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- Merci. Vous avez pensé aux bougies ?
- Oui, Mme Tanquerelle.
- 8 ? - Vous m'aviez dit 9.
- Ah, c'est vrai ! Bleues ?
- Non, roses. C'était pour votre fille ?
- Oui. Que je suis bête !
- Au plaisir. - Au revoir.
- Ah ! Les garces, alors !
Coup de frein.
Vous êtes passé au rouge.
- Hein ? - Au rouge.
- Il y a un feu ? - Oui, il y en a un.
- Aïe ! Doucement !
- Ça fait mal ? - Bien sûr, tiens.
- Où ? - Au genou. Je suis tombé dessus.
Oh là là, aïe ! Aïe !
- Ça plie, c'est pas cassé. - Ben oui, tiens !
-Il y a une pharmacie.
- On ne fait pas un constat ?
- Je suis pressée. - Tous mes papiers...
- Lesquels ? - Là !
- Tenez, appuyez-vous là. - Oh là là, dites donc.
Ça fait mal !
-"Pièce en sol majeur et allegro de Georgio Dello Strado."
Vous êtes musicien ? - Vous en oubliez un.
- Pardon.
- Mes bouquins... - Écoutez, hein !Allez, hop !
- On ne va pas laisser mon Vélomoteur là !
- Je vais pas le porter sur mon dos.
Venez. - Aïe !
- Allô, maman ? C'est moi.
Mettez-vous à table. J'arrive dans une demi-heure.
J'ai eu un accrochage avec un type.
Il a grillé un feu rouge.
Rassure-toi, j'ai rien du tout. Lui non plus.
- Attendons de voir les radios.
- C'est pas la peine d'en faire.
- Je vous dépose en vitesse. Je suis pressée. Ça va ?
- On me dit que c'est rien !
- Vous habitez...?
-23, rue de la Montagne Sainte-Geneviève.
- Profession ? - Enseignant.
- Vous enseignez la trompette ? - Non.
- J'aurais tellement aimé rencontrer un professeur de trompette.
- Je suis désolé. - Bon, allez !
- Oui. - Appuyez-vous sur moi.
- Ah ! Aïe !
Vous avez de la Petite fleur pectorale des Vosges ?
Ça fait 2 mois que j'en cherche partout.
- On en a manqué.
- Vous êtes emmerdants.
C'était pareil, il y a 4 ans, avec la badiane étoilée.
C'est très bon. Je ne sais pas pour quoi...
- Les tisanes, c'est bon pour tout.
Je vous dépose ou vous vous débrouillez ?
- Vous allez au quartier Latin ?
- Non, mais je vous dépose.
- Déposez-moi Là-bas. Au revoir.
- Au revoir.
- Pendant que j'y suis,
je vais prendre un peu de Fleur pectorale des Vosges.
Oh ! Attendez.
Il vient d'y avoir un reflet dans vos cheveux.
C'était merveilleux. - Mes cheveux ?
- Un coup de soleil dans la glace de l'autobus
qui s'est répercuté dans le bocal. C'était très joli.
- Je vous préviendrai quand il y aura un autobus.
- C'est curieux, hein. - Quoi ?
- Vous me rappelez des tas de souvenirs.
Vous n'étiez pas à Noirmoutier, il y a 3 ans ? Aïe!
- Non. Mais vous me rappelez quelqu'un aussi.
- Je ne suis pas trop lourd ? - Non.
Cloches.
- C'est qu'il n'y a pas que le genou.
Il y a la cheville.
- Mais le bras, ça va bien ?
- Le bras, ça va pas trop mal.
Faites attention, ça glisse.
- Je connais la Sorbonne.
- Si vous avez fait votre philo en 1954 à Louis-le-Grand,
vous deviez être dans le cours de Chauffard ?
- Vous l'avez connu ? - Si j'ai connu Chauffard !
Il attachait ses feuilles de cours avec des pinces à linge !
- Ses sophismes !
"J'aimerais mieux planter des choux, au moins je les verrais pousser" !
- Et les chaussettes à Chauffard !
Ils rient.
Ne riez pas. Dans 5 ans, je serai comme Chauffard.
Avec une patte folle, en plus.
Une patte folle !
- On a dû se croiser mille fois dans cet escalier.
- Ah oui. On a même dû se frôler.
Vous êtes sûre que vous n'étiez pas à Noirmoutier, il y a 3 ans ?
- Une seconde...
Vous étiez comment, en 1952 ?
- J'étais en transe. Je préparais propédeutique.
- Non, physiquement. - Aussi haut, mais moins large.
Et les genoux comme neufs.
- Vous traduisiez Courteline en grec.
- Oui.
- Lemercier. - Tanquerelle.
Tanquerelle !
Ils rient.
Lise Tanquerelle !
Lise ! Alors ? À part la coiffure, la même.
- Vous êtes gentil.
- N'exagérons rien. Ça remonte à quand, cette affaire-là ?
Ça fait... Ça... Ah oui, quand même.
- Oui.
- Allez, hop !
Cette fois-ci, vous me donnez votre adresse.
- Si vous voulez.
Sifflets.
- Ça va pour lui. - Oh !
- Vous y tenez vraiment, à mon adresse ?
- OUI!
- C'est une affaire, Antoine ! - C'est d'un goût, ça...
- Ils sont amusants. - Oui, assez, oui.
- Je vois que vous êtes occupé. Alors, je...
- Non. Si je fais une complication...
- Vous avez de quoi écrire ? - Jamais.
Cordelier,
donnez-moi votre feutre, au lieu de plaisanter.
- Avec soumission.
- N'en faites pas trop.
- J'ai pas pris mes lunettes. - Prenez les miennes.
- Merci.
Je vous mets mon numéro ? - Oui. Je vous donne le mien aussi.
Merci.
Claquements de langue.
- Mettez-le Là-dessus. Je le recopierai après.
- Cordelier, arrêtez vos grimaces.
- Merci. - Au revoir. A bientôt, hein ?
- AU REVOIR !
- Donc... Etéocle appelle tous les combattants aux remparts.
Le chœur des femmes fait élever les lamentations jusqu'au ciel,
ce qui permet à Etéocle
de les réprimander d'une phrase assez sentie.
Il parle grec.
Sifflets.
- Vous faites ce métier pour le plaisir ou pour l'argent ?
Il parle grec.
Ce que je traduirais librement par:
"Dieu, préservez-nous des femmes.
"Dans les bons jours, elles sont insolentes,
"et dans les mauvais, un fléau pour la cité."
- Phallocrate ! - Eschyle, mademoiselle.
- Coucou.
- C'est toi, maman ? - Oui, c'est moi.
- On croyait que tu ne viendrais plus.
Quel jour on est?
- Mon anniversaire.
- Oh ! J'avais complètement oublié !
Bonjour, Suzanne.
- Tu te souviens de Rudy ? - Mal. Bonjour, maman.
- Bonjour. - Le gâteau est dans la cuisine.
Bonjour, ma fille.
- Tu ne te souviens pas quand Rudy est arrivé à Vichy ?
- C'est l'année où nous avions fait ces capelines
avec des bouquets énormes.
- Où est-ce que tu vas ?
- Mamie, elle va préparer le gâteau.
- Ton père a téléphoné ? - Non, non.
- Ça ne m'étonne pas.
- Rudy venait de plaquer Vera et il est arrive à Vichy
avec cette grande voiture dont j'ai oublié le nom...
- Une Isotta Fraschini !
- Voilà. Il avait un blazer de tweed...
- Allô, Paul ? Tu as oublié l'anniversaire de ta fille ?
Tu n'as pas oublié ? C'est très gentil.
Tu penses à nous tout le temps ? Merci. Je te passe ta fille.
Papa.
- Allô, papa ?
- Paul prépare son exposition.
- Je suis bien contente. - La même depuis 4 ans.
-Il était gentil, Paul. C'était un homme agréable.
- En as-tu connu un seul, dans ta vie, désagréable ?
- Oh, non. Pas vraiment.
- Même mon père, que je n'ai pas le plaisir de connaître,
a une place dans ton cœur.
- Comment veux-tu qu'un homme de 1,80 m ne tienne pas de place ?
- Lise !
- Oui. Que veut-il encore ?
- C'est pour toi.
Un monsieur qui dit qu'il a oublié ses lunettes.
- Ses lunettes ! Allô, c'est vous ?
- Je ne vous dérange pas ? C'est au sujet de mes lunettes.
- Oh, je suis confuse.
Si, si, je les ai dans ma poche. Euh...
Non, non, j'étais pas à table. Vous ne me dérangez pas.
Non, non.
Faire un saut à la maison ?
Mais vous allez changer 3 fois d'autobus.
Quoi, l'autobus ?
Ah oui. Oui.
Je peux vous les déposer où ?
- Pouvez-vous me les apporter, ce soir, Cour Saint-Germain ?
- C'est au Louvre !
Vous habitez rue de la Montagne Ste-Geneviève.
- Non. Rue de la Montagne Ste-Geneviève, je dors.
Et Cour St-Germain, je chante.
- Vous chantez ?
- Et puis après, si ça ne vous ennuyait pas,
on pourrait aller dîner ensemble, avec des amis.
Enfin, avec des gens, quoi.
- Ça me fait très plaisir. Bon. Alors, à tout à l'heure.
Au revoir.
Je dois aller à un concert, ce soir.
- Avec qui ?
- Avec des gens, des amis. Ferme les rideaux.
- Oui.
- UN P'TIT BEURRE... DAY TO YOU
UN P'TIT BEURRE... DAY TO YOU
UN P'TIT BEURRE... DAY TO YOU
UN P'TIT BEURRE... DAY TO YOU
Encouragements.
Applaudissements.
4,2,3,
4, 5,
6, 7, 8, 9.
Knockout.
Cris.
- Gloria, Gloria
Gloria in excelsis Deo
Gloria, Gloria
Gloria, Gloria
Gloria, Gloria
Gloria in excelsis Deo
Gloria, Gloria
Gloria...
- C'est dommage, ça marchait bien. - Oui.
- Ça marchait bien ? - Oui.
- Vous avez entendu l'attaque du "Miserere" ?
Ça pétait, dites donc.
Mise...
L'Agnus Dei, c'est moins bien.
Je leur avais dit, il faut qu'on le revoie.
- On pourrait s'abriter ? S'abriter.
- Ah oui, pardon.
Excusez-moi.
Oh, ce que je suis bête!
- Ça a l'air d'aller mieux, votre genou.
- Oui. Le soleil, la chaleur.
- Mon sandwich !
- Un grog bien chaud !
- Oh ! Qu'est-ce qu'on a pris !
Que diriez-vous d'une rondelle d'andouille de Vire ?
- Qu'est-ce qu'on a pris sur le citron ! Oh, pardon.
- Le Pr Pelletier. Le doyen Lavergne. Mme Tanquerelle.
Tu as dû la connaître, Lise, à Louis-le-Grand.
- Peut-être, oui. J'ai 20 ans de plus, moi.
- C'est pas de chance, avec ce temps.
C'est dommage parce que c'était très bien.
C'est vous, les chœurs de l'Éducation Nationale ?
- Nous nous amusons, nous sommes de modestes amateurs.
- Pas si modestes que ça.
On a chanté à Flins devant 2000 ouvriers debout.
- Pour Mireille Mathieu, ils étaient 20000 !
- Dis donc, Flins, tu te rappelles ?
Ils chantent l'Agnus Dei.
Bipeur.
- Vous avez un téléphone ? - Oui, Là-bas.
- Merci.
Allô, Guérin ? Hein ? Où ? J'arrive.
Je suis désolée, il faut que je m'en aille.
- Mais on devait dîner ensemble...
Mais...
Tonnerre.
- Ne touchez à rien, on attend le commissaire.
- Guérin, voilà le patron.
C'est le directeur de la PJ, ce grand type.
Coup de sifflet.
- Laissez passer le commissaire. Non, pas de photos.
- Salut, Guérin.
- Bonsoir, patron. J'ai cherché à vous joindre partout.
Même chez M. Tanquerelle. - Pourquoi chez Paul ?
- Je ne sais pas. Le directeur est là.
-Il est allé à la boxe ?
- Non, il est là pour...
- Ah bon ? Qui est-ce ?
- Vous savez pas ? - Non.
- C'est un député. - Oh !
- Bonsoir, patron.
- Bonsoir. - Bonsoir, monsieur.
- Affaire empoisonnante.
Si c'était politique, ce serait le comble.
À 8 jours de ma cravate !
- Votre cravate ?
- On me remet les insignes de commandeur,
vous ne le saviez pas ?
- Si, bien sûr.
- Après la cérémonie, ma femme donne une réception.
J'espère que vous serez des nôtres.
- Et vous voudriez que d'ici là...
- N'oublions pas que l'assassinat de Jaurès
a déclenché la Première Guerre mondiale.
- J'espère que nous n'en arriverons pas là.
- Commissaire, n'y voyez aucune trace de misogynie,
mais les boucles d'oreilles...
- Oh, excusez-moi.
Vous pouviez pas me le dire ?
- Un jour, je me suis permis une réflexion...
- Une grivoiserie. - Bonjour, patron.
- Bonjour, patron. - Bonjour.
- Vincent Grandville, député de la majorité,
ancien ministre de l'industrie.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Je ne sais pas. Un chat, un tigre...
- Non, un léopard.
Je serai au bureau dans 2 heures. Je veux que d'ici là, il ait parlé.
Il a pu se faire ça en tombant? - Certainement pas.
- C'est quoi, à votre avis ?
- Visiblement, un coup de poing. - Récent ?
- Tant que nous n'aurons pas le taux de coagulation...
- Apparemment, oui ou non ? - Apparemment, oui.
- Des témoins ?
- Un tiers qui n'a rien vu, un tiers qui a cru voir...
- Un tiers qui se souvient de rien.
- J'ai tout vu. J'ai fait les Ardennes,
j'ai fait la plaine des Jars, j'ai vu la mort de près.
-1 O jours avant la Saint-Jean,
à l'arme blanche ? Le crime rituel.
- J'ai vu un homme qui courait avec une cagoule
et j'ai entendu des coups de feu, je peux vous le jurer.
- Je vous en prie, un peu de silence !
Silence!
Taisez-vous !
Le député, avant d'être assassiné, a reçu un coup de poing.
Quelqu'un a assisté à une bagarre ?
- Madame ?
S'il avait été attaqué, je m'en serais aperçu.
J'étais assis à côté de lui. - Ah.
Alors vous pouvez me dire s'il avait, sur la joue gauche,
une légère blessure ?
- En partant, non. Mais en revenant, oui.
- En revenant d'où ?
- Pendant le 3e round, il s'est absenté quelques minutes.
Il m'a dit qu'un pochard lui avait renvoyé
la porte sur la figure.
- En revenant d'où ?
- Ben... des toilettes.
Elle siffle.
- C'est à plus de 200 m du lieu du crime.
- On pouvait pas deviner.
- On vous reproche quelque chose ? Non. Alors ?
"Y a quelqu'un ?
- Je ferme !
- Vous êtes madame...? - Oui, la dame pipi.
- Bon. Excusez-moi, mais...
il paraît que vous avez été témoin d'un incident.
Il paraît qu'un de vos clients a reçu une porte sur la figure.
- Vous appelez ça une porte ?
Je n'appelle pas ça une porte dans la figure.
J'appelle ça un coup de poing dans la gueule.
Vous ne me croirez pas, si je vous narre.
- Narrez, madame.
- Je vaquais au lavabo-ladies,
quand j'entends crier chez les gentlemen.
J'y cours, et j'en vois deux qui se traitaient de tout.
Mais alors de tout !
Et alors là, une de ces beignes ! Je ne sais pas qui l'a reçue.
- Moi, je sais.
- Celui qui l'a donnée, c'est mon Sansandre.
- Qui ? - Alexandre Mignonac.
- Alexandre Mignonac ? - Le député d'Aurillac.
- C'est un de vos amis ?
- Non. Pourquoi ? - Vous l'appelez "Sansandre".
- Parce que je suis d'Aurillac.
Il passe sa vie à la télé.
On passe d'une chaîne sur l'autre, on tombe toujours sur lui.
- Alexandre Mignonac ?
Eh ben, mon vieux !
Trouvez-moi son adresse.
- Le Dr Mignonac, quand il est à Paris,
habite au 5, avenue Vélasquez.
- Merci.
Il habite avenue Vélasquez, au numéro 5.
On lui a téléphoné. Personne ne répond.
- Allons-y quand même.
- C'est un crime politique ?
- Le député du Cantal assassiné par le député du Calvados,
près des toilettes de la Salle Wagram...
On ne sent pas souffler l'épopée.
Ça m'étonne qu'on m'ait confié l'enquête.
Ça va faire du bruit.
Ça revenait de droit au grand sorcier, à Superman.
- Beretti ?
- Le commissaire Beretti est au lit. 39,5 degrés. La grippe.
- Voulez-vous l'avis d'un vieux phallocrate ?
Le patron profite de la grippe de son ténor
pour s'offrir un peu de démago.
Les femmes à l'avant-scène.
Il vous refile le morceau de bravoure.
- Et au 1er couac... - Ah !
- Le 5, c'est là.
Qu'est-ce qu'on fait ?
- Albert, bloquez l'entrée de service.
Nous, on y va. - Pas encore.
- Quelle heure est-il ? -5 h 40.
- Beretti attendrait l'heure légale.
- Mieux que ça. Il irait déjeuner avec le président de l'Assemblée.
Les grandes carrières se font sous les parapluies.
- Tandis que nous, on va grimper là-haut,
on va tirer à travers les portes ?
- Exactement. Allez, hop.
- On peut attendre la levée du jour.
Il y en a plus que pour 20 minutes.
Venez vous détendre un peu. Passez sur le siège avant.
- Baissez le dossier, patron.
- Oh, oui !
- Voilà l'imperméable de Bertrand.
- Je vous mets un peu de chauffage ? - Non.
- Je vais vous chercher un café ?
- Vous traitez Beretti comme ça, d'habitude ?
- Non. Lui, on le borde.
- Tu as vu la presse ?
- Les enfoirés ! Ils nous ont suivis.
Le téléphone sonne.
- Allô, oui ?
- Quelle conne !
Il frappe à la vitre.
- Dr Mignonac ? - Parfaitement.
- PJ. Je voudrais vous interroger. On rentre chez vous ?
- Si vous vouliez me parler, vous seriez entrée chez moi.
- L'heure légale est 6 h.
- Ne me faites pas rigoler. Comme si on se gênait.
C'est quoi, votre question ?
- Hier, à la salle Wagram, avez-vous giflé...
- Grandville ? Oui. Je l'ai giflé.
Et s'il était encore vivant, je le regiflerais.
Je me dispose à aller gifler son cadavre.
Comme ça, vous êtes fixée. Au revoir, commissaire.
- Mais... Hé !
- Picot ! Cassard ! Arrêtez la voiture !
Albert, prenez-le en chasse.
- Hé ! Alors ?
Fonce ! Fonce !
Coup de frein brusque.
- Mais... - En attendant la suite,
je vous fais sucrer votre permis.
- Des gens traversent la rue dans les clous,
je freine, on me rentre dans le cul...
Et on m'enlève le permis ?
- Le député ne va pas se carapater au Venezuela.
On lance un avis de recherche sur Sansandre
dans les aéroports, les gares...
- Hé ho !
- Ils en font, un pétard, ces Parisiens.
- Revenez me prendre dans 20 minutes.
- Tu n'as pas pu le rattraper, le monsieur ?
- Hein ? Non.
- Si je faisais un hold-up, tu ne pourrais pas me rattraper.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Je partirais en autobus. Ils ont des couloirs exprès.
- En attendant de faire un hold-up, dépêche-toi et travaille bien.
- Au revoir, maman.
- Lisette ! - Oui.
- Hier soir, on a eu un coup de téléphone
pour toi de...
Comment il s'appelle ?
- Que voulait-il ?
-Il cherche ses lunettes.
- Oh ! Le pauvre !
- Tu ne les lui as pas rendues, cette nuit ?
Enfin, hier soir.
- Simone,
d'après la radio, M. de Grandville,
député du Calvados, a été assassiné hier soir,
et on a confié l'enquête à ta fille.
- Ta fille n'a pas passé sa nuit à se faire trousser.
Sonnette.
- Lisette ! - J'arrive !
- C'est une maison agréable.
Vous avez pris votre petit déjeuner ?
- Non, mais...
- M. Lemercier, ma sœur, la maman de...
- Mes hommages, madame.
- Je vous en prie. - Merci. Pardon.
Je n'ai pas eu le temps parce que je suis parti très tôt.
J'avais 3 changements d'autobus.
- Vous n'avez pas de voiture ?
- Non. J'avais un Vélomoteur jusqu'à ce que je rencontre...
- Ma fille.
- Alors, thé ou café ?
- Du thé. - Bien.
- Du Darjeeling, si vous en aviez. - Oui.
- Du Darjeeling ? Ah oui.
- Charmante.
- Excusez-moi de vous recevoir dans cette tenue.
- Et moi de venir aussi tôt. Mais j'ai cours ce matin,
et sans mes lunettes, je suis perdu.
- Vous êtes musicien ? - Amateur, oui.
- Vous jouez de la trompette ?
- Ah non.
Non. Mais à la demande générale, je vais...
- Maman, M. Lemercier est professeur de grec.
- Professeur ? Vous êtes fonctionnaire, comme ma fille.
M !
- Où est Suzanne, et son café ?
Suzanne !
Suzanne !
Allez, maman, viens.
- Excusez-moi.
- Non, je vous en prie.
- Pourquoi ne veux-tu pas qu'il sache ?
- Je lui dirai moi. - Pourquoi ne lui as-tu pas dit?
- J'ai pas eu le temps.
Je ne suis pas obligée de dire que je suis flic à tout le monde.
D'abord, il est contre.
- Tout le monde est contre.
- C'est quoi, le Darjeeling ? - Contre le principe.
C'est ça, le Darjeeling. Tiens. - Oh !
- Vous regardez la glycine ?
- Non. Je suis en train de me demander
comment j'ai pu sauter cette grille.
Je ne l'avais pas reconnue tout à l'heure.
Il faisait nuit, la première fois.
- C'était la veille des vacances. Pourquoi vous étiez venu ?
- Sous le fallacieux prétexte, car c'était un prétexte fallacieux,
de récupérer des livres que vous m'aviez empruntés,
entre autres, "Erga kai Hêmérai" d'Hésiode,
traduction de Grouillard.
C'était une merveilleuse nuit de juin
et Grouillard était dans votre chambre.
- Tout à fait par hasard.
- Vous portiez une sorte de boléro à impressions persanes,
extrêmement érotiques...
- Non, je portais un pull bleu, je m'en souviens très bien.
Et qu'est-il arrivé ?
- Votre maman. C'est votre maman qui est arrivée.
Et il s'en est suivi un vaudeville à obstacles.
Hop et hop, la grille.
Et les grandes vacances.
- Vous voulez du sucre ? - Non, merci.
- Antoine, j'ai quelque chose à vous avouer.
Moi aussi, j'ai quelque chose à vous dire.
- C'est formidable de pouvoir manger dehors en plein Paris,
surtout quand il fait beau.
- Oui. Seulement, l'été, il y a les guêpes.
- Oui, surtout quand on mange du melon.
- Moins que dans le Lot. - Comment ?
-Il y a moins de guêpes que dans le Lot.
- Antoine... - Hum !
- Ah ! Mon petit Guérin !
Je vais vous présenter un grand ami, M. Marcel Guérin.
M. Lemercier est chanteur, enfin”.
- Et voilà un 3e ami à vous.
- Merde. Je veux dire... zut!
Vous avez votre cours ? - Oui.
- Allez, on file.
Suzanne ! Prépare mes affaires. Je m'en vais.
- C'est agréable, il n'y a pas encore trop de guêpes.
- Non, il n'y a pas trop de guêpes.
- Guérin, j'ai un mot à vous dire. Venez.
Du nouveau sur Mignonac ? - Non.
- Vous avez son curriculum vitae ? - Oui.
- Bon.
- Né le 15 mars 1925 à Béziers.
Au défilé du 14 juillet 1939,
il gifle en public le préfet de l'Hérault.
En 1942, il enlève le drapeau allemand
sur le toit de l'opéra de Béziers.
Je passe sur les inculpations d'incitation au meurtre,
injures envers le chef de l'État.
N'empêche, réélu depuis 25 ans
aux législatives.
- Allez, hop !
- Antoine est complètement fou.
- Continuez à vous amuser, on y va.
- Par où ? - Pardon ?
- Vous pourriez me déposer. - Non, désolée.
- Vous allez où ? - À la Sorbonne.
- On le dépose. - Votre bureau est Là-bas ?
- Plus bas à gauche.
- Alors... mesdames, cet intermède fut un enchantement.
- Alors ?
- À bientôt. - A bientôt.
- Au revoir.
Antoine Lemercier. - Cassard.
- Pardon.
Klaxons.
- Ça devient infernal.
- C'est pas étonnant, il y a un flic. Pour foutre la merde...
- Il en faut.
- Vous connaissez l'histoire du poulet chasseur ?
- Je la connais, elle est très drôle.
- Je ne la connais pas. - Mais si, Guérin.
- Regardez-le.
Il me rappelle un Guignol qu'on a déshabillé.
C'était un soir d'échauffourée, boulevard Saint-Michel.
On en a coincé un rue de la Huchette.
Nous l'avons intégralement mis à poil.
J'ai encore son képi et sa pèlerine à la maison.
Le doyen Lavergne...
Je vous l'ai présenté hier, Lise. Un grand avec des lunettes.
Il a ses brodequins sous un globe
à côté de la Déclaration des droits de l'homme.
-Il y en a marre. Dégage.
Klaxons.
- Vous, Là-bas !
- Je t'emmerde.
- Tenez, arrêtez-moi là.
- Ça vous va, ici ? - Oui, très bien.
Au revoir, messieurs. Au revoir.
Ça va, je traverse par là et j'y suis.
- Vous avez vos lunettes ? Travaillez bien. On y va.
- Hé ! Hé ! On déjeune ensemble ? - Non.
- On peut prendre du thé ?
- À quelle heure ? -17 h ?
- Non. -18 h, alors ?
- D'accord. - Où est votre bureau ?
- À côté du Palais. -18 h, square du Palais ?
- Je préférerais un café.
- Il fait beau, on va pas s'enfermer.
- Dans le square, alors.
-18 h, dans ce square-là ? - Oui. On y va.
- Hé ho ! - Quoi ?
- Vous devriez changer de coiffure.
- C'est dommage, vous avez perdu 20 ans.
- Depuis combien de temps es-tu marié ?
- Oh là là !
- Tu t'intéresses à la coiffure de ta femme ?
- Elle n'a pas de coiffure.
Elle a des cheveux.
- Mme Pelletier est délicieuse, mais ton regard s'est usé.
Voilà où mènent les unions hâtives.
Lise et moi, nous avons économisé 20 ans.
Nous avons éludé l'erreur d'un mariage précoce,
la lassitude des bons plats, l'érosion de la sexualité.
Nous nous retrouvons 20 ans plus tard,
intacts, dans la force de l'âge, moi avec des espérances neuves
et Lise, avec une petite fille toute faite.
Rires.
-Il est sympathique, votre camarade.
C'est drôle de vouloir déshabiller les flics.
- Ce qui s'est passé entre nous il y a 3 ans
a été charmant et délicieux, mais improvisé et fugitif.
- C'était un souvenir...
- Voilà. C'était un souvenir.
Il ne faut pas que ça devienne une obsession.
- Bonjour, patron. - Bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
- Pour les 5 types grillés dans la Renault 16,
il y a un témoin.
- On verra plus tard.
Des nouvelles de Mignonac ?
-Il n'est pas chez lui. On a téléphoné à la mairie...
- Bonjour, patron.
C'est un poinçon de carrossier. Un modèle abandonné depuis 20 ans.
Ça servait à recoudre les banquettes. Pas d'empreintes.
- Bonjour, docteur. - Bonjour. Voilà.
La pointe est entrée dans le cœur de 4 cm,
entre la 6e et la 7e côte.
La mort a été presque instantanée. Il était en pleine digestion.
Tu veux savoir ce qu'il a bouffé ? - Quelle horreur!
Apportez-moi un café-crème. Je n'ai pas déjeuné.
Picot, donne-moi l'agrandissement du poinçon.
- Voilà.
- Dites au patron que j'arrive.
Ce léopard, c'est sûrement la marque du carrossier.
Trouvez-moi ça.
- Mais comment je vais faire ? C'est un outil d'avant-guerre.
- Qu'est-ce que je fais de Berthe, moi ?
- Ah !Alors, tu as quelque chose à me dire ?
- Gros Louis a ficelé les 3 frères Marouani
dans la Renault 16,
et Fernand a mis le feu.
Fernand, du petit cercle ? - Non.
- Ah, Fernand ! Guérin ?
- Ce n'est pas parce qu'il s'est barré avec ma femme.
- Marcellin est renté du Tréport ? - Oui.
- Tu l'envoies à Printania au Paradisio et au Bar Bleu.
Je veux Gros Louis et Fernand au trou dans 1 heure.
- Tout de suite. Il y a un appel pour vous.
- Je peux le prendre là ?
Allô ? Ah, maman.
Comment, ça coule dans la cuisine ?
Tu ne peux pas trouver un plombier à cette heure-ci ?
Oh ! Mon influence ! Maman, je t'embrasse.
- Ça y est, on tient le satyre de Montlhéry.
C'était Gaspard, comme d'habitude. - Évidemment.
L'autre jour, ici, dans mon bureau. Oui.
Il rit.
On frappe à la porte.
- Entrez.
Ah, Tanquerelle.
Alors, qu'est-ce que vous en dites ?
- Une allure folle, monsieur le directeur.
- Vous trouvez ? - Oui.
- La situation est volcanique.
Un député assassiné, un autre en fuite.
On a des problèmes dans la majorité, mais de là à s'entretuer...
Elle me gêne un peu, là...
J'espérais un meilleur départ,
mais ça commence par une grosse bavure.
- Ça oui, alors.
- Si je le colle en garde à vue, ça ne vous gêne pas ?
- Calmez-vous.
Le ministre m'a téléphoné pour me demander
pourquoi j'avais confié l'affaire à une femme.
- Confiez l'enquête à Beretti. Sa fièvre est beaucoup tombée.
- Vous avez toute ma confiance.
Ça pendouille un peu.
Ça pendouille ? - Oui, ça pendouille.
Pas seulement le col. La cravate, ça pendouille.
- Ça pendouille plus.
- Bon. Je me demande si cette fête aura lieu.
On frappe à la porte.
Entrez.
- Excusez-moi de vous déranger, mais c'est important.
C'est un appel pour vous. Ça concerne Mignonac.
- Je prends la communication.
- Allô ? C'est le commissaire ? - Oui, madame.
- Monsieur !
- Je vous écoute.
- Le Dr Mignonac, je sais où il est.
- C'est quoi, le parc Montespan ? - C'est vaste.
- Préviens le commissariat de Saint-Cloud.
Il va falloir quadriller ça, et pas en fanfare.
Allez, Guérin ! Vite !
- Hé ho ! Attendez !
- Quoi ? - J'ai un problème.
- Hein ? - Votre mère vient de rappeler.
Je reste sur le coup du plombier ? - Oh !
Ils rient.
Hé, Illouz ? Mignonac n'est pas sorti ?
- Oh non, sûrement pas.
- Pardon. Le salon Antonio, vous connaissez ?
- Antonio ?
C'est là. Vous ne voyez pas ?
- Ah, vous voilà ! Je me disais :
"Est-ce qu'ils n'ont pas cru à une blague ?"
- Mignonac est là ? - Oui.
- On peut entrer ? - Évidemment.
Entrez, les garçons.
Si Lucien vous voyait ! C'est mon 1er garçon.
Il va être folle.
- Où est-il ? -Il est au hammam.
- Je parle du Dr Mignonac.
- Il est en face, parbleu !
Tenez, voilà sa voiture.
- À quel étage ?
- Je ne sais pas. Il est fourré chez une femme.
- Guérin, tu me passes tout ça au tamis.
-Il y a beaucoup d'appartements.
- Tu prends toute l'équipe.
- Je vous donne un petit coup de peigne ?
Mais comme ça, en copine.
- Excusez-moi. Merci. - Je vous en prie.
- Quoi ?
- Viens vite. Viens !
Regarde.
- Quoi ?
- La belette...
- T'es con. - Ho, hé !
- Oh, merde ! Mignonac !
- Où est le patron ? - C'est moi.
- Le commissaire ? - Il sèche.
- On le tient ! Ça y est!
- Hein ? - On a repéré Mignonac !
- Nom de Dieu !
Cri d'effroi.
- Mes rouleaux !
- L'obsédé est venu me chercher. - Quel obsédé ?
- Picot. Pour me montrer une louloute sur un balcon...
- Oh ! Tiens. - C'est par là.
- Et puis...?
- Et puis à ce moment-là...
- Quoi ? Stop.
- La belette. - Quelle belette ?
On se connaît ? Vous êtes le concierge ?
- Le gardien.
- Vous connaissez le nom de cette cycliste ?
- Je ne suis pas le concierge.
- On va au Quai des Orfèvres ?
- Oh là là !
C'est Mlle Vallier.
- Vous n'avez pas vu passer M. Mignonac ?
- Connais pas. - L'ami de Mlle Vallier.
-Ici, ça va, ça vient...
S'il fallait que je note tous les noms !
Qu'est-ce que c'est, comme docteur ?
- C'est peut-être un assassin.
- Mlle Vallier
n'a pas des amis assassins.
Elle a du cœur, ce qui est rare, ici.
Parce que c'est des Canaques, ici, madame.
- Le frein est encore un peu dur.
Coup de frein.
Ou j'ai pas de force. - Fais voir.
- Madame.
- Police judiciaire.
Elle rit.
J'ai dit quelque chose de... - Non.
- Ils recherchent un docteur...
- Oui, le Dr Mignonac. Tiens.
J'admire votre gaieté,
mais je dois vous prévenir que le recel de malfaiteur...
- Recel ? - Oui. Si vous cachez quelqu'un.
- Mon oncle n'est pas malfaiteur. Je le cache pas.
- Alors allons-y.
Nous vous suivons. - C'est par là.
- Qu'est-ce qu'elle raconte, avec ses freins ? Je vois pas...
- C'est là.
- Guérin.
Il sonne à la porte.
- Police ! Ouvrez !
Il frappe à la porte.
Police !
- Appelez votre oncle.
- Ouvrez, mon oncle ! C'est la police.
-Il est sûrement là. - On l'a vu.
- Verdier ?
- Par ici, mademoiselle.
- Vous appeliez votre avocat ?
- Exactement.
- Habillez-vous et suivez-nous.
- C'est pas vrai, ça.
- Non, ne t'inquiète pas, mon petit.
J'ai connu ça pendant la Gestapo.
À cette époque-là, la flicaille, on ne la recrutait pas dans le sexe.
- Pas le bon pied.
- J'aurai de ses nouvelles ?
- VOUS venez avec NOUS.
-Il faut que je me change, alors. Qu'est-ce que je vais me mettre ?
- Passez-moi les menottes.
- Si vous y tenez.
- Christine Vallier, née à Briançon le 22 mars 1952 de père inconnu,
vient vivre à Paris avec sa mère, rue Ordener.
- Merci.
Christine Vallier, 22 ans,
études secondaires, échec au bac. - A l'oral.
- C'est sûrement une affaire de timidité,
mais ça ne vous a pas empêchée de devenir décoratrice.
Vous décorez quoi ? - Des appartements.
J'en ai décoré qu'un.
- Le vôtre ?
- Quand on débute, rien n'est facile.
- Je sais. J'ai démarré, moi aussi.
En attendant, qui est-ce qui paie le loyer ?
Tonton ? - Oui.
- Tu me déposeras au Trocadéro.
C'est quoi, cette comédie d'oncle et de nièce ?
Christine est votre petite amie.
- Pas ma petite amie. Christine est ma maîtresse !
Je suis célibataire, sans enfant. Aucune loi ne me l'interdit.
- C'est vous qui votez les lois.
Je ne comprends pas la comédie du tonton.
- L'autre vieille savate se faisait pas passer pour un parrain ?
- Grandville ? - Oui.
- Stop !
- Mlle Vallier, vous me prenez pour une conne ?
Vous avez aussi un parrain ?
- Bien sûr.
- Et vous couchez avec lui ?
- Oh...
- Vous avez parfaitement le droit d'avoir des amants,
de les baptiser "tonton" et d'avoir en plus
un grand-papa gâteau.
C'est votre droit, à une condition : qu'ils ne s'entretuent pas.
- Ah, si je vous racontais...
- J'aimerais bien.
- Encore un oubli ?
- On a oublié de me dire
que vous aviez poussé Grandville dans l'escalier ?
- La présence de ce débris chez Christine était une insanité.
-Il payait le loyer. Alors ?
- La moindre des choses.
Quand on a sa gueule et son âge...
- Grandville était le protecteur et vous, l'amant de cœur ?
- Parfaitement.
- Vous m'arrêterez au pont Neuf.
Ça va pas mal. Je crois qu'on le tient.
Essaie d'obtenir des trucs et je vous rejoins dès que...
- Dès que vous pourrez. - Voilà.
Laissez tourner le moteur, je reviens.
Excusez-moi, je suis très en retard.
La tasse de thé, ce sera pour une autre fois.
Là, j'ai pas le temps.
- J'aurais aimé que nous arrivions pour la marée montante.
Le temps de passer chez vous,
nous ne serons pas à Honfleur avant 21 h.
- Honfleur ? - Oui.
- C'est nouveau, ça. -Oui, parce que j'ai réfléchi.
Il y a 3 solutions.
1, l'hôtel, vulgaire.
2, chez vous, il y a la famille.
3, chez moi, c'est très encombré.
C'est très bon pour les couples, de marcher sur les plages.
- Les couples ? Enfin, Antoine...
- Ah ! Antoine.
- Ben oui, Antoine, enfin...
Nous sommes de vieux camarades, c'est tout.
- Oui, mais je me suis tout de même jeté sur vous ce matin.
- De là à parler de couple...
- Ah, ah ! - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous oubliez un détail très important.
Le coiffeur.
Vous êtes allée chez le coiffeur. Gros indice, ça.
- C'est mieux, hein ?
Vous vous demandez quelle tête j'aurais avec un bonnet de bain.
Slogans protestataires.
Bipeur.
Tenez.
Allô ? Guérin ? Oui, c'est moi.
Quoi? Où ? Qui?
Nom de Dieu ! J'arrive.
Maurice Rombard vient d'être assassiné !
- Le député de Saint-Denis ?
- Oui. Avenue de la République.
- Comment ? Où ça ? - Avenue de la République.
Comme Grandville.
- Grandville n'a pas été tué au même endroit.
- Tué d'un coup de poinçon.
- Un coup de poinçon ? - Oui.
- Bizarre. À chaque fois qu'on a rendez-vous...
- Taxi, vite.
- Votre sac sonne, vous téléphonez
et puis on assassine un parlementaire.
- Ben alors ! - Ben oui... Hé!
Vous êtes quoi, au juste ? Ambulancière ?
Commissaire de police ? Capitaine de pompiers ?
- Pas capitaine de pompiers.
2 députés en 2 jours !
- Vous parlez d'un gala.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - L'enquête sera étouffée.
- Ça m'étonnerait.
- Pourquoi ? - C'est moi qui la mène.
- Pardon ?
- Par ici, monsieur le commissaire.
- Exactement le même.
Vous voyez ?
Tirs de gaz lacrymogènes et cris de protestation.
- Voilà l'intérieur.
Sirènes de police.
Cris et fracas.
- Lemercier, qu'est-ce que tu fais là ?
Allez, mon vieux.
Tu as vu qui est là ?
- Tu milites, toi, maintenant?
- C'est le dernier sursaut de la droite.
- C'est une provocation. Ils vont étouffer l'enquête.
- Ça m'étonnerait qu'ils l'étouffent.
- Hein ? - Non, d'accord, d'accord.
- Je vous en prie.
- Ça me rajeunit de 20 ans, les enfants !
- Allez, venez.
- Fichez-moi la paix !
Antoine !
- Ça y est, les gaz lacrymogènes.
- Laissez-moi ! Oh là là ! Attention !
- Ne restez pas là, patron !
- Antoine ! - J'ai pas de mouchoir!
- Antoine !
Ils suffoquent.
Antoine !
Allez, descendez !
- Certainement pas.
- Ne soyez pas ridicule.
Dites-lui qu'il est ridicule. Allez, descendez !
- Je ne sortirai qu'avec tous mes amis !
- OUI!
- Bravo ! -Il y a 5 minutes,
nous partions pour Honfleur.
- J'aurais dû vous offrir l'île de Ré.
Voyage en fourgon cellulaire et week-end en forteresse.
Vous m'avez, madame, ignominieusement trompé.
- Allez, hop ! Embarquez-moi tout ça !
"Cher Antoine, nous avons, cet après-midi, versé des larmes.
"J'aimerais croire que toutes n'étaient pas dues
aux gaz lacrymogènes".
"J'aimerais croire également que notre baiser
n'était pas uniquement dû à la joie d'avoir retrouve vos lunettes".
- Au sujet de cette jeune décoratrice ?
- J'ignore le sort de cette personne.
- Bonjour, madame.
- Sherlock Holmes ferait mieux de rester chez elle
à faire ses confitures.
- Beretti, ça a pas l'air d'aller fort.
- Vous, ça va pas fort non plus.
Cette hécatombe de parlementaires.
C'est pour la décoration du patron,
que vous avez fait des frais de coiffure pour la fête ?
- Oui. Qu'en pensez-vous ?
- J'aimerais bien vous décoiffer, mon petit...
- Bonjour, patron.
- Bonjour, patron. - Alors ?
- Entre la 6e et la 7e côte, comme l'autre.
- On a des nouvelles du petit léopard ?
- C'est un outil démodé. On s'en sert plus depuis 20 ans.
- On s'en est servi hier!
Cassard, les témoins ?
-63 manifestants, 40 personnes aux fenêtres,
5 gars de chez nous. La merde.
- Voilà ce qu'on a trouvé sur le mort.
-"Cher Antoine, nous avons hier..."
Que vient faire cette minette au milieu de ces députés ?
"Cher Antoine. .. " Non, c'est un peu sec.
"Mon chéri." Non, c'est un peu fort.
Il va me prendre pour une allumeuse.
"Antoine. " Non.
"Mon cher Antoine. " Voilà, c'est parfait.
"Mon cher Antoine, nous avons hier versé bien des larmes." Etc.
Albert, tu peux passer par la rue de la Montagne Sainte-Geneviève ?
J'en ai pour une seconde.
- Qu'est-ce que vous cherchez ?
- Je voulais remettre un pli à M. Antoine Lemercier.
- Ah ! M. le professeur est absent, parti.
- Où ? - A Honfleur.
- Pour combien de temps ?
- Pour un moment. Il a emmené son mainate.
Ça va lui faire drôle, de prendre le train.
- Le train ? De quelle heure ?
- Son 13 h 54 à Saint-Lazare. Changement à Pont-Audemer.
C'est là qu'il achète ses graines pour son mainate.
Ça va lui faire drôle, à cet oiseau, de...
- Gare Saint-Lazare, Albert. Tu as 4 minutes.
- Attachez vos ceintures !
- Le train à destination de Lisieux va partir dans quelques instants.
Fermez les portières, s'il vous plaît.
Attention au départ, voie 15.
- Police, arrêtez ça !
Trouvez-moi Lemercier.
-Il y en a pour 2 secondes, laissez tourner le moteur!
- Police ! Sortez vite. Vite !
Tenez, c'est pour vous.
- Ce ne serait pas Lise, des fois ?
-Il s'appelle comment, votre mainate ?
- Augustin,
réponds au commissaire.
"Je m'appelle Augustin, le bel oiseau, j'ai 7 ans.
"Mon maître et moi, le soir du crime,
"nous jouions au poker avec des professeurs et des oiseaux."
Voilà.
Vous devez trouver que je manque d'humour ?
Mais ça fait un choc,
de quitter une étudiante en boléro persan
pour se retrouver face à un flic en jupon.
- Le jupon vous plaît, quand on a changé 2, 3 choses.
Le côté flic vous dérange ? - Entendons-nous :
les flics, dont je ne suis pas amoureux,
la plupart d'entre eux, ne me gênent pas.
Je vais vous faire une confidence.
Je me suis souvent imaginé dans la police montée,
chargeant sabre au clair des grévistes
dont je conduisais moi-même le cortège.
Ma tête est pleine de tumulte.
- La mienne est pleine de vergers, de rires et d'enfants.
Si vous lisiez ma lettre ?
- Lise, je suis un vieux célibataire,
coincé entre Augustin et Aristote,
entre les tisanes et les cantates.
Et je crains fort que ma philosophie
ne s'accommode mal de votre dynamisme.
Croyez-moi, nous sommes la carpe et le lapin.
- Vous finirez vieux garçon,
avec un calot, un châle et une chaufferette.
Salut, Augustin.
- Maintenant, on peut y aller ? - Oui.
- Allez, roulez !
Coup de sifflet.
- Allez, en voiture.
- Ça y est, ça marche.
Il ne faudrait pas qu'ils reviennent la casser.
- Merci, M. Charmille. Oh, M. Charmille ?
Venez donc voir.
Regardez le robinet, là.
Je crois qu'il fuit un peu.
- Ça, c'est le joint, ou c'est le filetage.
Si c'est le filetage, c'est pas marrant.
- C'est pas pour ça que je ris.
Je ne vous inspire pas beaucoup.
- Oh ! Ma fille, il y a longtemps que j'ai appris
à me contenter de ce que je peux avoir.
- M. Charmille, vous n'avez pas toujours été seul ?
La photo sur la cheminée,
c'est bien Mme Charmille ?
Une bien belle femme, hein.
- Oui, c'était la carpe et le lapin.
Mme Charmille, c'était une grande et belle fille,
avec des yeux mélancoliques.
J'ai couru après pendant 4 ans, avant qu'on s'installe
rue Frémicourt. Elle y restée 15 jours.
- Oh ! Elle est partie ?
- Oui. Elle avait fait trop d'études, faut croire.
- Qu'est-ce qu'il y a encore ?
'Ça
- C'est moi, ça ! - Oui.
- Où l'avez-vous trouvée ?
- Sur le cadavre de Rombard. - Ah oui ?
Quand on prête les photos, on ne les retrouve jamais.
-Il faut un joint.
Il faut que je refasse la tuyauterie.
- Vous êtes plombier ? - Oui.
-Il y a une fuite dans la cuisine de maman.
- Où ? - Dans le 13e.
- Je ne dis pas que samedi, j'irai pas faire un tour.
Pendant que j'y suis,
je vous enverrai les contredanses de ma sœur.
Parce que je n'ai pas mon permis, mais ma sœur, elle l'a.
- Quand je pense à Maurice... C'est vraiment la série !
- Je trouve aussi.
Votre goût pour les parlementaires est original.
- Non, c'est héréditaire.
- Pardon ?
- Oui. Maman tenait la buvette
de la chambre des députés dans les années 50.
J'ai sauté sur les genoux des présidents du Conseil.
Certains députés, surtout des radicaux,
- je ne sais pas pourquoi -
tutoyaient maman et m'offraient des cadeaux.
Et puis j'ai grandi...
- Et le jeu a continué ? - Ben...
- Mais il y a 400 députés. Vous n'allez pas me dire...
- Oh là là, non ! Mes suffrages ne sont pas universels.
Ça se limite à...
Attendez. C'est pas difficile...
Voilà mon petit annuaire. Venez vous asseoir là.
Alors, attendez voir...
Il y a eu celui-ci.
Celui-ci, il y a eu, mais il y a plus.
Et puis lui.
- Celui-là ? C'est pas vrai ?
- Si. Je savais que ça vous épaterait.
Oh ! Pauvre Norbert.
Je le revois quand il m'a installée ici.
Il m'a dit : "C'est calme." - C'est vrai.
- C'est une usine, Là-bas ?
- Oui, mais elle est fermée depuis des années.
Il y a lui, mais ça va pas durer, parce qu'alors con, mais con...
Et puis lui.
Une autre fois, je vous raconterai, parce qu'alors...
Et lui. Vous connaissez le zigoto ?
- Sorti victorieux d'un complot politique sordide,
je me déclare prêt à soutenir le gouvernement
contre toutes formes de terrorisme !
Acclamations.
Les assassins
ne passeront pas !
Applaudissements.
Cris d'horreur et de consternation.
- La séance est suspendue.
Brouhaha.
- À l'Assemblée nationale, séance exceptionnelle.
La séance de la peur.
3 parlementaires assassinés en 3 jours.
Nos députés ont peur, et on les comprend.
Ayant plus confiance en leurs gendarmes
que dans la police,
certains élus du peuple sont retournés se réfugier
dans leur circonscription.
On a parle de limogeage parmi le personnel de la préfecture,
au sujet duquel "sclérose" et "incapacité"
sont les termes les plus urbains
que l'on ait entendus dans l'hémicycle.
Le téléphone sonne.
- Où est Tanquerelle ? Allô ?
- Elle est peut-être sur la piste de l'assassin.
- Messieurs, la remise de ma cravate est reportée sine die.
Vous pouvez remballer ça.
- Regardez, patron.
"Le Grand Prix des Carrossiers.
"Hier, à Vittel, le léopard à l'honneur.
"Le 1er prix a été décerné à l'unanimité au Coupé Delage,
"carrossé par Clipardi."
- Et là ?
- Concours d'élégance à La Baule :
"triomphe de la comédienne Eva Sanders,
"qui présentait un spider Talbot carrossé par Clipardi."
- Je vais faire les agrandissements.
- Clipardi...
- Regardez le petit léopard.
Et là, et là...
- Clipardi. Clipardi... J'ai déjà vu ça quelque part.
Clip... Ça y est!
Je ne vous dérange pas ? - Non, non.
- Permettez.
Bonjour, M. Charmille. - Bonjour.
- Comment peut-on passer là ? - Où ?
- Là, dans l'usine.
- Il faut passer par le pont de la gare.
- Il n'y a pas plus court ? - Je ne sais pas.
Personne ne rentre jamais Là-dedans. Ça pourrit.
Et puis je suis gardien d'ici, pas de là.
Gardien d'ici et pas de là, moi.
Madame !
On vous demande au téléphone ! Dans ma loge !
- J'arrive.
Allô ? Oui, j'attends.
- Allô, patron ?
C'est Guérin.
- Marcel, il y a du nouveau ? Ici, il y en a.
- Ici aussi.
Ils sont rentrés de chez le ministre.
- Alors ? - On vous a retiré l'enquête.
C'est
C'est Beretti qui reprend l'affaire.
- Quoi ?!
- Et alors ? - C'est effrayant.
- Vous faites des rangements ?
- Mes bagages. - Comment ça ?
- Voilà ma carte, mon coupe-file, mon port d'arme,
mon bip bip et ma lettre de démission.
-"Démission" ?
On ne donne pas sa démission quand on a vos états de service.
Rappelez-vous l'étrangleur de l'Hay-les-Roses,
le pyromane du drugstore...
Votre carrière est toute tracée à mes côtés.
Nous sommes pareils. - Non, j'ai de l'amour-propre.
On me retire l'enquête ? Je m'incline.
Que vous la passiez à Beretti, c'est une humiliation.
- Oh, allons, Tanquerelle !
Je viens de décommander plus de 100 personnes,
de payer 4000 francs de plantes vertes,
de macarons, de barquettes, et vous me parlez d'humiliation !
- Voulez-vous que je vous dise ? - Non.
Si vous me traitez de larve, je vous parle
de votre nouvelle coiffure.
- Vous préfériez l'autre ?
- Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je suis à bout.
- Tenez, gardez ça en souvenir de moi.
- Au revoir, patron.
- Au revoir, patron.
- Dites à Beretti que le dossier des poinçons
est dans le 3e tiroir à droite.
Cris d'enfants.
- Ça fait longtemps que tu n'étais pas venue.
- Maintenant, je viendrai tous les jours.
- Des ennuis ? - Non, pourquoi ? Allez, viens.
Demain, mes petites mères, grand nettoyage de printemps.
C'est pas pour faire des reproches,
mais je trouve cette maison dégueulasse.
Où est le tire-bouchon ? - Dans le buffet.
- Tiens. - Oh !
Ta fille, on va l'avoir sur le dos 24 heures sur 24 ?
Sonnette.
- C'est à l'entrée, j'y vais.
- Non, j'y vais. J'y vais.
- Une lettre d'Honfleur.
- Peut-être la délivrance. - Lisette !
- Oui.
- Le numéro de votre chambre ?
- Le 8.
- Je suis pas la fille d'un gendarme et d'une Cantinière.
Maman était dans la mode
et j'ai grandi dans le taffetas, l'organdi...
J'ai ânonné Rosa la rose. J'ai pianoté des sonates.
Tout me portait à devenir honnête.
- Ça devrait vous plaire, ça, non ?
La justice poursuivant le crime.
Faites voir. Ah oui, il y a quelque chose.
- Les lectures m'ont dévoyée.
J'étais folle de romans policiers.
Je me voyais traquant Fantômas et Belphégor,
arrêtant Jack l'Eventreur à Whitechapel,
ou le Dr Fu-Manchu à Hong Kong.
Je vagabondais des brouillards aux tropiques,
cueillant les roses de Gambais, les orchidées de Miss Blandish,
les lupins d'Arsène.
J'ai passé le concours de l'École de police
comme on entre au cinéma.
Tout ça, mon amour, pour répondre à une question
que vous m'avez posée : comment on devient flic ?
- Votre vocation aurait pu venir d'un goût pour le passage à tabac.
Je vous vois très bien en train de passer une lampe à souder
sous les testicules d'un contestataire.
- Nous ne menons pas une vie austère. - Ah !
- On a parfois des distractions. - Ah bon.
-"En ce qui concerne ma conviction, déclare le commissaire Beretti,
"j'affirme qu'il ne peut s'agir que d'une opération suicide
"des derniers fanatiques de l'OAS."
- Je vois que ça avance. - Oui, Beretti parle avec fermeté.
"Il va sans dire que la protection de nos parlementaires est assurée,
"ce qui aurait dû être fait
"si on m'avait écouté dès le 1er meurtre."
Ça s'adresse à qui, à votre avis ?
- À table !
- Je croyais que vous étiez une famille unie.
- Beretti, de ma famille !
J'ai jamais vu un type aussi puant.
20 fois, il a essayé de sortir avec moi.
-20 fois ?
- Oui. Il ne pense qu'à ça. Il y a des gens comme ça...
Prêtez-moi vos lunettes.
- Mais attention,
vous me les rendez.
- Tenez, regardez et comparez.
- Oh !
Dites donc, c'est la même fille ! Oh !
- Regardez plutôt le hangar. - Bien.
- Vous regardez bien le hangar ? -Il est très bien.
- La fenêtre en dessous.
Elle est fermée, dans le journal, et ouverte, sur la photo.
- C'est ma foi vrai, ça. Et alors ?
- Personne n'est entré
Là-dedans depuis des années.
C'est un chantier invraisemblable.
Mais quelqu'un a dû ouvrir la fenêtre.
- Serait-ce l'assassin, commissaire ?
- Allez-y.
Agrandissez-moi ça, là.
Encore.
Encore là. Juste là.
- C'est quoi, ces 2 cercles ?
- Des jumelles dans le soleil. Des jumelles !
Vous avez le téléphone ? - Non, madame.
- Des jumelles ! On tient l'assassin !
Où est la poste ? - Là.
Si je comprends bien, on déjeunera plus tard ?
- Passez-moi Beretti.
- Son bureau ne répond pas. - Passez-moi Verdier.
- Allô ? Ah...
À cette heure-ci ? Il fait son billard.
Comment ça va, vous ?
- S'il vous plaît, passez-moi Danton 10.20.
Tenez, vous prendrez les deux.
- J'ai pas la monnaie.
- Désolée, c'est urgent.
- Allez faire la monnaie.
- Police ! Na !
- Que faites-vous ?
Vous êtes arrivé quand ?
- Je suis arrivé il y a 2 jours par mon 13 h 54.
J'ai amené l'oiseau.
- Augustin. Le bel oiseau !
Eh ben, dites donc, je pense...
"Bonjour..."
-"Madame Melun !"
- Oh ! Tu peux lui demander de me passer mon téléphone ?
- Parce que madame est une amie à vous ?
Danton 10.20, vous disiez ? - Oui.
- Eh bien, tout de suite.
- Francis. Pour toi.
-Il n'est pas là. Il devait venir, mais il est monté à Saint-Cloud.
Le fringant poulet.
- Allô ?
- Allô, Christine ? Tanquerelle.
Le commissaire Beretti est là ?
- Pas encore, mais je l'attends. Il doit m'interroger.
- Le téléphone peut aller jusqu'à la fenêtre ?
- Quelle fenêtre ?
- Celle qui donne sur l'usine, derrière.
- Attendez, je vais voir.
Tout juste.
- Bon. Regardez dehors, le hangar Clipardi.
Au-dessous. La fenêtre est ouverte ou fermée ?
- Fermée, elle est toujours fermée.
- Eh non, pas toujours.
Elle s'ouvre quand vous recevez vos chers parents.
- Un mateur ?
- Je crois qu'on appelle ça comme ça.
Quand Beretti arrivera, dites-lui...
Ne lui dites rien, je rappellerai.
- Vous voulez un radis ?
- Mais où est-ce qu'on va ? Où est-ce qu'on va ?
- Soyez gentil de faire le plein. Il faut que je rappelle la petite.
La ligne, s'il vous plaît. Merci.
Fracas.
Allô ? C'est moi.
Beretti est là ?
- Non, il n'est pas encore là. - Je rappellerai.
Sonnette.
- C'est bête ! On vient juste de vous appeler.
- Qui ça, mon cœur ? - Votre collègue. Tanquerelle.
- Que voulait-elle ?
- Elle va vous rappeler.
- Oh là là ! Où est le téléphone ? - Là.
- Vous n'auriez pas quelque chose de blanc, de frais
et de pétillant? Hein ?
- Je vais profiter de votre coup de téléphone
pour commander un petit encas.
- D'accord.
Un jeton !
-2 œufs sur le plat, s'il vous plaît.
Après, je prendrais bien une petite douceur.
Un café liégeois ?
- Guérin, amène-toi à Saint-Cloud avec des affaires.
- Et j'en fais quoi ?
- Tu m'attends. Récupère ma plaque et mon revolver.
Un jeton, s'il vous plaît. - Vos œufs arrivent.
- Et l'andouillette ? - Un jeton !
- Elle n'est pas terrible.
- Vous trouvez ? J'aime bien.
- Je vous parle de l'andouillette. - Ah.
Le téléphone sonne occupé.
- C'est joli, ça. Qu'est-ce que c'est ?
- Un collègue de Dallas. - Oh...
Musique rythmée.
- Combien ?
- Le tout ? - Le tout.
-2 jetons, 2 œufs, un café liégeois...
- C'est ça, tenez. Allons-y.
Musique sensuelle.
- Si on fermait les rideaux ?
- Pourquoi ? T'as peur des voyeurs ? - Oui, justement.
D'après Tanquerelle, derrière une fenêtre,
il y aurait un amateur de galipettes.
- Elle t'a pas dit quelle fenêtre ? - Si.
Oh ! Mince, elle est ouverte.
- Souviens-toi. Tanquerelle t'a rien dit d'autre ?
- Si, elle m'a dit de rien vous dire.
- Ouais. OK.
Ne t'inquiète pas, petite.
Cri de douleur.
- Vous ne voulez pas que je vous accompagne ?
- Non. Attendez-moi dans le restaurant.
- Je vous commande quoi ? - Comme pour vous.
- Vous ne voulez pas dîner avant de l'arrêter ?
Bon. Alors, voyons ça...
Sonnette.
- Bonjour, Mme Tanquerelle.
- Beretti est passé chez vous ?
-Oui. Il est parti. -Où ça ?
- Là-bas, dans l'usine. - Oh, mon Dieu.
- Hé, madame !
C'est vrai pour la fenêtre.
- Beretti ?
Beretti ?
Elle crie.
Fracas.
Sirènes de police.
- Patron !
Lise !
Fracas.
- Je suis là !
- Par ici !
Coup de feu.
- Reculez-vous.
Ne tirez pas !
Il crie.
- Venez avec moi ! - Non, mais...
- Venez tout de suite, nom de Dieu !
- Hé, hé...
- Madame, ne bougez pas. Ne bougez pas.
- Enlevez les motos !
Reculez !
Allez, montez !
Et prenez le volant.
- Je vous préviens, je ne sais pas bien conduire.
- Je ne sais pas conduire du tout.
- Qu'est-ce qu'on fait ? - Je le veux vivant.
- Et surtout l'otage.
La voiture ne démarre pas.
- Allez, hop !
- Pourquoi vous n'accélérez pas ? - On va très vite, là.
- C'est exaltant, cette poursuite.
- Que peut-on faire d'autre ? N'oublie pas qu'il est armé.
Picot ronfle.
- Allez plus vite, ou ça va aller mal.
- C'est agaçant, d'être suivis comme ça.
- Vous ne passez jamais la seconde ? - Non.
- Alors essayez. - Oui.
- Où sont-ils ? Vous n'avez pas vu ?
- Non, rien du tout.
- On pourrait revenir dans le centre ?
- Passez par la Porte de Châtillon. - Pourquoi ?
- Parce qu'on va en Espagne.
Coup de frein.
Qu'est-ce que vous faites ?
- Si nous devons aller en Espagne,
je vais d'abord prendre un petit encas.
Je serais ravi de vous emmener en Espagne.
Je comptais d'ailleurs y retourner.
Mais ça fait 2 repas que je saute à cause de vos conneries
qui ont des incidences sur ma vie privée
pour des raisons qu'il serait inopportun de vous dire.
Je n'irai pas en Espagne le ventre vide !
- Remontez en voiture tout de suite !
Ramassez-moi ça !
Allez !
- Eh oui, j'ai très mauvais caractère quand j'ai faim !
- Urgence de mise en place du plan Paris.
La surveillance ne signale aucun véhicule suspect.
- Alors, c'est simple, on déclenche le plan Balthazar.
On boucle aéroports, gares...
Sirènes de police.
- Vous n'en voulez pas un peu ? - Non !
- Mais alors, Christine, elle avait 7-8 ans, quand vous l'avez connue ?
- C'était une enfant très innocente et très douce.
Elle vivait encore avec la vieille maquerelle,
rue Ordener, à l'époque.
- Vous étiez déjà voisins ? - J'étais déjà concierge.
Ah ! Ça défilait, là-haut, les grosses légumes,
même un président du Conseil.
Le soir, je la faisais dîner et je la couchais.
J'avais mis un lit dans la loge.
- En somme, c'était le bon temps.
Vous étiez un peu son papa.
- C'était une enfant, je vous dis.
-1,85 m, barbu, assez fort...
- Passe-moi le micro.
Allô ? C'est Picot. Je viens de localiser la R5.
Les 2 hommes sont dans un bistrot à Saint-Médard.
Ils cassent la croûte.
- Évidemment. {Qu'est-ce que je fais ?
- Alors, les perdez pas de vue, c'est tout.
- Ça s'est dégagé, tiens.
- Je me demande qui va s'occuper d'elle, maintenant.
Qu'est-ce que vous faites, dans la vie ?
- Moi, je suis professeur. - De quoi ?
- De trompette.
- Moi, j'aurais aimé être professeur de grec ou de latin.
Un emploi de prestige, quoi !
- Professeur de grec, policier ou justicier des faubourgs...
Tout ça, ce sont des rôles. Des masques interchangeables.
Je pourrais être à votre place et vous, à la mienne.
J'agiterais un pistolet et vous auriez le masque de la sagesse.
Vous me diriez : "M. Lemercier,
"vous devriez vous rendre à la police.
"Il vous en sera tenu compte."
Je ne vous croirais pas forcément,
mais je me dirais que je suis bien fatigué
et que l'Espagne, après tout, c'est bien loin.
- Connaissez-vous un commissariat de police dans le coin ?
- C'est pas des endroits, ça !
Que diriez-vous du Quai des Orfèvres ?
Ça ferait plaisir au commissaire. Elle s'est donné tant de mal.
- Ah oui, ça, c'est vrai.
Coup de feu.
-Il a dû tirer sur l'otage.
- Comment ? Il trouve ça naturel !
Alors on tire sur les gens ? Eh bien, pas moi.
- Patron, attendons. Calmez-vous.
- C'est sûrement un accident.
- Le pistolet a dû partir tout seul.
- Mais l'assassin est parti avec Antoine.
Il va me le rendre. Demain, il est à la maison...
L'autre, je vais le réduire en bouillie.
- La loi exige qu'on livre les assassins.
- Elle ne précise pas
en combien de morceaux.
- Oh ! Qu'elle m'énerve !
- Guérin, tu n'as pas de regret à avoir.
Une femme comme ça, ça ne doit pas être marrant tous les jours.
- La R5 vient de quitter la rue Étienne Marcel.
Pont au Change.
Elle emprunte la...
À la hauteur de la rue Saint-Jacques.
La rue Berthollet.
Elle se dirige vers la rue Claude Bernard.
Fracas.
- Mais elle est folle, Lisette. Police, police.
Sirènes de police.
- Dites donc !
Ça y est.
- Quoi ? - Mon genou !
Éclaté, hein ! En miettes, ce coup-ci !
- Écoutez, appuyez-vous là.
- Dites donc! Et puis le même, hein !
Décidément, vous avez une préférence.
Sous-titrage : VECTRACOM
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