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- Nicolas et Aline, nos voisins. Tess, notre jeune fille au pair.
- T'avais raison, il est beau, Nicolas.
En plus,
il écrit bien.
Je crois qu'elle m'en veut. - Pourquoi ?
- J'en sais rien.
- Tu devrais installer des caméras chez toi.
Si tu penses qu'elle t'en veut, tu seras fixée.
- Je te parle pas de nous
mais de Tess. - Tu lui reproches quoi ?
T'es en train de l'espionner.
- Le mec avec qui t'étais hier,
tu le connais bien ? - Quel mec ?
- Je sais pas ce que tu caches, mais je vais pas en rester là.
Pleurs de bébé.
- Plusieurs de ses muscles se sont paralysés,
et ça a atteint le coeur et le diaphragme.
Elle a été empoisonnée par une bactérie rare,
sécrétée par la toxine botulique.
On la trouve dans certains aliments qui n'ont pas respecté
la chaîne du froid
et dans des produits utilisés par les dermatologues.
- Mon voisin est dermato.
- Il s'appelle comment ?
- Jérôme Martel.
- Et vous avez quel genre de relation ?
- Avec sa femme, ils ont été très accueillants, à notre arrivée
dans le quartier.
- A-t-il des raisons de vous en vouloir ?
- Sa femme et moi, on a eu une liaison.
- Et le même jour,
vous avez reçu chez vous la livraison de toxine botulique
de votre mari. - Non.
Ah oui.
Je savais pas ce que c'était.
C'est un colis que j'ai récupéré pour mon mari.
- La livraison était prévue au cabinet du Dr Martel,
mais une femme prétendant être son assistante a appelé
pour que ce soit livré chez vous. - J'ai jamais appelé.
- Si. Depuis votre fixe.
On a retrouvé une seringue
avec vos empreintes dans votre poubelle.
La bouteille qu'Aline a bue
a été piquée à la seringue. - Je comprends pas.
J'ai jamais touché à une seringue.
Vous avez interrogé Tess ? - Votre fille au pair ?
Pourquoi elle aurait fait ça ?
- Elle me fait chanter.
- A propos de l'histoire que vous avez eue avec Nicolas Blomet ?
- Il y a quelques jours,
Paula a cru m'envoyer un SMS,
mais le message est arrivé sur le téléphone d'Aline.
Il a fallu que je la rassure...
et que je mente.
- Tess a fouillé dans mes affaires.
Elle a envoyé un texto de mon téléphone à Aline,
qui a cru que je le lui avais envoyé.
- Vous vous doutiez que Tess l'avait dit à Aline.
Vous vouliez pas que votre mari l'apprenne,
et vous l'avez empoisonnée.
- Je suis incapable de faire une chose pareille.
- Et votre fille au pair ?
- Elle s'acharne sur moi. Je ne comprends pas pourquoi.
- On parle d'Aline Blomet, c'est un meurtre.
- Il a dû se passer quelque chose entre Tess et Aline.
Je sais pas, regardez dans son téléphone.
- Mme Martel va être déférée devant le juge.
- Les éléments ont amené le procureur
à demander votre placement en détention provisoire.
- Ma cliente est épuisée. Ca fait plus de 24h que Mme Martel est ici,
alors qu'elle a un traitement à prendre.
- Un traitement pour quel motif ? - Dépression post-partum.
- Mme Martel, compte tenu des indices graves,
je dois vous mettre en examen.
- Attendez. Ma cliente allaite son nourrisson.
Evitons à ce bébé d'avoir la même peine que sa mère,
en attendant le jugement.
- Puisque vous présentez des garanties suffisantes,
je vous place sous contrôle judiciaire.
Cette mesure pourra être levée à tout moment.
Vous devrez respecter les conditions suivantes.
Interdiction de quitter le territoire
et de vous rendre sur le lieu des faits.
Vous devrez aller au commissariat deux fois par semaine.
Continuez le suivi psychologique.
- Merci, Mme la juge.
Dans l'exercice de sa profession,
ma cliente aura besoin de son téléphone.
Elle vous donnera accès à ses données
et restera à la disposition de la justice.
- Très bien.
...
- Merci, papa.
...
Laisse-moi rentrer.
Il s'est passé quoi, avec Aline ?
- Pas la peine d'envenimer les choses.
Les enfants, remontez dans vos chambres.
- Je peux leur parler deux minutes. - Remontez !
- Laisse-moi voir Orso.
Je dois lui donner le sein.
- On lui a donné un biberon, il peut attendre.
Je vais demander le divorce.
- Tu vas pas faire ça ?
C'est depuis que Tess est là
que tout part en vrille. - Arrête, avec elle.
- Elle est dangereuse.
- Tout est de sa faute ?
C'est de sa faute si tu as couché avec Nicolas ?
- J'ai essayé de t'en parler.
Ca n'a pas duré.
- Ca s'est arrêté quand ?
- Il y a plus d'un an.
- Je ne te reconnais plus.
Tiens.
La porte claque.
- Les petits petons d'Orso...
Toutoutoutou...
Les petits petons d'Orso...
- Oh, pardon. - Pas de souci.
Vous avez besoin de quelque chose ? - Non, rien.
- Hop.
Propos indistincts.
*Berceuse.
...
Le bébé gazouille. ...
... ...
...
*Tonalité.
...
*-Boîte vocale de Jérôme Martel. Laissez-moi un message.
...
- Comment ça se passe, avec Tess ?
- Bien.
- Oui, bien.
- Y a pas des trucs qui vous semblent bizarres ?
Des choses qu'elle dit ou qu'elle fait ?
- On s'en fout, de Tess. Maman rentre quand ?
- Pourquoi elle est partie chez papi ?
- J'ai le droit de voir mes enfants.
Je dois nourrir le petit. - Vaut mieux pas insister.
Votre mari est échaudé.
Il pourrait demander la garde des enfants.
- Demandons-leur leur avis.
- Vous allez la sortir de là ?
- Je vais tout faire pour. - Sois patiente.
Laisse-leur le temps. Ne gâche pas tout.
- J'ai déjà tout gâché.
- Jérôme est blessé.
Il va redescendre.
Les enfants vont suivre.
- Et Tess ?
- En admettant qu'elle vous en veuille,
pourquoi tuerait-elle une femme
qu'elle connaît à peine ? - Pour me faire accuser !
- Bonjour.
- Capitaine Bouazid. Je peux entrer ?
- Oui.
- Vous êtes seule ? - Oui.
Le bébé dort, les grands sont à l'école et Jérôme au travail.
- Ca fait longtemps que vous travaillez ici ?
- Un mois.
- Vous savez où se trouve le stock de médicaments du Dr Martel ?
- Dans son bureau, j'imagine. - Vous n'y êtes jamais entrée ?
- Non. On n'a pas le droit.
- Je peux voir, à l'étage ? - Vous n'êtes pas déjà montée ?
- Et avec Mme Martel, ça se passe comment ?
- C'est un peu compliqué.
- Compliqué comment ?
- Ces derniers temps, je l'ai trouvée bizarre.
Elle parlait vite, elle tenait pas en place.
Elle regardait par la fenêtre chez les voisins.
- Et avec vous ? - Avec moi ?
Je crois qu'elle supporte pas le lien que j'ai avec Orso.
Et...
Je devrais peut-être pas vous dire ça, mais...
un jour, il a failli mourir à cause d'elle.
- Comment ça ?
- Elle était au téléphone, lui était dans la baignoire.
Elle l'a laissé seul sur son transat de bain
et il a glissé.
Si j'étais pas arrivée à temps, il se serait noyé.
- Elle savait que vous n'étiez pas loin.
- Non. Elle essaie de m'évincer. Elle veut son bébé juste pour elle.
- Et avec Aline, vous aviez un lien particulier ?
- Non, pas spécialement.
Une fois, elle est venue me voir parce qu'elle était inquiète.
Elle voulait savoir si j'étais au courant
de la relation entre Paula
et son mari.
J'ai dit oui, je voulais pas mentir.
Franchement, Paula a un mari super, des enfants en or,
mais il faut qu'elle détruise tout.
- Je peux voir votre chambre ?
...
Vous saviez qu'une autre fille au pair devait postuler
le même jour que vous ? - Oui.
J'ai entendu parler d'une Irlandaise.
Elle a été agressée dans le quartier, c'est ça ?
- Comment vous avez su, pour Nicolas et Paula ?
- C'est Paula qui me l'a dit. - Comme ça ?
- Au début, on était assez proches.
J'étais un peu sa confidente.
Et puis, comme je vous l'ai dit, elle est devenue jalouse.
Elle a pas supporté que je me rapproche de ses enfants.
- En un mois, elle a eu le temps de vous prendre pour confidente
puis de vous détester ? - Oui.
Elle est double.
Un jour, elle est hyper sympa, et le lendemain, hyper agressive.
Elle est difficile à suivre.
- Tu m'expliques ?
- Je viens de perdre une amie.
- Pourquoi t'es soupçonnée ?
- J'en sais rien.
Je n'ai rien à voir avec ça.
T'inquiète pas pour Paris, je vais assurer.
- Je m'inquiète pas, mais nos interlocuteurs, si.
On me demande s'il faut pas t'écarter
du projet.
- Je serais incapable de faire un truc pareil.
- L'image de la boîte est en jeu.
Entre ce que tu dis et ce qui se dit,
comment je fais la différence ? - Je suis innocente.
- OK. Bon, on avance.
Tiens.
Je te laisse faire des propositions sur l'upcycling
et sur notre prochaine
campagne d'images.
- Et pour Paris ? - Ludivine va s'en charger.
Je suis désolée. J'ai pas le choix.
- Comment on peut m'accuser ?
Je sais pas comment empoisonner quelqu'un.
- La police vous soupçonne.
La justice va faire son travail, et vous allez vous défendre.
- Vous, vous allez me défendre ? - Ca, c'est le rôle de votre avocat.
- Vous lui avez déjà dit, pour ma dépression, je sais.
Vous avez dit quoi à la police ?
- Dans le cadre du secret médical, ce qu'ils devaient savoir.
- Vous avez dit quoi sur notre dernière séance ?
- Ils voulaient savoir
à quelle heure vous aviez quitté mon cabinet. Je leur ai dit
que vous étiez partie au bout de 5 mn.
- Non, mais je...
Je sais pas comment elle s'est débrouillée
pour aller voir Aline.
Je sais pas comment mes empreintes se sont retrouvées sur la seringue.
- Laissez la police mener l'enquête.
Admettons que, comme vous l'affirmez,
vous ne soyez pas coupable.
Pourquoi Tess aurait-elle fait ça ?
Qu'est-ce que vous savez exactement d'elle ?
- Youhou ! Le bébé rit.
Eh oui ! ...
- T'as une tête,
c'est pour t'en servir.
- Il a mal parlé de maman.
- Hé ! Dispute.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Il s'est encore battu.
- C'est qui, le connard
qui t'a fait ça ?
- Dylan. Il dit que maman a tué Aline.
- T'as bien désinfecté ? - Oui, t'inquiète.
- Si c'était maman la coupable, elle serait en prison.
On est d'accord ? - Oui.
- Oui.
La vraie question, c'est : est-ce qu'on est coupable quand on est
sous l'influence de médicaments ?
- Comment ça ?
- Votre mère prenait des antidépresseurs
et des anxiolytiques.
En surdose, ça peut altérer la perception de la réalité.
Tu peux commettre des actes atroces sans t'en souvenir.
Tu peux devenir la pire version de toi-même.
Il y en a même qui se sont suicidés.
...
- Il y a quelqu'un ?
...
Le bébé pleure.
Oh, mon amour... ...
Oh, mon chéri d'amour...
Coucou ! T'es tout seul, toi.
Maman est là.
Elle rit. Oui.
Oh, coucou, chéri.
Coucou, chéri.
Ca va ? Sanglot.
Oh, oui.
Le bébé pleure.
... Je suis désolée.
...
Je suis désolée. ...
Essaie encore, regarde.
...
Excuse-moi. ...
...
(Viens, viens.)
...
- Qu'est-ce que vous faites là ?
... - Ne t'approche pas, toi.
(Tiens.)
...
- Vous n'avez plus de lait ?
...
- (Chut, chut, chut.)
...
- Tu veux le biberon ?
...
- (Tiens, tiens, chéri.
(Maman te donne le biberon, voilà. Voilà.
(Tu avais faim.)
*Berceuse.
...
- C'est pas étonnant, pour le lait.
Le corps ne ment pas.
Le corps veut le priver.
C'est sa façon à lui de lui faire du mal.
Orso et moi, on est les mêmes.
On se comprend.
Le jour où il découvrira tout ce que vous lui avez caché,
tous vos mensonges,
alors là, il va vous détester.
Tu veux me tuer comme tu as tué Aline ?
...
Vos collègues ont oublié quelque chose.
C'est une caméra.
- C'était où ? - C'était caché dans leur chambre.
Je vous invite
à regarder, ça pourrait vous intéresser.
Je porterai pas plainte, j'ai pas envie de l'enfoncer.
Mais si elle s'approche encore une fois de nous,
je changerai d'avis.
Maintenez-la à distance.
Ses enfants ont peur d'elle, maintenant.
- Vous avez loupé ça ?
- Qu'est-ce que tu fais ici ? - J'ai envie de vous voir.
- On nous harcèle avec ça.
- Tu me crois capable de faire un truc pareil ?
- Tout le monde dit que c'est toi. - Et moi, tu ne me crois pas ?
- Papa dit que tu mens. - Je ne mens pas, pour Aline.
- Il va pas bien.
On dirait un zombie. Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Que t'arrive-t-il, chéri ?
- Tu prends des médicaments ?
- Qui vous a dit ça ? - Tess.
- Tu vois que tu mens. - Ca te rend "border".
- Je sais pas ce que vous a raconté Tess.
Regardez-moi. Je vous jure que j'ai rien fait.
Je vous le promets. OK ?
- C'est bizarre.
La toxine vient du Dr Martel, mais pas la seringue.
- Elle aurait pu les avoir où ? Dans une pharmacie ?
- Faut interroger les pharmacies du quartier,
voir si elles ont vendu cette marque vendredi dernier
ou le jour d'avant.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Je viens pointer.
- Pour un contrôle judiciaire ? - Oui.
- Vous êtes ? - Paula Martel.
- Signez ici, s'il vous plaît. - Oui.
- Merci. - Merci.
Elle monte mes enfants contre moi.
C'est sûr, c'est elle qui a drogué mon café.
- Laissez-moi faire mon travail. - Faites-le, votre travail.
Si j'avais voulu empoisonner Aline,
j'aurais pas laissé traîner la seringue. On veut me piéger.
- Qui ? Votre fille au pair ?
Celle que vous avez essayé d'étrangler ?
J'ai vu les images.
- Elle me pousse à bout.
Je suis sûre qu'elle l'a fait à cause de la caméra.
- Vous avez filmé votre employée.
Vous risquez un an de prison et 45 000 euros d'amende.
Que vous a-t-elle dit ?
- Que mon fils Orso allait me détester.
- A part vous faire la morale, elle cherche quoi ?
- Vous voyez bien qu'elle a un problème.
*"Mélodie hongroise", Schubert.
...
Vibreur. ...
...
- Je savais pas que vous aimiez Schubert.
- Ca m'apaise. ...
...
- Faudrait peut-être essayer de bercer Orso avec.
Il a du mal à dormir, en ce moment. ...
- Sa maman doit lui manquer. ...
...
- Et vous, comment ça va ?
- Ca va. J'ai pas trop le choix. ...
...
C'est difficile, de se réveiller en pensant
qu'on vit avec une femme pendant des années
et qu'au fond,
on ne la connait pas vraiment. ...
...
- Ca fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
- 20 ans.
On vient juste de les fêter. ...
...
- Et avant Paula, d'autres femmes ont compté, pour vous ?
...
- Ben...
quelques-unes, oui.
- Qui, par exemple ?
- Peu importe.
En tout cas, quand j'ai rencontré Paula,
j'ai tout de suite su que je voulais faire ma vie avec elle.
...
Quand j'ai eu l'internat, on habitait
un petit appartement en soupente, et pour fêter ça,
elle a aménagé le toit avec des couvertures,
des guirlandes lumineuses.
On a dormi à la belle étoile. ...
...
Je sais pas comment je vais faire, sans elle.
...
- Je suis là, moi.
Je serai toujours là pour vous.
- Je vais aller me coucher.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
...
- Je peux te demander un service ? - Oui.
- Tu te rappelles quand ton fils a été harcelé par un gosse
sur Facebook ?
Comment es-tu remontée jusqu'à lui ?
- Tu cherches qui ?
Merci.
(Alors...)
Océane Pierinelli. C'est qui ?
- Je crois que c'est Tess. - Encore ?
Pourquoi elle ferait ça ? - J'en sais rien.
Sonnerie. - Attends, j'ai un appel.
Allô ?
Oui. Vous en êtes où, du digital ?
Ecoute...
Voilà, tu m'envoies tout ça par mail.
Oui.
Allez...
- (Océane Pierinelli...)
Excuse-moi, j'ai un dernier service à te demander.
(Peux-tu me couvrir vis-à-vis d'Elsa ?)
Je dois vérifier un truc à Coutras.
- Je lui dirai que t'es allée voir les stocks.
(Parce que tu es très pro.)
- (Merci.) - Je t'en prie.
- (Merci.)
- (Salut.)
...
- Excusez-moi.
Je cherche Christelle Pierinelli.
- Christelle ? - Oui.
Je suis une copine d'enfance.
- Désolée, mais Christelle est décédée.
- Ah ?
Je savais pas.
- Ca fait 8 ou 9 ans, déjà. - Ah bon ?
Elle a des enfants ou quelqu'un que je pourrais contacter ?
- Elle avait une fille, Océane.
- Et où est-ce que je pourrais la trouver ?
- Je sais pas. Elle était petite, quand c'est arrivé.
- Elle a été placée chez son père ? - Il n'y a jamais eu de père.
Christelle a élevé sa gamine seule.
- Elle serait où, alors ? - En famille d'accueil.
- Où ?
Pardon, mais j'ai des photos de Christelle et moi
quand on était petites, et je me dis que ce serait sympa
de lui donner.
- La famille Pereira, à Néac.
Au début, on y allait, avec mon fils.
Ils étaient ensemble au collège. Et après, on s'est perdus de vue.
- C'est gentil. Merci de votre aide. - Je vous en prie.
- Au revoir. - Merci.
Sonnerie de portable.
Oui, papa. *-Je t'attends pour dîner, ce soir.
- Non, je suis partie pour le boulot. Pas ce soir.
*-OK. Je serai couché, alors. N'oublie pas de pointer, demain.
- Oui. Merci, papa. Bisous.
Sirène de police.
- La pharmacie de la mairie a vendu une seringue le jour du meurtre.
Ils n'ont gardé aucune vidéo de surveillance.
- Personne ne sait si c'était une femme ou un homme ?
Ou son âge ? - Non, personne.
- Attends, c'est la pharmacie de la mairie ?
- Pourquoi ?
- A la mairie, ils font des mariages.
- Oui. Et... ?
...
Elle frappe.
- Mme Pereira ?
- Oui. C'est pour quoi ?
- Je suis Laure Thomas,
responsable pédagogique au CAP cuisine d'Océane.
Océane Pierinelli a bien vécu ici ? - Oui, oui.
- On a eu un problème. Elle s'est montrée agressive
avec ses camarades. - Ah bon ?
- Oui. Je peux entrer pour en parler avec vous ?
- Oui. - Merci beaucoup.
- Je vous en prie, entrez.
Excusez-moi, j'étais en train de préparer à manger.
- Océane a vécu longtemps ici ? - De ses 15 à 18 ans.
Ils étaient 5, à l'époque.
Et après, elle a été admise au foyer de Pessac.
- Elle s'est déjà montrée agressive ?
- Oh non, pas Océane.
C'était une gentille fille, calme, solitaire.
Elle était toujours un peu dans son monde.
Elle m'aidait beaucoup, à la maison.
Elle s'est beaucoup occupée des petits.
- Elle aurait des proches qui venaient la voir ?
- Non.
Un jour, elle nous a parlé de son père.
Elle nous a dit qu'elle allait le retrouver,
mais, à mon avis, elle se l'inventait.
Ils font tous ça. - Hm.
Elle aurait laissé
quelque chose ici ?
Un objet qui pourrait la réconforter ?
- Je ne sais plus.
Si, il doit rester un carton, dans le garage.
- Je peux y jeter un oeil ?
- Désolée, mais c'est personnel.
- Oui.
- Océane sait que vous êtes là ? Elle m'a rien dit.
- Vous êtes en contact ?
- Oui. Elle vient de temps en temps.
- Ah, je savais pas. Je savais pas.
Bon...
J'y vais. Je peux utiliser vos toilettes ?
- Bien sûr.
Je vais vous montrer. - C'est gentil. Merci.
- C'est en bas. - Merci.
- Je vous en prie. - Merci.
...
Chasse d'eau.
...
- Bon, alors,
"L'Auberge espagnole" ou "Avatar" ? - Pas "Avatar",
trop long.
- Je suis d'accord. - Tu dis ça, mais tu avais adoré.
- Grosse flemme. - Alors, "L'Auberge espagnole".
*-Tout a commencé là, quand mon avion a décollé.
*Bon, c'est pas une histoire d'avion qui décolle.
*En fait, le début, c'est plutôt ça.
*J'avais rendez-vous avec Jean-Charles Perrin.
*Ca commence là où ça doit se terminer : là.
*Bonjour, j'ai rendez-vous avec Jean-Charles Perrin.
*-Vous le trouverez dans le bâtiment F,
*au 6e étage, bureau 6024.
*-Monsieur ?
*-Bonjour. J'ai rendez-vous avec M. Jean-Charles Perrin.
*-Un visiteur, pour M. Perrin.
*-Bonjour.
*-Bonjour, j'ai rendez-vous avec M. Jean-Charles Perrin.
- Tiens, pousse-toi un peu.
Hop là.
*-Ah !
*Propos indistincts.
...
Un objet tombe au sol.
...
*Match de foot.
*-Il va peut-être donner, pour la première fois
*de son histoire, au Portugal l'Euro !
*Et ce sera ici, en France, en 2016,
*... et va mettre un terme aux espoirs tricolores.
*-Y a-t-il des zones dangereuses pour une greffe de peau ?
*-Dangereuses, non, mais il y a des zones interdites.
- Oh ! Mais je la connais, cette voix !
- Mais c'est dingue ! Jérôme ! - Tu le connais ?
- Il était avec moi en fac de médecine.
On a fait notre 1re année ensemble. Oh, le salaud,
il a pas changé.
- Vous étiez proches ? - Oui.
Il habitait un bel appart, dans le centre, avec ses parents.
J'allais souvent chez lui, il m'aidait à réviser.
On a vraiment fait les 400 coups ensemble.
- Et... ?
- On se dragouillait un peu et puis...
- Ben, raconte. - Il a eu sa 1re année,
et pas moi. *-Pensez-vous
*que dans un futur proche, ces technologies vont évoluer ?
*-Oui, je plaide dans ce sens.
*Beaucoup d'hôpitaux sont maintenant très intéressés
*et puis relativement à la pointe.
...
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