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---
- Seule la Première ministre sait ce qui va se passer.
Vous savez que vous êtes soumis au secret.
Proches inclus.
- Je vais tenter un truc dingue avec un mec.
- Tu vois, quand tu veux.
- Il s'appelle Elias.
Tu veux entrer ? T'es pas venu pour ça ?
- Le Danemark est à basse altitude.
Les protections sont inutiles.
Il faut partir.
- Ils vont évacuer le pays.
On doit vendre et partir à l'étranger.
Respire !
- Tu vends sans prévenir ?
- Tout s'effondre.
- Et mon frère ?
- Comment ça ?
- Je veux pas de conseil. Tu mijotes quoi avec l'autre pédé ?
*- Le gouvernement a décidé l'évacuation
progressive du Danemark
pour relocaliser les Danois
avant que l'Europe ne ferme ses frontières.
Sirènes et klaxons
*- Aujourd'hui mercredi 7 juin, 5 jours après l'annonce,
des perturbations secouent tout le pays.
Cris de la foule
Des manifestations anti-exit ont été annoncées,
les gens dévalisent magasins et distributeurs
ce qui provoque des problèmes de circulation.
Plusieurs pays de l'UE ont annoncé
des contrôles aux frontières renforcés
et les permis de séjour deviendront obligatoires.
Par crainte de la fermeture, de plus en plus de Danois
fuient le pays avant l'obtention du précieux document.
Klaxons
*- Le service de l'émigration rappelle que ceux qui suivent
le programme officiel obtiendront leur permis de séjour.
Ceux qui partent par leurs propres moyens
devront se procurer leur permis de travail,
leur autorisation d'entrée sur le territoire
et leur permis de séjour.
Klaxons
*- Le ministère de l'Economie
recommande à la population de ne pas vider ses comptes.
Les banques continuent de fonctionner.
- C'est quoi, ça ?
*- La police demande d'éviter la voiture...
- Allô ?
*- Rising & Son arrête pas d'appeler.
- C'est bon. Ils ont qu'à venir...
*- Je leur ai parlé... - Ferme ta gueule !
Le Danemark est en panique
et ils cassent les couilles avec leur carrelage.
Tu vas appeler mon frère. Sinon j'irai sonner chez lui.
Rien à foutre s'il est en train de baiser.
Ouais, ouais, ça va.
Fait pas chier, ferme ta gueule.
- Vous pouvez pas rester là !
*- Le Danemark ne sera plus un pays à proprement parler,
mais une zone d'activités industrielles,
remplie d'éoliennes, de panneaux solaires...
Et les Danois ? Présentez-nous les phases de relocalisation.
*- Oui. Les choses sont prévues de la façon suivante :
Pendant la 1re phase qui est en cours,
ceux qui peuvent financer leur départ le font.
Cette étape se poursuivra.
La 2e phase, la relocalisation financée par l'Etat,
aura lieu d'août à janvier.
Ensuite, la 3e phase...
- Bonjour. OK, on y va. - Oui.
*- ...entre janvier et avril. On frappe.
Enfin, la dernière phase,
la relocalisation des services de secours aura lieu
au mois d'août de l'année prochaine.
- Bonjour. Ton père est là ?
- Euh... Papa ?
Papa ! - Oui ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. Je suis l'avocat de M. Lars. Nous essayons
de vous joindre par mail et téléphone depuis plusieurs jours.
On est venus pour parler,
mais on peut aussi aller voir la police.
- La police ? Qu'auriez-vous à dire à la police ?
- Tu le sais très bien, connard.
- On se détend. Nous sommes tous à cran.
- Qu'y a-t-il ?
- Vous avez vendu votre maison 1,7 million sous sa valeur
juste avant l'annonce, avant que le marché ne s'effondre.
Ca pourrait intéresser les autorités,
ça ressemble à un délit d'initié.
- Un délit d'initié ? Non. - Si.
Tu le savais, c'est sûr.
Qui t'a prévenu ? Tu connais quelqu'un.
- Nous avons annulé la vente. - Quoi ?
Une petite seconde.
J'ai mis la maison en vente, vous l'avez achetée.
On a signé un compromis. - On a six jours de rétractation.
Tu connais pas la loi ?
T'es débile ou tu le fais exprès ?
- Je savais rien. J'ai juste mis ma maison en vente.
En baissant le prix...
La banque a remboursé la somme du compte-séquestre, donc...
- Alors qu'est-ce que vous foutez ici ?
- Mon client veut une explication et que vous assumiez les frais.
Si vous acceptez de signer ce document,
nous classerons l'affaire.
- Veuillez sortir. - Comment vous avez su ?
- Allez-vous-en. - Simple curiosité.
- J'ai plus rien.
Je peux rien vous donner. Sortez.
- Hé ! - Arrêtez !
- Tu cherches quoi ?
- Je veux que tu signes ça.
- Tu veux te battre ? - Signe.
Tu veux qu'on se batte devant ta fille, c'est ça ?
- Sors de chez moi. - Venez, Lars.
- Pauvre type.
- C'est quoi, ce bordel ?
- On vient de tout perdre.
J'appelle Nikolaj. - On va faire quoi ?
Sonnerie
Vibreur
...
- Allô ? *- Nikolaj, tu peux parler ?
- Jacob, je suis occupé, là.
*- Je viens de parler à un avocat qui m'a accusé de délit d'initié.
- Quitte pas.
Désolé, je dois prendre cet appel.
T'as parlé à qui ?
*- J'ai rien dit à personne. Panique pas.
- Merde !
- Nikolaj, on a plus rien.
On a tout perdu.
J'avais tout investi dans la maison.
- C'est la merde, je sais, mais vous êtes pas les seuls.
Tout le pays part en vrille.
*- J'ai plus de revenus et ta soeur non plus.
- Jacob, je sais pas...
- Elle va arriver. Je dois te laisser.
Salut.
- Salut.
- La vente est annulée.
Tout ce qu'il nous reste, c'est ce qu'on a à la banque
et les espèces.
Ecoute...
on est bons pour le programme de relocalisation.
- T'es sérieux ? - Seuls, on peut rien financer.
- Tu veux pas appeler Gilles ?
Voir avec lui.
- A Paris ? - Je peux pas.
- Il faut que tu ailles le voir.
- Ca coûte une blinde. - Les billets s'envolent.
Tout le monde part.
- Un billet, ça coûte...
Ah oui.
Ca coûte un dixième de ce qui nous reste.
- Je pense que ça vaut le coup.
Si tu veux qu'il t'embauche pour qu'on s'installe là-bas.
- Oui.
Faut vérifier si on aura un permis de séjour.
Je sais pas si ça suffira que j'ai un boulot.
Tu as vu avec la Sorbonne ?
- C'est ta fille, elle aura un permis.
- Elle a plus de 18 ans. - Mais elle vit ici.
- Ton frère a dit que pour le permis de séjour, faut être étudiant.
Tu voulais t'inscrire en histoire, non ?
- Je peux faire une demande avec les nouvelles règles,
mais faut un dossier béton
et des super notes à l'examen. - T'y arriverais ?
- Tu pourrais faire embaucher Laura.
- Je peux pas faire embaucher toute ma famille comme assistants.
- Ton père et Lene ? - Au moins ta fille !
- Du coup, je pourrai plus pour mon beau-père.
- Il passe avant moi ? Et maman ?
- J'en sais rien ! Comment tu veux que je sache ?
On arrive déjà pas à s'occuper de nous.
Je vais pas en plus m'occuper de ta mère.
Soupir
- Et merde ! Putain, fait chier.
- Vous avez des antécédents psychiatriques, c'est exact ?
- Oui, mais c'était y a longtemps.
J'ai un doctorat en neurobiologie. J'ai enseigné la génétique
avant de devenir journaliste.
Je suis en arrêt maladie.
J'ai fait un burn-out. Je dois éviter d'écrire.
- Avec un handicap physique, il y a la Norvège.
Ils accueillent 25 000 personnes atteintes d'une maladie chronique.
- D'accord...
- Mais la dépression n'entre pas dans les critères.
Je peux vous proposer une relocalisation en Roumanie,
aux environs de Bucarest. - Bucarest ?
- Beaucoup de Danois iront là-bas.
- C'est super loin.
- Il y aura huit personnes par appartement.
On essaie d'améliorer ça.
Vous aurez un logement avec l'eau courante,
à proximité d'espaces verts, pour profiter de la nature.
- OK. - Est-ce qu'on pourrait...
faire en sorte que ma mère vienne avec ma famille
à Paris ?
C'est une journaliste scientifique très réputée.
Elle a reçu des prix.
Si elle se remet à écrire, elle aura plus besoin d'aide.
- On pourra pas lui obtenir de permis en France.
Vous n'appartenez pas à la catégorie qu'ils accueillent.
C'est un quota très limité.
Ils ont accueilli beaucoup de Néerlandais.
Il faut justifier d'un revenu minimum assez élevé,
d'un contrat de travail.
Et d'un certain montant sur son compte.
Avec cette voie, vous n'aurez plus les aides publiques.
Autrement dit, vous sortirez du système.
- Mais...
si l'aide pour Paris revient moins cher qu'aller en Roumanie ?
- S'il vous plaît.
- Si les aides étaient pour aller où on veut,
on pourrait plus aider les gens qui en ont besoin.
- Comment on fera pour se voir ?
Elle est en arrêt. Elle a besoin d'aide.
- Etant donné la situation de notre pays, j'ai peur
que rendre visite à ses proches devienne compliqué.
On devra demander des visas pour la plupart des pays.
- Qu'est-ce qu'on doit faire ?
- Les choses sont compliquées.
- Ca va aller. Ca va aller, ma puce.
Regarde-moi.
On va trouver une solution.
Toutes les deux, on s'en sort toujours. On reste ensemble.
Ca va aller.
OK ? - Oui.
C'est aussi ce que papa a dit.
- Les salles d'examen vont ouvrir dans quelques minutes.
Merci de patienter dans le hall.
- T'as oublié un truc, non ?
Oui, t'as oublié un truc.
De te détendre.
Alors, tu sais où vous partez ?
- Peut-être à Paris.
Ma mère veut que je m'inscrive à la Sorbonne.
- La Sorbonne ? Stylé !
- Oui. Du coup, faut que je gère de ouf.
Faut que j'ai une bête de moyenne.
Et toi ?
- J'essaie de convaincre mes potes de partir en Finlande.
Je suis à moitié finlandais.
Ma mère vit là-bas. C'est plus pratique.
Et ta mère ?
- Je sais pas où elle va aller.
Même elle, elle sait pas.
- Alors pourquoi on partirait pas en Finlande ensemble ?
Tu veux venir avec nous ?
- C'est bon, vous pouvez entrer.
- Non.
- Tu me diras.
- N'ouvrez pas ! Vous ouvrez à personne aujourd'hui.
Anders, tu m'as raccroché au nez !
- Corfix allait acheter rue Amalie
en pensant que ça serait plus long.
Mais ils se sont rétractés.
La banque fournit plus de garanties.
Sonnette - Quoi ?
Quoi ?
On va devoir fermer. - Oui. Il y a autre chose.
Ton frère... il a vendu.
Il a quasi tout vendu. Alors il rappelle pas.
J'ai eu Elberg au téléphone. Il m'a confirmé qu'il a vendu
quelques jours avant l'annonce.
Sonnette
- Il était au courant.
Quel petit enfoiré !
Sonnette
C'est ton frère. T'as dit de pas appeler,
mais j'ai besoin d'aide.
Rappelle-moi quand t'auras ce message.
- Peter.
Peter.
Il faut décider quoi faire. - Appelle mon frère non-stop.
Si la banque nous aide pas, il devra payer pour nous.
- Arrêtez cette sonnette !
- Qu'est-ce qu'il fout ?
Ouvre pas cette porte !
J'ai dit de pas ouvrir, putain !
Pourquoi tu fais entrer des gens ? J'ai dit de pas le faire !
Putain ! - Peter !
- Qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi ?
Qu'est-ce que tu fous, Gorm ?
Je t'ai dit de pas venir.
Et tu te pointes avec tes gars ?
- Tout est écrit. - Quoi ?
- C'est la facture.
- On n'avait pas rendez-vous.
Je t'ai dit de plus te pointer ici.
Encore moins avec ta bande.
- J'ai travaillé pour ta famille pendant 16 ans, Peter.
Je peux pas les payer. - T'as rien à foutre ici.
Casse-toi. Viens pas chialer. - C'est quoi, ton problème ?
Cris
- Arrêtez ! Calmez-vous.
- C'est bon, ça sert à rien de s'énerver.
On va trouver une solution.
Cris mêlés
...
- Va te garer au fond. Personne doit savoir qu'on est là.
Oui. Désolé, c'est mon frère.
Il pète un câble. - Merde.
- Tout le monde devient fou.
- S'ils enquêtent sur moi,
ça remontera à vous.
- Alors arrête tes messages.
- Oui. - Et arrête d'appeler.
- J'ai compris.
Il se passe quoi avec ton frère ?
- Il va tout perdre. - C'est vrai ?
- Il a découvert que j'avais vendu avant.
Il est dans un délire où...
ce qui est à moi est à la famille, donc à lui aussi.
Enfin bref...
On a quelque chose à t'annoncer. On a des projets.
Quand Nik aura fini, ici, on s'installera à Reading.
Ensuite, on aimerait avoir un bébé.
- Non ? - Si.
Nikolaj a parlé à Jane et Amanda et elles sont partantes.
Elles étaient contentes. Te marre pas.
- Pardon, c'est parce que tu chiales.
Désolé, c'est vraiment génial !
Vous allez être papas. Il faut appeler Amalie.
- Non, il faut d'abord qu'on mette les choses en place.
Tu pleures encore ? - Je sais pas pourquoi.
Ca doit être l'âge. Je comprends pas ce que j'ai.
- Félicitations, putain !
C'est fantastique. - On va trinquer.
- Bonne idée.
- A la santé des papas.
- Je devrais pas, je conduis.
- Danilo te ramènera. Ou tu restes ici.
- Danilo ? - Et tu picoles avec nous.
- Il nous aide ici.
- Le délire.
- Arrête de te marrer.
- Je me marre pas. - Si, tu te fous de moi.
Rires
Il y a quelqu'un dehors ?
- Non, mais j'ai cru.
- Sûr ?
Tout à l'heure, j'ai vu quelqu'un dans les buissons.
Je sais pas si c'était mon frère.
- Tout le monde est fou.
Les gens sont prêts à tout pour trouver de l'argent.
Même la police a du mal à tenir ses hommes.
- Nik a descendu les fusils.
- Quoi ?
T'es sérieux ?
- Tu devrais lui donner le 9 mm.
- Le 9 mm ? - Oui.
C'est une arme de poing.
- Une arme de poing ?
- Les gens pètent les plombs. - C'est utile ?
- Y a pas que mon frère. Tout le monde. Même à l'étranger.
T'as entendu en Pologne ? - Non.
- Ils ont été accueillants avec les Ukrainiens,
mais ça se bouscule à la frontière avec les Néerlandais.
Ils en ont ras-le-bol. - Putain.
- Des migrants sont abattus par des milices.
- On se sent un peu responsables de toi.
Pas seulement à cause de ma soeur.
- On t'aime bien !
Si Amalie te quitte, on t'épouse.
- Sérieusement, on en a parlé.
- T'es l'homme parfait. Le mari idéal.
- Je suis réellement le mari idéal.
- TCHIN !
- Félicitations !
Bordel.
- Fais gaffe au recul quand t'appuies sur la détente.
- Ca va pas ?
- Désolé. Tu m'en veux ?
- Tu m'as foutu la trouille.
- Vous pourriez emprunter de l'argent à Henrik ?
- On va se débrouiller seuls.
On préfèrerait.
Ton père voudrait peut-être... - Quoi ?
- Il nous a appelés.
- Mon père a appelé ? - Oui, plusieurs fois...
- Te laisse pas embobiner par mon père, OK ?
Lui file pas un rond.
- Au téléphone...
- C'est un putain d'escroc ! Un voleur.
Envoie-le chier, tu lui dois rien.
Soupir
- Comment vous allez retourner là-bas ?
- Mon fils vient me chercher.
- Votre fils ? - Il est à Copenhague.
- Comment vous vous appelez, déjà ?
- Danilo. - Danilo.
- Oui. Je m'appelle Danilo.
Ca veut dire "Dieu est mon seul juge".
- Merde alors. Je veux dire... mince alors.
Je sais pas comment réagir à ça.
Il en pense quoi, votre juge, que je boive une bière à l'arrière ?
C'est un problème ?
- Je sais pas ce qu'il en pense.
Mais il se dit : "Heureusement, c'est toi qui conduis."
- Oui. Et je vous remercie encore.
- Il devrait plus tarder.
- Au revoir. A la prochaine. - Au revoir.
- A bientôt, papa. A bientôt, Lene.
- Au revoir. - Rentrez bien. A bientôt.
- Salut.
- Salut, chérie.
- T'as picolé ? - J'ai dessoûlé en voyant ton père.
- Arrête. Fanny t'attend à la maison.
- Elle est là ? - Oui.
- Pourquoi ? - Aucune idée.
Mais elle est là. - Elle est jamais venue.
Klaxons
- Je rentre.
- Jacob.
Je sais bien que mon fils
ne me dit jamais rien.
Mais toi,
tu étais au courant, hein ?
T'as choisi de faire le mort.
Pourquoi tu nous as rien dit ?
Jacob, on a tout perdu.
- Nous aussi.
- Et maintenant ? On devient quoi ?
Merde, Jacob !
T'as vraiment déconné.
Mais je crois...
qu'on pourrait tout recommencer avec vous à Paris.
On prendrait un nouveau départ. - Un nouveau départ ?
- Mais avant de partir,
je dois trouver une solution pour ma mère.
- Tout recommencer avec nous ?
Rien n'est fait. Aucun de nous n'a de boulot.
- Si seulement tu m'avais appelé.
- Où est Fanny ? - Dans la chambre de Laura.
Que fait-on avec mon père ? On pourrait l'aider.
- Je peux pas...
- On va pas avoir le choix.
- Fanny ! - Oui.
Laura m'a invitée.
- Oui. - C'est une belle maison.
- Oui.
- Je me suis dit
qu'on pourrait parler avec maman de là où elle ira.
- Oui. - Et du reste.
- Laura m'a dit que vous alliez à Paris ?
C'est génial.
- Oui. Et toi ?
- Pour l'instant, à Bucarest.
- Oh... merde.
- Papa ?
Je me disais que maman pourrait venir avec nous.
- Où ça ? A Paris ? - Oui.
- Pour vivre avec nous ?
Pour l'instant, y a rien de concret. On est sûrs de rien.
Si on part, on devra emmener
le père d'Amalie, Lene et la grand-mère d'Amalie.
D'après ce que j'ai compris.
- Sa grand-mère ? - Je viens de l'apprendre.
- Qu'ils aillent ailleurs.
- Ils ont tout perdu aussi.
- Et maman ? Tu penses à elle ?
- Je sais. - On peut fumer ?
- Un endroit de merde.
- Vas-y.
- Elle peut pas travailler. Tu crois quoi ?
Oh !
- Ecoute...
Ce serait bien que tu viennes à Paris, je le pense.
J'aimerais t'aider à trouver un endroit pour vivre, mais...
j'ai pas de quoi te payer un loyer.
Il te faudra de quoi vivre. Je sais pas ce que je vais faire.
On a plus une thune.
Et Holger ? Il peut pas t'aider ?
- C'est un criminel. Je veux pas de son argent.
- Il pose du bitume sur les routes.
- Je demanderai rien à mon frère.
- Je peux pas m'occuper de tout le monde.
Combien tu me dois déjà ? 87 000 couronnes.
C'est une vieille dette,
mais les billets apparaissent pas par magie.
- Je te demande pas de billets.
Je te demanderai jamais rien.
- Je suis désolé.
Je voulais pas dire ça. - Je vais rentrer.
- Fanny... - Bisous, ma puce.
- Attends ! - C'est bon, t'en fais pas.
- C'est pas que je veux pas t'aider. - Je sais.
- Je sais déjà pas où trouver l'argent pour nous.
Sonnerie
- Allô ? Ici Holger.
*- C'est Laura.
- Laura ? Je connais pas de Laura.
*- Laura, ta nièce.
- Quoi ? C'est pas vrai !
* C'est toi, Laura ?
- Euh...
Holger... *- Oui ?
- Je voulais te demander si tu pouvais aider maman.
*- Bien sûr, pas de problème.
- Tu veux pas savoir comment ?
- Si, vas-y, je t'écoute.
- Ils ont pris votre argent ? - Mêlez-vous de vos affaires.
- 327 ? - Oui.
C'est moi. - 327.
- Oui. Voilà, je voudrais faire un virement à ma soeur.
Je me souviens pas du code
pour me connecter sur le site internet.
- De la banque ? - La clé de sécurité.
Je me rappelle juste
que le code a un rapport avec mon chien.
Et qu'il y a une majuscule.
- Si vous avez oublié le mot de passe,
il faut appeler la hotline pour faire le changement.
- D'accord, mais...
maintenant, je suis là.
Vous n'avez qu'à me donner des espèces.
J'ai 157 000 couronnes sur ce compte.
- C'est pas si simple. Il faut commander les espèces.
On ne délivre plus d'espèces comme ça.
- J'ai perdu la matinée pour ces conneries.
Ces 157 000 couronnes, c'est mon argent.
Je l'ai pas gagné à la banque
à regarder dans le vide sans rien foutre.
Alors je vais me montrer très clair.
Tu vas faire un virement de 100 000 couronnes à ma soeur.
- C'est pas si simple de virer 100 000 couronnes.
Appelez la hotline.
- J'ai gagné ça à la sueur de mon front
et je veux aider ma soeur.
Je bougerai pas de ce guichet avant d'avoir mon fric !
T'as pigé ?
Les gens pleurent dans la rue, ici !
Vous êtes malades ou quoi ? - Je sais.
- S'il vous plaît...
- C'est quoi, ton nom ? C'est bon, lâchez-moi !
- Sortez.
- Je veux savoir son nom ! - Calmez-vous.
*- Bienvenue à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle.
Gardez vos ceintures attachées jusqu'à l'extinction du signal.
Musique douce
...
- Il y a plus de monde, non.
- Oui, à Paris... Et c'est pas fini.
On va être envahis par tous les gens de Normandie,
du Nord, de la Vendée,
des Pays-Bas.
Pourtant, on a mis d'énormes digues.
- C'est dingue ce qui arrive.
Et si ça marche pas ? - Ca va marcher.
- Ils ont même endigué la Seine.
- Gilles peut pas refuser.
J'ai hâte de le voir.
- Jacob, tu dois avoir confiance en toi.
Faut pas que tu te brades, mais sois pas trop exigeant.
Ils connaissent ta valeur.
- Ca sent le discours de psychologue du travail à plein nez.
- Arrête. - Quoi ?
- Je suis désolée.
- Bonjour.
- BONJOUR.
- Bienvenue. - Merci.
- Bonjour. - Jacob.
- Elodie Morel. - Amalie.
- Désolée, Gilles n'est pas là,
il a dû se rendre en urgence à un rendez-vous.
Je suis navrée, mais je lui ai parlé.
Il vous transmet ses amitiés.
- D'accord.
Mais je croyais...
- J'aimerais comprendre
un peu mieux ce que vous espériez de notre rencontre ?
- Eh bien...
J'ai travaillé ici auparavant, comme vous le savez.
Le Module Vert, je l'ai développé.
- Merveilleux. Le Paris Vert.
- Je l'ai développé avec Gilles. Depuis, on suit
nos travaux respectifs et...
Je suis désolé si j'ai semblé impatient.
- Non, c'est rien.
- Vous le savez, notre pays va être évacué,
- Oui. - On cherche des solutions.
Notre projet, c'est de nous installer ici.
On adore Paris. - C'est bien.
- Je cherche le meilleur cabinet et celui-ci pourrait l'être.
- Gilles vous apprécie beaucoup.
On est honorés que vous pensiez à nous.
Jacob, votre travail parle de lui-même.
Mais nous n'avons aucun projet qui vous conviendrait.
C'est vraiment dommage.
Mais on s'est dit
que comme vous allez vous installer ici,
on serait heureux de vous aider à concrétiser tout ça.
Et nous pourrons rediscuter une fois que vous serez là.
On serait sincèrement heureux
de retravailler avec vous à l'avenir.
- Je vais être honnête avec vous.
J'ai des options.
J'ai d'autres rendez-vous
dans la journée.
Je vais essayer d'être clair.
Mon premier choix
serait de travailler avec vous.
Je connais Gilles.
Je pense pouvoir vous faire profiter de mon expertise.
- Très bien. - D'accord.
- Il faut que j'appelle Gilles
et que je lui en parle.
Je sais pas s'il pourra repasser aujourd'hui.
- Je vois, mais on repart demain. On rentre auprès des enfants.
Il faut que j'ai un contrat à signer d'ici là.
- Bien.
- Je veux pas mettre la pression.
- Non, je sais...
Je vous tiens au courant. D'accord ?
- Ca vaut le coup de visiter sans savoir si t'es embauché ?
- Ca coûte rien.
C'est trop tard pour annuler.
Il va bientôt arriver.
- Si vous cherchez à proximité de l'université,
je crois que celui-là devrait vous plaire.
- Sa fille devait étudier au Danemark, mais ça n'arrivera pas.
- Je suis désolé de ce qui se passe dans votre pays.
Tout le monde en parle dans ma famille.
Une seconde. Allô ?
On arrive. C'est là, allez-y.
Entrez.
Oui, je suis avec eux.
- Faut avouer que...
qu'il est super, mais je sais pas trop.
- Tu le trouves trop cher ?
- Oui, c'est super cher, mais...
Merci, il est très beau.
Mais pas sûr qu'on puisse le prendre.
- En fait, Gilles vient de téléphoner.
Je le connais bien et je sais qu'il est embêté
de ne pas avoir pu venir.
Mais il a proposé de payer la caution pour la location.
Vous aviez pris d'autres engagements ?
- Non.
- Il voulait s'assurer que vous vous sentiez chez vous
et que vous n'acceptiez pas d'autre emploi.
Appelez-moi si besoin. - Oui.
- Bienvenue à Paris. - Merci.
- Bonne journée !
- Quoi ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? - On dirait qu'on a l'appart.
- Sérieux ? - Il veut me voir demain matin.
- On va habiter ici ?
- Oui.
Bienvenue à Paris.
- T'as assuré. - Je sais pas comment.
- Sale menteur.
"J'ai des options."
- Je savais pas quoi dire d'autre.
- On fait quoi, maintenant ?
- On repart de zéro.
On se fout à poil ?
Hé ! - Tais-toi, arrête un peu.
Peut-être tout à l'heure. Je veux...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'en sais rien. Ca fait beaucoup.
- Oui.
C'est clair.
Tu te souviens de ma demande en mariage ?
- Bien sûr.
- C'était juste ici.
Là-bas. - C'est vrai ?
- Pas cette rue, mais celle d'après.
Et nous voilà de retour.
Comme on avait rêvé.
- Oui.
A l'époque, l'avenir était plein de promesses.
Je sais pas si c'est encore le cas.
- Bien sûr que si. - Tu crois ?
- Oui.
C'est seulement un avenir un peu différent.
Allez...
- Laura !
Tu vas où ?
- A l'état civil.
- Je viens avec toi.
T'as encore oublié un truc.
- Pourquoi tu répètes ça en boucle ?
- C'est pas ma faute si t'oublies des trucs.
Ca va pas, ta pédale.
- C'est pourri ce que t'as fait. - Oui, on échange.
Tiens.
- Sérieux ? - Je sais pas réparer les vélos.
- C'est clair.
- Ca fait flipper.
Il faudra quoi, 15 ans, pour que la culture danoise disparaisse ?
- Fais la liste des trucs danois qu'on doit pas oublier.
Des trucs qu'on trouve pas ailleurs. Vas-y.
- L'anguille roulée ? - C'est dégueulasse.
- Le Sakkuk.
Le Smorrebrod. - Que de la bouffe.
- Le hareng. - Le hareng ?
- La bière. - Sérieux ?
- Quoi ?
- Tu crois qu'on a inventé la bière ?
- Non, mais faut pas l'oublier.
- T'es heureux tout le temps parce que t'es idiot ?
- Va te faire foutre.
- Je dois renouveler mon passeport. Tu l'as fait, toi ?
- Non, pas encore.
- On a quel numéro ? - Euh...
- T'es pas obligé de rester. T'as rien à faire ?
- On vient d'arriver.
- Et ta copine ?
Elle t'attend.
Alberte ?
- C'est bizarre. Je sais pas trop ce qui se passe...
Je peux pas m'empêcher de penser à toi.
Et...
Je sais pas du tout quoi faire.
Alors...
- T'es trop chou.
On s'est fait griller, tu crois ?
- Ouais. Ca, c'est sûr.
Rires
"Plus fort, serre-moi dans tes bras"
- Tu le lis mal, passe-moi ça.
Je vais le lire, passe-le-moi.
- Quoi ?
On révise pas ? Il faut que je l'apprenne.
- "Plus fort, serre-moi dans tes bras
"Plus fort, tant que ton sang est chaud et que ton coeur bat
"Bientôt..."
- SALUT ! - A plus !
- Pas de cochonneries !
Musique douce
...
Respirations haletantes
...
...
- Ca ? - Non, une clé à molette.
Avec deux bouts.
- Ca aussi, ça a deux bouts.
- C'est même pas un outil, ça.
- Une araignée ! - Balance-la.
- Ma luge ! Elle est petite.
- C'est pas un outil.
- Je l'ai eue à 4 ans. On tenait tous dessus.
- On peut toujours.
- On allait faire de la luge au zoo tous les ans.
- Voilà, on est sur ta luge. C'est sympa.
Ca te manque, cette époque ?
- Carrément.
Le monde avait encore un sens.
- C'est plus le cas ? - A ton avis ?
Ma mère va dans un pays. Mon père un autre et toi, encore un autre.
- Tu viens pas en Finlande ?
- Il y aura Alberte ?
- Je sais pas trop. Elle...
- Tu veux pas
venir avec nous ?
- Non, je peux pas.
Toute ma famille est en Finlande.
Je serai avec ma famille.
Mathilde et les autres...
Laura, pardon, je...
Je peux pas.
- Je comprends.
- Je suis content que tu viennes avec moi.
Je pige rien de ce qu'ils disent, ça me rend dingue.
Ces enfoirés ont bloqué ma carte. Je peux rien acheter.
Et je me suis fait virer.
Après 23 ans.
Ils ferment l'usine.
Plus aucune route ne sera construite au Danemark. Terminé.
Mais je reste ici. J'ai pas envie de finir au bord d'une route
à vendre des tulipes au fin fond de la Biélorussie. Je reste ici.
- Ils ont résilié l'emprunt sur ta maison.
Comme il reste des dettes et que le pays ferme,
ils gardent une partie de ton argent.
Ils vont rouvrir le compte courant.
- Je sais pas ce que vaut ma maison et je m'en fous.
Je sais juste que ma nièce
va bientôt avoir son diplôme.
Sans cet argent, elle pourra pas vivre avec sa mère.
Et je pourrai pas bouffer.
- C'est tout ce qu'on peut faire. - Ecoute.
Holger, fais débloquer ta carte pour pouvoir faire les courses.
Pour le reste, on trouvera une solution.
- Vous volez les gens.
Débloquez ma carte.
- Ca devrait pouvoir se faire.
Bip
- Carte refusée.
Réessayez. - Vous êtes sûr ?
- Oui, c'est écrit "carte refusée".
Bip
C'est encore refusé.
- Ouvrez une autre caisse. - Un instant.
- Vous avez pas d'espèces ?
- Non.
- Vous devez laisser vos articles.
- OK.
Chant doux
- Fanny, le cabinet d'architecture à Paris m'embauche.
On va tout faire pour que tu viennes avec nous.
- D'accord.
Oui.
- Avec Nikolaj, on va essayer de monter une boîte
dont tu pourrais faire partie.
- D'accord.
- Et oublie l'argent que tu me dois.
On n'a plus un rond de toute façon.
On trouvera une solution.
- Merci.
- Désolé pour l'autre jour.
- Salut. - Salut.
- Salut, Mathilde.
- C'est cool de te voir. T'as eu ta mention ?
T'es une tronche !
Aussi intelligente que ta mère.
Ils vont te prendre, tu peux me croire.
Alors ?
T'es amoureuse, Laura ?
Genre, c'est du sérieux ?
Il vaudrait mieux que tu passes à autre chose, ma puce.
- Ouais. - Ouais.
La chorale fredonne doucement.
...
- "Plus fort, serre-moi dans tes bras
"Plus fort, tant que ton sang est chaud et que ton coeur bat
"Bientôt...
"Nous serons séparés
"Comme le sont les baies de la haie
"Bientôt, nous nous serons évaporés
"Comme la rosée dans les prés"
Nous sommes donc la dernière promo d'étudiants
à obtenir notre diplôme dans ce lycée.
C'est triste.
Vraiment.
Mais je refuse
qu'on disparaisse comme ça,
comme la rosée dans les prés. Acclamations
On devrait jaillir comme un torrent.
...
- Tu as raison, Elias !
- On ira se chercher
aux quatre coins du monde. Quand on se retrouvera
on organisera une grosse teuf.
Applaudissements
On se serrera tous dans les bras.
...
Et on se souviendra de ce qu'on était avant.
De ce qu'on est aujourd'hui.
Et on le restera toujours. OK ? Acclamations
Est-ce que vous êtes prêts ?
Prêts à conquérir le monde ?
On va tout déchirer !
Un, deux, trois, quatre !
- ET QUE TOUS LES DIPLOMES TAPENT DANS LEURS MAINS !
Acclamations
- ET QUE TOUS LES PARENTS TAPENT DANS LEURS MAINS !
QUE TOUS LES ENSEIGNANTS TAPENT DANS LEURS MAINS !
Acclamations
- On se retrouvera tous !
Chant en danois
- Maintenant, tu vas me filer l'argent sur mon compte.
Et t'as intérêt à te magner.
Applaudissements
- Salut.
T'es prête à partir ?
- Pas encore.
J'ai encore oublié un truc ?
- Oui, t'as oublié un truc.
Moi.
Je veux venir à Paris avec toi.
J'ai demandé la Sorbonne en janvier.
Il y aura une meuf géniale là-bas.
- Et pour Alberte ?
Tu fais quoi ?
- Ca me fait chier de faire de la peine à quelqu'un.
Et en plus, de quitter tout ça...
Tous nos potes.
Mais je trouverai ça moins dur si je le fais avec toi.
Chant doux et mélancolique de la chorale
...
On frotte contre le bois.
...
- Qui c'est ?
- C'est moi.
C'est Holger, putain. - Merde.
Tu m'as fait peur.
- Je veux pas me faire engueuler.
Prends cet argent.
J'ai promis à Laura de te le donner. Je dois y aller.
- Pour quoi faire ?
- Pour que t'ailles à Paris. Que tu suives Laura.
Il y a que 53 000 couronnes. La banque donne plus un sou.
Kenneth me les a prêtés. Je t'en enverrai d'autres.
On se reverra sûrement jamais, frangine.
Je te souhaite une belle vie.
- Tu vas aller où ?
- J'en sais rien. Ils marchent tous sur la tête.
Mais...
la terre continue de tourner.
Musique douce
...
Sous-titrage TITRAFILM
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