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Musique douce
---
Rires
---
Non. Tu dis à ta soeur qu'elle touche à rien.
Si elle tire sur l'anneau, la narine viendra avec.
Non. Dis à ton frère de l'emmener chez le médecin.
- Et boum !
- Vous, vous avez signé, vous. - Oui.
Rires - Je vous l'avais dit,
un peu pourri mais pas mal.
- Je me suis allégé de 20 000.
- C'est pas pourri, c'est dans nos prix.
- Et même,
au niveau de la déco,
le quartier, ça peut le faire. - Et la concurrence ?
Vous avez vérifié ?
- 3,2 km du salon où bosse Victor et 3 km du mien. Nickel.
- Tu peux retirer ton pied ?
- Pardon.
- Vérifiez encore.
A moins de 2,6 km de là où vous bossez, vous êtes hors-la-loi.
- On a réfléchi à comment appeler le salon de coiffure.
- On hésite un peu. - Oui.
- On pensait à Le Libr'Hair...
- Les Prélimin'Hair. - Prélimin'Hair.
- L'Univ'Hair. Et voilà le pire...
- Adolf Hitl'Hair. C'est un peu coriace.
- Puisque "ce qui est fait n'est plus à F'Hair"...
"Tout travail mérite "Sal'Hair."
Vous l'aimez bien ?
Quand on est employé, on l'aime bien.
Ca, c'est les statuts.
On a un problème, j'ai dû tout changer.
Victor, tu peux pas être gérant.
- Pourquoi ? - Pourquoi il peut pas ?
- T'as été interdit bancaire, y a 2 ans.
- Pour 200 balles ? - T'aurais pu le dire.
Les banques aiment pas ça.
- Je suis gérant ? C'est Gal'Hair.
- Nul. - Je fais déjà le sale boulot.
- Vous êtes à 50-50. Et vous vous foutez pas sur la gueule.
- T'entends ? - Ta gueule.
- Direct ? - Va chier.
- Je vais te mordre. - Nique ta M'Hair.
- Houlà !
- Ca part mal. - Ca part en couille.
- OK. Ben, tes 30 000 ? Ils devaient pas être sur le compte lundi ?
- Vendredi, sûr.
- OK.
Alors, important,
ça, ce sont mes Honor'Hair. Rires
Je suis chargé de famille.
- C'est pas mal.
- T'inquiète, ça va le F'Hair. - Ca devient lourd.
- Max, on a signé, tu nous oublies pas, hein ?
Putain ! T'as vu le nombre de pages ? Sans déconner.
C'est monstrueux.
- J'ai fait 17 coupes aujourd'hui. Ca, c'est monstrueux.
- Oui 17, ça fait mal. - Mal aux doigts, surtout.
- Oh ! C'est qui ça ? Mon petit chaton !
- Salut, Pat. - Ben.
- Excuse-nous, on était chez Max. - Ton comptable ?
- Oui. - Tu me diras, j'ai l'habitude.
- C'est ça, fais-moi des remarques. Tu le fais très bien. J'adore ça.
Allez, go.
- Tu vérifieras qu'il a bien tout
pour l'école. Tiens.
- Merci.
- Dis-moi, t'as fait une demande pour la garde alternée ?
Ca va pas le faire.
- Pourquoi ? - Pourquoi ?
Depuis 6 mois, tu le récupères 1 fois sur 2 à cause du salon.
- Mais on a trouvé. Ca va s'arranger.
- Avec toi, ça s'arrange toujours.
Jusqu'au moment où ça s'arrange plus. Allez.
- Hé Pat ! Tes cheveux, c'est n'importe quoi.
Elle rit.
- Je t'emmerde.
- Victor ? C'est moi.
Les 30 000 seront ce soir sur le compte. C'est parti, mon pote !
On va tout déchirer. Rappelle-moi. Je t'embrasse. Ciao.
Klaxon
Le téléphone sonne.
---
- Caroline Coiffure,
bonjour.
- Oui ? (-Tenez. C'est mon portable.)
(Pour un changement, vous m'appelez et on s'arrange.)
- Victor,
rallumez votre portable. On cherche à vous joindre.
Ca a l'air important. - Excusez-moi.
Dis-moi.
Qu'est-ce qu'y a ? Quoi, Ben ?
Ben oui, à moto.
Quoi ? Quoi ? Quoi ?
Mais non !
Mais...
Musique triste
---
- C'est terrible quand ça arrive d'un coup.
- T'imagines les parents ?
- Pour eux, c'est pire.
Tu sais qu'ils ont pas beaucoup d'argent...
Ils vont récupérer les parts de Ben. Tu fais comment ?
- Je sais pas.
- Je suis comptable.
Alors, je fais les comptes.
Les bons comptes faisant les bons amis, il va te falloir
un autre ami, un bon.
- Max, Ben est mort, OK ?
- Il est pas mort. Y a ses actions dans la société,
y a vos projets, les assurances...
Non, crois-moi, il est pas mort.
Et même, il a pas fini de te faire chier.
- Comment tu parles...
- Je l'aimais beaucoup. J'ai pleuré. Je peux me permettre.
Lui, il est parti... et toi t'es là.
"Le mort est le guide du vivant", proverbe indien.
Il a une bonne tête, lui, non ? Non, lui.
- Si j'arrête tout, ça me coûte combien ? Hein, Max ?
- Un... max.
- Quoi ?
- Un max. Un maximum.
- OK. J'arrête.
Soupir
- Ouais... Demain, il fera jour.
*Rires d'enfants
Allô ?
Oui, chérie. Passe-moi ton frère.
Pas lui, l'autre.
Et lâche-le. Lâche-le !
- Le paradoxe, c'est qu'il était charmant.
Il m'a pas quittée pour raisons sexuelles.
Je faisais tout. Absolument tout. - Oui.
Alors, je pense qu'on va laisser cette mèche sur le côté.
- Je vous fais confiance, Célia. Vous avez du talent.
Donc, sexuellement, il était très inventif.
Un jour, il me propose...
- Quand même ! - Eh oui.
Ca peut faire mal.
- Oui.
- Et en même temps, c'est délicieux.
- La mèche, on va la laisser sur le côté.
Oui, là, c'est...
- Salut. Bisous.
- C'est toi ?
- C'est moi.
- Qu'est-ce tu fous là ? C'est dingue.
- Dingue.
Tu bosses chez Callandra ? - Ben, oui.
T'es pas là par hasard ?
- Non, non, je passais te voir.
- Après 10 piges, tu débarques ?
- En fait... - Merde ! Me dis pas.
T'as eu un gosse de moi. Tu me l'as pas dit.
Rires
- Ca va te paraître dingue, mais j'aimerais te montrer un truc.
- Un truc ? Quel truc ? - Un truc.
Tu me fais confiance ? - T'es pas chié.
Tu débarques 10 piges après et tu me balances ça.
- Donne-moi juste une heure. Une heure en 10 ans, c'est pas...
- Tu veux me montrer quoi ? - Dépêche-toi.
Viens, viens, viens. Merci.
Musique rythmée
---
- OK. Donc, t'es quincailler. Et quoi ?
- Non, non.
Ca a le nom, la devanture, le siège social d'une quincaillerie,
mais ça pourrait devenir un salon de coiffure.
- Vu l'état du truc, c'est très con, mais...
Et donc ?
- J'ai besoin de toi. Un salon, ça se monte pas seul.
- T'as besoin de moi comme coiffeuse ?
- Non, comme associée.
- Associée ? D'accord...
Pourquoi ? Ca va être ta boîte ?
C'est pas du tout ton truc, ça.
- On entre, je te montre. - Non.
Tu me montres pas, tu me ramènes.
- On a dit une heure, ça fait 20 mn.
- T'es un malade.
- Allez.
- Ah oui, y a encore plein de trucs. - Oui, faudra tout virer.
Bon...
Je te dis tout ?
- Oui, vas-y.
- Tu te rappelles de Benjamin Frison ? Il était avec nous.
- Oui, un grand blond, beau gosse. Vous étiez potes.
- Y a un an, on s'est croisés.
On est redevenus potes et on s'est dit qu'on monterait un salon.
- Dans une quincaillerie ? OK. Elle rit.
Et Ben, pas trop con, s'est barré.
- Pas comme tu crois.
Y a un mois, il a pris sa moto comme un malade, comme d'hab'.
Et il s'est tué.
- Putain, désolée.
- Ouais. Du coup, je me suis dit : "Ecoute, c'est la vie,
"Ben est mort et du coup, le salon, c'est plié."
Et j'ai revu une photo de toi.
- Et t'as repensé à notre histoire d'amour de dingues.
- Oui. Mais surtout, je me suis posé une question :
"Si je continue, qui je voudrais voir tous les matins
"et qui bosse bien ?"
Elle. Enfin, toi...
En plus d'être bonne coiffeuse, t'as la tête bien faite.
- Que la tête ?
- Bref. Moi, tous ces trucs de thunes,
de paperasse administrative, ça me gonfle, mais... grave.
Tu te souviens pas ? A l'école déjà, on en parlait.
Monter notre salon, faire nos coupes.
- Je m'en souviens. Mais on était des gamins amoureux.
C'est plus pareil. - Non.
Là, on peut le faire.
- Oui, mais j'ai pas une thune.
- C'est pas grave, ça se trouve. J'en ai trouvé,
j'y connais que dalle.
- T'as trouvé ? - Oui, enfin,
j'ai emprunté sur 30 ans.
- Ah oui, OK. M'en veux pas, mais ça va pas le faire.
Fais pas cette tête.
Tu vas trouver quelqu'un d'autre.
- Quelqu'un d'autre, c'est n'importe qui.
Sinon je laisse tomber, c'est trop galère.
- Je comprends.
On y va ?
- Attends. Avant de partir, tu peux te servir.
Profites-en. Là, t'as des pinceaux super,
des multiprises, de la cordelette, du Paic.
Tu seras pas venue pour rien. - Je peux prendre ça ?
- Ouais.
C'est cool. - Cool. Merci.
- C'est quoi ? - Une râpe.
- Super.
On sonne.
- C'est énorme !
- Mais c'est le top. A la mairie, ils les jettent.
- Tu verrais à l'hosto.
- Non, pas sur cette table.
Mets-la là, plutôt.
Ca va, Seb ? - Oui. Et toi ?
- Tu dînes avec nous ?
- Je peux pas, je suis de garde, ce soir.
On a deux cas, là, énormes.
L'un des deux s'est fait
perforer l'anus. On sait pas comment. Ca coulait de partout.
C'était horrible. On a jamais vu ça.
Et une odeur, je vous dis pas.
- Non, nous dis pas. C'est mieux. Elle rit.
- Allez. Salut les potes.
- A plus ! Merci, Seb.
- Ciao !
- Tous les infirmiers kiffent raconter ces histoires pourries ?
- Je crois qu'y a que Seb. En même temps, il raconte bien.
Des fois, on se fait prendre.
- Euh...
Je t'ai pas dit. Y a un pote de Diane
qui est passé pour déj' avec nous. Un coiffeur.
Il bosse chez Top Coiffure. Et là, il va...
Il va ouvrir son salon.
- Y a des fous partout. Se mettre à son compte, c'est du suicide.
Des mecs qui montent leur boîte et se font sauter le caisson,
t'en as plein les journaux.
- Ouais...
*Chanson triste
- Ca va ?
Belle journée ?
*---
C'est encore ta chanson ?
*---
Tu sais quoi, Inès ? J'ai une idée.
Demain matin, tu te lèves et tu ranges le petit déj.
T'en dis quoi ? - Oui. C'est une bonne idée. Demain.
*---
- Inès...
Va prendre une douche. OK ?
Tous les jours, tu dois en prendre une.
- Pourquoi ? Je sens pas bon ?
- Bah... Tous les jours, une douche, c'est bien.
On sonne.
Et change cette musique.
Oh merci ! Tu me sauves la vie.
- Ca va ? - Oui.
T'as quoi ? - Que des bonnes choses.
Du Xanax, du Stilnox, du Valium, enfin tout.
Salut Inès ! Je t'ai ramené les trucs
de l'hosto. J'ai marqué les...
- Gracias, Louise.
- Pourquoi tu la renvoies pas au Venezuela ?
- Elle dit que chez elle, elle a vécu avec Ben.
- Les parents de Ben peuvent pas la prendre ?
- Les parents de Ben sont par terre.
Et ils l'aiment pas trop.
(-Oh, la vache !) (-Oui.)
(Ca va l'hosto ?)
- Pourquoi on chuchote ? - Ca va l'hosto ?
- Oui ! Bien. Beaucoup de taf. Beaucoup de taf.
Et là, on a eu une urgence ! Un mec obèse qui arrive,
il s'est ouvert le bras tout du long.
On aurait dit un... un rosbif mais pas cuit.
Avec de la graisse autour. Elle rit.
Les tendons sortaient comme des vermicelles.
- Louise, non. - Oui, je sais. Trop.
Oui. Non... trop. - Merci d'être venue.
- Ouais, j'y vais.
- Je te suis, je vais chez mon comptable.
- Il te va bien, ce jean. - Ah ? Merci.
- Allez.
Euh... On couchera jamais ensemble ?
Non. - Non. Oui...
- Salut, Max.
C'est quoi tout ça ?
- C'est ce qu'on reçoit quand on ouvre une boîte.
Attention, y a des escrocs. Si tu paies, ça te coûte un bras.
Et y a des vrais qu'il faut casquer, sinon, ils te saignent.
- Je m'en branle, je ferme la boîte.
- Mais... ta coiffeuse, là... Tu l'as vue ? Célia...
- Azzaoui ?
Oui, et j'ai pris une tôle. - Merde !
Tu veux pas que je négocie un délai ?
Je l'ai fait pour une boulangerie que j'ai changée en papeterie...
- Arrête de négocier, Max. C'est mort.
Romeo part en classe verte, je peux pas payer.
- Moi, j'en ai 3 en classe verte plus 2 ados.
Un suit des cours de batterie, l'autre un stage de piercing.
Alors ? - Pas mieux.
Ouais...
- Ca a beaucoup éclairci, non ?
- Ah non. Non.
Pas du tout.
- Elle est jolie, cette couleur. Ca vous va à ravir.
Non ? - Oui.
Oui.
T'as vu comme il me colle, ce con ? - Il est lourd.
Tu sais, Nadoum, le mec qui est mort,
sa fille me dit : "Vous le coiffiez. Faites-lui sa dernière coupe."
- Sur le cadavre ?
- Oui, à la morgue. Et payé double. Tu me connais, j'ai dit non.
C'est insupportable. - Insupportable.
Y a un problème ?
Une seconde.
Tu veux ma photo ?
- Ah ben, je l'ai.
Je vous ai vue chez Victor Loizeau.
Une photo de l'école.
Max Wengen,
son comptable. - Enchantée.
Il pouvait pas venir lui-même ?
- Il sait pas que je suis là. Vous buvez quelque chose ?
- Non, merci. - Asseyez-vous.
Asseyez-vous.
Voilà. Je leur ai monté une SARL
avec des parts à 50-50.
Parce qu'une SAS, c'est des problèmes de capital
pour les emprunts à long terme.
Mais c'est du super secure. Vous voyez ?
- Non, pas du tout. Pardon mais...
- Ce que je veux dire, c'est que...
Victor, il est planté. Et s'il ferme la boîte, il est mort.
C'est lui qui a avancé l'argent
pour la quincaillerie. - Oui, non mais...
- Et au salon,
les clients hommes paieraient comme les femmes.
C'est tendance, ça.
- D'accord, mais moi, j'ai pas une thune.
J'ai un loyer de la mort, je paye pour ma grand-mère.
L'an dernier, j'ai pris 10 jours de vacances.
- Comme lui. Et il a besoin de vous, il peut pas être gérant.
Ce serait bien. Lui, son truc, c'est plutôt la coiffure.
Et ce serait bien pour vous aussi.
Oui, la liberté, l'indépendance...
Ca vous changerait de Callandra.
- Pourquoi vous faites l'espion, l'intermédiaire ?
- J'aimerais que ça se fasse. Ca fait un an
que je travaille à l'oeil. - D'accord...
- Bon ben, on se reverra peut-être
ou peut-être pas.
"Qui ne tente rien..." - "N'a rien."
- Pensez-y.
Mmmh !
T'as mis de la sauce teriyaki ? C'est trop bon.
- Moi, je trouve pas.
Elle est top de chez top cette râpe.
- Un ami me l'a offerte. C'est romantique.
- Tout le monde offre des fleurs. Ca change.
- Oui. - J'aime bien ton ami.
*-Ca change tout. On se lève le matin,
*on sait pour qui on bosse. On bosse pour nous.
*On a la banane. On est contentes.
*Ca change tout, non ? *Elles approuvent.
(-Je sais, le style, c'est le ciseau.)
(Mais avec la tondeuse, on gagne 10 mn.)
(Alors la prochaine fois, tondeuse.)
Il fredonne "L'Internationale".
---
- Salut, Caroline. A demain. Salut, Gilles.
- A demain.
- Pourquoi t'as pas appelé ?
- Je peux revoir la quincaillerie ?
- Là, c'est un peu tard. Je rends les clés demain.
- Demain, c'est pas aujourd'hui.
T'as les clés avec toi ?
- Voilà.
Y a plus de lumière, c'est mieux.
Ce mur-là, on peut le péter. Donc, on va le péter.
Ca fera une 3e ouverture.
Le soleil se lève ici
Y a un contre-jour pour les peaux.
C'est super beau. Ensuite, on ferait 4 postes ici
et 3 postes, là.
Ou l'inverse.
- D'accord...
Et le quartier ? - Dans 3 ans, c'est bobo.
Ce qu'il faut ici, c'est un bon look,
de la qualité, de la bonne musique.
Et surtout, je veux du temps pour les clients.
Pas des moutons qu'on va tondre.
- Oui, je suis d'accord.
Pourquoi tu peux pas être gérant ?
- Comment tu sais ça ?
- Max, ton comptable, est venu me voir. Alors ?
- Pour rien. Pour un interdit bancaire à la con. Que dalle.
- Combien ?
- Rien. 200 balles, je crois.
- OK. - Oui. Voilà.
Célia, je t'assure, ici, on pourrait s'éclater.
On s'éclatait pas à l'école ?
Attends.
*"Oh!" (Micky Green)
*---
Tu te souviens ?
*---
- Oui.
*---
- Qu'est-ce qui te gêne ?
- Ta musique, là...
*---
On a eu une histoire y a 10 ans. Ca s'est mal fini.
- C'était y a 10 ans. Et puis, c'est toi qui es partie.
- Oui, pour bosser. T'en avais rien à foutre.
- Tu te fous de ma gueule ? T'es sérieuse ?
Je savais que tu partais, c'est pour ça.
- C'est ça, oui.
- Mais arrête. Bien sûr que c'est ça.
- Tu vois ? Tu vois ? Tu t'énerves direct, donc c'est pas neutre.
*---
Il souffle.
- OK. Vas-y. OK. Il éteint la musique.
De toute façon, c'est du passé.
Je te parle de l'avenir. Ca te branche, l'avenir ?
Il souffle.
- Merci. - Je t'en prie.
Ah ben, tiens. - C'est quoi ?
- Ca, c'est de la doc.
J'ai marqué les pages importantes.
Et ça, c'est le dossier du salon.
Au cas où...
Je te les donne ?
- Ouais.
- Et même si ça va pas jusqu'au bout...
C'est cool que tu sois revenue.
- Je sais.
- Guten tag!
Il frappe.
- Voilà. Au revoir.
Des nouvelles de ta coiffeuse ? - Elle est revenue.
T'es chié. Tu m'as pas dit que t'étais allé la voir.
- Oui. Elle est intéressée ou pas ?
- Intéressée, oui. Décidée, non. - Guten tag!
- C'est con. J'avais négocié 2 mois pour la promesse.
- Bien !
La secrétaire parle en allemand.
- Danke.
- Bonjour.
Je cherche M. Loizeau.
- C'est moi.
- Jean Poitrenoux.
- Bonjour.
- Max Wengen, comptable.
- J'ai appris pour Benjamin Frison. Je suis désolé.
- Oui, Ben...
Et ?
- Poitrenoux. Jean Poitrenoux.
Coiff.com, c'est bien ici ?
- Le salon de coiffure ? - Ah non, pas le salon.
Ca bouge pas, c'est vieux, c'est pas moderne.
C'est son idée de start-up que j'ai adorée.
J'en ai parlé à ma femme.
- Oui, Coiff.com.
- Oui. J'aime quand les jeunes développent des trucs.
Seulement là, je dois tout récupérer.
Je suis dans le transport, vous savez.
Les cars, les bus.
Les bus Poitrenoux ?
Avec la pollution, je dois changer une partie de ma flotte.
Donc j'ai besoin de récupérer mes... mes 30 000.
- 30 000...
- Oui. C'était indélicat
d'aller voir ses parents. Si on peut s'arranger entre pros.
- Oui, entre pros...
- Et 30 000... c'est pas le bout du monde.
- Non, mais c'est pas tout près.
- J'aimais beaucoup ce garçon.
Bon, écoutez, je pars 15 jours en Angleterre.
Contactez-moi vite.
Auf Wiedersehen. - Auf Wiedersehen.
- Qu'est-ce qu'il a branlé, Ben ?
- Il avait pas mis les 30 000 comme moi ?
- Si, mais...
Visiblement, ça venait pas de sa poche.
- Coiff.com ! Coiff.com !
- Bah oui, mais c'est Ben. Il a dû lui inventer un site bidon.
Les quinquas salivent sur les start-up.
C'est bien joué.
- T'es sérieux ? C'est le bordel, oui !
- Ouais... mais si Célia rentre dans le jeu...
- Oh, putain !
- Financièrement, ça peut le faire.
Tu lui en parles ?
- De Poitrenoux ? Certainement pas.
- Y a une maxime pour ça.
- Non ! Non. Non. Merci.
J'avance.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
- Toi aussi, tu peux pas dormir ? - Non, j'ai du boulot.
T'as pris ton médoc ? Elle acquiesce.
- Tu me prends dans tes bras ?
- Hein ? Ah non. Debout, oui. Allongé, non.
Et demain, t'as ton avion à 8 h.
- Oui. Mais j'en ai besoin.
J'en ai besoin beaucoup, avant de partir.
- Inès... - Pour toujours. Pour toujours.
- Arrête.
- Oui. C'est bien. Tu étais son ami.
- Mais justement. - Oui, justement.
Justement.
- Non, je crois pas que ce soit une bonne idée.
Hein ?
Oh, putain !
Vibreur de téléphone
---
Allô ?
- Tu dors pas ? J'allais laisser un message.
*-Je raccroche ? - Non.
Non, j'étais...
*J'étais devant ton doc, le plan de financement...
C'est pas si compliqué si tu lis tout, même ce qui est en petit.
*-Bah oui. - T'as lu ce qui est en petit ?
- Bah... oui. *-Oui ?
Tu vois, le financement, tout ça, ça a pas l'air trop con.
- Bah, non. Mais euh...
Le premier truc à faire, c'est entrer dans la société.
T'as combien ?
Elle soupire. - J'ai 15 000 de côté
pour ma grand-mère si elle veut repartir en Algérie.
- Il te manque quand même 15 000.
*-Mais si on oublie cette histoire de thunes...
Pourquoi tu veux vraiment faire ce salon ?
*-Je te l'ai dit. - Ca me suffit pas.
- Qu'est-ce que tu fous ?
- Quoi ?
- C'est qui ?
- C'est Mamie Chou.
*Mais... Attends.
Elle a de la fièvre. Ca va pas.
Je t'ai mis du Doliprane sur le buffet. Tu le trouves ?
- Il te faut du Xanax aussi : si t'as rien dit à ton mec,
*ça va être chaud. Tu crois pas ? - Oui.
*-Bouillant, même. - C'est sûr. Donc, je vais venir.
Je préfère.
*Oui, je vais venir. Voilà. - OK.
*-A tout de suite. - A tout de suite.
Il tire la chasse d'eau.
- Je vais y aller. Elle a... Elle a de la fièvre, ça va pas.
- Maintenant ? - Oui.
- OK.
Je t'accompagne. - Non, dors.
Tu te lèves tôt demain. Je me fais un café et j'y vais vite fait.
- Alors, ça va mieux, Mamie Chou ?
- Alors, ce salon ? Pourquoi ?
- Pourquoi ?
Tu sais, mon père bossait dans une laiterie ?
- Oui.
- Il en chiait, mais ça tombait tous les mois.
Puis, il a chopé un truc et il est mort en 2 semaines.
Là, j'ai compris que le...
le temps d'une vie peut être très très court.
Et j'ai recroisé Ben qui avait vécu un truc un peu pareil.
Alors on s'est dit : "Tant pis pour la thune."
On est bien pendus, mais nous, on choisit la corde.
Hmm.
Et toi ?
- Euh moi... Euh...
A mon âge, les filles font des bébés.
Je sais pas. J'ai peut-être besoin de pondre.
Etre une femme,
être rebeu, être l'employée de quelqu'un...
c'est pas ce qu'il y a de plus facile. Donc...
Ton Max a raison.
Un peu de liberté, d'indépendance, ça peut pas me nuire.
Même si, pour être honnête,
ouvrir mon salon, j'y aurais jamais pensé.
Surtout pas avec toi. Elle rit.
Non... - Bah ouais.
- Surtout pas avec toi, non.
Mais...
Bah je sais pas.
En fait, ça me branche.
Mais c'est une branchitude à 30 000. Il m'en manque 15.
- Alors, pour ça, j'ai peut-être une idée. Mais...
Si je trouve ce qui te manque, t'y vas ?
T'y vas vraiment ?
Avec moi ? Parce que comme on a...
vécu... Enfin, tu vois... - Oui, oui.
Je sais. J'ai repensé à ça.
Et...
T'as raison, en fait. C'est fait.
C'est du passé. - Je suis d'accord.
Max dirait "ce qui est fait n'est plus à faire".
- Je suis d'accord. Je suis d'accord. - Oui ?
- Oui. - Banco ?
- Ouais.
Rires
- T'es joyeuse. T'as un mec, mais quoi, t'es amoureuse ?
- C'est beaucoup mieux que ça. - Ah oui ?
Y a mieux que ça sur cette terre ? - J'ai un projet boulot.
- Tu ouvres ton salon ? - Comment t'as deviné ?
- T'as le profil, le talent. Je savais que tu le ferais.
Sonnerie de portable
- Oui, Victor ?
*-Max a vu avec le père de Ben, 15 000 ça le fait.
- Super !
*-Sauf qu'il aimerait une grande photo de Ben.
- Quoi ?
*-Et que ça s'appelle Victor, Célia et Ben.
- Le mec est mort. C'est n'importe quoi.
*-Je sais.
- Et si on nous demande ?
*-Bah, on dira qu'il est en RTT.
*Mais en RTT définitive.
- N'importe quoi...
La porte s'ouvre. C'est moi !
Tu fais à manger ? C'est cool.
- Je me suis dit :
"Apprends à te faire à manger, si jamais tu te retrouves seul."
Tu l'appelleras comment, ton salon ?
- Quel salon ? Comment ça ?
- La boîte que tu vas monter avec... C'est à toi, ça ?
Avec... Victor Loizeau. Vous pensez accoucher quand ?
- Euh, ben...
- Un salon ? T'es sérieuse ? Et l'argent tu le prends où ?
- J'ai voulu t'en parler... - Mais tu m'en as pas parlé.
On est dans le rouge tous les mois.
Il faut nos deux salaires. Tu le comprends ?
- C'est ouf, je sais. C'est arrivé comme ça.
- L'autre que je connais pas t'a dit
que ça marchera car t'es jolie et qu'il a une belle gueule.
- Il a pas une belle gueule, en plus.
- Et si vous vous plantez ?
- Tu te calmes, je t'explique ?
- Non, tu m'expliques pas.
Je vais chez Seb et à mon retour,
tu seras allée dormir chez Mamie Chou.
Je serai bourré. C'est ce que font les nuls.
Les nazes qui bossent à la mairie, pour nourrir leur famille.
Les cons, quoi.
- C'est fini l'amour ? Il t'a fait du mal ?
- Non, c'est moi.
- Ah, je préfère.
- Oui... J'ai pas été bien, quand même.
- T'en as un autre ?
- Non, c'est pas pour un autre. C'est...
C'est pour le travail.
- Pour le travail ? - Oui.
Regarde.
- Un salon de coiffure ?
- Oui, pas de massage. Si j'y arrive.
- Un salon de coiffure
à toi ma petite fille, celle qui m'a appris à lire ?
Celle qui met un toit sur ma tête ?
Elle va avoir son salon de coiffure !
Rires
Je t'ai pas dit. Ta mère m'a trouvé un studio à Oran.
Elle attend la réponse. Avec ton argent, là-bas,
ça va aller. Que des bonnes nouvelles !
- Ah ouais !
- Quoi ?
- Non, c'est... - C'est... N'en dis pas plus.
- Oui. C'est bien. - Ce sera bien comme ça.
- Tu flippes ? - Un peu. C'est mon premier notaire.
- Et là, tu deviens gérante.
Je mets ma vie entre tes mains. - N'en fais pas des tonnes.
Je m'endette pour 20 ans, je quitte mon taf
pour bosser avec un interdit bancaire.
C'est un putain de voyage !
En plus, j'ai la place du mort.
- Bonjour. Je suis le père de Ben.
- Célia. Enchantée.
- Ca va, Victor ? - Ca va ?
- Maître Laurent. - Bonjour.
- On passe à la signature ?
On frappe à la porte.
- Ca va, Célia ?
Elle pleure. - Oui.
C'est Mamie Chou. Je peux pas lui faire ça.
- OK. Ca me va. Vas-y, on arrête.
- Quoi, OK ? - On arrête. Ca me va.
Je récupère mon fils, déjà, tu vois ?
Et je retourne dans mon salon à la con.
- Non, normalement, tu réponds pas ça.
Tu dois me dire : "Vas-y. Courage." On est associés.
C'est comme ça. - Ben non, la preuve.
Ca fait un an que je suis en sur-régime. Toi, ça fait un mois
et tu pleures. - Je pleure pas.
- Ben, c'est bon alors. On y va ?
- T'es bizarre, des fois.
Je suis super flippée.
Gérante, je le crois pas. - Et maintenant, la syndic.
Maître, merci. - Au revoir. Merci.
- C'est quoi, le problème ?
- On peut pas signer le bail. La voisine du 1er, Mme Tonné,
qui a beaucoup de parts, ne veut pas d'un salon.
- Comment ça ?
- Là où elle était avant, il y a eu un dégât des eaux.
Ca a inondé sa cave à cause d'un salon de coiffure.
- Je suis la gérante. Ca veut dire quoi, ça ?
- Ca veut dire que c'est bloqué. C'est ça que ça veut dire.
L'argent vous sera restitué, évidemment.
Désolée.
- C'est mort.
Là, c'est mort ! Putain !
On a mis un an à trouver ici. J'ai plus de thune pour tenir un an.
- Et moi ? T'es mignon, toi.
Et la banque ? On avait rendez-vous.
- Mais arrête avec la banque. C'est mort.
- Mort... mort ?
Musique rythmée
---
Stop ! Stop ! Stop !
- Quoi ? - T'es malade !
---
- Ca va pas ?
- Ton pote est mort à moto et tu roules comme un malade ?
- J'ai pas grillé de feux, j'ai pas...
- Mais entre deux feux, tu fais du 150.
- C'est bon. Viens.
- On va à la banque, pas au Bol d'or.
- C'est bon. Viens. Je vais rouler normal.
Pas vite. Je vais rouler lentement. Ca te va ?
- On va voir.
--- Vrombissement du moteur
------
Arrête.
------
Arrête ! - Aïe ! Hé...
- Oh !
- Qu'est-ce qu'y a ?
Qu'est-ce qu'y a ?
- A cette allure, je préfère y aller à pied.
- Tu veux quoi ?
- Une vitesse normale. Tu sais faire ?
- Mais c'est chiant.
- C'est chiant, mais ça évite de mourir. Donc, l'un dans l'autre...
- OK. Normal-chiant.
Ca te va normal-chiant ? Hein ?
- Oui, normal-chiant, ça me va.
- Pour moi, c'est nouveau. Donc, je vais voir.
- Ben, tu vas le tenter.
- C'est bon, le casque ? - Oui, ça va.
- On avait aussi négocié le taux pour les travaux.
On les amortissait sur 5 ans.
Mais je sais pas s'il sera d'accord.
- Pourquoi il le serait pas ?
- Le banquier, il est...
Il est euh... - Raciste ? Misogyne ?
- Non, non, il est sympa. Il est top.
Il aime bien les garçons. - Il est gay.
- Il est gay.
C'est con, mais avec Ben, on lui a fait croire qu'on était ensemble.
- Non ?
- Un couple qui va se pacser, qui ouvre son salon de coiffure,
ça le branchait. - Ca se fait pas.
- C'est lui. C'est lui.
- Hervé Joncquières. - Célia Azzaoui. Enchantée.
- Bonjour.
- Vous me suivez ? - Oui.
T'es un malade.
- Quelle histoire abominable !
J'avais de l'affection pour ce garçon.
J'étais pas le seul, n'est-ce pas ?
Donc, vous reprenez à votre compte l'emprunt de M. Frison ?
- Exactement.
C'était pas prévu. Tout arrive en même temps pour moi.
Je vais me pacser.
- Ah oui ? - Oui. Avec Cécile,
ma copine.
- Ah oui ? - Oui.
- Que vous soyez gays, c'est pas la question.
C'est une affaire pertinente ou pas.
Non, le gros problème que j'ai,
c'est que je suis muté dans une autre agence.
Je ferai ce qu'il faut pour finaliser votre dossier,
mais c'est pas gagné.
Vous avez le bail du local ?
- Et ben, non...
- Et ben, non.
- Non... Non ?
- Ben, non.
Non. Ben non... Non.
Musique triste
---
- Personne te dit : "Allez-y. Je suis à fond derrière vous" ?
- Non, jamais.
Avant que t'arrives, on a vu 6 banques
qui nous ont jetés comme des merdes.
---
Je te ramène ?
- Je vais y aller,
c'est bon. Salut.
---
---
Il soupire.
- Putain...
---
- Tu regardes quoi ?
*Télévision
- Rien du tout.
Sonnerie de portable
---
Oui ? *-Célia, dis-moi.
Quand tu fais une coupe qui marche pas, tu fais quoi ?
- Bah, je pleure. *-Ah oui ?
- Non, je déconne.
J'improvise, j'invente un truc. Je me lance, quoi.
- C'est ça. Je passe te prendre demain à 8 h.
Musique intrigante
---
- Tu vas lui dire quoi exactement ?
- Tu vas voir.
---
Mme Tonné ?
- Oui. C'est pour quoi ? - Bonjour.
On reprend le bail du futur salon de coiffure.
- Ah oui ? Un salon de coiffure ?
Il acquiesce.
Ca m'étonnerait. Avec ce qui m'est...
- Parce que le Garanflex existait pas.
- Hein ? - Voilà pourquoi.
C'est le nouveau procédé qui va isoler
le sol. C'est 100 % garanti,
pas d'infiltrations. Plus depuis quoi, 5 ans ?
- Oui. - Voilà.
Alors, ça coûte cher.
Même très cher. Mais il est hors de question que vous courriez
le moindre risque. - Mais...
- Et... Alors, ça me vient comme ça.
Parce que je vous sens bien.
La 1re année, on vous prend en charge.
Eh oui. Voilà.
- En charge de... ? - En tant que cliente.
Cliente permanente. C'est le mot. Permanente,
brushing, coupe, couleur... la totale.
- Oui, mais non.
- Pendant un an.
- Ah...
Un an ?
- Oui. - Oui.
- Un an ? Il acquiesce.
- Ben...
D'accord, alors.
- C'est génial. Qu'est-ce qu'on fait ?
Vous le dites au syndic ou je... - Oui, oui.
- Très bien.
On se fait une bise ?
- Bah... euh... - Merci, Mme Tonné, vraiment.
Merci beaucoup.
Bonne journée. Au revoir.
- Au revoir. - Au revoir.
- Yes ! Yes !
- T'es trop fort ! C'est quoi le Garanflex ?
- Ca existe pas. J'aime bien le nom.
J'ai eu la banque. Avec le bail demain, c'est pas forcément mort.
- Génial !
- Et tu pleures pas, hein ! Ca va mieux, non ? Oui ?
Tu... Tu veux boire quelque chose ? - Non, merci.
T'as un canapé ? - Oui.
- T'as pas une chambre ? - Si, j'ai même un lit. Viens.
- Attends... Attends...
- Qu'est-ce tu fais ? Oh !
Qu'est-ce qu'y a ?
- On fait une connerie.
- Quoi ? Tu dis quoi ?
- On a trop de taf. Une histoire avec toi, c'est pas gérable.
- Oui... Oui, t'as raison. T'as raison, c'est vrai.
C'est too much. J'ai pas la place non plus.
- Je suis contente.
- Oui...
- Je suis contente que...
qu'on pense pareil.
- Oui. - Et euh...
Mieux vaut que j'y aille.
- Hein ? Oui.
- Euh...
Attends. Euh...
Si ça s'arrange avec la banque, il faut trouver du cash.
- Oui.
- Désolée. Salut.
- Salut. Ouais.
Une petite douche glacée, peut-être ?
Oui... Oui...
- Hop, hop, hop ! Vous avez compris le concept ?
Y a des prix. Vous laissez les sous dans ces boîtes.
On vous fait confiance. Merci d'être venus.
- Et les boîtes coûtent combien ?
Rires
Brouhaha
---
- So, this is the stone, everywhere on this wall.
We want to keep that. OK?
---
- Victor ! Je cherche des cadenas.
A l'hôpital, on en manque, pour les vestiaires.
- Oui... Je comprends... Je pense que...
Louise ! Je te présente Célia.
Louise qui est infirmière. - Ah ! Célia...
- Enchantée.
- Bah, oui. Oui, pareil. Ravie, ravie.
Ravie. - Je vous présente Seb, mon pote,
qui est infirmier. - C'est marrant.
- Louise.
- T'es infirmier aussi ? Rires
- Enchanté. Victor. - Seb.
- C'est drôle.
Je cherche des cadenas.
- Pour l'hosto ? - Oui.
- Il vous en manque ? Je te montre. - Super.
Ah, c'est là ? - Oui. Regarde.
- On est d'accord, c'est la pénurie ?
- T'es où ? - En psychiatrie.
- J'adore ! - Oui, c'est sympa. Tu t'ennuies pas.
- Ils sont tarés, quoi.
- T'as des mecs qu'arrivent, tu comprends pas.
- Tu trouves ton bonheur ? - Y a pas de prix sur la ficelle.
- Ca... Allez, 1 euro les deux. - C'est vrai ?
- C'est de la belle ficelle. - C'est cool.
T'es Victor ? - Oui.
- Diane. Je bosse chez Callandra. - Je sais.
- Ca va être ici, alors ? - Oui.
- Faut un peu d'imagination, quand même.
- C'est le truc, il faut de l'imagination.
- Une fois, le mec, il est arrivé... Clac ! Dans le cou.
- Carotide ? - Carotide.
Je te jure. Et le mec, rien. Il arrive, il parle et tout.
- "Bonjour. Je suis Jean-Pierre."
- Quand on l'a retiré, c'était autre chose.
- Tu dois en voir des trucs.
- C'est cool que vous vous connaissiez enfin.
- A toute. - A toute.
- Euh... T'es sûr de ton pote des travaux ? Laurent ?
- Oui. - On est sûrs ou... ?
- Tu peux être sûr d'un mec qui fait des chantiers ?
- Can you check this one over there? And you tell me.
- Ca va ?
- Bien, bien. On verra quand ce sera vide.
Portable Mais ça devrait le faire.
Ca dépend de la nature des murs.
S'ils sont clean... Je peux pas être partout.
- Tu seras là tout le temps, toi ?
Comment je parle avec... - Vijay ?
- Oui. Moi, l'anglais, c'est pas...
- Un traducteur est là en permanence. C'est son cousin. Il en a 4.
Par contre, faut qu'on commence lundi.
J'ai 2 autres chantiers après.
- Vous aurez le temps pour le nôtre quand même ou...
- Evidemment. Bien sûr.
- On compte sur toi, Laurent.
- Vous pouvez.
- Ca va ?
- Pourquoi deux balais ?
- Ca peut être utile.
- Je vais voir s'ils ont pas d'anti-moustique.
- Vous en avez à l'hosto ?
- Mamie Chou ?
Ah ! Bien sûr ! - Bonjour.
- Bonjour, je suis Victor.
- Vous me l'abîmez pas. L'autre fiancé, je l'aimais pas.
- Mais moi, je suis pas son fiancé. Non.
- Bonjour, Mme Tonné. Bienvenue. - Bonjour. Merci.
- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
- Du produit vaisselle. - OK. On a ça. Je reviens.
- Excusez-moi. Pardon.
Bonjour, Mme Tonné !
- Oui. Dites, y a du Garanflex ?
J'aimerais voir à quoi ça ressemble.
- Là, c'est un peu tôt. - Ah bon ?
- Mais on a du liquide vaisselle.
- Y a plein de choses :
des filets à écrevisses, des paillassons...
Promenez-vous, vous trouverez.
- Je vais faire un tour. - Ca marche.
Super ! Du cash pour les travaux.
- Et on peut récupérer des meubles.
Le comptoir, c'est sûr. - Ouais.
- Y a des présentoirs qui sont cool.
- Après un accident, j'ai dû trier le reste de 2 jambes.
- Mmh ! - Un puzzle.
- Tu m'étonnes.
- Je suis méthodique.
- Et en obstétrique. Ce qu'ils font avec le plasma, c'est dingue.
Avant, tu jetais ça. C'était du mou pour les chats.
Aujourd'hui, c'est devenu... - Ne jetez pas !
- C'est un produit de luxe.
T'as envie de mettre un prix dessus. Rires
- Attends...
Victor et Célia, il se passe un truc ?
- Je sais pas.
- Faut recompter pour ça.
Petits rires Oui, non, je...
- C'est ça ! - Elle lui plaît ?
- OK. Vas-y. - Je sais pas.
- Oui, Max ? *-Alors, la vente ?
- C'est pas mal. Attends, je te mets en haut-parleur.
*-Je savais que c'était un bon plan, cette quincaillerie.
*J'ai une bonne nouvelle. La banque a confirmé.
*C'est OK pour le prêt. - Oh ! C'est bon, ça !
*-Ho ! Ho ! Ils ont monté le taux à 2,5.
*On prend. "Un tu as vaut mieux que deux tu l'auras."
*Victor, je peux te dire un mot ? - Oui, oui.
Dis-moi. *-Puisque ça s'arrange
*avec la banque, il faudrait lui parler de Poitrenoux.
- De qui ? *-Poitrenoux. Les 30 000 de Ben.
- Oui, t'as raison.
Je le fais. Je lui dis.
*-Voilà.
- Allez, ciao ! *-Ciao !
- Quoi ?
- Rien. Un truc perso.
- "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras" ?
C'est génétique, Max fait des maximes.
- J'en peux plus.
Les Pierre jettent pas de cailloux.
- Bah non. - Bah non.
On sonne.
- Ca va ? - Ah, t'es là ?
- Victor couche son fils.
- Vous êtes pas ensemble ? Sinon, c'est la merde.
- N'importe quoi.
- C'est pas mal, la vente à la quincaillerie.
Mais avec les travaux, il manque encore 20 000.
Et si Poitrenoux se repointe...
- Poitrenoux ? C'est qui ?
- Bonne nuit, mon chéri.
Ah, c'est toi !
- C'est qui Poitrenoux ?
- Oui. C'est qui Poitrenoux ?
- Ah oui... Ah oui... Euh...
Poitrenoux, c'est un mec qui a prêté 30 000 à Ben pour le capital.
Mais on l'a appris avant-hier ? - Non, non.
- On sait pas s'il revient ou si...
- S'il veut ses 30 000, on fait quoi ?
- Ah, ben là...
On peut voir avec le père de Ben et ça peut s'arranger.
- J'espère bien que ça s'arrangera.
Attends, c'est moi la gérante, quand même.
Y a autre chose ?
Si le salon est sur une zone sismique,
si t'es recherché, balance.
- T'énerve pas.
- Je m'énerve. Des fois, tu dis pas les trucs et c'est chiant.
- Si Poitrenoux revient, qu'est-ce qu'on fait ?
Il croit qu'il a investi dans une start-up.
- Quoi ? Une start-up ?
- Un salon, ça le branchait pas. Alors Ben lui a vendu une start-up.
- Attends. Et tu me balances ça comme ça, là ?
On fait quoi, alors ?
- On lui fait une start-up. - Quoi ?
- Oui ! 3 ordis, 2 tréteaux, t'as une start-up.
- C'est barré, ça. - Ca peut le faire.
Hein ?
- C'est barré, mais c'est pas pour me déplaire.
Et "nécessité fait loi", hein ?
- Le problème des hommes c'est leur ego démesuré,
qui est parfois inversement proportionnel à la taille de leur...
- Ca, c'est sûr. - C'est ça.
Pour nous, la taille n'est pas un problème.
Tant qu'elle reste dans des proportions raisonnables.
Vous diriez quelle taille, vous,
en moyenne, hein ?
Vibreur
---
- Eteignez-moi ce portable ou vous finirez pas la journée.
Travaux
--- Conversation indistincte en anglais
------
- J'ai pas pu venir avant, j'avais Alban sur le dos.
- Ah oui ? Sur le dos ? - Oui.
C'est top ! Ca a vachement bien avancé.
Bravo, les gars ! Bonjour, Vijay.
Il la salue.
Bravo, Laurent ! - Merci.
- C'est top !
Juste un petit souci, mais rien de...
- Le meuble, il est génial !
Je suis contente qu'on l'ait gardé. Non ?
Pourquoi cette tête ? - On a reçu ça.
La mairie refuse la devanture.
Trois fois, j'y suis allé. Fait chier !
- C'est quoi le problème ?
- C'est pas aux normes, il faudrait tout refaire. On a pas la thune.
Ils peuvent nous interdire d'ouvrir.
- Mais si on met le turbo ? Une fois le fait accompli...
- Oui...
- Tiens, je t'ai amené ça.
Dis-moi ce que t'en penses.
Il soupire. - Un peu trop jaune, non ?
- Quoi ? Ca te plaît pas ?
- Je sais pas. La mairie me prend la tête.
Excuse-moi. - Je comprends.
- On va pas y arriver. - Mais si, on y arrivera.
On a fait péter le mur. La lumière entre. C'est trop beau. J'y crois.
- C'est qui ?
Musique mélancolique
- Devine.
---
Ca va ?
- T'es amoureuse ?
---
Il t'a promis quoi, l'autre ? - Il m'a rien promis.
J'ai des parts et c'est moi la gérante.
- Toi gérante ? Oui, c'est ça, t'es amoureuse.
- N'importe quoi. Ca a rien à voir avec ça.
- J'ai rien vu venir.
- Ca m'est tombé dessus comme ça.
- Ca s'appelle un coup de foudre.
- Non, ça s'appelle un salon de coiffure.
- C'est n'importe quoi.
- On le met où ?
- Je tenterais bien en comptoir.
- Oui, bien, à l'entrée. Super. Allez.
La stagiaire qui fait aussi le ménage, j'ai.
- C'est qui ? - Tu verras, elle est super.
- Et le coloriste ?
- J'en ai une. Faut voir ce qu'elle vaut.
- J'ai entendu parler d'un mec top qui a bossé chez Studio 47.
- On fait une journée d'essai pour les deux.
- En salaires fixes,
en plus de nous, 2 personnes. Donc, 4 salaires.
Si on se plante, on les plante.
- Passe par là.
On va le tourner.
C'est vrai que c'est beaucoup de responsabilités.
- Remarque, avec les nouvelles lois, tu peux les virer plus facilement.
- Oh ! C'est pourri ce que tu dis. - Je sais. C'est ça qui est dur.
Là, on passe du côté obscur de la force. Ca a un nom :
patron.
- Bouge pas. T'es super.
- Ah oui ? - Oui. C'est toi la patronne.
Attention. Hashtag le MEDEF.
Tac !
A mon avis, quand t'es patron, tu dors moins bien.
*"Oh!" (Micky Green)
*---
Y a un truc qui est bien,
c'est qu'on tient le coup.
On a pas dérapé.
*---
Je veux dire, tous les deux.
On garde la distance.
C'est bien.
- C'est pas bien. C'est indispensable.
*---
Quoi ?
- La chambre direct ? - Oh oui !
On sonne avec insistance.
---
Désolé.
---
Inès ? Qu'est-ce tu fous là ?
- T'as pas eu mon mail ? - Non. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- La révolution. C'est ça qui s'est passé.
Au Venezuela, c'est la révolution.
Pablo, ven aqui.
C'est Pablo, mon frère.
- Hola. - Hola.
C'est Inès, la petite amie de Ben avec son frère.
- OK. Bonjour.
- Hola.
- C'est Célia qui remplace Ben au salon.
- Personne peut le remplacer.
- C'est Célia quand même.
- Mon frère, ils l'ont foutté. - On dit "fouetté".
- Mostrarlo. - Si. Si. Mira.
Me han torturado.
- Bon, euh...
- Mira.
- Je suis désolé.
- Je vais te laisser avec tes amis.
- Lo has visto, senora? Me han perseguido. Me han torturado.
- Oui, oui. - Ils m'ont foutté.
- Oui, ils t'ont foutté. A plus tard.
- Non.
- Je les veux tout court.
Mon fiancé m'a...
Il m'a quittée...
y a dix jours.
- Ca va s'arranger. Dix jours.
- Non, non, ça s'arrangera pas, non.
Il couche avec ma mère.
- Ouais, bon...
- Bon, tout court. Maintenant.
S'il te plaît, maintenant.
Vibreur
- Euh...
Je te laisse réfléchir 2 minutes. D'accord ? Et je reviens.
Oui ?
*-Le mec de Ben, Poitrenoux. Il arrive.
- Où ? Chez Max ?
*-Non, il vient sur le chantier. Tu finis à quelle heure ?
*Hein ? - Portable. Trois fois.
*-Allô ? - Très bien.
Faute professionnelle avec récidive, ça me va.
Adieu les indemnités de départ.
Et demain, vous revenez pas, bien sûr. Allez, zou !
Il crie.
- Une tarte dans la gueule pour 18 mains au cul, tu t'en tires bien.
Musique rythmée
---
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je me suis lâchée. - Avec Alban ?
Ca va ? - Oui, oui.
Je lui ai foutu une tarte. - Non ?
- Oui. - Oh, ouais !
- Bon, je suis virée. - J'imagine.
- Virée sans indemn'. Si on ouvre pas tout de suite, je suis morte.
Et Poitrenoux ?
- Tu vas voir.
Vijay! As we said? Ready? Guys, guys! Come on!
So, you sit. You faster. Clac clac. Quick, quick. OK?
Adish! Adish!
Go, go! As we said, tac tac tac, on the clavier.
Allez ! - Hola!
- Des Indiens devant un ordinateur, ça le fait.
Ils sont hyper forts en informatique, c'est connu.
- Lui, ça le fait pas. - Mais si. C'est le roi du clavier.
Il a trouvé un site. Il nous monte une arnaque d'enfer.
- Je sais pas, ça manque de bordel, tu vois.
Faut étaler les boîtes de pizzas,
comme chez les geeks. - Bonne idée !
Guys! All the pizza boxes on the table.
Bordel !
Go!
Quick! Quick! - Quick.
- Beer, Coca-cola.
- Voilà.
Paf, paf! Everywhere, also... Thank you.
Alors ?
- Thank you.
- On est pas bien, là ?
C'est la Silicone Valley. Regarde.
Super !
- Il se gare, il est là.
- Deux secondes. Moi, je vois le truc un peu plus international.
Toi, tu parles allemand ? - Autrichien.
- C'EST PAREIL. - Ca n'a rien à voir.
- Tu peux parler arabe, toi ? - Moi ?
- Arabe... - Oui, un chouia.
Non, tu sais,
je vais parler italien. - Sûre ?
- Oui. L'italien, c'est... Je le sens bien.
Je vais gérer.
(-Guys! Guys!)
- Si. Elle rit.
- Bonjour, M. Poitrenoux. Vous allez bien ?
- Donc, ce sont vos locaux ?
- Oui. C'est moderne. C'est un open space.
Le hardware arrive la semaine prochaine.
Je vous présente l'équipe ? Vous avez
Célia Azzaoui, chargée
de l'international et aussi très bonne coiffeuse.
Vous avez Max Wengen, que vous connaissez déjà.
Ensuite, nous avons
Vijay Inkhi, un informaticien venu de New Delhi avec son équipe.
This is M. Poitrenoux.
- Nice to meet you.
Adish et Nazim qui s'occupent du côté technique :
codecs, java script... C'est leur spécialité.
Cliquetis des claviers
---
- Non, je pourrai pas...
aller voir les parents de Ben pour le remboursement.
Non, je vais attendre.
- C'est bien ça, attendre. - C'est super.
- OUI, OUI...
- Tellement mieux, oui.
- Je peux faire une photo ?
C'est pour ma femme. Elle y croit pas.
- Bien sûr. - Oui.
- Oui, allez-y.
- Et puis... J'ai quelque chose pour vous.
Tous mes chauffeurs en ont. - Qu'est-ce que c'est ?
- Gracias.
- Ils sont super beaux. - Des porte-clés !
- Ecoutez, je pars 3 semaines en Espagne.
On se recontacte à mon retour ?
- Le problème, c'est que... depuis que vous avez parlé avec Ben,
le numérique a fait un bond énorme.
Et notre matériel va être trop vite dépassé.
- C'est-à-dire ?
(-Ca veut dire rien du tout.)
- Ca veut dire 50 000.
- 50 000 ?
- Oh, c'est pas le bout du monde.
- Non. Mais 50 000, je peux pas.
- Quarante ?
- Non. Non...
Vingt ?
- Oh putain.
- Pas plus, sinon ma femme va m'égorger.
- Je vous appelle demain.
- Auf Wiedersehen. Goodbye!
- Merci. - Allez.
Ils le saluent dans plusieurs langues.
- Salut.
- J'aurais dû lui demander 100 000.
Vibreur
---
- Allô ?
- Je te réveille pas ? *-Non, je bosse sur la devanture.
T'as vu le projet de mon pote designer ?
*-C'est pas mal.
- C'est gratuit, surtout.
*-Ah oui ! C'est pas mal.
Et garder les présentoirs devant les fauteuils, ça te parle ?
- Bah... Oui mais...
*-La mairie te prend la tête, c'est ça ?
- Y a pas que la mairie.
*-Je suis devant les CV. Ca aide pas à dormir d'embaucher.
(-Non. Non, Inès ! Non ! Non !)
*(Non, non ! Inès, non !)
(Non.)
*-Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ?
- Surtout qu'on a pas de sous. (Non !)
(Pas la culotte ! Non, faut pas.)
- Qu'est-ce tu racontes ?
- Il faut rien signer sans la réponse pour la devanture.
- Evidemment. Je suis la gérante, donc...
Demain, on voit 2 personnes. T'oublies pas.
(-Non !)
- Pero si. Porque no?
*Ben, il serait d'accord.
- Bon, je te laisse. L'accueil des migrants,
c'est super courageux et tu donneras ton max.
- Non !
N'importe quoi. Célia, je te... *-Salut.
- Inès, j'avais dit pas la culotte.
Salut. - Ca va ?
- Oui. Et toi ? - Oui.
T'as bien dormi ?
- Avec les Vénézuéliens ? - Avec la Vénézuélienne, aussi.
- Ah non, pas du tout. Célia, je te jure... Non, non.
Un café, s'il vous plaît ?
- Oui. - Merci.
- Oui... - Mais n'importe quoi.
- Oui. C'est ça, oui.
- Salut, Bernadette ! Ca va ?
Je te présente Célia. - Bernadette.
- Enchantée.
Je suis ravie. - Moi aussi.
- Euh... On commence ? Dites-nous tout.
- J'ai plus 20 ans. Mais je me suis dit :
"Bernadette, t'aimes la coiffure, fais de la coiffure".
- Super.
Vous vous êtes rencontrés où ?
- Dans le café où j'étais serveuse.
On parlait coiffure. Je lui ai dit
que j'aimerais faire un stage mais que j'étais trop vieille.
Il m'a dit non. Enfin, vous m'avez dit oui.
"Bernadette, si un jour j'ouvre
"un salon, je vous prendrai".
- Ca veut dire faire du ménage aussi.
- J'ai fait ça pendant 10 ans, quand mon mari est parti.
Je vous garantis, vous pourrez manger par terre.
- Au début, on payera peu. - Comme partout.
C'est pas grave. Victor est sympa.
Vous, ça m'a l'air d'aller aussi.
Je veux pas bosser pour des cons.
Rires On serait trois, alors ?
- Et quelqu'un pour la couleur.
- Ah oui, la couleur ! C'est super important.
Et ce sera où ? - Je vais vous montrer.
Tu vas voir, c'est...
Ho ! Ho ! C'est quoi, ça ?
- C'est une culotte ? - Non, je...
- Si, si, si. C'est une culotte rouge.
- Arrête. Stop.
Arrête. Arrête. C'est euh... Elle rit.
Ce sera là.
- Hallucinant ! - Ca, c'est la... devanture.
- Vous avez fait la révolution ?
- La dev... - La devanture... C'est pas loin.
- Les plans, je suis pas...
- On n'a pas de photos. Ben merci, Bernadette.
Merci beaucoup. - Merci beaucoup.
- Merci, alors.
- Carrément, une culotte ! Là, tu fais fort !
- C'est pas possible ! C'est quoi, ça ?
- Arrête.
- Non, mais sans déconner ! - Hallucinant !
- Elle peut pas faire ça.
- Hallucinant ! Tu pourrais te retenir.
- Regarde-moi. Je te jure, j'étais pas au courant.
- Tu l'appelles ? - Bien sûr, je l'appelle.
Elle peut pas faire ça. On est pas en...
C'est lui, non ? - Oui, c'est lui.
- Il est en avance ?
- Bonjour.
Je suis Jean.
Je suis le coloriste.
- Enchantée. Célia.
- Tu nous donnes une seconde, Jean ? Merci.
- Il a besoin d'une seconde. - Oui.
Inès, c'est quoi
la culotte dans mon sac ?
*-Tu veux pas dormir avec moi. Ma culotte est avec toi.
- Non, non. Plus jamais tu fais ça. Plus jamais.
- Elle est barge. - Tu la veux chez Mamie Chou ?
- Non. - Pardon.
- Vous êtes ensemble ? - Non, pas du tout.
- Non, non.
- Euh...
On m'a parlé de toi, en très bien.
Pour être honnête, on va voir quelqu'un d'autre aussi.
Donc on voulait savoir... T'es coloriste. Dis-nous-en plus.
- Euh... oui. On dit
"Les goûts et les couleurs, ça se discute pas."
Les goûts, je sais pas.
Mais les couleurs, j'aime qu'on en discute.
- C'est bien. Discutons-en.
- Alors ?
- Viens.
Assieds-toi.
C'est pas mal, ça.
- La couleur a bien fixé.
- Il est de St-Etienne.
Je me suis dit que le vert, ça lui irait bien.
- Maintenant, châtain. Un châtain fin d'hiver. Pas de soleil.
- Non, pas de soleil.
- OK. On y retourne ?
- J'aime bien l'hosto, finalement.
Rires
- Tu viens vers nous ?
Assieds-toi.
C'est marrant, ce roux. - Oui. C'est intéressant...
- Les reflets sont profonds. - Oui. Exactement.
- Deux couleurs, pas plus.
Je suis divorcée mais je veux me laisser une chance.
- Oui. On repart sur du plus naturel
pour laisser une chance à Bernadette.
- Aucun problème. Le temps de préparer la couleur.
- Je peux faire le ménage, en attendant ?
- OUI !
- Bien sûr. Merci beaucoup.
Assieds-toi 2 secondes. - Quoi ?
- Je vais regarder un truc. - Quoi ?
- Allez, assieds-toi. - Mais arrête.
- Il faut couper sur les côtés et désépaissir sur le dessus.
- Pas du tout, je suis très bien.
- Merde ! Tu savais qu'il venait ?
- Ah, merde ! J'ai zappé.
Bonjour, M. Joncquières. Ca va ?
- Moyen. Ca va moyen.
Avant de quitter l'agence, j'ai sauvé quelques dossiers
des clients que j'apprécie, dont vous.
Mais... - Mais quoi ?
- Si vous ouvrez pas avant la date limite, ce sera pire que prévu.
Ils vous mettront des pénalités assassines.
- Les pénalités,
ça va pas le faire. - C'est pour ça...
- Oh ! Mamie Chou ! C'est trop beau ! - Ah oui ?
C'est pas trop...
- Non, c'est pas trop, c'est très joli.
- Eh ben, tant mieux. Il est très bien.
- Merci. Jean, je te présente
notre banquier, M. Joncquières. Jean qui est coloriste.
- Bonjour. - Bonjour.
Si vous voulez une couleur, c'est maintenant ou jamais.
- Alors, c'est très gentil. N'en prenez pas ombrage.
Mais je dirais jamais.
- Ah ! "Ne jamais dire jamais."
- Oui. Alors... Tenez-moi au courant.
Faites au mieux. Dites-moi. Enfin, rappelez-moi. Voilà.
- Des pénalités !
Putain, on est mal.
- Laisse ta soeur tranquille. Attends.
- T'as vu le banquier ? - Pénalités de retard.
- On sait.
- Et il faut que je vous facture tout ça.
- La couleur, vous en pensez quoi ?
Moi, je...
en fait, j'aime bien.
- C'est bicolore, quoi.
- C'est ça. C'est bicolore.
- Mais réversible ?
- OUI ! OUI !
- Evidemment.
- Je repasse à 16 h. J'ai des rendez-vous après. Hein ?
Pleure pas.
- Moi, j'adore.
- Oui.
Si on ouvre pas dans une semaine, on est mort.
- Dimanche, tout le monde s'y colle
et mardi, on ouvre. - Oui, c'est ça.
- Les deux coloristes sont top, mais y a pas photo.
- Y a pas photo. Il est canon !
- C'est quoi, ça ?
Non, c'est pas vrai ?
Faut pas charrier, quand même.
Callandra, ça va !
Ils manquent pas d'air.
Oui. M. Letellier, s'il vous plaît.
Quand j'ai vu votre lettre, je me suis dit :
"Une grande franchise, autant leur parler direct."
D'autant que pour vous, Callandra, 40 salons...
La concurrence, je sais que c'est important, mais bon...
Comment vous avez su si vite pour le salon ?
En tout cas, Victor et Célia, moi, je leur prends pas la tête.
Si ça s'arrange, pas la peine de se mettre la rate au court-bouillon.
Attention, c'est des jeunes, branchés réseaux sociaux.
Ils peuvent vous faire mal.
D'autant que pour vous, ça se joue à pas grand-chose.
- Je vois ma direction et on revient vers vous.
- OK. OK.
- Tiens, ma chérie. - Merci beaucoup.
- T'es fatiguée. Il ouvre quand, ton salon ?
- Dans 8 jours, mais y a encore beaucoup de boulot.
- J'imagine que c'est beaucoup de soucis.
- Pour les sous, je t'ai pas dit.
- Tu les as plus ?
J'avais deviné. Tu les as pris pour le salon.
- C'est ça. - C'est pas grave, ça peut attendre.
Je me débrouille, j'ai un peu de travail.
T'en as besoin. On sonne.
Bonjour, Walid.
Il te fallait quoi, aujourd'hui ?
- Une quinzaine.
- Ca te suffit ?
- Oui. Donne-moi le maximum.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- Bah, c'est ta grand-mère qu'on vient voir.
- Tu viens la voir ? T'es sérieux, là ?
Tu te fous de moi ? - Non. Pourquoi tu dis ça, déjà ?
Avec ta grand-mère...
- Avec les autres, mais pas avec ma grand-mère.
Y a pas de cas avec elle.
C'est quoi ?
Pourquoi tu traînes avec les dealers du quartier ?
- C'est... - Qu'est-ce que c'est, ça ?
Tu fais la nourrice ? - Non.
- Tu te fais de la thune comme ça ? - Non.
- Pourquoi tu dis non ? C'est quoi, ça ?
- C'est des boulettes. - Des boulettes de quoi ?
- Aux oignons et à la viande.
Walid les adore. Il les vend à tout l'immeuble.
- Oh, désolée, Mamie Chou ! Pardon.
Excuse-moi.
- Tu m'as fait peur. Rires
Musique enjouée
---
En espagnol
- Il va en manquer une, non ? Hein ?
- On va voir.
------
- T'aimes ? - Ouais.
- Un peu de fraîcheur ?
- Ah oui ! Merci. - Ah oui ! Volontiers.
T'en veux ? Alors, attends.
- Je te disais, le type
avait le crâne ouvert,
mais il parlait encore. Dingue.
Tu pouvais mettre les doigts dans la cervelle.
- Des fois, t'as rien à l'extérieur et le mec vomit partout.
Tu le suis à la trace.
C'est... - Elle te va bien, ta coupe.
- C'est vrai ? C'est Victor.
Toi aussi, ta couleur, elle est...
En anglais
- Euh... Les toilettes...
- Quoi ?
- Ben... Ils refoulent.
- Oh, merde ! - Oui, c'est le mot.
Alors, on peut toujours trouver une solution avec un sanibroyeur.
Mais ça coûte un bras et ça fait du boucan.
- Donc quoi ? - On fait quoi, alors ?
- Faut tout démonter et refaire la plomberie.
- Tout refaire ? - Oui.
- Faut ce qu'il faut. - Oui, mais là...
- Si tu le tires, ça marche.
Pousse-le, Jean. Si tu le pousses... - C'est notre banquier !
Merci beaucoup. - De rien. C'est normal.
Investir, c'est bien, s'investir c'est mieux.
- Célia, Density, ils ont pas livré.
J'ai aucun produit pour mardi.
- On achète ça en grande surface.
C'est cher, mais on a pas le choix.
- Victor, Célia, vous connaissez
le père de Ben.
- Bonjour. Merci d'être venu.
- Bien placé, non ?
- Oui c'est... C'est bien.
- Ah, Mme Tonné !
Bonjour ! - Oui, bonjour.
- J'aimerais bien voir le Garanflex avant la fin des travaux.
- Malheureusement, c'est un peu tard. Il est déjà sous le carrelage.
Il est là mais je peux plus vous le montrer.
Je vous offre à boire.
On a du jus d'orange, du jus de raisin.
- J'ai une idée pour l'odeur de merde.
Je reviens.
- Il va faire quoi ? - Je sais pas.
Là, Mamie Chou a des tomates et tout ça.
Je vous laisse discuter. C'est Mme Tonné.
- Bienvenue, Mme Tonné.
- Qu'est-ce qu'il fait là ? - Oh, merde !
- Qu'est-ce qu'il fait là ?
Dispute
- Là les gars, on est mal de chez mal.
- C'est pas bon.
- Vous êtes M. Loizeau ? - Oui.
- Bonjour, madame. - Et M. Wengen ? Il est où ?
- Il est là, M. Wengen.
- Mon mari m'a dit que c'était une start-up ?
- Oui enfin...
- C'est ça, enfin... Regardez-le.
Vous l'avez pris pour un imbécile. Je supporte pas.
J'en ai ras-le-bol de vous tous.
Les petits cons d'arrivistes.
Nous, on a commencé avec un petit bus de ramassage scolaire.
Et on a jamais trahi personne. Jamais.
Et ce petit con, là.
Vous lui faites une statue ?
- C'est mon fils. Un des plus grands coiffeurs de sa génération.
- Pas de quoi être fier.
- Moi, je suis fière de lui. C'est son salon.
Je l'aimais plus que tous. - Venezuela, pas maintenant !
- Que pasa el Venezuela?
Brouhaha - Allô ? Oui, mon chou.
Quoi, le doudou ? Je t'entends pas. Parle plus fort.
- T'es dans quel service déjà ?
- Aux urgences. Ce soir, je bosse.
- 23 h ? Je me serais coupée.
- Avec quoi ?
- Avec... un économe.
- Mmmh !
- C'est ça une start-up ?
- C'est le salon de ma petite-fille.
- Je ne connais pas les détails de cette histoire. Mais quand
il y a conflit, il est bon de prendre de la distance.
- On m'a escroquée.
- C'est cette femme !
Victor tape des mains et siffle.
- On se calme.
D'accord ?
- On se calme ?
Alors que c'est vous le problème ?
- Chérie, il a pas complètement tort.
Je pense... - Non, tu ne penses pas.
Toi, t'es bon pour les camions. Continue les camions.
Et arrête tes conneries.
- J'en ai ras-le-cul, moi.
- Ca va pas être simple avec vous comme voisins.
Musique douce
---
- Je voulais le mettre demain. - Moi aussi.
- J'aime bien ta chemise. - Menteuse.
- Pas de nouvelles de la mairie ?
- On s'en fout, on ouvre demain.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
- Un salon de coiffure ?
Alors, c'est pas...
la Sté Fesain Frères Associés ?
- Non, pas du tout ! - Non.
C'est au 54. - Exactement.
- Vous sortez, c'est à gauche. - OK. Merci.
- Merci, au revoir.
Rires - J'ai flippé, putain !
---
- Vous pouvez venir dans la réserve ? - OUI.
- Les produits fragiles, comme la couleur,
je les ai mis là-haut, loin de la lumière,
pour pas que ça chauffe.
Les oxydants, au milieu.
Et les accessoires, serviettes, etc, sur les étagères du bas.
Est-ce que ça va ?
- Oh... - Oui, oui.
- Super ! - C'est malin.
- Bon, je suis contente.
- Bernadette, tu nous laisses une seconde ?
- D'accord. - Merci.
- Qu'est-ce qu'y a ?
- T'es dans le papier peint, là.
- Tu te souviens pas le premier jour ?
Le papier peint était là. - Ah oui !
- J'y croyais pas et tu l'as fait.
- On l'a fait. Oh !
Musique douce
---
- Ah !
Pardon, je savais pas que vous étiez en pleine séance de travail.
Je vous laisse finir.
- Tu dors chez moi ce soir ? Ce serait bien.
- C'est pas bien, c'est indispensable.
Je vais chez Max. J'ai des papiers à signer.
- Ca va ?
- Oui. Super.
C'est normal que la formation professionnelle
fasse un rappel ? - Normal ?
Incontournable ! Elle rit.
- OK.
Putain ! C'est quoi, ça ?
- La mairie.
- Non, c'est pas la mairie, non.
- Euh...
C'est Callandra qui veut... - Je sais lire. Merci.
- Tu sais, dans... Dans ces cas-là...
- Non ! Rien ! Tu fermes ta gueule, dans ces cas-là.
Et tu l'appelles pas !
Et tu me redonnes ce papier.
- Avec cette coupe, tu nous fais un malheur.
Regarde ça.
Quoi ? - T'es venu me chercher
chez Callandra en scooter ou à pied ?
- Euh... J'étais en scooter.
- Ton compteur, il disait quoi ?
Si t'étais parti d'ici,
il t'aurait dit 2,5 km. Tu comprends ?
Ca veut dire moins de 2,6 km.
Toujours pas, là ? Callandra nous assigne.
Ils veulent la fermeture avant qu'on ait ouvert.
- Putain ! - T'as pas vérifié avant ?
- Mais si j'ai vérifié, mais comme ça.
- Tu croyais que ça s'arrangerait par magie ?
Et Max a vérifié ?
- A 100 m, ça pouvait le faire.
- "Ca pouvait le faire". Ca le fait pas !
J'ai quitté mon mec, planté ma grand-mère, perdu mon taf
pour un salon qui est mort-né !
- Et toi, t'as vérifié ?
- Bien sûr que j'aurais dû. J'ai été la pire des connes !
C'est toi qui es venu me chercher !
Je t'ai fait confiance.
Je me suis laissée embarquer comme la pire des connasses !
T'oublies mon numéro. T'oublies Facebook. T'oublies tout.
Et pour toujours.
- Il y a plus de temps à perdre. Je lui en parle
et je vous rappelle.
- Elle est partie.
- Elle a pas voulu que je t'appelle.
- On a bien, bien merdé, quoi.
Moins de 100 m.
- Oui, mais... j'ai un plan B.
- Un plan B ?
- Faut bien. Elle va reprendre ses 15 000.
Tu dois 50 à Poitrenoux. T'en as 20 dehors. L'addition
pour toi, elle est mortelle.
Sauf...
Tu sais à qui je parlais ?
- Non.
- Le Directeur des franchises de Callandra.
Je m'occupe de la revente et tu restes premier coiffeur.
Pas mal ?
- Attends. Attends. Attends. Comme ça, là ? D'un coup ?
Aussi vite ? Putain, je le crois pas !
Tu le savais et t'as négocié.
- Je bosse à l'oeil depuis un an. Je cherche des solutions !
- Me tenir au courant, ça t'arracherait la gueule ?
Un comptable, on compte dessus. Tu le sais ?
- Tu ne tueras point.
- Tes maximes !
- C'est un commandement !
- Sors-moi de cette merde.
- OK.
Je leur dis quoi à Callandra ?
Musique triste
---
- Les filles et Mika !
Les shampoings, c'est pas des séances de massage.
On dépasse pas les 3 minutes. OK ? - D'ACCORD.
- A demain ! - A DEMAIN !
- Bonne soirée. - A demain !
---
- Bonjour. - Bonjour !
- M. Loizeau. - Vous avez rendez-vous avec qui ?
- Avec Célia. - Célia, j'ai un client pour vous.
- Je peux prendre le vestiaire ?
- Oui. Merci.
- Merci.
- Voilà. Merci.
- Je vous en prie.
- Bonjour. - Bonjour.
- On fait un shampoing ? - Oui. D'accord.
- Qu'est-ce qu'on fait ?
- J'aimerais un peu plus court sur les côtés
et sur le dessus, un peu désépaissi.
Une copine m'a conseillé ça.
- Une fille douée, alors ? - Oui, très.
Mais pas seulement. Elle est aussi très intelligente...
Super belle, avec une peau magique,
une odeur... un sens de l'humour dingue.
- Et vous l'avez pas épousée ?
- Non, parce que j'ai vraiment merdé.
Je l'ai plantée.
Sans le vouloir, mais je l'ai plantée.
Et elle s'est barrée.
- Je la comprends.
- Moi aussi, je la comprends.
Je me suis rendu compte d'un truc, c'est que...
Je suis tombé très amoureux.
- Ca arrive. Mais on s'en remet, vous inquiétez pas.
- Non, non. Je m'en remets pas.
- Pour les pattes, on fait quoi ?
- On fait ce que tu veux. Ce que tu veux.
Chauve, frisé, blond, tu fais tout comme tu veux.
Je peux te ramener ? - Même pas en rêve.
T'as vendu à Callandra.
Les traîtres, c'est pas mon truc.
Attention à la marche.
Là-bas, y a maman, Nadia, Faïza, tout le monde est là.
- Je sais. - Si ça te plaît pas, tu reviens.
Tu te dis pas : "Je vais pas embêter Célia". Ca marche ?
C'est important. - Bien sûr. Mais tu sais,
j'ai grandi là-bas. C'est chez moi.
- C'est pour moi ? - Oui. Pour le bâtiment C.
- OK. Et pour la thune ?
- Tu la donnes à Célia. - OK. Salut.
- Quand t'es à l'embarquement, tu m'envoies un texto.
T'oublies pas ? - D'accord.
Au revoir. Je t'aime.
- Moi aussi. Tu vas me manquer.
- Et merci pour les sous.
- A l'embarquement, envoie-moi un texto.
- OK. Ca marche.
- Fais gaffe sur la route. Sinon, je te tue.
- T'inquiète, je fais Uber, dans la semaine.
- Justement.
- Tu dis rien.
Tu montes 2 minutes, juste.
Deux minutes.
Monte, je t'explique.
Et si tu veux, après, je te ramène.
Elle rit. - C'est quoi, ce truc ?
- C'est un salon de coiffure itinérant.
On va où on veut...
Là où les autres vont pas.
- Mais t'as le droit ?
- J'ai toutes les autorisations.
Préfectorale, régionale, le registre du commerce...
- Tu l'as 2 fois, celle-là.
- J'ai tout en double. Au cas où.
Tu te souviens de Pablo ?
- Hola!
- Salut.
- Il bosse sur le Net avant qu'on arrive.
Sur les réseaux, c'est le meilleur.
Dimanche, on a combien ? - Diez.
- Dix rendez-vous. Enorme !
Y a pas que la France. Y a le monde entier, si on veut.
On peut aller chez des gens qu'ont jamais vu
de coiffeur. T'imagines ?
- Et... Comment t'as fait pour... Enfin...
- Poitrenoux a financé l'aménagement. - Ah oui ?
- Enfin, sa femme.
C'était un peu difficile, mais je l'ai convaincue.
- J'imagine, oui.
Et le reste ?
- C'est la vente à Callandra.
Max a négocié et j'ai emprunté.
- Moi aussi.
Sur 10 ans.
- Moi aussi. Il connaît bien le banquier.
- C'est top ! Vous avez tout.
- Non. On n'a pas tout.
Déjà, la déco, c'est pas...
Il faudrait quelqu'un qui ait du goût.
Et puis surtout...
on cherche une coiffeuse.
Et au niveau du profil, on vise très très haut.
- C'est sûr, vous allez trouver.
Salut.
- Célia ? OK, je me suis planté. J'avoue.
Mais je te jure
que j'ai appris. Viens, écoute.
Tu veux la vérité ?
Tu vois ce bus ? Toute cette histoire ?
- Ta vérité, je la veux pas.
Ta vérité, elle change tous les jours.
Je suis tranquille dans ma vie, là.
Je pense à ouvrir mon salon.
Et c'est grâce à toi. Je te remercie. Mais...
Je le ferai à ma façon, tu vois ?
- On a un gros problème alors. - Ah bon ?
- Le bus ou pas, coiffeuse ou pas,
franchement, ça m'est égal.
On peut planter du café au Guatemala,
faire un resto en Thaïlande, on va où tu veux.
Mais tant que je suis avec toi, ça me va.
Musique douce Conversation indistincte
------
- Il lui dit quoi ?
- Bah... La même chose qu'à nous.
La preuve, on est là.
- Oui.
Elle, ça doit être un peu plus perso, quand même.
------
---
---
- Vous me déposez au boulot ?
---
Le bus démarre.
Brouhaha
---
*"Oh!" (Micky Green)
*---
Arrête. C'est too much.
*---
Combien de temps le permis bus ?
- Un petit mois.
Faut s'accrocher, mais...
je peux te faire conduite accompagnée.
*---
- OK. Démarre.
Applaudissements
- Très bien !
- Tu prends le volant ? - Je conduis.
- Tu sais qu'ils vont te virer ?
- J'ai l'habitude.
---
Ce soir, je dors chez toi.
- Je trouve ça bien.
- C'est pas bien. C'est indispensable.
---
---
---
Musique douce
---
Sous-titrage : HIVENTY
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