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Dieu de consolation,
par ta volonté, aucun de ceux ayant foi en Toi ne périt.
Dans ton infinie miséricorde pour ta servante Jennifer,
accorde-lui le pardon pour ses péchés.
Nous te recommandons, Seigneur, notre sœur Jennifer Barrett.
Puisse-t-elle vivre auprès de Toi dans la miséricorde et dans l'amour
Seigneur Jésus, Toi seul connaît la compassion.
Le sang de ton fils a lavé tout péché. Puisse-t-il entrer dans la vie éternelle.
A notre sœur, donnez vie, joie et paix dans les cieux
et dans les siècles des siècles, amen.
Oliver...
...viens passer quelques jours à la maison.
Oublie ton travail. Ta chambre est toujours prête.
Je dois être au bureau demain, mère.
Alors téléphone, je t'en prie.
Entendu. Merci d'être venus.
Elle n'est pas là-dedans.
Elle est ailleurs.
Je voudrais pouvoir le croire.
Quand descend-on le cercueil ?
Ils attendent que tout le monde soit parti.
Je reste.
Ils viendront peut-être dans plusieurs heures
et il fait froid.
Je veux voir.
Je reste avec toi.
Non, Phil. Ce moment m'appartient.
Le prochain car pour l'aéroport Kennedy partira
porte 7.
Pardon d'être en retard.
Pourquoi ces bouquins, fiston ?
Je travaille sur une nouvelle affaire.
Venez voir mon nouvel appartement avant d'aller dîner.
Mon ulcère réclame son verre de lait !
C'est là. Je suis à 20 minutes à pied du bureau.
C'est mon seul exercice physique.
C'est mieux que rien.
C'est indigne d'un jeune avocat en vogue.
J'ai peu de besoins.
C'est une chance.
Qu'est-ce que c'est ?
En emménageant,
je projetais d'abattre la cloison.
Il y a des bouquins partout, ici !
Un avocat doit lire.
Tu dois aussi vivre.
Tu t'amuses, quelquefois ?
Je suis sur une affaire très intéressante :
un propriétaire en conflit avec ses locataires.
Toujours prêt à sauver le monde ! Mais toi, dans tout ça ?
Deux ans ont passé.
Tu dois sortir et voir des gens.
Cela fait 18 mois, pas 2 ans.
Je disais ça en gros.
Si on n'est pas
à table dans 10 minutes, je ne sors plus jamais avec toi.
Je cuisine comme un chef !
Elle veut pas croire que je connais la cuisine.
Si, si. C'est le Roi de la Pâtisserie du Rhode Island.
Très drôle ! Et vous faites quoi encore ?
Douceurs... gâteries en tous genres.
Vous êtes un homme riche, alors ?
Disons un homme de ressources.
Mais moins cultivé que mon gendre.
Votre gendre, lui ?
C'est chouette que vous sortiez ensemble.
C'est pas banal.
Vous avez réussi à planquer les bourgeoises ?
D'accord, c'est ma faute. On recommencera plus.
Fini les soirées en célibataires avec le beau-père !
Mais sache que tu n'as pas à te faire de reproches.
Ne t'inquiète pas pour Jenny, pour moi ni pour personne.
Fonce à nouveau dans la vie.
Cette vie-là ?
Écoute-moi bien... même si ça fait mal.
Si ç'avait été toi au lieu de Jenny,
elle aurait pas été le genre à entrer au couvent.
On est dans le brouillard ? On reconnaît plus
son vieux copain de chambre ?
Simpson ? Comment vas-tu ?
Très bien. A part les quelques kilos que j'ai en trop.
La vie conjugale !
Tu te souviens de Gwen ?
J'ai tellement de choses dans la tête en ce moment que...
Un vrai drogué du boulot !
J'aime mon travail.
Un saint et un martyr ! On devrait te canoniser. On va bouffer ?
J'ai à faire au bureau.
Je suis très occupé.
Tu fayotes toujours dur, je vois.
Tu tombes à pic, Gwen et moi on voulait t'inviter à dîner.
Pourquoi ?
Parce que t'es un boute-en-train ! 20 h vendredi, d'accord ?
Je n'ai pas le temps.
Pas d'excuse.
- L'adresse est dans l'annuaire. - Steve, je ne peux pas !
Vous avez l'air en forme. Vous avez maigri ? Steve devrait aussi.
Ma cuisine laisse à désirer.
Arrête les amuse-gueule. Gwen a préparé un festin.
Voilà le reste des convives.
On doit être nombreux ?
Non. Une seule personne.
Une célibataire, c'est ça ?
En effet, mais...
Vous ne vouliez pas m'effrayer.
Elle est adorable.
Je sais où vous voulez en venir.
Joanna Stone - Oliver Barrett, mon ex-camarade de chambre.
Joanna crée des meubles formidables.
Ils vous demandent déjà d'être leur associé ?
Ils lui demanderont bientôt de diriger la boîte.
Un jour, il présidera la corporation.
Je pensais à tout ça le jour où je vous ai vue.
Il était dans les 10 premiers à Harvard.
Parfaitement. L'homme
assis en face de vous !
Et au hockey, imbattable !
Fantastique !
Une fois, on jouait contre Dartmouth,
il s'est fait à lui tout seul toute l'équipe adverse.
Joanna nous écoute et elle a envie de dire :
"Moi aussi, j'ai de quoi être fière."
Extraordinaire ! On ne le dirait pas à la voir.
Elle manie la perceuse, la scie ! Électrique ou manuelle ?
Elle a fait de brillantes études.
Elle connaît à fond l'architecture.
Elle a toute une clientèle.
Je vais vous dire :
Joanna ne fabrique pas un meuble,
elle crée un espace
à partir de matériaux inattendus.
Elle prend de la corde,
du bois. Un environnement.
On vous ennuie, peut-être ?
Je suis désolée.
Ils auraient dû vous prévenir.
Je n'osais plus ouvrir la bouche.
Tous vos amis doivent essayer de vous caser.
Quand même pas !
Un célibataire pas trop moche, c'est une aubaine.
Je peux être moche quand je veux.
J'ai bu trop de vin à table.
Moi aussi.
Que faire d'autre ? On ne pouvait pas placer un mot.
Merci de m'avoir raccompagnée.
Accepteriez-vous une tasse de café ?
Je n'ai besoin de rien.
On pourrait se revoir.
Vous avez du décaféiné ?
Alors tout ici est votre œuvre ?
A part le vieux poêle et deux ou trois bricoles.
Ça doit être épatant
de vivre dans un décor qu'on a créé soi-même.
C'est surtout une question d'ambiance.
Et c'est là que vous cogitez ?
Non. Plutôt dans mon bain ou en faisant mes courses.
Je rentre vite et je couche mon idée sur le papier.
J'ai fait un an de dessin industriel
mais j'ai toujours eu du mal à tracer un angle droit !
J'ai dû apprendre. Je dessinais au dos des enveloppes
mais on ne prend au sérieux que ce qui fait professionnel.
Et vous réalisez tout vous-même ?
Oh oui ! C'est la récompense. J'adore l'étape de fabrication.
Voilà mon dernier-né.
Le fauteuil gonflable.
Je peux ?
C'est très confortable.
Pour obtenir une texture très naturelle,
j'ai utilisé la toile.
Et ça ?
C'est tout simple.
J'ai pensé aux gens qui voyagent.
Il leur faut un mobilier léger.
Ce serait idéal pour mes livres.
Ça se trouve dans le commerce ?
Oui. C'est une des choses qui sont commercialisées.
Vous voulez un prospectus ?
C'est très joli.
Mais ne vous croyez pas obligé.
C'est du jamaïcain ?
Moitié moka, moitié Colombie. Mais décaféiné !
J'ai besoin de dormir.
Moi aussi. Le travail !
Je vais vous laisser vous reposer.
C'était...très gentil.
Merci pour cette soirée.
On pourrait se revoir un jour tranquillement.
Je vous appellerai.
Bonne nuit.
J'ignore...
...pourquoi au juste je suis ici.
Dans ces cas-là, quelque chose en moi me dit :
"Vas-y,
"tu lui plais, elle te plaît. Cours le risque."
Mais autre chose me dit : "Contrôle ta barque,
"ne fais pas de vagues, sois prudent,
"ne te complique pas la vie."
De tels rapports sont pour vous une complication ?
Tous les rapports humains sont
compliqués. Rien n'est jamais facile.
J'ai l'air d'un anormal parce que
je n'ai pas 3 aventures par semaine !
Je ne ressens pas cela.
Je ne sais pas.
Par moments,
je me sens seul
et Jenny...me manque.
Je comprends ce sentiment
de solitude.
Comment le dominez-vous ?
Chez moi, je m'allonge et j'attends que ça passe.
D'autres fois je rentre du travail,
je me couche sans manger,
je me réveille en pleine nuit affamé
et je ne peux plus me rendormir.
Le matin, je suis vidé et tout recommence.
On peut agir sur plusieurs plans,
mais il faut commencer par un bon équilibre physique.
Vous faites du sport ?
Je faisais de la course, du hockey.
J'aime le sport.
J'ai tout laissé tomber.
Qu'est-ce qui est drôle ?
Vous et vos patins.
Pourquoi vide-t-on la patinoire si tôt ?
Pour éviter aux gens de se noyer.
On est obligés de courir ?
On est obligés de parler ?
Non.
Si vous voulez être seule, dites-le.
Vous courez pour méditer ?
Du psycho-cross ?
Je ne suis pas mystique. Je m'entraîne pour le tennis.
Je cherche justement un adversaire
pas trop dangereux.
Adressez-vous ailleurs. Je suis très forte.
- Prouvez-le. - Quand ?
Demain... si j'arrive à récupérer d'ici là.
Au Midtown Tennis Club à 6 h, d'accord ?
Je travaille à cette heure-là.
6 h du matin.
Personne ne joue si tôt que ça !
Si, nous. Sauf si vous vous dégonflez.
Ça marche !
- Demandez Marcie Nash. - Entendu.
- Le nom de ma victime ? - Gonzales. Pancho.
O.K., Pancho. Amenez votre âne, surtout !
- Pourquoi ? - Pour que je le fouette !
Et vous, apportez la carotte !
Pas très frétillant, ce matin !
Il fait encore noir, dehors.
Aussi joue-t-on à l'intérieur.
- Qu'est-ce qu'on joue ? - Pardon ?
L'enjeu. On joue pour quoi ?
Le plaisir.
J'ai besoin d'un stimulant plus concret.
Vous êtes riche ?
Quel rapport ?
Il vaudrait mieux pour vous. On joue le dîner ?
Le vainqueur choisit le restaurant ?
J'en connais un épatant.
Pas si vite !
Rien n'est joué...et je mange comme un éléphant.
Vous courez aussi comme un éléphant.
A vous le service, Pancho !
De l'autre côté !
Je travaille à 8 h 30. On arrête, hein ?
Je commençais à m'échauffer.
Encore un jeu, d'accord ?
Quitte ou double. Tout au vainqueur.
Accordé.
Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
Je travaille chez Bonwit.
C'est un magasin chic.
- Pour y acheter, pas pour y travailler. - Pourquoi ?
Derrière les beaux étalages,
c'est plutôt la pagaille.
Si je commence à vous raconter vous en aurez vite assez.
Parlons plutôt de vous.
Je suis avocat.
Spécialiste ou plutôt généraliste ?
Présentement je suis toujours branché sur les libertés.
Données ou prises ?
Certains propriétaires laissent les impôts s'accumuler
sur leurs immeubles vétustes.
Ensuite ils les abandonnent à la ville,
laquelle ne sait plus quoi en faire et les met aux enchères publiques.
Les anciens propriétaires les rachètent
sous une nouvelle raison sociale
et tout recommence.
- Je vous ennuie ? - Non. Je vous le dirais.
Je vous crois.
Et à part ça ?
Rien d'intéressant.
- Vous êtes marié ? - Non. Pourquoi ?
Pour savoir. Vous avez été marié ?
- Pendant 2 ans. - Je comprends.
Laissons cela. Je suis divorcée
mais il y a des sujets plus passionnants.
Pas du tout.
J'ai un avion à prendre
à 6 h demain matin. On s'en va ?
J'ai moi-même beaucoup à faire.
Non ! Laissez cela.
Ce qui est dit est dit.
Je voulais lui dire la vérité mais il m'a semblé
que ce n'était pas le moment.
Parler de Jenny est difficile ?
Oui. Surtout aux femmes.
C'est un tort. Ce n'est pas loyal envers elles, ni envers Jenny.
Comment cela ?
Vous croyez à sa mort ?
J'ai vu descendre le cercueil,
je suis resté exprès.
- Pourquoi ? - Je le devais à Jenny.
Je voulais que ce soit une conclusion.
Arrive-t-il qu'elle participe à votre vie ?
Elle était mon autre moitié.
A présent, cette moitié-là
me manque.
Vous vous sentez incomplet ?
Croyez-vous que cela peut changer ?
Ce serait tout simple, à en croire les gens...vous compris !
Une fille meurt, on en rencontre une autre et tout recommence !
Mon copain Lobo. Elle, c'est Dora Collazo.
- Votre pétition est complète ? - J'ai fini ce matin. Et toi ?
J'en ai bavé, mais ça y est.
- Ça va l'impressionner. - Il faut faire feu de tout bois.
Ça n'est pas dans le code, j'ai bien vérifié.
J'en parlerai avec Bill.
C'est ça. Rappelez-moi.
Bonjour, M. Gentilano.
On arrive en retard quand on a une requête à présenter, vous croyez ?
On avait un tas de signatures à recueillir.
Vos amis peuvent demander un délai supplémentaire.
Vous connaissez les lois, M. Barrett.
- Nous ne le voulons pas. - On veut faire démarrer l'affaire.
Beaucoup de gens sont prêts à travailler dans cet immeuble,
leur enthousiasme se refroidirait.
Je ne veux pas voir cette action
compromise par manque de préparation.
Tous ces formulaires ont leur raison d'être.
Il y a intérêt !
J'ai tout rempli en 3 exemplaires,
sans mentir une seule fois !
Bon. Je m'occuperai de ça dès que possible.
Ce n'est pas à un jour près.
M. Gentilano, ces gens ont déjà beaucoup fait,
ils méritent une réponse rapide.
Venez nous rendre visite.
Vous n'êtes pas les seuls : Brooklyn, Staten Island,
East Side, West Side.
Je verrai ce que je peux faire.
Vous ne plaisantez pas, aujourd'hui.
J'exerce ailleurs mon sens de l'humour.
Soyez content : vous avez gagné un autre dîner.
On jouait un dîner ?
Je croyais que vous aviez besoin d'un stimulant ?
- Ça tenait toujours ? - Si je choisis le restaurant.
Avec joie. Moi, je n'ai plus d'idées.
Où va-t-on ?
Vous connaissez La Crémaillère ? C'est un restaurant français.
Bonne idée.
Je dois aller vendredi à notre succursale de Scarsdale.
Vous pourriez...venir me chercher.
Pardon, madame, c'est bien ici le Gimbel ?
12 minutes de retard.
Je suis tombé en pleine heure d'affluence.
Ç'a été une horrible épreuve.
Sûrement. Votre voiture a pris un coup de vieux.
Au départ, c'était une Ferrari.
C'est très bon.
Et très cher !
Alors, cette pagaille ?
Le magasin de Scarsdale marche-t-il
aussi mal que l'autre ?
Oh non !
En fait, je suis ici, en quelque sorte
en dépannage.
J'ai quelques idées de réorganisation
et la direction me donne la possibilité de les expérimenter.
Et ça marche ?
Très bien, oui.
Vous n'avez pas l'air convaincue.
Je suis à un tournant de ma vie.
Je ne peux plus m'amuser à faire n'importe quoi.
Ils m'observent. Ils comptent les points.
Je déteste être surveillée.
Je comprends.
Désirez-vous la carte des desserts ?
Un café pour moi. Mais prenez un dessert, ils en ont d'étonnants.
C'est tentant, mais il ne faut pas. Je veux rester en forme.
Quelle volonté !
Vous aussi.
Je suis forte devant vous et demain je me gaverai de pâtisseries.
C'est ce qui nous différencie.
J'ai le sens du plaisir et vous celui du sacrifice.
- Comment cela ? - C'est une impression.
Vous croyez à la droiture, à l'honnêteté.
Vous ne deviez jamais mentir, étant gosse.
Oh si ! Et ça m'arrive encore.
Ah oui ?
Ce n'était pas vraiment un mensonge,
mais je n'ai pas été tout à fait honnête avec vous.
L'autre jour, vous avez eu l'air de croire que j'étais divorcé.
Vous êtes séparé ?
Elle est morte.
Quel âge avait-elle ?
25 ans. La leucémie.
Je suis navrée, Oliver.
Le moment est mal choisi, mais je ne pouvais pas
vous mentir plus longtemps.
Vous avez bien fait.
La réception demande si vous restez pour la nuit.
La réservation était à confirmer.
Je passerai la nuit ici.
Vous restez ?
Les chambres sont ravissantes.
Cheminées, lits en cuivre. Un goût exquis.
Mais...vous n'avez pas de voiture !
Ne le prenez pas comme ça, Oliver.
Je n'aime pas qu'on me force la main,
me sentir manœuvré.
Je vais demain à Hartford. Quelqu'un m'amène ma voiture.
Bon séjour à Hartford.
Désolée de ce qui s'est passé.
On fera mieux la prochaine fois.
- Téléphonez-moi. - Je n'ai pas votre numéro.
Vous le voulez ?
- Je ne sais pas. - Réfléchissez.
Vous avez trouvé ?
J'ai fait tout le personnel de Bonwit.
- Alors ? - Il n'y a qu'un seul Nash.
- Appelez-la-moi au téléphone. - Un nommé Albert.
C'est le seul ?
Qu'est-ce que c'est que cette connerie de me faire venir à 6 h du matin ?
Je me suis endormi à minuit.
Couche-toi plus tôt ce soir.
Parce qu'il faudra recommencer demain matin ?
Il s'agit d'une fille.
Joanna ?
Non.
Elle vient quelquefois ici à 6 h
et je n'ai que ce moyen de la retrouver.
O.K.. Tout pour la cause !
Qu'est-ce qu'on fait si elle vient pas ?
On joue jusqu'à ce qu'elle vienne.
- Comment allez-vous ? - Pas trop bien.
- Il y a une raison ? - Plusieurs.
Il y a cette affaire dont je m'occupe.
La loi n'est simple qu'en théorie.
Je ne suis plus sûr de gagner.
Je vous ai parlé aussi d'une fille nommée Marcie.
Nous nous sommes disputés
et je ne sais pas comment la joindre.
Elle n'est pas dans l'annuaire.
Elle vous semble...perdue à jamais.
Je me sens très malheureux.
Interprétez-vous cela comme un progrès ?
C'est bon signe...d'avoir mal ?
Oliver ? C'est Marcie.
Vous allez bien ?
Je suis très occupée. Je me sens seule,
un peu stupide. On peut parler ?
On est en train.
Je veux dire de vive voix. Je suis saturée de téléphone.
- Où êtes-vous ? - Au magasin.
Venez me voir dans mon milieu naturel.
Quel magasin ?
La maison mère.
Vous ne figurez pas sur la liste des employés.
Vous avez contrôlé ?
Je voulais vous joindre, bon sang !
Je vous expliquerai.
Montez à l'étage de la direction.
Pardon... Je cherche une employée qui...
Personne ne travaille le samedi.
Une nommée Marcie.
Elle est de l'autre côté.
Marcie Bonwit.
- C'est mon nom de jeune fille. - En somme...
Bonwit travaille pour vous.
Ce n'est pas aussi simple.
On va faire un tour ?
Je suis un peu paranoïaque.
C'est surtout grâce à mon ex-mari.
Comment est-il ?
La perfection faite homme. Le mari idéal à l'unanimité.
Il était brillant, charmant, ambitieux,
très ambitieux.
- Et maintenant ? - Il est riche, il vit à Beverly Hills
et il investit avec prudence.
L'argent m'indiffère.
Je souffre seulement d'être dépendante,
d'avoir à rendre des comptes,
d'être assujettie.
Quand mon père est mort,
j'ai hérité d'un fauteuil de consolation au conseil d'administration.
On déchoit, aujourd'hui !
C'est mon tour de régler la note ?
J'adore cet endroit. On y venait à la fin des vacances, mes parents et moi.
Ils tenaient beaucoup à ce que je fréquente
des gosses des quartiers populaires.
J'ai passé mon enfance à faire semblant d'être pauvre.
N'ayez plus de complexes : ma famille est cousue d'or.
2 hot-dogs et 2 cafés.
Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
Pour que vous ne m'aimiez pas pour mon argent.
Un peu de moutarde ? C'est gratuit !
Gosse de riche !
Restons dehors. Il y a une jolie vue !
A nos vraies identités !
Quelles qu'elles soient !
- Qu'est-ce que vous regardez ? - L'enseigne.
Ni cheminées, ni lits en cuivre,
mais il y a la télé.
Et un bar !
On se revoit quand ?
Dans 5 secondes. Ça ira ?
Un, deux...
Tu as vu ce coucher de soleil ?
- Comment vas-tu ? - Bien.
Tu te sens un peu coupable, non ?
Peut-être.
Parce que tu as pensé à Jenny ?
Parce que je n'ai pas pensé à elle.
Red Apple Motel. Nos chambres sont dégueulasses !
Qu'est-ce que tu racontes ?
J'attendais un coup de fil d'un copain de collège.
Ta mère me parlait du prochain week-end.
Nous ne te voyons plus.
C'est que... je suis surchargé de travail.
Ta mère serait très déçue.
- Qu'a-t-elle prévu ? - Rien de spécial.
Nous rêvons d'un week-end paisible.
Bon. Je viendrai samedi et je rentrerai dimanche soir.
Nous comprenons.
- Chéri ! Comment vas-tu ? Bien. - Et vous ?
Je me maintiens. Tu es venu seul ?
- Où est père ? - Au téléphone.
Monte te changer, chéri, et rejoins-nous.
Le sauvetage de ces zones urbaines
est autrement plus valable que les projets gouvernementaux.
Si j'arrive à vaincre la bureaucratie,
ces gens, par leur labeur,
menuiserie, plomberie, etc.
investiront dans leur propre immeuble.
Ils appellent ça le "Syndicat de la sueur".
- Drôle d'expression ! - C'est le mot qui convient !
Leur sueur est leur seul capital.
On n'est pas toujours riche en naissant.
C'est très intéressant.
Je suis pour une meilleure répartition des impôts.
Les arguments économiques ne manquent pas.
Ce n'est pas une entreprise de charité.
Toute ma vie on m'a enseigné
que les pauvres négligent leur logement.
C'est qu'ils ne le possèdent pas ! Et les autres,
ces propriétaires fantômes,
ils ne s'en foutent pas, peut-être ?
Répondez, mère !
Ce sont les êtres, eux, qu'ils négligent.
Ton dévouement est admirable, Oliver,
mais garde tes distances.
J'essaierai, père.
Avale-moi ça. N'as-tu pas maigri ?
J'ai fait du cross pour retrouver la forme.
Je veux que tu partes d'ici bien nourri et bien reposé.
"Il était une fois un homme tout tordu
"sur un chemin tortueux.
"Il trouva une pièce tordue contre un poteau tordu.
"Il acheta un chat tout tordu qui attrapa une souris toute tordue.
"Et ils vécurent tous ensemble dans une petite maison tordue."
J'aurai 68 ans le mois prochain.
Je songe de plus en plus volontiers à la retraite.
J'ignorais.
Une seule chose me tracasse : qui dirigera les affaires ?
Ward a 12 % des parts,
Seymour, 10 %... le reste est à nous,
plus tard à toi.
Ward mérite votre confiance,
il a une longue expérience.
Oh ! Il se débrouillerait à merveille sur le plan financier.
Il veut vendre la manufacture.
Selon lui, ce n'est pas rentable.
Il soignerait ses intérêts
avant les nôtres. Tout serait différent.
Comment cela ?
Cette affaire a été fondée
par notre famille. Il y a identification entre les deux.
Il est nécessaire qu'un membre de notre famille y soit engagé.
Père...si vous pensez à moi, j'ai mes propres engagements.
Il te resterait un peu de temps.
Je ne veux pas "un peu de temps."
J'ai besoin de tout mon temps pour mon travail...pour ma vie !
Vous avez laissé "Giallano" se tirer ?
Non. Willie et Dora le promènent un peu partout.
C'est l'heure du "café diplomatique". Il s'est déridé ?
Non. On dirait un sergent inspectant une caserne.
- On attaque le plan B ? - Pas encore.
Je suis artiste peintre à mes heures, vous savez !
Je vois.
Pour le café, c'est en bas que ça se passe !
Pour que des murs soient jolis
il faut 3 couleurs de peinture.
Je voudrais vous présenter Carlos Cruz.
N'importe qui aurait posé ici une horrible porte métallique.
- Raconte, Carlos. - Le gâchis...ça me dégoûte.
Alors j'ai pris cette porte
dans un immeuble abandonné.
Et il l'a apportée sur son dos !
Je veux que cet endroit ait du caractère. J'y habite,
je veux en être orgulloso...fier !
C'est pour ça qu'on peut faire mieux qu'un vrai entrepreneur.
C'est pas si sûr.
Le vrai problème ne sera pas résolu en un jour.
C'est pas le tout d'aller au bal,
il faut être au boulot le lundi matin.
J'en ai vu d'autres faire comme vous et rester en panne.
Après ça, mon service a bonne mine !
Croyez-moi, on vous laisse pas tomber.
Mais le gouvernement nous attend à tous les tournants
et au moment du budget, ils veulent savoir où est passé leur fric.
Un programme responsable nous fera une bonne publicité.
Un programme désordonné nous fera
une mauvaise publicité.
Et si la chose s'ébruite,
tout sera réduit à zéro.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est la télévision qui fait un reportage.
Ça ne vous dérange pas trop ?
Le problème foncier ici, dans le fin fond de l'East Side
est abordé d'une façon originale.
Vous représentez les locataires de cet immeuble,
décrivez-nous ce qui se passe ici.
On s'installe !
Les locataires et les voisins mettent la main à la pâte
pour obtenir la réhabilitation de cet immeuble.
Est-ce un projet officiel ou... une action spontanée ?
Demandez à notre avocat si c'est...officiel.
Nous avons la chance d'avoir ici M. Gentilano,
un fonctionnaire municipal.
Quelle est votre opinion ?
Je suis très frappé par ce qui se passe dans cette communauté.
Et nous sommes très frappés qu'un personnage officiel
ait pris le temps de nous rendre visite.
Je viens chaque fois que je peux. Il faut être à pied d'œuvre,
pas assis derrière un bureau.
Je suis fier de voir ces gens soulever des montagnes.
Nous les appelons le "Syndicat de la sueur".
- Ils ont votre feu vert officiel ? - Bien sûr !
Résidence Barrett !
Ici Marcie.
C'est le "Roi de la pâtisserie".
- Je le prends. - Il veut te féliciter.
Allô, Phillip ?
Formidable, Oliver ! Je suis fier de toi.
- Comment allez-vous ? - Bien. Je vais à Miami.
Amusez-vous bien.
Toi aussi. Tu vois ce que je veux dire ?
Je vois, oui.
Alors, au revoir.
- Qui est-ce ? - Mon ex-beau-père.
- Il est toujours comme ça ? - Non. Seulement avec moi.
Il essaie de retrouver sa jeunesse.
Il a l'air gentil.
Si tu veux le rencontrer il prend l'avion de 21 h pour Miami.
Je suis très bien où je suis.
Je vais te servir ton poisson avant qu'il ne soit froid.
- Tu l'as fait frire ? - Fallait pas ?
Mets-moi l'assiette fendue.
Ton argenterie aussi est fatiguée.
- J'aime ce bric-à-brac. - Je suis passée par ce stade.
Quel stade ?
- La fausse pauvreté. - Que veux-tu dire ?
Qu'en fin de compte, il faut s'accommoder de ce qu'on est.
Nous sommes des protestants de la haute société,
notre culpabilité n'y changera rien.
Les objets m'importent peu. Je me fiche du caviar
ou de la vaisselle d'argent.
Mais tu aimes les beaux tissus. J'ai vu ça dans ta penderie.
Assez ergoté ! Il est l'heure de dîner !
A moins que tu ne préfères "La Cradoillère" !
La Crémaillère. Oublie la lutte des classes.
On est de la même.
Et cesse d'être sur la défensive.
Qui, moi ?
Ici Oliver Barrett. Marcie est là ?
C'est important ? Elle est très occupée.
Dites-lui que c'est moi. J'en ai pour une minute.
- Marcie ? - Je peux te rappeler ?
Je suis désolé pour l'autre soir.
On était un peu tendus.
Je suis en conférence. On en reparlera, tu veux ?
Je vois.
Tu avais l'air d'une étrangère.
C'était effrayant.
Je suis obligée d'avoir cette attitude
sinon j'aurais l'air d'une minette en plein milieu de la réunion.
Comment peux-tu être aussi bonne comédienne
et changer de chapeau aussi facilement ?
Question d'habitude.
- Je refuse de m'y habituer. - Personne ne te le demande.
Que veux-tu dire ?
Tu ne m'as pas rencontrée au milieu des casseroles.
Je travaille et j'aime ça.
Accepte-le. Je n'essaie pas de te changer, moi.
Tu es une femme d'affaires ou une femme tout court ?
Tu es un homme ou un avocat ? Question idiote !
Je veux savoir si je suis un flirt qu'on met au frais
pendant la semaine en prévision du week-end.
Je ne t'ai jamais mis au frais. Tu exagères toujours tout.
Que ferais-tu si au milieu d'une assemblée d'associés
une certaine Marcie t'appelait au téléphone ?
Je démissionnerais
et je te rappellerais du bureau de placement !
Excuse-moi,
je ne suis pas une garniture autour d'un tapis vert
et je finis par être fatiguée d'assumer ça toute seule.
Je suis vidé, moi aussi.
Mon affaire m'a demandé plus de travail que je ne croyais.
Quel couple ! Je vais à Hong-Kong mardi,
voir des usines et diriger une séance photos.
Accompagne-moi. Ce sera un peu de vacances.
- C'est à l'autre bout du monde, non ? - Exactement.
- Vous avez fait bon voyage ? - Excellent. Oliver Barrett,
John Hsiang, notre mandataire.
Quelle jolie vue à l'atterrissage !
C'est votre premier séjour ici ?
Il n'a jamais mis les pieds hors de New York.
Comment va la Grosse Pomme ?
J'espère que l'appartement sera royal.
Il faudra te contenter de la suite Marco Polo.
Enchanté de vous connaître.
La voiture sera ici à 10 h. Faites de beaux rêves.
J'ai une question...
N'y aurait-il pas un lit tout près d'ici ?
J'ai cru en apercevoir un.
Pas commode les baguettes, hein ?
Tu as remarqué ?
Un ami chinois m'a donné des leçons
en échange de leçons de patinage.
- Tu devrais te faire rembourser. - Lui aussi !
- Te reste-t-il des photos à faire ? - Une demi-pellicule.
Tout le monde en arrivant ici
mitraille du matin au soir.
Pas moi.
Il n'y a pas de honte à faire du tourisme.
C'est une obligation ?
Non, mais beaucoup de gens ici en vivent.
Leur vie est dure.
Ça m'a choquée, la première fois.
Mais tu as dépassé ce stade.
Ça ressemble à une conversation que nous avons déjà eue.
Oui. Excuse-moi.
- Continue. - Non.
Je vais par là.
Excuse-moi.
C'est toujours plus long qu'on ne croit.
Ça fera de jolies photos.
On se perd en discussions !
Tu es la patronne. A toi de décider.
On perd du temps !
Mais on était d'accord.
Il fallait m'appeler à New York.
A présent je n'ai plus le choix.
D'accord, on se voit à 10 h.
Un ennui ?
Pire que ça.
Je suis désolée, j'ai des gens à voir.
Ne t'inquiète pas.
On se promènera après.
John, vous pourriez servir de guide à Oliver.
J'ai un circuit tout préparé.
J'aimerais visiter ton usine.
Pourquoi ?
Je veux tout savoir de ton travail. Je suis curieux.
Le temps est mal choisi.
Je veux tout voir.
Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux à Hong-Kong.
Comme ils sont jeunes !
Ne vous y trompez pas,
ce sont d'excellents coupeurs. Et on les paye bien...pour ici.
Leurs parents travaillent ailleurs dans l'usine
et même parfois les grands-parents.
Ici, chacun prépare un élément du vêtement.
Là on assemble le tout.
Je reconnais que je me faisais une idée différente.
Je sais. Aux U.S.A., Hong-Kong est synonyme de bagne.
Alors ?
Cette usine ?
Tu brûlais de la visiter et tu ne m'en dis rien.
Le confort...m'a impressionné.
- Surpris ? - Pas vraiment.
Tu t'attendais à voir des vieillards s'échinant dans la saleté ?
Reconnais qu'il existe un certain cliché sur...
les ouvriers à Hong-Kong.
Tu me prenais pour une exploiteuse ?
Je ne sais pas.
J'espère que tu n'es pas trop déçu.
Pourquoi le serais-je ?
C'était une excuse toute trouvée.
Pour quoi ?
Pour rompre en gardant le beau rôle.
Je n'ai pas besoin d'excuse.
D'ailleurs, qui parle de rompre quoi que ce soit ?
La vérité, c'est que tu ne parles de rien du tout.
Ce qui te gêne, c'est que je sois dans la tranche des gros contribuables.
Jenny était ton passeport auprès du peuple.
Laisse Jenny tranquille ! Oublie-la, tu veux ?
Comment faire ? Elle est entre nous deux.
- Elle me barre le chemin jusqu'à toi. - Atteins-moi autrement !
Tu es impossible à atteindre, Oliver.
C'est dur de rivaliser avec une morte.
Alors abandonne !
Fiche-nous la paix !
Je n'ai besoin de personne !
Seuls les vivants ont besoin d'autrui.
Je suis mort ?
Quelque chose en toi semble mort.
Et j'en ai assez d'essayer de lui rendre la vie.
Je vais bien.
J'ai seulement besoin de m'y faire.
Vraiment...c'est mieux comme ça.
Pourquoi ?
Tout le temps que j'ai été avec Marcie,
nos rapports étaient toujours tendus.
C'était passionnant, d'ailleurs.
D'où cela venait-il ?
Je ne dois comparer personne avec Jenny,
mais je ne pourrai jamais m'en empêcher.
Il n'y a pas de miracles,
mais avoir conscience d'un problème c'est commencer à le résoudre.
Pour ceux qui ne le sauraient pas,
je m'appelle Jamie...Francis, et...je travaille ici.
Si c'était un jour ordinaire, je ferais un discours,
les anciens en profiteraient pour allumer une pipe
et les jeunes entraîneraient leur dulcinée
derrière les métiers à tisser.
Mais ce n'est pas un jour ordinaire et je ne vous ennuierai pas
avec un discours.
Cette navette provient du métier n°1
et notre chef comptable a calculé
qu'elle a fait le mouvement d'avant en arrière
plus de 7 millions de fois.
Alors on a décidé qu'elle se reposerait et de l'offrir à quelqu'un
qui mérite également de se reposer.
C'est pas très joli, mais pour nous
ça signifie plein de choses.
On espère que c'est pareil pour vous.
Attendez...je vous lis ce qui est écrit
"A Oliver Barrett 3e
"qui a su rester à la barre
"en remerciement...les hommes et les femmes des usines Barrett."
Merci. Merci infiniment.
Félicitations, père. C'est magnifique.
Merci.
- Je suis si heureuse que tu sois là ! - Moi aussi.
- Tu as mangé, aujourd'hui ? - Très peu. Où est...le buffet ?
Par là. Va te servir.
Je reviens.
Tu as ta soirée, n'est-ce pas ?
Dis ce que tu veux, Jamie,
ça m'emmerde que le syndicat se soit décarcassé
pour offrir une fête au patron.
C'est au-delà de nos luttes syndicales, Arlie.
Mon père a dû se retourner dans sa tombe.
Il a dirigé la grève contre le père de Barrett et il a dérouillé.
Avec celui-ci, c'est différent. On peut discuter.
Il pouvait fermer la baraque. Quand les autres
allaient chercher de la main-d'œuvre bon marché à Porto Rico
il a pris 500 000 dollars à sa banque pour que tout continue.
Ah, tu es là !
Bonjour, père. Vous avez bien dormi ?
Je me réveille toujours à 6 h.
J'ai découvert des beignets. Vous en voulez ?
Non. Appelons Stuart.
Le dimanche il commence à 8 h, mais aujourd'hui,
il peut nous servir le petit-déjeuner.
J'aimerais le prendre ici. C'est ma pièce préférée.
J'ai fait du café.
J'ai toujours adoré cette cuisine,
ses odeurs.
Dans mon enfance nous avions une merveilleuse cuisinière.
Je cueillais des pommes et elle faisait notre cidre.
Elle s'appelait...Clara.
Une Hollandaise. Elle est morte avant ta naissance.
Du lait ?
Non, noir.
Nous devrions aller faire un tour dans la campagne.
Cette saison est belle.
Je ne parlerai pas affaires. Promis.
Faites-le tant que vous voudrez.
La fête d'hier m'a fait grand plaisir.
Je n'ai jamais vu l'usine comme ça.
Tu ne t'y es jamais intéressé.
Je la détestais.
Hier, j'y réfléchissais
et j'ai réalisé que c'était parce que
elle vous enlevait sans cesse à nous.
Je n'en étais pas conscient.
Je veux que vous sachiez que
je suis fier de ce que vous avez su préserver. Père...
je voudrais servir à mon tour.
Seuls les vivants ont besoin d'autrui
et peuvent continuer à vivre.
Quelque chose en moi voulait mourir croyant devoir cela à Jenny.
Je lui dois autre chose
de plus difficile à donner,
une nouvelle vie,
un recommencement,
une libération.
Sous-titres : Jean LAGACHE
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