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...
Musique intrigante
Un carrosse roule sur le pavé.
Un cheval hennit.
...
- Oh ! Encore des statues de neige. Regardez.
C'est le roi et la reine. Regardez.
Elle s'émeut.
- Le peuple érige des statues
pour remercier vos parents de leur charité.
Il y a des sculptures d'eux dans toute la France.
- Ils n'ont pas fait de princesse. Le peuple aime vos parents,
mais pas vous. - Yolande te taquine.
...
Ralentissez, cocher !
...
- Ho...
- C'est merveilleux.
Nous sommes bons avec nos sujets, alors ils sont bons avec nous.
...
Est-ce une personne, sur les marches ?
- Laisse. Nous n'avons rien pour lui.
- Prends une fourrure, Lamballe.
Mousseline, reste ici.
Un cheval hennit.
- Votre Majesté !
Attention ! - Il ne fera rien. Il respire mal.
- Votre Majesté, par ici !
- Prenez garde, votre Majesté.
- Monsieur, nous entendez-vous ?
- Reculez. - Reculez.
- Il y en a d'autres. Ils attendent quelque chose de nous.
- Maman ! - Nous n'avons plus rien.
- Mousseline !
Mousseline, dans le carrosse !
Le clochard grommelle.
- Protégez-la !
- N'approchez pas. - Reculez !
- Interdis-leur de frapper. - Ne leur faites pas de mal.
Musique de tension Clameur
- Roulez !
...
Générique
...
Musique liturgique - Des tréfonds de cet hiver cruel,
Seigneur, entendez nos appels.
Gardez-nous du désespoir.
Tandis que nous nous éreintons
dans les tranches sombres de l'existence,
à la recherche, futile et sans merci,
d'un triomphe éphémère.
Elle éternue. Libérez-nous de ce long tourment.
Il tousse.
(- Parle-t-il de l'hiver ou de son serment ?)
- Guidez-nous, Seigneur.
Elle ronfle. Dans le misérable dédale de la vie.
Dans lequel nous devons lutter à chaque pas.
Réchauffez nos pauvres corps gelés,
et nourrissez nos ventres affamés, de Votre pardon.
(- Oh ! Hypocrite !)
Non, mais quel...
Personne dans l'assemblée ne meurt de faim !
Encore moins le cardinal de Rohan !
- Et protégez-nous
des manigances des scélérats qui nous veulent du mal.
Musique intrigante
...
Elle souffle posément.
...
Elle rit. - Ah, je vous en prie !
Ignorez-vous qui je suis ?
...
Elle soupire, furieuse.
...
- Corpus Christi.
- Les dames de Versailles avalent plus que le corps du Christ.
Elles doivent goûter au doigt de Rohan.
Regarde.
...
- Oh, je suis désolée.
Quelle maladresse...
Oh, je suis désolée. Pardon, excusez-moi.
...
Elle râle et mord.
Il tressaille. (- Il aurait dû être exilé.)
Au lieu de ça, il est devenu cardinal.
Et aucune femme n'ose se plaindre.
- Si. Toi, tu te plains de lui.
- Moi, je ne suis pas une femme.
Je suis une reine, je ne crains personne.
- Pas même Rohan ?
Musique somptueuse Les dauphins rient.
- Votre cousin, le duc de Chartres,
demande à agrandir le Palais-Royal. - Refusé.
- On a une liste d'artistes portraitistes.
- Le cardinal
veut faire partie de votre cabinet.
- Plutôt mourir ! - Pas de politique.
- Lui, c'est personnel. Il a traité ma mère de mégère.
- De sorcière. - De sorcière, Majesté.
- Quoi d'autre ? - Des témoins ont vu
votre favorite à vos côtés dans le salon.
- Rappelons à Yolande que seule une duchesse peut siéger à mon côté.
Elle sera également flagellée. - Excellent !
- Le marquis de La Fayette attend dans le salon de l'Oeil de boeuf.
- Le joailler vous attend. - Bonne journée, madame.
- Louis ? Laissez-nous, merci.
Il me faut plus d'argent, pour aider le peuple.
- Pourquoi ? Le peuple nous érige des statues.
- Il n'empêche qu'il meurt de froid dans la rue.
On a cet argent, la guerre est finie.
- Bien entendu. Dépense ce qu'il faudra.
- Tu as l'air fatigué.
- Toi aussi.
Ta grossesse, ta charité.
Tu en fais trop. - Le sais-tu ?
Tu ne me vois qu'à la messe.
- Les enfants te tiennent compagnie.
Elle acquiesce.
Embrasse-les pour moi.
- On t'attend !
Il l'embrasse. Vas-y.
Musique émouvante Marie-Antoinette frissonne.
...
- Maman ! - Vous voulez voir votre maman ?
Alors, allez-y. - Vous voilà !
Elle rit.
(- Les hyènes arrivent.)
- S'il vous plaît, votre Majesté ! - Ah... Allez au chaud.
Je vous rejoins pour un chocolat.
- Mhm.
- Filez !
Marie-Antoinette soupire.
Vite, ne restons pas là. - Oui !
- Il te reste des confiseries ?
Ce bébé adore le sucre.
- J'en avais. - Tu as tout englouti ?
Tu n'es qu'une goinfre ! - Non.
Où sont-elles passées ? - Majesté !
- Votre Majesté !
Musique mystérieuse L'intrigante chantonne.
...
- Cette présentation doit être parfaite.
Musique grandiose
...
- Votre Majesté. - Votre Majesté.
- Vous ne pouvez pas entrer.
Elle soupire.
- M. Boehmer ! - Je vous présente ce collier.
Festonné de plus de 600 diamants.
Tous précieux !
- Si je dépense deux millions pour un collier,
je finirai... festonnée à un réverbère.
- Ah...
Marie-Antoinette soupire.
- Choisis quelque chose sur le plateau de M. Boehmer.
Yolande se réjouit.
De quoi apaiser
vos créanciers, le temps de vendre le collier.
- Votre Majesté est gentille.
- Mettez cela sur mon compte.
Bonne journée, M. Boehmer.
Musique cocasse
...
Le pauvre...
3e fois qu'il essaie de me vendre ce collier.
- Il produit des bijoux vulgaires.
Faites place à la reine, merci. - J'insiste, Majesté !
Poussez-vous, merci. Non. - Majesté !
Le brouhaha continue.
- S'il vous plaît !
- Majesté, s'il vous plaît ! - Mme la Comtesse !
...
- Je veux voir la reine.
- Elle ne le souhaite pas et s'est retirée.
- Je suis un Rohan. Ma famille domine la noblesse de France.
Je ne m'en remets pas à une Comtesse,
une catin cul-terreuse.
Oh ! - Oh, mais je vous en prie.
Continuez. - Votre Majesté !
Vous... vous êtes radieuse.
(La putain !)
Marie-Antoinette s'étonne.
- Cela sent bon.
- Du chocolat chaud ! - En avez-vous laissé ?
Marie-Antoinette soupire.
La paix !
Et la chaleur
d'un bon feu.
Viens. Montre-nous ce que tu as choisi.
Yolande minaude.
- Voilà !
La reine s'émerveille.
- Tu es généreuse.
- Certes, mais tu m'empêches de devenir folle.
A qui d'autre confier le rôle de gouvernante
de ces deux petits monstres ?
Les dauphins rient. - Précisément.
Je dois reconduire ta monstrueuse progéniture.
Madame Royale a une leçon de musique
et le dauphin doit se reposer. Non ?
Toi aussi, tu es pâle. - Vraiment ?
- A force de courir Paris avec de la brioche...
- Je dois faire les choses bien, puisque le peuple m'aime.
- Mhm-mhm !
Venez, les enfants. Notre parfaite reine va se reposer.
- Allez-y.
Yolande ? - Mhm ?
Reste avec moi, ce soir.
- Non, je regrette.
- Vaudreuil ?
- Mhm. - Tu as de la chance de l'avoir.
Et aussi d'avoir Jules.
Musique émouvante
Le mécanisme émet des cliquetis.
...
Au travail !
Musique de détermination
...
"Chère soeur, l'Autriche sollicite ton aide."
Elle rit. L'Autriche attendra,
comme les autres !
...
Mon sceau ? Mon sceau, mon sceau...
...
Elle se délecte.
...
- Hélas, mes renseignements étaient exacts.
Une intrusion exaspérante.
- La Fayette me harcèle. - Ignorez-le.
- Je vous rapporte d'Amérique les salutations de M. Washington.
Mais la liberté a un prix élevé.
Un don ferait honneur à notre réputation.
- Notre réputation ?
Vous êtes parti trop longtemps, La Fayette.
Notre nation domine le monde
en matière de littérature, de théâtre, de mode, de gastronomie,
de sciences et philosophies. Vouloir plus serait inconvenant.
M. Washington devrait s'inquiéter de sa réputation.
En remboursant le milliard de livres
versé par la France pour leur Indépendance.
Musique cocasse
- Mais quelle impertinence ! Le propre des Américains.
Tu n'as toujours pas nommé de contrôleur général des finances
et cela rend le marché très nerveux. Alors, en attendant...
je me propose comme conseiller économique.
Le roi réprime un rire.
- Pardon. Toi ? - Je souhaite servir la couronne.
Le roi rit. - Non.
Tu souhaites piller nos caisses pour rembourser tes dettes.
Musique de tension
Gère le budget de ton ménage, mon frère.
Je m'occupe de l'économie.
...
- Tu ne pourras pas tout faire toi-même.
- Oh ! Qu'il fait froid !
Le roi soupire.
- Vergennes, partout, je ne vois que des mains qui mendient.
Le sultan n'avait pas ce problème.
- Si. La cour de Constantinople est plus avide que celle de Versailles.
Et puis, le sultan profite d'un hiver plus doux.
- Provence a-t-il raison ?
A propos de la nervosité du marché.
Il soupire.
- Les marchés craignent que le temps passé à nommer un contrôleur
soit le signe d'un problème.
- Nous sommes acculés.
- Oui...
- Qui garderait un secret capable de détruire la France ?
Vergennes soupire.
Musique de tension Brouhaha festif et rires
...
- Coucou !
...
- Vos admirateurs décorent à nouveau vos murs.
- Versailles répand des calomnies disant que j'ai déserté mon navire.
- Sauf moi. Je ne parle de vous qu'en termes élogieux, cher cousin.
- Félicité ? Nous avons de la visite.
- Ravie de vous voir, Provence.
- Dites-le à vos genoux. Ils ne font pas la révérence ?
- J'ai la conviction étrange que les hommes et femmes sont égaux.
- Etrange est un euphémisme. - Ne tarde pas, Philippe.
Je veux te lire mon nouveau chapitre.
- Elle est insupportable.
- Nous sommes différents.
J'adore les femmes plus intelligentes.
- Normal que votre lit
ne soit jamais vide. Philippe rit.
- Rien de nouveau, à Versailles ? - Louis ne peut pas se décider.
Il n'a pas nommé de contrôleur des finances.
- Il décide pourtant de rejeter mes demandes.
Il m'a refusé la construction de nouvelles arcades.
- A sa décharge,
vous avez fait du Palais-Royal un lieu de perdition.
Des courtisans vous appellent "le boutiquier".
"Le tenancier de bordel" serait plus juste.
- Vous m'avez tous exclu. Je dois subvenir aux besoins de mes enfants.
- Et de leurs nombreuses mères !
Où est votre épouse officielle ?
Je ne l'ai pas vue depuis des lustres.
- A la campagne.
- Fâchée parce que vous avez dilapidé sa dot en putains ?
Quelle mesquinerie ! Mais, peu importe.
Le monde et votre épouse vous voient comme un lâche et un libertin.
La belle affaire !
Vous êtes parmi les plus riches de France.
- La réputation prime,
mon cher cousin.
Grâce à notre glorieux souverain, la mienne est ruinée.
Musique menaçante
...
Elle peine à respirer.
...
- Villette ? - Oui !
Remballe ta queue et aide-moi à ôter ma cape.
- Tu rentres tard.
- Plus tôt, je t'aurais trouvé à besogner le boulanger.
- Il faut bien manger !
Je n'ai pas de clients et mes encres sont gelées.
Alors... - Comment a-t-il payé son plaisir ?
- Avec du pain.
Regarde ! - Sérieusement ?
Tu vaux bien des éclairs. - Merci.
Tu as quelque chose ? - Euh... oui.
Sorti de la poche de la favorite.
Des livres. Où est le petit bois ? - C'est tout ?
- Le froid m'engourdit les doigts. Je retournerai y faire les poches.
On se servira
d'une fausse oeuvre de charité.
"Un don aux femmes perdues ?"
- Tu peux faire ça dans Paris. Pourquoi Versailles ?
- Il y a la vie.
Donne les livres.
On va commencer par Voltaire.
Musique de sacrilège Il brûle plus lentement.
Elle soupire.
...
Musique intrigante
La porte se ferme.
...
On frappe. - Le destin nous a reliés.
Il n'a pas le pouvoir
de vous éloigner
de mon esprit.
Je m'égare,
en pensant à vous.
Ces lettres interdites...
sont mon réconfort.
Ma culpabilité.
Soupir lascif
Mon plaisir.
Cri de plaisir
Elle halète.
Elle s'étonne.
- Bonjour,
votre Majesté.
- BONJOUR, VOTRE MAJESTE.
Elle bâille. - Mais qu'est-ce ?
- Des cadeaux, Majesté, de la part d'un admirateur.
- Tout est si beau.
Il y a un mot ?
- Tout à fait.
"Des diamants pour apaiser, après des mots irréfléchis.
"Un bouquet de roses de la couleur de la repentance sur mes joues
"et de ma soutane de cardinal."
- Des cadeaux de Rohan ?
- Bien sûr !
Qui d'autre ?
Musique de détermination
(Marie-Antoinette) - Il croit pouvoir m'acheter !
Il a insulté Yolande.
Et maintenant, il m'envoie des cadeaux.
La reine fulmine.
Quel culot !
- J'aime t'écouter te plaindre... - Pourquoi ?
Pourquoi les familles privilégiées sont celles qui demandent le plus ?
- Bienvenue à Versailles.
- Tu es le roi.
Change ça.
Nous pourrions... accorder de nouvelles promotions ?
Augmenter les pensions ?
Montrons aux nobles que nous sommes une monarchie moderne,
qui récompense le mérite, la loyauté, et non le rang.
- Le chef de mes écuries...
Il a toujours été très loyal.
Il devrait recevoir
une meilleure pension. Et qui d'autre ?
Claudine ? - Oui !
Elle a toujours cuisiné pour toi. - Exactement.
Et... peut-être, aussi, la gouvernante des enfants ?
- Pourquoi ce livre scandalise-t-il ?
C'est insipide. - En matière de débauche,
les Polignac sont au sommet.
- Ou peut-être que tu mènes une vie terne,
Calonne.
- Quitte ou double ? - D'accord.
Par quel prodige ? - La physique
et ma forte acuité mentale.
20 000 livres pour moi.
Ajoutées à tes dettes,
avec l'intérêt composé, tu me dois 81 426 livres.
- Mais tu plaisantes ?
- J'ai arrondi.
- Tiens.
Un acompte.
- Certainement pas ! Ce bijou
était à ma mère.
- Tu ne le portes pas.
- Peu importe !
- Ca, alors !
Le roi me fait duc !
Musique de révélation Yolande s'étonne.
...
- Mme la duchesse de Polignac.
(Yolande) - Merci !
...
Merci, merci beaucoup !
Une duchesse n'embrasse pas un roi,
hélas.
- La reine et moi souhaitons rappeler à la cour
que le rang s'acquiert par la naissance et par le mérite.
- Tu es une amie loyale.
Et une gouvernante dévouée.
En récompense, tu reçois le titre le plus élevé.
- La cour va s'indigner.
- C'est tout l'intérêt. La reine rit.
Musique sombre L'intrigante souffle.
...
Elle soupire.
...
- Que faites-vous ?
...
Identifiez-vous.
- Comtesse Jeanne de Valois.
C'est un honneur.
- Vous êtes de la maison royale de Valois ?
On ne vous a jamais vue.
...
- Je ne suis jamais à Versailles. Trop de monde réclame des faveurs.
- Et pourtant... vous y voilà.
- Oui ! Mais pas pour mon compte.
Je collecte de l'argent,
pour les pauvres femmes perdues.
Ces malheureuses créatures souillées par les mâles.
Les hommes sont des bêtes. - Adélaïde !
- Vous ne trouvez pas ? - Oh, que si !
- Une femme ne doit se laisser abuser par les hommes.
- La reine ! Vous n'allez pas le croire.
Venez.
Musique inquiétante
...
La reine rit.
- Félicitations, madame la duchesse.
Mes hommages, Mme la duchesse. - Merci.
(- Jusqu'ici, le titre indiquait l'importance.)
(- Maintenant, il indique qu'une roturière a baisé pour ça.)
- Félicitations.
- Oh ! Merci, mesdames. Et je remercie aussi notre reine.
(- A croire que cette femme a jeté un sort à sa Majesté.)
(- Aucun sort ne dure éternellement. Un jour, la reine se réveillera.)
(Elle verra la Polignac telle qu'elle est.)
- Merci.
(- Elle donne un duché à Polignac. Moi, je ne peux entrer au conseil.)
(- On n'insulte pas sa mère.) (- C'était une plaisanterie.)
(Les Autrichiens n'ont aucun humour.)
- Merci.
(- Si elle me voit m'incliner devant duc et duchesse bouseux !)
Musique de défi
Votre Majesté.
...
M. le duc, Mme la duchesse.
Yolande a un rire satisfait.
...
...
- C'est le duc de Chartres.
Il se promène ici, parfois. L'endroit lui manque. Laissez-le !
Laissez-le contempler ce qu'il a perdu.
Musique cruelle
Il tousse.
- Vaudreuil ! Que s'est-il passé ?
- Tout va bien. - Il avait ça dans la bouche.
Son contrat avec le prêteur. Vous avez un duché, maintenant.
Il veut être payé.
- Il n'aura pas son argent d'un mort !
- D'après ce contrat, les dettes de Vaudreuil lui survivront
et reviendront à Jules.
- Nous ne les avons pas.
- Demande à la reine.
- Trois millions ?
- Tu n'as pas le choix. - Si, justement.
J'ai passé des années à m'abaisser, pour assurer votre confort.
C'est terminé. - Le prêteur Saint-James
va me tuer.
Ensuite,
il s'en prendra à Jules.
Musique de détresse
...
- Ramène-le à sa famille.
- Pardon ? A Saint-Domingue ?
- Partez pendant la fête.
Personne ne le remarquera.
- Un trou à rats !
- Le temps que je rembourse.
- Comment, si tu ne demandes pas à la reine ?
- Il y a une place
de maîtresse du roi.
La du Barry a fait fortune.
- Il y a une place de contrôleur des finances.
- Tu ne serais pas qualifiée. - Non.
Mais toi, si.
Rembourse les dettes
grâce à l'Etat.
- Voler l'Etat ?
- Chacun sert ses ambitions.
- Le roi a rejeté tous les candidats à ce poste. Pourquoi m'accepter ?
- J'en fais mon affaire.
Faites vos bagages.
On souffle bruyamment. Un enfant rit.
Le dauphin rit.
Le roi rit.
Le dauphin rit.
Yolande toussote.
- Duchesse.
Je ne vous avais pas vue.
- Je viens voir les enfants, au coucher.
- Oui, moi aussi.
Etrange, nous ne nous sommes jamais croisés.
- Attendez.
Quand il est grognon,
il aime mâchouiller ceci.
Le roi rit.
- Une excellente gouvernante.
- Un excellent père.
- On se préoccupe davantage de mes aptitudes de roi.
Je dois y aller.
J'ai si peu de temps.
Vous auriez plus de temps, avec un contrôleur des finances.
- Vous présumez de votre influence.
Je viens ici pour échapper à la politique.
Le roi s'éloigne.
Il ouvre la porte, sort, puis la ferme.
- Superbe dentelle.
- Oh oui ! - C'est si joli. C'est ravissant.
- Non, pas de bijoux. Ce n'est qu'une fête avec Yolande.
Merci de ne pas avoir polémiqué, au sujet de cette promotion.
Je ne veux pas que tu sois jalouse. - Pourquoi le serais-je ?
Je suis princesse.
J'aurai toujours un rang supérieur à une duchesse.
- Je récompense la loyauté.
Elle est loyale. - Je n'en doute pas une seconde.
Musique pesante Brouhaha festif
...
Musique de salon
...
- Je suis contrôleur des finances ? - Pas encore.
Jules et Vaudreuil sont prêts ? - Partis.
- Comment ça ? Déjà ? Sans dire au revoir ?
- Il fallait en profiter, la voie était libre.
...
- Laisse-moi.
...
- Je croyais que nous ne serions que nous deux.
Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
- Une petite fête, entre amis.
La libertine jouit.
- Rohan ?
Tu as invité Rohan ?
- Il s'est invité.
- Je souhaite m'en aller.
- Alors, à demain.
La reine s'indigne.
- Je souhaite que tu m'accompagnes.
Yolande s'étonne. - Le mieux est que tu te reposes.
...
Ecris donc une lettre au jus de citron.
Cela te détend.
- Ton attitude risque de passer pour de l'ingratitude.
Ma chère duchesse.
- Tout ce que j'ai,
c'est toi seule qui me l'as accordé.
Je ne t'ai rien demandé.
Musique cruelle
...
Marie-Antoinette réprime un sanglot.
...
Jeanne grommelle.
Elle rouspète.
Villette grommelle. Jeanne soupire.
- Villette !
- Hein ?
Jeanne râle.
- J'ai aperçu le joailler de la cour.
- Ah...
- Il transportait un coffret à bijoux gigantesque.
- Il contenait le collier de diamants ?
- Pourquoi pas ? - Parce qu'il n'existe pas.
Quel joailler ferait un bijou inabordable ?
- C'était le voeu de l'ancien roi, mort de la petite vérole sans payer.
Il soupire.
- C'est ton pied ou de la glace ? Me touche pas !
Elle soupire.
- Je vais entrer dans les appartements de la reine.
Les pièces interdites au public.
Là où la reine vit vraiment.
Dans sa chambre, constellée de rubis.
Je parie qu'elle cache ses bijoux sous son lit.
- Et la garde ?
Jeanne rit. - Tu plaisantes ? On part à l'aube.
Musique angoissante
- Jeanne, un jour viendra où tu iras trop loin.
...
Une cloche sonne au loin.
- Antoinette ?
...
Yolande soupire. - J'ai été cruelle, désolée.
- Je t'ai tout donné.
Et toi, tu ne peux même pas me donner ton amitié ?
Qu'est-ce qui me retient de te renvoyer ?
- J'étais bouleversée. Vaudreuil et Jules sont partis.
Ils ont pris la route hier, pendant la fête.
Ils vont à Saint-Domingue, pour échapper aux dettes.
- Que s'est-il passé ?
- Il a tout perdu au jeu. Son héritage, nos pensions.
S'il était resté, il aurait joué les revenus de notre duché.
Antoinette.
Désolée de t'avoir mal parlé.
Je mérite ta colère et comprendrai que tu me renvoies.
Musique touchante
- Je ne pourrai jamais te renvoyer.
- Antoinette, je suis très heureuse d'être ton amie.
Vraiment très heureuse.
...
Mais je ne peux être tout pour toi.
- Bien sûr que si. - Non, Antoinette.
- Je te dis que si. - Non. Tu le sais.
Une seule personne peut l'être.
Il n'est pas là, mais il le sera bientôt.
...
Le régiment du capitaine de Fersen a quitté les Caraïbes il y a 2 mois.
Ton soldat suédois rentre.
...
- Je ne vous ai pas vu, à la fête.
- Fantastique, dit-on. - Absolument.
Il chute, on s'étonne.
Oh, mon Dieu !
- Non ! - Aidez-le.
- Qu'a-t-il ? - Au secours !
- Est-il soûl ? - Qui sait ?
- Il est possédé !
- Docteur !
- Le Malin est en lui.
Gardes ! Gardes ! - Laissez cet homme.
- Que faire ?
- Trouvez un docteur !
- Oui.
J'y vais tout de suite. - Qu'il arrive vite !
Musique mystérieuse
...
Elle hume.
Elle se délecte.
...
La serrure s'ouvre.
...
Un mécanisme cède.
...
Musique sombre
...
- Non...
Non...
Non, non, non. Non, non. Non !
Non !
Non !
...
Elle ferme la fenêtre.
(- Villette.)
C'est différent
du reste de Versailles. Petit et tranquille.
J'ai trouvé la chambre de la reine. - Des rubis aux murs ?
- Non, mais j'ai trouvé du papier à lettre,
un oiseau en métal qui chante et... ceci !
Le dessin du collier de diamant. Tu vois qu'il existe !
- Mme de Valois ?
(- C'est pas vrai ! Souris.)
Mme Victoire.
Je vous présente
le père... Nicieux, un soutien indéfectible
des femmes perdues. - Madame.
- Votre problème, c'est qu'ici, personne ne donne sans contrepartie.
J'ai réfléchi.
Peut-être que, si vous aviez une protectrice de haut rang,
les courtisans donneraient,
pour obtenir ses faveurs.
Musique fourbe - Mhm.
Voilà une idée brillante.
Villette acquiesce.
Où trouver cette protectrice ?
- La reine soutient souvent des causes sulfureuses.
Ecrivez-lui et demandez.
- Quelle merveilleuse suggestion.
- Mhm.
Tenez.
Un don à votre cause.
Les pièces tintent.
...
Les pièces tintent.
- A Fersen ?
Mais vos courriers sont interceptés. - Je sais.
C'est pour ça que je ne les envoie pas et que...
je les écris au jus de citron et je les cache ici.
- Si la liaison est révélée... - Mais quelle liaison ?
Je ne l'ai pas revu depuis le jour où...
où Louis l'a envoyé à la guerre, il y a trois ans.
Marie-Antoinette soupire. Je vous en prie.
Retrouvez le voleur.
Et les lettres.
Elles me donnent l'air d'une...
Il soupire.
- Qui sait, pour ces lettres ?
- Personne.
- Pas même Yolande ?
- Non.
Marie-Antoinette souffle. L'homme ouvre la porte.
- Vous pouvez entrer.
- Dites...
Dites à Yolande...
de venir immédiatement.
La domestique sort.
Elle soupire.
(Quelle idiote !)
Des rires éclatent. - Et donc,
comme le dirait Figaro, j'ai eu l'audace d'écrire une comédie.
Mais la censure ne l'a pas trouvée amusante.
L'assemblée hue. Mais ce n'est pas grave.
Heureusement, grâce à vous, cher duc,
et à vos performantes presses d'imprimerie,
ma chère petite pièce va pouvoir rencontrer un public.
Alors levons nos verres à "Figaro", au duc de Chartres,
ainsi qu'à la liberté du fantastique Palais-Royal !
- SANTE !
On applaudit.
- Que se passe-t-il ?
- Une petite fête.
- Et La Fayette, que fait-il ici ?
Et Saint-Georges ? Je nous en croyais débarrassés ?
- Mon père l'a fait revenir de Londres et nommer
maître de musique ici.
Ils murmurent.
- Seigneur ! Ils viennent ici.
- Provence !
Nous avons un débat politique. - Pas étonnant.
- Le régime le plus éclairé ?
- La démocratie américaine. - Ou la monarchie britannique ?
Londres est la plus libérale des capitales.
- Si c'est une utopie, retournez-y.
Il n'y a pas mieux que la monarchie de droit divin.
Notre problème,
c'est l'idiot qui trône. - Indétrônable.
A moins de lui couper la tête,
comme les Anglais. Le duc glousse.
(- Il faut faire attention aux gens que vous recevez.)
(Vous êtes hors de portée, mais pas hors d'atteinte.)
Musique menaçante
(- Bon débarras !)
Beaumarchais et moi avons une idée.
Convaincre Louis d'autoriser qu'on joue "Figaro".
- Je me propose pour un rôle.
- Pourquoi un roi approuverait-il une pièce où le peuple conspire ?
- Car c'est un imbécile,
flanqué d'une femme qui adore le théâtre.
On pourrait la convaincre de jouer le rôle principal !
- Mon amour, tu es remarquablement
en forme.
- Je rappelle le plan. Le roi va voir ses enfants.
Ce soir, en repartant, il tombera sur toi, dans le couloir.
- Et j'y ferais quoi ? - Que sais-je ? Sois normal.
Je feindrai la surprise et te présenterai à lui.
Tu te vendras comme contrôleur.
- Une suggestion. - Chut !
Surtout, ne fais pas tout capoter. Tu es prêt ?
- Toujours prêt.
On entre.
- Pas disponible ?
Mais... comment ça, elle n'est pas disponible ?
- Et un autre arrive, pour après.
Les jetons claquent.
- C'est son travail, d'être disponible.
Où est-elle ?
Où est-elle ? Où est Yolande ? La dame sursaute.
- Votre Majesté... - Non ! Non !
- S'il vous plaît. - Laissez-moi un peu tranquille !
Musique déchirante
...
La reine peine à respirer.
Elle gémit.
Elle crie.
Elle grogne.
Elle geint.
Elle souffle posément.
Elle gémit.
Ah ! Non, non, non !
Elle pleure.
Elle s'émeut.
Oh non, pitié !
...
- Merci, duchesse. - Je vous en prie, sire.
(Hésitante) C'est bien normal.
Musique sombre
- Ah... votre Majesté.
...
- Est-ce que je suis censé en choisir une ?
- Si vous voulez, mais je ne saurais la deviner.
Je ne suis pas magicien, mais maladroit.
- Mhm... En tout cas, vous êtes honnête.
- Votre Majesté, Charles-Alexandre de Calonne.
Comte d'Hannonville.
- Je suis récemment rentré de Lille.
Où j'ai servi votre Majesté en tant qu'intendant.
- Lille ?
Marie-Antoinette gémit.
Vous y avez...
augmenté nos recettes ?
Vous êtes peut-être magicien, après tout.
- Un prestidigitateur
et un financier ont un point commun. Créer des illusions par diversion
et dissimulation.
Le roi rit. - Et...
Est-ce un mal, la dissimulation ? - Ma conviction,
c'est qu'en ce qui concerne les marchés,
l'optimisme est essentiel.
Même s'il est illusoire !
Musique pesante
- Accompagnez-moi.
Madame, venez aussi.
...
- Toinette !
...
Toinette ! Non ! Non ! Toinette...
Au secours... Au secours !
...
- On est pris en étau entre la productivité
de notre pays et le commerce international.
Mais les affaires sont comme un tigre à dompter.
Une mère de famille doit équilibrer ses dépenses et ses recettes.
Un ministre des Finances doit créer de la croissance.
- Je vous en prie, servez-vous un autre verre.
(- Il a du talent, mais il est proche des Polignac.)
(Cela le rend impopulaire.)
- Je m'en remettrai.
On frappe.
- C'est la reine.
C'est urgent.
Musique dramatique
...
- C'était une petite fille.
...
Madame Royale voulait une soeur.
Ce qui importe, c'est que la reine se rétablisse.
Elle va avoir besoin de vous.
- Je resterai auprès d'elle.
...
- Je vous ai vue.
Si jamais...
si elle venait à en mourir,
vous l'aurez tuée.
- De quoi parlez-vous ?
- Vous l'avez laissée dans un couloir.
- Qu'avez-vous vu ? Il y a erreur.
- Vous mentez !
- Dites-lui.
Voyons qui elle croira. Vous ou moi ?
- Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé ce soir.
Ni votre implication.
Un beau jour, au moment opportun, je lui dirai la vérité.
Et elle me croira, je vous le promets.
...
On entre.
- Asseyez-vous.
- Je suis navré de l'apprendre.
- J'ai lu tous vos rapports.
C'est très impressionnant.
J'annonce votre nomination.
Vergennes.
Escortez le contrôleur des finances à son bureau.
Et...
donnez-lui les informations nécessaires.
- Merci, Majesté.
- Remerciez la duchesse.
Son plan a fonctionné.
Elle vous a proposé car c'est votre vocation.
Si la cour doute de ses motivations, pas moi.
- Le cabinet des Finances.
Musique onirique
...
Oh ! Oui, c'est un souvenir.
Cadeau du sultan.
...
Connaissez-vous cet ouvrage ?
- Un classique !
Necker a été le meilleur ministre.
Malgré quatre ans de guerre, pas d'augmentation de taxe.
Nous en sommes même sortis en bénéfice.
- Necker a menti.
Il a financé la guerre grâce à des emprunts
qui nous ont laissé 110 millions de livres
de dettes. - Mais... l'excédent ?
- Pure invention.
Le moindre sou que la France génère
paie les intérêts. Nous empruntons davantage pour l'essentiel.
Et donc, les intérêts augmentent.
C'est un véritable cercle vicieux.
- Qui le sait ?
- Lui, le roi, moi...
et maintenant, vous. Bien évidemment,
nous devons garder cela secret. Si l'affaire éclate
au grand jour... - La France est en faillite ?
- C'est à vous
qu'il échoit de la sauver.
Alors...
mes félicitations.
Musique sinistre
L'oiseau gazouille.
- J'ai réfléchi. - Tiens donc !
- Ce don suffit, pour nous installer à la campagne.
La belle vie.
- Mais une vie plus belle à Versailles, avec ce collier.
- C'est une obsession !
- Où est ton ambition ?
J'aurais dû te laisser
louer tes services pour un rien dans un bar de la cour des miracles.
- Mais où est ce collier ?
- Je le sais. Il était à Versailles, mais la reine ne l'a pas acheté.
Il est sous bonne garde, dans le coffre de Boehmer,
en attendant de trouver preneur.
- Seule Marie-Antoinette peut se l'offrir et elle n'en veut pas.
- Qui peut vraiment savoir ce qu'elle veut ?
Soit elle est au petit Trianon, soit dans ses appartements privés,
soit elle pond des bébés.
Peu de gens peuvent lui parler. Savoir ce qu'elle désire ou a...
l'habitude de s'offrir...
Musique de stratagème
C'est comme ça
que nous volerons le collier.
En disant au joailler que la reine le veut.
Ah !
Ainsi, elle portera le chapeau.
- Non, ça n'a aucun sens. Non, Jeanne !
Où tu vas, comme ça ?
- Acheter de l'encre.
Tu devras produire un tas de faux documents.
- Quoi ? Je ne comprends pas. - Pas besoin.
Je m'occupe de tout.
Elle sort.
L'oiseau gazouille.
Musique émouvante
...
- Pourquoi tu n'es pas venue quand je saignais ?
- Personne ne m'a prévenue.
- On ne devrait pas avoir à le faire.
Ta place est à mes côtés.
En permanence.
...
J'étais partie
à ta recherche.
Mes lettres secrètes ont été volées.
...
- Quoi ? Moi ?
...
Elle s'indigne.
- Antoinette, je ne ferais jamais une chose aussi malveillante.
Tes lettres sont ton plaisir.
Je n'aurais...
...
Ce n'était pas un garçon ?
- Une fille aurait pu être mon amie.
La reine soupire.
Ces derniers temps, c'est une denrée rare.
...
- Fersen sera bientôt de retour. Voilà une perspective réjouissante.
...
Générique
...
Sous-titres SME : Damien Armengol - TASTI.EU Belgique
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