All language subtitles for Maigret.Voit.Rouge.1963.BDRip.1080p.FR.x264.AC3.2

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Original subtitles

ici commissariat du 10e, j'écoute

Oui, Madame, nous sommes Ă  5 minutes de la Gare du Nord.

alors, je vais faire la garde toute la nuit moi ? ah oui s'il provient, il ne va pas nous donner rendez-vous.

et on a son signalement votre déménageur, là

non, tout ce qu'on sait, c'est qu'il ne fait pas de bruit.

et qu'il fauche, tout ce qu'on peut faucher sur un marché couvert.

on pourra peut-ĂȘtre le fermer la nuit ce marchĂ©.

on pourrait, mais ça regarde le maire, il doit avoir ses raisons.

arrangez-vous avec lui. ah! il est vraiment rond Ă  tout, dans ce quartier.

il y a pas à dire, vous avez le feu sacré vous. je peux pas vous dire, c'est l'affaire de ma vie, non.

te souviens-tu de Paris?

beaucoup, mais mon français peu.

et toi, Charly

tu parles, surtout les nuits Ă  Pigalle

tu as l'adresse exacte

sa femme a envoyé l'adresse à sa mÚre

et chez sa mĂšre, "une bonne"

le patron a ses contacts

"3405-JC75"

Je vais chercher du secours.

OK...

Hey! Qu'est ce que vous faites?

c'est pour une vérification si on veut

dĂ©lit de fuite? mĂȘme un peu mieux.

Ah, voilĂ 

3405-JC75, Chevrolet. oui, c'est bien ça

ça appartient à Luigi Pozzo. Italien?

Non un américain. Il tient un bar, le Manhattan

Je suis Ă  vous tout de suite, monsieur l'inspecteur.

excusez-moi, monsieur l'inspecteur.

et, vous voyez, c'est le coup de feu, qu'est ce que je vous sers?

Rien, merci, j'aimerais vous poser une question.

posez, posez monsieur l'inspecteur, je n'ai rien Ă  cacher.

oĂč Ă©tiez-vous hier soir Ă  10h30 ? Ici.

vous ĂȘtes sĂ»r? Demander Ă  tout le monde.

Vous ĂȘtes bien propriĂ©taire d'une Chevrolet? Oui.

3405-JC75 tout juste

et oĂč Ă©tait elle cette Chevrolet Ă  22 h30 hier soir?

comme moi ici, pardon dans la cour à coté

vous ĂȘtes sĂ»r?

je n'ai pas été voir, mais je m'en suis pas servi

Vous ĂȘtes certain? certain comme je m'appelle Pozzo.

asseyez-vous, messieurs, qu'est-ce que je vous sers ?

de la biĂšre. Trois biĂšres.

Dis-Moi, Pozzo... Ecoutez-moi bien, monsieur l'inspecteur?

la Chevrolet, je ne l'utilise que le dimanche pour sortir la famille

c'est curieux, parce que votre véhicule familial je l'ai vu de mes yeux,

vu hier soir Ă  22h30.

Il y avait trois bonshommes dedans qui tiraient Ă  feu nourri contre un quatriĂšme

qu'est-ce que vous dites de ça? je dis que je comprends pas, avec ma voiture ?

avec la votre

suivez-moi dans la cour et vous verrez que vous vous trompez.

Oui? Lily?

oui, c'est Lily passez-moi Bill

Bill, c'est pour toi

le type qui a vu la chevrolet

...est chez Pozzo

merci, Angelino.

vite! allons-y !

parole de Pozzo, elle était là, comme tous les soirs.

mais elle y est plus, c'est bien ce que j'ai dit

monte! on va faire une balade

et quand vous étiez chez lui votre Pozzo, il a téléphoné ?

non, j'ai rien vu bon

revenons en a votre partie de compagnon.. on reprend dÚs le début

en suivant l'ordre des choses

Ils m'ont obligé à monter en voiture

et ils ont gagné le bois de Marly.

pendant le parcours, ils ont parlé

En américain, j'ai rien compris

et puis?

une fois au calme, ils m'ont fait descendre pour m'interroger

ils vous ont interrogé tous les trois ? non

celui qui semble ĂȘtre le chef Ă©tait restĂ© dans la voiture

celui qui conduisait, traduisait les questions.

et le boxeur me frappait pour que je m'allonge

et quand ils ont su que vous Ă©tiez de la police est ce qu'ils se sont arrĂȘtĂ©s.

ça leur a plutÎt donné des forces

ils avez qu'une idée, c'était de savoir qui a enlevé le corps.

vous avez parlé à quel moment?

Quand j'ai senti que je perdais ma denture, c'est moche

voyons c'est humain

vous leur avez dit quoi ?

Tout.

Je leur ai dit que leur victime n'était pas morte

et qu'elle avait été escamoté dans une DS19 clair.

et cela leur a suffi? il faut croire puisqu'ils m'ont assommé.

ils m'ont demandé si j'avais contacté le FBI,

moi je leur ai répondu que le FBI c'était pas mon échelon

en tout cas ce qu'il y a de sur, c'est que vos amateurs de rodéo ne sont pas des gamins, ils sont gonflés.

parce que assommé un poulet au pénal, le tarif est sévÚre

mais dites donc au fait votre rapport au sujet de cette affaire-lĂ .

je l'ai pas eu entre les mains, moi.

vous l'avez pas eu parce que je l'ai pas fait

c'est pas autant que je me souvienne il y a un rĂšglement qui s'oppose

aux cachotteries de ce genre

Je sais, oui

Vous vouliez la garder pour vous cette petite affaire lĂ , hein

il faut dire

ah oui, vaudrait mieux

parce que moi j'ai jamais eu de chance:

vol Ă  la tire, tourner les garnis, planches minables, filatures vaseuses, c'est mon lot.

Votre lot, votre lot! vous ĂȘtes marrant

une fois sur deux c'est qu'en partant du tout-venant qu'on emballe le grand coup, alors

vous peut-ĂȘtre moi ! moi ! moi!

Écoutez, mon petit Lognon, cette affaire lĂ  on va la rĂ©gler Ă  nous deux comme des chefs

mais attention hein, pas d'illusion, ce n'est pas dans la poche

parce que tout ce qu'on a dans les mains c'est ça

ben! et alors? souvenez-vous, patron,

dans l'affaire Morin vous avez démarré avec un petit bouton de veste

Oui, mais un bouton français mon vieux, un petit bouton français

Mais là, les lunettes, elles sont américaines. Evidemment, c'est plus loin.

mais le mobile, oĂč est-il, lĂ -dedans, le mobile ?

Un mobile qui se trouve dans le 14Ăšme, on va le chercher Ă  la porte d’OrlĂ©ans,

mais un mobile qui se trouve aux USA... alors, qu'est-ce qu'on va faire ?

bon! on va faire avec le peu qu'on a, si on retrouve le bonhomme pour lui rendre ses lunettes,

on apprendra le reste. Non, restez lĂ .

Lucas,

Appelez-moi la table d'écoute.

Torrence, allez dans mon bureau, vous occuper de Lognon

Table d'écoute.

Tùchez de lui remonter la mécanique

Ici, commissaire Maigret

Ici, Lambert, monsieur le divisionnaire. Alors, branchez-vous illico sur le bar Manhattan

C'est rue Anatole de la Forge, dans le dix-septiĂšme.

Prenez toutes les communications. Entendu.

mais, oĂč il est votre patron?

LĂ -bas.

M. Pozzo?

Commissaire Maigret de la police judiciaire.

Honoratissimo.

ben! j'espĂšre que vous vous n'ĂȘtes pas dĂ©range pour ma voiture

Eh ben, si, justement, j'ai une bonne nouvelle, on l'a retrouvée.

C'est Ă©tonnant. OĂč est-elle ? Dans la cour de la PJ.

Deux Pimm's. pardon

Neuf francs cinquante.

Vous voyez, je suis trĂšs content, elle est une trĂšs belle voiture

Huit cylindres. Robuste comme le béton

Ah, c'est de la mécanique. Pourtant, à la revente, rien du tout.

Qu'est-ce que je vous sers ?

Donnez-moi une biĂšre blonde. A la pression, si vous avez, et sans faux col.

Il est bien, votre établissement.

Voulez-vous visiter mon nouveau bowling ?

Non, merci. Les quilles, c'est plus de mon Ăąge ni de ma situation.

Dites donc, Pozzo

Vous aimez la boxe ? Si j'aime...

Vous parlez Ă  un gestionnaire.

Je l'étais, autrefois.

il y a beaucoup d’amĂ©ricains chez vous. Oh...Yen a...

c'est que justement, c'est des Américains qui ont piqué votre voiture.

Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

On les a entendus

Ils parlaient haut placé, dans le nez.

on..C'est l'inspecteur qui est venu ici hier, vous savez celui qui s'est fait emballé en sortant.

Il s'est fait emballé ? EmballÚ vite fait, par trois Américains.

Qu'est-ce que vous en pensez ? qu'est ce que vous voulez que j'en pense, j'en pense rien !

C'est peu. Quand on sait rien, on ne peut rien dire.

Mais dites-moi, vous-mĂȘme, vous ĂȘtes citoyen amĂ©ricain?

Oui. D'origine sicilienne ?

Palerme.

Pour un Ă©tranger, vous n'ĂȘtes guĂšre coopĂ©ratif avec l'autoritĂ© locale.

Et c'est une conduite pas sage du tout.

Supposez que le gouvernement vous retire votre licence.

Ah ben, je me plaindrai Ă  mon ambassade

si vous voulez, mon avis, l'ambassade a autre chose Ă  faire que trancher les litiges de marchands de limonade.

En tout cas, il faudra un motif

Oh, vous savez, par les temps qui courent, le gouvernement, les motifs, c'est pas ça qui lui manque.

Dites-moi, monsieur le commissaire

Vous me permettez de vous donner un conseil?

Personnellement, je préfÚre les aveux,

mais enfin dites toujours. On en apprend Ă  tout Ăąge.

Non, merci.

Eh ben, avouez, Monsieur Maigret

A Paris, vous avez toujours gagné, parce que en face à vous, y avait... que

des artistes, des amateurs

Tandis que les Américains, oh là là... Neuf fois sur dix,

ils sont des professionnels, et forcément

plus coriaces et mieux organisés.

somme toute d'aprĂšs vous je vais me casser la gueule.

Je n'osais pas le dire, monsieur le commissaire.

Eh ben, je vous remercie du conseil

Ceci dit, il faut tout de mĂȘme que vous sachiez

que s'il m'arrive d'ĂȘtre indulgent avec les gangsters amateurs

moi, les professionnels du crime, je leur fais la guerre totale.

Combien je vous dois ? Oh, vous ĂȘtes mon invitĂ©.

Vous ĂȘtes trĂšs aimable, mais je ne suis pas votre invitĂ©.

Alors, ça fait sept francs.

ça, le coup de la caisse enregistreuse, on me l'avait encore jamais fait.

et vous croyais, pour moi, c'Ă©tait le mĂȘme code?

oh j'en suis à peu prÚs sûr

DÚs que vous avez parlé à Pozzo de sa voiture, il a envoyé l'addition, vingt-sept trente

Son garçon est parti téléphoner

et 5 minutes plus tard, les Américains vous cueillaient.

Ce qui donnerait Ă  penser que ces gens habitent tout prĂšs du Manhattan

eh ben! vous pensez bien, Lucas. Alors, 27-30, vous voyez ce que je veux dire ?

On voit trĂšs bien, mais comment trouver le central ?

Oh, dans le coin, y a pas trente-six groupages

Etoile, Wagram.

Carnot, Laborde. Balzac.

Galvani. Et ElysĂše.

Ben, si je compte bien, ça... ça fait sept numéros à faire

Alors, à vous de jouer, messieurs, aux téléphones

Vous avez rappelé les hÎpitaux ?

Oui, mais ils n'ont rien de nouveau. Ben puis, j'ai bien peur qu'on n'en ait pas tout de suite

Votre ami Pozzo a dĂ» envoyer l'addition

et à l'heure qu'il est, nos Américains doivent courir.

Ah, excusez-moi

Des bonnes soeurs.

Lily Laure... Sans profession

alors 27-30, ça débouche sur quelque chose ?

le Carnot, Corvesier, une boucherie

ElysĂše, Boiron, c'est un huissier.

inculper un huissier, ce serait trop beau, mais ça il faut pas y compter

Wagram, c'est un général en retraite

Laborde, c'est des bonnes soeurs.

lĂ  je m'en sort du sujet.

Et Balzac, Boursin, c'est un bistrot.

Faut voir.

Je crois que j'ai ce qu'on cherche, Galvani 27-30

Lily Laure, 28bis rue Brunel. Sans profession.

Rue Brunel, rue Brunel, mais dites donc... C'est à cÎté de chez Pozzo, ça ?

Tiens, je vais y aller

ou plutĂŽt, non. tiens, eh! dites donc, Lognon, aprĂšs tout, c'est votre affaire.

Alors, vous allez devant, vous débrouillez les choses, puis moi je vous rejoins plus tard

Merci, M. le divisionnaire. Eh, mais dites donc, soyez prudent

On garde la table d'écoute ? On garde la table d'écoute, et on me tient au courant.

Donnez-moi l'adresse.

Merci.

alors, vous avez sa photo chez vous, et vous prétendez pas le connaßtre ?

Oui.

Faites attention ! C'est moi qui vous le dis !

Enfin, mon petit soyez raisonnable Je suis pas votre petite

Papa, c'était un gros bras. et, j'aimerais bien me recoucher

il faut que je travaille la nuit, moi

Les tortures dÚs le matin, ça me fait des rides précoces

c'est sans doute votre patron qui vient vous donner la main.

Je vous ai prévenue ! Prenez pas ce ton-là avec lui !

Sinon, ça va se gùter!

Madame.

Tenez, mon chauffeur des Bois de Marly.

Madame vous a dit qui c'était ?

Elle dit que c'est Charles Trenet. Tiens... OĂč est la cuisine ?

par lĂ , et je peux vous dire que le frigidaire est plein de victuailles.

mais, qu'est ce que vous faites?

Elle est française ? Belge.

Et oĂč travaille-t-elle ? Chez Pozzo, comme par hasard

Je peux rĂ©pondre moi-mĂȘme, vous savez

Dites donc, y a de la literie chez vous

Comment s'appelle-t il, Charles Trenet lĂ  ?

eh ben! je croyais que vous pouviez répondre seule.

oh! vous savez, ça m'est égal, si vous ne voulez pas répondre, j'embarque la photo,

je consulte les fiches et dans deux heures, je sais tout.

Vous voulez me faire parler? Ben, j'aimerais bien, oui.

Il s'appelle BiIl Larner. Mais on est brouilles depuis deux ans.

oh! ça, c'est comme si vous me disiez que personne n'a couché ici cette nuit.

Mais personne n'a couché chez moi

bon!

eh ben! vous voyez, Lognon

votre chauffeur a couché là avec elle, le second sur le canapé,

et le troisiĂšme sur le matelas

Et maintenant, soyons un peu sérieux cinq minutes

Ça, ça vient des AmĂ©riques, c'est Ă©crit dessus.

et encore, je ne compte pas la literie, le frigidaire et les mégots des cigares.

Ben... J'ai reçu des amis. Alors, écoutez-moi bien

ce monsieur Bill Larner ne vous a pas dit,

c'est que les deux hommes qu'il a amenés ici sont recherches pour meurtre.

Et vous, en hĂ©bergeant ces deux cow-boys, vous ĂȘtes complice

Et ça, ça va chercher entre cinq et dix ans. De prison ?

Pas de congés payés. Et ça?

"Algine, Miller, "Missouri". C'est vous qui prenez ça ?

Pensez-vous. ça doit ĂȘtre votre ami Bill, alors.

Ah non, BiIl il est sain. Eh ben, parlons un peu des malsains.

Je sais rien

eh ben! moi, je sais tout. Je peux mĂȘme vous dire qu'en fin de matinĂ©e, vous avez reçu un coup de tĂ©lĂ©phone

de chez Pozzo et que tout de suite aprÚs, vos invités ont foutu le camp

et, comment vous savez ça ?

Les questions, c'est moi qui les pose.

Je vous demande pardon.

En partant, ils ne vous ont rien dit?

Rien. Pas mĂȘme merci.

Le nom du boxeur? moi, je ne sais que son prénom.

Charlie. Et l'autre ?

Cicéro

BiIl les a amenés avant-hier, ils venaient d'arriver.

D'oĂč? Ben, d’AmĂ©rique

forcément, des Américains... Par avion, par bateau ?

BiIl ne me fait pas ses confidences. Et vous ne savez pas oĂč ils sont allĂ©s ?

BiIl les a emmenés à la campagne.

La campagne, la campagne..

Vous n'avez pas une petite idée, non ?

Non

sure? Mais je vous promets !

Bon, ben, puisque vous n'avez pas d'idée, je vais vous laisser.

dites-moi Lognon, j'ai un mot à dire à Madame, ça ne vous ennuie pas ?

Bien sûr que non, patron.

dites-moi, c'est pas de la méfiance, mais je suis obligé de vous laisser quelqu'un, alors

Ah non ! Ah, pas lui ! Ben si, justement

et puis, je vais vous demander autre chose, soyez pas trop désagréable avec lui

Ça va pas ĂȘtre commode. Il est pas facile !

Je vous le demande

Dites, M. Maigret. Oui ?

Bill, il va pas avoir d'ennuis ?

Vous allez pas l'embĂȘter?

Parce que je suis sûre qu'il a rien à voir dans cette histoire.

HĂ©las, chĂšre madame, l'amour et la justice, c'est pas la mĂȘme chose

bon, je lui ai dit que si elle nous fait la vie, on la coffre.

Merci, M. le divisionnaire. alors, vous l'accompagnez au Manhattan

tu lui dirais oĂč coucher moi j'enverrai quelqu'un pour la prendre aprĂšs le travail

Bon. Et vous croyez qu'elle nous a dit la vérité ?

Oh... Ben bien sĂ»r, elle sait pas oĂč ils sont. Ça se voit, non

Oui...

Ben, asseyez-vous, monsieur l'inspecteur.

Vous ĂȘtes mariĂ© ?

Oui.

Et vous avez des enfants ? Non, je n'ai pas d'enfants.

Excusez-moi.

Le plein, s'il vous plaĂźt. Bien, Monsieur

Oui, Bidoine. Ah, c'est toi, BiIl ?

Je fais de l'essence. Je serai chez le docteur dans trois quart heure

Comment va Curtis ? Pas trĂšs fort.

Il est sonné pour quelques jours.

il faut absolument que tu les tiennes à l'écart pendant ce temps là

Bonjour, doc.

Tony Cicero, docteur Fezin.

la planque idéale

sport et médecine

Lequel de ces deux messieurs est souffrant?

Ni l'un, ni l'autre. ils paient en dollars

Hey doc!

Venez. Par lĂ . Prenez l'escalier.

Par ici.

donne-moi la clef

La Clé. Quoi, "le clé"?

Mais...

qui est ce type ?

C'est un accident de travail. Ils ont voulu faire de la place, il sort aujourd'hui

Riquet, mon vieux, il faut aller faire votre valise.

Jules! Harry!

C'est une joie de vous voir, et une chance pour moi, parce que

je ne suis pas souvent en France.

J'ai appris que vous aviez quitté les renseignements

Oui. La diplomatie a du bon.

Oh ! C'est un métier de menteur.

Flic aussi hélas

Vous vous souvenez, votre dernier voyage chez nous ?

Oh, si je me souviens ! Six ans déjà, hein..

Ouais... Votre conférence à Chicago, c'était... big success

Toute la pÚgre était là. La police aussi.

Eh oui... Je me souviens

en conclusion, Messieurs, je dirai ceci...

le crime parfait n'existe pas...

il n'y a que de mauvais policiers

tu sais qu'à présent, on m'a demandé à Hollywood

quoi tu fais du cinéma? Oui, mon cher, du Cinématographe

Allez, trĂȘve de plaisanterie, Harry

Je ne vous cacherai pas plus longtemps que ma visite est intéressée.

Ah. Je peux vous offrir un verre ?

Mais avec joie ! je suis désolé, je n'ai que du whisky.

mais c'est parfait, il paraßt que c'est excellent pour l'artériosclérose.

Je vous écoute.

voilĂ , je sais que vous n'ĂȘtes plus au F.B.l.,

mais enfin, je suppose que vous y avez conserve des amitiés

Un peu. J'aurais besoin d'un petit tuyau.

Si je peux vous ĂȘtre utile, Jules, je le fais tout de suite.

eh ben, il y a deux de vos concitoyens qui sont arrivés avant-hier à Cherbourg

il y a un s'appelle Tony Cicero,

et l'autre, Charlie Cinaglia.

Alors?

Ben, alors, alors, alors... ils me font des misĂšres.

ils prennent le Paris d'aujourd'hui pour le Chicago de la prohibition.

c'est fĂącheux

Eh oui, c'est fùcheux, c'est pour ça,

si vous pouviez me donner quelques petits renseignements sur eux...

Une seconde.

On va tĂącher d'en apprendre quelque chose.

Merci.

le célÚbre commissaire Maigret est ici...

avez-vous un dossier sur deux individus...

...venant de New York et ayant débarqué à Cherbourg ?

leur noms, Tony Cicero et Charlie Cinaglia.

c'est ça

parfait, ça va nous aider

Ils sont effectivement bien en France

ils ont été signalés dÚs leur arrivée.

Ils appartiennent Ă  un gang de racketteurs trĂšs puissant

dirigé par un nommé Walter Douglas.

Ce Walter Douglas, il ne serait pas de Saint-Louis, par hasard ?

si.

est-ce que vous savez ce qu'ils sont venus faire en France, Ă  part faire des cartons sur les passants ?

non, justement, Jules, désolé, mais là-dessus, aucune information.

Ben, c'est bien embĂȘtant

Ecoutez, je crois que vous devriez laisser tomber.

Comment ça, laisser tomber ?

Des types qui tirent sur la voie publique, je peux tout de mĂȘme pas les laisser courir, non!

ah mais, ces types-là tirent aussi sur les shérifs.

Alors pourquoi ne les arrĂȘtez-vous pas ?

Parce qu'il y a aucune preuve. Ni contre Douglas, ni contre aucun de ces hommes

DÚs qu'on tient un témoin, quoi qu'il arrive, il meurt la veille du procÚs

C'est pourquoi je crois qu'il serait sage que vous restiez ...out!

ce sont des professionnels.

Oh, je sais, j'ai déjà entendu ça quelque part

Mais avec votre permission, Harry

je vais tout de mĂȘme leur opposer mes petits inspecteurs au minimum vital

Ils font pas beaucoup de sport, mais ils ont des principes.

Vous ĂȘtes bien français, vous. Vous ne doutez jamais de rien.

Oh là là, je doute tout le temps. Mais je ne désespÚre jamais.

Si vous avez quelque chose de nouveau, vous m'appelez Ă  mon bureau.

Au revoir. Au revoir,

soyez prudent merci

Il est là, votre patron ? il n'est pas encore arrivé.

Eh ben, je vais l'attendre. Je vous sers quelque chose ?

Non, merci. Vous pouvez retourner Ă  vos sirops

il manque une photo, lĂ . Ah, c'est possible.

Le patron en change une de temps en temps.

Il devrait les changer toutes

Y a que des vieux lĂ -dessus. Il aime peut-ĂȘtre pas la jeunesse.

Je sais pas. Pourtant, ça m'étonne

Dans le tiroir lĂ , il y en a toute une collection.

Dites-moi, Monsieur le Commissaire,

vous aussi, vous aimez les boxeurs?

Oui. Surtout les champions, comme votre ami Charlie, lĂ .

tiens..Vous le connaissez?

Oh, pas intimement, mais ça va pas tarder.

Dites donc, vous l'avez vu quand, pour la derniĂšre fois ? Hier, avant hier?

C'est pas vrai ! Serait-il Ă  Paris ?

Il y a dix ans, Ă  Sunrise, il m'appelait Papa Pozzo.

Et maintenant, il est Ă  Paris, il vient pas me voir.

C'est pas gentil.

Vous savez, Pozzo, il y a des plaisanteries qui ne m'amusent plus du tout.

Je comprends pas. Ben, c'est dommage

Et quand je dis "c'est dommage", c'est surtout dommage pour vous

Parce que c'est Charlie qui roulait dans votre voiture.

Monsieur le commissaire, je pense que vous allez un peu loin avec...vos

suppositions. C'est ça.

Il est peut-ĂȘtre possible que je me trompe, alors que ce soit Cicero.

Comment vous dites ? Tony Cicero.

C.l.C.E.R.O. Cicero.

Cela me dit rien.

eh ben! je vais vous aider, il est de Saint-Louis

Saint-Louis ! Oh lĂ  lĂ  !

C'est là que je suis devenu citoyen américain

Le monde est petit. Oh oui, il est petit!

Et mon enquĂȘte marche vite

Alors, ou vous me parlez comme Ă  une grande personne, et je vous considĂšre

ou vous me parlez comme Ă  un gamin, alors lĂ , je vous mets au coin.

des biĂšres, M. le commissaire ? Volontiers

Je connais vos goûts. Blonde, pression, sans faux col.

Ils ont changé, mes goûts. Voulez-vous essayer une biÚre hongroise ?

Non, je voudrais une spéciale à 27-30.

27-30?

Ça met trùs cher le... houblon.

Ben, ça le met à cinq ans ferme, dans une centrale bien tranquille.

Loin des bruits de la ville et des vapeurs d'essence.

Parce que vingt-sept francs trente, ça fait aussi Galvani 27-30. Ça ne vous dit rien, Galvani 27-30

Ah mais oui, Galvani 27-30, c'est le numéro de mon employée.

Je peux bien lui téléphoner pour demander ses nouvelles. c'est normal, non?

Ecoutez-moi bien, Pozzo. Maintenant,

il faut passer Ă  table, ou je retire le couvert et je vous emballe Ă  jeun

Parce que votre employée, elle hébergeait le boxeur et ses deux amis

Vous avez arrĂȘtĂ© Lily ?

En ce moment, elle est en compagnie de mon collĂšgue Lognon

Vous savez, Celui qui s'est fait enlever en passant le pas de votre porte lĂ 

Écoutez, Monsieur le Commissaire,

J'aimerais bien vous parler d'homme Ă  homme.

Je crois que ça vaut mieux

allez fumer une cigarette dehors...

je veux ĂȘtre seul

Asseyez-vous, monsieur le commissaire.

Alors?

Dans tout ce micmac, je vais essayer de vous dire la vérité,

mais il faut pas me... Oui, m' interrompre chaque mot.

LĂ -dedans, moi, je connais que Bill.

Bill Larner? Mais oui. L'ami de Lily, quoi

Et maintenant, le Bill, il doit ĂȘtre bien embĂȘtĂ©.

Pourquoi? Les deux autres lui font peur.

A moi aussi, d'ailleurs. il faut pas les fréquenter

Mais je les fréquente pas !

Aider un ami en difficulté, c'est une chose.

Mais introduire ces deux mafiosis dans mon commerce, ça, je fais pas

En tout cas, ils sont jamais venus ici.

et Galvani?

Oh, c'était pour aider Bill, ça, c'est vrai, je vous le jure.

eh Ben, je vais vous étonner, Pozzo, mais j'ai envie de vous croire

Ceci dit, y a quand mĂȘme une addition Ă  payer.Vingt-sept francs trente

Vous allez fermer ma boĂźte ?

Dites-moi, votre ami Bill, est-ce qu'il fait du sport ?

A part les dames, je sais pas bien ce qu'il pratique.

Ah, si ! Il joue au golf. C'est curieux !

C'est pas un sport de voyous, ça.

Puis, en général, ça se joue à la campagne.

Passez-moi donc la ligne Ă  la cabine.

C'est branché.

Passez-moi Lucas.

-Lucas? -Oui.

Bon, cherchez-moi dans tous les golfs de la région parisienne

oĂč joue un certain BiIl Larner

BiIl comment? Larner. L-a-r-n-r-e.

Larner. c'est Ça. Merci.

Qu'est-ce que vous voulez en faire ?

C'est trÚs personnel, c'est dédicacé.

c'est un souvenir.

C’était un souvenir. Maintenant, c'est une piĂšce du dossier.

CET HOMME EST DANGEREUX

Toute personne ayant vu cet homme "est priée de téléphoner au commissaire Maigret

"police judiciaire, Turbigo, quatre-vingt douze zéro."

Eh ben, maintenant, y a plus qu'Ă  attendre.

Ça risque d'ĂȘtre long. vous, vous n'aimez pas attendre, vous hein?

Pas tellement, non. Eh oui, je sais bien

Quand on est jeune, l'impression de rien faire donne mauvaise conscience

Puis quand on est vieux,

on s'aperçoit qu'attendre, ça devient un métier

Oui

c'est une bonne idée, ça!

lequel qui flatte mes vices C'est moi, patron.

Ah, c'est gentil, ça, Lucas

Dites donc, EugÚne, vous direz qu'on mette ça sur mon compte, en bas

Bien, monsieur. Non, patron, c'est moi qui ai eu l'idée

Taisez-vous. Vous mangez pas ?

Non, merci. Ça et ça, moi, ça me suffit

Bon, alors, en attendant, organisons-nous.

Groussard, vous prendrez la permanence. hein!

moi

Ben oui, je sais bien que c'est pas marrant, mais c'est votre tour, mon vieux

Et vous, Torrance, vous irez au Manhattan, mais attention, hein!

Parce que des inspecteurs bretons dans un décor américain, ça fait tùche

Je mettrai juste deux hommes dans la rue.

Comme ça, ça restera entrouvert, et personne fera attention.

Vous avez raison, parce que le Manhattan, c'est notre seul piĂšge Ă  rats.

Si on veut qu'il se referme, faut savoir doser le gruyĂšre.

Bon, alors, Lognon est chez Lily. Ah, au fait, faudra pas oublier d'aller le relever

Les 2 Ricains vont tout de mĂȘme pas y retourner Ă  Galvani?

Eux pas, mais les autres, ceux de la DS ?

Ah ! Ceux-lĂ , c'est le brouillard.

c'est normal, ils ont ramassĂ© le bonhomme, leur intĂ©rĂȘt c'est de faire le mort

Parce que l'enjeu, c'est le bonhomme, il faut pas l'oublier.

Ça va pas ĂȘtre simple de remonter jusqu'Ă  lui

Oui, ça risque d'ĂȘtre laborieux

Laborieux et traditionnel, c'est classique

si on était sûr d'avoir tué Curtiss, on filerait

je l'ai descendu

peut-ĂȘtre, mais on n'a pas Ă©tĂ© Ă  son enterrement

qu'est-ce que tu penses de cette D S ?

qui nous a fauché le type sous le nez ?

aucune idée!

Merci, doc.

La tĂȘte de monsieur est avancĂ©e.

c'est moi, regarde Tony, c'est moi !

mon match contre Marciano Ă  St Louis en 54

il faut en finir ce soir

comment ça ?

en supprimant tous les témoins

allons Ă  l'hotel des Flandres, puis au Manhattan.

Qu'est ce qu’il dit?

Il veut aller au Manhattan.

Au Manhattan ? Mais je croyais que c'était un endroit...insalubre.

Quoi, "insalubre" ?

personne ne me connait lĂ -bas, sauf Lily !

il te reste une petite demi-heure

faut déguerpir avant la nuit

ouvre la fenĂȘtre

laisse-moi voir aussi

Qu'est-ce qui t'arrive?

Alors, Cicero a été trÚs précis

Il veut descendre tous les témoins.

A commencer par Lily, probablement.

Moi, j'ai accepté votre combine pour rentrer en Amérique.

Mais avec Lily. Pas sans Lily.

Vous avez votre Curtis. Vous me sauvez Lily, ou je casse tout

Bon, ben! je vais prévenir le patron

D'accord.

que penses-tu qu'il fabrique ?

je sais pas

Bill nous double

ferme la fenĂȘtre

vous allez un peu fort vous avec l'algine, c'est pas de l'aspirine, ça mon vieux

he! algine not aspirine

ferme-lĂ 

"Tais-toi, toi!" Voyous!

on part déjà

j'aimais bien jouer au golf

ah, une si petite balle..

on rencontre des tas de gens

et on leur parle

oui, j'ai des amis, quoi.

de bons amis, je sais

tu brules ton pantalon

Oui, je vais voir s'il est lĂ .

Patron, c'est pour vous

une femme qui a lu le journal. Elle a un accent étranger

Un accent étranger ?

AllĂŽ ? Oui ?

Ne parlez pas si vite, madame, s'il vous plaĂźt.

Si, si, je vous entends

Elle dit qu'elle peut pas quitter sa chambre

qu'elle est en danger, qu'il faut qu'on y aille.

Un placard dans la presse, ça excite drÎlement les névrosées.

Peut-ĂȘtre une folle qui va pas assez au lit.

OĂč ça?

Quoi? OĂč ça ?

Ah bon, j'arrive.

Vous y allez ?

Oui, messieurs les psychiatres parce que cette femme-là téléphone de l'HÎtel des Flandres

que l'HÎtel des Flandres, est en face du marché couvert

et c'est au marché couvert qu'on a ramassé notre bonhomme. Voilà.

Bonsoir.Mme Curtis ?

Mme. Curtis? Oui, madame Curtis. DĂ©pĂȘchez-vous.

Y a pas le feu! Allez, faites pas l'intelligent, police.

Chambre n ° 17, premier étage.

Je vous annonce? Pas la peine.

Oui, je vous écoute. donnez-moi le commissariat

et faites monter le patron au 17 y a pas de patron ici

y a pas de patron, ben, la patronne alors !

Mme Robert?

Faut monter au dix-sept !

Oui, le dixiĂšme. AllĂŽ, le commissariat?

oui Ne quittez pas, on vous parle.

Bonfils? Oui, Jules.

J'ai besoin de toi. bien, Jules.

Un cadavre. OĂč ça?

à HÎtel des Flandres devant le marché couvert.

Je t'envoie deux hommes. Compte sur moi, monsieur le divisionnaire

C'est Maigret. Il vient d'y avoir un meurtre, il est Ă  l'HĂŽtel des Flandres

Alors, envoyez deux gardiens Ă  l'HĂŽtel des Flandres.

Maigret plus un meurtre dans le quartier, on va passer une bonne nuit.

ldentité judiciaire ? ici, commissaire Maigret

il y a un crime HĂŽtel des Flandres

rue de CompiĂšgne

HĂŽtel des Flandres, rue de CompiĂšgne. C'est Ă  la gare du Nord.

Alors, je vous attends chambre dix-sept, au premier Ă©tage. DĂ©pĂȘchez-vous.

John Curtis et madame, Montréal, Canada".

Oui, monsieur l'inspecteur.

or, d'aprÚs vos fiches, ils sont arrivés y a 3 semaines ?

Mes fiches sont en rĂšgle. monsieur l'inspecteur. Je vous dis pas qu'elles sont pas en rĂšgle

qu'est ce qui couche là? Le mari. Elle, elle était ici,

et lui, Ă  cĂŽte. Chambre Ă  part, quoi

Et oĂč est-il, le mari? parti, monsieur l'inspecteur.

OĂč ça? Ça, je ne sais pas.

et depuis quand? depuis Lundi.

Il a emmené des bagages ? Je ne crois pas, non.

Il vous a dit qu'il s'absentait ? Il m'a rien dit du tout.

Alors, vous, dites-moi ce que vous savez.

je ne sais rien, M. l'inspecteur

attention, il y a eu un crime chez vous, et c'est grave

Alors, rassemblez tous vos esprits, parce qu'on sait toujours quelque chose.

Lundi, vous l'avez vu sortir?

Oui, et le lendemain matin, Lucienne m'a dit : Le 17 n'est pas rentré.

Et sa femme a l'air inquiet qui c'est Lucienne?

C'est la petite qui fait les chambres

Entrez

Monsieur le divisionnaire, mon collĂšgue est en bas.

Bon, alors, vous, restez dans le couloir

Est-ce qu'ils recevaient beaucoup de gens, les Curtis ?

Pas Ă  ma connaissance, non. A part les deux types de ce soir

il recevaient des lettres et ils téléphonaient ?

Non, ils ne téléphonaient jamais, j'ai pas vu de lettre.

Parlez-moi donc un peu du mari

Il était petit, pas costaud, avec de mauvais yeux.

Comment ça, de mauvais yeux ? Il portait des lunettes. Des lunettes noires.

Qu'il retirait jamais, mĂȘme pas le soir

tiens! Vous ĂȘtes bien sĂ»re, de ça

Oh oui, mĂȘme que ça m'avait frappĂ©e.

Votre Lucienne, elle habite l'immeuble Oui, au 7Ăšme

Dites-lui donc de venir me parler. Bien, monsieur l'inspecteur.

Touchez pas au bouton

Gardien ! Tirez la porte.

Eh ben, on monte !

C'est par ici, messieurs. Merci.

mes respects, monsieur le divisionnaire Bonsoir, messieurs, tenez

La femme est lĂ , dans la salle de bains.

Prenez-moi donc un cliché du seuil de la porte.

bien, monsieur.

Prenez la valise aussi. bien, Monsieur.

Et ne rĂ©pondez qu'aux questions qu'on vous pose. Et tachez d’ĂȘtre aimable

Avec un flic, on sait jamais.

Entrez, mademoiselle, entrez. Vous dĂ©sirez peut-ĂȘtre que je vous laisse ?

S'il vous plaßt, et si ça ne vous dérange pas.

Pardon, vous permettez ?

Elle est commerçante, votre patronne.

Ben oui ! Mais hier, pour une note en souffrance, elle aurait bien voulu me placer au plombier

Vous vous rendez compte ? Ben, dites donc...

Vous ĂȘtes le commissaire Maigret ? Oui

Vous cherchez des indices ?

Oui, alors, parlez-moi de monsieur et de madame Curtis

Parler ? Ben, c'est pas commode

Enfin, j'ai tout de suite vu que c'était un drÎle de couple.

Pourquoi? parce qu'ils faisaient chambre Ă  part?

Ben oui ! A partir d'un certain ùge, c'est fréquent

à quel moment faites-vous le ménage ? Ici, y a pas d'heure !

quelque fois c'est le matin, quelque fois l'aprĂšs-midi

Ça dĂ©pend si les clients dorment aprĂšs, ou sont pressĂ©s.

Je parle pas de ceux qui font une passe, je parle de ces deux-lĂ .

Ah, pour eux ! Ouais

ben! elle, j'attendais qu'elle soit sortie, mais lui était toujours là.

Et elle sortait souvent ? Pour lui acheter Ă  manger.

Et lui ne prenait jamais l'air? Si. Le soir.

est-ce que vous avez l'impression qu'il se cachait?

oui, quand je frappais Ă  la porte, si je disais pas "c'est Lucienne"

eh ben, il ouvrait pas. Vous couchiez avec lui ?

Moi ? Oh non, alors! C’était pas votre genre ?

Ben non, c'était pas mon genre

Puis, vous savez, un type qui a toujours des lunettes noires, on sait pas ce qu'il pense.

Il les quittait jamais ? Jamais.

Bon, je vous remercie, mon petit. Vous pouvez aller.

on va sûrement parler dans les journaux? ba! y a des chances, oui

Y aura peut-ĂȘtre mon nom ? Oui, mais pas en premiĂšre page, ni dans la rubrique Spectacles

Aux faits divers, c'est tout ce que je peux vous offrir, allez

Messieurs. Au revoir, monsieur le divisionnaire

dis donc, comment ils étaient, les deux qui sont venus tout à l'heure ?

Bien sapés, genre italo-américain.

il n'y avait pas un qui avait une tĂȘte de boxeur? si.

Ah. Et qu'est-ce qu'ils ont dit ? ah! j'ai rien compris, ils parlaient anglais

En tout cas, ils ont pas voulu que je les annonce.

Et vous les avez pas vus sortir? Non, j'étais à la cuisine, à préparer mon manger.

Vous non plus ? Ah non

Ça va me faire des complications, toutes ces histoires ?

Oh, jusqu'à présent, je crois pas. Allez, bonsoir

bonsoir

Taxi!

Une biÚre, et un jeton de téléphone

Merci.

ici l'Inspecteur Maigret, passez-moi le commissaire.

Bien, monsieur le divisionnaire

Commissaire, le divisionnaire Maigret Ă  l'appareil

AllĂŽ ? C'est encore toi ?

Je vous l'avais dit, on va l'avoir sur le paletot toute la nuit.

Qu'est-ce qui t'arrive?

Ecoute, Bonfils, c'est trÚs sérieux, il faut que tu fasses vite.

il y a deux types qui m'ont pris en filature. Sans blague ?

Alors, écoute-moi bien. Dans quinze minutes, je vais sortir d'ici,

et je vais essayer de les entraßner sur le marché.

Quinze minutes, c'est un peu juste, mais on fera aller.

Bon. T'inquiÚte pas, on y sera. Au fait, t'es armé ?

non

il y a trente ans que je te dis de pas sortir tout nu.

Ouais, ben, fous-moi la paix. Dans quinze minutes, t'as compris ?

Oui, j'ai compris bon

Combien je vous dois ? Deux francs tout rond, avec le jeton, monsieur

voilĂ  merci

Il t'a eu ?

Allez, emmenez-le. Vite, vite !

Prévenez le quai des OrfÚvres que le divisionnaire est chez nous.

AllĂŽ, le Manhattan ? Oui.

Passez-moi Lily. Ne quittez pas

AllĂŽ ? AllĂŽ, Lily ? J'essaie de vous joindre depuis sept heures du soir.

De la part de Bill. Faut absolument partir du Manhattan, Cicero vous cherche.

Je peux pas, y a des flics qui me surveillent Ecoutez, Lily

ils ont décidé de vous supprimer, alors faut partir tout de suite

Je t'attends avenue Carnot, passez par le service. Vous avez bien compris?

Avenue Carnot. Et passez par le service.

il est lĂ .

qui t'a téléphoné ?

des amis

Enfin, des amis.

oui, je sais, ils vont venir te chercher pour te protéger

mais je ne te veux aucun mal

c'est curtis qui m'intéresse

je veux simplement savoir, oĂč ils t'emmĂšneront

fais comme si de rien n'était

Compris yes

donne-moi un verre d'eau

Ben, c'est lĂ 

et pourquoi c'est pas BiIl qu'est venu ?

parce que tout le monde le connaĂźt

pas moi

c'est tout.

Ça marche pas, lĂ . L'autre cĂŽtĂ©.

c'est vous Pozzo, non ?

un verre

mets le manteau de Lilly Ă  la porte de service

et fais moi signe

M. le divisionnaire.

J'ai capté une communication intéressante qui vient du Manhattan.

Eh ben, envoyez-la, j'écoute. J'envoie

AllĂŽ ? AllĂŽ, Lily ? J'essaie de vous joindre depuis sept heures du soir.

De la part de Bill. Faut absolument partir du Manhattan, Cicero vous cherche.

Je peux pas, y a des flics qui me surveillent Ecoutez, Lily

ils ont décidé de vous supprimer, alors faut partir tout de suite

Je vous attends avenue Carnot, passez par le service.

c'est tout

Merci.

T'as une arme ? Oui, la mienne.

Donne. maintenant tu vas me réveiller Lognon et Lucas,

et me les envoyer au Manhattan. armés!

Comme Ă  la guerre. Allez, au revoir. au revoir.

On a entendu les coups de feu, on est rentres

Le type a tiré en l'air pour faire diversion.

La salle était dans le noir

quand Pozzo a rallumé, Lily était partie

Profitant de l'affolement, le type a dĂ» la suivre.

Eh ben, vous voyez, monsieur le commissaire, c'est pas ma faute.

Et vous naturellement, vous n'avez rien vu ?

J'ai éteint la lumiÚre, pour aider Lily. Qu'est ce je pouvais faire ?

bon, cherchez-moi des impacts, et arrĂȘtez le jeu de quilles.

Vous me vérifiez toutes les identités, Américains ou pas.

Vous, rassemblez moi votre personnel. Tout de suite

Angelino,faites vite, dĂ©pĂȘchez-vous

Le grand télégraphiste aussi là

mais dites donc, votre Lily, elle n'est pas partie dans cette tenue, non?

OĂč est le vestiaire ?

par ici, suivez-moi

c'est son placard

Rentrez dans la salle.

OĂč est le patron ? En face, dans le vestiaire

tiens!

Elle vient pas de Saint-Louis, celle-lĂ 

"Pharmacie Du Luc, Lamorlaye, Oise".

Ça vient de chez nous, ça

Y a un golf, Ă  Lamorlaye ? Ben oui, je crois, oui

Qu'est-ce qui se passe ?

On va jouer au golf.

on téléphone à la gendarmerie de Chantilly ? Pourquoi pas aux C.R.S. ?

vous, je vous attends demain matin au commissariat

c'est fini pour cette nuit

Vous connaissez Lamorlaye ?

Oui, monsieur le divisionnaire. Enfin, j'y suis passé souvent.

on va trouver notre pharmacie, hein.

Algine...

Algine...voilĂ 

C'est pas vieux, ça date de cet aprÚs-midi.

C'est le docteur Fezin qui l'a demandĂ©, et je l'ai servi moi-mĂȘme.

Vous le connaissez, ce docteur?

oui, vaguement, je le vois de temps en temps, et il habite pas loin

l'enclos", ça s'appelle sa maison, c’est sur le chemin du golf.

Merci, monsieur.

Allez-y, avec votre plume

Torrance...Prenez deux hommes, et derriĂšre la maison.

Lognon et Lucas, avec moi

Alors, pas de conneries, faites attention Ă  vous

voilĂ 

vous l'avez bien enlevé, docteur

Oui, c'est fini tout de suite

Police!

Eh ben, il était moins une! Fouillez-moi la baraque.

Mais c'est mon boxeur !

Y a de quoi ĂȘtre fier, oui. Je l'arrange d'un cĂŽtĂ©, vous me l'abĂźmez de l'autre.

dites-donc docteur, ce type-lĂ  est dangereux, et vous le savez

alors, qu'est ce qu'il fait chez vous?

C'est un homme, il est blessé, je suis médecin.

Alors, comme ça, vous soignez n'importe qui ?

avec tout le monde, mĂȘme les bĂȘtes.

Sauf les poulets.

Qu'est ce qu'il dit de ça le conseil de l'ordre ? Vous ne devez pas ĂȘtre trĂšs bien notĂ©

à la sécurité sociale non plus

Que des papiers Ă  remplir.

L'univers de Kafka, c'est pas du tout mon style.

Je vous conseille d'en changer de style, parce que une paire de menottes vous iraient Ă  merveille

Tenez, je viens de trouver ça.

Pour vous, Lognon.

Lucas, fais l'étage.

Et ça, algine, pharmacie Duluc, c'est vous qui l'avez acheté ou pas ?

Je peux pas le nier. Alors, parlez-moi de Cicero..

Cicero ? Ah, le grand ? Ah, c'est...

Oui. C'est un beau sujet, Cicero

Coxalgie congénitale. Avec répercussions sur le psychisme.

La névrose caractérielle et obsessionnelle, symptÎmes hypocondriaques.

mais ça, je m'en fous. Je veux savoir oĂč il est.

Ben, j'en sais pas plus que vous. Et BiIl Larner ?

ils sont peut-ĂȘtre ensemble, puisqu'ils sont descendus tous les trois ce soir pour Paris

Y a que celui-là qu'est remonté. Avec une balle 6.35 dans l'omoplate gauche.

Et Lily Laure ? Ah... Connais pas

Permettez?

Ă©coute, tu vas me dire oĂč sont Cicero, Larner et Lily ?

sale bĂątard

Qu'est-ce qu'il dit?

Il fait allusion Ă  mes origines, il me traite de bĂątard

M. le divisionnaire, laissez-moi lui bricoler un peu sa coxalgie !

Mais c'est pas lui qu'a la coxalgie. Oui?

T'as peut-ĂȘtre pas une coxalgie, mais ça va ĂȘtre tout de mĂȘme ta fĂȘte !

Qu'est-ce qui se passe ?

J'ai bien envie de l'arranger votre client ! Allez, je vous en prie

passez lĂ . alors

c’était fermĂ©e Ă  clĂ© alors, on a Ă©tĂ© obligĂ©s de forcer la porte

Bon, ben, allez-y, je vous rejoins

Lucas, allez rejoindre Torrance en bas.

Dites-moi, docteur, vous avez une voiture ?

Oh non.

L'année derniÚre, à Pùques, j'ai vu l'état des routes,

j'ai voulu survivre, alors, j'ai vendu l'auto.

C'est pour ça que votre garage est fermé à clé?

Non, non, c'est pas pour ça, quand ils sont arrivés, ils m'ont pris les clés.

MĂȘme que ça me gĂȘne, parce que j'ai un epiphyllum grimpant qui doit manquer d'air.

Et malheureusement, y a pas que lui. Venez donc avec moi

Lognon, attendez-moi lĂ .

Par ici

Bill...

Eh oui, ils l'ont descendu

Avec ça.

Torrance, allez m'appeler CompiĂšgne,

Lucas.

Comment et oĂč l'avez-vous connu ?

Pas connu. Je l'ai pas connu

Y a des gens qu'on connaßt comme ça, c'est tout

eh ben! assez de littérature, et répondez moi

Précisez-moi les faits.

Les faits, c'est qu'il avait vendu une voiture pas trĂšs catholique Ă  un client du golf

alors l'auto démarre, et le pont arriÚre

Alors, discussion, bataille... Je l'ai recousu un peu.

Puis il a fait sa convalescence ici, chez moi

Et quand il vous a amené les deux tueurs, ça ne vous a pas paru curieux ?

L’hospitalitĂ©, c'est inconditionnel.

Quand j'ouvre ma maison, je demande pas de passeport

BiIl Larner c'est une fripouille, mais une sorte d'honnĂȘte homme comme je les aime

Détestant l'ordre établi, mais incapable de tuer

Il aimait trop la vie. Il a quand mĂȘme Ă©tĂ© tuĂ© chez vous

alors, arrĂȘtez l'oraison funĂšbre, on la reprendra plus tard

Qu'est-ce que les deux autres avaient Ă  lui reprocher?

Ça faisait trois ans que BiIl vivait en France, il avait le mal du pays.

Il pouvait pas retourner en Amérique, parce que là-bas, il est interdit de séjour.

Alors si je comprends bien, pour se faire pardonner, il était devenu indicateur?

Eh oui. Au bénéfice de qui ?

Est-ce que je vais avoir de gros ennuis ?

TrÚs gros, quoi qu'on fasse, alors, parlez tranquillement, ça ne change plus rien

c'est drĂŽle, parce qu'au fond de moi-mĂȘme, j'ai toujours eu envie d'avoir de gros ennuis

Mais alors, envie... Comme on a envie d'aller en Chine.

et voilĂ  vous irez Ă  Fresne ou Clermont.

c'est beaucoup moins loin, mais vous verrez quand mĂȘme du pays

alors, maintenant, quittez vos rĂȘveries, et dites-moi qui jouait au golf avec BiIl Larner

une espÚce de flic Comment ça, une espÚce de flic ?

oui, il travaille pour les services de renseignements américains

et c'est BiIl qui me l'a dit, il était venu le voir ici chez moi, il y a15 jours.

Il était avec un autre Américain, un grand... distingué...

Ils étaient en voiture.

Qu'est ce que c'était comme voiture?

une DS. quelle Couleur?..

Grise. Vous ĂȘtes sĂ»r?

oh oui.

Lucas ! A la voiture, en vitesse

Lognon, vous me faites embarquer les deux gars Ă  la PJ, et vous vous restez lĂ .

Bien, monsieur le divisionnaire

7 rue Bonneau

Doucement, c'est lĂ , la rue Bonnot.

Ben, le sept, c'est de mon cÎté

Quinze...

Treize

Qu'est-ce que c'est? Police !

Monsieur McDonald, s'il vous plaßt. DeuxiÚme étage, droite.

Merci.

Maigret.

Qu'est ce que c'est? Police judiciaire

M. McDonald? Il dort encore.

Eh ben, on va le réveiller

tiens, qu'est-ce que vous faites lĂ  vous ? Ah, monsieur Maigret

eh ben! je vais vous annoncer une bonne nouvelle

Votre BiIl a pris l'avion à Orly, parce que s'il est resté, j'étais obligé de l'inculper.

Je vous crois pas. vous avez tort

parce que il y a des cas ou il faut croire sans poser de questions

Lucas,

expliquez-lui donc comment on l'a mis Ă  l'avion de New York.

OK, monsieur le divisionnaire Vous appelez qui, vous ?

Si Cicero est parti du Manhattan derriĂšre elle, il doit pas ĂȘtre loin

Et s'il nous a vu entrer, il a dû se tirer, alors il faut prévenir Lognon.

Les aérodromes, les gares, les ports, tout.

eh ben moi, je suis persuadé du contraire

parce que s'il retourne aux Etats-Unis

sans avoir descendu son bonhomme, en arrivant là-bas, il se fait repasser immédiatement.

Il a pas le choix

Et je suis sûr qu'il est dans l'une de ces voitures, en bas. Je sais pas laquelle,

mais j'en suis sûr.

Alors, prenez du monde, et cherchez-le.

Bien, patron.

J'ai fait raccompagner la petite chez elle Vous avez bien fait.

Eh ben, le voilĂ , notre Curtis Ah, dites donc !

Oh... Ben, dis donc, toi

En fait, Curtis, il s'appelle Polar

et en fait, Canadien, il est stĂšphanois.

Polar, le coup de la banque de Villeurbanne ?

Non ! Ville franche-sur-SaĂŽne !

Condamné par la cour d'assises du RhÎne à 20 ans de travaux forcés.

ÉvadĂ© l'annĂ©e suivante de la centrale de Clermont.

voyez, monsieur Maigret, moi aussi, je connais bien le dossier

Possible, mais en attendant, emballez-moi ces messieurs

sauf évidemment M. McDonald,

qui est protégé par l'immunité qui couvre le haut personnel des ambassades.

Je vous prĂ©viens. Je vais ĂȘtre oblige d'appeler Washington.

je vous signale que j'ai été obligé de prévenir l'intérieur.

Ça fera un incident diplomatique.

ça vaut mieux qu'une erreur judiciaire.

Cette affaire n'est pas celle que vous croyez ! j'appartiens au F.B.l.

et moi, à la PJ. Chacun son commerce. Mais écoutez, Jules

il y a plus de Jules

Si vous voulez m'entretenir de l'affaire, adressez-vous au quai des orfĂšvres, chez le divisionnaire Maigret.

Ă  partir de huit heures

Vous ĂȘtes Cicero ? Yeah.

bon...

Dans ton histoire, j'ai deviné bien des choses,

mais enfin, j'aimerais bien que tu me les racontes toi-mĂȘme.

D'abord, premier point, cette madame Curtis si je comprends bien,

c'était pas ta maßtresse, mais est-ce que c'était ta femme ?

Non je travaille avec elle, quand j'ai change d'identitĂ©, c'Ă©tait mieux d'ĂȘtre mariĂ©

Elle a accepté, mais c'est un mariage bidon, quoi

somme toute, t'avais une fausse femme comme on se colle une fausse barbe

Oui?

M. McDonald qui vient d'arriver.

Eh ben, qu'il attend lĂ , avec ses compatriotes

Allez, revenons-en à l'essentiel. Pourquoi es-tu rentré en France,

et pourquoi les deux Ricains voulaient te buter?

si ça ne vous fùche pas je voudrais bien

que ce soit M. McDonald qui réponde à tout ça.

Jusqu'à présent, il est conseiller d'ambassade,

il fait partie du F.B.l., mais je crois pas qu'il soit avocat.

Ah non, c'est pas ça, mais... mon cas, c'est un cas...particulier

Alors, si c'est un cas particulier, hein.

Lognon, voulez-vous venir ici ?

Et faites entrer M. McDonald, et son homme de confiance

va t'asseoir de l'autre cÎté, toi

Je vous en prie

Lognon, venez vous asseoir à cÎté de moi

j'ai pas dormi de la nuit, j'ai besoin d'affection.

Alors?

Écoutez, Jules,

Nous sommes deux collĂšgues. Non, deux concurrents

vous avez eu Washington?

Oui. La communication était bonne

pas trop de friture, non ?

Non Parfait.

Alors, maintenant envoyez la couleur, mais la vraie, parce que je vous préviens, je ne suis pas daltonien.

Je voudrais que vous me rendiez Polar.

Pourquoi je vous rendrais Polar?

Pour témoigner

Polar s'était réfugié aux Etats-Unis

il aurait vécu tranquille à Saint-Louis, mais

Il a été témoin d'un meurtre..

Et le meurtrier, c'était Walter Douglas

Ah oui, l'intouchable .

On avait enfin un témoin, mais

Douglas était sur le point de le faire exécuter.

Alors, il est revenu en France, et vous, vous avez voulu le récupérer..

Seulement, Douglas l'a su, et il a lùché ses tueurs. Hein ?

Tout juste.

Maintenant dites-moi,

pourquoi vous, vous m'avez tiré dans les pattes, à moi ?

parce que j'avais l'ordre de vous empĂȘcher de l’arrĂȘter

Le fait de le coffrer, moi mĂȘme ne l'empĂȘchera pas de tĂ©moigner.

si

Si je ne retourne pas en Amérique, je témoigne pas

Je veux bien témoigner, mais contre ma liberté.

Mais dis donc, c'est du chantage, ça !

Cet homme s'était réhabilité.

Et puis dans six mois, il aurait bénéficié de prescription.

Vous voulez le renvoyer pourrir en prison ? A quoi ça peut servir, ça ?

Et puis, Douglas va continuer Ă  courir. Et lui, c'est un tueur.

Un vrai.

Alors ! monsieur Maigret !

Quoi, "monsieur Maigret" ?

Tu veux retourner en Amérique ? Ah ça, oui

moi, je vais te donner mon opinion, je sais pas si t'as raison, parce que lĂ -bas, tu te croiras libre,

mais aprĂšs le procĂšs, tu seras culbutĂ©, et peut-ĂȘtre mĂȘme avant

Tandis qu'ici, tu fais un peu de taule,

tu témoignes contre Douglas par procuration, et sans danger

ce qui te vaudra d'ailleurs une remise de peine

c'est vrai, ça? Ben, c'est vrai et c'est faux

c'est pas prouver Ă  M. McDonald que tout raisonnement arbitraire

se retourne comme un gant dans la poire de celui qui l'envoie.

Je peux pas vous empĂȘcher de penser ce que vous voulez, mais...

est-ce que vous me le rendez ou non?

Mais, moi, je veux bien vous le rendre. Je veux bien.

Mais malheureusement, ça ne dépend pas de moi.

Ça dĂ©pend de qui? Lognon.

de moi?

Ben oui, quoi ! C'est votre affaire, non?

Vous connaissez toutes les données du problÚme. Alors, qu'est ce que vous en pensez?

Ben, y a du contre et puis... Et puis, du pour. Vous avez raison, Lognon

il y a du pour, et beaucoup de pour.

Alors, qu'est-ce que vous décidez ? Et vous, M. le divisionnaire ?

Moi, je leur rendrais.

Ben oui, c'est peut-ĂȘtre la meilleure solution. Oui.

allez, go home, Polar

Lognon, occupez-vous de ces deux messieurs, lĂ 

Torrance,

faites-moi embarquez ça, avec tous les égards dus à des professionnels

Lucas, vous prenez la déposition du docteur.

Avec toute l'indulgence due à un pur égaré dans un siÚcle mécanique et barbare.

Eh ben, voilĂ , nous n'avons plus rien Ă  nous dire

Je dois vous rappeler que Cicero et Cinaglia sont citoyens américains

et alors ?

alors pour le procÚs, il faut témoigner

oh! alors, lĂ , jamais, en aucun cas ! Ou alors, je reprends l'autre ! Faut choisir

et si vous voulez les récupérer, vous passerez par la voie officielle, appelez les chancelleries

Parce que je vous préviens en ce qui me concerne, moi je ne ferai rien, mais alors, absolument rien, pour arranger les choses !

au contraire, ces deux lĂ , je me les garde !

Ils m'ont descendu un bonhomme, et je vais les faire jongler.

Mon cher Harry. Vous connaissez le chemin, je ne vous reconduis pas.

Alors, Jules, on fait la paix ?

Mais...il y a jamais eu de guerre. Chacun son job

et..sayez toujours prudent

merci mon vieux

Patron? oui

On vous cherche

Un crime. 129 rue de Bagnolet

Quel genre de crime ? On croit que c'est passionnel.

Ben, c'est intéressant, ça. dites donc, branchez donc Lognon là dessus

ce sera peut-ĂȘtre l'affaire de sa vie. Parce que moi, je vais dormir

eh ben, bonne nuit.

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