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Salut.
- Ça va ? - Oui.
- Tu fais les empreintes ? - Je m'en occupe.
On ne t'attendait plus, toi.
Lili fait son adaptation en crèche. Je pouvais pas la laisser comme ça.
- Que s'est-il passé ? - On l'a poussée du 2e étage.
Tu vois les contusions ?
Elle a été forcée. C'est clair.
Elle n'était pas née sous une bonne étoile, la petite.
Et Candice, elle est où ?
- Chez la victime, avec Antoine. - OK.
- À tout. - À tout.
Un voisin a vu Cindy tomber. Tu faisais quoi ?
Je dormais. La nuit, je taffe, le jour, je dors.
- Tu n'as rien entendu ? - Si, putain ! Un grand bruit.
Ça m'a réveillé.
J'ai foncé ici, et la fenêtre était grande ouverte.
Et en bas, ça criait de partout.
Cindy disait quoi, quand tu en avais plein le nez ?
C'est quoi, ce délire, là ?
T'es défoncé, je le vois. On va faire une prise de sang.
T'es un client chez nous : drogue, violence, 3 séjours en taule.
Et puis la main courante que Cindy a déposée.
- Tu la battais ? - N'importe quoi !
Juste une claque pour qu'elle ne s'habille pas comme une pute.
Pourquoi j'aurais tué le plus beau cul que j'aie jamais eu.
Bon argument. Ma chef va adorer.
- Oui, grave. Elle est où ? - En bas, avec Pascale.
C'est fou. On voit tout ce qui se passe chez eux.
Ils n'ont jamais mis de rideaux.
Alors que les vôtres sont très jolis.
- C'est de la cretonne ? - Oui.
Quel dommage que vous n'ayez rien vu.
J'étais dans la cuisine. Je préparais le déjeuner.
Ah ! Ça y est.
Mon chef arrête le meurtrier. Tant mieux.
Comme ça, je vais pouvoir aller chercher les enfants à l'école.
Vous avez une autre chambre ?
Oui, c'est celle de mon fils.
Il était là, à l'heure du crime ?
Non, il a repris le lycée ce matin et il mange à la cantine.
Ah ! La rentrée, ça me stresse.
Toute la journée se demander s'ils seront dans une bonne classe,
et le soir, la galère :
tous les livres à recouvrir, à étiqueter...
En plus, j'en ai 4 ! Vous imaginez ?
Ah non. C'est...
Oui.
Raphaël.
Tu es en 1re...
Allez, les gars. On file.
On y va.
Les voitures de police, elles s'en vont sans vous.
Vous vous rendez compte ?
C'est comme si je comptais pour du beurre.
C'est une tuerie, ce sauté de veau.
Merci. Je n'avais pas mangé. Je n'ai pas eu le temps.
Pardon.
Oui, ma puce ?
Tu es avec tes copines ?
Je suis avec un témoin. Je te rappelle.
D'accord ? Bisous.
C'est ma fille. Elle rentre en 1re.
C'est dur, la 1re ?
J'ai vu que votre fils avait redoublé.
Comment le savez-vous ?
Ses livres de 1re sont déjà recouverts, donc je me suis dit...
Que s'est-il passé ?
Rien. C'est dur, c'est tout.
Il n'a pas été déconcentré par quelqu'un ou quelque chose ?
J'ai vu sur son bureau, il a dessiné des étoiles filantes.
Je ne vais pas me priver.
Ce n'est pas tous les jours que j'en mange.
Il est fondant.
Moi, je n'ai jamais la patience de cuisiner le sauté de veau.
Ma grand-mère me disait toujours :
"Candice, le secret d'un sauté de veau,
"c'est la cuisson."
Ah non. C'est la viande.
J'ai travaillé 5 ans au rayon boucherie dans un hyper.
Je sais choisir la viande.
Non, mais quand même, celui-là, il a bien mijoté.
Au moins 3 heures.
Je pense que vous avez cuisiné juste avant de sonner chez votre voisine
pour lui demander d'arrêter de se pavaner en petite tenue
devant votre adolescent qui fout en l'air ses études
à cause d'elle.
Je me trompe ?
Très bon, ce petit sauté de veau.
On va aller prendre le café au commissariat. D'accord ?
Calmez-vous.
Cette petite pute.
Elle a couché avec mon fils.
Elle se baladait à poil. Il n'arrivait plus à travailler.
Cette salope !
Elle ne pensait qu'à la chose. Elle lui a tourné la tête.
- Que vouliez-vous que je fasse ? - Lâche ça !
Calmez-vous.
Pas que vous la poussiez par la fenêtre.
T'es complètement inconsciente ou quoi ?
Tu as compris qu'il fallait venir ?
Au téléphone, ce n'était pas ma fille, c'était mon adjoint.
Tu ne pouvais pas nous attendre ?
Tu es de mauvaise humeur. Tu as faim ?
Il y a un délicieux sauté de veau. Non, c'est une pièce à conviction.
Quand on est trop grosse, il faut arrêter de bouffer.
Tu ne peux pas jouer perso.
Ce qu'elle a dit, c'est vraiment dégueulasse.
C'est un peu exagéré.
Un peu ? J'ai perdu, quand même.
Tu m'écoutes, Candice ? Ce n'est plus possible.
C'est vrai ? Je suis vraiment grosse ?
Mais t'es vraiment insupportable.
- Qu'est-ce qu'il a, aujourd'hui ? - Peut-être super peur pour toi.
J'ai maigri, en même temps. Je le sais, la balance me l'a dit.
Ou bien, c'est le blanc. Je n'aurais pas dû en mettre.
Bonjour, capitaine.
Je suis commandant.
- C'est sur votre gauche. - Merci.
Le pronostic est mauvais. Il est resté des heures sans soins.
C'est qui ?
Mathieu Vivien, un des entraîneurs du club.
Il faut être un monstre pour faire ça.
Vous êtes sa femme ?
Mathieu n'est pas marié.
Aurélie, permanente du club. C'est elle qui l'a trouvé.
Heureusement que les gamins n'ont pas vu ça.
- Il entraîne des enfants ? - Les minimes et les juniors.
C'est un excellent entraîneur, exigeant et pédagogue.
Tout le monde l'adore. Je ne comprends pas.
Il allait bien ?
Mathieu est quelqu'un de discret.
Mais il semblait un peu soucieux, oui,
surtout hier soir.
Je l'ai croisé vers 21 h. C'est la dernière fois que...
L'agression a eu lieu entre 21 h et...
Elle est passée où, encore ?
- Je ne vous dérange pas ? - Les femmes, c'est à côté.
Non, moi, je suis de la police. J'ai des questions à vous poser.
Maintenant ?
- Ça ne vous gêne pas ? - Non, ça va.
Oh ! Dites donc,
c'est drôlement violent, le rugby, hein ?
Il y a des contacts, mais on a l'habitude.
La différence entre foot et rugby,
c'est que le foot, c'est un sport de gentlemen joué par des voyous,
et le rugby, l'inverse.
C'est une jolie formule.
C'est dommage que Mathieu soit tombé sur des voyous.
Ici, c'est un club tranquille, on n'a jamais eu de problème.
Pas de violence ? Vous avez vu le casier ?
Je dérange ?
Non. T'as vu le casier ?
Candice...
- Merci, messieurs. - À bientôt.
Quand vous voulez.
Ah ! T'es là. Oh ! T'es rose, quand même.
La tête de la victime a dû heurter cette patère violemment.
Ça expliquerait la gravité de son état.
Et la rentrée des classes ?
- Laurent a pris le relais. - Ah ! D'accord. Je vois.
On s'est remis avec son vieux mari.
On ne veut pas traumatiser ses petits.
Je te signale que quand il m'a trompée,
je l'ai quitté tout de suite.
Je ne te jette pas la pierre.
Il est très sexy, Laurent. Et au lit, ça va ?
C'est mieux ? C'est pire ?
C'est "Ah, Laurent !" "Oh, Laurent !"
"Oh oui, Laurent !"
"Ah, Laurent !" - Je ne suis pas avec lui.
"Ah oui, Laurent ! Encore."
Ça résonne bien, ici. Quelqu'un a pu l'entendre crier.
- Tout à fait. - Oui.
On n'a ni témoin, ni caméra,
mais le casier défoncé est à Kévin Bercou,
un joueur qui a quitté le club il y a 15 jours.
C'est grâce à lui qu'ils sont montés en finale l'année dernière.
Pourquoi il a quitté le club ?
Mathieu aurait refusé de le titulariser cette saison.
Kévin permet à l'équipe de gagner et Mathieu ne le titularise pas.
Il y a un truc qui cloche.
Tu dois toujours passer la balle derrière toi.
Si tu le fais devant, ça s'appelle un en-avant,
l'arbitre siffle une pénalité ou une mêlée.
Pourquoi passer derrière, alors qu'il faut marquer le but devant ?
Non, pas le but, Candice. Un essai.
Ce n'est pas logique.
Pharmacie Bercou. Ça doit être tenu par ses parents.
Ça, c'est logique.
Candice...
Tu peux nous dire pourquoi Mathieu a refusé de te titulariser ?
Il disait que je jouais trop perso.
Encore un entraîneur qui privilégie les joueurs qu'il a formés.
Kévin n'était pas un de ses poulains.
Oh, putain !
Il faut faire attention, il y a 30 kilos, là.
Mes enfants pèsent plus. J'arrive à les soulever.
30 kg de chaque côté.
Quand même. C'est beaucoup.
C'est quoi, ça ?
Ça, c'est... un spray.
Parce que je suis allergique aux acariens.
C'est utilisé par les sportifs pour masquer le dopage.
Ici, on ne triche pas.
Ça donne une bonne raison à Mathieu de te virer.
Il a passé la soirée ici avec moi.
Non, c'est vrai.
Excusez-nous, on a tendance à chercher l'acarien,
enfin, la petite bête.
Quelle poussière !
Je n'arrête pas de lui dire de nettoyer sa chambre.
Les tapis, la poussière partout sur les étagères.
Avec ça, les acariens font leur nid.
Pour un allergique, ça tombe mal.
En plus, je suis allergique aux menteurs.
Tu as trouvé ces médicaments dans la pharmacie de tes parents ?
Non, c'est n'importe quoi.
Si Mathieu meurt, tu risques 30 ans.
Tu comprends ça ? 30 ans !
On va recevoir tes analyses toxicologiques.
Pas la peine de mentir.
C'est ma mère.
Elle faisait partie de l'équipe nationale d'athlétisme,
et tout s'est arrêté à cause d'une blessure.
Alors tes performances sportives sont un peu les siennes.
Et Mathieu t'a chopé.
Il a menacé de me dénoncer, mais il y en a plein qui se dopent.
- Je ne l'ai pas agressé. - Tu avais des raisons de le faire.
- L'alibi d'une mère n'en est pas un. - J'en ai un.
J'étais chez lui. Je voulais récupérer mes tests.
T'étais dans l'appartement de Mathieu ?
Il a fallu un sacré coup d'épaule pour défoncer ça.
L'épaule de Kévin.
La concierge a reconnu Kévin. Elle l'a croisé vers 21 h 30.
Elle m'a fait : "Un beau jeune homme comme ça, je m'en souviens."
Attends, l'agression a eu lieu avant 22 h.
Il n'avait pas le temps d'agresser Mathieu.
La vache ! Ça fouette. Ça sent le célibataire.
C'est quoi, ce cliché sur les célibataires ?
Un célibataire qui a oublié de payer l'électricité.
Pour si peu, c'est bête.
À mon avis, Mathieu n'habite pas ici.
Comment elle sait ça, Madame Irma ?
Les boîtes de conserve sont périmées, le frigo est vide.
Chez moi aussi, j'ai des boîtes périmées.
OK. Démonstration, alors.
Quand j'étais étudiante, je piratais le compteur électrique,
en hiver seulement.
- Tu faisais ça ? - Quand j'étais dans la dèche.
Je le faisais tourner pour ne pas éveiller les soupçons.
Un appartement comme celui-ci, je connais bien la consommation.
Tu vois, 70 kilowatts en 4 mois,
ça couvre à peine la consommation d'un frigo.
Conclusion :
Mathieu Vivien n'habite pas ici.
- Tu penses qu'il a une 2e vie ? - Je ne sais pas.
Je ne suis pas Madame Irma.
Ça commence à en faire, des secrets.
À l'état civil, il n'a pas d'enfant.
Un enfant caché, c'est pas la 1re fois que ça arrive.
Oups ! Pardon.
Au fait, tu en es où, avec ton fils ?
- Tu as promis que tu me lâcherais. - Je n'ai pas craché quand j'ai juré.
C'est la même.
Fais voir.
C'est le genre de truc qu'ils font avec les photos d'école.
Je sais, chaque année, je craque. Je les achète. Regarde.
- Ils sont choux, non ? - C'est tartouille.
C'est tartouille.
Tu verras quand ce sera le tour de ta fille.
- C'est courant, en magnet ? - Je ne sais pas.
On ne me l'a jamais proposé.
Si on retrouve le photographe qui les fait en magnet...
On retrouve l'école, et on retrouve la fille.
Ouais, bien.
Tu devrais te teindre en blonde. Ça t'irait.
Tu commences à penser comme elle.
T'es jaloux, c'est tout.
C'est nouveau, qu'elle aille voir un psy.
Tu sais pour quoi ?
Peut-être pour retrouver le sourire.
C'est à toi qu'on doit ce petit miracle ?
Je commence à savoir comment la prendre.
On essaie le bar de la plage ?
- Non, Laurent m'attend. - Vous vous êtes remis ensemble ?
Arrêtez tous de dire la même chose.
Simple question.
Il y a quelqu'un ?
À part toi.
Pardon, pardon. Merci de les avoir récupérés.
De rien. J'en profite.
Je peux enfin vivre la rentrée des classes.
Alors, cette 1re journée ?
C'est quoi, le problème ?
On n'est plus dans la même classe.
Avec tout ce que vous avez fait l'an dernier, c'est pas étonnant.
Ils sont tous contre nous.
Ce n'est pas grave, d'être séparés.
C'est ce que je leur disais.
- Alors, c'est qui, vos instits ? - Mme Bastien.
- Bien. - Mme Lefèvre.
Ah ! Bien.
C'est quoi, le problème, avec Mme Lefèvre ?
Rien. Je me suis engueulée avec elle l'année dernière.
Merci en tout cas d'être venu.
Je me demande comment j'aurais fait sans toi.
Et moi, je me demande comment je fais sans toi.
Ça sent quoi ? Ne me dis pas...
Si, c'est Jules et ses célèbres lasagnes.
Mais je n'ai pas faim.
- Je vais me faire de la salade. - D'accord. Bon. Je te laisse.
T'as mangé ?
Non.
Justement, ça manque.
Jules, bravo.
Tu t'es amélioré.
Hein, Emma ? Non ?
Je ne partage pas.
Allez, tiens.
- Fini de rigoler ! Vous venez ! - On est en grève. On ne bougera pas.
Tant qu'on nous remettra pas dans la même classe.
J'ai cours ! Je compte jusqu'à 3.
Un, deux...
Allez-y. Oh là là ! Doucement.
Oui, c'est Chloé Lassale. Elle est en CE2.
C'est le photographe qui nous a proposé des magnets.
Les photos de classe, c'est tellement tarte.
Par ici, on a les salles d'arts plastiques.
Il y a des cours de théâtre aussi.
T'as mordu.
J'espérais que tu l'aurais pas vu.
Merci de m'avoir prêté ta pierre.
En fait, Jean-Baptiste et moi, on est des policiers
et on aimerait te poser une question.
Ne t'inquiète pas.
C'est juste pour savoir si tu connais ce monsieur.
- Oui, c'est Mathieu. - Mathieu...
Il est quoi, pour toi ?
C'est mon parrain.
- Les voilà. - Merci.
Papa !
- Ça va, mon ange ? - Oui.
Julien Lassale. Je suis le père de Chloé.
- Commandant Renoir. - Brigadier Medjaoui.
Que se passe-t-il ?
Elle voulait savoir si c'était Mathieu sur la photo.
Oui. Pourquoi ? Il lui est arrivé quelque chose ?
C'est bien le parrain de Chloé ?
Son parrain...
Oui, c'est ce que nous a dit votre fille.
- Tu peux leur dire la vérité. - Je croyais que c'était un secret.
Dis-leur.
En fait, ce n'est pas mon parrain, c'est mon papa.
- Ton papa ? - C'est lui, ton papa.
Oui, mais c'est aussi mon papa. Moi, j'ai deux papas.
Et après, on a fait de la gym
et la maîtresse nous a séparés, moi et César,
parce qu'on riait trop.
Tu crois vraiment qu'il m'entend ?
C'est ce que disent les médecins. Ça peut l'aider à se réveiller.
Je reviens, mon ange.
Et après, on a fait du calcul.
Et je t'ai fait un beau dessin. C'est des anges...
Comment a-t-on pu lui faire ça ?
- Vous lui connaissiez des ennemis ? - Non.
C'est quelqu'un de gentil.
Il passe son temps à arranger les choses.
Vous savez comment je l'ai rencontré ?
Un type a embouti ma voiture.
On a commencé à s'engueuler avec le mec.
Mathieu, que je ne connaissais pas, est intervenu
et il a convaincu le mec de signer le constat.
Je l'ai invité à boire un verre.
C'était il y a 12 ans. Et on a fait le grand saut.
Le grand saut ?
Oui, j'habitais Paris.
J'ai tout plaqué : mon boulot, mon appart, tout.
Mathieu a quitté son mec pour moi.
On n'a pas hésité ni l'un ni l'autre.
C'était l'amour fou.
C'était...
Non, c'est toujours.
C'est juste que... C'est plus compliqué, en ce moment.
- À cause d'elle ? - Non.
Non, à cause des mensonges.
Comme de dire que Mathieu est son parrain ?
Mathieu ne veut pas qu'on sache que Chloé est élevée par 2 hommes.
- Vous ne l'avez dit à personne ? - Si, à mes proches.
Mais Mathieu n'a jamais fait de coming out.
Je comprenais.
Dans le monde du rugby,
ce n'est pas facile d'assumer d'être gay.
Mais obliger Chloé à mentir, c'est autre chose.
Comment elle est arrivée dans votre vie ?
- Une cigogne l'a déposée. - Les filles naissent dans les roses.
Ça change quoi ?
Je suis en train de mener une enquête.
J'ai besoin de savoir certaines choses,
comme par exemple si cette petite fille a une maman.
Ah ! Un papa et une maman ? C'est ça ?
Je crois que vous ne comprenez pas.
Je ne suis pas en train de vous juger,
donc soit vous m'aidez, soit vous ne m'aidez pas.
On a procédé par insémination artificielle.
Une amie a porté l'enfant et elle a accouché sous X.
J'ai fait une reconnaissance de paternité.
C'est de la gestation pour autrui.
C'est illégal, passible de prison.
On n'avait pas d'autre solution.
On était amoureux. On voulait fonder une famille.
Cette amie l'a fait gratuitement.
Ça change quoi ? C'est une fille comme les autres.
Entourée de bonheur, de joie.
C'est un bonheur, la voir grandir.
Cette amie qui l'a portée, qu'est-elle devenue ?
Mariée, elle habite Rio.
Je la vois mal revenir pour tabasser Mathieu.
Il y a l'ascenseur
et il y a...
Prenez la petite.
Venez avec moi.
On le monte au bloc !
Vous pouvez vous occuper d'elle ?
- Et son père ? - Il est parti avec votre collègue.
OK.
Ben, tu viens ?
- Je n'ai pas soif. - Prends ça, alors.
Je n'ai pas faim.
T'as tort. C'est vachement bon.
Elle est jolie, ta robe.
C'est papa Mathieu qui me l'a offerte.
Il ne va pas mourir ?
Attends, j'ai une idée.
Donne-moi ton poignet.
Un bracelet porte-bonheur. Tu vas voir, il marche super bien.
Voilà.
- Alors ? - On attend.
Docteur, comment va-t-il ?
Il a fait un arrêt cardiaque.
On a réussi à relancer le coeur, mais...
Mais quoi ?
Les prochaines heures vont être cruciales.
Il faudrait que je voie un membre de sa famille.
Je suis son compagnon.
Oui, mais sur un plan administratif,
seule la famille est habilitée à signer les autorisations
et à prendre des décisions.
Mais vous entendez ? Je suis sa famille.
Je suis désolé, monsieur, c'est comme ça.
- Juridiquement, vous êtes un tiers. - Un tiers ?
Ça fait 12 ans que c'est mon compagnon !
Oh ! Du calme, là !
Tu es allé voir au club ?
Oui, j'ai consulté les dossiers sur les 5 dernières années,
et Mathieu est très apprécié des parents.
Je n'ai pas creusé le côté financier.
Regarde du côté de Julien Lassale aussi.
À mon avis, il n'a pas été agressé au club par hasard.
- C'est là qu'il faut creuser. - D'accord.
Mais j'aimerais en savoir plus sur Julien Lassale.
Tu ne serais pas gênée car c'est un couple gay ?
N'importe quoi.
- Je demande. - Ça n'a rien à voir.
Tiens, décroche.
Allô ?
Oui, elle est à côté de moi.
La directrice de l'école, pas contente.
Et leur petit manège a duré toute la matinée,
jusqu'à ce qu'on remarque qu'ils avaient échangé leurs places.
Je suis obligée de marquer le coup.
Vous resterez à l'école mercredi après-midi.
- C'est pas juste. - On ne discute pas.
- On n'a rien fait. - On n'est pas pareils.
- Moi, je te ressemble et pas Martin. - C'est moi qui ressemble à maman.
Mais bien sûr. Vous êtes géniaux.
Pardon ?
Excusez-moi, il faut que je téléphone.
Géniaux ?
Ça te fait rire, toi ?
- Martin, retourne en classe. - Ce n'est pas Martin.
C'est toi, Martin ? Retourne en classe aussi.
Allez, plus vite.
Mathieu, Chloé,
Julien.
Pourquoi Chloé ressemble tellement à Mathieu ?
C'est Mathieu, le père biologique.
Alors, pourquoi c'est vous qui l'avez reconnue ?
Il n'y avait aucun moyen de partager la paternité, alors on a fait ça.
Lui, il était le père biologique, et moi, le père officiel.
Comme ça, on était pères tous les deux.
On a fait ça par amour.
Hier, vous me disiez que c'était compliqué entre vous.
Jusqu'à quel point ?
Laissez-moi appeler ma soeur, qu'elle vienne récupérer Chloé.
Mais répondez d'abord à ma question.
On n'était pas d'accord sur la marche à suivre avec Chloé.
Des disputes de couple. Rien de grave.
Vous ne vous êtes pas inquiété quand il n'est pas rentré?
Il devait partir en stage le lendemain avec les minimes.
Il devait dormir chez lui.
Je n'avais aucune raison de m'inquiéter.
Je t'ai trouvé un dessin animé. Tu veux le regarder ?
C'est nul.
OK. On va en chercher un autre, alors.
Je n'ai pas envie. Je veux partir.
Ce n'est pas possible.
- T'as envie de dessiner ? - Non, je te dis.
Tu commences sérieusement à me soûler, là !
- On voit que tu n'as pas d'enfant. - Sois patiente.
T'as qu'à t'en occuper !
Ne t'énerve pas. Il y a un problème ?
Pas de problème !
- Ça va ? - Ça va, putain, lâche-moi !
Avec Chrystelle, on se dispute, mais on s'aime bien.
Mais on n'aurait pas dû. Tu ne m'en veux pas ?
Tu n'aimes pas les disputes, hein ?
Moi non plus.
Et tes deux papas, ils se disputent ?
Ils se sont même bagarrés ?
Si tu ne veux pas me répondre, ce n'est pas grave.
J'ai un super jeu sur mon téléphone.
C'est un lapin qui doit manger toutes les carottes.
Tu veux jouer ?
Oui ?
Je peux te voir 2 petites secondes ?
Je suis sûr que Chloé a assisté à une violente dispute.
Et le Julien, il a un casier.
Il aurait pu agresser Mathieu ?
M. Lassale nous cache beaucoup de choses.
- Une perquise s'impose. - J'y vais.
Pour quelqu'un qui aime la vérité, vous semblez cacher des choses.
Une condamnation pour coups et blessures, vous assumez ?
C'est de l'histoire ancienne. Je ne connaissais pas Mathieu.
Vous avez une tendance à la violence, non ?
Des types m'ont insulté à la sortie d'un bar.
Vous vouliez que je fasse quoi ?
Vous savez combien de fois on m'a traité de tarlouze ?
Ce jour-là, j'ai frappé un de ces connards.
Vos disputes n'étaient pas de simples querelles de couple.
Ben, voyons.
Vous vous acharnez sur nous car on est hors normes ?
On ne rentre pas dans les cases, alors on devient suspects.
La majorité des crimes sont des crimes passionnels,
et comme je vous vois comme un couple normal,
je ne vois pas pourquoi vous échapperiez à la règle.
Je vais devoir vous mettre en garde à vue.
Quoi ?
Je suis désolé, je peux te revoir ?
- Quoi ? - On a perdu Chloé.
- Comment ça ? - Elle a disparu.
Quoi ?
J'étais avec elle, et elle n'est plus là.
Deux voitures vont patrouiller dans le quartier.
C'est ma faute.
Non, elle avait peur de témoigner contre Julien.
On va aller à sa recherche séparément, mais tous les trois.
Merde, mon téléphone.
Je l'ai passé à Chloé. Appelle-moi.
Silence !
Non, il est là.
- On fait quoi, alors ? - On y va.
Attends, elle a passé un coup de fil avec mon téléphone.
Allô, Chloé ?
Je suis chez toi. Tu arrives bientôt ?
Une enfant a disparu ?
Oui, la mienne.
Votre fille a disparu ?
Tout de suite les grands mots.
Elle a séché son cours, mais je sais où elle est.
D'ailleurs, elle va m'entendre. Vous pouvez me croire.
Bon. Ben, tant mieux si c'est votre fille.
- Sinon, ce serait grave. - Évidemment, oui.
Une enfant sous notre responsabilité qui s'enfuirait,
je ne préfère pas y penser.
Il s'agit de votre fille. Vous savez où elle est.
- On peut respirer. - Tout à fait.
Je vous laisse travailler.
On y va.
Vous avez de la chance qu'il me laisse une clé.
Au début,
ça ne me plaisait pas trop, leur situation.
Vous voyez ce que je veux dire.
Mais je reconnais que c'est une gentille petite famille.
Ça, alors ! Ça ne rentre pas.
Ah, mais oui, je suis bête.
Julien a fait changer les serrures, il y a quelques jours.
- Ils ont été cambriolés ? - Non. Enfin, il ne m'a rien dit.
Vous permettez ?
Chloé était déjà là quand je suis arrivée.
Je pensais que ses parents savaient.
Je te l'avais dit que c'était pas normal.
Le principal, c'est qu'on l'ait retrouvée.
Excusez-moi, c'est le travail.
Oui, allô ?
Non, écoute...
Tu nous as fait peur, Chloé. On était très inquiets.
Désolée, j'avais envie de voir César.
C'est ton meilleur copain ?
- Non, je suis son amoureux. - C'est vrai ?
Il est bien, ce jeu ?
C'est le meilleur jeu de rugby. J'en ai 4.
Quatre ? C'est énorme.
Et tu joues au rugby aussi dans la vie ?
Je suis au club de Sète.
Il y va 2 fois par semaine.
Il n'a jamais manqué son entraînement.
C'est une passion, dans la famille.
Et c'est marrant parce que...
- Qu'est-ce qui est marrant ? - Rien. Le rugby.
J'ai une idée.
- Si on allait faire de la rosalie ? - Tous les deux, avec César ?
Si sa maman est d'accord.
Je vais vérifier.
S'il te plaît, maman.
Oui !
Allez, plus vite. Mais plus vite, là !
Oui, j'y vais plus vite.
Candice, je n'en peux plus, moi. Vas-y, toi.
Non, j'ai mal au genou.
- C'est moi qui pédale tout seul ? - Évidemment.
Mon kiné ne voudrait pas que je fasse de la rosalie.
- Allez, vas-y, roule. - Mais plus vite !
Allez !
- Ce ne sont pas des muscles. - Ça me chatouille, arrête.
Allez, dépêche-toi.
Depuis quand vous n'avez pas eu de barbe à papa ?
À peu près 2 ans.
- On attend ? - Non, tout de suite.
Peut-être qu'on pourrait en prendre...
Deux, trois ?
- Je t'ai laissé 5 messages. - Je ne devais pas avoir de réseau.
Regarde ce que j'ai trouvé.
- Un test ADN. Et alors ? - Non, un test de paternité.
Julien a mis Mathieu à la porte, il a changé les serrures
puis Mathieu a fait ce test.
- Pourquoi ? - Pour récupérer la garde de Chloé.
Ça donnait une bonne raison à Julien de lui casser la gueule.
- On va le réinterroger. - Oui, après les barbes à papa.
- Tu m'as écouté ? - Oui.
- On a dit combien de barbes à papa ? - Cinq !
- Cinq, c'est beaucoup. - Non.
Bon. D'accord. Alors, une 1re déjà, pour Chloé.
- On va vous en prendre 5. - D'accord.
Oui, 5, c'est bien.
Allez, au lieu de faire la tête, prends une barbe à papa.
Tu plaisantes ?
Je suis sûre que tu n'en as pas remangé depuis que t'es gosse.
Vous avez vu, les enfants, Antoine n'aime pas la barbe à papa.
- Il a pas tort ? - Trop.
Parce que la barbe à papa, c'est drôlement bon,
mais en plus, c'est très rigolo.
Regardez.
Une barbe.
Pourquoi on ne dit pas une barbe à maman ?
C'est vrai, c'est nul.
Une barbe à papa. Rigole, toi. Et voilà.
- Deux papas. - Comme Chloé.
Tu ne devais rien dire.
Plus rapide...
On pousse.
Merci.
J'aurais bien joué. Vous n'avez pas une place ?
Oui, avec plaisir.
- Philippe. - Antoine.
- Bruno. - Enchanté.
Ça tombe bien. Il nous manquait un joueur.
Tu passes aux vestiaires.
Il y a des équipements. À tout de suite.
Allez !
La balle !
RC PPSL, go!
Au fond, la balle !
Libère ! Libère !
On me suit, là !
Tu te joins à nous pour la 3e mi-temps ?
- On va au café en face du club. - C'est sympa. Merci.
C'est comme ça qu'on joue au rugby, non ?
J'ai une super nouvelle. Mathieu est enfin sorti du coma.
Il va récupérer vite et il pourra reprendre
l'entraînement des minimes.
- Putain, on va fêter ça ! - Ouais !
- C'est qui, ce Mathieu ? - Un entraîneur du club.
Il s'est fait tabasser. Un mec génial.
Génial, génial... tu parles.
- C'est un con ? - Non, c'est un pédé.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - C'est mon fils qui me l'a appris.
- Et alors ? - On voit que tu n'as pas de mômes.
Les pédés, il ne faut pas qu'ils touchent aux mômes.
Il part en stage avec nos gamins, il leur fait prendre leur douche.
C'est lui qui les couche le soir.
Les mecs comme ça, ça ne devrait pas exister.
C'est pour ça que vous l'avez tabassé
et laissé pour mort dans son sang ?
Non, pas du tout, je...
- De quoi vous parlez ? - Tu sais de quoi elle parle.
De quoi tu te mêles ?
Ta 3e mi-temps, on va la faire au commissariat.
Je m'en veux. Vous n'imaginez pas comment.
Quand le mariage gay a été légalisé, j'ai posé un ultimatum à Mathieu.
Je l'ai mis à la porte pour qu'il réagisse.
Mais il avait raison d'avoir peur.
On ne peut pas toujours vivre dans le mensonge.
Je ne sais plus qui disait cette phrase :
"La vérité tue,
"mais quand on la tait, elle devient vénéneuse."
Oui ?
- Papa ! - Oh, mon ange !
L'hôpital a appelé. Mathieu est bien sorti du coma.
Viens, papa. On va voir papa.
- Tu as l'air heureux, JB. - Ah ! Ben, c'est mignon.
- Je crois que c'est Freud. - Quoi ?
La petite phrase sur les secrets, je crois que c'est Freud.
- T'en as pas, des secrets ? - Pourquoi tu me dis ça ?
Bon. On va fêter ça ?
- Non, j'ai kiné, ce soir. - Moi, j'ai rencard.
Et toi ?
Non. Si je ne rentre pas, c'est le divorce.
Qu'est-ce que vous avez ?
Ouais, bébé, c'est moi.
C'était pour te dire qu'une affaire nous est tombé dessus avec Antoine,
et on doit aller planquer toute la nuit.
C'était juste pour te dire de ne pas m'attendre,
et donc j'essaierai de te rappeler.
Je te souhaite une bonne nuit.
Je t'aime. Embrasse Lili. Bisous.
Ça ne pose pas de problème ?
D'accord. Oui, bien sûr.
C'est une très bonne nouvelle.
Je vous remercie. Bonne soirée. Au revoir.
"Bien choisir son régime."
Alors ?
Comment va le genou de Mme Renoir ?
La dernière séance s'est avérée efficace,
mais j'en ai besoin d'une autre de toute urgence.
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