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Original subtitles

*- De plus en plus de Danois fuient le pays.

- Vous allez partir où ? - A Paris. Toi ?

- Je plaide pour la Finlande.

Ma mère y vit.

- Lucas.

- Tu es présélectionné pour la Liverpool FC Académie.

- On se casse en Angleterre ! C'est génial !

- Je peux vous proposer

la Roumanie. - Papa, maman pourrait

venir avec nous ? - A Paris ?

J'ai pas les moyens.

- Et maman, alors ? - Comment tu veux que je sache ?

- Les gens sont prêts à tout pour l'argent.

- File-moi mon fric.

- C'est pour quoi ? - Va à Paris.

- Nik a descendu les fusils.

- Et ton frère ? - Il va tout perdre.

Il est dans son délire où ce qui est à moi est à lui.

- Je veux venir à Paris. Y aura une meuf géniale.

Chant religieux

...

*- Passons aux infos du jour.

De nombreux Danois vont assister à la cérémonie d'adieu

célébrée à la Marmorkirken de Copenhague.

Nous sommes le dimanche 7 septembre,

trois mois après l'annonce de l'évacuation du Danemark.

- Salut, maman. - Salut, chérie.

- J'ai été prise.

- Oui, félicitations !

La Sorbonne pouvait pas passer à côté d'un petit génie.

- Elias saura s'il est pris dans une semaine.

J'ai hâte de savoir.

- Je vais tout le temps à l'église. - Ah ?

Pourquoi ? - J'ai beaucoup de questions.

*- Une messe d'adieu est organisée

à l'approche du grand départ prévu en octobre.

Environ 300 000 personnes et de nombreuses entreprises

ont déjà quitté le pays.

Les institutions publiques, les églises

et la famille royale resteront jusqu'au dernier moment.

La relocalisation financée par l'Etat vient de commencer.

L'Europe de l'Est va accueillir un grand nombre de Danois.

- Bientôt, le Danemark, en tant que territoire et royaume,

appartiendra à l'histoire. Mais ensemble,

nous nous souviendrons de ce qu'il a été

et de tous les morts que nous aurons laissés dans leurs tombes.

Que nous n'aurons pas pu emmener.

*- Cette messe est qualifiée d'ultime rassemblement

avant que les Danois ne soient dispersés sur tous les continents.

Chant religieux

...

Les cloches sonnent.

...

Vibreur

On frappe à la porte. - C'est encore lui.

- Ton frère ?

Réponds pas.

- Sa femme a appelé hier, pendant que tu dormais.

Elle a laissé un message. Elle faisait que crier.

- Pourquoi ?

- Les ouvriers danois et polonais ont défoncé la porte de chez eux.

Les enfants étaient là.

Ils ont exigé d'être payés

pour les matériaux et pour la main-d'oeuvre.

- Ils ont fait quoi ? Ils les ont menacés ?

- Ils l'ont tabassé.

Devant les enfants. - Merde.

Soupir Putain, ça va, toi ?

Ca va ? - Non.

- Bon...

tu veux qu'on lui donne de l'argent ?

- Non, si on fait ça, ils vont tout nous prendre.

Vrombissement de moteur

- Henrik !

Henrik, ton frère est là.

- Attendez là.

- Sacrée baraque. Y a pas intérêt à ce qu'on parte sans rien.

- Salut. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Pousse-toi. Dégage.

Il est où ? - Au premier.

Qui sont ces gens ? - Henrik !

- Peter. - Henrik !

Il est dans le salon ?

- Peter !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Pourquoi tu réponds pas ?

- C'est qui, ces mecs ?

- Ils ont débarqué chez moi.

Brouhaha

Il y a Gorm que tu connais. Y a aussi...

Piotrek.

Il pose du carrelage pour nous. Ses enfants l'attendent en Pologne.

Et Lubomir. Sa famille va être à la rue. Il paie plus

son loyer. Y a pas de relocalisation pour eux.

Tout l'été, je leur ai promis

de trouver une solution. Ils en ont plein le cul.

Et tu réponds pas ! - Doucement.

Essaie de rester calme. On peut parler...

- On discute plus ! C'est plus le moment de discuter.

Le projet Hornbaek que papa et toi avez lancé,

c'est terminé.

Ils veulent qu'on paie ce qu'on leur doit.

Et leurs frais.

- J'ai rien à voir avec ce projet. Tu as gagné le procès.

- C'est toi qui as lancé ce projet. - Ferme ta gueule.

Ta gueule, tu me casses les couilles.

Fous le camp !

Compris ? Je veux parler à mon frère en privé.

Je veux parler à mon frère !

Exclamations des hommes à l'extérieur

Ils vont tout péter.

Ecoute.

J'ai dit qu'on était associés.

- Quoi ? - Oui.

Je leur ai dit ça et ils m'ont cru.

Tu vas avoir du mal

à les convaincre du contraire.

Ils savent que t'es grave blindé, et moi aussi.

J'ai parlé à Kasper.

Il dit que t'es allé à Bâle pour retirer un paquet de fric.

T'étais au courant.

Tu savais tout. Toi et ta petite pute, vous saviez.

Ca vous fait bander de me voir couler.

T'es allé chercher du fric, tu savais qu'ils fermaient le pays.

Alors trouve une solution.

En tout cas,

y en a pour 6 millions de couronnes et je leur ai promis 800 000.

800 000, tu les as ?

Alors ?

- C'est pas à moi de régler tes problèmes.

J'ai rien et je te filerai rien. Pas une couronne.

- Je vais les faire entrer. Tu leur expliqueras

comment et pourquoi tu m'as arnaqué.

Va chercher le fric, je vais leur parler.

OK, les gars...

- Il se passe quoi ? - Il arrive avec le fric.

Calmez-vous, il va vous payer.

- C'est encore une magouille ?

- Combien de temps ça va durer ? - Du calme.

- Nik !

Ca part en vrille.

Ferme à clé ! - C'est fait.

- Ca fait quatre mois. C'est de ta faute !

- Du calme ! - Mes gosses ont rien à bouffer.

- On se détend. Il va venir.

- On te croit plus. - Tu t'es foutu de notre gueule.

- Frappe.

- Ouvrez ! - Essaie d'ouvrir.

- Tu fais quoi ?

- Je vais tirer en l'air.

Détonation

- Courez ! - C'est quoi, ce délire !

- Hé, Peter !

Regarde-moi. Va dire à tes gars

que s'ils reviennent,

je leur fous une balle dans la tête. Brouhaha

...

- Qu'est-ce que tu fous, putain ? - A terre !

- Calme-toi.

Calme-toi.

- Je vais vous exploser la tronche !

Montez dans vos caisses et tirez-vous !

- Vous êtes devenus dingues ?

Ca va pas ?

- Nikolaj !

- Je vais lui parler, d'accord ?

Nikolaj, qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

- Je veux que tu dégages.

- Pense à ma famille. Il va nous arriver quoi ?

- Reviens plus. - On va devenir quoi ?

- T'as pas intérêt à revenir !

- Et ma famille ?

- Voilà.

- T'es devenu fou ? - C'est bon, détends-toi.

Ils reviendront pas.

Il faut juste se faire comprendre. - Comprendre ?

- C'est comme ça, maintenant.

Quand t'appelles la police, ils mettent des heures à venir.

Le pays doit s'y habituer.

Les flics gèrent les manifs. On est seuls.

Ils iront chercher leur fric ailleurs.

Je vais checker la porte.

- Je vois plus personne.

- Ils reviendront pas.

Tu te souviens que je prends l'avion demain après avoir vu Jacob ?

- Demain ?

Merde, c'est vrai.

Ca tombe mal. C'est si important que ça ?

- La Norvège ne prend que la moitié des handicapés.

Je dois régler ça.

- C'est de la folie ce que t'as fait.

- Oui.

Oui, mais ils sont partis.

Je l'ai fait pour toi.

Sinon, t'aurais filé notre fric à ces tarés.

L'idée, c'est de l'utiliser pour fonder une famille.

Et c'est un beau projet.

- Bonjour, Lucas.

Ravi de te rencontrer.

Je m'appelle Allon.

Tu veux toujours jouer au foot à Liverpool ?

- C'est mon rêve.

- J'imagine. Viens.

On va parler.

- En temps normal, on vous ferait venir pour un essai.

Mais avec les changements qu'il y a ici, on fait autrement.

Il y a des questions logistiques à régler.

Si jamais il est pris.

On veut voir d'autres matches.

On devrait pouvoir

accélérer l'intégration à l'académie.

Dans d'autres circonstances,

il aurait eu le droit de vous emmener avec lui,

vous auriez obtenu un permis de séjour. Mais...

Mais les visas sont plus durs à obtenir pour les Danois

depuis l'annonce du gouvernement.

J'ai donc besoin d'informations complémentaires.

Quelle est votre profession ?

- Je suis hôtesse d'accueil dans une entreprise

qui fabrique des baskets.

Mais ils vont arrêter bientôt.

- On voudrait vous aider à trouver un logement.

Vous disposez de quel budget ?

- De quel budget ?

Je croyais que vous...

Euh...

J'ai pas trop les moyens.

Il faudrait pas que ce soit trop cher.

- On vous aidera à faire des demandes de bourses

et d'allocations.

- Lucas peut y avoir droit. - Oui.

- Ca vous aidera à couvrir les frais.

Mais si vous n'obteniez pas de visa

et qu'on trouvait une bonne famille d'accueil à Lucas,

pas loin de l'académie, vous le laisseriez partir seul ?

- Euh...

- Je crois qu'il aurait une vie bien meilleure en Angleterre.

- Je sais pas quoi dire.

Je peux y réfléchir ?

- Bien sûr.

- Oublie pas de rester en pointe, comme ils t'ont dit.

Je pense qu'ils vont se décider aujourd'hui.

- C'est bon ! Vers l'intérieur ! Coup de sifflet

- Y a coup franc !

Arbitre ! - Du calme.

Du calme. 6, par ici. - N'importe quoi.

On se replace ! - Lucas ! Lucas !

C'est toi qui tires. - Oui.

- Tu passes vers l'avant à Hjalte, OK ?

- Restez bien à vos postes, devant.

Coup de sifflet

Cris de joie

- Bravo, t'es le meilleur, Lucas !

Cris de joie

- Yes !

Trop fort.

Musique douce

...

Bip

*- La relocalisation se déroule comme prévu.

L'Europe de l'Est envisage toujours d'accueillir de nombreux Danois.

D'autres pays ont réduit les quotas initialement prévus. La Norvège

a fait savoir que contrairement à ce qui était convenu,

elle ne pourrait pas accueillir tous les ressortissants

à besoins spécifiques.

Soupir

- Bonne chance à tous. - Merci.

Bonne chance à vous aussi.

Lars et Lise s'en vont. - Déjà ?

- Chérie, ils s'en vont.

- Au revoir. Bon voyage.

- Ils s'en vont déjà ? J'ai un truc pour eux !

- Papa, ils arrivent quand ?

- Vous partez déjà ? Attendez.

C'est pour vous. Bon voyage.

- Tu me laisses ton carrelage ? - Prenez soin de vous, les enfants.

- Vous partez sans Tao !

Ils l'ont fait piquer ? - Oui.

Salut !

On frappe.

- Salut. - Salut.

- Bienvenue. - Merci.

- Tu veux un café ? Laura ?

Ta mère est là.

- Merde. Il y a ta mère. - Continue.

- Laura !

- Merde. Rires

On arrive dans 2 secondes.

Ca va ? - Oui.

- Elle est là ? - Viens, mon coeur.

- C'est bien que t'aies pu venir.

- C'est quoi ? - Installe-toi.

Je fais du thé.

Installe-toi à côté, je t'apporte ça.

- Salut, maman. - Salut, chérie.

- Ca va ? - Salut, Fanny. Ca va ?

- Regarde,

c'est les apparts que la boîte de Gilles nous a trouvés.

Il est emballé, il veut une collaboration

entre mon entreprise et la sienne. Il serait l'investisseur.

Mon permis de travail sera bientôt en règle.

Le plan, c'est créer une boîte française

qui nous emploiera tous.

Sinon, pas de permis de séjour et on finira tous à Bucarest.

- Tu en es où, Elias ?

- Il va te falloir une garantie financière. Et t'as pas de billet.

- Je devrais avoir un visa longue durée, comme Laura,

et je dois fournir 2 700 euros de garantie,

vu que je suis étudiant.

Ma mère va m'aider, elle a trouvé un boulot en Finlande.

- Faut demander ton visa pour la France.

Un ami de Nikolaj s'occupe du juridique.

Nik ?

- Il a bricolé un contrat de travail

pour vous, dans la boîte de Jacob.

On a fait la même chose pour notre père et sa femme.

- Ca suffit pour un permis de séjour ?

- Oui. C'est un montage un peu particulier.

Vous serez à la fois l'employé de Jacob et de Gilles Benni.

Grâce à ce contrat, vous pourrez demander un permis de travail.

- J'en ai parlé à Gilles, il trouve que ça tient la route.

- Mais c'est un peu délicat.

- Alors...

Tu en dis quoi, Fanny ?

- Oui...

Enfin, non.

C'est pas la peine de vous embêter pour moi.

- Comment ça ?

Je comprends pas. Que veux-tu dire ?

- Je suis très touchée que vous vouliez m'emmener, mais...

c'est pas réaliste.

- Pourquoi ?

- Je crois qu'au début, j'avais pas conscience de tout...

mais là...

Je pense aux aspects pratiques.

Si je viens avec vous à Paris,

l'offre de relocalisation à Bucarest sera annulée.

Mon avenir dépendra du montage de ta société.

Si ça donne rien, il se passera quoi ? Je serai...

je serai à Paris sans logement ni titre de séjour.

Je serai livrée à moi-même. - Oui, mais...

On a un plan, je sais que ça peut fonctionner.

- C'est gentil, mais...

c'est trop risqué.

- Toutes les deux, on fera comment ?

- Chérie, on sait pas ce que l'avenir nous réserve.

OK ?

Mais toi, il faut absolument que t'y ailles. J'y tiens.

J'ai aussi pensé

à l'argent que je te dois, Jacob.

J'en ai qu'une partie.

En espèces, ça paraît beaucoup.

Mais on n'a plus le choix. - On n'en veut pas.

C'est pas le sujet.

- Non, mais j'insiste.

- On veut que tu viennes. - Je viendrai pas.

- Maman ! Maman !

On pourra plus voyager facilement. Comment...

On fera comment ? On se verra plus ?

- Laura...

Ecoute-moi. Tu es une jeune femme.

Tu dois penser à toi.

Ton père a suffisamment de problèmes.

Il a pas à s'occuper de moi.

J'y vais, ma puce.

Musique mélancolique

...

- Bonjour à tous. - BONJOUR.

- J'espère que vous avez passé un bon week-end.

- On va dire ça.

- Vous vous en doutez, la majorité des enfants

qui sont encore là n'ont aucune envie de partir.

...

- Bonjour, Christel.

Vous arrivez tôt.

- Je dois parler à Lucas.

Ce serait bien que tu sois là pour éviter une crise.

- Lucas.

Viens. Ta maman est là.

- Pourquoi tu viens si tôt ?

- Euh...

J'arrive du club. Et c'est bon.

Les gentils messieurs anglais

ont sélectionné Lucas, il sera logé et tout.

- Waouh ! T'as été pris ! C'est trop bien.

- C'est super.

Et tu pars le 1er octobre.

- C'est génial. Tu me l'avais pas dit.

- C'est parce qu'il était inquiet.

Il savait pas si je pouvais l'accompagner ou pas.

Chéri...

maman va pas venir avec toi.

- Pourquoi ?

- Les gens de l'académie ont été très sympas,

mais les autorités anglaises

me donneront pas de permis de séjour.

Ils font plus de regroupement familial.

Et pour les boulots, ça n'a pas marché.

Musique grave

Chéri, on peut essayer pour une saison et on verra.

Il sanglote.

...

...

- Rassemblement !

- Lucas, viens. Rassemblement. - Tous au réfectoire.

- Hé, Lucas,

j'ai pensé à un truc.

Je t'ai vu jouer au foot plusieurs fois.

Ca se voit que ça te rend heureux.

Si tu continues, tu vas devenir encore meilleur

et sûrement super riche aussi.

Mais l'important, c'est ce qu'on fait de son argent.

Tu pourras acheter une grande maison

où ta maman et tes copains pourront habiter avec toi.

Tu imagines le truc ?

Tu vas beaucoup me manquer, Lucas.

Ma petite boule de cristal.

- Tu crois qu'on va se revoir ?

- J'en sais rien.

Viens.

C'est quoi ? Une luge ?

- Oui. Et c'est toi, dessus.

- Je t'ai déjà parlé de ma luge ?

- Non.

Ca, c'est ton père.

- Et là, c'est qui ?

- C'est quelqu'un qui est mort.

Ou quelqu'un qui est tombé.

Ou peut-être quelqu'un qui dort.

- Lucas, qui est-ce qui est mort ?

- Je sais pas. C'est juste un dessin.

- Tu vois vraiment des choses comme ça ?

Il acquiesce.

- Ouais, des fois.

- Laura, Lucas, vous venez ?

Laura, tu viens ?

- C'est ma mère.

- Avelina. - Oui ?

- Où vous allez, avec ton papa et ta maman ?

- On va au Canada.

- C'est super !

Ca a l'air génial là-bas.

Filippa !

- Je vais en Turquie.

- Non, tu vas en Tchéquie, je crois.

A toi, Billie. - Je vais en Pologne.

- Moi aussi. - Vous allez vous revoir.

- Et toi, Adam, tu vas où ?

- Je vais avec mon père et ma mère.

- Oui, mais dans quel pays ?

Moi, je vais en Bulgarie.

- Un pays où ils ont du bon chocolat.

- La Suisse ?

Et toi, Laura ? Tu sais où tu vas ?

- Euh... non, pas encore.

- OK. - Tu devais pas aller en France ?

- Si, mais...

- Tu vas nous manquer.

Pas vrai ? - OUI !

- Uma ? Où est Uma ?

- Uma vient plus.

- Ah oui, c'est vrai.

Lucas ?

Tu pars où ?

Allô ! - Allô, quoi ?

- Tu sais où vous allez vivre en Angleterre avec ta mère ?

- Non. Je sais pas.

- Tu vas habiter...

- Je vais habiter nulle part.

- Pourquoi tu dis ça ? Tu pars bien en Angleterre ?

- Ta gueule.

- Non, Lucas. - Parle pas comme ça.

- Ta gueule ! - Lucas !

On en a parlé.

- Ta gueule ! Ferme ta gueule ! Vos gueules !

Ta gueule ! - Hé !

Non, Lucas. Hé !

Arrête. Stop.

- Lâche-moi ! Lâche-moi ! - Arrête, Lucas.

Non ! Calme-toi, maintenant ! Lucas !

- Ta gueule ! - Non !

Lucas !

Non, les enfants. Non.

Il n'y a rien à voir. Venez, il est sorti.

- Ca va, chérie ?

T'arrives pas à dormir ?

Où est Elias ?

Il est en bas ?

- Oui, il s'est endormi.

- Ca va pas ?

- Amalie...

J'arrive pas...

Je peux pas laisser maman seule.

- Quoi ? - Je dois partir avec elle.

- Non, tu peux pas faire ça.

- Mais elle est toute seule.

Nous, on est ensemble. Et elle...

- Mais, Laura...

- Quelqu'un doit s'occuper d'elle.

Soupir

Je lui ai reparlé. Elle ose pas venir avec nous.

Elle pleurait. Elle était trop mal.

- Je comprends ça, mais...

Soupir

T'as pensé au côté pratique ? Au permis de séjour.

Et tes études. T'y penses ?

- Non, pas encore.

Tu peux m'aider à trouver des solutions ?

S'il te plaît, dis rien à papa.

Je veux prendre ma décision d'abord.

Dis rien à Elias non plus.

Il a super envie d'aller à Paris

et ils le laisseront pas venir en Roumanie

vu que sa famille est en Finlande.

Je suis perdue.

- OK.

Tu peux compter sur moi, bien sûr.

Mais Laura...

promets-moi de bien réfléchir à tout ça.

Sonnerie de téléphone

Salut, chéri.

*- Tu vas chercher Mikkel ? - C'est ton tour.

- OK.

Mais t'es où ?

- Je suis en ville.

*- Tu es avec Laura ?

- Quoi ? Non.

* Non, mais je crois qu'elle peut pas non plus.

A tout à l'heure. Bisous.

- Les quotas

sont presque atteints pour Bucarest, malheureusement.

Je peux remplir le formulaire pour vous.

Votre mère devra confirmer que vous logerez ensemble.

- Et si Laura décide d'aller ailleurs finalement ?

- J'ai un visa pour Paris. J'ai été acceptée à l'université.

- Vous perdrez les aides auxquelles vous avez droit

et vous devrez prendre en charge les frais.

- Il n'y a pas de moyen permettant d'aller d'un pays à l'autre ?

- Non.

C'est la jungle, avec les nouvelles règlementations.

Je peux envoyer la demande, mais...

Avec Bucarest, vous perdez le visa français.

Et votre place à l'université.

Alors, Laura ?

Vous choisissez quoi ?

- C'est vraiment dommage que tu refuses

une place à la Sorbonne.

Tu as un bel avenir devant toi.

Je vais me renseigner sur Bucarest, mais réfléchis bien.

Si tu paies ton voyage, comment paieras-tu le reste ?

- Désolée, je peux lui parler ? - Oui.

- Qu'y a-t-il ?

- J'ai appelé.

Il reste que six places sur le ferry de ta mère.

- On peut acheter un billet ?

Je veux acheter un billet.

- Tu es sûre ?

- Oui.

- OK.

*- La vie est pleine de paradoxes, nous le savons.

Vibreur

Alors nous constatons avec stupéfaction

tout en voulant protéger...

*- Salut.

- Salut, chéri. Tu as les clés ?

C'est fermé et j'ai la flemme de descendre.

*- J'ai mes clés. Tu fais quoi ?

- Je regarde encore la messe. C'est fou, ce qui arrive.

Y aurait pas moyen de partir plus tôt ?

Ils en disent quoi ?

*- Je sais pas encore, il faut qu'on en discute.

- OK.

Pense à fermer à clé derrière toi.

Coups au loin *- Comment ça ?

Je suis à Bucarest, chéri. Je rentre que demain.

Je te rappelle ?

- Oui, à toute.

Coups *- Personne n'est à blâmer.

Nous assumons les conséquences aujourd'hui.

Bruissements

...

(- Ouais, ça marche.)

- Attrapez-le !

Chope-le !

- Arrête ! Stop ! Stop ! Bouge pas.

Tu restes là.

Où est le fric ? Réponds. Chut !

Ta gueule, moins fort. Sinon, on va se faire choper.

- Bouge pas. Reste où t'es.

- Il est où, l'autre ?

Il est où, putain ? - Il est pas là.

- Où est le fric ? - Peut-être en haut.

Réponds !

Putain ! - Va voir.

- Où est le fric ?

Le fric, putain !

Et le connard qui nous a tiré dessus ? A terre !

Il est là-haut ou pas ?

- Il s'échappe ! - Reste là !

- Chopez-le, putain ! Merde !

- Arrête-toi !

Cris

- Reste là, connard !

- A l'aide ! - Arrête de bouger.

- Reste tranquille. Ta gueule !

Tais-toi ! - La ferme.

- On veut juste l'argent.

Donne-nous notre argent et on se barre.

On veut notre fric, OK ?

C'est tout.

- Va te faire foutre. Hurlement

- Il va fermer sa gueule ? J'en peux plus.

- On va te faire taire, enfoiré. Viens.

Tenez-le.

- Il va rester tranquille.

Magnez-vous, on va fouiller.

- Tu la ramènes moins. - Au premier étage !

Râles

- Il se barre ! - Merde !

- Rattrapez-le ! - Venez !

Respiration haletante

...

- Oh non, merde...

Merde... les enfoirés !

C'est pas possible, putain.

Sanglots

*- Vous êtes sur le répondeur de Nikolaj Engberg.

Laissez-moi un message ou envoyez-moi un SMS.

- Nik, c'est moi.

Ces gros porcs sont revenus cette nuit.

Rappelle-moi.

Ouais !

Sales connards !

Ouais !

Attention, il y a des bouts de verre.

- Oui, je vois ça.

- Ils ont ouvert le coffre de papa.

- Ils l'ont défoncé.

Incroyable.

T'en fais pas, je vais arranger ça.

- Génial. - Je m'en occupe.

- Je me demandais si tu pouvais rester un peu.

Nik est en déplacement. C'est pour ça que j'ai appelé.

- Désolé, Henrik, mon fils se marie demain.

J'ai des trucs à faire.

Mais je commence à ranger un peu.

Une heure ou deux. - Merci.

- Attends.

Regarde ça.

C'est pour mon fils et sa fiancée. - Waouh !

Avec des diamants et tout !

- Il veut se marier au Danemark. Alors on a fait vite.

- Oui. Félicite-le de ma part. - Merci.

Mince, ils t'ont pas loupé.

Henrik,

il faut pas avoir peur. - Non.

- Je pense pas qu'ils reviendront. - Oui.

- Allez, je vais m'y mettre.

- Merci.

- Mon chéri... - Aïe !

- Fais-moi voir.

- Ils m'ont coincé avec la vitre. - Merde. Merde.

Soupir

Ca va beaucoup trop loin.

Il vaudrait peut-être mieux lui donner ce qu'il veut.

- Pas question de lui donner quoi que ce soit.

Je sais ce qu'aurait dit ma mère.

"Peter est perturbé par ce qui se passe.

"Il est un peu perdu.

"Sois gentil avec lui."

C'est bon, je crois que j'ai assez donné.

J'ai pris des claques.

Je me suis excusé.

Et il envoie ces gars me tabasser.

Je veux plus me laisser faire.

C'est fini.

- Regarde-le. Il la laisse assise dehors.

Il sait pas s'occuper de sa mère.

- Quoi ? Tu veux qu'on l'aide ?

- Ils veulent pas qu'elle entre. Ils l'emmèneront pas.

- Quoi ?

- Il fait ça en douce. Il la met à l'écart.

Ca me dégoûte. - Mais...

Où elle va aller ?

- Ils vont l'abandonner.

C'est horrible. - Laura, tu viens ?

- Je reviens.

Vibreur

- Salut, maman. Ca va ?

*- Bonjour, mon grand. Ca va et toi ?

- Ca va. J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - On stocke pas d'affaires.

Et on va laisser la voiture.

On reviendra la chercher quand on sera installés.

- Amalie, ça va ?

Tu fais une drôle de tête.

- Henrik a été agressé. - Mais non ?

- Si. - Si, et...

Ils osent pas avertir la police, de peur qu'ils découvrent des trucs.

Ils ont pas la conscience tranquille.

Entre le fait d'avoir révélé des infos confidentielles

du ministère et...

d'avoir illégalement fait passer du cash, ils cumulent.

- C'est n'importe quoi partout.

Trois maisons dans la rue ont été cambriolées.

Ce matin, quelqu'un repérait s'il pouvait entrer par la cave.

Une seconde.

Ma grand-mère est là et on doit aller chercher Mikkel.

- Je reviens. - Qu'est-ce qu'il fout ?

- Ca va, toi ?

- Et toi ?

- J'ai eu la réponse du service de relocalisation. Pour ma demande.

- OK, vas-y.

- Je peux partir avec ma mère.

- OK.

- Ouais. Mais j'ai rien dit à Elias.

- Je vois.

- J'ai pas fait la validation. Je pourrai le faire depuis le ferry.

- Oh...

J'ai trouvé les papiers. Je vais faire du café.

- Merci, tu es un amour.

- Salut. - Bonjour.

- Ma mère te passe le bonjour.

- Ca a été ?

- Euh...

Je lui ai dit que j'étais pas pris à la Sorbonne.

- Ah non ?

- Mais je suis pris à PSL.

Une autre université à Paris, elle est trop bien aussi.

- C'est génial. - Oui, on va à Paris !

Attends, je vais faire un truc.

- Quoi ? Elias, tu fais quoi ?

- Bonjour. Vous voulez pas entrer ?

- On est très bien, ici.

- Vous voulez vous envoler ? - J'aimerais.

- Laisse-la.

- J'ai entendu parler d'un café. - C'est gentil.

- Ca nous ferait du bien. - T'es trop fort.

- On le boit à l'intérieur.

- Je trouve ça normal. C'est super.

- Je suis d'accord. - C'est génial.

- Laura et moi, on a créé

une asso pour la sauvegarde de la culture danoise.

Pas que la cuisine.

Ses traditions, sa littérature et tout.

- Oui. A nous !

- Oubliez pas les chansons. C'est important.

Chant en danois

- Arrête, Jacob. Tu chantes faux !

- Arrêtez de vous la péter. - Moi, je chante juste.

- C'est vrai. Laura me l'a dit.

Respirations haletantes

...

Musique douce

- T'es où, là ?

- Avec toi.

...

- Salut, ma puce. - Salut.

- Il est super tôt.

Je suis contente, mais tu devais pas venir lundi ?

- Si, mais...

j'avais envie d'être avec toi.

- T'es trop mignonne.

Il faut que je me fasse un café, je suis pas réveillée.

Ca va, chérie ?

Laura ?

- Je pars avec les autres à Paris. - Oui.

Je sais ça.

- Oui. Mais c'est pas drôle. Ca craint.

- Non, je sais.

C'est pas drôle.

Je vais faire un café.

Elias part bien à Paris avec toi ?

- Ouais.

Soupir

- Attends, je vais aller enfiler un truc.

Musique mélancolique

...

- Putain, c'est eux, ils reviennent !

Fait chier. Merde ! Merde !

Ils arrivent.

Je vais chercher les fusils s'ils défoncent la porte.

- Ils le feront.

- On reste planqués ici ?

- Ils savent qu'on est là. - Putain.

Merde, merde, merde. OK.

- Arrêtez la voiture !

- Si vous sortez, je vous explose !

- Arrêtez la voiture !

- Faites demi-tour !

- Arrêtez la voiture !

- Barrez-vous ! N'approchez pas.

- Arrêtez ou je tire, putain !

- Qu'est-ce que t'as fait ?

Je crois qu'il était seul.

Il bouge plus.

Va chercher une bâche.

On le met dans le coffre et on le fait disparaître.

- Tu vois qui c'est ?

- Je connais pas.

- Si Dieu est bon et tout-puissant,

comment peut-Il nous abandonner et nous obliger à dire adieu ?

Adieu à tout ce que nous aimons ?

C'est une question que beaucoup se posent.

Dieu essaie de nous rappeler

que la vie humaine est aussi faite de souffrances et d'épreuves.

C'est dans la souffrance qu'Il est proche de nous.

Car Lui-même a souffert.

Il y a un temps pour chaque chose.

Nos souvenirs nous accompagneront.

- C'était moi ?

C'est moi qui ai tiré dans le pare-brise ?

- On était tous les deux.

- Les souvenirs

sont comme un voile qui relie

et protège les événements de notre vie.

- Je crois que c'est assez profond.

Il faut pas oublier de baisser les vitres.

- En Islande, les souvenirs sont appelés "la vie des morts".

Dorénavant, nous pourrons dire que les souvenirs

sont la vie du Danemark.

Souvenons-nous de tous ceux

que nous aurons laissés dans leur tombe.

De tous les morts que nous n'aurons pas pu emmener.

Chant religieux

...

Sous-titrage TITRAFILM

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