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Original subtitles

Te voilà, sale bête !

Je t'ai couru après toute la nuit.

Heureusement que tu l'as attrapé.

Cette saleté n'arrête pas de s'enfuir.

Tout doux !

Comment tu t'appelles ?

Josué.

PARTIE I JOSUÉ "EL OCHO"

Tu vas le regretter, Ocho.

J'ai pris ma décision, Genaro.

Vous croyez quoi ? Que je vais vous lécher le cul à vie ?

Je vais rien te faire.

Mon fils est là.

Mais si tu bouges, je te bute.

Je reviens tout de suite.

Je te mets la radio pour t'endormir.

- Tu as ton jouet ? - Oui, je l'ai.

Avance, on va discuter.

Mon père laissera pas passer ça.

Ils te retrouveront pas.

Pleure pas.

Je veux pas me souvenir de toi comme ça.

Attends, putain !

Reste là, connard !

Papa !

Papa.

Gamin !

Gamin, ouvre-moi. Réveille-toi !

Gamin ! Ouvre la portière.

Juste là.

Dépêche-toi !

Des heures en plein soleil...

Il aurait pu mourir, Josué.

Appelle-moi Ocho, Neme. Je te l'ai déjà dit.

Je dois t'appeler par ton nom d'artiste, maintenant ?

J'ai eu un accident, ça m'a retardé.

Personne ne t'a fait ça, enfant. Et regarde-toi, maintenant.

Qu'est-ce qui l'attend ?

Je suis tout seul. Je fais ce que je peux.

J'ignore ce que te trouvait ma sœur.

Si elle savait ce que tu es devenu...

Un putain de tueur à gages.

Viens.

Le petit peut venir me voir.

Pas toi.

Tu vois ?

Ça marche comme ça.

Comme ça, c'est plus difficile.

Regarde.

Il y a un bouton.

Pendant que tu étais enfermé,

je suis tombé dans un ravin très profond.

Je pouvais pas remonter. Je voulais pas te laisser seul.

J'ai dû grimper comme j'ai pu

pour te retrouver.

Tu le sais, il faut être sage et écouter les maîtresses.

D'accord ?

Au revoir.

Tu l'as bien planqué, mais on l'a retrouvé, connard.

Monte dans la bagnole.

Grouille-toi.

Tu sais qu'ils l'ont cherché, Maza.

Rappelle-toi que je t'ai aidé.

- Arrête-toi là. - Tu veux combien ?

- Donne-moi ton prix. - Descends.

Tu peux prendre ma caisse.

- J'ai un petit garçon. - Il va morfler comme toi.

- Sale traître. - Attends.

Tu sais que tu n'es pas le bienvenu, Josué.

Tu as fait quoi du petit ?

Pourquoi tu vis toute seule ici ?

- Vous avez fait quoi à Josué ? - Rien.

Il est à la veillée. Ils ont tué le fils d'Aurelio.

Ocho m'a demandé de récupérer son fils.

Dis-lui qu'il n'est pas là.

- Je dois lui amener. - Alors, vas-y.

Tu ferais mieux de partir avant que la nuit tombe.

Connasse de sorcière ! Je peux te forcer à sortir.

Bonsoir, Domi. Tu sais où est le fils de Josué ?

On n'a vu personne. Ils sont tous à la veillée de Genaro.

- Merci, Domi. - Sois prudente.

Préviens-les.

Tonton ? Nemesia est passée.

Elle cherche le petit.

J'arrive.

J'arrive.

Viens, Sujo.

Cache-toi là et ne fais pas de bruit.

Ne sors pas avant que je t'appelle.

- Aurelio. - Tu vas bien, Rosalia ?

Mes condoléances pour ton fils.

Je pensais venir demain avec les petits pour lui rendre hommage.

Merci, Rosa.

Tu veux entrer boire un café ?

Non, merci. Je cherche Sujo.

Ocho est à la veillée.

Je vais lui amener.

Neme l'a récupéré.

Il y a quelques heures.

Pourquoi il m'enverrait ici si son gamin n'était pas là ?

Je n'en sais rien.

Personne ne l'a récupéré à l'école, donc je l'ai amené ici.

- Jeremy, amène Jai dans la chambre. - Non !

Restez là.

Quelle merde !

Je vais rien leur faire.

Tu leur as fait peur.

- Jai, ne pleure pas, mon cœur. - Viens ici, Jai.

Viens là.

Ton mari est aussi à la veillée.

Passe-lui le bonjour.

C'est Josué qui t'a dit qu'il m'avait laissé le petit ?

Parce que je ne l'ai pas vu, aujourd'hui.

- Il est avec sa tante ? - Oui.

Va le chercher, si tu veux.

Regardez la télé, les garçons.

Dites à votre mère de pas vous faire peur.

- Je suis désolée, Aurelio. - Sortez pas.

Ça va ?

Tu as fait pipi ?

Ce n'est pas grave, on va nettoyer.

Nemesia, il est là.

Ça va ?

Aurelio cherche le petit.

Je lui ai dit qu'il était avec toi. Je ne savais pas quoi faire.

Il t'a crue ?

Oui, je crois.

Tu as vu Josué ?

Mon papa ?

Habille-toi, Sujo.

- Sans pleurer. - Jeremy, aide-moi.

- Il ne faut rien dire. - Non.

Je leur ai déjà expliqué, pas vrai ? Même pas à votre père.

Ils veulent faire du mal au petit.

Dépêche-toi, Sujo.

Viens par là, fais attention.

Tu sais que je ne te porte pas, tu peux marcher.

Prenez le petit chemin.

N'aie pas peur, suis-moi.

- C'est ton chien ? - Chut, c'est un chien errant.

Reste ici.

Ocho m'envoie chercher le petit.

Arrête de mentir, je sais ce que vous lui avez fait.

Tu sais comment ça marche et Ocho aussi, ça l'a pas empêché de tuer mon fils.

- Et je devrais laisser le sien en vie ? - Le petit n'est pas responsable.

Il va devenir comme son père.

- Il sera différent. - Ah oui ?

Je pourrai pas toujours te protéger.

- Tu vas subir le même sort. - Pardon ?

Sauve-toi, Sujo !

Putain de merde.

C'est le fils de ma sœur, ne me le prends pas.

Sujo !

Sujo !

Tu peux venir.

Allez, accroche-toi.

Viens boire ton lait.

Assieds-toi, il ne va rien te faire.

Ne venez pas au village.

Je refuse de passer pour un con.

Cet enfoiré d'Ocho n'aura pas de veillée.

Il est en bouillie, de toute façon.

- En bouillie de quoi ? - Bois ton lait.

Attention, c'est chaud.

Ça me va.

PARTIE II NEMESIA

Au commencement, il n'y avait que la nuit.

La lumière, les bruits et la pensée n'existaient pas.

Et les animaux ?

Ils existaient.

Mais ils n'avaient ni voix ni corps.

La nuit était dense.

Comme ce soir.

J'ai beaucoup d'histoires à te transmettre.

Qui te les a racontées ?

Personne.

Elles ont toujours existé.

Et mon papa ?

Il a rejoint les animaux.

De quoi j'ai l'air ?

On dirait la femme d'un de ces sales types.

- Mais je suis contente de te voir. - Attends, Sujo !

Je t'ai dit de la garder.

Vous pourrez venir nous voir.

Non.

Avec ce salaud de Jaiziel dans les parages ?

Il est capable de revenir à la maison rien que pour la voiture.

Non, Neme.

Elle est à Sujo.

C'est son héritage.

C'est déjà une chance de l'avoir récupérée.

Qu'est-ce qu'il y a ?

On lui fait une autre cape ?

Une rose.

Tu ne veux pas qu'il me ressemble ?

- Une bleue. - Ah oui ?

Tu pourrais la vendre. L'argent te serait utile.

Non.

Qui sait ce qu'ils en ont fait tout ce temps.

Ou ce que Josué a dû faire pour l'acheter.

Va jouer.

Allez, file.

C'est une voiture.

Elle n'y est pour rien.

Pas plus que toi ou le petit.

Je sais !

Tu pourrais l'utiliser.

- Tu pourrais venir au village... - Je ne sais pas conduire.

C'est facile, je peux t'apprendre.

Il suffit d'appuyer sur la pédale et ça avance tout seul.

C'est la déco de Josué.

Y compris les estampes.

Il n'y a pas de bouton d'autodestruction.

Ça serait trop risqué.

N'aie pas peur.

Ces feux permettent de signaler si tu vas reculer, t'arrêter ou autre.

Tu les vois dans le rétroviseur ?

- Tous ? - Oui.

Regarde dans celui du côté.

- Je les vois. - Les trois ?

Tu peux tourner la clé.

Les garçons, écartez-vous !

On va reculer.

Prête ?

Appuie sur le frein et mets la marche arrière.

Petit à petit, lâche la pédale.

Vas-y !

Allez.

Qu'est-ce que tu fais ?

Arrête !

Ici, elle ne causera pas de problèmes.

Écarte cette branche.

- Comme ça. - C'est bon.

Tu as failli nous tuer.

- Tu es timbrée. - Si tu avais vu ta tête...

Tu es devenue blanche comme un linge.

Tiens, un peu d'eau.

Regarde-toi.

Attends.

Jai, arrête de gribouiller.

Je ne veux pas faire mes devoirs.

Si tu veux, je peux t'aider.

"R".

"Perro".

Combien de temps tu vas le cacher ici ?

Le temps qu'il faudra pour qu'ils l'oublient.

Ce n'est pas une vie.

Il ne peut pas vivre isolé du village.

Pauvre Josué, il l'aimait tellement.

Il n'aurait pas dû le laisser seul.

Il ne l'est pas.

Jeremy, réveille-toi.

On y va.

Sujo, elles vont te gronder.

Sujo.

Pourquoi tu as dormi dehors ?

C'est dangereux, il y a des bêtes.

Viens là.

Allez.

Et voilà, monsieur.

Assieds-toi.

Son papa lui manque.

Jaiziel, arrête de faire l'idiot et bois ton lait, il est tard.

Dépêche-toi !

Non, Jai, on va arriver en retard et pleins de poussière.

Arrête ça.

On n'aurait pas dû rester dormir en semaine.

Dépêche-toi.

Je veux aller à l'école.

Le dragon crache du feu !

- C'est quoi ? - Un cerf, et ça, un renard.

Un crapaud, un porc-épic et un aigle.

À l'école, je vais apprendre le nom

de tous les animaux et de tous les objets.

- Tu peux me le chauffer ? - C'est chaud, bois-le.

Je peux monter ?

- Sur mes genoux ? - Oui.

- Et je te montrerai mon livre. - Non, tu ne peux pas.

Pourquoi ?

Parce que tu dors.

Si tu le voulais,

tu pourrais marcher.

Lave-toi bien les oreilles, Sujo.

Assieds-toi correctement.

Je vais ajouter de l'eau chaude.

Attention à vos pieds, c'est très chaud.

Jai, arrête de crier.

Pourquoi je m'appelle Jai ?

C'est le prénom de ton papa.

Depuis la génération de ton arrière-grand-père,

c'est le prénom du premier-né.

C'est moi qui suis né le premier,

pourquoi je m'appelle Jeremy et pas Jaiziel ?

Car on allait partir aux États-Unis, donc on t'a donné un nom de là-bas.

Mais ils n'ont pas voulu de ton père et on n'est pas partis.

Comme tout le monde t'appelait Jeremy, on n'a pas changé.

Tu n'aimes pas le prénom que je t'ai donné ?

Et Sujo, pourquoi il s'appelle comme ça ?

- Tu le sais, Neme ? - Non.

Josué l'appelait déjà comme ça dans le ventre de sa mère.

Ma sœur voulait l'appeler Juan de Dios, comme notre père.

Je préfère Sujo.

Tu as raison, mon poussin.

C'est beaucoup plus joli.

- Je vais chercher son origine. - Ça veut dire quoi, Sujo ?

Je ne sais pas, mais tous les prénoms ont un sens.

Par exemple, Jaiziel veut dire "ange de Dieu".

Et moi, "remplie de fleurs".

Jeremy, on ne sait pas, parce que c'est de l'anglais.

Et le tien, il veut dire quoi ?

"Vengeance".

Sujo.

Sujo.

Ne réveille pas Neme.

Jeremy, vide ton sac et celui de ton frère, on y va.

Allez.

Attendez-moi, n'allez pas trop vite.

C'était comme ça, avant ?

Voilà ce qui arrive aux chiens de traîtres

Sujo, où ton père cachait les choses importantes ?

Ne lui dis pas ce qui est écrit.

Restez là.

- C'est écrit quoi ? - Je ne sais pas.

- "Chien". - Jeremy.

Viens là.

Mets tous les vêtements de Sujo dans le sac.

Je veux venir aussi.

Arrêtez quand les sacs sont pleins, d'accord ?

- Pourquoi le toit est cassé ? - Je ne sais pas.

Tu peux me donner ce pantalon ?

Regarde, il reste un jouet.

Sois pas triste.

Qu'est-ce qu'il y a, mon amour ?

Mon cœur, tout va bien.

Mon amour, je suis là.

Tu croyais que je ne verrais pas la différence ?

Celui-ci chouine plus.

Comment je pourrais t'abandonner ?

Il s'est endormi ?

Oui.

Allez, Neme.

Tout va bien.

Tu l'as mis en danger.

Tu ne sais même pas si Josué avait de l'argent.

Il flambait tout.

Mais si !

J'essaie de t'en parler depuis tout à l'heure.

J'ai trouvé 5 000 $ chez lui.

Il doit y en avoir plus.

Sinon, à quoi servirait cette clé ?

Elle ouvre quelque chose.

Il doit y avoir plus d'argent.

S'ils ne l'ont pas déjà volé.

Cet argent n'est pas à Sujo, ni à toi.

Ni à ces enfoirés.

C'est injuste.

Tu ne trouves pas ?

Non.

- Il y a quoi dedans ? - Quelque chose à toi.

Ton père a dit...

"Rien ne va nous séparer."

PARTIE III JAI ET JEREMY

Prends un caillou.

Non, pas comme ça.

Tiens-le sur le côté et lance-le.

Regarde, sur le côté.

- Il a toujours été là ? - Le barrage ?

Oui.

Tu l'avais pas vu ?

Non.

- C'est comme la mer ? - Non.

Je sais pas.

Un jour, j'irai en moto.

Mais je dois la réparer.

Mon poussin.

Je t'avais pas vue, tata.

Tu veux un café ?

Non.

Bonne nuit.

Quelqu'un pour vous, les jeunes.

C'est mon tour.

Putain, c'est Sujo.

Vas-y, Sujo.

- Attrapez ces petits cons ! - Vite, cours.

Laisse-moi, on fait rien de mal.

Allez, plus vite.

- Ne revenez pas ! - Tu m'as fait peur.

Cache ça, putain.

Ça remet les os en place.

Conduis mieux, on est pas du bétail.

Vous en avez l'odeur.

T'avais jamais embrassé une fille ?

Jamais.

L'amour n'est pas pour toi Il ne m'a pas réussi non plus

Moi, je préfère picoler et chanter toute la journée

Ta tante va pas nous griller ?

Arrête tes conneries.

Tu l'as déjà ouverte ?

Attends, Jai. Laisse Sujo ouvrir la caisse.

Elle est dans un sale état, putain.

Tu vois, je te l'avais dit.

Il fallait que tu sortes.

Tu pouvais pas rester planqué ici toute ta vie.

Essaie encore.

Elle a pas démarré depuis un bail.

On va la réparer.

Alors ?

T'y connais rien, Jai.

- C'est pas une moto ! - Je gère.

Passe-moi ce truc.

Je vais vous montrer que je suis calé.

Réessaie.

Bien joué, ça !

C'est qui, le boss ? On a du bon son.

- Stylé ! - Grave.

On va s'éclater.

Allez, en route !

Le fils de ce putain d'Ocho est de retour.

Il revient en force pour se venger

de tous les enfoirés qui se mettront sur son chemin.

- Allez ! - Elle est trop classe, cette caisse.

Arrête tes conneries. Ça déchire, non ?

Tu l'as fait quand ?

Tu me l'avais pas montré.

Tu vas pas tout balancer à maman, Jai ?

Ce vendredi.

T'as fait quoi pour l'avoir ?

32 ?

Ils devaient me donner le 39 comme on était plusieurs.

Mais j'ai eu le 32.

Ton père était le 8, tu le savais ?

Plus le numéro est petit, plus le gars est dangereux.

Ils t'ont vu, l'autre jour.

Ils veulent te donner un numéro, comme à ton père.

Allez, balance. T'as fait quoi pour l'avoir ?

Ça se dit pas.

Un crâne, ça aurait été mieux.

J'aurais bien aimé, mais les épines, c'est classe.

- Pourquoi pas le crâne ? - Il était gros, j'ai hésité...

- Ça prenait tout le torse. - T'as flippé.

Pour qui tu me prends, putain ?

Je ne peux pas t'empêcher de faire des erreurs.

Je suis pas mon père.

Attendez-moi là.

- Mais si... - Ça dure trop.

- On se tire. - Sans hésiter.

- Ça roule ? - Ça va, Jeremy ?

Et cette baraque ?

C'est la maison du boss.

- Celle de Maza ? - Mais non, d'Aurelio.

Ils veulent te voir.

- Le voilà. - Commande des tacos, Jeremy.

Vas-y.

- C'est bien ta caisse, là-bas ? - Oui.

Elle était à mon père.

Viens t'asseoir.

Tu ressembles à Ocho.

J'ai connu ton père quand il était plus jeune que toi.

On était amis.

J'ai roulé dans ta caisse.

C'était vraiment une putain de bagnole.

J'ai une dette envers Ocho, le père de ce gamin.

C'est Maza qui t'a fait venir.

- Merci. - T'es une mule ?

Ce qu'on va faire, ça s'appelle comme ça.

Y aura pas de problème avec le boss ?

Sujo est comme mon frère.

Tout va se faire rapidement et dans les alentours, c'est ça ?

On va transporter quoi ?

Quelle idée de poser cette question !

On va boire des coups ?

- Tu me les présenteras quand ? - Non, Jai.

Je partagerai mon argent avec toi.

- Continue tes études. - Celui qui veut étudier, c'est Sujo.

Vous avez vu le boiteux ?

Ne l'appelle pas comme ça.

J'ai détesté ton père pendant longtemps.

Je pensais qu'il se tapait la mère de mes enfants.

Mais celle qui la baisait...

c'est cette sorcière.

C'est bon, papa, tais-toi.

- Il faut que ça sorte. - On y va.

Ça suffit ! Je suis pas un gosse.

Tu sais quoi ? Ton père était une grosse merde.

Un putain de traître.

Sujo.

Viens, j'ai besoin de ton aide.

Ils vont arriver dans longtemps ?

Je sais pas.

J'aimerais faire un cadeau à maman.

Mais je veux aussi acheter une moto à Jai.

Et toi, tu vas faire quoi ?

Je sais pas.

Si je te le dis, tu te moqueras pas ?

Non, pourquoi je ferais ça ?

- Ils arrivent. - Allez.

Salut, ça roule ?

- Vous l'avez ? - Oui, c'est mon frère qui a tout.

Vous pouvez compter sur nous pour n'importe quoi.

Ouais, ça marche.

C'est une affaire qui roule.

- Et voilà. - On se verra avec Maza.

À plus.

Regarde les motos.

- Ils savent pas conduire. - Pas fichus de faire demi-tour.

Quoi ?

Pourquoi tu me parles plus ?

J'ignore ce que c'est d'être un homme.

Mais tu pourrais mener une autre vie.

C'est quoi, l'urgence ?

Monte.

On va où ?

Tu diras rien à Jeremy.

Viens, on passe par là.

- Où on va, Jai ? - Tu verras.

- Dis-le-moi. - Suis-moi, c'est tout.

Et voilà.

Voilà quoi ?

Viens voir.

C'était pas de la bouillie, ton père est enterré là.

Il y a son urne et sa photo.

Tu lui ressembles, mais tu fais plus tafiole.

Tu diras rien à Jeremy, ils me l'ont donné.

La classe, non ?

Mon père est pas là.

Peu importe.

Le coffre-fort dont parlait ma mère doit être là.

Il a dû laisser du fric.

C'était pas n'importe qui, ton vieux.

Il s'est même fait construire une chapelle.

Mon poussin.

Jeremy donne un coup de main, alléluia !

- Et pour ce soir ? - Je ne sais pas.

Jai, viens m'aider, tu n'as rien fait.

Alors ?

Tu vas m'expliquer ?

Ce soir, il va falloir aller plus loin. C'était pas le deal, pourtant.

Elles ont insisté pour la soupe.

Pas de souci.

Toi qui détestes ça.

On pourrait mettre du ciment.

On parle de refaire le sol.

- Ça serait bien. - Oui.

C'est une bonne idée.

Tu vas aider ?

Oui.

Tiens.

Toi aussi, Jeremy, hein ?

Oui, et pas qu'un peu !

Ne roule pas trop vite.

Sois gentil avec ta tante.

Ça va ?

Ça fait 15 minutes.

Voire plus.

On peut pas partir sans mon frère.

Si je reviens pas,

va voir Neme pour tout lui raconter.

On pourrait te trouer le cul !

Tu peux dire à ces connards de Maza et Aurelio

que c'est notre territoire.

Pas un mot.

On se tire. Fais pas de bruit.

Il s'est passé quoi ?

Tu la boucles.

Mais ton doigt...

- Il s'est passé quoi ? - Rien.

- Je me suis coupé. - Sérieux ?

C'est rien.

Un malentendu.

- Mais... - Ferme-la, Jai !

On va où ?

Chez mon père.

Vous direz rien.

Jurez-le.

C'est à cause de moi ?

Mais reviens pas au village sans m'en parler.

Salaud.

Qu'est-ce que tu fais là, mon fils ?

Je suis venu chercher tante Neme, mais je ne l'ai pas trouvée.

Dis-moi ce que tu voulais lui dire.

Ils ont tué les gars de 30 à 39.

Ils en ont après le 40.

Sujo, qu'est-ce qui s'est passé ?

Dis à Jai que je ne l'abandonne pas.

Départ pour Mexico !

Ne reviens pas.

PARTIE IV SUSAN

Regardez, on a un client !

- Viens là ! - N'aie pas peur.

Viens. Allez, fais pas le timide.

Il nous ignore !

Tu t'appelles comment ?

- Non, merci. - Viens, "Non merci".

Allez, fais pas ton trouillard.

Les gars, on reprend !

Alors, Sujo ? Tu arrives bien tard.

- Ça va ? - Suis-moi.

Allez !

Allez, il faut que ça avance.

On s'arrête là.

Monsieur ! Je vous aide à décharger ?

- Oui, viens. - Ok.

C'est bon.

150 $ moins 15 $ pour le café, ça fait 135 $.

Je te dépose au métro ou tu restes ici ?

Je reste.

...littéraires d'Amérique latine.

- Donc ce que vous devez retenir... - Pardon.

Entre et ferme la porte, s'il te plaît.

Tu entres ?

On va aborder aujourd'hui une réflexion provenant du baroque

sur le libre arbitre et le déterminisme.

"Je ne t'en veux pas, ce n'était pas de ta faute.

"Je veux de tes nouvelles.

"Raconte-moi tes expériences et ton quotidien.

Tu me manques beaucoup. Rosalia."

Allez, les gars !

Au travail, on arrête de papoter.

Monsieur, vous n'allez pas à la cité U ?

Pas le lundi, mais je peux te rapprocher du métro.

D'accord.

"Quand il comprit qu'il n'y avait pas âme qui vive

"en ces lieux,

"Jude prit conscience de la solitude qui l'habitait.

"Il eut l'impression de devenir une sorte de fantôme.

Quelqu'un qu'on ne pouvait ni voir ni entendre."

Assieds-toi, s'il te plaît.

"Il inspira profondément

"et tandis qu'il sentait l'aura de son propre fantôme,

"il dirigea ses pensées vers les autres êtres fantomatiques

qui peuplaient chaque recoin."

Je ne peux pas continuer, si tu ne t'assieds pas.

S'il te plaît.

"Lors de la période précédant cette aventure,

"après le départ irrévocable de sa femme,

"il avait lu et appris

"presque tout ce qu'il était possible de lire et d'apprendre

"au sujet des hommes de talent

qui avaient passé leur enfance..."

Je ne lui ai pas dit de partir, juste de s'asseoir.

"... entre ces murs saints et dont les esprits..."

Il n'y a pas de place.

Tu m'as fait peur.

J'aimerais vous parler.

J'ai cours dans dix minutes, mais je t'écoute.

Il paraît que je peux suivre vos cours sans être étudiant.

Oui, si l'enseignant l'autorise.

Mais si tu veux suivre des études,

tu ferais mieux de passer l'examen d'entrée.

Je ne peux pas.

Comment ça ? Pourquoi ?

Je n'ai pas fini l'école.

Les examens ne sont pas si durs.

J'ai fait le cursus du primaire et du secondaire,

mais je ne peux pas le prouver.

Comment ça ? Tu t'appelles comment ?

Sujo.

Je ne savais pas qu'il n'y avait plus de place.

Je ne voulais pas te chasser.

Ce n'est pas la première fois que tu viens, si ?

Je suis pressée, mais tu as lu le livre ?

Parfait. Tu peux venir au prochain cours.

Mais je serai aussi exigeante qu'avec les autres.

Pas de problème. Merci !

"J'ai trouvé du travail.

"Ce n'est plus la peine...

"de m'envoyer de l'argent.

"Parfois,

"je m'endors,

"et j'ai l'impression d'être encore là-bas.

"Demande...

"à tante Neme

"s'il lui arrive de rêver de moi.

"Et comment je peux faire

pour rêver d'elle."

"Les portes étaient fermées.

"Obéissant à une impulsion,

"il sortit un morceau de craie de sa poche

"qu'il utilisait pour son travail

"et il écrivit sur la façade :

"Je comprends les choses aussi bien que vous.

Je ne me considère pas comme inférieur."

Quelle affirmation !

On va discuter de ce qu'elle représente à notre époque,

comme c'est un roman de la fin du 19e siècle.

Pourriez-vous relire une de mes dissertations ?

- Toi aussi ? - Oui.

Au prochain cours, on parlera du projet de fin d'année.

- Merci beaucoup. - D'accord ?

Merci !

Tu es content, Sujo ? Allez.

Il me manque les signatures pour février.

- Aussi ? - Oui, pour février.

Février.

Parfait, je vais vérifier.

Je te conseille de t'inscrire à des cours pour adultes

pour valider ton niveau.

Et ensuite, tu pourras étudier ici.

- Merci beaucoup. - Bonne chance.

Tu sais, obtenir ce qu'on veut n'est pas toujours facile.

Je suis prête à t'aider.

- Mais je n'aime pas perdre mon temps. - Ça ne sera pas le cas.

Alors, parle-moi de toi.

On pourrait se voir le soir.

Mais je ne sais pas si tu travailles.

Si.

Mais je peux adapter mes horaires.

- Qu'est-ce que tu fais ? - Je décharge des marchandises.

Tu n'es pas d'ici ?

Je viens de Tierra Caliente.

- Dans quelle zone ? - Michoacán.

Écoute, on peut se voir mardi prochain.

Il y a un café près de chez moi.

J'ai oublié le nom de la rue, donne-moi ton numéro.

Je n'ai pas de portable.

32, avenue Benjamin Franklin.

C'est l'adresse de mon immeuble, c'est près d'un métro.

Je t'attendrai là-bas et on ira au café ensemble.

À bientôt.

À quelle heure ?

À 19h.

Tapantes !

Tu es sûr de vouloir étudier la littérature ?

Oui.

Pour intégrer l'université,

il faut étudier d'autres sujets.

Mathématiques, physique, biologie.

Je t'ai obtenu un rendez-vous pour la semaine prochaine.

C'est important. Ce programme pourrait t'aider.

Ils voudront savoir pourquoi tu as choisi cette filière

et ils te demanderont de leur raconter ton parcours.

Il doit être très intéressant.

Pas la peine de m'en parler.

Je t'ai apporté quelques livres.

Lis-les et rends-les-moi quand tu auras fini.

Et je t'en prêterai trois autres.

Dans certains, il y a des épreuves de baccalauréat.

Fais les exercices pour te donner une idée.

- Ça te convient ? - Oui.

Bien.

Merci.

Demain, il y a une soirée à la faculté.

Ça te tente ?

Tu pourrais faire des connaissances.

Allez.

"Sujo".

Je n'avais jamais entendu ce nom, qu'est-ce qu'il veut dire ?

Rien, je crois.

Un nom a toujours un sens, au moins pour celui qui le donne.

D'où tu viens ?

C'est compliqué.

Pourquoi ?

Je suis née en Argentine,

mais je suis arrivée au Mexique, il y a longtemps.

J'étais jeune.

- Quel âge ? - À peu près le même que toi.

Où tu vas, maintenant ?

Je vais travailler.

- Je pars par là. - Moi, par là.

- À demain. - Au revoir.

Un.

Ne relâche pas ta garde. Deux !

- Ta garde, deux. - Voilà Monsieur "Non merci" !

- Je t'avais pas reconnu. - Tu t'es fait tout beau.

Allez, fais pas la tête.

Viens nous voir.

- Petit con. - On t'attend.

- Viens par là. - Quelle jolie princesse !

- Tu me fais bander. - Deux.

Deux.

Trois.

- Bonsoir. - Salut.

C'est bien que tu sois venu, ça me fait plaisir.

- Je ne sais pas ce que vous en pensez. - Oui, je suis d'accord.

Va faire connaissance.

Ça s'est passé où ?

Au Michoacán.

C'est dingue.

Quelle horreur !

Il va l'achever.

- Regarde, il va le buter. - J'y crois pas.

Ces mecs se tuent toujours entre eux.

- C'est dément ! - De vrais sauvages.

J'ai quelque chose pour toi.

Mais j'ai oublié le chargeur.

Merci.

Il est vieux, mais ça devrait t'être utile.

C'est comment, l'Argentine ?

L'Argentine...

Eh bien, d'un côté,

c'est un lieu extrêmement lumineux et joyeux,

et de l'autre, c'est un lieu sombre et hanté par la mort.

Pourquoi ?

À cause de la dictature.

Est-ce que les gens peuvent changer de vie ?

Oui, bien sûr !

Entre, ne sois pas timide.

Je vais chercher le chargeur.

Le voilà.

Je t'appelle pour que tu aies mon numéro.

- C'est bon. - Parfait.

Tu ne vas pas prévenir que tu rentres ?

Il est tard.

Tu n'as pas de famille ?

Si, j'ai une tante.

Enfin, j'en ai deux.

Et un frère.

Ce n'est pas mon frère, mais c'est tout comme.

Tu ne vis pas avec eux ?

Non, ils sont à Tierra Caliente.

Et tes parents ?

Ma mère est morte à ma naissance.

Et mon père, plus tard.

C'était un salaud.

Ne dis pas ça, il devait avoir du bon.

C'est une photo de ton fils ?

Non, c'est mon frère.

Il est mort, il y a longtemps.

Il s'appelait comment ?

Il est temps que tu partes.

Je te raccompagne.

- Merci pour le portable. - De rien.

C'est moi, flippe pas.

J'allais partir.

J'ai attendu toute la nuit, t'étais où ?

Ça te regarde ?

Tu m'en veux plus d'être parti ?

Sacré Jai !

Ça te coûte combien ?

En ce moment, 4 000 $.

Mon coloc est parti, il y a quelques semaines.

Maintenant, je dois payer tout seul.

Mais c'est mieux comme ça.

4 000 $ ?

C'est le prix de la maison de ta tante avec ses poules.

T'abuses !

J'ai besoin de ton aide.

Je dois rembourser une dette.

Ils veulent ma peau.

Tu sais qu'ils déconnent pas.

J'ai peur qu'ils s'en prennent à ma mère.

J'ai même ouvert la tombe de ton père.

Tu demandes pas ce qu'il y avait ?

Vas-y, dis.

Rien.

Ils volent même les morts.

Les salauds.

Tiens.

Mes économies.

Si tu veux, tu peux rester ici.

Merci.

Il te faut combien ?

Le plus possible.

Le maximum.

- Bonjour, Augustín. - Bonjour, c'est pas l'heure.

- J'aimerais parler au patron. - Ok, entre.

- C'est mon frère. - D'accord.

Quand on fait des avances, les gars se tirent.

Je ne peux pas.

Et s'il nous aidait ? C'est un bosseur.

Vraiment.

Ça paie combien ?

Juste les pourboires, on est au complet, cette semaine.

Peut-être la suivante.

- Et pour nettoyer ? - Va voir en bas.

- Merci, patron. - De rien.

"Juste les pourboires". Quel gros connard !

Et toi, tu veux me faire nettoyer !

J'ai commencé par là.

Je veux pas t'attirer d'emmerdes, sinon, je l'aurais déglingué.

Pourquoi se casser le cul pour que dalle ?

T'es pas obligé de partir.

Je t'ai dit que j'ai plus de coloc.

Tu peux rester autant que tu veux.

Ça me fait pas rêver.

Quand je pense à ce qui est arrivé à mon frère...

On se fait tuer pour que dalle.

Ça me monte à la tête et je deviens fou.

Pas toi ?

Si.

On va faire la fête.

Allez.

Quelle raclure !

À peine 200 $.

Arrête tes conneries.

Celui-là est plus fourni.

Et il est hyper classe.

Je le garde.

C'était cool. On enchaîne avec des bières.

Allô ?

C'est moi, qui est à l'appareil ?

Il va bien ?

Entrez, les garçons.

Par là.

Je vais chercher des couvertures.

Tu sors avec mon frère ?

- T'es une belle femme. - Sors de là.

Le portefeuille ?

- Pourquoi tu m'as amené ici, alors ? - Pas pour ça.

On va piquer ses enceintes.

Fais pas le con.

Elle me rend service.

Elle te connaît pas.

Tu lui as dit que ton père était un tueur à gages ?

Ces gens-là s'en foutent de nous.

On y va, s'il te plaît.

- Je t'en donne 2 300 $. - Ça me va.

Mais en billets de 100.

Et pour le portable ?

T'es sûr ?

2 000 $.

Ça me va.

La gare est tout au bout.

Donc je pars tout seul.

Merci, Sujo.

J'avais besoin d'aide.

Je peux compter sur toi.

Dis pas à ma mère que tu m'as vu.

Tu veux pas une partie de la tune ?

Je vais tout arranger.

Et je reviendrai te chercher.

Jai.

T'étais là quand ils ont tué Jeremy ?

Oui.

Regardez qui voilà ! Notre jolie princesse.

Je vais te baiser, connard.

Toujours pas de couilles ?

T'es qu'une merde.

Tu mérites même pas une paire de gants.

Putain de trouillard.

Attention.

- Voilà Monsieur "Non merci". - Ah, enfin !

- On t'attendait, connard. - On veut voir du sang.

Allez !

Défonce ce petit con !

Je ne pensais pas que tu viendrais.

Bon sang, tu es dans un sale état.

Je vais tout te rembourser. Je te le jure.

J'y compte bien.

Ça va prendre quelques semaines. Je vais travailler double.

Vous avez récupéré combien, 5 000 $ ?

Bonjour, Susan.

Tu vas bien, Esteban ?

Merci beaucoup de nous recevoir.

Je sais que ton agenda est chargé. Merci.

Voici Sujo.

Il n'en a pas conscience,

mais c'est un garçon hors du commun.

- Bienvenue, entrez. - Merci.

Te voilà, sale bête !

Comment tu t'appelles ?

- Josué. - Ah ?

Comment il s'appelle, lui ?

Ce cheval s'appelle Sujo.

Sujo.

Tu es vraiment magnifique.

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