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...
Brouhaha
...
-C'est nul, les spectacles pour enfants.
Les acteurs jouent comme des culs. -De bons comédiens
ont commencé avec des pièces médiocres.
...
-(Ça va, Stéphane ?)
(Ça va ?)
-Ouais, ça va, je me concentre.
-(Y a un peu de monde, c'est cool.)
(Venez, dernier câlin.) -Oui, allez.
-(UN, DEUX, TROIS, PIRATES !)
Applaudissements
Solo de guitare rock
...
-Eliott ?
Eliott ?
Eliott !
-Quoi, quoi ?
-Qu'est-ce que tu faisais ? -Rien.
Je m'entraînais à éviter les boulets de canon.
D'ailleurs, appelle-moi "Capitaine".
Capitaine Eliott.
-Je t'appellerai "Capitaine" quand ton père...
Thème mélancolique
...
-Pour toi, ça allait ? -Mais oui.
Oui, ça va.
Tu joues exactement de la même façon.
Les gens sont très contents.
-Excuse-moi, j'arrive. -D'accord.
-Je veux un autographe.
-Qu'est-ce tu fous là ? -Toi, surtout.
-Je suis Eliott, le prince des pirates.
-Je sais, j'étais dans la salle. T'étais super.
-Ça t'a plu le spectacle ?
-Franchement ?
Bravo, t'étais super. Tu as une énergie...
Incroyable, c'est... Pff !
Tu rayonnes...
T'as le temps pour un café ?
Tu manipules super bien ta guitare.
Enfin, tu fais bien semblant.
-Merci. -C'est dommage que ça s'arrête.
-On aurait voulu continuer, mais c'est comme ça.
-Du coup, tu fais quoi cet été ?
-Rien. Enfin, j'ai passé une audition pour "Déjeuner de famille",
mais physiquement, je correspondais pas.
-Ils voulaient un mec souriant ?
-Oui, voilà.
Je t'avoue que c'est un peu chaud.
J'ai pas fait assez de cachets.
Simon m'a proposé de travailler dans son bar.
Et toi ? -Nous, on repart à Avignon.
Serge remonte "Ma Sœur s'incruste".
-Mais la troupe a fait faillite.
-Serge a obtenu un prêt, c'est du solide.
Cette fois, la banque nous suit.
Mais on s'est fait lâcher par un acteur à dix jours du départ.
Grosse galère, faut le remplacer,
caler des répètes,
ça va être chaud. -C'est Patrick ?
-Non, Théo.
Rires
Quoi ?
-Je me disais aussi...
On s'est pas vus depuis un an, tu te pointes à ce spectacle.
Coralie, je fais pas Avignon.
-T'inquiète pas.
-Soyons clairs, je fais pas Avignon.
-Je te demande rien, puis Serge fait passer des auditions.
Il est où le bar de Simon ?
-Il fait passer des auditions pour mon rôle ?
-Oui.
-Je suis pas au courant.
-C'est pas normal.
-Non, c'est pas normal, non !
J'ai créé le rôle, le minimum syndical, c'est qu'il m'en parle !
-Ouais.
-Ben oui. Bien sûr que oui.
On est à la base de la pièce.
Je suis cocréateur. -Dis-lui, ça.
-Je vais lui dire, t'inquiète.
-Il t'écoutera.
Serge a beaucoup changé. Il est plus calme qu'avant, apaisé.
-Tu me donnes rien ! Je reçois rien !
Au spectacle
de fin d'année, vos familles vont ronfler !
Je vous le dis franchement !
Il parle de la femme de sa vie. C'est pas rien, quand même.
-Faut que je sourie ? -Je m'en fous.
Joue avec ton cœur et tes couilles, pas de psychologie.
Pas de psychologie.
"Je me sentis transporté dès le moment que je la vis..."
Il est transporté, le mec.
Transporte-toi !
"Elle se nomme 'Marianne'."
Putain ! Je veux te voir vibrer quand tu prononces son nom.
Comment s'appelle ton amoureuse ? -Benjamin.
-Ben voilà, quand tu dis "Marianne",
je veux que tu penses tout Benjamin.
De quoi t'as peur ?
-Je sais pas, d'être ridicule. Que le public se foute de ma gueule.
-Oui, le spectateur a que ça à faire.
Il va se payer une place à 15 balles pour se foutre de ta gueule.
-15 euros, c'est pas gratuit ?
-C'est un exemple. -OK.
-Si ce que tu fais te rend heureux, que tu y crois à 100%, là...
Le spectateur te suit, il va au bout du monde avec toi.
Et on n'a pas peur du ridicule.
Quand on a peur d'être ridicule, on le devient.
On reprend. Pose ton texte.
-Tu fais passer des auditions pour mon rôle ?
-Bonjour.
-Cinq minutes de pause.
Ben ouais.
Théo nous a plantés, comme toi,
pour tourner dans une série à la con.
-Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
-Ça t'intéresse ?
-Non. -Et tu me fais chier ?
-Oui, par principe.
La moindre des choses, c'est de me proposer le rôle.
-Steph connaît la pièce et il est génial dans le rôle.
Ce serait plus simple qu'il vienne. -Arrête avec ça.
-Tu veux que Serge s'excuse ?
Il s'excuse de t'avoir viré, là !
-Ça, je m'excuse pas. -Oh, Serge, ta gueule.
-Moi, je veux bien passer l'audition. -Pourquoi pas ? Bonne idée.
D'ailleurs, t'es pris.
-Quoi ? -Voilà, c'est réglé.
-C'est même pas le perso.
-Je le trouve très bien.
-C'est quoi le perso ? -C'est toi.
-Je m'en fous, si tu m'avais appelé, je t'aurais dit non.
J'ai passé l'âge de faire Avignon.
-Moi, je l'ai jamais fait. -On s'en fout.
-C'est super.
Dormir dans des clapiers, bosser comme un chien,
tracter, parader pour être payé en vin, merci.
-Du château Margaux. -Moi, je paye pas
mon loyer avec du pinard !
-Là, la banque nous suit, on sera tous payés.
Sans toi, la pièce
c'est pas pareil. Serge l'a écrite pour toi.
Il croyait en toi quand personne te faisait bosser.
On arrête de s'engueuler pour des conneries.
On est ta troupe de cœur quand même.
Thème rock à la guitare
...
-T'avais peur qu'on fasse
un succès sans toi ?
-Vous étiez dans la merde.
-Ça va ? -Oui, et toi ?
-On a chargé le décor, vu que...
-Que je suis en retard. -Oui.
Elle hurle.
-Pardon, c'est la joie.
-Ça me fait plaisir de te voir. -Moi aussi.
Ça me fait trop plaisir ! -À moi aussi.
-Encore merci, tu nous sauves.
-C'est normal. Vous avez encore ce van ?
-Sophie est increvable. -Salut.
-Salut.
-Voici Marc, notre régisseur.
-Bonjour. -Tu connais Coralie.
Stéphane, Amélie et Patrick.
-Enchanté tout le monde.
-Enchanté tout seul.
Elle ricane.
Pardon, c'est une blague. Bienvenue.
-Bon, on y va, on a huit heures de route.
Récupère les clés de la villa, on se retrouve au théâtre.
-Vous faites attention sur la route. -Oui.
-Marc, tu es prudent. -Je vais dormir, moi.
-Pas vraiment, c'est toi qui conduis.
-J'ai pas le permis, hein.
-Tu te fous de ma gueule ? Tu es régisseur.
Je t'ai dit qu'on devait descendre
le décor en camion.
-Je peux le descendre dans le camion, mais je peux pas conduire.
Mais tu peux conduire, toi. -J'ai plus de points.
-Si personne n'a le permis, qui va conduire Sophie ?
Craquement
-C'est comme la radio, elle marche pas non plus.
-Hm.
-Euh... -Ah !
-J'ai voulu tirer de l'argent, mais ça passe pas.
Tu veux bien payer l'essence ?
-J'ai une Electron.
-Tu ne peux pas payer avec ?
-J'ai pas d'argent dessus.
-Commence par ça, par dire que t'as pas d'argent.
-J'ai dû payer trois loyers et... -Oui. Steph ?
Ça va ? -Oui.
-Tu veux bien avancer l'argent pour l'essence, exceptionnellement ?
-Ils prennent pas
le château Margaux ?
-Je te rembourserai, j'ai dépassé le plafond et...
-C'est bon. -Merci.
-Marco, réflexe.
-Steph, réflexe.
Thème enjoué à la guitare
...
-Super.
-Hé, l'affichage a commencé ! -Quoi ?
Je croyais que c'était demain.
-Ça colle depuis 14h. T'écoutes pas mes messages.
-Si, je les écoute. -Ben non.
-L'affichage a commencé ? -Oui, à 14h.
-La clim' ? -On l'aura la semaine prochaine.
-Elle marche ? -Il fera pas chaud cette année.
-Bon !
Chérie et Stéphane, vous faites
rue des Lys et rue Thiers.
Pat et Amélie, rue Carnot et les Teinturiers.
On privilégie les quartiers
dans lesquels les théâtres jouent des comédies.
Allez, allez ! -Moi, j'affiche où ?
-Nulle part, on décharge.
-Serge, c'est normal qu'il n'y ait pas mon nom ?
-J'allais pas payer 350 affiches et 3 000 flyers
juste pour changer un nom.
Allez, allez.
Brouhaha
...
-Attends, c'est pas par là.
-Dis, tu t'es mis
un Avignon de merde en jouant deux spectacles.
Il a rien dit Sergio pour ton "one" ? -Non, je tracterai pour les deux.
Faudra venir le voir, plein de trucs ont changé.
J'ai enlevé les moments où je perdais un peu le public.
-Genre, le truc du chat ?
-Non, ça marche bien, ça.
-Ah oui. Je confonds avec le truc sur ta grand-mère.
-Ben ?
T'es con, c'est le cœur du spectacle.
-T'as bien fait d'enlever des trucs.
-Comme ça.
Hé, tu fais quoi ?
Ouh, ouh ? -Hein ?
-Tu fais quoi ?
-Rien. -Oui, je vois.
Allez, on s'y met. -Oui, oui.
-On met en carré, comme ça on voit mieux.
Thème mélancolique
...
Bienvenue à la villa.
-Merci. -On va vivre ici pendant un mois.
C'est modeste, mais chouette.
Là, c'est le coin piscine, terrasse. Là, la cuisine.
-Il y a même un compost pour les déchets organiques.
-Cool. Et sinon, au niveau des chambres ?
-Bon !
Au-dessus ou en dessous ? Je me suis mis au-dessus, moi.
-En dessous du coup. -Nickel.
Ça se goupille bien.
Je le sens bien, cet Avignon ! On va se boire un verre ?
J'ai récupéré des bracelets pour la soirée du "IN".
-Comment t'as fait ?
-T'inquiète pas, je suis injouable.
-C'est un bracelet pour pouvoir entrer ?
-Oui. Ici, c'est réservé aux gens
qui jouent
dans les spectacles subventionnés, d'où le nom, "IN".
-Les mecs ont leur bar ?
-On mélange pas les torchons et les serviettes.
-C'est qui les torchons ? -Bonne question.
-Si t'es un torchon, tape dans...
-Arrête, t'es con.
-Quoi ? C'est pas moi.
-Tout le monde nous regarde.
Thème feutré
...
-Il y a un chêne centenaire. -Ah oui.
-Viens, on va le saluer.
-Vas-y, je te rejoins. -OK.
-Je vais boire un verre.
-(Tu devrais leur payer un coup.)
-Non... -(Si, ça se fait, je t'assure.)
-Ils sont grands.
-Serge !
-C'est pour nous, la première.
-Merci, trop cool. -C'est spontané en plus.
-Un verre et j'y vais.
-Pourquoi ?
-On vient juste d'arriver. "Avignon spirit".
-J'ai conduit, puis on connaît personne.
-C'est pas grave.
-Une bière ? -Oui.
Une femme chante un slow.
-Y a cette rivière qui coule
toute l'année
Entre tes yeux
Et les miens
qui pleurent
Il y a ce fleuve qui s'amuse à nous séparer
Faire un pont
Pour de bon
Lui donner
ton prénom
Le traverser
Pour t'embrasser...
-Tu la connais ?
-Vite fait, on a fait un stage, il y a quatre ans.
-Pour de bon.
Applaudissements
...
-Va lui parler.
-Non, elle est avec ses potes.
Puis je la connais pas bien. -Quoi, tu as peur ?
-N'importe quoi, j'ai pas peur. -Ben, vas-y.
Le "non", tu l'as déjà, va chercher le "oui".
Regarde, la brune.
Je suis injouable.
-Ça va être une boucherie.
-Mais c'est toi, oui, bien sûr !
Je t'ai vue hier au théâtre. Magnifique.
-On n'a pas commencé à jouer.
-Exact. Mais c'est ce que je te dirai quand je viendrai te voir.
Tu joues dans quoi, sinon ?
-Dans la nouvelle pièce de Wajdi Mouawad.
-Ah oui ! Alors, "moijdi" bravo.
Et...
Je joue dans "Ma Sœur s'incruste", au Palace.
Tu peux venir. Une place achetée, une place achetée.
Je t'offre un verre ? -Non, je retrouve des amis.
-OK, et ton... -Bon tractage.
-OK, ciao.
Je lui ai dit que je jouais dans "Ma Sœur s'incruste".
Pour ces meufs,
c'est comme si tu disais que tu avais le sida ou la lèpre.
Ou la gale. Ou un petit bouton...
-On l'a, on l'a.
T'as pas eu le prénom, rien ? -Non, j'ai rien eu.
Morceau jazz
...
-J'ignorais que tu chantais comme ça. -David ?
-Y a une chanteuse
là-dessous.
*Morceau jazz électro
*...
-C'est timide, les résas.
-C'est normal, on vient d'arriver.
Tu vas pas stresser tout du long ? Viens danser.
-Ah non.
-Allez, viens, Serge !
J'aime bien ça. On danse jamais.
*...
Tu veux pas lâcher un peu ? Profite.
-Je profite.
-Prends-moi dans tes bras.
Super.
Un slow... Quatre-vingt-dix piges.
*...
-Tu fais quoi ?
-Rien.
-Tu la stalkes ?
Faut pas stalker les gens.
-Je regarde ses photos.
-Oh, le pervers. Tu vas te branler ?
-Mais ça va pas ?
-Y a pas de souci, mais tu fais ça dans les chiottes.
-Je vais pas me branler, OK ? -OK.
Je veux juste instaurer des règles.
-Tu fais chier.
-Bonne nuit.
Petits frottements saccadés
-Putain, sérieux ?
-C'est pour te montrer que notre zone d'intimité est restreinte.
-Allez, mes petits chats ! Allez, mes petits champions !
*Sonnette Je suis pas là !
On frappe.
Qui m'emmerde un soir de Ligue des Champions ?
-C'est pas trop tôt, quatre heures pour ouvrir une porte ?
-Sœurette, t'es pas censée être en lune de miel ?
-Y a eu une éclipse.
Fred m'a quittée. -Quoi, en pleine lune de miel ?
Attends, Serge ?
Je peux jouer l'agacement en mode : "Qui m'emmeeerde ?"
En étirant le "merde".
Avec une gouaille marrante pour pousser la comédie.
Au début, je peux en faire plus.
-Carrément, il faut taper fort dès le début.
Le spectateur doit savoir tout de suite où il est.
Tu vas me piquer le projo à jar', s'il te plaît.
Pour tout le monde :
il faut attaquer fort !
Mais toujours sincère, d'accord ?
Sincère, précis et généreux.
-Je vois pas de jarre.
-Quoi ? -Je vois pas de jarre.
-Non, "à jar'", à jardin. Jardin.
-D'accord, ben, dis "jardin".
"Jar", c'est quoi, "Jean-Michel" ?
C'est Émile... Ajar ?
Hé, t'as lu "Jarminal" ?
"Jaronimo"...
-Tu peux le faire ?
-Pardon.
-On reprend, Serge ? -On reprend.
On enchaîne avec la scène de la masseuse.
Déjà ?
-Ouais, désolé.
-C'est normal. Faut qu'on laisse la place.
Steph, t'as vu Marianne pour ton contrat ?
-Non, elle est où ? -Au Chêne Noir.
Vas-y maintenant, je veux pas d'amende.
-Là ? -Oui, maintenant.
-Mathieu. -Ça va ?
-J'ai l'impression qu'on va se voir tous les jours.
-Ne réplique point, je connais ton amour.
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour.
Plus l'offenseur est cher et plus grande est l'offense.
Je ne te dis plus rien.
Venge-moi, venge-toi.
Montre-toi digne fils
d'un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me range.
Je vais les déplorer.
Va. Cours.
Vole. Et nous venge !
-Super, merci, Daniel.
Pardon, je te presse car on a un petit service de répète.
Demain, tu...
-Ouais. -Et amuse-toi.
Ça part de là. -Je m'amuse.
-Donc, fin de la scène. Moi, première apparition de Rodrigue.
Je descends au plateau et je déclame la stance :
"Percé jusques au fond du cœur..." Etc.
"Ô Dieu, l'étrange peine" Top ! Envolée lyrique.
Il pouffe. Et...
Je peux vous aider ?
-Pardon, je cherche le bureau de Marianne,
la comptable.
-C'est pas là, manifestement. -Oui.
Je regardais par curiosité.
-Je n'aime pas trop qu'on assiste aux répétitions. OK ?
-OK. -Voilà.
Mais si ça vous intrigue, venez nous voir à 17h15.
-Merci, mais c'est pas trop mon truc, le classique.
Les alexandrins, les collants.
Elle pouffe de rire.
-Hm, hm.
La pièce est en alexandrins, mais le monologue est en stances.
-En stances.
Dis donc...
Bonne journée.
(Connard, va.)
-Connard.
-Je l'ai fait ce matin. Attends, je vais...
Là-dedans, tu te formalises pas ? -Non.
-Voilà, allez.
-Merci. -Ciao.
-Excusez-moi, 1 200 euros pour vingt dates,
ça fait pas 60 balles par représentation, c'est pas légal.
-Vous êtes payés un cachet sur deux.
Il te l'a pas dit, Serge ? -Non, il me l'a pas dit.
-C'est Avignon, mon loulou.
-Merci. -Salut.
-Non, je trouve que c'est normal.
En plus, il vient avec sa fille.
Ouais, OK.
Merci de t'occuper de ça, c'est gentil.
Je t'embrasse. On se voit tout à l'heure, bisous.
-Bonjour. Fanny ?
-Salut.
On se connaît, non ?
-Oui, on a fait un stage de théâtre ensemble, il y a quatre ans.
À Meudon, le stage de Patrick Mimoun.
-Mais oui, Stéphane ! -Oui, c'est ça.
-Oui, je me souviens bien. -Ah oui ?
-Du coup, comment tu vas ?
-Pardon, je pensais à autre chose.
Moi, ça va super.
Je suis à Avignon, je fais une pièce.
-Oui...
-C'est logique, c'est Avignon.
-Tu joues dans "Le Cid" ?
-Pardon ?
-C'est ma pièce préférée, je rêve de jouer Chimène.
Qui met en scène ?
Guillaume Castelain ? -Non, tu...
-Bonjour ! -Bonjour, monsieur.
-"Le Couple pour les Nuls", 12h30 à la Comédie Théâtre.
C'est drôle, pétillant.
-D'accord. -Un peu avec du fond, quand même.
Faut pas se le cacher.
On détricote le couple, quoi !
Vous en voulez un ? -Non.
-Bonne journée. -Merci, monsieur.
"Le Couple pour les Nuls", eh oui...
Ce tract est très important.
Je vais le plier en quatre,
le glisser dans ma poche afin de caler ma table basse
qui est bancale.
Oh non, 17h15 ? Je pourrai jamais venir te voir !
-En fait, moi, je joue dans...
Attends, quoi ?
-Je joue à 17h15, on joue en même temps.
-Tu veux dire que... ça, tu pourras jamais le voir ?
-Non. -Du tout ?
-Du tout. On n'a aucune relâche.
-C'est con, c'est une super pièce. -Je sais.
Tu joues qui ?
-Je joue...
le gars, là.
Le gaillard...
-Attends, Stéphane.
Tu joues Rodrigue ?
-Je joue Rodrigue.
-Mais c'est génial, bravo. Tu as le rôle principal.
-C'est une pièce chorale.
-Ma scène d'entrée au conservatoire, c'était :
"Elvire, où sommes-nous ? Et qu'est-ce que je vois ?
"Rodrigue en ma maison,
"Rodrigue devant moi."
-Un truc de ouf. Bip de SMS
Désolé. -Moi aussi, je dois y aller.
-Ils m'appellent. -T'inquiète.
-On va se recroiser, c'est petit, Avignon.
-Carrément. -Yes.
Bon, ça m'a fait plaisir.
-Moi aussi. -À bientôt.
-Oui.
Merci à toi.
"Merci à toi."
"Merci à toi, merci à toi..."
-On y va, c'est tous les soirs !
-Hey !
Thème mélancolique
...
-"Ma Sœur s'incruste", c'est à 14h40 au Palace.
...
Bonjour, "Ma Sœur s'incruste". Tous les jours.
...
Je lève mon verre à la pièce.
J'ai pris un ticket pour le succès. On va être injouables.
-On attend Sergio. -Ce serait sympa.
-Hé, Sergio !
-Vous plaisantez ? J'ai envoyé tous les papiers.
C'était OK. J'ai même avancé l'argent.
-Serge, tu viens ? -J'arrive.
J'ai eu Mme Colombo au téléphone qui m'a dit "banco".
Accord de principe, j'ai rien signé.
-SERGIO, AVEC NOUS !
-Quel taux d'endettement !?
-SERGIO, AVEC NOUS !
-Comment je paye le théâtre, les acteurs, la maison ?
-Il fait soif !
-J'arrive, putain ! J'ai dit que j'arrivais, merde !
Allô ?
Allô ?
L'apéro.
-Ça va pas de gueuler comme ça ?
-Non, mais j'ai pas...
Ma mère trouvait pas la touche HDMI sur la télécommande.
À la pièce. -Santé.
-À la pièce. -Dans les yeux.
Marc : -Mais on n'a pas trinqué, nous.
Une comédienne :
-Pauvre princesse, auquel des deux dois-tu prêter obéissance ?
Rodrigue, ta valeur te rend digne de moi.
Mais pour être vaillant,
tu n'es pas fils de roi.
Bien qu'aux monarques seuls ma naissance me donne...
Ah, Rodrigue !
Avec honneur, je vivrai sous tes lois.
Après avoir vaincu deux rois, pourrais-tu manquer de couronne ?
Et ce grand nom de... Cid,
que tu viens de gagner,
Ne fait-il pas trop voir sur qui tu dois régner ?
Puisqu'en un tel combat sa victoire est certaine,
allons encore un coup le donner à Chimène.
Et toi...
qui vois les traits dont mon cœur est percé
Viens me voir achever
comme j'ai commencé.
Thème solennel à la guitare sèche
...
-Excusez-moi. Je voulais vous dire "bravo".
-Ah, vous êtes venu ?
-Le spectacle était incroyable.
On oublie les vers, le texte
est si puissant. -Corneille.
-J'ai acheté le bouquin.
-Tant mieux, super.
-Pardon, je voulais vous poser une dernière question.
C'est quoi une stance ? -Une forme versifiée
d'un monologue, avec un rythme, des pauses.
Ça vient de "stanza", "pause" en italien.
-"Ô rage, ô désespoir."
-Hé, ça va et toi ? Attends.
Je suis d'accord avec toi, faut serrer l'acte III.
-Pardon ?
-Tu m'as compris. Allez, à plus.
-Au revoir.
-C'est qui ce con, tu le connais ? -Non.
-Il se prend pour qui pour me parler de l'acte III ?
-En même temps, c'est vrai qu'il traîne un peu.
-Pardon, c'est une pipelette. -Non, c'est moi.
Il te faisait des retours ? -Non, il avait terminé.
-Alors, c'était comment ?
-"Le Cid" ? Incroyable. J'étais en larmes.
-En larmes ?
-Avec le public, tu sais, on était vachement en communion.
Ça a fait un truc... Et toi, c'était comment ?
-Génial, c'est pas aussi intense que ça.
Mais on est quasi complets jusqu'à la fin.
-Ah, c'est trop bien !
C'est top. Du coup, tu vas pas tracter.
-À propos de tracts, tu vas rater ta parade.
Ils partent sans toi. -Oui.
Commencez sans moi, j'arrive !
Et du coup, t'as le temps...
T'as le temps ?
-Oui, après le stage, ça s'est pas mal enchaîné.
J'ai fait un passage éclair à la Comédie-Française, puis "Ruy Blas".
-Oui, d'ailleurs, bravo pour ton Molière.
-Tu plaisantes ?
Mais merci, je suis contente.
-Ça a dû t'ouvrir plein de portes. -Oui, d'ailleurs,
j'ai un tournage le 27 au mont Saint-Michel.
-J'adore la Normandie.
-C'est en Bretagne, le mont Saint-Michel.
-Non, en Normandie.
-C'est en Bretagne.
-Et Nantes ? -Pas du tout en Bretagne.
-T'es bretonne ? -Absolument.
Bouillonnement
...
Et toi, depuis le stage, tu as fait quoi ?
-Comme toi, j'étais nul en géographie,
du coup, j'ai bifurqué sur le théâtre.
J'ai joué dans des pièces et puis...
-Et puis Rodrigue, quoi.
Pff...
Castelain, il a pas monté "Fantasio" il y a deux ans ?
-"Spirou et Fantasio" ? -T'es con !
C'est marrant.
Je me souviens qu'au stage,
tu m'avais vachement marquée.
-Ah oui ?
-Ô RAGE, Ô DÉSESPOIR. -Oui, je...
Ah, tes collègues. -On s'en fout, quoi ?
-Non, ça me gêne.
Tu devrais pas être avec moi.
-Un petit "Cid" en amoureux ? 17h15 au Chêne Noir.
-T'es con, Thierry, putain.
J'y vais ou je vais me faire engueuler.
Lâche ça. À plus. -Bonne parade.
-Salut. -Salut.
-Attends, j'en ai besoin.
-TANT DE FOIS AFFERMI LE TRÔNE DE SON ROI.
TRAHIT DONC MA QUERELLE ET NE FAIT RIEN POUR MOI...
-Tu me fais chier, Serge. Tu me saoules, tu comprends ?
Je te l'ai déjà dit :
pas de ristourne. -La pièce a bien commencé.
-La première semaine, il y a les invits.
Vous jouez devant une moitié de salle.
-Je vais faire venir Pascal Trondot.
-Pascal... -Je te jure.
-Il vient jamais.
-Si, il viendra.
Fais-moi confiance, merde. -Tu changes pas.
Que tu sois à l'arrache à 30 ans, OK, mais à 55 ?
-51.
-J'ai des comptes à rendre,
tu comprends ?
-Les chiottes sont HS. Ça vaut au moins 10% de ristourne.
-Désolé, tu as 48 heures. Après, je donne ta place.
-Attends, attends.
-48 heures. -La fin de la semaine.
-48 heures !
-N'épargnez point mon sang.
Goûtez sans résistance la douleur de ma...
Nous partîmes 500, et par un prompt renfort, nous nous vîmes...
Combien ? 3 000.
Ton bras est invaincu.
Et ta main... "Mais non pas invincible."
Le bras, s'il est invaincu...
"Ton bras est invaincu, mais non pas invincible."
-Qu'est-ce que tu fous avec ça ?
-Rien, je lis un petit classique.
-T'étais où après la pièce ?
-Je tractais.
-Les tracts sont restés au théâtre.
Tu as distribué des tracts imaginaires ?
Des flyers écolos ?
Me prends pas pour une conne. Où t'étais ?
T'es vraiment trop con ! T'as honte ?
-Pas du tout.
J'adore faire marrer les gens.
-Tu vas pas faire croire que tu joues "Le Cid"
pendant tout Avignon ?
-Elle avait pas l'air surprise que je joue Rodrigue.
-Il y a deux jours, tu savais pas qui c'était.
-Si, je sais qui c'est.
Mais j'avais pas compris que Rodrigue, c'était le Cid.
Je pensais
qu'il faisait que passer. -Tu connais pas "Le Cid" ?
-Ben non, je connais pas tout le répertoire français.
Toi, tu connais tout ? -"Le Cid", c'est un classique.
-"Bienvenue chez les Ch'tis" aussi et tu l'as pas vu, donc ça va.
-Je te parle de théâtre, pas de cinéma.
Mais c'est pas la question.
Tu vas te faire gauler. Si elle l'apprend, tu es mort.
Si elle t'aime bien, elle s'en foutra dans quoi tu joues.
-Non, ça, je suis pas sûr.
-Dis-lui la vérité. Même pour elle, c'est glauque.
-Je vais lui dire, mais je dois trouver le bon moment.
Mais n'en parle pas aux autres. -Non.
Cris
-Allez !
Il inspire et expire profondément.
*Thème rock de la pièce
*...
-Allez, mes petits chats ! Allez, mes petits champions !
Allez, les rouges.
Allez, faut marquer des buts.
Si l'attaquant marque, c'est top !
C'est top !
-Fais sonner la porte, bordel ! La porte !
*Sonnette, klaxon, sifflet, pet Je suis pas...
Sur scène, quelqu'un frappe.
Qui m'emmerde un soir de Ligue des Champions ?
-C'est pas trop tôt, quatre heures pour ouvrir une porte ?
-Sœurette, t'es pas censée être en lune de miel ?
-Il y a eu une éclipse.
Fred m'a trompée. -En pleine lune de miel ?
C'est carton rouge. On en parlera demain.
-Et tu sais avec qui ?
Avec la masseuse que j'ai choisie.
Elle masse bien, j'étais à deux doigts...
Enfin, "deux doigts" je me comprends.
J'éteins cette télévision. -Non !
Dix ans que les Gunners n'ont pas été en demi-finale !
-C'est un groupe de rock ?
Applaudissements
...
-Merci infiniment d'être venus voir "Ma Sœur s'incruste".
On joue tous les jours à la même heure au même endroit.
Si la pièce vous a plu, parlez-en autour de vous.
Mais attendez d'être sortis, là, ça sert à rien.
Et si...
Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon,
le bouche-à-oreille peut sauver une pièce.
Je vous embrasse, bon festival.
...
-Arrête avec cette vanne. C'est ringard.
-D'habitude, ça les fait rire.
-Mets-toi une plume dans le cul, aussi !
-Faut plus de tension dans la pièce. Jouez ça à l'américaine.
Amélie, la scène
du karaoké, tu...
-On débriefera après, je suis fragile quand je sors de scène.
Comme je joue mon solo après... -OK, OK.
On prend quinze minutes et on se retrouve pour débriefer.
-Amélie, tu m'aides ?
-Salut !
Il y avait du monde aujourd'hui. J'étais là.
-Ah oui ? -C'est à crever de rire.
Et puis, l'acteur principal... -Stéphane.
-Il est génial. Il est pas là ?
-Il était là il y a deux secondes.
-Il est parti ?
Non. Steph !
Le portable vibre.
-Salut, les amis ! Ça monte en énergie.
On est bien, là. -Salut.
-Coucou. -Je vais voir un spectacle.
On se voit plus tard ?
-OK, à plus. Salut.
-Je m'appelle pas Thierry.
-Tu veux venir ?
-Grave. -C'est "Don Juan".
-Allez.
-T'avais rien de prévu ?
-Non. -Super.
-Il va venir voir la pièce tous les jours ou quoi ?
-L'hypocrisie est un vice à la mode.
Et tous les vices à la mode passent pour vertus.
Le personnage d'homme de bien
est le meilleur des personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui.
Et la profession d'hypocrite
a de merveilleux avantages.
C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée.
-C'est ton premier festival ? -Oh non.
Et toi ? -Non.
Je l'ai fait plein de fois. J'adore tout.
L'ambiance, écouter des musiciens, chanter avec eux.
Vivre mille vies dans un mois condensé, c'est fou.
-Moi, pareil, c'est... J'adore, pareil.
Ça va ?
-Oui, ça va. -Sûre ?
-Quand il m'arrive un truc bien,
j'ai toujours une petite voix qui me dit :
"Attention, Fanny, il va t'arriver malheur."
Comme s'il y avait un groupe de petits saboteurs
qui pédalaient dans mon cerveau pour m'empêcher d'être heureuse.
-Je vois très bien.
-C'est vrai ? -Oui.
Ta théorie s'est déjà vérifiée ?
Après chaque truc bien, un malheur t'arrive derrière ?
-Oui, souvent.
-Souvent, pas tout le temps. -Souvent, pas tout le temps.
-Tu répètes ce que je dis ? -Tu répètes ce que je dis ?
-Le mont St-Michel est en Normandie. -Oh !
Le mont St-Michel, c'est en Bretagne.
-Fanny.
Faut que je te dise un truc à propos du "Cid".
-Elvire, où sommes-nous ? Et qu'est-ce que je vois ?
-Justement... -Rodrigue en ma maison.
Rodrigue devant moi.
On se fait ma scène du conservatoire. S'il te plaît !
Elvire, où sommes-nous ? Et qu'est-ce que je vois ?
Rodrigue en ma maison.
Rodrigue, devant moi ?
-N'épargnez point mon sang.
Goûtez sans résistance,
la douceur de ma perte et de votre vengeance.
-Hélas... -Écoute-moi.
-Je me meurs. -Un moment.
Quatre mots seulement.
Après ne me réponds qu'avec cette épée.
-Du sang de mon père encore toute trempée.
-C'est ma balayette.
-Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir.
Tu veux que je t'écoute et tu me fais mourir !
-Je fais ce que tu veux.
Mais sans quitter l'envie de finir par tes mains ma déplorable vie.
-Ah ! Rodrigue.
Il est vrai, quoique ton ennemie,
je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infâmie.
Tu t'es, en m'offensant, montré digne de moi.
Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.
-Que je meure. -Va-t'en !
-Ô miracle d'amour !
-Ô, comble de misère.
Rodrigue, qui l'eût cru ?
-Chimène, qui l'eût dit ?
-Que notre heure fût si proche...
et sitôt se perdît.
Ah...
mortelle douleur.
Va.
Je ne te hais point.
-C'est vrai, tu me hais point ? -Non.
Je ne te hais point.
-Hé, mais voici la vedette !
J'ai été le voir cet après-midi, j'ai adoré.
Mec, vous êtes tous incroyables.
Mais toi, ce que tu joues, c'est un drame !
-Oui, j'espère. -Oui, ça doit être fait comme ça.
C'est à crever de rire.
L'histoire du père, c'est à se pisser dessus.
-Le père, c'est... -Mathieu, on...
-Oui, pardon.
Je voulais juste te féliciter. Bonne soirée.
Bravo, poto ! -Bonne soirée.
-"Qui m'emmerde un soir de Champion's League !?"
Drrrrrrr !
-J'ai pas tout compris. -Moi non plus.
-Il est très en forme, ce monsieur.
À propos d'être en forme, il faut que je le sois aussi.
J'y vais, on se voit plus tard ?
-Oui.
-À demain, Rodrigue.
Thème léger et mélodique
...
-Quand je dis : "Vous m'attendez pour que je vous fasse des retours",
vous m'attendez.
Vous disparaissez pas dans la nature.
C'est clair ?
Ça va, Stéphane ?
Je dérange pas ? -Pardon.
-T'es pas avec nous, tu tractes un jour sur deux.
Si tu t'en fous de la pièce, tu nous le dis franchement.
-Non, je suis à fond.
-Non, t'es pas à fond.
La condition pour Avignon, c'est le tractage.
Il fait 40 degrés, on boit du rosé et on se baigne,
mais on n'est pas en vacances, et le 14 juillet, c'est demain.
Vous voulez ma mort !?
-Il a pas tracté une fois, mais...
-Tu prends sa défense ? -Je dis que ce n'est pas
qu'une question de tractage.
-Faudrait parader.
-C'est surtout que vous jouez comme des chèvres ! C'est mou !
Ça se joue comme du Feydeau, sinon on s'emmerde !
Un moustique vrombit.
Musclez votre jeu ! Je vous le dis franchement.
Patrick, pourquoi tu as mis quatre piges
à donner ta réplique à la kiné, hier ?
-J'ai attendu le top régie, il est jamais venu.
-C'est de ma faute, je stresse. Vous êtes tous si soudés.
Je me reconnais pas du tout.
Normalement, je suis une pile électrique.
-Tu devrais respirer comme je t'ai montré pour te calmer.
Tu respires par la narine droite, tu bloques...
-Vous cherchez des excuses, c'est pas la régie, le problème.
Mais on a l'impression
que vous voulez pas être là.
Coralie, si t'y crois pas, ça marche pas.
-C'est une blague ?
-On dirait que tu te fais chier sur scène, merde !
Tu as une patate chaude
dans la bouche, tu rajoutes des scories partout !
On aurait dit que tu sortais de l'école.
Et encore, une première année se démerde mieux !
Ensuite...
-T'es dur, Serge.
-Je suis pas dur, je suis exigeant, c'est pas pareil.
Coralie est une actrice exceptionnelle !
Elle se doit d'être à la hauteur.
-Tu l'as humiliée devant tout le monde.
-Vous êtes en sucre, on peut rien vous dire.
Je peux vous parler ni avant le spectacle ni après.
Je les fais quand mes notes, le 15 août !?
Vous me faites tous chier, tiens !
-C'est un voyage entre fantaisie et humour...
*Musique de cirque
Brouhaha
...
-Ça m'a fait rire, moi. - Ah bon ?
-J'ai ri.
-Salut. Salut.
-Salut, Stéphane.
On a fusionné les tables, mais on peut bouger.
-Non, aucun problème.
-Vas-y, assieds-toi.
-Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? -Une menthe à l'eau.
-Ça marche.
-Mathilde et Étienne
jouent avec moi sur "Ruy Blas".
-Enchanté. -David.
Je viens de le rencontrer et il joue dans un... Koltès.
-Tout à fait, dans le in.
-Et je vous présente Stéphane
avec qui j'ai fait un stage et qui joue Rodrigue.
-Ah ouais ! -Waouh !
Vachement bien. -Au Chêne Noir ?
Paraît que c'est génial. -On ira te voir.
-Non, non. -Non, on joue
en même temps.
-Merde, dommage.
-C'est nul. -Je sais.
Merci. Santé tout le monde. -Santé !
-Au théâtre. -À toi.
-À Rodrigue.
-J'ai joué ça, moi, Rodrigue, il y a longtemps.
Quel bonheur de jouer en alexandrins.
-Et en stances, aussi.
Comme le monologue de Rodrigue. -Oui, acte I scène 6.
-C'est quoi une stance ? -Oh, tu faisais quoi au Cons' ?
-C'est une forme versifiée de monologue
au rythme particulier. -C'est-à-dire ?
-C'est une forme de vers...
mais il y a un rythme un peu particulier.
-C'est un poème lyrique avec des strophes
qui n'ont pas forcément la même métrique.
Comme le poème de Rousseau.
-Ah oui, je vois.
-Ou le monologue de Rodrigue.
-"Je ne prends point pour vertu les noirs accès de tristesse..."
-"D'un loup-garou revêtu
"des habits de la sagesse." J'adore.
-Frisson, voilà !
À chaque fois.
C'est une chance pour un acteur,
dans le spectre des rôles qu'il a à jouer dans sa vie,
d'incarner une fois Rodrigue, non ?
-Grave, c'est... -Ça a créé quelque chose en moi.
Il y a eu un avant et un après. Comme pour "Ruy Blas".
-Évidemment, c'est un cadeau énorme de jouer ces rôles.
Mais quand j'ai rencontré Stéphane,
il était plutôt du genre comédie légère.
-Sacré grand écart !
-Oui, je suis assez souple.
-Qu'est-ce que tu m'avais fait rire !
Tu avais passé je ne sais plus quelle scène.
Un truc barré. -Je me souviens plus.
-"Les Visiteurs" !
Il avait fait une scène des "Visiteurs".
Le film.
Il a fait Jacquouille.
-C'était pour déconner. -Tu plaisantes ?
C'est hyper audacieux de faire Jacquouille.
Les gens étaient pliés en quatre, moi, la première.
-Fais-le-nous.
-Oh oui !
S'il te plaît, vas-y. -Non.
-JACQUOUILLE ! JACQUOUILLE ! JACQUOUILLE ! JACQUOUILLE !
-"C'est OK ! C'est OK !
"Dingue !
"Messire, un Sarrazin !
"C'est ferré, y a point de bœuf pour tirer !"
"M. Ouille, pas avec votre poncho..."
Hors contexte, c'est...
-Mais... pourquoi Jacquouille ?
-C'était une façon
de rendre hommage à la comédie populaire,
à ces acteurs qui osent flirter avec le ridicule.
Je pense à Christian Clavier,
Louis de Funès...
-"Coup de foudre à Pôle Emploi".
"Mon copain est portu-gay".
-Leur jeu, c'est de trouver les pires noms de pièces du festival.
C'est très cruel, mais c'est très marrant.
-C'est marrant. -C'est si triste.
C'est triste.
C'est d'une tristesse infinie. Comment on peut jouer là-dedans ?
-C'est grave.
Tu dois tout surjouer à fond. Psychologie, zéro.
-Imagine le metteur en scène : "Vas-y, fais-en des caisses.
"Super, change rien !"
-Je suis sûr que c'est ça.
-C'est pas ma famille.
-Mais les gens vont voir ça pour se vider la tête,
oublier leurs soucis, se divertir.
-Pardon, mais on mélange
un peu tout.
"Rendre agréablement sur le théâtre les défauts de tout le monde."
C'est de Molière. Ce qu'on fait est sérieux.
On a un message à faire passer. On véhicule des émotions.
Et encore une fois, le rire, immense oui.
Donc bien sûr, le rire, mais pas à n'importe quel prix.
C'est un acte sacré de monter sur scène.
Ça, on ne peut pas appeler ça du théâtre.
-Je suis d'accord.
-Tu as déjà vu ce "genre de pièce", comme tu dis ?
-Eh ben, je...
-Non ?
Alors, comment tu peux savoir que c'est pas du théâtre ?
Tu as juste vu un titre,
ça peut être trompeur.
Par exemple, tu joues dans quoi ?
-"Dans la Solitude des champs de coton".
-Si je me fie au titre, j'imagine que je vais me faire chier.
Or, sur trois heures quinze, il y a sûrement 2-3 trucs pas mal.
-Ça dure trois heures quarante-sept.
-C'est vrai.
Brouhaha
...
-J'ai une faim de louve.
-On fait un truc avant ? -David a payé pour tout le monde.
-Merci. -Je t'en prie.
-On bouge au bar du IN ? -Oui, je suis chaud.
-J'y suis pas encore allée. -Et le concert ?
-C'était génial. -Tu as des bracelets pour entrer ?
-Oui, mais pas forcément pour tout le monde.
-Je suis fatigué, je vais y aller. -OK.
-Tu veux pas venir, sûr ? -Sûr.
-Salut. -À toute.
-Tu es fâché ?
-Non, pas du tout. -OK.
On se voit demain ? -Oui.
Salut.
Clochette de petit train
...
*Musique reggae
-Babylone...
-Tu trouves pas que c'est un peu de la merde ce qu'on fait ?
Je me demande si c'est vraiment du théâtre.
Mais t'es malade ? Qu'est-ce qui te prend ?
-Excuse-moi.
Tu disais n'importe quoi, je t'ai remis sur le droit chemin.
Assieds-toi.
On est sur un plateau devant des gens assis sur des sièges rouges.
C'est du théâtre.
Pourquoi tu doutes ?
-Je me posais
la question. -Ta question, c'est de la merde.
Écoute pas les gens.
Le boulevard, c'est du théâtre comme un autre.
On le fait très bien.
-Patoche, tu peux aller là-bas ?
-Pour quoi faire ? -Pour aller là-bas.
*...
Je peux te poser une question ? -Oui.
-Pourquoi tu es venu ? -Tu me l'as demandé.
-Et tu en avais envie ?
-Oui. -Tu assumes de faire n'importe quoi.
Je couvre tes conneries
et quand je me fais fumer, plus personne !
-Pardon. -C'est une amitié à sens unique.
-J'aurais dû dire un truc.
-Oui, tu aurais pu me soutenir, c'est dingue.
Je peux avoir une bière !?
Pardon.
Je suis à cran.
-C'est cette histoire avec Fanny.
-On n'avait pas parlé de toi depuis longtemps.
-Non, mais...
-Merci. -Je t'explique juste.
Avec Fanny, je...
Je sais pas.
Mais j'arrête mes conneries.
C'est focus sur la pièce,
on va tout déchirer et Sergio va être fier de nous.
-Ouais.
-Ça va, vous deux ?
-Je sais pas ce qu'il a.
C'est la première fois qu'il me parle comme ça.
J'espère que c'est pas un cancer.
-Mais ça va pas, t'es zinzin ?
-(Hé...)
Je veux pas te déranger.
Ça te dérange pas si je m'assois là ?
-(Il y a quelqu'un là-haut ?)
-Non, s'il y a quelqu'un, il y a un souci.
Ça va ?
Tu n'as pas eu trop de peine
de vendre Sophie ?
-Non, ça va.
-Tu l'aimais beaucoup.
-Attends, Sophie, c'est un camion.
On va pas...
C'est juste un camion.
-Tu aurais pu te battre un peu plus, non ?
-Et toi, tu pourrais pas te battre un peu plus ?
Dans la vie, je veux dire.
Tu t'excuses tout le temps. -Ah bon ?
-Impose-toi, prends le créneau.
-OK.
-Tu es assis sur mon T-Shirt.
-Ah, pardon. -Voilà.
C'était un exemple. -Oui.
-C'est pas grave.
Mais je vais le récupérer.
-Oui, excuse-moi. Non, pardon... Excuse.
Putain !
Je comprends pas pourquoi j'arrive pas à être normal.
J'arrive pas à m'intégrer dans ce groupe.
Je vous vois tous, vous êtes tellement proches.
Moi, je reste dehors. -Mais tu es dans le groupe
depuis un moment.
Tu fais partie du groupe, Marc.
-C'est vrai ? -Non, Marc...
Marc, Marc, Marc...
Attends, hé...
J'ai besoin que tu te rassembles, que tu sois fort.
Je veux pouvoir m'appuyer sur toi.
Je peux compter sur toi ?
-Oui. -C'est vrai ?
-J'ai envie de te faire plaisir. -Tu fais un boulot formidable.
-C'est faux, mais... -Non, c'est pas faux.
Par contre, tu dis rien aux autres pour le camion.
-Tonton, je sais pas mentir, moi.
-Et tu m'appelles pas "tonton"
quand il y a du monde.
-OK, tonton.
*Morceau rock
*...
-T'es une actrice formidable.
-Qu'il fasse déjà la moitié de ce que je fais.
C'est peut-être pas qu'une dispute.
-Mais si. -Non.
On a quinze ans d'écart, on n'a pas les mêmes attentes.
Il a déjà un fils, donc, pour les enfants, c'est plié.
Puis on ne fait plus l'amour.
-Ah bon ? -Non, il ne me désire plus.
-Il t'aime, Serge. -Je te jure.
Je ne suis plus désirable. -Qu'est-ce que vous avez ce soir ?
Je vais te dire deux trucs importants :
tu es drôle, belle et sexy.
Il a de la chance de t'avoir. -Ah bon ?
-Mais oui, enfin, t'es un soleil.
Tu as des yeux, on dirait...
*...
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Tu m'as embrassé, je crois. -Ah bon.
Pourquoi ? -Je sais pas.
-Super.
*...
Amélie vomit.
-Oh non...
-Les amis, quelle aventure humaine incroyable, encore, cet Avignon.
On rentre ? -Allez.
*...
-Comment ça, volée ?
-On est sortis et il n'y avait plus le camion.
-C'est bizarre.
On n'a rien entendu. -Ah non.
-C'est chelou, non ? -Ah oui.
-Il faut porter plainte.
Il faut appeler
l'assurance.
-Je vais le faire.
-Fais-le. -Oui.
-Maintenant.
-Écoute...
-Plus on attend, moins on a de chances
de le récupérer. -Mais il est déjà loin !
La police a d'autres chats à fouetter.
-Putain ! Mais putain !
Les gens, les gens !
Les gens !
Amélie hurle.
-Oh...
-Sans plainte, comment on fait pour les assurances ?
Tu t'en fous, en fait.
Vous dites rien ?
-Qu'est-ce que tu veux qu'on dise ?
On frappe. -La masseuse !
-Elle t'a suivi ?
-Ouais, sur Facebook et chez toi.
-Qu'est-ce qu'on fait ? -Je sais.
-Quelle soirée ! J'arrive !
-T'es qui, toi ? Il est où Fredo ?
*Il m'a promis le mariage !
-Aujourd'hui, je trouve... -J'adore, ça rigole.
-Ils sont chauds, les gens. -Ouais.
Super chauds.
-J'en peux plus. -Oui, j'ai l'impression.
-Ben oui, je suis crevé, moi !
-Arrête, je me suis pas brossé les dents.
-Moi, je pue de la gueule.
-J'avais pas remarqué. Comme dirait mon beau-frère,
vous n'y allez pas avec le dos de la fourchette !
-Il enchaîne pas ?
Pourquoi il enchaîne pas ?
*Note à la trompette
-(Il nous a vus.)
-Je crois pas.
-Il enchaîne pas, j'enchaîne. -Choisis des sons à nous.
-Je n'ai pas pu voir s'il y avait eu un but.
Tu es complètement folle. -C'est juste un petit écart.
"Avignon spirit." Mais c'est terminé.
-J'espère, je me vois pas mentir à Serge.
-Tu mens déjà à tout Avignon avec ton "Cid".
T'es mytho quand ça t'arrange.
-Et toi, tu es une galocheuse.
-Ouais. -Galocheuse, va.
-Attends, je te le passe. C'est pour toi.
-Allô ?
-Ouais, salut, tu viens quand voir le spectacle ? On t'attend.
-Faut pas se contenter de distribuer des flys.
Il faut improviser un spectacle, faire des parades.
-Non, pas les parades. -Mais si, trouve un truc.
-Allô ?
Allô, ouais, quitte pas.
Je te passe quelqu'un. Bonjour.
Excusez-moi... Oh, merde.
-C'est un spectacle ? Allô ?
Qui est-ce ? J'entends pas bien.
J'adore l'impro. -Allez, salut.
-Fanny est là. Tu vas la louper.
-Non. -Fanny, regarde qui j'ai trouvé.
-Coucou, Stéphane.
Ça va ?
-Salut. -Dis donc...
Tu es plein de mystères.
Tu joues dans une autre pièce, une comédie ?
-Non, j'aide des amis à tracter. -Ouais, merci encore.
C'est trop sympa.
Il a le cœur sur la main. -Tu tractes pour tes amis ?
C'est hyper gentil de faire ça.
-Il a le temps de le faire, c'est généreux de sa part.
Je peux voir le flyer ?
"Ma Sœur s'incruste".
"Écrit et mis en scène par Serge Da Costa".
Qui sont les acteurs ?
Coralie Grou, Amélie Bonnerave...
-Présente !
-Théo Espinasse et Patrick Le Deunff.
"Toï toï", comme on dit.
-De ?
-Stéphane tracte bien ?
-On a vu mieux.
-Il est sympa de vous aider. -Il a intérêt,
ce con. -Aïe !
On va pas t'embêter plus longtemps.
Puis tu as ton spectacle.
-Toi aussi, d'ailleurs, non ?
-Absolument. -Ah bon ?
-On va à la soirée ping-pong des Béliers.
Ça vous dit de venir ?
-Non... -Carrément.
C'est ma soirée préférée d'Avignon. Super ambiance, punch à volonté.
-C'est une compétition avant tout.
-Excuse-moi. -J'ai gagné en 2019
et 2021. -Bravo.
-J'ai perdu l'an dernier en demie. J'ai une revanche à prendre.
On y go ? -On sera là.
-Tu viens ? On se voit ce soir. -Salut.
-C'est qui ce trou de balle ? -Personne.
-J'ai pas compris. -Dernière fois que je te sauve.
-Il se passe quoi, là ? -Rien.
-T'en as trop dit. Il se passe quoi ?
-Steph fait croire à cette meuf qu'il joue dans "Le Cid"
et pense que s'il lui dit la vérité, elle le snobera.
-Depuis le début, tu lui fais croire ça ?
-C'est hyper romantique.
-Je sais pas si tu es un génie ou une truffe.
-Elle me plaît. -Pourquoi tu t'emmerdes ?
-En gros, ta vie est aussi une comédie de boulevard.
C'est hyper cathartique.
-Ce soir, on va se régaler.
-Vous dites rien, hein ?
-Non, non. Ben non.
Exclamations
*Musique festive
-OH... !
-Dans "Le Cid", il m'a foutu les poils.
-Tu l'as pas vu, Fanny ? -Non, on joue en même temps.
-Ah, mais quel dommage.
-Comment elle s'appelle
la servante de Chimène ? -C'est la servante.
-Son nom, c'est quoi ?
-Ça va, on parle d'autre chose !?
-Ça parle de quoi "Ma Sœur s'incruste" ?
-Tout est dans le titre.
-Ah, je vois.
-Pour "Ruy Blas",
tu ferais quoi comme pitch ?
-Un valet tombe amoureux de la reine d'Espagne
et, pour l'approcher, il se fait passer pour un comte.
-C'est hyper romantique.
-Oui.
-Patrick, le classique,
ça t'a jamais...
Tu as toujours joué dans des pièces de...
-De ringards ?
-Et voilà !
-C'est pas ce que je disais.
-Le prochain match !
David et Mathilde, Patrick et Coralie !
-Donne tout.
-Tu m'encourages ? -Bien sûr.
-Steph, tu joues pas au ping-pong ? -Non, je préfère le sport.
-Alors, David, je vous le rappelle,
il a noté deux fois son nom sur ce trophée.
-J'ai joué Cyrano.
-Ah ouais ?
-J'ai remplacé un mec à Marigny, au pied levé.
C'était...
"Avoir l'œil qui regarde bien. La voix qui vibre.
"Mettre quand il vous plaît son feutre de travers.
"Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers !
"Sois satisfait des fleurs ou des fruits, même des feuilles.
"Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles."
Ciao, les bambinos.
-Il est l'heure du premier quart de finale
du tournoi de ping-pong
des Béliers !
Acclamations
-J'aimerais pas être à sa place.
-Je savais pas
que tu avais joué Cyrano.
-Je suis plein de surprises, bébé.
J'ai oublié un truc au Palace,
on y retourne après ?
-On ira demain. -C'est important.
-Ça va, un petit thé ? On peut y aller ?
Ça dérange pas si on joue mieux ?
Je parle de ping-pong, hein !
-Oh...
-Lui, avant la fin, je le tarte.
-On lui casse sa tête de peigne-cul. -Allez.
-Service à suivre, c'est maintenant !
C'est parti.
-OUH...!
-C'était des balles.
Zéro à zéro, on commence.
-Non, c'était pas des balles. 1 à 0, David.
Tu es mené.
Deux favoris
contre deux challengers ! Oh...
-OUAIS !
Thème hip-hop
-Service Mathilde !
...
Ça, c'est David !
-Allez !
-D'accord ?
-Le saut de cabri !
-Je peux vous entendre ?
Merci beaucoup !
...
-C'est interminable, ce truc.
On bouge, on va ailleurs, viens.
-Ouais.
-Ça, c'est mon David, bien sûr !
-On peut y arriver. -J'espère.
Hé, tu vas où ? -Service.
-Hé, attends-moi.
-Tu fais quoi ? -Je dis au revoir à Fanny.
-Allez, 8 à 6.
OK ?
-C'est l'amour, l'amitié. Le ping et le pong.
On y va.
-Putain, concentre-toi !
-Ciao !
-Elle est partie, c'est pas grave, je suis là !
Ils jouent un air romantique.
...
-Il dure combien de temps ton tournage ?
-Quinze jours.
Après, je pars à Londres.
-Ah ouais ?
-J'ai...
J'ai été prise sur une série, une très grosse série.
-Sérieux ?
C'est génial, bravo. -Oui. C'est cool.
-Tu as un gros rôle ?
-Le rôle principal.
-Ah ouais ? -Oui.
-C'est trop bien.
-Je pars un an.
...
-Tu avais raison,
dès qu'il se passe un truc bien...
Thème romantique
...
-Viens.
-Et victoire
de Patrick et de Coralie !
Élimination !
-Super match.
-Faites du bruit
pour Patrick et Coralie !
Cris de joie
...
Fanny crie.
Elle éclate de rire.
-Ça va ? -Oui.
-Patoche, ça pouvait pas attendre demain ?
-Attends, bouge pas. -Quoi ?
Qu'est-ce que tu fais ?
*"Femme like U", K.Maro
Coralie rit.
*...
*-Donne-moi ton cœur, baby Ton corps, baby
*Donne-moi ton bon vieux funk Ton rock, baby, ta soul, baby
*Chante avec moi, je veux une femme like you
*Pour m'emmener au bout du monde Une femme like you...
-Moi ?
*-Donne-moi ton cœur, baby Ton corps, baby
*Donne-moi ton bon vieux funk,
*Ton rock, baby, ta soul, baby
*Chante avec moi
*Je veux un homme like you Baby, tu sais que tu me plais
*Un homme like you
*-Donne-moi ton cœur
*Donne-moi ton corps
*Donne-moi ta soul
*Ton rock'n'roll
*Je veux une femme like you...
-C'est très généreux.
*-A man like you, baby
*-Donne-moi ton cœur, baby Ton corps, baby
*Donne-moi
*ton bon vieux funk, ton rock, baby, ta soul, baby
*Chante avec moi Je veux une femme like you
*Pour m'emmener
*au bout du monde
*Une femme like you
*Donne-moi ton cœur, baby Ton corps, baby
*Donne-moi ton bon vieux funk Ton rock, baby
*Ta soul, baby
*Chante avec moi, je veux un homme like you...
Quelqu'un ouvre le portail.
-Tu rentres tard.
-Hein ?
-Tu étais où ?
-Bonne nuit. -J'ai plein de problèmes
et tu fais la gueule ?
Si t'as un truc à dire, dis-le.
On en discute.
-De quels problèmes tu parles ? Hein ?
Je suis là, je suis devant toi, je t'écoute.
-J'ai pas eu le prêt.
La banque m'a lâché. -Tu disais que c'était bon.
-Parce que la conseillère m'a dit que c'était bon.
-C'est pas possible.
Comment on va payer les acteurs ?
La salle ? Il dit quoi, Jean ?
-Je vais essayer de lui filer une partie en cash
pour le faire patienter. -Et tu vas le sortir d'où ?
-Sophie.
-T'as vendu notre camion ?
T'as fait ça.
Je sais pas quoi te dire.
-Je voulais pas t'en parler car je savais que tu me soutiendrais pas.
-À quelle heure je te soutiens pas ?
Je t'ai toujours soutenu.
J'ai toujours été là pour toi.
Il soupire. OK.
Appelle ta mère.
-Pas question.
-Elle a du fric, ça lui fera plaisir de t'aider.
-Ça va la faire jouir, et ça, j'ai pas envie.
-Mais on s'en fout ! On s'en fout !
Tu l'appelles !
Bonne nuit. -Ça me dit pas
où tu étais.
Tu as un amant, c'est ça ?
Ne me mens pas.
Je suis metteur en scène.
Mon outil, c'est l'humain.
Je sais que c'est Stéphane.
-Je m'accorde des moments de vie, je prends du temps pour moi, un peu.
Avignon spirit.
-Il en manque. -Ça arrive, Jean, je te promets.
-On s'est pas compris.
Ça couvre pas un tiers de ce que tu me dois.
Et je parle pas de ce que tu vas me devoir dans quinze jours.
On arrête. -Tu peux pas faire ça.
Le spectacle commence à marcher. -Je t'avais prévenu.
Vous récupérez votre décor. -Non !
Tu me connais, je vais pas m'enfuir ! -Je te connais, oui.
Tu es une plaie. Tous les ans, tu...
-Désolé, deux secondes. Je voulais vous demander :
tu vas nous casser les couilles encore longtemps, toi ?
-Pardon ? -On se saigne pour amuser le public.
Tu crois qu'il viendrait rire dans ton théâtre de merde
s'il n'y avait pas de pièces ? Ils rigoleraient de toi, ouais.
-OK, tu te calmes tout de suite. -Et sinon ?
Tu crois qu'on n'est pas au courant
que tu magouilles avec les assurances ?
Son théâtre n'est pas aux normes.
Si tu veux pas qu'on te balance, arrête de nous casser les couilles.
-OK, du chantage. -Complètement.
Eh ouais, tu veux quoi ? -Tu te calmes !
-Tu me dis de me calmer ? T'as une mouche sur la tête !
-Reste dans ta zone ! -Petit bonhomme, va !
-Attention à toi ! -Tu crois que je suis gentil ?
-Serge, calme ton neveu !
Ça suffit, vous avez une semaine. -Deux.
-Dix jours. Pas un de plus. -Douze.
-Ta gueule, Serge. -Putain, merci.
-Pingouin, là !
Je mets du temps à démarrer, mais après, je suis un diesel.
-Ça, c'est mon neveu ! Putain, on a gagné dix jours.
*Thème rock de la pièce
*...
-Allez, mes petits chats.
Allez, mes petits champions.
*Sonnette Je ne suis pas là !
On frappe.
Ton plat et monocorde :
Qui m'emmerde un soir de Ligue des Champions ?
*-C'est pas trop tôt.
Quatre heures pour ouvrir une porte ? -Sœurette.
-Pourquoi il joue comme ça ? *-Et ta lune de miel ?
-Il y a eu une éclipse. Fred m'a trompée !
-En pleine lune de miel ? -Oui.
-Effectivement, c'est carton rouge. Mais nous en reparlerons demain.
-(Tu fais quoi ?)
Avec la masseuse, en plus !
Elle masse bien. J'étais à deux doigts...
Enfin, deux doigts, je me comprends. Allez, j'éteins la télévision.
-Mais tu es inconsciente !
*Dix ans que les Gunners n'ont pas atteint la demi-finale !
*-C'est un groupe de rock ? -Putain, c'est de la merde.
-Stéphane Touati !
Qu'est-ce que t'as branlé ? -C'était pas mal.
-C'était tout pourri, plat !
T'as mis des temps de sociétaires entre les répliques !
-J'ai cherché la subtilité, on peut faire rire sans en faire des caisses.
-Mais qui a ri ? Tu as entendu quelqu'un rire ?
-La salle était difficile, mais il y avait une belle écoute.
-Ça roule ? Y avait du monde ?
-C'est moi, le metteur en scène. Et je te paye pour obéir.
-À plus. -Un cachet sur deux, je sais.
Franchement, tu abuses.
-Ah, tu leur as parlé pour le prêt ? -Non !
-Vous inquiétez pas,
on va trouver une solution. -C'est quoi cette histoire ?
-Sa mère va l'aider, tout le monde sera payé.
Faut juste qu'on remplisse la salle.
Faut faire plus de tractage, des parades.
-Ah non, pas les parades.
De toute façon, après Avignon, j'arrête.
J'arrête les comédies.
J'en ai assez de faire le guignol. -Le "guignol", carrément.
-C'est vrai. "Ma Sœur s'incruste" au Palace.
T'es pas considéré si tu fais que des comédies.
Fanny est extraordinaire pour ça.
Elle m'a fait comprendre que je pouvais viser plus haut.
Elle a senti que je pouvais élargir mon spectre de rôles.
"Ma Sœur s'incruste" au Palace.
-Je dis pas le contraire, mais tu aimes les grands textes ?
Le subventionné.
-Carrément, j'aime ça.
Je pourrais même partir à Londres faire un stage.
-T'es amoureux pour dire autant de conneries.
-J'ai jamais été aussi heureux.
Hier, j'ai tremblé dans ses bras
tellement j'y croyais pas.
Tu le sens quand il se passe un truc fort.
Et pour elle, c'était pareil. On était comme deux...
Il reçoit un SMS.
Oh, putain.
Oh, putain, non ! -Quoi ?
-Fanny vient voir "Le Cid". -Tu lui as rien dit ?
-Non, j'ai pas eu le temps. -Alors, c'est mort.
-Putain, non !
-Ah ben ?
Thème mélancolique
-Qui fait un crime de mes feux.
Tu vas mourir. Don Sanche est-il
si redoutable qu'il donne l'épouvante à ce cœur indomptable ?
Qui t'a rendu si faible ?
Ou qui le rend si fort ?
Rodrigue va combattre et se croit déjà mort ?
...
Celui qui n'a pas craint les Mores, ni mon père,
va combattre Don Sanche et déjà désespère.
Ainsi donc, au besoin,
ton courage s'abat.
-"Suis-je chez ce cher Serge ?"
Quelqu'un entre. Ah !
Mais pourquoi vous me suivez ? Vous êtes qui ?
Vous êtes le mec de "Télérama".
Je ne peux pas resserrer l'acte III.
J'ai fait ce que j'ai pu. Je suis battu.
Maintenant on fait quoi ?
-Ne réplique point, je connais ton amour.
Il est essoufflé.
Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour.
Plus l'offenseur est cher et plus grande est l'offense.
-(Il est où Guillaume ?)
-(Il est là-bas.) -(Qu'est-ce qui se passe ?
(C'est quoi, ça ? Qu'est-ce qui se passe ?)
-Je ne te dis plus rien.
Venge-moi, venge-toi.
Montre-toi digne fils d'un père tel que moi..
-(Passe le livre.) -(Putain, je vais pas y arriver.)
-(Mets ça.) -(Je vais pas y arriver.)
-Va, cours, vole et nous venge !
-(Je vais pas y arriver, attends.) -(Allez.)
("Percé jusques au fond du cœur...")
*("Percé jusques au fond
("du cœur...")
(Tu m'entends ?)
*("Percé jusques au fond du cœur...")
-Percé jusques au fond du cœur...
*-("D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle.")
-D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle.
Misérable vengeur d'une juste querelle.
-"Et malheureux objet..."
-Et malheureux objet d'une injuste rigueur.
Je demeure immobile
et mon âme abattue.
-("Cède aux...") -Cède aux coutumes tues.
Si près de voir mon feu récompensé Ô Dieu,
l'étrange peine.
En cet affront,
mon père est l'offensé. Et l'offenseur, le père de Chimène.
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse.
L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras.
Réduit au triste choix...
-(C'est quoi, ce bordel ?) -(C'est super.)
-(T'es qui, toi ?) -(On s'en fout.)
-Ô Dieu ! L'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir
le père de Chimène ? -Stop !
Arrêtez tout !
Lumière !
Pardon, messieurs, dames.
Cet individu ne fait pas partie
du spectacle.
Il m'a volé mon costume et s'est incrusté
sur scène.
On va gentiment lui demander de partir.
Qu'il veuille bien quitter le plateau, allez.
-Fanny, attends ! "Je t'ai fait une offense et j'ai dû m'y porter.
"Pour effacer ma honte
"et pour te mériter !" -Il respecte pas les pieds.
On va pouvoir reprendre. Pardon pour ce petit contretemps.
Le temps de remettre mon costume de Rodrigue.
Thème mélancolique
...
-Pff...
Tu vois, franchement... -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Pardon, pardon.
-Je reviens.
-Si tu es venu pour m'engueuler, c'est pas la peine.
-Je vais pas t'engueuler.
Je suis le premier à m'empêtrer dans mes mensonges.
No judgement.
Mais tu nous as foutus dans la merde avec tes conneries.
Quand tout Avignon sera au courant, on va passer pour des cons.
Parce que t'es pas tout seul, t'es dans une troupe.
On vendait pas beaucoup de fauteuils, mais alors là...
-Y a rien d'autre qui t'intéresse à part ton petit spectacle de merde.
-Hé, hé, hé !
J'ai mis toute ma vie dans ce spectacle.
Je vais peut-être y laisser toute mon énergie.
Mes thunes, mes rêves. Sûrement ma femme.
Toi, qu'est-ce que tu as fait ?
T'as eu honte ?
Honte de nous.
Honte de toi.
Petit garçon.
-Laisse-la rentrer. -Tu me coupes toujours mon entrée.
-Je sais, je suis... -Elle attend deux heures.
-Il y a ton copain comique. -On va boire un verre ?
-Je vous rejoins. -À tout à l'heure.
-Fanny.
Fanny, attends.
Laisse-moi t'expliquer. -M'expliquer quoi ?
Ta technique pour choper des meufs ? J'ai pas de temps à perdre avec toi.
-J'ai essayé dix fois
de t'en parler.
Mais tu...
-C'est de ma faute ?
-Non. -C'est ce que tu veux dire.
-Mais pas du tout. Je sais pas ce qui m'a pris.
Enfin, si, je sais, mais...
Quand tu as cru
que je jouais dans "Le Cid", j'ai vu tes yeux briller.
Et je me suis pris au jeu.
-Il est là, le problème.
Tu as cru que c'était un jeu, pas moi.
"Les Grands soirs", Alex Beaupain
...
-Rappelle-toi que l'on riait
Nous étions ivres un jour sur deux
Tu dansais, moi, je titubais
Et nous en prenions jusqu'aux yeux
C'est comme rangé dans un tiroir
Ça fane, ça jaunit, ça déteint
Que reste-t-il de nos grands soirs ?
Quand s'en vient le petit matin ?
...
-Ça va ? -Hm.
Oh...
-Arrête, t'es con.
-C'est dégueulasse, surtout.
J'en ai plein les doigts.
Je voulais te dire...
Bon, toi et moi,
il y a comme qui...
Je t'ai écrit un poème.
-Attends, Patrick. -Non, mais, lis-le.
On parle de tout ça à tête reposée.
-Patrick, je t'aime vraiment beaucoup,
t'es un mec chanmé, mais je peux pas.
-Tu as peur de faire de la peine à Serge ?
-Non, j'ai peur de te faire de la peine à toi.
Je regrette rien de ce qui s'est passé, mais j'aime Serge.
Je suis désolée.
-Non, mais attends, il n'y a pas de souci.
-Oui ? -Oui, tu as toujours été honnête.
Donc...
Je sais que Serge et toi, vous êtes comme ça.
-Tu m'en veux pas ? -Mais non, attends.
-Je suis soulagée que tu le prennes comme ça.
-On reste copains ? -Ben oui !
-La pièce marche très bien, je pourrai te rembourser.
Non, pas du tout, maman.
La pièce marche très bien.
Écoute, maman.
Je suis en train de tout perdre.
Soit tu m'aides, soit...
-Viens, tonton, on va manger.
-M'appelle pas "tonton" quand il y a du monde.
-On n'est que tous les deux.
Puis tout le monde est au courant.
-Hein ? -Ah ben...
-Pour la parade, on va se mettre devant la place.
Il y a plein de monde. Ça va cartonner.
-Non, on va là-bas. -C'est bien aussi.
-Donc, pour Londres,
on a vu avec la prod', tu voyages en première.
-Vas-y, Marco, envoie. -Quoi ?
Ah bon, tu es sûr ? -Oui, sûr.
*Thème de "Starsky et Hutch" Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
votre attention, s'il vous plaît !
*...
-Un, deux, trois, quatre !
-"MA SŒUR S'INCRUSTE" ! LA, LA, LA, LA, LA.
"MA SŒUR S'INCRUSTE" !
AU PALACE, TOUS LES JOURS, 14H.
UNE PIÈCE QUI PARLE DE TA PETITE SŒUR.
"MA SŒUR S'INCRUSTE" ! LA, LA, LA, LA, LA.
"MA SŒUR S'INCRUSTE" !
ON RIGOLE, ON S'ÉCLATE TOUS EN CHŒUR,
MÊME SI ON N'A PAS DE PRODUCTEUR.
*Scratch hip-hop
-Yeah !
Quand je dis "Ma sœur"...
Vous allez me dire : "S'incruste".
Ma sœur ? -S'INCRUSTE !
-Ma sœur ? -S'INCRUSTE !
-Ma sœur ? -S'INCRUSTE !
-Mon beauf ? -DÉGUSTE !
Prr, prr, prr...
-Alors, comme on adore les incrustes, on va tous s'incruster à vos tables !
-Merci à tous !
-Tu peux valider le truc.
-C'est super, super.
Bravo, tu peux le faire.
"Ma Sœur s'incruste", 14h40 au Palace.
-Tu commenceras sans contrat et... -Bonjour, Fanny.
Alors, voilà, je joue dans une pièce,
"Ma Sœur s'incruste", tout est dans le titre.
Une comédie légère qu'on joue avec le cœur.
Si vous voulez venir voir, bienvenue.
-Non, c'est gentil.
J'aurai pas le temps de venir.
Je suis complet, je vais déjà voir tous mes talents.
-Ah oui, "Ruy Blas", bien sûr. -Voilà.
-C'est une jolie pièce.
C'est bien l'histoire d'un valet qui se fait passer pour un comte
parce qu'il est amoureux de la reine ?
-C'est un peu plus complexe.
-J'imagine qu'il avait pas le choix.
Elle l'aurait jamais regardé, sinon.
En tant que reine, c'est les nobles, les aristos, les préjugés.
-Tu peux nous laisser ?
On était bien.
-Elle lui pardonne à la fin ou pas ?
C'est quoi la fin de l'histoire ?
Fanny, c'est quoi la fin de l'histoire ?
-À la fin, il se donne la mort.
-Ouais, c'est radical.
Je suis sûr qu'il voulait pas lui faire du mal.
C'est qu'un pauvre type qui pensait qu'il était pas
assez bien pour elle.
Oui, c'est ça.
J'étais persuadé
que si je disais la vérité, tu m'aurais pas regardé.
En fait, c'est le contraire.
Si je t'avais pas menti, j'aurais jamais osé te parler.
Parce que...
Parce que je t'aime.
"Parce que je suis un malheureux qui t'aime d'amour.
"Parce que j'ai des rêves sans nombre.
"Je t'aime de loin, d'en bas, du fond de l'ombre.
"Vraiment, j'ai bien souffert, si tu savais, madame.
"Je t'aime.
"Ô mon Dieu, j'ose le dire en face à Votre Majesté.
"Que faut-il que je fasse ?"
Fanny, regarde-moi.
Que faut-il que je fasse ?
Je vous souhaite un bon festival.
-Ils savent plus quoi inventer pour se faire remarquer, les mecs.
L'enfer. -C'est clair.
-"Ma Sœur s'incruste", ben, dis donc...
Thème mélancolique
...
-(Soyons sérieux, déconnons !)
-On va enfin regarder le match en replay.
-Arsenal/Bayern ? 3-2 pour le Bayern.
...
"Ma Sœur s'incruste", à 14h40.
-Ouais !
Applaudissements
Cris de joie
-QUI M'EMMERDE UN SOIR DE LIGUE DES CHAMPIONS ?
QUI M'EMMERDE UN SOIR DE LIGUE DES CHAMPIONS ?
Thème romantique
...
-C'est comme ça depuis le début, standing ovation, gros rires.
Tu as vu les applause ?
-C'est mérité, ça fonctionne, le rythme est super.
La petite émotion
à la fin. -Tu as vu ?
-Bravo.
Ça peut m'intéresser.
-C'est vrai ? -Pour le Splendid.
J'ai un créneau mi-septembre. On ferait les fêtes avec.
Ça pourrait marcher.
-Le Splendid, Pascal...
En plus, les gens ont besoin de ça.
Une comédie...
-Ça va, tu as vu des trucs sympas ? -Je vois que ça.
Mais je dirai rien sous la torture.
-Tu changes pas.
-Au revoir. -À plus tard.
-Le public veut ça.
-Alors, en revanche,
ce sera sans ton acteur principal.
-Stéphane, mais pourquoi ? Il est super, Stéphane, génial.
J'ai écrit le personnage pour lui.
-On parle du gars qui doit rembourser une salle complète au Chêne Noir ?
On parle de lui.
J'aime la pièce, je suis prêt à la produire,
mais je pars pas avec une bombe dans le coffre.
On est une économie à flux tendu.
Je t'apprends rien.
T'as quel âge, 57 ans ?
Des opportunités comme ça, tu n'en auras plus.
Je te propose de produire ta pièce au Splendid, mais sans Stéphane.
Oh, ça filoche.
-Déjà ?
-Les cafés, c'est pour moi. Note de frais, ça me fait plaisir.
Tu réfléchis, tu m'appelles. -Merci.
*Musique techno
*...
-Il a dit quoi Sergio pour le producteur ?
-Mon cœur... Pardon.
Tu leur as pas dit pour ton déjeuner avec Pascal.
-Il veut programmer la pièce
au Splendid. Cris de joie
-C'est énorme ! -Attendez.
Il y a des conditions.
-Accepte-les, ça peut pas être pire que les tiennes.
Sergio,
tu mérites d'aller là-bas.
Fonce.
-Tu crois ? -Évidemment !
-Évidemment !
-Faut y aller !
-Par contre, tu vas devoir nous payer
tous les cachets maintenant.
Allez !
-Mais vous avez été payés, vous ?
-Bon, santé ! -Allez, santé !
-Avignon spirit !
-Avignon spirit !
*"Time to dance", The Shoes & Anthonin Ternant
*...
-Alors, je t'avais pas dit qu'on serait injouables ?
On est des cannibales ou pas ? -Tu avais raison.
*...
T'es un mec bien, toi.
-Je sais pas. -Je te jure.
*...
Allez, on s'amuse. Profite de ta soirée.
*...
...
-Toute la journée,
il est sur sa tablette, je lui dis de participer
à la vie de la famille.
Il dit : "Quelle famille ?" C'est blessant.
-C'est pas gentil.
Serge n'arrive pas à l'engueuler ? -Salut !
-Salut. -Ça va ?
Il y a la queue devant.
-Avant la réplique... -Après la réplique.
Un chouille.
-Pardon, je suis en retard.
-Salut, Steph.
-Pardon. -T'inquiète.
-Merci, Maxence.
Devant le Splendid, c'est blindé.
-Nous aussi. -On aurait pu signer là-bas.
-Pourquoi tu t'es engueulé avec eux ? -C'est des cons.
-Le Splendid, tu en rêvais. Tu voulais pas, pour une fois,
faire une concession ?
-Va te préparer, va.
-Je lance la pièce, on y va ?
Pas comme hier, on se sort les doigts du cul.
Patrick, t'as préparé tes accessoires ?
-Ben oui.
-C'est bien.
Merde.
-Allez, à toute.
-À toute. -À toute.
-On se regroupe ? Allez.
-(Soyons sérieux...) -DÉCONNONS !
-Merde, merde, merde, merde.
Patoche, injouable...
-(Allez, merde.)
*Thème rock de la pièce
Applaudissements
*...
-Allez, mes petits chats ! Allez, mes petits champions !
*Sonnette Je suis pas là !
On frappe.
Qui c'est qui m'emmerde un soir de Ligue des Champions ?
-C'est pas trop tôt.
Quatre heures pour ouvrir une porte ?
-Sœurette ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
T'es pas censée être...
en lune de miel ?
-Il y a eu une éclipse.
Fred m'a trompée.
Applaudissements
"La Mère à boire", Elisa Erka
...
-C'est pas la mère à boire, de l'entendre cette histoire, pourtant
Il pleut dans ma chambre, ce soir
C'est pas la mère à boire de caresser l'espoir, pourtant
La douceur a du retard ce soir
Mon corps allongé
Ne peut plus bouger
Je ne peux pas fermer la fenêtre
Mes pensées s'envolent
Dedans, ça dégringole
Elle est entrée, la tempête
Oui, j'aurais aimé
Pouvoir embrasser
Pouvoir avaler tes paroles
Mais tu m'as imposé, sans me le demander
Cette histoire un peu folle
C'est pas la mère à boire
De pleurer dans un mouchoir, pourtant
Mes yeux ne fabriquent plus de larmes
C'est pas la mère à boire
De serrer les mâchoires, pourtant
Mon cœur a tiré sur l'alarme
...
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