 'acte pour ne plus entendre les récriminations incessantes

de Mme Martin.

Seulement, vous êtes un honnête fonctionnaire, M. Martin.

Vous l 'avez dit vous -même, 32 ans de service irréprochable.

Je n 'avais aucune preuve.

C 'est la migraine qui vous a fait sortir le soir du meurtre.

C 'est le remords.

Cet argent vous brûlait les doigts.

Et pendant la promenade, vous vous en êtes débarrassé.

Vous n 'en avez pas cette peine.

Vous restez bien sûr, ainsi que Mme Martin, à la disposition de la justice.

Merci. Pas de baguette, s 'il vous plaît.

Changez -moi.

Ça commence où exactement, la Belgique ? Français ? Votre carte d 'identité, s

'il vous plaît.

Suivez -moi. Où ? Prenez votre valise.

Mais, le car... Dépêchez -vous, le chauffeur va démarrer.

C 'est moi.

Vous verrez passer la frontière.

Est -ce que vous croyez que ce sera long ? Non, n 'est -ce pas ? Puisque j

'avoue tout.

Je voudrais qu 'on en finisse vite, vous comprenez ?

Je le dirai à mon avocat.

Pas de complications.

Je vois quand il est fait.

J 'ai vu, ça fallait devant moi.

J 'aurais dû vous avouer la première fois que je vous ai vus, mais j 'en ai

eu le courage.

C 'était de ma faute.

Si au moins j 'avais su parler, Daniel serait toujours en vie.

On est en prison.

Au 7 rue de Turène directement.

Monsieur Martin, quelqu 'un est venu de votre bureau pour voir si vous étiez

malade. Il paraît que vous avez...

Elle n 'y est pour rien, n 'est -ce pas ? C 'est moi, avec le

commissaire. Désolé de vous déranger, mais je vous ramène votre mari, qui a eu

le tort de s 'affoler.

Vous avez l 'air d 'aller mieux.

Oui, un peu.

C 'est à la frontière.

Une minute de plus et je passais.

Le médecin ne doit pas venir ce matin ? Non, non, je suis seule ici.

Seule comme une bête qu 'on laisse mourir.

Donnez -moi ça ! Et toi, tu la serres ! Monsieur le commissaire, je vous en

supplie ! Vous êtes une seule bourrette ! Levez la main sur une femme !

Écandonnez

qu 'aucun testament ne peut frustrer un fils légitime de sa part d 'héritage.

Il apparaît que vous pouvez prétendre à hériter de la moitié exacte des biens

laissés par Pierre Boyer, votre premier époux.

Je comprends maintenant pourquoi vous avez jailli du lit pour vous précipiter

chez votre avocat.

Ces larmes sont pour votre fils.

Je ne vous permets pas.

Ou bien est -ce la rage d 'avoir été prise sur le fait ?

Ou bien croyez -vous avoir ?

Je ne parle pas d 'argent, mais de la condamnation.

Vol, assassinat, peut -être rétablira -t -on la préméditation ? Combien, votre

avis ? Pas d 'acquittement, bien sûr, puisqu 'il ne s 'agit pas d 'un crime

passionnel. De l 'argent, rien que de l 'argent.

Dix ans, vingt ans ? On ne peut pas présumer de ce que vont dire les jurés,

j 'ai bien peur que vous risquiez votre tête.

Seulement Mme Martin sera riche.

À moins que cette fenêtre... On ne manquera pas de faire remarquer que de

cette fenêtre, on pouvait tout voir.

C 'est très grave, parce que ça implique une notion de complicité.

Or, dans le code pénal, il y a un alinéa qui précise que l 'assassin ne peut pas

hériter de sa victime, même après avoir purgé sa peine.

Pas seulement l 'assassin.

Les complices aussi.

Vous voyez ? L 'importance que prend cette fenêtre.

Dites -moi, Martin, qu 'est -ce que vous avez fait du revolver ?

Alors,

ce revolver ? Je l 'ai jeté dans la Seine, en même temps que les billets.

Moi, je l 'ai retrouvé dans une poubelle.

T 'es content de toi ? T 'as encore raté une belle occasion de peut -être ? C

'est pas vrai, tu l 'as fait exprès.

De toute façon, le vol, c 'est toi.

Les 360 billets que tu as jetés par -dessus bord, c 'est toi. Tu n

pas à la prison.

Quand on se met en tête de voler, elle ne laisse pas son gant sur le bureau,

? Il y avait des mois qu 'elle me

montrait le coffre par la fenêtre.

Vous voyez, elle a l 'habitude de se rendre l 'oeil à bout.

Ça finit par y aller.

Vous le lui avez dit ? Ah non, elle le savait bien, elle était à la fenêtre.

Et vous avez vu le gant que votre mari avait oublié ?

Comment nous l 'aurait laissé, cette carte de visite ? Vous avez pris le

revolver, vous êtes allé là -bas, et on y est revenu dans la pièce et a cru que

c 'est vous qui l 'aviez volé.

Non, c 'est pas moi.

Pierre, tu penses quand même pas que... Tu crois quand même pas que c 'est moi

qui t 'ai volé, non ? Il a voulu me faire arrêter, oui, voilà ce qu 'il a

faire.

Comme si c 'était pas grâce à moi qu 'il était devenu riche.

Qui est -ce qui s 'occupait de lui au début quand il avait à peine de quoi

manger du pain sans beurre ? Qui le consolait ? Qui l 'encouragait ? C 'est

parce qu 'on avait été séparés que jamais je ferais une chose pareille.

s 'il te plaît, tu vas pas appeler la police, non ? Pierre, il répond moi.

Il s 'est prêté à appeler la police.

Vous vous rendez compte ? Moi qui ai sacrifié ma jeunesse pour lui.

Pierre, arrête ! Pause ce téléphone ! Arrête !

vers les poubelles.

Et, sous prétexte de chercher une petite cuillère, vous avez enfui le révolver

dans les ordures.

Qui avez -vous rencontré à ce moment -là ? Cet imbécile premier, là ! Personne d

'autre ? Moi, je crois que votre fils est venu. Il avait besoin d 'argent.

Et après ? C 'est pas vous qu 'il venait voir.

C 'était son père.

Seulement, vous pouviez pas le laisser aller jusqu 'au bureau.

Qu 'est -ce que vous avez trouvé pour décider de repartir ? Un petit peu d

'argent sur moi.

Si j 'avais pu deviner que c 'était la dernière fois que je le voyais.

Ce soir -là, vous ne parlez de rien avec votre mari.

Ce pauvre bougre de brave homme.

Pauvre bougre de brave homme, et moi ? Moi, je viens de perdre mon enfant.

Martin ne sait pas qui a tué.

Un jour passe, vous ne dites toujours rien.

Le soir suivant, vous cherchez les billets partout.

Vous questionnez votre mari.

Et c 'est la crise.

La crise d 'orage.

Il n 'a pas rapporté l 'argent.

C 'est si Dieu a tout jeté.

Vous avez tué Boyer pour rien.

Une fortune balancée à l 'eau.

Vous en tombez malade.

Votre fils, lui, a tout compris.

Il sent que je le soupçonne.

Il s 'imagine qu 'on va l 'arrêter.

Seulement, il sait qu 'il ne peut pas se défendre sans vous accuser, vous,

sa mère.

Alors, il décide d 'en finir.

Avant -hier,

Vous le versez par la mort de Daniel.

Vous êtes sur le point de m 'avouer le vol.

Seulement votre femme est dans son lit.

Elle vous fait signe de vous taire.

Et c 'est ça qui vous ouvre enfin les yeux.

C 'est elle qui a tué.

Dans son délit, elle a cette idée saugrenue de la fuite à l 'étranger.

on croira à votre culpabilité.

La police se tiendra tranquille et elle viendra vous rejoindre plus tard

avec les millions.

Taisez -vous ! Taisez -vous !

Demandez de l 'argent.

Je serai notaire de pas vous en donner.

Pas lui en vouloir.

Mais c 'est pas moi.

Pas plus de 100 francs à la fois.

Parce que j 'ai assez souffert pour les avoir.

J 'ai assez souffert, moi.

Pour les avoir.

Je n 'aurai rien.

Réalise -moi. Passe -moi.

Passe -moi.

Passe -moi.

Vous faites quoi avec lui ? Martin ?

Rien.

Il a déjà payé.

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