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La fin de mon innocence, de mon enfance, remonte à 1957.
Je sais aujourd'hui que je ne connaissais rien de mes proches.
J'ai mis des années à connaître la vérité...
vu le talent de mon frère à inventer des histoires.
Maman disait que si les Abbott n'existaient pas...
mon frère les aurait inventés.
Lloyd Abbott n'était pas milliardaire, mais c'était tout comme...
grâce à ses trois filles divines : Alice, Eleanor et Pamela.
Au moins une fois par an on voyait une grande tente sur le court de tennis...
signe qu'une des filles fêtait son anniversaire...
un succès scolaire, ou autre.
- Et voilà. Encore une fête. - Tais-toi.
Quand une fille Abbott a ses règles, c'est la fête.
Soirées Tampax, cotillons Tampax...
Mon frère et moi n'avions rien en commun. A part nom et adresse...
Nous ne partagions rien d'autre.
A l'époque, Jacey était pour moi un vrai mystère.
Et je l'embarrassais toujours.
Mon Dieu !
Maman !
- Maman, il faut qu'il efface ça. - Pourquoi ?
Il ne peut pas sortir comme ça.
Ce sera pire si je le lave. C'est de l'encre de Chine.
Il a l'air d'un clown et il ne le voit même pas.
- Tu y vas maintenant à cette partie ? - Et oui !
Tu sais qu'à la soirée, tu seras le seul à porter...
de fausses pattes ?
Tu réalises qu'elles ont l'air fausses, non ?
Qu'on dirait que tu les as dessinées.
Chéri, il en est conscient. Alors va à la fête et ne t'occupe pas de Doug.
- Amuse-toi bien. Fais semblant de... - Oh tu...
Au revoir.
M. Abbott était un homme important dans notre ville.
Il obtenait toujours ce qu'il voulait.
Il savait y faire.
Il donnait des soirées somptueuses avec orchestre et buffet chic.
Tout le monde était prêt à tout pour y être invité.
Mon frère en particulier.
Demain, nous allons au lac.
Sandy veut frimer avec le bateau de son père.
Et si tu venais ?
J'ai du travail.
Eh bien, tu devras m'écrire une lettre.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je reviens tout de suite.
- Très chic, la cravate. - Merci.
- Tu aurais un Kleenex pour moi ? - Espèce de rocker.
Tu as des cigarettes ?
Mesdames et messieurs...
je voudrais porter un toast. Nous fêtons ce soir...
les fiançailles de notre fille Alice et de Peter Vanlaningham.
Il a du fric, ce Peter ?
Et comment ! C'est un des Vanlaningham d'Atlas Steel de Pittsburgh.
- C'est une vraie brute. - Alors, pourquoi elle l'épouse ?
C'est ce que veulent mes parents. Et Alice a peur de mes parents.
C'est pratiquement un mariage arrangé.
Pour eux, Alice n'a rien dans la tête.
Ils l'ont convaincue de se marier.
A leurs yeux, Peter était le candidat idéal.
Mais, elle ne peut pas être crédule à ce point !
Alice est la bonne petite fille, Eleanor est la mauvaise tête...
et moi, on me laisse tranquille. C'est comme ça.
- Et toi, tu es lequel ? - Quel genre de frère, tu veux dire ?
Je sais pas. Le petit frère je suppose.
- J'aime bien tes pattes. - Merci.
Les Abbott étaient imprévisibles.
Ce soir-là, les invités ignoraient...
qu'ils fêtaient en grande pompe un mariage forcé.
Alice Abbott était enceinte de deux mois.
- On se voit plus tard ? - D'accord.
C'est sympa d'être venu.
Les Abbott avaient tout ce dont Jacey rêvait :
des voitures, du fric, des relations.
Plus que tout ça, c'est Eleanor qu'il voulait.
Témoin des angoisses sociales de mon frère, j'avais décidé...
de me tenir loin des Abbott.
Trois à cinq ?
Deux à trois. A toi de servir.
Tu veux aller prendre une bière ?
- Comment ça, une bière, une vraie ? - Non, du jus de canne.
- Où peut-on trouver de la bière ? - A la boutique d'articles de pêche.
Si tu y vas et si Ernie est seul, il t'en vendra quelques-unes.
Tu te souviens quand je m'étais coincé la queue dans la braguette ?
C'était à l'école, en primaire.
Mme Hurley a voulu m'aider, j'ai refusé.
Elle a appelé maman dans sa classe...
mais j'ai encore dit non. Je lui ai demandé d'aller te chercher.
Ouais. Je m'en souviens.
Cette boîte devrait être à nous.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Midwest Steel Desk...
le dossier de papa dans son tiroir.
A la mort de papa, Abbott a piqué le brevet à maman.
- D'où sors-tu ça ? - C'est la stricte vérité.
- Maman n'est pas idiote. - Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Lloyd est malin c'est pour ça qu'il a cette boîte.
- Non. Il a épousé la fille du patron. - La boîte est à lui...
grâce au brevet de papa qui a sauvé la compagnie...
après la guerre quand tous les contrats sont arrivés à échéance.
Maman l'a peut-être vendu pour de l'argent.
Quel argent ?
On n'a jamais eu d'argent. Le fric n'a rien à voir là-dedans.
Voilà pourquoi on roule dans ce tacot et pas dans celui-là.
Félicitations.
- Pour quoi ? - Tu es accepté à Penn. paraît-il ?
Merci.
Comment as-tu réussi à entrer dans un collège aussi prestigieux ?
Mon grand-père y a fait ses études et j'avais les notes suffisantes.
- Ça pue vraiment, ici. - Oui. J'ai laissé tomber un truc.
Oui.
Moi.
Je croyais que toi et Steve...
Ça, c'est ce que tu crois.
Je trouve que Steve est...
Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce que je pense de Steve.
Je ne pense jamais à lui.
J'agis spontanément. Je laisse aux autres le soin de comprendre.
C'est le rôle des parents. Ils sont d'ailleurs très doués pour ça...
alors pourquoi devrais-je réfléchir ?
Je vois que tu n'as pas l'intention de me parler.
Mon père me fait ça tout le temps. Inutile que tu t'y mettes.
Alors, bonne chance pour Penn.
Eleanor.
Viens vite, papa attend.
Merci, M. Abbott.
Ne t'approche pas de lui.
De qui ?
De Jacey.
Pourquoi ?
Parce que c'est comme ça.
On devrait organiser une sortie au hangar à bateaux. C'est ça.
C'est ça...
- On inviterait des filles... - Oui.
On achèterait de la bière, on irait se baigner, on lirait des mots dans le dico...
- Oui, comme "rasoir" ou "eunuque". - Eunuque ?
- C'est quoi ? - C'est le mot latin pour serveur.
Le boulot ne va pas très fort, aujourd'hui. Il fait trop chaud.
Lequel d'entre vous veut finir plus tôt ?
- Moi. - Je veux bien.
On tire à pile ou face.
Pile.
Salut, Doug.
Va-t'en !
J'avais toujours imaginé Eleanor Abbott comme une poseuse friquée...
une dragueuse, une allumeuse.
Elle s'avéra plusrebelle que je ne l'avais jamais été.
Ecris-nous quand tu seras là-bas.
Avec Jacey, on ne parla jamais de ce qui s'était passé dans le garage.
Jacey ne se vantait jamais de ses conquêtes.
Quand il est parti pour le collège, je n'étais pas vraiment triste.
Je me suis senti libre.
SALUT, DOUG !
- Ça va ton menton ? - Va te faire voir.
- Je peux te déposer quelque part ? - Non.
Je te laisse le volant.
- Je n'ai pas encore mon permis. - Je m'en fiche.
- Pourquoi tu ne m'invites jamais ? - Pour quoi ?
- Pour sortir ensemble, abruti. - Mais je te vois tout le temps.
- Pas simplement pour se balader, non. - Et puis quoi !
- Tu as peur de moi ? - Non.
J'ai un boulot, mes études, pas de temps pour la drague et tout ça.
Laisse tomber.
- Je ne suis pas ton petit ami. - Je t'ai dit de laisser tomber.
Mon frère savait se réinventer bien mieux que moi.
Comme celles des Abbott à Haley, les soirées de Jacey à Penn...
étaient de loin les plus courues.
Bien qu'étudiant l'architecture...
les belles étudiantes étaient son sujet préféré.
Les ponts...
les gratte-ciels...
les soutiens-gorge balconnets...
tous utilisent les principes du structuralisme.
Tu sais, je suis fiancée.
- Moi aussi. - C'est vrai ?
Bien sûr.
Mais pour l'instant nous avons une simple conversation.
Ses succès auprès des femmes m'épataient.
La pensée d'Eleanor évoquait pour moi des scènes de folle débauche.
Au bout d'un moment, ce n'était plus mon frère sous elle dans le garage...
c'était moi.
Doug, à table !
J'aimerais que tu ne fumes pas dans le garage.
Je ne fume pas dans le garage.
Toutes ces vieilleries là-dedans pourraient prendre feu.
Je ne fume pas, maman.
Peu importe. Va fumer dans la cour.
Oui, madame.
Il faut que je me prépare.
Où vas-tu ?
J'ai un rendez-vous, comme on dit.
Tu sais, les soirées du vendredi...
- Tu peux laisser ça. - Merci.
- Amuse-toi bien. - Toi aussi.
Qu'est ce que tu fais là ?
Qu'est-ce que tu as prévu ce soir ? Tu veux sortir ?
Tu es incroyable. Je ne peux pas.
Mes parents sont sortis avec Peter et Alice...
ils m'ont coincée pour garder le bébé.
Eleanor n'est pas là ?
- J'ai cru que tu venais m'inviter. - Bien sûr.
Bien, parce qu'elle n'est pas là.
- Je peux entrer ? - Non.
- Pourquoi pas ? - Parce que mes parents sont sortis.
Une autre fois alors ?
Entre. Mais juste un instant.
Tu n'es pas comme Jacey.
Comment ça ?
Il est vraiment très classe, lui.
Qu'est ce que ça veut dire "classe" ?
Beau garçon, sexy, sophistiqué...
comme un fumeur de pipe.
Jacey ne fume pas la pipe.
On n'a pas besoin de fumer la pipe pour être classe.
C'est une ruse !
Ecoute...
soit tu es réellement furieuse contre moi...
soit tu l'es parce que je te plais. Les filles sont comme ça.
Je sais pas grand chose, mais ça je le sais.
Alors, je...
Alors, c'est quoi ?
Les deux.
Doug, tu m'aimes ?
Arrête.
Pam.
Je suis désolé.
Je suis vraiment désolé.
Je ne suis pas Eleanor.
Je ne peux pas aller aussi vite.
A chaque fois, tu vas me sortir les mêmes foutaises ?
Te brosser les dents avec Brylcreem. C'est curieux...
- Tais-toi ! - "Un tube rouge et blanc..."
Le bébé pleure.
Ne t'en mêle pas.
C'est pas grave, elle plaisantait.
- Moi aussi. - Ce que tu penses n'a pas d'importance.
Les caprices d'Alice, maintenant, c'est le problème de Peter.
Prends une de tes pilules, regarde The Jack Paar Show...
et va voir ce qu'il a à pleurer.
Allons, Alice. Ouvre cette foutue porte tout de suite.
Ouvre cette foutue porte !
Ouvre cette porte tout de suite, ou tu vas le regretter.
Ouvre cette foutue porte...
Je partageais avec Jacey un immense intérêt pour le sexe opposé...
mais je n'avais pas son habileté.
- Au suivant. - Merci.
- Salut, Jacey. - Salut.
Prends ma valise !
Cet été-là, son histoire avec Eleanor reprit dès son retour.
Elle aussi était plus qu'impatiente de le retrouver .
Salut, papa.
Que fais-tu ici ?
Je baise avec Jacey.
Monte dans la voiture.
Bonsoir.
Bonne nuit.
Ça ira, trésor.
Joan ?
- Comment ça va ? - J'ai à vous parler.
Bien sûr. Entrez donc !
Non, je n'ai pas le temps. Je vous en prie...
Ma mère avait peu de visites.
Avant ce jour-là, je ne l'avais jamais vue parler à Joan Abbott.
Joan appartenait à la haute société, pas maman.
Maman était la seule mère qui devait gagner sa vie.
Je pensais que c'était pour ça qu'elle ne sortait pas souvent.
Il y avait une raison, mais son métier d'institutrice n'y était pour rien.
- Jacey mérite une punition. - Je ne trouve pas.
- Vous devriez lui parler... - Il n'en est pas question.
Si vous avez quelque chose à lui dire, faites-le vous-même.
Je pensais que vous aimeriez savoir ce que votre fils a fait.
Et au nom de quoi devrais-je vous croire, Joan ?
Cette visite mit un terme aux amours de Jacey et d'Eleanor...
mais aussi à la présence d'Eleanor elle-même .
Elle disparut de Haley, bannie ou volatilisée.
Personne ne le savait vraiment.
Chez les Abbott, la vie continua sans elle.
Pourquoi suis-tu des cours d'été ?
J'ai eu zéro en histoire des Etats-Unis.
J'avais dessiné des nichons sur une photo de Mamie Eisenhower.
- Pourquoi fais-tu ça ? - Si je le savais...
Je ne peux pas m'en empêcher, parfois.
Tu viens à la soirée ?
C'est mon anniversaire.
Tout le monde sera là. On devrait bien s'amuser.
Je ne sais pas. Peut-être.
Allez, viens, d'accord ?
S'il te plaît.
Fais-moi le plein.
Belle cravate !
Ça t'ennuie de me la prêter ?
Je croyais que les soirées chez les Abbott, c'était pas ton truc ?
En effet.
Alors, pourquoi y vas-tu ?
Pour faire plaisir à quelqu'un.
Tu n'y vas pas ?
Je suis persona non grata.
- C'est-à-dire ? - Tu le sais très bien.
Jacey, que s'est-il passé entre toi et Eleanor ?
Eleanor voulait juste échapper à l'univers des Abbott.
Et ce n'est pas si facile.
En plus de baiser avec tous les garçons de ce milieu...
il faut aussi se taper les mecs des couches populaires.
- Tu veux dire ceux de Fountain Park ? - Non. Moi.
C'est avec moi qu'elle baisait.
On ne fait pas partie des couches populaires.
A ta place, je n'irais pas à cette soirée.
Mais tu n'es pas à ma place. On vaut bien les Abbott.
Quoi ?
- Quoi ? - Alors tu n'as rien compris ?
A quel sujet ?
Après la mort de papa...
maman a eu une liaison avec L. Abbott. C'est comme ça qu'il a eu le brevet.
Je ne te crois pas.
Que tu le crois ou pas, je m'en fous.
Va demander à maman.
Demande-lui ce qui s'est passé.
Pourquoi elle n'a pas d'amis, pourquoi on ne l'invite pas ?
Demande-lui à quel milieu on appartient.
- Ça fait longtemps que tu es là ? - Un moment.
- Tu vas bien ? - Très bien.
Tu t'amuses ?
Viens danser avec moi.
Jacey est là pour quelques jours ou pour tout l'été ?
Pour l'été. C'est moins cher de l'avoir à la maison.
Il n'a pas de loyer à payer, il peut économiser pour ses études.
On n'a pas beaucoup de sous. On est plutôt pauvres.
Vous n'êtes pas pauvres !
Tu rigoles ? Malgré ce que gagne Jacey...
maman a dû hypothéquer la maison pour qu'il puisse aller à Penn.
- Où est donc Eleanor, ce soir ? - Eleanor n'est pas là, c'est tout.
- Serait-elle enceinte ? - Non. Qui a dit ça ?
Chacun a sa version.
Elle serait enceinte, elle se serait sauvée...
ton père l'aurait fichue dehors. Où est la vérité ?
- Va te faire foutre. - Pourquoi est-ce que tu me détestes ?
Va te faire foutre toi-même, connard.
Tu dors ?
Après cette soirée, je devins un véritable paria.
L'hiver fut long et solitaire.
Ça va, maman ?
Très bien.
Tu en es sûre ?
- Tu as l'air un peu fatiguée. - C'est juste un rhume.
J'espérais que Jacey serait là pour Noël. C'est sans doute ça qui me chiffonne.
Il ne pouvait pas laisser un aussi bon job.
Je ne crois pas que ce soit la vraie raison.
- Depuis quand bois-tu de la bière ? - Elles sont pour toi.
Elles étaient dans le garage. J'oublie toujours de les rentrer.
Je sais que tu bois de la bière.
- Prends-en une avec moi. - Non. Elles sont pour toi.
- On ne doit pas boire tout seul. - Ne sois pas bête.
Allez.
Assieds-toi.
Prends une bière.
- Joyeux Noël. - Joyeux Noël.
Eh oui, c'est de la bière.
Charlie voulait toujours m'en faire boire.
- Tu l'appelles toujours Charlie ? - C'était son nom.
Je sais. Mais tu ne dis jamais "ton père" ?
Ça m'arrive de le dire, non ?
Je ne sais pas. Pour moi, c'est toujours Charlie.
Tu as fait d'autres rencontres ?
J'ai eu un ami. J'allais le voir à Chicago...
quand j'allais chez Bea pendant les vacances. Tu te souviens ?
- Ça a duré longtemps ? - A peu près huit ans.
Aussi longtemps...
- Tu as pensé l'épouser ? - Il me l'a demandé, mais j'ai refusé.
- Pourquoi ? - Parce que j'aime...
J'aime ton père...
son souvenir.
C'était l'homme de ma vie.
il y a tant de façons d'aimer. On aime quelqu'un en dépit de tout.
Ou parce que le contexte s'y prête.
Pour moi, la meilleure façon d'aimer, c'est "en dépit de tout".
Je fais un piètre ivrogne.
- C'est quoi la mise en scène ? - Dans quel contexte ?
Pour le théâtre.
"Bourse Howard Lambert pour mise en scène théâtrale."
Quatre années d'études. Presque tout est payé.
- Je pourrais faire ça. - Bien sûr.
Une fois que j'aurai compris ce qu'est la mise en scène.
Je vais t'attendre dehors, d'accord ?
Vous avez ceci en rose ? J'en ai déjà un que j'aime beaucoup.
Pamela Louise Abbott.
Daniel G. Holbrook.
Sharon Druck.
Douglas Lee Holt.
David Nabors.
Maxine Tudor.
Helen Schuster.
Mark Murphy.
Meredith Weir.
- Merci. - Je vous en prie.
- Félicitations, Helen. - Merci, Lloyd. Toi aussi.
Où Pam fait-elle ses études ?
Seigneur, j'ai oublié.
Attends, à Bryn Mawr. Je devrais m'en souvenir, c'est ruineux.
Elle y arrivera. Elle est très brillante.
- Et Doug, il va à... - Doug a obtenu une bourse...
à l'Université de Pennsylvanie, il étudie la mise en scène. Le théâtre.
- C'est la même fac que... - Que Jacey.
- La fac de Pam est tout près. - Exact.
- Eh bien, félicitations. - Merci. De même pour toi.
On fait un ping-pong ?
Il fait trop chaud.
Une bière près du lac, ça te dit ?
Non, ça ne me dit rien...
Bon sang.
Je ne veux pas de toi à Philadelphie...
pour me rappeler à moi comme aux autres...
que je viens de ce trou de merde.
Donc, si tu vas à Penn, ne compte pas sur moi, ducon.
Je ne veux pas que tu me colles aux fesses.
Vis ta vie, arrête de te prendre pour mon ombre !
Va te faire foutre.
Allez, Doug. Je vais te foutre une bonne raclée.
Qu'est-ce qu'il y a ? Qui est là ?
Ça suffit, vous deux.
Doug, ça fait cinq minutes que tu peins au même endroit.
- Auriez-vous de la monnaie ? - Une minute, mon chou.
Quand Alice Abbott divorça de Peter...
Jacey s'imagina, à tort, qu'elle faisait plus que rompre un mauvais mariage.
Il ne comprenait pas ce qui comptait pour elle.
- Je peux vous aider ? - Je voudrais de la monnaie...
- Tu travailles ici ? - Non.
Je pensais justement à toi. J'allais t'appeler ce soir.
- Pourquoi ? - On fait un pique-nique dimanche...
à River Point. Je voulais t'inviter.
- Je ne peux pas. - Viens avec Susan.
- Les enfants aiment les pique-niques. - J'ai besoin de monnaie.
Voilà.
- Merci. - Tu veux un thé glacé ?
Ma mère m'attend dans la voiture.
- Elle veut peut-être du thé. - Non.
- Il n'y a pas de mal à demander. - Non. Ne fais pas ça.
Pourquoi pas ?
Tu sais pourquoi.
Voilà ce que je te propose : si tu viens au pique-nique...
je te laisse partir en premier, comme ça ta mère ne me verra pas.
Ça m'est égal que ma mère te voie.
Alors, qu'elle se joigne à nous pour boire un thé glacé !
Non, attends.
Je ne sais pas si je peux. J'essaierai.
Dimanche, à River Point, vers midi.
Mon frère et moi avions, sans le savoir, beaucoup en commun.
Cet été-là, tous les chemins semblaient nous mener aux Abbott.
Ce n'est pas Pamela Abbott ?
Si, c'est bien Pam. On va s'arrêter.
Pamela, est-ce que ça va ?
Avec cette chaleur, ce foutu cric ne cesse de s'enliser.
Doug peut peut-être vous aider.
Allons, Doug. Va l'aider.
Où est le truc qui va sous le cric ?
Quel truc ?
- La base du cric. - Je n'ai rien vu du tout.
Ça.
C'est pour fixer le pneu de rechange, non ?
- Lis ton manuel. - Pam ! Pourriez-vous déposer Doug ?
- Je dois passer à la banque. - Entendu, je le raccompagne.
- Merci de vous être arrêtée. - D'accord. Au revoir.
C'est bientôt fini ? Je frise l'insolation.
- Remets la capote. - Arrête de te conduire comme Jacey.
C'est quoi, ces grands airs ?
Je ne peux même pas te parler.
Qu'est-ce que je t'ai fait, dis-le.
- Pourquoi ? - Allez. Dis-le.
- Ça ne sert à rien. - Je voudrais comprendre.
Ecoute, mon père est riche, pas moi. Et je ne l'ai pas choisi.
Si je pouvais choisir entre du fric ou un autre père...
je serais enchantée d'être pauvre.
Hélas, la vie ne ressemble pas à une cafétéria.
- Ah non ? - Tu as très bien compris.
Alors ta fortune doit me tirer des larmes ?
Moi, je dois pleurer parce que tu es fauché ?
- Non. - Alors arrête !
- Quoi ? - De me traiter comme une Abbott.
- Comment veux-tu que je te traite ? - Comme avant.
Comme la Pam normale.
Je ne te demande pas de compatir ou de prendre un air désespéré.
Tu me donnes envie de hurler, parfois.
Qu'est-ce que tu regardes ?
Toi.
Où sont les autres ?
Il n'y a que nous.
- Mais tu avais dit que... - Non. J'ai dit...
qu'il y avait un pique-nique.
Je n'ai pas dit s'il y avait d'autres invités.
- Où vas-tu ? - Je pensais que...
Tu es venue pour me voir.
Tu n'es pas venue voir quelqu'un d'autre, dis-moi ?
Et c'est pour ça que tu n'es pas venue avec Susan.
Je suis mariée.
- Je croyais que tu divorçais. - Ce n'est pas encore définitif.
Et j'ai deux ans de plus que toi.
Bien.
Comme ça, si les flics arrivent...
on leur dira que c'est toi qui as acheté la bière.
Tu ressembles à ton père ou à ta mère ?
Ça, je n'en sais rien.
Comment était ton père ?
Comme une photo.
Je ne l'ai pas connu. Il est mort un mois avant ma naissance.
Jacey doit plus lui ressembler. Tu sais, on lui a donné son nom.
Jacey, ce sont ses initiales. John Charles. J.C.
C'était un accident de voiture ?
- Tu ne connais pas l'histoire ? - Quelle histoire ?
C'était un accident de voiture Il est mort noyé ou gelé, ou les deux.
- Il voulait repartir de Mud Island. - Au milieu du lac ?
C'était l'hiver. Le lac était gelé.
C'était complètement idiot.
- Je suis désolée. - C'est pas grave.
C'est stupide. Vraiment.
Il avait parié...
20 dollars qu'il pouvait le faire.
Il a réussi à l'aller.
Au retour, la couche de glace a cédé.
Tu sais, je crois que Jacey tient de mon père.
Ce sont de vrais casse-cou.
Une fois, j'ai défié Jacey de faire un saut arrière depuis le toit.
Il l'a fait.
Une fois, Eleanor et moi, on a couru toutes nues dans le jardin.
- C'est vrai ? - C'était aussi une sorte de défi...
de l'une à l'autre, alors on l'a fait ensemble.
Vous avez marché ou couru d'arbre en arbre ?
- On a fait un tour. - Devant ou derrière la maison ?
Derrière. C'est important ?
Nue derrière, c'est un peu hypocrite.
On devrait agir comme on le sent et ne pas se cacher.
- Tu es mignonne. - Tu trouves ?
JE
T'AI
ME
- Où étais-tu passé ? - Dans un hôtel où j'ai trop bu.
Et tu n'as pensé un instant à me prévenir ?
Ça m'a effleuré l'esprit.
Surtout, tu ne dis à personne qu'on se voit.
Promets-le moi.
Alice n'était pas d'une nature aventureuse.
Comme un animal pris au piège, elle était capable de tout.
Ça la rendait dangereuse. Jacey, fasciné par les Abbott...
la désirait éperdument.
- Eleanor vit à Chicago. - Ah oui ?
- Elle est dans une école d'hôtesses. - Qu'est-ce qu'on lui apprend ?
Je ne sais pas. A onduler des fesses.
Vraiment ? Tu devrais t'y inscrire, au lieu d'aller à Bryn Mawr.
Pardon, pardon.
- Je t'ai fait mal ? - Attention avec tes grands pieds.
Viens là.
- Tu veux monter ? - Non.
- Tu n'en as pas assez des bisous ? - Non. Et toi ?
- Non, mais j'aime bien les caresses. - Mais on se caresse.
Je sais. Mais je voudrais te voir sans vêtements.
Tu n'es pas curieuse ?
Je sais comment je suis sans vêtements. Je suis nue.
Je peux caresser tes seins ?
Tu peux m'embrasser.
J'aime les lèvres.
- Tu aimes les lèvres ? - J'aime tes lèvres, abruti.
Je suis bien, comme ça.
Mais on ne va pas monter à l'étage, parce que tu sais ce qu'on y ferait.
Je ne veux pas être comme mes sœurs.
Pas si je peux m'en empêcher.
Merde. Mon frère vient d'entrer dans le garage avec ta sœur.
- Avec Eleanor ? - Non, Alice.
- Pam, attends ! - Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
- Je ne savais pas. - Mais qu'est-ce qu'elle fait ?
Alors nous, on peut flirter mais pas Alice et Jacey ?
C'est différent. Je ne suis pas Alice. Alice est comme ma mère.
Elles sont tellement fragiles.
Tu ne connais pas mon père.
Il blâme Jacey pour tout ce qui est arrivé à Eleanor.
Jacey n'y est pour rien si ton père l'a fichue dehors.
Non. Il l'a expédiée dans un asile de dingues...
une clinique dans le Wisconsin.
- Tu m'as dit qu'elle était à Chicago. - Oui. Elle est sortie le mois dernier.
- Oh, merde. - Merde alors.
Qui est au premier avec Jacey ?
Alice Abbott.
Pour combien de temps ?
Aucune idée, mais ce n'est pas la peine de retarder le dîner.
Tu veux dîner ?
- Non, merci. - Ne t'assieds pas là.
- Doug vient juste de le peindre. - Je sais.
J'ai été obligé de l'amener ici. On ne peut aller nulle part.
- Je m'en rends compte, mais... - Je l'aime.
- Et je vais l'épouser. - Ses parents sont au courant ?
- Non. - Ils devraient l'être, non ?
Je n'en ai rien à foutre d'eux.
Alice partage ton opinion ?
Elle m'aime.
Et elle a accepté de t'épouser ?
Elle le fera.
Elle a besoin de temps. Elle a peur. Ce n'est pas facile pour elle.
- Se cacher rend la vie plus facile ? - Nous n'avons pas le choix.
Alice est une adulte. Elle a un enfant. Si elle t'aime...
Il faut qu'elle quitte ses parents...
Je ne peux pas être mêlée à ça, Jacey.
Je n'ai pas besoin de ton aide.
Et je ne te la demande pas.
Trouve un autre endroit pour Alice. Tu ne peux pas l'amener ici.
Je suis désolée.
Jacey feignait si bien d'aimer Alice...
l'illusion était si complète, qu'il se prit lui-même au jeu.
Epouse-moi.
C'est impossible.
Rien n'est impossible.
Qu'est-ce que tu veux dire ? C'est pas comme ça.
Va-t'en !
- Ça ne veut rien dire pour toi ? - C'est baiser.
Non. C'est plus que ça.
- Surtout ne... - Quoi ?
Oui, papa ?
A qui parles-tu ?
A moi, papa.
On parle entre filles.
Faites-le à l'intérieur. Il est tard.
Jacey n'eut aucune nouvelle d'Alice pendant des jours.
Finalement, Pam arriva avec un message.
Comment va-t-elle ?
Elle est au hangar à bateaux.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je suis désolée pour Jacey.
J'ai des projets pour mes filles, M. Holt...
et vous n'en faites pas partie.
Je vous connais.
Je vous connais mieux que vous ne me connaissez.
Je connais la méthode qui consiste à baiser pour entrer dans une famille riche.
Et vous ne ferez pas ça à ma famille.
Alice !
- Où est-elle ? - Pour qui vous prenez-vous ?
- Bon Dieu, où est-elle ? - Sortez ! Sortez d'ici !
Joan, appelle la police.
Espèce de fumier.
Où est-elle ?
Dites-moi où elle est.
Derrière vous, Monsieur Holt.
Salut, bébé.
Allez, viens.
Viens avec moi tout de suite.
Fous le camp, baiseur de merde...
et laisse ta queue de minable loin de mes filles.
Quoi de neuf ?
Je pense qu'il vaudrait mieux ne plus nous voir.
D'accord.
A bientôt.
Pourquoi passer la nuit à Chicago à attendre le bus pour Philadelphie ?
Pourquoi ne pas arriver le matin ?
Parce que plus tôt je quitterai ce trou, mieux ce sera.
Comme tu voudras.
Je ne comprends pas pourquoi il ne tire pas un trait.
- Sur qui ? - Sur les Abbott.
Il y en a plein, des Abbott dans le monde.
On dirait qu'il en a besoin.
En fait, je comprends.
Qu'est ce que tu veux dire ? Comment ça tu comprends ?
La mort de Charlie m'avait anéantie.
Jacey avait presque deux ans et j'étais enceinte de huit mois de toi.
Parfois, le matin, je pleurais avant même d'être réveillée.
Et puis tu es né.
Et Jacey s'est senti délaissé.
Je n'avais pas d'énergie pour lui.
J'aurais dû partir d'ici avec vous...
- aller ailleurs. - Pourquoi ?
Après la mort de Charlie...
Lloyd Abbott passait parfois nous voir en sortant du bureau.
Il se sentait tellement coupable d'avoir fait ce pari avec Charlie.
Ce pari insensé...
stupide.
Pauvre Lloyd. Je le plaignais.
Ses visites répétées ont fait jaser.
Un jour, j'étais au Woolworth. Je déjeunais au comptoir.
Quand soudain, Joan Abbott déboule...
en me hurlant d'arrêter de coucher avec Lloyd, son mari.
Je suis restée sans voix.
Elle est partie avant que je ne puisse parler.
Mon Dieu...
Je suis allée voir Joan. Je voulais la rassurer. Je voulais lui dire...
Mais pourquoi ? Pourquoi tout le monde croyait Joan Abbott ?
Parce qu'elle est Joan Abbott.
Je déteste cette ville.
Je déteste les Abbott.
- Je n'aurais pas dû t'en parler. - Je le savais déjà.
Les gens en parlent encore ?
Je n'ai jamais entendu personne en parler. Pas à moi, du moins.
- Alors, comment... - Par Jacey.
Oh, mon Dieu.
- Jacey le sait aussi. - Oui, mais...
Il croit que ça s'est vraiment passé.
Pour la première fois de ma vie...
je vis pleurer ma mère. J'étais triste de retourner à la fac...
triste pour ma mère, qui avait été abandonnée.
D'abord par mon père, puis par mon frère...
et maintenant, par moi.
La seule image de mon passé qui me revenait toujours à la mémoire...
c'était Pam.
Et ce printemps-là, mon passé m'a rattrapé.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je vais à la bibliothèque.
Comment va Bryn Mawr ?
Très Bryien. Tu te plais, ici ?
Oui. Beaucoup.
Je dois juste déposer ces dessins. Tu ne veux pas manger un morceau ?
Désolé, je ne peux pas. Il faut que j'attrape mon bus.
Tu as l'air plus grand.
Et toi tu as l'air...
moins banale.
Peut-être une autre fois ?
- Ouais. - Vraiment. Je l'espère.
Appelle-moi. Je suis à Reed Hall.
- D'accord. - D'accord. Au revoir.
Eh, Holt, tu as de la visite.
Qui est-ce ?
Tu as manqué le bus ?
Tu es ivre ? Oh, mon Dieu.
Les Puritains vont t'asperger de goudron et de plumes.
Lève-toi. Tu peux marcher ?
- Viens danser. - Non, non.
Sors par la porte d'entrée, tourne à droite, fais le tour du bâtiment.
Attends-moi près de l'échelle de secours. Surtout attends-moi.
- Doug ? - Fais gaffe à l'échelle.
Allez, monte.
Oh, mon Dieu !
C'est Pam.
Si tu sens que tu vas vomir, prends la corbeille à papier là-bas.
Pardon.
J'étais gênée. Je me suis réveillée sans savoir où j'étais.
J'ai cru que j'allais mourir, alors, j'ai...
Je ne sais plus. J'étais ivre morte. J'étais si contente de te voir.
Et puis ça m'a rendue triste.
Triste et stupide. Ça arrive, tu sais.
- Tu veux voir quelque chose ? - Quoi ?
J'ai quelque chose à te montrer. Viens.
- Qu'est-ce qu'on fait ici ? - J'ai quelque chose à te montrer.
Attends. Reste là.
Ferme les yeux.
C'est magnifique.
Merci.
On présente des scènes tirées de plusieurs pièces.
Tout le monde participe. C'est un sacré boulot.
La concurrence a été rude entre tous les étudiants...
et c'est mon projet de décor qui a été retenu.
C'est un décor pour quelle pièce ?
Roméo et Juliette. Mais en plus original.
Tu es vraiment très doué.
C'est comme les maquettes de mon enfance.
C'est marrant. C'est le règne de l'illusion.
Ça te rappelle quelque chose ?
Ils ont détruit la vieille grange.
C'est vrai ?
Ils détruisent toujours ce qui est beau.
Tu m'as manqué.
Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu as un petit ami ? - Non.
Alors, où est le problème ?
- Je ne peux pas faire ça. - Pourquoi pas ?
C'est d'accord. On va aller doucement.
- Je dois être de retour à dix heures. - Et demain après-midi ?
Il est trop tard, maintenant.
Tout est foutu.
Non, ce n'est pas trop tard.
Depuis toujours, Pam entrait et sortait de ma vie.
Maintenant, loin de Haley, je pensais que tout serait différent...
que nous pouvions nous détacher du passé.
Cher Doug, C'est affreux pour moi de...
Ça ne va pas ?
Ce n'est rien.
J'y vais.
Entre.
Comment savais-tu que j'étais ici ?
Je ne le savais pas.
- Je suis venue parler à Jacey. - Pourquoi ?
Tu veux encore un peu de café ?
Il y a quelque chose qu'il faut que je te dise.
Je ne pensais pas te revoir de sitôt.
Tu aurais pu appeler.
Tu veux qu'on baise ? C'est pour ça que tu es là je suppose.
Salaud.
Va te faire foutre.
- Je ne savais pas. - Tu ne savais pas quoi ?
Tes sentiments pour Pam.
Connard.
Je regrette.
C'est à elle que tu dois des excuses, connard.
C'est ce que j'ai fait.
C'est juste que... Je l'ai croisée à une soirée...
elle buvait sec, moi aussi. C'était facile.
Elle regrettait d'avoir parlé à son père de moi et d'Alice.
En fait, je lui ai donné des remords.
Je l'ai persuadée qu'elle avait trahi Alice.
Qu'est ce que Pam avait fait pour mériter ta vengeance ?
Rien du tout.
C'était juste pour rendre à Lloyd la monnaie de sa pièce.
Exact.
Je ne te connais pas.
Je ne sais plus qui tu es.
Tu détruis tout. Tu fous tout en l'air.
Pourquoi Pam ?
Pourquoi Pam aussi ?
Quand je suis allé à Bryn Mawr, Pam avait disparu.
J'ai tout essayé pour la retrouver. J'ai appelé ma mère...
pour voir si elle ne s'était pas réfugiée à Haley. En vain.
En voilà un beau poisson, mon trésor. laisse ta colle sur le papier.
Regardez-moi ça, presque fini. C'est très joli.
Vous travaillez très bien. C'est formidable.
Lillian, Jack, Sam, retournez vous asseoir, s'il vous plaît.
Les enfants ! Vous m'entendez ? Revenez vous asseoir tout de suite !
C'est du bon travail, les enfants. Du bon travail.
Même si elle me semblait unique alors...
désormais, je sais que bien des femmes travaillent...
pour élever leurs enfants.
Ma mère n'avait rien de très original.
Pas même dans la façon qu'elle avait choisie de réconcilier ses fils.
Qu'est-ce que tu veux ?
C'est maman.
Comment va ton menton ? Tu te souviens, le crayon ?
Oui. J'ai une petite cicatrice.
Tu rentres à la maison ? De retour au fin fond de l'Illinois ?
Ma mère est morte.
Je suis désolée.
Je l'avais vue à Noël.
Elle était bien, mais un peu fatiguée.
J'ai cru qu'elle avait la grippe.
Elle ne nous avait rien dit. Jacey l'a su par l'hôpital, au téléphone.
Comment va Jacey ?
Il a dû rester pour passer ses examens d'Etat.
Il revient demain.
Je suis vraiment désolée.
Tu sais où se trouve Pam ?
Non, je l'ignore.
Il faut que j'y aille. Je vais manquer la navette pour l'hôtel.
Dis-lui que je l'aime.
Tu n'as qu'à lui dire ça, d'accord ?
Messieurs.
La vie de ma mère avait été saccagée par un mensonge.
Mon frère errait à jamais dans un maquis d'illusions nées de ce mensonge.
J'avais fait pareil.
Jacey ne retrouverait jamais son chemin...
mais moi, je le devais.
Et la seule façon d'y parvenir...
c'était de pardonner ce qui ne peut s'oublier.
Et si on sortait manger un morceau ?
Bonne idée.
Tu sais...
tu avais raison.
A propos de quoi ?
Il faut que je vive ma propre vie, que je cesse d'être ton ombre.
Je ne suis pas comme toi, Jacey.
Et je ne veux pas l'être.
Je suis désolé.
Je sais que tu l'es.
On t'a fait des points de suture ?
Dix.
Désolé.
Ecoute...
J'ai trouvé ça...
dans une des boîtes, dans le garage.
C'est un contrat passé entre Lloyd Abbott et papa.
C'est papa qui lui a vendu le brevet, pas maman.
Une voiture ?
Mon Dieu...
Il l'a vendu pour une voiture ?
Je n'en sais rien.
Papa avait besoin d'une voiture...
alors il s'est demandé qui pouvait avoir besoin d'un classeur à tiroirs ?
Un coupé DeSoto 1937 décapotable...
sans garantie.
Qu'est-ce qu'il est devenu, ce coupé ?
Il l'a garé au fond du lac.
La vérité sur Lloyd et maman n'avait pas apaisé Jacey...
car il la trouvait aussi injuste que le mensonge qu'il avait toujours cru.
Fais-moi plaisir.
Ne reste pas planté là pour me dire adieu.
Ça me fait penser à maman.
Au revoir.
A VENDRE
Maman avait raison.
Si les Abbott n'avaient pas existé, Jacey les aurait inventés.
Pourtant, inventer les Abbott, tout le monde faisait ça, à Haley...
et ça continue.
Alice se réconcilia avec Peter et vécut une parodie de mariage heureux.
Tout comme l'avaient fait ses parents.
Et l'on repartit pour une nouvelle génération de soirées Abbott.
Que voulez-vous ?
Je veux vous parler.
Fermez la porte.
Vous fumez ?
- Asseyez-vous. - Je préfère rester debout.
Comme vous voulez.
Je suis désolé pour votre mère.
Vous êtes désolé ?
Si vous pensez que j'ai pu avoir mes chances, vous la connaissiez mal.
Jacey en est persuadé. Je le sais rien qu'à sa façon de me regarder.
Il a toujours pensé que j'avais une dette envers lui, il se trompe.
Ce pari, c'était l'idée de votre père.
Je n'ai jamais voulu faire du mal à votre mère.
J'étais prêt à tout faire pour elle. Absolument tout.
Je l'aimais.
Alors...
que voulez-vous ?
Je veux retrouver Pam.
Je veux que vous me disiez où elle est.
JE T'AIME
Comment pourras-tu me pardonner ?
Tu m'as toujours aimé, peu importe ce que je faisais.
C'est peut-être ma façon de t'aimer aussi.
Ça n'a pas d'importance. C'est la meilleure façon d'aimer, tu sais.
Mais comment pourrions-nous repartir à zéro ?
Tu vois ?
C'est ce qu'on fait.
Alors...
qu'est-ce que tu fais ce soir ?
- Tu veux qu'on sorte ? - Tu es fou.
Il y en a qui ne changent jamais.
Un an plus tard, finalement, l'impossible arriva.
Un des fils Holt épousa une des filles Abbott.
Nous avons eu deux filles. La plus jeune s'appelle Helen...
comme ma mère.
Sous-titrage : SDI Media Group
[FRENCH]
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