All language subtitles for Marie-Antoinette.2022.S02E07.MULTi.HDR.2160p.WEB.x265-SUPPLY

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Original subtitles

...

Vous l'avez laissée dans un couloir que personne n'emprunte.

- J'ignore ce que vous avez cru voir, mais vous faites erreur.

- Un beau jour, je lui dirai la vérité.

- Le Parlement sait

que je vais étendre les taxes au clergé et à la noblesse.

Certains parlementaires

me soupçonnent de mal gérer.

Sa colonne vertébrale s'affaisse. - Combien de temps

lui reste-t-il ? - Pas plus de deux ans.

- Donc tu m'as menti ? Comment as-tu pu faire ça ?

- Peu importe que le cardinal tombe,

tant qu'il entraîne la reine dans sa chute.

- Non coupable.

- Ce procès n'a rien à voir avec le vol d'un collier.

- Victoire !

- C'est un référendum. Sur notre règne.

- Si nous infligions une défaite

à Louis et qu'il ne s'en relève pas,

seriez-vous prêt à prendre sa place sur le trône ?

- Que le meilleur gagne.

Musique paisible

...

- Regardez, votre petite soeur est ajoutée au tableau.

...

- Elle est jolie à croquer.

...

Peut-être qu'un peu d'air frais te ferait du bien ?

Ou... une promenade en calèche ?

- Je viens à peine d'expulser un enfant de mon corps.

Etre ballottée dans une calèche ne me tente pas vraiment.

- Je voulais dire...

que tu n'es pas sortie d'ici depuis des mois.

- Je suis obligée de m'y habituer.

On me dit qu'il serait imprudent que je quitte Versailles.

...

- C'est vrai.

Maudite Jeanne de Valois et ses mensonges...

- Si elle était la seule à me calomnier...

On frappe à la porte.

- Je dois ramener Mme Sophie.

- Non, je veux la garder avec moi.

Merci.

Nous n'avons pas besoin de toi.

- Je lui avais dit de garder le secret.

C'est à moi que tu dois en vouloir. - Mais ne t'inquiète pas.

Je suis bel et bien furieuse contre vous deux.

Excusez-moi.

Je lisais une histoire à Sophie.

...

Générique

...

Musique pesante Elle grelotte et soupire.

... ...

- Je ne reçois personne, aujourd'hui.

Je ne veux voir personne, j'ai dit ! - Je viens pour vous aider.

Le garde déverrouille la porte.

- Qui êtes-vous ? - J'ai besoin de vous vivante.

On dit que ça s'infecte. Faites-moi voir.

Un détenu crie au loin.

Jeanne réprime un cri de douleur.

Ca devrait avoir cicatrisé. Vous l'avez grattée.

- Il n'y a rien d'autre à faire, ici.

- Cet onguent vous fera du bien.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Vous parlez du roi et de la reine comme de tyrans. Ca ne suffit pas.

- Peu importe la politique.

- Et la liberté ?

Le Palais-Royal

a des presses qui impriment des documents dénigrant le régime.

Ecrivez votre histoire. Nous l'imprimerons.

En échange, je ferai en sorte que vous puissiez vous évader.

- Je raconte quoi ? - Votre vie avec le roi et la reine.

- Je les connais peu.

- Dire le contraire est plus vendeur.

Une grille claque.

Un garde approche. Je vous apporterai de quoi écrire.

Et de quoi vous échapper. - Avec ce garde, c'est impossible.

Il me hait, il crache dans tous les repas qu'il m'apporte.

- Ecrivez votre histoire, je m'occupe du reste.

Des clefs tintent.

Le garde déverrouille la grille.

La grille claque.

- Jusqu'où ira-t-elle ?

Et voici...

votre cheval. On frappe à la porte.

Hue, cheval, hue !

- Votre Majesté.

Encore une lettre de chantage qui vient d'Angleterre.

- Je ne veux rien savoir.

- Mais cette fois, M. de La Motte a inclus la preuve

qu'il détient votre correspondance et qu'il en a découvert

le... contenu intime.

Je vais me rendre à Londres et négocier.

Ce n'est qu'un petit prix à payer,

pour votre tranquillité. - Il n'aura rien du tout.

Qu'il les publie... et qu'il aille au diable.

- Mais... Très bien, mais...

Pensez aux répercussions plus générales.

- Breteuil !

Je vous interdis d'aller plus loin dans cette affaire.

- Merci d'être venu.

- Dis ce que tu as à dire. - Il a raison.

L'enfant babille.

N'ignore pas cela.

Je sais qu'il est douloureux de penser à l'avenir de tes enfants.

Un jour, Normandie deviendra roi de France.

Ces lettres confirment les dates de notre relation

et elles sèmeront le doute quant à sa filiation.

- C'est du chantage.

Je ne céderai pas.

- Laisse-moi m'en charger.

Je connais Londres. Je trouverai tes lettres.

Musique émouvante

- Vas-y. Quand tu reviendras d'Angleterre,

je serai redevenue moi-même.

...

Je te le promets.

On entre.

Vergennes peine à respirer.

- Un cataplasme, pour dégager les bronches.

- C'est gentil, sire.

...

Vergennes toussote.

Calonne inspire péniblement.

- Calonne ?

- Oh, pardon, votre Majesté.

Calonne tousse violemment.

N'ayez crainte, j'ai malgré tout rédigé un projet officiel

de réforme fiscale à soumettre à l'assemblée des notables.

- Faire approuver la volonté du roi ?

Calonne marmonne, gêné.

Et si les notables me défient aussi ?

- Ils n'en feront rien. Vergennes les a choisis.

Mis à part Orléans,

ce sont des alliés. Ils font passer

le pays avant leur intérêt.

Votre réforme approuvée, vous serez le roi qui aura modernisé la France.

Vergennes tousse.

- Et vous, le plus grand contrôleur des finances.

- Nous verrons.

- Et Vergennes sera le plus loyal

et le plus honorable des ministres.

Vergennes ?

Vergennes ?

Vergennes ! Le docteur. Vite, le docteur !

- Oui, j'y vais.

Vergennes, je vous l'interdis. - A l'aide ! Appelez le docteur.

- Ne m'abandonnez pas. - Allez chercher le docteur !

Musique tragique

...

- C'est un choc terrible.

- Nul ne sait quand son heure viendra.

Il était le seul ministre à ne m'avoir jamais trahi.

...

Et maintenant, je dois convaincre les notables sans lui.

...

Le comte de Vergennes

était un fin diplomate et un grand homme d'Etat.

C'est lui qui a eu l'idée de vous convoquer aujourd'hui,

à cette assemblée des notables.

Afin de vous soumettre mes projets pour accroître le revenu de l'Etat.

Et assurer une répartition plus équitable de l'impôt.

Les abus fiscaux

sont injustifiés.

Excusez-moi. Sont justifiés

par intérêt personnel et des préjugés archaïques.

Ces abus fiscaux oppriment la classe des travailleurs et des ouvriers.

- Ce n'est pas possible !

Tous grondent. - Non !

- Je compte bien remédier à cette défaillance.

L'assemblée s'indigne.

- Un roi qui veut que la noblesse et le clergé payent leurs taxes.

C'est assez démocratique.

- Mais vous devrez payer un impôt sur vos trois millions d'hectares.

- C'est le prix de la réforme. - Je vous en prie !

Si vos balivernes égalitaires dupent le peuple, pas moi.

C'est une idée dangereuse.

Le peuple nous en veut déjà.

Avec ces taxes, le clergé et la noblesse nous haïront.

- Il faut assassiner Louis !

- Elle ne pardonne pas au roi d'avoir banni sa maîtresse.

Pas de lettre

de Marguerite ?

Joséphine pousse un cri.

Elle pense à vous.

Ma chère, il peut y avoir un millier de raisons à ce silence.

Peut-être qu'elle s'est redécouvert de l'amour pour son mari.

Ca s'est déjà vu.

- Un visiteur

venu du Parlement.

Préparez-vous. - Je repasserai.

- Non, restez. Fermez la porte en sortant.

Musique de tension

- Louis sait-il que vous voyez

ses ennemis ? - Il vous voit souvent ici.

...

Orléans rit jaune.

...

- Parlez sans crainte devant mon épouse.

- L'assemblée des notables va-t-elle approuver ces réformes fiscales ?

- Les notables y sont plus favorables que le Parlement.

- Ils ont été choisis pour l'approuver.

Ils ignorent que le roi a perdu ses facultés.

Le Parlement est inquiet. - Rassurez-vous.

Il n'a pas lieu de l'être.

Dites à vos collègues que je refuse de laisser Louis instaurer sa folie.

...

- Tu avais vu juste.

Ce procès était une erreur.

Je me demande sur quoi d'autre tu as eu raison, toutes ces années.

Ma vie aurait été différente, si je t'avais écoutée.

- Mais moins intéressante.

- Sois honnête.

Avant que je t'en parle, tu savais, pour le dauphin ?

- Non, bien sûr que non.

- Yolande savait.

Et ne m'a rien dit.

- Je suis désolée.

Musique touchante

- Tu ne me cacherais jamais une chose pareille.

...

- Je t'ai caché quelque chose, pourtant.

...

- Dis-moi.

- C'est-à-dire que Yolande était déterminée

à ce que Calonne soit nommé contrôleur des finances.

- Ce n'est pas un secret, ça.

...

- Il a été nommé...

le soir de ta terrible fausse couche.

Yolande t'a vue, allongée par terre, mais...

elle n'a pas donné l'alerte.

Elle... t'a délibérément laissée saigner.

Elle manigançait pour que Calonne obtienne le poste et elle a nié...

...

J'ai voulu te le dire tellement de fois.

Je me disais que tu ne me croirais pas.

...

- Si, Lamballe. Je te crois.

...

- Comment présenter habilement les faits ?

M'exprimer avec grâce ? Je ne puis parler qu'un langage

dicté par le chagrin.

Je me dois de prendre la plume, pour que la postérité

ne retienne pas de moi des mots calomnieux et malveillants.

Tiens.

J'ai été maltraitée, insultée et déshonorée.

Les blessures que l'on m'a infligées sont trop profondes pour guérir.

Musique fastueuse

...

- Majesté.

...

La porte claque.

...

- Votre Majesté.

J'ai le plaisir de vous annoncer que les notables

sont favorables aux modifications de l'imposition.

(- Dieu soit loué.)

(- Je n'en doutais pas.)

- Toutefois,

avant que nous discutions de vos propositions plus en détail,

je voudrais clarifier un point de confusion.

Vous dites que ces nouvelles taxes sont nécessaires,

pour la santé financière de la nation.

Mais... si l'on en croit le remarquable rapport de M. Necker,

notre trésor réalise un bénéfice annuel...

de 12 millions de livres.

Les notables s'indignent.

Ce qui est plus que suffisant, pour l'économie du pays.

Alors pourquoi sa Majesté demande-t-elle plus ?

- Il n'appartient pas à l'assemblée de mettre en cause le roi.

- Cela nous rassurerait peut-être, si sa Majesté montrait les comptes.

- Tout à fait. - Excellente idée.

(- Ce n'est pas ma suggestion.)

Musique inquiétante

...

- Ce salaud de Provence ! - N'oubliez pas qui je suis.

...

- Nous avons passé des années à cacher ce déficit.

Votre frère a ruiné nos efforts en deux minutes !

...

Tout le monde nous reprochera ce désastre.

...

Il faut dire la sinistre vérité.

- Hors de question.

On entre.

...

Je vais te...

Salaud !

- Je ne m'attendais pas à ce qu'ils demandent les comptes.

Ma question était légitime.

- Pas devant tous les notables !

- Mais si nous sommes excédentaires, pourquoi as-tu besoin d'argent ?

- Il n'y a pas d'excédent.

- Mais... mais Necker ?

Louis rit. - Necker... a maquillé les comptes.

Pour cacher

nos dépenses de guerre.

Musique sinistre

Si je montre les comptes, tout le monde verra que la France

s'enlise dans une dette croissante.

- De quel montant ?

- Six milliards.

...

- Mais tu avais dit...

"un peu endettés".

Six milliards, ce n'est pas un peu.

- Je pensais pouvoir arranger... - Non ! Non.

- Je ne voulais décevoir personne.

- Mais pourquoi m'as-tu laissée acheter Saint-Cloud ?

- Pour que vous n'ayez pas à payer mes erreurs.

- Tu me mens constamment.

A propos de la dette, à propos du dauphin, de sa santé.

- Je suis honnête, je ne te mens pas.

- Tu n'es qu'un menteur !

- Je ne sais plus quoi faire.

Ni comment gouverner sans Vergennes. - Non ! Tu n'as pas besoin de lui.

Tu as Calonne.

- Pourquoi vouliez-vous me voir ?

- Vous discutez en secret avec le frère du roi.

Une trahison se profile ?

- Ma préoccupation reste la préservation de la monarchie.

On entre.

- Ma foi... quelle charmante ambiance.

- Je n'ai pas réussi à l'empêcher d'entrer.

- Vous auriez été convoqué

pour bavarder. Ai-je manqué

mon invitation ?

- Pardon, Mme de Rohan. J'ignorais que vous alliez de pair.

- Uniquement lorsqu'il faut déjouer vos sales manoeuvres politiques.

- Grâce à moi, votre neveu a échappé à l'échafaud.

- Mais l'exil,

il n'y a pas échappé.

- Pierre qui roule n'amasse pas mousse.

- Eh bien !

Puisque vous êtes là,

trouvons un terrain d'entente.

- Citez-moi ce qui nous met d'accord.

- Le roi est idiot.

- Son projet de réforme fiscale relève de la bêtise,

je vous le concède.

- En tout cas, pour que nous remplissions ses caisses,

il doit montrer les comptes aux notables.

- Il a besoin de cet impôt pour financer la collection

de bijoux de sa femme. - La noblesse doit payer sa part.

- Mais nous la payons !

En sang versé au nom du roi aux champs de bataille, ma chère.

Ceux qui ne désertent pas,

en tout cas. - Non, vous faites erreur.

J'ai servi avec honneur. - Vraiment ?

Vous auriez quitté le navire au premier coup de canon.

Alors qui croire,

de nos jours ?

Musique sombre

- Pouvons-nous oublier tout cela et revenir en arrière ?

Ne m'en veux pas éternellement. - Je fais comme bon me semble.

Yolande s'indigne.

Où est mon carnet ?

Je ne le trouve pas. - Sortez.

- Non, reste où tu es.

- Ce n'est pas juste.

Louis m'a fait jurer de garder le secret.

- Tu m'as laissée agoniser.

- Elle ment.

Elle a toujours été jalouse de notre amitié.

- Où est mon carnet ?

Je dois dresser une liste d'économies à faire.

- Tu ne peux pas la croire elle et pas moi. Je suis à tes côtés

depuis si longtemps ! - Oui. Et je t'ai aimée pour cela.

Même quand tu m'as blessée, j'ai préféré souffrir à te perdre.

Tant de gens

veulent ma mort, aujourd'hui.

Je ne t'imaginais pas en faire partie.

- Non.

Non, non. Non. - Ne me touche pas !

- Tu n'es pas en état normal.

Toinette...

Je t'en prie, ne m'abandonne pas.

- Tu peux rester à la cour autant que tu le voudras.

Mais désormais, je ne veux plus entendre parler de toi.

Va-t'en.

Yolande réprime un sanglot.

Voilà...

C'est fait.

Musique émouvante

Le bébé babille. ...

...

Nous sommes pareilles, toi et moi.

...

Nous avons toutes les deux sacrifié des années à aimer des personnes...

qui ne méritaient pas notre affection.

...

- Necker... Sale connard ! Connard !

Putain.

Putain !

Connard !

Musique de tension Calonne pousse des cris de rage.

- Vous comprendrez que communiquer les comptes hors rapport officiel

serait pour le moins...

Il hésite. Contraire aux formalités.

A la place, en tant que délégué, je propose de parler à sa Majesté.

Je vous transmettrai les informations.

- La vérité ?

La voilà.

Ce sont les comptes.

Vous y verrez

tous les emprunts que Necker a contractés, en secret,

pour cacher les frais de guerre.

- Arrêtez, Calonne. - Quoi ?

Ni le roi ni moi ne sommes responsables.

...

- Calonne...

...

- Nous ne sommes pas excédentaires.

Nous ne l'avons jamais été.

Grâce à Necker,

nous sommes terriblement endettés.

Pour y remédier, vous devez approuver

la réforme fiscale, bande d'imbéciles !

Musique étouffante

- Que faites-vous ?

- Je dis la vérité.

Il faut qu'ils comprennent.

- Non.

...

De quel droit ? - Ils doivent comprendre.

- Hors de ma vue !

...

Donnez-moi ça. Donnez-moi ça.

Ce n'est pas à vous, rendez-le-moi.

- Louis, arrête. - Donnez-les-moi.

- Ressaisis-toi, ils vont te croire fou.

- Ca, c'est ta faute. - Tu déraisonnes.

...

- Louis !

- Je suis un menteur.

Et maintenant, tout le monde le sait.

Musique de connivence

...

- Le fait est que tu n'avais pas le choix.

Je comprends maintenant pourquoi tu as caché le déficit.

- Calonne m'a trahi.

- Renvoie-le. - Non.

Sinon, je n'aurai plus personne. - Je suis là, moi.

Je t'aiderai, fais-moi confiance.

...

Musique intrigante Un cheval renifle.

...

- La France vous sait gré du travail accompli.

- Si je pars maintenant, tout ce travail n'aura servi à rien.

...

Je vois.

...

- De quoi vous changer.

Une calèche vous attend dehors, au nom de M. Henri.

- Ils ont été soudoyés.

- Même lui ?

- Non.

Lui, il faudra le convaincre autrement.

Ce pain est un peu tranchant.

Musique sombre

...

- Que se passe-t-il, avec Louis ?

Il ne se rend à aucune réunion. - Il doit se reposer.

- C'est pas le moment. Il faut un contrôleur des finances.

- Oui, il le sait. - L'assemblée des notables a été

un échec. Paris est incontrôlable ! - Chut !

(- Le peuple exprime son désaccord sans craindre la censure.)

Louis doit affronter ça.

Il ne peut se cacher. Où est-il ? - Il ne reçoit personne.

- Je dois lui dire ce qui se passe. - Il ne reçoit aucune visite !

Nourrice !

Musique d'abattement

- Tu t'es assez reposé comme ça !

Louis ?

Que fais-tu ?

- J'ai voulu cartographier le parcours de La Pérouse, en vain.

- Laissez-le tranquille !

...

Laissez-le. (- Il n'est pas vêtu, il va mal.)

- Dehors !

...

Louis ?

Louis, viens.

- Ils disent que c'est notre faute.

Ils t'appellent "Madame Déficit". - Soit.

Je me fiche de mes surnoms ! - C'est ma faute. Ma faute !

- Tu peux le faire. Tu vas y arriver, Louis.

Louis, il le faut. Regarde-moi. - Je ne peux pas gouverner.

...

C'est trop dur.

- Vous m'avez fait demander ?

- Qu'ai-je besoin de savoir ? - A quel sujet ?

- La politique, l'économie, tout le reste.

- Le roi...

- Est temporairement indisposé.

Pour l'amour du Ciel.

Ma mère a dirigé un empire.

Je devrais pouvoir gérer la France pendant un jour ou deux. Dites-moi.

Que se passe-t-il, au juste ? - L'assemblée des notables a échoué.

Et l'économie du pays ne tient qu'à un fil.

Nous manquons d'argent.

- De combien ?

- Aux alentours de... 500 millions.

- Et le Parlement ?

Un nouvel emprunt ? - J'en doute.

La perspective d'une réforme fiscale les exaspère.

- Nous allons donc devoir les rassurer.

Qui est le parlementaire le plus virulent ?

- Malesherbes.

- Amenez-le-moi.

- Une dernière chose, Majesté.

(- Pitié, que ce soit une bonne nouvelle.)

- Je crains que Jeanne de La Motte ne se soit évadée de prison.

Musique angoissante

Marie-Antoinette soupire.

...

- Ton coeur ne souffre pas

de l'absence de nos échanges ?

Peut-être trouves-tu ma correspondance ennuyeuse ?

Ce sera ma dernière lettre.

Je ne te dérangerai plus.

Musique déchirante

Joséphine sanglote.

...

On entre.

- La reine va rencontrer Malesherbes.

- Eh ben, c'est bien. - Oh ! Nom de Dieu !

Réveillez-vous ! L'heure est grave.

Louis a perdu l'esprit.

- C'est ce que vous vouliez !

Provence soupire. Joséphine souffle.

- Je ne sais pas.

Joséphine soupire.

Je ne voulais pas qu'elle règne à sa place.

Qu'allons-nous faire ? - Aucune idée.

Quelle importance ?

- Que voulez-vous dire ?

Joséphine soupire.

- Tout cela n'a plus aucun sens.

Elle rit.

Elle m'a abandonnée.

Joséphine pleure.

- Votre Majesté.

- Merci d'être venu.

- Où est... - Le roi est retenu par une urgence.

Je me fais, pour ainsi dire, son ambassadrice.

- Voilà qui est des plus singuliers.

- Nous sommes dans une situation singulière.

La politique n'est pas mon fort. A l'évidence, je ne comprends pas

le détail de la proposition du roi, mais...

il veut que le Parlement lui prête 500 millions de livres.

- C'est... c'est impossible.

Je demande à voir le roi. - Et en retour, j'allais oublier,

il abandonnera sa réforme fiscale.

Il rit.

- Pas d'augmentation des taxes du clergé et de la noblesse ?

- Oh, non !

On ne veut embêter personne. Pas besoin d'autres taxes,

si le Parlement de Paris accorde à Louis l'emprunt qu'il demande.

- Eh bien... nous allons devoir en débattre.

- Bien sûr ! Le roi respecte le protocole.

Musique intrigante

Du thé ?

Brouhaha

- Excusez-moi.

- Examinons... - M. Malesherbes ?

Il faut que nous en débattions en séance.

Musique mystérieuse

...

- Pourquoi ils discutent encore ? - Ce n'est qu'une formalité.

L'emprunt accepté, nous repartirons.

...

- J'en ai assez, ça suffit. - Encore un peu de patience.

Ce ne sera plus très long.

- J'en ai assez.

- Non, Louis. Non, non.

- Vous avez assez débattu.

Les conversations se poursuivent.

Vous avez

assez débattu !

La question est tranchée.

Vous m'accorderez

l'emprunt que je demande.

- Votre Majesté, nous devons suivre le protocole.

(- Il a raison.)

Assieds-toi. - Ma parole suffit pour décider.

J'ordonne la promulgation.

- Sans l'accord du Parlement, c'est illégal.

- C'est légal car je suis le roi et que je l'ordonne !

- M. Le président,

la demande de sa Majesté doit être déclarée nulle et non avenue.

- Le duc d'Orléans

a raison.

La demande d'emprunt du roi est rejetée.

(- Non...)

(Non.)

(- Traîtres.)

Vous êtes un traître. Vous êtes tous des traîtres.

Musique dramatique

- Cette attitude prouve que le Parlement doit avoir

le pouvoir de protéger la France du roi.

...

La couronne va devoir répondre de ses actes.

Ou la France sera soumise à un régime tyrannique.

On applaudit.

Acclamations

... ...

- Vive Orléans !

... ...

- Déposez-moi.

- Vive Orléans !

... ...

- Bravo ! - Bravo !

- Bravo !

- Laissez-moi deviner... C'est une lettre du roi ?

- Voyons cela dans un cadre plus privé.

- Non. Ici, c'est bien.

...

J'ai été banni de Versailles !

Encore ! - OUAIS !

...

Joséphine s'exclame.

- Après Marguerite, c'est Orléans.

Si Louis continue à bannir, vous régnerez

sur un château vide.

- Vous pensez que l'alcool vous réconforte ?

Je comprends pourquoi, mais cela obscurcit

votre jugement, Joséphine.

J'ai vu les papiers concernant l'exil de Marguerite.

Provence et Adélaïde en sont les instigateurs.

Ni Louis ni moi n'avons agi contre vous.

Choisissez votre camp...

avec soin.

Musique émouvante

...

(Furieuse) - Où sont-elles ?

...

- Je suis tourmentée. Chaque heure qui passe

me rappelle ton indifférence.

Mon mari me maintient enfermée, sous bonne garde.

J'échafaude à longueur de journée un plan pour te retrouver.

Je me vengerai de cet homme qui me fait tant de mal.

...

- M. Necker.

Vous connaissez ce lieu.

- Je l'ai occupé de nombreuses années.

- Tandis que vous creusiez le déficit, oui.

Et le peuple vous aimait, pourtant.

Il vous aime toujours.

Le roi ne partage pas l'admiration qu'il vous porte.

Et... moi non plus.

Mais il a été décidé que vous reviendriez

au gouvernement en tant que contrôleur des finances.

- Je vous remercie, je ne suis plus candidat à ce poste.

- Ce n'était pas une demande.

Vous nous avez mis dans ce pétrin, vous devez nous en sortir.

Hélas, vous semblez être le seul à pouvoir y arriver.

Nous sommes impatients d'entendre vos propositions !

Musique pesante

...

- Qu'est-ce que c'est que cette tenue ?

- Un pantalon.

J'aime bien.

Qu'est-ce que j'ai manqué ?

- Une invasion suédoise.

Fersen doit être amoureux.

Le tonnerre gronde.

- Regardez.

Voulez-vous essayer ? - Oui !

Lamballe s'attendrit.

L'enfant rit.

Musique triste

...

Lamballe hésite.

- Venez. Allez, venez, allons-y.

Nous devons y aller. Voilà.

L'enfant babille.

Nourrice ?

Allez chercher le dauphin.

...

La nourrice s'exclame.

...

- On va sortir se promener.

...

- Chez moi, la tradition veut

que ce soit le père qui fabrique le cercueil.

Il va chercher de l'épicéa et du duvet de chardons.

Pour faire un matelas.

Pour que son enfant soit installé confortablement, même dans la mort.

- Le docteur a dit qu'elle n'avait pas souffert.

Elle est simplement partie.

Dans son sommeil.

On frappe à la porte.

- Pardon. je dois parler à la reine. - Ca attendra.

- J'ai bien peur que non.

La situation dans les campagnes est plus grave que prévu.

- Dites-moi.

- Les paysans criaient déjà famine,

avant que la grêle ne détruise les récoltes.

De plus en plus de gens affamés gagnent Paris.

En quête de nourriture.

- Nous devons apporter plus d'aide. - Mais avons-nous les ressources ?

Le déficit... - Nous avons fait des économies.

- Pas assez pour changer les choses. - Mais enfin !

Nous ne pouvons pas laisser les gens mourir de faim à cause de la grêle.

- D'autres facteurs entrent en jeu.

Nos agents

soupçonnent Orléans de se réserver du grain.

- Oh, mon Dieu !

- On l'arrête ?

- Nous ne pouvons l'arrêter sur des soupçons.

Quoi que l'on fasse, sa popularité s'accroît auprès du peuple.

- Comment faire ?

Elle soupire.

- Nous devons...

Qu'en pense Louis ? Est-il... est-il au courant ?

- Il a toujours les nerfs fragiles.

J'ai pensé qu'il valait mieux m'adresser à vous.

Une cloche sonne.

- Vous m'évitez, ces temps-ci. - Je suis pris par ma cause.

- Ah oui ! L'abolition. Un petit conseil...

si vous voulez arriver à vos fins, soyez un peu malhonnête.

- Comment ça ?

- S'il vous plaît, à manger !

S'il vous plaît ! - M. le duc, pitié !

- M. le duc !

- Par pitié. - Pitié !

- La grêle, par exemple.

- C'est une vraie tragédie. - Certes.

Mais c'est aussi une opportunité.

Un homme audacieux peut se bâtir un capital, en période de pénurie.

Musique lugubre

...

- Des paysans se suicident, plutôt que de mourir de faim.

Vous voulez spéculer sur la misère ? - Non, je crée

du capital...

Du capital politique.

Versailles n'a pas de quoi les aider.

Le peuple peut faire allégeance

à celui qui le nourrira.

- Vous êtes infâme.

Orléans rit. Non.

Je ne plaisante pas.

...

- Bonne chance avec votre cause.

Si vous vous posez en garant de la morale, vous en aurez besoin.

Ecoutez-moi !

Dites aux gens de se présenter à mes cuisines.

J'ai beaucoup de pain à donner.

- Ma popularité stimule le marché.

Mais le problème fondamental de la dette demeure.

- Pourquoi avoir menti ?

A propos du déficit.

Répondez-moi.

- On est parfois obligé de dire à un monarque ce qu'il attend.

Marie-Antoinette rit.

Dites-moi la vérité.

Dites-moi uniquement la vérité.

- Pour sauver l'économie, le roi doit réformer l'impôt.

Immédiatement.

- Comment ? - Pour y parvenir, il faut

convoquer les Etats généraux.

- Les quoi ? - Il s'agit

d'une institution. Des représentants du clergé, de la noblesse

et du tiers état qui conseillent le roi.

- Je ne connais pas.

- Les Etats généraux ne se sont pas réunis depuis plus de cent ans.

- Bien. Et qu'espérer, si nous ne faisons rien ?

- Avec la famine, la hausse des prix et la rébellion de l'aristocratie,

afin de limiter le pouvoir du roi... - Oui, le pays va exploser.

- Vous devez parler au roi.

Vous devez

le convaincre de convoquer les Etats généraux de toute urgence.

Musique menaçante

...

- Je t'ai demandé de venir, car tout est devenu trop lourd.

Le déficit, Vergennes.

Sophie.

Louis a besoin de temps.

De temps et de repos.

Musique déchirante

Et de moi.

Le pays aussi a besoin de moi.

Alors, entre mon devoir et les enfants, j'ignore comment...

- Tu me chasses, c'est ça ? - Non !

- Mais ça y ressemble.

- Je suis écartelée entre mes rôles. - Maintenant ? Sérieusement ?

- Non ! Je ne peux pas me permettre d'avoir une vie privée en ce moment.

...

- Bon, très bien.

...

- Tout chaud,

sorti de l'imprimerie.

- Jeanne La Motte-De Valois, "Ma vie à Versailles".

C'est bien ?

- Le roi et la reine détesteront.

Musique de complot

- "J'ai une opinion très arrêtée...

"sur le gouvernement de mon pays."

(Jeanne) - J'espère voir un jour

un gouvernement qui dispense la liberté et le bonheur.

...

Ainsi que l'abolition

des institutions, qui donnent à une catégorie

le droit d'en opprimer une autre.

Une vache meugle.

...

Mais, quelle que soit l'ingéniosité déployée par mes ennemis

pour retourner contre moi les préjugés,

je resterai assise, inébranlable,

sur le rocher de la vérité,

tandis que les vagues déchaînées du mensonge

se briseront avec fureur à mes pieds.

Musique de compassion

...

Générique

...

Sous-titres SME : Damien Armengol - TASTI.EU Belgique

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