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Original subtitles

Les oiseaux traversent le ciel noir avec des cris perçants.

Les gens se taisent. L'attente me glace le sang.

Il va pleuvoir.

Les mouches sont agressives.

Viens.

Il est temps.

Au loin, il pleut déjà.

Il est pénible de dialoguer seul, Kiril.

Ça sent l'orage.

Le tonnerre me fait toujours sursauter.

J'ai peur qu'ils viennent se battre jusque chez nous.

Les enfants !

Le temps ne meurt jamais. Le cercle n'est pas rond.

Il y a bien longtemps, j'ai failli faire vœux de silence comme toi.

Mais cette nature si belle mérite bien des mots.

Mes cartouches !

Que Dieu nous aide.

Bonne nuit, mon fils.

Dieu soit avec nous.

Pitié ! Ne me frappe pas.

Ne me dénonce pas.

Dis-moi quelque chose. Tu es muet ?

Tu ne parles pas albanais ?

Moi je parle le macédonien.

Kiril.

Que fais-tu dehors ?

Qu'y a-t-il ?

Une promenade de minuit ?

Allons-y ensemble. Moi aussi j'ai besoin de pisser.

Dépêche-toi.

Je n'ai pas toute la nuit.

Alors, tu viens ?

Je m'appelle Zamira.

Tu es bon.

Mon Dieu !

Mon dieu.

Soyez les bienvenus.

Je vous remercie, mon père.

Merci mon père.

- Je peux t'aider Mitre ? - On cherche une albanaise.

Elle a tué notre frère.

Que Dieu lui pardonne.

Que Dieu lui pardonne.

Les enfants disent qu'elle se cache ici.

Nous n'avons accueilli que des réfugiés bosniaques.

Des musulmans.

Nous sommes égaux devant Dieu.

- Vous avez oublié l'oppression turc ? - Mon père, vous êtes des nôtres.

- Donnez-nous l'albanaise. - Il n'y a pas de fille ici.

- On va tout fouillé. - Non.

Il le faut !

Œil pour œil.

- Tendez l'autre joue. - On l'a fait trop souvent.

Attendez dehors.

L'un de vous l'a t-il vue ?

Non mon père.

Elle n'est pas ici ?

Nous vous l'aurions dit.

Minou, minou...

Personne ?

Père Kiril. Avez-vous vu cette fille.

C'est un péché, mon père. Nous vous l'aurions dit.

Elle n'est donc pas ici, père Kiril ?

Après vous.

- Dieu voit tout. - Pardonnez-nous mon père.

La loi du plus fort.

Vous n'avez rien à craindre.

- Je suis sûr qu'elle est là. - Elle va regretté d'être venue.

On lui tranchera d'abord la gorge...

Mitre.

Mitre, des traces d'elle ?

Aucune.

Et en haut ?

C'est la cellule de père Kiril.

Suivez-nous.

Tu ne devrais pas, Mitre.

Pour votre bien, mon père.

Alors ?

Fais surveiller les sorties, Stojan.

Vous ne la trouverez pas ici.

Vous commettez un péché.

On l'aura, cette pute d'albanaise.

Regarde sous le lit.

On la trouvera où qu'elle soit.

T'as trouvé le vin de messe ?

Tu caches une musulmane dans la maison de Dieu ? Avoue !

Kiril ne parle plus depuis deux ans.

Il a fait vœux de silence.

Muet ? T'entend rien aussi ?

On va voir.

Arrête tes conneries !

Demeuré !

Je vous attends dehors.

"Je suis la peste noire !"

À toi de jouer.

Une bouteille !

Je veux prendre ma revanche.

Allons-y.

- Passe-moi le raki. - Casse-toi, t'as assez bu.

Tirez pas monsieur, on passe.

- Je voudrais bien son flingue. - C'est un fou, il va te tuer.

Je peux le tenir ?

Tiens.

Va t'en !

Va t'en !

Seigneur, même si je traverse la vallée de l'ombre et de la mort,

je ne craindrai jamais le mal...

car tu es toujours près de moi.

La honte soit sur vous.

Tu déshonores ton père.

Renonce à ton nom.

Que Dieu vous garde.

Merci, mon père.

Pardonnez-moi.

Minou, minou...

Minou, minou...

Tire cousin, tire.

On va aller chez mon frère à Skopje.

Il nous aidera.

Après, on ira chez mon oncle à Londres.

C'est un grand photographe.

Ils nous rattraperons.

Personne ne t'attrapera. Personne.

Personne ne te trouvera.

Personne.

Grand-père.

Putain !

Saloperie de chrétien !

Traînée.

Où est-ce que tu étais ?

Où étais-tu passée hier ? Réponds-moi.

Tu étais encore dans leur bergerie.

C'est toi qui a tué le berger ?

Réponds.

C'est toi qui l'a tué ?

Qu'est-ce que tu foutais là-bas ?

Le sang appelle le sang.

Ça va déclencher une guerre.

As-tu oubliée ce que je t'avais dit ?

Je ne t'avais encore jamais frappée.

Je t'ai enfermée dans la maison.

Je t'ai coupée les cheveux.

Il faut que je te tonde ?

Et lui, qui c'est ?

Il m'a sauvée la vie.

"Il m'a sauvée"...

Traînée !

- Putain ! - Il m'aime.

Il t'aime ?

Il m'aime.

Il t'aime...

On va voir.

Laissez-le partir.

Laissez-le partir !

File.

Dégage !

Allez, dégage !

File !

Fous le camps !

File.

Non !

Non, sœur.

Reviens ici !

C'est ma faute.

Voilà beauté !

- Je trouve pas ça drôle. - Moi non plus.

Il s'envoie peut-être en l'air là-bas.

Les services d'immigration interroge cinq clandestins

arrivés en cargo hier en Angleterre.

Ces hommes d'origine roumaine étaient cachés dans un container.

Ils ont déclaré vouloir se rendre en Amérique.

Le ministre des affaires étrangères

demandent l'arrêt immédiat des combats en Yougoslavie.

De fortes pluies vont continuer durant toute la journée...

Merde !

Une bombe vient d'exploser dans Oxford Street...

Allô.

Docteur Perry.

Je suis quoi ?

Non, pas encore.

Oui, je lui dirai.

Il va être fou de joie.

Oui, je le ferai.

Merci.

Au revoir.

Merde.

- Salut tout le monde. - T'es rentré, comment c'était ?

- Alex, tu as des messages. - Brûle-les.

Je reviens dans deux heures.

Je pensais que tu appellerais hier. Je t'ai laissé un message.

Nick ne m'a rien dit.

Parce que tu n'es pas rentré chez toi de la semaine.

- Je n'ai plus quatre ans. - Je ne veux que ton bonheur.

Tu te fais trop de soucis pour moi.

Je suis ta mère.

Il faut bien que je m'occupe.

Trouve-toi un travail.

Réfléchis bien. Nick est ton mari.

La bonne conscience fait de nous des lâches.

- C'est un bon mari. - Je le sais.

Tu devrais essayer de lui parler.

- On dîne ensemble ce soir. - Bien.

La pluie ne va pas tarder.

Alex.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Alex est en Bosnie. Enfin, il devrait y être.

Pardon. Je te présente Aleksandar Kirkov.

- Ma mère. - Enchantée.

Alex est photographe à l'agence.

C'est lui...

C'est lui qui a reçu le prix Pullitzer le mois dernier.

Très contente pour vous.

Tu sais

ce n'est pas en fuyant les problèmes qu'on arrive à les résoudre.

- Tu ne viens plus déjeuner ? - Déjeune avec M Kirkov.

Quel temps de chiotte.

Ravie de vous avoir rencontré M Kirkov.

Encore bravo pour votre prix.

Au revoir chérie.

Salaud.

Je fais toujours le même rêve depuis que tu es parti.

Je vois des palmiers poussés dans Oxford Street.

Qu'est-ce qui s'est passé en Bosnie ?

- Qu'est-ce que tu fais là ? - J'ai démissionné.

Toi, arrêter de prendre des photos ?

Si on baisait ?

- Seras-tu un jour sérieux ? - Je le suis.

Tu es né pour être photographe.

- Tu ne sais rien faire d'autre. - Je suis qu'un minable.

Je pourrais faire semblant d'être doué.

Écrire sur la place du zen dans la culture des tomates.

- Tu ferais la popote. - Tu rêves.

- Je t'apprendrai le macédonien. - "Va te faire foutre".

"Je t'aime".

Je te ferai des enfants.

- Trop de danger en Macédoine. - Bien sûr.

C'est le pays où les Byzantins ont capturé 14000 Macédoniens.

Avant de les renvoyer chez eux,

ils leur ont arraché les yeux.

28000 en tout.

Tu es sous contrat avec l'agence.

- Qu'ils se torchent avec. - Tu ne peux pas laissé tomber.

Il faut savoir prendre partie.

- Prendre partie ? - Oui.

Je n'ai pas envie de prendre partie.

C'est des enculés de merde.

Tous aussi butés les uns que les autres !

Excusez-nous.

C'est rien.

Je voulais dire prendre partie contre la guerre.

Ça changerait quoi ?

La Roumanie.

Le Salvador, l'Azerbaïdjan, Belfast, l'Angola

la Bosnie...

Fait chier.

La paix est une exception.

Laisse tout tomber.

Viens en Macédoine.

Tu es vraiment sérieux ?

À en crever.

Je veux un bébé.

J'ai changé.

C'est déjà fait. Regarde ton visage.

Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

J'ai vécu des choses qui m'ont fait vieillir.

En deux semaines ?

J'ai joué au con.

Comment ça Alex ?

Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait là-bas ?

J'ai tué.

J'ai tué...

Excusez-moi. Vous en avez pour longtemps ?

Allons-nous en.

Combien ?

Mme Welworth.

Londres-Amsterdam.

17 h 30 ce soir.

Amsterdam-Skopje demain matin.

Je ne pourrais pas t'accompagner ce soir.

Je dois rester.

Je t'en prie.

Comprends-moi.

Mes vieux os ont le mal du pays.

Comme les éléphants.

Ou alors c'est des rhumatismes.

Sois patient avec moi.

Je t'en prie.

Alors, vis ta vie.

N'oublie pas d'écrire.

Prends partie.

Tu voulais une star, tu as Madonna.

Tu ne vas pas te plaindre.

Oui.

Je suis d'accord avec toi. Mais...

Oui.

Comment ça plus proche ?

Elle est couchée sur toi sur ces photos.

Je vois.

J'ai du mal te comprendre.

Très bien. Excuse-moi.

Je vais mieux les regarder.

Non, désolé.

Excuse-moi. Au revoir.

J'ai un appel pour Alexander.

Alexander est parti.

Une semaine qu'il essaie de le joindre.

Passe le moi.

Allo.

De Macédoine.

Merci.

À l'aéroport.

Bonsoir toi.

Bonsoir.

Ça va ?

Bien. Merci.

Tant mieux.

Moi pas. Il me faut un verre.

Garçon. Garçon !

Je te demande pardon pour ce qui s'est passé.

- J'étais en colère. - Non...

Excuse-moi. C'est ma faute.

Bonsoir. Prendrez-vous un apéritif ?

Non merci. Je voudrais la carte des vins.

J'ai parlé avec ta mère aujourd'hui.

Il paraît que tu as des choses à me dire.

C'est bien d'elle.

Je suis...

... enceinte.

C'est...

... merveilleux.

Il est...

Il est de moi ?

Oui.

Annie...

- Je commande du champagne. - Non, je ne dois pas boire.

Une bouteille de champagne.

Raconte-moi. Je veux tout savoir.

Nick, je veux partir.

Attends le champagne.

Ce n'est pas ce que je veux dire.

Tout se présente bien ? Tu ne dois faire aucun effort.

Je prendrai soin de toi. C'est ce j'ai toujours voulu faire.

Que dit le docteur ?

J'ai deux mots à dire à celui-là...

- Écoute moi. - À nous

et à notre bébé.

Minable !

C'est un nouveau départ. Une nouvelle chance.

On pourrait revivre à Oxford.

Nick, j'aimerais t'expliquer...

Regarde.

George, il vaudrait mieux que vous quittiez le restaurant.

Immédiatement.

Surtout ne revenez pas.

Je n'ai rien fait.

N'oubliez pas d'amener votre ami avec vous.

Ta gueule.

Je vais te crever.

Arrêtez !

Appelez la police !

Tu me le paieras !

Allons-nous en.

- Attends. - On se reverra !

J'y compte bien.

Mesdames et messieurs, j'ai appelé la police.

Ils devraient être là d'un jour à l'autre...

Prévenez vos amis que la maison n'est pas toujours aussi animée.

Veuillez nous excuser pour le dérangement.

- Quel dérangement ? - Merci monsieur.

Ils ne venaient pas de Belfast ?

Eux non, mais moi si.

Excusez-moi.

Bon appétit.

Puisse les guerres civiles devenir plus civiles chez nous.

Rentrons.

- Je dois te parler. - Je sais.

Tu auras tout le temps.

On peut revenir à Oxford.

Tu peux laisser tomber ton boulot.

Je veux qu'on divorce !

Parle moins fort.

Tu comptes toujours beaucoup pour moi.

Alors pourquoi ?

Et le bébé ?

Je t'ai pardonné...

Je ne t'ai jamais demandé de me pardonner pour ce photographe.

Pardon.

C'est que...

je n'y comprends rien.

Pourquoi voulais-tu me voir.

Je voulais qu'on en discute.

Ta décision était prise.

Tu te trompes. Assieds-toi.

Crois-moi...

Je t'aime toujours.

Il nous faut un peu de temps, c'est tout.

Un peu de temps.

Crève !

Nick ?

Nick ?

Ton visage.

Ton visage...

Ton visage.

Ton visage.

Regarde notre peuple.

Le chauffeur va te voir.

T'en fais pas, c'est mon oncle. Prends en une.

- Je fume plus. - Laisse-toi tenter.

Non.

- Je vais faire les moissons, et toi ? - Un baptême.

De qui ?

Le mien.

Sans blaguer.

Celui de mon neveu.

Super.

T'étais pas revenu depuis quand ?

Seize ans.

Je me suis sauvé il y a 24 ans. Je suis revenu qu'une fois.

Je peux regarder ?

Ta femme ?

Elle est morte...

dans un taxi.

Dis donc...

t'as pas choisi le bon moment pour revenir ?

Tu vois pas ce qui se passe ?

Tu comprendras quand ils te couperont la tête.

J'ai fait mon temps.

Où tu vas ?

Je vais tirer.

Tu vas te blesser.

T'es un des nôtres ?

Arrête.

- Tu vas où ? - Chez Bojan.

Le fils de l'aubergiste.

Y'a quelque chose là-dedans ?

Rends le moi. Ça coûte un max.

Fous le camps, merdeux !

Mon oncle Mitre te réglera ton compte. Je vais le prévenir.

Dis-lui de venir me sucer...

mais en douceur.

Bonjour.

Grand-mère.

Bonjour.

Bordel de merde.

C'est lui.

- Regarde son appareil photo. - Il vient d'Allemagne.

Haut les mains.

Salut soldat.

Il est chouette ton fusil.

Tu me le prêtes ?

Viens ici.

Tu m'attraperas pas.

Viens ici.

Faut pas jouer avec ça.

Lâche le petit tout de suite.

Vas-y cousin, cogne.

Alex ?

Mon vieux salaud.

Je t'avais pas reconnu.

C'est cette barbe.

Et puis t'as vieilli.

- T'es arrivé quand ? - Hier soir.

- T'as dormi où ? - Dans mon ancien lit.

Tu mérites des baffes.

Tu aurais pu venir chez moi.

Alex, prix Pulitzer.

Ça fait cent ans qu'on s'est pas vu.

Seulement seize.

Mitre, c'est toi ?

Salut.

Tu as pris ce flingue à mon neveu ?

J'aurais du lui botter le cul en prime. Fous cette saloperie à l'abri.

Vas-y mange.

Ma femme, Neda.

Trinquons à ton retour.

Merci.

- Contents de te revoir. - Une chose m'aurait fait plaisir.

Qu'il nous ait ramené une fiancé.

C'est pas les fiancées qui doivent lui manquer en Angleterre.

Tu as des nouvelles d'Hana ?

Oublie-la. C'est une albanaise.

Je sais, et alors ?

Son père te couperait les couilles.

Elle est veuve. Elle a une fille superbe.

Tu l'as vu où toi ?

Elle traîne souvent près de la bergerie.

Tu devrais la ramener qu'on en profite.

Putains d'albanais. De vrais lapins.

Ils finiront par tous nous bouffer.

Ça suffit. Personne ne bouffera personne.

Une bonne brune ?

Merci. J'ai arrête.

Ça fait digérer.

J'ai dis non.

Tu es là pour longtemps ?

Pour toujours.

On va t'aider à retaper ta maison.

D'abord le toit avant qu'il pleuve puis les fenêtres.

Si j'étais toi, je me méfierais. Regarde leurs maisons.

Alex, prends donc une photo.

Gueule de bois ?

Gueule de bois.

Qui est là ?

Devine.

C'est toi, Kate ?

Tu n'as jamais su t'arrêter à temps.

Arrêter ou ne pas arrêter, c'est bien là la question.

Attends.

Merci.

Je t'en prie.

Tu penses toujours à Hana ?

Toujours.

Elle est veuve.

Et moi, je suis divorcé.

Et toi ?

Moi ?

Je suis institutrice.

Tu n'as personne ?

Dors. Tu en as besoin.

Bonjour.

Bonjour.

Où tu vas ?

Voir Hana.

Hana Halili.

Hana Halili ? Et pourquoi ?

C'est mon amie.

Ton amie ?

Depuis l'école.

Seize ans qu'on s'est pas vus.

Je serai heureux de la revoir. J'ai des cadeaux pour ses enfants.

Je n'ai pas de mauvaises intentions.

Va lui dire que c'est Aleksandar de Londres.

Demande à son père, Zekir.

Vas-y.

Assieds-toi.

Aleksandar Kirkov.

Il n'y a pas que moi qui grisonne.

Sois le bienvenu.

- Tu arrives de loin ? - De très loin.

Comment on vit dans le reste du monde ?

Pour qui sait ce que vivre veut dire peu importe où on se trouve.

Entre.

La situation est grave.

Pire qu'autrefois.

Il y a du sang dans l'air.

On étouffe.

Il faut qu'il pleuve.

Ça arrivera tôt ou tard.

Pour les enfants.

C'était pour son mari.

J'étais pas au courant.

L'an dernier, Un accident de voiture.

- Dieu et son âme. - Amen.

Pour toi.

Pour moi ?

Comme dans les films américains.

Ça vient d'Amérique ?

Sitting Bull.

Sitting Bull.

Entre, Hana.

Sers-toi.

Merci.

Dégage.

- Sois le bienvenu. - Merci.

Alija.

Ali.

Mon petit fils, Ali.

Baise lui la main.

- Qu'est-ce qu'il fait chez nous ? - Remercie-le.

Il n'a rien à faire ici.

Prends ton cadeau et apporte le sien à ta sœur.

Je veux qu'il s'en aille.

Sors d'ici.

Je lui couperai la gorge.

Mes chers parents...

pardonnez-moi.

Nous allons nous marier sans vous.

Mais nous ne vous avons pas oubliés.

Alors je vous invite à partager notre bonheur.

Reposez en paix.

Bonjour.

Salut beautés.

Salut, l'oncle.

Je voudrais parler à Aleskandar Kirkov.

Est-ce possible ?

Je ne parle pas anglais.

Ça ne marche jamais.

Vous comprenez ?

Personne de ce nom là.

Vous parlez français ?

Vous m'entendez ?

- C'était pour qui ? - Personne.

Ça y est.

Voilà.

- Voilà. - Tire.

- Allez. - Tout se passe bien.

Alors, c'est quoi ? Garçon ou fille ?

Aucune importance du moment que c'est un garçon.

Allez viens.

Où t'étais passé hier ?

J'étais complètement bourré.

- Très bon pour le foie. - Quel foie ? J'en ai plus.

Il sait plus boire depuis qu'il est en Angleterre.

Les filles sont sexy là-bas ?

Félicitation.

Bojan, va chercher le raki.

J'en ai ici.

Du bon ?

Il était pas aussi inquiet quand sa femme à accouché.

C'est un sacré emmerdeur ton cousin.

J'ai enregistré une émission sur toi à la télé.

L'enfant du pays est célèbre.

Vietnam, Beyrouth.

Pas le Vietnam, j'étais trop jeune.

Peu importe. C'est le même genre de merdier.

Le même merdier.

- Tu te reconnais ? - Comme si j'étais parti hier.

Rien a changé. Je me sens bien ici.

En Angleterre, en Amérique, pas de tueries.

Il y en a plus qu'ici.

- J'en ai vu des carnages. - Je sais.

J'ai toujours peur que mes mains restent souillées.

On ne se battra pas ici.

- Les gens sont paisibles. - On disait ça aussi de la Bosnie.

Maintenant, regarde ce cirque.

- J'ai été en Bosnie. - Et c'est moche ?

Un accident du travail ?

Tu veux tout laissé tomber ?

Je suis fatigué.

Il n'y a pas de raison de se battre ici.

Ils trouveront toujours. La guerre est un virus.

On coupe les villages en deux.

On se regarde tous de travers.

Je vais aller voir Hana.

- Je cherche Bojan. - Il vient de partir.

Vas-y si tu veux, mais méfie-toi Alex.

Garde-la bien dans le pantalon.

Ma chère Anne,

Il fait beau, mais il va pleuvoir.

J'aimerais que tu sois là.

Comment va-t-on mari ? J'espère que vous êtes heureux ensemble.

Ici, tout est comme avant.

Mais mon regard à changé,

comme si j'avais changé le filtre sur l'objectif.

Je t'ai dit que j'avais tué,

Je m'étais lié avec un milicien et...

je me suis plaint de n'avoir rien d'intéressant à photographier.

Il m'a répondu "Pas de problème".

Il a choisi un prisonnier et l'a abattu.

Alors il a dit : "La voilà ta photo."

Je l'ai faite.

J'ai pris partie.

Mon appareil a tué un homme.

Personne n'a vu les photos.

Elles sont à toi.

Je t'aime, Aleksandar.

Bojan !

Bojan. Tu vas t'en sortir.

Tiens le coup.

Viens ici toi.

Tu n'as rien à faire là.

Les ennuis commencent.

Bojan.

Bojan.

Allons-y.

Où allez vous ?

Empaler ces sales porcs d'albanais.

Zdrave.

C'est une des leurs. La salope avec une fourche.

Bojan était avec elle ce matin. Les enfants l'ont vue.

- Je l'étranglerai de mes mains. - Et après ?

Ne te mêle pas de ça. Tu n'es plus d'ici.

On se retrouve à la bergerie.

Prends-le.

500 ans qu'on compte nos morts.

L'heure de la vengeance est venue.

Tiens. Un peu de poison.

- Ils sont tous armés. - J'ai bien vu.

Et ce n'est qu'un début.

Ils ne sont que la piétaille.

Attends que les politiciens s'en mêlent.

Et l'ONU ?

Ils ont partis. Ils reviendront pour compter les morts.

Alors bonne guerre. Fais de belles photos.

Tu sais quoi ?

Tu es aussi dingue qu'eux.

Normal. Je suis toujours resté ici

dans cet asile de fou.

Hana !

Hana.

C'est moi.

Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est grave.

Raconte.

Ils vont tuer ma fille.

Ton cousin.

- Zdrave ? - Oui, Zdrave.

Tu vois ce qui arrive à notre peuple.

- Je vois. - Non, tu regardes.

Aide-moi.

Comme si c'était ta fille.

C'est toi. J'ai failli te descendre.

Tu devrais avoir honte.

De quoi ?

C'est une gamine.

- Elle a tué mon frère. - Qu'est-ce que tu en sais ?

C'est à la police et à la justice de décider.

Ça fait trop longtemps que tu es parti.

Tu as oublié nos coutumes.

Ne te mêle pas de cette histoire.

Je suis venu pour m'en mêler.

Je ne pourrais plus me regarder en face

si je vous laissez faire.

Cousin, ne me fais pas ça.

Reviens.

Alex, je vais tirer.

Alex, ne m'oblige pas...

Lâche.

Je vais tirer !

Tire, cousin. Tire.

Alex !

Va-t-en.

Cours.

Putain !

Alex.

Tire, cousin.

Tire.

T'en fais pas. Tu va t'en sortir.

Regarde.

Il va pleuvoir.

Putain !

Pauvre aveugle.

Il va pleuvoir. Les mouches sont agressives.

Au loin, il pleut déjà.

Viens.

Il est temps.

Le temps n'attend pas.

Le cercle n'est pas rond.

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