All language subtitles for Tess.1979.Criterion.Collection.720p.BluRay.DTS.x264-PublicHD.FR

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional) Download
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian Download
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish Download
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Bonsoir, Sir John.

Faites excuse, monsieur.

On s'est rencontré sur cette route, l'autre jour

moi, j'ai dit : "Bonsoir"

et vous : "Bonsoir, Sir John".

Cela se peut.

De même ce soir.

En effet.

Pourquoi Sir John, quand je ne suis que Durbeyfield, le revendeur ?

Simple lubie ! Je suis le pasteur Tringham... au fait !

J'ai découvert vos origines dans les archives,

pour l'histoire du comté.

Les antiquités m'intéressent.

Durbeyfield, vous descendez en droite ligne

des Chevaliers d'Urberville.

L'ignoriez-vous ?

Je ne le savais pas.

Levez la tête, que je saisisse votre profil.

Le nez et le menton d'Urberville.

Un peu dégénérés, mais malgré tout...

Nom d'un nom !

D'après les archives, vous descendez de Sir Païen d'Urberville

qui vint avec Guillaume le Conquérant.

Et je mange de la vache enragée depuis des années !

Je croyais que vous en saviez quelque chose.

J'ai bien une vieille cuiller en argent et un cachet gravé

mais je ne m'en suis jamais soucié.

Où on demeure, les d'Urberville, à présent ?

Nulle part.

Vous gisez dans vos caveaux de famille,

à Kingsbere-sub-Greenhill

avec vos effigies sous des baldaquins de marbre.

Et où sont nos châteaux ?

Vous n'en avez pas.

Pas de terres, non plus ?

Aucune ?

Vous en possédiez en abondance, jadis.

Mais qu'est-ce que je peux faire ?

Ah... cela...

Rien à faire ?

Rien de rien.

Si ce n'est que vous humilier, en songeant

combien les puissants sont tombés !

Bonne nuit... Sir John.

Si on prenait

une bière ensemble.

Elle est fameuse, à la "Bonne Rasade".

Mais moins bonne que chez Rolliver.

Sir John d'Urberville.

Voilà qui je suis.

Qu'est-ce que c'est ?

Le bal champêtre annuel !

Où sont vos cavaliers ?

Ils n'ont pas fini le travail. Ils ne vont pas tarder.

Voulez-vous êtes des nôtres ?

Volontiers, mais un garçon ne suffira pas.

C'est toujours mieux que rien.

Danser n'est pas drôle, si on ne vous pince pas la taille !

- Que vas-tu faire ? - Je veux m'amuser. Venez !

Non, quelle sottise ! Suppose qu'on nous voie !

Continuez ! Ne m'attendez pas, je vous rejoindrai.

Seigneur ! Mais c'est ton père qui rentre en chariot !

Dans tout le Wessex, personne n'a des squelettes aussi nobles !

Père est fatigué.

Il a pris le chariot parce que notre cheval est mort.

Tu le sais bien.

J'ai des rangées d'ancêtres chevaliers !

Je suis contente que tu sois revenue.

Où vas-tu ?

Me changer pour vous aider.

Attends ! Il faut que je te raconte.

On a découvert qu'on est de la plus grande noblesse du comté

venant de très loin, d'avant Oliver Crumble

aux temps des Turcs païens

avec des monuments, des caveaux, des écussons

des armoiries, et Dieu sait quoi encore !

C'est pour ça que Père a fait une telle mascarade ?

Notre vrai nom, c'est d'Urberville.

Alors, s'il est rentré en voiture, c'est pas qu'il a bu.

Où est-il, maintenant ?

Un pasteur lui a raconté la généalogie.

Mais où est-il ?

A dire le vrai,

il était tant agité, qu'il est allé chez Rolliver prendre des forces.

Des forces au fond d'une chope de bière !

Bon. Je vais le chercher. Je reviens tout de suite.

Sois donc gentille, couche les loupiots.

La voilà.

C'est ça ?

La cuiller est petite

mais la famille était grande !

Jack, j'ai un projet.

On avait des terres, des châteaux...

Ecoute-moi donc !

Ça va-t-y rapporter ?

C'est bon d'être parent à un carrosse, même sans rouler dedans.

J'ai réfléchi, depuis la nouvelle.

J'ai un projet.

Au fait, femme

retrouve-moi ce foutu cachet, ou tu auras affaire à moi !

Écoute

il y a une grande dame du nom d'Urberville, près de Trantridge.

Elle n'est rien, comparée à nous.

Une branche cadette, sans doute.

Je parie qu'elle ne va pas si haut que le roi Normand !

Peut-être bien, mais elle est riche.

Ça nous fait une belle jambe !

Sait-on jamais. Il faut envoyer Tess se réclamer d'elle.

Se réclamer ?

Pourquoi que deux branches d'une famille

ne se feraient pas visite ?

Ça la mettrait sur la voie d'un bon mariage.

Alors, qu'elle y aille dès demain. Arrosons ça !

Ah, te voilà ma chérie. On allait partir.

Vous voulez que je fasse la mendiante !

Mendiante ? Que racontes-tu là ?

Ils sont de la famille !

S'ils étaient dans le besoin, je les accueillerais avec joie.

Il faut prendre de bon gré les hauts et les bas.

Tu dois aller lui demander de l'aide dans nos embarras présents.

Si cette dame daigne me recevoir

encore heureux qu'elle soit aimable.

N'espérez pas qu'elle nous aide.

Taratata ! Belle comme tu es,

tu pourrais la persuader de n'importe quoi.

J'aimerais mieux trouver de l'ouvrage.

Durbeyfield, décide, toi !

Si tu dis qu'elle doit y aller, elle ira.

Dis-moi, fillette, veux-tu aller

chez Madame notre parente ?

J'aimerais mieux pas.

Voilà ! Elle ne veut pas !

Mes enfants n'ont pas à être les obligés de parents inconnus.

Je suis le chef de la plus illustre branche de la famille.

Et je tiendrai mon rang !

Tu fais bien le malin avec tes ancêtres.

C'est pas eux qui nous paierons un autre cheval !

Mais c'est tout neuf !

Eh bien, ma belle... que puis-je faire pour vous ?

Je suis venue voir Mme d'Urberville.

Hélas, c'est impossible, elle est infirme.

C'était pour affaires ? Je suis son fils.

Ce n'était pas pour affaires, c'était...

Je sais à peine pour quoi.

Mais pas pour affaires, monsieur.

Pour le plaisir, alors ?

Oh non, monsieur.

C'est tellement fou...

je ne saurais le dire.

Qu'importe ! J'aime les folies.

Essayez.

Je suis venue, Monsieur, vous dire que

nous sommes de la même famille.

Des parents pauvres ?

Stoke ?

Non, d'Urberville.

Oui, d'Urberville, bien sûr.

Dites-moi

aimez-vous les fraises ?

- Oui, quand c'est la saison. - Ici, ça l'est déjà.

Notre nom, c'est Durbeyfield, mais

il est prouvé que nous sommes des d'Urberville.

Des antiquaires le soutiennent

alors, mère a voulu qu'on se fasse connaître

car notre cheval est mort, et...

nous sommes de la plus vieille branche.

Je comprends.

Ainsi, vous êtes venue nous faire une visite de courtoisie

de parente à parents.

J'imagine.

Ma foi... il n'y a pas de mal à cela.

J'aimerais mieux la prendre dans ma main.

Ne soyez pas si farouche, jolie cousine.

C'est la place idéale... croyez-moi.

Ça fera de vous un vrai bouquet !

Ça pique !

Ah cousine ! Il faut souffrir pour être belle.

Je n'ai pas grand faim, je vous assure.

Baliverne !

Il faut manger avant de partir.

La route est longue.

Je verrai ce que je puis faire pour vous.

Mais Tess

pas de bêtises à propos de d'Urberville.

Durbeyfield seulement, d'accord ?

C'est un nom tout autre.

Je n'en désire pas de meilleur.

..."et en ce qui concerne votre fille, suite à sa visite,

"nous vous informons de notre désir

"de la prendre éventuellement à notre service

"pour l'entretien d'un poulailler

"de conception moderne.

"Après une période d'essai, si votre fille donne...

"donne satisfaction

"nous lui garantissons une chambre confortable et de bons gages.

"Une prompte réponse nous obligerait infiniment."

Ainsi donc, tu les as conquis ?

Faites-moi voir cette lettre.

Qui l'a écrite ?

Qui ? Mme d'Urberville, pour sûr.

Regarde la signature.

Moi, m'occuper d'un poulailler ?

Je ne sais pas si je dois y aller.

La volaille !

C'est une habileté pour te faire venir sans te donner trop d'espoirs.

Elle va te reconnaître pour parente.

Le cachet ! Il est là !

Le même que le nôtre !

Regarde bien.

Un lion bondissant, avec un château au-dessus.

Pas de doute, fillette,

Mme d'Urberville a reconnu son sang.

Mais je ne l'ai même pas vue !

Tu ne pensais pas qu'elle te sauterait au cou,

infirme comme elle est !

Et puis, son fils t'a reçue.

Il t'a appelée "cousine", n'est-ce pas ?

J'aimerais mieux rester avec vous.

Au revoir, Père.

Alors, tu t'en vas ?

Oui. Au revoir, Père.

Au revoir, ma fille.

Tu es bien belle.

Dis-lui donc, à ton cousin

je lui vendrai le titre.

Oui... mais à un prix raisonnable.

Pas à moins de mille livres !

Oui. Dis-lui que j'accepterai mille livres.

Bien que, maintenant que j'y pense

je lui cède à cent.

Non, foin de vétilles !

Cinquante... vingt livres... mais pas un sou de moins.

Il s'agit de l'honneur de la famille !

Allons, il faut y aller.

Je veux faire un bout de chemin avec Tess.

Moi aussi, puisqu'elle part épouser le cousin noble.

Je ne veux plus entendre ça !

Mère, pourquoi leur avoir mis cette bêtise en tête ?

Elle va travailler pour une riche parente

et nous aider à acheter un nouveau cheval.

Mère, je voudrais que notre Tess

soit pas partie pour être une dame !

C'est ce monsieur qui va épouser notre Tess ?

Si Dieu le permet,

ce sera celui-là.

Lâchez mon bras ! Tenez-moi par la taille !

Ingrate !

Le danger passé, vous m'abandonnez.

Le danger vient de votre bêtise.

Fi donc ! Voilà de l'humeur !

Au sommet d'une côte, il faut bien redescendre !

Mais pas au galop !

C'est une fille robuste comme vous qui demande ça ?

Je descends toujours au galop.

Rien de tel pour vous fouetter le sang.

Peut-être n'est-ce plus nécessaire ?

Peut-être. Cela dépend.

Si je pose un baiser sur ces lèvres rouges ou cette joue satinée

j'irai à une allure d'escargot. Juré !

Mais je ne veux pas être embrassée !

Arrêtez ! Je vous en prie !

Bien. Faites ce que vous voulez, ça m'est égal.

Je croyais que vous protégeriez une parente.

Au diable la parenté !

Vous êtes bien susceptible pour une paysanne.

Vous êtes encore plus jolie sans.

Allons, remontez !

Vous ne voulez pas ?

Non. J'irai à pied.

Mais il y a deux lieues d'ici à Trantridge.

Il y en aurait vingt que je m'en moquerais !

Méfie-toi de Dollop l'intendant, c'est un chameau.

Quant à M. Alec, ou il monte à cheval, ou il nous court après.

Sa mère, malgré ses manies, n'est pas exigeante.

C'est une grâce qu'elle soit aveugle.

Mme d'Urberville est aveugle ?

Plus qu'une taupe.

En réalité, ils s'appellent Stoke.

Comment ça ?

C'est une idée du père de M. Alec.

Il a acheté ce nom pour faire l'important.

Qu'est-ce que vous faites ?

Madame attend !

Vite, vite, j'avais complètement oublié !

Attrape Phéna, là...

Et... et celui-là.

Alors, c'est vous, la nouvelle.

Eh bien, où sont-ils ?

Celui-là, c'est Strut.

Il ne paraît pas si éveillé aujourd'hui... n'est-ce pas ?

Cela l'effraie d'être soigné par une main étrangère.

Ils ont un peu peur. Pas vrai, mes mignons ?

Peu importe. Ils seront bientôt habitués à vous.

Savez-vous siffler ?

Oui, siffler... des airs.

Un peu.

Il faudra vous exercer tous les jours.

J'aime mes poules

mais il y a aussi mes bouvreuils.

J'avais un garçon qui sifflait fort bien, mais il est parti.

Ils ont été un peu négligés.

M. Alec leur a sifflé ce matin.

Oh, lui !

Ni l'art, ni la nature, n'ont jamais rien produit d'aussi beau que vous.

Cette jolie bouche faisant la moue, et soufflant

sans sortir une seule note !

Cela fait partie de mon travail.

Je vais vous apprendre.

Je ne vous toucherai pas ! Voyez, je reste là.

Maintenant, regardez-moi.

Ne serrez pas trop fort les lèvres.

Faites comme ceci.

Soufflez doucement.

Essayez encore.

Voilà.

Vous ferez des merveilles, maintenant que je vous ai lancée.

Tess, ne trouvez-vous pas ma mère un peu... singulière ?

Je la connais à peine.

Je ne suis pas dans ses papiers, en ce moment

mais vous aurez ses faveurs

en dorlotant bien ses bestioles.

Si vous avez des difficultés

n'allez pas trouver Dollop. Venez me voir.

Tu viens donc pas danser ?

Je suis morte de fatigue. Quand rentrez-vous ?

Bientôt, bientôt !

Eh bien, ma mignonne, que faites-vous ici, à cette heure ?

Je les attends. La route ne m'est pas familière.

Je n'ai qu'un cheval de selle

Non, non. Merci. J'ai promis de les attendre.

Très bien... petite sotte. Comme il vous plaira.

Qu'est-ce qui te coule dans le dos ?

Ben, je vais vous le dire

c'est de la mélasse !

Tu oses rire de moi, sale garce !

Pas plus que les autres.

Tu te prends pour la reine de Trantridge

parce que tu es sa première favorite !

Elle a rien dit de mal, laisse-la !

Attends un peu ! J'en vaux bien deux comme toi !

Si j'avais su les sales gens que vous êtes

je ne me serais jamais abaissée en votre compagnie.

Elle ne te plaît pas ?

Pourquoi ce tapage ?

Vite, montez derrière moi !

De la poêle à frire, elle est tombée dans le feu !

Où sommes-nous ?

Dans la forêt de la Chasse.

La forêt de la Chasse ?

Ce n'est pas du tout le chemin.

Cette forêt est une des plus belles d'Angleterre.

Ne mérite-t-elle pas d'être contemplée

dans la splendeur divine d'une nuit comme celle-ci ?

Oui, mais...

Pas de "mais". Soyez gentille.

Je serai honnête envers vous :

Je suis heureux, et j'essaie de prolonger ces instants.

Vous frissonniez tout à l'heure.

A présent, je sens votre chaleur contre moi.

Avez-vous encore froid ?

Non. Plus maintenant.

Je vais laisser ma bête aller un peu au pas.

Nous irons plus vite quand elle sera reposée.

Dites-moi, comment va le cheval de vos parents ?

Ils n'en ont pas.

Ils en ont un, depuis lundi dernier.

Vous avez...

Excusez-moi d'en avoir parlé.

Je croyais qu'ils vous l'avaient écrit.

Je ne sais que dire...

Ce n'est rien.

Je savais ce que représentait un cheval pour votre père.

En vérité, c'est vous qu'il devrait remercier.

Je vous suis reconnaissante, du fond du cœur, mais...

je voudrais presque que vous ne l'ayez pas fait.

Oui, presque !

Est-ce un reproche ?

C'est très gentil, bien sûr.

C'est l'enfer pour moi, depuis votre arrivée.

Je vous quitterai dès demain.

C'est absurde !

Je ne veux pas que vous partiez.

C'est la dernière chose que je désire !

N'ai-je aucun espoir ?

Pas le moindre ?

Tess...

Pardonnez-moi.

Je vous en prie, pardonnez-moi ! Avez-vous mal ?

Ce n'est rien, ce n'est rien.

Vous saignez !

Mon Dieu...

comment ai-je pu faire une chose pareille ?

C'est moi !

Ne soyez pas idiote, ouvrez-moi !

Vous allez m'obliger à faire du bruit !

Ma mère a l'oreille fine, elle va entendre.

Cessez ce jeu stupide, chérie, ouvrez !

Pourquoi vous enfuir... comme un voleur

de si bon matin ?

Personne ne vous aurait retenue.

Laissez-moi vous reconduire chez vous.

A moins que vous ne vouliez revenir ?

Je ne reviendrai pas.

Pourquoi pleurez-vous ?

Je pensais seulement

que je suis née là-bas.

Il faut bien naître quelque part !

Je voudrais n'être jamais née

ni là, ni ailleurs.

Votre mélancolie est absurde, Tess.

Vous valez en beauté n'importe quelle femme, noble ou non.

Je vous le dis en homme pratique. Qui vous veut du bien.

Il serait sage que vous la montriez un peu plus,

avant qu'elle ne se fane.

Pourquoi ne pas profiter de la vie ?

Nous n'étions pas si mal ensemble.

J'ai été éblouie, c'est tout.

Toutes les femmes disent cela.

Comment osez-vous parler ainsi ?

Ce que toutes les femmes disent

certaines le ressentent, non ?

J'ai eu tort.

Arrêtez. Je veux descendre ici.

Je suis un mauvais sujet. Sacrément mauvais !

Je suis né mauvais, et il est probable que je mourrai de même.

Écoutez, Tess, si en certaines circonstances...

vous comprenez...

vous aviez le moindre ennui, la moindre difficulté...

sur un mot de vous,

vous aurez ce qu'il vous faut par retour du courrier.

Vous ne reviendrez vraiment pas ?

Adieu, ma cousine de quatre mois.

Elle a beau dire qu'elle le déteste

et voudrait être au cimetière avec lui,

elle l'aime cet enfant !

Pauvre loupiot ! Il ne tiendra pas longtemps.

C'est pour quoi ?

Pour quoi ? Mais pour l'enfant, bien sûr !

Je dois le baptiser avant que Dieu ne le rappelle à lui.

Quel enfant ?

Les miens sont tous baptisés. Vous devriez le savoir.

Ne jouez pas au plus fin avec le Seigneur.

Je ne joue pas, Monsieur, je travaille

comme une bête de somme.

Dites-le au Seigneur de ma part.

Mon petit se meurt.

Que cela te plaise ou non, cet enfant est né

il est là, sous mon toit !

Pas vrai !

Reprenez-vous ! Laissez entrer le Pasteur !

Il ne mettra pas les pieds ici !

Il y a déjà assez de honte sur mon nom !

Dieu de miséricorde

ayez pitié de lui !

Que votre colère s'abatte sur moi

mais ayez pitié de mon enfant !

Mon enfant...

Je dois vous demander quelque chose.

Parle, ma fille, je t'écoute.

Nous partageons ta douleur, mon enfant.

Nous faisons tous partie du corps souffrant du Christ.

Mon fils a été baptisé.

Baptisé ? Par qui ?

Par moi, la nuit dernière.

Comment as-tu procédé ?

J'ai réveillé mes frères et sœurs, et les ai fait prier à genoux.

Liza-Lu tenait la Bible, et j'ai allumé la chandelle.

Et puis ?

J'ai tenu mon enfant comme ceci, au-dessus de la cuvette...

j'ai versé de l'eau sur son front en disant :

Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

As-tu tracé le signe de la Croix ?

Oui, je l'ai fait.

Ce sera pareil que si vous l'aviez baptisé ?

Au regard de Dieu, je veux dire ?

Oui, ma chère enfant, pareil.

Alors, vous l'enterrerez chrétiennement ?

C'est une autre affaire.

Une autre affaire ? Pourquoi ?

Parce que cela concerne toute notre communauté

et non pas nous deux. Tu comprends ?

Ne le ferez-vous pas ? Rien qu'une fois ?

Impossible.

Je vous en supplie !

Je t'ai dit que c'est impossible.

Alors, je ne vous aime pas !

Je n'irai plus jamais à votre église. Jamais ! Jamais !

Monsieur Crick !

Déjà arrivée ? On vous attendait pas avant demain.

Netherbury, c'est loin d'ici.

Marlott. Je viens de Marlott.

Ah oui ! Marlott. C'est encore plus loin.

Vous tiendrez le coup, ici ?

C'est bon pour les paysans,

mais on ne reste pas sous la cloche à concombre !

J'ai l'habitude.

J'ai connu votre pays, quand j'étais gamin.

Bon, au fait...

Vous voulez vous reposer et manger ?

Je préfère me faire la main d'abord.

Allons... vous devez être affamée !

Non, merci. Un peu de lait me suffira.

Ben, si vous pouvez avaler ça, allez-y !

J'y ai pas touché depuis des années.

Ça pèse sur la panse comme du plomb !

A mon idée, elles ne donnent pas comme d'habitude.

Elles sentent qu'il y a une nouvelle.

C'est déjà arrivé.

On dit que le lait

leur monte dans les cornes, quand c'est comme ça.

On se croirait au Moyen-Age !

Je ne fais pas de grands progrès.

Doucement, monsieur. Doucement !

Faut de l'adresse, point de la force !

C'est aussi l'avis de mes doigts !

Madame Crick est trop fière pour traire avec nous.

Mais il ne faut pas se plaindre, on mange à sa faim.

Tu te plairas ici. M. Crick, lui, il est bien aimable.

Il a son banc de famille, à l'église.

"En semaine, le laitier Dick, le dimanche, M. Richard Crick !"

Qui joue comme ça ?

Monsieur Clare.

Il apprend à traire.

Angel Clare qu'il s'appelle.

Angel...

c'est drôle comme nom.

Il ne nous parle pas beaucoup. C'est dommage.

Pourquoi ?

Il méprise les gens du peuple ?

Au contraire. Il se moque souvent des vieilles familles.

Il est très simple.

C'est un fils de pasteur qui s'est mis en tête d'être fermier.

Il a déjà appris l'élevage des moutons.

Et maintenant, il étudie la laiterie avec M. Crick.

Mais qu'est-ce qu'il a contre les vieilles familles ?

Il dit qu'elles sont...

vermoulues.

Ton âme veut sortir.

Non, c'est du pain !

C'est quand on éternue que l'âme risque de s'échapper.

Pour moi, l'âme ne peut pas sortir du corps avant la mort.

Et quand on s'évanouit, Maître Crick ?

C'est autre chose.

L'âme reste où elle est

mais on ne la sent pas.

Quelquefois, on peut la faire sortir de son corps.

Comment cela, fillette ?

Il n'y a qu'à se coucher dans l'herbe, la nuit...

regarder une étoile bien brillante

et puis, la fixer de toutes ses forces

alors, petit à petit, c'est comme si on tombait dans le ciel

à des centaines de lieues de son corps,

dont il semble qu'on n'ait plus besoin.

Pourquoi vous sauvez-vous ainsi ?

Avez-vous peur ?

Oh non, monsieur. Pas des choses du dehors.

Mais vous avez des craintes au-dedans ?

Mon Dieu... oui !

Quelles craintes ?

Je ne saurais dire.

Que le lait aigrisse ?

Crainte de la vie en général ?

Moi aussi... souvent.

La vie, quel casse-tête, n'est-ce pas ?

Peut-être...

vu de cette façon.

Rien à faire. Il ne veut pas prendre !

Si ça continue, faudra que j'en parle au sorcier de Trendle.

C'est pas que j'y crois, remarquez,

mais pour finir, faudra bien en passer par là, non ?

Il y a quelqu'un d'amoureux !

Paraît que ça peut être la cause.

Le Fall, de l'autre côté de Casterbridge

lui, il avait le coup, quand j'étais gamin.

Dommage

qu'il mange les pissenlits par la racine.

Mon grand-père, il allait voir Mynterne

d'Olscombe. Des comme lui, y en a plus de nos jours.

Il y a quelqu'un d'amoureux, je vous dis !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Le beurre veut pas prendre.

Pourquoi ?

Comme il fait chaud, aujourd'hui.

Je serais mieux dehors.

Ne poussez pas !

Il a l'air si triste.

A quoi peut-il penser ?

Pas à nous, tu peux en être sûre.

C'est bien à toi de dire ça, Izz. Je t'ai vue !

Tu as vu quoi ?

L'autre jour, je t'ai vue embrasser son ombre.

Le revoilà !

Chers yeux...

chère figure...

cher Monsieur Clare !

Dire qu'il n'épousera aucune de nous !

Il nous prendra pour traire ses vaches, à tant par an !

- Qu'est-ce qu'on va faire ? - Il faut passer par Stonebridge.

On sera en retard.

Il ne va pas à l'église.

Non, jamais.

Dommage !

On dirait des chats effrayés par l'eau !

C'est que nous sommes en dimanche.

Alors, je vous porterai toutes !

Non, je suis bien trop lourde !

Je pourrais vous porter toutes à la fois.

Tenez-vous à moi... voilà.

Je vais lui passer les bras autour du cou

et je vais le regarder dans les yeux.

Il n'y a pas de mal à ça.

Il y a un temps pour tout

un temps pour embrasser et un temps pour séduire.

Tu n'as pas honte ! C'est dans les Écritures.

J'écoute les jolis versets à l'église.

Si vous m'aidiez

je longerais le talus.

J'ai subi les trois quarts de cette peine rien que pour vous.

Elle est fâchée... elle ne comprend pas, elle va

tout renverser.

Pardonnez-moi, chérie, je ne sais pas ce qui m'a pris.

Je n'ai qu'une excuse.

Je vous aime.

Bonjour, Mercy ! Excusez-moi, je ne vous avais pas vue.

Comment allez-vous ?

Fort bien,

grâce à Dieu.

Vous avez une mine superbe !

Le grand air, sans doute.

Vous venez voir vos frères ?

Sont-ils là ? Je l'ignorais.

Je venais voir mes parents pour une affaire urgente.

Je ne veux pas vous retenir.

J'ai ma chorale qui m'attend.

Excusez-moi, Père, je n'ai pas eu le temps de vous prévenir.

Peut-être ne sais-tu plus écrire ?

Un porte-plume, tu te souviens ?

J'ai apporté quelques provisions.

Du boudin et de l'hydromel.

Du boudin !

Ta mère et moi regrettons d'avoir si peu souvent de tes nouvelles.

Il ne faut pas lui en vouloir. Passer sa vie avec des vaches

rapproche de la nature mais éloigne des études.

N'oublie pas qu'une éducation universitaire n'est rien

si elle ne sert pas la gloire de Dieu.

Elle peut aussi servir la gloire des hommes.

En second lieu.

Et ton apprentissage ?

Il touche à sa fin.

Ce qui compte, c'est la propreté intérieure, non ?

Les deux vont de pair.

Tu vas t'établir à ton compte ?

Dans quel pays ?

Je ne sais pas encore. Aux colonies, peut-être.

Dieu nous en préserve !

Cela conviendrait à ce que j'envisage.

Quelle colonie ?

Le choix est grand.

Ou alors, un pays étranger.

Il y en a où l'on accorde des avantages aux émigrants.

Au Brésil, par exemple.

De mieux en mieux !

Rien n'est décidé, je suis venu en discuter. Entre autres choses.

Si nous buvions une goutte de l'hydromel de M. Crick ?

Oh, pardon... j'avais oublié.

L'alcool est mère de tous les vices.

Maintenant, mon fils, parle-nous en confiance.

Est-ce grave ?

Grave, non. Mais important.

Voilà.

N'est-il pas temps que je songe à me marier ?

En effet, mon garçon, en effet !

Ta mère et moi en parlons souvent.

Vraiment ?

Quelle femme verriez-vous pour un futur fermier ?

Une vraie chrétienne, craignant Dieu.

Qui te serait une aide et un soutien en tout.

Tu n'as pas à hésiter, mon enfant.

Pas à hésiter ?

Épouse celle que ton cœur désire : Mercy Chant.

Peut-être

est-elle un peu trop portée à décorer l'église de fleurs

de dentelles, de babioles, mais

cette puérilité

lui passera.

Mercy est pure et vertueuse.

Oui, pure et vertueuse.

Mais... l'honnêteté m'oblige à vous dire que j'ai d'autres projets.

D'autres projets ?

Absolument.

Mercy Chant vous plaît plus qu'à moi.

Je ne discute pas ses mérites, je parle de mes goûts.

Mon cher petit...

Angel ! N'oublie pas que tu t'adresses à tes parents !

J'en suis conscient.

Je connais celle que je veux épouser.

Elle s'appelle Térésa Durbeyfield.

Père, Mère, je vous respecte tous deux.

Ainsi que Mercy Chant.

Je ne doute pas qu'elle trouve un bon époux. Avec ou sans votre aide.

Quant à moi, ma décision est prise.

C'est vous !

Je vous le demande...

Voulez-vous devenir ma femme ?

Je vous aime de toute mon âme !

Qu'avez-vous ?

Je...

Je ne peux pas.

Je ne peux pas être votre femme.

Ne m'aimez-vous pas ?

Oh si ! Si !

Je voudrais être à vous plus qu'à tout autre.

Mais pardonnez-moi...

C'est le Seigneur

qui a placé ce gentil fils de pasteur sur ta route

sois-en certaine.

Quant à ta question

je dis entre nous, et très net

qu'il ne faut en aucun cas parler de ton malheur passé.

Jamais un mot, mon enfant, surtout pas à lui.

Tess, pourquoi l'idée d'être ma femme

vous déplaît-elle ?

Je n'ai jamais dit ça !

Cela me plairait tant !

Seulement, c'est impossible.

Pourquoi ?

En aimez-vous un autre ?

Suis-je indigne de savoir la vérité ?

Alors ?

Pas maintenant.

Quand alors ?

Plus tard.

Mais pourquoi ?

Je vous le dirai au retour.

Et peut-être cesserez-vous de m'aimer.

Laissez-moi ce délai.

Des Londoniens le boiront

demain matin, non ?

Coupé d'eau, sinon ça leur monterait à la tête.

Des étrangers que l'on ne verra jamais.

Vous m'aviez déjà rencontrée, le savez-vous ?

Moi ?

Et vous n'aviez pas voulu danser avec moi.

C'était à Marlott.

Bien sûr !

C'est incroyable !

Vous vous en souvenez ?

Maintenant, petite fille.

Peut-être n'aurai-je plus jamais le courage, sinon.

Racontez votre fameuse histoire.

"Je suis née à tel endroit, en l'an de grâce..."

Je suis née à Marlott

et j'y ai grandi.

En sixième, j'ai quitté l'école.

On disait que je ferais une bonne maîtresse.

Mais ça n'allait pas chez moi.

Père n'était pas travailleur.

Il buvait...

Et je...

Mes parents...

C'est alors...

que quelque chose est arrivé.

Quelque chose qui a bouleversé ma vie.

On a...

On a découvert que nous n'étions pas des Durbeyfield.

mais des d'Urberville.

Et alors ?

Alors, voilà.

Quoi ?

D'Urberville est une grande famille.

Je sais.

A cause de...

Ayant ce nom, ma mère a pensé...

On m'a envoyée...

J'ai eu...

Quoi ?

Vous détestez les familles nobles.

Ce n'était que cela ?

Ça n'a aucune importance ! Dites que vous serez ma femme.

Dites-le, Tess. Dites-le, mon amour.

Oui, oui, oui.

Ma jeunesse, ma naïveté...

l'étrangeté de ma situation

étaient peut-être des excuses à ma faute.

Mais puisque je l'ai commise

je suis coupable.

Je dois être coupable

puisque Dieu m'a repris mon enfant.

Si ce que je viens d'écrire

n'a pas franchi mes lèvres face à vous

alors que je l'avais répété mille fois dans mon cœur

c'est par peur de vous perdre à jamais.

Par amour de vous

je dominerai cette peur

en vous portant cette lettre.

Quand vous l'aurez, Angel...

la suite de ma vie sera entre vos mains.

J'espère...

Je tremble...

Le bonheur me donne de l'appétit.

Je meurs de faim.

Je vous en prie

je dois vous parler.

Qu'y a-t-il ?

Je veux vous avouer mes fautes.

Toutes !

Après, chérie. Une fois mariés.

J'ai moi aussi des faiblesses à vous confesser.

Je vous demande à tous deux de répondre

comme au jour du Jugement Dernier

quand les secrets des cœurs seront révélés :

Si l'un de vous connaît une raison

qui puisse empêcher ce mariage,

il doit le confesser maintenant.

Veux-tu prendre cette femme pour épouse

et vivre avec elle dans l'état sacré du mariage ?

L'aimeras-tu, la protégeras-tu,

la soutiendras-tu bien portante ou malade ?

Oubliant les autres, te garderas-tu pour elle

aussi longtemps que vous vivrez ?

Oui.

Bienvenue monsieur, bienvenue madame !

M. Plunkett m'a chargée de vous accueillir.

Les chambres louées sont au premier

mais M. Plunkett est à Manchester

et il vous laisse la jouissance de toute la maison.

Vous verrez, c'est très confortable.

Malgré une tendance à l'humidité.

Mais j'ai fait un bon feu au salon.

Pour la nourriture, je vous ai préparé un souper froid.

Avec une bonne bouteille de vin.

Demain, si vous le voulez

je vous apporterai le cidre de mon mari.

Il le fait lui-même.

Les commodités.

Votre chambre à coucher.

Une petite surprise !

Je me suis permis... mon garçon l'a cueilli dans la forêt.

C'est un bon lit. J'espère qu'il sera à votre convenance.

Je vous laisse, à présent. Bonne nuit !

Quels sont mes doigts, et quels sont les vôtres ?

Ils sont tous à vous.

Ouvrez donc.

C'est pour vous.

Des bijoux de famille.

Est-ce pour moi ?

Mais bien sûr !

Vraiment ?

Mettez-les. Mettez-les maintenant !

Mon Dieu ! Que vous êtes belle !

Venez voir.

J'ai une confession à vous faire, mon amour.

Une confession ?

Pourquoi pas ? Vous avez une trop haute opinion de moi.

Écoutez.

Je veux que vous me pardonniez

de ne pas vous en avoir parlé avant.

Je me suis tu par peur de vous perdre.

Je serai bref, chérie.

Peu avant notre rencontre, j'ai vécu à Londres quelque temps.

J'ai connu une femme plus âgée que moi.

C'était une fausse union.

Une union triste.

Elle s'est terminée quelques semaines après.

Voilà, c'est tout.

Me pardonnez-vous ?

Vous êtes si bonne, si douce, j'étais fou de redouter votre ressentiment.

Moi aussi j'ai une confession à vous faire. Un peu pareille.

Vous me direz cela à table. J'ai faim, pas vous ?

Mais je vous dis

que j'ai une confession à faire, comme la vôtre.

Laquelle ?

Je serai aussi brève que vous.

Il s'appelle d'Urberville, comme moi.

Alexander d'Urberville.

Sa famille a racheté le titre. Leur... vrai nom est Stoke.

La fatalité a voulu que je travaille pour ces faux parents

afin d'aider les miens à vivre.

Alec...

Alexander a abusé de moi...

usant de sa force et de ma peur.

Je devins sa maîtresse par désespoir...

sans amour.

Comme la vôtre,

ma triste union se termina quelques semaines après.

Je mis au monde un enfant

qui mourut en bas âge.

Ma vie était perdue jusqu'à ce que je vous rencontre.

Je sors.

Vous ne me pardonnez pas ?

Moi, je vous pardonne.

Oui, je sais.

Mais vous...

vous ne me pardonnez pas ?

Vous étiez une personne, vous en êtes une autre.

Ayez pitié !

Que signifie ce rire ?

Comment pouvez-vous me parler ainsi ?

Cela m'épouvante.

Comment pouvez-vous ?

Vous n'êtes pas la femme que j'ai aimée !

Mais qui était-ce ?

Une autre femme, à votre image.

Il dit que je ne suis pas la femme qu'il aimait

mais une autre femme à mon image.

Angel ! J'étais une enfant... une enfant, quand c'est arrivé.

Je ne savais rien des hommes.

On a péché contre vous, cela je l'admets.

Vous ne me pardonnez pas ?

Je vous pardonne. Mais le pardon n'est pas tout.

Vous ne m'aimez pas ?

J'associe votre manque de volonté à la décadence de votre famille.

Les familles dégénérées ont une conduite défaillante.

Je vous croyais enfant de la nature

mais vous êtes le rejeton tardif d'une aristocratie vermoulue.

Le petit déjeuner est prêt.

Vous pouvez vous débarrasser de moi.

Que dites-vous ?

Vous pouvez vous débarrasser de moi

en divorçant.

Seigneur Dieu !

Comment peut-on être aussi simple !

Vous êtes... trop enfant, trop peu formée,

trop ignorante, je suppose !

Laissez cela !

Vous êtes ma femme, pas ma servante.

Je suis votre femme

Vous allez partir, n'est-ce pas ?

Je ne puis rester sans me mépriser

et ce qui est pire, sans vous mépriser.

Comment vivre ensemble alors que cet homme existe ?

Selon la nature, il est votre mari.

Pas moi.

Pouvez-vous honnêtement me dire de rester ?

Pourtant l'un de nous doit absolument demeurer ici

pour éviter le scandale.

Il faut au moins sauver les apparences.

Oui, il le faut.

Que ferez-vous ?

Je puis retourner chez moi.

En êtes-vous sûre ?

Oui. Si vous me quittez, je retournerai chez moi.

Il en sera ainsi.

Cross-in-Hand.

Oui, je sais.

Entendons-nous bien.

Il n'y a pas de haine dans nos cœurs

bien qu'il y ait entre nous ce que je ne puis endurer, en ce moment.

Je vous ferai savoir où je vais

et si je le puis, si j'en suis capable

je viendrai vous chercher.

J'attendrai.

Jusque-là, n'essayez pas de venir à moi.

Jusque-là, je ne dois pas venir à vous.

C'est cela.

Puis-je vous écrire ?

Oui. Si vous êtes malade, ou s'il vous faut quelque chose.

Bien le bonjour, M. Clare ! Je vous apporte vos provisions.

Un poulet, de la saucisse, du lard...

Merci.

Du beurre, de la farine, des œufs et...

C'est beaucoup trop.

Les jeunes mariés ont toujours faim.

A partir de ce soir, je cuisinerai pour vous.

En vérité... je vais avoir besoin de bien moins que cela

car... je serai seul un jour ou deux. Ma femme a dû rejoindre ses parents.

Jésus ! Il y a eu un malheur ?

Non, non, rien de tel. Cela était convenu.

Pour les repas, pendant l'absence de Mme Clare...

- Enfin, je vous en reparlerai. - Je vous laisse le panier ?

C'est ça, laissez-le. Merci beaucoup.

Je passais, en rentrant chez moi.

Je voulais vous saluer

vous et Mme Clare.

Elle n'est pas ici. J'allais partir aussi, comme vous le voyez.

Je quitte l'Angleterre. J'ai décidé d'aller au Brésil.

Au Brésil ?

Dites à Mme Clare que j'espère que ce voyage la réjouit.

Elle n'y va pas à présent.

Je pars avant, pour voir ce qu'est le pays et la vie là-bas.

Comment va Retty ?

Nerveuse, comme toujours.

Et Marian ?

Marian boit.

Vraiment ?

Oui. M. Crick s'en est débarrassé.

Et vous, Izz...

allez-vous bien ?

Vous parti ? Comment voulez-vous ?

Voilà, c'est dit.

Adieu, Monsieur.

Au revoir, Izz.

Si je vous demandais de venir avec moi maintenant...

d'aller au Brésil avec moi,

votre réponse serait-elle oui ?

Pour aller avec vous, je quitterais tout sans hésiter.

Sachant ce que cela signifie aux yeux de la société ?

Ça me serait égal !

Vous m'aimez tant ?

Je vous ai toujours aimé.

Plus que Tess ?

Pas plus qu'elle.

Personne ne peut vous aimer plus que Tess.

Elle donnerait sa vie pour vous.

Je ne pourrais pas faire plus.

Tout est vanité.

Bonsoir, jolie fille !

Bonsoir, monsieur.

Il est bien tard pour courir la campagne toute seulette.

C'est-y pas que vous êtes perdue ?

Montez donc, j'vas vous conduire un bout de chemin.

Vous pouvez à peine mettre un pied devant l'autre.

Montez

que je vous dis !

Mais je te reconnais !

T'étais la bonne amie de M. Stoke d'Urberville !

Et tu la levais, la patte !

Créature !

Mais c'est ma petite Tess !

Ma poulette, tu es dans un état !

Glacée !

Tiens, avale-moi ça, ça va te réchauffer.

Allez, ma belle, bois.

Courage !

Ne te laisse pas aller.

Même le malheur finit par se fatiguer,

Je suis à bout.

Tu iras mieux demain.

Non... je n'en peux plus.

Je voudrais...

Si j'en avais le courage, je voudrais mourir.

Ne raconte pas de bêtises !

Pourquoi n'es-tu pas venue me trouver avant ?

Je vais m'occuper de toi, ma fille !

- Il y a toujours du travail, ici ? - Dans cet endroit de misère ?

Il y en a toujours pour ceux qui peuvent l'endurer.

Mange une bonne soupe.

Après...

tu ôteras tes vêtements de souillon, et tu redeviendras coquette.

Pour que je sois à nouveau jalouse de toi...

hein, ma petite Tess ?

C'est toi, la nouvelle ?

Ah, c'est toi !

C'est tout ce que tu as fait ? C'est maigre !

Elle n'a pas l'habitude.

Je ne garde pas les incapables.

On est payé à la tâche.

Qu'y perdez-vous ?

Pas d'histoires, je veux que tout ça disparaisse.

Je resterai plus tard.

Tu as intérêt.

T'inquiète pas, c'est Groby.

Il est comme ça.

Oh, Dieu du Ciel !

Ici, ce n'est pas la laiterie !

"En semaine, le laitier Dick.

"Le dimanche, M. Richard Crick".

Il ne faut pas prier ici, Mam'zelle !

L'endroit est maudit.

C'est Cross-in-Hand, n'est-ce pas ?

Justement !

A cause qu'ici, dans le temps on a torturé un malfaiteur.

On lui a cloué la main à un poteau, et puis on l'a pendu.

Ses os sont encore en dessous, à ce qu'on dit.

J'ignorais tout de votre situation.

Tout, jusqu'à ce que votre mère m'écrive.

Ma mère...

Elle m'a écrit ce que vous auriez dû me dire depuis longtemps.

Je suis venu aussitôt.

Pourquoi ne m'avoir jamais rien dit ?

Je n'avais rien à vous demander.

Ce n'est pas vrai !

Vous vous enfermez dans un orgueil ridicule et excessif.

Et vous m'avez rendu plus fautif encore

contre ma volonté.

J'aurais fait mon devoir, pour l'enfant.

Sur mon honneur, je l'aurais fait.

L'honneur...

Je veux vous sortir de cet endroit !

C'est indigne de vous.

Quel vertige vous donne la tentation du malheur ?

Réagissez !

Partez avec moi.

Votre père est malade. Le savez-vous ?

On craint le pire.

S'il meurt, votre famille sera expulsée. Ils sont dans la misère.

Je vous offre sincèrement mon aide.

Personne d'autre ne semble le faire.

Vous parlez d'un mari !

Comment a-t-il pu vous abandonner ?

Laissez-moi tranquille !

Passée une limite

l'obstination n'est plus que stupidité.

Auriez-vous du goût pour l'esclavage ?

Je puis être un faux d'Urberville

mais mon petit doigt peut plus pour vous que leur sang bleu !

J'ai raison.

Et vous le savez.

Oubliez tout ceci.

Et cette mule que vous appelez votre mari !

Allez-y, frappez-moi !

Je n'appellerai pas.

Une fois victime, toujours victime.

C'est la loi !

J'ai déjà été votre maître...

je le serai à nouveau.

Si vous êtes la femme de quelqu'un,

vous êtes la mienne.

Mon mari bien-aimé.

Je mourrai bientôt sans nouvelles de vous.

Toutes mes lettres sont restées sans réponse.

Je ne soupire qu'après une chose :

vous retrouver.

Revenez près de moi, Angel.

Revenez, et sauvez-moi de ce qui me menace.

N'est-ce pas là ce qu'on appelle une situation ridicule ?

J'offre de vous aider

vous et votre famille.

Mais non !

Vous préférez devenir des bohémiens !

Je vous en prie, partez.

En somme, Mme Clare,

je dois vous laisser mourir de faim !

Allez-vous-en !

Vous serez aimable, un jour !

Que vais-je devenir avec ma marmaille ?

Nous sommes bien les Durbeyfield. C'est écrit.

Écrit en toutes lettres, je ne le nie pas.

Mais les chambres ont été prises.

Vous ne m'avez jamais envoyé d'arrhes.

Il parle de l'argent à donner en acompte.

L'argent n'est pas tout, monsieur.

Vous ne pouvez pas laisser ces orphelins à la rue.

Ce serait un crime !

Madame...

L'hospitalité est sacrée, même chez les Turcs païens !

Je vous en prie... c'est votre faute.

Eh bien, nous verrons !

Nous descendons des Chevaliers d'Urberville.

On ne nous laisse pas à la rue, comme des chiens.

Pas dans la ville de nos ancêtres !

Nos os sont dans la crypte ! Alignés dans les tombeaux !

Mère, je vous en prie. Pas d'histoires !

La vérité est la vérité.

Ton pauvre père nous voit, il ne doit pas rougir de nous.

Dieu reconnaîtra les siens, et les méchants seront punis.

On ne décharge pas ici ?

Non, mon brave homme, on continue.

Brave homme... brave homme.

Faut que je retourne à Marlott.

Attendez, attendez.

Déchargez tout.

- Où ? - Ici.

Oui, ici. Nous camperons près de notre église

jusqu'à ce que la ville de nos ancêtres nous abrite.

Allons, les enfants, à l'ouvrage !

Pourquoi suis-je du mauvais côté de cette porte ?

C'est moi, père. Angel.

Mon garçon, mon pauvre garçon.

J'ai été malade, mais je vais bien, maintenant.

Pourquoi m'avez-vous traitée si monstrueusement ?

Je ne le mérite pas.

J'ai bien réfléchi...

Vous êtes cruel.

Je vais tâcher de vous oublier.

Tout ce que j'ai reçu de vous

n'est qu'injustice.

Vous êtes M. Durbeyfield.

Ils n'habitent plus ici.

Depuis quand ?

Depuis que John Durbeyfield est mort.

Savez-vous où ils sont allés ?

"Plus justement d'URBERVILLE

"de cette famille jadis puissante

"et descendant direct de la lignée illustre de Sir Païen d'Urberville...

"Chevalier du Conquérant." Comme les puissants sont tombés.

Hé, oui... oh combien !

Vous permettez ? Pour vos pauvres.

Je vais plutôt régler le maçon

qui n'a jamais été payé pour cette épitaphe.

C'était une étrange famille.

Mon collègue, M. Tringham, aurait mieux fait de se taire.

Je voudrais voir Mme Clare.

Tess.

Oui, je sais. Elle n'est pas ici.

Vous êtes Mme Durbeyfield.

Où habite-t-elle ?

Je ne sais pas.

Je suis son mari.

C'est ce que je pensais.

Dites-moi où elle est.

Je vous en prie !

Laissez-la. Laissez-la tranquille !

Ma pauvre enfant a assez souffert.

Elle ne veut pas vous revoir. Jamais !

Mme Durbeyfield...

ayez pitié d'un homme seul et misérable.

Dites-moi où la retrouver.

Je vous en supplie.

Elle est à Sandbourne.

Sandbourne... mais où ? C'est une grande ville maintenant.

C'est tout ce que je sais, Sandbourne.

Je cherche une certaine Mme Clare.

Connaissez-vous son adresse, par hasard ?

George ! Clare, ça te dit quelque chose ?

Clare ? Non.

On a beaucoup de passage.

Ou Durbeyfield. Mlle Durbeyfield ?

- Il y a d'Urberville, aux Hérons. - C'est cela !

C'est une pension meublée, vous verrez tout de suite.

Veuillez excuser cette visite matinale

mais y a-t-il chez vous Térésa d'Urberville ?

Mme d'Urberville ?

Je vous en prie, entrez.

Voulez-vous lui dire qu'un parent désire la voir ?

Il est un peu tôt. Qui dois-je annoncer ?

Monsieur Angel ?

Non, Angel. C'est mon prénom, elle comprendra.

Je vais voir si elle est réveillée.

Je suis venu vous demander pardon.

Il est trop tard.

Trop tard ?

Ma femme chérie,

je suis venu vous chercher, je vais...

Ne m'approchez pas, Angel, je vous en prie.

Trop tard !

Je ne suis plus celui que j'étais.

J'ai souffert, moi aussi.

J'implore humblement votre pardon.

Mais je vous dis qu'il est trop tard.

Ne savez-vous pas tout ?

Comment êtes-vous venu jusqu'ici ?

Il m'a fallu...

J'ai vu votre mère.

Je vous ai attendu, attendu...

mais vous n'êtes pas venu.

Je vous ai écrit, et vous n'êtes pas venu.

Il a été bon pour moi... pour nous tous.

Il m'a regagnée à lui.

Il est là-haut.

Partez, Angel !

Partez, je vous en prie.

Et ne revenez plus jamais.

Bonjour, chérie.

Eh bien, qu'y a-t-il, cette fois ?

Vous sentez-vous mal ?

Est-ce la raison de vos vapeurs ?

Oui, je sais.

Vous avez du vague à l'âme, comme d'habitude.

Diable !

Faites un effort !

Auriez-vous fait un mauvais rêve ?

Le Brésil

peut-être ?

Cette hystérie matinale est de mauvais goût.

N'oubliez pas, nous déjeunons chez les Bennett.

J'aimerais vous y voir présentable.

Une vraie d'Urberville.

Je suis venue te dire que je l'ai tué.

Je l'ai fait.

Je ne sais pas comment.

Je ne sais pas.

Le jour où je l'ai frappé avec mon gant...

le sang dans sa bouche...

je me suis dit que je serais capable de...

Oui...

Oui, c'est de ce jour-là...

Que veux-tu dire ?

Je veux dire que je l'ai tué.

Je ne t'abandonnerai pas !

Je te protégerai par tous les moyens en mon pouvoir.

Quoi que tu aies pu faire, je t'aime !

Je t'aime.

Vont-ils me pendre ?

Il faut descendre à la prochaine station et gagner à pied le nord.

On nous cherchera dans les ports du Wessex.

Une fois au nord, nous partirons pour l'étranger.

J'ai là un repas,

même une bouteille de vin.

Le repos... enfin.

Il faut partir.

Il faut partir...

le plus vite possible.

Ma vie ne peut être qu'une question de semaines.

Pourquoi ne pas les attendre ici

puisqu'ils m'attraperont de toute façon ?

Je te sauverai, tu entends ?

Je te sauverai.

Ne pouvons-nous nous reposer ici ?

Je crains que non.

De jour, on voit cet endroit à des lieues à la ronde.

Il n'y a pas d'étoiles, ce soir.

Peut-être aurions-nous pu faire fuir nos âmes ensemble.

Offrait-on des sacrifices à Dieu, ici ?

Non. Au soleil, je crois. C'était un temple païen.

Plus vieux que les siècles...

plus vieux que les d'Urberville.

Penses-tu que nous nous retrouverons, après la mort ?

J'ai peur, Angel, j'ai peur !

C'est inutile, monsieur.

Tout le pays est averti.

Elle dort.

Encore un instant.

Ils sont venus pour moi ?

Je suis prête.

Tess d'Urberville fut pendue à Wintoncester,

ancienne capitale du Wessex.

Sous-titres : Anne et Georges DUTTER

Sous-titrage : C.M.C.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.