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Original subtitles

Les Jeux olympiques de 1972 !

Il y a neuf jours, le monde entier entrait dans le stade olympique

de Munich.

Et vous y étiez en direct !

Il s'agissait d'un signe de paix de l'Allemagne d'après-guerre,

partagé avec le monde entier

grâce à l'esprit sportif olympique.

Maintenant que la moitié des épreuves sont passées,

nous allons vous montrer comment ces images

voyagent de Munich à chez vous.

Les Jeux de 1972 ont été les premiers de l'histoire

à être retransmis par satellite partout dans le monde.

Un dispositif technique sans précédent

a été installé par les organisateurs allemands

et la chaîne ABC Sports a des caméras partout.

Il y en a même une sur la tour olympique,

ce qui nous permet de voir le village olympique tout entier.

Regardez. C'est nous !

D'ici, tout va vers le satellite,

cette merveille qui tourne autour de la Terre,

nous permettant de diffuser les Jeux en direct

et en couleur.

Mais s'il fait jour chez vous, c'est qu'il fait nuit chez nous.

On travaille 24 heures sur 24

pour que vous ne ratiez rien des Jeux.

Restez avec nous

pour les derniers jours de ces merveilleux Jeux olympiques.

C'est un bon départ pour Mark Spitz.

Caméra deux, en place.

Caméra deux.

Caméra six.

Spitz est en tête.

Caméra une.

Les caméras sous l'eau.

Regardez ce style. Ces mouvements puissants.

- Passez à la une. - Spitz laisse le nageur

- allemand loin derrière. - La deux.

Il va gagner sa septième médaille d'or, marquant ainsi l'histoire des JO.

Caméra une. Gros plan.

Et il l'a fait ! Spitz a gagné !

- Gros plan sur Spitz. - Non, sur l'Allemand d'abord.

Certain ?

Caméra deux, changement de plan. Je veux voir le nageur allemand.

Werner Lampe est dévasté. Il s'était rasé la tête pour ça.

- Caméra sur Spitz. - Rien n'arrête l'histoire.

Spitz sort de la piscine et se précipite vers ses parents.

Je n'y crois pas. La médaille d'or.

- Plus serré. - Caméra six. Par là-bas.

Suis-le, Charley.

Un aperçu avec la six.

C'est ça, voilà. Maintenant, la six.

5 SEPTEMBRE

La Finlande était bien représentée.

Il y avait des favoris, mais pas pour la médaille d'or.

Mais ils l'ont fait.

- Allô ? - Bonjour, M. Mason,

- c'est pour vous réveiller. - Merci, je l'étais déjà.

Vous pouvez préparer les caméras pour la natation et le basket ?

Salut, Geoff.

- Merci. - De rien.

Tu devais être là avant la fin du spectacle.

J'ai une minute et 30 secondes d'avance.

- Bien sûr. - À New York, j'ai cinq heures d'avance.

Très drôle. Si tu fous tout en l'air,

c'est moi qui aurai des problèmes.

- On doit revoir le planning. - On commence par le volley, à 9h30,

groupe D, l'équipe C va filmer,

pendant que l'équipe B se prépare pour l'avant-match de foot à 10h30.

Bien, bien. T'as tout compris.

- Quoi ? - T'as un rencard ?

J'en ai eu un. Ta femme te salue.

La clim est cassée.

…et ceci conclut notre rapport quotidien des 20e Jeux olympiques d'été.

Il est maintenant 4 heures du matin à Munich.

La compétition va bientôt reprendre.

Jim, présente la conférence de presse Spitz.

Mark Spitz, l'athlète américain qui a établi

un nouveau record en remportant sept médailles d'or,

sera interviewé demain,

ici, sur ABC Sp…

Non, pas encore !

Que se passe-t-il ? C'est notre flux ?

Non.

- Pourquoi l'écran est noir ? - La diffusion est bonne.

On finit sur le jingle.

- D'accord. - Envoie la cassette cinq.

Les Jeux olympiques d'été.

Intenses et personnels.

La façon ABC.

- Et c'est bon. - Bien.

Retour à vous, New York.

Bon boulot, les gars. L'unité B tourne demain.

Reposez-vous bien.

Bonne nuit, Jim. À jeudi.

- Bonne change, Mase. - Merci, profite bien des Alpes.

Oui !

Roone, excuse-moi, j'aimerais faire un transfert

- avec Geoff, qui… - T'as vu le reportage de Jennings ?

Pas encore.

Tu peux regarder et voir si c'est bien ?

J'ai un peu de mal à passer du sport à l'holocauste.

Spitz est juif, non ?

Depuis quand je suis expert en judaïsme ?

- Il l'est. Juif. - À quelle heure est la conférence ?

- Seize heures. - Voilà ton fil.

Tu veux que je lui parle

- de l'Holocauste, en direct ? - Ouais.

Demande-lui ce que ça fait de gagner sur la terre d'Hitler.

Vous voulez bien venir ?

Parlez-moi d'aujourd'hui.

On commence par le volley. Ça va être un beau match.

- Pas d'équipe des États-Unis ? - Non. Ensuite, c'est le foot.

- Qui ? - La RDA contre le Mexique.

Maroc contre Danemark. Birmanie contre Malaisie.

Il y a de la boxe.

Notre étoile montante est en quarts contre Teófilo.

- Le cubain ? - Oui. Il est bon.

Il a mis KO Denderys au premier round. En trente secondes.

On perd et tout se finit en trente secondes ?

Peu importe. C'est les États-Unis contre Cuba.

On implique la politique ?

Il s'agit d'émotions, pas de politique.

"La guerre froide se réchauffe. Cuba bombarde l'espoir américain" ?

Trop long, mais l'idée est bonne.

Il a déjà fait du direct ?

- Ouais, je… - Un tournoi de golf.

Et la ligue mineure de baseball.

Je reviens pour la boxe.

Pas d'appel avant 10 heures. Je l'ai promis à mes filles.

Bien. Prépare le teaser,

pendant que je contemple la fin de mes compatriotes juifs.

On dirait que je vais repasser la nuit ici.

Pas d'appel avant 10 heures. Promesse à moi-même.

- T'as réparé ça ? - Je suis dessus.

Environ 15 kilomètres

séparent le stade olympique…

REPORTAGE SPÉCIAL AVEC PETER JENNINGS

…et le chapitre le plus noir de l'histoire.

Des atrocités ont été commises au camp de Dachau.

Et pourtant, après 27 ans, c'est devenu un lieu de commémoration

et de réconciliation, grâce à l'esprit olympique.

Un esprit qui a rendu ces images possibles

alors qu'on les imaginait impossibles.

C'est là tout l'esprit des Jeux olympiques.

HALTÉROPHILE ISRAÉLIEN

Comme notre coach dit, ici, on peut discuter avec des Allemands,

ou des athlètes libanais et égyptiens.

C'était notre rêve.

Pour nous, ce n'est pas que du sport.

CHEF DE LA PRESSE ALLEMANDE

Vous êtes allemande, n'est-ce pas ?

Pardon ?

Vous êtes la nouvelle traductrice ?

Vous pouvez me rendre un service ? Qu'est-ce que…

Qu'est-ce que dit Hans ?

Que les Jeux sont une opportunité

pour accueillir la nouvelle Allemagne

et avancer.

Bien sûr.

C'est ce qu'on espère tous.

Que peut-on faire d'autre, à part faire mieux ?

Vos parents sont toujours vivants ?

- Oui. - Laissez-moi deviner.

Ils ignoraient tout, hein ?

Je ne suis pas comme eux.

Non.

Non, c'est vrai. Désolé.

- Je suis Marvin Bader. - Le chef des opérations.

Et, je m'appelle Marianne Gebhardt. Enchantée.

De même. Bienvenue à ABC.

Je dois changer tous les câbles.

Alors fais-le.

Grincheux en a pas.

Du moins, pas pour un Français.

Hermann, on a vraiment plus de câbles ?

Je te parle. On a besoin de câbles.

Ton patron remplit les papiers. Il les donne à mon patron.

Puis, t'auras tes câbles.

Hé, toi.

Le vieil homme fait la sieste ?

Aucune idée. Il est juste parti.

Je peux aider ?

Combien les Jeux ont coûté aux Allemands ?

Deux milliards de marks.

Et ensuite, les Américains viennent et se plaignent.

Je comprends. Vous devez gérer les plaintes des gens tout le temps.

Mais vous savez quoi ?

Le monde entier nous regarde. Nous et Munich.

Et vous contribuez à tout ça.

- Je te laisse gérer. - Oui.

Merci, Hermann !

C'était des coups de feu ?

Dis au Français que je me rappelle du son des coups de feu.

ABC, Geoff Mason ?

Bonjour, c'est Kenneth Moore, vous avez entendu des coups de feu ?

Non, j'ai rien entendu.

Appelez-moi si vous entendez quelque chose.

Bien sûr, monsieur Moore.

- Merci. - Merci. Au revoir.

Kenneth Moore vient d'appeler.

- Le coureur de marathon ? - Ouais.

Il demandait si on avait entendu des coups de feu.

C'était donc des coups de feu.

Quoi ?

On en a entendu. De loin.

Bonjour, ici Marianne Gebhardt.

J'appelle du studio d'ABC.

On a entendu des coups de feu…

Vous en savez plus ?

Je comprends. Merci.

La police enquête après plusieurs appels reçus.

- Et ? - C'est tout.

Je peux aller voir ce qu'ils savent à Bayerischer Rundfunk.

C'est une radio. Ils travaillent tard.

- Tu sais comment ça marche ? - Je suis sur la deux.

Je peux emprunter votre récepteur ?

- Oui. - Et les écouteurs aussi.

- Merci. Je les rapporterai. - Merci.

Il y a toujours des coupures ?

Ouip.

- Souvent ? - Constamment.

Jacques, tu peux résoudre ça… Hé.

Bonjour.

- Gary, t'as entendu des coups de feu ? - Quoi ?

C'était peut-être des feux d'artifice ?

- Ça ressemblait à quoi ? - À des coups de feu.

- Que se passe-t-il ? - Il y a quelqu'un ?

T'es déjà là-bas ?

Non, je suis sur le pont.

Mais il y a des douzaines de voitures de police.

Où ? Au village ?

Oui. C'est arrivé ici.

Je dois réveiller Bader.

Marv. Lève-toi.

Réveille-toi. Il y a eu des coups de feu au village.

Des coups de feu ?

Des coups de feu ?

Paraît qu'il y a de plein de policiers.

- T'es sérieux ? - Ouais.

Allez !

- Tu m'entends ? - Oui, vas-y.

Le téléphone n'arrête pas de sonner à la Rundfunk.

Un ami a entendu des coups de feu dans les appartements des Israéliens.

Donne-moi ça. Donne.

C'est Bader. De quoi tu parles ?

Des blessés ?

Il paraît que c'est une prise d'otages.

Des otages ? Qui ?

Aucune idée. Mais le BR en dira plus au journal de six heures.

Va à la salle de contrôle. Appelle Roone.

- Roone ? - Oui, appelle-le.

Je vais appeler Jennings.

Mon Dieu.

- Roone Arledge, s'il vous plaît. - Il ne veut pas être dérangé.

Croyez-moi, il ne regrettera pas d'être dérangé.

- Désolé, monsieur. - Passez-le-moi.

- Allô ? - Ici Geoff Mason.

- Je veux pas être dérangé. - Je comprends,

mais il y a une prise d'otage au village olympique.

- De quoi tu parles ? - D'une prise d'otage.

Il y a pire… C'est dans les appartements israéliens.

- C'est confirmé ? - Pas encore.

Geoff.

Ils vont faire une annonce à la radio.

Je vais mettre le haut-parleur.

Marianne, tu peux traduire ?

Je vérifie le récepteur.

Des coups de feu ont été entendu au village olympique.

Les rapports, encore non confirmés par la police,

disent que l'équipe israélienne

a pu être attaquée par des terroristes.

J'arrive dans 20 minutes.

Faites venir l'équipe.

Réveillez-le.

On a besoin d'autant de personnes que possible.

La caméra est la priorité.

Le bus part dans dix minutes.

Viens avec Carter.

C'est confirmé ?

Oui. Des coups de feu chez les israéliens.

Et ça vient de…

la radio allemande.

On peut citer une autre station ? Une deuxième source ?

On a un télégramme.

"Un, voire deux, athlètes israéliens tués aux villages olympiques."

"Des terroristes arabes ont pris des otages."

Laisse-moi voir ça.

Peter, on a affaire à quoi ?

L'OLP. Le FPLP. Ou…

bien pire : Septembre noir.

Tu connais le passé politique. Tu vas filmer de l'intérieur.

Où est la maison des Israéliens ?

Israël.

31, Connollystrasse.

Ils sont là.

Bien… on aura un bon angle.

Geoff.

On dirait que la police va boucler le village.

Les journalistes se ruent là-bas.

Merde.

Peter, quelle est la situation ?

J'y vais. Mais on a besoin d'un cameraman.

C'est le bâtiment des Israéliens.

- Où est l'équipe ? - Sur la route.

Quand est-ce que Jim arrive ?

- C'est son jour de repos. - On a besoin de lui.

- D'accord. - OK ?

- À quelle heure on a le satellite ? - À 15H. Dix heures, heure de l'Est.

Non, on a besoin du créneau du matin.

Jim McKay.

Il faudra faire de la lèche à CBS.

Salut Margaret, Jim est là ?

Il est dans la piscine. Il nage.

Tu parles à qui ?

Sa femme.

Donne-moi ça.

Margaret, c'est Marv.

On est prêts, mais on a aucun caméraman.

Et lui ?

C'est un assistant.

- Ton prénom ? - Ben.

T'as déjà tenu une caméra ?

Tu sais changer la pellicule ?

Tiens, voilà ton gars.

Les journaux vont s'emparer de l'affaire.

- Je leur parlerai. - Le plus vite possible serait…

Merci beaucoup. J'espère qu'on a pas…

Jim va présenter.

On a besoin de quelqu'un au centre de presse.

Je doute qu'Hans dise quoi que ce soit.

Et toi ?

Tu le connais. S'il y a quelque chose, on sera les premiers au courant.

Que Geoff coordonne le montage.

Pas pendant son premier jour.

Et Ohlmeyer ?

Il est dans les Alpes.

- Maddock ? - Il a pas répondu.

- Il est tôt… - Je m'occupe de CBS et du satellite.

Il faut du contenu pour le satellite.

- D'accord. - On diffuse quoi ?

- Ce que j'obtiens de Klein. - Je parle d'images.

On va juste montrer Jim ? On peut pas faire ça.

Les images de Ben vont mettre 20 minutes à être développées.

- On a besoin d'images en direct. - Et l'unité mobile ?

Les mecs au sac-à-dos ?

On a besoin d'un grand objectif.

C'est en train de se produire !

On est…

- On y est ? - Ouais.

Pourquoi pas faire tourner l'une des caméras du studio ?

Mets-là ici. Ça donnera une image de l'appartement.

- Et les otages ? - Beaucoup d'informations.

Vérifie les informations plusieurs fois.

- T'as un talkie-walkie ? Chaîne quatre. - D'accord.

Robert, café, aspirine

et la liste des créneaux du satellite.

Tout de suite.

Vous savez ce qu'il s'est passé.

Au boulot.

J'ai besoin de quatre personnes au studio.

C'est toi le grand patron maintenant ?

Viens avec moi.

On va sortir la caméra deux. On va faire un direct.

C'est lourd.

- Le câblage va poser problème. - Tu vas y arriver.

Toi aussi, le Frenchie. Allez.

Ouais.

Bonjour, ici Marianne de DOZ.

Vous pouvez me passer Michael Korth ?

ÉQUIPE OLYMPIQUE ISRAÉLIENNE

Je peux rien y faire. CBS a réservé ce créneau il y a des mois.

Écoutez. C'est une histoire d'intérêt public.

Et le public voudra la voir en direct.

Et on est les seuls capables à faire ça.

- Je comprends Roone… - Attends.

J'ai le planning.

- Je comprends. - L'aspirine ?

On en a plus.

…mais je ne peux pas laisser

- le créneau de l'après-midi. - Pas grave.

D'accord.

Voilà ce qu'on va faire. On va échanger.

Vous prenez le créneau de 15 heures.

Et nous, celui du midi.

Ce sera fait d'ici là ?

Oui, les Allemands vont s'en occuper.

- On a un deal ? - Très bien.

Parfait. ABC en doit une à CBS.

Geoff, tu es là ?

- Oui, Marv ? - Je suis au centre de presse.

Hans Klein a eu un retour : les Jeux doivent continuer.

Ils pensent que les gens vont regarder les épreuves ?

Deux Israéliens se sont échappés. Attends une seconde.

L'entraîneur est mort. C'est confirmé.

Moshe Weinberg.

Deux balles dans la tête. Une dans le ventre.

Les terroristes demandent à Israël de libérer 200 prisonniers palestiniens.

Sinon, ils tuent deux otages par heure.

Mon Dieu.

- Ils négocient ? - Aucune idée.

Je le dis à Roone ?

Geoff, tu es le centre de tout, maintenant.

Et pas seulement la salle de contrôle.

Toutes les communications, tout. Geoff ?

J'ai pigé. Toutes les communications, tout.

Le siège d'ABC a appelé.

Ils veulent des nouvelles.

On les contactera.

IDENTITÉ DE LA VICTIME : MOSHE WEINBERG, ENTRAÎNEUR DE LUTTE

- Sur la gauche… - Vous faites quoi ?

Un plan en direct de l'appartement.

- Pour mettre le monde dans l'action. - Qui sont les otages ?

Bader…

- L'un d'eux est mort. - Moshe Weinberg.

J'ai lu le télégramme.

Mais qui est à l'intérieur ?

On sait pas.

On doit trouver.

Qui ils sont ? Leur passé ? Leur famille ?

Ça sert à rien de pointer ça sur un bâtiment

si on sait rien des gens à l'intérieur.

- D'accord. - Roone,

le siège au téléphone. Je peux plus les retenir.

Ne fous pas tout en l'air.

- D'accord. - J'ai le satellite. Direct à midi.

D'accord.

Marv, on a des informations

- sur les otages ? - Non. Marianne s'en occupe.

- Je suis dessus. - T'es où ?

La salle de montage.

J'arrive. Génial.

Emmenez ça dehors.

Vous avez parlé de dix otages dans l'appartement un ?

Il y a cinq haltérophiles.

T'as quoi ?

Merci, Michael. Je t'en dois une.

Je dois vérifier d'abord.

Monsieur Bader, vous me recevez ?

Marianne, qu'est-ce que vous avez ?

Ma source à la BR m'a dit

qu'il y a dix otages. Cinq entraîneurs et cinq athlètes.

C'est ce que j'ai aussi.

On m'a aussi dit que les Palestiniens ont attaqué les appartements un et trois.

Après avoir regardé les plans de l'immeuble

- et qui a dormi où, je pense… - Geoff.

On a trouvé un bon endroit.

Envoie ça à la salle de contrôle quand t'auras fini.

Les cinq otages sont

Romano, Slavin, Friedman, Berger et Halfin.

- Berger ? David Berger ? - Oui. Pourquoi ?

Vous pensez pouvoir la monter ?

On a presque fini.

D'accord.

- Geoff, Jennings au téléphone. - J'arrive.

Jennings, ici Geoff Mason.

- Vous gérez ? - Ouais. T'es où ?

Sur le balcon, dans l'enceinte des Allemands.

- C'est un bon endroit. - JJ.

J'ai un bon angle sur le 31. Mais je ne suis pas seul.

Les autres balcons sont remplis de journalistes et de photographes.

On attend que quelque chose se passe.

Il se passe rien ?

Non.

La police fait des tours.

Ils n'ont même pas commencé à négocier.

Il y a un silence de mort.

On peut entendre les caméras tourner.

Elles sont trop petites. Apporte ça à Judy.

- Bien. - Il y a un reportage

que monsieur Bader a vu avec une interview avec l'un des otages.

David Berger, un ancien Américain.

Ça bouge dans l'appartement.

La porte du balcon du deuxième étage est ouverte.

Quelqu'un sort.

Jennings, il se passe quoi ?

Quelqu'un, sur le balcon, portant un masque.

Il rentre de nouveau.

Ben a réussi à le filmer.

- Il faut que tu récupères ce plan. - J'envoie un coureur.

Impossible. La police a bouclé toute la zone.

Seuls les athlètes peuvent passer.

Bien, maintenant.

- Bonne chance. - Merci.

Pas mal.

Bien, on a des chargeurs, des sandwichs, des talkies-walkies et un téléobjectif.

Des cigarettes pour Jennings.

Et s'ils me fouillent ?

Ne t'inquiète pas. À partir de maintenant, tu es officiellement un athlète.

Un homme sort de l'appartement.

Costume blanc, chapeau blanc, le visage peint en noir.

Le leader du groupe.

Il salue les caméras.

Une policière s'approche.

Toute seule. Sans arme.

- Bien. - On dirait qu'elle gère

les négociations.

Accroche ça au mur.

On dirait qu'il tient une grenade.

Jennings, t'es à quelle distance ?

À une quarantaine de mètres.

Tu devrais t'en aller.

Ça ne tue que dans un rayon de cinq mètres. J'ai été dans le Moyen-Orient.

D'accord, mais fais attention.

Gary est en route.

- Quelqu'un est sur la tour ? - La chaîne six.

- Caméra de la tour ? - J'écoute.

Vous avez quelque chose ?

Montrez-moi l'entrée du village.

Gros plan.

Là. Allez, Gary !

Oui, il est entré.

Il a réussi.

Les gars, mettez BR.

Le chef de la police fait un discours officiel.

Marianne.

Les terroristes demandent la libération de 200 personnes

prisonnières d'Israël.

Si ces 200 personnes ne sont pas libérées,

ils tueront un otage par heure, à partir de midi.

Tu peux me dire quelque chose qu'on ignore ?

Quelqu'un demande au chef de la police

s'il pense que c'était une erreur de pas avoir de policier armé dans le village.

Bien sûr que oui !

Ils ne voulaient pas que le monde

se souvienne d'Allemands armés derrière une clôture.

Donc c'est plus important que la sécurité des personnes ?

Allons. Ça nous regarde pas. Mais ça, si.

Dans moins d'une heure, on sera en direct.

On donnera pas cette histoire à News.

- Pourquoi ? - Parce qu'on est à Munich.

On est à 100 mètres de ce qui arrive.

- Roone, laisse tomber. - On donne ça à personne.

- Sports veut garder ça. - C'est pas ton terrain.

- Tu sais que News est… - Ça suffit.

On dirait qu'ils sont en pleine négociation.

Les politiciens et le leader sont en train de discuter.

Peu importe la discussion,

je n'imagine pas la Première ministre et la Knesset

répondre à un tel chantage.

C'est tellement ironique.

J'ai travaillé à Beyrouth pendant cinq ans

et pourtant, j'ai jamais été aussi proche du conflit israélo-arabe.

Une minute, Peter.

On peut retransmettre sa voix ?

Je vais essayer.

Jennings. Ici Bader.

Combien y a-t-il de Palestiniens ?

On a vu plein de têtes.

Ce sont clairement des professionnels.

Ils essayent de semer la confusion délibérément.

Il y a un second terroriste sur le balcon,

brandissant son arme d'un air menaçant.

- Putain d'Arabes. - Fais gaffe à ce que tu dis.

- Ma mère est algérienne. - Je parle pas d'elle.

- Allez. - Juste les mauvais Arabes ?

Quelle que soit votre représentation des arabes,

il faut comprendre à quel point cette situation est sensible.

Il ne s'agit plus des Jeux olympiques.

Merci, Peter.

Une question se pose : comment on les appelle pendant la diffusion ?

Dans News, on les appellerait le commando de guérilleros.

Commando ? On se croirait au Vietnam.

Ils les ont appelés comment, à la radio ?

- Des terroristes. - Quoi ?

Ils ont dit "terroristes".

Très bien. Faisons comme ça.

C'est un mot à charge.

Le terrorisme est l'utilisation de la violence

contre la population pour atteindre un but politique.

C'est ce qu'il se passe, non ?

Personne ne sait ce qu'il se passe.

On doit faire attention à ce que l'on dit.

Désolé, les gars, mais vous êtes la chaîne Sports.

C'est pas pour vous. News devrait reprendre le sujet.

Peter, rappelle-nous dans quelques minutes.

- Il a raison. - D'accord, écoute,

je sais que tout le monde veut pas de cette responsabilité.

Mais est-ce que c'est sensé d'avoir quelqu'un de News

reprendre le sujet depuis le bout du monde ?

Notre boulot est de raconter les histoires de ces personnes,

dont les vies sont en danger, 100 mètres plus loin.

Et notre boulot est clair.

On place la caméra au bon endroit

et on suit l'histoire en direct.

News pourra nous dire ce que ça signifie plus tard.

Et ils vont essayer.

Mais c'est notre histoire.

Et on la garde.

Vous avez entendu le chef.

On a 45 minutes. On a une ouverture ?

C'est une 50 et une 250.

Quatre pellicules, exposition lumière du jour.

- C'est prêt ? - Prêt.

C'est notre ouverture.

Caméra deux, c'est bien, mais je veux que le balcon

soit au centre du plan, Charley.

Pigé, Kubrick.

Caméra de la tour, approchez du toit.

Il faut pousser.

Oui, continuez.

- Voilà. - D'accord.

Explique-moi.

On a Jim à la caméra une.

La caméra deux tourne en direct sur le balcon.

La caméra de la tour filme le village et peut zoomer.

On a des images de 16 millimètres sur les machines trois à six.

Et on peut maintenant entendre Jennings en direct.

On a aussi un aperçu des otages.

Plus une interview avec l'un d'eux, David Berger. Tout est prêt.

Bon boulot.

Cinq minutes.

Cinq minutes. À vos positions.

Caméra de la tour, on commence par un plan des spectateurs.

Et on s'approche.

Je veux un gros plan de ce terroriste.

Geoff, tu peux baisser d'un ton ?

C'est pas de l'athlétisme. Ils menacent de tuer des gens.

Le créneau de midi a été confirmé ?

Ouais.

Je dis quoi aux caméras ?

Comment ça ?

On peut montrer quelqu'un se faire tirer dessus en direct ?

- On contrôle pas ce qui se passe. - Non, attends.

On est la seule chaîne à diffuser en direct,

ce qui veut dire que tout le monde va nous regarder,

y compris les familles des otages.

OK. Couloir.

Gardez tous vos casques.

Personne ne veut voir son enfant

- exécuté en direct. - Non, Marv.

Je sais pas pour les autres Israéliens,

mais les parents de David Berger sont dans l'Ohio. Ils doivent regarder.

Quelqu'un devrait leur dire de pas regarder.

On a un devoir plus grand.

- Et les sponsors ? - Les sponsors

n'ont pas à être inquiets.

- Ils pensent qu'aux spectateurs. - On a deux minutes.

C'est ce qu'on fait ? De l'audimat ?

Non… On suit une histoire, peu importe où elle nous mène.

Laisse-moi te demander :

Septembre noir, ils savent que le monde entier regarde, n'est-ce pas ?

C'est pour ça qu'ils ont choisi les JO.

S'ils tuent quelqu'un

en direct,

à qui appartient l'histoire ?

C'est la nôtre, ou la leur ?

Alors ?

Si ça se corse, on ne laisse tourner que la 16 mm.

Ça nous laisse le temps de décider ce qu'on diffuse ou pas.

Oui, voilà.

- Voilà, ouais. - Merci, Geoff.

Trente secondes.

Et voilà.

- Jim est prêt ? - Dernière retouche.

- Test. Un, deux. - Tout est bon.

- Caméra une. Sur Jim. - Bien sur moi.

Deux en aperçu. La tour, restez sur le bâtiment 31.

- Bien. - Gladys, le titre sur la cinq.

- Tout le monde sort du cadre. - Quinze secondes.

Titre un prêt à être inséré.

OK, les gars. Dix, neuf,

- huit, sept… - Lancez la deux.

- …six, cinq… - Si ça se corse,

on filme les spectateurs pour voir leurs réactions, OK ?

…deux, un. On est à l'antenne.

À L'ANTENNE

La deux. Titre sur la cinq.

ATTAQUE TERRORISTE AUX JEUX OLYMPIQUES

Prête, la une ? Première prise.

Jim, c'est à toi.

Bonjour, je suis Jim McKay, en direct

du siège d'ABC,

à l'extérieur du village olympique, à Munich.

Caméra deux en aperçu.

La paix de ce qu'on appelait

- les "Jeux de la Joie"… - La deux.

…a été perturbée ce matin, juste avant l'aube.

- Vers cinq heures… - La trois.

…des terroristes

- armés de mitraillettes… - Passez à la trois.

…le visage peint en noir,

- ont grimpé la clôture… - La une.

…sont allés dans les quartiers

- de l'équipe israélienne… - La une.

…et ont tué un homme,

Moshe Weinberg, un entraîneur.

Deux balles dans la tête, une dans le ventre.

Ils retiennent en otage 14 personnes.

Le dernier rapport dit qu'une autre personne a été tuée.

La deux.

Passez à la deux.

Peter Jennings est à l'intérieur du village. Peter, à vous.

Je me trouve devant le bâtiment des Israéliens.

Ça restera une adresse célèbre pendant longtemps.

Trente-et-un. Connollystrasse.

Les rapports ici varient considérablement quant à ce qui se passe.

Peter, sait-on qui est responsable des attaques ?

C'est risque de spéculer,

mais si je devais dire à qui je pense,

je dirais qu'il s'agit d'un groupe appelé "Septembre noir".

- Mais c'est de la spéculation. - Retour à la une.

Ce qui n'est pas de la spéculation, c'est que les Israéliens nous ont dit que

parmi les otages se trouve, David Berger, 26 ans, un ancien Américain,

qui a déménagé en Israël, il y a deux ans.

- C'est un haltérophile. - Bobine une.

Après un diplôme en droit

- de l'université de Columbia… - Cinq, quatre, trois…

…Berger n'a pu se qualifier pour les JO.

- …deux, un, c'est parti. - Pour réaliser son rêve olympique,

il a émigré en Israël. Peter Jennings l'interviewait deux jours plus tôt

- pour un reportage de la ABC. - Allez.

C'est ça que représentent les Jeux olympiques.

On est là, on parle aux Allemands,

aux athlètes libanais ou égyptiens.

C'est de ça dont nous rêvions.

Ce n'est pas que du sport.

Retour à la une. Dégagez.

Je retourne vers Hans Klein pour voir s'il y a du nouveau.

Satellite, attends mon signal.

- Et maintenant. - Mesdames et messieurs,

ce rêve a été secoué par cette terrible attaque.

Les terroristes ont exigé

la libération de 200 prisonniers arabes en Israël

en échange de la vie des athlètes israéliens.

Ils ont laissé jusqu'à midi, disant qu'ils tueront

tous leurs otages à cette heure. L'heure est passée.

Personne ne sait ce qu'il va se passer.

- Pareil que la dernière fois. - D'accord.

C'est incroyable que ce soit elle qui négocie.

Elle me semble pas être du genre dure à cuire.

Si les terroristes la sous-estiment, comme tu le fais,

elle a une chance d'avoir des informations.

Regarde.

- Elle lui demande une cigarette. - Non, non.

Elle gagne sa confiance.

J'aimerais entendre ce qu'elle dit.

Les Jeux olympiques se poursuivent.

L'ambiance est étrange.

Nous ne sommes qu'à 450 mètres du bâtiment.

La bande quatre.

À 200 mètres du bâtiment,

il y a une espèce d'étang artificiel,

un très joli étang, avec un ponton,

où les athlètes bronzent. C'est ce qu'ils font, là.

Ils bronzent, ils nagent,

ils parlent de leurs techniques avec d'autres athlètes.

Et pourtant, cet événement sinistre se déroule à quelques pas.

À 250 mètres,

regardez ça, c'est une image en direct.

Il y a un match de boxe. Une arène bondée.

Ici, sur le ring…

à Munich. Il y a aussi un match de volleyball.

- Duane Bobick… - Je vais m'assurer qu'on a le satellite.

…va bientôt se battre…

- On a toujours la trois ? - Il a changé les créneaux.

Les nations arabes présentes ici sont

l'Algérie, l'Arabie saoudite, l’Égypte, l'Irak,

- la Jordanie, le Koweït, le Liban… - Hé !

- Désolés. - …le Soudan, la Syrie,

la Tunisie, le Maroc. Ils sont tous présents, mais ils n'ont encore rien dit.

Rien ne dit qu'il y aura une déclaration…

On peut avoir un café ?

Super.

T'as renvoyé la seule personne qui aurait pu comprendre.

Quelque chose se passe ici, à Connollystrasse.

On dirait qu'ils apportent à manger.

Ça doit être des policiers déguisés en cuisiniers.

La tour, suis-les.

Même un aveugle verrait qu'il s'agit de policiers.

Roone de nouveau. NBC a le satellite à 15 heures.

- Tu suggères quoi ? - Change le créneau !

Ils ne peuvent avoir le créneau. Vous allez trouver un moyen.

Je dois continuer.

Ils prouvent que la nourriture n'est pas empoisonnée.

Les cuisiniers semblent impatients de transporter la nourriture,

mais le leader la leur prend…

Il repart seul.

Peu importe ce que les Allemands ont voulu faire, c'est un échec.

Les prévisions à long terme indiquent un niveau de radiation élevé…

Au régime illégal de Smith…

Peter Jennings se trouve dans les appartements des Italiens…

Je regarde Channel 11, la télé israélienne.

Qui c'est ?

Mettez-moi Channel 11.

…mais la façon dont ils comptent gérer cette prise d'otage est peu claire…

Je pense que c'est Tuv… Tuvia Sokolsky. L'un des Israéliens

- qui s'est échappé. - Pourquoi on ne l'a pas ?

Larry, va à leur appartement, prends-le

- et ramène-le ! - Compris.

Et dis à JJ qu'on a faim.

Et pas de la bouffe allemande.

Toutes les unités autour du village olympique, gardez votre position.

Des nouvelles des négociations ?

Le leader a repoussé l'ultimatum à 17 heures.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Nouvel ultimatum à 17 heures.

Et nous allons aller vers les fenêtres derrière lesquelles, en ce moment,

neuf personnes terrifiées

sont retenus prisonnières. Les demandes ont été…

Il y a quelqu'un.

Très certainement

l'un des guérilleros.

L'un d'eux est peut-être une femme.

Et ça se passe encore et encore et encore.

La porte s'ouvre, une tête sort pour voir ce qu'il se passe.

Chuck, repasse ça lentement, tu veux ?

Revoyons ce moment au ralenti.

C'est un symbole tellement attrayant de cette situation.

Le contrôleur veut un bloc de cinq.

Qu'est-ce qui se passe dans sa tête ?

Jim, pub dans dix secondes.

On va faire une courte pause.

Et espérons qu'à notre retour, nous aurons enfin des réponses.

Passez aux publicités.

- Et coupez. Retour dans trois. - La caméra Kodak XL.

Voici la caméra qui vous permet de tourner un film

- sans les lumières… - Regardons les épreuves.

On est toujours les seuls à diffuser en direct.

On dirait bien.

La situation au village olympique est toujours confuse.

Pendant ce temps, la pression sur le Comité olympique

d'arrêter les épreuves grandit.

On a demandé aux athlètes ce qu'ils en pensaient.

Mon cœur est lourd.

HALTÉROPHILE LIBANAIS

En tant qu'athlète et en tant qu'arabe,

j'aimerais exprimer mon soutien à mes camarades israéliens.

Et je prie pour que tout finisse bien.

Puis-je vous demander si vous avez entendu quelque chose

- ce matin ? - C'est Gary.

- Non. - Quelle est votre discipline ?

L'haltérophilie.

Des commentaires sur la situation ?

- Non, je dois y aller. - Les gars ?

Il est là.

Trente secondes.

Jim, c'est Roone.

Tu pourras pas être plus près des otages.

Marque le coup.

Et cinq, quatre, trois, deux, un.

Prise une.

Nous revoici en direct de Munich, en Allemagne de l'Ouest.

Je suis assis avec Tuvia Sokolsky, qui vient de rentrer dans le studio.

Il est tout à gauche.

La personne au milieu est Nasim Javidi, l'interprète pour l'équipe d'Israël.

Monsieur Sokolsky ne parle pas anglais.

C'est l'entraîneur des haltérophiles et il est sorti de cette pièce.

- Pourriez-vous lui demander… - Roone.

- …de nous raconter… - Ils veulent te parler.

…ce qu'il s'est passé aujourd'hui.

- Oui. - Roone.

On a besoin de notre créneau !

J'ai essayé de négocier.

"À environ 4h30 ce matin,

je dormais, quand je me suis réveillé…"

Geoff. Geoff !

Dis à Jim qu'on va perdre le satellite.

On est au milieu de l'interview.

Dans quelques secondes, les écrans seront noirs.

Dis-lui de dire quelque chose.

Jim ?

CBS reprend le satellite. On peut continuer d'enregistrer,

- mais boucle le segment. - Désolé,

on n'a plus le temps. On va enregistrer l'interview.

Et on la diffusera plus tard. On perd le satellite.

Les guérilleros arabes sont toujours dans les quartiers israéliens.

Un homme est mort, me dit monsieur Javidi,

un autre est définitivement mort, mais on ne connait pas son identité.

Le combat continue, l'échéance est à dix-sept heures,

c'est dans une heure et 45 minutes.

Jim McKay, tandis que les épreuves continuent à Munich.

Passez à la cinq.

Bon sang !

Cinq minutes ? On est au plein milieu d'un truc.

- Que fait-on ? - Quoi ?

CBS insiste pour le créneau. Ils veulent le garder,

- sauf si on partage le flux. - Pourquoi pas ?

On revient quand ?

- Quoi ? - Quand revient-on ?

Aucune idée.

On peut le donner à CBS, mais montrer notre logo.

Comment ça ?

Mets simplement "ABC" là-haut.

Et laissons-le là tout le temps.

Tu parles de quelle transmission ?

Ce sera uniquement en sortie.

Donc on superpose le logo.

- Ouais, fais ça. - Vraiment ?

Que quelqu'un mette CBS.

Logo prêt sur la quatre.

Retour sur le satellite.

Dis à Jim de reprendre l'interview.

Reprends l'interview.

Cinq, quatre, trois, deux, un.

Prise une.

Mettez le logo.

L'histoire t'appartient.

Eh bien, il…

il n'a aucune suggestion.

Il pense qu'il ne faut pas céder.

Mais il laisse l'affaire à…

entre les mains de la sécurité, des professionnels.

D'un autre côté, il espère

que ses amis et collègues,

tous ces athlètes qu'il connaît depuis longtemps,

seront bientôt sains et saufs.

Je peux voir l'émotion qu'il ressent.

C'est vraiment intense.

Je ne peux vous dire à quel point j'apprécie, M. Sokolsky,

que vous ayez pris le temps de nous raconter votre histoire.

Merci.

Merci.

CIO : LES JEUX OLYMPIQUES SONT SUSPENDUS.

Ils suspendent les Jeux.

La compétition a été suspendue.

Les spectateurs quittent le stade et se dirigent vers Connollystrasse.

Porte six - confirmé. La situation devient hors de contrôle.

Le plus important, c'est que la 20e édition des Jeux

a été officiellement suspendue.

Et comme vous pouvez le voir sur ces images qui viennent de nous parvenir,

la situation en dehors des appartements

devient confuse.

À toutes les unités : Feu vert pour l'opération Sunshine.

La police a donné son feu vert pour une action.

Aux forces de police, rendez-vous aux bâtiments alentour.

- Dégagez les journalistes. - Bon sang.

La police dégage les journalistes

- du village. - Quoi ?

La police dégage les journalistes du village.

- D'où tu tiens ça ? - De la radio de la police.

Jennings.

- Tu dois te planquer. - Quoi ?

La police évacue les bâtiments.

Police ! Ouvrez !

Vérifiez la caméra de la tour.

Retourne à la radio de la police.

Jennings ?

Ils sont partis.

Génial.

On dirait que la police va passer à l'action.

Tu peux retourner au balcon ?

Oui, une seconde.

Aperçu caméra trois.

Jim ? Vérifie l'aperçu.

Il y a des hommes armés,

- qui pointent leurs armes… - Caméra de la tour.

…là où les deux têtes sont apparues un peu plus tôt.

Caméra de la tour. Zoome.

Maintenant, je…

J'ignore si ces gens ont des armes ou des caméras.

- C'est un flingue. - Ouais, un flingue.

L'un avec des jumelles, l'autre avec une arme.

Peter Jennings est dans le village. Tu vois ce qu'il se passe ?

Ils marchent prudemment sur le toit.

Pour ne pas être entendus dans les appartements en-dessous.

C'est en train d'arriver, durant les Jeux olympiques,

c'est incroyable.

À quelques centaines de mètres, des athlètes s'entraînent toujours.

Le match de volleyball se poursuit.

Regardez ça. Ça se passe, là.

La compétition de volley se poursuit.

Comme on l'a dit, les Jeux ont été interrompus,

mais les matchs en cours vont se terminer.

Et maintenant, retour…

Retour à la réalité, à ce stade-là, on peut dire ça comme ça.

Même si ça paraît irréel.

Images du satellite.

Ils n'ont pas l'air préparés.

En effet.

On enlève les barres.

Ils n'ont aucune idée de ce qu'ils font.

Pas étonnant qu'ils aient perdu la guerre.

Quel dommage qu'autant de gens voient ça en noir et blanc.

Pas aux États-Unis. Tout le monde a une télé couleur.

Ainsi que les athlètes.

Les Allemands ont mis des télés couleur dans tout le village.

Donc, ils voient ce qu'on voit ?

De quoi tu parles ?

Les terroristes voient ça ?

Ils ne reçoivent pas ABC.

Si.

Dans le village olympique…

ils ont accès au câble.

Caméra deux, un peu vers le bas.

Zoome.

C'est une télé.

Je vois bien la fenêtre.

Il y a un léger scintillement. Peut-être une télé.

Il y a encore du courant ?

Non. Une unité arrive à ABC.

Ils ont dit "ABC" ?

La salle de contrôle ?

Police !

Arrêtez la diffusion !

Que se passe-t-il ?

- Eteignez les caméras ! - Quoi ?

Vous êtes tarés ?

Ne menacez pas mon équipe !

Bon sang.

Éteignez les caméras.

Trois, Charley, c'est toi aussi, éteins la caméra de la tour.

Content ?

Que se passe-t-il ?

- Ils ont arrêté la diffusion. - Qui commande ? Lui ?

Vous ? Oui ? Vous parlez anglais ?

Cassez-vous de là.

Dégagez !

Dégagez !

Annulez.

Isar 11 : annulez l'opération. Toutes les unités à la base.

La police descend du toit.

Ils semblent arrêter l'attaque.

On dirait un nouvel essai raté

pour reprendre les choses en main.

C'est notre faute ?

On va… On va mettre des pubs.

Publicités pendant cinq minutes.

- Lance ça. - C'est parti.

Bader, on peut parler ?

Ils auraient dû couper l'électricité de l'appartement.

C'est pas à nous de faire ça.

Marv, on peut pas empirer les choses.

- Tu le sais. - On ignore pourquoi ils ont annulé.

Les Allemands ont l'air vite submergés.

Ils le sont. J'écoute leur radio.

Ce sont des policiers qui n'ont jamais fait ça avant.

L'armée allemande a dû leur donner des snipers

et leur apprendre à les utiliser.

Pourquoi l'armée s'en occupe pas ?

Ils n'ont pas le droit de s'en mêler.

- La constitution allemande. - Ridicule.

La rumeur dit qu'Israël a proposé une unité spéciale pour les aider.

Et que les Allemands ont refusé.

Ils enchaînent les erreurs.

Et ils font comme si tout allait bien.

Continuons. Marianne, viens avec moi,

dans la salle de contrôle.

- Apporte la radio. - D'accord.

- Mesdames et messieurs… - Les Allemands négocient de nouveau.

Mais cette fois, avec le ministre de l’Intérieur, Genscher.

Le leader ne veut parler qu'à Gensch…

Attendez.

Diffusez en direct !

Peter a des infos. On va sur lui.

Quelque chose se passe à Connollystrasse.

Peter, des nouvelles ?

Oui, Jim. Une fenêtre s'est ouverte.

Et on peut voir, pour la première fois, certains des otages.

Non. On pourrait tout aussi bien écouter la radio, merde.

La tour, caméra deux, vous avez un angle là-dessus ?

- Un angle parfait. - Comme du cristal.

…et aussi combien de terroristes sont visibles.

On a vu deux otages.

On les a emmenés à la fenêtre l'un après l'autre.

Un guérillero derrière eux avec un AK-47.

C'est ridicule.

C'est une vue terrible.

C'est dramatique, Peter. Mesdames et messieurs…

- Désolé de ne pouvoir montrer les images… - Oui ?

Rallume les caméras.

Tout de suite, Roone.

Nous revoilà. Allumez toutes les caméras.

Caméra deux, c'est bon Caméra trois, c'est bon.

Quelqu'un sait qui c'est ?

L'entraîneur d'escrime.

Andrei Spitzer, 27 ans.

Gladys, j'ai besoin d'une légende.

Andrei Spitzer.

La légende est prête.

Insère la légende.

ENTRAÎNEUR D'ESCRIME

On dirait que Spitzer veut s'adresser à Genscher.

On le traîne loin de la fenêtre

et les rideaux sont tirés.

Genscher discute avec le leader.

Il semble furieux.

Que dit-elle ?

Genscher a proposé de prendre la place des otages,

mais les terroristes ont refusé.

Genscher veut entrer pour voir comment vont les otages.

Le leader fait entrer Genscher et un autre officier dans l'appartement.

Quelqu'un demande s'ils connaissent déjà la destination du vol.

- Quel vol ? - Le vol ?

Ils parlent de les faire partir du pays.

- Vers où ? - Quel aéroport ?

Fermez-la ! Taisez-vous !

Ils donnent des ordres…

La policière…

"Dites au leader qu'il faut du temps pour préparer un avion."

Ils ont mentionné deux hélicoptères

pour emmener les otages et les terroristes à l'aéroport.

- Lequel ? - Ils l'ont pas dit.

Ils reviennent.

Genscher a l'air choqué.

Dieu seul sait les horreurs qu'il a pu voir.

Ils ont parlé du Caire.

Écoutez. On doit découvrir

où les pilotes atterriront et dans quel aéroport ils feront le transfert.

Le soleil se couche derrière les immeubles.

Il y a un moyen de sortir des ténèbres.

Pardon.

Ce sera très dur si le commando sort du village

- à la nuit tombée. - Tu l'as ?

Ouais.

Riem est le choix évident, mais le trafic aérien y est important.

- Augsbourg ? - Trop loin.

…les nations du monde entier…

Ils ont parlé d'un vol

de cinq à sept minutes en hélicoptère.

C'est quoi l'aéroport au milieu de nulle part ?

Où on est allé chercher l'équipement ?

C'était…

- Feld… Fürst… - Fürstenfeldbruck.

- C'est un aéroport militaire. - C'est ça.

Fürstenfeldbruck.

Logique. Il n'y a personne.

Vous entendez ça ?

- Quoi ? - On peut filmer les hélicos ?

Montre-moi quelque chose.

La tour ? Vous avez les hélicos en visu ?

- Non. - Je ne vois rien. Allez.

Les gars, vous me recevez ?

On te reçoit cinq sur cinq.

Je les vois ! Deux hélicoptères.

Ils viennent du sud-est.

Howard, t'es où ? Dans le village ?

Oui, à la porte six. Ils m'ont laissé entrer après le match de boxe.

J'ai croisé Gary. Je prends le contrôle de son canal.

Ils parlent d'un bus, là.

Un bus pour les conduire jusqu'aux hélicos.

Howard, est-ce que la police évacue les lieux ?

Non.

Il y a des gens avec des caméras partout.

On dirait qu'Elvis a atterri.

Ils vont utiliser le parking, en-dessous des appartements.

Voilà les escaliers. Bâtiment 12.

Howard, regarde derrière toi.

- Il y a un escalier ? - Ouais.

Prends-le

- et cherche un bus. - Compris.

La lumière du couloir est allumée.

On dirait qu'ils quittent l'appartement par les escaliers intérieurs.

Je suis dans le parking,

c'est complètement fou.

Il y a des policiers et des journalistes partout.

Il y a des caméras à côté d'armes à feu.

- Filme-les. - Pas de connecteur.

On va utiliser le micro. Diffuse ça.

- Ouais. - C'est bon ?

Ouais.

Jim, Pete, j'ajoute Howard au circuit.

- C'est bon ? - Vas-y !

Howard, tu es en direct avec Jim et Peter.

La rumeur dit que les otages et les terroristes s'envolent.

Écoutons Peter Jennings.

Merci, Jim.

Mes collègues et moi essayons de tout remettre en place.

Mais Howard Cosell est actuellement sur les lieux.

Howard, c'est Peter. Tu as quelque chose

- à dire ? - Howard, vas-y.

Oui, Peter. Je suis dans le parking.

Les terroristes et les otages arrivent. Ils ont les mains liées.

La police est presque en peloton.

On va bientôt atteindre, je pense, le climax.

Le bus vient d'arriver !

Ils conduisent les otages dans le bus.

Les terroristes ont des mitraillettes. Ils poussent les athlètes dans le bus.

Selon des rapports non-officiels, ils vont au Caire.

Des hélicoptères attendent pour emmener les otages

et les terroristes dans un aéroport militaire

- pour le transfert. - La trois.

Ici la tour. Je vois le bus.

Jim, je suis sur le pont. Je peux les voir.

Un arabe descend…

Il est frappé par les flashs des caméras.

On dirait une rock star, marchant sur scène.

Je vois les Israéliens.

J'entends un truc. Des gens crient des fenêtres et des balcons,

mais je ne comprends pas.

Shalom. Shalom.

Ils disent "shalom", le mot hébreu pour "paix".

Les hélices tournent et l'hélico décolle.

Ces athlètes israéliens quittent le village olympique,

mais pas en tant que sportifs représentant leurs pays.

Mais en tant que victimes d'un acte terroriste.

Le premier hélico se dirige au-dessus du stade olympique principal,

survolant cette immense tour olympique.

S'envolant vers le dernier chapitre d'une journée éprouvante.

Diffusez des épreuves jusqu'à ce qu'on ait d'autres nouvelles.

- Des épreuves ? - Ouais.

Jim facilitera les transitions.

Et merde, j'ai envie de voir ça aussi.

- Désolé. - Jacques, reviens.

Deux minutes !

Carter, prends une 16 mm.

Prends des images de l'aéroport.

T'y vas avec lui. Prends ma voiture.

T'es la seule à parler allemand.

- D'accord. T'es garé où ? - À l'arrière.

La BMW bleue.

Ils vont les laisser partir ?

Je l'ignore.

Comment ça va se finir ? En fusillade ?

T'auras besoin du son.

Hank.

À la moitié du 10 000 mètres,

se trouvaient en tête l'anglais Dave Bedford,

Miruts Yifter, l'éthiopien

et Mariano Haro, l'espagnol.

Derrière, Lasse Virén, en maillot noir…

Il n'y a plus rien à faire là.

Pourquoi ne pas revenir au studio

- pour fournir des analyses ? - Bonne idée.

Reviens aussi vite que possible.

Charley devrait faire tourner la caméra deux dans le studio.

Geoff, viens voir ça. On dirait le père de David Berger.

Est-ce que les gouvernements vous ont aidé ?

Non.

Toutes les informations qu'on a eues viennent de la télévision.

J'espère qu'ils ont la situation sous contrôle…

et qu'on aura bientôt des nouvelles de notre fils.

Que voudriez-vous dire à votre fils ?

- Marianne, tu me reçois ? - Je veux qu'il rentre.

Laisse tomber, ils sont trop loin.

- Marv, quelque chose ? - Une minute.

L'enfer s'est déchaîné sur l'aéroport.

Il y a une fusillade.

Bon sang.

Carter ?

C'est dingue. Des centaines de personnes bloquent la route.

Les tanks sont bloqués.

- Les tanks ? - Ouais.

Tu vois ces lumières ?

C'est l'aéroport.

Ils ont laissé leurs voitures et sont allés là-bas.

Comment t'es revenu ?

Marianne a convaincu un type de nous prêter sa mobylette.

Les voilà !

C'est génial, Carter. Il nous en faut plus.

D'accord.

C'est inutile là-bas.

Y a des cabines téléphoniques. J'appellerai quand j'aurai des nouvelles.

Tu entends les coups de feu ?

- Il reste combien de clips ? - Deux. Dix secondes environ.

D'accord.

La une, première prise.

Avec moi, Peter Jennings,

qui a passé sa journée au village olympique.

- La deux en attente. Maintenant. - Quelle sont vos conclusions

après ces enregistrements ?

Les autorités allemandes veulent en finir ici et maintenant.

Mais là, ils doivent improviser.

Mais ils ne sont pas très forts en improvisation.

- Il n'y pas d'autres rapports. - Marianne au téléphone.

- Mais le chef du comité… - Passe-la-moi.

- Oui ? - On peut utiliser les images ?

Oui, on les regarde. On les diffuse, pourquoi ?

Il paraît que les otages sont libres.

- Quoi ? - Les otages sont libres.

C'est super ! C'est… Attends.

Tout le monde ! Écoutez ça !

Marianne, répète.

On entend des coups de feu depuis une heure.

Mais ils ont cessé il y a quelques minutes.

Ensuite, un homme du bureau d'Hans Klein

est sorti de l'aéroport et a annoncé que les otages étaient libres.

- C'est confirmé ? - Je sais pas.

Les gens font la fête.

Tout le monde…

Bon sang ! Trouve-toi ton propre téléphone !

- Allô ? - Regardez la télé allemande. ZDF.

Ils ont l'air heureux.

- Plus fort. - Je dois y aller.

- Attends. - Tout le monde veut le téléphone.

Tu dois me traduire quelque chose.

Fritz Hattig est à l'aéroport.

Et il a confirmé, je cite :

"Durant une brève, mais intense fusillade,

les otages ont pu s'échapper."

Il le dit aussi. Ils sont libres.

ZDF dit qu'ils sont tous libres.

- Que Jim l'annonce. - Je vais voir avec Marv.

Attends.

- Marv ? - On regarde.

- C'est confirmé ? - Pas encore.

L'équipe de Klein est au téléphone.

On dirait qu'ils ont des doutes.

Ne diffusez rien. Attendez la confirmation.

Marv dit que c'est pas encore confirmé.

Alors que Jim dise : "À ce que l'on dit."

Écoute, Marv, on va dire ça.

Mais on va dire : "À ce que l'on dit."

Où est Roone ? Je veux lui parler.

Geoff, ne diffuse pas. On a besoin de deux sources.

Marv, on doit le faire, maintenant.

Si on diffuse ça, tout le monde le fera.

Et alors ? On laisse le scoop à CBS ou NBC ?

C'est pas une compétition. Attendons la confirmation.

Geoff ? Tu me reçois ?

Jim…

On a de bonnes nouvelles.

Il paraît que les otages sont libres.

Mais on doit utiliser la phrase : "À ce que l'on dit", d'accord ?

À ce que l'on dit,

les Allemands ont réussi à libérer les otages,

mais on ne sait pas exactement ce qu'il s'est passé.

Tout le monde annonce la nouvelle. Ils nous suivent.

- C'est bien qu'on ait été les premiers. - Klein

ne peut même pas trouver celui qui a dit ça.

On donne au monde entier une nouvelle

- que personne peut confirmer. - Allons.

- Roone voulait que je le dise. - Non.

Geoff, non. Tu as appuyé sur la détente.

- Pas Roone ! - C'est sur ZDF, Marvin !

- C'est la télé allemande. - Et nous sommes ABC !

Je me suis porté garant pour toi, Geoff !

On a pas dit que c'était un fait. On a dit : "À ce que l'on dit."

C'est un putain de détail, Geoff.

Geoff ?

Geoff ! Tiens.

"LES OTAGES ONT ÉTÉ LIBÉRÉS"

C'est officiel, ils sont libres.

Laisse-moi voir ça !

- Marv… - Laisse tomber.

C'est Starger.

Santé !

Santé ! Bon boulot, les gars.

- Santé, bon boulot. - Santé.

On a pas encore fini.

On doit accéder à la police sur le tarmac.

Je parle d'interviews, des coulisses, peu importe.

Et aussi peut-être parler aux otages.

Quoi ?

Il a dit qu'on a marqué l'histoire de la télé.

On a probablement eu plus de téléspectateurs qu'Armstrong sur la lune.

Tu vas avoir une grosse prime.

J'ai besoin d'un verre.

- Toi ? - Ouais.

- Mason est sur le pont. - Ouais.

- C'est un bon gamin. - N'est-ce pas ?

L'Chaim.

Et maintenant, avec nous, Conrad Ahlers, porte-parole du gouvernement.

- C'est un honneur… - Ahlers est là.

À quel moment avez-vous accepté

que les guérilleros aillent jusqu'aux hélicoptères ?

Il y a deux heures.

Mais bien sûr, ça faisait partie du jeu.

On n'avait pas l'intention de les laisser partir.

Je suis content, d’après ce que nous pouvons voir

que l'intervention de la police a été un succès.

- D'après ce que nous pouvons voir ? - Bien sûr, c'est une malheureuse

interruption des Jeux olympiques,

mais si tout se passe comme nous l'espérons…

"Comme nous l'espérons" ?

…tout sera oublié dans quelques semaines.

Et si ce qu'on a entendu est vrai,

les épreuves reprendront demain.

Vous devez comprendre que pour nous, c'était une situation tragique.

Que ce soit arrivé à des Juifs.

Avec ce que nous avons vécu,

notre priorité, bien sûr,

était de porter secours à ces Israéliens.

Sinon, vous savez…

de mauvais souvenirs auraient pu remonter.

C'est étrange.

Les gens du monde entier savent

- que ces volontaires… - Le téléphone.

…qui ont aidé les Israéliens, étaient Allemands.

J'espère qu'ils ne l'oublient pas. Qu'ils ne l'oublieront pas.

Merci, monsieur le porte-parole.

J'apprécie le temps que vous nous avez accordé.

- Et on arrête. - Des nouvelles de la police ?

J'arrive pas à les avoir.

- J'attends depuis 20 minutes. - Et les otages ?

On devrait les laisser tranquille, non ?

Peut-être.

Et les conducteurs de bus ? Et les pilotes ?

Soyons créatifs ! On a une histoire à raconter.

Passe-moi Hans.

Pourquoi…

On ne peut rien confirmer.

Comment ça ? Conrad Ahlers vient de l'annoncer.

Dans notre studio.

Ce qu'il a dit ne corrobore pas avec les autres.

- La fusillade est toujours en cours. - Quoi ?

Il y a encore des coups de feu.

Il y a encore des coups de feu ! On avait tort.

Qui tire ?

Jim doit dire quelque chose.

Je sais que c'était faux ! J'ai aussi une putain de télé !

Que s'est-il passé ?

Jim, Peter. Ça va être dur.

Hans, je te le demande en tant qu'ami.

Dis-moi ce qu'il s'est passé.

La dernière chose qu'on ait entendue,

c'est, je cite : "L'enfer s'est déchaîné".

Il y a toujours des coups de feu.

Il y a un hélicoptère qui brûle.

Tout est confus. Rien n'est sous contrôle.

On ne sait pas ce qu'il est advenu des otages.

Mais l'un des hommes, qui est un otage,

est toujours en vie, à ce que l'on dit.

David Berger, qui a étudié à Columbia.

- C'était le seul athlète retenu en otage… - Couloir.

… de l'équipe israélienne qui est né aux États-Unis.

C'était un haltérophile, qui est parti à Israël il y a deux ans.

On vous tiendra évidemment informés…

On reste là-dessus.

Que s'est-il passé ?

Tous.

Et si c'est une rumeur ? Qu'ont-ils dit ?

Qu'il y a eu des coups de feu.

- Est-ce qu'ils… - Klein l'a entendu

de trois sources différentes.

C'est fini.

C'est des conneries.

On a une équipe là-bas. Ils nous ont pas encore appelés.

On doit faire quelque chose.

On va envoyer une autre équipe. Je vais y aller.

On doit faire ça bien. C'est notre chance.

- Allons. - Geoff !

Marianne au téléphone.

Marianne ?

D'accord, merci.

Caméra une. Sur Jim. Seulement sur Jim.

Jim ?

- …tant d'autres gens. - Tous les otages sont morts.

C'est fini.

La une.

Prenez la une.

Je viens de l'apprendre. Petit, mon père disait souvent :

"Nos plus grands espoirs et nos pires craintes se réalisent rarement."

Notre plus grande crainte s'est réalisée ce soir.

Il y avait onze otages.

Deux sont morts dans leur appartement…

ce matin… hier matin.

Neuf sont morts à l'aéroport ce soir.

Ils sont tous partis.

Mais tout est fini.

L'équipe israélienne a été détruite.

Une grande partie.

Mais que va-t-il se passer pour la 20e édition des Jeux olympiques ?

Personne ne sait ce qui se passera pour l'histoire du monde.

Nous l'ignorons.

Tu vas bien ?

Non.

Des innocents sont morts en Allemagne. Encore une fois.

Et on a échoué. L'Allemagne a échoué.

Désolé de t'avoir envoyée là-bas.

Je n'imagine pas ce que tu as dû voir.

J'ai rien vu.

Il y avait des centaines de personnes. Il faisait noir.

On attendait que quelque chose se produise pour filmer.

Geoff ? Roone veut te parler.

À demain.

Ouais.

Attends une seconde.

Il va y avoir une commémoration demain à 10 heures, au stade.

J'ai eu le satellite. Jim et Jennings vont présenter

et je veux que tu t'en charges.

On dirait pas, mais t'as fait un sacré bon boulot.

Mais…

Mais c'était une catastrophe.

Repose-toi.

Roone ?

On doit parler de demain.

D'accord.

Je te rappelle.

J'ai une idée.

On va à l'aéroport.

Les hélicos seront toujours là-bas.

On les verra en plein jour. Ou plutôt ce qui en reste.

ONZE OTAGES ISRAÉLIENS, UN POLICIER ALLEMAND

ET CINQ TERRORISTES PALESTINIENS ONT ÉTÉ TUÉS DURANT L'ATTAQUE.

LE 5 SEPTEMBRE 1972 ÉTAIT LA PREMIÈRE FOIS

QU'UN ACTE TERRORISTE ÉTAIT DIFFUSÉ EN DIRECT DANS LE MONDE.

IL Y A EU 900 MILLIONS DE TÉLÉSPECTATEURS.

Sous-titres : Laura Delagrange

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