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Qui est responsable ?
Tra(sgre)dire
Elle te plaît, chérie ?
Et vous ?
Pourrais-je, mademoiselle...
- Moira. italienne ? - Vénitienne.
- Comment vous le savez ? - J'ai été mariée à un italien.
Tu parles anglais comme lui.
Tu cherches une maison ?
Plutôt un petit appartement.
Pas trop cher, pour 4 semaines.
- Dans quel quartier ? - Près du Hyde Park Hotel.
J'y suis réceptionniste.
Je suis logée, mais dans une petite chambre,
- sous les toits. - Ça ne te va pas ?
Si, très bien. Mais mon copain va venir pour un séjour
- d'immersion linguistique... - Fiancée ?
Un petit peu.
J'ai compris.
Tu veux une garçonnière pour un séjour d'immersion sexuelle !
Ça me plairait bien.
Je crois pouvoir te satisfaire.
- Mais pas dans le quartier voulu. - Ah non ?
- Non. - Où alors ?
Suis-moi, je vais te faire voir.
On est à Chelsea.
Ton hôtel est ici, à Knightsbridge.
C'est au bord de la Tamise,
près des docks. Ce n'est pas si loin du Hyde Park Hotel.
Avec le métro, ça ne fait pas loin.
- C'est où, exactement ? - Ici.
Ça t'a fait une décharge électrique ?
Non, j'ai les tétons assez sensibles.
Il a de la chance... Comment il s'appelle ?
Qui ?
Celui qui doit venir te rejoindre.
Matteo.
C'est dommage qu'il vienne.
Sinon, j'aurais pu te loger chez moi, gratis.
Depuis que je suis séparée de mon mari, j'ai beaucoup de place.
On peut visiter l'appartement ?
Oui, mais pas aujourd'hui. Je suis toute seule.
Il fait combien ?
Ça dépendra de toi.
Mais, il te les embrasse bien au moins ?
Il se débrouille pas mal.
Les hommes ne savent pas ce qui plaît aux femmes.
- Matteo, il sait... - Que dalle !
Tous les mêmes, ils ne pensent qu'à leur plaisir.
Non, Moira, s'il te plaît...
Laisse-toi faire, je sais que ça te plaît.
Petite cochonne !
A Venise aussi, tu te promenais sans culotte ?
Je suis un peu allergique.
Tu es aussi humide que ta ville.
Ça suffit. Laisse-moi. Je ne veux pas.
Menteuse.
Moira, agent immobilier, j'écoute.
Un instant.
Alors, je te fais visiter le loft demain ?
D'accord. A quelle heure ?
Ici, à 10 heures. Au fait, comment tu t'appelles ?
Carla Borin.
Joli prénom.
Carla la Vénitienne.
Merci.
A demain.
Ah, ces graphiques ! Tu sais à quoi me font penser ces courbes ?
A qui le dis-tu !
Une bonne séance de baise ! Ça me ferait du bien avant
- les exams. - Fais-toi une branlette.
C'est déjà fait, mon pote !
En pensant à cette salope de Giulia.
Elle me fait bander !
La nana de Paolo ?
Officiellement. En fait, de tout le monde !
Non, je te crois pas.
Il est le seul à l'ignorer, ou à faire semblant.
Avoue, Matteo,
- tu penses aussi à elle. - Moi, je ne pense qu'à Carla.
Même quand tu te branles ?
Surtout quand je me branle.
Ah bon ? Comment tu l'imagines ?
Normalement, toute nue, moi dessous, elle dessus.
C'est pas un fantasme, ça !
Imagine-la au moins en levrette avec un Anglais !
Pourquoi avec un autre ?
Quand on est privé de sexe...
Excuse-moi, mais depuis quand elle est à Londres ?
Un mois, à peu près.
Et tu crois qu'elle est restée un mois sans baiser ?
Tu penses qu'à ça !
Les femmes font passer les sentiments avant.
C'est ça. Elles mentent plus et savent mieux feindre que nous.
D'abord, elles mouillent, et après, elles aiment.
Arrête ! Elles sont pas toutes comme ça.
Toutes ! C'est ce que j'aime chez elles.
Ce sont toutes des cochonnes !
- Allô ? - Salut, mon amour, c'est moi.
Carla !
Tu es content de m 'entendre ?
Oui, très content.
- Pourquoi tu m'appelles ? - Tu me manques. ça va ?
T'es bizarre.
Non, c'est que j'attendais pas ton coup de fil.
Parle-moi de Londres.
C'est magnifique !
- Si tu savais... - Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Je me garde en forme pour toi. Je fais du vélo.
J'ai hâte que tu viennes, Matteo !
Bientôt. Tu as trouvé un appartement ?
Justement, demain je vais en voir un au bord de la Tamise.
Mais ça doit coûter une fortune !
Moira va m'accorder un traitement de faveur.
''Moira'' ?
La patronne de l'agence immobilière.
- J'ai plutôt la cote avec elle. - Comment ça ?
Oui, je crois qu'elle a très envie de me mettre dans son lit.
Dans son lit ? Mais ça se fait pas !
Elle veut, c'est tout.
- J'ai envie de toi. - Moi aussi, J'ai envie de toi.
Elle a delà essayé ?
Dépêche-toi de venir.
J'en ai marre d'être toute seule.
Jure-moi qu'il s'est rien passé.
Mais enfin, tu me connais !
Tu sais que sans toi, le sexe n'existe même pas pour moi.
Alors, pourquoi tu crois qu'elle veut te mettre dans son lit ?
Disons que c'est ce qu'on appelle l'intuition féminine.
Tu me dis la vérité ?
Bien sûr, idiot. Tu veux bien me rendre un service ?
Avant de partir, demande à ma mère ma culotte avec un papillon
et ''L’Interprétation des rêves''.
Même si ça en revient toujours au sexe, ce livre me manque
beaucoup.
Plus que moi ?
Il y a toujours des solutions de remplacement,
j'en parlerai à Moira.
Dis-moi tout. Il se passe quelque chose !
Non, mais il est urgent que tu viennes.
S'il te plaît, dépêche-toi.
J'ai besoin de toi.
Quand on parle du diable, les cornes pointent !
T'es con !
Tu sais que statistiquement,
98 pour cent des femmes
sont infidèles en vacances.
Carla n'est pas en vacances.
- C'est ici ? - Non.
Le taxi ne va pas plus loin, il faut
prendre la promenade.
C'est magnifique !
Je suis contente que ça te plaise. La salle de bains est là-bas.
On sera bien avec Matteo.
Mais je me demande combien ça coûte.
Matteo ?
Ah oui ! Ton boyfriend .
Ne t'en fais pas pour le prix.
Nous arriverons à nous mettre d'accord.
Alors, je le prends !
Cette nuit, j'ai rêvé de toi.
Ah bon ?
Tu étais nue.
C'est vrai ?
Qu'est-ce que je faisais toute nue ?
Tu chevauchais à cru une jument trempée de sueur.
Freud dirait que ça symbolise l'acte sexuel !
Tu me plais, Carla.
Que fais-tu ?
- J'ai envie de toi ! - Non, Moira,
s'il te plaît...
Pourquoi tu refuses ? Je sais que tu aimes ça.
Ne me résiste pas, Carla. Laisse-toi faire.
Oui !
Fais-moi jouir !
Fais-moi jouir, Moira, s'il te plaît !
- C'est qui ? - Bonjour, M. Borin.
C'est moi, Matteo. Désolé de vous déranger.
Je viens chercher les affaires de Carla.
Je vais à Londres la semaine prochaine.
Quelles affaires ?
Elle en a parlé à sa mère.
Elle est pas là. Tu sais de quoi il s'agit ?
Plus ou moins. Une culotte et un livre.
Attends un peu. Je vais voir si ma femme lui a préparé.
''Plus je me touche, moins ça vient vite.''
''Ale, je t'aime.''
''Nina cochonne.''
''L'idée que tu me trompes me rend malade de jalousie...
''Et la jalousie me rend fou de désir. ''
Je deviendrais fou siJamais tu me trompais.
Impossible. Parce que tu le sauras jamais.
J'ai l'impression de mourir quand j'y pense.
Imagine-moi...
comme ça.
chercher toi-même. Tu aurais pu téléphoner avant !
Désolé, je pensais que ce serait prêt.
Tu parles que c'est prêt !
T'as qu'à chercher.
- Merci, je fais vite. - Si tu as besoin, je suis là.
Voilà ! Le livre et la culotte.
Quelle salope !
Tu as parlé du loft à Matteo ?
Bien sûr.
Je l'ai appelé pour lui dire que j'allais le visiter.
Mais je lui dirai que je l'ai faite.
Seulement ça ?
Que dire d'autre ?
Tu peux lui parler de moi, par exemple.
Je lui dirai
que tu m'as accompagnée.
Viens ! Elle est super bonne !
Moira ?
Mais où tu vas ?
Si tu veux savoir, sors de l'eau et suis-moi.
Je t'aime, Carla. Viens vivre chez moi.
Enfin, Moira...
Je te l'ai déjà dit, Matteo va arriver, tu le sais.
- Et alors ? Je suis pas jalouse. - Matteo l'est.
Largue-le, il te ment !
Tu me fais mal. J'aime les hommes, moi.
Qu'est-ce que tu crois ?
Je suis pas une...
- Lesbienne ? - C'est ça, lesbienne comme toi.
Tu m'as fait mal.
J'aime pas quand tu es brutale.
Excuse-moi, je suis désolée.
Je ne voulais pas...
Si on allait se faire masser ?
Vas-y, toi !
Vas-y, toi ! C'est un homme qui fait les massages.
Ça va, mademoiselle ?
Oui, oui, tout va bien.
Je viens pour mes photos, Carla Borin.
Vous devriez regarder les négatifs,
elles ne sont pas toutes réussies.
Venez par là.
Posez-les sur l'écran lumineux.
Je ne vois rien du tout.
Essayez avec ça.
Qu'est-ce que je vous disais...
Vous voyez qu'elles ne sont pas toutes bonnes.
D'après vous, lesquelles ne seraient pas bonnes à tirer ?
Celles qui sont floues et celles qui sont bougées.
Je vous laisse apprécier.
Je passe les prendre demain.
- Salut, mon chéri... - Qui c'est ?
Laisse-moi.
On ne parle pas comme ça à sa mère.
Matteo ? Tu m 'aimes ?
- Oui, je t'aime. - Devine où je suis ?
- Au lit avec l'agent immobilier ? - Idiot ! Je suis dans le loft !
- Elle n'est plus amoureuse de toi ? - Eh si ! Prends un stylo.
- Pour quoi faire ? - Écrire l'adresse.
- Je sais pas si je vais venir. - Comment ça ?
- Il vaut mieux pas. - Quoi ? Tu es fâché ?
- Non, j'ai un examen à préparer. - Prépare-le ici.
Non, je peux pas.
Pourquoi donc ?
C'est très calme, ici. Tu étudieras autant que tu voudras.
Et ensuite, moi je serai là.
- Justement. - Justement quoi ?
Rien, je dis ça comme ça.
Je te comprends pas ! T'as pas envie de me voir ?
ça fait bientôt un mois qu'on ne s'est pas vus !
N'insiste pas, je te dis que je peux pas venir !
Je te crois pas. C'est une blague. Tu me fais marcher.
- Note l'adresse. - Mais je viendrai pas !
- Allez, écris-la. - Bon, ça va,
donne-la-moi.
43, Dock's Street, nord-est, 15.
Téléphone : 00 44 64 56 78 76.
Tu as bien noté ?
Oui, c'est noté, mais ça servira à rien.
- Mais qu'est-ce que tu as ? - Ce que j'ai ? J'ai les boules !
Dis-moi ! C'est ton examen qui t'inquiète ?
Non, c'est toi ! Tu comprends pas ?
- Comprendre quoi ? Rejoins-moi... - C'est non. Salut.
Connard ! Je suis venu ici pour toi !
Salaud ! Tu vas me le payer !
Je te déteste !
Mon amour !
Alors, Je t'ai manqué ?
Ah, c'est toi.
Pourquoi ? Tu attendais un appel ?
Non, non. Ça va ?
Oui, mais toi, ça n'a pas l'air.
Non, c'est que...
Je me sens un peu seule dans ce grand espace.
Je m 'en doutais. ça te dirait de venir à une party ?
- Une party ? - Une fête, chez moi.
Je sais pas... C'est quand ?
Ce soir. Il y aura des tas de gens, pas mal d'Italiens.
Alors ?
Oui.
Pourquoi pas ?
C'est où exactement ?
69, Harold Street, WE, Fulham.
Le temps de m'habiller, je suis à toi.
Ne t'habille pas trop, surtout !
- A tout à l'heure. - A bientôt, salut.
Connard !
Le numéro que vous avez composé n'est pas disponible.
Veuillez renouveler votre appel ultérieurement.
Toi aussi, alors ?
Je me demande qui le juge va choisir !
Ce que c'est excitant !
Qui va gagner cette année ?
Ça dépend de qui sera le juge.
Alors, pas de problème ! C'est une connaisseuse !
Si on récompensait celui qui sert le plus, tu gagnerais !
Parce qu'un visage peut être trompeur, mais pas un cul !
Tu savais pas que c'était le miroir de l'âme ?
Pourquoi elle rit ?
Qui ?
Celle qui a ce cul.
Avec les fossettes aux fesses.
Elle se moque de nous. Elle mérite une punition.
Oui, il faut la punir.
T'as le cul tout éclaté à force de te l'être fait ramoner !
C'est amusant. Et si je m'y mettais aussi ?
Non, ce serait déloyal, ma chérie.
Avec le cul que tu as, tu gagnerais à coup sûr.
Tu me présentes ton amie ?
Bien sûr, mon chéri.
Carla, une cliente à moi.
Mario, mon salaud d'ex-mari.
Elle est toujours amoureuse de moi. Tu es italienne aussi ?
Oui, de Venise.
Superbe, magnifique !
J'adore Venise et surtout les Vénitiennes.
Ne te laisse pas avoir, Carla.
Mario subjugue les femmes comme le serpent sa proie.
Comme si j'étais un play-boy !
Pire, mon chéri.
Tu n'es qu'un latin lover !
Ne l'écoute pas. On danse ?
Volontiers.
- Qui te l'a dessiné ? - Giotto.
Je te le croquerais bien !
Quelqu'un les passe en revue chaque année,
c'est Moira qui juge...
Je me suis toujours demandé qui dessinait les chapeaux de la Reine.
Sûrement une tête de nœud !
Le parfum de Venise !
J'adore les femmes qui mouillent tout de suite.
C'est juste le champagne qui veut sortir.
Où est la salle de bains ?
Là-bas, au fond.
Tu connais New York, la Grosse Pomme ?
Regarde-moi ça !
Carla ?
C'est vrai qu'en Angleterre on n'embrasse pas ici ?
On compense par autre chose.
Quoi donc ?
- On prend comme ça ! - Qu'est-ce que tu fais ?
La voie du satyre.
La gorge de Gomorrhe, ou la ruelle de Sodome ?
Tu n'aurais pas vu Mario, par hasard ?
Carla, tu es là ?
Ouvre, je sais que tu es là !
Une seconde !
De première bourre, ma chérie. Un délice.
Je t'ai invitée parce que je suis amoureuse de toi !
Pas pour que tu baises avec mon ex-mari !
Y en a marre !
Comment il faut te le dire ? Je m'en fous de toi !
Moi, j'aime les hommes ! Tu piges ? Les hommes !
Pas les femmes, les hommes !
J'aime la bite, moi !
Calme-toi, Carla.
Écoute-moi,
quand ça ne va pas, parle-m'en, je suis ton amie.
Je ne veux pas te blesser.
Non, tu n'y es pour rien. C'est à cause de Matteo.
Je ne sais plus où j'en suis ! Je l'avais appelé
toute contente, pour lui parler du loft,
et cet imbécile me dit qu'il ne vient plus à Londres.
Il s'est montré froid, odieux !
Pour finir, il m'a raccroché au nez !
Ne pleure pas, ma chérie.
Je te l'ai dit : tous des salauds.
Matteo n'était pas comme ça. Tout se passait très bien !
Tiens.
En gage d'amour. Elle te portera chance.
Je comprends pas. Il a dû se passer quelque chose !
Non, moi je comprends parfaitement.
Je suis passée par là, moi aussi.
Ne jamais se fier aux hommes.
Ils sont baratineurs, infidèles...
Fais-moi confiance, ma chérie.
Laisse tomber ton Matteo, comme j'ai fait avec Mario.
Allez, viens.
Tu vois, Carla, on n'a pas besoin des hommes.
On se débrouille très bien entre nous.
La cour des Doges attirait alors pléthore de peintres, d'écrivains
et d'architectes de renommée mondiale.
Les bénéfices réalisés grâce au commerce de la soie et des épices
permirent d'embellir la ville, dont la magnificence devait,
de nouveaux territoires, mais à créer des avant-postes
à vocation commerciale dans les Balkans,
afin d'être en mesure de pénétrer
les riches marchés orientaux.
On peut affirmer, documents officiels à l'appui,
que la pénétration des marchés méditerranéens par la république...
''Pénétration'', ça vient de ''pénis'' ?
Plutôt de pine ! La pine du prof !
Regarde-moi ce cul !
On peut donc dire que la pénétration commerciale de la ''sérénissime''
permit son essor artistique.
Pietro Aretino, par exemple...
Salope !
Cocu !
Une minute !
Surprise !
- Et tes examens ? - Reportés en septembre.
Tu ouvres toujours dans cette tenue ?
Tu es venu pour te disputer ?
T'as pas l'air contente de me voir.
Si, ça me rend folle de joie.
Mais je ne t'attendais plus.
Vu que je suis venu, tu ne veux pas me faire entrer,
- au lieu de me laisser à la porte ? - Bien sûr, excuse-moi, entre.
Qui sonne à cette heure ?
Matteo, je te présente Moira.
L'agent immobilier ?
Désolée. Je vais être en retard au bureau.
Viens plutôt admirer la vue.
Regarde ce beau panorama.
Magnifique.
Mais combien ça coûte ?
Moira m'a fait un prix.
Ça... J'imagine.
Tu me crois pas !
Il s'est rien passé entre Moira et moi.
Qu'est-ce qu'elle fait là, alors ?
Elle m'a raccompagnée en voiture.
On est allées au théâtre hier soir,
comme il était tard, elle est restée dormir ici.
Toute nue ?
Et dans ton lit ?
Bon,
j'y vais.
Eh bien... salut, Carla.
Salut, Matteo. Enchantée de t'avoir rencontré.
D'ailleurs,
Carla m'a beaucoup parlé de toi.
Moi aussi, elle m'a parlé de toi.
Tu m'as apporté ''L’Interprétation des rêves''
et ma culotte papillon ?
J'ai apporté ça.
Qu'est-ce qu'il y a maintenant ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je vais te dire ce qu'il y a.
C'est ton cul ou je suis miro ?
Tu faisais quoi à poil sur la plage ?
Qui te les a données ?
T'occupe pas !
Dis-moi plutôt d'où il sort
cet enfoiré de Français qui t'écrit ''je t'aime, mon amour'' !
C'est de l'histoire ancienne, de l'eau a coulé.
Coulé mon cul !
Si tu veux me garder, il faut que tu sois franche
et que tu me dises tout.
Y a rien à dire.
Ah non ?
C'est normal de se faire photographier cul nu ?
C'est pas ce que tu crois.
J'étais allée visiter les aménagements touristiques
des hôtels le long de la plage du Lido.
C'était une randonnée de l'école hôtelière.
Tu sais bien comment ça se passe.
Sur le bateau, dans les cuisines...
dans les cabanes...On s'amusait,
on prenait la pose, on se faisait photographier,
on flirtait pour rigoler.
L'après-midi, le groupe s'est séparé.
Je me suis retrouvée avec Bernard, sur les dunes d'Alberoni.
On était en septembre, c'était l'été indien,
et il n'y avait personne.
On s'est déshabillés et on s'est baignés.
Tout nus ?
Évidemment.
On n'avait pas de maillot.
Continue, et ne dis pas n'importe quoi.
Il soufflait une brise légère,
la mer était calme,
le soleil se couchait,
l'eau était immobile, attrayante...
Et ensuite ?
Et ensuite, rien.
On s'est rhabillés.
Tu me prends pour un con ?
Je te jure, c'est tout. Ce n'était qu'un jeu innocent.
C'était quand ?
Je te l'ai dit, l'an dernier, en septembre.
- Tu sortais déjà avec moi ? - Ben... oui.
Mais ça faisait pas longtemps.
Vous avez fait l'amour ?
- Non, Matteo, je te le jure. - Ne jure pas.
En fait, pas à proprement parler, un petit peu.
Comment ça, un petit peu ?
Ben oui, un peu quoi.
Il était très excité, il m'a embrassée.
Où ça ? Sur le cul ?
Et il a duré longtemps, votre petit flirt innocent ?
Environ 2 mois.
Bernard a quitté l'école hôtelière à Noël
et est reparti en France.
Vous vous êtes revus ?
- Jamais, je te jure. - Je t'ai dit de pas jurer !
Vous vous êtes écrit !
Pas longtemps.
Ces lettres que tu as.
Il voulait que j'aille à Paris.
- Pourquoi tu l'as pas fait ? - J'étais amoureuse de toi.
Il ne m'intéressait plus du tout.
Je t'en prie, Matteo. Arrête de me torturer.
Merde alors !
Comment as-tu pu faire ça ? Tu sortais avec moi !
Je te l'ai dit, c'était au début, j'étais pas sûre de t'aimer.
Ce n'était alors qu'une aventure banale.
Je t'en supplie, Matteo.
Faisons l'amour !
Je veux te sentir en moi.
Tout le reste ne compte pas.
C'est toi que j'aime, c'est toi que je veux.
Non, salope ! Tu l'as fait avec Bernard ?
Dis-moi... qu'est-ce que tu as fait avec ce fumier ?
Assez ! C'est pas la peine !
J'ai plus envie de toi !
Pipeau ! Tu t'es vu ? C'est moi qui mens ?
Je veux savoir combien de fois tu m'as trompé.
C'est ta dernière chance d'être loyale avec moi.
Sinon, ça signifiera que notre histoire ne vaut rien !
Comment ça a commencé avec Bernard ?
Si t'as honte de me le dire en face, écris-moi une belle lettre
avec tous les détails comme celles que Bernard t'a envoyées.
Ne cherche pas à m'épargner,
ce qui me blesse, c'est tes mensonges et ton silence.
Matteo, mon amour adoré,
tu sais qu'il n'y a pas de trahison sans certains signes
dus à l'imagination ou à la tromperie de l'autre.
Mais si tu veux tout savoir, n'aie crainte, Je dirai tout.
Tu te souviens quand on a vu ''La Chiave'' au cinéma Olympia ?
C'était fin octobre, on était avec Luca et Bernard.
Elle me rappelle la prof d’œnologie !
Elle est belle !
Son mari avait raison :
''Sous ta perruque poudrée, tu es la pire des salopes
''que j'ai connues dans ma jeunesse.''
Comment il peut aimer qu'elle le trompe ?
Sans tromperie, pas de jalousie, sans jalousie, pas de désir,
sans désir, pas de sexe !
Ça ne fait pas un pli.
Mon cher Matteo, la tromperie est un cadeau d'amour,
c'est la potion magique
qui réveille celui qui s'était endormi !
Mais dites-moi, comment on peut être excité
en sachant sa femme avec un autre ?
Où est Carla ?
Toi, va par ici, nous par là.
J'étais toute mouillée.
Ce film m 'avait excitée.
Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures !
Petite Carla, où es-tu ? Montre-toi.
Bon, ça suffit, Carla !
Quel plaisir tu trouves à ça ?
Ma femme vous plaît ?
Salut, Nina. Encore debout ?
C'est à cause du sirocco.
Ça m'empêche de dormir.
Oui, moi aussi.
Où est ton mari ?
A l'atelier.
Il travaille de nuit.
Il doit y faire chaud.
Comme ici. Je suis toute mouillée.
Tiens, regarde.
Tu es vraiment trempée.
J'ai la chatte en feu !
Touche.
Nina ! Y a quelqu'un !
C'est pas grave. Baise-moi !
C'est mon mari, il aime bien mater !
L'idée que tu me trompes me rend malade de jalousie...
Et la jalousie me rend fou de désir.
Oui, mon amour, j'arrive, je cours !
Tu avais raison, il n'y a qu'une chose qui compte,
je suis fou de toi.
Et moi aussi, je suis folle de toi !
Regarde, j'ai fait comme que tu voulais.
C'est plus la peine.
Mon amour...
A présent, je préfère le soupçon à la vérité.
Tes mensonges révèlent mieux tes désirs
que n'importe quelle confession.
Jure que tu me mentiras !
D'accord. Autant que tu voudras.
Même si je comprends pas pourquoi.
Avant, si je te mentais, c'était pour ne pas te perdre.
Mais maintenant, pourquoi je dois le faire ?
Parce que le soupçon me rend fou de jalousie,
et la jalousie fou de désir pour toi.
Je t'aime.
Je te jure de toujours te mentir.
Quelle cochonne !
Qui est responsable ?
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