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Musique sombre
---
---
---
-On va passer par des turbulences.
Attachez votre ceinture et remontez vos tablettes.
Cris
Votre tablette s'il vous plaît. Ne vous inquiétez pas.
Votre ceinture !
*-Malgré cette légère zone de turbulence,
*nous allons amorcer notre descente.
*Nous sommes le dernier avion aujourd'hui à se poser
*et ce pour quelques jours.
Cris
*Allez, on lève les bras bien haut,
*on attrape la queue du Mickey.
*-PN assis et attachés !
-Personne veut connaître la température au sol ?
Toute l'équipe espère que vous avez passé un agréable vol
en notre compagnie.
Cris
Et que nous aurons le plaisir de vous recroiser.
Allez, allez !
On reste assis jusqu'à l'arrêt complet.
Musique épique
---
---
Ah, bonsoir !
Beau temps pour la saison.
PNC, sur le pont !
On va s'en occuper !
C'est un peu notre métier et vous avez mieux à faire !
Chacun doit faire sa part, sinon on s'en sortira pas.
C'est une situation d'urgence, pas de soucis ! Allez !
Maintenant, il va nous falloir un très grand saladier.
-AAAH !
Musique captivante
---
Brouhaha ambiant
---
-Qui va chercher du citron ?
-Au rapport, Commandant. -Repos.
Désolé pour le message un peu sec, mais j'avance l'heure du départ.
C'est branle-bas de combat.
Si on arrive à embarquer...
-Commandant, au vu de la météo... -Au vu de la météo,
on en a pour trois jours de cyclone.
Après, plus rien ne va marcher.
Déjà connu ça, Cuba 82.
Il rit.
Vous n'êtes pas supposés le savoir,
mais c'est un coup à rester sur le flanc deux semaines !
Non, pas cette valise-là !
Vous voulez regarder la pluie tomber ?
On appareille. Au pire, ça secouera en sortant de la rade.
Quand on aime pas l'eau,
il reste l'armée de terre.
-Il mérite sa réputation. -Il y met un point d'honneur.
Brouhaha et rires
Marianne !
-Bonsoir, juste un, on est un tantinet pressés.
-Ah, des gens sérieux !
-Santé.
-Santé.
-Vous êtes de quelle compagnie ?
-La Marine. -Marchande.
-Bloqués aussi.
Un coup à rester bloqués 2 semaines,
j'ai déjà connu ça... -Cuba en 82 ?
-Miami, il y a 3 ans.
Mais c'est pas grave.
C'est pas comme si on avait des familles.
-Fred si,
dès qu'il éternue, sa femme tombe enceinte.
-Dommage.
-C'est comme ça.
-La famille, le couple, donc. Mais la fidélité ?
-La tentation ? -Peu de tentation.
-Un équipage très masculin.
-Et les escales ? -Pas beaucoup d'escales.
-Et vous partez longtemps ?
-Des rotations de 70 jours.
-Entre hommes donc ?
-Des amitiés viriles !
-On travaille pas pour les touristes.
Bon, on va devoir y aller.
Pas de regrets, chérie, Fred baise une fois par mois.
-Une fois par mois, c'est peu.
-Quand on s'intéresse à la chronobiologie,
un homme passé 40 ans... -Sa femme s'y intéresse.
-Ça déséquilibre le yin, le yang, je sais pas.
Mais les orgasmes tantriques,
là, pas de limite.
Mais j'en suis pas là.
-Faute d'exercice.
-Forcément, 70 jours, ça doit passer tout seul.
-C'est la supériorité de l'homme de contrôler ses pulsions.
-Les enfants déjà, je pourrais pas.
-Jamais plus de 48 h au même endroit.
-Pas de vie de couple ?
-Jamais, à part Priscilla,
mais on est en froid, elle a couché
avec un contrôleur aérien.
-Il s'est tapé une hôtesse Ryanair.
-Un con...
...trôleur aérien.
-On avait dit pas les low cost, mais il respecte pas les règles.
-Les règles, c'est vrai.
-Tu dois être un nid à maladies.
-Faux, capote toujours.
Pas de microbes, pas d'enfant.
-Un prince charmant ! -Ton type d'homme un peu...
-Ben tu viens ?
-Mais je vous connais pas. -Chut !
-Vous devez confondre... -Tais-toi sinon j'y arriverai pas.
-On peut discuter deux minutes ? -Non, on discute pas.
-Faut qu'on se tire. On nous attend.
Salut !
-Salut. -Et merde.
-Si tu veux te comporter comme un mec,
il faut baiser avant de partir. -T'as pas été assez rapide.
-C'est un reproche inhabituel.
-Un petit baiser ? Ah non, t'es pas romantique.
Salut.
Musique mystérieuse
---
Rires
-T'as fait fuir la marine marchande. -Absolument pas !
Musique captivante
---
---
---
---
---
---
---
---
-Restez ici, coupez le moteur !
Ordres indistincts
Cris
---
Retentissement de l'alarme Musique de suspense
---
---
Il rit.
---
Alarme qui sonne.
---
-Vous voyez, Tardivel, là, on discute.
-Si vous restez dans mes jambes, je vais vous tirer les oreilles.
-45 nœuds en sortie, creux de 3 mètres.
-Je prends, fermez tout !
-Le commandant à la manœuvre.
*Fermez tout, préparez les contrôles.
*-Panneau tranche Alpha fermé et verrouillé.
*Panneau tranche Charlie fermé et verrouillé.
-Moteur avant 1.
-Moteur avant 1 réglé.
-On est réglé avant 1.
-Bien.
Musique sombre
---
---
---
Réglez moteur avant 3.
Gouvernez au 2-6-5.
-Avant trois réglé, en route au 2-6-5.
Musique sombre
---
-On est réglé avant trois.
-Bien.
---
-On se règle pour 10 nœuds. -10 nœuds !
-Parez à plonger !
Affalez les aériens. -J'affale.
-Périscope affalé. Nafstar affalé.
*Multifonction affalée.
-Si on plonge, on va toucher.
-Mais non !
J'ai fait les relevés de la rade, en 86,
peut-être 87.
-On m'appelle dans le cockpit !
-Drossé vers les récifs !
-Moteur avant 6 ! Corrigez 10 degrés tribord.
-Avant 6 réglé, en route au 2-7-5.
-Réglé avant 6.
-On se règle pour 16 nœuds. Le fond ?
-152 mètres sous la quille.
-55 mètres.
Assiette moins 5.
*-Alerte ! Immersion à 55 mètres.
Musique sombre
---
Bruit sous-marin
---
-Assiette moins cinq.
-Assiette moins cinq. -Bien.
Vous me donnerez le fond tous les...
10 mètres.
-120 m sous la quille, le fond remonte.
-On est à 55 mètres.
*Vérifiez l'étanchéité.
-96 mètres sous la quille.
-Bâtiment étanche à 55 mètres.
-79 mètres sous la quille, on va toucher.
-Le fond, pas votre avis.
-45 mètres.
33 mètres !
Musique sombre
---
---
---
-Le fond, Troadec?
-327 m sous la quille, Commandant.
-Gouvernez au 2-3-1, assiette zéro.
-Assiette zéro, en route au 2-3-1.
-Assiette zéro. -A vous, Tardivel.
-Je prends. -Le second !
-Je vais écrire dans mon journal que ce fut un départ
sans accroc.
-Défaut sur le panneau tranche Delta !
-C'est votre quart, démerdez-vous ! -Fred.
Retentissement de l'alarme Musique de suspense
---
-Lâche-moi !
Ah !
Tu tombes bien.
Wouh !
Tu rendras ça à Marianne.
Je vais rejoindre les filles au bar.
Aide-moi !
Il crie.
-Vertige des profondeurs ! -On est même pas à 100 m.
-A l'infirmerie !
-On prévient le toubib ? -Surtout pas !
-80 mètres. Assiette moins 5. -80 mètres. Assiette moins 5.
-Rapport ? -Un faux contact, c'est réglé.
-Ça bouge encore trop, on va descendre.
-Merci. -De rien.
-On est à 80 mètres.
-Se régler à 15 nœuds. -15 nœuds.
-Il faut remercier Marco, il a tenu à te le ramener...
-15 nœuds. -...en main propre.
-J'avais des anecdotes à raconter, mais alors celle-là...
Ouh...
Je dis aux gens que je fais pas un métier monotone,
mais je vois qu'ils sont navrés.
Entre les voyages d'affaires, de noces...
Ils pensent s'amuser plus que moi.
-Avec la tempête, on peut pas le sortir.
-Benazech va pas aimer.
-Qui ça? -Il faut pas qu'il soit au courant.
-Pas sûr qu'il soit romantique. -Où tu vois du romantique ?
-Je t'ai ramené ton collier.
-T'es passager clandestin sur un sous-marin tactique.
T'es un espion ?
-J'adorerais, mais non.
-Non, ce serait du génie.
Mais c'est pas du génie.
Et c'est pas romantique.
-Le cyclone, c'est trois jours.
Après, on pourra émerger et trouver une solution discrète.
-Trois jours, vous déconnez complètement.
Si je suis pas au boulot,
ça va se voir. -Oui, ça va se voir.
-On vient de partir, on fait demi-tour,
vous me dropez au port et on en parle plus.
-C'est un sous-marin tactique.
-La cuisine !
Ils sont pas assez nombreux.
On le présente comme un renfort, s'il bosse ça peut passer.
-On s'emballe. Je vais appeler un avocat.
-Je vais transmettre ta demande, mais en attendant, sois discret.
La virilité qui s'exprime pas.
Des grognements, à la rigueur.
Mais prends ça comme des vacances.
-Je prends jamais de vacances.
-On appelle ça un retour karmique.
-Pour Gueguen, laisse-moi parler.
Kermorvan a mis du temps à approuver,
les effectifs étaient réduits, mais l'équipage du Floch était dispo
ce qui a causé d'autres problèmes,
tu connais l'administration militaire.
Thelliez était contre, Le Corre était pour, mais comme le départ
a été accéléré, il a fallu trancher,
alors voilà, je te présente Marco.
-Prends ton poste, on va envoyer un premier service.
-Très bien. Bon bah je vous laisse.
-Fred !
A très vite !
-Je vous laisse.
-Alors ?
-Je sais pas d'où tu sors, mais je te préviens,
à chaque fois que tu voudras poser ton cul, tu trouveras mon pied.
-J'ai été à l'école "steward assis, steward fini"...
-On part sur une ratatouille.
-Ratatouille !
-Mariani. -Le Goff.
-Mon portable passe pas, tu captes toi ?
-Les aubergines, en petits morceaux.
-Non, gros morceaux, respectez-vous.
Arrête d'éplucher, la peau, ça tient la courgette.
On a de l'ail ? Il en faut beaucoup.
-Redis-moi ton nom ?
-Marco Mariani. -T'étais dans l'armée de terre ?
-Non mais c'est un nom commun, donc on confond.
-Ils testent de nouvelles armes, ça rend les types abrutis.
-Non...
-T'es là pour me fliquer ?
Il y a des bruits qui courent,
il y aurait des commissions de surveillance,
des comités d'hygiène !
Je te le dis tout de suite, moi les mouchards, je les repère.
-Je dis juste que la ratatouille, c'est mieux de la faire la veille.
-Tu le surveilles.
-Gros morceaux, et tu laisses la peau.
-Tout est sous contrôle.
Un mot de trop, Marco finit dans les lasagnes.
-Je jette un coup d'œil. -Reste pas dans le passage !
-C'est des framboises surgelées ?
-Pour l'anniversaire du commandant. T'as pas des trucs à éplucher ?
-Le Goff est dessus, tout est sous contrôle.
Maintenant, les poivrons !
-B-10 ? -Coulé.
Il renifle.
-Quelle bonne odeur !
-Je vais te défoncer ! -Ça changera rien.
-Je vais te défoncer ! -On rince le riz avant de le cuire !
-Je t'interdits de faire ça ! -Sinon il restera l'amidon.
-C'est de la bouffe en plus, On a 70 jours à tenir !
-Cessez de couvrir les casseroles, il faut que ça s'évapore !
-Ça attache ! -C'est là que c'est bon !
Rince ce foutu riz. -Déconne pas, Le Goff.
-Bon a', bon a'... -BO !
-...PETIT MERCI !
-Ça part en salle.
Brouhaha
---
-Chapeau, Gueguen !
-Et pour le cuistot ?
-BRAVO !
-Un petit remontant ? -Les bouteilles sont au chalet.
-Au chalet...
-Quatre générations de marins avant moi,
cinq avant lui,
et il s'est tourné vers l'armée de terre,
avec leurs uniformes nuls
et leurs véhicules bruyants.
Saint-Cyr pour finir
gendarme à Islamabad. Jamais compris.
-Et vos filles ?
-Les 3 premières, mariées.
J'ai entendu parler d'un pharmacien,
d'un informaticien en logiciel libre...
Rien de très clair.
La troisième travaille sur Internet.
Elle achète des trucs, elle se filme...
Ma femme dit qu'elle a 2 millions de spectateurs.
Les femmes n'ont pas le sens des réalités.
2 millions, je vous demande un peu...
Leguenedal ?
Vous avez aussi un bon coup de godille ?
-Trois enfants.
-Bon début.
-Des vocations déjà ? -Elles sont jeunes encore.
-Attention à la télévision.
Moi, c'est Rambo, Van Damme, toute la clique
qui ont tourné la tête au gamin.
Vous êtes sous l'eau,
et quand il devrait lire Conrad ou Vercel,
le gamin regarde des types sulfater le tiers-monde.
-C'est sûr, ça monte à la tête.
Moi, c'est Octobre Rouge et USS Alabama qui m'ont sauvé.
J'avais un oncle cinéphile.
-Une génération avant et je l'aurais emmené avec moi,
mais impossible de parler d'éducation
depuis que les femmes ont pris le pouvoir.
N'est-ce pas, Tardivel ?
-La cause avance, on revendique quelques victoires.
-Eh bien, bravo. Votre père,
un marin ?
-Expert-comptable. -Il en faut.
-Et d'où êtes-vous, en Bretagne ?
-Nantes.
-Elle passait ses vacances à Plougastel.
Et elle vit à Brest depuis ses classes.
-La quasi-totalité de la famille de ma femme habite à Laval,
et elle va les visiter quand je suis pas là,
ça n'a jamais posé problème.
Bon appétit.
Doux Jésus...
Gueguen se serait-il résolu à ouvrir un livre de cuisine ?
-La retraite approche, ça le travaille.
-A moins qu'il se soit trouvé une femme aux îles,
qu'il aurait embarqué pour la mettre aux fourneaux.
-Il faudrait la sortir par le sas.
-Ce serait dommage.
-Ah, les amours de Gueguen...
Ça me rappelle le ravito à Taïwan.
-A Taïwan ?
-Oui, rien de très officiel.
Le nombre de matelots perdus dans les maisons de thé...
Tardivel, ce jeune homme est sans doute marié.
-Non, Dieu m'en préserve.
-A la bonne heure, à votre âge ?
-Le désespoir de ma mère.
-La pauvre, comment se fait-il ?
-Je résiste à tout, sauf à la tentation.
-A nos bien-aimées, et à nos femmes.
-Qu'elles ne se rencontrent jamais !
Que ceux que la fumée dérange
écrivent un rapport aux autorités.
Pour les autres, ma cave est à votre disposition.
-Vous pouvez disposer, Messieurs.
-Quand vous donnez des ordres, vous me faites penser à ma mère.
-De bons souvenirs ?
-Pas franchement.
Mais les souvenirs, c'est ce qui nous sert de paysage.
-Fred !
Super le stage cuisine, mais je dois contacter ma compagnie.
-Ça va pas être aussi simple.
-Un petit coup de fil.
-T'as déjà entendu "secret défense" ?
Dans une série ?
-J'ai fait la formation "attaque terroriste".
-Salut, Loïc. -Salut, Marco.
-Un petit bouchon pour la nuit ? -Il est midi.
-Je peux pas le savoir.
-Juste un petit alors.
-Et puis tu vas me faire visiter parce que ça a l'air grand.
Il y a des types en combinaison, genre Roswell, à l'arrière.
-Mmmh... Tu veux dire au niveau du réacteur nucléaire ?
-Ouais, réacteur nucléaire, c'est bon ça !
-Allez, viens.
-Erwan ? C'est Fred qui m'envoie.
Leguenedal, un truc comme ça.
Tu t'occupes des communications ? -Oui, je...
-Passionnant ! J'ai un petit souci.
Un petit bouchon ?
Musique angoissante
---
J'aime tes grands yeux derrière tes lunettes
Ils me font penser aux phares de ma camionnette
Ohoooo Oho Ursule
Pour toi d'amour mon cœur brûle
Il faudrait, il faudrait une pompe à vapeur
Pour éteindre le feu qui consume mon cœur !
-C'est bon, vous êtes propres.
-Permission de se rincer ? -Magnez-vous.
C'est quoi, ça ? Tu te fous de ma gueule ?
De l'officier de télécommunication à sa famille :
Il aime sa femme, il pense aux enfants,
et en post-scriptum :
"Prière de prévenir Priscilla au 06 39 98
que Marco a dû s'absenter.
Transmettre excuse à la compagnie aérienne."
Sérieux ?
-J'ai un métier, moi.
-Et si c'était Benazech qui avait intercepté ce message ?
-Il va pas me foutre à la porte.
-N'en sois pas si sûr.
-Tu lis le courrier ?
-Sans blague !
C'est un sous-marin atomique !
Evidemment que je contrôle le courrier !
-C'est dégueulasse, c'est peut-être intime.
-Qu'est-ce qu'il peut y avoir d'intime dans un sous-marin ?
-Te fatigue pas, j'ai compris. En fait, c'est toi,
tes problèmes avec ton supérieur,
mes soucis, tu t'en fous !
Alors que c'est toi qui m'as sauté dessus,
j'avais rien demandé. J'allais me remettre avec Priscilla.
Elle fait la fière, mais on se rabiboche toujours.
Tu sais pourquoi ?
Parce qu'entre nous, il y a du respect.
Mais je vais pas expliquer ce que c'est
à quelqu'un qui fouille dans le courrier.
-Parlons-en du respect !
Tu couches avec toutes. Et Priscilla ?
Je connaissais pas cette variété d'herpès !
-T'es sale quand tu parles comme ça !
-Il est question d'autre chose ? -Oui,
c'est chimique !
-Chimique mon cul, une hôtesse de l'air !
Tu bandes pour les uniformes, reconnais-le !
*-Lieutenant Tardivel au central.
*Lieutenant Tardivel au central.
-Vas-y, on te siffle. -Gros con.
-Oui, et le gros con, il sait pas où dormir !
-Oui ? -Le mec est con comme un balai.
-Qui ?
-Mais machin, Marco Mariatruc, il fait rien comme il faut !
T'as bien vu,
il met du désordre partout. C'est le bordel,
tout est flou, on sait plus qui est qui,
y a plus de cadre !
*Un petit verre,
un petit toast,
c'est pas un putain de mariage !
-Il s'en sort plutôt bien.
-Pourquoi je lui ai sauté dessus ?
C'est un nid à emmerdes,
t'as bien vu, et t'as rien fait !
T'as rien fait pour m'en empêcher !
C'est toujours pareil, je me tape toutes les merdes,
ce rafiot vogue parce que je passe derrière vous.
*Je suis une voiture-balai, et vous vous en foutez,
*pas un rapport bien rédigé,
et Benazech, c'est le pire, avec ses anecdotes à la con.
Si j'étais pas là, nos missiles
croiseraient ceux des russes ! "Pas le bon bouton !
Le beau feu d'artifice !"
Vous savez quoi, c'est fini, terminé !
Maman raccroche !
Je vais me pieuter !
Et faut lui trouver un pieu !
Il souffle.
Musique calme Chant de baleine
---
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---
---
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Musique dansante
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---
*-Appel urgent ! Tous les officiers au réfectoire !
*Appel urgent !
*Tous les officiers au réfectoire !
Des bras cassés, j'en ai connu. Mais un passager clandestin...
Jamais !
Relisez-moi ça pour voir
s'il y a un Mariani prévu aux cuisines
ou n'importe où !
Des abrutis !
On prend des extras ?!
Il faisait moitié prix ?
Votre vocation,
c'est plus les sous-marins, c'est les super tankers !
-Commandant. -Il y est son nom ?
-Il y est pas.
-C'est pas moi qui devrais le lui apprendre !
-Je veux pas fuir mes responsabilités.
-A la bonne heure,
vous me remettrez votre lettre de démission.
-On est en campagne,
il faut passer par un conseil de guerre pour ces décisions.
-Mais on va le constituer, votre conseil de guerre !
Vous devrez aussi vous expliquer,
votre rôle n'est pas très clair !
-Temps mort, relax !
On respire.
On regarde au-delà du siège de devant,
on visualise une image positive. -Marco...
-Inspire, expire.
Inspire, expire.
Un, deux, relâche.
Il y avait une tempête,
j'ai vu une porte ouverte, je suis curieux,
je suis entré. -Pourquoi ?
-Pourquoi ?
Respirez par le nez.
Et pourquoi vous passez la moitié de votre vie
sous l'eau à pas voir vos enfants ?
Vous, votre fils est dans l'armée de terre,
mais toi, Fred ?
T'as vu les premiers pas de tes filles ?
Inspire. Tous ensemble.
Personne sait ce que vous faites !
Des ronds sous l'eau en espérant ne pas vous servir des missiles.
Pour un salaire de merde, une famille qui vous reconnaît plus,
une sexualité en berne !
Vous êtes mal placés pour questionner mes choix.
On relâche la nuque, détend les bras.
Et j'avais du congé.
J'ai vu l'occasion d'une croisière atypique.
J'ai plongé, tout simplement.
Et je ne regrette pas.
Vous êtes une bande vachement sympathique.
J'aurais jamais cru dire ça de militaires.
Mais si c'est à vous de défendre la démocratie,
eh bien d'accord.
Je suis avec vous, je témoignerai dans votre sens.
-Bon, Tardivel,
je me suis emporté publiquement, alors je m'excuse.
-Je vous en prie, Commandant. -Voilà, c'est bien, ça circule.
-Pareil pour vous, Leguenedal. -Commandant.
-Voilà, on laisse sortir, laissez tout.
-On n'est pas les mieux placés pour juger cette affaire.
Vous verrez avec le contre-espionnage.
-Carrément ? -Oui, mettez-moi ça aux fers !
Musique triste
---
---
-Ça va ? -Ça va.
-Un petit café ? -Avec joie.
Il est quelle heure ? -10h42.
T'as besoin de rien ? -Ça va.
Un petit coussin peut-être ?
-Ça va ?
T'as besoin de rien ?
-Ça va.
Et toi ça va ? -Impeccable.
-Et Marianne ?
-Oh, tu sais...
Ouais, euh...
-Parfait.
-Je voulais te dire merci.
T'as été super. -Je suis souvent super.
-Faut que j'y aille, on m'attend. -Je me doute.
Je veux bien un coussin !
Je vais bien, j'ai besoin de rien !
-OK.
Super. -Vas-y entre, viens.
-J'ai pas beaucoup de temps. Je venais voir comment ça va.
-Je suis merveilleusement bien installé.
Un coussin et mon bonheur serait parfait.
-Chouette.
Merci de pas m'avoir balancée, et d'avoir rattrapé le coup.
Je fais la fière, mais quand il a parlé de démission...
-Vous étiez tous partis en toupie.
-Pour moi, c'était foutu.
-C'est jamais foutu.
Des paniques, on en a au moins une par long-courrier.
Quand un rappeur part en sucette, seule la psychologie te sauve.
Elle rit.
Pourquoi tu te marres ?
-Quand tu parles de psychologie, c'est drôle.
-Ton problème, c'est que tu me prends pour un con.
-Mais non.
Non, mais tu t'inquiètes jamais.
-En même temps, il y a rien de grave.
C'est pas comme si on était en guerre...
On est en guerre ?
Secret défense.
Si c'est secret défense...
Il fredonne.
---
J'ai attrapé un coup de soleil
Un coup d'amour, un coup de je t'aime
Je sais pas comment, faut que je me rappelle
*Si c'est un rêve, t'es super belle
*Je ne dors plus la nuit, je fais des voyages
*Sur des bateaux
Qui font naufrage
Je te vois toute nue sur du satin
Et j'en dors plus
*Viens me voir demain
Mais tu n'es pas là et si je rêve tant pis
Quand tu t'en vas
Je dors plus la nuit
Mais tu n'es pas là
Et tu sais j'ai envie
D'aller là-bas, la fenêtre en face et de visiter ton paradis
Je mets tes photos dans mes chansons
Et des voiliers dans ma maison
J'voulais m'tirer, mais j'me tire plus
J'vis à l'envers, j'aime plus ma rue
J'avais cent ans, j'me reconnais plus
J'aime plus les gens depuis qu'j't'ai vue
J'veux plus rêver, j'voudrais qu'tu viennes
Me faire voler, me faire je t'aime
Mais tu n'es pas là
Et si je rêve, tant pis
Quand tu t'en vas
J'dors plus la nuit
Mais tu n'es pas là
Et tu sais, j'ai envie
D'aller là-bas, la fenêtre en face
Et visiter ton paradis
Musique solennelle
---
---
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---
-Attention en montant.
---
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---
---
---
-C'est beau.
-Ouais, c'est beau.
-Personne veut venir me chercher.
-Tu regardes pas au bon endroit.
---
---
---
---
Cris d'excitation ---
---
---
---
-Ah, les mecs !
J'en aurais eu pour mon argent !
---
---
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-Arrête de te payer notre tête.
-Je vous jure ! C'est un monde !
-Mais on n'embarque pas dans un sous-marin
pour voir du pays.
-Soyez steward pendant 20 ans ! Ça fait 9 ans en l'air.
Poser le pied sur le sol pour moi, c'est exotique.
Des avions, des hôtels, c'est tout.
Vous imaginez les fonds marins ? - On les voit pas
à bord d'un sous-marin militaire.
-Je m'en suis rendu compte après.
Dans les pubs de l'armée, c'est "voyez du pays, faites-vous des copains".
-C'est pas des vacances. -Je prends jamais de vacances.
-Qu'est-ce que tu foutais là ?
-Il y avait un ouragan, j'ai vu une grande lumière...
-On reprend depuis le début. Nom, âge, domicile, profession.
-Marc Antoine Mariani, 38 ans,
12 rue Condorcet 13016 Marseille, chef de cabine.
Je suis pas agent secret, j'aurais adoré.
Quelque chose a dû merder avec la conseillère d'orientation
au collège.
Leur métier, c'est de piétiner les rêves.
On vient pour être pilote de chasse on finit steward.
Il faut me croire.
-Mais on te croit, mon vieux.
Mais tu te fous de notre gueule.
Si t'es pas de la CIA... -Si t'es pas du Mossad...
-Si t'es pas du KGB... -Pourquoi t'y es allé ?
-Question simple.
-Basique.
-Avec une réponse simple. -Basique.
-Même une réponse conne.
-J'ai suivi un membre de l'équipage.
On s'est rencontrés dans un bar.
On a bu. Les cocktails, c'est mon truc.
Tout est allé assez vite, on est allés dans l'arrière-salle.
Il faisait noir.
C'était à la fois brutal et doux.
Pas une seconde j'ai imaginé la suite.
Les militaires, c'est pas mon truc, même si l'uniforme...
Donc,
son pote a débarqué, il fallait partir.
J'ai vu son triskèle...
-Son triskèle ?
-Ça s'invente pas ça, on est d'accord !
Quand j'ai vu son triskèle, j'ai voulu lui rapporter.
J'ai trouvé ça romantique.
C'est romantique ?
Merci, je commençais à avoir un doute.
J'aurais pas dû embarquer comme ça,
mais ça m'a paru tellement évident sur le coup.
Je ne voulais pas qu'on se sépare comme ça.
J'ai pas l'habitude de ressentir ça, c'est idiot.
-Et ce membre d'équipage, quand il t'a vu à bord... ?
-Ça n'a pas été la grande gaieté.
Il y a quand même un ou deux trucs qui ne passent pas dans la Marine.
Faudrait apprendre à se détendre un peu.
Je veux bien que le côté "passager clandestin"
puisse générer quelques excès.
Mais de là à se quitter sans même pouvoir se parler,
si ce n'est à demi-mot,
pour se dire que ça valait la peine,
qu'on s'en voulait pas...
-OK, reprenons.
Allons à l'essentiel.
Depuis tout petit,
t'as voulu voir les fonds marins.
-Les conditions météorologiques étaient dégueulasses.
-T'as vu une grande lumière, et...
Et hop.
-Et hop.
-Et hop.
-C'est bon pour moi.
-Attendez, attendez !
Le sous-marin, comment je fais pour le retrouver ?
-Ah non, c'est secret défense.
Vous me faites chier avec votre secret défense !
Il y a des choses plus importantes dans la vie !
Vous avez rien écouté !
Vous voyez pas que je souffre ?
-Nous arrivons à l'heure.
Assurez le ravitaillement pour repartir de même.
-Le temps de réveillonner.
Le bruit court qu'un dîner sera donné à terre.
-Petit réveillon rapide alors.
-A MOI FORBAN, QUE M'IMPORTE LA GLOIRE
LES LOIS DU MONDE, ET QU'IMPORTE LA MORT
SUR L'OCÉAN J'AI PLANTÉ MA VICTOIRE
ET BOIS MON VIN DANS UNE COUPE D'OR
VIVRE D'ORGIE EST MA SEULE ESPÉRANCE
LE SEUL BONHEUR QUE J'AI SU CONQUÉRIR
C'EST SUR LES FLOTS QU'J'AI PASSÉ MON ENFANCE
C'EST SUR LES FLOTS QU'UN FORBAN DOIT MOURIR
-Messieurs, je n'ai pas l'émotion facile.
Mais c'est Noël.
Nous sommes à terre, je me permets de tomber le masque de la hiérarchie
pour vous appeler mes amis.
Le service nous éloigne de nos femmes et de nos enfants,
le jour où toutes les familles se réunissent.
Et si ce soir les familles se réunissent,
comment appeler autrement notre équipage ?
Un sous-marin, c'est une maison où nous vivons tous,
et le cas échéant,
un tombeau où nous reposerons tous.
Cette égalité d'homme nous lie.
C'est le champ de bataille qu'on ne peut abandonner.
Et c'est contre les lois du genre,
nous ne pouvons espérer être compris
de quelqu'un d'extérieur à cette famille.
C'est une chose que nous avons en commun
mais que nous ne pouvons partager.
C'est un mythe pour nos enfants.
Une malédiction pour nos femmes.
Elles auraient tort de se plaindre, elles savent où nous sommes.
Le fond des océans est un lieu où l'homme est de passage.
Pas à craindre une mine,
une balle ou une maladie honteuse.
Nous sommes immunisés contre les malheurs des armées.
Le prix à payer est fort, et nous le payons joyeusement.
Mes amis, aux seuls sur qui on peut compter en campagne,
à nous-mêmes.
-A NOUS-MEMES !
-A nous-mêmes.
Musique rythmée
---
Ils se disputent.
-Ah, Fred !
Invraisemblable, il n'a jamais vu de carotte !
Oui, je sais que ton couteau est affûté !
Non, arrête de boire toi ! Tu vas être bourré, c'est traître.
-Comment t'as fait pour être là ?
-Tu serais étonné du peu de gens qui veulent bosser ici.
Quand on voit le taux de chômage,
se dire qu'on refuse du travail,
dans un cadre si sympathique, c'est à n'y pas croire.
Il parle une langue étrangère.
Tu vas la couper la viande, t'inquiète pas.
Mais si tu veux prendre l'air avant, tu y vas, pas de soucis.
Je suis pas là, motus !
-Je le savais !
Tu viens nous faire chier aux portes de l'Arctique !
-Tellement content de te voir.
Comment ça se passe ?
-Bien, mais depuis que tu es parti,
il y a comme un manque.
-Ça me fait plaisir.
-On pense que la Mer du Nord, c'est grand,
mais on se serait cru au-dessus de Roissy.
Le sonar était devenu fou.
Des sous-marins dessus, dessous,
du ruskof, du briton,
les Américains qui ont toujours fait un boucan pas possible...
Les probabilités de collision avaient explosé.
Et, au milieu de ce merdier,
une famille de baleines qui passait, tranquille.
-Les cuisses seront jamais cuites !
-Marco, laisse-moi faire !
Il parle une langue étrangère.
Evidemment, il est chiant comme la pluie !
-Marco ! -Chut !
A 72 degrés, ça part en salle.
-Allez hop là !
-Vous avez maigri vous ?
Tu leur as fait quoi à manger? -Oh ça va !
-Des pâtes depuis une semaine. -Arrabiata, pesto.
-Tu es une brute.
Partez pas les mains vides. Motus, je ne suis pas là.
Ah !
-Voie d'eau dans les quartiers inférieurs !
Mais le compteur a commencé à crépiter,
et il y a eu comme un blanc !
Mais les craquements de la coque,
ça nous permettait de savoir à combien on était.
Et on s'est posé sur le sable,
à 400 m de fond, comme une fleur.
-Ça fait Noël. -Non, ça fait Blanche-Neige.
-Il y a "neige",
donc ça fait Noël.
Il parle une langue étrangère.
-Vous allez pas vous y mettre ?
-Oups là ! Pas de femme en cuisine !
-Vous voulez mon pied au cul ?
-Pardon, Lieutenant.
-Les bûches sont prêtes ?
-Oui ! Bon allez, aidez-moi !
-Alors, oui,
je me suis arrangé pour te revoir,
parce que je me suis dit qu'une fois rentrée chez toi,
peut-être tu irais dans un bar
et que tu jetterais ton dévolu sur le premier venu,
et cette idée m'était assez désagréable.
-Désagréable ? -Désagréable, oui.
-Je fais ce que je veux.
-Oui, mais j'aimerais autant pas.
-Je te parle de Priscilla, moi ?
-On peut parler d'autre chose ? -Pourquoi ? Elle est malade ?
-Non, elle va très bien.
Le contrôleur aérien l'a rappelée, ça m'énerve un peu.
-Ah d'accord.
Donc je suis juste un bouche-trou.
-Non, oh là !
Cette discussion est mal engagée.
Je suis là, j'ai préparé un repas.
J'ai traversé la moitié du globe pour être avec toi.
-Pas trop difficile à trouver ? -Assez difficile.
-Plusieurs avions ?
-Oui des petits, des coucous,
on sait jamais comment ils vont se poser.
-T'as cru mourir ? -Plusieurs fois.
Puis un bateau avec des types qui ne parlent pas.
-Des marins ? -Des marins !
Et ensuite, la motoneige sur la banquise !
-Ah ouais ! Ah ça !
T'as dû adorer ! -Tellement !
T'es là, tu fonces tout droit,
personne pour t'arrêter. Du blanc devant et derrière.
Personne pour te demander un formulaire de douane...
Tu fonces, et là... ! Et là, un phoque !
-Chouette voyage.
-Le pied total !
-Pourquoi tu dis que t'as fait ça pour moi ?
-Hein ?
-Ton cauchemar, c'est la routine, alors t'es content ?
-Oui, mais aussi parce que t'es là !
-Oui, aussi !
Mais ce qui me ferait plaisir, ça rentre pas en ligne de compte.
Suis-je contente de te voir là plutôt que dans 3 semaines ?
Tu t'es pas posé la question.
-Mais si !
Mais si, mais enfin...
Je trouvais ça plus cool, plus romantique.
Les autres sont contents de me voir.
-Du calme.
-Ma vie prend un virage, j'ai envie d'autre chose.
-Du calme !
-J'arrête pas de penser à toi.
J'en ai peut-être marre des filles qui sourient tout le temps.
En plus, t'es pas mon genre...
-C'est quoi, ton problème ?
On a failli baiser, ça y est, on va se marier ?
-Tu me plais, et tu parles de mariage ?
-C'est un peu le concept du couple.
-Mais il est pas question de se marier !
-Evidemment que non !
-Pourquoi tu m'en parles ? -J'en parle pas, c'est toi !
Tu me colles depuis le début !
Tu m'étouffes !
Tu m'oppresses !
Tu me pollues !
Toi non plus, t'es pas mon genre !
C'est pour ça que je t'ai sauté dessus.
Pour jamais te revoir.
C'est comme ça que je fais, moi !
Mais toi, tu veux plus !
Mais je veux pas te donner plus !
Tu crois quoi ?
Que je suis contente que tu te sois traîné sur la banquise
pour venir baiser avec moi ?
Non, je me sens obligée !
Et j'ai pas envie !
Voilà ! Alors, tintin !
On me sonne pas ! Je ne suis pas à disposition !
Joyeux Noël !
Claquement de porte
Bruit de serpentin
-Joyeux Noël.
Joyeux Noël à tous.
-Joyeux Noël.
-JOYEUX NOËL !
Musique de Noël
---
---
-Joyeux Noël, mon vieux.
-Joyeux Noël.
Ils marmonnent dans une langue étrangère.
-Lieutenant ?
-Oui.
-Une petite anecdote ? -Ça ira, Commandant.
-Un conseil, alors.
quand on rencontre quelqu'un qui n'a pas peur de notre métier...
Bon...
-Cap au 0-8-6. La route du retour, les gars.
Musique douce
---
-Je le vois ! -Ah bon ?
-Oui, juste là. -Juste là-bas !
---
---
-Papa !
---
-Ça va, les filles ?
---
---
*-Un désarroi, un malaise, une incompréhension,
*une anxiété qui s'installent plus ou moins durablement
*avec ce sentiment d'être devenu un être défectueux, périmé,
*comme si la ménopause était une obsolescence programmée,
*coup de projecteur sur...
-Ça va ?
-A fond. Tu sors boire un verre ?
-Marianne... -Allez !
-Je viens de rentrer. -Ça se fête !
-J'ai mes gosses ! -Et alors ?
Depuis que t'as des gosses, t'es pas drôle. T'es devenu
une sorte d'extension de canapé.
Un chat d'appartement.
Soizic doit être contente mais ça me fait chier.
-Marianne... -Oui, je te le dis.
Tu te dessèches à petit feu.
Entre ta femme, tes gosses, l'emprunt,
la maison, le barbecue...
-Pourquoi tu me dis pas juste que la solitude t'angoisse ?
Tu me dis ça, je t'invite à dormir.
-Tu passes ta vie dans le Pacifique. -Sous le Pacifique, chérie.
-Oui, c'est pareil. -Pas tout à fait.
-Ça change pas la question. Tu voyages tout le temps, pas moi,
donc je choisis.
-C'est trop loin, et les enfants vont être rétamés.
Les Canaries, c'est accessible et il y a la mer.
-Des vacances au rabais.
-Au rabais ? T'as vu l'hôtel ?
-Sinon, il y a le Vietnam.
Il y a des endroits magnifiques.
-Et la distance ?
-C'est plus près.
-Arrêtez de sauter sur le canapé !
-C'est moins cher.
-Ça peut être une option.
Il y a les plages où les GI allaient se reposer.
-T'as toujours su me faire rêver.
-Du sable blanc à perte de vue, chérie.
-Arrête de l'appeler chérie.
-Les enfants, le canapé !
-Il y a plein de trucs, des temples, des hôtels...
-Fred !
-Vous avez entendu maman ? -Tu l'as vraiment appelée maman ?
-Et arrêtez de crier là ! Allez, montez !
On monte, allez, hop !
-C'est super, le Vietnam.
C'est pas encore défoncé par le tourisme
et les gens ont une super mentalité.
Ils se sont tapés deux guerres et ils sont relax.
J'adorerais y retourner.
-Ecoute, Fred, oui pourquoi pas, juste je veux pas m'en occuper.
-Je m'en occupe, pas de problème.
-Ouais, ouais.
Trois mois toute seule avec elles, j'ai bien géré.
-Je peux ressortir mon trajet d'il y a 20 ans,
c'était top, et les filles,
elles vont adorer.
-Oui, super ! -Ça a dû changer.
-T'en penses quoi ?
-Mais qu'est-ce qu'elles fichent là-haut ?
-J'ai gardé les contacts, les adresses...
Ça urge un peu là, non ?
-On peut dire ça.
-Arrêtez, ou j'en prends une pour taper sur l'autre.
-Vous avez de la chance, j'aimerais tellement revoir ça.
-T'as qu'à venir.
-Ben ouais, carrément.
Je m'occupe de tout.
Hé, les monstres !
Ça vous dit de partir ensemble au Vietnam ?
-OUAIS !
Elle crie.
-Je sais que ça fait chier ta femme que je vienne.
-Mais non.
-Mais la Bretagne en hiver, c'est l'enfer.
-Tu peux pas dire ça.
-Fred,
t'es en couple, tu sais pas ce que c'est d'être seul.
-Mais trouve-toi un mec. -Mais ça marche jamais.
-Marco, c'était ma chance.
J'y ai cru à mort.
Quand je l'ai vu arriver avec ton triskèle à la main,
je me suis dit ça y est.
Je vais enfin passer des vacances juste avec ma famille.
-T'es égoïste.
-Je sais.
-J'aime pas que tu décides pour moi. -Je sais.
-Quand je suis obligée...
-Je sais aussi. -Voilà.
-Aïe !
Vous mettez pas en plein milieu du passage.
-Priscilla ?
-Pourquoi vos parents sont pas là ?
-Ils sont pas là. -Me prends pas pour une andouille.
-Priscilla ?
-C'est un lieu de travail ici.
Brouhaha
-Stop !
Vous foutez le camp, allez, zou !
-Papa ! -Papa !
-Elle nous engueule. -On voulait juste boire.
-C'est quoi, ce bazar ? -Attends.
-Une seconde. -Quoi ?
-Bon, Fred, il faut qu'on embarque. -Attends, regarde...
Regarde...
Chérie, nous partons en vacances seuls !
-Seuls ?
-Avec les enfants, mais sans Marianne !
-C'est mieux que rien !
Musique enjouée Cris de dégoût des filles
---
---
-De justesse. Tu remplaces Priscilla ?
-Oui ! -Tu prends bâbord.
*-Les conditions météorologiques sont excellentes.
*Nous allons décoller pour un vol de 8h.
*Veuillez regagner vos places et attacher vos ceintures.
*Les membres de l'équipage vont venir vous informer...
-EN REVENANT DE NANTES, DE NANTES À MONTAIGU
LA DIGUE, LA DIGUE, DE NANTES À MONTAIGU...
-Je peux aller aux toilettes ?
-Il faut attendre que l'avion soit en marche.
-Il y a des enfants. Mademoiselle, s'il vous plaît.
-Vous voulez apprendre la chanson, les enfants ?
-Il est interdit de chanter dans l'avion.
-On plaisante !
-Vous voulez chanter avec nous ? -Ça va aller, merci.
Brouhaha
-Jeune homme, il faut mettre la ceinture.
-T'es pas belle, l'autre, elle est mieux.
-Et moi, mademoiselle ?
Vous voulez vérifier ma ceinture ?
Ils rient.
*-Gonflez votre gilet à l'extérieur de l'avion,
*en tirant sur les poignées rouges.
*Les issues de secours, signalées par un panneau Exit,
*sont situées à l'avant, au centre et à l'arrière de l'appareil.
*Un marquage lumineux au sol...
-Madame, je peux y aller ? -Pardon, excusez-moi ?
-Aux toilettes ? C'est pressé !
Le passager tape sur ses fesses.
-Je ne comprends pas qu'ils ne voient pas leur intérêt.
-C'est pas pharamineux ce que vous leur proposez.
-Mais on leur propose quelque chose !
-Dans n'importe quel autre pays,
ils repartiraient...
-Mais c'est la France,
front populaire, droit de l'homme,
congés payés, mais ça d'accord.
-Même les impôts, à la rigueur. Dans le principe...
-Mais le fric que ça coûte,
tu te rends pas compte.
-Si, vous pouvez aller en classe éco.
-Non, quand même pas.
-Même s'il y a ce genre de petits culs
en classe éco...
-Christine ! -Oh, ça va.
-On peut plus rien dire. -C'est un vol de 8 h, merde !
-Tout va bien ? -Ça va, mais la nouvelle...
-La nouvelle ? -Celle qui remplace Priscilla.
Elle sourit pas beaucoup, mais de la poigne !
Bruit de virevoltant
Bourdonnement d'une mouche
-Suivant !
-Je peux savoir ce que tu fais là ?
-Tu vois, je les surveille.
-Non, ce que tu fais là ?
-Ecoute, j'ai bien réfléchi.
Les connards superficiels, c'est peut-être mon truc.
J'ai pas beaucoup de vacances,
mais on pourrait tirer un coup rapide,
puis on est pas obligés de se séparer...
Regarde tes pieds !
-Excuse-moi, c'est confus.
Evoquerais-tu la possibilité d'une sorte de couple ?
-Commence pas à me forcer la main. C'est compliqué avec mon travail.
-Et moi, mon métier...
-C'est pas sérieux.
Si t'es pas là, l'avion décolle quand même.
-T'es mal partie là.
-Pardon.
Je suis désolé, je dois aller aux toilettes.
-T'attends que ton pote revienne. -Il y a des toilettes à l'arrière.
-Je veux pas le savoir.
-T'es pas habituée aux déclarations.
-Pas trop.
-Ce serait important que t'arrives à bien formuler les choses,
j'ai été un peu vexé la dernière fois.
-Vexé de quoi ?
Tu m'as mis devant le fait accompli sur mon lieu de travail.
J'ai de hautes responsabilités,
et qui je vois ? Monsieur,
la bouche en cœur qui veut que je lui saute au cou.
Vous aimeriez ça, vous, votre femme dans les vestiaires ?
-Tu ne retournes pas la situation.
J'ai consacré mes vacances... Et je n'en prends jamais !
Des congés sans solde
à me faire engager comme cuisinier au trou du cul du loup
pour qu'elle soit pas seule à Noël.
-Seule ? J'étais avec mes collègues.
Je suis heureuse au travail, c'est mieux d'attendre
que je te rappelle ! -Que tu me rappelles ?
C'est moi qui rame depuis le début pour que ça fonctionne !
-Qui a fait le premier pas alors que tu bavais sur Priscilla ?
-Pour la dernière fois, Priscilla est une amie !
-Une amie proche !
-Et les 90 mecs avec qui tu travailles ?
Les douches mixtes ?
Continue de dire qu'il suffit que je t'attende !
-Je suis là, je viens te chercher !
Moi aussi je pourris
mes vacances !
Mais je sais pas dire "je pense à toi" ou "tout le temps".
Ça veut pas dire que c'est pas ce que je ressens !
C'est concret uniquement
quand t'es pas là ! Et c'est affreux, voilà.
Même quand on s'engueule, c'est mieux.
De toute façon, à quoi bon ?
On va pas s'embrasser ici.
Moi je pourrais pas, ce serait tellement inhibant.
Musique romantique
---
-AH !
-Combien de semaines de vacances ? -Deux.
-On fera avec.
---
-Leguenedal, elles seront encore là dans 3 mois !
Dites, voir Leguenedal,
un doute affreux me taraude.
Tardivel serait-elle en retard ? -Pas son genre, Commandant.
-Alors, soit ma montre avance, soit...
Musique mariachi
---
---
---
---
Si nous sommes au complet...
Messieurs !
Sirène du sous-marin
-C'est reparti. -A qui le dites-vous !
-Trois mois.
-Sans compter les escales !
Musique cover de "Le Coup D'Soleil"
---
Musique douce
---
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