All language subtitles for Fuga de Sobibor 1987

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Original subtitles

En 1942, Heinrich Himmler, chef des SS,

a initié l'« Opération Reinhardt»,

la « solution finale » des Nazis à la « question juive ».

Trois camps de la mort ont été construits sous des ordres les plus secrets.

Ces camps, tous dans l'Est de la Pologne, s'appelaient Belzec, Treblinka

et le plus clandestin, Sobibor.

Sobibor : c'est ici que, le 14 octobre 1943,

a lieu la plus dramatique et réussie des mutineries de la Seconde Guerre mondiale.

Ceci est l'histoire de cet événement.

- Tu leur as parlé ? - Oui, Léon.

Mais ils vont le faire quand même.

Léon.

Qu'est-ce qui se passe ?

Aujourd'hui nous travaillons dans le jardin de légumes.

Pendant que vous êtes à la station, on va y passer.

Nous avons travaillé sur cette clôture. Là c'est notre chance.

En plein jour ? À travers un champs de mine ? Tu es fou. Tu n'y arriveras jamais.

Nous avons le courage qu'il faut maintenant. Qui sait si demain nous en serons capables ?

Léon, nous allons le faire. Personne ne peut nous en empêcher.

Bonne chance.

Mettez-vous en rang ! Avancez !

Vite, filez !

C'est juste un peu d'entraînement de tir.

Je ne veux aucun problème aujourd'hui.

Est-ce clair ? Prenez vos positions.

Rompez !

Attention juifs de la brigade ferroviaire :

Comme toujours, je veux que vous souriiez quand le train arrive.

N'oubliez pas, nous sommes là pour accueillir ces gens.

Tout se passera bien.

Si on a des problèmes tels qu'on a eus hier,

si vous paniquez, ou essayez de vous enfuir,

inutile de vous rappeler..

Vous serez tués.

Souvenez-vous, il faut qu'on reste ensemble.

- Shlomo, tiens-moi la main. - Papa ?

Allez, avancez !

Vous !

Reculez, je vous dis!

Vous devez laisser votre sac.

Restez avec moi.

Si tu veux qu'on reste ensemble, porte toi volontaire pour une tâche.

Quand ils te demanderont, dis que tu as un métier.

Silence !

Restez où vous êtes et ne dites rien !

Vous serez séparés en deux groupes... Ce sera provisoire.

Femmes et enfants de ce côté.

Hommes et garçons âgés de plus de 14 ans,

de l'autre côté.

Ceux qui sont trop malades ou trop faibles pour marcher,

seront assistés.

Laissez vos bagages, on vous les apportera plus tard.

Avancez aussi vite que possible ! Allez !

Allez ! Vous, et vous!

Allez ! Dépêchez-vous !

Shlomo ! Moses ! Mes enfants !

Maman, il a dit que nous serons bientôt réunis.

Oui, bientôt. Embrasse ta sœur.

- Maman, je vais de quel côté ? - Femmes et jeunes garçons...

Ne cherchez pas d'ennuis !

Avancez ! Vite !

Tous les malades,

montez dans le wagon !

Vous ! Prenez les femmes!

Allez là-bas !

Avancez !

Regarde.

Tu vois…

comme je les répand,

graine par graine ?

Voilà ce qui arrivera

à votre sale Reich !

Vous disparaîtrez comme de la poussière,

comme de la fumée!

Mettez-vous là et ne bougez pas avant que je ne vous l'autorise.

Silence !

Je veux que tout le monde m'écoute très attentivement.

Vous êtes arrivés à Sobibor.

Vous êtes dans l'Est de la Pologne.

Ceci est un camp de travail. Vous êtes ici pour travailler.

Vous travaillerez dur, mais c'est bon pour l'âme...

Alors en réalité, nous sommes vos bienfaiteurs.

Vous serez hébergés et nourris -

tout ce qu'on demande, c'est votre concours.

Si vous faites bien votre travail, vous n'aurez rien à craindre.

On vous donnera des cartes postales.

Écrivez à vos familles et vos amis

et dites-leur que vous êtes arrivés sans incident.

Nous les posterons pour vous.

Malheureusement,

il y a eu une épidémie de typhus

dans d'autres camps de travail.

Nous n'en voulons pas à Sobibor. Par conséquent,

on vous emmènera d'abord aux douches,

où vous prendrez une douche bien chaude.

Bien sûr, les hommes et les femmes prendront leurs douches séparément.

Pour les femmes, nous vous couperons les cheveux très courts avant votre douche.

Pendant la douche, vos habits seront désinfectés.

N'oubliez pas, plus vous vous comportez bien,

plus votre séjour sera agréable.

Sergent Wagner…

Sergent Frenzel...

Il me faut des cordonniers chevronnés, et des tailleurs!

Y a-t-il des couturières parmi vous ?

Quelqu'une de qualifiée. Je veux des professionnels!

- Y a-t-il des cordonniers ? - Ici.

- Je suis couturière. - Y a-t-il des cordonniers ?

Où avez-vous travaillé ? Pendant combien de temps ?

À Warszawa, pendant deux… Non, pendant deux ans et demi,

dans une boutique de vêtements. Je faisais des retouches.

Bien. Avancez d'un pas.

- Je suis couturière. - Avancez d'un pas.

Y a-t-il des cordonniers de première classe ? Des tailleurs ?

Je suis cordonnier, monsieur.

- Le meilleur. - Avancez d'un pas.

Des cordonniers expérimentés ?

Y a-t-il d'autres couturières ?

- Des couturières expérimentées ? - Ici, monsieur. Je suis couturière.

- Est-ce votre fils ? - Oui, monsieur.

Non, je ne peux pas vous retenir.

- Je suis couturière, monsieur. - Avancez d'un pas.

J'ai besoin des cordonniers. Y a-t-il des tailleurs ?

Monsieur, je suis orfèvre.

Vous voyez ? J'ai fabriqué ça.

Ce sont mes outils, monsieur.

Très bien. Avancez d'un pas.

Et monsieur... Mon frère, lui aussi est orfèvre.

Il est mon assistant. On peut tout faire - des bijoux, tout.

Très bien. Avancez d'un pas.

Y a-t-il des couturières ?

Des couturières bien chevronnées ?

- Nous verrons. - Monsieur ?

Et pour notre père ?

Oubliez-le ! Restez ici, je reviens tout de suite.

- Des tailleurs ? - Je suis tailleur, monsieur.

- D'où ? - Bialystok, monsieur.

J'ai beaucoup d'expérience. Vous voyez ?

Très bien. Avancez d'un pas.

Encore d'autres ?

Sergent Bauer!

Femmes et enfants, suivez-moi !

Hommes et garçons, avancez !

Es-tu venue avec ton mari ?

Non, je ne suis pas mariée.

Je m'appelle Bajle.

- Moi c'est Luka. - Je suis Naomi.

Mon mari est parti se battre aux côtés des partisans.

Allez, dépêchez-vous.

Montez !

Je suis Samuel.

Bienvenu.

Je suis ltzhak.

Nous travaillons ici pour les SS et leurs gardes ukrainiens.

Comment savais-tu que j'étais cordonnier ?

Je ne le savais pas.

Et si j'avais été commerçant, ou quelque chose d'autre ?

Je t'aurais appris le métier.

Ça arrive tout le temps ici.

Alors pourquoi m'as-tu dit de me porter volontaire ?

Parce que j'ai l'impression que je m'entendrai bien avec toi,

et c'est très important à Sobibor.

D'où viens-tu ?

Allez !

Allez, entrez ! Allez !

Arrêtez ! Attendez là-bas.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? - Il a dit d'attendre.

Quelqu'un nous dira que faire.

On ne peut pas avoir un bébé ici !

Aide-moi !

Venez !

Restez ici. Ne partez pour aucune raison.

Ce sont les ordres du Sergent Wagner. Compris ?

Regarde ! Regarde !

- Là-bas ! - On dirait un feu.

Je me demande ce que c'est.

Si ça a l'air d'un feu, alors c'est probablement un feu.

On dirait mon grand-père !

Qu'est-ce qui aurait pu prendre feu ?

Qui sait ?

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ce n'est pas un appel normal.

Terminé.

Terminé.

L'appel est terminé, Herr Wagner.

Apparemment, il y a une chose que vous ne comprenez pas.

Donc, je vais vous l'expliquer.

Notre commandant...

veut que vous compreniez bien...

qu'il est votre responsable. Pour chacun de vous ici.

Un peu comme...

une grande famille.

Aujourd'hui, trois membres de cette famille ont décidé

qu'ils ne voulaient être avec nous ni ce soir, ni plus jamais.

Bien,

nous ne voulons pas que ça se produise, n'est-ce pas ?

Nous avons ramené ces trois hommes imprudents

pour être de nouveau parmi nous ce soir.

Comprenez bien le message que vous apportent ces trois juifs:

Il n'y a pas d'issue à Sobibor.

Il n'y a que la mort pour ceux qui sont assez fous pour vouloir fuir.

Que personne ne l'oublie !

Rompez !

Léon, pourquoi ne t'ont-ils pas écouté ?

Ils ne pouvaient plus supporter la souffrance.

On parle tout le temps de s'évader mais on ne fait rien.

Peut-être qu'ils ont raison. Peut-être que c'est sans issue.

Non, il y a encore une chance, mais pas comme ça.

Il faut qu'on s'organise. Il faut de la patience,

et de nouvelles personnes dont on n'a pas encore brisé l'espoir.

Je veux une chance de m'évader, d'être libre.

Ou au moins, une chance de mourir en essayant.

Mieux vaut s'évader et vivre. Ce serait une belle revanche !

Voici le Commandant Reichleitner.

Montrez votre portefeuille au Commandant.

C'est très beau. C'est vous qui l'avez fait ?

Oui, monsieur.

SS. Les initiales sont parfaites.

- Que représentent-elles ? - Mon nom, monsieur. Shlomo Szmajzner.

- Savez-vous faire des bagues ? - Oui, monsieur. Je sais faire…

Nous savons faire toutes sortes de bijoux.

Montrez-moi le style de monogrammes que vous pourriez me faire.

- Puis-je m'asseoir, monsieur ? - Oui, asseyez-vous.

- Les initiales, monsieur ? - F.K.R.

Franz Karl Reichleitner.

- Vous pouvez faire ça pour moi ? - Oui, monsieur.

Mais il me faudra de l'or.

Est-ce bien suffisant ?

Faites en sorte que ces garçons aient de la nourriture et des couvertures.

Monsieur ? Nos habits, ils sont très sales.

Toute chose et toute personne à Sobibor doit être propre.

Laissez-leur choisir ce qu'il leur faut au centre de tri.

- Oui, mon commandant. - Et monsieur, mes parents et ma sœur...

- Silence ! - Non. Laissez parler le garçon.

Mes parents et ma sœur sont venus avec nous.

- Quand est-ce que je pourrai les voir ? - Ne vous en faites pas pour eux.

Ils travaillent dans les champs. Ils vont bien, ils sont heureux.

Je vous promets que vous les rejoindrez bientôt.

Comment ose-t-elle cacher son bébé ici ?

- Nous mourrons toutes à cause d'elle ! - Il faut que tu l'emmènes ailleurs!

Pour le mettre où ?

Que ferais-tu si c'était ton enfant ?

C'est Wagner.

Bonjour, mesdames.

J'ai besoin de quelqu'un pour s'occuper des lapins.

- Y a-t-il quelqu'un qui sait le faire ? - Moi je sais.

Levez-vous !

- Comment l'avez-vous appris ? - À la maison.

On a élevé des lapins et des poulets. Ma mère les vendait au marché.

Vous avez un nouveau poste.

Oberkapo, montrez-lui.

Venez.

Un petit conseil.

Il ne faut pas que Wagner se fâche.

Ce sont des fous, ces nazis, et lui c'est le pire.

Comment vous appelez-vous ?

Luka.

Bien Luka,

la femme qui s'occupait des lapins s'est froissée un muscle du dos il y a 2 jours,

on ne l'a pas vue depuis. Le Sergent Wagner a tout arrangé.

Les lapins servent à nourrir les SS.

Ils adorent leur « hasenpfeffer ».

Vous avez intérêt à savoir ce que vous faites.

Oberkapo ? Ça veut dire que vous êtes au-dessus de tous les kapos ?

- Oui. - Vous êtes juif ?

Tous les kapos sont juifs. Il n'y a que ça ici.

Un juif qui travaille pour les nazis ?

Je n'ai pas le choix, pas plus que vous.

Mais vous portez un fouet !

Choisissez des vêtements !

Esther! Kapo !

Si on te voit avec ça, tu es morte !

Et moi aussi, alors ne mets pas ma vie en danger.

J'ai assez couru de risques comme ça, je devrais te dénoncer sur-le-champ.

Je ne sais pas comment te remercier.

- D'où viennent tous ces vêtements ? - Silence ! Pas de questions.

Vous aurez ce qu'il vous faut.

On en parlera plus tard. Je te verrai ce soir.

Retournez au travail, espèce de sale fainéant !

Bien joué, Kapo.

Maintenant, donnez-moi votre fouet.

Faites votre travail !

Retournez au travail, tout le monde !

Allez !

Pensez-vous que...

- Où sont les femmes et les enfants ? - Eda, regarde.

Herschel, où as-tu trouvé ça ?

C'était dans la cuisine. Mets-le dans la soupe.

Tiens ! De la vodka!

Allez, bourrez-vous la gueule là devant tout le monde.

- Honte sur vous! - Quel grand homme, Kapo Porchek.

Quel garde as-tu dû acheter pour avoir à manger pour vous et votre pute ?

Pour votre bien... Taisez-vous !

- Donne-moi cette nourriture ! - Je vous préviens!

- Arrêtez ! - Donnez-la-moi !

Arrêtez !

Je vous préviens…

Pourquoi faut-il nous battre entre nous ?

Si nous avons de l'énergie à dépenser,

il faut la conserver pour lutter contre ceux qui nous ont réduits à ça.

Attendez !

Tiens.

Ils peuvent partager ça.

Partagez-le.

Excuse-moi, tu es Léon ?

C'est ce que je pensais. Samuel m'a dit de venir te voir.

- Je suis ltzhak Lichtman. - Oui, il m'a parlé de toi.

Tu viens de Zolkiewka ?

J'y suis allé à de nombreuses occasions.

Tu connais le rabbin là-bas ?

- Rabbi Schmeitzher ? - C'était un ami de mon père.

- Savais-tu qu'on l'a fusillé ? - Non.

C'est arrivé dans une synagogue...

pendant le service de Yom Kippour.

J'étais là.

Allons dehors.

Tu l'as trouvé, c'est bien.

Samuel et moi, nous formons un petit groupe.

Nous devons choisir les membres avec beaucoup de soin.

- Nous allons tenter une évasion. - Une évasion ?

- Combien êtes-vous ? - Je ne sais pas encore, dix,

peut-être vingt personnes quand nous aurons tout arrangé.

Mais tout ce qu'on dit ici...

Tout ce qu'on dit ici, doit rester secret à tout prix.

Je jure devant Dieu, je préfère mourir ici et maintenant que de te trahir.

Bien.

Puis-je emmener ma femme ? Et mon fils, lui aussi ?

- Quel âge a-t-il ? - Quatre ans.

Quand tu as vu ta femme et ton fils à la gare,

avec qui étaient-ils ?

Ils allaient aux douches avec les autres femmes et enfants.

- Tu en es sûr ? - Oui.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Itzhak... Écoute-moi bien... - Quoi ?

Ceci est un camp de concentration.

Tous les jours un train arrive… et toutes les personnes,

tous ceux qui vont aux douches, ils meurent.

Hommes, femmes, enfants, tout le monde.

Mon Dieu !

Mais non…

ltzhak.

- Le feu! - Où?

Le feu, c'est leurs funérailles.

Mon Dieu !

Ils étaient toute ma vie...

Très beau !

C'est du bon travail. Excellent, non ?

Très distingué, Herr Commandant.

Je veux que vous dessiniez une bague de SS

Je veux que mes hommes aient une belle bague en or.

- Commencez tout de suite. - Oui, monsieur.

Penchez-vous.

Vous avez une sacré chance, vous deux.

Pourquoi ?

Vous avez vu la nouvelle fille qui s'occupe des lapins ?

Je l'ai vue. La Polonaise.

J'aimerais bien goûter un peu à ça!

Avec une juive ? C'est dégueulasse!

Si vous l'aviez vue..

Vous souvenez-vous de Paul et Groth ?

Deux bons hommes qui se sont faits envoyer au front russe

pour avoir violé des juives.

- Je n'ai jamais compris ça, moi. - Moi non plus.

Nous avons le droit de les tuer mais pas celui de profiter de leurs corps avant.

Justement ! Nous sommes des SS, nous sommes l'élite.

Nous refusons de nous souiller en fréquentant ces juifs.

Les Anglais ont encore bombardé Hambourg,

et j'ai encore eu de la chance.

Ma femme et mes enfants vont bien, Dieu merci.

Contentez-vous d'être dans un endroit sûr.

Regardez-nous : les fiers défenseurs du Reich !

Ne dites pas ça !

Mon père est mort durant la Première Guerre mondiale,

en se battant pour la patrie,

et aujourd'hui nous nous battons pour le Führer!

Cela est aussi honorable que d'être sur un champ de bataille!

- Il a raison. - Un champ de bataille ?

Vous êtes fou.

Que faites-vous ?

Vous restez dans la petite cage et vous envoyez le gaz.

Valve ouverte - attendez vingt minutes -

valve fermée.

Quel grand travail !

Pour ça, il faut du courage!

Bauer…

combien de juifs avez-vous gazé aujourd'hui ?

Ne parlez pas de ça devant eux !

Ils n'entendent rien, n'est-ce pas ?

Désolé, monsieur, je ne vous ai pas entendu.

Vous voyez ? Ils sont sourds.

- Quel âge as-tu ? - Quinze ans, monsieur.

Mon fils en ont douze. J'espère qu'il vivra jusqu’à l'âge de 15 ans.

Si un juif peut y réussir, pourquoi pas lui ?

- Comment t'appelles-tu ? - Toivi, monsieur.

Toivi...

- Sers-moi une autre bière! - Oui, monsieur.

Emmenez cet homme loin de moi!

J'ai vu Treblinka.

Je ne sais pas comment ils ont pu y arriver.

- Pas assez de sécurité. - C'est ça, Herr Commandant.

Si les juifs de Treblinka peuvent déclencher une émeute et brûler des bâtiments,

alors ça peut se produire ici. - Vous croyez ?

Pas à Sobibor, monsieur.

En tout cas, je veux que vous fassiez très attention.

J'ai entendu de Berlin qu'on va augmenter le nombre de convois

jusqu'à trois par jour.

C'est une preuve de notre efficacité.

Nous aurons des juifs jusqu'au plafond !

Parlez à vos hommes des événements à Triblinka.

Vous ferez en sorte qu'il ne se produise rien de tel ici.

Oui, Herr Commandant.

- Puis-je vous aider, monsieur ? - Voici un petit cadeau pour vous.

Faites-le travailler.

- Dites-leur votre nom. - On connaît Toivi, monsieur.

On peut l'utiliser.

Personne ne vous l'a demandé!

Je veux un dessin en or - sur le manche.

Un serpent enroulé d'ici jusque là.

Je serais ravi de faire ça pour vous, monsieur.

Mais le Sergent Wagner a dit que je ne devais pas…

Je ne veux rien entendre.

Faites-le, ou je vais casser des os !

Compris ?

Envoyez-le au Camp 3 demain matin.

Demande-mai à la sentinelle. Sergent Bauer.

J'aurai une pièce en or

que vous allez insérer ici, au bout de ce manche.

Oui, monsieur.

Regarde ceci.

Merci.

Tu vois, la peau est la partie la plus nourrissante.

J'ai mis un morceau dans ta soupe aussi.

Essaie.

Tu dois manger.

La meilleure revanche, c'est de survivre.

Itzhak.

Moi aussi ma famille a été assassinée.

Appel dans deux minutes! Venez vite !

Je te dis, Léon, nous pourrions peut-être utiliser les gardes ukrainiens..

- C'est possible. - Sont-ils tout à fait fidèles aux SS ?

Ils détestent les SS autant qu'il nous détestent,

mais ce sont des mercenaires, et personne ne tire sur eux.

On les utilise tout le temps.

Quand on découvre de l'or ou des bijoux dans les centres de tri,

on en vole pour soudoyer les gardes ukrainiens, pour qu'ils nous apportent à manger.

Ils gagnent de l'argent, mais nous pouvons rester en vie.

Quelle est ton idée ?

Supposons qu'on puisse trouver le bon ukrainien,

on le paye pour nous apporter du poison. De la strychnine, du cyanure...

D'accord. On obtient le poison, puis quoi ?

Bien, qui sert les repas des SS ? Les aides-de-camp.

- Ils empoisonneront les plats. - Ce sont des enfants, Samuel.

- C'est une responsabilité trop grande. - Tu as raison.

Le problème, c'est qu'on n'est pas des soldats, on ne sait pas tuer.

Viens.

C'est l'appel. Allez, viens.

Le Sergent Bauer a besoin de moi.

Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne peux pas entrer ici.

Le Sergent Bauer m'a fait venir.

Attends ici !

Pourquoi est-ce que Moses n'est pas là ?

Peut-être qu'il s'est perdu.

Le voilà.

Moses !

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - On t'a fait mal ?

Bien, qu'y a-t-il ? Qu'est-il arrivé ? Dis-le-nous.

Je suis allé chercher ça..

Pour le Sergent Bauer. - Oui, ça je le sais.

J'ai vu les douches…

mais il n'y a pas de douches, car tous les gens qui y entrent...

sont tués.

J'ai vu des cadavres !

Des femmes...

des bébés…

tous emmêlés.

Et ce sont des prisonniers comme nous qui les emmènent dans des chariots.

Tous ceux qui sont partis aux douches…

sont morts.

Tous !

Shlomo !

Toute notre famille...

est morte !

Tu le savais !

- Mais tu ne nous as rien dit! - Moi aussi ma famille est morte.

Le sergent a dit que si j'en parlais à quelqu'un,

il me tuerait.

Notre mère, notre père et notre sœur...

tous assassinés !

Maintenant je veux tuer!

Et je vais le faire!

Oui, Sobibor c'est l'enfer.

On ne peut pas survivre ici sans Dieu !

Lequel d'entre vous est Léon ?

C'est moi.

- Tu es le nouvel orfèvre ? - Shlomo.

- Oui, bonjour Shlomo. - Qu'est-ce qui se passe ici ?

Comment pouvez-vous faire ça ici, là où on tue nos familles ?

Ils tuent des enfants, et vous faites de la musique!

Vous rigolez, vous jouez et vous faites l'amour.

Ici, c'est un carnaval ! Et vous travaillez pour ces monstres !

Vous emballez nos vêtements pour les renvoyer en Allemagne.

Les affaires de ma mère, de mon père…

Maintenant, tu sais la vérité sur Sobibor.

Continueras-tu à faire des bijoux pour eux ?

Que feras-tu ? Refuser ?

Te considérer comme un homme honorable car tu les laisses te tuer ?

Non, tu ne le feras pas, tout comme nous.

Et chaque jour ta conscience en souffrira.

C'est pareil pour tout le monde ici.

Quand je suis arrivé, j'étais avec ma femme et notre enfant.

Ils m'ont envoyé travailler au centre de tri,

et ma femme et mon enfant sont partis pour les douches.

Le lendemain, je faisais le tri des vêtements,

et j'ai vu...

J'ai vu leurs habits. Je les ai trouvés par hasard.

C'est ainsi que j'ai appris leur mort. Ma femme, mon enfant.

Que peut-on faire à part survivre ?

On chante, on danse, parfois on fait des blagues.

On fait l'amour. Sinon, on se retrouve dans le refus de vivre.

Nous travaillons pour eux afin de survivre.

Nous survivons pour une bonne raison : la vengeance.

Un jour, nous l'aurons.

Est-ce que tu comprends ?

Je ferai tout pour me venger.

Même si je dois en mourir.

- Quel âge as-tu ? - Quel âge faut-il avoir ?

Tu es suffisamment grand.

Quand Wagner passera, il sera en retard.

Mais non ! Le voilà qui arrive.

Bonjour, mesdames.

Et comment ça progresse, le travail ?

- Non, je vous en supplie... - Il est à vous ?

Qu'est-ce que vous allez faire ?

Qu'est-ce que vous croyez ?

Il n'y a pas d'enfants à Sobibor.

- Vous allez la tuer ? - Je suis de bonne humeur aujourd'hui,

donc je vous laisserai vivre.

Je ne devrais pas. Vous avez beaucoup de chance.

Donnez-moi mon enfant !

Vous ne comprenez pas.

Je vous offre une chance de Vivre. C'est peu commun.

Je crache sur votre offre, sale bâtard de nazi !

Il faut sortir d'ici.

Il faut qu'on sorte.

Même si on réussit à s'enfuir, que fait-on après ?

On disparaît dans la forêt.

Mais d'abord, il faut trouver un moyen de s'enfuir.

Aujourd'hui devrait être l'un des jours les plus faciles.

Ces néerlandais vont se comporter sagement.

Je prendrai ceci.

Tenez, gardez votre ticket pour la consigne.

Merci.

Une seconde.

Voilà.

On n'a pas le droit aux pourboires. madame.

C'est ridicule, prenez-le, je vous en prie.

Je ne peux pas.

Bien, prenez-le en tant que souvenir des Pays-Bas.

Il y a d'autres néerlandais ici ?

Non, c'est le premier train des Pays-Bas.

Voici votre ticket de consigne. Ne le perdez pas.

Merci, je le garderai.

Quand on demandera des couturières ou des blanchisseuses, lève ta main.

Quoiqu'on te demande, dis que tu es professionnelle.

- Pourquoi ? - Fais-le, c'est tout !

Regarde les SS.

Ils s'amusent.

Les salauds !

Il ne suffit pas qu'on meure pour eux, on doit aussi danser comme des bêtes de cirque!

C'était charmant.

- Une danse folklorique. - Merci.

Très charmant.

Maintenant, tout le monde, dansez !

Jouez !

Je veux que tout le monde s'amuse !

Allez !

Dansez !

Amusez-vous.

Dansons !

Allez, dansez !

Puis-je avoir l'honneur ?

Allons danser. Allez, viens.

Bonjour, Bajle.

Bonjour.

- Tu danses merveilleusement. - Merci.

Tu es venue seule à Sobibor ?

Où est ta famille ?

J'ignore où ils sont.

- Je suis toute seule. - Moi aussi je suis tout seul.

- Je m'appelle Chaim. - Moi c'est Selma. Enchantée.

- Voudrais-tu danser avec moi ? - Je voudrais bien.

Allez !

J'ai l'impression que tu as envie de danser.

Mais je ne sais pas danser.

Voudrais-tu que je te montre ?

Surtout ne rigole pas!

Enfin, juste un petit peu.

Allez !

Dansez ! Amusez-vous !

Un, deux, trois…

Je vois que les gens viennent te voir pour des conseils.

On discute. Ça fait passer le temps.

Quoi qu'il en soit, si jamais je pouvais aider…

il suffit de le demander.

Bajle...

Je ne sais jamais comment dire ce genre de choses...

Je te désire.

Dis donc, tu as une drôle de façon de dire ce genre de choses.

Shlomo, j'ai vingt-six ans,

pourquoi n'as-tu pas demandé à une fille plus jeune ?

Si je n'avais jamais mangé de pomme,

je n'en voudrais pas une verte.

Bajle...

Quand ?

Nous verrons.

Wagner arrive !

Continuez à travailler.

Quand est-ce que les bagues des SS seront prêtes ?

On va terminer la dernière bague aujourd'hui.

Quand la dernière bague sera terminée, le Commandant Reichleitner va fermer l'orfèvrerie.

Pourquoi ?

Ce n'est pas important.

Écoutez-moi bien...

Je vais faire de vous le chef de l'atelier mécanique.

Vous devrez gérer 5 hommes et vous devrez bosser dur.

Si vous voulez vivre,

vous veillerez à ce que tout se passe bien.

Prenez celui-là avec vous. Comment s'appelle-HI ?

Moses.

Oui, le roi des juifs.

Vous allez travailler et dormir dans l'atelier, et le soir, en cachette,

vous allez continuer à faire des bijoux pour moi

et pour tous ceux que j'enverrai vous voir.

Souviens-toi, si on découvre cet arrangement,

vous et le petit roi

serez morts cinq minutes après.

- Compris ? - Oui, monsieur.

Et pour Toivi, monsieur ?

- Trouvez-vous un autre travail. - Quel autre travail, monsieur ?

N'importe lequel!

Levez-vous !

D'accord !

25 pour vous.

Et n'oubliez pas de compter.

Un...

deux…

trois…

quatre...

cinq...

six…

sept...

huit...

neuf...

dix…

onze... douze.

Treize… quatorze.

Allez !

Dépêchez-vous ! Allez, du vent !

Vous, allez chercher l'eau.

- Du feu ? - Oui, je crois.

Vous deux ! Attendez!

Non. Au ruisseau. Je m'occuperai de lui.

D'accord, allez-y. Bougez-vous !

- Pourquoi sont-ils aussi longs ? - Je n'en sais rien.

Restez ici. Je vais voir.

Sergent Wolf.

Deux prisonniers se sont échappés.

Au ruisseau. Ils ont un fusil!

Vous, vous, vous et vous, suivez-moi ! Allez !

Ils sont sortis ? Allons-y !

Garde-à-vous !

Ce matin, deux prisonniers se sont évadés du camp Nord.

Treize autres prisonniers,

s'inspirant sans doute de cet exemple ridicule,

ont aussi tenté de s'évader.

Si vous avez envie de pousser des hourras,

allez-y.

Il n'y aura plus de tentatives d'évasion dans ce camp.

Je vais le répéter.

Il n'y aura plus de tentatives d'évasion dans ce camp.

Nous allons tuer ces treize hommes devant vos yeux.

Mais nous allons faire encore mieux.

Nous permettrons à chacun de ces treize hommes

de choisir l'un d'entre vous

pour être son partenaire dans la mort.

Vous serez 26 à mourir aujourd'hui.

Allez choisir vos partenaires.

Vous êtes tous libres de sélectionner vos partenaires.

Faites-le maintenant.

J'ai dit, maintenant !

Faites-le, maintenant !

Nous ne le ferons pas.

Nous ne le ferons jamais.

Permettez-moi de vous expliquer.

C'est une simple question de mathématiques,

donc ce ne sera pas trop difficile à comprendre.

Si vous treize

ne sélectionnez pas treize autres pour mourir avec vous,

moi j'en choisirai cinquante.

C'est à vous de choisir.

Treize,

ou cinquante ?

Je suis désolé.

Et on commencera maintenant.

Vous regarderez cela

pour que vous n'oubliez jamais.

Si je vois quelqu'un qui tourne la tête

ou qui baisse les yeux,

cette personne rejoindra les 26 qui vont bientôt mourir.

- Sergent Fallaster ! - Oui, Sergent Wagner.

Prenez place.

Vengez-nous !

Feu.

Assez de repos. Tout le monde au boulot!

Dis-le aux autres.

Rendez-vous dans l'atelier ce soir, à 8h.

Nous avons quelque chose à vous dire.

Nous avions décidé de nous évader, juste quelques-uns d'entre nous.

Mais vous avez vu ce qui est arrivé quand 13 hommes ont essayé de s'enfuir.

Et cela pourrait se reproduire.

Nous ne pouvons laisser des centaines derrière nous pour être assassinés,

car c'est ce qui arriverait.

Donc, notre plan d'évasion

doit comprendre tous les prisonniers de Sobibor.

Tous ?

Même les travailleurs du Camp 3 ?

Oui, tous les six cent prisonniers.

Sinon, personne.

Mais c'est impossible.

Comment pouvons-nous faire sortir 600 personnes ?

Je crois qu'il existe un moyen, et nous devons le trouver.

Léon a raison. C'est une idée formidable. 600 personnes !

Tous les prisonniers de Sobibor doivent avoir une chance d'être libres.

Il n'y a pas d'autre choix.

Shlomo ?

Morris ?

Mundec ?

Itzhak ?

- Bon, nous sommes tous d'accord. - Très bien.

Maintenant on doit décider quelle forme doit prendre notre plan.

Il existe un moyen, mais c'est à nous de le trouver.

J'ai une idée…

On fabrique trente échelles dans mon atelier de menuiserie.

Elles devraient mesurer environ 3,5 mètres.

Ce sera parfait.

Une nuit où il fera très noir, nous escaladerons la barrière.

Vingt personnes par échelle.

En peu de temps... 600 personnes passées.

Même si on pouvait les construire, où cacherions-nous les échelles ?

On fera 20 échelles. 30 personnes par échelle.

On trouvera un endroit quelque part pour les cacher.

Je ne sais pas…

Et les champs de mines autour des barrières ?

Ça ne marchera pas, Morris.

Ça ira. Continue de chercher. N'importe quelle idée pourrait être la bonne.

- Parlons d'un tunnel... - ltzhak !

Il faudrait qu'un tunnel fasse au moins 50 mètres de long.

- Comment pourrait-on faire ça ? - Ça ne fait rien.

Disons qu'on arrive à creuser ce tunnel et à cacher la terre détournée.

Puis, supposons qu'on commence à minuit

et qu'on donne à toutes ces 600 personnes une minute pour passer dans le tunnel

et de s'échapper dans les bois. Une minute - ce qui est impossible, mais oublions -

ça fait 600 minutes, ou dix heures.

On serait toujours en train de s'évader à 10h du matin.

Mais il faut développer un vrai plan, et vite.

Il est là. On va le trouver.

On en reparlera demain.

Prisonniers, halte !

- Des soldats russes. - Que font-ils ici ?

Ils devraient être dans un camp pour les prisonniers de guerre.

- Peut-être bien que ce sont des juifs. - Peut-être.

Tu voulais tout savoir sur les Russes. Ce sont tous des juifs.

Ils sont là pour faire un dur labeur Dans le camp Nord.

Merci.

Va voir si leur officier accepterait de me rencontrer ce soir à la caserne des femmes.

Je ne sais pas ce qui se trame, mais quoi qu'il en soit je te souhaite bonne chance.

Maintenant on va voir comment il est.

- Voyons s'il va nous faire confiance. - Ou si nous pouvons lui faire confiance.

Civils et soldats, russes et pôles qui se font confiance ?

Je ne sais pas.

Il va falloir essayer.

Et s'ils s'échappent ?

S'ils s'échappent, c'est nous qui allons le payer.

Lieutenant... Je suis Léon Feldhendler.

- Alexander Perchersky. - Voici Samuel Freiberg

C'est un plaisir, Lieutenant Perchersky.

Tout le monde m'appelle Sasha, ça nous fait gagner du temps.

Merci. On voudrait bien savoir ce qui se passe dans le monde.

- Pourrais-tu nous le dire ? - Bien sûr.

- Qu'en est-il de la guerre ? - Où sont les Russes ?

S'il vous plaît…

À quelle distance se trouve ton armée ?

Ils sont entre 900 et 1000 kilomètres d'ici.

Ils repoussent les nazis, mais ça avance lentement.

Y a-t-il des partisans dans les alentours ? Pourront-ils nous aider ?

Ils sont très occupés.

J'ai bien peur de devoir prendre nos destins en main nous-mêmes.

Parlons avec franchise.

Tu ne m'as pas invité ici pour sympathiser avec les Russes.

- Qu'attendez-vous de nous ? - Savoir si on peut se faire confiance.

Couvre feu !

Pourquoi dois-je te faire confiance ?

Nous sommes deux juifs dans un camp de concentration.

Peut-être qu'ensemble nous trouverons un moyen d'éviter le sort qu'on nous a réservé.

Il faut retourner à la caserne !

Ils ferment les portes à 22h.

Bonsoir, Léon.

Bonsoir, Sasha. Samuel.

Bonsoir.

- Il veut qu'on lui fasse confiance. - Dans quel but ?

- Je n'en suis pas encore certain. - Une évasion ?

Peut-être bien...

Pourquoi avons-nous besoin des civils ? Nous sommes des soldats.

Nous pouvons tout faire nous-mêmes.

Il veut profiter de nous!

Il connaît cet endroit.

On pourrait se servir de lui pour s'évader.

Allez !

Plus vite !

Attendez ! Arrêtez-vous !

- Êtes-vous prêts ? - Presque, monsieur.

Faux ! Vous êtes prêts maintenant !

Vous avez dix minutes pour nourrir tout le monde.

Il y a du travail supplémentaire aujourd'hui. Commencez à servir!

- Dix minutes! - On essaie, monsieur.

Mais pas suffisamment !

Arrête, ils vont te tuer.

D'accord, ça suffit. Kapos, emmenez ces gens à leurs postes !

J'ai prévu beaucoup de travail pour vous.

Allez, vite ! Tout le monde!

Maintenant !

Fais attention. Ils ont besoin de nous uniquement à cause des nouvelles arrivées.

Il faut s'évader.

Oui, s'évader - pour combien d'entre nous ?

Tous les six cent. Tous les prisonniers de Sobibor.

Tout le camp ?

Allez, dégagez !

Plus les gens sont au courant du plan…

- Moins on a de chance de réussir. - Oui, bien sûr.

Il est donc essentiel que cela reste un secret jusqu'au dernier moment.

Puis tout le monde doit avoir une chance.

J'aurai besoin d'un plan détaillé de tout le camp.

Je peux obtenir ça.

Je peux aussi te donner un bon plan du champ de mines à l'extérieur du camp.

Le champ de mines ?

Sauf à l'entrée, il fait tout le périmètre du camp.

Tu peux voir à quel point ils ont peur de nous.

Et aussi...

J'ai besoin de tout savoir sur les SS et les gardes ukrainiens.

Combien ils sont, quelles sont leurs tâches.

Je peux trouver ça pour toi.

On ne doit pas nous voir en train de discuter tous les soirs.

Comment pourrons-nous nous voir sans éveiller des soupçons ?

Le SS a l'habitude de me voir ici.

Peut-être que si tu avais une copine, tu pourrais venir la voir chaque nuit,

ça aurait l'air tout à fait normal.

Je pense qu'il faut te trouver une femme.

Elle doit être totalement fiable. Donne-moi 24 heures.

Où est ton frère ?

"Dort dans l'atelier de menuiserie.

Comment savais-tu qu'il fallait m'embrasser là ?

J'ai vu beaucoup d'affiches de films quand j'étais jeune.

Quand tu étais jeune ?

Oui, avant de venir ici.

- Oberkapo ? - Oui, monsieur ?

Ils l'ont suffisamment cherché.

Je suis sûr que maintenant ils comprennent que personne ne vole le Reich.

Oui, monsieur. Rompez !

Berliner les a livrés. Je l'ai vu les surveiller hier soir.

Merci, Toivi.

Bonjour. Je m'appelle Luka.

Sasha. Bonjour.

Pour une connaissance d'aussi courte durée, c'était un sourire ravissant.

L'amour à première vue. Ce sont mes ordres.

Il fait beau ce soir.

Regarde la lune, Sasha.

Regarde l'échiquier, Sasha.

Tu veux les blancs ?

- Tu les prends, toi. - Je les prends.

Nous devrions partir avant la tombée du jour.

Assez de lumière pour trouver le chemin jusqu'au bois,

assez noir pour qu'ils ne nous prennent pas en chasse.

Nous prendrons de l'avance, jusqu'au matin.

Y a-t-il un électricien, quelqu'un en qui tu as confiance ?

Oui, Abraham Weiss. C'est lui qui fait le travail ici.

En dernier lieu,

nous devrions couper les fils électriques et téléphoniques.

Ils n'auront aucun moyen d'appeler au secours.

Je comprends.

- Combien de SS y a-t-il ? -16, plus 125 Ukrainiens.

Les Ukrainiens sont tous armés ?

Oui, ils ont une puissance de feu importante.

Mais quand on a coupé le cerveau,

la puissance ne sert à rien.

Comment se débarrasser de 16 SS d'un seul coup ?

Je ne sais pas si mes hommes sont capables de tuer.

Mais tuer les SS est essentiel à notre plan.

J'ai un tailleur… J'ai un menuisier, deux cordonniers.

Moi, je tenais un moulin à farine.

Avant la guerre, j'étais comptable.

J'ai joué du piano, j'ai écrit des chansons.

Il vont se débrouiller car ils n'ont pas le choix.

Quel est le plan le plus simple ? Je te le dirai.

600 prisonniers sortent par l'entrée principale.

Ils sortent en marchant, juste après l'appel du soir.

Ils sortent par l'entrée principale ?

- C'est impossible. C'est fou ! - Sauf pour une chose:

rien n'est impossible pour nous.

Alors élaborons un plan

où les 600 prisonniers

sortiront par l'entrée principale.

Tu attends le russe ?

- Tu es amoureuse de lui ? - Oui, je pense.

Mais qu'est-ce que je raconte ? Je suis sûre que oui.

Il est comment ?

Je n'en sais rien. Ça s'est passé si vite que je n'ai pas tout découvert.

- Il t'a dit qu'il t'aime ? - Non…pas avant ce soir.

Dans une heure.

Bonsoir.

Sasha, voici Abraham Weiss, l'électricien dont je t'avais parlé.

On vient de terminer une partie très intéressante.

C'est juste, mais je suis meilleur électricien que joueur d'échecs.

Ravi de te rencontrer, lieutenant. Je te reverrai demain soir.

Bien.

Il y a une chose que je sais:

ce sont les Kapos qui gèrent le camp.

Si on veut réussir, il nous faudra la coopération d'au moins un d'entre eux.

Mais ils travaillent pour les Allemands.

Y a-t-il quelqu'un de fiable ?

Kapo Porchek. Un ou deux autres, peut-être.

Un homme en qui il ne faut pas faire confiance, c'est celui qui s'appelle Berliner.

Il faudra le tuer.

Ne laisse aucune trace.

Ce sera fait. Mon peuple le fera.

On a parlé hier soir de couper le cerveau.

Supposons, juste pour une seconde,

que la plupart des SS étaient morts, même tous les SS.

- D'accord, supposons-le. - Il faudrait le faire en secret.

Il faudrait les isoler,

les tuer un par un.

En l'espace d'une heure, au maximum.

Présumons que cela soit possible.

- Où en serions-nous ? - Les Ukrainiens seraient perdus.

- On pourrait commencer à fuir. - Exact.

Les prisonniers du camp 3, ceux qui incinèrent les corps,

comment faire pour les faire sortir ?

C'est un problème.

Ils n'ont pas le droit de sortir. On n'a pas le droit d'y entrer.

On ne peut même pas passer un message, on a beau essayer.

Je ne pense pas qu'on puisse les aider.

Tu voulais me voir ?

Tu sais faire des couteaux dans ton atelier ?

Comme celui-ci ?

Attention !

- Oui, comme ça. - Combien ?

Autant que tu puisses en faire. En commençant aujourd'hui.

Ce sera fait.

Léon, pour ton Kapo Berliner,

le plus tôt sera le mieux.

On y va.

Ça a intérêt d'être important, sinon vous en prendrez 25!

Je vous ai dit monsieur, j'ignore ce qui se passe là-dedans.

Kapo Porchek m'a demandé de venir vous chercher tout de suite.

C'est tout ce que je sais.

Porchek !

Dans le ventre ! Pas de traces.

Va dire au Sergent Frenzel que Oberkapo Berliner est gravement malade.

Tout le monde doit être en position à 15h30.

Les assassinats doivent commencer à 16h.

Il faut en terminer en l'espace d'une heure.

Deux choses que j'ai apprises des Allemands:

leur ponctualité et leur avidité. - Pouvons-nous exploiter ça ?

Oui, je crois.

Samuel est en train de faire des bottes pour le Lieutenant Neimann.

On peut l’attirer jusque chez le cordonnier pour un essai, et le tuer là-bas.

- Et pour Reichleitner et Wagner ? - Reichleitner sera un problème.

Nous savons qu'il vérifie tout le camp à midi,

et puis encore à 5h, après l'appel, mais il a toujours ses hommes avec lui.

- Wagner n'a pas d'habitudes. - Shlomo lui fait des bagues.

Peux-tu l'attirer vers l'atelier d'usinage ?

On a besoin de renseignements pour tous les officiers SS du camp.

Il faut placer les tueurs au bon endroit et au bon moment.

Pouvons-nous obtenir des montres pour coordonner nos actions ?

Oui, je pense, au centre de tri.

- Bien. - Sasha...

Je veux être l'un des tueurs.

Je veux Wagner!

Ce sont mes hommes qui s'occupent des assassinats,

et moi qui choisirai les tueurs.

Je sais que je n'ai pas le droit d'en parler…

Mais ça me fait peur de vous entendre

parler de vie et de mort avec autant de sang-froid.

Parfois on doit voir les choses de cette façon.

- Pourquoi pas ? - Parce que...

Tout est trop vrai pour moi.

Trop vivant.

Sasha, ce que j'éprouve pour toi...

Luka…

Il ne faut pas dire ça.

Je t'en prie, écoute-moi…

J'ai une femme et une petite fille.

Autant que je sache, elles sont encore en vie.

Je les aime énormément.

Pourquoi tu ne me l'avais pas dit ?

Je ne sais plus.

On fait semblant...

n'est-ce pas ?

On fait semblant ?

Je n'ai jamais voulu...

Lieutenant Niemann, Sergent Frenzel,

Wagner et moi nous serons à Lublin pendant trois jours.

Les nouvelles n'arriveront pas avant notre retour.

Vous vous occuperez de tout lorsque nous serons partis.

D'accord ? Nous devrions partir. Messieurs.

Nous venons de découvrir

que le Cpt Reichleitner et Wagner sont partis aujourd'hui

pour un voyage de trois jours.

Léon et moi nous avons pris une décision.

On s'évade demain.

- Enfin ! - Mon Dieu !

À présent, occupons-nous des détails.

Les assassinats commenceront demain à 4h.

En attendant, ce sera une journée normale.

Léon sera au Camp 2,

moi au Camp 1.

Porchek, tu nous fera entrer dans l'atelier de menuiserie.

Et Toivi va courir comme un fou pour nous relayer des messages.

Qui va faire l'appel du soir avec Frenzel ?

- Le Sergent Wolf. - Lui aussi il faudra le tuer.

Léon et moi nous nous occupons de ça.

Je te le promets.

Quand sonnera le clairon de Judah, il faudra que tout ait l'air normal.

Quand nous irons au hall de rassemblement,

les officiers clés des SS devront être morts.

Au lieu de nous renvoyer aux camps, Porcheck,

tu nous mèneras jusqu'à l'entrée.

Nous aurons des fusils pour tuer les deux gardes dans la tour.

Nous tuerons les deux Ukrainiens, nous ouvrons le portail

et nous courons comme des cosaques jusqu'au bois.

S'il y a un problème avant qu'on ne puisse sortir,

c'est chacun pour soi.

Je travaille sur les fours à la caserne des Ukrainiens.

Je pense que demain je pourrai voler des fusils et des munitions.

- Qu'en penses-tu ? - C'est bien.

Va voir mes hommes dans la cuisine, juste avant l'appel.

Shlomo - ne prend surtout aucun risque.

À Sobibor ?

Savais-tu que demain c'est le début du Succoth ?

Oui. C'est un jour sacré.

J'avais oublié. Et mon père était rabbin !

Ils tuent sur les jours sacrés, pourquoi pas leur rendre service ?

Dieu nous pardonnera.

Il y a ceux qui se demandent si on peut pardonner Dieu.

Notre plan… crois-tu qu'il va vraiment marcher ?

Oui.

Mais ça ne ferait pas de mal de prier.

Qu'est-ce que tu as ? Aujourd'hui est censé être un jour normal.

Tu es habillée pour un mariage!

Je suis désolé. Il va faire froid dans la forêt.

- J'irai me changer. - Il est trop tard, tu te feras remarquer.

- Qui peux travailler ? - Toi tu peux, ça fera passer le temps.

Mon Dieu !

C'est un officier SS! Regarde-moi ça.

Ils sont nouveaux, n'est-ce pas ?

De nouveaux SS, récemment débarqués. Je ne les ai jamais vus.

- Combien sont-ils ? - 25, 30, je n'en sais rien.

- OÙ ? - À la cantine.

Merde ! Que font-ils ici aujourd'hui ?

Il faut prévenir Sasha tout de suite.

Bon Dieu ! S'ils découvrent nos projets, nous sommes tous morts.

Ils sont là depuis déjà deux heures.

Qu'est-ce qu'ils sont venus faire ici ?

Peut-être qu'il s'agit d'une simple visite.

Une visite ? Dans un camp de concentration ?

On dit que la cantine est très bonne. Beaucoup de vodka.

En tout cas, avec tous les SS, nous n'avons aucune chance.

Plus on attend, plus on risque de se faire découvrir.

Nous avons deux choix. Ni l'un ni l'autre n'est bon.

Nous le reportons.

C'est bien. Je transmettrai le message.

Dieu Merci on a attendu, ça aurait été un désastre.

Oui, tu as raison.

Mais il faut partir demain, quoi qu'il arrive,

avant le retour de Reichleitner et Wagner.

- Trop de gens sont déjà au courant. - Demain.

Arrêtez ! Vous, travaillez ici.

Allez.

Sasha sera ici d'ici quelques minutes.

- Tu as vu le Sergent Frenzel ? - Non.

- Où est Frenzel ? - Devant la caserne des sergents.

- Tu sais où il faudra le tuer ? - Oui, dans l'atelier de menuiserie.

Ne l'emmène pas dedans avant que je ne donne le signal.

Tu es prêt ?

Allons au centre de stockage des vêtements, nous chercherons Mundek en route.

Monsieur ?

S'il vous plaît, monsieur. Ils sont en retard.

Jusqu'ici, tout va bien.

Va dire à Sasha qu'on est parés.

Oberkapo !

- Prenez 3 hommes du centre de tri. - Oui, Monsieur, pour quelle tâche ?

Pour un dur labeur dans le Camp Nord.

- Faites ! - Oui, Monsieur.

Vous, vous et vous. Venez avec moi, tout de suite.

- Toivi... - Léon, regarde !

C'est Porchek !

Il va dans le mauvais sens.

Toivi, dis à Sasha qu'un caporal armé SS

emmène Porchek et trois autres personnes.

J'ignore où ils vont, j'ignore ce que cela signifie,

mais il faudra peut-être se passer de Porchek !

Dépêche-toi ! Tu as dix minutes avant de ramener le Sergent Wolf!

Sergent Wolf, je vous cherchais.

Le tailleur, Mundek, vous a trouvé un magnifique manteau en cuir.

Si vous pouviez passer au stock de vêtements,

il a dit que cela ne prendrait qu'une minute.

Très bien. Dans un instant.

Attention ! Klat arrive.

Qu'est-ce qu'on va faire ?

Cachez-vous !

Oui, Monsieur, que puis-je pour vous ?

Je veux une chemise en laine.

Elles sont dans le sac, Monsieur. Veuillez vous servir.

Vous ! Vous ne travaillez pas ici.

Vous travaillez au centre de tri. Qu'est-ce que vous faites ?

Ça a commencé.

On ne peux pas reculer maintenant.

Cachez le cadavre.

Bonjour, Monsieur.

L'aide-de-camp m'a informé que vous m'aviez trouvé un manteau en cuir.

Je crois qu'il va énormément vous plaire.

Je devrais peut-être le modifier autour de la taille.

C'est un beau cuir. Il a coûté très cher.

Beau.

Très beau. Nous ferons un essai demain chez le tailleur.

Mais Monsieur, vous ne voudriez pas voir tout de suite comment il vous va ?

Qu'est-ce que c'est ?

Sergent Beckmann, je vous cherchais.

Le tailleur, Mundek, vous a trouvé un magnifique manteau.

Si vous pouviez passer au stock de vêtements…

Il a dit que cela ne prendrait qu'une minute.

Un manteau ? Qui a dit que j'avais besoin d'un manteau ?

Je n'en sais rien, Monsieur, mais le tailleur a dit qu'il serait parfait pour vous.

Très bien. J'irais voir.

À présent, il y a deux morts. Le Sergent Wolf

et le Caporal Klat.

Je pensais qu'on avait le Sergent Beckmann,

mais il est parti.

Où est Beckmann ? Tu l'as vu ?

Où, il était ici. Mais il est parti.

Merde ! Nous l'avons perdu.

- Il a dû retourner à son bureau. - Léon…

Si tu as besoin de moi, je veux bien t'aider.

Peux-tu t'occuper de Beckmann ?

Oui, je peux le faire.

Je trouverai un moyen de te faire passer.

Sergent Frenzel, on voudrait vous voir à l'atelier de menuiserie à 4h30.

Pourquoi ?

Pour choisir la couleur du vernis de votre nouvelle bibliothèque.

Choisir la couleur ?

Pourquoi est-ce que cet imbécile ne m'a pas demandé quand j'étais là hier.

Je n'en sais rien, Monsieur. Devrais-je confirmer pour 4h30 ?

J'irai quand j'aurai envie d'y aller.

Aujourd'hui, demain, n'importe quand!

Luka!

Sasha !

Te rangeras-tu à côté de moi lors de l'appel ?

Si tu fais une chose pour moi.

Je vais essayer. Dis-le-moi.

Si tu portes cela.

Elle te portera bonheur.

Luka, elle est belle.

Je l'ai faite pour toi.

- Vous ! - Oui, Monsieur ?

- Ramenez mon cheval à l'étable. - Oui, Monsieur.

Bonjour, Monsieur.

- Est-ce que mes affaires sont prêtes ? - Oui, Monsieur.

- J'espère qu'elles vous plairont. - Je voudrais bien les essayer.

Bien sûr, Monsieur.

Va voir si quelqu'un a entendu.

- Il n'y a personne. - Sasha, prends son pistolet.

Toi, garde-le. On se casse.

Fallaster sera le prochain.

Viens me voir dans la cuisine juste avant l'appel.

Je vais voler des fusils de la caserne des Ukrainiens.

Moses, si j'y laisse ma peau…

Non, Shlomo.

Ne t'en fais pas. On va s'en sortir.

Bonne chance, Shlomo.

C'est le Sergent Fallaster.

Tu dois te cacher!

Sergent Fallaster.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Un message du Sergent Beckmann.

Dites-lui que je m'en suis occupé hier...

- Et de ne plus m'importuner avec ça. - Oui, Sergent.

Est-ce que mes bottes sont prêtes ?

Oui, Monsieur, elles sont prêtes.

Veuillez vous asseoir.

Je les ai élargies, Monsieur, pour qu'elles soient plus confortables.

Pour ma femme...

Et mon enfant.

Il nous faut de l'aide. Va demander à Klat.

Sergent Klat ?

- Où est Klat ? - Je ne sais pas.

- Il n'est pas là, Sergent Bauer. - Je n'attendrai pas toute la journée !

Trouvez deux hommes pour décharger cela.

Voici Porchek.

Où étais-tu ?

Il m'ont emmené au camp Nord. Je ne pouvais pas refuser.

Jusqu'à présent on a eu beaucoup de chance,

mais Frenzel a disparu et on a un problème avec Beckmann.

Va au Camp 2. Léon a besoin d'aide.

Je ne le crois pas. Nous avons tué des SS!

C'est difficile à croire...

Qu'on les a tués.

C'est beau.

Mais je n'arrive pas à le croire!

Magnifique !

Rien que l'arôme !

Je ne trouve pas les mots.

Dites-moi comment vous faites.

Vous êtes plombier, n'est-ce pas ?

Mais bien sûr que oui.

Seul un plombier juif

saurait concocter une chose..

Aussi délicieuse.

Alors, dites-moi comment vous l'avez faite.

Vous savez parler, non ?

Oui, Monsieur.

Quel est votre nom chrétien ?

J'essaie juste d'être amical.

- Quel est votre nom chrétien ? - Je n'ai pas de nom chrétien.

Seul un nom juif!

Mon nom est Hershel Zuckerman !

Ne l'oubliez jamais!

On ne peut plus attendre. C'est l'heure de l'appel.

Va au bureau de Beckman. Si tout a l'air normal, tue-le.

Puis tu reviens tout de suite, tu prends Kalimali et les autres Russes

et tu les emmènes au Camp 1.

Chaim, ce n'est pas ce qu'on avait prévu.

Je le sais. Merci.

Tiens, tu peux utiliser ça.

Non. S'il te plaît, laisse-le utiliser celui-ci.

Bon courage.

Je reviendrai.

Encore deux autres ?

Allez, grouillez-vous !

Sergent Breckmann ?

Que faites-vous ici ?

Tue-le !

Fais-le !

On le mettra derrière le bureau.

Ça s'est bien passé. Nous en avons tué cinq.

- Ça fait dix en tout. - Onze.

Vingt, ça aurait été encore mieux.

Voici quelques pistolets. C'est Léon qui a les autres.

C'est bien, Kalimali.

- Qu'y a-t-il dans la boîte ? - Deux fusils.

- Des munitions ? - Une cartouche pour chacun.

Va dans la cuisine. Toi, emmène-le.

Demande à Shlomo s'il a des munitions.

Jusqu'à présent on a eu trop de chance.

Quelqu'un va bientôt s'en apercevoir.

Judah, tu devrais faire sonner le clairon maintenant.

Toujours pas de Sergent Frenzel.

S'il se pointe à l'appel, nous l'aurons à ce moment-là.

Sinon…

que Dieu nous aide.

Suivez-moi !

Rangez-vous en rangs de quatre ! On fait ça tous les jours.

Mettez-vous en rang !

Suivez-moi !

- Tu la portes ? - Tu croyais que je ne le ferais pas ?

Il va faire froid cette nuit.

- Où est Shlomo ? L'as-tu vu ? - Il viendra.

Mets la balle ici. Tu vois ?

Tiens. Je ne sais pas m'en servir.

- Tout se passe bien ? - Oui, tout se passe bien.

Pendant combien de temps faudra-HI rester ici ?

Jusqu'à ce que je fasse sonner le clairon pour l'appel.

Encore plus de dix minutes avant l'appel.

Je ne crois pas qu'on puisse attendre.

Regarde ce qui se passe.

Il faut y aller.

Maintenant !

Allez ! Mettez-vous en rangs de quatre !

Mettez-vous en rang !

Allez, on y va! En rang, tout le monde!

Beckmann ?

Allô ?

Tout le monde en rang !

Sergent Bauer, le Lieutenant Niemann est mort, dans l'atelier de cordonnerie.

Fallaster aussi ! Tués, tous les deux!

Arrêtez !

Nous n'arriverons jamais jusqu'à l'entrée !

Écoutez-moi !

Notre jour est arrivé ! La plupart des SS sont morts !

Maintenant c'est chacun pour soi.

Ceux d'entre vous qui survivront, témoignez.

Dites au monde ce qui s'est produit ici.

Que Dieu soit avec vous. Ne laissez rien vous arrêter!

Allez !

Venez !

Allez, sauvez-vous !

Sauvez-vous, vous êtes libres !

Allez, Léon, on y va!

Lève-toi, allez !

Léon ! Il faut y aller!

Viens !

Couvre-moi.

Allez !

Shlomo !

Tu n'es pas blessée ? Alors, fous le camp! Emmène Moses avec toi.

Je te retrouverai dans la forêt.

Allez !

Non ! Samuel ! Lève-toi !

Lève-toi !

Lève-toi, Samuel, on est presque arrivés à la forêt.

Plus de 300 prisonniers se sont enfuit pour se réfugier dans la forêt.

Ici, Eda et ltzhak Lichtman se sont retrouvés.

Pendant leur fuite, ils ont réussi à échapper à la mort.

Après la Guerre, ils se sont mariés et ont émigrés en Israël,

où ils vivent encore, à Holon, près de Tel Aviv,

auprès d'autres rescapés de Sobibor.

Toivi, accompagné de deux autres jeunes garçons, a été caché par un fermier polonais,

qui a fini par les fusiller pour leur argent.

Avec une balle logée dans sa mâchoire, Toivi a fait le mort,

et a ainsi pu survivre jusqu'à la Libération.

Thomas "Toivi" Blatt est marié et père de trois enfants.

Aujourd'hui, il habite à Santa Barbara, en Californie,

mais chaque année il retourne à Sobibor

pour honorer la mémoire des membres de sa famille qui ont perdu leurs vies.

Chaim et Selma ont trouvé une petite ferme

où on les a abrités jusqu'à la Libération.

Mariés depuis plus de 40 ans, avec deux enfants adultes,

Chaim et Selma Engel habitent aujourd'hui dans le Connecticut.

Stanislaw Shlomo Szmajzner a rejoint les partisans

pour combattre les nazis en Pologne.

Il n'existe aucun récit de la vie de son frère benjamin, Moses.

Après la Guerre, Shlomo a émigré au Brésil,

où il s'est marié et est devenu père de deux fils.

En Amérique du Sud, il a été largement responsable

de la découverte du Sergent Gustav Wagner, en 1978.

La loi brésilienne n'a pas permis l'extradition du Sergent Wagner,

mais un an plus tard il a été retrouvé mort, poignardé.

Selon le rapport officiel, il s'agit d'un suicide.

Le Capitaine Franz Reichleitner a été transféré à Trieste,

où il a été tué par des partisans moins de 3 mois après la révolte de Sobibor.

Esther Terner a réussi à échapper aux allemands et aux nationalistes polonais

jusqu'à la Libération russe.

Elle est partie vivre aux États-Unis, où elle habite toujours avec son mari, Irvine,

dans le New Jersey.

Esther a été témoin dans de nombreux procès pour crimes de guerre en Allemagne de l'Ouest,

y compris celui du Sergent Erich Bauer, qui est mort en prison.

Esther et Thomas Blatt ont témoigné au procès du Sergent Frenzel,

qui a été déclaré coupable et qui vit encore aujourd'hui,

il est toujours en train de purger une peine à perpétuité.

Sasha Pechersky et beaucoup de ses hommes ont retrouvé le front russe

pour rejoindre la lutte contre les nazis.

En 1963, Sasha a été le témoin clé

dans un procès contre 11 gardes ukrainiens de Sobibor.

Dix d'entre eux ont été condamnés à la peine de mort.

Aujourd'hui, à l'âge de 77 ans, Sasha est à la retraite

et vit avec sa femme Olga à Rostov-sur-le-Don, en Russie.

Luka a disparu dans la campagne polonaise.

Tout effort de la localiser & échoué, y compris celui de Sasha.

La chemise qu'elle a offerte à Sasha est en exposition dans un musée russe

dédié à la mémoire de ceux qui se sont battus - et sont morts - pour la liberté

lors de la 2e Guerre mondiale.

Léon Feldhendlier a pu se frayer un chemin jusqu'à Lublin, en Pologne,

où il est resté en sécurité jusqu'à la Libération.

À Lublin, il a fondé une société qui trouvait du travail

aux juifs survivants des camps, y compris ceux qui venaient de Sobibor.

14 mois après son évasion, au cours d'une dispute avec des antisémites,

Léon a été tué par ses compatriotes parce qu'il était juif.

Le 14 octobre 1943, Sobibor.

Un camp de concentration où sont morts plus d'un quart de million de juifs.

Mais lors de la révolte de ce jour-là,

plus de 300 des 600 prisonniers ont retrouvé la liberté.

C'est un événement inédit qui ne se reproduirait jamais dans cette guerre.

Quelques jours plus tard, Himler, le chef des SS,

a ordonné qu'on ferme le camp, et qu'on plante des pins pour dissimuler ses traces.

Dans la forêt voisine, on a érigé ce monument aux morts.

Il sert aussi à se rappeler des combattants courageux de Sobibor,

qui font parti des premiers

à transformer cette idée, ce vœu - "plus jamais" -

en réalité.

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