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Le petit garçon sait quelque chose.
- Il s'agit de quoi, à ton avis ? - Je n'en sais rien.
Pourquoi vous demandez à quoi je pense ?
Vous enquêtez sur mes pensées ?
Non, mais tu mens.
Qu'est-ce qu'il fabriquait ?
Nasrin, elle sait, elle ?
On a besoin de votre aide à tous.
Personne ne nous a jamais aidés.
C'est Marko.
Je suis occupé. Je peux te rappeler ?
Ca concerne Hussein et des putes.
Si j'avais un gobelet au cou...
Là, t'as bu au moins trois verres.
- Et alors ? - Tu dois parler à Erik.
C'est la Saint-Jean, j'ai pas envie de parler boulot.
Tu m'avais promis !
Oui, je verrai.
- Elle s'est endormie ? - Oui. Enfin.
- Toi aussi ? - Je me suis assoupi avec elle.
Erik...
Merci.
Fredrik a un truc à te dire.
Ils ont trouvé un corps à Bergsjon.
Et alors ? L'astreinte s'en occupera.
C'est à moi que la victime a téléphoné en dernier.
C'est lui ?
- C'est Marko ? - Il s'est fait égorger
pendant que vous faisiez la fête.
C'était qui, ce gars ?
Un petit voleur.
De la came petite échelle.
Un fainéant.
Et il avait des tuyaux pour nous ?
Je n'en sais rien.
Il faisait un peu de trafic d'armes aussi.
Il m'a dit qu'il avait des infos
sur Hussein Hussein
et des putes... Je crois qu'il voulait raconter
- autre chose aussi. - Il n'a pas eu le temps ?
Pourquoi ?
C'était la Saint-Jean !
Tu fais chier ! Je te donne un super contact
et tu fous tout en l'air. Il était précieux pour moi.
C'est pas moi qui l'ai tué.
Tu lui as parlé en dernier !
Du calme, les gars.
Je le connais depuis cinq ans.
Vu la quantité de sang,
le crime a eu lieu ici. On ne l'a pas traîné jusqu'ici.
Pas d'égratignures sur les mains.
Il a dû être surpris.
Ou il connaissait l'assassin.
Mais pourquoi ici ?
L'endroit est paumé, mais pas trop.
C'est un avertissement :
- "Si tu caftes, tu meurs." - J'en reviens à ces groupes
qui prônent la suprématie blanche. Ils font du trafic d'armes aussi.
Il ne s'agit pas d'un crime raciste.
Arrête avec ça.
D'accord. Chacun son opinion.
Tu as fait ce que tu as pu.
Tu t'es même déplacé le jour de la Saint-Jean.
J'aurai dû lui parler tout de suite.
Tu peux lui demander de signer ?
Merci.
Dis-lui que je suis navré et que je la remercie
d'être venue identifier Hama.
Ils risquent d'être expulsés
en Allemagne.
Expulsés ?
- Je ne fais que traduire. - Vous ne pouvez pas nous aider ?
On ne gère pas les statuts d'immigrés.
- Mais vous êtes de la police. - Oui, mais d'un autre service.
Hama a bien aidé la police.
Il parlait d'un certain Frangin.
Il a été tué parce qu'il aidait la police.
Nous verrons ce que donnera l'enquête.
Mais je ne pense pas qu'il y ait de rapport.
J'en suis certaine. Pourquoi le tuer sinon ?
Pourquoi vous écoutez cette musique ?
Je ne sais pas.
J'essaie de comprendre.
Comprendre quoi ?
Toute l'histoire.
C'était quoi, le business de Hama Ali Mohamed ?
Je ne le connaissais pas.
Comme tu ne connaissais pas Hiwa ?
Pourquoi vous dites ça ?
Parce que tu as menti sur Hiwa.
Il n'y a pas de raison que tu ne mentes pas sur Hama aussi.
Hama Ali
et sa famille étaient kurdes aussi.
- Ils connaissaient Hiwa ? - Je n'en ai aucune idée.
Déposez-moi là, s'il vous plaît.
Je vous remercie.
De quoi elle parle, cette chanson ?
Comme toutes les chansons,
de l'amour.
Je vous remercie.
L'interprète n'est pas là ?
Je ne suis pas venu pour ta maman, mais pour toi.
Elle demande si vous aimez les gâteaux.
Ils sont excellents.
Un policier ne doit pas mentir.
Nasrin est toujours en colère. Elle ne sort plus.
Elle reste dans sa chambre.
Laissez-moi tranquille !
- Bonne musique. - N'en faites pas trop, va.
Je n'en fais pas trop. Je l'aime bien.
C'est qui ?
Leyla Feriqi. Tout le monde la connaît.
- Ca te manque ? - Quoi ?
Ton pays.
C'est trop tard.
Pourquoi trop tard ?
Vous ne pouvez pas comprendre.
Vous venez faire quoi, là ?
- Tu le reconnais ? - Non.
- T'es sûre ? - Qui c'est ?
C'est Hama Ali, une autre victime.
Il a été assassiné comme Hiwa.
Pourquoi je le connaîtrais ?
Parce qu'il connaissait ton frère.
Il y a beaucoup de gens qui connaissaient mon frère.
Il s'est fait égorger parce qu'il savait des choses sur Hiwa.
Je veux savoir quoi.
Tu as peur ?
Maman ne veut pas que vous restiez là tous les deux.
De toute façon, il s'en va.
Encore une chose. Tu ne connaîtrais pas
un petit garçon
qui circule à vélo la nuit ?
"On venait de traverser la frontière.
"On n'avait plus de papiers.
"On s'en était débarrassés.
"Sinon, ils les auraient confisqués pour les réutiliser.
"Quelqu'un aurait pris notre nom, et nous, on serait devenus
"quelqu'un d'autre passant sans fin la frontière.
"Donc, quand on est arrivés ici, on n'avait pas de papiers.
"On n'avait pas non plus de nom.
"Ils ont pensé qu'on s'était débarrassés de nos papiers
"pour gagner de l'argent.
"Personne n'a cru
"que nous avions été obligés de fuir.
"Fuir.
"On fait toujours des allers et retours
"au-dessus de cette frontière.
"Je veux dire,
"nos noms.
"Vous comprenez ?"
Trois hommes ont été fusillés en pleine face.
Hiwa Aziz, Said Rezai et Jimmy Foro.
Puis Shahnaz, la femme de Said, qui s'est fait trancher la gorge.
Et cette nuit, Hama Ali.
Ca fait cinq meurtres.
- Et Hussein Hussein ? - Rien. Il est introuvable.
C'est incroyable. On sait qu'il est en vie,
qu'il a un appartement, mais on ne sait pas qui c'est.
Qui paie le loyer ?
Il a un compte bancaire.
Approvisionné par des virements en liquide.
Mais pourquoi tous ces meurtres ?
Si on le savait, on ne serait pas là.
Peut-être un règlement de compte entre trafiquants de drogue.
Les victimes auraient trouvé un autre moyen d'en importer.
Leurs concurrents les auraient tués pour donner l'exemple.
Mais on serait au courant, non ?
Tu crois pas ?
Ces meurtres sont entourés de silence. Les gens ont peur.
Peur que la vérité éclate.
Quelle vérité ?
Celle qui se cache forcément derrière ces meurtres.
Et si c'était des représailles ?
Des représailles d'individus qui agissent à leur guise
- sans se faire arrêter. - Comme les bandes de motards ?
Je l'ai déjà dit :
les groupes racistes se vantent toujours de leurs crimes.
Ils n'essaient pas de les étouffer.
C'est peut-être une nouvelle tactique.
- Et elle marche. - Qu'est-ce que tu veux dire ?
Terroriser les immigrés au point qu'ils chient dans leur froc.
- Fredrik a raison. - Commence pas, toi aussi.
Salut.
Vous avez fini de fouiller l'appartement de Hussein ?
Oui.
Hama Ali m'a parlé de prostituées. Des indices pour cette piste ?
Les prélèvements sont en cours d'analyse.
Ca demande du temps.
On n'en a pas.
Retourne-toi lentement.
T'es con, ma parole !
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Un tuyau.
Tu plaisantes ?
Cet endroit est sous surveillance
depuis plusieurs mois.
- Tu devrais le savoir ! - Je ne vous avais pas repérés.
On est discrets, c'est ça, l'idée.
Tu m'as foutu une trouille bleue !
Merde !
Berra, qui s'occupe des écoutes, a entendu quelqu'un entrer.
On est dans une camionnette, tout au fond des bois.
L'opération aurait pu foirer à cause de toi.
- T'es pourtant pas un amateur ! - C'est bon.
Ca va !
J'ai compris !
C'est à cause de ces meurtres qui se sont produits à Hjallbo.
Tu es au courant ?
- Oui. - Je suis sûr
qu'ils ont été commis par des racistes. Tu vois ?
Ces mecs donnent dans les armes et les stups.
Ils se foutent bien des Kurdes ou des immigrés de Hjallbo
et de Hammarkullen.
- T'en es sûr ? - Sûr.
Ils n'ont pas parlé des meurtres ?
Nous, on n'a rien entendu. Et nous entendons tout.
Alors...
Tu es devenu un cow-boy ou quoi ?
Tu galopes en solo, maintenant ?
- Merde ! - Viens.
Dépêche-toi.
Plusieurs personnes vivaient ici en plus d'Hussein.
Selon la voisine, personne n'est venu dernièrement.
- Apparemment, il a pris la fuite. - Mets-toi à sa place.
Non seulement tu risques d'être torturé,
mais aussi d'être tué.
T'as perdu toute ta famille. Il ne reste plus que toi.
Tu ferais quoi s'il n'y avait pas d'autre échappatoire
que les confins d'un enfer de sable ?
Je m'enfuirais.
Tu paies une fortune à un passeur,
et tu poses enfin ton pied en Suède.
Une fois sur place,
tu es confronté aux soupçons,
aux groupes pro-nazis.
Ces gens n'aiment pas les immigrés.
Ils n'aiment pas ta religion,
même si tu n'en as pas.
Tu finis par devenir totalement suspect.
Alors, qu'est-ce que tu fais ?
Hein ?
- Je change d'identité. - Exact.
Comme Hussein Hussein.
Je veux qu'on mette cet endroit sous surveillance.
Les maquereaux et les filles reviendront
pour voir ce qu'est devenue leur planque.
Erik.
Salut, ça va ?
J'arrive.
C'était le Frangin.
Il veut me présenter quelqu'un
qui connaît bien les locataires.
Va t'installer à la pizzeria. Je te rejoins.
Je suis crevé aujourd'hui.
Le lendemain de la Saint-Jean, on est toujours à plat.
Pas vrai ?
Je cherche un petit garçon à vélo.
Dix ans, cheveux bruns. Il porte souvent une balle de tennis.
Il y en a beaucoup des comme lui.
Mais celui-ci se balade la nuit. C'est courant, ici ?
Non.
Enfin, ça dépend si les parents
sont toxicos ou inattentifs.
Ce gosse fait un peu ce qu'il veut.
Il fait souvent du vélo
sur l'esplanade.
- Là-haut ? - Oui.
Et sur le passage piéton.
Je vais voir ce que je peux faire.
Pourquoi vous le cherchez ? C'est pour la fusillade ?
On n'en sait rien encore.
Ce gamin est en danger ? Il a vu quelque chose ?
C'est possible, oui.
Je vais voir.
Merci beaucoup.
Fais gaffe qu'elle ne se fasse pas égorger aussi.
Un café, s'il vous plaît. Et une brioche à la cannelle.
Le café est en libre-service.
Moi non plus, je n'ai pas pu la charmer.
- Ah oui ? - Surprenant.
Elle ne veut plus nous voir ici.
Tout le monde a peur.
La femme de ménage va enquêter sur le petit garçon.
Ce gamin a disparu, comme Hussein Hussein.
Oui...
On verra.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Notre interprète sort d'un taxi.
Il y a quelqu'un à l'arrière.
Attends ! On ne sait pas qui c'est.
- Justement ! - Il vaut mieux appeler le taxi.
Je veux savoir où ils vont.
Tu ne fais pas confiance à l'interprète ?
Il nous cache quelque chose.
Tu connais ce môme ?
C'est Alan Darwish.
Un ami d'Hiwa Aziz. Il sait quelque chose aussi.
Comme Mozzafar Kerim.
Alan est plus influençable.
On fait quoi ? On lui court après ?
Tu crois que c'est une bonne idée ?
Non.
Parlons avec le chauffeur de taxi.
- On n'a fait que tourner en rond. - Tourner en rond ?
Oui.
- Lequel donnait des directions ? - Le plus vieux.
Il disait : "Allez à Hjallbo",
ensuite : "Allez à Bergsjon"
ou encore "Retournez à Ranneberget."
- Ca a duré combien de temps ? - Quarante minutes.
Ils discutaient tout le temps ?
Je ne comprenais rien.
- Mais soudain, le ton est monté. - Ils se disputaient ?
Je n'en sais rien. Ils parlaient peut-être du foot.
Leur langue est tellement agressive.
- Vous trouvez ? - Oui, je trouve.
- T'étais où ? - En vadrouille.
Sur ta propre enquête ?
Oui.
C'est quoi ?
La liste des appels provenant du taxi de Reinholtz.
Fais voir.
Ca fait beaucoup d'appels.
Oui, je sais.
On sait où tu habites, Alan.
- Où est-ce qu'on va ? - Pourquoi t'es si stressé ?
Faut pas être vu avec nous ?
Tu es déjà passé ici aujourd'hui.
- Ah oui ? - Dans un taxi.
Comment vous le savez ?
Parce qu'on est de la police. On enquête sur cinq meurtres.
Tu ne dis pas la vérité et ça m'énerve.
De quoi t'as discuté
- avec Mozzafar Kerim ? - C'est lui qui voulait te voir ?
Il est très croyant. Il a fait sa prière.
Le chauffeur vous a entendu vous disputer.
Vous vous êtes engueulés pendant 40 minutes.
Me parle pas de prières.
Alors de quoi vous parliez ?
Réponds !
On parlait de...
Laisse tomber. On finira par l'avoir.
- Qu'est-ce qu'il fuit ? - Nous.
Ce n'est peut-être pas nous, le problème.
Je vous l'ai répété au moins cent fois.
Vous voulez nous aider, non ?
Vous vous êtes garé ici. Et après ?
J'ai marché jusqu'à la boutique.
Comme ça ?
Vous arrivez là et vous voyez quoi ?
Rien. Ils étaient tous par terre.
Le premier était là.
Le second là...
Et puis ?
- Vous avez fait quoi ? - Je crois que j'ai crié.
Et vous avez appelé le standard.
Combien de temps s'est écoulé entre les deux ?
Les deux quoi ?
Vous étiez en contact avec le standard
quand vous vous êtes garé.
- Comment vous savez ça ? - On a tout vérifié.
Vous avez attendu combien de temps avant d'appeler ?
Peut-être une minute.
Entre le premier appel et le deuxième,
ça faisait presque dix minutes.
C'est long.
Ca nous a pris dix secondes
pour aller du parking jusqu'à la boutique de Jimmy.
Pourquoi avoir attendu avant de donner l'alerte ?
Je n'ai pas attendu.
J'ai appelé dès que mes mains ont arrêté de trembler.
Pourquoi vous voir dans un taxi ?
Il avait peur.
C'est toi qui lui as proposé ?
Il voulait parler. J'ai pensé que ça le sécuriserait.
Que ça l'aiderait à se détendre.
C'est tout.
- Pourquoi avait-il peur ? - Il connaissait Hiwa Aziz.
- Il était mêlé à ses activités ? - J'en sais rien.
C'est à lui qu'il faut le demander. Mais il avait peur.
On dirait que ça t'embête qu'il ait eu peur.
Je souffre quand je vois quelqu'un souffrir.
C'est ainsi. On est une famille. Dans une famille en souffrance,
on est là pour s'entraider. C'est la volonté de Dieu.
Encore une explication étrange.
- Je ne vous ai pas menti. - Non.
Mais tu en sais beaucoup plus.
Tu sais pourquoi Alan a peur,
mais tu nous le dis pas.
Et toi, Mozzafar ? Tu as peur ?
Hein ?
T'as peur ?
Je ne peux pas rester là.
Viens. Marchons.
Allez, viens.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Tu connais bien Mozzafar Kerim ?
Je ne comprends pas.
Vous parlez le même dialecte ?
Oui.
Vous venez de la même ville ?
Non.
C'est ton ami ?
Non.
Pour quelle raison ?
Il ne l'est pas, c'est tout.
- C'était un ami d'Hiwa ? - Oui.
- Jusqu'à la fin ? - Quoi ?
Jusqu'au jour où il a été tué ?
- Pourquoi ces questions ? - Etaient-ils toujours amis ?
Je ne réponds pas aux questions tordues.
- Tu mens. - Je mens sur quoi ?
Je crois que Mozzafar est ton ami.
Vous ne savez rien.
J'ai pris en urgence un garçon
qui a plongé sur une pierre.
Je vous appelle quand c'est prêt.
Le pauvre gamin.
Il est paralysé.
Il n'a que quatorze ans.
C'est le destin ou le hasard
qui décide de ce qui va t'arriver ou pas ?
Dieu, peut-être ?
Non.
Nos amis à Hammarkullen sont croyants.
Ils remettent tout entre les mains de Dieu.
Mais toi,
Les meurtres auraient un mobile religieux ?
J'en doute.
Les fondamentalistes sont comme les racistes.
Ils les auraient revendiqués.
Peu importe qu'ils soient au nom de Dieu ou de la race aryenne.
Il y a quelques relents religieux quand même.
Police. Ne bougez plus.
Ils parlent mal notre langue.
D'accord.
Que faisiez-vous chez Hussein Hussein ?
Vous vouliez être ensemble ?
Mon frère.
Votre frère ?
Et vous ? Vous attendiez des hommes ou des frères aussi ?
Vous recevez des hommes chez Hussein ?
- Hussein ? - Vous le connaissez ?
Un homme bien.
Un homme bien ?
Vous comprenez ce que je dis ?
Il faut un interprète.
Vous dormirez tous ici cette nuit. OK ?
Une dernière question. Jimmy Foro.
Ca vous dit quelque chose ? Said Rezai ?
Hiwa Aziz. Un Kurde.
Venez avec moi.
Vous reconnaissez quelqu'un ? Hama Ali, Shahnaz,
Jimmy Foro, Said Rezai,
Hiwa Aziz.
Vous les avez déjà vus ?
Lui ?
- Hussein. - Quoi ?
Hussein Hussein.
Bonjour, Hussein Hussein.
Ma religion m'interdit de travailler avec des prostituées.
- Pourtant, c'est ton appartement. - Il est à tout le monde.
T'avais combien de putes ?
C'est toi qui as éliminé Hiwa avec ton petit business ?
C'est ici que tu recrutes les filles ?
Salut, le Frangin.
Bien sûr.
J'arrive.
Qu'est-ce qu'on fait là ?
Tu veux me jeter du toit ?
Il veut nous voir ensemble.
- Alors, c'est un homme ? - Je ne sais pas.
Je l'ai eu par un autre contact.
Et il a des informations pour moi ?
Uniquement pour toi, Winter.
Mais il a très peur.
On fait comment ?
Mon contact nous voit de loin.
Je vais lui faire signe
et il fera passer le message.
Avec de la chance, la balance appellera mon téléphone.
C'est beau, ici.
Je savais, pour Hama Ali.
C'est lui qui allait fournir les fusils.
- Tu connaissais Hama Ali ? - C'était mon ami.
Et toi, tu devais faire quoi ?
Juste trouver une voiture.
Pour qui ?
Je ne sais pas. Je devais la garer
et laisser les clés sur le contact.
- Une Mazda rouge ? - Oui.
Tu sais à qui Hama Ali
devait livrer les fusils ?
Un Kurde.
J'ai cru comprendre que c'était aux Kurdes.
Ils ont servi pour les meurtres ?
Allô ?
T'es toujours là ?
Ils ont servi pour les meurtres ou pas ?
Toi-même, tu es menacé ?
Des gens sont morts
et je ne veux pas mourir.
Donne-nous des noms, comme Hussein Hussein.
Allô ?
Prochain arrêt : Lindholmspiren.
Merci.
La caméra de surveillance se trouve vers l'avant du bateau.
Notre homme est assis au fond.
En pleine conversation avec toi.
Là, il se lève pour descendre.
Attends, reviens en arrière.
Merde ! C'est Alan Darwish !
Il est allé se cacher chez un ami ?
Si quelqu'un ose encore le cacher.
Tout le monde a peur.
Alan est prêt à nous révéler ce qu'il sait.
Il a dit "un Kurde".
Peut-être la piste terroriste kurde ?
Le PKK ? Une fausse piste à mon avis.
Ca ne va pas ?
Shahnaz, la femme de Said.
Elle était allongée comme une prostituée.
Faut que je parle à Mozzafar Kerim.
Et ça dure depuis combien de temps ?
Depuis plusieurs années.
Pourquoi on n'est pas au courant ?
C'est un secret.
- Des prostituées secrètes ? - Ce ne sont pas des prostituées.
C'est quoi alors ?
Il y a plusieurs maquereaux ?
C'est eux qui te font peur ?
Un interprète les a entendus.
Ils disent qu'ils veulent aider Hussein Hussein.
Oui ?
Ces filles ne sont pas des prostituées.
que son appartement
L'appartement de Hussein est un refuge
pour des femmes maltraitées. Pour sauver leur honneur.
Homme bien.
Mais dis-le alors, nom de Dieu !
Je ne peux pas donner de nom. J'ai fait voeu de silence.
Je me fous de ton voeu de silence.
Tu vas répondre à mes questions !
- C'est ton devoir de citoyen. - Calme-toi.
On enquête sur cinq meurtres
et tu me parles de voeu de silence ?
- Et celui-là, c'est qui ? - Son frère.
Il risque sa vie en l'aidant. Son mari la bat.
Laisse-les partir.
- Et Mozzafar ? - C'est bon. Va-t'en.
"Des jours et des nuits ont passé. On ne savait pas où on était.
"De nouvelles frontières, d'anciennes frontières.
"On était dans un train, peut-être un camion.
"Puis dans une tente.
"Je ne sais plus.
"Les passeurs étaient peut-être perdus eux aussi.
"On entendait des coups de feu dans la nuit.
"Des gens disparaissaient.
"On avait très peur.
"La peur ne nous quittait pas."
Et si la fusillade avait un rapport
avec la planque de Mozzafar ?
Les tueurs sont peut-être des Kurdes qui voulaient se venger
parce qu'on avait caché leurs femmes ?
Ils auraient commencé par Mozzafar.
C'est lui qui mène une guerre
contre ses compatriotes.
Et cette chambre où l'on égorge la femme de Said.
Elle est allongée de façon presque rituelle.
- Dans cette chambre. - La chambre d'amis.
Je pensais que ça avait un rapport avec la prostitution.
Apparemment, ce n'est pas le cas.
Non.
J'oubliais.
Une certaine... Rita Peltonen t'a appelé. C'était important.
Ce petit garçon a un vélo.
Et une balle de tennis.
- Vous lui avez parlé ? - Bien sûr que non.
Le Frangin m'a dit de vous appeler.
- Comment il s'appelle ? - Ahmed Baban.
La maman ne va pas très bien.
- Elle prend de la drogue ? - Des médicaments.
C'est au dernier étage.
Erik Winter, de la brigade criminelle.
Vous voulez quoi ?
Je cherche un petit garçon de dix ans.
Oui, il y a un enfant ici.
J'aimerais lui parler.
Lui parler, rien d'autre.
Comment il s'appelle ?
Ahmed.
Tu veux bien t'asseoir avec nous ?
Tu ne me reconnais pas ?
Nous nous sommes déjà vus plusieurs fois.
Il ne parle pas très bien notre langue.
Je suis de la police. Tu veux bien m'aider ?
Tu étais à côté de "Chez Jimmy" au moment de la fusillade.
- Tu as vu ceux qui ont tiré ? - Attendez, là...
Désolé, je dois poser la question. Qu'as-tu vu, Ahmed ?
Tu les a vus sortir de la boutique en direction d'une voiture ?
Ils y sont montés ? C'est bien ça ?
- T'avais peur ? - Ca suffit !
Laissez-moi poser ces questions.
T'as fait quoi ensuite ? T'es rentré chez toi à vélo ?
T'es resté jusqu'à l'arrivée du taxi ?
- Il est rentré dans la boutique ? - Ca suffit.
- Arrêtez. - Tu as vu ceux qui ont tiré ?
- Allez-vous-en ! - Tu as vu le chauffeur de taxi ?
S'il vous plaît.
Vous n'avez pas le droit de faire ça. Sortez de chez moi.
- Dehors ! - D'accord. Je m'en vais.
Salut.
- Oui. - C'est Alan.
- Salut, Alan. T'es où ? - Je veux qu'on me mette à l'abri.
- Ca veut dire quoi ? - J'ai peur.
Tout s'est cassé la gueule et je veux votre protection.
On n'est pas une association de protection.
Si tu veux qu'on te rende service, il faut nous parler.
- Je ne sais rien. - Alors, je ne peux pas t'aider.
Attends.
Le chauffeur de taxi.
- Celui qui les a trouvés. - J'écoute.
Il transporte des prostituées.
Il passait les prendre à la boutique de Jimmy ?
Il venait chercher les adresses.
Les adresses de qui ? Des clients ?
- Quelqu'un arrive. Je fais quoi ? - Va au commissariat.
Dis à l'accueil que tu viens de ma part. J'arrive.
- Parlez-moi des filles. - Quelles filles ?
Celles que vous transportiez.
Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Vous cherchiez les adresses chez Jimmy.
Puis vous récupériez les filles
pour les conduire aux clients. C'est bien ça ?
C'est pourquoi vous avez attendu pour appeler les secours.
Vous êtes entré dans la boutique
votre numéro de son carnet.
Pour que la police ne puisse pas vous relier
à ce réseau de prostitution.
Un témoin vous a vu entrer dans la boutique après les meurtres.
On a vérifié tous vos coups de fil.
Il n'y a pas de doute.
Mais pourquoi vous ont-ils laissé la vie sauve ?
Je ne vois pas de quoi vous parlez.
Je parle de ceux qui ont tué les autres membres du réseau.
Il est sur le point de craquer.
Il a l'air d'avoir peur.
Tu crois qu'il fait partie de ceux qui ont tiré ?
Non. J'en doute.
Alan Darwish est arrivé ?
Non.
Il devait venir au commissariat tout de suite.
Allô ?
Alan ?
Ils géraient un bordel avec de jeunes femmes.
Shahnaz a été allongée comme une prostituée.
Qui pouvait leur en vouloir ?
Je doute que ce soit des concurrents qui l'aient fait.
Pourquoi les défigurer ?
C'est un rituel.
Non. C'est une punition.
On a affaire à un justicier.
Tu t'occupes du chauffeur de taxi ?
- Oui ? - Bertil a dit que tu étais parti.
- T'es où ? - Je vais vérifier un truc.
Tu joues les cow-boys solitaires ?
Non. J'ai eu une idée.
Je te connais,
toi et tes idées. Où tu vas ?
23, rue Cannelle.
Tu n'entres pas tout seul. On arrive.
Lâche ce pistolet !
- Pose-le ! - Calme-toi.
- Allez ! - D'accord.
De la boue.
Et de la merde. J'aime ce mot. C'est tout ce qui reste.
Ce qui a pu être beau un jour, ils l'ont souillé.
- Tu parles de qui ? - A ton avis ?
Ils ont souillé cet endroit,
ce pays dans lequel on est arrivés.
Ils se sont salis, eux et leurs prochains.
Les jeunes femmes qui souffraient déjà sont devenues des putains.
- Qui d'autre est impliqué ? - Nos jolies filles !
Ca ne fait pas de toi un justicier.
Attends, regarde-moi.
Le feu, c'est la force.
- Pose ce fusil. - C'est la force primordiale.
La seule qui résiste à cette merde !
Ils ne méritaient pas de garder leurs visages.
Ils ont gaspillé leur droit de rester des êtres humains.
- Calme-toi. - De la merde !
De la boue !
Il faut qu'on sorte d'ici.
- Le feu te purifiera. - Faut qu'on sorte.
Merci, Aneta.
- Salut. - Il va s'en sortir ?
Il a reçu un coup violent à la tête.
Mais il va s'en sortir.
- Alan Darwish va s'en sortir. - Il a participé à la fusillade ?
Bonjour.
On a besoin de votre aide. Il faut qu'on parle avec Ahmed.
Ils étaient combien ?
Ils étaient deux.
Ils sont montés dans la voiture.
Elle était de quelle couleur ?
Rouge.
Ils portaient des cagoules ?
Oui. Noires.
- L'un des deux l'a enlevée ? - Oui.
Il avait des cheveux blonds ?
De quelle couleur étaient ses cheveux ?
Bruns.
- Il avait des cheveux bruns. - Non.
Tu viens de dire qu'il était brun.
Elle.
Elle ?
C'était une fille.
Je faisais confiance à mon frère, Hiwa.
Il disait que c'était un jeu.
Que toutes les filles y jouaient.
Mais ce n'était pas un jeu. C'était juste dégoûtant.
Un grand frère doit protéger sa soeur, non ?
Mozzafar est devenu fou quand il a su
que j'étais l'une des prostituées de Jimmy, Hiwa et Said.
Je crois qu'il m'aimait.
Il a dit que notre peuple ne pouvait pas faire ça.
Laisser ses filles faire ce genre de choses.
Ca finirait par nous détruire.
Il a voulu effacer leurs visages à jamais.
Et moi aussi.
C'est moi qui ai tranché la gorge de Shahnaz.
Dans la chambre où elle nous forçait à coucher avec des hommes.
Elle m'avait menacée quand j'ai dit que je voulais arrêter.
Elle allait tout dire à ma mère.
Je pourrais la déterrer et la poignarder encore.
C'est Mozzafar qui l'a placée comme ça.
Comme une putain.
C'était elle, la putain.
Pas moi.
Je peux te demander quelque chose ?
Je veux que tu écrives ton histoire.
- Pourquoi ? - Je veux comprendre.
Vous avez des enfants ?
"On nous conduisait dans toute la ville.
"Ils appelaient ça un jeu. Mais ce n'était pas un jeu.
"C'était les chauffeurs qui trouvaient les clients.
"Pourquoi je ne l'avais pas compris plus tôt ?
"Je l'avais peut-être compris.
"J'avais confiance en Hiwa.
"Il ne m'obligeait pas. Pas au début, en tout cas.
"Quand j'ai vu l'argent, j'y ai cru.
"C'est ça le pire pour moi.
"D'avoir cru à ce point à l'argent.
"On était venus de si loin pour ne pas mourir.
"Puis on est arrivés ici. Et j'ai voulu mourir.
"Je le veux toujours. Vous comprenez ?
"Nasrin."
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