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Zulu
...
Vergennes.
Escortez le contrôleur des finances à son bureau.
Donnez-lui les informations nécessaires.
- Necker a menti.
Il a financé la guerre grâce à des emprunts
qui nous ont laissé 110 millions
de livres de dettes.
- Identifiez-vous. - Comtesse Jeanne de Valois.
Je collecte de l'argent, pour les pauvres femmes perdues.
- J'ai aperçu le joailler de la cour.
Je vais entrer dans les appartements de la reine.
- C'est le duc de Chartres.
L'endroit lui manque.
Laissez-le contempler ce qu'il a perdu.
- La réputation prime,
grâce à notre glorieux souverain, la mienne est ruinée.
- Notre problème, c'est l'idiot qui trône.
- Vous l'avez laissée dans un couloir.
- Qu'avez-vous vu ? Il y a erreur.
- Vous mentez ! - Fersen sera bientôt de retour.
Musique dynamique
...
Jeanne s'émerveille.
...
- Comment l'as-tu volée ?
- Je n'ai rien volé. La comtesse de Valois l'a achetée...
avec la participation des pauvres femmes perdues.
- Mon Dieu ! Combien as-tu amassé ?
- Un paquet.
Depuis que la reine a perdu son bébé,
elle est en convalescence avec ses enfants.
Il paraît qu'elle a un teint de lait tourné.
Mais son absence joue en notre faveur.
Aucun courtisan ne réussira à réfuter mon histoire.
Je suis la nouvelle amie de la reine.
Musique de stratagème
...
- Et pour le collier ?
Comment convaincras-tu le joailler ?
- Ce ne sera pas moi. Je dois convaincre un pigeon.
- Que tu n'as pas trouvé.
- Oh, Villette ! Tu es toujours inquiet pour un rien.
Versailles grouille d'imbéciles qui cherchent à plaire à la reine.
Je n'ai qu'à trouver celui qui en rêve
au point de lui acheter le collier de diamant le plus cher du monde.
Générique
...
Musique guillerette
...
- Je vais ressembler à mes dames. - Non, c'est joli.
- Vous voulez bien arrêter de vous agiter ?
Ca suffit !
Marie-Antoinette réprime un rire.
Mousseline !
- Votre Majesté ?
- Non, je vais parfaitement bien.
Je me suis assez reposée.
Le dauphin, lui, a très mal dormi.
Oh ! Qu'est-ce que c'est ? - C'est un cadeau pour toi.
Tu peux t'occuper
de Mousseline ?
- Allez, viens te nettoyer.
- Ce parfum m'aide souvent à me revigorer.
Quand je me sens mal. - Je n'aime pas être dans cet état.
Et si je ne retrouvais
jamais toute ma vigueur ?
- Ca viendra. Tu es plus forte que tu ne le crois.
On frappe.
Musique touchante
- Laissez-moi.
Marie-Antoinette soupire.
Avez-vous retrouvé mes lettres ?
- Je suis navré. J'ai enquêté sur le vol en toute discrétion.
Et je n'ai rien trouvé.
(En pleurs) - Où sont mes lettres ?
Vous vous rendez compte ? Si mon mari les lit, il divorcera.
- Mais le voleur a pris autre chose. Il y a fort à parier
qu'il ignore la nature du texte.
Souvenez-vous comme il faisait froid.
Il a dû les brûler pour se chauffer.
- Breteuil, si le voleur a brûlé le papier,
la chaleur a fait apparaître mes mots.
Il soupire, gêné.
Musique élégante
- Madame. - Madame.
...
- Je vous en remercie. - Avec plaisir.
- Pour les femmes perdues, merci. - Merci à vous.
- Merci, madame.
- Seriez-vous ivre, madame ? - Qu'est-ce que ça peut faire ?
Je suis mariée à un homme pitoyable et inutile.
Et je mène une vie pitoyable et inutile.
Je trouve du plaisir où je peux.
On rit aimablement.
- Voilà la comtesse de Valois.
Il faut que je lui parle.
Chère comtesse. - Peut-être devriez-vous
fonder une oeuvre de charité. Joséphine rit.
Ou vous trouver un passe-temps.
Bientôt, la cour vous confondra avec une poissonnière.
- Connaissez-vous Mme de Valois ?
Est-elle...
vraiment amie avec la reine ?
- Je vais vous dire un secret.
Reprenez-vous. Oubliez l'obsession pour Antoinette, c'est affligeant.
Affligeant !
- La princesse de Lamballe semble triste.
- Elle ferait tout pour avoir l'affection de la reine.
- Sire, je dois payer les armes obtenues pour vous en Amérique.
- Adressez-vous à Calonne. C'est son domaine, maintenant.
- Merci.
J'espérais tirer quelque revenu du "Mariage de Figaro",
mais votre Majesté l'a prohibée.
- Ca vous étonne vraiment ? Elle se moque des dirigeants.
Les mots fâcheux sont punis, Beaumarchais.
- Vous avez raison, sire. Je suis allé trop loin.
Mais je l'ai modifiée.
C'est désormais une farce romantique inoffensive.
Votre Majesté, aidez-moi. Vous... Vous êtes une protectrice des arts.
- Nous avons tous aimé votre "Barbier de Séville".
- Vous en souvenez-vous ?
- Vous étiez éblouissante.
- Une représentation ferait-elle grand mal ?
S'il n'y reste plus que l'humour.
Nous avons tous besoin de nous amuser.
- Je lirai les nouvelles pages.
S'il n'y a aucune mention politique, religieuse ou gouvernementale,
j'autoriserai une représentation à Versailles, sur invitations.
- Ce sera un divertissement frivole et sans conséquence.
- Je l'espère.
Je ne veux pas vous embastiller.
Musique distinguée
...
(Troublée) - Ce sera amusant.
Tellement ! Je m'en réjouis.
Et je vais... Je...
Je dois m'entretenir avec Rose.
Oui !
Pour les costumes. Elle rit.
...
Musique inquiétante
...
Oh ! - Ah, désolée.
...
- Que s'est-il passé, Toinette ?
- Rien du tout. Il m'a à peine regardée.
- Il doit rêver de te voir.
- Hors de question.
Ce serait pire que tout.
Il faudra que je l'évite. Pourvu qu'il ne reste pas longtemps.
- Tu as droit à l'amour.
- Je suis née pour le devoir, pas pour le bonheur.
Au moins, la fièvre de ce jeune homme a baissé.
Est-ce que tu te sens mieux ?
Et, en plus... tu es à mes côtés.
Musique touchante
...
- Tu as eu ce poste pour rembourser les dettes.
- Les caisses ne sont pas si pleines.
Je ne peux te donner que 300 000, pour l'instant.
- Saint-James veut 400 000 ce mois. S'il veut me briser les jambes,
je te l'envoie.
- Oh ! Je peux ?
On entre.
- Calonne,
poudrez vos cheveux, car le roi vous demande.
Mme la Duchesse. J'espère que je ne vous dérange pas ?
- Pas du tout.
Au revoir. - Au revoir.
- Vous deviez économiser.
De nouvelles factures pleuvent. - Non, sire.
Je dois remédier à notre déficit calamiteux.
On dit que la France est faible.
Economiser le confirmerait. Investir démontrerait notre force.
Nouvelles routes, prisons... Investissez
dans la rade de Cherbourg.
Les économies ne sont pas la solution.
Il faut dépenser.
- Nous n'avons plus rien.
- Alors empruntons.
Musique de tension
...
- Présentez-moi un plan.
...
La reine soupire. - Je ne sais pas.
Puis-je jouer une pièce ? Mon fils va mal.
- Il a mal aux dents, c'est tout.
Musique enjouée
- Dites-moi tout.
Ce travail, au Palais-Royal ?
- Le duc d'Orléans me traite bien. - Mhm.
Son fils aussi ? Il soupire.
Si Chartres cause des problèmes, revenez quand vous voulez.
- Je sais.
- C'est ici, "Le Mariage de Figaro" ?
- Pourquoi ? - Beaumarchais m'a engagée.
Mon visage acariâtre serait parfait pour le rôle de Marceline.
- Mais vous n'aimez pas le théâtre. - Non. Il me faut un passe-temps.
Je vous embête, par la même occasion.
Je fais d'une pierre deux coups. - Dépêchons, Suzanne.
Les répétitions vous attendent. - Oui, madame.
- Allez ! - Je me dépêche, madame.
- Tous les rôles sont pris.
Musique de défi
- Je finirai par la voir.
- J'ignore pourquoi.
- Elle finira par se lasser de vous.
- Peut-être bien.
Mais vous ne voyez pas l'échiquier, seulement la reine.
Lamballe s'indigne.
Attendez-moi !
...
On tape dans les mains.
- Votre Majesté,
mes amis,
je vais présenter nos acteurs et planter le décor.
Notre héros, Figaro, un homme du monde.
Il a connu l'ascension
puis la chute et gagné sa vie à la sueur du front.
Nous voilà à la veille de son mariage
avec la magnifique Suzanne.
Bravo.
Le maître de Figaro est le comte Almaviva.
Comme nombre de nobles puissants, il a le droit de déflorer
les épouses locales, la nuit précédant leurs noces.
Et il a l'intention de déflorer la charmante Suzanne.
Marie-Antoinette souffle.
Yolande glousse. La reine se pâme.
Beaumarchais s'exclame.
Et voici notre comte Almaviva !
- Votre Majesté.
Bonjour à tous.
Musique pesante
- Tenez, votre texte.
Allez ! Montez sur scène.
...
Nous sommes maintenant
au complet. (- Pardon.)
- Laissons Figaro planter le décor.
Saint-Georges, acte V.
Scène 3, s'il vous plaît.
- Oh, femme, femme, femme.
Créature faible et décevante.
Nul animal créé ne peut manquer
à son instinct. Le tien est-il donc de tromper ?
Après m'avoir obstinément refusé,
quand je l'en pressais devant sa maîtresse, à l'instant
où elle donne sa parole, lors de la cérémonie.
Musique émouvante
...
- Le Parlement de Paris me résiste déjà.
Que faire, s'il refuse de nouveaux emprunts ?
- Il y a une autre solution. - Non.
J'exclus les taxes pour le clergé et la noblesse.
- Pourquoi ?
Ils ont profité que la guerre vous accapare
pour nous faire reculer.
Ils ont le contrôle du Parlement, ne contribuent en rien
à la marche de l'Etat.
La France ne progressera pas, sans système
financier équitable. Taxer au regard des moyens, pas de la filiation.
- Notre situation est déjà assez précaire.
Cela mettrait le feu aux poudres dans le pays.
Avons-nous terminé ou me suivez-vous au bain ?
- Terminé,
sire.
- Trouvez un moyen
de faire approuver mes emprunts. - Très bien, sire.
Musique préoccupante
...
- Vous rappelez-vous ce Suédois soi-disant favori de la reine ?
- Oui.
- Je l'ai engagé dans la pièce, face à elle.
- Non ? - Elle arrive à peine à parler.
- Vous la tourmentez exprès.
- Mais peut-être que la reine le mérite.
...
- Cagliostro.
Le cardinal de Rohan est son mécène et veut le faire connaître à Paris.
- Ce charlatan ?
- "Occultiste, alchimiste et guérisseur" ?
Je l'ai rencontré.
A l'inverse des docteurs,
on dit qu'il soigne plus qu'il ne tue.
- Il sait faire parler de lui.
- Cela apporte le pouvoir.
Le Palais-Royal
serait le cadre idéal d'une séance. Il faut l'inviter.
Vois ce qu'il a à dire.
(- Regardez qui voilà.)
Musique sombre
- Impossible ! Je ne peux jouer la pièce.
- N'arrête pas.
Ca jaserait.
Elle soupire.
- Votre Majesté.
...
(- Un cardinal en quête de l'affection d'une reine...)
Mhm...
...
- Je n'entends...
Elle râle. Je... je ne nie pas.
Il soupire. Je n'entends...
Il y a trop de mots. - Vous ne réussirez pas
si vous ne connaissez pas votre texte par coeur !
Bon, avançons...
Acte I, scène 8 !
La première tentative de séduction du comte.
(Allez-y.)
Fersen malmène les pages.
- Ici ? - Oui.
Prêt ? - Allez-y.
- Tu es émue,
Suzon. Tu parlais seule ? - Monseigneur, que me voulez-vous ?
Si l'on vous trouvait avec moi...
- Euh...
Crois bien que je serais désolé qu'on m'y surprît
mais tu sais l'intérêt que je prends à toi.
Basile ne t'a pas laissé ignorer mon amour.
Musique touchante
Désolé. Euh...
Je... Je n'ai qu'un instant pour t'expliquer mes vues.
- Je n'ai qu'un instant pour...
Je... Suzanne. Je...
Je n'écoute rien ! - Arrêtez. Ce n'est rien.
Votre Majesté ? - Quoi ?
- Que vous arrive-t-il, voyons ?
M. le comte de Fersen.
Almaviva se meurt d'amour pour cette femme.
Regardez-la.
Il doit absolument...
la posséder.
Votre Majesté,
il vous faut un refus crédible.
Alors,
ouvrez-vous !
Il imite un corsage serré et rit.
Faites... Faites sortir vos émotions. Mhm ?
Musique élégante
...
On reprend !
...
- Antoinette !
Je vous en prie, écoutez-moi.
Je croyais pouvoir être votre ami. - Je n'en ai pas envie, merci bien !
- Je quitte la pièce pour vous éviter du désarroi.
- C'est trop tard.
Vous m'avez oubliée trois ans et vous revenez comme de rien.
Que faites-vous là ?
- J'ai le commandement du régiment suédois de l'armée.
- Alors pourquoi êtes-vous ici ? - Je voulais vous revoir.
- Je vous en prie ! Je n'ai eu aucune nouvelle de vous, pas un mot.
J'ai guetté votre mort dans les dépêches !
- Mais je ne pouvais vous écrire. Mes lettres eurent été interceptées.
Cela vous mettrait en danger.
- Ce qui est arrivé entre nous, c'est du passé.
Vous poursuivez un souvenir.
- Je ne vous ai jamais oubliée. - Je vous en prie, arrêtez. Suffit !
Des oiseaux gazouillent.
Marie-Antoinette soupire.
Je ne suis plus la même femme. Je suis la mère du futur roi.
- C'est vrai, vous avez changé.
Vous avez aussi sacrifié
une part de vous-même.
Et je ne vous en aime que davantage.
Musique douce
...
Suzon ? - Monseigneur, que me voulez-vous ?
Marie-Antoinette rit.
- Je serais...
vraiment...
désolé qu'on me surprît avec toi, ici.
Mais tu sais tout l'intérêt que je prends à toi.
...
Musique menaçante
Elle chantonne.
Musique de conspiration
- Vilaine Toinette...
...
Pardon, mais qui êtes-vous ?
- Marguerite de Gourbillon.
Beaumarchais m'a engagée pour être votre lectrice, pour la pièce.
- Pas besoin d'aide.
- Ah ? Vraiment ?
- Pardon ? - Il vous dit très mauvaise.
- Ce manque de bienséance !
- On vous flatte assez comme ça. - Ah ? Vraiment ?
- Votre haleine empeste le cognac. Laissez-moi deviner.
Provence ne vous satisfait pas ? - Comment osez-vous ?
- J'ai un mari. - Bien !
- A la campagne.
Mais j'ai décidé que le mariage ne gâcherait pas ma vie.
- Vous ne savez rien de mon mariage.
- J'ai vu votre mari se pavaner comme un coq.
Avec sa toute petite queue.
Musique d'affront
Marguerite ricane.
...
Un monde s'offre à vous... si vous le voulez.
Musique mystérieuse
...
- Pourquoi je reçois Cagliostro ?
- Il a un don.
- Il a prédit la mort de la mère de la reine au jour près.
Et à l'heure exacte !
...
(- Il me fait froid dans le dos.)
(- Nous sommes là pour voir son mécène.)
(Oublie Cagliostro.)
(- Le cardinal ?) (- C'est un Rohan.)
(Une des plus vieilles et plus riches familles.)
(C'est le pigeon idéal. Avide, stupide.)
(- Et naïf.)
- L'eau concentre mon attention.
J'écoute...
les anges des sphères célestes.
(- Un numéro de foire !)
...
- Un homme d'Eglise...
a un message.
Vous vous rapprocherez
d'une belle femme.
(- Oh ! Je rêve.)
- Un double tourment lui durcit le coeur.
Cela la rend plus puissante que tout homme.
(- Il parle de toi.) (- Ou de toute autre femme ici.)
(Tu crois aussi à ton horoscope ?)
...
(Allons-nous-en.)
- Je n'en reviens pas,
d'avoir pu vous arracher
au cardinal de Rohan. - Il m'a en laisse.
J'imagine que votre protecteur
aime vous avoir à sa merci ?
- Chartres est mon protégé.
- Vraiment ?
Que lui enseignez-vous ? - Philosophie, politique.
Il est bien placé pour faire avancer la France, mais trop paresseux.
Changez cela.
- Qu'avez-vous en tête ?
- Votre maîtresse l'attire.
- Vous aussi. Vous la dévisagez.
- Je ne veux pas rater le moment où le magicien la fera disparaître.
Provence ricane.
- Sérieusement !
Pourquoi recevoir cet escroc ? - On m'a chassé de Versailles.
Je dois me divertir comme je le peux.
M. de Cagliostro !
Venez, je vous en prie.
Vous êtes magicien ?
Montrez-nous votre meilleur tour.
- Je me vois comme un investigateur. Je dévoile des connaissances.
- Bien sûr ! - Si l'on regarde bien,
la science, la magie et la religion ne sont pas si éloignées.
- Plus personne ne croit en Dieu.
Les gens croient Cagliostro. - Attention.
C'est Dieu qui nous donne la couronne.
- Qu'Il ait choisi votre frère me fait douter de Lui.
Cagliostro s'exclame.
- Chut ! Regardez.
- Il y a un autre message.
- Bien sûr ! Chartres rit.
- Le dauphin n'héritera pas du trône de France.
La France cherchera un souverain.
Un prince du sang.
Présent ici même.
...
Cagliostro soupire.
Au revoir.
...
- C'était mieux, cette fois. Non ? - Oui, mais reprenons du début.
- Oui, déplorable, et plus qu'on ne croit !
- "Je n'entends"...
- Allez-vous-en.
- Restez. - Madame ?
- Je répète.
Provence rit.
- Vous comptez jouer ?
- Pourquoi pas ?
- Vous manquez de talent.
- Dans les rangs même élevés, vous considérez mal les femmes.
- C'est ça ! - Leurrées de respect apparent
dans la servitude. - Servitude ?
- Nos biens traités en mineurs. Punies en majeures pour nos fautes !
Sous tous les aspects,
votre conduite avec nous fait horreur ou pitié.
- Beaumarchais est un écrivaillon.
- Il n'est pas noble de naissance. - Ah non ?
- Il a inventé son titre.
- Pourtant, il voir clair en nous.
Provence sort.
- Voilà le type d'émotion que nous recherchons.
Musique complice
...
Reprenons, pour être sûres.
...
- Il l'épousa par amour,
quand il abolit le droit du seigneur.
- Parle. Parle, ma chère. Use aujourd'hui d'un droit
que tu prends sur moi pour la vie. - Je n'en veux point, monseigneur.
Quittez-moi, je vous prie !
- Auparavant, dis ce que tu voulais dire.
- Je ne sais plus ce que je disais.
- Sur le devoir des femmes. - Par ici.
- Si tu venais en jaser,
sur la brume, au jardin,
je mettrais un tel prix à cette légère faveur.
Musique romantique
...
- En me cédant ta place au jardin, tu n'y vas pas.
...
Où est ton rendez-vous ?
- Le mot de jardin m'a seul frappée.
Marie-Antoinette gémit de plaisir.
...
Yolande rit.
- Embrasse ta mère,
ma jolie Suzannette.
...
Elles rient, gênées.
Ma chère.
...
Fille assez malheureuse, j'allais devenir
la plus misérable des femmes, et je suis...
la plus fortunée.
...
- Tu n'as, à l'évidence, aucune idée de ce qui se passe !
- Mais tu vas me le dire. Provence rit.
- Ta femme joue les servantes, sur scène, face à Fersen.
- Le comte de Fersen joue dedans ? - Sa modernité érode notre position.
Eradique la pourriture avant qu'elle ne gangrène le pays.
Annule la représentation.
- J'y ai passé deux semaines. - Deux semaines ?
- Deux semaines, ancrés au large du Finistère.
Ensuite, nous avons traversé l'Atlantique
en faisant tout pour éviter les Anglais.
Et nous avons débarqué à Rhode Island.
- Oh ? Passionnant ! - Pas vraiment, malheureusement.
La flotte anglaise nous a confinés à Newport pendant toute une année.
- Une année ? - Oui.
- Je suis sûre que tu as trouvé des moyens de te divertir.
Est-ce qu'il y avait de très belles femmes, là-bas ?
- Une ou deux était acceptable.
J'étais plus intéressé par la faune et la flore.
- Menteur !
Moi, tout ce que je peux voir du monde,
c'est à travers une fenêtre.
Je ne connais rien.
- Alors, je serai tes yeux.
- Ou alors...
Tu pourrais... tu pourrais rester ici.
Je pourrais te trouver un poste.
Dis oui.
- Je refuse d'attendre aussi quelque chose de toi.
Marie-Antoinette soupire.
Si j'ai ce commandement, je serai à deux heures d'ici.
Je viendrai te voir en permission.
- J'aime cette idée.
Musique romantique
...
Il halète et elle rit.
- Prendre le cardinal comme pigeon, c'est de la folie.
La famille Rohan est très puissante, sans pitié avec ses ennemis.
- Exactement. Personne ne doutera du cardinal.
- Si on est pris, on sera pendus.
- Nous avons assez
pour acheter une ferme. Je subviendrai à tes besoins.
- Toi ? Subvenir à mes besoins ?
- Oui !
Elle feint de s'attendrir.
- Tu as passé trop de temps à Paris.
Tu oublies que les terres fertiles sont à la noblesse et au clergé.
Tu peux acheter ta fameuse "ferme", si tu en as envie.
Tu dormiras dans une porcherie, tu te casseras le dos,
à travailler la terre et donneras ta récolte
à un seigneur bouffi qui baisera ta femme
et tes filles.
Seuls les riches n'ont pas faim.
Seuls les fabuleusement, immondément, impunément riches.
Tu es soit avec moi, soit contre moi.
Musique menaçante
- Pardonnez-moi, père, j'ai péché.
...
J'ai tenté de séduire une femme vertueuse et remarquable.
La comtesse Jeanne de Valois.
- De Valois ?
...
- Oui. C'est une descendante du roi Henri II.
A vrai dire,
j'utilisais Jeanne pour son influence sur la reine.
Elles sont très amies.
C'est grâce à la comtesse que Calonne a obtenu son poste.
- Dites-m'en plus.
...
(Yolande) - Bonjour.
Vous êtes invité au "Mariage de Figaro".
Bonjour.
Venez voir notre pièce. - Merci.
- Mesdames, vous êtes invitées à la pièce "Le Mariage de Figaro".
J'espère que vous y assisterez. - Plutôt me crever les deux yeux !
- Dommage !
Bonjour. - Quelle honte !
- J'espère vous voir
au "Mariage de Figaro".
- Oui. - Parfait.
Bonjour, mesdames.
Venez assister à notre pièce. J'espère vous y voir.
Merci à vous.
...
- Vous êtes la comtesse de Valois ?
Etrange.
La cour ne parle que de vous.
Jeanne rit.
Il y a peu de temps,
ce nom nous était inconnu.
- Où voulez-vous en venir, princesse ?
- Vous feignez être amie de la reine pour solliciter des dons caritatifs.
- Je ne suis pas une voleuse.
Même si, je l'avoue, je regrette certains chapitres de ma vie.
Mais la reine a l'indulgence de pardonner mes erreurs passées.
Vous le sauriez,
si vous étiez... toujours proche d'elle.
- D'où tenez-vous cela ?
- C'est un cadeau de la reine. Vous ne trouvez pas que c'est joli ?
Etes-vous invitée à sa pièce ?
- Oui, ça me revient. La reine m'a parlé de vos bonnes oeuvres.
- J'espère faire plus ample connaissance.
Musique intrigante
- Je me présente, cardinal Louis de Rohan.
- Votre Eminence.
- Convenons d'un rendez-vous pour bavarder.
...
Yolande toussote. - Désolé.
Je ne voulais pas déranger. - Pas du tout.
- Je voulais venir le voir.
- Il s'est endormi.
- Je suis si préoccupé que j'en néglige ma famille.
- Ah...
- Comment va ma femme ?
- La pièce plaît, elle est heureuse. Ca lui fait du bien.
- Bien.
C'est bien.
Et le comte de Fersen, il est...
Elle était éprise de lui, fut un temps.
- Ne craignez rien.
- Je... je n'aurais pas dû douter d'elle.
- On se fait des idées sans personne à qui se confier.
Je... Je connais ce sentiment.
- Merci, duchesse.
Musique de bal
...
- Inutile que tout soit parfait. Ce qui arrivera arrivera. Du calme.
- Je me calme. - C'est la magie du théâtre.
- Je me demande ce que vous voulez. Un baiser du comte de Fersen ?
- Je ne sais pas de quoi vous... - Je n'en parlerai à personne.
- Sérieusement ? - Oui. Enfin, pas pour l'instant.
Après tout, pourquoi n'aurions-nous pas droit à une vie privée ?
N'allez pas croire que je vous aime bien.
- Vous... - Non.
- Avez-vous entendu... - Je n'ai rien entendu.
Seulement, vous accordez facilement votre confiance.
Vos proches ne vous veulent pas tous du bien.
Certains vous sacrifieraient par ambition.
- Qui ?
Saint-Georges, si vous savez quelque chose,
dites-le-moi.
Dites-le-moi !
- Soyez prudente, Antoinette.
- Je vous en prie !
- Bonsoir. Bonne chance. - Vous aussi.
- Puis-je vous voir ?
Joséphine est au courant.
Elle sait, pour nous.
La reine s'étonne.
Fersen hésite.
Nous étions... - Excusez-moi.
Une question. - On en a fait le tour.
- La représentation est annulée.
- Louis... - N'oublie jamais qui tu es.
Musique déchirante
...
La reine soupire.
...
- Je suis navrée, Beaumarchais.
Je n'étais pas en état de jouer.
Je...
Je me suis...
Je me suis sentie mal. - Sa Majesté s'est sentie très mal.
- Nous fixerons une autre date quand vous irez mieux.
La reine hésite.
Mais...
Peut-être que le roi ne l'autorisera pas.
Je vois.
J'avais espéré que...
pour le bien de mes finances,
notre spectacle donnerait lieu à une représentation à Paris.
- Je suis désolée, Beaumarchais.
- Attends ! Qu'a vu Louis, exactement ?
- Rien !
Enfin, tout !
Pour rien au monde, je ne veux le faire souffrir.
Que faire, maintenant ?
- Tu dois lui montrer qu'il ne t'a pas perdue.
Musique de stratagème
- Comment ?
...
- C'était idiot, j'étais...
J'ai été idiote, d'accepter ce rôle.
Je me suis exposée, donnant une image inconvenante.
- Si on t'avait trouvée seule avec...
- Ca ne se reproduira pas.
Jamais.
Je te le promets.
- Beaumarchais
était-il contrarié ?
- Oui.
Il n'a pas à pâtir de mon erreur.
Accorde-lui une représentation
en public, à Paris, avec des acteurs professionnels.
Le public va adorer et...
Beaumarchais gagnerait sa vie.
- J'aime la nouvelle version.
Ce serait une décision populaire. J'y réfléchirai.
- Je m'en veux beaucoup.
Pardonne-moi.
- Reste avec moi !
Musique passionnée
...
Elle gémit.
...
Musique inquiétante
- Ho... doucement.
...
On frappe.
...
- Votre Eminence. - Mme la comtesse.
- Vous êtes affreusement en retard, mais je vous en prie, suivez-moi.
...
Henri II de Valois.
Mon aïeul.
- Je ne viens pas les mains vides. - Oh ?
Un don conséquent pour l'oeuvre de charité.
- Les pauvres femmes perdues vous en remercient.
Prenez place.
...
- Les femmes que vous aidez
sont des pécheresses dépravées. Etes-vous comme elles ?
Vous aussi ? - Si je...
Elle rit.
Avec mes protégées, nous sommes respectables.
Les hommes comme vous
offensent Dieu, avec ces questions.
Partez, vous et votre argent.
- Oh, madame !
Vous vous méprenez !
- Vous ne voulez pas me séduire ?
- Grand Dieu ! Non.
D'où vous vient cette idée ?
Jeanne rit.
- Pardonnez-moi, il m'arrive
d'offenser mes interlocuteurs.
- J'ai le même problème.
La reine m'en veut.
- Deux âmes soeurs,
vous et moi, désormais unies par une solide amitié.
- Commandez du vin.
Je vais rester. - Charmante idée.
Mais... je ne vais pas pouvoir.
J'ai rendez-vous avec les donateurs.
- La reine saura, pour mon don ?
- Oh oui ! Oui, bien sûr.
Mais ne lui en parlez jamais. Pour elle, la charité, c'est privé.
Elle envoie un remerciement aux donateurs.
- Je l'aurai quand ?
- Je dois vraiment y aller.
Les portes claquent.
Musique sombre Elle rit.
...
- Combien ?
- Assez pour louer cet appartement encore un mois
et t'acheter les meilleurs encres.
C'est le moment de devenir la reine. - Aïe !
Conversations indistinctes
...
- Veuillez accueillir le roi et la reine.
Le public s'émerveille et applaudit.
- Bonsoir.
- Veuillez vous asseoir
pour voir la première représentation
parisienne du "Mariage de Figaro".
(- Je n'en vois pas l'intérêt.) (- Patience.)
On s'exclame.
On applaudit.
- 19 pieds sur 26.
- Tiens, Figaro. Voilà mon petit chapeau.
Le trouves-tu mieux ainsi ?
- Sans comparaison, ma charmante.
- Monseigneur, que me voulez-vous ? Si l'on vous trouvait avec moi...
- Je serais bien désolé que l'on m'y surprît.
Mais tu sais tout l'intérêt
que je prends à toi.
- Comment, Suzon ? Il voulait donc
te séduire ?
- Oh que non !
Monseigneur n'y met pas de façon,
avec sa servante.
Il voulait m'acheter.
Le public rit.
- Fais-lui savoir que tu te rendras au jardin.
Prends cette plume, fixons un endroit.
- Lui écrire ?
- Il le faut. - Madame !
C'est vous... - Je mets tout sur mon compte,
Suzanne. "Chanson nouvelle,
"sur l'air...
"Qu'il fera beau, ce soir.
"Sous les grands marronniers.
"Qu'il fera beau, ce soir."
(Suzanne) - "Sous les grands marronniers".
Après ?
- Crains-tu qu'il ne t'entende pas ?
Musique nostalgique
(Suzanne) - C'est juste !
...
(Figaro) - O, femme, femme, femme !
Créature faible
et décevante.
Nul animal ne manque à son instinct.
Le tien est-il donc de tromper ?
Après m'avoir refusé,
quand je l'en pressais devant sa maîtresse.
Non, M. le comte. Vous ne l'aurez pas.
On rit.
Etant seigneur,
vous vous croyez génie ?
On rit.
Noblesse, fortune, un rang, des places.
Tout cela rend si fier !
Mais qu'avez-vous fait ?
Vous vous êtes donné
la peine de naître, et rien de plus.
Retirons vos privilèges et que reste-t-il ?
Un homme assez ordinaire, banal.
(- Vous avez changé le texte ?) - Moi, perdu dans la foule obscure.
(- C'est la vérité, non ?) - Il m'a fallu déployer ma science.
Pour subsister.
Vous voulez jouter
avec moi ?
(- Tu as autorisé ce texte ?) (- Jamais de la vie.)
- Beaumarchais nous a trahis.
- Comme il faut dîner,
je taille encore ma plume et demande à chacun de quoi il est question.
On me dit que, pourvu que je ne parle en mes écrits
ni de l'autorité... On s'étonne.
Ni du culte, ni de la politique,
ni de la morale... On rit.
Ni des gens en place, des corps en crédit, ni de l'opéra,
ni des autres spectacles,
ni de personne qui tienne à quelque chose,
je puis imprimer ce qu'il me plaira.
On applaudit. Sous l'inspection
de deux ou trois censeurs.
Le public hue les gendarmes.
- Ca va !
Je sors sans contrainte.
- Non !
Musique de tension Le public hue et chahute.
(Louis) - Je refuse d'en discuter avec toi.
- Nous pouvons arranger ça ! - Nous ? Non, pas nous !
Tu n'y entends rien en politique ni aux affaires de l'Etat.
- Tu n'es pas juste. Tu ne m'as jamais permis de les comprendre.
Je peux t'aider !
- Tu en as déjà assez fait. Elle râle.
- Ce n'est pas ma faute ! Beaumarchais était notre ami.
- La foule s'amasse devant la Bastille.
Ils te traitent de despote. - C'est ridicule !
- Cette pièce nous hantera à vie. - Louis, arrête. Ne pars pas.
- Je suis le roi !
Musique élégante
...
La foule hurle au-dehors.
- Ils veulent Beaumarchais libre.
- Je t'ai sous-estimée, très chère.
Je n'aurais pas cru qu'une pièce mette le feu aux poudres.
- Beaumarchais en prison place Louis en tyran. La popularité
peut se perdre ou se gagner. - Je ne suis pas un homme du peuple.
- Non, pas encore. Si tu veux que la prophétie
de Cagliostro se réalise, remplace Louis dans les coeurs.
- Un roi sacré par son peuple, comme en Angleterre.
- Mhm.
- Une monarchie constitutionnelle.
Musique d'opéra
- Je l'ai dit à Louis, je l'ai prévenu.
...
Joséphine soupire.
Je lui ai apporté mon soutien, mais...
c'est peine perdue.
Un roi doit être inébranlable.
...
Magistral.
...
Un cheval hennit.
...
- Rattrapez le cheval !
Mettez-le dehors. - Trop tard.
...
- Gardes !
...
- Il a disparu quand ?
- Ca fait plusieurs heures. - Où l'avez-vous cherché ?
- Rien dans le périmètre Est.
Ils cherchent à l'Ouest.
- Scellez mon cheval. Je vais au Nord.
Dans le bois. - Vous ne pouvez pas.
Venez dans le bureau du roi, je vous expliquerai.
...
- Les dossiers de Calonne.
Invitez les ministres.
- Que faites-vous ?
- Je mets ses papiers en sécurité. - Pas besoin.
Je m'attelle aux formalités préliminaires.
- Vous n'êtes pas aux commandes.
- Non.
Pas encore.
N'ayez crainte.
Quand j'assurerai la régence, je m'occuperai de vous.
Et de vos enfants.
- Comment ose-t-il ?
- Si je puis me permettre, cette position est prématurée.
- Retenons la nouvelle
avant notre déclaration publique.
- Je connais mon devoir, monsieur. - Vergennes !
- Voyons si la situation évolue. - Nous ne pouvons attendre !
Le peuple a besoin de sécurité. - Provence ?
Faites un communiqué.
Son contenu ?
"Le roi s'est foulé la cheville."
Tu nous as fait peur, Louis.
Tu nous as vraiment fait peur.
- Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.
Musique complice
...
(Provence est déçu de me voir.)
On entre.
- Il est là. - Le médecin.
- Merci.
Musique mystérieuse
...
- Breteuil ?
...
C'est une évidence.
S'il arrive malheur à Louis,
Provence nous détruira, les enfants et moi.
Je ne pourrai pas l'en empêcher, me défendre,
parce que je n'ai ni argent ni ressources propres.
Tout ce que j'ai, en fait, appartient à la France.
Je ne possède rien.
Je dois devenir une reine avec un vrai pouvoir.
- Ca ne plaira pas aux Français.
- Alors préparons-nous à nous battre.
Générique
...
Sous-titres SME : Damien Armengol - TASTI.EU Belgique
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