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...
Un orage gronde.
...
Musique anim�e
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
-Comment est le patron ?
-Ouh la la. -Ouh la la ?
Le patron ? Elle siffle.
-Vous voil� Picard, le pr�sident s'impatientait.
-Ah oui, qu'est-ce qu'il veut ? J'ai un avion � prendre, moi.
-A quelle heure ? -12h30.
-Rat�.
-Il est comment ?
-Comme d'habitude.
-Vous allez rater votre avion.
-Oui, M. le Pr�sident.
-Vous en prendrez un autre dans 2 heures.
-Si M. le Pr�sident me prescrit un autre avion,
pas de doute qu'il soit sup�rieur au premier.
-Non, il va ailleurs.
-M. le Pr�sident a trouv� mieux que l'Ecosse pour vos vacances.
Le pays dont nous r�vons non sans nostalgie.
-L'Afrique.
-L'Afrique, M. le Pr�sident ?
-En Afrique, Picard.
-Vaste continent !
-Une poussi�re d'Afrique.
Une petite �le perdue dans l'oc�an Indien.
L'Ile-de-France.
Aujourd'hui, l'�le Maurice.
-Le Dr Liebenstein m'a prescrit le froid,
la petite pluie fine.
-Les grosses pluies africaines
sont, avec celles du Bengale, les plus r�put�es.
Vous doutez. Appelez-moi Liebenstein.
-M. le Pr�sident a omis de dire
que vous ne partez pas comme vacancier,
mais en charg� de mission : une occasion de rachat.
Vous rencontrerez l'un des plus importants clients
de l'Informatique Bachelier : M. La Palli�re.
*-Le Dr Liebenstein sur la 5.
-All� ! Liebenstein ! Bonjour, cher ami.
Dites-moi, j'ai dans mon bureau, l�, Picard.
Il semble allergique au sirocco.
Je vous le passe, oui, rassurez-le.
-Oui, Julien, mais quels sont ces caprices ?
Que vous alliez en Ecosse, en Afrique ou � Lourdes,
quelle importance ?
Mais qu'attendez-vous de la nature ?
Vous �tes un rebut, Julien.
-Oui, je sais.
Vous me l'avez d�j� dit, M. le Professeur.
Un rebut, un d�chet et puis un je-ne-sais-plus-quoi.
-Une gadoue !
-Oui, une gadoue.
-Si vous �tiez universel,
vous ne feriez pas de chichis pour passer d'Ecosse en Afrique
et des truites aux alligators.
-Bon, vous avez raison, M. le Professeur, excusez-moi.
-D�p�chez-vous, ne ratez pas votre avion.
Vous avez juste le temps.
-Mais j'aurais aim� prendre d'autres v�tements,
faire une valise diff�rente.
-D�p�chez-vous, Picard. Bonnes vacances.
-Merci, M. le Pr�sident.
Merci � tous.
Musique anim�e
...
-Vous aurez pas froid l�-bas.
-Moi, je suis frileux, ici. -Ouais ?
Car l� o� on va, m�me � l'ombre : "Boum !"
-Pardon, j'ai un coup de fil � passer.
-Faites-le du satellite ! -Je vous en prie, j'ai d�j� voyag�.
-Ah.
Il se racle la gorge.
-Pardon, Mademoiselle. Le t�l�phone, s'il vous pla�t.
-Attendez au satellite, vous avez le temps que pour les formalit�s.
-Je vous remercie beaucoup, Mademoiselle.
Annonces � l'interphone
-Elle dit d'appeler du satellite ? -Elle a rien dit.
-Je vous ai vu. Vous avez demand� le t�l�phone.
-Non, je lui ai demand� des nouvelles de sa m�re
qui habite en Ecosse, o� je vais souvent p�cher la truite.
J'ai des amis comme �a sur toutes les lignes du monde.
*-Les passagers de Air Mauritius 071
*sont invit�s � se pr�senter au satellite num�ro 3.
-Vous n'aviez pas le temps.
-Le temps de quoi ?
-Cher Monsieur, ce qu'un homme et une femme
peuvent d�sirer faire avant d'�tre s�par�s par des centaines
de milliers d'hectom�tres, rel�ve du domaine sensoriel
et implique un minimum de discr�tion.
Voil�.
-Hectom�tres ? Vous calculez en hectom�tres ?
-Pardon, je voudrais t�l�phoner � ma femme.
Je partais pour l'Ecosse... -Le t�l�phone.
-Merci.
-C'est Madame, ch�ri. Je ne sais pas, un pressentiment !
Je craignais qu'il soit arriv� quelque chose.
Ton horoscope est m�chant, ce matin.
Rien de grave, un petit ennui de sant�.
Couvre-toi. Pluton sort de la queue de Saturne.
Ne sors pas.
Ah, si tu veux,
shampouine la chatte, mais attention � ses yeux.
Dis � la concierge qu'elle peut acheter un billet de loterie
entre 15h et 17h.
Tu as compris ? Oui, voil�.
Au revoir, ch�ri. Ah, pardon, hein !
*-Les passagers pour l'�le Maurice,
Vol Air Mauritius 071,
*embarquement imm�diat.
Tonalit� du t�l�phone
-Eh merde !
-Air Mauritius vol 071,
*dernier appel.
-C'est chouette, hein, les vacances !
-J'ai un voyage d'affaires.
-Je ne travaille plus. Je gagne des concours.
J'ai d�couvert le calembour lucratif.
"Tous les chemins m�nent au Rhum." Pas mal ? C'est de moi.
J'ai eu le deuxi�me prix aussi.
"Rhum, unique objet de mes assortiments."
C'est mieux, hein ? -Et on vous paie pour �a ?
-On me paie les vacances. Avec mon ch�mage, j'�tale.
Tiens, regardez, je la connais. Eh !
Rire Je la connais !
Les vacances commencent ! Eh ! -Je vous en prie, mon vieux.
-O� je l'ai vue, elle ? J'ai d� lui payer un verre.
-Ca m'�tonnerait pas. -Allez !
-C'est une antenne, non ?
-L�, ce sera parfait.
La voil� : les vacances vont commencer.
Le voyage va �tre long : autant �tre avec des hommes d'esprit.
-Je me disais justement �a. Il acquiesce.
Pardon.
-Bonjour.
-Vous permettez ?
Oh, voulez-vous �tre gentil et d�poser mon carton l�, merci ?
Je peux prendre cette place ? -Je vous en prie.
-Voil� !
Ah !
Marie-Louise Pr�cy-Lamont.
Mon nom vous dit forc�ment quelque chose.
-Non.
-Je fais pourtant Pleyel tous les 6 mois.
Vous avez vu mes affiches. -Vous �tes pianiste ?
-Conf�renci�re. -Ah bon.
-Ah, le chiendent, c'est de la mati�re premi�re.
Le sauvage se rar�fie.
J'ai fait les Tib�tains, les New-Yorkais,
enfin, ceux du village bien s�r, parce que les autres,
c'est trop dangereux.
Et maintenant, je pars � la conqu�te des tropiques.
Charlesia Alexis, "Papiyon dor�"
...
-J'ai m�me pas pris un maillot de bain.
...
-Voulez-vous �tre gentil et m'attraper mon carton ?
Merci.
Et je n'abuse pas si je vous donne �a ?
Merci beaucoup.
-Attendez, je vais vous aider.
-Merci, tr�s volontiers. -C'est pas facile.
Ah bien, pardon, Monsieur.
Je vous en prie, passez devant.
...
-Que je suis con !
C'est Jos�pha, la speakerine de FR3.
Rire. "FR3, le bon choix !"
...
-Vous allez � l'h�tel M�ridien ? -Oui, oui.
-Alors, soyez gentil, posez-moi �a l�-bas.
Merci.
...
-Merci !
-Ah, on vous attend.
-Ca m'�tonnerait, je ne savais pas que je venais.
-Mon petit doigt, lui, le savait.
-Ch�re Marie-Louise, quelle joie de vous revoir !
-Bien s�r, bien s�r,
mais vous ne veniez pas me chercher.
Mais monsieur.
-Marie-Louise sait toujours tout avant tout le monde.
Vous �tes Julien Picard, je crois ? -Oui, oui.
-Jean La Palli�re. -Mon ami, Jean.
-Le Pr�sident Stumph-Bachelier m'a c�bl� votre arriv�e.
Je suis ravi de vous accueillir.
Vous me paraissez assez chaudement v�tu.
-J'arrivais d'Ecosse et j'avais tellement h�te
de vous rencontrer que j'ai pas eu le temps de me changer.
Ah ! La bleue ou la verte ?
-Attention !
Votre pierre est le rubis.
Votre chiffre, le 14. Votre animal, le singe.
Mais l�, je suis formelle, jamais de vert !
-Ah bon ?
On crie.
-Oh oh !
-Eh, lui, regardez-le ! Alors, on fait son march� ?
Rires Brouhaha
-Alors, la bleue ?
-La verte est jolie.
-Ah, si vous cherchez vraiment des histoires,
eh bien, ici, vous en trouverez.
-Ah oui ?
-Ce pays est rempli de superstitions,
il faut se m�fier.
On prend les 2.
M. Picard, je suis d�sol� de vous importuner
d�s votre arriv�e, mais je dois vous parler vite
de mon affaire de conserve.
Ici, nous avons le poisson, et pas le consommateur.
En Europe, vous avez le consommateur, et pas le poisson.
Il faut prendre les Russes et les Japonais de vitesse.
Ils sont tr�s int�ress�s par le poisson.
On peut tr�s bien envisager une bouillabaisse cr�ole.
Mais une bouillabaisse sovi�tique, ah non, c'est impensable.
Ils rient.
-Dites. -Oui.
-C'est purement technique.
Je pense d�j� aux �tiquettes et aux messages publicitaires.
Mais on dira qu'on l'a p�ch� o�, ce poisson ?
-Mais au large de Marseille ! Ils rient.
Musique douce
-Votre Beach-combo card. -C'est quoi, �a ?
-Elle permet de dormir dans tous les h�tels du groupe,
de faire les sports gratuitement.
-Ah ! -Vous �tes ici pour travailler.
Vous n'en profiterez pas. -Bien s�r.
-Merci. -Oh, Marie-Louise ! Venez, partons.
-Oh, oh !
Picard !
-Le verre de bienvenue est d�licieux, venez !
-Volontiers.
-Je finis de vous exposer le probl�me, vous dormirez dessus.
-Je vous laisse. A plus tard, Jean.
-On va se baigner ? -Je travaille.
-Vous tra... Oh ! Il tra...
Il rit et chante de joie.
-La bouillabaisse, c'est marseillais.
-Mais pas du tout !
La bouillabaisse, on la fabrique n'importe o�,
m�me � Clermont-Ferrand.
Au moins, ils auront des pneus pour remplacer les calamars, hein?
Il s'�touffe.
-Je ne vous suis pas bien.
-Mais � l'�poque, on fabrique des steaks avec du p�trole,
et de l'andouillette avec de la sciure.
Je me consid�re l'un des derniers po�tes.
Ma bouillabaisse ne sera faite que de poissons.
C'est tellement rare qu'elle aura un �norme succ�s.
Alors, ce sera � vous et � l'Informatique Bachelier
de me dire si je dois mettre une vue du Vieux-Port
sur l'�tiquette.
...
-Tarzan tr�s amoureux !
Il crie.
Brouhaha
...
-Tarzan boit bouillon !
-J'esp�re que je ne vous ai pas trop retenu.
-Pas du tout.
-Vous �tes aussi en vacances.
A bient�t ? -A bient�t.
-A bient�t !
Il soupire.
-Vous ne vous baignez plus ? -On est trop fatigu�s.
-Une heure qu'on fait trempette.
-Ah, bon. -Ouais.
-Tant pis, je vais me baigner tout seul.
-Elle est tellement bonne j'y retourne avec vous.
-Eh, elle est s�rement plus chaude
qu'en Ecosse, hein ?
-Nom de Dieu, Th�r�se !
Ma femme me croit en Ecosse, je dois lui t�l�phoner !
-Vous aurez Paris tr�s vite,
Monsieur.
All� ?
-M. Picard, vos amis vont faire un petit tour en bateau.
Si vous les rejoignez, ils vous attendent.
-Oui, mais j'ai demand� Paris. -Ah.
-Oh, puis, annulez, je rappellerai au d�ner.
Le t�l�phone sonne. -Monsieur !
Attendez, c'est s�rement Paris.
All� ? All�, ici Maurice.
-Votre femme va �tre surprise. -All� ?
Vous avez Paris, Monsieur. -Merci.
All� ? All� ?
-Ch�ri, excuse-moi. J'ai r�fl�chi, je suis idiote.
Je suis ravie que tu sois en Ecosse : tu avais besoin d'air.
Le climat de la mer du Nord te fera un grand bien.
-Oui, s�rement.
Remous de la mer
-C'est merveilleux, j'entends la mer.
Oh. -C'est que c'est pas la m�me.
-C'est pas la m�me ? Pas la m�me quoi ?
-La m�me mer. C'est pas la mer du Nord.
-O� tu es ? -Ne t'�nerve pas, j'explique.
Je suis � l'�le Maurice.
Th�r�se, tu vas encore crier, mais...
-O� �a ? -A l'�le Maurice.
-Tu fais quoi, l� ? -C'est Stumph-Bachelier.
-Il a bon dos celui-l�.
Je t'avais tricot� une �charpe.
-C'est loin. -Oui, je sais que c'est loin.
Des milliers de kilom�tres, je sais, et alors ?
-C'est cher.
-C'est cher ? Qu'est-ce qui est cher ?
-Le t�l�phone. -Le t�l�phone !
Ah, tu vas mieux. Tu as repris du poil de la b�te.
Tu te payes des vacances de milliardaire
et trouves �a trop cher dire 2 mots gentils � ta femme.
-Th�r�se, Th�r�se ! Th�...
Bonsoir, ch�rie.
Musique douce
...
-Bien dormi ? -Bonjour !
Je commence � oublier l'Ecosse.
-On va faire une balade en bateau, vous venez ?
-Oui, aujourd'hui, sport et d�tente !
-On va en bateau ? Explorer les fonds marins.
A la recherche d'un galion perdu...
...
-Bonjour, mon cher Picard.
Excusez-moi, j'ai un travail monstre.
je ne pourrai pas m'occuper de vous.
-Ce n'est pas grave.
-Mlle Pr�cy-Lamont a la gentillesse de vous piloter.
-La sp�cialit� de Madame, c'est le myst�re, pas le poisson.
-Picard, vous n'aurez pas de meilleure guide.
Musique rythm�e
-Vous avez raison, Picard.
Vous auriez pu aller sur le bateau � fond de verre
voir la mur�ne apprivois�e
ou les diverses esp�ces de poissons.
La dame berri, la gueule pav�e, la vieille rouge.
Enfin, tous ceux qui composeront votre bouillabaisse.
Mais vous �tes dans une �le pleine de myst�re.
O� Notre-Dame de Lourdes voisine avec les dieux indiens.
N'est-il pas pour vous plus int�ressant de d�couvrir
ces hommes grimpant une �chelle de lames de sabres aiguis�es.
Le tout en priant, en plus de leur dieu,
la petite soeur Th�r�se de l'Enfant J�sus.
Pieds nus sur une �chelle normale, vous auriez mal aux pieds vous.
Eh bien, eux,
ils grimpent 90 �chelons de lames de sabres sans se couper.
...
Cris
-J'arrive pas � comprendre.
-Ca veut dire quoi "comprendre" ?
-Plus c'est bizarre, plus j'aime.
-Eh bien, je vais vous en montrer du bizarre.
Ce que vous allez voir est encore plus �trange.
C'est impossible, Julien, vous ne comprendrez pas.
Et pourtant vous allez le voir.
Tintement de cloche
...
C'est une secte indienne : les Tamouls.
Les Indiens tamouls s'infligent des mortifications corporelles
pour se faire pardonner leurs p�ch�s.
Cris et chants
...
-C'est d�raisonnable.
-Vous d�fendez toujours la raison et la science.
Mais entre les ph�nom�nes de cuill�re tordue,
de montre arr�t�e, de communication t�l�pathique
et la sorcellerie
qu'on trouve dans les coins les plus recul�s du globe,
la diff�rence est-elle si grande ?
On fait teinter un verre.
-S'il vous pla�t, s'il vous pla�t.
Nous nous sommes r�unis ici ce soir pour accueillir nos amis fran�ais.
-Euh...
Mais aussi, alors, �a, c'est une surprise,
pour f�ter une nouvelle extension de mes affaires.
Exclamations
Sans attendre le r�sultat
de votre �tude promotionnelle et prospective,
j'ai d�cid� de passer, avec la maison Stumph-Bachelier,
le march� que vous m'avez propos�.
-O� il est l'Amiral, l� ? Eh !
Am�ne-le, ton truc, l�.
-Ce que notre ami La Palli�re n'a pas dit,
c'est qu'il nous a r�serv� la primeur de son nouveau produit :
la bouillabaisse cr�ole.
Alors, � table ! -Ah ah !
Conversations entrem�l�es
...
-Marie-Louise, vous ne prenez pas de bouillabaisse ?
Une mauvaise intuition ? -Non, un mauvais foie.
-Ah !
-Ah, c'est... tr�s local, hein ?
-Costaud, la bouillabaisse, hein.
Il d�glutit. Ah.
-Mmh, elle est bonne la soupe !
-Alors, Picard ?
Hein ?
Conversations entrem�l�es
Il tousse.
Musique classique
-La crainte des dieux est le d�nominateur commun
de tous les peuples.
Noirs, blancs, jaunes, rouges, l'angoisse est l�, permanente.
-Ca y est, elle recommence. -Des dieux, ou des d�mons.
-Ah, les d�mons... Chacun a le sien.
Lucifer, Belz�buth, Astaroth, Satanachia.
Le pacte avec le d�mon, Faust y a laiss� son �me.
Et dans les contes d'Hoffmann, l'homme y a perdu son ombre.
-Les Chinois d'ici craignent qu'on la leur empoisonne.
-Ouais, et Lucky Luke tire plus vite que la sienne.
-Il est dr�le.
Ils continuent de rire.
-Ecoutez.
Ah, il est l�.
Rire moqueur
-Qu'est-ce que c'est ?
-Le petit rire, celui de l'esprit de l'�le.
C'est rare de l'entendre,
mais la maison est hant�e : les meubles bougent.
Parfois, des pierres traversent le plafond.
Sans parler des bruits, elle n'est que craquements.
On dit qu'elle est hant�e depuis que, lors de la bataille
du grand port en 1810, on y a soign� 2 bless�s :
un fran�ais et un anglais qui se sont entretu�s.
Mais il y a parfois des manifestations plus dr�les.
Les d�mons et les dieux aiment rire.
L'esprit farceur existe toujours.
Tenez, � Maipur, un vieil homme est la ris�e de la ville
parce que, tous les soirs, dans son lit, un esprit le gifle
Ils rient.
-Il ne faut pas plaisanter avec ces choses-l�.
On n'offense pas les dieux.
Ils se vengent.
Petit rire moqueur
...
-Moi j'arr�te, j'ai gagn�.
-Moi, moi... j'a...
(Voix �touff�e) Moi, j'ai perdu.
-Personnel !
-Allez, pour les employ�s, allez. -Merci.
-On va se coucher, nous sommes venus vous dire bonsoir.
-D�j� ?
Dommage, on aurait pourtant appr�ci� une pr�sence f�minine.
-Merci, c'est gentil pour moi.
-Je reste, mais un quart d'heure seulement.
-Oh ! Oh ! -Oh ! Oh ! Oh !
Ils rient.
-La speakerine, c'est une b�cheuse, c'est une allumeuse.
C'est une emmerdeuse.
-Ah non, Berger, saoul d'accord, mais vulgaire, non !
Il fait mine de pleurnicher.
Au baccalaur�at,
eh bien, nous �tions toutes couch�es dans un dortoir.
A ce moment, j'ai entendu... -Gar�on !
-Ecoutez-moi !
-Un martini dry : mes olives sont s�ches !
-Ecoute un peu.
Les pas se sont approch�s de mon lit.
Et l�, j'ai entendu la voix de ma grand-m�re.
-Excusez-nous.
Rires et brouhaha
...
Oh, pardon, Madame.
...
Oh, l�, tiens !
-Vas-y ! -Oh, c'est pas vrai !
...
Ils urinent et g�missent de soulagement.
...
Ils soupirent et g�missent.
Oh ! -Hein ?
-Oh !
Ils rient.
Petit rire moqueur
Coups de tonnerre et vent
...
Rire inqui�tant
Musique inqui�tante
...
Dis donc, c'est pas la petite pluie fine d'Ecosse, ici.
...
Bah, o� je suis ?
Faut-il que je sois si bourr� pour pas voir dans une glace ?
...
Tonnerre
Ca, alors !
Petit rire moqueur
Il soupire.
J'ai jamais vu une glace o� on se voit pas.
Musique douce
Je suis invisible.
...
Ca, alors !
...
Faut que j'appelle Berger.
...
Passez-moi la chambre de M. Berger, s'il vous pla�t.
-Picard, qu'est-ce qui vous arrive ?
Hein ? Oh.
Une petite cuite n'a jamais fait de mal � personne.
Hein, alors ? Il rit.
Bien ouais, �a va, et vous ?
Qu'est-ce qui vous inqui�te ? Hein ?
Un coup de cafard, hein ? Une petite angoisse m�taphysique ?
Rire.
Allez, c'est �a, bonne nuit, hein.
...
...
Mais je tiens quoi, moi.
Musique calme
Il rote.
...
Le t�l�phone sonne.
-Ah, Picard.
Euh, un peu mal au cr�ne, c'est tout.
-Je crois que j'ai un bon coup de soleil sur le visage.
Je crois que je suis tout rouge.
-Comment, vous croyez ? Vous �tes rouge ou pas ?
Il acquiesce.
Oui, � tout de suite.
-Des formules de t�l�grammes ? -Ici.
-Merci. -Je demande Paris tout de suite.
All�.
Tintement magique
-Une orange press�e, non? Hein ?
On en prend une ?
...
-Un martini, de la glace.
Et vous me donnerez beaucoup d'olives.
...
...
Conversation indistincte au loin
...
Tintement magique
-Monsieur, Monsieur, vous oubliez votre stylo.
Musique douce
...
-Hop l� !
...
-Il reste longtemps sous l'eau, dis donc.
Suffocation sous l'eau.
...
-Mais il...
-Il se passe quoi ? -Votre ami a failli se noyer.
-Quoi ? -C'est bon, c'est bon.
Il tousse.
Il vous arrive quoi ?
-Je ne comprends plus : 10 ans de crawl
et, brusquement, un fer � repasser.
Il hal�te.
Je ne sais plus nager, je ne sais plus nager !
Je n'ose m�me plus me baigner. -Je ne peux plus rester au soleil.
Elle rit. -Vous �tes d'agr�ables compagnons !
-Alors, les vacanciers, vous venez vous baigner ?
Elle est formidable.
-Ca, fallait pas tant picoler.
-Puisque vous �tes tous l�, attendez !
Je vais faire une photo. -Ah ouais, la photo !
Christiane, viens faire la photo.
-Chouette, j'arrive. -Voil�.
-Picard, Berger, allez, venez avec nous.
-D�p�chez-vous ! -Vite !
-Allez, la photo de famille.
-Allez, c'est vraiment la grande forme.
...
-Alors, bouger un peu.
-Placez-vous bien, resserrez-vous.
Groupez-vous un peu tous, l�.
...
L�, ne bougez pas.
...
-Je peux voir ?
Elle rit. -Une seconde.
...
Elle est rat�e.
-Pas vrai ! -C'est bien la peine.
-On va se baigner. -Moi, je ne me baigne plus.
-On va faire du p�dalo. -Bonne id�e.
...
Rires et brouhaha au loin
...
-Je peux voir la photo rat�e ?
-Vous n'�tes pas dessus, tous les 2.
-On est pas dessus ?
-Vous ne figurez pas sur la photo.
-Je voudrais la voir.
Marie-Louise, c'est grave ? -Eh bien, oui, c'est grave.
-Mais comment est-ce possible ? -Cela est, donc c'est possible.
-C'est pas possible ! -Je vous ai parl� de surnaturel.
Vous allez �tre oblig� de l'accepter et de vivre avec.
Je vous ai vu hier, au soir. Vous avez offens� un dieu.
-Comment �a, offenser un Dieu ?
-Bien, vous...
Vous avez fait pipi sur un dieu, voil�.
-Sur un pilier de bar.
-Tout de suite apr�s, les dieux ont �t� en col�re.
Le tonnerre, les �clairs.
-Des perturbations du champ magn�tique terrestre
co�ncidant avec une �ruption solaire ou une aurore polaire.
C'est tout.
-Julien, les d�finitions du Petit Robert ne suffisent plus.
-C'est terrible.
Mon pauvre Berger, comment un esprit aussi simple que le sien
va-t-il r�agir ?
(Voix en �cho) -Euh, eh, �coutez, Picard !
... Je vous en prie.
... Si j'ai gagn� les concours...
-Vous entendez ? -Quoi ?
-Berger, il est l�-bas et je l'entends.
-Je vous entends bien, Picard.
-Qu'est-ce que tu dis ? -P�dale et tais-toi.
-Quoi ?
-Pas vous, Picard, continuez � parler.
-Vous communiquez ensemble par t�l�pathie.
Vous �tes � la fois antenne et radio.
Vous devriez pouvoir perfectionner la r�ception.
-Ah bon ?
Berger, parlez-moi.
-"Paul mourut 2 mois apr�s la mort de sa ch�re
"Virginie dont il pronon�ait sans cesse le nom.
"Et Marguerite vit venir sa fin 8 jours apr�s celle de son fils,
"avec une joie qu'il n'est donn� qu'� la vertu."
-J'ai pas trouv� les graves et les aigus, mais le volume va.
-Je l'ai lu, Paul et Virginie. Je trouve �a triste.
-Tais-toi et p�dale.
-Vous �tes ensorcel�s.
Vous admettez que, dans les campagnes de France,
il existe des jeteurs de sorts.
Dans le Berye, par exemple,
ils arrivent � emp�cher les vaches de v�ler
et � faire perdre aux hommes leur virilit�.
Cela s'appelle "nouer l'aiguillette".
Enfin, vous connaissez l'expression ?
Alors vous imaginez, ici, ce qui peut se passer ?
-Et �a va durer longtemps ? -Ah...
-Qu'est-ce qu'on peut faire ? -C'est encore t�t pour le dire.
En tout cas, demandez pardon.
-Demander pardon � qui ? -Aux dieux !
On peut essayer.
Musique douce
...
-Et moi, alors ? -Oh, eh, eh, eh !
-Alors, on essaie ? -Et si �a marche pas ?
-Je rentre � Paris.
A 10 000 km d'ici, toutes ces conneries s'arr�teront.
-On peut pas nous ensorceler � 10 000 km de distance.
-Mais non. -Mais non.
-Bon, alors on essaie ? -Bon.
Je veux bien, mais je trouve �a idiot.
-ON VOUS DEMANDE PARDON.
Petit rire moqueur
Grognements
-All� ? Dr Liebenstein ?
Il m'arrive des choses tr�s bizarres.
-Aucune inqui�tude � avoir, mon cher Picard.
Les premiers sympt�mes sont tr�s encourageants.
L�vitation, transmission de pens�e, d�placement d'objets,
reflet qui dispara�t, bravo !
Mais vous ne vous d�doublez pas encore.
Vous ne volez pas.
Vous subissez, vous ne contr�lez rien.
Mais le fait que les puissances cosmiques
aient choisi un de mes patients pour se manifester
me touche �norm�ment.
-D'Accord, mais pour se raser, c'est emmerdant de ne pas se voir.
-J'esp�re que vous n'en resterez pas � �a.
-Bon. Au revoir, Docteur. -Pas plus avanc�.
-Il en a de bonnes, lui.
"J'esp�re que vous n'en resterez pas � �a."
Si �a s'aggrave, rentrons en France.
Musique rythm�e inqui�tante
...
-Salut, Picard !
-Jos�pha, M. La Palli�re.
Vous allez bien ? -Tr�s bien.
Picard, vous �tes sur le d�part ? -Oui.
-Signez, le contrat est pr�t. Si vous voulez passer.
Voil�. Vous n'avez plus qu'� signer.
Il faut que vous rappeliez M. Stumph � Paris.
-Tout de suite ? -Nous avons tout notre temps.
Je crois qu'il est ravi de nos accords, ravi.
T�l�phonez l�-bas, dans le bureau.
-Merci. -Voil�.
*-All� ? All� ?
-All�, Francine, c'est Picard.
*-Bonjour, M. Picard, �a va bien ?
-Bonjour.
Je voudrais parler � M. le Pr�sident.
*-Je vous le passe tout de suite.
*-Ah, mon cher Picard, bravo !
-Mais c'est normal, je n'ai fait
que mon...
Tintement magique
devoir.
*-Je suis tr�s, tr�s fier de vous. J'envisage m�me, pour l'avenir...
-Nom de Dieu ! *-Pardon ?
-Pas � vous, M. le Pr�sident.
*-Je disais que j'envisageais une substantielle augmentation.
-Oh, non !
...
-Vous avez eu Stumph ?
-Je suis vraiment d�sol�.
-Ce n'est pas grave.
J'ai �t� coup�. -Paris au t�l�phone.
M. Stumph-Bachelier pour M. Picard.
-Excusez-moi.
-Michel, vous balaierez.
-On a �t� coup�, M. le Pr�sident.
Mais tout va bien.
*-Oui, bravo, Picard, mais m�fiez-vous quand m�me.
*La Palli�re, on ne le conna�t pas bien.
*Prenez des garanties.
*Etudiez � la banque sa situation...
-N'ayez aucune crainte, M. le Pr�si...
...dent
*-Enfin, je m'en remets enti�rement � vous.
-Oh, merde !
Le salaud ! *-Quoi !
*Qu'est-ce que c'est ? -Pas vous, M. le Pr�sident.
M. le Pr�si...
...dent.
Non !
...
-Vous avez cri� ?
-Dans l'empressement de lire le contrat,
j'ai renvers� le verre.
Oui, c'est l'impatience de signer.
-C'est tr�s g�nant, votre avion part dans 2 heures.
Ma secr�taire n'est pas l�. -Je vais le retaper.
-Ca ne vous d�range pas ? -Non.
-Tenez, la machine est l�. -Bon, merci.
Il soupire.
-M. Stumph-Bachelier au t�l�phone
pour M. Picard.
Il a dit "tout de suite".
*-Des probl�mes ?
-Non, rassurez-vous M. le Pr�sident, tout va bien.
Tout va tr�s bien. Tr�s bien.
Tintement magique
Oh, le d�gueulasse !
*-Quoi ?
-Merde !
-Que se passe-t-il ? -Ce con m'a foutu la main au cul.
-Je vous jure que... je... -M. Stumph-Bachelier
au t�l�phone.
-Pardon. -Non, non, j'y vais.
-Connard.
-Merci, Michel.
Paroles indistinctes
Il raccroche.
J'ai parl� � M. Stumph.
Bon voyage
et bon retour,
M. Picard.
Musique douce
...
-Quel temps de merde ! -Home sweet home.
-Quoi ? -C'est de l'anglais, �a.
-Dans la vie, y a des veinards. -De quoi vous parlez ?
-De ceux qui bronzent pendant qu'on travaille.
Ah, le soleil ! Les cocotiers !
-Ah, la France !
-Hou hou ! C'est moi !
-D�j� ?
-Bonjour, ma ch�rie, je t'ai apport� un beau coquillage.
-Je t'attendais pas si t�t. Tu ne te plaisais plus l�-bas ?
-J'ai abr�g�.
-Tu en avais assez de boire, de danser et le reste ?
-Le reste, quel reste ? -Ca.
"Un quinquag�naire de choc pour une speakerine
"de charme."
-C'est qui ?
-Joue pas les ahuris, s'il te pla�t.
-Je te jure que... -Elle est pr�sentatrice.
Tout le monde en France la conna�t, toi mieux que personne.
Eclat de verre
Petit rire moqueur
La voil�, ta jolie ! Chez moi, en plus !
*-Mlle Pr�cy-Lamont,
vous nous parliez du 19e si�cle, si�cle de conqu�te.
-Oui, Jos�pha.
Un si�cle de conqu�te, mais pour aboutir � quoi ?
*On a br�l� statues, temples, totems,
effigies.
Mais sachez que, cach�s au fond des for�ts
ou dans nos bidonvilles, les dieux sont toujours l�.
*Ils nous regardent.
-Le vase de maman !
Charlesia Alexis, "Papiyon dor�"
-Berger, �a y est, �a recommence.
*-Un temple
bouddhique vaut toutes les cath�drales.
*-Merci, Mlle Pr�cy-Lamont.
-Vous me recevez, Berger ? -Malheureusement, oui.
Non, �a, c'est rien, �a va se passer.
Y a qu'� attendre.
Elle chantonne.
...
-T'as vu, c'est la pleine lune.
-Tu dis ?
-C'est la pleine lune.
Musique inqui�tante
...
Le r�veille-matin sonne.
...
Non, laisse-moi, il faut que je me l�ve.
Grognement
Tu dors encore.
...
Qu'est-ce que t'as ronfl� cette nuit.
Tu piques !
-Je pique, je pique, bien s�r que je pique.
-Tu piques beaucoup.
-Oh la la...
Echo f��rique
-Mais tu peux laisser allum�.
Musique l�g�re
Qu'est-ce qui t'arrive ? Mais...
...
On sonne � la porte.
...
Monsieur ? -Mme Picard, je suppose.
-Oui. -Un ami, le grand ami de Julien.
-Pour l'instant, il est dans...
-La salle de bain, je sais. -C'est vous, mon ami ?
-Oui, mon ami. -Venez dans la salle de bain.
Berger, mon pauvre ami. -Mon pauvre Picard.
Ca se passe comment ?
-Comme �a. Et vous ?
-Ah, moi c'est...
Il geint.
...
Mon pauvre Picard.
...
-Ca vous est arriv� comment ?
-Cette nuit, en me lavant les dents.
-Julien, j'aimerais savoir � quoi vous jouez ?
Pourquoi tu t'enfermes dans les toilettes
avec un inconnu ?
Tintement magique
-Mon a... Mon ami Berger, ma femme Th�r�se.
-Ah, tout de m�me.
Soyez le bienvenu, Monsieur. Vous prenez du th� ou du caf� ?
-Mes hommages, Madame.
Un peu de th� avec un nuage de lait froid, � l'anglaise.
-Il est charmant.
Stumph-Bachelier vient de t�l�phoner.
Il veut te voir vite.
-Hein ?
-J'ai dit : "Il prend un bain." -Oh, non.
Il grogne. -Picard !
-Mes respects, M. le Pr�sident.
-Pas de d�tours, pas de faux-fuyant.
Vous avez �chou� votre mission.
La Palli�re n'a pas donn� de d�tails au t�l�phone,
mais il a rompu le contrat !
-L'affaire n'�tait pas int�ressante.
-Et la bouillabaisse cr�ole ?
-Elle a tourn�, elle se conserve pas.
-La Palli�re m'a annonc� une lettre explicative.
Grincement
-Qu'est-ce que vous en dites ?
-Je dis rien, Monsieur.
Picard se racle la gorge.
Permettez, Monsieur le Pr�sident, je vous ai ramen� un coquillage.
C'est pas grand-chose, mais on entend la mer.
-Merci, Picard.
Parlons-en.
De la mer.
-Elle est tr�s belle.
-Peut-�tre.
Mais elle doit rapporter beaucoup d'argent.
Donnez-moi la conclusion du rapport sur l'affaire La Palli�re.
-Le rapport ? Pas pr�t.
Grincement Certains �v�nements...
... -Les �v�nements se pr�voient.
... Ils se dominent.
Tintement magique
Quel mauvais g�nie vous a rong� la cervelle, Picard ?
Attention, j'avais oubli� les petits pois.
Je n'oublierai pas la bouillabaisse cr�ole.
Petit rire moqueur
Ce n'est pas dr�le.
-Non, M. le Pr�sident.
-Picard.
-Oui, M. le Pr�sident.
-Picard ! On me regarde.
-Bien, M. le Pr�sident.
Grincement
Fracas
-Picard, je ne m'attends pas � de l'enthousiasme,
mais un minimum de civisme.
On me remet, demain,
les insignes de chevalier de la L�gion d'honneur.
-Distinction bien m�rit�e, M. le Directeur.
Mais je pensais que vous l'aviez d�j�.
-Bon.
Naturellement, grand d�ner chez Maxim's.
Auparavant, il y aura un verre au r�fectoire.
Passez donc vers 6h avec Mme Picard.
-Avec joie.
Musique douce
...
All�, Dr Liebenstein, ici Picard.
Ca empire, Docteur.
Oui.
Je vous attends chez un ami : 17, rue de la tour de Vampe.
Non, non, vous pouvez compter sur sa discr�tion.
Il est lui-m�me atteint. Oui.
Sifflement de fl�te
...
...
...
...
Il bafouille. -Vous entrez ou vous sortez ?
Arr�tez de plaisanter,
Monsieur.
-Berger, vite, vite, vite !
-Que se passe-t-il ?
-Des horreurs !
-D�tendez-vous, j'arrive !
Il est dans une cabine. Il a peur de s'envoler.
-S'envoler ?
Ouh, mais �a commence � devenir int�ressant !
-Mais faut faire quelque chose ! -Oui, oui, oui. Ah !
-Plus de 30 minutes qu'il est l�-dedans.
-Quand on veut raconter sa vie, on t�l�phone de chez soi, Monsieur.
-Oui, �videmment. -Oh !
Il recommence, il se fout de nous !
-Laissez passer, je suis m�decin ! -Et alors ?
-Policier-m�decin.
Musique douce
...
Ca va mieux ? -Non.
-On est frais.
-Heureusement, y avait le toit. Sinon, imaginez.
Il �met un cri plaintif.
-On est � l'abri que dans les appartements.
Comme des vers � soie dans leur cocon
l'exc�s d'oxyg�ne nous transmute.
-Je n'ose plus sortir de chez moi pour acheter des cigarettes.
-On n'est en s�curit� que l'un avec l'autre.
-Provisoirement.
Qui me dit qu'un jour, vous ne me sucerez pas le sang ?
-Et, l'autre nuit, j'ai r�v� que vous me tiriez par les pieds.
Etait-ce un r�ve ?
-Je suis m�me pas sorti de chez moi.
On sonne � la porte.
Ca, c'est pour moi, �a. -Ca m'�tonnerait.
-Je suis venue d�s que j'ai pu, mais 1000 obligations.
-Qu'est-ce qu'elle vient faire ?
-Ah, tr�s bien, vous l'avez ramen�.
-Mes hommages, vous avez fait un bon voyage de retour ?
-Ne perdons pas de temps. Alors? -Nous sommes dans le m�me cas.
-Ce qui est bon pour l'un ne l'est peut-�tre pas pour l'autre.
Alors ? On sonne � la porte.
-C'est pour moi.
-Je crois qu'il va falloir demander pardon � genoux.
Les dieux sont en col�res. -Quels dieux ?
-C'est ce qui reste � d�terminer.
-Suivez-moi,
Professeur.
J'ai fait venir mon grand ami, le professeur Liebenstein.
-Le charlatan. -Mademoiselle Pr�cy-Lamont.
-La pythonisse.
-Vous palabrez toujours au Palais de la d�couverte ?
-Et votre stand � la Foire du Tr�ne ?
-Tr�s dr�le.
-Bon, maintenant que la glace est rompue.
-Manifestation typiquement jupit�rienne.
-Ph�nom�ne extr�mement banal.
Picard, Picard, Picard, vous pouvez s�rement faire mieux !
-Eh bien, oui.
-A vous, Berger.
Voulez-vous agacer un peu les puissances ?
-Si on allait chez lui ? -Non.
-Tr�s bien, restons th�oriques.
Quand on peut vivre l'impensable, on se r�fugie pas dans des rem�des
de bonne femme.
Julien Picard, vous rendez-vous seulement compte
que votre propre existence va se confondre
avec celles qui assurent les forces de l'univers ?
Que vous rayonnerez !
D�terminant le sort des hommes bien au-del� de l'an 2000.
Picard, Picard, vous �tes dans le train de l'histoire.
-Si vous voulez bien une seconde redevenir cart�sien.
C'est sur un totem que ces messieurs ont piss�,
ce n'est pas sur une soucoupe volante.
Berger, allez, hop ! -Bon.
-Picard !
-Ne r�pondons pas.
-Vous avez raison, le combat serait par trop in�gal
entre la science et l'obscurantisme.
Venez, Picard.
-Au revoir, imposteur.
-Adieu, Esm�ralda. Picard, Picard.
-Mon pauvre ami.
Nous devons un tel d�fi au bon sens.
Il ne reste plus que le sacrifice du sang.
Je n'ai pas voulu le montrer devant cet iconoclaste.
C'est un recueil du 15e si�cle : "Les meilleurs moyens
de se gu�rir de l'envo�tement",
Apr�s le b�cher, qui �tait le moyen le plus r�pandu.
Eh bien, voyez-vous, tout est toujours � base de sacrifice.
-Vous voulez pas que je tue... -Quoi, un homme ?
Non.
Et pourtant, Abraham �tait bien pr�t de sacrifier son enfant.
Non. Ah !
"Pour apaiser le courroux divin, � d�faut d'un nouveau-n�..."
-Oui, � d�faut, oui.
-"On offrira au Dieu l'agneau b�lant, 2 blanches perdrix
"ou le lapereau."
-Mais comment je vais tuer un animal, moi ?
Tonnerre
...
Gr�sillement
...
Entrechoquement de vaisselle
...
-Th�r�se, il faut que je te parle.
-On va �tre en retard !
-J'ai d'autres soucis que la L�gion d'honneur de Tissaigre !
Ecoute-moi, Th�r�se.
-Ah, Julien, arr�te la machine � laver !
J'ai trop d'�nergie dans le s�choir !
-Berger, faut que je vous parle. -Ca va pas, 'pa ?
-Berger, vous m'entendez ?
-Picard ? Oui, je vous entends tr�s bien.
-Dites, donc, moi, �a va pas du tout, et vous ?
-Moi, pour l'instant, �a va. Ouais, �a va.
Coups de feu
-A vous, lapin !
-Raccrochez, je vous rappelle !
Apporte, apporte chien fid�le.
All�, Picard ? Vous m'entendez ?
-Je suis occup�, Berger.
Il se racle la gorge.
-All�, Picard ? Picard ? Tonalit� de t�l�phone
Pi...
...
M. le Pr�sident, Mesdames et Messieurs.
Permettez-moi d'abord de vous dire,
ce n'est pas sans profonde �motion
que je suis ici.
Suis-je digne d'un tel honneur ?
Cette r�compense n'est-elle pas excessive ?
-Faux-cul. -Quand je pense...
au m�rite �clatant de certains parmi cette assembl�e.
-L�che-bottes.
-Il s'agit d'un encouragement vers la perfection dont...
J'avais trouv� quoi pour Stumph ?
-Vivante image. -Et si...
-Arriviste, cocu.
-L'incarnation ! C'est �a, l'incarnation.
-Faudra pr�venir la concierge.
-Si c'�tait que la concierge.
Tonnerre
Cr�pitement Elle crie.
-Tu pourrais me laisser passer devant.
-M. le Directeur !
M. le Directeur, permettez-moi de vous f�liciter.
-Merci, mon cher Picard.
Choc �lectrique
-Eh bien, Eug�ne ?
-Julien.
-Mais qu'est-ce qu'il a ?
-J'appelle police-secours ?
-Police-secours ?
Non. M. le Directeur !
M. le Directeur ! M. le Directeur !
-Eh !
-Quoi ?
C'est �pouvantable ce que vous m'apprenez l�, Picard.
Je devais le d�corer ce soir, chasser avec lui demain.
J'avais appris un discours de 3 pages.
Vous avez une id�e de la cause de sa mort ?
-Moi ? Pas du tout, M. le Pr�sident.
Je l'ai f�licit�, il est tomb�.
Entendu, M. le Pr�sident.
Th�r�se. -Oui.
-Il faut absolument que je te parle.
-Pauvre homme, il a pu lui arriver quoi ?
-Je vais t'expliquer. -Comment tu peux savoir ?
-Justement, je veux te l'expliquer.
-Attends, j'appelle maman, on d�jeune l� demain.
-Pas la peine.
Elle est chez L�opold, il s'est foul� la cheville
en r�parant les plombs de la salle de bain
et il est tomb� de l'escabeau.
-Bon, bien, j'appelle L�opold.
-Tu demandes pas comment je sais ?
-All�, L�opold ?
Mon L�opold, on s'est foul� la cheville ?
-Il te demande pas comment tu le sais ?
-Tais-toi, j'entends rien.
Va me faire cuire un oeuf, je meurs de faim.
All�. Mais non, L�opold, c'�tait Julien.
...
Echo f��rique
-Oh, merde !
Petit rire moqueur -Oh, je...
Il siffle.
...
Echo f��rique
Saloperie de saloperie !
-Rien de grave, il sera sur pied demain.
-Ca ne t'�pate pas, les oeufs, le gaz, le compotier ?
-Pour une fois que tu fais la cuisine.
-Je ne suis pas dans mon �tat normal.
-Tu mijoterais pas un nouveau petit voyage ?
-Je ne voyage plus que dans l'inconnu.
-T'as une petite mine.
Regarde-toi dans une glace. -Je ne peux plus.
-C'est pas � ce point l�, tout de m�me.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Qui, elle ? -Oui.
-Je suis la nouvelle jeune fille au pair.
-Vous �tes sans accent.
-Elle est bretonne. -Du pays bigouden.
-Ah bon ?
Passe-moi ta clarinette. -Tu sais pas jouer.
-Passe-moi ta clarinette, je te dis !
Ah ! C'est pas vrai.
Air m�lodieux
-Il joue bien, dis donc ! -Ca, alors !
...
Et alors, papa ? -Eh oui.
-Thierry a fait beaucoup de progr�s ces temps-ci.
-Ecoute �a.
Silence
Eh, merde !
Vrombissement
Musique � suspense
...
Ca y est, �a recommence.
-Tais-toi, j'ai sommeil.
Julien, enl�ve ta main !
Non, Julien, enl�ve ta main !
Non, Julien, Julien !
-Nom de Dieu, nom de Dieu, nom de Dieu.
Giffles
...
Je vous demande pardon.
-Tu me dis "vous" maintenant ?
...
Quelle nuit, quelle nuit !
Elle rit.
Julien, Julien, tu es un monstre !
Une nuit blanche, j'y croyais plus.
Ca me rappelle
nos 20 ans quand on bouffait des cerfs-volants.
Julien ?
Julien ?
Julien ?
Mais...
Elle crie.
-Chut ! Ne crie pas comme �a.
-Julien ! Ah, mon Dieu !
-Laisse Dieu tranquille ! Je vais me casser la gueule.
-Ch�ri !
-Ca para�t pas vrai.
-Ca t'a pris comment ? -En pissant sur un totem.
-Ca, c'est tout toi. Qu'est-ce que c'est, un totem ?
-Attends un peu, tu vas comprendre.
-Julien, tu es fou, arr�te !
J'appelle maman !
-Force surnaturelle.
-All�, maman ? Julien viendra d�jeuner.
Julien viendra pas d�jeuner.
-Transmission de pens�e.
-Ca l'emmerde.
Echo f��rique -T�l�pathie.
-Il en a ras le bol de tes minauderies.
Il trouve que ta bouffe est d�gueulasse.
Pardon maman, ne te f�che pas, je t'expliquerai.
Hurlement de terreur et gr�sillement
Julien !
...
Julien !
G�missement
-Vous voil�, je craignais m'�tre tromp�.
-Tu connais mon ami.
-Bien s�r. Bonjour, Monsieur.
-Bonjour, Madame.
-T'aurais pu dire que t'attendais du monde.
-J'en savais rien.
-Moi non plus. -Ah !
-Excusez-moi, je peux prendre une douche ?
-Ah non, plus tard, Dominique. -Bonjour, Mademoiselle.
-Bonjour. Ah !
Le joli chien !
-Il est mignon.
-Oui, Monsieur n'est pas l� ?
-Euh...
Non, il pas l�.
-Je suis l�, sortez et fermez la porte !
-Excusez-moi !
-Nous sommes tous les 2 ensorcel�s !
Sifflement
-Ah bon.
-Vous �tes en progr�s.
Couinement -Tu comprends ?
-Oui.
-Et si Marie-Louise avait raison ?
Peut-�tre qu'apr�s tout, le rem�de, c'est qu'on bouffe mon lapin.
-Tu comprends l� ?
Tu vois pourquoi j'ai fait cuire du chou ce matin ?
Hein ? -Oh, non !
-Oh, non, non, non, non !
Ensorcel�, d'accord. Poss�d�, envo�t�, je veux bien.
Mais un lapin, c'est un lapin ! Et j'ai tir� un lapin !
Dis-leur, toi, que c'�tait un lapin.
Je vous le dis, c'�tait un lapin.
C'�tait un lapin, un lapin.
Petit rire moqueur
Picard, vous avez entendu ?
-Ouais. Chut !
...
-Le petit rire.
...
Oui, il est � toi. Elles sont � toi, comme tu veux.
Marie-Louise a dit un animal tu� par moi.
Enfin, un ou 2.
Elle a dit aussi une main innocente pour l'immolation.
Une pr�tresse pour l'offrande.
Je voulais demander � Mme Picard.
-Je suis d�sol�e, je vais d�jeuner chez maman.
-La jeune fille qui �tait l� tout � l'heure pourrait le faire ?
O� est-elle ?
-La pr�tresse ? Elle passe l'aspirateur au salon.
-Merci, Mme Picard.
-Julien ! -Oui, ch�rie.
-Tu devrais y aller, il risque d'immoler la pr�tresse.
Il soupire.
Musique douce
-Allumez le feu sacr�.
Tintement magique
...
Allumez les cierges.
-Berger, c'est idiot.
Enfin...
...
-Oh, la vache ! -Eh oui.
-Y a un truc ? -Eh non.
-Picard, l'autre bougie.
...
-Bon.
"La pr�tresse sera le v�hicule de la gu�rison.
"Elle devra danser devant le feu sacr�...
"nue."
-Non. -Non.
Euh.
Bon, bien, alors... en robe longue.
Ou en chemise de nuit.
-Je dors toute nue. -Picard.
Chemise de nuit.
-Enfin, si �a peut vous distraire.
Tintement magique
-Thierry, viens !
On va d�jeuner chez mamie. -Je me d�p�che !
-Evite d'approcher ton p�re ces temps-ci.
Il est un peu d�traqu�, �a peut s'attraper.
Pardon.
-En fait de pri�re, je sais que le Notre P�re.
-Vous m�langez tout. Et puis, �a sert � rien.
-C'est pas bient�t fini ?
-Pousse-toi, tu emp�ches ta chemise de passer.
Des talons frappent le sol.
-C'est quoi, �a ? Je vous demande.
De quoi on aura l'air ? Pour les commer�ants ?
Les voisins ? Sans parler de la concierge !
-Parfois, il vaut mieux �tre bien vu du Tout-Puissant
que de sa concierge.
-Julien, je te pr�viens,
si tu marches encore au plafond ce soir,
je fais venir le docteur, je le fais venir.
Tu viens, Thierry ?
-J'arrive, maman !
-Les dieux n'ont plus la consid�ration qu'ils m�ritent.
-Berger, ne nous fions plus aux apparences.
Consid�rons les faits. Je fais cuire du chou ce matin.
Vous m'amenez des perdrix !
-A travers un mur. -Hypnose.
-Vous au plafond ?
-M�me chose.
Je ne retiens que les notions du chou et perdrix !
Je dis : "Bouffons de la perdrix au chou !"
Petit rire moqueur
Foutaise !
Magie.
Venez avec moi, Berger.
-Ralph.
-Merci, vous pouvez aller prendre une douche.
-Merci, Monsieur.
Il sifflote.
Gr�sillement
...
-Et �a, c'est de l'hypnose ?
-On a int�r�t � faire cuire les choux dans 2 eaux.
Surtout s'il ne s'agit pas d'un jeune chou de printemps.
-Et �a ?
Grincement
Petit rire moqueur
S'il vous pla�t ?
Sifflement de fl�te
-Un petit coup de blanc. -Oui.
Tintement magique
...
-Parfait.
-On a offens� les dieux.
-Mais non, mais non.
Sonnerie
-Nerveux, Picard ?
-Non, simple ph�nom�ne de radiation �lectromagn�tique.
Enfantin � ma�triser.
...
Question de volont�.
...
Musique mena�ante
...
Bonjour.
...
-Merci, Picard. Merci d'avoir tout tent�.
Ah, ce pauvre Tissaigre, notre directeur et ami,
qui repose maintenant en paix, au-dessus de vous.
-J'avais oubli� ce con-l�.
-Pardon ?
-Rien du tout, M. le Pr�sident. L'�motion, ce pauvre Tissaigre.
-M. Picard ?
Oh, pardon.
Vous voulez me frotter le dos, j'y arrive jamais.
-C'est la jeune fille au pair.
Elle est bretonne.
-Nous montons nous recueillir.
-Dominique...
-Non ?
-Tissaigre, pour une fois, arr�tez de faire du z�le !
Musique triste
...
-Pas la peine de te mettre dans des �tats pareils.
Je suis l�. Hein ?
-Je sais bien, Eug�ne.
Je sais que c'est qu'un feuilleton.
C'est plus fort que moi, �a me fait pleurer.
On sonne � la porte.
-Ah, comme c'est gentil !
...
-Tissaigre.
-M. le Pr�sident ? -Vous �tes tr�s timide.
-Oui.
Musique surnaturelle
...
-Faudra m'expliquer comment vous faites.
-Y a un truc !
-Si on savait seulement lequel.
Un coup, �a veut. Un coup, �a veut pas.
-Oh, non !
-Quoi, "oh, non" ?
...
-Oh, non !
-Mais o� va-t-il ?
-Rien.
-Je ne dirais pas regretter m'�tre d�rang� pour rien,
mais il aurait pu pr�venir.
On sonne � la porte.
...
-Oh, non.
...
-Picard ! Picard.
Vous m'avez averti du malaise qui a terrass� ce pauvre Tissaigre.
-Je croyais bien faire, Monsieur.
-Picard !
Je ne dirais pas �tre venu pour rien,
mais la mort, c'est s�rieux.
-Alors, on ne joue plus ?
Oh, pardon.
Dommage, on s'amusait bien.
-C'est... c'est la jeune fille. -Je sais !
Elle est bretonne.
-Picard, ou bien un miracle s'est produit,
ou bien vous m'avez menti,
ou bien votre information n'�tait pas v�rifi�e.
Et venant d'un professionnel...
d'un professionnel de l'informatique,
je vous avouerai que...
je suis d��u, mon cher Picard.
Je suis...
tr�s d��u... mon... petit... Pi...card.
-M. le Pr�sident, mon ami Berger.
...
-Picard !
Picard ! Demain matin 10h � mon bureau !
Alors !
10h !
-Oh la la la la. -Mais arr�tez de geindre.
Vous �tes nantis de pouvoirs sauvages
qu'il faut simplement tenter de domestiquer.
-Le pr�sident a aussi des pouvoirs sauvages
et va me virer.
-Ne vous affolez pas, mon cher Julien,
tout �a n'est qu'une question de respiration.
-Ah bon ? -Eh oui !
Revenons-en aux bons vieux moyens m�caniques.
Au lieu d'�tre soumis � nos impulsions,
eh bien, nous allons les dominer : allez, debout, allez.
Je suis s�re que vous respirez trop vite.
Allez, avec moi.
Ils inspirent.
Vous bloquez.
Vous ne pensez � rien.
Et vous d�bloquez.
-Je veux pas.
-Non, je vous en prie. Allez, on s'applique.
A quelle heure vous attend votre tortionnaire ?
*-M. Stumph-Bachelier rappelle � M. Picard,
*qu'il l'attend � son bureau � 10h tr�s pr�cise.
-Bon. Pouvoir contre pouvoir.
Sort contre sort.
Faites-moi le plaisir de vous concentrer
sur cette pendule.
Echo f��rique
On se concentre.
On ne veut pas qu'il soit 10h.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on fait, Julien ? ...
-Remonter le temps.
-Ca marche !
Elle rit.
-Une mise en cong� d�finitive me co�terait une fortune.
*-Mexico sur la premi�re, New York sur la 2.
-Quelle heure ? -9h40, M. le Pr�sident.
-Si je pouvais le coller au plafond.
-Non, Julien, n'abusez pas.
Certes, vous avez les dons du m�dium,
la puissance du gourou, mais vous n'�tes pas pr�par�.
-Non ? -Mais non.
Seules la puret�, l'asc�se, la recherche du bien
donnent leur puissance aux ma�tres, ne l'oubliez pas.
Vous avez un long chemin � faire avant de vous affirmer.
En attendant, la concentration est votre seule arme.
Allez, concentrez-vous !
Echo f��rique
Bravo !
-Bon, tr�s bien.
Cas Picard, termin�.
Il descend de 3 �tages, � l'entretien du mat�riel.
Quelle heure est-il ?
-9h30, M. le Pr�sident.
*-Mexico sur la premi�re, New York sur la 2,
*Tokyo sur la 3.
-Passez-moi l'horloge parlante.
*-Au quatri�me temps, il sera exactement...
*10h00.
-Vous m'avez demand�.
-Monsieur
Picard !
-Oui.
Echo f��rique
Picard, asseyez-vous,
je vous en prie.
Monsieur Picard !
Apr�s des outrances impardonnables
Echo f��rique
J'ai d�cid� de ne pas rester une minute de plus
dans cette sale bo�te qui pue le renferm�,
o� je m'emmerde depuis un demi-si�cle.
A raison de 8 heures par jour, � refaire
les m�mes gestes.
Entour� des m�mes imb�ciles qui me d�bitent les m�mes
fadaises.
Je propose un tour au bois.
Venez, Picard, nous y serons plus � l'aise
pour discuter de tout �a.
-Je vous en prie, M. le Pr�sident, apr�s vous.
-Je ne sais pas quel sortil�ge vous exercez
sur tout le monde, mais m�fiez-vous.
Je vous louperai pas.
Tintements magiques
-Qu'est-ce que je fous ici, moi ?
Francine, vous me ferez une note de service.
Ca me co�tera ce que �a me co�tera, mais je le fous � la porte !
Quoi ! Echo f��rique
Ce n'est pas d'hier, mon Picard, que j'ai jug� vos capacit�s.
Et je suis surpris que mes proches collaborateurs,
ces cons,
n'aient pas jug� bon
d'�largir le cadre de vos activit�s.
-M. le Pr�sident. -Non.
En dessous, 3 �tages, entretien du mat�riel.
Taisez-vous !
J'ai toujours pens� que vous valiez mieux
que le poste que vous occupez.
La maison a besoin d'une grande comp�tence,
comme la v�tre.
Aussi, je vous nomme au poste de M. Tissaigre :
SECU. A dater de ce jour.
-Aux appointements de 16 000 francs par mois, M. le Pr�sident.
-Oui, mon Picard, aux appointements de 16 000 francs par mois !
-Francine, vous avez entendu M. le Pr�sident.
Passez une note � tous
les chefs de service.
-Oui -Tous.
-Oui, M. le Directeur.
-Si nous allions au bois, M. le Pr�sident ?
-Oh...
Comme vous dites �a �l�gamment, mon cher Picard !
Pardon. -Pardon.
Musique anim�e
...
-J'aime autant vous dire, mon vieux Picard
que pour occuper un poste comme le mien,
il faut �tre un sacr� salaud.
-Y a s�rement des exceptions. -Aucune !
Il rit.
Quand des abrutis viennent vous dire
que je suis parti de rien,
que je dois ma fortune � mon seul boulot,
laissez-moi me marrer.
Si y avait que �a, on vaudrait pas cher.
Vous le savez, vous qui vous d�foncez toute l'ann�e !
Comme ces millions de connards
qui n'auront m�me pas de quoi se payer
une cabane � Pantin ou � Villejuif.
Alors qu'on est des tas d'ordures.
A entasser des millions � ne savoir qu'en foutre.
Vous voulez un roudoudou ? -Non, merci, M. le Pr�sident.
On sonne � la porte. -J'arrive, j'arrive !
-Bonjour, Madame. -M. le Pr�sident !
Oh, Julien, voyons !
-Non, non, laissez, Madame, laissez, je vous en prie !
Quand on a un collaborateur
comme votre mari, on est trop content.
-M. le Pr�sident !
-Vous connaissez Mme Tissaigre ? -Si je connais...
Vous foutez quoi
en deuil, vous ?
Il est pas mort.
-Par ici,
M. Le Pr�sident.
-Je viendrai vous voir apr�s d�jeuner.
-Oui, oui, au revoir.
-Je file de la soie
Avec mon petit doigt Pour faire un jupon
A J�sus mon mignon
-N'�pluchez pas les pommes de terre !
-Madame, �a m'amuse !
Qui l'a �t� c'est le p�ch� -M. le Pr�sident.
-S'il te dit, M. le Pr�sident, que �a l'amuse.
-Quand on est oblig�, comme moi,
de se taper la cloche tous les jours dans un grand restaurant,
on est tout content de se retrouver en famille.
Surtout qu'� rien foutre, on se fait chier.
-Bon, pendant ce temps, je vais mettre les couverts.
-Continuez, M. le Pr�sident, je reviens tout de suite.
-Pour que �a ne se voit pas
Elle avait mis par-dessous -Continuez.
Il fredonne.
...
-T'es fou, non ?
-Je passe � 16 000 francs par mois !
-16 000 francs ?
-Et ce n'est qu'un d�but.
-Les steaks, vous les voulez comment ?
-Saignant, M. le Pr�sident ! -Voil�, c'est �a, tr�s bien.
N'oublie pas que c'est ton larbin. Et fais pas cette t�te.
-D�sol�e, mais un pr�sident aux fourneaux,
tu m'as pas habitu�e.
Il chantonne.
-C'est chaud !
...
Ca va !
...
Voil� !
Mangez, mes enfants, pendant que c'est chaud.
...
-Je suis confuse, M. le Pr�sident.
-Jamais j'ai �t� aussi d�tendu. Ca me rappelle le bon temps.
Parce qu'apr�s la guerre, comme emmerdements, pardon.
J'ai mis des herbes, �a donne bon go�t.
-Epatant, M. le Pr�sident.
-Voyez-vous, ch�re Madame, mon pognon, au d�part,
je l'ai gagn� honn�tement,
avec les Allemands.
J'ai trop sal� mes frites?
-Non, pas du tout, M. le Pr�sident.
-La lib�ration,
alors l�...
A cause d'un petit con.
"Je sais tout !", qu'il gueulait.
"Stumph est un vendu, Stumph est un pourri !
"Le mur de l'Atlantique, c'est lui qui l'a construit."
Vous mangez rien, Picard ?
-Je n'ai pas tr�s faim, M. le Pr�sident.
-Ca va pas, mon ch�ri. Tu es tout p�le.
-Mais si, mais si. Continuez, M. le Pr�sident.
-C'est la mauvaise foi des gens. Le mur, je l'avais pas construit.
-Ca alors !
-Je l'avais peint. Oui, Madame. Peint, peint et repeint.
Pendant presque plus de 3 ans.
Pas seulement le mur de l'Atlantique,
mais tous les murs de toutes les Kommandanturs.
Alors, ces cons-l�, pourquoi ils m'ont pas cru ?
-Laisse.
Laisse, Th�r�se, M. le Pr�sident va d�barrasser.
-Oui, laissez, petite Madame, laissez.
Enfin, �a s'est bien termin� et je suis l�.
...
-Julien, arr�te.
-Qu'est-ce que tu pr�f�res, du Limoges ou du Lun�ville ?
-Que pr�f�rez-vous ?
Echo f��rique
Du Limoges...
...
ou du Lun�ville...
...
-Julien !
Gr�sillement Ah ! C'est vous !
C'est vous !
-Je passais, je suis venu pour un caf�.
-Un sucre ou 2 ? -Julien !
Echo f��rique
Julien, Julien !
...
-Allez !
...
-Julien.
-C'est rien.
-Picard ! Madame Picard !
Je vous somme de me dire ce que je fais ici, chez vous.
Si c'est un kidnapping, vous n'aurez pas un sou !
-C'est vraiment un sale con.
-Madame Picard !
Echo f��rique
Madame...
Vous permettez que je vous appelle Th�r�se ?
Vous �tiez si mignonne, si jolie,
si dodue...
hier, toute nue, au plumard.
Il hoquette.
-Cochon ! Cochon !
-Je vous demande pardon.
-Au lieu de t�l�pather des insanit�s,
faites-le t�l�phoner.
Que le contrat Picard soit sign� avant ce soir.
-Je peux passer un coup de fil ? -Oui, dans la chambre du fond.
-All�, Fitz, ici Stumph. Pr�parez-moi le contrat Picard.
Bien oui, le contrat Picard !
Je veux qu'il soit � la signature avant ce soir.
Echo f��rique
-Ca y est, je l'ai m�me envoy� signer le contrat.
-Julien, l�ve-toi ! L�ve-toi !
-Ah, Berger, je ne sais pas ce qui s'est pass�,
mais � trop t�l�pather, j'ai d� me d�charger.
-Recharge et fonce !
Stumph s'est tir�, le contrat est pas sign�.
Il s'�touffe. -Quoi ?
Venez avec moi, Berger.
Et si je reste en panne, vous me relaierez !
Musique anim�e
...
-O� est le bureau ?
-Porte de Bagnolet.
Je suis tr�s prudent, mais attachez votre ceinture.
...
Crissement des pneus
Vous n'auriez pas d� le laisser partir.
-Tout a �t� si vite.
Echo f��rique
...
Charlesia Alexis, "Papiyon dor�"
...
Echo f��rique
Crissements de pneus
Echo f��rique
...
-On a d�pass� la Porte de Bagnolet.
J'ai d� rater la sortie. Ah, oui !
-Faudrait se renseigner.
...
La Porte de Bagnolet ?
-Troisi�me embranchement � droite. -Merci !
...
3e embranchement � droite. -Non, il a dit 4e embranchement.
-Non, troisi�me. -Je vous dis 4e, redemandez-lui.
-D'accord, mais troisi�me.
...
S'il vous pla�t.
-Pour la Porte de Bagnolet, 3e ou 4e embranchement ?
-A la mer, c'est la 3e � droite.
-Sympas, les routiers !
...
Echo f��rique
Le policier siffle.
Crissement des pneus
Klaxons au loin
...
-Dites donc, vous, on peut pas faire �a.
-Si.
-On ne peut pas. -Si.
Suffit d'y penser.
-Eh bien, vous y penserez au commissariat.
...
Il leur suffit de penser.
-De penser ?
Et maintenant, si vous pensez ?
Hein ?
-Bien...
Musique douce
...
-M. Stumph-Bachelier.
Picard et Berger ne sont plus envo�t�s.
Mais � l'�poque o� ils �taient sous l'influence des sorciers,
vous avez bien eu quelques ennuis ?
-Bien s�r, bien s�r.
Tout n'a pas toujours �t� rose entre nous.
Il arrivait parfois qu'il me fasse des mis�res.
N'est-ce pas ?
Il rit.
Mais tout est rentr� dans l'ordre.
-On se sera quand m�me bien marr�s ?
-Depuis des ann�es, j'avais d�cel�,
chez ce gar�on, des qualit�s hors du commun
-Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !
-En envoyant Picard dans l'oc�an indien,
vous aviez donc tout pr�vu.
-Tout.
-Sauf certaines bavures.
-Julien a retrouv� la sagesse.
Il reste le guide, le phare,
le proph�te de l'Informatique Bachelier.
-Dont vous �tes le chef de rayon.
-Chassez-moi cette folle. -Folle, non : Lucide.
-Picard et Berger viennent d'�crire la Bible du 21e si�cle.
Le Coran des galaxies !
Elle rit.
Il rit exag�r�ment.
-Le best-seller du diable.
R�cup�r� et �dit� par l'Informatique Bachelier.
-Elle m'emmerde.
-C'est normal qu'ayant c�d� � la tentation et au mal,
ils soient retomb�s dans leur m�diocrit� !
-Vas-y Papa, allez.
-Ces 2 malheureux sont devenus le jouet de la cupidit�.
des merchandising.
C'est normal...
(Vois d'homme) qu'ils aient perdu leur pouvoir.
Cri aigu
(Voix d'homme) Normal qu'ils soient sans pouvoir.
(Voix d'homme) Normal qu'ils soient sans pouvoir.
Oh !
-Bravo, papa.
Ils rient.
...
Ils continuent de rire. Musique dramatique
Petit rire moqueur
Charles Alexis, "Papiyon dor�"
...
...
...
...
...
...
...
...
...
...
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