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Viens, ma chérie !
Ouvrez-moi !
Ursula, tu hantes mes nuits.
Ursula, depuis des mois, dans la chaleur torride je pense à toi.
Je m'appelle pas Ursula.
-Comment tu t'appelles ? -Suzanne.
-T'as quel âge ? -Je sais pas.
-T'as des enfants ? -Non.
-Pourquoi ? -Je sais pas.
Oh, Ursula.
À moi.
15 balles.
Tu parles d'une conne !
Elles se méfient, les salopes.
Déconner, toujours déconner.
Y en a marre de déconner.
T'as qu'à proposer autre chose.
Donne-moi du blé. J'aurai des idées.
Ne bouge pas.
Qu'as-tu ?
Une idée.
Quoi ?
Regarde autour de toi. Elle te crève les yeux.
Le moteur est encore tiède.
Tu vas pas commencer, merde.
On n'est pas bien ?
Tu sens les coussins d'huile sous ton cul ?
Hydropneumatiques, mon petit bonhomme.
Arrête de fouetter comme ça !
Tu veux du papier cul ?
On va lui ramener
la bagnole au mec.
Ne t'en fais pas. Exactement là où on la prise.
Le mec aura même pas le tonus de porter plainte.
Et alors ?
Et maintenant ?
Vous trouvez pas que vous avez l'air un peu couillon ?
Regarde-moi ces 2 terreurs !
Elle est pas mal, hein ?
Vous ne pouvez pas vous en taper, des comme ça.
Vous aimeriez bien traîner vos pattes là-dessus, pas vrai ?
En attendant, les mains en l'air. Et vite.
Vous tombez mal, les gars.
J'inaugure mon port d'arme.
Figurez-vous que c'est la 3ème DS qu'on me fauche en moins d'un an.
Je commence à en avoir plein le cul. Vous comprenez ?
On l'a pas volée.
On l'a empruntée.
La preuve, on la ramène. Intacte.
À la même place que tout-à-l'heure. Elle a pas bougé.
T'expliqueras ça aux flics.
-Tu peux aller leur téléphoner. -Merde, c'est trop con !
Ça mérite pas les flics.
On n'a fait de mal à personne.
On n'a juste été faire un tour, histoire de tuer l'après-midi du dimanche.
C'est comme si vous nous aviez pris en stop.
Pareil, comme si vous nous aviez ramassés sur le bord de la route.
Sauf que vous étiez pas là.
C'est la seule différence.
Y a pas de quoi en faire une vérole.
On vous a juste bouffé un peu de super.
On n'a pas abîmé. Y a pas une éraflure.
Le ralenti a besoin d'être réglé. Mais c'est pas grave.
Si vous voulez, je vous le fait tout de suite. J'ai un tournevis sur moi.
Vas-y, ne les écoute pas.
Sinon dans 5 mn, tu vas te mettre à chialer tellement ils sont émouvants.
-Mlle, écoutez... -En l'air, les mains, j'ai dit !
-Vous avez besoin de la police ? -Ouais.
-Je les appelle. -Attendez !
Avant de porter plainte, il faut que vous sachiez un truc.
Mon copain et moi avons déjà eu une histoire dans un Prisunic avec les flics.
On est comme en sursis.
-Le prochain coup, on est bons pour la taule. -Et la taule, on veut pas y aller !
-On n'a pas envie. -Pauvres petits cons !
Je vais vous y conduire, en taule.
Si tu leur faisais une bonne coupe de cheveux à ces zazous ?
Pas d'erreur possible, on est bien en France.
Attention !
-Jean-Claude. -Quoi ?
J'ai du sang partout.
-Il faut trouver un médecin. -De quoi je me mêle ?
Qu'est-ce que ce bordel ?
Faudrait planquer la DS et fournir une autre bagnole.
-T'as du blé ? -J'ai mieux que ça.
Vous allez pas le laisser toute seule avec ce type ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je te plais pas ?
Endocrinologie, ça veut dire quoi ?
Est-ce que je sais ?
Dépêche-toi, nom de Dieu. J'ai de plus en plus mal.
Oto-rhino-laryngo, tu connais ?
On va pas acheter un dico. Rien à foutre de leurs spécialités.
Je pisse le sang, c'est tout ce que je vois.
Mon copain a ramassé un pruneau.
Soigne-le vite fait sinon je te casse la gueule devant femme et enfant.
Simple déchirure superficielle du testicule gauche.
Je lui ai fait 3 points de suture.
La balle est rentrée dans le gras de la cuisse, sans toucher l'artère.
-Il a eu de la chance. -Toujours.
C'est fou ce qu'on est vernis.
Tout ce qu'on touche, ça se transforme en or.
Je suis très heureux de l'apprendre.
Justement, je me faisais du souci.
Tu vois toi, par exemple. Tu vas nous filer ton pognon.
Ça m'étonnerait. Je suis complètement à sec.
D'ailleurs, il faut que je passe à la banque.
Sans blague ?
J'ai même utilisé mon dernier chéquier.
Tu te fous pas de ma gueule, par hasard ?
Une supposition.
Fouillez partout si ça vous amuse.
Non.
Je préfère aller dire bonjour à tes 2 moutards, voir s'ils sont bien bordés.
La nuit, ils font un chauchemar, ils se découvrent.
Le lendemain, c'est l'angine.
Attendez.
Bruno, donne-leur quelque chose.
Tenez, c'est tout ce que je peux faire.
Portefeuille, Bruno.
Petite ordure.
Sale petite ordure.
Qu'est-ce que cette gonzesse ? On peut lui faire n'importe quoi, elle s'en fout !
Elle griffe pas, elle mord pas, elle écarte tranquille.
Et elle attend en comptant les mouches au plafond, merde !
Qu'est-ce que tu nous les brises ? T'es pas heureux ?
T'as pas eu ce que tu voulais ?
Autant se taper un bout de mou !
Dégage. Faut que mon copain se repose.
Regarde-moi cette morue.
Elle porte même pas de culotte.
Allez, viens.
Je voudrais bien m'en aller, maintenant.
Pourquoi t'as pas de culotte ?
Tu vas répondre à ma question, oui ou merde ?
Tiens.
-Tu veux voir ce que m'a fait ton copain ? -Fais pas le con, tu vas te fatiguer !
Mais si je peux plus fourrer ?
Plus jamais ? Faut qu'elle voit, la salope.
Puisque je te dis que t'as rien du tout ! Arrête de déconner, t'es guéri !
J'y suis pour rien. C'est pas moi qui ai tiré.
J'en avais rien à branler qu'on lui fauche sa DS.
-Qui c'était, ton mec ? -Mon patron.
-Et il te saute ? -Si vous croyez que ça me réjouie...
C'est pour ça que tu portes pas de culotte ?
Il veut toujours que je me balade comme ça, même dans la rue. Ça l'excite.
Même en fin de mois ?
Ça va, arrêtez vos saloperies.
Fais voir tes papiers.
-C'est quoi, ton boulot ? -Shampouineuse.
Shampouineuse de quoi ?
-De glands ? -De chauves ?
Je voudrais bien rentrer pour dormir. Le salon ouvre à 9h.
Ta gueule !
Ta gueule.
Qu'as-tu ? T'entends des voix ?
Devine ce qu'on va lui faire, au merlan.
Devine.
-Jean-Claude. -Ouais ?
-Écoute-moi bien. -Je t'écoute.
Écoute-moi bien.
Le mec a l'air d'y tenir vachement, à sa bagnole.
Ben on va lui rendre. On va être correct.
On va la lui déposer sur le bord de la route, gentiment.
-Tu me suis ? -Ouais, ouais.
C'est là que ça va commencer. Tiens-toi bien.
Les flics ramassent la bagnole.
Le merlan vient la récupérer au commissariat.
Il voit qu'elle est intacte.
Il repart avec.
Tout content, en sifflotant.
Seulement ce qu'il ne sait pas, ce con,
c'est que sa bagnole, on lui a trafiquée.
On lui a bien tranquillement cisaillé la roue avant.
Une roue qui tient plus qu'à un cheveu.
Tu piges ?
Qui demande qu'à se débiner dans un virage.
Un jour, le mec est là sur une belle nationale,
à plus de 150 km/h, peinard.
Il fume une cigarette.
Viril, du genre Marlboro.
Et puis hop !
La roue qui se taille !
C'est pas beau, ça ?
Dans un virage ! Avec plein d'arbres !
T'as raison. C'est tout ce qu'il mérite, cet enculé !
Viens t'asseoir. J'ai peur que tu sois fatigué.
Mon copain et moi, avant de te quitter, vu qu'on se reverra sans doute jamais,
on voudrait te demander comme qui dirait une petite faveur.
Avec vos conneries, je vais être en retard au salon.
Annoncez toujours.
Ce serait de toucher les poils de ton cul. Il paraît que ça porte bonheur.
D'accord, mais grouillez-vous.
J'ai pas envie de me faire disputer en arrivant.
Mais j'ai jamais entendu dire que ça portait bonheur !
Ah si, bien sûr.
Toucher quelque chose de sale, ça porte chance.
-C'est comme de marcher dans la merde. -Salauds.
Dis donc, petit, sûr que c'est bien ici que tu viens ?
Autant pour moi.
-Elles sont belles, tes oreilles. -Ah oui ?
Vachement bien dégagées.
Fie-toi aux tiennes, des fois que je les frictionne un peu.
-Tu vas au coiffeur tous les samedis ? -Non, le samedi, je travaille.
C'est le jour où il y a le plus de fauche.
Des voyous dans ton genre, j'en fais coffrer à la douzaine.
C'est bien.
Si tout le monde travaillait comme toi, il y aurait moins de gaspillage.
Il paraît que t'es un as dans ta partie.
Qui t'a dit ça ?
Je te connais par cœur.
Des types comme toi, j'en ai plein les pattes.
En ce moment, ils accrochent. C'est pas croyable.
C'est une correction que t'es venu chercher ?
Non, seulement un froc.
Du genre Américain.
Pour mon frangin. C'est son cadeau d'anniversaire.
C'est au bout, à droite.
Après les télévisions.
Je te fouillerai à la sortie.
Regarde.
Tu viens de toucher ta première paye ?
Sûrement pas.
J'ai rencontré une femme du monde.
Elle m'a dans la peau.
Elle me donne tout ce que je veux. Ursula, elle s'appelle.
Félicitations.
Il sert à rien, ton badge.
On te repère à 200 m. tellement tu pues la brillantine.
T'as du pot. Je suis de bonne humeur aujourd'hui.
Moi aussi, la vie est belle. J'ai envie de te toucher tellement tu me fascines.
Fie-toi à ton nez, si je le touchais un peu.
Dis donc,
tu les pelotes, tes vendeuses ?
À 3, je te fous dehors avec mon pied dans le cul.
Petit con.
-On n'est pas de la même famille. -Certainement pas.
-Pourtant, j'avais un peu d'affection pour toi. -Moi aussi.
Depuis un petit moment, j'avais envie d'être plus près de toi.
Dommage que je suis pressé, sans ça, je t'aurais invité au restaurant.
Espèce de salaud ! Fumier !
On n'est pas bien ?
Merde, tu vois ?
Quand on nous fait pas chier, on se contente de joies simples.
Y a rien à foutre !
C'est comme les mouches, il faut qu'ils nous collent aux noix.
À croire qu'on est indispensables.
Que si on disparaît, tout s'écroule.
Marche pas si vite, merde !
-J'ai mal aux couilles. -T'as qu'à te mettre en danseuse !
C'est moi qu'ai gagné le trophé Pernod !
Gros con, va !
Merde !
C'est comme ça qu'on se fait piéger connement.
Vous avez pas le droit. Il a encore soif.
Ne partez pas.
On veut juste que Jésus se désaltère.
Prenez ça et donnez-lui à boire.
Ils sont vachement bandants, tes nichons.
Je vais rejoindre mon mari.
Il fait son service militaire.
À Angelras.
Ah oui ?
Tu trouves pas que ça fait plus intime ?
On n'est pas bien ?
Que voulez-vous ?
Rien du tout.
Je peux plus contempler mon pognon ?
Ton mec, il a une perm ?
Oui.
Ça fait longtemps que tu l'as pas vu ?
Y a 2 mois.
Ça va être ta fête.
Vous irez où ?
Je sais pas.
À l'hôtel.
Tiens.
C'est pour toi.
Pourquoi ?
Moi, ce que je voudrais,
c'est que cette perm, tu la passes dans le plus grand hôtel de la ville.
Dans la chambre la plus chère, avec une salle de bain.
Pour décrasser ton mec, qui va certainement puer.
Que tu t'envoies en l'air sur un lit très spacieux.
Qu'on te monte le champagne sur un plateau d'argent.
Que vous le buviez au pieu.
Ça te diraît ?
-Ben oui... -"Ben oui" ?
Seulement ton fric, il s'agirait de le gagner.
Comment ?
Ce que j'aimerais bien, c'est que tu donnes la tétée à mon pote.
C'est un grand amateur de lait. En plus, il est né de mère inconnue.
Je suis sûr que ça lui ferait plaisir.
Vieux, que penses-tu de tout ça ?
Ouais.
Alors, vas-y. À toi de jouer.
C'est pas bon ?
Je bande pas.
Angelras !
Faut que je descende, moi !
Quel panard il va prendre, le griveton !
On la lui a drôlement chauffée.
Et moi, alors ?
Pourquoi je bande pas ?
Enculé de merlan !
J'espère qu'il va pas se louper. Bien se mettre en l'air dans un virage.
-Tu crois qu'il a récupéré sa bagnole ? -Pas déjà.
-Que glandent les flics ? -Y a pas le feu !
Si, je suis pressé.
J'ai hâte de le voir dans la rubrique accident.
-T'as des potes dans la région ? -Non, non.
-Alors, que vient-on foutre ici ? -Laisse-moi le temps de me retourner.
Je suis pas un ordinateur.
Ne te fais pas de bile.
Voie 4, train n° 1411.
À destination de Bridolle.
Attention au départ. Fermez les portières, s'il vous plaît.
T'es malade ?
Si je te dis «morte-saison», qu'est-ce que ça évoque pour toi ?
Question à 1000 F.
C'est fadé comme bled.
C'est pas coquet ?
Ils ont même pas laissé un sucre, ces radins !
Par contre, il y a tout un stock de papier cul.
Du trèfle insonore ouaté, ça t'intéresse ?
Regarde comme c'est émouvant.
Papi, mamie.
Jacqueline.
Pauvre Jacqueline.
Toute seule à table avec ces vieux, quelle horreur !
C'est là qu'elle dort, la Jacquouette.
Regarde ce qu'elle nous a laissé, la petite chérie.
C'est pas mignon ?
À ton avis, c'est du quel âge ?
Je sais pas.
13 ans.
14 ans, à tout casser.
Attends voir.
Beaucoup plus, Pierrot.
Beaucoup plus.
C'est au moins du 16 ans.
Sens-moi ce bouquet.
En effet.
La vache.
C'est au moins du...
C'est une vraie petite demoiselle, Jacqueline.
On dirait qu'elle vient juste de se déculotter.
Qu'elle est dans la pièce à côté.
Jacqueline !
Jean-Claude.
Jean-Claude !
Je bande pas.
Ben quoi ? Moi non plus.
Je vois pas pourquoi on banderait ? En quel honneur ?
D'habitude, le matin j'ai la trique.
C'est la saleté qui t'empêche de bander.
T'as tellement de merde sur la queue qu'il faudrait un bulldozer pour la décoller.
Viens, je te dis. Ce que ça fait du bien !
Je peux pas. Ma blessure va saigner.
Tes pieds vont pas saigner.
Fais-leur un brin de toilette, histoire d'assainir l'atmosphère.
Ne te fais pas de bile. Ça va revenir.
Y a pas de raison.
C'est psychique, ces trucs-là.
Tu penses qu'à ça, alors forcément.
Ça fait du bien, hein ?
Ils sont pas plus léger, comme ça ?
Regarde comme t'es beau.
T'en deviendrais presque désirable.
-Enlève ta main. -Quelle main ?
Enlève ta main, vieux pédé.
-Y a pas de honte. -C'est pas une question de honte.
C'est une question d'envie.
Justement, j'ai pas envie.
T'en sais rien.
Tu crois quand même pas que je vais m'exciter pour ta gueule ?
Il me faut une bonne femme, tu piges ?
Quelque chose qui m'attire et non pas qui me repousse.
Quelqu'un vient d'entrer.
Quand tu veux, vieux pédé !
Je suis humilié !
Mais non. Entre copains, c'est normal.
J'en ai marre, de ce bled !
Bled de merde !
France de merde !
Partout où je vais, je me fais enculer.
Tu vas taire ta gueule, ou je te fais bouffer la dune ?
Jean-Claude, pourquoi je bande pas ?
Puisque je te dis que ça va revenir ! Arrête de broyer du noir !
Chiant, ce mec-là.
Ce qu'il me faut, c'est une gonzesse.
Bandante.
Et qu'elle m'aime.
Bordel de nom de Dieu, y a bien un cul qui nous attent quelque part !
À tout les coups !
Le problème, c'est d'établir la liaison sans donner l'alarme.
On va pas rentrer dans les ordres sous prétexte d'éviter les flics ?
D'autant plus que les finances sont en baisse.
-Combien il reste ? -10 sacs.
Chiottes !
Qu'est-ce qu'il y a ?
J'ai trouvé.
-Quoi ? -Tout !
Écoute-moi bien.
On cherche un cul ? J'ai trouvé un cul.
On n'a plus de blé ? J'ai trouvé du blé.
Viens.
Que faites-vous ?
Et ma moto ?
Eh, mecs !
Salut.
La porte !
Pas la peine de faire tant de simagrées. Si vous voulez me baiser, allez-y.
J'aime pas ta façon de causer.
On ne vient pas pour ton cul, petite salope.
On te baisera si on en a envie. C'est nous qui déciderons, d'accord ?
-Que voulez-vous ? -Des nouvelles de ton copain.
-Quel copain ? -Ton merlan !
C'est ni mon copain ni mon merlan, je l'emmerde.
Vous aussi, je vous emmerde. Tas de pédés foireux !
Répète voir.
T'as dit quoi exactement ?
Rien.
T'en as pas beaucoup mais ça fait mal quand même.
-T'es une morue, hein ? -Oui.
Répète quand je te cause !
-T'es une putain, hein ? -Une sale putain.
-Qui suce les coiffeurs. -Qui suce les coiffeurs.
-Et qui porte pas de culotte. -Et qui porte pas de culotte.
Quelle salope.
Il a récupéré sa bagnole, ton merlan ?
Oui.
-Et il est content ? -De quoi ?
-D'avoir récupéré sa belle auto ? -J'en ai rien à foutre.
Réponds quand je te cause !
Il l'a vendue.
-Il a vendu sa DS ? -Oui.
À qui ?
Je sais pas. À un garage. Il l'a donnée pour qu'il la revende.
Quelle ordure !
Quand je pense aux innocents qui vont acheter ce tas de ferrailles.
Que fais-je ? J'enlève le reste ou quoi ?
C'était pas la peine de me faire chier avec ton muscle pendant 15 jours !
Vas-y mollo. Tu me files le mal de mer.
Calme-toi, nom de Dieu. Ne t'énerve pas comme ça.
Prends ton temps.
Négocie.
Ben dis donc. Jolie performance.
3,5 minutes.
Tu parles d'un sprinter.
Tout juste si t'arrives pas avant d'être parti. Comment veux-tu qu'elle aille au bonheur ?
-J'y retourne ! -Tu permets ? Après moi.
Regarde et prends-en de la graine, vieux.
Admire un peu le travail.
Comme ça, tout dans la souplesse.
Calmos.
On a toute la nuit devant nous. Paisibles.
Hop, des accélérations fulgurantes, comme à l'entraînement.
Un bon petit décrassage.
Et plus doucement. Retour au calme.
Faut savoir flemmarder. Que la fille s'impatiente.
Pas vrai, ma petite grande ?
Hop, tu repasses la surmultipliée.
-Je te fais pas mal ? -Non.
-T'es sûre ? -Ouais, ouais.
-D'habitude, y en a qui suffoque. -Non, c'est bon.
Tu te rends compte que t'es dans les bras d'un ténor ?
-T'es pas bien ? -Si, ça va.
Pourquoi t'es toujours comme ça ?
Comment ?
Je sais pas.
Immobile, sans passion.
Tu vois pas qu'elle s'en fout de ton baratin ?
C'est moi qu'elle préfère.
Mon vieux, vas-y.
Je te la laisse.
Si t'arrives à la faire godiller, je te paye un litre.
Regarde-moi ça.
J'ai jamais vu un tas pareil !
Tu peux pas faire un petit effort ? Manifester un peu plus d'enthousiasme ?
Un minimum d'entrain à la manœuvre ?
Comment tu veux qu'elle se concentre ? T'arrêtes pas de nous postilloner dans les oreilles.
Laisse-nous travailler tranquilles.
Je préfère encore aller pisser. Au moins, je sentirai quelque chose.
Y a que du yaourt là-dedans.
Si tu t'emmerdes avec nous, dis-le.
Non, pourquoi ? Pas du tout.
Bon, on va essayer autre chose. Retourne-toi.
-Elle ferme les yeux ? -Non.
-Elle se mord les lèvres ? -Non.
-Elle transpire sous les bras ? -Non, non.
Merde, je raccroche !
Je vois pas pourquoi je m'userais le chibre.
Ce n'est qu'un trou avec du poil autour.
Rien qu'un boyau insensible.
Regarde-moi cette espèce d'opérée sur le billard.
On pourrait aller boire un canon au bistro. On la retrouverait dans la même position en rentrant.
Tu peux te remettre sur le dos. Fini, la nique. Ras-le-bol.
La pudeur, tu connais ?
Penses-tu, elle s'en fout comme de ses premières garnitures.
Excuse-nous, Marie-Ange. On n'est pas très fleur bleue.
-Tu prends jamais ton pied ? -Je sais pas.
Ça me dérange pas.
-Elles font comment, les autres filles ? -Elles vivent !
Elles se débattent, font du bruit. Elles remercient avec les yeux.
Les yeux, faut qu'ils soient hagards. Faut qu'on voit le blanc.
Vous avez qu'à m'apprendre.
-Tu veux y aller ? -J'en ai marre.
Je te la laisse.
Bon.
Viens.
Il aime ça, le 4h.
Embrassez-moi.
C'est pas le moment. Où est la caisse ?
Chaque chose en son temps.
Pour l'instant, on s'occupe de pognon.
Il n'y a que des pièces.
Ça a l'air d'être un piège à con, ce tiroir de merde.
-Prends ton couteau. -Bien sûr.
Il y a un signal d'alarme ?
Oh, on te demande s'il y a un signal d'alarme ?
Eh ben, tu dors ?
Merde.
Vous comprenez ? Merde !
Je vais vous en faire, un signal d'alarme. Et vite fait !
-T'es givrée ? -Je veux qu'on m'embrasse !
J'en ai marre qu'on prenne mon cul pour un moulin.
Arrête ou je te file un pruneau !
Salaud.
Salaud !
Vous allez pas m'abandonner ?
Eh les mecs, vous allez pas me laisser toute seule ?
On fait une autre partie ?
Écoutez, les greluches. Il est 11h.
On va pas paumer notre soirée à faire les guignols avec des boules au bout des bras.
Comme de toute façon, ça va se terminer à l'horizontale, autant y aller tout de suite.
Qu'en savez-vous ?
-Vous croyez que les filles couchent comme ça ? -Mais oui. Toutes, maintenant.
Évidemment.
On vient de s'acheter une nouvelle bagnole, avec des sièges...
Des vrais divans.
-Tu les entends ? -Ça va pas, la tête ?
Mais n'importe comment, si vous voulez tout savoir,
on en a rien à foutre.
Coucher ou pas coucher, pour nous, c'est la même chose.
Des boudins dans votre genre, on en a plein le cul !
Vous savez ce que c'est, des boudins ?
Quelque chose de très mou, qui réagit jamais.
Mais non, mon vieux. Je te casse rien du tout.
Y en a plein la salle, des filles comme elles.
Regarde-les.
Elles poireautent. Ça fait 1h qu'elles nous reluquent.
Faut pas vous croire unique au monde.
Viens, Ginette, on s'en va.
C'est ça, tirez-vous. On va pas pleurer.
Vous savez ce que vous êtes ? Des paysans !
Vous avez même pas enlevé les étiquettes de vos chemises.
Et les consommations, alors ?
-C'est pour notre pomme ! -Toi, t'es vraiment con !
-On allait les baiser. -Baiser quoi ?
Encore de la viande froide ? Non merci.
On va pas passer notre vie à se farcir du veau !
Tu t'en fous, toi.
Tu marches à l'aveuglette. Tu te farcirais n'importe quoi.
Je m'emmerde quand j'entends pas la petite larme.
Tu sais, le petit râle au fond de la gorge,
comme un animal étranglé,
qui fait...
Pardon, mademoiselle.
Ça vous arrive, la nuit sur l'oreiller, de faire...
Vous êtes fous !
Tu voudrais te fatiguer là-dessus ?
Non, Pierrot.
On vaut mieux que ça, crois-moi.
Faut pas se gaspiller. La vie est trop courte.
Fini, les shampouineuses.
Tu veux que je te dise ? Tu sais ce qu'il te faudrait ?
C'est que tu passes un moment dans un lit avec une vraie bonne femme.
-Une battante ! -Ça, d'accord !
Pas le genre des...
Une gagneuse.
Tu sais plus où il y a la tête ou les pieds. T'as le tournis.
Tu crois que c'est fini et paf ! ça repart à l'attaque !
Une affamée. Une qui a vraiment envie.
Que ça la tenaille là. Que ça fasse un bout de temps qu'elle ait pas fonctionné.
-C'est ça, une vieille. -Non, j'ai pas dit une vieille.
Ou une bonne sœur.
Y en a plein qui se font pas troncher. Ça manque pas.
-Je suis pas client. -Ta gueule.
Il se passe quelque chose de très important.
-Quoi, une nouvelle idée ? -Écoute mon vieux, c'est bien simple.
Si je me goure pas, c'est la plus belle de toutes.
Démoniaque. Mon chef d'œuvre.
Quoi, vas-y.
Une femme comme jamais t'as osé imaginer.
-Que tu connais ? -Non.
Mais on va faire sa connaissance, et très rapidement.
-On doit combien ? -On y va tout de suite ?
Y a intérêt. Y a 700 bornes à se taper.
Où on va ?
Explique-la, ton idée géniale.
Un réservoir, vieux.
Une chasse gardée.
300 femmes, ça te dit quelque chose ?
Et elles en veulent, les salopes.
Tu les touches à peine, paf ! Elles te pètent à la gueule !
Tu mets le doigt dedans. Oh là là, ça brûle !
"300 femmes" ?
Tu déconnes ?
On va pas se taper une vioque !
Qu'est-ce qu'elle est tarte !
Moi, je la trouve belle.
Que voulez-vous ?
Rien. Simplement vous aider.
-Pourquoi ? -Comme ça.
On vous a vu sortir, c'est tout.
J'ai pas envie qu'on m'aide.
Elle est dingue.
On le serait à moins.
Qui êtes-vous ?
Personne. 2 amis, c'est tout.
Vous pouvez pas me laisser tranquille ?
Justement aujourd'hui.
Viens, tu vois bien que tu l'embêtes.
Va chercher la bagnole et fais pas chier.
C'est pas vrai.
C'est pas vrai !
Attendez.
Faut pas avoir peur.
Mettez ça. Vous allez attraper la crève.
Vous allez où comme ça ?
Savez-vous seulement où vous allez ?
Non.
Vous avez de l'argent ?
50 francs.
Quelqu'un à qui téléphoner ?
Non.
On peut pas vous laisser comme ça. On va s'occuper de vous.
J'en ai assez qu'on s'occupe de moi.
Mais enfin !
Mon copain va revenir avec une voiture.
Étanche, bien chauffée et tout, avec de bons sièges.
Faut que vous changiez de vêtements.
Vous en avez au moins dans cette petite valise ?
-Non. -Vous voyez bien.
Pas d'argent, pas de vêtement, pas d'adresse où aller.
Je vous vois mal barrée.
-Que proposez-vous ? -Tout.
Mon copain et moi nous mettons à votre entière disposition.
Avec la voiture et le fric. On en a plein les poches, regardez.
J'ai pas confiance.
Des ennuis ?
Tirez-vous de là. Foutez-nous la paix.
Pourquoi vous êtes désagréable avec moi comme ça ?
Allez, tirez-vous !
Mais il nous pousse !
Tenez.
Maintenant, vous avez confiance ?
Bon alors, procédons par ordre.
Qu'est-ce qui vous ferait plaisir, là maintenant, tout de suite ?
Rien de spécial.
On va pas rouler comme ça pendant des heures.
-Je peux descendre, si vous voulez. -Non, il s'agit pas de ça.
Non, je voulais savoir simplement...
Fous-lui la paix à la fin ! Elle t'a rien demandé !
Tu as insisté pour qu'elle monte. Maintenant, tu te démerdes.
Ouais, t'as raison.
Le plus urgent serait de lui acheter des vêtements chauds.
-Vous devez avoir froid. -Un peu.
-Et j'ai mal aux pieds. -Eh ben voilà ! On va acheter tout ça !
On ferait mieux de se tirer, je t'assure.
Je l'aime pas, cette bonne femme.
Elle me fout les foies. J'ai pas confiance.
C'est le genre qui vous mène droit au merdier.
Personne te retient.
Tu peux garder la bagnole. Je t'en fais cadeau.
Non.
Merci.
Doucement.
-Pourquoi ? -Doucement.
Faut manger doucement.
Oui, vous avez raison.
J'arrête.
Ça va ?
Ça va.
Merci.
Pour quoi ?
Pour tout. Pour le repas.
Je comprends pas, mais merci.
Vous êtes belle.
Non.
Pas tellement appêtissante.
Quel âge vous avez ?
25.
-Et toi ? -23.
Et moi, quel âge vous me donnez ?
La mer est montée.
Que faites-vous dans la vie ?
Toi, par exemple. Tu travailles ?
Il est mécanicien.
Il travaille dans un garage avec moi.
-Ça marche ? -Pas mal.
Ça vous dirait de coucher avec une vieille ?
Oui,
mais je vois pas de vieille ici.
-T'en vois une, toi ? -Non.
Au revoir, madame.
-Merci beaucoup. -C'est moi qui vous remercie.
Non, non, non. Je tiens beaucoup à vous remercier.
Ça m'a fait très plaisir de déjeuner chez vous, vraiment.
D'autant plus que je sors de prison, voyez. J'ai passé 10 ans dans une cellule humide et froide.
Ça fait plusieurs années que mes règles ont disparu. Plus de sang, c'est fini.
Au début, ça commençait par des retards.
On m'a emmenée à l'infirmerie. On m'a donné de l'aspirine.
Et les retards dont devenus de plus en plus longs : 15 jours, 3 semaines, 1 mois.
Petit à petit, on oublie. À force d'oublier, ça s'en va complètement.
Pourquoi vous me dites tout ça à moi ? J'y suis pour rien.
Je voudrais que vous compreniez la chance que vous avez de saigner tous les mois,
même si ça vous met un peu de mauvaise humeur.
Tout ça n'est pas grave, la mauvaise humeur, la nervosité, les ovaires douloureux.
C'est rien, c'est pas grave.
Ce qui est grave, c'est de ne plus saigner.
Au revoir, madame.
Doucement, doucement.
Doucement.
-Je vous préviens, j'ai mes règles. -Tu vas taire ta gueule, oui ou merde ?
C'est fini.
C'est le passé.
Merde.
C'est un fils ou une fille ?
C'est signé "Jacques."
Jacques, toujours Jacques.
-Quel âge il a ? -C'est un mouflet, regarde.
Jacques Pirolle ?
C'est moi.
C'est ta mère qui nous envoie.
Pourquoi elle se déplace pas elle-même ?
-Ils l'ont pas relâchée ? -Si, mais elle est à l'étranger.
-Où ça ? -Au Portugal.
Ça n'empêche pas d'écrire.
Depuis 3 mois, j'ai pas de nouvelles. Que fout-elle au Portugal ?
Tu peux pas lui en vouloir. Elle s'est tirée avec un copain à nous,
un gars formidable, ingénieur agronome.
-Comment il s'appelle ? -Loiseleux.
Vraiment un type en or. T'as pas à te faire de soucis.
Il a passé 2 ans à Cuba comme conseiller technique.
Là, il est sur un contrat pour la Sierra Leone.
Pourquoi il travaille pas en France, ce gars si sympathique ?
Parce qu'il a écopé sur son casier.
-Combien ? -1 an ferme et 2 avec sursis.
Ça va. Qu'avez-vous comme voiture ?
-Une américaine. -Allons-y.
Et vous, que faites-vous ?
On peut rien faire. Ça fait 3 mois qu'on t'attend.
Elle s'appelle Marie-Ange.
Notre fille à tous les 2. Et maintenant, à tous les 3.
Elle est prévenue. Elle est d'accord.
C'est pas une déesse, mais au lit, il y en a des plus mauvaises.
Y a un seul emmerdement. Autant que tu sois prévenu.
Elle prend jamais son pied.
Si tu la sens inerte et silencieuse, faut pas te biler. C'est sa nature.
Ça fait des semaines qu'on essaye de la révéler. C'est toujours le bide.
Salut.
-Vous voulez du café ? -Oui.
-T'as pas faim ? -Si.
-Tu veux de la confiture ? -Je sais pas.
J'ai l'impression que le nouveau serait curieux de jeter un cil sur la baraque.
Tu devrais l'emmener faire le tour du propriétaire.
Ici, on partage tout.
Vas-y. Ça nous fait plaisir.
En levrette, elle est bonne.
Je te conseille d'essayer.
C'est pas pour dire, mais la 1ère cigarette de la journée est vraiment la meilleure.
Ah ouais.
Ça vous remet la bouche en forme.
-T'as entendu ? -Quoi ?
Écoute.
Pierrot !
Jean-Claude !
Ça y est !
Je l'ai pris !
-Quoi ? -Mon pied, je l'ai pris !
Tu nous les casses !
Ça va te calmer les muqueuses.
Mais je l'ai pris !
Bon Dieu de bordel de merde ! Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Rien de spécial.
-Que des choses normales ? -Oui, je te jure.
Pas possible. Il a dû te faire des trucs qu'on connait pas.
-Non. -On connait tous les trucs.
-D'ailleurs, c'est moi qui ai tout fait. -Comment ça ?
D'habitude, tu fais rien.
Oui, seulement il pouvait rien faire. Il était comme paralysé.
-C'est le trac ? -Tu parles.
Il tremblait de partout.
Il regardait mon corps. Il osait pas me toucher.
Il a fallu que je le déshabille moi-même sinon on y serait encore.
Et puis tout d'un coup,
c'est parti tout seul, comme ça, dans mes mains.
-Il s'excusait. -C'est pas ça qui t'a fait prendre ton pied ?
Mais attendez !
Alors, je le prends contre moi sur le lit.
Je lui dis "pleure si t'en as envie. Ça te fera du bien."
Alors il se met à pleurer, tout en me faisant l'amour maladroitement.
Tout d'un coup, c'est parti une deuxième fois.
Comme ça, au bout d'une minute.
-Tu parles d'une affaire ! -Mais attendez !
Tu vas voir. C'est au bout du troisième coup que tout a démarré.
Je lui demande si je suis sa première femme.
Il me répond oui.
Là, il se remet à me faire l'amour.
Lentement, en m'embrassant.
-Et alors là... -Ça va, on a compris.
Non mais alors là !
Je vous assure ! Sans blague !
Je te sers ?
C'est toi qui vois. Nous, on veut pas déranger.
Il reste une petite bricole dans la casserole ?
Il paraît que vous avez un flingue ?
-Qui t'a dit ça ? -La petite.
Ah ben bravo !
C'est pas mauvais, cette petite potée.
Ouais.
Pas de quoi écrire une thèse.
Il t'intéresse, notre flingue ?
Ben oui.
Pourquoi ?
Parce que c'est un instrument de travail.
Et t'aurais l'intention de te mettre au boulot ?
Faut bien que quelqu'un y pense. Y a plus un rond dans la maison.
Un petit bas de laine de vieillard, ça vous intéresse ?
Faut voir.
C'est un coup que m'a indiqué un copain de cellule.
Une affaire simple et sans risques chez des retraités sans défense.
Les risques, on aime bien les évaluer nous-mêmes.
Ça m'est égal d'y aller seul.
Seulement, j'ai besoin du flingue comme instrument de persuasion.
On lui prête ?
Moi, j'en ai rien à branler. Tu prends tes responsabilités.
Tiens, à la tienne !
Merci.
Je t'avais bien dit qu'ils se dégonfleraient.
On y va.
Pirolle !
Ça alors, pour une surprise, c'est une surprise !
Je suis venu avec 2 camarades.
Attends, j'arrive.
Dis-donc, toi. J'aime bien comprendre ce qu'il m'arrive.
Pirolle !
Jean-Claude, Pierrot.
Salut, les gars.
Justement vous tombez bien. Y a du champagne.
Entrez.
Jacques.
Tu plaisantes ?
T'as intérêt à sortir ton fric vite fait !
-De quel argent parlez-vous ? -Laisse tomber le fric.
Voyons, Jacques... Pirolle.
Tu sais bien que je t'ai jamais rien fait de mal.
Va chercher l'aumônier, si tu veux.
Dis-lui qu'il y a eu encore une tentative de suicide,
et qu'on a besoin de son réconfort.
Fais pas le con.
-Où est Jacques ? -Fonce !
Pourquoi il a fait ça, ce con ?
À mon avis, faut pas chercher à comprendre.
Les gens qui sortent de taule, il doit leur rester une case en moins.
Tu veux qu'on te la tienne, Karajan ?
Et maintenant, où on va ?
Aucune idée.
Si on sait pas où on va,
on pourrait peut-être s'arrêter un petit moment.
On arrivera toujours assez tôt.
-S'arrêter pour quoi faire ? -L'amour.
Mon petit canard, figure-toi que c'est pas tellement le moment.
Pour moi, y a qu'un truc qui compte : tailler la route.
Oublier cette odeur de cadavre.
Je vous en supplie. Baisez-moi.
Faut que je sache.
Sois pas vache. Tu sais bien qu'elle a un problème de ce côté-là.
Vas-y. Mais je te préviens, je m'arrête pas.
T'as qu'à te démerder pour faire ça derrière.
Enfin, allons !
On court à l'accident, sûr !
Oh oui !
Je le sens !
Il vient !
Le pied !
Énorme !
Méfie-toi, elle est survireuse.
Qu'est-ce qui se passe ?
On nous pique notre voiture, voilà ce qui se passe !
Debout.
Qu'est-ce que ?
Tu continues en stop. Nos destinées bifurquent.
-Qu'ai-je fait ? -Justement, t'as rien fait.
Tandis que nous, les 2 connards, on est complices de meurtre.
On est des fréquentations encombrantes pour une jeune fille comme toi.
Il faut que tu nous quittes.
Au moment le plus jouissif ? Ah non, négatif !
Merde !
T'es folle.
L'idée de te voir croupir dans une centrale me rend malade.
Je peux pas le supporter. T'es trop jolie, trop fragile.
T'as trop besoin d'affection.
On n'ira pas en taule.
Tu me crois ? On n'ira pas en taule, j'en suis sûre.
Où est ma voiture ?
Je sais pas. Je l'avais laissée là avec le moteur qui tournait et la portière ouverte.
Saloperie de saloperie !
Saloperie de bagnole de gonzesse de merde !
C'est quoi, ça !?
Travailleur ! Prolo !
Sympathiques !
Pas sympathiques !
Connasse !
Tu crois qu'ils s'arrêteraient, ces enculés ?
On va encore être obligés de voler.
C'est vraiment le maquis.
Il nous manque plus que les canadiennes et les bérets.
Que fait-il ?
Camarades !
Qu'est-ce qu'elle a, ma voiture ? Elle vous intéresse ?
Elle nous fascine, irrésistiblement.
Enfin, c'est incroyable !
Henri, fais quelque chose !
Ne vous gênez surtout pas !
Vous voulez peut-être venir aussi partager notre repas ?
Non merci, sans façon.
Que voulez-vous, au juste ?
C'est une bête histoire de véhicule.
Vous en avez un, alors fichez-nous la paix !
Ah bon, d'accord.
Non mais sans blague !
Les enfants, vous allez pas faire de bêtises.
J'ai bien l'impression que si.
-Ça t'amuse ? -Ouais, assez.
Jacqueline !
Ben quoi ? On finira le voyage dans leur bagnole.
Jacqueline !
-Elle s'appelle vraiment Jacqueline ? -Oui, ça vous dérange ?
-Jacqueline... -Quoi, Jacqueline ?
-Les bikinis... -Quoi, les bikinis ?
-L'odeur... -Quoi, l'odeur ?
L'odeur, madame.
Mais ce sont des fous !
Qui est celle-là, maintenant ?
-Salut. -Salut.
On veut juste faire un petit échange à l'amiable.
Notre tape-cul contre votre limousine.
Une bonne vieille 15, c'est quand même marrant.
Vous restez fidèle à Citroën. Un simple recul dans le temps.
Vous voilà au volant de l'ancêtre de votre DS.
C'est un cadeau qu'on vous fait !
Viens, il comprend rien.
Je vous défends de toucher à ma DS !
Attention !
-C'est très dur et ça fait mal. -Surtout à la tête !
On s'en fout de ta DS !
Une bagnole, c'est une bagnole. Quelle importance !
Écoute papa. Il fait beau.
C'est les vacances. Ce soir, on dort au bord de la mer.
Je viens d'être renvoyée du lycée.
Alors quoi, la vie est belle.
Pauvre con !
Petit mec !
Sous-merde !
Ingénieur de mon cul !
Tu sais ce qu'elle te dit, ta fille unique, ta fille chérie ?
Moi j'y vais pas au bord de la mer ! Y en a marre. C'est fini.
Le volley-ball, les crevettes, le tennis. J'ai la quille, j'en ai ras-le-bol, j'y vais pas !
Soyez chouettes ! Emmenez-moi.
On se tire dans la DS des vieux. J'en peux plus de leur climat.
J'y étouffe, je m'y étiole. Faut que je rompe, sinon c'est l'asphyxie.
J'en ai ras-le-bol.
Je serai pas la fille gênante, je vous assure.
Mais on peut pas.
C'est dommage. Mais je t'assure, on peut pas.
Là où on va, ce serait criminel de t'emmener.
Vous pouvez pas me laisser toute seule ici.
Maintenant, c'est fini. J'ai rompu tous les ponts.
Emmenez-moi.
Bon d'accord, on t'emmène.
-Ils ont 200.000 balles dans le sac de maman. -C'est très bien.
-T'as quel âge ? -16.
-T'as déjà baisé ? -Non.
Oh là là, c'est pas vrai ?
Ben si.
Ma pauvre petite chérie !
Vous vous rendez compte ?
On peut pas la laisser partir comme ça.
Merci pour tout !
Et maintenant ?
Où on va, maintenant ?
J'en sais rien. Tu nous emmerdes.
N'empêche que j'aimerais bien savoir où on va, comme ça.
Simple curiosité.
Il t'a dit qu'il en savait rien et que tu l'emmerdais, alors !
Te fais pas de soucis, vieux ! Dans la vie, tout s'arrange.
Y a jamais de vraies raisons de se biler.
Ils peuvent pas nous faire un trou au cul. On en a déjà un.
On va quand même pas rouler comme ça, droit devant, sans savoir où !?
Jusqu'à ce que le réservoir soit vide !?
Pourquoi pas ?
Tu te sens pas en joie ?
On n'est pas bien ?
Si.
Paisibles.
À la fraîche.
Décontractés du gland.
Et on bandera quand on aura envie de bander.
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