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Angela, tu veux savoir pourquoi je suis content ?
Allez, demande-le moi.
Comment ? Ils me prennent pour un fou ?
Non, non. Personne ne prend Matteo Scuro pour un fou.
Sois tranquille.
Je n'ai peur de r�pondre � aucune question.
Nous nous appelons "Scuro" mais il n'y a rien d'obscure chez nous.
Tout au grand jour.
Allez, pose-moi la question.
Pourquoi je suis content ?
Je vais te le dire pourquoi je suis content.
Parce que je sens dans l'air le parfum des citronniers
qui vient de la campagne.
Sens, sens toi aussi.
Quand on sent la fleur de citronnier,
�a veut dire que bient�t l'�t� sera l�.
Quel rapport avec l'�t� ? Il y en a un, il y en un...
Je viens de louer cinq...
Comment �a s'appelle ? Aide-moi ! Un mot russe.
Bungalow !
Cinq bungalows au nouvel �tablissement baln�aire.
�a fera une belle petite surprise aux enfants pour les vacances.
Qui sait ?
Peut-�tre que cette fois,
on arrivera � les r�unir tous autour d'une table
comme au bon vieux temps.
�a te plait ?
Tu es contente ?
Il me semble entendre les cigales.
Les cigales sont l� ! C'est bon signe !
Lo Piparo! M. Lo Piparo !
Je vous rends les cl�s.
Je suis navr�. C'est de l'argent jet� par les fen�tres !
Que voulez-vous. Les surprises, c'est comme �a.
Certaines marchent et d'autres ne marchent pas.
Que peut-on y faire ?
Merci et bonne continuation.
Au revoir, Don Matteo.
Lo Piparo !
Vous ne voulez pas savoir pourquoi ils ne sont pas venus ?
Non !
Demandez-le moi pourquoi ils ne sont pas venus.
Pourquoi ne sont-ils pas venus ?
Ils avaient trop de travail !
Tant mieux pour eux !
On a plus qu'� attendre l'�t� prochain !
Vous oui, mon cher Lo Piparo. Moi non !
Question :
Est-ce une vie pour des parents d'avoir leurs enfants au loin
et de ne les voir qu'� la mort d'un pape ?
Est-ce une vie pour des parents
de ne pas pouvoir imaginer la vie de leurs enfants,
de n'avoir m�me jamais vu leur maison.
le lit o� ils dorment le bureau o� ils travaillent,
le bar o� ils prennent leur caf�.
R�ponse : Non.
Cent fois, non.
N'oublie les cale�ons longs et la cravate de cachemire
et les gouttes pour ma tension.
Ne fais pas cette t�te. Je te raconterai tout.
Je te rapporterai m�me des photos.
Don Matteo !
- Comment allez-vous ? - Bien.
Je vous ai reconnu tout de suite. Votre chapeau vous sert de passeport.
- Demandez-moi o� je vais. - O� allez-vous ?
Je vais voir mes enfants.
En train, vous n'y arriverez jamais.
Prenez l'avion, Mangez en Sicile et chiez sur le continent.
Je sais, mais j'ai peur en avion.
Alors... que c'est un plaisir !
�crivez-moi !
Bon voyage, Don Matteo !
Et rappelez-vous, le vin se fait avec du raisin !
Une vieille histoire ! Comment la connais-tu ?
Du temps de la mairie. Mon p�re la racontait toujours !
Un brave homme, ton p�re.
Un ami.
Trente ans de service ensemble !
- Comment va-t-il ? - Il est mort !
Fais lui mes amiti�s !
A mon retour, je viendrai le voir !
ILS VONT TOUS BIEN
Papa, un cheveux blanc !
Cherche bien.
Pour chaque cheveux papa te donnera cinq lires.
Super !
Alvaro, viens !
Papa, il a rien que des cheveux blancs !
Billet, s'il vous pla�t.
Monsieur, votre billet, s'il vous pla�t.
Tenez. Bon voyage.
Cette photo doit �tre � vous. Elle est tomb�e.
Merci.
Heureusement, c'est la seule que j'ai.
Belle photo. Vous faites du th��tre ?
Non, c'est juste un portrait de famille.
Regardez, au centre, c'est moi et ma femme.
Et autours, nos enfants.
Guglielmo. en Guillaume Tell de Rossini
Alvaro. "La force du Destin" de Verdi.
Norma, d'apr�s Bellini.
Tosca, de Puccini. On en a fait un film.
Et Cannie le clown.
Je leur ai donn� des noms de personnages d'op�ra.
J'ai toujours �t� un fanatique du lyrique.
C'est pourquoi il y a quatre ans � carnaval
ils m'ont fait cette surprise. Ils se sont d�guis�s comme �a.
Vous voulez les voir ? Je vous en prie.
Ce ne sont plus des enfants.
Vous avez raison, mais que voulez-vous ?
Les enfants, quand ils sont petits, on les imagine d�j� grands.
Et quand ils ont grandi, on les voit toujours petits.
Je parie que vous aussi vous voulez la voir.
Elle vous pla�t ? Faites-la voir � la demoiselle.
- Belle. - Passez-la � votre fianc�.
- Ce n'est pas mon fianc�. - �a ne fait rien.
- Famille nombreuse... - Si on compte
les femmes, les enfants les amis, tout un escadron !
Tout un bout d'Italie !
Ce n'est pas parce que ce sont mes enfants
mais je vous le dis, c'est une satisfaction.
Je ne sais pas, ils ont...
un petit quelque chose.
Tous occupent des postes importants.
Mais ce qu'il y a d'exceptionnel, ceux ne sont pas des t�tes br�l�es
On s'est sacrifi�s.
Je vous fait une confidence.
C'est la premi�re fois que je vais les voir.
D'habitude, une ou deux fois l'an, ceux sont eux qui viennent.
Je vous d�range ?
Vous voulez pas savoir ce qu'ils font, o� ils vivent ?
Franchement... non. Merci.
Comme vous voudrez.
Vous ne savez pas ce que vous manquez.
Pardon, pourriez-vous... me prendre en photo ?
Merci.
Merci. C'est pour ma femme.
Je suis Sicilien, de Trapani.
Vous ne voulez pas savoir o� je vais ?
Je suis Napolitain ! Moi aussi, je suis Napolitain !
Je veux un milliard de lires !
Un milliard !
Voleurs ! Assassins ! L�ches-cul !
Tous des voleurs, des assassins !
Assassins, l�ches-cul !
Je veux un milliard ! Voleurs, assassins, l�ches-cul !
Si vous ne m'apportez pas l'argent, je fais un carnage !
Je vous laisse jusqu'� ce soir pour m'apportez l'argent !
Sinon je vous rase toutes vos antennes de t�l�vision !
Il est arm�. Il faut appeler les carabiniers.
Ce n'est qu'un jouet. On a l'habitude.
Les carabiniers aussi.
L�ches-cul !
Si je n'ai pas l'argent ce soir,
je casse toutes les antennes !
Qui c'est ?
Alvaro, devine qui est l� ?
Un connard.
Scuro.
Pardon, o� pourrais-je trouver...
- Dans le micro. - O�, l� ?
Parlez dans le microphone, l�.
Ah, l�.
Excusez-moi, o� pourrais- je trouver M. Alvaro Scuro ?
Il est ici, � l'universit� de Naples. dans l'administration.
Quel nom avez-vous dit ?
Scuro, Alvaro Scuro. C'est mon fils,
et donc aussi votre coll�gue. Vous devriez le conna�tre.
Scuro Alvaro... Il est ou en vacances
ou en mission, ou bien malade,
ou en commission syndicale ou m�me � la retraite
ou alors il n'est pas venu travailler aujourd'hui.
Ce qu'il y a de s�r, c'est qu'il existe.
Au moins �a.
Bonjour, vous �tes sur le r�pondeur d'Alvaro Scuro...
Je ne suis pas l�.
Laisser votre message et votre nom avec votre num�ro de t�l�phone,
je vous rappellerai d�s mon retour.
Ne parlez qu'apr�s le bip sonore.
Merci.
All�, c'est moi...
Stupide r�ponse d'une machine.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Je ne peux pas parler � une voix qui a l'air de sortir d'un frigo.
�a me donne l'impression que la terre ne tourne plus rond.
On dit qu'� Naples, �a grouille de monde.
Regarde moi �a, pas �me qui vive.
Un peu de compagnie, grand-p�re ? Regarde un peu mes cuisses.
Et regarde les miennes.
Bien...
Alvaro,
je voulais te faire une surprise.
Mais o� es-tu pass� ?
Tu n'as pas dormi � la maison.
Tu as toujours su s�duire les femmes, pas vrai ?
Mouche-toi. Tu as toujours le nez qui coule.
Toujours le nez plein.
Oui, vas-y.
Tu es fatigu�, papa ?
- Un petit peu. - Je m'excuse.
Mais l�, o� tu vas ?
Dites, je m'excuse, la 12, elle existe toujours ?
Je disais la chambre n�12, elle est toujours l� ?
O� voulez-vous qu'elle soit all�e ?
L� voil�.
On ne peut jamais savoir.
Demandez-moi pourquoi je veux la 12.
- Pourquoi voulez-vous... - Demandez-moi.
D'accord. Pourquoi la n�12 ?
Quand je me suis mari� il y a 45 ans,
nous sommes venus en voyage de noces � Naples,
et nous avons dormi ici dans la chambre n�12.
Vous ne voulez pas savoir combien j'avais pay� ?
- Demandez-le moi. - Combien ?
70 lires, � deux.
Aujourd'hui, �a repr�senterait... 20 000 lires.
Plut�t 60.
- 60 quoi ? - 60 000.
Tout � bien chang�.
Mais les meubles, c'est toujours les m�mes.
Tu te souviens de notre premi�re nuit ?
Tu voulais dormir toute habill�e.
Et moi, par d�fie, je me suis couch� avec mon chapeau.
Comment c'est possible ?
Comment a-t-il fait ?
Pourquoi ?
Ne parlez qu'apr�s le bip sonore.
Merci.
All�... J'esp�re que �a enregistre.
C'est papa. Je suis � Naples, mais je t'ai pas trouv�.
O� es-tu ? Tout va bien ?
Je...
Je t'attendrais bien...
Supposons que tu arrives tr�s en retard...
Tu as plein de rendez-vous...
Qu'est-ce que je fais moi ?
Tu n'appelles jamais.
Alvaro, je vais aller voir ton fr�re Cannie.
Mais ne lui t�l�phone pas avant que j'arrive.
Je veux lui faire la surprise.
Maintenant, j'ai mon train � prendre.
Ciao.
Je suis toujours ton papa ch�ri.
Posez-moi aussi cette question.
Pourquoi � 74 ans, un retrait� fait de l'auto-stop sur l'autoroute ?
A cause de la gr�ve des trains.
Mais vous allez trop vite en besogne.
Vous devez juste poser la question
et la r�ponse, c'est moi qui la donne.
- Vous �tes sicilien ? - Oui.
- A quoi vous avez vu �a ? - Votre accent n'est pas de la r�gion.
Qu'est-ce qu'il fait votre fils � Rome ?
Voyons si vous pouvez deviner.
Je ne vous donnerai qu'un seul indice.
Quand il est n� en 1947
c'�tait le jour des �lections r�gionales.
Sa m�re, dans les douleurs, a �t� vot� � pied.
Seule, car moi, j'�tais au d�pouillement.
Elle est rentr�e et au bout d'une demi-heure, Cannie �tait n�.
Quelqu'un qui est n� dans ces conditions, � votre avis,
quel m�tier il peut faire ?
Accoucheur.
Vous me pardonnerez l'expression.
Vous voyez celui qui pisse � c�t� de son pot de chambre ?
C'est vous.
O� allez-vous ?
Vos papiers.
- Sicilien ? - Oui.
Grand-p�re !
Grand-p�re !
Erina !
C'est les gardes gardiens du juge Brandi.
Tu as du le voir � la t�l�.
Il habite ici ?
Il est au lit avec de la fi�vre depuis une semaine.
Ceux sont mes amis. Ils ne font de mal � personne.
Je t'ai apport� un beau cadeau mais on l'ouvrira que ce soir.
Tu es seule ?
Maman est � la mosqu�e, papa est au parti.
Je remercie tous ceux
qui par leur participation
ont enrichi les travaux de notre convention.
avan�ant soit des r�flexions
soit des observations
soit de nouvelles propositions d'une immense valeur politique.
Moi, je ne serai pas bref,
m�me si les circonstances l'imposent.
D'ailleurs, pourquoi �tre bref ?
Notre vie est de plus en plus asservi � un rythme effr�n�
angoissant !
Il est sans doute venu, et pour notre parti surtout
de reconnaitre dans les th�mes du quotidien collectif
les sens d'une potivi...
Surtout bien scander "de la politique".
D'une politique de justice moderne
qui tienne compte du consensus social...
Une politique de justice moderne
qui tienne compte du consensus social...
et de l'inqui�tant d�fie auxquels nous confrontent
ces 10 ann�es qui marqueront la plan�te.
- Cannie ! - Papa !
Papa, regarde qui est l� !
Papa, depuis quand tu es arriv� ?
Depuis quand tu es l� ?
Pourquoi tu restes l� comme une souche,
Viens avec nous.
Toutes ces colonnes ! On se croirait � Saint Pierre.
Dommage qu'on puisse pas faire des photos.
C'est grand. Combien de places ?
Papa, il y a plus de 50 000 musulmans � Rome.
Au village, on est deux fois moins.
- C'est toi qui as fait tout �a ? - Juste le chauffage.
Tu es bien trop modeste
Mais o� est-ce qu'ils regardent quand il prie ?
Par l�.
Bon app�tit
Dis moi, � ce congr�s, tu vas devenir secr�taire g�n�ral ?
Je te l'ai d�j� dit.
Pas secr�taire du parti
mais secr�taire de la f�d�ration d�partementale du parti.
C'est pareil. Ne jouons pas sur les mots.
Parlons d'autre chose.
Tu as enfin vu comment c'est chez nous.
- C'est beau, hein ? - Vraiment superbe. Bravo.
Alors, quand te d�cideras-tu � venir chez nous ?
- �a nous ferait vraiment plaisir. - Oui ! Allez viens !
Je vous remercie mais c'est impossible.
Comment voulez-vous qu'on fasse maman et moi, � notre �ge
pour tout d'un coup changer de vie ?
Non, on ne peut pas.
Qu'est-ce qu'elle dit ?
Tu peux rester autant que tu veux.
- mais va voir les autres. - Oui mais ne dis rien � tes fr�res
�a doit �tre une surprise.
A propos, o� est pass� Alvaro ?
Il n'�tait pas chez lui. Il y avait juste un r�pondeur.
Il est en vacances il a gagn� un voyage.
Il a gagn� un voyage ?
Il devait partir... Excuse-moi, je reviens.
Pourquoi vous d�branchez pas quand vous �tes � table ?
Gagn� un voyage. Il a toujours eu de la chance.
Et mon cadeau ?
... ne t'en fais pas � ce sujet...
Tu n'as pas foi dans le congr�s ?
Allons, tout le monde te soutient.
Arr�te.
Que devient mon interview ? Un mois que j'attends.
Rien � faire. ils refusent de la publier.
Que faut-il que je fasse ? Tuer quelqu'un ?
�a d�pend qui.
Il y a rien du tout.
Tu n'as pas assez bien cherch�.
Tu vas voir.
Ils se sont tous cass�s.
Quel dommage.
C'�tait une sp�cialit� de chez nous. Tu n'as jamais vu toi ?
Ton p�re en mangeait des kilos.
Il fallait l'amener chez le dentiste.
Je suis d�sol�.
Je connais d�j�. C'est des figurines en sucre.
Papa m'en ach�te � la p�tisserie sicilienne.
Elles sont l�-haut.
Tu as vu, papi ?
All� ?
Tosca ?
- Qui est-ce ? - Cannie.
- Ciao Cannie. - Comment vas-tu ?
Le parlement. Il est magnifique.
Un chef d'�uvre
Mais � la t�l�vision, il fait plus grand, plus naturel.
Il faut que j'y aille.
Avant de mourir. je veux te voir assis
� la chambre des d�put�s.
Bien. Ciao. Si tu te perds, prends un taxi.
Cannie, attends.
�a te dirait que l'on fasse un repas de famille comme avant,
mais ici, � Rome ?
Tr�s bien. Il faut voir avec les autres
Parfait, on verra �a.
Vas-y, je te regarde.
Bouge plus !
Maintenant, tu peux y aller.
M. le d�put�. Pour votre intervention d'aujourd'hui, et pour le congr�s
C'est long ?
38 min. 21 sec. Des coupes possibles de 4 min.,
- si vous le jugez opportun. - Parfait. Merci.
Je voulais vous demandez
votre impression quant � ma candidature...
- Pourquoi vous les tuez ? - C'est pas notre faute.
Ce n'est pas la premi�re fois. Encore ce matin...
C'est eux...
Quand ils survolent la ville
Ils perdent le sens de l'orientation.
Ils deviennent fous.
Ils se bousillent.
Ils se foutent en piquer et ils se bousillent.
Ceux-l�, ils vont s'en tirer.
Le vin, �a se fait avec du raisin.
File-moi tout.
- Quel �ge as tu ? - Moins que toi. Le fric !
Oui...
Je te le donne, mais ne me fais pas de mal.
- Qu'est que t'as dans la poche ? - Mais quel �ge tu as ?
Qu'est-ce que �a peut te foutre ?
Non, pas �a.
Je t'en prie.
Laisse-moi la pellicule. Tu ne me demandes pas pourquoi ?
Papi, tu commences � faire chier.
Je m'en branle de la p�loche.
En Am�rique, on m'aurait d�cor�.
Ici, je finis en prison.
J'ai la t�te de quelqu'un qui menace avec un couteau ?
Tosca !
Papa !
Qu'est-ce que tu as fabriqu� ?
Qu'est-ce que j'ai fabriqu� ? Tous des dingues !
Ciao, bon voyage !
Messagiere, Republica, Stampa, Unita...
Gardez les suppl�ments gratuits.
Tu n'�cris jamais ! Plus personne n'�crit !
Tu pourrais t�l�phoner. Au moins une fois par semaine.
Je ne sais jamais o� tu es, o� te trouver...
Tu te fous... de moi !
M�me si tu t'as une belle voiture, m�me si tu gagnes gros,
je reste ton p�re.
J'ai tourn� une pub pour les Japonais et j'ai d�fil� � Paris cet �t�.
Et en Sicile, tu ne viens jamais. Tu as m�me perdu l'accent.
- Heureusement. - Je t'en prie.
Je reviens de tourn�e � Pescara et je rentrai chez moi.
Chez toi ? O� ? La derni�re fois, c'�tait Padoue.
J'habite Florence maintenant.
Dis-moi, ce voyage qu'a gagn� Alvaro, c'est o� ?
- Il rentre quand ? - Dans quelques jours.
Il est aux Maldives.
Un concours de l'universit�. Devine combien il s'est class� ?
Premier. S�r comme la mort !
Un soir, il est venu au th��tre Il m'a foutu la honte !
Pourquoi ?
J'avais un petit r�le et � chacune de mes entr�es en sc�ne
il se mettait � applaudir et � crier "Bravo !"
Tout le public l'a imit�.
Et quand la t�te d'affiche entre, pas un applaudissement.
- Et ce d�fil� au palais... - Qui t'en a parl� ?
Je l'ai lu dans les journaux. Un article comme �a.
Bravo !
Oui.
Il ne manquait plus que �a.
Qu'est-ce qui se passe encore ?
J'en sais rien.
Il y ait encore le cerisier que j'ai plant� dans le jardin ?
Bien s�r, il est devenu g�ant.
Cette ann�e, il a donn� des cerises belles
et sucr�es...
comme des cerises.
�a suffit. Tu as la larme facile.
Allons voir ce qui se passe.
Comment s'enl�ve ce truc ?
Regarde moi �a. On s'en sortira jamais.
Ir�ne, tu m'entends ? Comment �a "O� je suis ?"
Bloqu� sur l'autoroute.
On y est. Entre.
�a sent le renferm� parce que j'�tais partie en tourn�e.
C'est superbe.
Un peu en d�sordre.
Tu ne te plaindras plus que je n'ai pas de domicile.
C'est grand.
C'est mon petit chez moi.
- C'est... - Une location.
On dirait un commis voyageur avec ta valise � la main.
J'ai toujours travaill� dans l'export
et je pense pas m'�tre mal d�brouill�.
Je suis dans l'export d'enfants en gros.
- On est que cinq. - Comment ?
Et les 19,882 actes de naissances enregistr�s
en 36 ans de mairie ?
On les oublie ? Les 3/4 sont dispers�s aux quatre coins du monde.
Ils doivent ignorer que sur le papier,
c'est moi qui les ait fait na�tre.
Un bataillon d'enfants.
S'il fallait les inviter � table,
ils ne tiendraient pas dans la plaine du Po
- Comment s'appelle cette �glise ? - Santa Croce.
Un oc�an de tuiles.
Comme au village.
Magnifique. C'est du cin�mascope.
Tu peux dormir dans le petit lit ou dans ma chambre.
Tu choisis.
Ce n'est pas moi qui choisis mais mon arthrose.
Il vaudrait mieux r�server d�s maintenant pour ton d�part.
Sinon, il n'y aura plus de place.
Ne t'en fais pas.
- Demande-moi ce que j'ai d�cid�. - Qu'as-tu d�cid� ?
J'ai d�cid� de rester jusqu'� ta repr�sentation
- Tu es contente ? - Je suis enchant�e.
Guglielmo !
Tosca, Alvaro.
Regardez.
Tu es une menteuse.
C'est fini, je te fous � la porte.
Sors d'ici !
Je t'en prie, �coute-moi.
Si lui ne souffrait pas autant, je serais d�j� install�e chez toi.
Fabio, tu me le paieras !
Ordure !
Je n'ai pas voulu te r�veiller en partant.
Le b�b� est le fils d'une amie.
Elle viendra le reprendre plus tard.
S'il pleure, donne-lui son biberon.
Ton petit d�jeuner est sur la table
Je serai en r�p�tition toute la journ�e...
Petit bout de chou.
C'est beau, hein ?
Avant, les b�b� pleuraient tellement qu'on les aurait tu�s.
�coutez-moi ce silence.
Allez, encore !
L�ve le menton.
Les bras en l'air.
Bien... non pas comme �a !
C'est pas ta gueule que je veux voir mais ton cul !
Sors le menton, rentre le ventre
On change. Allez-y les deux.
Stefano, qu'est-ce que tu fais l� ?
Comment �a va ?
Mal, mais �a n'a pas d'importance.
Je ne sais pas comment te le dire.
Ne le prends pas mal.
D'ici la fin de la semaine, je veux que tu me rendes la voiture
et l'appart aussi.
�a sera mieux pour moi et pour toi aussi.
Les belles cr�atures. Vous �tes pr�tes ?
Studio 2, ils cherchent des actrices
pour une grosse production am�ricaine. Ils ont des dollars.
Encore un autre porno.
C'est am�ricain, allez voir.
C'est am�ricain, pour toi aussi.
Et toi ?
�a ne m'int�resse pas.
Tu as besoin de quelques chose ?
Qu'est-ce qui t'arrives ?
Pourquoi tu pleures ?
J'ai compris.
Tu n'as plus ton feuilleton. Je vois �a.
O� sont les boutons ?
C'est flou !
Bon �a, le lait, bon.
Nous avons invent� une nouvelle t�l�vision.
Bonjour M. Scuro.
Je suis l'amie de Tosca. Je viens reprendre le b�b�.
Je vous en prie,
demandez-moi qui est ce mannequin en jaune et orange.
- Qui est-ce ? - C'est ma fille.
- �a se voit. - Merci.
Suis la une. En premier plan.
Toujours le m�me connard qui dit bonjour.
Sublime !
Je suis fier de toi.
Tu es heureuse, tu as r�ussis.
Il ne te manque plus qu'un bon mari.
Bien s�r !
Alors, on se revoit tous � Rome, promis ?
On sera tous l�.
J'oubliais.
Ne pr�viens pas Guglielmo que j'arrive.
- C'est une surprise. - Promis.
Tu as besoin d'argent ?
D'argent ?
Billet, s'il vous pla�t.
Ce n'est pas le billet.
- Comment ? - Je m'excuse.
Je n'ai pas fait attention.
Ce n'est pas vraiment bien r�ussi.
Je ne sais pas comment vous remercier.
On ne remarque rien.
Cela aurait �t� dommage de la perdre.
De quel spectacle s'agit-il ?
C'est une photo de famille.
L�, c'est moi, et eux ce sont mes enfants.
Guglielmo, Alvaro, Norma, Tosca, Cannie.
Ils ont tous des noms de personnages d'op�ra.
- J'adore l'art lyrique. - Moi aussi.
Vous voulez voir ?
Passez aux autres aussi.
Belle couleur.
Vous �tes parents ?
Pas exactement. Nous voyageons ensembles, nous sommes retrait�s.
Moi aussi, je suis retrait�.
Et je voyage aussi en train.
Je traverse l'Italie pour voir mes enfants.
Je vais � Milan. Je vais voir comment ils vont.
Vous ne voulez pas savoir o� nous allons ?
Monsieur, f�licitations.
Je ne voudrais pas �tre indiscret.
Posez-moi la question.
Demandez-le moi.
O� est-ce que vous allez ?
BONNES VACANCES
Ne le criez pas sur les toits, mais l'Italie est belle.
C'est bien vrai, vous parlez d'or.
Vous faites souvent ces excursions ?
Deux fois par an.
Nous sommes d�j� all�s � la ville d'eau de Fiuggi,
et aussi aux thermes de Satrunia.
Bienvenus � Rimini.
Nous remercions l'association des retrait�s d'avoir choisi notre ville.
La plage de Rimini accueille
le plus grand nombre de vacanciers au monde.
Elle poss�de les �quipements les plus modernes.
Un ma�tre nageur tous les 10 m�tres surveille les baigneurs.
Si un enfant vient � se perdre nous le retrouvons en quelques minutes
En Sicile, il s'en perd parfois, on les retrouve jamais
Rimini vous souhaite � tous un agr�able s�jour.
Merci !
Et maintenant une polka pour les plus acharn�s !
Une polka.
Demandez-moi � quoi je pense.
- A quoi pensez-vous ? - M'accorderiez-vous cette danse ?
Mais bien s�r.
Vous n'�tes pas fatigu� ?
Non.
Qu'est-ce que vous avez ?
Si on s'asseyait ?
- �a va mieux ? - Oui.
- Vous voulez quelque chose ? - Non.
Il y a si longtemps que je n'ai pas dans�...
C'est s�r que pour un ex-bersaglier...
Pardonnez-moi.
C'est terrible de se sentir mal loin de chez soi
et que l'on est seul.
Vous n'avez pas d'enfant ?
Si, j'en ai deux.
Mais vous savez, � partir d'un certain �ge...
ils se d�tachent de vous.
Ils ont besoin de se d�tacher.
Ils ont raison d'ailleurs parce que...
il faut le reconna�tre, nous sommes barbants.
Les miens se sont mis d'accord. Ils ont trouv� une maison de retraite.
Charmante d'ailleurs.
Un ancien couvent au milieu des oliviers
C'est tr�s bien.
Mais... ils ne viennent jamais.
Ils me t�l�phonent.
L'autre jour, il y en a un qui n'a m�me pas reconnu ma voix.
- J'ai raccroch�. - Il fallait dire que c'�tait vous.
Les lignes sont souvent en d�rangement.
Vous comprenez, Matteo, parfois...
il est plus facile de faire comme si de rien n'�tait,
de ne pas chercher � s'expliquer.
C'est peut-�tre m�me amusant.
Autrement, il faut s'attendre � tout.
M�me � �tre rejet� par ses propres enfants.
Madame, ne me demandez pas pourquoi je suis triste.
Je ne vous le demanderai pas car je le sais d�j�.
Ne poursuivez pas votre voyage. Laissez tomber.
Non, je ne peux pas.
Et en toute honn�tet�, je ne veux pas.
J'ai promis � ma femme qui m'attend en Sicile.
Et puis, avec mes enfants, nous sommes tr�s proches.
Rien ne nous s�parera jamais.
Ce fut un merveilleux moment.
Pour moi aussi.
Madame, je...
je n'ai jamais bais� la main d'une femme. Vous permettez ?
Votre main est froide.
Votre c�ur est noble. Je ne l'oublierai pas.
Sois tranquille. Je ne te tromperai pas.
Excusez-moi.
J'ai trois enfants.
F�licitations.
Moi j'en ai cinq... et...
Monsieur... �coutez... Vous vouliez peut-�tre l'aum�ne ?
Va chier.
Qu'est-ce que vous faites ?
Toujours en retard, les instruments � vent.
On recommence Mesure 32.
- Que fais-tu ici ? - �a ne te fait pas plaisir ?
- Mais si. - Il me semblait.
Guglielmo, tu ne joues pas ?
La grosse caisse, ce n'est pas comme les violons.
�a joue de temps en temps.
Mais quand c'est le moment de jouer...
Tu aurais du me dire que tu venais.
Comment je vais faire ?
Apr�s la r�p�tition, je fonce � l'a�roport.
Je pars � Londres.
Le boulot.
Apr�s.
La premi�re fois que je me plante en 10 ans.
Il faut vraiment que tu arrives.
Pourquoi tu me regardes comme �a ?
�a ne te pla�t pas que je parte ?
Pour les Scuro, se voir est devenu un v�ritable luxe.
Mais ce n'est pas �a.
Je n'aime pas ton rire. Je ne t'ai jamais vu rire comme �a.
Je ris comme d'habitude.
Je te connais trop bien, mon fils.
Tu ne pars pas � Londres.
Tu me prends pour un con.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je suis sur le d�part d'une tourn�e en Europe.
Pourquoi je te mentirai ?
C'est � toi de me le dire. Moi je le sais d�j�.
Qu'est-ce que tu sais ?
Rien.
Mais tu me caches quelque chose.
Je le lis sur ton visage.
C'est vrai. Je te cache quelque chose.
Je savais que tu viendrais � Milan.
Tosca m'a t�l�phon�.
Je lui avais demand� de ne rien dire.
Je voulais te faire une surprise.
Je t'attendais depuis trois jours.
Moi ?
Toi aussi, tu es un cachotier.
Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je cache quoi ? - O� �tais-tu ?
Moi ? O� veux- tu que je sois all� ?
O� �tais-tu pass� ?
Voil�, j'appelle �a rire.
- Noie le poisson. - Je ne noie rien du tout.
Fiston, qu'est que tu veux...
Je ne voudrais pas vous d�ranger.
Soit vous me faites participer � votre hilarit�,
soit vous me laisser finir mon travail.
Ciao, Antonello, c'est papa.
Excuse-moi d'effacer ton morceau pr�f�r�.
Je voulais �tre s�r que tu aies bien mon message
Je te rach�terai la cassette.
Ta m�re et moi partons ensemble quelques jours.
�coute moi bien, il y a une surprise pour toi.
- Et souviens-toi... - Le vin �a se fait avec du raisin !
- Matteo ! - Antonello.
- Fais voir... - D'o� d�barques-tu ?
Tu es devenu grand.
Qu'est-ce que �a veut dire ton histoire du vin et du raisin ?
�a � l'air g�nial, mais moi, je suis largu�.
Un paysan est devenu riche en faisant du vin.
Toute sa vie, il n'avait produit que du vin.
Ses enfants qui travaillaient avec lui, �taient aussi devenus riches.
A l'heure de sa mort, ce paysan
rassembla ses enfants et leur dit :
Mes enfants, avant de mourir je vais vous confier un grand secret :
Le vin peut se faire m�me avec du raisin !
Ne ris pas comme �a. Tu vas me faire tomber.
Ce truc, � le voir, on dirait du plastique.
C'est vrai.
Et puis tu manges, et c'est du plastique !
Remarque, c'est pas mauvais.
Papi, tu es toujours gai. Tu n'as pas l'air d'un vieux.
Primo, je ne suis pas un vieux.
Comme certains que l'on voit ici.
Secundo, comment dire...
Moi la mort, je lui fais un cul comme �a.
A moi de poser les questions.
Dis-moi, qu'est-ce qu'il a ton p�re ?
J'ai l'impression que quelque chose ne va pas.
C'est s�r.
Avec ta m�re, comment �a va ?
Pas trop mal. Enfin, disons...
Moi, j'ai mes trucs. La salle de gym,
les copains, les �tudes...
Finalement, je ne les vois jamais.
D'accord, parfois on se croise mais...
On se parle, mais c'est comme si on parlait dans le vide.
Mais comment c'est possible ?
Viens, je vais te faire voir un truc g�ant.
- C'est pas possible. - �a te pla�t ?
- Des lucioles. - C'est beau, hein ?
A Milan, et on dit qu'il n'y en a plus.
C'est comme un r�ve
Regarde tout ce qu'il y a.
Autant que �a, je n'en avais pas vu quand j'avais ton �ge.
Papi...
Quand tu avais mon �ge tu avais... tu sortais d�j� ?
Je ne sortais pas, je tombais amoureux.
C'�tait le fille du charbonnier.
Elle s'appelait Rosa.
Et toi, avec qui tu sors ?
Elle s'appelle Linda. Je ne sais plus quoi faire.
Laisse venir les choses.
Tu veux un conseil ?
Avec les femmes ne sois jamais timide.
Dis tout ce qui te passe par la t�te.
Mais attention.
quand une femme te dis qu'elle ne peux plus vivre sans toi,
�a veut dire qu'elle va te quitter.
- M�fie-toi. - Et si c'est vrai ?
Si c'est vrai, elle ne te le dis pas.
- C'est quoi le probl�me ? - Elle est enceinte.
Merde.
Mais comment t'as fait ?
- Ne dis pas que tu sais pas... - Tu es encore qu'un enfant.
Regarde, j'ai d�j� des cheveux blancs, trois.
- �a fait 15 lires. - Quoi ?
Rien.
Et le jeune fille, qu'en pense-t-elle...
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu m'as filout� alors ?
C'�tait une vanne.
Une de mes inventions, tu vois.
Il y a une vitre !
Mais Linda est vraiment enceinte et c'est pas une vanne.
Allons nous coucher.
Une gamine enceinte.
Histoire de fou.
La Scala.
Angela, combien de fois nous nous sommes dit que
nous devrions aller voir La Traviata.
Et puis c'est rest� lettre morte.
Maestro, "La Traviata".
Pr�lude du troisi�me acte.
Merci.
Alvaro, c'est papa.
Tu n'es toujours pas rentr� ?
Amuse-toi, c'est bien.
Appelle-moi d�s ton retour.
Je serai � Turin, chez Norma.
Je t'embrasse.
Je suis toujours ton petit papa.
Je ne sais pas si tu as bien fait.
Tu le suis depuis trois jours. �a ne r�sout rien.
Tu n'as rien � lui cacher toi.
On aurait d� rester avec lui.
Tu as peut-�tre raison.
Il a toujours �t� comme �a avec moi.
Il suffit qu'il me regarde dans les yeux, pour qu'il comprenne.
Si j'�tais rest� avec lui, il aurait tout d�couvert.
J'ai honte de m'�tre cach�,
mais je ne pouvais pas faire autrement.
- Papa ! - Norma !
On peut pas faire de surprise. Vous savez toujours tout.
Ciao papa.
Milo, un bisou � papi.
Un bisou.
Tu ne veux pas faire un bisou � papi ?
il sent mauvais, papi.
Tu peux rire.
Quand on voyage, on se lave pas souvent.
Et puis, on ne d�range pas vos seigneuries.
Ton mari c'est pareil, tu lui frottes le dos comme moi ?
Bien s�r.
Et vous parlez ?
Quelquefois.
Ta m�re et moi, on se parlait plus dans la salle de bain qu'au lit.
Elle avait des mains si calleuses, qu'il n'y avait pas besoin d'une �ponge.
Canaille ! Et �a c'est quoi ?
C'est pour moi. Tu lui frottais le dos � maman ?
Mon mari non plus. D�p�che-toi.
C'est un vrai poison ces mousses modernes.
On peut venir te voir au bureau ?
Impossible aujourd'hui J'ai des r�unions.
Dommage, j'aurais aim� te voir avec tes subalternes.
Si tu te perds, prends un taxi.
Ne tra�ne pas trop.
Bon travail "Mme le directeur".
Et fais-les r�parer ces t�l�phones. Ils ont des acc�s de d�prime.
Allez, � l'�cole. On est en retard.
Tu es f�ch� pour hier ?
Entre homme du monde, on va pas se f�cher.
Tu es en retard.
T�l�gramme bonjour.
Vous r�p�tez le num�ro.
Cours papi. Allez cours !
Je n'en peux plus. Une minute !
Pour d�faut de paiement - stop - suspension des fournitures...
Cours !
Milo, arr�te-toi !
Mes plus sinc�res condol�ances. C'est bien �a ?
Et tout nos v�ux de bonheur.
Vous r�p�tez ?
Je t'en prie, fais-le pour moi.
Marco !
�a n'a plus aucun sens. �a va faire huit ans.
Huit ans pas huit semaines.
Tu ne t'es pas fait une raison ?
Je suis s�r qu'on peut encore vivre ensemble.
Chaque fois que l'on se voit, il faut que se soit sordide.
Chaque ann�e � no�l, ou chaque �t�, c'est pareil.
Descendre en Sicile
avec la peur du faux pas et d'�tre d�couvert.
- Je hais les vacances. - Alors finissons-en.
Toi, tes fr�res, ta s�ur et votre com�die du bonheur !
Parle moins fort.
Chaque fois que je le vois, il me fait piti�.
Il a de la chance, il ne sait rien des autres.
On va pas lui dire maintenant...
apr�s ce qui s'est pass�.
Moi, je l'aime bien.
Mais il faut que �a cesse.
Je vous en prie,
ne me demandez pas ce que je fais ici.
Je ne sais pas.
Qu'est-ce que vous faites � roder ici ?
Vos papiers.
Sicilien ?
C'est grave ?
L'ami !
Pas de taxi !
Trop tard !
Viens l'ami.
Il fait froid.
Il y en a un de libre. Un grand
Et confortable. Bonne taille pour toi.
Viens dormir, l'ami.
Norma...
Qu'y-a-t-il avec ton mari ?
Je ne suis pas amoureuse de lui. En plus, on n'est pas d'accord.
Mais on a pas divorc�.
Parque que tu tiens trop au mariage.
Tu souffrirais.
On divorcera apr�s. De toute fa�on,
je n'ai pas encore rencontr� celui qui pourrait me comprendre.
Je vis seule avec mon fils.
Vous m'avez racont� des histoires.
Mais pourquoi ?
La v�rit�,
on voulait pas te faire de la peine.
Surtout que tu es vieux et malade et que tu vas bient�t mourir.
Tosca...
ce b�b�...
c'est le tien, hein ?
Oui, je ne t'ai pas dis la v�rit� parce que j'ignore qui est le p�re.
Je ne savais pas comment tu aurais pris �a.
Il y a tant de choses que nous ne t'avons jamais dites.
Mais pourquoi ?
Tu voulais qu'on soit le meilleurs et tu criais criais...
Tu as oubli� ? Tu nous tapais d��u.
Mais je le faisais pour votre bien.
Pour que vous endurcir.
Alvaro, o� es-tu ?
Quand est-ce que je pourrais te revoir ?
J'ai comme un mauvais pressentiment.
Je te vois l� o� finissent les plus malhonn�tes.
M�me si c'est vrai, c'est plein d'innocents.
Mais je peux pas te dire o� je suis.
A la maison, il ne reste plus que ta fronde. Je la fiche au feu !
Que voulez-vous que je fasse ?
Fais semblant de rien, papa.
C'est mieux pour tout le monde.
Mais qu'est-ce que je vais lui dire � votre m�re ?
Qu'on est encore une fois
la satisfaction d'�tre r�unis autour d'une table.
Comme au bon vieux temps.
Au moins �a.
Vous viendrez tous manger � Rome.
Levons nos verres tous ensemble !
- Nous attendons encore ? - Attendre quoi ?
Nous sommes tous pr�ts. Douze bouches affam�es !
Tu ne bois pas ? �a ne te pla�t pas ?
Milo, regarde, la serviette.
Papa, non.
Les gens nous regardent.
Et toi, Cannie, Comment a march� ton congr�s ?
Combien de voix tu as eu � ton �lection ?
Bien, j'ai eu pour ainsi dire 80% des votes.
C'est un triomphe !
Bravo M. le d�put� !
Et toi Maestro, cette tourn�e en Europe, un v�ritable succ�s, non ?
J'en �tais s�r. Je suis fier !
Il fallait t'y attendre.
Il �tait impossible de nous avoir tous ici.
Bon app�tit
C'est toujours mauvais signe
quand � une r�union familiale, seuls les hommes se pr�sentent.
Bien s�r...
Tosca...
doit �tre � la premi�re d'un grand spectacle.
Et Norma devait participer � une r�union au sommet.
Et Alvaro...
Je ne veux pas savoir ce qu'il a fait !
Ni dans quelle prison il est enferm�.
Je veux juste savoir quand il sortira.
Papa...
Alvaro est mort.
C'est arriv� en plein �t�.
En juillet.
La derni�re fois que je l'ai vu...
c'�tait six mois avant.
Il �tait fatigu�.
Il supportait mal la solitude.
Nous en avons beaucoup parl�.
Mais je ne croyais pas qu'un jour il en arriverait l�.
Il s'est suicid�.
Et encore aujourd'hui,
je ne sais pas si c'est bien ou mal...
nous avions d�cid� de ne rien te dire.
Les journaux n'en n'ont pas fait mention.
si ce n'est en deux lignes.
En plus, l'orthographe du nom �tait fautive.
O� est-il ?
Il para�t qu'il...
qu'il a pris un bateau.
Il est all� au large...
Et puis...
On ne l'a pas retrouv�.
C'est comme si il n'�tait nulle part.
La mer, c'est grand.
Menteurs.
Esp�ce de sales menteurs !
L'orthographe fautive ?
La solitude ?
Qu'est-ce que �a veut dire, mourir de solitude ?
Aujourd'hui, qu'est-ce que �a veut dire ?
La solitude.
Avec les journaux, et la t�l� qui te surveille m�me le trou du cul !
Que deux lignes, le nom mal �crit, mais je dis merde !
Si un Alvaro meurt, un homme jeune de 39 ans
fort,
le plus intelligent de nous tous,
c'est en premi�re page qu'on le met !
Pas de corps ? Alors il est vivant !
Combien sont-ils a en avoir plein le cul,
qui disparaissent un mois ou deux et puis reviennent ?
Lui aussi a du faire �a.
Il lui est arriv� quelque chose.
Peut-�tre...
un chagrin d'amour.
Alvaro est bien trop sensible.
Maintenant, laissez-moi seul.
Personne ne chante ! Allez, chantez !
Personne ne chante ici !
Chantez !
Laisse-moi voir.
Chantez !
Qu'est-ce que tu as, papa ?
Tu te sens pas bien ?
Quand tu me donneras mes 140 lires ?
Tu te rappelles, quand je t'enlevais tes premiers cheveux blancs.
Tu m'avais promis 5 lires par cheveux blanc.
J'en ai trouv� 28.
140 lires.
Monsieur, votre billet.
Excusez-moi, vous avez perdu �a.
C'est une belle photo. Vous �tes dans le spectacle ?
Oui, le spectacle...
Matteo, combien de fois je te l'ai d�j� dit ?
L'argent dans la main.
L'argent dans la main.
Tu ne t'en souviens plus ?
La premi�re fois que l'on doit couper les ongles d'un enfant
il lui faut de l'argent dans la main.
M�me un centime. �a lui donnera sant� et richesse.
Combien de fois il faut te le dire ?
Tu as raison, maman.
J'avais oubli�.
Matteo, qu'est-ce qu'il y a ?
Je croyais que mes enfants �taient heureux.
Ils ne le sont pas du tout.
Les sacrifices n'auront servi � rien.
Ni le tien, maman.
Ni m�me le mien.
Les recommandations que j'ai sollicit�, les d�put�s que j'ai suppli�,
Tous les examens, la facult�,
les concours, l'avancement
les pr�ts de la banque,
les traites
Je te l'avais dit, Matteo,
il faut leur mettre l'argent dans la main,
quand on leur coupe les ongles la premi�re fois.
M�me un centime suffit.
Un gar�on.
Alors, il s'appellera Matteo.
Il est hors de danger, mais �a a �t� grave.
Un vrai miracle.
Surtout ne le fatiguez pas.
J'ai enfin r�ussi � vous avoir tous ensemble.
L'ennui c'est que... on n'est pas autour d'une table.
�coute-moi.
Ta copine et toi...
le b�b�, gardez-le bien.
Vous aurez des probl�mes avec vos familles...
mais tout s'arrange toujours.
une fois qu'il sera n�,
la premi�re fois que vous lui couperez les ongles,
mettez-lui un million dans la main.
�a lui donnera la sant� et la richesse.
Souviens-toi de �a.
Autre chose.
Ne lui apprenez pas � devenir quelqu'un.
Prenez-lui � devenir comme tout le monde.
Dans ma vie, je n'avais pas beaucoup voyag�.
Et m�me, presque jamais.
Je ne sais rien faire.
Juste des actes de naissance.
Quand j'�tais jeune, je voulais devenir cheminot.
J'adorais les trains.
Je devenais fou quand je les voyais
au cin�ma.
Je ne suis pas tr�s instruit,
mais il y a une chose que je peux vous dire.
Souvenez-vous :
Le vin...
�a se fait m�me avec du raisin.
Et c'est le meilleur.
Dites tout �a � Alvaro quand il reviendra.
Maintenant que je suis rentr�, pose-moi cette question :
Comment �a s'est pass� ?
Angela, tu as peur de me demander ?
Je vais te r�pondre quand m�me.
�a a �t� un voyage important.
Mais je m'excuse, je ne peux pas te faire voir les photos.
J'ai beaucoup march�.
J'ai appris des tas de choses.
Par exemple,
que notre terre n'est pas belle comme tout le monde dit.
Elle est belle parce que pour nous,
tout ce qui est au loin,
nous para�t plus beau.
Oui.
Comment ? Nos enfants ?
Nos enfants...
ils vont tous bien.
On les respecte sur le continent.
Et nous, nous pouvons marcher la t�te haute.
Et toute la Sicile peut-�tre fi�re d'eux.
Comment ? Bien s�r.
Ils t'envoient le bonjour, et ils t'embrassent bien fort.
Ils vont tous bien.
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