Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranรฎ)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Un quart d'heure qu'il est la ? Peut-etre qu'il a un probleme.
- J'appelle quelqu'un ? - Non. On va intervenir.
Bon. Je vais voir.
- Monsieur, tout va bien ? - Oui, ca va. Merci.
Ca fait un moment que vous etes la.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je reflechis.
D'accord.
Il reflechit.
Je reflechis, parce que j'ai des doutes.
La gauche, je suis tombe dedans petit. Je l'ai toujours suivie...
La...
J'ai du mal a visualiser le projet.
Je suis socialiste d'inspiration,
mais le projet que je propose au pays,
c'est pas un projet socialiste.
Il fait chier, quand meme.
Ca ne lui ressemble pas.
On sent la patte du communicant.
Le genre d'idees que mon frere a du lui souffler.
Allo ?
Mon frere, Olivier Kandel, stratege en com du candidat Jospin.
T'es sur ?
Les chiffres de Wallis-et-Futuna viennent de tomber.
Jospin double son score de 1995.
Ca sent bon, les amis.
Un visionnaire, le frangin. Pas du genre a douter.
Y a 20 ans, j'etais pareil.
Plein de certitudes.
Mais l'histoire avait bien commence.
Nous sommes donc dimanche 10 mai 1981.
Dans quelques...
Ca a debute comme ca, a Saint-Etienne.
Avec mon pote, Sylvain,
mon frere, Olivier, et moi, Leon. 20 ans de moins.
Les 3 mousquetaires de la section.
Dans quelques secondes, on va savoir si le jour de gauche est arrive.
5, 4...
3, 2, 1.
Francois Mitterrand est elu president de la Republique.
Mitterrand ! Mitterrand !
Camarades, s'il vous plait !
On a gagne !
Camarades, cette victoire,
c'est votre victoire.
Dans cette bataille qui s'annonce,
l'ennemi, c'est l'argent.
L'argent qui corrompt.
L'argent qui pourrit jusqu'a la conscience des autres.
- Je... - Assez de discours, camarade.
Ce soir, c'est la fete.
- Tu la connais ? - Non, mais je veux bien.
Prendre la parole
Decider nous-memes
Liberer nos vies
Des chaines d'argent
Ecrire notre histoire A la premiere personne
Etre enfin des hommes Et non des instruments
France socialiste
Puisque tu existes
Tout devient possible Ici et maintenant
Forme chez les trotskistes,
Olivier avait infiltre le PS pour le pousser a rompre
avec le capitalisme.
- Tchin. - Tchin.
Tu vas me manquer.
Toi aussi, frerot. Mais bon...
Laisse-moi faire mon trou, et dans un an, tu me rejoins a Paris.
Leon ! Leon !
Elle est la !
Sylvain !
On a gagne !
Mitterrand nous avait promis de changer la vie. Le 10 mai,
il venait de changer la mienne.
Mitterrand ! Mitterrand !
Mitterrand a gagne ! Mitterrand a gagne !
Ben, je crois qu'on est coinces.
Cette soiree, je m'en souviendrai toute ma vie.
Ca va, la !
Du calme, camarade. Elle est pas belle, la vie ? Alors...
Bien dormi ?
On pourrait prendre un cafe.
A propos...
Moi, c'est Leon.
Enchantee. Noemie.
Enchante.
Voila.
Qu'est-ce que t'ecris ?
Un article.
J'ai toujours voulu etre journaliste.
A 20 ans, j'ecrivais a droite a gauche.
Enfin, surtout a gauche.
Et ce papier-la, je l'ai jamais termine.
A cause d'elle.
Noemie et ses yeux bleus.
Noemie et sa serviette bleue.
Noemie sans sa serviette bleue. Enfin, nue, quoi.
Il faudrait que je fasse une petite pause.
Bonne idee.
Juste...
Je veux etre sure qu'on soit d'accord.
Dans 3 jours, je pars.
Apres on se revoit pas.
D'accord ?
Dans 3 jours, tu me supplieras de rester.
Promets.
Promis.
D'accord.
On a le droit a des moments magiques,
dans notre vie.
Ces 3 jours-la etaient bien. Vraiment bien.
J'avais pas lesine. Platini a Geoffroy-Guichard.
Saint-Etienne by night.
Bref, la classe.
La grande classe.
Et pour finir, la maison ou j'ai grandi.
Tes parents sont la ?
Non. Mon pere est a l'usine. Tu viens ?
- On partait de la-haut... - Ah oui ?
- T'es pas a Manufrance ? - On a encore debraye.
- Mademoiselle. - Bonjour.
Papa, je te presente Noemie.
Vous n'avez rien contre l'epaule d'agneau au romarin ?
Avec la cooperative, je pensais realiser ce vieux reve d'autogestion.
Mais on est pris en otage par les banques.
Et ce jeune patron, Bernard Tapie...
il ne devait pas reprendre l'entreprise ?
Du flan.
Avec la gauche, ce sera different.
La gauche a souvent la memoire qui flanche.
Lui sape pas le moral, papa.
Noemie est une future enarque.
Ah ? Pourquoi ce choix ?
Pour etre utile.
Pas sur que vous ayez choisi la meilleure voie.
Vous feriez comment, vous ?
Vous feriez comment pour rendre la vie des gens moins moche ?
C'est un gentil, Leon.
Pas parce que c'est mon fils.
Quand sa mere est morte...
Il vous en a pas parle ?
Non. On se connait peu.
Il avait 10 ans. Son frere, 12.
Je me suis occupe d'eux, et eux, de moi.
Meme si au bout du compte...
chacun soigne ses blessures comme il peut.
J'ai pas trouve le vin.
Euh... On va pas vous deranger plus longtemps.
Merci. C'etait bon.
Ne faites pas trop attention a ce que je vous ai dit.
J'espere que Mitterrand reussira.
Moi, je dis : on fera le bilan dans 7 ans.
Tenez.
- Vous pourrez juger sur pieces. - "Les 110 propositions."
Bon. Alors rendez-vous dans 7 ans.
J'espere bien vous revoir d'ici la.
Le train rapide Saint-Etienne-Paris
est annonce au quai numero 2.
Tiens.
Merci.
On va pas faire les adieux sur le quai.
Ah, regarde.
Sandwich.
Ils sont pas tres bons, dans le train.
Merci.
Bon. Allez, file.
Tu sais, je me disais, si je prenais ce train ?
Comme ca...
- C'est pas parce qu'on s'est dit... - Arrete, Leon.
Y a des trains et des filles qu'on devrait retenir.
Le Saint-Etienne-Paris, de 10 h 55, par exemple.
Seulement voila, je l'ai pas pris.
3 ans plus tard, je reste a quai, a Saint-Etienne.
Comme pigiste, pour FR3 Rhone-Alpes.
C'est la crise et le tournant de la rigueur.
Le gouvernement stoppe les reformes.
Les usines ferment. Le chomage monte.
Les verres descendent.
Leon, comment ca va ?
"Les charges sociales sont deductibles.
"Les remunerations doivent etre ajoutees aux revenus imposables,
"pour que soient pratiques les abattements,
"de 10 a 20 % dont beneficient les salaries..."
Qu'est-ce que tu lis ?
Rien. Rien. Je t'assure, rien.
- C'est un catalogue. - C'est un catalogue ?
Oui. Et parle doucement. Papa dort.
- Il dort ? - Il somnole.
- J'ai un truc a te dire. - J'ai fini.
Ah, mon Leon.
Toujours aussi beau.
Il t'a... C'est quoi, ce merdier ?
- C'est lui. - Tu prends l'eponge.
Tu lui as rien offert ?
- Si. - Non. J'ai faim.
Menteur ! Tu aimes toujours les BN ?
Non. J'ai arrete.
Je vais te faire un Nesquik. Il faut du chaud dans l'estomac.
- Mais, maman, il te balade. - Arrete et range.
Oh, tu sais quoi ?
- Je vais te faire des crepes. - Non.
Je sors de table et je fais un peu attention.
- Tu fais regime ? - Un peu.
C'est vrai que tu passes... Il passe a la tele, lui.
- Il s'est bouge le cul. - Oui.
- Il a une situation. - Oui.
Tu trouves pas qu'il ressemble a... Patrick Sabatier ?
Tais-toi. Va chercher l'eponge, va.
Va chercher l'eponge.
- J'ai fait des makrouds. - Ca, je prends.
Tu te rappelles ?
- Maman, on voulait partir, la. - Tais-toi et range.
Attendez, c'est mon reportage. Venez voir !
Tiens, prends.
Il ne connait pas la crise. C'est un gagneur,
le Zorro des entreprises en difficulte.
J'ai droit au profit.
J'ai le droit d'avoir un jet. Je l'ai gagne.
Vous gagnez combien ?
L'argent, c'est mon unite de mesure.
Le sportif, c'est le chronometre,
et l'ecrivain, le Nobel. - Un million par an ?
Encore plus ?
Certains contestent vos methodes pour Manufrance.
Vous auriez vendu des activites au detriment des emplois ?
Quand je serai un escroc, ca se saura.
Je l'adore. Il est toujours bien coiffe.
Parfait. Pas comme toi.
Regarde. Tu vois quoi, la ?
- Le cinema de tes parents. - Exact.
Pourquoi il n'y a plus personne ?
- La programmation, non ? - Faux.
Aujourd'hui, avec les cassettes VHS,
les gens peuvent avoir Brigitte Lahaie a poil chez eux.
Sylvain, le Bernard Tapie de la fesse.
On s'est connus a 13 ans.
Il organisait le 1er festival du film X reserve aux mineurs.
Je transforme le cinema en sex-shop avec vente et location de VHS.
Ca marchera pas.
- Les magnetoscopes sont trop chers. - On va donc la.
- C'est quoi, ca ? - Une librairie.
Je peux l'avoir pour 1 franc symbolique.
Tu veux devenir libraire, c'est ca ?
Toi, t'es a l'abri de faire du pognon.
J'ouvre un magasin de magnetoscopes.
Je les vends avec une petite marge, mais je gagne un max sur les VHS.
- Oui ? Oui ? - Ah oui.
- Oui ? - Oui, monsieur.
- Oui qui ? - Oui, monsieur Sylvain. Picon biere.
C'est pour moi, la blonde.
Une mission pour Flash Gordon.
- Finesse. Finesse. - A moi, tu me dis ca ?
Vas-y, vas-y.
On se voit dans 2 jours. Je vais baiser pendant 2 jours.
Salut, les nenettes.
Je peux vous offrir un Pulco ?
J'ai envie de quelque chose de chaud.
Un Pulco chaud ?
Ou alors...
Ouvre, si les gens veulent du sucre.
Et ferme, s'ils en veulent plus.
- Ce sont des pisseuses ! - Sylvain !
Il faut que tu piges un truc.
Tous les films qu'on regardait en cachette,
ils sont plus harmonieux que la vie.
Dans ces films, les filles n'ont pas la migraine.
C'est vrai. C'est vrai.
Elles se deshabillent tout de suite.
Elles font des fellations joyeusement.
Elles font l'amour dans des positions etonnantes.
- A l'envers... - Comme elles veulent.
- Elles invitent des copines. - Meme inconnues.
La vie, c'est pas ca. Il faut des fleurs, un restau.
- Tu comprends ? - Ben oui.
Bon. Allez, on s'en fiche.
- On se fait un Paradise ? - Je vais peut-etre partir.
Pourquoi ? Quand ?
Je vais aller a Paris.
Olive a un appartement. Il m'a peut-etre trouve un job.
Ah ouais ? Ben, c'est bien.
C'est super. Vas-y.
Fonce. Je suis avec toi. Y a un probleme ?
Ca va ! Elle va se marrer 2 heures ?
Connasse !
J'ai pas fait la brune.
Tant que j'ai pas fait, je peux pas savoir.
Sylvain !
Regarde-moi.
Gauche, droite. Le col.
Allure. Finesse. Epaules basses.
- Salut. - Salut.
Tu sais, papa... Je voulais te dire...
J'ai eu ton frere au telephone. Il m'a parle du poste a Libe.
Et alors, qu'est-ce que tu en penses ?
Je sais pas trop, moi.
Ton train part dimanche, a 10 h 55.
Tu perds ton temps, ici.
Et puis il n'y a rien qui te retient.
Fais ta vie. C'est dans l'ordre des choses.
- Toi, tu vas faire quoi ? - Moi, ca va.
Et puis, je suis pas tout seul.
Qu'est-ce que t'es sensible !
J'ai l'impression de te revoir quand tu etais mome.
Tout le contraire de ton frere.
- Il avait deja cette... - Cette assurance ?
Cette force.
Il a jamais eu besoin de moi, ton frere.
Meme quand...
Pourquoi t'es reste seul, apres maman ?
Parce que j'ai jamais rencontre personne qui me la fasse oublier.
File, maintenant.
Paris.
Enfin. Cette fois, je l'ai pas loupe, le 10 h 55.
Frerot !
Olivier habite un loft a la Bastille,
mais a part la barbe, me dit-il, il n'a pas change.
C'est super.
- Pas mal, hein ? - Oui.
Finie, la politique a la papa.
L'avenir appartient aux publicitaires.
Alors Olivier poursuit le combat
dans la meilleure agence de pub, celle de Jacques Fabart.
"Qu'est-ce que tu bois, doudou, dis donc ?",
"Couscous Garbit, c'est bon comme la-bas", c'est lui.
"La force tranquille", c'est lui.
C'est une demarche politique discrete, pour attirer les jeunes.
Il faut des engagements festifs. Avec "Touche pas a mon pote",
je suis persuade... - Qu'avez-vous dit ?
"Touche pas a mon pote."
C'est vous qui avez trouve ca ?
Ben... disons que c'est nous.
"Nous" qui ?
Harlem, Julien, la petite bande de SOS.
C'est pas mal. C'est pas mal.
Vous avez fait la moitie du chemin. Il vous manque le support.
- Une affiche ? - Non. Non.
Quelque chose qui attire l'attention.
Une barrette, un pin's, un gadget quelconque.
- Je peux te voir une minute ? - Oui.
Allez, merci. C'etait tres sympa.
Et puis, je vais vous donner un conseil, puisque vous etes jeune :
dans la pub, quand on vend une bonne idee, on ne la partage pas.
Allez, merci. Tres sympa.
Bonjour. Le journal Liberation. C'est pour une verification.
T'es content ?
Oh, la vache. Tapie.
- C'est bien, le debut. - Ah oui ?
J'ai charge. Terraillon, Testut, Manufrance...
- Tu as...? - J'ai charge.
Oui, un peu.
C'est super. Vas-y, vas-y.
Bravo, hein.
Ah, le fou.
- Ca va ? - Oui, et toi ?
Oui.
Voila.
Il t'a fait quoi, Tapie ? Il a nique ta gonzesse ?
C'est de l'obsession.
J'enquete. Son nom apparait souvent.
Oui, bien sur.
Je ne veux pas d'articles a jeter.
Publie-les. Avant, tu le faisais ?
Oui, mais avant, c'etait avant.
Maintenant, c'est maintenant.
Il faut vivre avec son temps. Il faut s'adapter.
Etre pragmatique.
Tapie a reconcilie la gauche et l'entreprise.
Donc si je te suis, dis-moi si je me trompe...
Bernard Tapie, c'est la gauche.
Voila.
- C'est la gauche moderne. - "Moderne."
Ca ressemble a la droite ancienne ?
Au lieu de chouiner sur la gauche qui est pas assez ceci ou trop cela,
attaque la droite. Ca nous fera du bien.
La droite ne m'interesse pas. C'est pas ma famille.
Ce qui me gene le plus,
ce sont les types qui se pretendent de gauche,
mais qui la trahissent.
D'accord. T'as fini ton numero ?
Ils se retourneront contre vous, ceux que vous meprisez.
- Les petites gens. - Les petites gens ?
Qu'est-ce que t'y connais, aux classes populaires ?
J'en viens.
J'irai meme jusque devant les journalistes !
C'est foutu. Tout le monde nous lache.
La municipalite, le gouvernement, la gauche.
Et Marchais ?
Marchais et Krasucki font ce qu'ils peuvent,
mais ils n'ont plus aucun pouvoir.
Ils disparaitront, comme nous.
La lutte des classes est terminee, camarades.
Et nous l'avons perdue.
1988. Olivier prepare la reelection de Francois Mitterrand.
A defaut de contenu, il soigne le concept.
Une image. Nette, simple, efficace.
Universelle. Un ciel, des nuages, une main.
Mitterrand, c'est Dieu, la divinite.
On est au-dessus de la melee.
J'ai une 2e idee, plus consensuelle,
avec la campagne : terroir, fromage, authenticite.
La France profonde.
Pas de logo, parce que le logo du PS est un peu has been.
No logo, no PS. On est bons.
Et j'avais une autre idee : "Tonton, laisse pas beton."
J'ai pas le visuel.
C'est nul.
Il y a du travail.
Bon. Allez, on reprend tout de zero.
C'est quoi, pour vous, Mitterrand ?
Sagesse, experience, serenite.
C'est bon pour le 3e age. C'est ringard.
Mitterrand, c'est comme le Vieux Pane.
C'est un produit du passe qu'il faut rendre moderne.
- Modernite, creativite, festivites. - Festivites,
festif. Festif, fete.
Faites la fete. Jeunesse.
Branche. Un president branche.
Un president chebran.
Socialisme.
T'es con !
C'est pas mal, l'idee de jeunesse. Il faut creuser.
Un president moderne.
Un president cable.
Il faudrait trouver un mot qui casse les codes du genre,
pour creer un suspense.
Un mot. Un mot qui dit tout.
Alors, attendez, attendez.
Alors...
Generation.
Generation Mitterrand.
Tu sors.
"Generation Mitterrand", quel con.
Alors, Olivier, ca turbine ?
Ca avance. Des pistes.
Rien de tres serieux.
Tu connais l'excellent Jacques Sadoun ?
L'homme qui murmure a l'oreille du President.
Je murmure.
Olivier Kandel, un petit jeune qui monte.
Ah, Noemie.
Noemie Archambault, conseillere du president.
Vous vous connaissez ?
- Oui. On s'est deja rencontres. - Alors on a quoi ?
Oui...
J'ai une idee. Apres...
"Generation Mitterrand."
Vous en pensez quoi, Jacques ?
Ca sonne bien.
C'est toi qui l'as trouve ?
Oui.
Ca veut dire quoi ?
Ca veut dire...
que cette generation, c'est nous.
Celle du 10 mai 1981.
On a grandi avec Mitterrand.
Tout n'a pas ete rose, mais il a fait des trucs bien.
La retraite a 60 ans.
La 5e semaine de conges. L'abolition de la peine de mort.
Il faut continuer.
Tous ensemble.
"Tonton, laisse pas beton."
"Tonton, laisse pas beton", non.
"Generation Mitterrand", par contre...
C'est vrai que c'est bien.
On peut en toucher un mot au president.
Et pourquoi t'as quitte Libe ?
Je ne me retrouvais plus dans la ligne editoriale.
Je t'arrete tout de suite.
Nous, a L'Obs, on n'a pas compris le virage de Libe.
Quand tu penses que c'est le journal de Jean-Paul Sartre !
Des Mao ! Non, mais merde !
Et Serge qui disait qu'il n'y aurait jamais de pub.
Non, mais c'est affolant.
C'est affolant.
Ah, tu es de Saint-Etienne, toi, en fait.
Paris a du te changer.
Paris ?
Si, c'est le stress. Tu me diras,
on avait classe les villes ou il fait bon vivre,
et Saint-Etienne etait mal placee.
Apres les mines, beaucoup d'usines ont ferme.
Ca plus la crise, c'est dur de trouver du boulot.
"Vive la crise", c'est... Non, peut-etre pas.
"La crise, la der des ders."
Non plus.
Bon. Pour faire court, nous, a L'Obs,
on veut aider notre lecteur a decrypter la complexite du monde.
Si je te dis un truc comme...
Par exemple, si je te dis "les francs-macons",
comment tu le sentirais, toi ?
- Phrase d'accroche ? - "Comment devient-on franc-macon ?"
Ou juif. "Comment devient-on juif ?" Tu vois ?
Ou... C'est vrai, ca. Comment on devient juif ?
Tu vois, on sait pas.
On sait pas. C'est dingue ? "Etre juif en France aujourd'hui."
Qu'est-ce que c'est ? "Jamais sans ma kippa."
C'est peut-etre segmentant.
Faut se mefier. Les Francais, surtout avec l'ete qui arrive,
ils veulent de la legerete.
Plus leger. "Les Francais..."
"Les Francais font-ils plus l'amour en ete ?"
C'est pas mal. La, je vois la couv.
Lunettes de soleil, les tongs, une gonzesse a poil...
Avec un soleil...
"Les Francais se protegent-ils assez du soleil ?"
"Les Juifs francs-macons font-ils plus l'amour en ete ?"
Non, "au soleil" ! C'est vrai, est-ce que...
Quoi ?
Fais gaffe. Tu fais pas une petite depression, toi ?
Tais-toi ! "Depression, une maladie francaise."
Putain ! Ca a ete long a venir, mais...
Michel ! Ramene-toi, j'ai trouve le titre. Tu vois ?
Les Francais veulent ca.
Du fond, du fond, du fond.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici le president de la Republique.
Mai 1988, "La France unie" sacre Tonton.
Ca a la couleur de Mai 1981, le gout de Mai 1981,
mais c'est pas Mai 1981.
Chapeau, l'artiste.
Sylvain nous rejoint a Paris.
Il sera le 1er a comprendre a quoi sert vraiment un minitel.
Bonjour.
Faut pas les deconcentrer. Viens.
Alors voila... Nous quatre. Chacune a un minitel.
- Salut, Sylvie. - Salut.
- Voila. 30 connexions a l'heure. - Bonjour.
On en a 4. Ca fait 120.
Ici, elle discute avec un certain JP66.
T'es dans la cuisine, c'est bien.
Tu fais une moussaka ?
Non, attention. Reponds pas tout de suite.
Te deshabille pas.
A 60 balles la minute, il faut le faire mariner, JP66.
Mais le nerf de la guerre, c'est ici.
La machine dont je te parlais.
Belle bete, hein ?
C'est pas beau ?
Tout. Les clients qui se connectent,
ca arrive ici, directement.
C'est un RTC. Ensuite,
par magie electrique, ca vient par la.
On arrive sur le balai.
J'y ai accroche le PAVI.
- Le PAVI, c'est ? - Point d'Acces Videotext.
- Grace aux P.T.T. - Poste ?
Bravo !
Dans 3 mois, une fois que j'aurai regle ca,
je lance "Turlu" et "Nibards".
Et ca consiste en quoi, Turlu et Nibards ?
C'est pareil que 36-15 ULLA.
Ca sert a quoi ?
Ben dis donc, t'es definitivement a l'abri de faire du pognon, toi.
J'organise ma propre concurrence.
Ben oui, reflechis.
- Tu t'auto... - Eh oui. Je m'auto-attaque.
"T'as un concurrent." "C'est moi."
"Mais je pretends pas le connaitre."
"Pourquoi ?" "Parce que c'est moi."
"Alors tu le connais ?" "Ben, oui."
"Je t'attends entre mes cuisses.
"Tu verras, ca glisse.
"Je te promets mille delices."
Elle se prend pour Marguerite Duras ?
Tu dis ca a ton mec ?
J'habite avec ma mere, monsieur.
- Putain ! - T'as les billets ?
Merde, ils etaient la.
Quoi ?
Je les ai !
Attends, on passe prendre Olivier ?
- Non, il vient pas. - Il nous rejoint pas ?
Non. Il vient pas.
PSG-Saint-Etienne, loges avec champagne,
places devant, serveuses superbes, petits-fours, il vient pas ?
Il est avec sa copine.
- Mignonne ? - Je l'ai pas vue.
Pour qu'il rate le match, elle doit etre speciale.
Noemie ?
Noemie. 7 ans apres. Au mauvais endroit, avec la mauvaise personne.
Le reveil est douloureux comme un lendemain de cuite.
Oh, putain !
Oh, pardon.
Pardon.
Attends !
Je pensais pas qu'on se reverrait un jour.
- Encore moins comme ca. - Pareil, ouais.
Maintenant... Moi, j'aime que les choses soient claires...
J'ai tout dit a Olivier.
- Tout quoi ? - Ben, tout.
Nous, le 10 mai et...
Et puis le reste.
Le reste ? Mais quel reste, plus precisement ?
- Je veux pas creer de problemes. - Non, attends.
Y a pas le moindre probleme. C'est...
On a passe de bons moments, mais y avait pas de quoi non plus...
Et puis je suis ravi pour vous deux. C'est...
En plus, il y a prescription, donc...
Bon. Ben, tout va bien, alors ?
- Olivier est parti ? - Oui.
Il t'a laisse un mot
sur la table. Une histoire d'entretien.
Bon. Ben a plus tard, j'imagine.
Leon ?
Nice to meet you.
Appelle-moi Anne-K. Sorry, je suis charrette.
Viens, je te montre ton desk.
- T'as rien contre l'open space ? - Non.
Je passe pas un entretien ?
Please, pas de ca entre nous.
Pour l'administration, vois avec Sophie ou Sylvie. Who cares?
Tu veux combien de KF ?
Euh... Aucune idee.
Welcome chez Globe.
Oui, enfin, je suis plus venu par curiosite.
Comme ca, pour voir un peu...
J'ai besoin de quelqu'un ASAP.
Maintenant.
Ah, Laurent, tu tombes bien.
- Laurent, voici Laurent. - Leon.
"Le prive, c'est pas si con."
Laurent se joint a nous pour le projet Paris Premiere.
Tu le briefes ? C'est parfait.
So long, guys.
Salut, frerot.
Alors, ta 1re journee avec Anne-Katherine ?
Bof. Je la sens pas trop.
Je te trouve le plan en or dans un magazine branche, et toi,
tu fais la fine bouche.
Je trouve la ligne editoriale foireuse.
Elle sait ce qu'elle fait.
Tu dines la ?
Non. Je vois Noemie.
Y a du poulet au frigo.
- Ouais ? - Au fait...
Noemie m'a raconte votre petit flirt stephanois.
Non, mais... C'est rigolo, comme coincidence ?
Oui.
Ca me pose aucun probleme.
Tant mieux. Tant mieux.
- Toi non plus, j'imagine ? - Non plus.
- D'autant qu'il y a prescription. - C'est ce que je lui ai dit.
- Je lui ai propose d'emmenager. - Ici ?
Ici.
C'est un peu tot, mais comme on a des horaires fous.
Ca tombe bien, je comptais chercher un appart. Et voila.
Y a pas d'urgence.
Mais comme je t'ai trouve... Enfin, maintenant que t'as du boulot,
tu seras mieux seul.
Je vais faire chauffer le poulet.
Encore un truc.
Elle a rencontre papa ?
Oui, je... Je sais pas. Pourquoi ?
Elle m'en a parle d'une facon... Comment dire ?
Avec beaucoup de tendresse.
Et comme vous etes restes ensemble que...
- J'ai pas compte. - 2.
3 jours.
Je te laisse ramer un peu ?
Ciao.
Tu t'y connais, en litterature ?
Ca va.
On doit faire un portrait de Bernard-Henri Levy.
Quel rapport ?
- T'es un marrant. - Ah ouais.
Il sort un roman.
Tiens, lis-le.
Quand t'as fini, t'appelles Paris Premiere, pour l'interview.
- C'est pour quand ? - Pour hier.
Excellent, ca.
Vous voyez, la, il y a eu 2 lignes,
et apres, il y a eu une feuille collee par-dessus.
Il y a eu une serie de collages,
mais c'est dur a expliquer.
Se consacrer a la litterature dans le luxe, se deguiser en Afghan
dans les montagnes du Pandjchir,
c'est dur a expliquer ?
Qu'est-ce qui vous deconcerte ?
L'opposition entre les choses.
Oui, non... Je crois qu'il y a...
Je crois qu'il y a probablement une coherence entre tout ca
qui vous echappe.
Alors quelle est-elle ?
Je crois que c'est le secret des etres.
Je suis pas sur que...
Je suis pas sur qu'il faille dire comme ca, en 3 phrases :
"Voila ma coherence, ma verite."
Pardon.
Desormais a la retraite,
mon pere cherche lui aussi sa coherence, sa verite.
Tu m'as l'air perdu.
Puis-je t'etre utile ?
Je ne crois plus a la gauche.
Ni au syndicalisme. Encore moins au Marche commun.
Je ne comprends rien a l'informatique.
Que pouvez-vous faire pour moi ?
Crois-tu en Dieu ?
Vous n'avez rien d'autre en magasin ?
Pourquoi viens-tu dans une synagogue, si tu n'es pas croyant ?
Parce que j'aimerais bien atterrir en douceur.
T'es tres elegante.
Je te remercie.
T'es rentre plus tot ?
J'ai eu un petit souci au journal.
Mefie-toi d'Anne-Katherine. Elle est opportuniste.
Laisse-moi encore quelques jours, le temps que le charme agisse.
Je te previens.
Apres, je ne doute pas de ton charme, pour l'avoir pratique.
Quelques jours en mai, c'est peu.
Comment tu m'as dit ca ?
Ah oui : "On a passe des bons moments. Enfin, pas de quoi..."
Ben c'est vrai. On a eu de bons moments.
Comme ?
Je sais plus. Ca remonte.
Tu te souviens ce qu'on avait dit ?
- "Les 110 propositions ?" - Oui.
Bouteille de vin ?
"Reglement des contentieux concernant les anciens combattants."
Oui.
"Une allocation sera versee des la declaration de la grossesse."
Non...
On n'a pas bien avance.
- T'es decue ? - Un peu.
La CEE, t'en penses quoi, toi ?
Moi, je... Je dis plutot qu'il faut que j'aille chercher du vin, non ?
Je sais pas ce que t'en penses.
Je me souviens d'autres trucs.
Je me souviens de ton 1er baiser.
Dans la foule, tu te souviens ?
Le soir du 10 mai, quand t'as chante seule sur scene.
La serviette bleue.
Leon...
Excuse-moi.
Non, c'est moi. J'aurais pas du te lancer la-dessus.
Bonsoir.
On s'embete pas, a ce que je vois.
- Prends-toi un verre. - Je fais comme chez moi, en somme.
Tu as passe une bonne journee ?
C'est complique avec Fabart, en ce moment.
On va pas parler boulot.
- Toi, ca va, frerot ? - Ca va.
J'ai eu une altercation avec Anne-Katherine.
Rien de grave ?
Non, non.
Spaghettis ?
Ce pauvre Chirac. Il me fait presque de la peine.
Tu peux me passer du parmesan ?
Il se fait toujours avoir.
Cela dit, bien coache, il a un vrai potentiel.
Allo ?
Oui, Anne-Katherine.
Un peu. Je suis a table.
Si. Il m'a dit.
Il m'a dit. Il m'a dit...
Ah non. Ca, il m'a pas dit.
Je te rappelle.
Elle m'a raconte ton comportement lamentable avec Bernard-Henri.
T'es vraiment inconscient ?
Vous etes dans le meme journal et tu le demolis.
- Si on peut plus interroger. - Arrete. Je te connais.
Et tu me fais passer pour un con.
Demain, je donne ma demission.
Ah ouais ? Et comment tu vas payer ton loyer ?
- Olivier ! - Quoi ?
Je fais tout pour lui ! Il manquerait plus que...
Que quoi ? Je t'en prie.
Va au bout de tes pensees.
Et voila.
Leon Kandel dans son role prefere.
C'est tellement facile.
Regardez bien. Ce sera affiche sur l'autoroute.
Alors si c'est...
Oh ! Leon ! Qu'est-ce que tu fous la ?
- C'est quoi, cette tete ? - Tu m'heberges ?
Tu me poses la question ? Bien sur. T'es chez toi.
Va poser ton sac.
Viens voir. Tu tombes bien.
1re semaine : "Si tu veux voir le bas, rendez-vous sur Turlu."
On n'a pas menti.
Tourne-toi. Je te presente mes artistes.
Nibards, Turlu, Ulla.
Des demain, c'est affiche partout. Je peux te dire que...
Pas avec les fringues.
Regarde ca !
C'est Dorothee.
Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe ?
C'est Melanie, encore ?
- Noemie. - Noemie, c'est ca ?
Je vais te la sortir de la tete. Tu es chez toi.
Oh, les filles !
Dorothee, balance-nous un 33, s'il te plait.
Sylvain ?
Melanie...
Mela... nie ? Noemie.
Noemie !
Oh, la vache !
Je cherche Leon. Il est chez toi ?
Leon ?
Ah, Leon ? Bien sur qu'il est la.
Il est la. Oui.
Je peux entrer ?
Oui. Bien sur. Viens, je t'en prie.
Suis-moi. Par contre, on a fait la fiesta hier,
donc c'est le bordel.
Je vais tout de suite alerter Leon.
Prevenir Leon.
Va dans la cuisine, en attendant.
Oh pardon.
T'inquiete pas. Ils ont l'habitude.
- Ah. - Tu veux un the ?
Je veux bien.
- Salut, les filles. - Salut.
J'ai la tete dans le cul et la chatte en Z.
Oh, pardon. Je vous avais prise pour Sandrine.
- Elle dort toujours, la sardine ? - Je crois.
- Comment t'as... - Bon. Je filoche, moi.
- A ce soir, Leon. - Ouais !
Je voulais te parler.
Desolee pour ce qui s'est passe avec Olivier.
Scusi.
Non... C'est ma faute.
C'est moi qui aurais du partir... plus vite.
Qu'est-ce que tu fais ?
C'est pas... ce que tu crois, hein.
Bon...
Au revoir.
Amuse-toi bien.
C'est la que j'ai commence a deraper.
Mesdames et messieurs Attention
Je vais vous faire une chanson
Le sujet en est ambitieux
De mon image Je suis soucieux
En 1990 C'est l'heure des communications
Les coupes sont vides. Servez-vous !
Mais servez-vous ! Le champagne est offert par Berlusconi.
On a fait 40 % de parts de marche. 40 % !
Eh ben, voila.
Comment ca va ?
Oui.
Ben, dis donc... T'as pas froid, la ?
Les annees 90 demarrent avec la chute d'un mur. A Berlin.
A l'Ouest, rien de nouveau. C'est la crise, comme d'hab'.
Apparemment, on n'y peut rien. Fin de l'histoire.
Mort des ideologies. Le fatalisme est a la mode.
Alors je fais semblant de m'amuser, en buvant
et en couchant avec plein de filles.
Elle, si je me souviens bien, c'est Pamela.
Et elle, c'est Veronique.
Elle etait playmate. Chez Collaro.
A cette epoque, ma vie ressemble a de la mauvaise tele.
Peut-etre aussi parce que j'y travaille.
Je suis journaliste politique sur Antenne 2.
Bonsoir, Jack Lang. Sequence portrait chinois.
Notre minitel vous interroge.
Vous devez repondre par "oui", "non", ou "parfois".
Allons-y.
Aimez-vous vous faire caliner ?
Oui.
Ca va interesser nos telespectateurs.
Aimez-vous les seins en petite poire ?
Parfois.
Je viens de la presse ecrite.
Je decouvre les questions.
Quand vous croisez une femme, vous arrive-t-il
d'imaginer ses sous-vetements ?
Oui.
Lang est un excellent ministre de la Culture.
Mais il peut pas affronter Le Pen.
Et pourquoi pas Kouchner ?
- Pas mal. - C'est du casting.
Le beau docteur contre le vilain borgne.
Non. Trop romantique.
Le seul qui puisse tenir tete, c'est Tapie.
Attendez, attendez... Non, non, non.
On a 2 boxeurs. Lequel va cogner le plus fort ?
C'est bien, Olivier, ca.
Vous ne parlez pas serieusement, la ?
Pourquoi pas ?
- Jacques ! - Excusez mon retard.
- J'arrive de Solutre. - Le President a-t-il bien grimpe ?
Oui, il est en pleine forme. En revanche,
Roger Hanin s'est foule la cheville.
Jacques, on a des choses a te dire.
Oui. Tu tombes a pic.
TF1 organise un debat sur l'immigration.
J'ai eu vent du projet.
Eh bien, nous venons d'avoir une idee.
Allez, Olivier. Vas-y.
Alors.
Tout le monde sait que Le Pen est un debatteur redoutable.
Il faut lui envoyer un bulldozer.
Un type au langage simple, demago, populiste,
et qui vient pas du serail.
Ca ressemble a Bernard Tapie.
Vous en pensez quoi ?
C'est une excellente idee.
C'est une enorme connerie.
Noemie !
Indra, you love French wine?
Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid.
C'est depasse, le chacun-pour-soi.
Loin des yeux, loin du coeur. On est la,
dans nos villes,
alors que l'Ethiopie meurt peu a peu.
Pour le grand soir, il faut qu'ils aient a manger.
Et a boire.
On passe au salon ?
On a beaucoup bu ou c'est moi ?
- Qu'est-ce qui vous a pris ? - Je soutiens votre fiance.
Tapie ne sert que ses interets. Il est incontrolable
et il n'est pas de gauche.
Le President l'apprecie beaucoup.
Tapie est une bombe a retardement.
Il explosera a la tete de ceux qui pensaient pouvoir le manipuler.
Jacques, cognac ?
Volontiers, cher ami.
Vous etes un pitre, monsieur.
- Attention. - Vous etes un pitre.
Vous depassez la limite...
Ne dites pas d'enormites comme ca !
Et ne me menacez pas physiquement, M. Tapie.
Il vous en cuirait.
Parce que vous avez vos gardes du corps.
Et nous allons bien voir qui va gagner.
Vous ne dites rien, aujourd'hui, Rabbi.
Pourquoi ce silence ?
Ceux qui savent ne parlent pas.
Ceux qui parlent ne savent pas.
Pourquoi ceux qui savent ne parlent-ils pas ?
Parce que ceux qui savent savent qu'ils ne savent rien.
Donc ils se taisent.
Mais alors, ceux qui ne savent pas, ils parlent de quoi ?
De tout. Donc de rien.
Toi, tu m'as l'air preoccupe.
Je me fais du souci pour mon fils.
Le grand ?
Non. Le petit.
Un soutien-gorge pigeonnant vous donne-t-il des ailes ?
Parfois. Mais sans, c'est aussi bien.
Aimez-vous etre calinee de bon matin ?
- Parfois. - Coquine.
Seulement de bon matin ?
Comme quoi l'adage dit vrai. Femme a lunettes, femme a...
Coquine.
Mademoiselle.
Papa.
Ta secretaire m'a dit que tu etais ici. Je t'attends au cafe ?
Non, non. Je suis etonne de te voir a Paris.
Ca va ?
Je m'inquiete pour ton frere.
- Je devrais pas. - Si, si.
A part ca, moi, ca va.
Ben... Je vois bien, que ca va.
T'en imposes. Tu fais tres...
installe.
"Installe ?"
Oui.
A l'aise. Qui a reussi.
- Ca a pas l'air de te faire plaisir. - Pourquoi ca me ferait pas plaisir ?
L'epoque a change, pas moi.
L'epoque.
Bon. C'est quoi, le probleme, avec Leon ?
- T'as vu ses emissions ? - Oui.
Bon. Alors ?
J'aime bien ce melange de politique et de divertissement.
C'est moderne. C'est frais. Et ca plait a l'opinion.
Tu dois pouvoir le sortir de la ?
Mes fils vont avoir 40 ans et ils sont pas maries.
Vous etes mariee, vous ?
Un joli brin de fille comme vous ?
Non.
Vous ne sortiriez pas avec mon fils ? Il est bien.
Il a tout pour etre heureux.
Pour rendre une femme heureuse.
Vous etes certaine de vouloir arreter la politique ?
Mais je n'arrete pas.
Je retourne a la source.
Sur le terrain.
Votre depart va attrister le President. Surtout maintenant.
Le bateau tangue. Les rats quittent le navire.
Je n'ai pas de lecon a recevoir.
Ni d'un president qui a fait des ecoutes.
Ce ne sont que des calomnies orchestrees par la droite.
Boum. La bombe a explose.
La mise en examen du ministre Tapie cause du tracas a votre fiance.
Euh... pardon.
Votre ex-fiance.
Le President a l'air abattu.
C'est pas le 1er mot auquel je pense.
La fin du septennat sera calamiteuse.
Il faut organiser la riposte. Contre-attaquer.
En a-t-il la force ?
Il faut refaire le coup de Mourousi.
Le truc intime, genre confession au coin du feu.
Plus personne ne jouera le jeu.
On n'a pas le choix.
Il faut juste trouver la bonne personne.
Tu penses a qui ?
Francois Mitterrand, bonsoir.
Avant de commencer, j'ai une question.
Je vous demanderai d'y repondre avec la plus grande franchise.
Francois Mitterrand,
d'apres vous, sucer, c'est tromper ?
Alors, frerot, c'est le grand soir ?
Pardon. Viens. Faut que je te parle.
Le President a bien insiste.
Rien sur le suicide de Beregovoy.
Pas d'allusion a Bousquet, a VA-OM, enfin, a Tapie.
- Je compte sur toi ? - Oui.
C'est quoi, cette cravate ?
C'est ma cravate en tricot.
Je serai la, en regie.
Si le President se sent mal, je te fais signe,
et tu ecourtes l'interview.
- Content de te voir. - Je dois te parler.
Apres, on peut aller diner ?
Non, maintenant.
- Je t'ecoute. - Pas ici. Dans mon bureau.
Tu demenages ?
Non. Je pars demain matin pour le Bresil.
Quelle manie des departs.
Je pars pour une mission.
- Tu reviens quand ? - Je rentre pas.
Comment ca ?
Ca sort demain.
Le President a mis en place un systeme d'ecoute ici.
En toute illegalite.
Et je fais quoi de ca ?
Ce que tu veux, Leon.
Antenne dans 20 secondes.
Antenne dans 15 secondes.
10, 9
8, 7,
6, 5,
4, 3,
2...
M. le President, bonsoir. Merci de nous accueillir a l'Elysee,
dans votre bureau,
d'ou vous dirigez la France depuis 12 ans.
Avant tout, j'ai une question
delicate a vous poser.
Je vous demanderai
d'y repondre avec la plus grande franchise.
Francois Mitterrand,
y a-t-il eu, entre 1983 et 1986,
des ecoutes a l'Elysee ?
Je suis etonne que vous engagiez le debat sur ces choses.
Si j'avais su qu'on tomberait si bas, je n'aurais pas accepte l'interview.
Mon devoir de journaliste est de vous le demander.
Si j'avais su que vous etiez comme ca...
Je n'ai pas besoin de perdre mon temps sur des sujets pareils,
alors qu'il s'agit d'une polemique fabriquee,
avec laquelle je n'ai rien a voir.
Vous ne pouvez pas nier...
Il n'y a pas de services d'ecoute a l'Elysee.
Il ne peut pas y en avoir.
Je ne sais pas comment on fait les ecoutes.
On peut couper ?
- Vous les auriez commanditees. - On s'enfonce encore un peu.
Je n'ai pas l'intention, a vous, que rien n'autorise a cela,
de repondre.
Les Francais ont le droit de savoir...
Cette conversation est terminee.
Si vous le voulez, nous allons nous separer.
Putain, Leon !
Je ne pensais pas qu'on tomberait dans un tel degre de vilenie.
Quel con !
C'est termine.
En 1995, le president quitte la scene.
Chirac sent que son heure est arrivee.
Mal parti, il relance sa campagne en suivant les conseils d'un petit malin
qui sait rebondir.
Bonjour, M. Chirac.
Bonjour, Olivier. Alors ?
On va commencer par les mauvaises nouvelles.
- Vous restez bas dans les sondages. - Je sais.
Mais je ne m'inquiete pas.
J'ai trouve un concept qui me semble assez prometteur :
la fracture sociale.
J'avoue que je ne saisis pas vraiment,
mais je vous fais confiance.
Il est 20 h.
5e president de la Ve Republique : Jacques Chirac.
52 % des suffrages exprimes aujourd'hui.
Dommage.
Pour une fois que Jospin faisait une bonne campagne.
Enfin, y a pas que des mauvaises nouvelles, en ce dimanche de mai.
Dans le public, tu n'as pas de chambre individuelle.
Ici, c'est le top. Je te dis pas ce que ca coute.
Justement, j'aimerais te parler d'un truc.
Vas-y. Demande-moi ce que tu veux.
Meme 50 batons ?
Non. Enfin, attends...
50 batons nouveaux ?
Je monte ma propre agence. J'ai besoin de capital.
Ben, dis donc...
Meme si j'arrivais a reunir cette somme,
t'en aurais besoin quand ? - Tout de suite.
Je te file 33 % des parts de la boite.
D'ici 2, 3 ans, ca aura double ou triple...
Attends ! 2, 3 ans, on sait pas.
Les affaires, c'est pas facile, mon grand.
- Et le reste ? - Les banques.
Tu recuperes la mise quand tu veux.
- Quand je veux ? - Oui.
Allez, vas-y. Tope la.
Mon avocat t'envoie les papiers. Tu le regretteras pas.
Ca va ?
- Attends-moi, je reviens. - T'inquiete.
Olivier !
Attends-moi.
Olivier !
- Pousse-toi. - Je sais, tu m'en veux.
Fous-moi la paix.
Messieurs.
Je suis desole, Olivier.
J'avais pas le choix.
J'ai fait ca par fidelite a notre histoire.
T'y as cru, moi, j'y ai cru. Papa aussi !
Arrete !
Arrete ! Ca fait des annees que je te traine comme un boulet.
T'es si persuade d'etre bien.
Mais tu penses qu'a ta gueule !
C'est toi qui me dis ca ?
T'en as rien a foutre de rien.
Ah oui ? Et qui t'a trouve du boulot ?
Qui t'a loge ? Qui ?
- T'as la memoire courte. - J'ai pas oublie d'ou je viens.
Mais regarde-toi, Olivier ! Tu t'es vu ?
Quand je pense a ce que tu es devenu aux yeux de papa.
Il te l'a peut-etre pas dit, mais il a honte de toi.
- Tu lui fais honte. - Je t'emmerde !
En fait, tu sais quoi ?
T'es qu'un putain de parasite.
T'es la, tu fais la lecon,
mais au fond, tu sers a quoi ?
Hein ? Tu sers a quoi ?
Camarade !
On va voir comment tu te demerdes, maintenant.
Leon,
J'habite maintenant a Igarata,
un petit village pres de Sao Paulo.
Jamais je n'ai eu le sentiment d'etre aussi utile, aussi vivante.
Je pense souvent a toi.
J'espere que tu es heureux,
que toi aussi, tu as trouve ta voie.
Je t'embrasse tendrement. Noemie.
Guy Michel, bonsoir.
Votre sentiment, apres ce match qui vous condamne
a une descente en Nationale ?
Algebriquement, rien n'est fait.
Si on gagne nos 4 prochains matchs et que nos concurrents perdent,
il y a de l'espoir.
Et il y a des choses positives a retenir du match.
Le coup de sifflet final ?
Je vais pas rentrer dans la polemique.
Je ne cherche pas d'excuses.
Mais c'est vrai que l'infirmerie affiche complet.
Et Diarra ?
Bernard Diarra s'est fait les ligaments croises.
Akum Diarra est parti jouer pour la Coupe d'Afrique des Nations.
Ca fait beaucoup ?
Apres, comme vous le savez peut-etre,
il y a des choses plus graves.
C'est pas... Faut rester positif.
Des choses plus graves. Je pense a des choses bien plus graves.
Des choses plus graves. Merci beaucoup, Guy Michel,
pour cette sincerite. Merci a vous. Bonne soiree.
Guy Michel va retrouver ses joueurs dans une ambiance lourde.
Il leur fera les memes reproches,
mais personne ne l'ecoutera.
Les joueurs s'en contrefoutent.
Finis, l'esprit d'equipe, le sens du collectif ou des valeurs...
comme la solidarite. Voila.
C'etait Leon Kandel, qui se gele les miches,
en direct du parc des sports du Bram, a Louhans.
Lionel, 2002, il faut y penser maintenant.
Chirac pense a sa reelection.
D'ailleurs, il pense qu'a ca.
Lionel, parfois, tu peches un peu par naivete.
Allo ?
- Ca va ? - Oui. Toi, t'as une sale gueule.
- Un cafe ? - Je veux bien.
Deux, dont un serre.
S'il te plait.
Elle commence a me fatiguer.
Elle est diplomee, donc elle sert pas le cafe ?
Vas-y, mon vieux.
Je suis dans la mouise, Olivier.
Ce sont les affaires. Pas de probleme de sante ?
Non. Mon divorce avec Chantal, c'est la merde.
Elle est rentree a Laval.
A Laval ? Quelle idee d'epouser une Coco-girl ?
Enfin, il y a pas que ca.
J'ai fait des placements merdiques.
Je te connais, tu vas rebondir.
J'ai tout perdu. J'aimerais en discuter...
Oui, Lionel ?
Bien sur, mais tu mets la barre trop a gauche.
Oui, mais tu seras pas elu sur un bilan, mais sur un projet.
Oui.
Allez, a plus tard. Salut, Lionel.
Lionel Jospin ?
Oui.
Tu me le rends quand tu peux. Y a pas d'urgence.
D'ici la fin du mois.
Qu'est-ce que tu veux que je foute de 3 000 balles ?
Attends, tu m'as pris pour un clochard ou quoi ?
Tu plaisantes ?
Je suis pas venu te taper. Je suis venu vendre mes parts.
- Mes 33 %. - Mais ca, ca va pas etre possible.
Tu m'avais dit que je pourrais recuperer ma mise.
Je t'avais dit... Il faut lire les contrats.
Tu vends, mais avec l'accord de l'actionnaire majoritaire.
Ben c'est toi, l'actionnaire majoritaire !
Oui, sauf que je ne suis pas d'accord pour que tu vendes.
Elle fout quoi, l'autre, avec ses cafes ?
C'est pas contre toi, mais je pense a l'agence.
On ouvre un bureau a Dubai.
J'ai besoin de cash-flow. Tu tombes mal.
C'est comme ca.
Attends.
Tiens.
Elle s'appelle Svetlana.
C'est un peu cher, mais ca vaut le coup.
Une derniere, Rabbi ?
Non. Y a le match.
- Quel match ? - Ben, France-Bresil.
- On peut le regarder ensemble. - Non, merci.
A demain pour la revanche ?
Non. Demain, je vais a Paris.
Je me fais du souci pour mon fils.
- Le petit ? - Non. Le grand, Olivier.
- Tu m'as toujours dit... - Je me suis toujours trompe.
Je crois que j'ai ete maladroit.
Il faut absolument que je lui parle.
Etre pere, c'est un metier.
Mais ca ne s'enseigne pas.
On apprend en le faisant.
Peut-etre que je l'ai pas assez regarde.
Pas assez ecoute.
Pas comme il aurait fallu, en tout cas.
J'ai pas vu grand-chose, en fait.
Le Talmud dit :
"Les actes du pere sont une boussole pour les fils."
Tu lui as montre la voie.
Oui, mais... est-ce que je lui ai assez montre que je l'aimais ?
Tu fais quoi, la ?
Je suis desole, mon pote.
J'y vais pas. Je suis malade.
- T'as quoi ? - Un rhume.
- En juillet ? - Les maladies sont pas en vacances.
Tu vas rater la finale de la Coupe du monde ?
Ben, oui. Je la regarderai a la tele.
A la radio.
Ecoute, laisse tomber. Je...
Je suis pas bien. Vas-y. Bon match.
Embrasse Zizou de ma part, d'accord ?
Ah... Desole.
Salut.
Tiens. Tenez.
Putain, j'ai du oublier les billets.
- T'as regarde dans tes poches ? - Ben, oui.
Peut-etre quand j'etais en Solex.
C'est pas possible. T'as pas bouge. T'as fait que ca.
Bah, je sais, mais...
Sinon, on peut le regarder au cafe ?
Moi, je t'ai dit, frangin...
Non.
Je connais un rade sympa.
A Laval.
Si on y va maintenant, on sera a l'heure pour la remise de la Coupe.
Et puis demain...
Une petite balade dans Laval.
Avec la vie, on sait pas.
He, je pleure pas, hein ?
Non, non. T'as le rhume, la.
Un 12 juillet ?
C'est fini.
L'Equipe de France est championne du monde !
Ah, c'est super.
Je crois qu'apres avoir vu ca, on peut mourir tranquille.
Enfin, le plus tard possible...
J'ai souvent vu Raymond, ces dernieres annees,
prenant toujours un grand plaisir a converser avec lui.
Nous discutions de tout, sauf de religion.
Le plus souvent, il me parlait de vous, Olivier, Leon,
dont il etait si fier.
Il suivait votre parcours avec attention.
Il me confiait ses doutes.
Car oui...
dans sa grande humilite, il craignait d'avoir manque a ses devoirs.
Lui qui fut pourtant un pere admirable.
Et courageux,
quand il fallut s'occuper seul de vous a la mort de votre maman.
C'etait un homme...
honnete, tout simplement.
Qu'il repose en paix.
Il etait chouette, ton pere.
Merci, Nora.
Tu reviens quand tu veux a la maison.
- Il t'avait dit, pour le rabbin ? - Non.
Il reste plus grand monde, chez les Kandel.
D'ou son angoisse qu'on n'ait pas d'enfants.
Qu'est-ce qu'il m'a bassine, avec ca.
T'y vas deja, la ?
Quand on s'est engueules, a la clinique,
je t'ai dit un truc, par rapport a papa.
C'est pas vrai.
Excuse-moi une seconde. J'ai une petite galere.
Ces italiennes de merde !
T'as pas l'impression de repartir de zero ?
A Saint-Etienne.
Les illusions en moins.
C'est vrai, mon pote.
Comme dans un putain de Balzac.
- Un putain de Balzac ? - Eh oui.
Tu crois qu'il y a que toi qui lis des livres ?
Des fois, je me demande si on aurait pas mieux fait de rester ici.
On se serait vachement moins marres.
Et puis j'aurais pas eu ma fille.
C'est la plus belle chose qui me soit arrivee.
Et moi, j'aurais pas demande a Emilie si elle aime les hommes en slip.
J'aurais pas couche avec toutes les filles a poil de la tele
de ces 10 dernieres annees.
Tout ca pour oublier la seule fille que j'aie jamais aimee.
Ah ben voila, quand ca veut !
C'est bien, Monica.
Tu me deposes a Roissy ?
Allez.
On va a Roissy.
Dans le Paris-Rio de 10 h 55, je vois defiler l'histoire de ma vie.
J'ai pas tout reussi, loin de la, mais il y a eu de chouettes passages.
Ces moments magiques auxquels on a tous droit.
C'est pour ca que je suis alle chercher Noemie.
J'ai ete un peu long a la detente,
mais c'est souvent comme ca. On doute,
on tergiverse,
et puis on passe a l'action.
He, Leon !
- T'as fait ton devoir de citoyen ? - Ouais.
- Jospin, sans conditions. Et vous ? - Besancenot.
- Taubira. - Noel Mamere.
Arlette, bien sur.
Attendez, personne n'a vote Jospin ?
- Ben, non. - Ben, non.
C'est vrai.
Personne ?
Moi, j'ai vote a gauche.
Allo ?
Vas-y. Je t'ecoute.
T'es sur ?
Les chiffres de Wallis-et-Futuna sont tombes.
Oui, je t'entends.
On est sur du partiel.
Mais si ca continue, j'appellerai les clients,
pour dire "Chirac en tete et tres serre..." Enfin...
"Incertitude entre Le Pen et Jospin."
Oui, essaye d'appeler. Tiens-moi au courant.
...le 1er tour des elections.
La plupart des candidats ont vote.
Je comprends pas. Ils sont surs de leur truc ?
C'est quoi ?
Un sondage de mi-journee...
C'est de la merde.
Arrete...
Tu seras quand meme Premier ministre.
Non. Toujours rien.
C'est clair. Le Pen est deuxieme.
- Tu l'as donne aux clients ? - Non.
Appelle-les.
Allo ?
Allo ? Oui, Jean-Francois.
Tu plaisantes ?
Estimation ou sondage sorti des urnes ?
Alors c'est plie.
Toi faire tres, tres bien amour, moi.
Mon gros canard.
La prochaine fois, contacte-moi par Internet.
Par Internet ?
Attends deux secondes.
Les hommes choisissent les femmes avec qui ils veulent coucher ?
Choisir fille la.
Mais imagine...
un site de rencontres pour celibataires
qui veulent coucher.
Ah ouais, c'est pas con.
Mais oui !
Il est 20 h.
Voici notre estimation
du resultat du 1er tour de l'election presidentielle.
En tete, Jacques Chirac, 20 % des voix.
Enorme surprise, Jean-Marie Le Pen semble etre le second,
avec 17 % des voix.
Viennent ensuite Lionel Jospin, 16 %,
Francois Bayrou, 6,6 %...
Arlette Laguillier, 6,4 %,
Jean-Pierre Chevenement, 5,4 %...
Nous sommes tous des enfants d'immigres.
A bas, a bas le Front national.
Qu'est-ce qu'on attend Pour etre heureux ?
Qu'est-ce qu'on attend Pour faire la fete ?
La vie est belle
Le ciel est bleu
Quand meme, ca fait mal.
J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop ecoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se denoncer
J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitie dans leurs godasses
Et moitie a cote
J'aime leurs petites chansons
Meme s'ils passent pour des cons
J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut
Ceux qui avec leurs chaines
Pour pas que ca nous gene
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'etre au bout du compte
Que des rates du coeur
Pour n'avoir pas su dire
"Delivrez-nous du pire
"Et gardez le meilleur"
J'aime leurs petites chansons
Meme s'ils passent pour des cons
Sous-titrage : Eclair Media
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.