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Où est cette foutue diligence ?
Elle ne doit pas arriver de l'autre sens ?
Ça dépend. Vous arrivez ou vous partez ?
Je pars dans l'Ouest, bien sûr. Comme tout le monde.
- Pas vous ? - Non.
Je rentre.
J'ai fait mon temps ici.
J'en ai assez.
Pourquoi dites-vous ça ?
Le puits s'est asséché.
J'étais venu ici pour abreuver ces sauvages de religion.
Je me suis démené.
Je me suis démené.
Ils n'en voulaient pas, du moins ceux à qui j'ai eu affaire.
Je peux pas leur en vouloir.
On a beaucoup de chrétiens.
Il n'en faut pas plus.
Vous avez déjà vu un vrai Apache ?
Oui.
Et un Cheyenne ?
Oui.
Un Shoshone ?
Non.
Un Comanche ?
Oui.
Ils sont comment ? Je n'en ai encore jamais vu.
Je sais pas.
Certains sont des minables, d'autres pas.
Ils sont comme tout le monde, je dirais.
Pourquoi vous êtes venu ici ?
Nouveau départ.
J'essaie de mettre mon passé derrière moi.
- Comment ça ? - Eh bien, les temps sont durs.
C'est dur là d'où je viens.
Entre autres choses,
ma femme est décédée en couches.
C'est vraiment regrettable.
Oui, c'est très dur.
J'ai absolument besoin d'un nouveau départ.
Je veux pas vous saper le moral, mais ça sera pas mieux ici.
La situation va être merdique d'une façon nouvelle et fascinante.
Ouais.
Oh, Seigneur. Au diable, tout ça.
Tout ça.
Mais où est cette foutue diligence ?
Ça suffit.
Prenez ça.
Ça a ses avantages.
La sainte Bible. Il manque des pages.
Je les ai utilisées pour faire du feu et comme feuilles à rouler.
Pour l'hygiène.
Du bon tissu. D'excellente qualité.
Tenez. Bon sang... Prenez ce foutu chapeau.
Oh, Seigneur !
Adiós, amigo. J'arrive, Seigneur.
Me voici.
Oh, Seigneur. Oh, Dieu tout-puissant.
MÉDECIN POUR HOMMES/FEMMES/ENFANTS/CHEVAUX
- Une bière, s'il vous plaît. - On n'a que du whisky.
Ça ira.
Non merci.
- Quoi ? C'est du bon tord-boyaux. - C'est bon. C'est... juste moi.
T'es une mauviette ?
Mon estomac l'est, de temps en temps.
Ton estomac est une mauviette ?
J'imagine que c'est du pareil au même.
Désolé.
Je te taquinais, mon vieux.
- Ça te dérange si... - Allez-y.
T'es bien aimable.
Alors, t'es en ville pour quoi ?
Pour les affaires.
- Encore un homme d'affaires. - Eh bien...
- Oui. - Si ça te dit,
on organise une petite partouze derrière tout à l'heure.
Matilda.
Un dollar et demi par tête.
T'es nouveau. C'est un bon moyen de rencontrer des gens.
Merci, mais... je suis pris.
Y a peut-être pas que ton estomac qui soit une mauviette.
Vous avez peut-être raison.
En fait, je cherche un certain Parson Henry.
- Vous avez entendu parler de lui ? - Le pasteur ?
Le mec qui dégobillait dans le coin ?
- Ouais. - Seigneur.
- Parson Henry, vous êtes sûr ? - C'est son nom.
Mais il avait pas de col.
Comment on appelle ces cols ?
Je sais pas.
En tout cas, ça n'a pas l'air confortable.
Ma pomme d'Adam est trop grosse pour ce truc. Regarde comme elle est grosse.
Elle est vachement grosse. Vise la mienne.
Oui, la tienne aussi est grosse.
J'aimais pas quand le barbier arrivait dans cette zone.
Et la tienne ?
Je ne sais pas... Je dirais qu'elle est de taille moyenne.
Vous savez où je peux trouver le pasteur ?
Sûrement sur la plage.
C'est là qu'il traîne depuis son arrivée.
Je vais aller jeter un œil.
Vous êtes bien aimable.
Vous cherchez pas à être sauvé, j'espère.
Parce que c'est pas le bon moyen.
Parson Henry ?
Parson Henry, c'est vous ?
Je m'appelle Samuel Alabaster.
Vous savez qui je suis ?
Oui.
Vous avez reçu mon télégramme ?
Oui, je crois.
Je l'ai ici...
quelque part.
Le voilà.
Vous êtes ivre, alors qu'un boulot vous attend ?
Oui, je suis devenu... un peu pompette en attendant.
Foutaises.
C'est foutrement pas professionnel.
Pardonnez mon langage.
RÈGLEMENT
INTERDIT DE FORNIQUER, DE DÉFÉQUER ET DE CHAHUTER
Bonjour.
- Bien installé ? - C'est propre et net. Merci.
De rien.
Je le déduis de votre paie, 50 cents.
Voici vos 29 dollars...
plus 50 cents.
Vous en aurez 30 de plus quand ce sera fait,
ce qui fera 60 dollars, comme indiqué dans le télégramme.
- C'est bon ? - Oui, c'est bon.
Bonjour.
Bonjour.
C'est quoi ?
C'est un cheval miniature. Il s'appelle Butterscotch.
Il est très rare, peut-être même unique.
Il alimente toutes les conversations.
Les chevaux normaux n'ont pas de noms. Ils sont juste...
normaux.
- Vous n'aviez pas parlé de partir. - Eh bien...
Pourquoi je vous paie autant, d'après vous ?
Pour les crimes de maquignonnage,
de brutalités crâniennes
et de sodomie crânienne,
justice est rendue.
Avec ces larmes étouffées Qui sont dures à cacher
Mon cœur est lourd
Mes adieux, je te ferai Pendant une éternité
Nous reverrons-nous ? Je n'en sais rien
Techniquement, on est en territoire indien ?
Partout, on est en territoire indien.
Quel genre de pasteur être vous ?
Le genre normal.
J'avoue que je suis toujours un néophyte.
- Ça veut dire quoi ? Nouveau ? - Je ne sais pas.
C'est un mot savant que j'ai entendu à Baltimore.
- Baltimore... Vous venez de là ? - Oui.
Je suis jamais allé aussi à l'est.
- C'est bien ? - Ça peut aller.
Cet endroit y ressemblera sûrement dans 20 ans.
Viens là.
T'es brave.
Alors, Butterscotch est un cadeau de mariage ?
Oui. Elle en voulait un depuis longtemps.
C'est pas facile à trouver.
Comment s'appelle votre fiancée ?
Penelope.
- Je l'ai pas mis dans le télégramme ? - Non, vous avez mis "future épouse".
Dans un futur proche, ce sera Mme Penelope Alabaster.
Vous en avez, de la chance. Quelle beauté.
C'est la chose la plus précieuse au monde.
Semblable à une fleur.
Belle, douce, avec la peau souple.
Intelligente.
Elle est douée pour réfléchir, elle cuisine bien.
Elle lit bien.
Et elle est douée pour embrasser et faire l'amour.
Que demander de plus ?
Vous tenez une bonne affaire.
Oui. Et je veux que tout se passe bien, sans accroc.
Oh oui
- Pas mal, hein ? - Plutôt.
Vous savez... Le mariage, c'est un fameux pas.
C'est dur.
Et tout ne se passe pas toujours comme prévu.
C'est ce qu'elle veut.
Et ce que je veux aussi.
On scelle le lien, pour toujours.
Regardez.
- Une pointe de flèche ? - Oui.
Et bien aiguisée.
Si vous voulez, vous pouvez la donner à Penelope.
Elles sont assez communes.
- Mais c'est bien aimable. - OK.
J'apprécie que vous veniez avec moi.
Et je...
Et je m'excuse si on s'est mal compris
- concernant le voyage. - C'est bon.
En fait...
Je me sens bien ici. C'est...
C'est paisible, et...
- C'est bon pour l'âme, je crois. - Vous avez raison.
Je peux vous faire écouter quelque chose ?
C'est une ballade que j'ai écrite pour Penelope.
Je veux lui jouer une fois qu'on sera mariés.
Ça... ça s'appelle "Ma Dulcinée".
Le battement
De ton cœur aimé
En phase avec le mien Quand nous sommes séparés
Ma dulcinée
Ma dulcinée
Ma dulcinée
Ma dulcinée
Je t'aime
Ne le vois-tu pas ?
Ma dulcinée
Tu es ma dulcinée
Ma dulcinée Je te veux rien que pour moi
Tu es le fer assorti à mon pied
Et cela suffit à prouver
Que tu es ma dulcinée
Tu es la seule qui me convienne
Ma dulcinée, dulcinée, dulcinée
Ma dulcinée, dulcinée, dulcinée
Ma dulcinée, dulcinée, dulcinée
Ma dulcinée
- C'est très joli. - Merci.
Vous êtes un vrai troubadour.
Merde !
Hey !
Rufus !
Samuel !
Samuel, ça va ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Laissez-moi reprendre mon souffle. - Que s'est-il passé ?
Passez-moi ma gourde.
Alors ?
Penelope.
Elle a été enlevée.
- Comment ça ? - Parce qu'elle est convoitée.
Vous avez vu sa photo.
Celui qui l'a enlevée est un sale enfoiré.
- Qui est-ce ? - Anton Cornell.
- Celui que vous poursuiviez ? - Non. C'était son frère, Rufus.
C'est aussi un foutu bon à rien.
Je devais l'attraper avant qu'il n'aille le prévenir.
- Vous l'avez attrapé ? - Oui.
Je l'ai attrapé.
Pourquoi ne pas être allé trouver le shérif ?
Le shérif ? Quel shérif ? On est en pleine nature.
Y a pas de juridiction dans le coin.
Et je voulais pas y mêler les autorités.
- Ou une battue ? - Des mercenaires ?
Ils sont imprévisibles.
Je voulais une opération sûre et discrète.
C'est pour ça que je ne pouvais pas vous révéler tous les détails.
Cet enlèvement est la chose la plus terrible qui me soit arrivée.
Ça me fait mal, au fond de moi.
Littéralement. J'ai des ulcères.
Je veux juste sauver Penelope sans risques,
l'épouser devant Dieu et mener une vie tranquille.
C'est pas trop demander, quand même !
Je veux juste que ça se passe bien.
Pas besoin de toute cette agitation.
Il a fallu que ce salopard gâche tout ça.
Je suis navré de l'apprendre.
Pasteur, dites-moi, est-ce que vous croyez au mal ?
Qu'un être vivant puisse incarner le mal absolu ?
- Je ne sais pas. - Vous êtes pasteur, pourtant.
Je vais reformuler ma question.
Avez-vous déjà été totalement amoureux ?
Je ne parle pas d'une hôtesse d'un soir.
Mais d'une attirance éternelle
pour quelqu'un qui représente tout à vos yeux.
- Alors ? - Bien sûr.
Imaginez que la pire ordure vous la prenne,
juste par pure malfaisance.
Je suis pas du genre à ne rien faire
et à regarder mon univers s'écrouler autour de moi.
Je vais prendre le destin en mains.
- Vous ne pigez pas ? - Je suis désolé pour vous.
Mais je ne me suis pas engagé pour ça.
J'ai accepté de vous marier et ça s'arrête là.
Je ne peux pas faire partie de cela.
À cause de votre vocation ou parce que vous ne croyez pas à l'amour ?
Quelle question stupide.
Vous croyez à l'amour, au vrai ?
Bien sûr que j'y crois ! Désolé, je ne peux pas.
Ne soyez pas un poltron !
Où vous allez ? Vous ne retrouverez jamais votre chemin tout seul.
Je ne suis pas cartographe, mais je comptais...
retourner par où on est venus.
Très bien.
Je vous offre 90 dollars de plus. Ça fera 150 dollars.
Je vous en supplie.
Penelope est tout ce qui me reste.
Je suis pas un tueur. J'aime pas ça. Je ne suis qu'un homme.
Un homme qui croit à l'amour, tout simplement.
Je veux juste que vous célébriez le mariage comme il faut.
Vous veillez à ce qu'on prenne un bon départ
et je vous dédommage pour vos efforts. J'ai le pognon sur moi.
- En monnaie sonnante et trébuchante ? - Vous avez ma parole.
Bordel, j'ai les nerfs en boule.
Vous êtes déjà allé à un cake-walk ?
- Non. - Je l'ai rencontrée à un cake-walk.
Je suis tombé sur le numéro six, mais j'ai dit que c'était le neuf
car c'était son gâteau et je voulais la rencontrer.
Ça a été le coup de foudre.
Elle avait fait une tarte aux noix de pécan. J'ai dit que c'était illégal.
Parce que c'est un cake-walk, pas un tarte-walk.
Elle a rigolé et a dit que j'étais marrant.
C'est la meilleure tarte que j'aie jamais mangée.
On est plus près que je le pensais.
Hue !
La vache, je suis à cran.
Moi aussi.
Deux fois plus.
J'ai aussi la trouille du futur marié.
C'est un grand engagement.
À vie. Un engagement à vie. Et je vais pas changer d'avis maintenant.
Il n'est jamais trop tard pour changer d'avis.
Il n'y a pas de honte si c'est pas la bonne.
- Vous devez faire ce qui vous convient. - Non, c'est la bonne.
En plus, elle a besoin de nous.
Il y a des choses qu'un homme est obligé d'affronter.
Je ne veux pas être pessimiste, mais...
Avez-vous envisagé la possibilité qu'elle...
Enfin, qu'elle...
Qu'elle soit décédée ?
Ce n'est pas une possibilité. D'accord ? Restons-en là.
- On dirait qu'il n'y a personne. - Oui. Ils peuvent être n'importe où.
On doit être extrêmement prudents.
Anton est un salopard rusé.
Voici le plan. On agit rapidement et facilement.
On laisse les chevaux ici
et on se rend à l'orée de la forêt avec Butterscotch, où vous attendrez.
À trois,
je me dirigerai à l'arrière de la remise.
De là, j'irai vers leur planque
et je défoncerai la porte.
Si Anton est à l'intérieur, je m'occupe de lui.
Je détacherai Penelope, je l'aiderai à fuir.
Là, quand tout danger sera écarté, je me mettrai à genoux
et je la demanderai en mariage. Je lui donnerai la bague.
Et vous, vous surgirez de la forêt avec la guitare et Butterscotch.
Et vous célébrerez le mariage.
Très bien.
On fait quoi si Anton n'est pas à l'intérieur ?
Au cas où, on devrait surveiller les alentours.
On doit le faire de toute façon. Être à l'affût d'une embuscade.
Mais vous devrez me couvrir.
Comment ça ?
Prenez la Winchester
et je prendrai la Schofield.
Je suis pas un putain de mercenaire !
Je vous demande juste de me couvrir, OK ?
- Par mesure de sécurité. - Je suis pas un tireur !
Je le sais, et c'est très bien. Moi non plus.
Mais la vie d'une femme est en jeu.
Je vous demande juste de me couvrir.
C'est tout. Rien d'autre.
Si vous ne le faites pas pour moi, faites-le pour Penelope.
Ce sera fini en un rien de temps.
Vous savez viser ? Vous servir du réticule ?
Oui, je sais.
Vous voulez dire une prière ? Pour nous porter chance, nous protéger ?
Non, finissons-en.
- Vous êtes prêt ? - Quoi ?
Bien, allons-y.
Non !
Crève, sale ordure !
Penelope ! Ma Penelope. Ma belle petite chérie !
Tout va bien.
Tout est fini, tu ne crains plus rien.
Tu es en sécurité.
Non !
Non !
Penelope, tu sais...
que je t'ai toujours aimée de tout mon cœur.
Et je...
Je voudrais te demander d'être mon épouse.
Comment oses-tu ?
Je sais qu'on a connu des moments difficiles.
Mais maintenant, c'est l'heure de se réconcilier.
On peut se réconcilier si on le veut.
- J'y crois pas. - Penelope...
Je t'aimerai... jusqu'à ma mort. Je te le promets.
Espèce de salopard !
Espèce... Je te déteste !
- Quoi ? Penelope, pourquoi tu... - Je te déteste.
Penelope !
Pourquoi ?
S'il te plaît, Penelope, pourquoi tu fais ça ?
Maudit sois-tu !
Qu'est-ce que tu fais ?
- On était si heureux ensemble. - Je sais.
Je sais qu'on l'était.
- Penelope... - Ne me touche pas !
Parson.
Hey !
Venez, Parson.
- Venez, c'est le moment. - C'est qui, lui ?
Venez. Attends, laisse-moi...
- C'est qui ? - Laisse-moi t'expliquer.
J'ai mûrement réfléchi tout ça.
Écoute ce que j'ai à dire.
C'est Parson Henry, je l'ai amené
à mes frais pour célébrer le mariage,
pour qu'on puisse faire tout comme il faut.
- Ne vous approchez pas de moi. - D'accord !
Restez où vous êtes.
- D'accord ! - Penelope ! Tu fais quoi ?
C'est ton cadeau de mariage. Le cheval miniature.
Je l'ai appelé Butterscotch, vu que tu adores les caramels.
Je sais que tu préfères le marrube.
Mais je pouvais pas l'appeler comme ça. J'ai choisi ce qui sonnait le mieux.
Je veux pas de cadeau de mariage.
Je voulais t'offrir quelque chose de spécial,
pour que tu saches combien je t'aime. Tu disais que les chevaux miniatures
sont les créatures les plus adorables qui soient.
- Je n'ai jamais dit ça. - Mais si !
- Je n'ai jamais dit ça. - Si ! À Saint Louis.
J'ai jamais dit ça.
Tout au plus qu'ils étaient intéressants à regarder.
- Me fais pas dire ce que j'ai pas dit. - Madame, s'il vous plaît, écoutez-moi !
J'y suis pour rien. Je ne sais pas ce qui se passe.
Attendez un peu. Ne me laissez pas tomber.
Vous m'avez dit que vous croyiez à l'amour.
Vous l'avez dit sans cesse.
Il n'y a pas d'amour ici, que ça soit bien clair.
Je croyais avoir tout vu de ta part, Samuel.
Mais comme je me trompais.
Tu ne peux pas nier...
Tu ne peux pas nier qu'un amour fort nous unit.
Un amour pur et vrai.
Un amour inconditionnel.
Le seul amour qu'il y avait ici, c'était entre Anton et moi.
- Et tu me l'as pris ! - Non ! C'est lui qui me l'a pris !
- Il a mérité ce qui lui arrive ! - Personne n'a rien mérité !
Tu m'entends ? J'étais heureuse ici.
Je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie.
Avec Anton ?
Anton Cornell.
Anton Cornell.
Cette raclure libidineuse et prétentieuse !
Ne dis pas un mot de plus, putain !
Pourquoi tu... Tu vois pas qu'il t'a manipulée ?
C'est moi, la victime. Je suis venu te sauver.
J'ai pas besoin que tu me sauves.
- Pourquoi tu me fais ça ? - Ferme-la !
Je ne pourrai jamais t'aimer. Tu m'entends ?
Est-ce que t'as enfin pigé ça ?
Bon Dieu...
- T'as été ambivalente avec moi. - Jamais de la vie. T'es un poison !
J'ai envie de te coller une balle dans la tête !
Bien. Alors pourquoi tu ne le fais pas ?
Vu que je suis une personne aussi horrible.
La pire personne au monde !
Si tu me considères comme de la merde et à peine comme un être humain,
vas-y, tire dans mon cœur brisé.
Tu n'en vaux pas la peine.
Je veux que tu vives avec ce que tu as fait, ce que tu as gâché
et ce que tu n'auras jamais.
Je veux que ça pourrisse au fond de toi, aussi longtemps que tu vivras.
Non !
Non !
Non !
Maudit sois-tu !
Qu'est-ce que vous regardez ?
Il m'a dit que vous aviez été enlevée et que vous étiez sa fiancée.
Qu'il voulait vous sauver
et que je vous marie devant Dieu.
C'est tout ce que je savais, je le jure devant Dieu.
Je suis qu'un pauvre pasteur néophyte qui voulait l'aider.
Je suis pas de mèche avec lui.
Je l'ai rencontré il y a quelques jours et je lui faisais confiance.
Ne dites plus un mot tant que je vous l'aurai pas demandé.
Pigé ?
Si vous savez célébrer un mariage,
vous savez aussi célébrer un enterrement, je présume.
En effet, madame.
C'est assez profond, madame ?
Il faut creuser plus pour le préserver des bêtes sauvages.
Et Samuel ?
Que les bêtes le dévorent, je m'en fiche.
Ça marche comment ? Je commence ou c'est vous ?
Vous pouvez commencer, c'est bon.
Anton...
Tu étais un homme bon. Je t'aimais énormément.
Plus que je ne pourrais l'exprimer en cet instant.
Ça me fend le cœur de savoir qu'on ne vieillira pas ensemble,
qu'on ne partagera plus notre vie,
qu'on ne fondera pas de famille, ni de mine de cuivre.
Je ne t'oublierai jamais, mon tendre amour.
Puisses-tu trouver du réconfort à l'idée que tu es au paradis
pendant que Samuel moisit en enfer.
Où sont les autres pages ?
Dans ma tête.
C'est plus fervent comme ça.
Alors allez-y.
Écoutez ceci.
Ci-gît Anton...
Cornell.
Ci-gît Anton Cornell.
C'était un homme courageux et noble.
Et un bon mari.
Il ne méritait pas de finir comme ça.
Un stupide et foutu gâchis.
Tout ça par la faute de Samuel.
Au nom de tout ce qui est sacré,
que lui, Anton Cornell,
repose en paix...
pour les siècles des siècles, et pour l'éternité.
Les cendres aux cendres, la poussière à la poussière. Etc. Amen.
Amen.
Qu'est-ce que vous faites ?
C'est ce qu'il me devait, pour le mariage.
Je vous donne la moitié si vous voulez. Et aussi la bague.
Je ne veux rien de tout ça.
Et maintenant ?
J'en ai terminé ici.
Je vais de l'avant.
Et moi ?
Quoi, vous ?
Mlle Penelope ?
Mlle Penelope ?
Mlle Penelope ?
- Quoi ? - Mlle Penelope, je...
Je suis du genre timide.
Comme la remise est occupée,
j'aimerais aller...
me soulager dans les bois le plus élégamment et discrètement possible.
- D'accord ? - La petite ou la grosse ?
Si vous devez pisser, vous pouvez le faire ici.
La grosse.
Parson ?
Parson ?
Si c'est de l'alcool, je peux avoir une gorgée ?
J'en meurs vraiment d'envie.
Vous n'êtes pas un vrai pasteur, hein ?
C'est pour raison médicale.
N'en renversez pas.
On retourne en ville ?
Je crois que oui.
Je vous ferai peut-être pendre.
Alors, finissez-en tout de suite.
Je n'opposerai pas de résistance.
Arrêtez-vous une minute.
Ne bougez pas.
Je vous tiens à l'œil, pas de bêtises.
Mlle Penelope, vous allez bien ?
Je ressens votre douleur profonde.
Je comprends ce que vous devez endurer.
Moi aussi, je souffre.
Je suis hanté par mes propres démons.
Vous ne comprenez rien du tout.
Je veux apporter mon aide, si je le peux.
Pour ce que ça vaut, vous êtes une vraie merveille.
Une fleur aussi divine...
délicate et ravissante que Samuel l'avait dit.
- C'est un vers ? - Non, ce n'en est pas un...
Parce que j'ai pas besoin de votre réconfort téméraire, c'est clair ?
D'accord.
Fichez le camp avant que je vous descende.
Très bien, d'accord.
Et remettez votre dynamite.
Je ne veux pas porter la dynamite.
Je vais remettre la dynamite.
Où est Butterscotch ?
- Je ne sais pas. - Il y a des prédateurs dans le coin.
Butterscotch !
- Butterscotch ! - Butterscotch !
Butterscotch ?
Butterscotch ?
Butterscotch !
Butterscotch !
Le voilà !
- Il va bien ? - Je ne sais pas. Je crois.
Penelope !
Penelope !
Penelope !
Penelope !
Penelope !
- Rufus. - Je t'ai vue t'esquiver dans la forêt.
J'ai flairé ta trace.
Tu cherches à m'éviter ?
Qu'est-ce que tu racontes ? Bien sûr que non.
- Qu'est-ce qui t'est arrivé ? - À ton avis ?
Samuel ?
- Quand ? - Il m'a précipité dans une crevasse.
Et m'a laissé pour mort.
J'ai le crâne ouvert. Les fourmis ont essayé de me bouffer le sang.
Saletés de fourmis, qu'est-ce que je leur ai fait ?
Laisse-moi jeter un œil.
Tu savais ce qui m'était arrivé, pas vrai ?
As-tu la moindre idée de ce que j'ai enduré ?
Anton est mort, hein ?
Je suis vraiment désolée.
J'ai vu la tombe.
Je sais peut-être pas lire, mais je sais à quoi ressemble la lettre "A".
Tout ce que je peux dire, c'est que Samuel aussi est mort.
Et qu'il est en enfer.
Alors que ton frère est au paradis, sur un gros nuage floconneux.
Tout est de ta faute.
T'es une foutue veuve noire.
- Tu détruis tout ce que tu touches. - Hey !
Je comprends que tu sois peiné et en colère,
mais tu n'as pas le droit de me parler comme ça !
Faites pas attention à moi.
Sors de là, espèce de gros froussard !
Monsieur, écoutez-moi.
En tant qu'homme d'Église, je vous garantis qu'aucun de nous ne sait rien.
Ferme-la. Je t'ai vu de mèche avec Samuel.
Je vois, vous êtes tous de mèche.
Rufus ! Calme-toi et fais appel à ta raison.
Tu sais combien mon frère t'aimait ?
- Je croyais que c'était le grand amour. - Ça l'était !
Alors pourquoi tu as dit à Samuel où tu vivais ?
- Le but était de rien dire. - Je lui ai pas dit !
- Comment il l'a su, alors ? - J'en sais rien !
Je ne l'avais pas vu depuis deux ans.
J'aurais jamais cru qu'il me ferait un coup pareil.
Alors pourquoi tu fuis avec sa bande ?
- Y a pas de bande. - Je jure que je ne suis pas sa bande !
- Je suis pas ce genre d'homme. - Balivernes.
Quel genre de pasteur es-tu, d'ailleurs ?
Rufus, calme-toi et écoute-moi.
Mon grand frère est mort et c'est de ta faute.
Tu n'es pas celle que je croyais.
Tu m'as déçu. Tu as déçu Anton.
On avait nos problèmes, comme n'importe quel couple.
Mais j'aimais énormément ton frère.
Et on avait une super relation.
Comment te faire entrer ça dans le crâne ?
Rufus, elle dit la vérité.
- C'est entièrement la faute de Samuel. - Ferme-la, le prêtre !
Rufus !
Tu sais ce qu'il te reste à faire, hein ?
- Quoi ? - Eh bien...
Quand une femme devient veuve,
la...
La tradition veut qu'elle épouse...
le frère du défunt.
Ces fourmis t'ont amoché la cervelle.
Parce que t'as perdu la tête !
- C'est le code de la prairie. - Non, Rufus.
Y a pas de code, personne de mèche et y aura pas de mariage.
Ah non ? Ben mon flingue n'est pas de cet avis !
C'est la loi de la nature.
Et notre ami le pasteur va l'officialiser.
Puis je le pendrai, par vengeance.
Puis toi et moi, on va repartir de zéro
et lancer cette mine de cuivre, comme vous l'aviez prévu.
- Rufus... - Lève-toi !
Je suis sérieux. Et ne tentez rien d'idiot.
Bon, voyons.
Bordel. L'un de vous deux sait comment on fait ?
- Je suis nul pour les nœuds. - Rufus, arrête.
C'est de la folie, n'y compte pas.
Merde.
Dans ce cas, je vous bute tous les deux et je vous laisse pour morts.
- J'ai vécu l'enfer. Ça suffit. - Je suis enceinte !
Tu le savais ?
- Non. Tu l'es pas. - Si.
Si tu me tues, tu tues un membre de ta famille.
Ça te gêne pas ?
Qui me dit qu'il est bien de la famille ?
Je ne vais plus me fatiguer à te convaincre
que j'aimais énormément ton frère. Tu le sais, tu l'as vu
et si tu continues à douter de mes sentiments,
alors va au diable.
Je ne te veux pas de mal, mais ne me colle pas ça sur le dos.
Ce type n'était qu'un foutu pigeon de pasteur.
C'est tout. Et si tu penses que je suis mêlée à ça,
tu es vraiment le plus grand des crétins.
Je vais aller en ville voir un médecin.
Et tu vas nous laisser partir sans faire d'histoires.
Tu vas rentrer chez toi,
traire ta chèvre et recommencer de zéro tout seul. C'est clair ?
On va essayer de tirer le meilleur parti de cette situation horrible.
Tu sais si c'est un garçon ou une fille ?
Non.
J'ai toujours voulu être tonton.
Rufus !
Comment t'as pu... ?
Pourquoi tu m'as fait ça ?
Je ne t'ai rien fait. Tu es mon beau-frère !
Tu as toujours été tellement belle.
Comme une pêche.
Anton avait toujours droit aux pêches.
Moi, je n'avais que des poires.
Pourries, en plus.
Ça va, madame ?
Qui êtes-vous ? Pourquoi vous avez fait ça ?
Je m'appelle Zachariah Ours-Qui-Court.
- Vous étiez en danger. - Je contrôlais la situation.
- Il essaie de nous sauver, Penelope. - J'ai pas besoin qu'on me sauve.
Tenez, madame.
Merci.
Ceci...
est ma frontière personnelle.
Si l'un de vous tente un coup fourré, il le regrettera.
Je n'ai jamais rien mangé d'aussi tendre.
Merci.
Vous n'auriez pas d'alcool, par hasard ?
J'en aurais bien besoin.
Non.
La femme blanche, elle est prise ?
Je crois. Façon de parler.
- Elle a une frontière personnelle. - Je vois.
Je n'avais encore jamais rencontré de véritable Indien en pleine nature.
Ni de noble sauvage d'aucune sorte.
C'est votre jour de chance.
De quelle tribu êtes-vous ?
Je peux deviner ?
Non.
Je comprends. C'est sans doute plus sacré ainsi.
J'aimerais vous faire une proposition.
Je suis assis devant vous, telle une coquille vide.
Un néophyte sans âme aux proportions de Visage pâle.
Je vous supplie d'envisager de m'emporter...
là où est ce que vous appelez votre maison,
que ce soit un tipi, un wigwam, une grotte ou que sais-je,
et de m'apprendre votre langue,
de m'initier à vos traditions anciennes,
de partager avec moi les coutumes de votre peuple.
Je vous en serais éternellement reconnaissant.
Et...
Et je crois que chacun de nous y gagnerait.
On n'est pas obligés de le dire à la femme blanche.
On pourrait partir sous le couvert de la nuit.
J'ai quelque chose pour vous.
Une tête de flèche.
C'est quoi, votre problème ?
J'ai besoin d'un nouveau départ.
Je vous laisserai même me scalper.
Pourquoi voudrais-je faire une chose pareille ?
Je ne sais pas.
J'ai désespérément besoin de repartir sur de bonnes bases.
Dormons, on verra demain.
OK. Bonne idée.
Debout.
L'Indien est parti avant l'aube. Il a pris votre cheval et celui de Rufus.
Et ma mule.
Merde.
C'est pas bon du tout.
- Pourquoi a-t-il fait ça ? - Vous êtes vraiment un pasteur ?
Pas dans le sens conventionnel.
Mais mon cœur est au bon endroit.
Vous êtes vraiment enceinte ?
Non.
Pas que ça vous regarde.
J'aimerais bien, mais non.
C'est ici que nos chemins se séparent.
Maintenant ?
Oui.
J'en ai assez.
Vous voulez que je change d'avis ?
Non.
Vous allez emmener Butterscotch ?
Non.
Je sais que je ne sais pas tout.
Mais je sais ce que je peux endurer et j'aimerais en rester là.
Je suis vraiment désolé.
Vraiment désolé.
Penelope ! Attendez un peu.
Penelope !
S'il vous plaît !
Penelope, je suis là à me demander ce que je dois faire.
- Je suis censé aller où ? - C'est pas mon problème.
Oui, mais je vous regarde et je me pose la même question.
Je suis venu ici pour prendre un nouveau départ.
Mais c'est si foutrement dur,
si foutrement inhospitalier et solitaire.
Regardez ces terres désolées.
Comment on fait pour rencontrer quelqu'un ici ?
Et surtout quelqu'un digne de confiance.
Ça me manque terriblement de ne pas avoir quelqu'un qui m'aime.
Ou plus encore,
ça me manque de n'avoir personne à qui donner mon amour.
À la lumière des circonstances dures et déplaisantes qui nous unissent,
est-ce si déraisonnable de suggérer qu'on tente le coup ensemble,
dans cet environnement hostile ?
Ma femme est morte en couches.
Tout ce que je veux, c'est de l'amour.
De l'amour et de la survie, c'est tout.
Vous n'êtes pas le seul à vouloir ça.
Sous-titres : BTI Studios Traduction : Emmanuelle Michot
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