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- Il faut commencer rapidement ? - Lundi. Ma femme doit reprendre
son travail.
- Ton bureau est là maintenant. - Ah ?
Je vous présente Tess, qui va s'occuper d'Orso.
- Ca ne fait pas bizarre d'avoir quelqu'un 24h/24 ?
- Tu n'as pas entendu ? - Non.
- Elle est tout le temps là. Le matin, le midi, le soir,
la nuit... . - Tu es surmenée, ma chérie.
Tu m'inquiètes.
- On fait quoi aujourd'hui ?
- On reste entre nous. Ca fait longtemps.
Je suis trop contente.
- Oh ! Merde ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il allait se noyer !
Orso pleure.
On n'entend aucun son.
...
- J'ai... J'ai l'impression d'être...
... D'être
dans un tunnel.
...
Tout semble au-dessus de mes forces.
- Vous disiez avoir insisté auprès de votre mari pour l'embaucher.
Elle vous faisait donc plutôt bonne impression.
- Oui.
Oui, mais maintenant c'est différent.
C'est comme si elle avait du plaisir à me voir échouer.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? - Je ne sais pas.
J'ai l'impression qu'elle me juge, qu'elle scrute tous mes mouvements.
Qu'elle est dans mon dos. - Et avec les enfants ?
- Elle est super. Ils l'adorent.
- Donc il n'y a qu'avec vous
qu'il y a un problème ?
Vous traversez une période difficile.
- Hmm.
- Reprendre le travail après un troisième enfant,
ça fait beaucoup.
- J'aurais besoin de nouveau d'un traitement ?
- Pas le même que la dernière fois. - Pourquoi ?
- La dernière fois, c'était pour vous aider à surmonter
le deuil de votre maman.
Là, il semblerait que vous fassiez une dépression post-partum.
C'est différent.
- C'est comme un baby-blues ? - Pas vraiment.
Le baby-blues passe en quelques jours en général.
La dépression post-partum
est un trouble psychique plus profond.
C'est à prendre au sérieux. Ca ne va pas
vous plaire, mais il serait plus sage de vous mettre en arrêt.
- Non. Je ne peux pas, je viens de reprendre le boulot.
- Songez-y, quand même.
En attendant, je vais vous prescrire
un antidépresseur et des anxiolytiques
compatibles avec l'allaitement.
Ca vous aidera à mieux dormir et à calmer vos angoisses.
- Hmm.
- Et puis ça va aller.
...
Un téléphone sonne.
... - Oui, bonjour.
*-Bonjour, c'est Mme Roussel, de l'agence des au pair.
*J'ai eu votre message. - Bonjour.
*-Excusez-moi pour Jane. J'aurais dû vous prévenir plus tôt.
*Mais elle s'est fait agresser
*en arrivant chez vous. Il a fallu gérer la situation.
- Agresser par qui ? *-Elle n'a pas eu le temps de voir.
*On l'a assommée.
*On lui a volé son portefeuille. - En bas
de la maison ? *-Oui, pas loin de chez vous.
*On lui a conseillé d'aller à la police déposer une plainte.
*Mais rassurez-vous, je vais vous proposer d'autres profils.
- J'aimerais quelqu'un qui soit déjà logé.
C'est plus simple pour tout le monde.
*-Pas de problème, je m'en occupe. Je vous tiens au courant.
- Merci. *-Merci à vous, Mme Martel.
*Mme Roussel raccroche.
- Tess ?
Tess ?
*Berceuse.
*...
...
- Vous cherchez
quelque chose ?
- Je suis désolée.
J'ai appris que la jeune fille au pair
qu'on devait voir après vous s'est fait agresser.
- Mince.
Je suis désolée pour elle.
- Vous ne l'avez pas croisée
en sortant ? - Non.
Heureusement, vu ce que vous me dites.
- Ecoutez, je suis désolée,
mais on ne va pas pouvoir continuer.
Ce n'est pas contre vous, mais la situation
me met mal à l'aise. Je préfère quelqu'un qui ne vive pas ici.
On va faire une rupture à l'amiable en respectant la période de préavis
pour que vous puissiez vous organiser.
- Je ne sais pas si c'est le bon moment pour vous quitter.
Après
l'incident de la baignoire. - Ne vous inquiétez pas pour moi.
- C'est pour votre famille que je m'inquiète.
Ils savent que vous voulez
me virer ? - Je leur dirai.
Elle s'est fait agresser en venant chez nous.
- Ca doit être la bande des cambriolages.
- Ils n'ont jamais agressé personne.
- Il n'y a pas de témoin ? - Non.
Tess n'a rien vu, alors qu'elle aurait pu la croiser en sortant.
J'ai trouvé un portefeuille vide dans son sac.
Peut-être qu'il appartient à la fille.
- Tu as fouillé dans sa chambre ? C'est n'importe quoi !
Ce portefeuille, elle vient peut-être de l'acheter.
- Je lui ai dit qu'on arrêtait.
- C'est n'importe quoi. C'est toi qui as voulu l'embaucher.
Tu as même insisté. - Chut !
- Et tu changes d'avis ?
- Fais-moi confiance. - Ce n'est pas ça.
Mais tu te laisses déborder par tes émotions.
Tu n'as aucune preuve de rien. Elle est super, Tess.
Elle se démène comme personne pour faire tourner la maison.
C'est Karsenty qui t'a prescrit ça ?
- Oui. - Tu as bien fait d'y retourner.
Les enfants ont besoin d'une maman
qui aille bien.
- Tu regardes quoi ? - Rien.
- Vas-y, dis.
- Je te demande ce que tu regardes ? - J'ai rien à cacher.
- Genre. - Personne m'écrit.
Propos inaudibles.
...
- Tu suis Léo sur Insta ? - Il est au foot avec moi.
- Tu as vu,
il s'est affiché au bac blanc. Tout le lycée est en boucle dessus.
- Oui. Après c'est peut-être un prank.
- Peut-être.
Camille rit.
Regarde ce que Sophie vient de m'envoyer.
Camille et Basile rient.
- Attends, tu lui parles toujours ? Vous étiez pas brouillées ?
- Non, on se parle pas trop.
Mais elle m'envoie des trucs
sur TikTok. La cafetière siffle.
... - Elle a l'air inspirée, là.
- Oui, grave.
- J'y vais. Claire m'attend.
- Tu dînes ici ? - Non, on va rester
chez elle pour taffer. - Pour taffer ? Ah ah.
- Ouais, pour taffer.
- Comment il fait trop croire.
Porte. - Elle est comment, sa copine ?
- Je la connais pas trop. Elle est classique.
Pas trop son genre de meuf. - C'est quoi son genre de meuf ?
- En vrai, je sais pas !
Rire. Ah, maman.
Tess a proposé de m'aider pour mes affiches ce week-end.
- Désolée, je ne suis pas sûre de pouvoir.
- Pourquoi ?
- On a décidé avec Tess de s'arrêter là.
- T'es pas heureuse
avec nous ?
- Ce n'est pas moi qui décide.
- La configuration n'est pas simple pour moi.
- En fait, tu supportes pas qu'elle gère mieux que toi.
C'est dégueulasse.
*R'n'B.
*... Klaxon.
Fracas.
Un téléphone sonne, effet d'écho.
... Un moteur tourne.
...
La sonnerie devient plus nette. Moteur.
- Oui, Elsa ?
Je suis dans les embouteillages. J'en ai pour 20 mn et j'arrive.
Un véhicule se gare.
Portière. - Ca va, chérie ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? - Un camion est arrivé,
j'ai voulu l'éviter et je n'avais pas vu les...
- Tu m'as fait peur.
Ca va ? Tu es toute blême. - J'ai hyper soif.
Tu n'as pas de l'eau ? - Si, si. Viens.
Je vais te déposer à la maison. - Non. Ils m'attendent au bureau.
- Tu es sûre ? - Oui. Ils ont déjà appelé.
- Ca va aller ? - J'ai pas le choix. Oui.
- J'ai une mission à vous proposer. J'aimerais que l'une de vous
coordonne l'ouverture d'un point de vente à Paris.
Le tout premier. - Génial.
- Hmm.
- Il faudra y aller plusieurs fois pour tout organiser.
- Ma soeur habite Paris. Ca me fait un point de chute
et je connais bien la ville. - Ah, super.
Et toi, Paula, avec un bébé tu penses que c'est gérable ?
- Euh... Oui, oui. Bien sûr.
C'est gérable. Je vais gérer. - Oui ? D'accord.
Vous pouvez me proposer chacune un topo sur la viabilité du projet
avant la fin de la semaine ? - Parfait.
- J'ai hâte.
A tout à l'heure. Merci à vous, les filles.
- Ca va pas ?
- Je suis épuisée, alors que je bois des litres de café.
- Ta nounou ne te soulage pas ? - Mouais. Pff...
- Elle n'est pas bien ?
- Avec Orso et les grands, elle est super, mais avec moi...
On dirait qu'elle m'en veut. - Pourquoi elle t'en voudrait ?
- Bah, j'en sais rien.
- Tu sais quoi ?
Installe des caméras chez toi.
Beaucoup de parents font ça pour espionner leur nounou.
- Je ne pourrais jamais.
- Mets-en une dans ta chambre.
Si tu penses qu'elle t'en veut, tu seras fixée.
- Hmm.
- Tu as eu ses anciens employeurs au téléphone ?
- J'ai eu une nana. Mais ça sonnait faux.
- On n'a qu'à les appeler. Avec mon téléphone.
Vas-y. Donne-moi le numéro.
- Tiens.
- OK.
Hum hum.
*Tonalité d'appel.
*...
*-Allô ?
- Oui, bonjour mademoiselle.
Je vous appelle de la part de Beauty Skins,
une société de cosmétiques.
Vous avez été tirée au sort et vous avez gagné 100 euros
de bons d'achat. *-Mais non ? Sérieux ?
*C'est pas une blague ? - Non. Bravo, vraiment.
Vous êtes madame ? *-Garcia.
- Et votre prénom ? *-Jessica.
- Est-ce que vous pouvez me donner votre âge et votre profession ?
*-Carrément.
*22 ans, serveuse dans un food truck.
*On fait comment ? Franchement, merci.
- Je vous en prie.
On va faire simple, donnez-moi votre adresse
et je vous l'enverrai.
*-Envoyez-le au bar de la Lagune, à Arcachon.
- Très bien. Merci. Au revoir. *-Merci encore.
Porte.
- J'ai parlé à Jessica. Vous n'avez travaillé dans aucune famille !
- Si, si. Si.
Ils sont partis à l'étranger. J'ai perdu leur contact.
Mais je vais le retrouver. - Arrêtez de me mentir.
- OK.
OK, j'ai menti.
Je suis désolée, Paula.
Je n'ai jamais bossé au pair, mais je me suis occupée
de mes frères et soeurs.
- Faites vos valises.
Vous avez 10 mn. J'appelle Jérôme.
- Désolée, je ne partirai pas.
*Tonalité d'appel.
Vous voulez que j'aille où ? *...
A l'hôtel des Alouettes ? *...
Il est beau gosse, Nicolas. *...
En plus, il écrit bien. *...
*-Oui, chérie ? Ca va ?
- Jérôme, c'est Tess à l'appareil.
Avec Paula on se demandait si vous serez là pour dîner.
*-Oui, je serai là dans 1h. - Parfait. On vous attend.
Paula, vous voulez ajouter quelque chose ?
*-Chérie, ça va mieux ? Comment tu te sens ?
- Euh oui, ça va.
A tout à l'heure.
- Vous étiez malade ?
Pleurs de bébé.
Il ne faudrait pas contaminer Orso.
...
Tout le monde m'aime, ici.
Fais un effort et je dirai rien.
Orso pleure.
...
Mugissement du vent.
...
Vent, grouillement, ambiance sonore angoissante.
...
Cri étouffé.
...
- Ta-dam ! - Tu m'as fait peur.
- Petit concert en amoureux.
- Ah, super.
C'est quand ? - Ce soir.
Tu n'as pas l'air contente. - Si, si. C'est très bien.
- Vraiment ? - Oui, oui.
- On se retrouve là-bas ? - D'accord. A quelle heure ?
- 20 heures. - OK.
Porte d'entrée.
...
- Tu manges pas tes pancakes ? - Non, j'ai pas faim.
- Je te les pique. C'est trop bon. - Merci.
- Profites-en. Ca va pas durer. - Pourquoi ?
- Maman a décidé de virer Tess. - Quoi ?
- Elle a changé d'avis.
- Non ? Je suis trop contente !
Tu vas pouvoir... - Ca va ? Bien dormi,
les enfants ?
- Ouais. - Ouais.
- Super. Bonne journée.
- N'oubliez pas votre thermos.
...
- Non ! Une apparition. - Tu exagères.
On s'est parlé il y a peu. - Un mois, ma petite chérie.
- Oui, bien sûr. Vous pouvez
me commander la toxine ? Vendredi,
pour la réception, vous serez là ? C'est le labo qui demande.
Parfait.
Merci, Elodie. Je file. On se voit
au cabinet.
Oh. Merde...
...
- Excusez-moi.
- Oui ?
Attendez. - Pardon.
- Oui, dites-moi ?
- Je crois que...
j'ai un truc bizarre dans le dos. Ca vous ennuie de regarder ?
- Pas du tout, venez.
- Merci.
Comme c'est derrière, j'arrive pas à voir.
- C'est là ? - Oui.
- Non, non. C'est un grain de beauté tout à fait normal.
- J'avais peur que ce soit un mélanome.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Ma mère en a eu un. - Ca n'a pas été pris à temps ?
- Non, pas vraiment. - Bon.
C'est un grain de beauté normal. Ne vous inquiétez pas.
Et puis, ce n'est pas héréditaire. - Merci.
- Tu as une petite mine. Ca va ?
- Le rythme est tendu, en ce moment.
- J'imagine. Il est très mignon, Orso,
mais ce doit être fatigant.
Et Jérôme ?
Il travaille toujours autant ? - Tu le connais.
- Faites attention.
- A quoi ? - A vous deux. Gardez
du temps pour vous.
Les enfants, le quotidien, c'est violent.
- Hmm. - Regarde, ta mère et moi.
Un vrai gâchis. - Si tu ne l'avais pas trompée...
- Tu sais, avec le temps, le quotidien...
On s'était éloignés. J'avais la sensation
qu'on n'avait plus grand-chose à se dire.
- Tu regrettes de lui avoir dit ? - Je regrette de l'avoir fait.
De l'avoir fait souffrir comme ça.
Je n'ai jamais cessé de l'aimer.
Piano. "Sérénade", lied de Franz Schubert.
...
- Merci.
- Ca va, chérie ?
- Oui.
Elsa me propose d'ouvrir un point de vente à Paris.
- C'est une belle opportunité, non ? - Je serai souvent absente.
- Ah.
Mais... tu crois que c'est le bon moment ?
- Si tu tiens tes engagements, oui.
J'ai bien donné avec les deux premiers.
- Je sais les sacrifices que tu as faits pour moi.
- Ca me gênait pas de jongler entre le boulot et la maison quand maman
était là.
Mais c'est vrai que...
après la mort de maman,
j'étais très seule.
- Je sais.
- Mais vraiment.
T'étais pas là.
- Non, mais... J'étais en plein changement d'équipe au cabinet.
- T'étais pas là,
je me sentais hyper fragile.
Et le vide que tu as laissé,
je me suis dit qu'il fallait...
A un moment donné, je n'ai pas... - JOYEUX
ANNIVERSAIRE !
JOYEUX ANNIVERSAIRE !
Applaudissements. - Merci.
C'est nos 20 ans, ma chérie.
- J'ai complètement oublié, pardon.
Viens, on souffle tous les deux.
Pardon.
- C'est à toi. Joue. - A moi ? Là, c'est un peu évident.
*Pop. Owlle, "In The Dark".
- Camille m'a dit que tu t'étais battu aujourd'hui ?
*...
- Je pensais pas
que tu étais du genre à jouer les caïds. T'as rien à prouver.
*...
- Elle en pense quoi, Claire ?
- C'est fini avec elle.
*...
- Tu sais ce que je pense ?
Je pense que tu ne l'aimes pas, Claire.
On s'en fout. Que tu aimes les filles, les garçons, les deux,
c'est pareil.
*...
- C'est facile à dire.
Je sais pas comment papa et maman
vont réagir. - Je suis sûre qu'ils s'en foutront.
- Vraiment ?
- Tu leur diras quand tu seras prêt. Notification.
*...
- Bon. Va te coucher. Les émotions, ça fatigue.
- Merci.
Merci, Tess. - Oh...
*...
- Heureusement que tu es là.
*...
...
Il désactive l'alarme.
Ecoulement d'eau.
Grondement du tonnerre.
...
Tonnerre.
...
Tonnerre.
...
Ambiance sonore angoissante.
...
- Regarde.
- C'est quoi ? - C'est toi qui vas me le dire.
Tu vas me dire que j'imagine, là ? - Qu'est-ce que tu insinues ?
Tess me montrait un grain de beauté.
- Dans notre chambre ?
- Oui, puisqu'elle n'a pas le droit d'entrer dans mon bureau.
Tu as placé une caméra dans notre chambre ?
Comment tu as pu imaginer un truc pareil ?
C'est ça, notre histoire, après 20 ans ?
Je comprends que tu aies oublié de la fêter, si c'est ça la confiance
qui règne entre nous ! - Je te parle de Tess !
- C'est quoi, ton problème avec elle ?
Tu te rends compte que tu es en train de l'espionner ?
Tu sais quoi ? C'est très bien que tu partes à Paris.
Ca va nous faire du bien, à toi comme à moi.
Je file. - Non, attends.
Attends, Jérôme. - Je suis à la bourre.
- Je suis désolée. Je suis désolée.
Excuse-moi.
- Je peux t'envoyer ma dissertation sur le langage,
mais j'ai passé des heures dessus, je l'ai terminée hier soir,
et ce serait bien que tu travailles par toi-même.
Bisous, bisous.
Ca va ?
- J'ai des fringues qui disparaissent depuis un moment.
Au début, je me suis dit que c'est moi qui rangeais mal.
- OK, c'est moi.
- Pourquoi tu fais ça ?
- T'as plein de fringues. C'est indécent.
Avec des copines, on donne les fringues
de nos parents à des assos.
- Depuis longtemps ?
- Des mois. Et t'as rien remarqué.
Il n'y a que Tess qui s'en est rendu compte.
- Elle s'en est rendu compte ?
- En rangeant, elle a trouvé un sac sous mon lit.
Elle m'a promis de ne rien te dire.
- On peut faire ça ensemble, si tu veux.
- Ensemble ? - Hmm.
- On ne fait plus rien ensemble.
- Ce n'est pas vrai. - Si.
- Non. - Si.
Depuis la mort de mamie et l'arrivée d'Orso, on n'existe plus.
T'as même pas vu que j'avais séché le gala de danse.
- Il y avait un spectacle ?
- J'en ai un tous les ans. Evidemment !
- Pourquoi tu n'y as pas été ? - Tu te réveilles un peu tard.
Je vais en cours.
- Bonjour. - Salut.
- Salut. On a l'accord des proprios pour vendre
l'appart rue Mably. - Top.
On a encore les images du cambriolage ?
- Oui. On les a gardées. - Je peux les voir ?
- Oui. Attends...
Elles sont sur le disque dur. Je file, j'ai plein de visites.
N'oublie pas la réunion de demain. Salut !
- Salut.
Porte.
...
Ronronnement d'une imprimante.
...
Des pas crissent sur le gravier.
... - Vous allez bien ?
- Le mec avec qui tu étais hier,
tu le connais bien ? - Quel mec ?
- Mon agence a été cambriolée à Noël. Je suis sûre
que c'était vous.
- Ca va pas fort, vous. - Ne fais pas ta maligne.
- Je ne connais pas ce mec et je n'ai rien à voir avec ça.
Et puis vous n'avez pas de preuves, non ?
- Tu ne connais pas ce mec,
mais tu l'amènes chez les Martel.
- Au lieu de traquer la vie sexuelle de vos voisins,
occupez-vous de la vôtre.
- Je ne vais pas en rester là.
C'est Aline. Rappelle-moi, vraiment, c'est urgent.
- Elle est pas mal, ma planète, non ?
Sympa.
Si tu veux, on y va ensemble, à ta manif.
On peut même revoir la conjugaison des verbes du 3e groupe.
- Oh.
- J'ai un Bescherelle quelque part. - Oh, ça va.
- Quoi, "Ca va" ? - On va pas en faire un fromage.
Regarde. Hop là. Camouflé. On ne voit rien.
- Bravo.
Avant, tu me demandais de te prêter des fringues.
Je peux encore. - Si c'est pour me prêter un legging
zébré ou à motifs léopard... - Ca revient à la mode.
- En vrai, de ouf.
- Alors, tu vois. Je dois en avoir encore.
- En soirée, ça devrait le faire. - Et là j'écris quoi,
du coup ?
- Euh... "La planète est en feu."
- Je l'écris en jaune ? - Non, non.
Propos indistincts.
...
- C'est pas très net. - Ah bon ?
Propos indistincts.
...
- Ouais. - Mais il faut bouger un peu.
- Ca pèse, quand même. - Oui.
Orso chouine. Tess fredonne une berceuse.
... ...
... ...
...
Un téléphone sonne.
- On aurait une force de frappe plus importante
si on se dirigeait vers une dynamique collective,
avec des partenariats. On crée des liens,
on évite d'être isolés et on partage les frais de loyer.
- Tu as pris des contacts par rapport à ça ?
- Oui, des créateurs, des enseignes. Ils sont super motivés.
Notification. - Super.
Paula, on reste
concentrée ?
- Oui.
- C'est pas mal, ça.
- Pourquoi tu as envoyé ça ?
- De quoi tu parles ? - Ton message à Aline.
Comment tu as pu faire ça ? On s'était mis d'accord.
Je me suis plié à tes règles, j'ai oublié
notre histoire, j'ai fait tout comme il faut.
On commence à peine à s'en remettre avec Aline,
et toi tu décides de foutre la merde dans mon couple ?
Tu m'écoutes ?
- Je n'ai jamais envoyé ce message. Ce n'est pas moi.
- Il est parti tout seul ?
- Je ne sais pas quoi te dire.
- Laisse-nous tranquilles.
On joue quelques notes.
... Porte d'entrée.
On referme la porte. Tintement de clés.
...
- Je suis Elodie, l'assistante du Dr Jérôme Martel.
J'appelle pour un changement d'adresse de livraison.
Aujourd'hui.
Oui.
Oui je sais, mais c'est important.
Non, je n'ai pas réussi à le faire en ligne.
Alors le numéro de commande est le 459764.
Il faudrait que la commande arrive chez lui,
parce que personne ne sera au cabinet pour la récupérer.
Donc c'est au 8 rue des Merisiers, 33 800 Bordeaux.
Merci, au revoir. *-Pour l'instant, l'idée de Paula
*me séduit davantage, mais on va comparer les études de faisabilité.
*Paula, commence. On sonne.
- Pardon, ça sonne. Je reviens.
Oui ? Bonjour. - Bonjour.
Un colis pour Jérôme Martel. - Je vais signer.
- Ici. - Merci.
- Super. Tenez. - Merci. Bonne journée.
- A vous aussi. - Au revoir.
*La visioconférence reprend.
*...
...
- Alors 42,50.
- Vive les mariés ! Applaudissements.
...
- Ils sont beaux ! Vive les mariés ! Rires. Cris joyeux.
...
Orso gazouille.
...
*Berceuse.
*...
- Oui, Sophie ? C'est au sujet du 47 mètres carrés rue Minvielle.
Les propriétaires veulent bien baisser leur prix de 20 000E.
Ah, tu crois ?
Ah oui, tu as raison.
OK, d'accord. Salut, Sophie.
...
- Comment vous vous sentez ?
- Comme si tout s'effondrait.
- Avec votre nounou, ça va mieux ? - Au contraire. On ne se parle plus.
Notification. Excusez-moi.
J'ai oublié de couper. - Vous pensez que vos enfants
pourraient sentir le malaise qu'il y a entre vous et elle ?
Peut-être que sa présence ravive le manque de votre mère.
Comme un effet miroir. - Désolée. Il faut que j'y aille.
Porte.
...
Elle frappe.
...
Aline !
...
- Hello !
Coucou, c'est moi.
Aline ?
Aline ! Aline ! C'est quoi, ce bordel ? Aline !
Ho ! Aline, écoute-moi. Ca va ? Gifles.
...
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