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Musique pesante
Musique douce
La musique reprend.
-Vous voulez voir le spectacle ? -Non.
Musique entraînante
-Migo n'est pas là. Que fait-elle ?
-Je ne sais pas. -Tu ne l'as pas revue ?
-Pas depuis sa scène avec Rodrigue.
-Elle a peut-être trop de chagrin pour travailler.
-En tout cas, lui ne s'en fait pas.
Regarde-le un peu, avec la blonde.
-Permettez. Merci.
-Notre tango, c'était merveilleux.
-C'était surtout merveilleux pour moi. -Merci.
Tu nous as vus danser, monsieur et moi ? -Oui.
-Monsieur est basque aussi. -Quel plaisir.
-J'aurais voulu vous connaître là-bas. Vous voir en robe de plage,
cheveux au vent, debout sur le Rocher de la Vierge.
Avec monsieur, bien entendu.
-Je vous remercie d'avoir fait danser ma femme.
-Je vous remercie de ne pas savoir danser.
Messieurs, dames.
Bonsoir, patron. Bonsoir, Annette.
-Pas le moment de t'occuper des filles. -C'est toujours le moment.
-Depuis quelque temps, tu me portes sur les nerfs.
-Ah oui ? Pourquoi ? -Paraît que t'as de beaux yeux.
Je peux te demander à quoi ils servent ? -Je comprends pas trop.
-À part toi, qui prend ça pour un billet de 1000 ?
-Ici, Luciani… -M. Luciani, si tu veux bien.
Y a un chiffre de trop à droite, une feuille de moins au laurier.
-Sabatier est un bon graveur… -Ça ne m'intéresse pas.
Rapporte-lui son paquet. J'achète pas mes faux billets au pied humide.
-Bon.
-Rapporte-lui ce soir. -Pas ce soir…
-Tout de suite. -J'ai une cliente.
-Et alors ?
-C'est vrai. Elle m'a vu, elle reviendra.
Pardessus.
T'as une jolie robe. Nouvelle ? T'es bien jolie, ce soir !
-Vous m'imaginez cheveux au vent sur le Rocher de la Vierge ?
-Tu connais le truc ? -Ce serait malheureux.
-Je trouverai autre chose pour demain.
-Atout carreaux. Tu mets ?
-Avec toi, je suis pas gâté.
Je passe. -Moi aussi.
-On aurait dit des coups de revolver.
-Un pneu qui a éclaté. Je passe deux fois.
-Comment, vous passez ? Avec un jeu comme ça ?
-C'est vrai, arrêtez de pousser comme ça.
-Oh, là, là, là, oh… On ne va pas s'envoler !
-Allons, allons. Silence !
-C'est elle qui a tiré.
-Ah… C'est vous ?
-Je m'en fous ! -Arrêtez pas cette pauvre gosse !
-Et ceux-là ? -C'est les témoins.
-Dites-leur d'être corrects.
-Silence. Vous parlerez plus tard. Asseyez-vous sur le banc.
Non, pas vous.
Quel est votre nom ? -Migo. Comme ça se prononce.
-Ce n'est pas votre vrai nom. -Non, c'est celui de ma cheffe.
On me l'a laissé car je lui ressemblais. -Poétique. Et votre vrai nom ?
-Anne Loiseleur.
-Quel âge ? -J'ai 25 ans. C'est bien ça le pire !
-Je comprends pas.
-J'aurais été vieille, il aurait pas agi autrement.
-Ah, ah, nous y voilà ! L'amour…
-Naturellement, l'amour. Est-ce que j'ai l'air d'une gangster ?
-Dites donc, mais j'y pense : où est la victime ?
-Ça.… -Enfin, sur qui avez-vous tiré ?
-Sur moi.
-Parfait. !! n'y a pas de victime ?
-Ah si. -Si ? Vous n'êtes pas blessé.
-Y a une victime quand même. -Qui, bon Dieu ?
-Un monsieur, qui passait.
-Un monsieur qui passait ? -Je l'ai raté, lui.
-Vous avez tiré 2 coups et vous l'avez raté ?
-Vous n'allez pas lui reprocher ? -Bonsoir, M. l'inspecteur.
-Bonsoir. -Voulez-vous…
-Non, non, faites comme si je n'étais pas là.
-Où est cette victime ?
-Chez le pharmacien. Il viendra une fois pansé.
-Quelle est votre profession ? -Je suis gir/. Danseuse.
-Où êtes-vous gir/”? -Au Froufrou, à deux pas d'ici.
Je joue la 8e cocotte, Blanche de Castille,
Le Bégonia, et Le Traité de Campo-Formio.
-Lä n'est pas la question. Racontez-nous le drame.
-Il faut que je raconte ? -Je regrette, oui.
-J'étais si bien, j'oubliais.
-J'ai besoin de votre mémoire. Pourquoi avez-vous fait ça ?
-Il ne m'aimait plus. -Qu'en sais-tu ?
-Tu ne m'as pas trompée avec la brune ? -C'est une cliente.
Je vous explique, M. le commissaire. Je suis danseur mondain.
-Qu'entendez-vous par mondain ?
-Je danse pour gagner ma vie.
-Ne nous égarons pas.
Et alors ?
-Alors, j'ai voulu le tuer, voilà.
C'était idiot. Tout ce que je fais est idiot.
J'étais tellement malheureuse.
Et je me suis dit qu'il serait heureux, pas à cause de moi.
Voulez-vous, j'ai pas pu.
Je l'ai attendu une heure dans le brouillard et j'ai tiré.
-Et voilà.
-Pourquoi n'écrivez-vous pas ? -Pardon. C'est si intéressant.
-Monsieur ?
Je peux me mettre près du poêle ? -On crève de froid.
-D'où sortez-vous ?
-On nous a dit de nous taire. -Mais mon avis, je le donnerai.
-On vous le demande.
-Je trouve qu'elle a bien fait. J'en aurais fait autant.
Moi, je ne l'aurais pas manqué, quitte à tuer la moitié du quartier.
-Bien, Francine. -Allez vous asseoir.
-Quitte à finir à Saint-Lazare. -Bah bravo, t'es gentille.
-Les 6 balles, je lui aurais envoyé.
-C'est entendu mais taisez-vous et allez vous asseoir.
-Ça ne va pas se passer comme ça. On va en entendre parler.
-Qui êtes-vous ? -Bah je…
-Oh, vous êtes la victime ? -Victime, ça ne suffit pas.
-Avancez une chaise à monsieur. -Non, ne me laissez rien sous la main.
-Je comprends votre indignation. -Personne ne peut la comprendre.
Il est rare d'être mitraillé dans la rue par des inconnus.
-C'est ce que je disais. -Je m'en fous.
Mais que va-t-on faire de mes assassins ?
-Calmez-vous, mon ami. -Je ne suis l'ami de personne.
Qui a fait ça ? Qui a fait ça ?
C'est vous, je parie ?
-Non. C'est le comble. -C'est moi, monsieur.
Je vous demande bien pardon. -Comment, cette petite, là ?
-Elle a avoué.
-Oh, là, là ! Dans le dos. Oui, elle m'a tiré dans le dos.
-Je l'ai pas fait exprès. -Mais pourquoi justement sur moi ?
-Vous croyez qu'elle a tiré sur vous ? -Comment si je crois ?
Elle a tiré sur moi. -Ce n'est pas sur vous qu'elle a tiré.
-Mais sur qui, alors ? Sur qui ?
Sur monsieur, peut-être ? -Justement.
-Voilà.
-Je ne recevrai pas de coups de revolver pour qu'on se foute de ma gueule.
-Elle a manqué, elle vous a touché, voilà tout.
-Voilà tout. Voilà tout…
Quand on ne sait pas, on reste chez soi. -J'aurais bien dû.
-Ou on s'exerce. -Dites, ça suffit.
-Remarquez qu'elle nous avait ratés tous les deux. Mais elle a remis ça.
-Asseyez-vous. Vous avez une vitalité.
-Non, le docteur me l'a interdit. -Car la balle a ricoché ?
-Je me suis foulé la cheville. Elle pourrait s'ankyloser.
-Quand on vous tire dans le bras, vous tombez, vous ?
-La prochaine fois, je suivrai les règles.
-Voulez-vous faire votre déposition ?
-Ma déposition ? Non, là, je suis fou de rage.
Mais je n'accepte pas votre version du drame d'amour. Ça, non.
Je vous avais mal regardé.
On n'a pas des drames d'amour, avec cette tête.
-Je regrette, mais c'est comme ça.
-C'est comme si j'avais des drames d'amour.
-Oh, dites, ça suffit ! -Ça m'énerve. Silence.
-Qu'est-ce qu'il a ? -Silence !
-M. le commissaire, l'amour n'a rien à voir là-dedans.
-Vous êtes méchant pour moi.
Si c'est pas l'amour, qu'est-ce que c'est ?
-Cette petite, dans son état, elle ne pouvait qu'essayer de me tuer.
Ou essayer de se tuer.
-Laisse, Rodrigue. Laisse. -Elle m'a choisi. Elle a bien fait.
-Bon. Voyons…
-Je la connais. Elle a beau être maladroite, elle se serait pas ratée.
-S'il y avait eu quelqu'un à 100 m. -Vous, ça suffit !
-Je ne parle pas à un monsieur
incapable de recevoir les balles qui lui sont destinées.
-Messieurs ! -Mais enfin, c'est vrai.
-Messieurs, voyons. Où avez-vous trouvé votre arme ?
-Dans sa poche,
pendant qu'il dormait.
-Port d'arme prohibé. Nous verrons ça.
-Elle va me rajouter une contravention.
-Comment avez-vous dit que vous vous appeliez ?
-Rodrigue. -Rodrigue comment ?
-Rodrigue Goutari.
-Joli nom. Permettez ?
Allô, la Sûreté ?
Ici inspecteur principal Renault.
Voyez s'il n'y a rien sur Rodrigue Goutari.
Oui, oui, c'est bien ça. Rodrigue Goutari.
Qui.
J'attends.
Allô ?
Bon.
Très bien, parfait.
-Y a rien contre moi, vous voyez bien ?
-Vous pouvez continuer, commissaire.
-Alors je pars. -Non, puisque vous portez plainte.
-Où l'ont-ils emmené ? -Au commissariat.
-Merci.
Où est l'assassin ? -Laissez-la.
On a la victime, c'est mieux. -Bougez pas.
-Ne laissez pas cette petite en prison. Ça vous empêchera de dormir.
Retirez votre plainte. -Je verrai.
-Inutile d'insister. Monsieur veut se venger de son écorchure.
-Mon écorchure…
-Je conseillerai à Migo le poison, la prochaine fois.
-Pour éviter les mufles. -Le mufle, c'est moi ?
-Venez, monsieur. Laissez travailler la presse.
-On va pas rester ici toute la nuit.
-Laissez-moi une seconde.
-Viens, Rodrigue. -J'ai deux mots à lui dire.
-Merci.
-Vous aimez vous servir du magnésium ? Moi, non. Ça manque de moelleux.
-Vous êtes photographe ?
-On s'en fout. Venez.
-Et mon article ? -Les flics vous raconteront.
Venez. Je vais vous raccompagner.
Quel plaisir, une fois condamnée ? -Aucun.
-Alors laissez-la.
-C'est ça. J'ai reçu la balle, mon travail est terminé.
-Là, vous avez l'air d'une brute.
-La prochaine fois qu'on me tirera dessus, je paierai l'apéritif.
-N'exagérons rien. Votre bras, c'est pas grand-chose.
-Il me reste l'autre.
-Quant à la cheville, c'est fini. -C'est rien, ça.
-3 mois maximum. -C'est quoi, 3 mois ?
-Oui. Surtout qu'on peut vous dédommager.
-Je ne comprends pas. -Ça va être plus cher, alors.
-Ah oui ? -Oui. Hmm.….
Je pourrais vous donner 2 ou 3 billets de 1000.
-C'est à moi que vous osez faire une proposition pareille ?
Heureusement qu'elle m'a mis hors de combat.
-Vous cherchez quoi ? -Une cigarette.
-Mais non, ne vous inquiétez pas. Je vous en donne une des miennes.
-Vous avez du feu ? -Oui, j'ai du feu.
Toujours du feu.
-C'est fort, ce coup de l'allumette. -Ça amuse les femmes.
-Vous devez bien connaître les femmes, pour qu'elles vous tirent dessus.
Et surtout pour qu'elles vous manquent.
-Tu me plais, toi. -Vous… Toi.…. Vous aussi.
-Comment tu t'appelles ? -Pétrus.
On me fait toujours répéter 2 fois.
Oui, Pétrus. Pétrus Kazanian.
-Kazanian… Tiens. Pauvre vieux.
-Eh oui, moi, les femmes, je ne les comprends pas.
-Elles font tout ce qui faut pour ça.
Même avec des types comme toi, leur force, c'est leur mystère.
Elles mentent pour qu'on ne les comprenne pas.
Musique entraînante
-La petite qui vous a tiré dessus, on dirait une enfant.
-Oh... Leur grande habileté consiste à nous faire croire qu'elles en sont.
-Vous en savez, des choses, vous.
-En tout cas, c'est fini. Faut pas porter plainte contre Migo.
-Oh, ça.…
-Mais non. Elle est loyale, honnête. Une fille épatante.
Dans cette histoire, elle a eu une classe extraordinaire.
Même cette maladresse, je trouve ça charmant.
-Ça, c'est charmant ? -Oui.
Elle est jolie en plus, ce qui ne gâte rien.
-C'est vrai pourtant qu'elle est jolie.
-Quand je pense que c'est à cause de moi qu'elle en est là.
-Vous auriez dû vous occuper plus d'elle avant.
-Oh Remarquez, je veux bien qu'elle ait de la peine,
mais je veux pas qu'elle ait d'ennuis. -Ah, ça…
Qu'est-ce que vous faites, là ? -Pardon ? Oh !
-C'est ma poche. -Non, non, c'est…
-Nous arrivons.
-T'habites ici ? -Dans mon atelier. Bonsoir.
-Si je rentrais, je pourrais t'aider à te déshabiller.
-Non, merci, je me débrouillerai.
-Oh ! Y a une petite-amie là-dedans.
-Une petite-amie ? Mais regardez-moi.
-C'est vrai. T'aurais plutôt la beauté du cœur.
Tu veux pas que je te fasse engager comme photographe au Froufrou ?
-Non, merci. Moi j'ai ma clientèle. Je n'aimerais pas travailler là-bas.
-T'as tort, c'est la belle vie. Du champagne toute la nuit…
-Moi, ça me fait mal à l'estomac.
-Et à 23 h, t'as un spectacle. Formidable.
-Oui mais voilà, moi, à 22h15, je dors.
-Tu connaitrais des belles filles.
-Je n'intéresse pas les belles filles. Merci mais je suis crevé.
Bonne nuit. -Bonne nuit.
Bonne nuit.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Aïe !
Oh !
Le salaud !
-Reste ici ce soir, Francine. -Je ne peux pas, Luciani m'attend.
-Mais c'est tellement lugubre, ce lit vide.
-Je sais bien, oui. N'y pense pas trop.
-Pauvre Migo. Elle doit passer une nuit terrible, seule dans cette prison.
Elle qui a si peur des rats.
-Qu'elle s'imagine qu'elle est en tournée.
-Je vais te dire une chose qui va t'épater.
Je l'envie. -Ah oui ?
-On considère notre vie… Le manque d'intérêt, le vide de ça…
Je trouve qu'au fond,
elle a de la chance.
-Ma vie n'est pas vide. C'est peut-être dommage, d'ailleurs.
-Quelle idée a-t-elle eu d'aimer un type comme ça ?
-Oui, quelle idée ! -Elle était pas de taille.
-Toi, tu te sens de taille.
-Qu'est-ce que tu dis ?
-Il va t'arriver la même chose qu'à Migo.
-À moi ? Pourquoi ? -Rodrigue n'est pas un type pour toi.
-Ah, vraiment ?
-Tu es trop claire, trop gentille.
Trop simple, aussi.
Je sais comment devrait être la fille qui pourra le garder.
-Comme toi,
par exemple.
-Oh, moi, ma vie est faite.
-Bonsoir, ma chérie. -Bonsoir, mon chéri.
-Ça, c'est pour ta grand-mère. -Oh, pardon.
-Tu ne trouves pas que tu changes ?
-Moi ? -Oui, toi.
-Vraiment, non. -Tu n'es plus naturelle avec moi.
Ça ne veut pas dire que tu es devenue naturelle avec un autre.
-Il manquerait plus que ça. -Ça ne me plaît pas.
-Non. -Non ?
Il va falloir aviser. -Ou alors ?
-Ou les ennuis vont commencer, pour toi.
Et peut-être pour d'autres.
-Comme ceux de Lolette, sans doute.
-Oui, comme ceux de Lolette.
Un soir, elle m'a embrassé comme toi tout à l'heure.
Elle a eu tort.
J'ai cherché ce qu'elle faisait les jours où je ne la voyais pas.
Vois-tu, on est toujours puni quand on agit mal.
Elle s'est fait écraser bêtement, un jour qu'elle allait le rejoindre.
Par mon chauffeur. Crois-tu que la vie est drôle ?
-Oui, elle est très drôle.
-Je n'aimais pas Lolette autant que toi.
-Tu es probablement quelqu'un d'assez terrible.
Mais quand une femme ne vous aime plus, ça ne sert plus à rien de l'être.
Elle s'en fout.
Je m'empresse de te dire que ce n'est pas mon cas.
Musique douce
-"Au 1er coup de revolver, M. Pétrus Kazanian
"avait fait un brusque saut qui lui sauva la vie."
Ernest, plus mince. -Oui, madame.
-"Elle tira une 2nde fois. M. Kazanian s'écroulait."
-Dis donc, maman !
-"Aux dernières nouvelles, son état est satisfaisant. On ignore encore
"s'il maintiendra sa plainte contre son amante délaissée."
Bonjour, M. Pétrus.
-Bonjour, Mme Portal. Voici vos photos.
-Merci. Vous savez que tout Montmartre ne parle que de vous ?
-Ah oui ?
-Elle vous a tiré deux balles ? -Mais j'en ai reçu qu'une.
-C'est bien tout de même. -Surtout une danseuse.
-Ça, ça m'a fait plaisir.
-C'est 300 F, n'est-ce pas ?
Elle vous adorait, cette petite ? -Mais pas du tout.
Merci, c'est ça.
-Grand sans cœur, vous l'aviez quitté ?
-Je n'y suis pour rien.
-Vous avez reçu cette balle par hasard ? -Justement.
-Il est modeste, avec ça. Qu'est-ce que vous allez faire ?
Vous maintenez votre plainte ? -Je…
-Vous n'allez pas porter plainte ? -Je…
-Elle vous adore, c'est certain. -N'insiste pas.
Après tout, c'est votre affaire.
-Mais oui.
Bonjour, mesdames.
-Tu sais, maman, je ne l'avais jamais bien regardé,
mais je la comprends, cette fille. Il a du sex appeal.
Musique douce
… u =m
-Oh… Si Rodrigue me voyait avec une tête pareille.
-Il dirait que vous êtes très jolie.
-Oh non.
Il pense que vous êtes une chic gosse.
-Qu'est-ce qui vous fait croire ça ? -Il me l'a dit hier soir.
-Il a pas dit autre chose ?
-Si. Il m'a dit : "Migo, c'est une fille gentille, honnête, loyale.
“Et dans cette histoire, elle a eu beaucoup de classe.”
-Il a dit ça ? -Il a dit ça et il le pense.
Parce qu'au fond, même votre maladresse, c'était charmant.
-Vous croyez ?
Je vous remercie d'avoir retiré votre plainte.
-Vous savez, entre artistes… -Ah oui, vous aussi ?
-Oui, je suis photographe.
-Photographe ? C'est un beau métier.
-Y en a qui rendent les gens heureux. -Vraiment ?
-Les malheureux ne vont pas garder une photo avec la tête qu'ils ont.
Moi, je vends des preuves de bonheur.
-Ce doit être bien agréable.
-Je suis marchand de bons souvenirs.
-Vous avez l'air très gentil. -J'ai eu tort de me fâcher cette nuit.
Grâce à vous, ma vie est devenue intéressante.
-Je vois pas pourquoi. -Avant, j'étais quelconque.
Là, je suis le monsieur qui a reçu les coups de revolver.
-C'est intéressant ?
-Bravo, M. Pétrus. À la bonne heure. On s'en foutait dans le quartier.
-Bonjour, Mme Brissot.
-Vous vous êtes vu ? -Oui.
-Je vous en mets une vingtaine de côté.
-C'est beaucoup. -Pour vos amis en province.
-Oui.
-Si votre danseuse me voyait avec vous, je serais pas tranquille.
-Mais si. -On dit ça et puis le sang coule.
-Oh ! Ça alors !
-Au revoir, M. Pétrus. -Vous avez vu ?
-Oui. Venez.
Tous les journaux racontent que je vous aime.
-Vous avez dit : "S'il n'est pas à moi, il ne sera à personne.”
-C'est excessivement désagréable. -Je suis tellement impossible ?
-Impossible n'est pas le mot.
-Mais de là à me tirer dessus, n'est-ce pas…
Vous êtes danseuse ? -Oui. C'est-à-dire non.
Je ne suis que la 8e gir/. -La 8e ? Bah c'est bien, ça.
-J'aurais pu réussir mais je suis trop bête, il paraît.
-C'est comme moi, alors.
-Les Anglaises du Froufrou m'appellent la gourde.
-Si vous saviez comment on m'appelait, au régiment.
-Ça a l'air de vous plaire que nous soyons bêtes.
-Mais oui, qu'est-ce que vous voulez, ça… nous rapproche.
-Voilà, nous sommes arrivés.
-C'est ici que vous habitez ? -Là, tout en haut.
Au revoir, monsieur. -Déjà ?
-Je voudrais essayer de dormir.
-Pardon, je suis une brute. J'espère que vous n'êtes plus malheureuse.
-Vous avez une drôle d'idée de l'amour.
Vous vous dites : il n'y a qu'à blesser un inconnu et le chagrin s'envole.
-Évidemment, ce serait trop simple.
-C'est terrible, l'amour. -J'ai entendu dire, oui.
-Le pire, c'est de ne pas comprendre.
C'est de se répéter tout le temps. Pourtant, je n'ai pas changé.
Moi, je n'ai pas cessé de l'adorer. J'aurais continué 10, 20 ans.
Alors quel jour… pourquoi ne m'a-t-il plus aimée ?
Qu'est-ce que j'ai dit ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
C'est épouvantable.
Vous verrez. -Vous croyez ?
-Oui car vous êtes un bon garçon et en amour, ça ne pardonne pas.
-Ça ne pardonne pas ?
-Remarquez que Rodrigue n'est pas méchant. C'est un enfant.
-La grande habileté des hommes, c'est de faire croire qu'ils sont des enfants.
-Quittons-nous avant que vous ne disiez du mal de lui.
-Pardon, mademoiselle. -Bonjour, Émile.
-Au revoir.
-Je devrais vous dire quelque chose de gentil, m'excuser pour…
-Pour ça ? Ça n'a pas d'importance. A votre service.
-Pardon ? -Enfin, je veux dire…
Qu'est-ce que c'est, ça, à côté de votre chagrin ?
On a mal comme on peut. Faut croire que je ne mérite pas autre chose.
-Nous ne nous reverrons
probablement plus jamais. -Oh que si.
-Quelle idée ! -Je ne vous connaissais pas hier.
Je n'avais aucune chance de vous rencontrer.
Je ne prends jamais la rue Pigalle pour rentrer.
J'ai dû me tromper de chemin pour passer devant le Froufrou.
Au moment où vous aviez besoin de moi. Le destin m'a placé sur votre route.
Musique douce
-Ça n'a pas très bien commencé. La suite
pourrait être pire. -Je suis prêt.
-Oh, là, là… Tôt ce matin, peut-être.
Ce soir, vous penserez à autre chose. -Non.
-Ce soir, vous m'aurez
complètement oubliée. -Ne l'espérez pas. Mon bras me fait mal.
-Bonsoir, Julien. -Bonsoir, Mllle Rolande.
-Bonsoir, Maggie. Bonsoir. -Bonsoir.
-Migo, mon chou, je t'apporte tes chaussures.
-Je te rembourserai plus tard, Rolande. Tu penses, les histoires d'argent…
-Bien entendu.
-Ne te désole pas, Migo.
Luciani m'a promis qu'il ne te renverrait pas.
-J'ai d'autres soucis, tu penses. En ce moment…
-Allez, la puce, laisse les grands.
-Tu vas essayer de travailler ce soir ?
-Je ferai un effort. Ça m'empêchera de penser.
-Migo, je t'ai repassé ta robe.
-Merci, ma petite Christiane, parce que… j'ai vraiment pas le cœur à repasser.
-Qui m'a fauché mon pull-over ? Toi ?
-Que veux-tu que j'en fasse ? J'ai mes affaires.
-Qui m'a fauché mon pull-over ? -C'est moi, pardon.
J'ai tout le temps froid. -Moi aussi, imagine-toi.
-Quelle brute, cette fille ! -Sauvage, va.
-Oh, ça va, garde-le. -Non, merci. J'ai chaud, maintenant.
-On voit qu'elle n'a jamais souffert.
Maman a fait des beignets. Il y en a 4. Tu les veux ?
-Tu es folle ! Dans l'état où elle est !
-Oh si, tout de même, des beignets. Ça m'occupera.
-Hello ! Bonsoir, tout le monde.
-Qu'est-ce que tu as fabriqué, Liliane ? -Rien, pourquoi ?
-Dents rouges. Tu devrais faire un raccord.
-Ah oui ? Prête-moi ta glace, Maggie.
Ce rouge bave tout le temps.
-J'ai promis à Francine de ne pas donner suite.
Mais je ne veux pas de ce genre de publicité pour mon établissement.
Votre vie privée ne me regarde pas.
Réglez vos affaires de cœur dans un autre quartier.
Compris ? -Elles ne sont pas sourdes.
-La 1re qui se vengera autrement que par du dédain ira danser ailleurs.
-Tu vois ce que je t'avais dit. -Tu es chic.
Oh.….
-Salut. -Bonsoir, monsieur.
Whisky-citron, comme d'habitude. -Comme d'habitude, oui.
-Vous n'avez pas peur du danger, mais un homme averti en vaut deux.
-Que veux-tu dire ?
-Demandez à cette dame de changer de rouge à lèvres.
-Oh oui, oh…
Merci.
Correct ? -Correct.
-Parfait.
-Vous avez vu ? -C'est révoltant.
-Il te devait une visite de politesse. -Pas un mot, pas un geste.
Après ce que j'ai fait pour lui. -C'est peut-être à cause de ça.
-On dirait que je lui fais peur. -Bah dis !
-Compte, hein.
Hé, dis. Oh, oh, oh…
-Je vous cherchais, vous. -Te voilà, toi. Comment ça va ?
-C'est quoi cet argent que vous avez glissé dans ma poche ?
-J'allais pas le mettre dans ton soulier.
-Ne cherchez pas à être drôle. Je n'en veux pas.
-Mais il est bon… -Je le sais. Naturellement.
Il ne manquerait plus que ça. Je ne suis pas de ceux qu'on achète.
-Pour te faire plaisir. Prends un verre. -Je prends rien du tout.
J'ai retiré ma plainte gratuitement.
Pour prouver à cette petite qu'on ne tire pas toujours
sur celui qui en vaut la peine.
-Bravo. Très bien, ça.
-Cette idée de me donner 25000 F à moi. -Oh oui…
-Oui, vous. Vous, on voit bien que l'argent ne vous coûte pas cher.
-Quoi ? Pas cher ?
-Bah… 25000 francs de valse, c'est facile à gagner.
-Tu n'en veux pas ? Eh bah prouve-le. -Non. Je le prouve.
Hé, là. Hé…. Laissez-moi compter, d'abord.
-J'ai confiance en toi. -Mais vous ne me connaissez pas.
-Tu y tiens ? -J'y tiens.
-Vas-y. Grouille-toi.
Bon, ça va.
-Bonjour, Antoine. Donnez-moi un vermouth.
-Laisse, je te dis. De quoi je vais avoir l'air ?
-Ça suffit. -Je veux pas de ton argent !
Surtout après ce que Migo a dit de toi.
-Elle a dit quoi ? -C'est extraordinaire.
Que tu es un être adorable, tu as une personnalité sensationnelle,
tu es un très grand photographe. -C'est vrai ?
-Elle aime surtout ta gentillesse.
Au commissariat, tu as eu une attitude d'une classe…
-C'est-à-dire… -Ah si, ah si.
Le gars qui ne se plaint pas de ses blessures, ça l'a émue !
Tu peux pas savoir. Elle voudrait que ton bras guérisse.
Elle voudrait pas qu'un type charmant souffre à cause d'elle.
Elle n'a qu'une pensée, c'est de te revoir.
-Me revoir ? -Eh oui.
-Vous vous rendez compte ?
-Il ne faut pas qu'on croie que tu as été payé pour retirer ta plainte.
-Ça serait du joli. -Ce serait vilain.
-Vous m'avez fait tromper, il faut que je recommence.
-Pourquoi ? Mais non… -Voyons. Migo !
-Les billets, tu t'en es débarrassé ?
-Débarrassé ? Tu parles !
C'est lui qui les a dans sa poche. -Quoi ?
-Combien vos orchidées ? -300 francs.
-Pff ! Ça fait rien, je les prends. Je reviens tout de suite.
Et voilà. -Eh bah, c'est pas trop tôt !
Et pourquoi il les porte pas lui-même ? -Lui-même ?
-Ah, discrétion… C'est tout Rodrigue, ça !
-Tout Rodrigue, oui. -Elles sont belles, n'est-ce pas ?
Elles me rendent bien heureuses.
Merci, Pétrus. -Pas de quoi.
-Tout à l'heure, quand Rodrigue est arrivé, sans un mot, sans un regard,
j'étais folle !
Je me suis dit : il va danser, rire avec d'autres.
Moi, je n'existe plus pour lui.
Il n'aura même pas un joli geste.
-Vous voyez comme on se trompe.
-On l'adore. Y en a pas 2 comme lui. -Y en a pas 2.
-Il est unique.
Cette façon de craquer son allumette. -Ça, c'est formidable.
Je voudrais pouvoir le… le réussir.
-Quand je pense que si j'avais pas eu la chance de vous toucher,
Il pourrait plus faire ce geste.
-Ce serait terrible. -Quelle grâce il a ! Quelle légèreté !
Il danse comme un nuage. -Comme un nuage.
Pour l'allu… -Et quel grand seigneur !
Il distribue son argent à tort et à travers.
-Ça, à qui le dites-vous.
-Je vois bien tous ses défauts mais… c'est toute ma vie.
-Migo, tu te remues ? -Tu vas être en retard.
-J'arrive.
Merci encore. Je vous revaudrai ça.
-Ça me semble difficile. Le principal, c'est que vous soyez heureuse.
-Si tu avais détruit ces billets comme je te l'avais ordonné…
Comme je te l'avais ordonné. -Oui.
-Un travail mal fait ne se trimballerait pas dans la poche de cet imbécile.
Ces billets-là, c'est de la dynamite !
-C'est un imbécile sur mesure. Je les aurai dans 5 mn.
-Je l'espère. -J'y vais.
-Pas de scandale. J'ai l'œil.
-Un. Deux. Et trois.
-Comment, 300 ? -C'est ce que vous m'avez demandé.
-10 orchidées à 300, ça fait 3000. -Comment ?
-3000. -3000 ?
-Qu'y a-t-il, Pétrus ? Tu as des ennuis financiers ?
-Plutôt, oui. -Ah oui ?
-Mais pas du tout. Au contraire.
Vous m'avez dit 3000 ? Voilà, merci.
-Te gêne pas. Fais des cadeaux avec mon argent.
-Vous me l'avez donné. -Tu voulais me le rendre.
-J'ai réfléchi, je le garde. -Quoi ?
-Parce que tout à coup il m'est venu une idée. Mais alors une idée…
À tout à l'heure.
-Ce photographe…
-Doucement. Pas de scandale. -Et les billets ?
-Tu les reprendras plus tard. -C'est pas une mauvaise idée.
Chez lui, on sera tranquille.
-Bravo. Surveille-le, qu'il en dépense pas trop.
-Il a envoyé des fleurs à Migo avec mon argent.
-Récupère ça. Mise en circulation de faux billets, c'est dans les 20 ans.
Compris ?
Alors ces billets, hein. Vite.
-Hé, Annette ?
-Vous, vous êtes très fort. Vous faites payer vos fleurs par les clients ?
-Non, j'ai une proposition à te faire.
-Parlez-en à ma mère. -Ne fais pas l'idiote.
Les billets que le copain t'a donnés, je te les rachète.
-Quoi ? -Oui.
Je suis joueur. Alors je suis superstitieux.
Ces billets-là, j'y tiens. Tu comprends ?
-Je veux bien essayer de comprendre. -Je te les rachète 4000.
-À ce prix-là, je comprendrai n'importe quoi.
-Voilà.
Merci, mon petit.
Musique douce
-Écoutez-moi un peu.
-Monsieur. -Qu'avez-vous comme bon champagne ?
Mais du bon.
-C'est bon.
-Apportez une bouteille de Veuve Clicquot 37 à Mlle Migo.
-Bon. -De la part de M. Rodrigue.
-Tu peux m'expliquer ce que tout ça signifie ?
-Très volontiers, asseyez-vous. -Oui.
-J'ai décidé de faire le bonheur de Migo
et le vôtre par la même occasion. -Allons bon.
Musique douce
J'ai compris votre caractère.
Tête brûlée, grand seigneur, et tout.
Ces 25000 francs, c'est tout ce que vous possédez.
-Ma foi, oui. -Et vous les jetez par les fenêtres.
Il ne serait pas prudent de vous les laisser.
Alors… Pardon. Ça ne fait rien. -Je vais compter.
-3000 francs, pour votre semaine. Avec ça, vous paierez le champagne.
Si vous avez un petit cadeau à faire à Migo,
prévenez-moi et je paierai le supplément.
-T'es bien bon. C'est pas tout ça. -Je n'ai pas de conseils à vous donner,
mais vous devriez aussi me confier vos pourboires.
-Et de l'argent de ma mère, aussi ?
-Silence, voyons !
-C'est vrai, elle a raison. Mais taisez-vous !
Laissez-moi regarder le spectacle !
Musique entraînante
Vous voyez comme c'est facile de la rendre heureuse.
-Toi, le photographe, tu me plais. Tu veux travailler ici ?
-Je veux bien.
-Quand peux-tu commencer ? -Tout de suite.
-OK. Allez, viens boire un verre.
-Il m'a couru après et alors…
il m'a racheté 4000 F les 3 billets que M. Pétrus m'avait donnés.
-Tiens. -Ça m'a paru intéressant.
-Très. -Et maintenant, je dois faire quoi ?
-Surveillez le photographe. Et Rodrigue. Et remettez-moi tous les billets.
-Je n'aurai pas d'embêtements ? -Promis.
-Attention, maman.
-Y a des clients qui te demandent. -J'y vais.
Musique entraînante
… u =m
-Une petite photo ?
Quand on est heureux, il faut en garder la preuve. Dans 1 sec, vous l'aurez.
-Tu veux bien ? -Non.
-Replacez-vous à côté de madame.
Très près, n'est-ce pas.
Pardon.
La minute de charme, le quart d'heure du rêve.
Souriez.
… u =m
-T'es folle, voyons ! Ça va être à toi.
-Mon chéri, je serai chez toi vers 3 h, comme d'habitude.
-Et Luciani ? -ll fait ses comptes, ce soir.
-Il fait ses comptes ? Alors voilà la clé.
Non, voyons. S'il nous voyait ? -Je m'en fous. Je t'aime.
-J'espère que tu m'aimes vivant. Moi, je m'aime comme ça.
-Attention, souriez ! Là.
Merci.
Bonjour.
Comment ça va ? -Pas très bien, merci.
T'as une minute ? -Qu'est-ce qui t'amène ?
-Je voudrais offrir un cadeau à Migo.
-Ça, ça va lui faire plaisir.
-J'ai trouvé un poudrier. -Bonne idée.
-Ça lui fera plaisir. 4000 F, ça va ?
-En quoi est-il ? En radium ?
-Les cadeaux, c'est une idée de toi. Donne le fric, vite. Ça va être fermé.
-Je suis à toi dans un instant. -Oui. Pétrus, écoute-moi.
Si jamais… -On est prêts.
Rodrigue. -Tu as des clients ? J'ignorais.
-Mon fiancé, Robert Lespinas.
-Bonjour. -Enchanté.
-Pardon. Asseyez-vous là.
Ici. Là. Parfait.
-Qu'est-ce que vous me conseillez ? -Le casque, naturellement.
Ça sera gentil, ça.
Rolande, je vais te dire une chose : ce qui fait la force des femmes,
c'est leur mystère. Et toi, tu n'en as pas.
-Ce toupet ! -Mais non, mais non.
Tu aimes ton fiancé, ton fiancé t'aime…
Voilà ce que vous verrez sur la photographie.
Je vais photographier… l'amour.
-Grouillez-vous. Il fait une chaleur, sous vos lampes !
-Vous, je voudrais vous voir dans un incendie.
Prenez la pose.
Et souriez.
Très bien.
Ah non, non, ne faites pas ça.
Mais non.
Vous faites… Non. Faites un gentil petit sourire. Très bien.
Une petite pose.
Attention !
Ne bougeons plus.
Un peu plus tendres. Vous savez, le…
Oh, là. Oh Oh ! Très bien.
Très bien.
L'oiseau va sortir.
Merci. Parfait.
-Hmm. Y a pas de quoi.
-On les aura quand, ces photos ? -Demain matin.
-Ah, très bien.
Au revoir. -Au revoir.
-Au revoir.
-Pas toi, reste. Et l'argent ?
-Ah oui.
-Où ai-je mis cet argent ? Ça, alors…
Je le chercherai tout à l'heure. -Oui, bien sûr.
-Je te donne sur ma caisse personnelle. -Très bien. Bonne idée.
-Voilà. -Là.
-C'est mes billets ? -Hein ? Non, mes billets.
-Pourquoi me les as-tu repris ? -Ce sont mes billets.
-Je t'évitais des dépenses inutiles,
et tu rendrais Migo heureuse sans t'en apercevoir.
-Pauvre ingénu.
-Ça ne te faisait pas plaisir de voir cette figure toute rose de joie ?
-J'aime pas le rose. C'est fini entre moi et Migo.
Elle a le coup de revolver trop facile. -C'est pas toi qui le reçois.
-Il y a des gens que les coups et blessures attachent.
Toi, t'es de ceux-là. Moi, pas. Fini. Terminé, Migo et moi. Compris ?
-Tu ne vas pas lui dire ? -Ah, si. Et puis vite.
-Tu ne veux pas être gentil avec elle ? -Non, au contraire.
Je vais vite la dégouter de moi.
-Tu ne feras pas ça ? -Oh non, je me gênerai.
Au revoir.
-Minute ! Tu ne feras pas ça.
-Comment ?
-Tu ne feras pas ça et tu vas être très gentil avec Migo.
-T'es marrant, toi. Ou alors, t'es fou.
-Je suis peut-être fou, oui, mais tiens, regarde bien.
Regarde. Mais regarde donc !
Luciani paierait cher pour voir cette photo.
-Salaud…
-J'en ai encore des centaines comme ça, sans compter le négatif.
-Tu voudrais montrer ça à Luciani ? -Malheureusement, oui.
Et lui, tu le connais.
Il ne te ratera pas.
-Bon…
Alors.… combien ?
-Bon, parlons sérieusement.
-Du chantage, maintenant. Bravo. Moi qui te prenais pour un brave type.
-En général. Mais je n'ai qu'un moyen pour rendre Migo heureuse.
Je suis décidé à l'employer.
-En somme, tu veux que j'aime Migo.
-Voilà ! -Voilà.
Mais on aime pas sur commande ! -Oh si. Une fille comme Migo, si.
-Elle verra que je mens. -Je ne crois pas.
Elle a tellement envie de te croire.
-Je suis un cadeau que tu veux lui faire.
-Oui. Oui. C'est pas un beau cadeau, mais elle y tient, alors…
-Un beau cadeau… Et si je refusais ?
-Photo !
-Parfait. Toi, tu fais des progrès.
-Si j'en fais, c'est bien malgré moi.
Je ne comprends pas. Migo, jolie comme elle est,
il me semble qu'on peut l'aimer.
-Continue, continue. -Oh bah j'ai tout dit.
Migo est jolie, et charmante. -Oui, je commence à comprendre.
-Quand elle est malheureuse, elle ne veut plus rien dire.
-Mais bien sûr.
Je commençais à m'en douter mais… ça y est, tu l'aimes, Migo !
-Pas du tout. Ce que je disais est tout à fait désintéressé.
-Penses-tu. Je vais te mettre ça au point.
-Dis pas de bêtises. -Dans 3 semaines. Un mois maximum.
-Migo se moque de moi. -Pour l'instant.
-Elle n'aime et n'aimera que toi.
Je lui ai parlé. Je sais ce qu'elle pense.
-Comme elles pensent pas toujours ce qu'elles disent. Tente ta chance.
-Mais non, tu es toute sa vie. -Et si j'étais mort ?
-Ah oui, forcément. Je n'ose pas te proposer un tel arrangement.
-Veux-tu me dire ce que j'ai fait, moi, pour mériter un tel amour ?
-Ah oui. Je me le demande, oui.
-Tant pis pour toi. Je te préviens.
Si nous commençons un grand amour, ce sera pas drôle pour toi.
-Après ?
-Pétrus ? On peut entrer ?
-Je vais être si gentil avec elle que t'en pleureras.
-Tu es là, toi ? -Bonjour.
-Bonjour, mon amour.
-Bonjour, Migo. -Tu vas bien, ma chérie ?
-Très bien, merci.
Bonjour, toi.
-Bonjour.
-Ça va ? T'es content comme ça ?
-Rodrigue, mon chéri, je suis encore plus heureuse qu'avant.
-Tant mieux.
-Je ne t'avais pas. Je ne t'avais pas perdu.
-Bien sûr.
-Je t'avais pas détesté. J'avais pas voulu te tuer.
-Vous ne le connaissiez pas. -Je ne te quitterai plus.
-Je vais vous quitter. -Pas encore.
-J'ai un RDV. -Y a longtemps que tu as vu Luciani ?
-Tu veux pas le laisser parler ? -Oui, tout de même.
Bah, je vais rester. Pour toi, mon trésor.
Que va-t-on faire ?
-Pétrus, si tu nous photographiait ? Tu veux bien, chéri ?
-Oui. Oui, oui, mon bijou adoré.
-Eh bien alors, venez prendre la pose.
La photo est pour vous, je vais la faire bien.
-Non, je voudrais lui en donner une. C'est moi qui dois être jolie.
-Prenez la pose, voulez-vous.
-Si je la tiens comme ça, ça ne te dérange pas ?
-Pas du tout, non.
Je te blottis contre moi.
On sent bien que je t'aime. N'est-ce pas, Pétrus ?
-Oui. -Vous faites un peu trop carte postale.
-Ah oui ? N'est-ce pas ?
Alors t'es contente, oui ? -Merveilleusement.
-Alors,
t'es prêt, oui ? -Dans un instant.
-Ça me fait plaisir de voir ton beau visage rose de joie.
Bah rigole.
Tu sais que quand tu es malheureuse, tu ne veux plus rien dire.
-Qu'est-ce que t'attends ? Qu'as-tu à nous regarder
comme ça ? -Euh, rien.
-Tu nous vois bien ?
-Je vous observe.
-Ne fais pas attention.
Depuis aujourd'hui, Pétrus est notre ange gardien.
-Prêts ? -Oui, oui. Une seconde.
-Merci. Parfait.
Musique douce
Musique intrigante
Bonjour. -Bonjour.
-Qu'est-ce tu fais, là ? -J'attends, naturellement.
J'attends M. Rodrigue.
-Je peux rentrer m'asseoir 1 mn ? -Si tu veux.
-J'arrive.
-Sucettes, chocolats glacés ? -Non, merci.
-Crois-tu, quel hasard ! Garçon, donnez-moi un vermouth.
Je passais, j'étais à mille lieues de penser à toi.
Et te voilà. -Oui.
-C'est curieux, hein ? -C'est curieux.
Je me demande ce qu'il fabrique.
-Il va venir, il a dû avoir une panne de métro.
-Il avait dit 4 h. Y a pas de panne aussi longue.
-Oh, oh, pas sûr. Le métro de Paris, c'est le retard garanti.
C'était une plaisanterie. Ça ne fait rien.
-Oh non, ça ne fait rien. -Non, ça ne fait rien.
Y a du monde, ce soir, hein ?
-Voilà, monsieur. -Merci.
Même le garçon est là.
Le garçon…
Ça ne fait rien. Ça ne fait absolument rien.
Musique douce
Tu ne veux pas un chocolat glacé ? -Non, merci.
-Tu sais faire les cocottes en papier ?
-Non.
-Dommage.
C'est vraiment formidable. -Tu sais, toi ?
-Moi j'ai appris ça à l'école.
C'est d'ailleurs tout ce que j'ai appris.
… u =m
-C'est rudement difficile.
-Pas pour moi. Je suis un spécialiste du genre.
J'ai même eu un premier prix de cocotte.
-Je n'ai même jamais pu réussir un chapeau de gendarme.
Oh, ça a l'air amusant. -Mais le tout, c'est ne pas le rater.
-Il se présente bien ?
-Ça en a l'air.
Tiens.
Voilà.
Voilà l'oiseau… le plus facile à nourrir.
L'oiseau le moins sauvage. Le grand oiseau blanc des Îles.
L'oiseau couleur de la vérité.
-C'est merveilleux.
Oh, regarde, il vole vraiment !
-Naturellement, il t'adore.
Non, merci.
-Si, je veux bien prendre une sucette. -Alors, choisis.
Tiens, voilà Rodrigue. -Ah oui ?
Dis, Pétrus, tu me la donnes ?
-Quoi donc ? La cocotte ? Naturellement, voyons. Tiens.
Ne bouge pas, je vais lui dire que tu es là.
-Salut.
-Tu ne vas pas recommencer ? -Quoi ?
-À être en retard aux RDV de Migo. Elle était désespérée.
-Oh, vraiment ?
-Attention. Luciani. -Oui, oui, j'ai compris.
Mon vieux, une panne de métro. -C'est à elle qu'il faut dire ça.
-Excuse-moi, mon ange. Une panne de métro. Navré.
-Tu es là. Le reste n'a aucune importance. N'est-ce pas ?
-Aucune importance.
-Du reste, en t'attendant, on a bien ri.
-Ah oui ? Tant mieux. -Oui. Bien ri.
Au revoir.
Musique de fête foraine
Musette
-Ce que tu es élégant ! -Que veux-tu. Moi, j'évolue.
Oh, une idée ! Je vais chercher des frites.
-Alors, tu es heureuse ?
-Je n'ose pas t'en parler, j'ai peur de t'agacer.
-Ça ! Pourquoi ? -Je ne sais pas.
Tu as retrouvé ton Rodrigue, mais en voyant mon bonheur, tu t'énerves.
-Je l'ai remarqué aussi.
-L'autre jour, j'allais parler de notre mariage devant toi.
Je me suis arrêtée. J'avais senti que ça te ferait de la peine.
-C'est drôle.
-Colette, je comprendrais. Mais toi, tu n'es pas envieuse.
-Oh non.
-Voilà les frites. Voilà les verres.
Tout le monde est prêt ? Présentez vos verres.
-Didier, viens sur mes genoux. -Attention.
Att… -Bouche-toi les oreilles, vite !
-Il est pas parti. Ça doit être du brut.
À ton anniversaire, Migo. -C'est ton anniversaire ?
-C'était hier, mais nous le fêtons aujourd'hui.
-On n'est pas à un jour près.
Allez, Didier, c'est fini les oreilles.
-Regarde ce que Pétrus m'a donné. -C'est ravissant.
-Tous mes vœux.
-Et Rodrigue, que t'a-t-il donné ? -Rien.
-Comment ? -Non, il m'a rien donné.
Il savait pas que c'était mon anniversaire.
-Je lui ai dit hier soir. Il m'avait promis…
-Ça n'a aucune importance. -Ça ne se passera pas comme ça. Santé.
-Il veut aller aux chevaux de bois. Nous lui avons promis.
À tout à l'heure. N'oublie pas la répétition.
-Va.
Musique douce
-Ça ne va pas ?
-Je suis très frappée par ce que m'a dit Rolande.
Je viens de m'apercevoir que je n'étais pas heureuse.
-Tu vois Rodrigues tous les jours. -C'est peut-être ça. Je le vois trop.
Ça n'a aucun rapport, mais toi, on peut te voir tous les jours.
-Oui. Moi, on peut.
-Lui, c'est plutôt le genre jour de fête.
Je n'ai rien à lui reprocher. Il est très gentil.
Tellement gentil que j'ai l'impression qu'il s'applique.
-Ah, ah…
-I[ m'aide à passer mon manteau, lui.
Je sais pas si tu te rends compte.
Tu t'es pas demandé pourquoi j'ai voulu boire ?
-Non, j'avais trouvé ça tout naturel.
-C'était pour essayer de l'oublier.
-Quoi ?
-Je l'aime, c'est entendu, mais ça m'embête de l'aimer.
Tu comprends ça, toi ? -Je comprends tout, moi.
-Ouais. Donne-moi à boire, que je l'oublie encore un peu.
-Avec plaisir.
À la tienne.
Musique rythmée
-Ça, c'est trop mou.
-Oui, mes enfants. C'est une danse sioux que vous faites !
Allez. Et serrez ce rang, là.
-C'est la cueillette des fraises.
-Bon, vite, le final. Dépêchez-vous.
-Le faucon,
Aspen, la victime. En scène !
-On m'appelle. -M'en fous.
-Lâche-moi donc. -Blague pas, Liliane. Je t'aime, toi.
J'ai raconté ça à tes copines, mais avec toi, je le pense vraiment.
Je te le prouverai ce soir. Nous partons.
-Tu m'as dit ça hier. -J'aurai l'argent.
Après le spectacle, on file. Pas un mot à personne.
-C'est promis.
À tout à l'heure.
-Oh ! -Attention…
-Je ne te l'abîmerai pas.
Je ne l'aime plus assez pour lui tirer des coups de revolver.
-Tant mieux. -Je le méprise trop.
Tu entends ? Je te méprise ! -Oui, mais méprise-moi en silence.
-J'ai honte de t'avoir aimé.
Je regrette chaque mot d'amour, chaque larme que j'ai versée.
-Alors n'en parlons plus. -Tu salis même le chagrin que tu fais.
-Pauvre vieux ! Quelle vie tu te prépares !
-C'est affreux. -Qu'est-ce qui se passe ?
-Je viens de les surprendre qui s'embrassaient.
-Ah, ah. -Il va te dire qu'il l'adore.
-Que c'est gênant, tout ça.
-Gênant ? Pourquoi tiens-tu à ce que personne ne le sache ?
Tu m'aimes ? Tu n'as qu'à le dire, tu n'as qu'à le crier.
Tu n'as qu'à le gueuler !
Les pas contentes, elles peuvent venir me trouver.
-Elle est vulgaire. Mais elle a raison.
-Alors, on se grouille !
-Tu aurais pu penser à la peine que tu allais faire.
-Enfin, c'est pour quand ?
-Ne me plains pas. Je vais t'étonner, je n'ai presque pas mal.
-Je viens vous chercher ?
-Allez, viens, toi !
-Est-ce que vous vous foutez du monde ?
Y a que 50 personnes qui vous attendent.
-Tu ne l'emporteras pas au paradis. -Peut-être que si.
-Les hommes sont dégoutants mais toi, tu étais mon amie.
-Il ne voulait plus de toi. Valait mieux que ce soit avec une amie à toi.
-Et si je te cassais la figure ? -Pas maintenant. Et votre costume ?
-Il est pas prêt. -Toujours pareil. Vite.
-Maintenant, Migo, tu la traînes au poteau et tu l'attaches.
Brutalement, tu sais. -Soyez tranquille.
-Musique.
Musique entraînante
-Aïe ! Chameau, tu me paieras ça !
-Il nous regarde. -Je m'en fous, j'assume.
-Avec Liliane, c'était pour détourner ses soupçons.
-Tu le jures ? -Bien sûr. Tout est calculé.
-Je voudrais tant te croire. -À tout à l'heure.
-Dis-moi, mon chat…
Ça va, ça va…
-Hé ! Plus à gauche et j'y étais !
-Elle est folle !
-Qu'est-ce que t'as ? Vous n'allez pas passer votre vie à vous entretuer ?
-Mais non… -Enfin, fais attention. Musique.
La musique reprend.
Ah, j'aime mieux ça.
Allez viens, j'ai à te parler.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
M. Luciani, ne croyez pas que…
-Une seconde.
Voilà 25000 francs.
-Ceux-là, ils sont moches. -Idiot, ce sont des vrais.
-Ah bon ?
-Tu vas aller chez Sabatier. -C'est prudent que j'y retourne ?
-Obéis. -Qu'est-ce qui était convenu ?
-Avec ça tu rapporteras 100000 francs. Et des réussis, cette fois.
Je veux que l'État nous en recommande. -C'est pas sûr.
Musique pesante
-Le 4e laurier de la République a une petite tache.
C'est rigolo, Sabatier. On a toujours des embêtements avec.
-Vous êtes trop gourmand. Vous imprimez de trop.
-J'ai des frais généraux, moi, mon vieux.
Monsieur. -Salut.
-Salut.
-Je viens faire mes achats. -Il te faut quoi ?
-Luciani en veut pour 25000. Donc tu m'en donneras pour 10000.
Et de la belle marchandise. -Tu n'auras que des compliments.
C'est parti en province. Un triomphe, à Béziers.
Comme des petits pains ! À Nancy, on en redemande.
-Ils feront le tour du monde.
-Ce n'est pas aujourd'hui que je rencontrerai le fameux Luciani.
-Il fait répéter sa revue. C'est un artiste. Tu crois quoi ?
-Alors, 100 pour Luciani, 40 pour toi.
140, ça va ? -Le compte y est.
-Dis à ton patron que la prochaine fois ce sera plus cher.
Je lui ai fait un prix, mais je mets pas de ma poche.
-Bah, évidemment. -Au revoir.
-Les Sioux, vous verrez, ça plaira.
-Je le crois.
-Avec mademoiselle, c'était mieux. Mais Luciani en a coupé la moitié.
C'est malheureux.
-On a rien apporté pour Migo ? -Non.
-De la part de Rodrigue ? Sûr ? -Sûr.
-Et Rodrigue, où est-il ? -Il se change.
-Il se… Je vais lui dire deux mots, à celui-là.
Deux mots, oui !
-Ah, te voilà, toi.
-Et alors, ça va continuer ?
Et l'anniversaire de Migo ?
-Quoi ?
-Oui.… Oui… Tu devais lui faire un cadeau.
-Un cadeau… Eh bah vas-y, mon vieux. Vas-y.
Allez va, va.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que tu as ?
-Je… Je… Je ris.
-Et pourquoi ris-tu ?
-Oh oh, si tu savais…
-Non mais dis donc… je voudrais bien rire aussi, moi.
-Oh mais… tu devrais.
-Ah oui ? Pourquoi ? C'est si drôle que ça ?
-Oh oui !
-Ça doit pas être terrible ! Tel que je te connais !
-Oh oui, oui !
-Si tu voyais ta tête, mon pauvre vieux. -Et…
Attends… -Qu'est-ce qu'il y a ?
Ah !
Oh ! Ah, ah, c'était ça !
-Mais….
MIle Migo, de la part de M. Rodrigue, au Froufrou.
-Et je la garantis deux ans. Cette dame sera contente.
-Je l'espère. Ça, je l'espère.
Je voudrais qu'elle soit contente. Elle le mérite.
Un sourire, des jambes…
Quand je pense que des mufles oublient son anniversaire !
Combien ? -1000 francs, monsieur.
-Pardon. -Je vous en prie.
-Voilà. Vous la ferez porter ce soir ?
-Certainement. -Merci.
Au revoir. -Au revoir.
Musique mélancolique
-J'apporte la caisse. -Merci. Posez ça là.
Vous reviendrez.
-André ? -Je t'attendais.
Gaston, faites dire à Mlle Francine de passer.
Après le numéro de l'escarpolette.
Rodrigue, tu es idiot. -C'est bien possible. Pourquoi ?
-Ne mêle pas des femmes à tes affaires quand tu voudrais que je les ignore.
-Je comprends pas.
-J'ai parlé à Liliane. Je sais tout. Y compris votre départ de ce soir.
-Ah oui… -Ça va. Je n'ai rien contre.
Vous avez ma bénédiction. -Parfait.
-Ni toi ni Liliane êtes indispensables. -Je sais.
-Tu commençais à m'embêter vraiment. -Bah voyons.
-Tu aurais pu prévenir ton patron.
-C'était difficile à vous dire.
Je pensais que le départ de Liliane ferait du tort au spectacle.
-Du tort au spectacle ? Liliane ?
Faut-y que tu l'aimes !
-Tout de même, Liliane est jolie.
-Tu m'as demandée ? -Oui, mon ange.
Un grand amour se déroulait sous nos yeux
et nous ne nous en doutions pas.
Nous avions une excuse : nous nous occupions du nôtre.
-C'est utile de lui raconter ça ?
-À elle ? Ah oui ! -Pourquoi ?
-Elle va avoir des dispositions à prendre.
-Comment ça ? Des dispositions ? Pourquoi ?
-Je ne t'étonnerai pas en te disant que monsieur, entre 2 tours de piste,
vient de briser un nouveau cœur de femme.
-Tu ne m'étonnes pas.
-C'est tordant, car cette fois la dame a brisé celui de monsieur.
-Je me tords ! -Merci.
-Mais à 2 h du matin, Liliane et lui s'en iront sous des cieux meilleurs.
Il va falloir songer à la remplacer. -Tu t'inquiètes pour ça ?
Mais Migo le fera bien mieux qu'elle.
-Pas sûr. -Liliane n'a pas énormément de talent.
Mais elle sera belle les cheveux au vent sur le Rocher de la Vierge.
-Ça lui ira très bien, je crois. -Bonne chance.
-Ouh là…
-Adieu, Rodrigue.
-Dis donc, faudrait pas partir avant d'avoir rempli des petites formalités.
-Formali… Oh, pardon ! Je suis bête.
Je suis venu ici pour ça, et puis j'oubliais.
J'étais distrait. -Tu as une vie si distrayante.
-Ça, c'est formidable…
Je sens que vous n'allez pas me croire. -Je le sens aussi.
-C'est la vérité. -On commence comme ça. Après ?
-J'ai pas les billets. -Cette partie, je la connais.
Comment tu en arrives là ? Tu as une explication de derrière les fagots ?
-Mais non !
-Tu t'es dit : je vais dire à Luciani que je les ai perdus, il sera content.
-Je cherche, je vois pas ce qui s'est passé.
-Pour 100000 francs, j'ai pas droit à mieux ?
-Vous voulez que j'en invente une ? -Invente, oui. Ou je vais m'énerver.
-Une seconde, laissez-moi réfléchir. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Oh, c'est Pétrus ! !! m'a refait le coup que je lui avais fait.
Il m'a chipé les billets quand j'avais la tête sous le robinet.
-Sous le robinet ? -Puis j'en suis sûr.
Il rigolait tellement. -Moi aussi.
-C'est clair. -Très clair. Et surtout vraisemblable.
-Vous ne me croyez pas ? -Pas trop, non !
Je vais t'expliquer comment je vois la chose.
Rodrigue voulait partir avec Liliane. Il avait besoin d'argent.
Il s'est dit : si j'emportais celui de Luciani ?
Mais Luciani se met en travers. Il veut qu'on lui rende ses sous !
-Je voudrais bien. -Ou il répond pas des accidents.
-Attendez, attendez…
-Reprends ces fleurs et offre-les à Liliane. Je ne veux plus rien de toi.
Tu es un sale type et un mauvais cœur !
-Mais je t'ai pas donné de fleurs.
-Tu as peur que Liliane soit jalouse ?
-Ne nie pas. Tu faisais ça avec mon argent.
-Oh ! -Quelle histoire ! Ça, c'est insensé.
-Tu es encore plus infect que je ne pensais.
-Que voulez-vous ?
Qui demandez-vous ? -Je voudrais parler à M. Rodrigue.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -On m'a dit que je le trouverais ici.
-Voilà, monsieur. C'est moi.
-Ah non, monsieur. Non. -Comment, non ?
-Non, je connais M. Rodrigue. Ce n'est pas vous.
-Pas moi ? Ça, c'est parfait.
-Mais non ! Il m'a acheté une montre il y a 1 heure.
En me priant de l'envoyer à Mlle Migo. De la part de M. Rodrigue.
Il vous ressemble pas du tout.
-C'est Pétrus. -ll va lui faire 100000 F de cadeaux.
Je vous affirme que monsieur est M. Rodrigue.
-C'est très inquiétant. Il s'est servi de votre nom d'une manière infâme.
-Infâme ?
-Il m'achète une montre,
en précisant bien "de la part de M. Rodrigue".
Il me donne votre adresse. Il me paie avec un billet faux.
-Aïe ! Oh... -C'est honteux.
-Près du 3e laurier de la République, y a une toute petite tache.
-Encore ? Euh, faites voir.
-Voyez vous-même. -Oui, c'est net.
-Il aurait pu vous faire arrêter. -Je comprends.
-Je vais remettre ça entre les mains de la police.
-Oh ! La police… -C'est peut-être un peu dur.
C'est pas un mauvais garçon. -Cette crapule ?
-Je m'arrangerai avec lui, moi. D'homme à homme.
-Ça, c'est beau. -C'est très beau.
-Si vous voulez nous le rendre, celui-ci est très bon.
-Permettez ? -Certainement.
-Et ce puits d'amour, c'est pas toi qui me l'as offert ?
-Oui, c'est moi. -Trop tard, le puits d'amour !
Avant ça m'aurait peut-être touchée, mais après ce que tu m'as fait.
-Merci, messieurs.
-C'est fini, mon pauvre Rodrigue. Tu as tout gâché.
Que veux-tu… J'ai fait ce que j'ai pu.
Mais c'était impossible,
nous deux.
-Toi, le danseur, bouge pas d'ici. Si Pétrus s'amène, garde-le-moi.
-Il a fait quoi ?
-Occupe-toi de tes affaires.
Quand j'en aurai fini avec lui, tu pourras te déguiser en infirmière.
Musique entraînante
-Puits d'amour…
-Migo, qu'est-ce que je dirai ?
-Que je suis malade. Mais remplace-moi, c'est tout ce que je te demande.
Musique intrigante
Taxi ? Taxi !
-Vous gardez le taxi ? -Non, paie-le.
-Merci, monsieur. Ne bouge pas, j'ai un client.
Musique douce
-Je voudrais parler à M. Luciani. -|! vient de sortir.
-Et M. Rodrigue ? -Il est dans la salle.
-Lâche tes visions d'art, Sabatier a été arrêté.
-Ah ouais ?
-Tu comprends pas ce que je te dis ? -Heureusement, si.
I! vaudrait peut-être mieux ne pas se faire remarquer, non ?
-Ne perds pas trop de temps, ces messieurs seront là dans 10 mn.
-Ça va, du calme. On va foutre le camp sans en avoir l'air.
Musique entraînante
M. le baron.
Va-t'en, va. -Ouù est Luciani ? Faudrait le prévenir.
-Je sais pas, moi. Va-t'en, va, va.
-Vite, vite ! Je te dis que c'est une question de vie ou de mort !
-Je lui ai fait quoi à Luciani ? J'ai été gentil avec lui.
-Il faut croire que non.
-Y a des choses terribles. Quand on a été correct,
de se faire mitrailler régulièrement sans savoir pourquoi, ça.… non !
-Oui bah dépêche-toi ! -Non…
-Pétrus !
-La penderie.
-Ouvrez, Pétrus !
-Cache-toi. -Moi, je n'ai pas peur.
-Réfléchis. ll a son arme et tu n'as rien.
Pétrus, fais ça pour moi.
-Ouvrez, Pétrus !
-Je vais l'attirer dans le laboratoire. Tu partiras.
-Vous êtes là !
Vous allez m'ouvrir !
Venez m'ouvrir !
Que fais-tu ici ? Je t'avais dit de t'occuper de tes affaires.
Où est Pétrus ? -Je l'attendais, patron.
-Ne me mens pas. De la cour, je vous ai vus tous les deux. Il est là.
-Non, non !
-Allez, ôte-toi de là, petite. Allez, enlève-toi !
Tu m'expliques ? Le beau Rodrigue et ta petite amie Francine ?
-Ma copine… -Arrête, tu le savais.
-Je vous jure que non. -Si. Vous le saviez tous !
Elle m'a bien possédé, la crapule ! I vous a fait rigoler, avec la photo.
Allez, raconte, que je m'amuse aussi avant de le descendre.
Avant de vous descendre tous ! -Pétrus !
-Je vais vous démolir, moi ! -Pétrus !
-Laissez-la !
-Tu tombes bien. C'est toi qu'as fait ça ?
-Ah !
-Pétrus…
Pétrus ? Pétrus, parle-moi, ne fais pas l'idiot. Pétrus ?
Tu vas mieux ? Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
-Luciani.
Rodrigue…
-Oh, j'y vais. J'y vais. -Non. Non, Migo…
-Allô ? Le Froufrou ?
Voulez-vous m'appeler Mlle Liliane, à l'appareil ?
Quoi ? Non, la revue est terminée depuis longtemps. Dépêchez-vous.
J'attends.
Dis donc, Jean ? Tu me fais le plein. -Oui, oui.
-Tu regarderas l'huile et tout ça. Vite, je suis pressé.
Allô ? C'est toi, mon chéri ? T'es prête ?
Que je vienne te chercher ? Non, ça, je ne peux pas le faire.
Je te retrouve devant le Moulin Rouge. File à l'anglaise.
Fais attention qu'on te voie pas. Si j'avais le temps, je serais heureux.
Je boucle ma valise et je redescends. -Tu ne m'embrasses pas ?
-Mais nous avons toute la vie, ma poulette.
-Rodrigue ! Rodrigue, je t'en prie, ouvre-moi !
Rodrigue !
Rodrigue… -Je t'en prie. Réveille toute la maison.
-Toi ?
-Quoi ? Ça t'étonne de me voir rentrer chez moi ?
-J'avais cru entendre marcher dans l'appartement.
J'ai pensé que tu avais reconnu ma voix et tu ne voulais pas m'ouvrir.
Rodrigue !
-Tu viens me relancer jusqu'ici. -Je suis venue te prévenir.
-Me prévenir de quoi ? -Luciani sait tout.
-Pour la caisse ou pour sa femme ?
-Il sait ton histoire avec Francine.
-Ton Pétrus est un joli monsieur. -Il s'est fait assommer pour toi.
-Ah non ? Ça, ça me fait plaisir, tu vois.
-Comment ?
-J'ai failli croire que c'était un brave type.
-Mais oui, c'est un brave type. -Oui…
-ll était à moitié évanoui, et il n'a pensé qu'à venir t'avertir.
Il n'a pas eu la force alors c'est moi qui suis venue.
-Que racontes-tu ? -Il avait tellement peur pour toi.
-Ça existe encore, des types comme ça ?
Ce bonhomme que j'ai piétiné, avec qui j'ai été ignoble.
Je l'ai vu crever, là, devant moi. Ça m'amusait, moi.
Et aujourd'hui, c'est pour moi qu'il se fait casser la gueule.
C'est moche.
Mais comprends donc, pauvre idiote.
Tu sais ce qu'il a fait pour toi ?
Quand il a senti que tu étais désespérée parce que tu avais la bêtise de m'aimer,
il m'a obligé à te voir, à être gentil avec toi.
Il m'a obligé à t'embrasser.
Et pendant ce temps-là, il t'aimait. Comme jamais de ta vie tu seras aimée.
Et moi, comme un salaud, je regardais sa pauvre gueule,
je lui en remettais, j'exagérais, pour voir, comme ça.
Alors si ce type-là ne t'a pas gagnée, c'est que tu ne le mérites pas.
Ou alors c'est que les femmes sont ce que je pensais.
-Mon pauvre Pétrus.
-Allez.
Aide-moi. Nous avons déjà perdu 3 minutes.
-T'as pas besoin de tout ça, dépêche-toi.
-Je dois être élégant pour ma Liliane.
Elle est jolie. -Très jolie, mais dépêche-toi.
-Hmm.…. Tu vois, j'en ai eu beaucoup,
mais je crois que c'est celle-là que j'ai vraiment aimée.
Nous allons faire un beau voyage
Musique pesante
-Rodrigue !
-Migo !
-Pétrus !
-Migo…
Viens.
Alors dis-moi… Rodrigue ?
-Bah… l! m'a dit…
Pétrus, tu es merveilleux.
Il a fait une chose dans sa vie. La dernière qu'il ait faite.
À un moment il se savait en danger, Il a pris le temps de le faire.
Musique triste
Pardonne-lui, Pétrus. -Bien sûr que je lui pardonne.
-Tu es merveilleux.
-Quelle manie tu as de dire ça !
-"S'il ne t'a pas gagnée, c'est que tu ne le mérites pas.”
Voilà la dernière parole qu'il m'a dite.
-Pauvre Rodrigue…
-Il m'a expliqué pourquoi.
J'espère que je te mériterai.
-Tu vas me faire pleurer comme un imbécile.
-Quand je pense que c'était toi qui me consolais.
-Tu es fatiguée, hein ? -Hmm.
Je voudrais dormir un peu.
-Oh, naturellement. Quel égoïste je fais !
-Demain je verrai clair. Demain je te parlerai.
-Quand tu voudras.
Non, laisse. -Ce que tu es gentil, tout de même.
Comment veux-tu que je m'acquitte envers toi ?
-T'acquitter ? Mais tu m'as déjà sauvé la vie.
-Moi ?
-Tout à l'heure, avec Luciani.
-Tu crois ?
-Mais sans toi, j'étais un homme mort.
-Ah bah j'aime mieux ça, parce que tu sais, dans la vie,
il vaut mieux que ce soit pas toujours le même qui donne.
-Migo…
Je vais te laisser dormir.
-Pétrus ? -Migo…
-Tu te souviens du jour où tu m'as fait des cocottes en papier ?
-Oui, Migo. Oui.
-Pétrus ? -Oui, Migo ?
-Tu te souviens, au Froufrou,
les orchidées que tu m'as apportées de la part de Rodrigue ?
C'était de toi, hein ? -Oui, Migo.
-Pétrus ?
Pétrus !
-Pour une photographie, c'est trop tôt.
-Pétrus ?
-Il ne s'agit pas de ça.
Inspecteur Bruno, de la police judiciaire.
Rodrigue Goutari a été retrouvé
assassiné cette nuit. -Terrible.
-Vous avez vu Mlle Migo hier soir ? -Oui, pourquoi ?
-Nous l'avons cherchée à son domicile mais elle n'est pas rentrée cette nuit.
Nous avons pensé que vous saviez peut-être où elle était.
-Moi ? Pourquoi ?
D'abord, pourquoi voulez-vous savoir où elle est ?
-Parce qu'elle a tiré sur Rodrigue Goutari.
-Comment, vous l'accusez ? Oh ça, c'est comique.
Il n'y a pas d'autres mots. C'est comique.
-Elle a réussi cette fois ce qu'elle avait manqué.
-Elle ne l'a pas fait, je le sais. La dernière fois, elle l'a raté.
Pourquoi voulez-vous qu'elle l'ait touché cette fois-ci ?
-Vous ne devriez pas prendre la chose aussi légèrement.
-Ah, mais qu'est-ce que vous voulez ?
Quand il est en vie, je reçois les balles
et quand il meurt, c'est moi qui ai les embêtements.
-Où est-elle ?
-Je ne sais pas. Elle dort, quelque part.
Et du sommeil du juste, justement.
-Bah… allez la chercher.
-Non.
-La situation est plus grave que vous ne pensez.
D'abord, nous avons un témoin. -Quelqu'un l'a vue tuer Rodrigue ?
-Non. Mais quelqu'un l'a vue sortir de la maison du crime.
Mlle Liliane Evans. -Oh… Celle-là, alors.
-Et ce n'est pas tout. Rodrigue n'est pas mort tout de suite.
Il a eu le temps de parler. Il a dit :
"Migo, pourquoi as-tu fait ça ?"
-Vous n'allez pas croire ça ? C'est le délire !
I! s'est trompé de coup. Il à confondu avec la dernière fois.
-Allez la chercher.
-Et si je dénonçais celui qui a tué Rodrigue ?
-Y a trop de preuves contre elle.
-Même si je vous disais qu'elle allait chez Rodrigue pour le prévenir ?
-Même dans ce cas.
-C'est ignoble. Dans ces conditions, je vais…
-Ne dis pas que c'est toi. C'est pas lui !
S'il dit que c'est lui, le croyez pas. Lui était ici, à moitié assommé.
-Je ne comptais pas… -Tu allais t'accuser à ma place.
-Voulez-vous me suivre ? -Quand vous voulez.
-Défends-toi. Dis quelque chose.
-Oh, ils verront bien qu'ils se trompent.
Toi tu sais que je suis allée l'avertir.
Ce que pensent les autres, ça m'est égal.
-S'ils font une erreur judiciaire ? -Un jour, la vérité se saura.
-Mais ils te mettront en prison. -Pas longtemps.
-Ces petits doigts qui vont devenir des empreintes digitales…
-Tant pis. Que veux-tu.
-Et à l'anthropométrie, dieu sait comment ils vont te photographier.
-Je regrette, mademoiselle, il faut nous suivre.
-Et 50... Ça fait 236.
Vous voulez un café ?
Hé, là-bas ! Vous voulez un café ?
-Non, merci.
Je voudrais en finir. Je vous ai tout dit. Qu'attendez-vous ?
Je voudrais être seule. C'est ce que je demande.
-On demande pas mieux, on est pas des brutes.
I! faut qu'on vous interroge.
Ça vous fait quoi d'attendre maintenant ?
-Vous avez raison. Rien ne peut plus rien me faire, maintenant.
-Ils t'ont arrêtée aussi. Ils sont fous. -Non.
-Elle s'est constituée prisonnière. Elle prétend avoir tiré.
-Toi ?
C'est pas possible !
-Il t'a dit : "Des femmes, j'en ai eu beaucoup.
“Liliane est la seule que j'ai vraiment aimée.”
C'est ce qui m'a décidée.
-C'est vrai, il a dit ça.
Pauvre petite Francine.
-S'il avait pensé à moi, je l'aurais laissé partir.
S'il avait seulement dit comme toi, pauvre petite Francine.
Pourtant, il aurait pu.
Je suis vraiment une pauvre petite Francine.
-Tu l'aimais tant que ça ?
-Oui Migo… Tant que ça.
-T'en fais pas, tu seras acquittée.
-Et après ? Tu me connais pas bien. La rigolade est finie.
Que je crève en prison ou chez moi… -C'est bon, conduisez-la au dépôt.
-Allez, mademoiselle, il faut nous suivre.
-Vous ne pouvez rien faire pour elle ? -Oh, absolument rien.
-Voyons, M. l'inspecteur, pourtant…
-Écoute, promets-moi de pas venir me voir.
-Je te le promets.
-Adieu. Adieu, mon petit. Je t'aimais bien.
-Allez, venez, mademoiselle.
-Je te remercie. Paraît que tu m'as évité le travail.
-Vous l'avez pas tué. Pourquoi vous a-t-on arrêté ?
-Émission de faux billets. -Vous n'avez rien trouvé sur moi.
-Nous verrons ça. Vous êtes libre, mademoiselle.
Vous vous tiendrez à la disposition du parquet.
-Vous en faites pas, vous vous en sortirez.
Tenez, prenez ces billets, c'est l'argent de Rodrigue. Il vous revient.
-Mais non. Non. Non, non.
-Mais si, mais si. Vous en aurez besoin pour vous payer un bon avocat.
Au revoir.
-Pauvre petite Francine…
Musique douce
-Pauvre Rodrigue.
-Pauvre Rodrigue.
-Mouche ton nez.
Dis, Migo, quand penses-tu qu'on pourra recommencer à rire ?
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