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QUI A TU� LADY WINSLEY ?
Betty Grant Winsley,
dite Lady Winsley,
40 ans, am�ricaine.
Morte la nuit du dimanche 19 f�vrier 2017.
Tu�e par balle...
Aucune empreinte sur la balle.
L'arme est un pistolet 9 mm.
Un Beretta 92 Parabellum.
Un vieux mod�le.
Comment le savez-vous ?
Les traces sur la balle.
Ce mod�le avait un d�faut de fabrication.
On l'a retir�
au bout de quelques mois.
Rien sous ses ongles.
Ces h�matomes ?
On l'a tra�n�e � terre. On a trouv� ses cheveux partout.
Et une goutte de sang.
- L'heure du d�c�s ? - 0 h 15.
Elle a �t� frapp�e ?
Non, aucune trace de violence.
� part le coup de feu.
Pas de strangulation, aucun h�matome.
Des agressions sexuelles ?
Qu'Allah vous pardonne !
Vous ne voulez tout de m�me pas que je...
Vous n'�tes pas m�decin l�giste ?
Non.
Juste infirmier.
Et j'ai horreur des morts.
Moi aussi.
Je vous attendais, inspecteur.
Je suis la bonne.
Qui est l� ?
Burak Ozturk, journaliste pour le quotidien de l'�le.
Qui vous a permis d'entrer ?
Ma carte de presse.
Le commissaire est au courant.
Je reprends l'enqu�te. Je ne veux pas de presse ici.
Vous connaissiez Lady Winsley ?
On la connaissait tous.
Mais vous �tes journaliste...
Elle ne m'a jamais accord� d'interview.
J'ai insist�, mais elle n'a rien voulu me dire.
Rien dire sur quoi ?
Sur ce qu'une romanci�re am�ricaine faisait ici en hiver.
Cela aurait fait de la publicit� pour l'�le.
Un journaliste pr�occup� par le bien-�tre de sa nation...
Bel acte patriotique !
Mais je suis un patriote, inspecteur.
Je peux vous aider, monsieur ?
Inspecteur Fergan.
Pour l'Am�ricaine...
Commissaire...
Je ne savais pas que l'enqu�te avait d�but�.
Le procureur nous met la pression � cause des Am�ricains.
On a interrog� les principaux suspects.
La victime, Lady Winsley.
Le jardinier.
Son fr�re, Davut.
Il a d�couvert le corps.
Et la derni�re personne � l'avoir vue vivante,
Sercan Birol.
Les rapports des interrogatoires...
Je n'aime pas reprendre une affaire en cours,
ni qu'on me pollue le terrain.
Et j'ai horreur des journalistes.
Vous parlez de Burak ?
C'est un type bien, tr�s au fait. Il pourra vous aider.
L'�le est petite. Ils se connaissent tous.
Et sont tous de la m�me famille.
- Cigarette ? - J'ai arr�t�.
Qu'est-ce que Lady Winsley est venue faire ici en hiver ?
Je ne sais pas.
On compte sur vos talents pour �lucider ce myst�re.
Votre r�putation vous pr�c�de.
Quelle r�putation ?
Ici, on exag�re pour rendre un compliment cr�dible.
Donc, vous n'aviez jamais entendu parler de moi ?
Et vous ?
Aviez-vous entendu parler de moi � Istanbul ?
Pourquoi aurais-je entendu parler de vous ?
Encore vous ?
Ma fille g�re cet �tablissement.
Elle arrive.
Vous avez quelque chose � me dire ?
Inspecteur.
Petit-d�jeuner � 7 h 30.
Il est interdit de fumer,
aussi bien dans la chambre qu'en bas.
Le bar est ouvert � partir de 17 h,
mais on ne sert plus d'alcool apr�s 20 h.
Pour vous saouler, essayez l'End Bar sur la corniche,
mais attention aux falaises !
Je ne change les draps qu'� la demande.
Des propres co�tent 8 lires.
5 lires pour d�ner dans la chambre.
3 lires pour la t�l�. Plus d'une heure par jour, 5 lires.
Le commissariat ne couvre pas les extras.
Je me dois de vous pr�venir.
S'il vous faut quelque chose, demandez.
Il n'y a pas de t�l�.
Je m'appelle Azra.
Fergan.
Inspecteur Fergan.
Merci.
Ch�ri ?
Oui, maman.
Pas trop fatigu� ?
Non, pas trop.
Et mes baklavas ?
Je n'ai pas faim.
- C'est dangereux l�-bas ? - Je n'ai pas peur.
J'ai vu ma voyante...
Maman...
Fais attention.
Je ne suis pas en danger.
- J'ai un mauvais pressentiment. - Maman...
Tu rentres quand � Istanbul ?
Tu as oubli� mes clous de girofle.
Les �les regorgent d'histoires obscures,
de guerres claniques ou raciales, de meurtres anciens...
Mais ce sont des l�gendes, racont�es pour transmettre nos valeurs.
Cette Lady Nestl� devait avoir une dent contre nous.
Pas Lady Nestl�, Lady Winsley.
C'est pareil.
Il faut se m�fier des �crivaines.
Je lui ai conseill� de profiter de la mer,
au lieu de r�veiller nos d�mons.
Elle m'a envoy� balader.
Il lui fallait une bonne le�on.
Mais de l� � imaginer un tel drame,
�a, jamais.
On compte sur vous, monsieur l'inspecteur...
Fergan.
Musa,
Eray,
Ismail,
Burhan,
Kasim, Ahmet et Hikmet.
C'est le jardinier de votre Am�ricaine.
Et lui ?
Lui ?
C'est Birol.
Un grand et noble v�t�rinaire qui a beaucoup fait pour cette �le.
Nos p�res �taient cousins.
Voici Davut, mon fr�re.
Il apportait le pain et le lait � Lady Winsley.
Vous parlez anglais ?
Non, mais j'apprenais.
Pour pouvoir lui parler.
Pour dire quoi ?
Je lui demandais :
"Vous aimez l'�le de B�y�kada ?
Vous aimez le poisson ?"
Elle ne comprenait pas. Elle me demandait : "What love ?"
Alors je r�pondais : "Love.
You love B�y�kada."
Et elle me disait : "Yes, I love it."
Et elle me souriait. C'�tait vraiment une belle femme.
Le matin du 20 f�vrier,
en d�couvrant le corps, avez-vous vu des gens pr�s du manoir ?
Non, personne.
J'ai tout dit � la police.
Inspecteur !
J'ai vu mon fr�re,
son fils,
la bonne et Fuat, le fils de Kasim.
J'ai �galement crois� Tevfik, Abdullah, Macit,
Sadik, Emin,
et mon cousin, Feyyaz.
D'accord.
Merci.
Lady Winsley a pris son dernier repas ici.
Elle �tait assise l� et a commenc� par boire un raki.
Aucune autre femme ne boit ici, vous comprenez ?
Lady Winsley aimait la vie.
Elle vous plaisait ?
Je suis trop vieux.
Je n'aime pas les Am�ricaines.
Elles sont trop entreprenantes. �a me g�ne.
Mais croyez-moi,
tous les hommes du coin �taient sous son charme.
Vous comprenez ?
Elle se renseignait aupr�s des gens.
Se renseignait ?
Elle posait trop de questions, vous comprenez ?
Je comprends, oui.
Je comprends Kant, Kierkegaard,
Ibn-i Haldun, Friedrich Engels, Zhang Zhu,
Ludwig Josef Johann Wittgenstein...
� ne pas confondre avec Liechtenstein. Pourquoi je ne vous comprendrais pas ?
� quel propos ?
Qu'avez-vous vu ce soir-l� ?
Elle est partie � pied avec Sercan.
Il est revenu seul peu apr�s. Vous comprenez ?
Je n'ai rien fait.
Peut-�tre, mais vous �tes le dernier � avoir vu la victime.
Vous �tiez son amant ?
J'ai juste voulu la raccompagner.
Elle m'a demand� l'heure.
Il �tait 23 h 30.
On a march� un bout de chemin ensemble, puis je suis revenu.
- Vous n'�tes pas all� chez elle ? - Non.
- Pourquoi ? - Elle a refus�.
Elle charmait les hommes, mais ne les laissait pas l'approcher.
Je ne l'ai pas tu�e.
Bonne nuit.
Qu'est-ce que vous faites ?
Je n'ai plus de seringues.
La salive, c'est aussi bien pour l'ADN.
Vous voulez autre chose ?
Vous pouvez partir.
- Vous �tes Fuat ? - Oui, inspecteur.
Vous savez, pour Lady Winsley ?
Tout le monde en parle. Quelle trag�die.
Vous la connaissiez ?
Non, que de r�putation.
Vous �tiez o�, le soir du 19 f�vrier ?
- C'�tait quel jour ? - Un dimanche.
J'ai rat� le dernier ferry du port. J'ai dormi chez mon oncle.
- C'est qui ? - Burak, le journaliste.
- Vous vous �tes bless� ? - � l'entra�nement.
Bon r�tablissement.
Merci.
Je veux revoir le corps de Lady Winsley.
Les Am�ricains sont venus la chercher hier soir.
Toujours f�ch� ?
Je vous raccompagne ?
Je dois dig�rer le pied de mouton en gel�e.
D'o� venez-vous ?
Vous �tes plus curieux que moi, inspecteur !
Je vous conseille de vous tenir loin du lieu du crime.
� propos...
il vous faudra 27 minutes � pied jusque chez Lady Winsley.
27 minutes exactement.
JEUNE HOMME ASSASSIN� ?
Cher William, j'�cris et ne peux rien t'envoyer.
Tu sais que je ne r�v�le jamais une enqu�te en cours.
Cela explique sans doute le succ�s de mes romans.
Sache que j'ai quitt� New York pour l'hiver
car un jeune homme a �t� tu� dans des circonstances �tranges.
Ce pays, o� j'ai longtemps v�cu
lorsque je travaillais au New York Times,
me fascine toujours autant.
Ses migrations d'Est en Ouest,
sa violence, sa nostalgie...
J'aime la Turquie pour son �trange mosa�que.
Elle est comme un ciel plein d'�toiles,
une terre riche en cultures, peuples et religions...
Mais elle ne resplendit pas.
Elle est obscurcie par ses injustices,
surtout � l'�gard des Kurdes.
Voil� le r�sum� de mon prochain roman.
Bien � toi,
B.G. Winsley.
Vous vendez des clous de girofle ?
D�sol�e, non.
Tant pis.
Je peux en acheter o� ?
J'en ai toujours depuis que j'ai arr�t� de fumer.
Combien de temps ?
Comment �a ?
L'arr�t de la cigarette...
Six mois.
Un mois.
Vous parlez anglais ?
Un peu.
En anglais, que veut dire "vinter" ?
"Winter".
Hiver.
"Autumn", automne.
"Spring", printemps.
"Summer", �t�.
Et "susspet" ?
"Suspect".
Suspect.
Quoi encore ?
"Disapparanche"...
Un truc comme �a.
"Disappearance".
Disparition.
Et "murdarar" ?
"Murderer".
Meurtrier.
�a y est, inspecteur !
Nous le tenons.
Qui ?
L'assassin !
Sercan Birol est l'assassin.
Son ADN est proche,
mais pas identique au sang trouv� dans l'�il de Lady Winsley.
Votre rapport dit que si.
C'est assez proche pour que je l'arr�te.
Mon fils n'est pas l'assassin.
Peut-on entrer ?
Je suis le fr�re de Sercan.
Lui, c'est le p�re de mon grand-oncle.
La petite cousine de ma cousine...
La femme de Sercan.
Le fils cadet de mon cousin...
Mes deux oncles...
La belle-s�ur de ma cousine...
Le gendre de ma tante, Abdul Berik...
Le fr�re de mon oncle...
Il nous faut l'ADN de toute la famille proche.
Le fr�re de sa tante.
Le fr�re de sa femme
et son fils.
Clark Gable ?
C'est mon p�re.
S'il �tait l�, vous n'auriez pas mis les pieds ici !
Je voudrais le voir.
D'accord.
Tournez � gauche, marchez un kilom�tre, troisi�me rang�e au cimeti�re.
- Il est d�c�d� quand ? - Il y a 15 ans.
- Comment ? - Frapp� par la foudre.
Son m�tier ?
V�t�rinaire.
Tout le monde l'aimait. Il g�rait les probl�mes.
Ma famille est respect�e ici.
Sachez-le.
C'est une menace ?
Non.
Une simple information.
Monsieur l'inspecteur...
S'il vous pla�t...
Ne me demandez plus de faire �a.
Je suis d'ici.
Ce sont tous mes cousins.
Chaque r�sultat est proche de l'ADN recherch�.
Oui.
Par contre, aucun n'est exactement identique.
Mais alors,
qui a tu� Lady Winsley ?
Vous regardez quoi ?
Je r�fl�chis.
Mademoiselle...
Vous avez des "ice-cream" ?
Des glaces ?
Oui, des glaces.
Vous vous souvenez d'un meurtre ici il y a quelques ann�es ?
Quand �a ?
En 2000. Un jeune homme a �t� assassin�.
�a fait un moment. Je m'en souviens vaguement.
Pourquoi vous me demandez �a ? Vous n'�tes pas sur l'affaire Winsley ?
Vous travaillez comment ?
Je n'ai pas de m�thode.
Je me fie � mon intuition.
Et que vous dit votre intuition sur ce meurtre ?
Pourquoi ?
Je suis curieuse.
Aussi curieuse que votre m�re.
Une seconde.
Qui es-tu ?
L�chez mon fils !
Que faisait-il au manoir ?
Vos m�thodes sont bizarres !
Il s'enfuit d�s qu'il me voit !
T'as �t� chez la dame ?
R�ponds !
Non, c'est le journaliste qui m'a...
Le journaliste ?
Non, pas le journaliste.
- Il a dit journal. - Journaliste !
Son oncle travaille pour un journal.
Je repr�sente
la famille Birol.
Les oncles, les neveux, les ni�ces, les cousins, les tantes.
Je voudrais savoir pourquoi on est convoqu�s.
C'est ma d�cision.
J'ai besoin de l'ADN
de la famille �largie du p�re Birol, le v�t�rinaire.
Pourquoi ?
Pour trouver l'assassin de Lady Winsley.
C'est clair, maintenant ?
Commissaire, on se conna�t bien.
Tu sais qu'on ne pourrait pas tuer une �trang�re.
Depuis que l'inspecteur istanbuliote est l�,
je me demande qui commande ici.
Toi ou lui ?
Moi, bien s�r !
Mais alors, qui d�cide pour les tests DANA ?
Toi ou lui ?
Pas DANA, Ismail, ADN.
Tais-toi !
C'est lui.
Et qui a d�cid� de nous convoquer ?
Lui.
Mais enfin, tu d�cides de quoi, toi ?
Je d�cide de tout le reste !
Infirmi�re !
Entrez.
Vous n'avez pas le choix, mademoiselle.
Kasim : n�gatif.
Ismail : n�gatif.
Ahmet : n�gatif.
Tevfik : n�gatif.
Burak : n�gatif.
Musa : n�gatif.
Abdullah : n�gatif.
Rasit : n�gatif.
Mais alors, qui a tu� Lady Winsley ?
Il y a quelque chose qui cloche...
Il reste qui, dans la famille de Birol ?
Personne.
� part le p�re Birol.
Et �a fait 15 ans qu'il est mort.
Apr�s 15 ans, qu'est-ce que vous comptez trouver dans les affaires de mon mari ?
�a peut aider.
En quoi ?
Les affaires de mon p�re.
Il a soign� chevaux, chiens et chats sur cette �le pendant 40 ans.
Il �tait contre la st�rilisation.
On est envahis maintenant.
Qu'Allah te rende st�rile !
Qu'Allah t'envoie des h�morro�des
si douloureuses que tu ne puisses pas t'asseoir.
Qu'il te ch�tie d'une hernie discale et d'une op�ration sans anesth�sie.
Qu'une femme te s�duise
pour mieux te trahir...
Et tu comprendras.
Sale flic !
Carte d'identit�.
Esp�ce de...
Permis de conduire.
Et carnet d'adresses. Je les garde.
Les morts semblent se m�ler des affaires des vivants.
Il est probable
que le p�re Birol ne s'occupait pas que des chiens et des chats,
mais aussi des femmes.
Il a d� laisser...
quelques enfants ill�gitimes dans les parages.
Prenez ce timbre fiscal.
Il me faut l'ADN de la personne qui l'a l�ch� il y a 30 ans.
Mais vous savez, on est tous cousins ici.
Je le sais.
Pourquoi un timbre ?
Il peut r�soudre toute l'affaire.
La m�moire de votre p�re est bafou�e.
L'honneur de la famille est trahi !
Son amant peut-�tre, pas son assassin.
Pourquoi on te soup�onne, alors ?
Je ne sais pas.
Le sang dans l'�il de la victime est proche du mien,
mais ils disent que ce n'est pas le mien, d'accord !
Et nous ?
Pourquoi nous soup�onner
et prendre notre sang ?
Je suis coupable ?
Oui, t'es coupable.
On nous soup�onne � cause de toi. Tu devrais avoir honte.
Un peu de respect, je suis ton a�n� ! Casse-toi !
Mon amour, est-ce que tu as couch� avec cette Am�ricaine, Lady Winsley ?
La police cherche son assassin, pas son amant.
Mais est-ce que tu as couch� avec elle ?
Tu crois �a, toi ?
Non.
Il y a une tr�s forte probabilit� que l'ADN du p�re Birol
corresponde � celui du sang retrouv� dans l'�il de la victime.
O� voulez-vous en venir ?
M�me si c'�tait vrai, il est mort il y a 15 ans !
Donc ?
Donc ?
Donc ?
Donc quoi ?
R�fl�chissez.
Je r�fl�chis.
C'est une erreur...
Non.
Sercan, le principal suspect,
n'a pas pu la tuer 15 minutes apr�s avoir quitt� l'End Bar.
Son ADN ne correspond pas, de toute fa�on.
Davut, le livreur, l'amoureux transi, ne l'aurait pas fait si proprement.
Quant au jardinier, il n'a pas le profil.
Et donc ?
Le p�re Birol visitait toute l'�le.
Il a pu faire des enfants ill�gitimes.
Je suis convaincu que l'un d'eux est l'assassin.
Ratissons large, commissaire.
Trouvons la m�re adult�re pour arriver au fils assassin.
Chercher des femmes adult�res ?
Hors de question !
On respecte l'honneur des familles.
On ne parle pas d'adult�re.
On dit quoi ?
Qu'on cherche la m�re de l'assassin ?
"L'inspecteur Fergan,
envoy� d'Istanbul pour �lucider le meurtre de Lady Presley,
abandonne la piste de la famille Birol
pour s'attaquer aux femmes de la r�gion."
Qui a tu� Lady Presley ?
Ce n'est pas Lady Presley, c'est Lady Winsley !
Moi, je pense que le ver est dans la pomme.
Qui �a peut �tre alors ?
Quelqu'un qui travaillait pour elle.
�a peut �tre le jardinier aussi.
Je crois que c'est une histoire d'amour qui a mal tourn�.
La police serait moins acharn�e si elle n'�tait pas am�ricaine.
Les Am�ricains raffolent des scandales.
Cette Presley �tait myst�rieuse.
Elle devait avoir une id�e en t�te pour passer l'hiver chez nous !
C'est quoi, ces tests DANA... ADN, sur nos femmes ?
Calmez-vous.
Tu n'as pas honte, ma ni�ce ?
Vous voyez,
il y avait du sang dans l'�il gauche de la victime.
Et le p�re Birol �tait v�t�rinaire.
Donc...
Donc quoi ?
C'est simple.
Logique.
Pourquoi l'�il gauche ?
Si c'�tait le droit, �a changerait quoi ?
Rien...
Mais c'�tait l'�il gauche.
On refuse de faire ce test.
Si l'Am�rique veut une prise de sang, qu'elle envoie les marines !
On est chez nous ici.
On fait ce qu'on veut,
on tue qui on veut.
Et vous couchez avec qui vous voulez ?
C'est �a ?
Allez, sortez !
Et quel est le lien
entre l'�il gauche de Lady Nestl� et l'infid�lit� des femmes
de l'�le ?
Action...
r�action !
C'est logique, n'est-ce pas ?
C'est logique.
C'est un complot ! Un complot !
Dis-moi la v�rit�.
Est-ce que Birol
t'a touch�e ?
Touch�e ?
Est-ce que le cousin Birol t'a touch�e ?
De quoi tu parles, Ismail ?
Bordel de merde !
Est-ce que Birol m'a fait cocu ?
- Cocu ? - Cocu, je dis, cocu !
Est-ce que Birol t'a bais�e ?
Si je meurs maintenant,
que diras-tu sur ma tombe ?
"Ane, il est n�,
�ne, il est mort !"
Fatma : n�gatif.
La bonne de Lady Winsley : n�gatif.
Azize : n�gatif.
Ouf, c'est la femme du muezzin.
Tu le voyais souvent, ce v�t�rinaire ?
Pourquoi ?
Tu le fr�quentais ou pas ?
Bien s�r, tout le monde le fr�quentait.
On �vitait toutes Birol.
Toutes, sauf Seda, la fille de ton oncle,
ma belle-s�ur, Ayse...
Je veux la v�rit�.
Je n'ai jamais eu de relations avec ce v�t�rinaire.
Je ne t'ai jamais trahi.
Salope !
Lale : n�gatif.
La m�re de Burak : n�gatif.
La coiffeuse : n�gatif. C'est �tonnant...
Mon Ahmet, on s'est tant aim�s.
Rappelle-toi notre premier voyage.
Ma belle-s�ur, Sureyya...
Et aussi la belle-s�ur de mon oncle, Fatma.
Quoi ?
Le lundi ou le mardi ?
Pas le lundi, je le voyais le mardi.
�coute-moi, par Allah. Je t'en supplie au nom de Dieu.
�pargne-moi la v�rit�.
L'enseignante : n�gatif.
La boulang�re : n�gatif.
La pharmacienne : n�gatif.
Le mercredi ?
Non, pas le mercredi, le jeudi.
J'ai toujours pris soin de toi, apr�s ton accident
et aujourd'hui avec ton cancer de la prostate.
Je commence � croire que tu me portes la poisse !
C'�tait la cousine de mon papa.
On vous attend � c�t�.
Il faut que cette enqu�te soit suspendue !
Nous vivons en paix depuis des si�cles, inspecteur.
Tout est paisible ici.
On s'entend bien avec notre police. Ses lois sont les n�tres.
Mais on n'aime pas vos m�thodes !
Vous d�shonorez nos femmes.
On a perdu une cousine � cause de vous.
Alors un conseil... Terminez vite et quittez l'�le !
Croyez-moi, j'y travaille.
Vraiment ?
Inspecteur...
Vous exag�rez.
Vous croyez ?
Je suis une femme, moi aussi.
Alors, laisse-nous parler entre hommes !
Ah oui ? Alors, allez parler dehors !
Sortez tous !
Je vous parle ! D�gagez !
J'ai enqu�t� sur l'inspecteur et sa famille.
Notre inspecteur est kurde !
Alors ?
Il vient d'une famille d'�leveurs de Diyarbakir.
Et alors, Burak ?
Une �crivaine am�ricaine
a quoi � voir avec des moutons ?
- �a ne vous fait rien ? - Non.
Peu importe qu'il soit turc ou pas.
Il est excellent dans son boulot.
Je m'en fiche aussi, mais il est kurde !
Vous ne comprenez pas ?
Alors, Mehmet ?
Je suis d�mocrate et je vote � gauche de la gauche.
Mais il y a des races qui polluent la terre.
Fergan n'a pas sa place dans notre soci�t�.
Bonjour, M. Kasim.
Puis-je poser une question � votre �pouse ?
Si vous avez une question, posez-la-moi.
Il nous manque le test ADN de madame.
Vous voulez dire quoi ?
Vous doutez de mon honneur ?
Pardon, je me suis mal exprim�.
On a �gar� le test de votre �pouse.
LA MORT MYST�RIEUSE DE LADY WINSLEY
UN CRIME PASSIONNEL ?
LA ROMANCI�RE TROUV�E MORTE
O� �tait votre fils le soir du 19 f�vrier ?
Le 19 f�vrier, un dimanche soir ?
Comme d'habitude, il a pris le dernier ferry
pour rentrer � sa caserne.
Il avait une blessure � la joue ?
Non.
Merci.
Un Turc et un Kurde sont condamn�s � mort.
On demande au Kurde son dernier souhait.
Il r�pond qu'il souhaite voir sa m�re.
On pose la m�me question au Turc.
Il r�pond : "Que ce Kurde ne voit pas sa m�re !"
Il n'y a pas de Kurdes.
�coute...
Tes articles sur la corruption du projet d'eau potable �taient bons.
Ceux sur les bordels clandestins aussi.
Celui sur le raki � l'amiante
�tait bon aussi.
Mais l�, tu t'�gares.
Depuis 80 ans, l'�tat s'acharne � faire oublier leur origine � ces gens.
Tu vas r�veiller le diable en eux.
Il n'y a pas de Kurdes chez nous.
Tu sais le son que font tes pieds dans la neige ?
Karde... Kurde...
"Les racines kurdes de Fergan
sont enfin r�v�l�es au grand jour !"
Putain de Kurdes !
Je le savais...
"L'acharnement de Fergan � trouver
"un coupable parmi les habitants turcs de l'�le,
"ses m�thodes � scandale..."
"Sa haine envers son propre pays
"et son admiration pour les Am�ricains..."
Tu as vu ton inspecteur ?
Bonjour.
�a y est ?
Tu abandonnes tout et tu pars ?
Je ne te reverrai plus ?
D�part imm�diat pour Istanbul.
Maman...
Pourquoi tu ne m'as jamais parl� de nos origines ?
Oublie.
Quand j'oublie, on me le rappelle.
Je ne te dirai rien.
Pourquoi ?
Ceux qui ont voulu effacer ma m�moire ont gagn�.
Pourquoi les avoir laiss�s gagner alors ?
Pour toi, mon fils.
Pour que tu puisses vivre.
C'est pour �a que je t'ai envoy� en Allemagne.
Parle quand tu veux.
Mon fils...
Quand tu es n�, nous avions 10 hectares de terre,
8 000 t�tes de moutons,
et nous �tions la famille la plus riche de Piran.
Toute la Turquie s'habillait avec la laine de nos moutons.
Mais un jour, une �pid�mie a d�cim� le troupeau.
Par la suite, la r�pression s'est accentu�e.
On a tout perdu : la terre que nous avions cultiv�e,
les arbres que nous avions plant�s,
les montagnes qui nous prot�geaient.
On est partis � Ankara.
Ton p�re �tait un homme juste et fier.
Il s'est mis � travailler comme ouvrier,
mais il n'a jamais support� l'injustice que nous avions subie.
Il est tomb� malade.
Une nuit de novembre, il s'est allong�.
Je n'ai rien remarqu�,
mais le matin, quand j'ai apport� son th� et ses m�dicaments,
il �tait mort.
Tu venais d'avoir quatre ans.
Son r�ve �tait de te voir grandir et r�ussir ta vie.
Et tu as r�ussi, mon fils.
Tu peux �tre fier de toi.
Moi, je le suis.
On est devenus �trangers � notre m�moire,
�trangers � notre langue, �trangers � nos visages.
Je me suis toujours sentie exil�e.
Mais l'exil d�racine tout, sauf les racines.
On vient de l'Est.
Et le soleil se l�ve � l'Est.
Parle !
Sercan, je te parle !
C'est Sercan Birol.
J'avais trop de pression, il fallait que j'arr�te quelqu'un.
Mais ce n'est pas lui !
On a refait une prise de sang, et l'ADN est tr�s positif !
C'est l'occasion r�v�e !
Mais ce n'est pas son ADN.
Mais il est proche.
Il est proche, mais pas identique !
Inspecteur, il est tr�s proche.
Sortez-le !
"Malgr� de nombreux tests ADN, l'assassin n'a pas �t� retrouv�.
Des voix se l�vent pour que l'affaire soit class�e."
Tenez, inspecteur.
C'est tout ce qu'on a sur le meurtre du jeune homme en 2000.
C'est tout ?
C'est une vieille affaire.
Baklava ?
Avec mon diab�te, je n'y ai pas droit.
J'en mangerai peu.
La balle de 2000 a le m�me d�faut que celle qui a tu� Lady Winsley.
Et vous pensez que...
Il s'agit de la m�me arme.
Mais quel rapport entre les deux crimes ?
Lady Winsley �crivait un roman,
sans doute sur ce jeune homme.
Faites-moi confiance, commissaire.
Il me faut juste une preuve mat�rielle.
Il me faut le manuscrit.
Et que fait-on de Sercan ?
Gardez-le pour le moment.
Et dites � la presse qu'on a trouv� le coupable.
Mais vous dites que ce n'est pas lui !
"L'assassin de Lady Winsley
"aurait �t� retrouv� : Sercan Birol, l'un de ses nombreux amants.
"L'accus� aurait �t� d�nonc� par un membre de sa famille."
On se parle bient�t.
� bient�t, mon fr�re.
Bonjour.
Inspecteur...
L'enqu�te est close. Que cherchez-vous encore ?
Rien.
J'ai juste quelques petites questions pour votre fils.
Bien s�r.
On pourrait parler au commissariat ?
Je me pr�pare et je suis � vous.
Inspecteur...
Tout va bien ?
Oui.
Fuat, fais pas l'idiot !
Arr�tez...
Le suspect ?
Par l�.
Voil�, il est ici.
Descendez-le.
Non !
Descendez-le au sol !
On a analys� ton sang.
Il correspond � celui retrouv� dans l'�il de la victime.
Il y a une erreur.
Non.
Il n'y en a pas.
Dis-moi la v�rit� ou tu finiras tes jours en prison.
- Le bureau de Fergan ? - Par l�.
Mon fils est innocent.
Mais il est impliqu� dans l'affaire.
Il n'a pas tu� Lady Winsley.
Peut-�tre, mais je dois vous dire que c'est tout de m�me un suspect.
Il n'est pas rentr� � la caserne le soir du meurtre.
Son ADN correspond au sang retrouv� dans l'�il de Lady Winsley.
Faites-moi confiance.
L'arme qui a tu� Lady Winsley
a �galement tu� un homme en 2000.
Mon fils ne porte pas d'arme, sauf � l'arm�e.
Il n'en a jamais eu.
Je sais.
Et votre fils n'�tait qu'un gar�on en 2000.
Soit on lui a demand� de tuer Lady Winsley avec cette arme,
soit...
ce n'est pas lui l'assassin.
Il faut m'aider.
J'ai eu une relation avec Birol...
Juste une fois, il y a longtemps.
Je sais.
J'ai peur...
Je vous promets.
Votre mari n'en saura rien.
J'ai trouv� ceci
dans la chambre de mon fils.
"Suspect num�ro 1".
Ne faites pas de mal � mon fils.
Ni � mon honneur.
"Le jeune po�te s'appelait Azad.
"Il avait du talent,
"mais sa po�sie �tait subversive
"car il �crivait dans une langue interdite :
"la langue kurde.
"Une d�dicace dans un livre de po�sie kurde
"qu'il avait cach� toute son enfance, �tait son seul espoir d'�crire.
"C'�tait...
"son seul lien avec les mots et les images
"qui lui fendaient l'�me
"depuis qu'on lui avait pris son identit�.
"Des ann�es plus tard,
"il venait de publier clandestinement son recueil de po�sie
"et de s'installer incognito sur l'�le
"pour poursuivre dans le calme sa qu�te de justice.
"Mais les loups des t�n�bres d�couvrirent son identit�.
"Une nuit, quelqu'un frappa � la porte.
"Azad ouvrit.
"Il reconnut aussit�t le jeune homme devant lui.
"Son regard mena�ant
"et ses grands yeux �tranges le fixaient sans d�tour.
"Il lui dit :
'Je suis turc.
'Ta po�sie me blesse.
'Tu �cris des r�ves de libert� !
'Je suis patriote !'
"Et il l'abattit d'un coup de feu."
Fergan...
en 2000,
les gens de l'�le
se sont tus parce qu'il �tait kurde.
Je sais.
Continue, s'il te pla�t.
"L'affaire fut class�e sans que personne ne f�t inqui�t�."
Je ne crois pas aux aveux de Fuat.
Il dit qu'il a �t� agress� par Lady Winsley
et que le coup est parti tout seul.
Mais elle devait d�j� �tre morte quand le sang est tomb� dans son �il.
Je crois qu'il y avait une autre personne dans la pi�ce.
J'ignore pourquoi Fuat la prot�ge.
Lady Winsley a d� le surprendre avec son manuscrit � la main.
Elle a tent� de le lui reprendre et la troisi�me personne a tir�.
Fuat s'est jet� sur cette personne et ils se sont battus.
Fuat a �t� griff� au visage et son sang est tomb� sur la victime.
Tu ne te trompes pas d'enqu�te ?
C'�tait l'enqu�te de Lady Winsley.
Elle avait trouv� l'assassin du jeune Kurde.
Je pense que ce m�me homme l'a tu�e.
Fuat n'est pas le coupable.
L'assassin de 2000 a �galement tu� Lady Winsley.
Il a utilis� la m�me arme.
En 2000, Fuat n'�tait qu'un enfant.
Il faut le lib�rer.
Je ne peux pas. Si je rel�che tous les coupables, de quoi j'ai l'air ?
Les Am�ricains me prennent pour un clown et le gouvernement veut me remplacer.
Si je le lib�re, ma carri�re est finie.
Vous pr�f�rez condamner un innocent ?
Fuat n'est pas innocent, et vous le savez.
Mais il n'a pas tu� Lady Winsley.
Alors qui est le coupable ?
J'ai mon id�e.
Je trouve qu'ils t'ont vite rel�ch�.
Ils ont cru � mon histoire.
Quelle histoire ?
Je les ai embrouill�s.
Ils sont tellement idiots...
Je ne t'ai pas d�nonc�.
Je n'aurais jamais fait �a.
La police veut se d�barrasser de ce dossier.
Allons p�cher.
Qu'on s'�loigne un peu...
Maintenant ?
Plus tard.
D'accord.
Tra�tre !
Burak Ozturk, donne-moi ton arme.
Jamais !
T'es un tra�tre !
Sale Kurde !
Je savais que vous �tiez le meilleur depuis le d�but.
Voici l'arme du crime.
Beretta 92 Parabellum.
C'est l'arme qui a tu� Lady Winsley et le jeune Kurde.
� vous de jouer maintenant.
Au revoir, commissaire.
Merci.
Au revoir, inspecteur.
Dernier d�part pour Istanbul.
Sous-titrage : HIVENTY
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